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{{Sources à lier|date=janvier 2018}}
{{Infobox Personnalité militaire
 | nom                 = Izza Bouzekri
 | nom autre           = [[Lalla Saliha]]
 | image               = 
 | taille image        = 
 | légende             = Izza Bouzekri
 | surnom              = [[Lalla Saliha]]
 | nom de naissance    = Izza Bouzekri
 | date de naissance   = {{date de naissance|15|09|1929}}
 | lieu de naissance   = [[Casbah d'Alger]] ({{[[Algérie}}]])
 | date de décès       = {{date de décès|17|05|2017}}
 | lieu de décès       = [[Alger]] ({{[[Algérie}}]])
 | date mort au combat = 
 | lieu mort au combat = 
 | âge au décès        = 88
 | origine             = {{ALG-d}} [[Algérie]]
 | allégeance          = [[Front de libération nationale (Algérie)|FLN]]<br>[[Comité de coordination et d'exécution]]
 | grade               = 
 | arme                = 
 | unité               = 
 | début de carrière   = [[1947]]
 | fin de carrière     = [[1962]]
 | commandement        = [[Comité de coordination et d'exécution]]<br>[[Gouvernement provisoire de la République algérienne]]
 | conflit             = {{ALG-d}}[[Révolution Guerre d'Algérienne]] {{FRA-d}}
 | faits d'armes       = [[Dactylographie]] des premiers numéros d'[[El Moudjahid (1956-1962)|El Moudjahid]]<br>[[Dactylographie]] de la [[Plateforme de la Soummam]]
 | distinctions        = 
 | hommages            = 
 | autres fonctions    = [[Journaliste]]
 | famille             = [[Ramdane Abane]]<br>[[Hassan Abane]]<br>[[Slimane Dehilès]]<br>[[Ali Dehilès]]
 | signature           = 
 | emblème             = 
 | liste               = 
}}
'''Izza Bouzekri''', alias [[Lalla Saliha]], est une [[Mouvement national algérien|militante nationaliste]] et [[moudjahid]]a durant la [[Guerre d'Algérie|guerre de Révolution algérienn'indépendance]]<ref>https://www.tsa-algerie.com/lhommage-de-said-sadi-a-izza-bouzekri-la-veuve-de-abane-decedee-mercredi/</ref>.

== Biographie ==
[[File:M'ssali.jpg|thumb|[[Messali El Hadj]]]]
Izza Bouzekri est l'une des {{unité|10949|[[femme]]s [[moudjahid]]ates}} à avoir participé à la [[Révolution Algérienne]], selon les statistiques du [[ministère des Moudjahidine]]<ref>https://www.djazairess.com/fr/lemidi/1305151404</ref>.

Elle est une [[moudjahid]]a restée dans l'ombre, malgré un long parcours au sein du [[Mouvement national algérien]], au sein du [[Parti du peuple algérien]] (PPA), au sein du [[Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques]] (MTLD), puis au [[Front de libération nationale (Algérie)|Front de libération nationale]] (FLN)<ref>https://www.djazairess.com/fr/elwatan/21388</ref>.

Izza a fait preuve de beaucoup de talent et de courage dans l'affrontement du [[système colonial]]<ref>https://www.djazairess.com/fr/elwatan/479204</ref>.

== Enfance ==
Izza Bouzekri est née à la [[Casbah d'Alger]] le [[15 septembre]] [[1929]], dans le domicile familial sis au 17, rue Pyramide.

A l'âge de trois ans, elle a perdu son père qui gagnait péniblement sa vie.

Sa mère avec ses proches ont alors déménagé à [[Bologhine]] près de [[Notre Dame d'Afrique]], rue du Carmel, où elle fut inscrite dans l'[[école communale]] française qu'elle fréquentera jusqu'à l'obtention du [[certificat d'études primaires]] (CEP) en [[1942]].

Elevée par sa mère et son grand-père maternel, elle grandit dans le quartier de [[Zeghara]] près de [[Notre-Dame d’Afrique]].

Son grand-père maternel [[Saïd Ben Salah]] était un [[musicien]] qui composait des [[chants religieux]] dont certains furent chantés par [[Hadj El Anka]] et [[Boudjemaâ El Ankis]].

== Medersa Chabiba ==
[[File:Logo El Moudjahid (1957).gif|thumb|Emblème d'[[El Moudjahid (1956-1962)|El Moudjahid]]]]
En [[1942]], Izza Bouzekri avait alors 13 ans et son oncle maternel a refusé qu'elle continue ses études après l'obtention du [[certificat d'études primaires]] (CEP) dans une école coloniale.

