Difference between revisions 97844762 and 97844774 on frwiki{{Voir homonymes|Colomb|Christophe Colomb (homonymie)}} {{Voir homophones|Colon}} {{Infobox Biographie | nom = Christophe Colomb | image = Colomb.jpeg | légende = Portrait présumé de Christophe Colomb, attribué à [[Ridolfo del Ghirlandaio]] : yeux bleus, visage allongé au front haut, nez aquilin, menton orné d'une fossette, cheveux devenus blancs dès l'âge de 30 ans<ref>Marquis A. De Belloy, ''Christophe Colomb Et La Découverte Du Nouveau Monde'', éd. Eugène Ducrocq, 1864, 204 p.</ref>. | nom de naissance = Cristoforo Colombo ([[Italien]]) | surnom = Christophorus Columbus ([[latin]])<br />Cristóbal Colón ([[espagnol]]) | date de naissance = Entre le {{date|25|août|1451}} et le {{date|31|octobre|1451}} | lieu de naissance = [[Fichier:Flag of Genoa.svg|20px]] [[Gênes]] ([[République de Gênes]]) | date de décès = {{date de décès|20|mai|1506}} | âge au décès = 3000000000000000 ans | lieu de décès = [[Fichier:Bandera de la Corona de Castilla y Leon.svg|20px]] [[Valladolid]] ([[Couronne de Castille]]) | nationalité = [[République de Gênes|génoise]] | paysorigine = | pays de résidence = | profession = [[Marin (profession)|Marin]], [[Exploration|explorateur]], [[Colonisation|colonisateur]] | activités autres = [[Amiral]] de la [[Océan Atlantique|mer océanique]]<br />[[Liste des vice-rois de Nouvelle-Espagne|Vice-roi et gouverneur]] des [[Indes occidentales espagnoles|Indes]] | occupation = | formation = | hommage = | ascendants = | conjoint = [[Filipa Moniz]] (v. 1476-1485) | famille = [[Bartolomeo Colomb]], Giovanni Pellegrino et [[Giacomo Colomb]] (frères) | descendant = [[Diego Colomb]]<br />[[Fernand Colomb]]ismael zirek⏎ }} '''Christophe Colomb''' (en [[italien]], ''Cristoforo Colombo'') (né entre le [[25 août]] et le {{date|31|octobre|1451}} à [[Gênes]], dans la [[République de Gênes]], et mort le {{date|20|mai|1506}} à [[Valladolid]], en [[Espagne]]) est un [[navigateur (marine)|navigateur]] [[italie]]n de la fin du {{sp-|XV|e|et du début du|XVI|e}} au service des [[rois catholiques|monarques catholiques]] [[Espagne|espagnols]] [[Isabelle Ire de Castille|Isabelle de Castille]] et [[Ferdinand II d'Aragon|Ferdinand d'Aragon]]. Christophe Colomb est la première personne de l'histoire moderne à traverser l'[[océan Atlantique]] et, en cherchant une nouvelle route vers les [[Indes orientales|Indes]] orientales (avec [[Cipango]], le Japon, comme premier objectif<ref>http://etext.lib.virginia.edu/etcbin/toccer-new2?id=HalLife.sgm&images=images%2Fmodeng&data=%2Ftexts%2Fenglish%2Fmodeng%2Fparsed&tag=public&part=all</ref>), il découvre une route aller-retour entre le [[Amérique|continent américain]] et l'[[Europe]]<ref>[[Pierre Chaunu]] écrit : « Voyez le miracle Colomb. En moins de dix ans, les routes maritimes qui, trois siècles durant, assureront le meilleur des relations entre l'Europe et l'Amérique, sont à peu près définitivement fixées. » ''in'' ''Conquête et exploitation des nouveaux mondes'', PUF, Nouvelle Clio, 1969, p. 267.</ref>. Il effectue en tout quatre voyages en tant que [[navigateur (marine)|navigateur]] pour le compte des souverains espagnols, qui le nomment avant son premier départ [[amiral]], vice-roi des Indes et gouverneur général des territoires qu'il découvrirait. La découverte des [[Caraïbes]] marque le début de la colonisation de l'[[Amérique]] par les Européens et fait de Colomb un acteur majeur des [[grandes découvertes]] des {{sp-|XV|e|et|XVI|e}}s. Son premier voyage est considéré comme la rupture majeure entre le [[Moyen Âge]] et les [[Époque moderne|temps modernes]]<ref>« En deux siècles, dix générations d'historiens ont fait de 1492 un véritable laboratoire de l'écriture de l'Histoire. La relation privilégiée établie entre l'Europe et le continent américain, la domination exercée par ces « deux mondes » du Nord sur l'ensemble planétaire ont permis d'élaborer un modèle d'interprétation où les voyages de découvertes maritimes, au centre desquels se trouve celui de Christophe Colomb, sont devenus le symbole de la naissance des Temps modernes dans l'Histoire universelle. » Guy Martinière, « 1492, les historiens et Colomb » in ''L'état du monde en 1492'', La Découverte, 1992, p. 539.</ref> dans l'historiographie de la civilisation occidentale. Même si des fouilles archéologiques ont établi que des peuples européens comme les [[Viking]]s ou des pêcheurs (basques, bretons…) avaient [[Contacts trans-océaniques précolombiens#Pêcheurs européens au large de Terre-Neuve|déjà eu connaissance]] de ce nouveau continent, Colomb est aujourd'hui universellement reconnu comme le premier Européen qui a « découvert l'Amérique », où il accoste pour la première fois dans la nuit du [[11 octobre|11]] au {{date|12|octobre|1492}}. Il meurt moins de deux ans après son retour de sa quatrième et dernière expédition en Amérique, après avoir vu ses prérogatives sur les terres découvertes contestées par le roi Ferdinand, et toujours persuadé d'avoir atteint les [[Indes]], le but originel de son expédition. Les historiens dressent le portrait d'un marin hors pair, « un des meilleurs navigateurs de tous les temps »<ref>{{harvsp|Mahn-Lot|1960|p=20}}</ref>, ou même « le plus grand marin de tous les temps »<ref>[[Pierre Chaunu]], ''L'Amérique et les Amériques'', Armand Collin, coll. « Destins du monde », 1964, p. 61.