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{{Titre en italique}}
{{voir homonymie|Lili Marleen (film)}}

{{Confusion|Lady Marlène}}

[[Image:Wasserturm Langeoog.jpg|thumb|Le mémorial Lili Marleen et [[Lale Andersen]] à [[Langeoog]].]]

(contracted; show full)ée de chant d'amour en [[Marche (musique)|marche militaire]], ne rencontre aucun succès public. L'affirmation selon laquelle les [[Einsatzgruppen]] l'auraient diffusée pendant leurs assassinats n'est pas prouvée, mais il est possible que la chanson ait accompagné les crimes, de même que les valses de Strauss et les symphonies de Mozart et de Beethoven utilisées dans les camps de la mort<ref name="Ferrand"/>.

===  ''Lili'' devient un succès mondial===
    
Grâce à la radio militaire allemande de [[Belgrade]], cette chanson — ou du moins sa musique — franchit la [[Méditerranée]]. Elle est entendue et adoptée par les soldats alliés combattant en [[Tripolitaine]]. Ainsi, en [[1942]], l'émission dédiée aux dédicaces aurait, selon [[Jean-Pierre Guéno]], entraîné quotidiennement un cessez-le-feu momentané, et une sorte de [[fraternisation]] entre les troupes anglaises et les troupes allemandes à [[Tobrouk]], lorsque la chanson est diffusée dans les haut-parleurs, chaque soir à 22 heures, après les combats. Pour les belligérants et les civils des deux camps, elle devient l'hymne de la [[Seconde Guerre mondiale]], adopté et chanté en allemand par beaucoup de soldats jusqu'au printemps [[1944]]<ref name="Guéno"/>.

En quelques mois, la chanson est traduite en 43 langues<ref name="Guéno"/>. En [[1942]], on vend {{formatnum:160000}} exemplaires du disque et, en l'espace de six mois, la chanson est adaptée dans 48 langues<ref name="manote"/>. L'amour et la nostalgie de la paix sont des sentiments mieux incarnés par les soldats des démocraties que par ceux qui servent la cause hitlérienne. Les paroles françaises, dues à [[Henri Lemarchand]], sont écrites à la fin de 1941 à la demande de [[Suzy Solidor]], qui crée la version française dans son cabaret « La Vie parisienne » en {{Date||janvier|1942}}<ref name="Pénet"/>. L'[[Armée de terre britannique|armée britannique]] se voit contrainte de faire produire une version anglaise en {{Date||mai|1943}} (après que Goebbels a fait enregistrer par Lale Andersen la chanson adaptée en anglais afin de démoraliser les Alliés), dont les interprétations par {{lien|fr=Anne Shelton|lang=en|trad=Anne Shelton (singer)}} et [[Vera Lynn]] en 1943 ont connu un succès fulgurant. À la suite de l'immense succès de la version américaine interprétée en [[Swing (musique)|swing]] par les [[The Andrews Sisters|Andrew Sisters]] et le [[big band]] (grand orchestre) de [[Glenn Miller]], les Américains profitent de la Libération pour récupérer les droits de la chanson. L'actrice et chanteuse antinazie [[Marlène Dietrich]] finit ainsi, vers la fin de la guerre en 1944, par donner une version américaine, plus langoureuse, mais aussi plus énergique, puisque cette fois, dans la dernière strophe, le souvenir de la femme aimée redonne courage au soldat (qui meurt, enfoui dans sa tranchée, dans la dernière strophe du chant allemand!). Dietrich l'interprète dans plus de 60 concerts donnés au cours de la campagne d'Europe qui la voit accompagner la [[3e armée américaine|{{3e}} armée américaine]] du [[George Patton|général Patton]]<ref name="Pénet" />. Cette chanson devient dès lors attachée à sa personnalité, Marlène Dietrich se l'appropriant en modifiant les paroles, lui donne son nom, ''Lily Marlène'', (et cette orthographe) en fait la chanson de la libération.

Elle en fait une chanson vedette de son récital lorsqu'elle s'investit dans sa carrière de chanteuse, en 1953. Elle l'abandonne parfois, notamment en France, jugeant qu’elle « peut réveiller un bruit de bottes pour certains spectateurs »<ref>[http://www.franceculture.fr/2011-07-27-marlene-dietrich-la-muse-rebelle.html Marlene Dietrich, la muse rebelle]</ref>. Elle fut interdite dans beaucoup de dictatures car rappelant qu'elle était chantée des deux côtés{{refnec}}.

Chanson subversive de résistance, car, transcendant les clivages, la chanson est interdite dans plusieurs pays totalitaires ([[République démocratique allemande|RDA]], [[Yougoslavie]] de [[Josip Broz Tito]]) et devient l'hymne anti-nucléaire pendant la [[Guerre froide]]<ref name="Guéno"/>. La chanson connaît depuis de nombreuses versions, depuis l'allure pacifiste d'antimilitaristes, l'adaptation punk du groupe Interterror (''Adios Lili Marlen'') ou rock par [[La Souris Déglinguée]] en 1983<ref name="Pénet"/>. En [[2005]], pour la commémoration du 60e anniversaire du [[débarquement de Normandie]], la chanteuse [[Patricia Kaas]] doit la chanter en [[Mondovision]] mais les Polonais mettent un veto au choix de cette chanson la veille de l'événement, en raison de l'épisode des [[Einsatzgruppen]], lui préférant l’''[[Hymne à l'amour]]''<ref name="Ferrand"/>.

Pour l'écrivain [[John Steinbeck]], ''Lili Marleen'' est « la seule chose que l'Allemagne nazie ait apportée au monde »<ref>John Steinbeck, Daily Express (Londres), 12 juillet 1943, cité par Rosa Sala Rose, ''Lili Marleen. Die Geschichte eines Liedes von Liebe und Tod'', traduit de l'espagnol par Andreas Löhrer, 2010, p. 56.</ref>.

== Les paroles en allemand ==
=== Version originale par Lale Andersen, 1938 ===
{| border="0" align="center" width="100%"
| style="vertical-align:top" width="50%"|
:''Vor der Kaserne''
:''Vor dem großen Tor''
:''Stand eine Laterne''
:''Und steht sie noch davor''
(contracted; show full){{Portail|chanson|Seconde Guerre mondiale}}

[[Catégorie:Chanson allemande]]
[[Catégorie:Chanson d'amour]]
[[Catégorie:Chanson de 1939]]
[[Catégorie:Seconde Guerre mondiale]]
[[Catégorie:Chant militaire]]
[[Catégorie:Personnage de chanson]]