Sa mère l'a alors mise à la [[Medersa Chabiba]] à la [[Rampe Vallée]], qui sera renommée [[Rue Arezki Louni]] après l'[[indépendance de l'Algérie]], car c'était mieux accepté et on y enseignait l’arabe et aussi le français. 

Elle a alors continué ses études à la [[Medersa Chabiba]], à côté de [[Sid Ali Abdelhamid]], où elle a été imprégnée et sensibilisée à la [[cause nationale algérienne]] par cheikh [[Tayeb el-Oqbi]] qui a eu une grande influence sur elle<ref>http://www.usm-alger.com/site/index.php/equipes/first-team/staff-technique/item/22928-sid-ali-abdelhamid-%C3%A0-l%E2%80%99honneur.html?tmpl=component&print=1</ref>.

Un enseignant, [[Hassan Fodhala]] lui a laissé un souvenir inoubliable, car il enseignait de manière moderne et a initié les élèves au patriotisme par des chants et son enseignement de l’histoire, et c'était tout nouveau pour les jeunes algériens autochtones<ref>https://algerieprofonde.wordpress.com/2017/09/17/bouzekri-izza/</ref>.

== École El Kheiriya ==
[[File:El Moudjahid Numéro 1 - Juin 1956.jpg|thumb|Le n°1 d'[[El Moudjahid (1956-1962)|El Moudjahid]]]]
Izza Bouzekri, ayant atteint l'âge de dix-huit ans en [[1947]], a été exclue de la [[Medersa Chabiba]] parce qu'elle avait dépassé la limite d’âge.

Elle a un peu enseigné bénévolement à l'école [[El Kheiriya]] dans la [[Casbah d'Alger]], mais les conditions y étaient difficiles car les enseignants n'avaient même pas de livres.

Il avait été question d'envoyer une dizaine de filles de cette école continuer leurs études à [[Tunis]].

La mère de Izza Bouzekri a accepté d'envoyer sa fille étudier en [[Tunisie]] mais l’administration française a refusé.

Cette injustice et d’autres encore vécues depuis la plus tendre enfance de Izza font prendre conscience à cette jeune fille de la nécessité de se battre pour obtenir ses droits.

Sa famille était pauvre et sa mère, veuve, travaillait.

Izza Bouzekri aidait sa mère comme elle pouvait, et avait conscience de l'indigence des autochtones comparés au train de vie des [[colons français]], car l'injustice était flagrante<ref>http://www.babzman.com/temoignage-de-la-veuve-de-abane-ramdane/</ref>.

== Mouvement national==
[[File:Ibn Badis - El Oqbi.jpg|thumb|[[Abdelhamid Ben Badis]] et [[Tayeb el-Oqbi]]]]
Izza Bouzekri a commencé à militer en [[1947]] au sein de l'[[Association des femmes musulmanes algériennes]] (AFMA) sous l'égide du [[Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques|MTLD]] et présidée par [[Mamia Chentouf]] et [[Fatima Zekkal]]. 

Elle a abandonné l’enseignement et ne faisais plus que militer, tout en croisant d'autres militantes à l'instar de [[Nafissa Hamoud]], future professeur Laliam.

Elles faisaient de l'action de proximité sociale dans les mariages à la [[Casbah d'Alger]] et à [[Belouizdad]] pour entonner des chants patriotiques, ce qui leur valait d'en ressortir avec des dividendes financiers.

Faisant partie des premières cellules clandestines du [[Parti du peuple algérien]] (PPA), Izza Bouzekri est en contact direct avec [[Omar Oussedik]], dont elle reçoit les ordres et consignes.

[[Omar Oussedik]] se chargeait aussi de « politiser » les femmes en les informant de ce qui se passait sur la scène politique.

Izza, en compagnie d’autres militantes, est chargée de la rédaction de petits discours dénonçant le [[colonialisme français]] afin de sensibiliser un maximum de femmes et de les rallier à la [[cause nationale algérienne]].

Quelques habitantes du quartier [[Zeghara]] de [[Bologhine]] ont répondu favorablement aux appels du [[Parti du peuple algérien|PPA]]-[[Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques|MTLD]].

== Tuberculose ==
En [[1949]], Izza Bouzekri a été atteinte de [[tuberculose]] et a été envoyée à [[Marseille]] où elle a été sauvée in extrémis.