</ref>, mais « piètre politicien »<ref>Consuelo Varela, « Christophe Colomb, l'homme de l'année » in ''L'état du monde en 1492'', La Découverte, 1992, p. 42.</ref>. Il apparaît « comme un homme de grande foi, profondément attaché à ses convictions, pénétré de religiosité, acharné à défendre et à exalter le christianisme partout »<ref>{{harvsp|Heers|1991|p=571}}</ref>. == Histoire colombine : éléments historiographiques == [[Fichier:Christopher Columbus voyages map-fr.svg|thumb|right|upright 1.32|Trajet des quatre voyages de Colomb aux « Indes ».]] [[Fichier:Christopher Columbus .PNG|thumb|right|upright=1.00|Portrait posthume de Christophe Colomb peint par [[Sebastiano del Piombo]]<ref>[http://www.cristobal-colon.net/portraits/italie/it_del_piombo.htm Précisions sur cristobal-colon.net]</ref>.]] De la propre main de Colomb n'ont été identifiés et recensés que peu de documents : des lettres, des quittances, des annotations dans des ouvrages de sa bibliothèque et des signatures. Tous les autres textes, dont le journal du premier voyage, ne sont que des copies dont le texte n'est pas sûr<ref>{{harvsp|Heers|1991|p=8}}</ref>. Ces différents textes et documents ont tous été traduits en français<ref>Deux volumes publiés en poche par les éditions [[La Découverte]] en 2006 : Christophe Colomb, ''La Découverte de l'Amérique''. Une édition très richement illustrée du journal du premier voyage a été proposée par les éditions de l'[[Imprimerie nationale]] en 1992 avec une présentation de [[Michel Balard]].</ref>. Il existe cependant un curieux « Livre des prophéties » qui est un recueil de prophéties concernant la découverte du [[Nouveau Monde]], écrit par Colomb vers la fin de sa vie<ref>{{Ouvrage|langue=fr|prénom1=Michel|nom1=Lequenne|titre=Livre des prophéties|éditeur=Éditions Jérôme Millon|année=1992|pages totales=189|lire en ligne={{Google livres|iCfgpXhyQnUC|page=5}}|isbn1=2905614757|isbn10=9782905614759}}</ref>. La connaissance du Colomb, homme de savoir et de cabinet, s'appuie aussi sur quatre livres qui lui ont appartenu et qui ont été conservés. Ces livres ne recèlent pas moins de {{unité|2000|annotations}} portées en marge<ref>{{harvsp|Heers|1991|p=130}}</ref>. Les premiers historiens contemporains de Colomb ne se sont pas attardés de manière précise à le décrire. Andrès Bernaldez l'évoque dans son ''Historia de los Reyes Catolicos'', en donnant « une image à la fois édifiante et dramatique (…) intéressante certes, mais brossée à très grands traits, sans beaucoup de nuances »<ref>{{harvsp|Heers|1991|p=18}}</ref>. Parmi ceux qui ont vécu aux côtés de l'Amiral on recense les livres de [[Bartolomé de Las Casas]], [[Fernand Colomb]] et [[Gonzalo Fernández de Oviedo y Valdés]]. C'est sur ces publications du {{s-|XVI|e}} que se sont appuyés en premier lieu tous les travaux historiques postérieurs et c'est grâce à eux qu'il est possible aujourd'hui de reconstituer ce qu'ont été les voyages et expéditions de Colomb. [[Pierre Martyr d'Anghiera]], humaniste de l'Italie du nord, a livré dans son ''Orbo Novo'' dès 1494 le premier témoignage de la découverte<ref>{{harvsp|Heers|1991|p=19}}</ref>. == Biographie == === Origine et jeunesse === Le lieu de naissance de Colomb est incertain mais il est aujourd'hui considéré comme d'origine ligure, des environs de Gênes. Cette origine génoise du navigateur est établie au sein de la communauté des [[Histoire (discipline)|historiens]] depuis la fin du {{s-|XIX|e}}, et plus exactement en 1892 pour le 400{{e}} anniversaire de sa découverte de l'Amérique, de nombreuses régions revendiquant malgré tout être son lieu de naissance<ref>{{harvsp|Heers|1991|p=21-23}}</ref>{{,}}<ref>{{Harvsp|Mahn-Lot|1960|p=3-8}}</ref>. {{Article détaillé|Théories sur l'origine de Christophe Colomb}} [[Fichier:ColombusNotesToMarcoPolo.jpg|thumb|Annotations de la main de Colomb en marge de son exemplaire du ''[[Livre des merveilles du monde]]''.]] Christophe Colomb serait né en [[1451]] dans la [[République de Gênes]], il est l'aîné des cinq enfants<ref>Trois frères (Bartolomeo, Giovanni Pellegrino, Giacomo) et une sœur Bianchinetta.