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'''Jörge de Sousa Noronha''', né à [[Lisbonne]] en [[1936]], est un artiste [[Artiste-peintre|peintre]] et [[lithographe]] portugais. 

(contracted; show full)* ''A casa do mundo, textos poéticos''.
* ''Arqueologia da imagem'',essai.
* ''O museu imaginario das igrejas e catedrais do mundo'' (cadernos de arquitectura).





Jörge de Sousa Noronha

'''L’ESTAMPE DU SECRET
''ou  les mystères de l’imprimeur d’art''
'''


                                                 




        … Mais à mesure que le tourbillon mécanique des images se faisait plus enveloppant, plus étouffant, la pure protestation   de   la gravure insolite se faisait plus forte. Je n’y serai pas seul ;  une société que je peux nommer secrète m’entraînera au milieu d’elle, moi qui ne sait pas cependant travailler à ses merveilles.          

                                                            '''Henri Thomas. Les Cahiers de l’’Estampe Contemporaine. 
                                                            Edit. Point&Marge, Paris 1992.'''




'''Le mystère d’une matrice'''

Le peintre peint un tableau original avec des pinceaux, le sculpteur sculpte une œuvre en volume avec ses mains ou avec des outils appropriés, le graveur, lui, élabore une «pièce imprimante» qui est le point essentiel de l’impression de son estampe originale multiple.
Si le commun des mortels peut aisément comprendre comment procède le peintre avec ses brosses sur la toile, ou comment le sculpteur enlève ou ajoute des matières pour créer son œuvre, un premier mystère subsiste déjà autour du graveur quand à l’élaboration même de ce que l’on appelle la «matrice».
Lorsque j’étais un enfant, et je pense que cela doit être toujours ainsi pour la plupart des enfants, la gravure était pour moi comme une sorte de «dessin gravé». Mais comment cela pouvait se faire, comment pouvait-on graver sur un papier ?…
Aujourd’hui, et nous sommes pourtant en 2008, une grande majorité du public ignore totalement  ce qu’est réellement une gravure ou une lithographie et pourquoi des artistes s’y adonnent encore. La plupart des étudiants que je rencontre dans mes cours n’a jamais pu toucher un cuivre gravé, et encore moins une pierre lithographique. Si je les emmène dans un atelier, ils découvrent un monde qu’ils ne pouvaient pas soupçonner, un certain parfum d’inconnu, des odeurs particulières et nouvelles, un univers rempli de mystères et de secrets.
Dans ma jeunesse, à Lisbonne, les imprimeries étaient encore plus connues sous l’appellation généraliste de «litografias». Je me souviens d’être une seule fois entré dans un de ces lieux magiques, très fermés, où le client, en général, n’allait jamais plus loin que les bureaux du commercial. J’y ai pu juste apercevoir, entre deux portes, de grandes dalles de pierre posées à plat sur des tables avec des dessins ou des textes dessus.
«On imprime avec des pierres»  en partant d’un dessin transféré sur le «marbre» me disait-on, mais comment cela pouvait se faire… ?


'''Le mystère d’un procédé'''

Quand j’ai approché la lithographie dans les années soixante dix et que j’ai commencé à développer mon propre atelier, j’ai pu finalement comprendre par moi-même le fonctionnement technique et chimique complexe du procédé. Cependant, je n’ai pu trouver à l’époque en France des formules exactes ou des indications précises, par exemple, sur la préparation acide devant obligatoirement intervenir sur la pierre avant l’impression. 
Lorsque plus tard je donnais un certain nombre de formules dans mon premier livre «La lithographie, précis technique», je me suis attiré de ci de là des reproches à peine voilés de la part d’imprimeurs d’art établis. C’est que je dévoilais alors des «secrets» soigneusement gardés par des professionnels, des tours de main dont on a prit l’habitude de ne jamais évoquer. En tant qu’artiste moi-même j’avais à ce sujet une toute autre approche, et mon arrivée dans le métier en tant que lithographe ne manquait pas d’occasionner, et pour cause, quelques remous.
Pour l’imprimeur lithographe, comme pour l’imprimeur en taille-douce, il existe bien des secrets et des manipulations «occultes» qui font partie d’une initiation particulière, à la fois oralement transmise et fruit d’une longue expérience.
Sans parler des techniques de gravure utilisées par les artistes pour réaliser les matrices propres à chaque procédé, généralement plus connues, l’on pourrait avancer que le mystère se niche plutôt du côté de l’imprimeur. Comment procède-t-on pour encrer un cuivre ? Comment acidule-t-on une pierre lithographique ? Comment prépare-t-on l’encre et comment on la «modifie» ? Comment peut on «graver» une pierre ? Pourquoi trouve-t-on certaines pierres avec des textes gravés à l’endroit ? Comment peut on reconnaître une technique d’estampe ? Autant de «secrets», pour le profane, pas si faciles que cela à percer ou à comprendre. 


'''Le mystère d’un pouvoir'''

Au fil des ans, par exemple, je me suis aperçu que je préférais aciduler mes propres pierres généralement le soir, quand je restais tout seul à l’atelier…Plutôt un besoin de concentration… ou la volonté quasi inconsciente de cacher un tour de main ? Je l’ignore à vrai dire, sans doute un peu des deux.
A partir de la deuxième moitié du dix neuvième siècle, une corporation particulière de maîtres imprimeurs d’art s’est développée en France notamment, travaillant régulièrement pour des artistes de manière plus ou moins collaborative. Certains artistes «gravent» eux-mêmes leurs matrices, dites alors originales. D’autres, en revanche, et je me garderai bien de citer à propos quelques artistes renommés, les font élaborer d’après leurs dessins ou peintures par les imprimeurs même, ou des dessinateurs chromistes et autres graveurs spécialisés, travaillant pour ces derniers. Là dessus encore le «sigile» est de rigueur et il est parfois bien difficile de savoir qui a fait quoi.
Citer ou ne pas citer ? L’anecdote peut dans certain cas dissimuler des accents fâcheux. Dans mes livres, j’ai dû quelques fois faire des choix qui correspondaient à une certaine éthique et, par là, me suis probablement attiré quelque désagrément. Dans le monde clôt de l’estampe toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, tout ne peut se dévoiler…
Une chose est pourtant sure. Il y a finalement, parmi les secrets d’atelier, le secret d’un «pouvoir» certain dont on parle peu. L’imprimeur face à l’artiste, définit ses choix, garde ses distances, marque son territoire. Il reste, la plupart du temps, celui qui ne crée rien, mais qui doit s’imposer devant quelqu’un qui confie en son savoir-faire.


                                                                                                                                       Paris, 3 mai 2008








'''About the meaning of printig images today
'''
A Parisian Printmaker's Personal Observations
Jörge de Sousa Noronha Looks Forward and Back



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[[Catégorie:Artiste portugais]]
[[Catégorie:Graveur portugais]]
[[Catégorie:Naissance en 1936]]
[[Catégorie:Naissance à Lisbonne]]