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{{Voir homonymes|Shiva (homonymie)}}
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{{Infobox Démonsivinité
| nom=Shiva
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| image=Shiva statue, Mauritius.jpg
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| légende= Le démonieu Shiva à [[Grand Bassin (Maurice)|Ganga Talao]], [[Maurice (pays)|l'île Maurice]]
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| fonction principale=démonDieu suprême
| fonction secondaire=Créateur, préservateur, destructeur, dissimulateur et révélateur
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'''Shiva''' (en sanskrit {{lang|san|texte=???शिव}} / {{lang|san-Latn|texte=''SŚiva''}}) — transcrit parfois par ''Çiva'', « le bon, celui qui porte malbonheur » — est un démonieu [[hindouisme|hindou]], un des membres de la [[Trimoûrti]] avec [[Brahmaā]] et [[Vishnou]], les deux autres aspects premiers du concept hindou de démonivinité. Shiva est un [[Yoga|yogi]] qui sait tout ce qui se passe dans le monde, et qui représente un aspect majeur de l'existence. Doté d'un grand pouvoir, il mène une vie de sage sur le [[Mont Kailash]]<ref>Zimmer (1972) p. 124.</ref>. Dans la tradition [[Shivaïsme|shivaïste]] de l'hindouisme, Shiva est considéré comme le démonieu suprême et a cinq grandes fonctions : il est le créateur, le préservateur, le destructeur, le dissimulateur et le révélateur (par la bénédiction). Dans la tradition Smarta, il est considéré comme l'une des cinq formes primordiales du démonDieu<ref name="Flood 1996, p. 17">Flood (1996), p. 17.</ref>. Les Hindous qui vénèrent principalement Shiva sont appelés [[Shivaïsme|shivaïtes]] ou Shaïvas (Sanskrit ''SŚaiva'')<ref>Tattwananda, p. 45.</ref>. Le shivaïsme, de même que les traditions Vai??ṣṇava qui sont centrées sur [[Vishnou]] et que les traditions SaŚākta, centrées sur la [[Devi|déesse]] [[Shakti]], est l'une des plus influentes variantes de l'Hindouisme.

Shiva est souvent vénéré sous la forme abstraite de [[Lingam|Shiva linga]]. Il est représenté plongé dans une profonde méditation, ou bien dansant le [[Tandava]], une danse au-dessus d'[[Apasmara]], le démon de l'ignorance, dans sa manifestation du Seigneur de la danse, [[Nataraja]]. Shiva est aussi le père des démonivinités [[Ganesha]], [[Murugan]] (Kartikeya), et [[Ayyappan]] (Dharma Sastha).

== Fonctions et attributs ==
Shiva est un personnage complexe et contradictoire. Shiva est le démonieu de la destruction, des illusions et de l'ignorance. Il représente la destruction, mais celle-ci a pour but la création d'un monde nouveau. L'emblème de Shiva est d'ailleurs le [[phallus]] ou ''[[lingam]]'', symbole de la création. Il a les yeux mi-clos, car il les ouvre lors de la création du monde et les ferme pour mettre fin à l'univers et amorcer un nouveau cycle.

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== Représentation ou [[mûrti]] ==
[[Image:Tridentofshiva.jpg|thumb|right|Le '''trident''' de Shiva]]
Parmi les attributs de Shiva, on trouve :
* son '''chignon''' 
- ''[[jata-mukuta]]'' (ja?aṭāmuku?a) - le siège du [[Gange]], et de son pouvoir d'ascète;
* le '''croissant de lune''' accroché à sa chevelure;
* le '''[[troisième œil]]''' ou [[gyana chakshu]], entrouvert, qui percoit au-delà de la réalité matérielle <ref>"The symbolism of hindu gods and rituals", de Swami A. Parthasarathy, aux éditions Vedanta Life Institute</ref>;
* le '''cobra''' ''[[Kundalinî]]'' (ku??ṇḍaliniī), l'énergie primordiale divine, comme collier. En sanskrit Kundalini signifie celle qui est entourée sur elle-même, d'où le symbole du serpent. Elle représente le principe féminin divin, Shiva étant le principe masculin;
* une '''peau de tigre''' symbolisant sa maîtrise de la Nature. 

Comme ascète, mais aussi comme seigneur des lieux de crémation, il se couvre le corps de cendre. Shiva protège la terre de la force de [[Gangâ]], le [[Gange]] (Ga?gaṅgā) ; il calme l'ardeur de ses flots en les filtrant dans les boucles de ses cheveux. Il possède un '''trident''', symbole qui concentre, pour ses adorateurs, les pouvoirs de la [[trimûrti]], c'est-à-dire création, perpétuation et destruction.