</ref> de {{Lien|Domenico Colombo}} (tisserand originaire de [[Lombardie]] qui s'est installé à Gênes puis, suite à des troubles politiques dans la cité, a déménagé à [[Savone]] en 1470 pour ouvrir un établissement de textile et une taverne) et {{lien|Susanna Fontanarossa}}. En tant qu'aîné, il devient probablement apprenti tisserand<ref>{{ouvrage|langue=en|prénom1=Robin|nom1=Santos Doak|titre=Christopher Columbus|sous-titre=Explorer of the New World|éditeur=Compass Point Books|date=2006|passage=15|isbn=9780756510572}}</ref>. Selon la biographie ''Historia del Almirante'' (hagiographie peu fiable) de son fils [[Fernand Colomb]], son père aurait eu les moyens financiers suffisants pour l'envoyer à l'[[université de Pavie]] où il étudie notamment la cosmographie, l'astrologie et la géométrie<ref name="Reta">{{ouvrage|langue=it|prénom1=Const|nom1=Reta|titre=Vita di Cristoforo Colombo|éditeur=Volpato e comp|date=1846|passage=9|isbn=|lire en ligne=}}</ref>. Il est très tôt influencé par le ''[[Livre des merveilles du monde]]'', écrit par le chevalier anglais [[Jean de Mandeville]] entre [[1355]] et [[1357]] pendant la [[guerre de Cent Ans]], à son retour de voyage en Extrême-Orient, à partir de ses propres observations et de récits de [[Missionnaire (chrétien)|missionnaires]] [[franciscain]]s et [[dominicain]]s. Colomb avait aussi un exemplaire de l’''[[Imago mundi (littérature)|Imago mundi]]'' du cardinal [[Pierre d'Ailly]] (1410) qu'il a abondamment commenté en marge<ref>L'exemplaire personnel de Colomb est conservé à la bibliothèque colombine de [[Séville]]. Fac-similé d'une page de cet exemplaire dans Christophe Colomb, ''Journal de bord 1492-1493'', éditions de l'Imprimerie nationale, 1992, p. 20.</ref>. === Débuts dans la marine === [[Fichier:ColombusMap.jpg|thumb|Carte dite des frères Colomb. Vers 1490.]] Christophe Colomb prétend dans une de ses lettres avoir été matelot dès l'âge de dix ans<ref>{{ouvrage|langue=en|prénom1=Clements R.|nom1=Markham|titre=Journal of Christopher Columbus |éditeur=Cambridge University Press|date=2010|passage=122|isbn=9781108012843|lire en ligne=}}</ref>. Toujours selon la biographie de [[Fernand Colomb]], après avoir commandé un navire au service de [[René d'Anjou]] combattant le roi d'Aragon et opéré en tant que [[corsaire]] en 1472, Christophe Colomb commence l'année suivante son apprentissage en tant que marchand au service des familles génoises Centurion, Di Negro et de [[Famille Spinola|Spinola]]<ref name="Reta"/>. Sa prétendue expédition commerciale sur l’île de [[Chios]] en 1474 lui permet de devenir financièrement indépendant de sa famille<ref>{{ouvrage|langue=it|prénom1=Gianni |nom1=Granzotto|titre=Cristoforo Colombo|éditeur=Ugo Mursia editore|date=2010|passage=41|isbn=978-88-425-4493-7}}</ref>. En [[1476]], il embarque sur un convoi en partance pour [[Lisbonne]] puis l'[[Angleterre]]. Le convoi est attaqué par les [[France|Français]] et Christophe Colomb se réfugie dans la ville portugaise de [[Lagos (Portugal)|Lagos]] puis part chez son frère [[Bartolomeo Colomb]], [[cartographe]] à [[Lisbonne]]. Il épouse en [[1479]] [[Filipa Moniz]] d'une famille de basse-noblesse portugaise, fille de [[Bartolomeu Perestrelo]], capitaine-gouverneur de [[Porto Santo]] à Madère, avec qui commença la colonisation en 1425. Filipa meurt peu de temps après la naissance de leur seul fils, [[Diego Colomb]], né possiblement en 1480 sur l'île [[Porto Santo]] (Colomb aura un second fils en [[1488]], [[fernand Colomb|Fernand]], né d'une liaison avec [[Beatriz Enriquez de Arana]]). Christophe Colomb se perfectionne alors dans les sciences de la navigation, qui sait avec les cartes que son épouse peut-être avait apportées en dot : les cartes des vents et des courants des possessions portugaises de l'Atlantique qui, peut-être, appartenaient à [[Bartolomeu Perestrelo]]<ref>{{ouvrage|langue=it|auteur=Cesare de Lollis|titre=Vita di Cristoforo Colombo|éditeur=Fratelli Treves|date=1895|passage=46|isbn=|lire en ligne=}}</ref>. === Le projet de voyage aux Indes Orientales par l'ouest === [[Fichier:Conceptions Colomb map-fr.svg|thumb|Représentation géographique de l'Asie de Colomb.]] {{double image|left|House of Colon COA (primitivas).svg|100|House of Colon COA (2).svg|100|[[Héraldique|Armoiries]] des Colomb octroyées par la Couronne d'Espagne le 20 mai 1493<ref>{{ouvrage|auteur=Georges de Morant|titre=Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe|éditeur=Comte d'Angerville|date=1843|passage=142|isbn=|lire en ligne=http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36603q/f157.item}}</ref>|Armoiries des Colomb attribuées ''motu proprio'' en 1502<ref>Armes : [[Armes composées#Écartelé|écartelé]], au premier de [[gueules]], à la tour d'or, qui est Castille ; au second d'argent, au lion de gueules, couronné d'or, qui est Léon ; au troisième une mer d'azur, semée d'îles d'argent ; au quatrième d'azur, à cinq ancres d'or ; [[Liste de pièces héraldiques#Enté en pointe|enté en pointe]] d'un [[fascé]] ondé d'argent et d'azur.