Elle a été transférée par son frère qui travaillait dans la [[marine française]] pour qu'elle soit prise en charge de justesse. 

Lors de son séjour au [[sanatorium]] d'[[Annecy]] qui dura environ 15 mois de convalescence, elle a été formée a la [[sténodactylo]].

De retour a [[Alger]], elle a décidé de s'émanciper en enlevant le [[Haïk (vêtement)|hayek]] au grand désespoir de sa mère ; et de parfaire sa formation à l'école [[Pigier]] en [[1951]].

De retour au pays, l'[[Association des femmes musulmanes algériennes]] (AFMA) qui a vu naître ses premiers pas de militante, a pratiquement cessé d’exister, subissant le contrecoup des scissions au sein du [[Parti du peuple algérien|PPA]]-[[Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques|MTLD]].

Elle était la seule élève voilée à l'école [[Pigier]], et sa mère exigeait que Izza porte le voile.

Elle a obtenu son diplôme, et elle a décidé d’aller travailler et d’enlever le [[Haïk (vêtement)|hayek]].

== Secrétariat ==
C'est par le biais d’amis militants du [[Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques]] (MTLD) que Izza Bouzekri a trouvé un poste de [[secrétariat|secrétaire]] à la [[mairie]] d'[[Alger-Centre]] en [[1951]].

Malgré cette place de travail obtenue, elle ne voulait pas se mettre au service de l’[[administration coloniale]] et elle renonça, préférant travailler chez un avocat français.

Le cabinet de maître Boyer était sis à la "rue Duc des Cars" à [[Alger-Centre]] et elle y travailla comme secrétaire jusqu’en [[1955]].

== Révolution algérienne ==
[[File:Abane ramdane.jpg|thumb|[[Ramdane Abane]]]]
Dès le déclenchement de la [[révolution algérienne]], Izza Bouzekri a cherché à rejoindre le [[Front de libération nationale (Algérie)|Front de libération nationale]] (FLN).

[[Nassima Hablal]] fût la première à y accéder et ce n'est qu'en [[juillet]] [[1955]] que son vœu révolutionnaire se réalisa.

Izza avait un voisin qui enseignait l'arabe, [[Hocine El Mili]] avec qui elle discutait le matin avant d'aller à son travail, et c'est lui qui l'a introduite dans les rangs du FLN en l'a mettant en relation avec [[Nassima Hablal]] avant de la présenter à [[Ramdane Abane]].

Izza faisait la liaison entre [[Ramdane Abane]] et [[Rachid Amara]].

Izza Bouzekri était courageuse, audacieuse et battante pour l'[[Algérie indépendante]].

C'est elle qui a tapé le tract nommé "[[Appel aux intellectuels]]".

Elle a trouvé un refuge à [[Ramdane Abane]] chez [[Fatima Zekkal]] au travers de l'agent de liaison [[Rachid Amara]].

Elle a profité de son travail chez l'avocat Boyer pour s'initier à la [[conduite automobile]] et pour taper tous les [[stencil]]s et [[tract]]s et autres documents que le [[Front de libération nationale (Algérie)|FLN]] lui envoyait, parallèlement à [[Nassima Hablal]] jusqu'à l'arrestation de cette dernière en [[octobre]] [[1955]] à laquelle elle a assisté.

En effet, un militant est venu l’informer un jour de l’arrestation de [[Rachid Amara]] et [[Mohamed Lounis]].

Elle a alors couru avertir [[Nassima Hablal]] qui habitait à l’époque près du [[Jardin d'essai du Hamma]] à [[Belouizdad]], mais arrivée au domicile de cette dernière, elle a découvert qu’elle aussi venait d'être arrêtée.

Izza avait des tracts et une lettre pour [[Ramdane Abane]] dans sa serviette, et après avoir réussi à se sortir de ce guêpier, elle a alors décidé de rentrer directement à la maison et de déchirer tous les documents par mesure de précaution<ref>http://www.algeria-watch.de/farticle/1954-62/mmeabane.htm</ref>.

== Clandestinité ==
De ses années de clandestinité, vécues aux côtés de [[Ramdane Abane]], mais également de [[Amar Ouamrane]], [[Saïd Akli]], [[Larbi Ben M'Hidi]], [[Benyoucef Benkhedda]] et d’autres, c’est dans une maison clandestine qu’elle tapait et ronéotypait des [[tract]]s du [[Front de libération nationale (Algérie)|FLN]] et d’autres documents.