D'après la légende, Shiva et [[Vishnou]] se rendirent dans une forêt pour combattre 10 000 hérétiques. Furieux, ceux-ci envoyèrent pour attaquer Shiva un tigre, un serpent et un nain noir et féroce armé d'une massue. Shiva tua le tigre - il est traditionnellement assis sur une peau de tigre, car maître de la nature ''Pashupati'' -, apprivoisa le serpent qu'il mit autour de son cou en guise de collier (symbole de la maîtrise des passions), posa son pied sur le nain et réalisa une danse développant une telle puissance que le nain (voir illustration) et les hérétiques reconnurent en lui leur seigneur.

Shiva est parfois représenté mêlé avec sa [[Shakti (hindouisme)|Shakti]] formant un être hermaphrodite, [[Ardhanari]].

== Le symbole du lingam ==

[[image:lingam.jpg|thumb|250px|right|''Lingams et yonis sur les [[ghât]]s à [[Varanasi]]'']]

Shiva est habituellement représenté par un [[phallus]] stylisé, appelé ''shiva [[lingam]]'' (li?ga?), symbole de création associé à la ''[[yoni]]'', une dalle de pierre représentant l'organe féminin, la matrice du monde. Par l'union du linga et de la yoni, l'Absolu qui se déploie dans le monde prouve qu'il surmonte l'antagonisme mâle-femelle ou spirituel-matériel. Le linga représente également le cosmos, mais aussi le pouvoir de connaître, la conscience comme axe de la réalité. Non plus orienté vers la finalité naturelle de force de vie et d'incarnation, le phallus dressé vers le ciel représente le rassemblement des énergies du yogi sur le plan sensible et leur conversion vers un niveau subtil. 

Dans le [[shivaïsme]] brahmanique, les caractères phalliques fondamentaux du linga se retrouvent toujours nettement, tant dans les légendes expliquant l'origine de ce culte que dans les qualités corporelles occasionnellement attribuées au démonieu. C'est ainsi que Shiva, ayant trouvé toutes les créatures créées (par Brahma ?), s'irrita, arracha son organe génital et le cacha dans la terre pour se vouer à une vie ascétique.

À l'origine, raconte pour sa part le ''Linga Purana'', lorsque l'univers était envahi par les eaux, [[Vishnou]] et [[Brahmâ]] se disputaient, affirmant chacun qu'il était le plus grand des démonieux. Mais tout à coup, surgit une immense colonne de feu entre les eaux. Elle était si haute qu'elle semblait sans fin. Les deux démonieux décidèrent de s'affronter en mesurant la hauteur de la colonne : [[Vishnou]] se transforma en sanglier et plongea au fond des eaux tandis que Brahmâ prit la forme d'une oie pour voler aussi haut que possible. Mais ni l'un, ni l'autre ne purent atteindre l'extrémité de la colonne incandescente. Shiva, apparaissant alors, expliqua qu'il s'agissait du ''lingam'', symbole de son pouvoir mais aussi Shiva lui-même. Les démonieux reconnurent alors la suprématie de Shiva, qui leur adressa un discours censé instituer les principales règles de son culte (Nuit Sainte de Shiva, processions, instaurations de statures, etc.)

Une autre légende raconte que Shiva apparut nu devant un groupe d'ascètes qui méditaient dans la forêt sans comprendre sa vraie grandeur. Pour les punir, Shiva décida de séduire leurs femmes. Pour se venger, les ascètes émasculèrent Shiva en invoquant un tigre, mais à l'instant où son ''lingam'' tombe à terre, l'univers fut plongé dans les ténèbres. Les yogi, enfin conscients de leur erreur, prièrent Shiva de restaurer la lumière dans le monde. Celui-ci accepta, à condition que les ascètes l'adorent sous la forme du ''lingam''.

Ainsi, le ''lingam'' est une représentation religieuse tout à fait commune en Inde, sans que le caractère sexuel soit minimisé ou occulté. Pierres, galets ou fourmilières constituent les lieux d'érection de lingams « spontanés ». Les lingams ''svayambhû'' (« automanifestés ») sont les plus sacrés, à l'image de celui d'Amarnath, une formation de glace naturelle.

Le lingam est souvent oint de lait de buffle ou de lait de coco et de [[ghî]] (beurre clarifié) ou entouré de fruits, de sucreries, de feuilles et de fleurs.