</ref>}} [[Fichier:Monumento a Colón (Madrid) 02b.jpg|thumb|Colomb et la reine [[Isabelle Ire de Castille|Isabelle]] représentés sur un monument de la ''Plaza de Colón'' à [[Madrid]].]] C'est aux alentours de [[1484]] que Colomb forme l'idée de passer par l'[[Atlantique]] pour aller aux [[Indes orientales]] (« rejoindre le Levant par le Ponant »<ref>En castillan : ''Buscar el Levante por el Poniente</ref>). Il est en effet connu depuis les Grecs anciens que la Terre est ronde, et [[Ératosthène]] avait donné une estimation à peu près exacte de sa circonférence. Mais les textes grecs sont mal connus à l'époque, et c'est sur les mesures de [[Pierre d'Ailly]] que Colomb se base. Pierre d'Ailly reprend lui-même les travaux plus anciens d'[[Al-Farghani]], et estime le degré terrestre à 56 milles 2/3 (soit un [[Équateur terrestre|équateur]] d'environ {{unité|30000|kilomètres}} au lieu de {{unité|40075|kilomètres}}). Or les Arabes utilisaient un mille de {{unité|1973|mètres}} et non le mille romain de {{unité|1482|mètres}}. Pierre d'Ailly citait aussi les évaluations de [[Marin de Tyr]], qui estimait que les terres habitées, de l'Espagne à la Chine, devaient s'étaler sur 225° au lieu des 130° réels, rendant les mers les séparant beaucoup plus petites<ref>[http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Christophe_Colomb/114119 Christophe Colomb], Encyclopédie Larousse</ref>. Selon les mots de [[Michel Balard]] « lumineuse erreur qui permet au navigateur de réduire les distances entre les îles Canaries et l'extrémité orientale du continent asiatique ! »<ref>Michel Balard in Christophe Colomb, ''Journal de bord 1492-1493'', éditions de l'Imprimerie nationale, 1992, p. 24.</ref>. Une grande partie de la communauté scientifique de l'époque estime réalisable un tel voyage et [[Jacques Heers]] précise : « (…) les idées de Colomb ne s'inscrivent pas à contre-courant. Tout au contraire, elles nous paraissent exactement l'expression normale de la pensée géographique de son époque. »<ref>Citation complète : « Dans ce vaste courant de curiosité, dans cette recherche constamment poursuivie avec la même passion, les idées de Colomb ne s'inscrivent pas à contre-courant. Tout au contraire, elles nous paraissent exactement l'expression normale de la pensée géographique de son époque. », {{harvsp|Heers|1991|p=154}}</ref>. Ce qui distingue le projet du navigateur des hypothèses des érudits du temps – géographes et humanistes – qui estiment tous très probable l'existence d'îles nombreuses, voire de terres plus vastes plus loin à l'[[ouest]] dans la [[Océan Atlantique|mer océane]], c'est son but : atteindre les rivages de la [[Chine]] et avant cela le [[Japon]], soit le royaume du [[Chine|Cathay]] et [[Noms du Japon|Cipangu]] tels que décrits par Marco Polo<ref>{{harvsp|Heers|1991|p=163}}</ref>. Un groupe d'experts choisi par le roi de Portugal [[Jean II de Portugal|Jean II]] rejette cependant son projet sans appel<ref>{{harvsp|Heers|1991|p=165-167}}</ref>. Colomb va alors tenter sa chance en Castille au milieu de [[1485]]. Il se rend avec son fils au [[monastère de La Rábida]] à [[Palos de la Frontera]], où deux moines auxquels il se lie, {{Lien|fr=Frère Juan Pérez|lang=es|trad=Fray Juan Pérez|texte=Juan Pérez}}, et {{Lien|fr=Antonio de Marchena|lang=es|trad=Antonio de Marchena|texte=Antonio de Marchena}} , lui suggèrent de se rendre à [[Cordoue]] auprès de la reine [[Isabelle Ire de Castille|Isabelle]]. Il est reçu par cette dernière en janvier [[1486]], mais une réponse négative lui est à nouveau rendue en [[1490]]. En [[1491]], sa demande est en passe d'être acceptée, mais sa trop grande ambition fait échouer sa quête. Il veut notamment être vice-roi de toutes les terres découvertes et obtenir un titre de noblesse. C'est grâce à l'intervention du trésorier de la maison du roi, [[Louis de Santangel]], que le projet est approuvé par la reine, quand il met en balance les retombées économiques potentielles — la découverte d'une nouvelle route vers les Indes permettrait de s'affranchir des intermédiaires orientaux — comparées à la modeste mise de fond initiale requise<ref>{{harvsp|Morison|1974|p=64-65}}</ref>. Le {{date|17|avril|1492}}, il signe près de [[Grenade (Espagne)|Grenade]], avec les [[Rois Catholiques]], les [[Capitulations de Santa Fe]], qui lui octroient notamment le titre de noblesse héréditaire d'{{Citation|Amiral de la Mer Océane}}<ref>''[[:wikisource:es:Capitulaciones de Santa Fe|Capitulaciones de Santa Fe]]'' : {{Citation étrangère|lang=es|almirante en todas aquellas islas y tierras firmes que por su mano o industria se descubriran o ganaran en las dichas Mares Oceanas para durante su vida, y después del muerto, a sus herederos e successores}}.