== Comité de coordination et d'exécution ==
Izza Bouzekri a été choisie avec sa compagne de combat [[Nassima Hablal]] pour être les deux secrétaires du [[Comité de coordination et d'exécution]] (CCE), avant que cette dernière ne soit arrêtée par les [[troupes coloniales]].

En venant voir [[Nassima Hablal]] dans son domicile pour qui elle ramenait des documents, Izza Bouzekri avait trouvé le quartier bouclé et a pu échapper à l'arrestation.

Avec [[Nassima Hablal]], elle classait méticuleusement une bonne partie de la documentation qui a servi à la préparation du [[Congrès de la Soummam]].

Elle a continué à dactylographier l’essentiel des documents du [[Comité de coordination et d'exécution|CCE]] dans un minuscule appartement d'[[Alger]].

Izza Bouzekri a cessé toute activité à partir d'[[octobre]] [[1955]] après l'arrestation de [[Nassima Hablal]], car elle était fichée par les [[troupes coloniales]] qui la filaient matin et soir, tout en continuant son travail chez l'avocat.

== Organisation civile du front de libération nationale ==
[[File:Les six wilayas de l'ALN.(guerre d'Algérie) 1958.jpg|thumb|[[Wilaya IV historique]] de la [[Révolution Algérienne]]]]
Quelque temps après l'entrée de Izza Bouzekri dans la clandestinité, [[Ramdane Abane]] lui a envoyé [[Mohamed Seddik Benyahia]] en date du [[24 décembre]] [[1955]] pour lui demander d'entrer dans l'[[Organisation civile du front de libération nationale]] (OCFLN).

C'est ce qu'elle fit en s'installant dans la famille de [[Mohamed Alkama]] au 20, rue Bastide<ref>https://lebouzeguenepost.com/deces-de-la-veuve-de-abane-ramdane-la-moudjahida-izza-bouzekri/</ref>.

Elle devint ainsi membre de l'[[Organisation civile du front de libération nationale]] (OCFLN) de [[1955]] à [[1962]]<ref>https://www.liberte-algerie.com/actualite/deces-de-la-veuve-dabane-ramdane-la-moudjahida-izza-bouzekri-270153</ref>.

== Secourisme à Oran ==
Après avoir prévenu [[Hafsa Bisker]] de l’arrestation de [[Nassima Hablal]], Izza a rompu tout contact avec les frères militants car se sachant suivie par les [[troupes coloniales]].

[[Ramdane Abane]] avec [[Amar Ouamrane]] lui ont demandé de prendre le [[maquis (résistance)|maquis]] sans avertir sa famille.

Izza Bouzekri s'est cachée dans un refuge [[algérois]], où elle y demeurée jusqu’en [[janvier]] [[1956]], date à laquelle elle est envoyée à [[Oran]], chez le docteur [[Mohamed Nekkache]] pour y apprendre des notions de [[secourisme]].

Elle est ensuite revenue à Alger, à la demande de [[Ramdane Abane]] pour se cacher dans un refuge sis au 20, rue Bastide, près de l’[[hôpital Mustapha Pacha]].

== Agent de liaison ==
Izza Bouzekri était, à cette époque, chargée d’effectuer des liaisons entre les [[moudjahid]]ine.

A [[Alger]], elle le faisait à pied ou en [[trolley]] pour les courtes distances et les déplacements banlieusards.

Lorsqu’elle partait hors de la [[wilaya d'Alger]], elle empruntait le [[train]], comme cette fois où elle dût se déplacer jusqu’à [[Constantine (Algérie)|Constantine]] pour contacter [[Brahim Mezhoudi]], un responsable du maquis.

== Premier mariage ==
A peine une année près le déclenchement de la [[révolution algérienne]] au lendemain de la [[Déclaration du 1er novembre 1954]], Izza Bouzekri est présentée à [[Ramdane Abane]] au cours de [[1955]], en tant que [[secrétariat|secrétaire]] [[dactylo]].

Peu de temps après en [[1956]], elle se maria avec ce [[stratège]] et [[architecte]] de la [[Guerre indépendantiste algérienne]], qui souffrait alors d'un [[ulcère]].

Elle a enfanté de lui un seul fils nommé [[Hassan Abane]] né le [[7 janvier]] [[1957]] à [[Alger]] lors de la [[Bataille d'Alger]], et décédé le [[28 juillet]] [[1990]] à [[Alger]].