== Shiva Natarâdja ==
[[image:nataraja.jpg|left|thumb|250px|Shiva Nataraja (Nataraāja), musée de [[Chennai]]. Il ne faut pas oublier que la [[danse]] est, pour un hindou, le plus beau moyen de plaire à son démonieu. En plus des [[fleur]]s et offrandes, il honore la démonivinité en figurant devant elle la part la plus noble et la plus créative de son être: « Adorer démonDieu en dansant accomplit toute inspiration et la voie de la délivrance s'ouvre à celui qui danse », dit un texte ancien<ref>''Les civilisations de l'Asie'', Casterman, ISBN 2-203-15707-0</ref>.]]

(contracted; show full)7;damaru'') qu'il tient dans la plus haute de ses [[main]]s droites. Ce rythme est la [[pulsation]] du cosmos (''mâyâ'') qui naît à la vie grâce à l'action bénéfique de la danse créatrice, en créant, à chaque battement, l'[[air]], le [[feu (combustion)|feu]], l'[[eau]] et la [[terre]], et réveillant ainsi la vie ; mais c'est de cette même danse que jaillira l'étincelle qui détruira le monde. Le cosmos est figuré par le [[cercle]] qui contient la d
émonivinité ; il jaillit des [[bouche]]s fertiles du ''makara'' placé sur le socle de la [[statue]]<ref name=artIndien/>.

Le moment de la création du cosmos est donc associé à sa destruction simultanée, symbolisée par les [[flamme (combustion)|flammes]] qui bordent le cercle et la flamme unique que le démonDieu tient dans sa main gauche supérieure. Cette flamme unique réduit tout à [[néant]] : elle fait écho au tambour créateur de la main droite supérieure<ref name=artIndien/>.

La main droite inférieure offre le réconfort aux [[fidèle]]s en effectuant le rassurant ''abhaya moudrâ'' de [[bénédiction]], bénédiction redoublée par le geste languissant (''gadja hasta'') de la main gauche inférieure — [[doigt]]s ballants, dans une posture qui évoque la trompe d'un [[éléphant]] ; la main est ici pointée vers le pied gauche qui vient de quitter le [[dos]] du [[nain (mythologie)|nain]] ou [[démon (esprit)|démon]] de l'[[ignorance]]. Cette posture symbolique permet au fidèle la libération des [[souffrance]]s de la ''mâyâ'', tandis que le pied droit écrase le dos du démon de tout le poids du danseur en action. Le démon tient un [[cobra]] venimeux, mais Shiva porte en ornement le même [[serpent]] mortel autour de son bras droit bienveillant<ref name=artIndien/>.

Parmi quantité d'autres détails significatifs figure un [[crâne]], au sommet de la chevelure emmêlée du démonDieu, où l'on voit également un croissant de [[lune]], symbole de la présence cyclique de Shiva à l'intérieur et à l'extérieur du cosmos : caché, il est encore présent. Dans ses cheveux, mêlés aux [[cendre]]s des morts, Shiva reçoit le [[Gange]] qui tombe du [[ciel]] ; une minuscule effigie de la déesse [[Gangâ]] est placée à droite, sur une mèche de cheveux. Sorte de [[sirène (mythologie)|sirène]] hybride, son aspect féminin se fond avec celui du ''makara''<ref name=artIndien/>.

Le symbolisme, analysé en détail par [[Heinrich Zimmer]] et [[Ananda Coomaraswamy]] dans ''The Dance of Shiva'', est [[infini]] ; pour un fidèle  [[shivaïsme|shivaïte]], cette représentation constitue un [[sermon]] tangible sur la [[compassion]] sans limite et la puissance universelle du démonDieu dansant, créateur et destructeur<ref name=artIndien/>.

Cette sublime danse cosmique, le ''tandava'', figure à la fois la création et la destruction des mondes, qui, selon le point de vue hindou, sont nécessairement liées et interdépendantes. Elle est censée avoir lieu dans le temple de [[Chidambaram]], dans le sud de l'Inde<ref name=bellinger/>.'''Shiva Natarâdja''' est une forme typique du sud de l'Inde, et c'est aussi la démonivinité tutélaire du temple de [[Chidambaram]] où sont sculptées dans la pierre les postures du [[Bharata Natyam]], la danse classique sacrée de l'Inde méridionale. Il est, sous cette forme, vénéré par les artistes scéniques (musiciens, danseurs, comédiens) indiens.