</ref>, les titres de Vice-Roi et de Gouverneur général des territoires qu'il pourrait découvrir (la Couronne d'Espagne lui accordant à cet effet des [[Héraldique|armoiries]])<ref>''[[:wikisource:es:Capitulaciones de Santa Fe|Capitulaciones de Santa Fe]]'' : {{Citation étrangère|lang=es|que Vuestras Altezas fazen al dicho don Christoval su Visorey e Governador General en todas las dichas tierras firmes e yslas que como dicho es el descubriere o ganare en las dichas mares}}.</ref>, un dixième des richesses qu'il en retirerait<ref>''[[:wikisource:es:Capitulaciones de Santa Fe|Capitulaciones de Santa Fe]]'' : {{Citation étrangère|lang=es|de todas e qualesquiere mercadurias[…], que se compraren, trocaren, fallaren, ganaren e hovieren dentro en los limites de dicho Almirantazgo, […] que haya e lieve para si la dezena parte de todo ello}}.</ref> et un huitième du profit de son expédition<ref>''[[:wikisource:es:Capitulaciones de Santa Fe|Capitulaciones de Santa Fe]]'' : {{Citation étrangère|lang=es|haya e lieve del provecho la ochena parte de lo que resultare de la tal armada}}</ref>. === Le premier voyage (1492-1493) === [[Fichier:Christopher Colombus first voyage 1492-1493 map-fr.svg|thumb|left|Premier voyage : 3 août 1492 – 15 mars 1493]] [[Fichier:1893 Nina Pinta Santa Maria replicas.jpg|thumb|Répliques des trois navires de Colomb (1893).]] Le voyage inaugural de Colomb est celui qui est le mieux connu des historiens. Comme l'écrit [[Jacques Heers]] : « Pour nous en tenir au temps de Colomb, de tous les voyages maritimes du temps (…) aucun ne peut être connu (…) avec tant de minutie et de sérieux. »<ref>Citation complète : « Pour nous en tenir au temps de Colomb, de tous les voyages maritimes du temps – ceux de Diaz, de Gama et même un peu plus tard de Magellan –, aucun ne peut être connu, par leurs observations sur la course du navire, sur la mer et sur les côtes, sur les pays et les hommes, avec tant de minutie et de sérieux. », {{harvsp|Heers|1991|p=229}}</ref> Deux documents écrits permettent de suivre les navires de l'explorateur : le ''Journal'', dans la version donnée par [[Bartolomé de Las Casas]], et la ''lettre à Santangel'', écrite le 14 février 1493 sur la route du retour, sorte de bilan de son expédition adressée en Espagne. Par ailleurs, à compter de 1938, l'amiral américain [[Samuel Eliot Morison]] a entrepris de refaire le périple du Génois et a pu, en ce qui concerne le premier voyage, « pointer sur la carte la position des navires chaque soir »<ref>{{harvsp|Heers|1991|p=229-230}}</ref>{{,}}<ref>[[Pierre Chaunu]] estime que « la plus grande biographie de Colomb est celle de [[Samuel Eliot Morison]] » dans Pierre Chaunu et [[François Dosse]], ''L'instant éclaté. Entretiens'', Aubier, 1994, p. 191.</ref>. Le [[3 août]] [[1492]], Colomb est au départ à [[Palos de la Frontera]] ([[Huelva]]) avec trois navires — deux [[Caravelle (navire)|caravelles]], la ''[[La Pinta|Pinta]]'' et la ''[[La Niña (navire)|Niña]]'', et une [[caraque|nef]], la ''[[Santa Maria (1492)|Santa Maria]]'' (qui ne prendra ce nom que lors des voyages ultérieurs de Colomb<ref>[http://www.vivamexico.info/Index1/Colomb.html Histoire de Christophe Colomb], consulté le 12 septembre 2009</ref>) — et pas plus de 90 membres d'équipage<ref>Alicia Gould Quincy a réussi, dans les années 1920, à dresser une liste de 87 noms. Cette liste figure au complet ''in'' Bartolomé et Lucile Bennassar, ''1492 Un monde nouveau ?'', Perrin, 1991, p. 226-227.</ref>. Une première escale a lieu aux [[îles Canaries]], à [[Las Palmas]] de [[Gran Canaria]] du 9 août au 6 septembre, (la route du sud a été choisie pour éviter les croisières portugaises au large des [[Açores]]). Là, Colomb et ses hommes approvisionnent en bois, en eau et en vivres. Les marins profitent de l'escale pour réparer les navires. Puis, portés par les vents d'est, ils reprennent la mer direction plein ouest : Colomb conserve la latitude des îles Canaries, qu'il croit être celle du Japon. Dix jours plus tard, le [[16 septembre]], apercevant des masses d'herbes voguer, l'équipage croit être près de la terre ferme. Ils entrent en fait dans la [[mer des Sargasses]], une région située à environ {{unité|1600|kilomètres}} des côtes américaines. L'océan Atlantique, recouvert de ces grandes algues, y est plutôt calme et les vents presque nuls. À partir du [[19 septembre]], les vents faiblissent fortement, immobilisant les bateaux. Une grande inquiétude finit par s'installer au sein de l'équipage. [[Fichier:Columbus Taking Possession.jpg|thumb|L'arrivée de Christophe Colomb en Amérique avec deux [[Étendard (bannière)|bannières]] blanches blasonnées d'une croix verte et une bannière jaune frappée des initiales F et Y des souverains [[Ferdinand II d'Aragon]] et [[Isabelle Ire de Castille|Ysabelle de Castille]].]] Le [[25 septembre]], [[Martín Alonso Pinzón]], le capitaine de la Pinta croit voir une terre, mais cela n'est en fait qu'une illusion optique. Le vent finit par se