== Congrès de la Soummam ==
[[File:Carte Révolutionnaire d'Algérie.jpg|thumb|[[Wilaya IV historique]] de la [[Révolution Algérienne]]]]
Izza Bouzekri a été chargée par la [[Wilaya IV historique]] de taper les six premiers numéros de la revue [[El Moudjahid (1956-1962)|El Moudjahid]] ainsi que la [[plateforme de la Soummam]].¡
Elle resta en [[1956]] enfermée durant trois mois à taper sur sa [[machine à écrire]] [[dactylographique]] les résolutions du [[Congrès de la Soummam]].

== Bataille d'Alger ==
Après la [[grève des 8 jours]], la répression des [[troupes coloniales]] a été telle que [[Ramdane Abane]] a dû fuir [[Alger]] pour [[Tunis]] en [[février]] [[1957]], en laissant son épouse Izza Bouzekri seule avec leur bébé [[Hassan Abane]].

Après la mort de [[Larbi Ben M'Hidi]] et la traque de [[Yacef Saâdi]] par les hommes de [[Jacques Massu]], [[Ramdane Abane]] est alors contraint de quitter le pays. 

Sa vie de militante s'est arrêtée net, et elle n'a plus eu de nouvelles de son époux jusqu'en [[décembre]] [[1957]], date à laquelle elle reçoit de lui un télégramme lui demanfder de le rejoindre à [[Tunis]].

Arrivée à [[Tunis]] début [[janvier]] [[1958]], il était trop tard, car [[Ramdane Abane]] venait d'être assassiné à [[Tétouan]] mais elle l'ignorait et elle a été laissée dans l'ignorance durant 5 longs mois.

Elle a recherché son époux sans relâche jusqu'au jour où elle a croisé [[Slimane Dehilès]] son ami de toujours, et qui l'a défendu en tant que veuve ainsi que son orphelin A l'âge de trois ans, elle a perdu son père qui gagnait péniblement sa vie. Sa mère avec ses proches ont alors déménagé à [[Bologhine]] près de [[Notre Dame d'Afrique]], rue du Carmel, où elle fut inscrite dans l'[[école communale]] française qu'elle fréquentera jusqu'à l'obtention du [[certificat d'études primaires]] (CEP) en [[1942]].

Elevée par sa mère et son grand-père maternel, elle grandit dans le quartier de [[Zeghara]] près de [[Notre-Dame d’Afrique]]. Son grand-père maternel [[Saïd Ben Salah]] était un [[musicien]] qui composait des [[chants religieux]] dont certains furent chantés par [[Hadj El Anka]] et [[Boudjemaâ El Ankis]].

En [[1942]], Izza Bouzekri avait alors 13 ans et son oncle maternel a refusé qu'elle continue ses études après l'obtention du [[certificat d'études primaires]] (CEP) dans une école coloniale. Sa mère l'a alors mise à la [[Medersa Chabiba]] à la [[Rampe Vallée]], qui sera renommée [[Rue Arezki Louni]] après l'[[indépendance de l'Algérie]], car c'était mieux accepté et on y enseignait l’arabe et aussi le français. 

Elle a alors continué ses études à la [[Medersa Chabiba]], à côté de [[Sid Ali Abdelhamid]], où elle a été imprégnée et sensibilisée à la [[cause nationale algérienne]] par cheikh [[Tayeb el-Oqbi]] qui a eu une grande influence sur elle<ref>http://www.usm-alger.com/site/index.php/equipes/first-team/staff-technique/item/22928-sid-ali-abdelhamid-%C3%A0-l%E2%80%99honneur.html?tmpl=component&print=1</ref>.

Un enseignant, [[Hassan Fodhala]] lui a laissé un souvenir inoubliable, car il enseignait de manière moderne et a initié les élèves au patriotisme par des chants et son enseignement de l’histoire, et c'était tout nouveau pour les jeunes algériens autochtones<ref>https://algerieprofonde.wordpress.com/2017/09/17/bouzekri-izza/</ref>.


Izza Bouzekri, ayant atteint l'âge de dix-huit ans en [[1947]], a été exclue de la [[Medersa Chabiba]] parce qu'elle avait dépassé la limite d’âge. Elle a un peu enseigné bénévolement à l'école [[El Kheiriya]] dans la [[Casbah d'Alger]], mais les conditions y étaient difficiles car les enseignants n'avaient même pas de livres.