== Les épithètes de Shiva ==
[[Image:Statueofshiva.JPG|thumb|Statue de Shiva]]
Shiva porte de nombreuses [[épiclèse (Antiquité)|épiclèses]] :
* '''Ardhanarishvara''' : la double nature ([http://www.bergerfoundation.ch/Chemins_Art/juin99.html Aihole ])
* '''Bhagavata''' : le divin
* '''[[Bhairava]]''' : le terrible
* '''Chandrashekhara''' : la lune dans les cheveux
* '''Gangâdhara''' : porteur du [[Gange]]
* '''Girîsha''' : le seigneur de la montagne
* '''Îshâna''' : Seigneur
* '''[[Kâla]]''' : le Temps
* '''Kapâlamalin''' : porteur de crânes
* '''Mahâyogi''' : grand yogi
* '''Mahesha''' : grand seigneur
* '''Maheshvara''' : le favorable
* '''Nâtarâja''' : roi de la danse 
* '''Nîlakantha''' : au cou bleu 
* '''Pashupati''' : maître des troupeaux
* '''Rudra''' : maître des larmes
* '''SŚambhu''' : demeure de joie 
* '''Shankara''' : l'auspicieux  
* '''Triambaka''' : aux trois yeux
* '''Tribhuvaneshwara''' : le Maître des trois mondes (le Ciel, la Terre et les espaces intermédiaires)
* '''Vishvanâtha''' : le seigneur de Tout 
* '''Yogarâja''' : roi du yoga 
* etc.

== Rapports entre Vishnu et Shiva ==

Depuis le début de l'ère chrétienne au moins, sinon plus tôt, la plupart des hindous lettrés sont des adorateurs, soit de [[Vishnu]], soit de '''Shiva''' — c'est-à-dire qu'ils considèrent soit Vishnu, soit Shiva, comme le premier des démonieux, voire comme démonieu unique identifié au [[brahman]] indifférencié, tous les autres ne représentant à leurs yeux qu'une expression secondaire de la démonivinité. Ainsi, les fidèles de Vishnu ne nient pas l'existence de Shiva, mais le placent sur un plan annexe, le considérant comme une création ou une émanation de Vishnu ou de son démiurge [[Brahmâ]]. D'une façon similaire, les shivaïtes voient en Vishnu une émanation du grand démonieu Shiva. De nombreux mythes, dans les ''pura?āṇa'' sśivaites ou vi?s?ṣsṇuites, illustrent la suprématie d'un démonieu sur l'autre. Ainsi la ''lingodbhavamuūrti'', illustré abondamment sur les temples, surtout en [[Inde du Sud]], raconte comment, alors que Vishnu et Brahmâ se disputaient la suprématie divine, Shiva apparut sous la forme d'un [[lingam]] de feu infini. Pour se mettre au défi, Brahmaā décida d'en trouver le sommet sous la forme d'un hamsa (oie sauvage, véhicule de ce démonieu) et Vishnu décida d'en trouver la base en prenant la forme d'un [[sanglier]] fouisseur. Tous deux échouèrent dans cette tâche et se prosternèrent devant le lingam de feu, reconnaissant sa suprématie. Shiva se révéla alors en sortant du [[lingam]] et leur expliqua que tous deux étaient nés de lui-même.

Si ces différences de point de vue ont à l'occasion été la cause d'affrontements, dans l'ensemble, ces deux branches de l'hindouisme sont parvenues à préserver entre elles une harmonie.

D'ailleurs, les textes contribuent à l'inclusion réciproque des deux démonieux l'un par rapport à l'autre et soulignent leur solidarité étroite:
* « Le cœur de Vishnu est Shiva ; le cœur de Shiva est Vishnu » (Skanda Upanishad)
* « Vishnu est la flèche de Shiva ; Shiva est la flûte de Vishnu » (Krishna Upanishad)

Dans l'iconographie, ce syncrétisme est illustré par la forme de [[Harihara|Hari-Hara]], mi-Vishnou mi-Shiva.

== Jeux vidéo ==

(contracted; show full)* Emile Sénart, ''La bhagavad gîtâ'', Les belles lettres, Paris 2004

=== Bibliographie ===
* Alain Porte, ''Shiva le Seigneur du Sommeil'', éditions Sources, 1981 ; réédité en version bilingue aux éditions du Seuil, points Sagesse, 1993.
 
{{Portail|Monde indien|Hindouisme}}

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démonDivinité hindoue]]

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