lever à nouveau, mais les jours passent, tandis qu'aucune terre n'est en vue. Colomb pense avoir dépassé les [[Indes orientales]]. Le [[7 octobre]], l'autre frère Pinzon, [[Vicente Yáñez Pinzón|Vicente]], le commandant de la Niña est également victime d'une illusion d'optique. Colomb a une idée : observant les oiseaux, il décide de changer de cap, vers l'ouest-sud-ouest. Ce changement va marquer son succès. Le [[10 octobre]], les marins montrent cependant de l'impatience, ayant peur que les navires ne soient perdus. De plus, les vivres et l'eau douce commencent à faire défaut. ==== La découverte accidentelle de l'Amérique==== Le [[12 octobre]] à deux heures du matin, après une traversée quasi parfaite<ref>[[Pierre Chaunu]] écrit dans ''L'Amérique et les Amériques'', ''op. cit.'', p. 62. : « Une comparaison attentive avec les parcours, et plus significative encore avec les vitesses de navigation dans l'Atlantique ibérique des deux premiers siècles de l'Amérique, montre que Christophe Colomb atteint du premier coup la perfection compatible avec des techniques qui varient peu du milieu du {{s mini-|XV|e}} à la fin du {{s-|XVII|e}}. »</ref>, un marin de la Pinta, [[Rodrigo de Triana]], annonce que la terre est en vue, les vaisseaux restent à deux heures des côtes, attendant le lever du jour, pour pouvoir accoster. Dans la matinée, Colomb et les frères Pinzon prennent place dans une barque. Le navigateur croyant être dans l'[[Japon|archipel nippon]], fait enregistrer la prise de possession de l'îlot pour le compte du roi d'Espagne par le notaire qui les accompagne. Il le baptise du nom du [[Jésus de Nazareth|Christ]] : [[San Salvador (Bahamas)|San Salvador]] (''[[Guanahani]]'' pour les Indiens [[Taïnos]]) et s'en fait nommer vice-roi et gouverneur général. La première rencontre avec les [[indigène]]s – que Colomb nomme « [[Indiens d'Amérique|Indiens]] » car il pense avoir atteint les Indes orientales – est encore pacifique. Ceux-ci lui apportent du [[coton]], des [[perroquet]]s et d'autres objets. L'interprète que le navigateur avait embarqué à son bord n'est pas d'une grande utilité… Lors de ce premier contact, avec force gestes, répétitions et quiproquos, les Taïnos indiquent — ou les Espagnols comprennent — que de l'[[or]] se trouve en quantité importante sur une grande île au sud-est, habitée par des populations d'[[anthropophage]]s qui leur sont hostiles. ==== L'exploitation ==== Le [[28 octobre]], Colomb accoste dans une baie (aujourd'hui « baie de Bariay ») de cette île qu'il nomme alors ''Juana'', en l'honneur du prince Don Juan, le fils des rois catholiques : cette île est aujourd'hui connue sous le nom de [[Cuba]]. Il pense connaître parfaitement sa position sur le [[Asie|continent asiatique]]. Ses hommes et lui-même apprennent à fumer de grandes feuilles séchées : le [[tabac]]. Se croyant à Cipangu (le Japon), Christophe Colomb, envoie Luis de la Torre et Rodrigo de Jerez à la recherche du [[Khan|Grand Khan]] à l'intérieur des terres. Le [[12 novembre]], les vaisseaux reprennent la mer. Mais le [[23 novembre]], Colomb perd de vue la Pinta, il accuse alors son capitaine [[Martín Alonso Pinzón]] d'avoir déserté. En réalité, celui-ci est parti seul à la découverte de ce prétendu Japon tant convoité. Colomb retourne à Cuba. On lui évoque alors une île située à l'est de Cuba, que les indigènes appelle ''Bohio''. Il devrait y trouver de l'or, mais les peuples qui l'habitent sont des mangeurs d'hommes ! Il appareille le [[4 décembre]]. Deux jours plus tard, le 6 décembre, la Niña et la Santa Maria mouillent dans une baie de l'île de Bohio (en réalité au « [[Môle-Saint-Nicolas|Môle Saint-Nicolas]] » au nord-ouest d'[[Haïti]]), Colomb la baptise du nom d'[[Hispaniola]] (« L'Espagnole »), car elle lui rappelle les campagnes de la [[Castille]]. On la connaît aujourd'hui sous le nom de « Saint-Domingue ». Les habitants locaux se montrent plutôt craintifs, pensant que les Espagnols viennent du ciel. Des relations amicales se nouent cependant et les marins reçoivent un peu d'or. Mais un événement malheureux se déroule au cours de la nuit du réveillon de Noël : alors que seul un mousse est à la barre de la Santa Maria – au mépris de toutes les règles de la marine – le navire vient s'échouer sur un récif dans la nuit du 24 au {{Date|25|décembre|1492}}. Le navire est perdu et seule l'aide des Indiens permet de débarquer dans l'urgence la plus grande partie de la cargaison<ref>{{harvsp|Morison|1974|p=173-176}}</ref>. Colomb doit se résoudre à laisser 39 hommes sur place dans un petit fortin édifié dans la baie de ''[[La Navidad]]'' (située non loin de l'actuelle ville de [[Cap-Haïtien]]), avec le bois récupéré sur le navire échoué<ref>{{harvsp|Heers|1991|p=239-240}}</ref>. Celui-ci reste dans l'histoire comme le premier établissement européen du Nouveau Monde. Les 