Il avait été question d'envoyer une dizaine de filles de cette école continuer leurs études à [[Tunis]]. La mère de Izza Bouzekri a accepté d'envoyer sa fille étudier en [[Tunisie]] mais l’administration française a refusé. Cette injustice et d’autres encore vécues depuis la plus tendre enfance de Izza font prendre conscience à cette jeune fille de la nécessité de se battre pour obtenir ses droits. Sa famille était pauvre et sa mère, veuve, travaillait. Izza Bouzekri aidait sa mère comme elle pouvait, et avait conscience de l'indigence des autochtones comparés au train de vie des [[colons français]], car l'injustice était flagrante<ref>http://www.babzman.com/temoignage-de-la-veuve-de-abane-ramdane/</ref>.

== Mouvement national==

Izza Bouzekri a commencé à militer en [[1947]] au sein de l'[[Association des femmes musulmanes algériennes]] (AFMA) sous l'égide du [[Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques|MTLD]] et présidée par [[Mamia Chentouf]] et [[Fatima Zekkal]]. Elle a abandonné l’enseignement et ne faisais plus que militer, tout en croisant d'autres militantes à l'instar de [[Nafissa Hamoud]], future professeur Laliam.

Elles faisaient de l'action de proximité sociale dans les mariages à la [[Casbah d'Alger]] et à [[Belouizdad]] pour entonner des chants patriotiques, ce qui leur valait d'en ressortir avec des dividendes financiers. Faisant partie des premières cellules clandestines du [[Parti du peuple algérien]] (PPA), Izza Bouzekri est en contact direct avec [[Omar Oussedik]], dont elle reçoit les ordres et consignes.

[[Omar Oussedik]] se chargeait aussi de « politiser » les femmes en les informant de ce qui se passait sur la scène politique. Izza, en compagnie d’autres militantes, est chargée de la rédaction de petits discours dénonçant le [[colonialisme français]] afin de sensibiliser un maximum de femmes et de les rallier à la [[cause nationale algérienne]].

Quelques habitantes du quartier [[Zeghara]] de [[Bologhine]] ont répondu favorablement aux appels du [[Parti du peuple algérien|PPA]]-[[Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques|MTLD]].

=== Tuberculose ===

En [[1949]], Izza Bouzekri a été atteinte de [[tuberculose]] et a été envoyée à [[Marseille]] où elle a été sauvée in extrémis. Elle a été transférée par son frère qui travaillait dans la [[marine française]] pour qu'elle soit prise en charge de justesse. Lors de son séjour au [[sanatorium]] d'[[Annecy]] qui dura environ 15 mois de convalescence, elle a été formée a la [[sténodactylo]].

De retour a [[Alger]], elle a décidé de s'émanciper en enlevant le [[Haïk (vêtement)|hayek]] au grand désespoir de sa mère ; et de parfaire sa formation à l'école [[Pigier]] en [[1951]]. De retour au pays, l'[[Association des femmes musulmanes algériennes]] (AFMA) qui a vu naître ses premiers pas de militante, a pratiquement cessé d’exister, subissant le contrecoup des scissions au sein du [[Parti du peuple algérien|PPA]]-[[Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques|MTLD]].

Elle était la seule élève voilée à l'école [[Pigier]], et sa mère exigeait que Izza porte le voile. Elle a obtenu son diplôme, et elle a décidé d’aller travailler et d’enlever le [[Haïk (vêtement)|hayek]].

=== Secrétariat ===

C'est par le biais d’amis militants du [[Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques]] (MTLD) que Izza Bouzekri a trouvé un poste de [[secrétariat|secrétaire]] à la [[mairie]] d'[[Alger-Centre]] en [[1951]]. Malgré cette place de travail obtenue, elle ne voulait pas se mettre au service de l’[[administration coloniale]] et elle renonça, préférant travailler chez un avocat français. Le cabinet de maître Boyer était sis à la "rue Duc des Cars" à [[Alger-Centre]] et elle y travailla comme secrétaire jusqu’en [[1955]].

== Révolution algérienne ==

Dès le déclenchement de la [[révolution algérienne]], Izza Bouzekri a cherché à rejoindre le [[Front de libération nationale (Algérie)|Front de libération nationale]] (FLN). [[Nassima Hablal]] fût la première à y accéder et ce n'est qu'en [[juillet]] [[1955]] que son vœu révolutionnaire se réalisa. Izza avait un voisin qui enseignait l'arabe, [[Hocine El Mili]] avec qui elle discutait le matin avant d'aller à son travail, et c'est lui qui l'a introduite dans les rangs du FLN en l'a mettant en relation avec [[Nassima Hablal]] avant de la présenter à [[Ramdane Abane]].

Izza faisait la liaison entre [[Ramdane Abane]] et [[Rachid Amara]]. Izza Bouzekri était courageuse, audacieuse et battante pour l'[[Algérie indépendante]]. C'est elle qui a tapé le tract nommé "[[Appel aux intellectuels]]". Elle a trouvé un refuge à [[Ramdane Abane]] chez [[Fatima Zekkal]] au travers de l'agent de liaison [[Rachid Amara]]. Elle a profité de son travail chez l'avocat Boyer pour s'initier à la [[conduite automobile]] et pour taper tous les [[stencil]]s et [[tract]]s et autres documents que le [[Front de libération nationale (Algérie)|FLN]] lui envoyait, parallèlement à [[Nassima Hablal]] jusqu'à l'arrestation de cette dernière en [[octobre]] [[1955]] à laquelle elle a assisté.

En effet, un militant est venu l’informer un jour de l’arrestation de [[Rachid Amara]] et [[Mohamed Lounis]]. Elle a alors couru avertir [[Nassima Hablal]] qui habitait à l’époque près du [[Jardin d'essai du Hamma]] à [[Belouizdad]], mais arrivée au domicile de cette dernière, elle a découvert qu’elle aussi venait d'être arrêtée. Izza avait des tracts et une lettre pour [[Ramdane Abane]] dans sa serviette, et après avoir réussi à se sortir de ce guêpier, elle a alors décidé de rentrer directement à la maison et de déchirer tous les documents par mesure de précaution<ref>http://www.algeria-watch.de/farticle/1954-62/mmeabane.htm</ref>.

De ses années de clandestinité, vécues aux côtés de [[Ramdane Abane]], mais également de [[Amar Ouamrane]], [[Saïd Akli]], [[Larbi Ben M'Hidi]], [[Benyoucef Benkhedda]] et d’autres, c’est dans une maison clandestine qu’elle tapait et ronéotypait des [[tract]]s du [[Front de libération nationale (Algérie)|FLN]] et d’autres documents.

=== Comité de coordination et d'exécution ===
Izza Bouzekri a été choisie avec sa compagne de combat [[Nassima Hablal]] pour être les deux secrétaires du [[Comité de coordination et d'exécution]] (CCE), avant que cette dernière ne soit arrêtée par les [[troupes coloniales]]. En venant voir [[Nassima Hablal]] dans son domicile pour qui elle ramenait des documents, Izza Bouzekri avait trouvé le quartier bouclé et a pu échapper à l'arrestation.

Avec [[Nassima Hablal]], elle classait méticuleusement une bonne partie de la documentation qui a servi à la préparation du [[Congrès de la Soummam]]. Elle a continué à dactylographier l’essentiel des documents du [[Comité de coordination et d'exécution|CCE]] dans un minuscule appartement d'[[Alger]].

Izza Bouzekri a cessé toute activité à partir d'[[octobre]] [[1955]] après l'arrestation de [[Nassima Hablal]], car elle était fichée par les [[troupes coloniales]] qui la filaient matin et soir, tout en continuant son travail chez l'avocat.

=== Organisation civile du front de libération nationale ===

Quelque temps après l'entrée de Izza Bouzekri dans la clandestinité, [[Ramdane Abane]] lui a envoyé [[Mohamed Seddik Benyahia]] en date du [[24 décembre]] [[1955]] pour lui demander d'entrer dans l'[[Organisation civile du front de libération nationale]] (OCFLN). C'est ce qu'elle fit en s'installant dans la famille de [[Mohamed Alkama]] au 20, rue Bastide<ref>https://lebouzeguenepost.com/deces-de-la-veuve-de-abane-ramdane-la-moudjahida-izza-bouzekri/</ref>.

Elle devint ainsi membre de l'[[Organisation civile du front de libération nationale]] (OCFLN) de [[1955]] à [[1962]]<ref>https://www.liberte-algerie.com/actualite/deces-de-la-veuve-dabane-ramdane-la-moudjahida-izza-bouzekri-270153</ref>.

=== Secourisme à Oran ===
Après avoir prévenu [[Hafsa Bisker]] de l’arrestation de [[Nassima Hablal]], Izza a rompu tout contact avec les frères militants car se sachant suivie par les [[troupes coloniales]]. [[Ramdane Abane]] avec [[Amar Ouamrane]] lui ont demandé de prendre le [[maquis (résistance)|maquis]] sans avertir sa famille.

Izza Bouzekri s'est cachée dans un refuge [[algérois]], où elle y demeurée jusqu’en [[janvier]] [[1956]], date à laquelle elle est envoyée à [[Oran]], chez le docteur [[Mohamed Nekkache]] pour y apprendre des notions de [[secourisme]]. Elle est ensuite revenue à Alger, à la demande de [[Ramdane Abane]] pour se cacher dans un refuge sis au 20, rue Bastide, près de l’[[hôpital Mustapha Pacha]].

=== Agent de liaison ===

Izza Bouzekri était, à cette époque, chargée d’effectuer des liaisons entre les [[moudjahid]]ine. A [[Alger]], elle le faisait à pied ou en [[trolley]] pour les courtes distances et les déplacements banlieusards. Lorsqu’elle partait hors de la [[wilaya d'Alger]], elle empruntait le [[train]], comme cette fois où elle dût se déplacer jusqu’à [[Constantine (Algérie)|Constantine]] pour contacter [[Brahim Mezhoudi]], un responsable du maquis.

=== Congrès de la Soummam ===

Izza Bouzekri a été chargée par la [[Wilaya IV historique]] de taper les six premiers numéros de la revue [[El Moudjahid (1956-1962)|El Moudjahid]] ainsi que la [[plateforme de la Soummam]].¡
Elle resta en [[1956]] enfermée durant trois mois à taper sur sa [[machine à écrire]] [[dactylographique]] les résolutions du [[Congrès de la Soummam]].

=== Bataille d'Alger ===
Après la [[grève des 8 jours]], la répression des [[troupes coloniales]] a été telle que [[Ramdane Abane]] a dû fuir [[Alger]] pour [[Tunis]] en [[février]] [[1957]], en laissant son épouse Izza Bouzekri seule avec leur bébé [[Hassan Abane]]. Après la mort de [[Larbi Ben M'Hidi]] et la traque de [[Yacef Saâdi]] par les hommes de [[Jacques Massu]], [[Ramdane Abane]] est alors contraint de quitter le pays. 

Sa vie de militante s'est arrêtée net, et elle n'a plus eu de nouvelles de son époux jusqu'en [[décembre]] [[1957]], date à laquelle elle reçoit de lui un télégramme lui demanfder de le rejoindre à [[Tunis]]. Arrivée à [[Tunis]] début [[janvier]] [[1958]], il était trop tard, car [[Ramdane Abane]] venait d'être assassiné à [[Tétouan]] mais elle l'ignorait et elle a été laissée dans l'ignorance durant 5 longs mois.

Elle a recherché son époux sans relâche jusqu'au jour où elle a croisé [[Slimane Dehilès]] son ami de toujours, et qui l'a défendu en tant que veuve ainsi que son orphelin.

== Premier mariage ==
A peine une année près le déclenchement de la [[révolution algérienne]] au lendemain de la [[Déclaration du 1er novembre 1954]], Izza Bouzekri est présentée à [[Ramdane Abane]] au cours de [[1955]], en tant que [[secrétariat|secrétaire]] [[dactylo]].

Peu de temps après en [[1956]], elle se maria avec ce [[stratège]] et [[architecte]] de la [[Guerre indépendantiste algérienne]], qui souffrait alors d'un [[ulcère]].

Elle a enfanté de lui un seul fils nommé [[Hassan Abane]] né le [[7 janvier]] [[1957]] à [[Alger]] lors de la [[Bataille d'Alger]], et décédé le [[28 juillet]] [[1990]] à [[Alger]].

== Second mariage ==
[[File:Larbi Ben M'hidi, Abane Ramdane et le colonel Sadek en 1956.jpg|thumb|[[Slimane Dehilès]] à droite]]
Izza Bouzekri s'est remarié en [[novembre]] [[1959]] avec le colonel [[Slimane Dehilès]], alias [[Si Sadek]], suite à l'assassinat de son premier époux [[Ramdane Abane]] le [[27 décembre]] [[1957]] à [[Tétouan]].

(contracted; show full)[[Catégorie:Personnalité politique algérienne assassinée]]
[[Catégorie:Personnalité kabyle]]
[[Catégorie:Naissance à Alger]]
[[Catégorie:Naissance en septembre 1929]]
[[Catégorie:Décès en mai 2017]]
[[Catégorie:Décès à Alger]]
[[Catégorie:Décès à 88 ans]]
[[Catégorie:Personnalité enterrée au cimetière d'El Alia]]