39 hommes seront massacrés par les indigènes. Alonso Pinzon est de retour. Il cherche à justifier sa recherche solitaire. Colomb, estimant qu'il vaut mieux ne pas se diviser, fait semblant d'accorder du crédit au récit de Pinzon. Longeant les côtes nord de l'île, les deux navires restant arrivent dans la [[baie de Samaná]], ils y rencontrent les cannibales déjà évoqués. Plus agressifs que les [[Arawaks]], ils déclenchent une escarmouche et Colomb décide de battre en retraite. Mais les marins en ont assez de leur vie dans ces îles, ils veulent rentrer en Europe. Christophe Colomb met le cap vers l'Espagne le {{Date|16|janvier|1493}}, aidé par de bons vents. Le [[12 février]], la ''Pinta'', commandée par Alonso Pinzon disparaît de nouveau lors d'une tempête. Les marins de la Niña prennent peur et prient. Colomb craint de ne pas arriver en Espagne pour conter ses découvertes, il consigne celles-ci sur un parchemin qu'il entoure d'une toile cirée et met dans un tonneau qu'il jette à la mer, demandant à celui qui le découvrira de porter le parchemin au roi d'Espagne. Trois jours après, le temps se calme. La ''Niña'' s'arrête dans une île de l'archipel portugais des [[Açores]]. Le 18 du mois, le vaisseau repart, mais une nouvelle tempête lui fait perdre son cap. Le [[4 mars]], Colomb arrive dans l'estuaire du [[Tage]]. La nouvelle de sa découverte des Indes s'est déjà répandue. De tout [[Lisbonne]], la population se précipite pour voir les Indiens que celui-ci a ramenés à son bord. Colomb apprend que la ''Pinta'', qui avait dérivé vers la [[Galice]], est arrivée avant lui au port de [[Baiona]]. [[Jean II de Portugal|Jean II]], roi de Portugal, demande à voir l'explorateur. Le 9 mars, le roi le reçoit en audience privée. Ce dernier l'écoute avec attention, mais à la fin de l'entretien, affirme que c'est à lui que reviennent les découvertes de Colomb, compte tenu d'accords internationaux. Le découvreur quitte le [[Portugal]] le [[13 mars]] pour Palos, qu'il atteint finalement le 15, en même temps que la Pinta. Le capitaine Alonso Pinzon meurt de la [[syphilis]] un mois plus tard. === Le deuxième voyage (1493-1496) === [[Fichier:Christopher Colombus second voyage 1493-1496 map-fr.svg|thumb|left|Deuxième voyage : 25 septembre 1493 – 11 juin 1496]] Dès son retour à Palos, Colomb prépare rapidement une nouvelle expédition beaucoup plus ambitieuse avec une flotte de 17 navires et environ {{unité|1500|hommes}} dont 700 colons et 12 missionnaires, ainsi que des chevaux (les premiers importés sur le continent américain), des bêtes de somme et du bétail. Son objectif est de fonder une colonie sur [[Hispaniola]] et de retrouver les 39 hommes qu'il a laissés dans la Baie de la Navidad. Il lève l'ancre pour ce nouveau voyage le 25 septembre [[1493]] de [[Cadix]]. La première terre qu'il aperçoit, 21 jours après avoir quitté les [[îles Canaries]] est [[La Désirade (île)|La Désirade]] qu'il baptise ainsi ''Desirada'', tant la vue d'une terre fut désirée par l'équipage. Les autres îles ne sont pas loin. Le dimanche 3 novembre 1493, une autre île est en vue, que Colomb nomme ''Maria Galanda'' ([[Marie-Galante]]), du nom du navire amiral. Une troisième se présente à l'horizon, ce sera ''Dominica'' (la [[Dominique (pays)|Dominique]]) puisqu'elle apparaît un dimanche matin, où il débarquera. Le lendemain matin, 4 novembre, ils reprennent la mer vers une île plus grande dont ils avaient aperçu au loin les montagnes. Colomb décide alors de jeter l'ancre devant cette île afin d'accorder quelques jours de repos à ses hommes. C'est l'île de Caloucaera « Karukera » (nom donné par les [[peuple Caraïbe|Caraïbes]]) et qui fut rebaptisée « Santa Maria de Guadalupe de Estremadura » (c'est la [[Basse-Terre (île)|Basse-Terre]] de la [[Guadeloupe]]), pour honorer une promesse (donner le nom de leur monastère à une île) faite à des religieux lors d'un pèlerinage, ou qu'il s'était faite à lui-même lors des tempêtes de son précédent retour. Puis il repart vers le nord en direction d'[[Hispaniola]]. Il aperçoit ensuite une petite île qu'il baptise [[Montserrat (Antilles)|Montserrat]] en référence, selon les sources, soit au [[Montserrat (montagne)|massif de Montserrat]]<ref>{{pdf}} [http://www.visitmontserrat.com/downloads/Dossier_de_presse.pdf dossier de presse] sur Montserrat</ref>, une montagne voisine de [[Barcelone]], soit à l'[[Abbaye de Montserrat]] située dans ce massif<ref>[http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/amsudant/Monserrat.htm Montserrat] sur le site tlfq.ulaval.ca</ref>. Le 11 novembre 1493, jour de la fête de saint [[Martin de Tours]], la flotte aperçoit une île au large et la baptise du même nom, [[Saint-Martin (île)|Saint-Martin]], et aperçoit à l'horizon une autre petite île qu'il baptise du nom de son frère [[Bartolomeo Colomb|Bartolomeo]], [[Saint-Barthélemy (Guadeloupe)|Saint-Barthélemy]]. Le 2 janvier [[1494]], il fonde « [[La Isabela]] », première colonie permanente du Nouveau Monde (actuellement localisée près de la ville [[République dominicaine|Domicaine]] de [[Puerto Plata]]), et passe les quatre mois suivants à organiser la première colonie espagnole du Nouveau Monde dont Bartolomeo a été nommé [[gouverneur]], secondé par [[Giacomo Colomb|Giacomo]], son troisième frère<ref>{{harvsp|Morison|1974|p=258}}</ref>. Le 2 février, il renvoie en Espagne douze bâtiments sous le commandement d'Antonio de Torres, à qui il confie un rapport destiné aux souverains catholiques, document qui a été conservé<ref>{{harvsp|Morison|1974|p=262-263}}</ref>. Le 24 avril, Colomb décide de reprendre une activité d'exploration et il part avec trois navires, dont la ''Nina'', explorer l'ouest pour, comme l'écrit Morison, « suivre la côte jusqu'au moment où il obtiendrait la preuve définitive du caractère continental de cette terre et, si possible, prendre contact avec le Grand Khan qui semblait toujours se dérober devant lui »<ref>{{harvsp|Morison|1974|p=269}}</ref>. Il suit la côte sud de [[Cuba]]. De là il part le 3 mai pour atteindre la côte nord de la [[Jamaïque]]<ref>{{harvsp|Morison|1974|p=272-274}}</ref>. Il reprend le 14 l'exploration de la côte sud de Cuba et continue de faire voile vers l'ouest. À moins de cinquante milles du [[cap Corrientes]], Colomb décide que Cuba est bien une péninsule du continent asiatique. Il ordonne à tous les hommes qui l'accompagnent de le certifier par écrit et de s'engager à ne jamais affirmer le contraire sous peine d'une amende de mille maravédis<ref>{{harvsp|Morison|1974|p=282-283}}</ref>. Le 13 juin, il s'engage sur la route du retour et en profite pour faire le tour de la Jamaïque. La navigation dans les [[cayes]] est difficile. Il revient à La Isabela le 29 septembre, malade et déprimé, premiers signes d'un dégradation de son état de santé, due en grande partie à l'[[arthrite]]<ref>{{harvsp|Morison|1974|p=290-291}}</ref>. À [[Hispaniola]], selon l'expression de [[Denis Crouzet]], « un immense désastre a débuté »<ref>{{harvsp|Crouzet|2006|p=303}}</ref>. Les Espagnols pressurent les Indiens en leur imposant un tribut d'or et de coton. Ils sont nombreux à être réduits en [[esclavage]]. Les mauvais traitements, dont la torture, entraînent une très importante mortalité de la population. Les Indiens fuient et se réfugient dans les montagnes, abandonnant leurs activités agricoles, cédant au désespoir. Les rares insurrections sont matées avec la plus extrême férocité. Colomb déploie son énergie à « pacifier » l'île<ref>{{harvsp|Crouzet|2006|p=303-322}}</ref>. Colomb repart pour l'Espagne le 20 avril [[1496]] amenant avec lui 500 Arawaks. Deux cents moururent durant la traversée; les survivants furent vendus comme esclaves<ref>Howard Zinn, ''Une histoire populaire des États-Unis'', Agone2002, p. 8</ref>. Il atteint [[Cadix]] le [[11 juin]]. Cette mise en esclavage d'indiens et leur transport en Espagne ne furent pas acceptés par les rois catholiques qui firent libérer les survivants et en tinrent rigueur à Colomb. Jacques Heers y voit l'origine de sa disgrâce, les souverains catholiques s'efforçant de protéger les populations des régions découvertes, qu'ils considéraient comme leurs sujets. === Le troisième voyage (1498-1500) === [[Fichier:Christopher Colombus third voyage 1498-1500 map-fr.svg|thumb|right|Troisième voyage : 30 mai 1498 – fin octobre 1500]] Il semble que ce soit à son retour du deuxième voyage que Colomb ait décidé de se vêtir désormais de l'habit des [[Ordre des frères mineurs|frères Mineurs]]<ref>{{harvsp|Morison|1974|p=309}}</ref>. Il souhaite organiser tout de suite un troisième voyage mais les Rois Catholiques sont occupés à contrer le royaume de France qui [[Guerres d'Italie#Première guerre d’Italie (1494-1497)|progresse en Italie]], et ce n'est que le 23 avril [[1497]] qu'ils donnent les premières instructions pour préparer le prochain voyage<ref>{{harvsp|Morison|1974|p=310-311}}</ref>{{,}}<ref>{{harvsp|Crouzet|2006|p=327}}</ref>. La préparation du voyage, affrètement des navires et enrôlement des équipages est longue et difficile. Avant de partir, le 22 février 1498, Colomb établit, faveur des souverains, un [[majorat]] en faveur de son fils aîné [[Diego Colomb|Diego]]<ref>{{harvsp|Morison|1974|p=314}}</ref>. Le {{date|30|mai|1498}}, les six navires commencent leur voyage dans l'Atlantique en passant la barre de [[Sanlúcar de Barrameda|Sanlúcar]]<ref>{{harvsp|Heers|1991|p=265}}</ref>. Colomb souhaite découvrir des terres au sud des Antilles, c'est pourquoi il descend d'abord jusqu'aux îles du [[Cap-Vert]] pour ensuite mettre le cap à l'ouest. Avant cela, au moment où la flotte fait escale à [[La Gomera]] aux îles Canaries, trois navires, commandés par Harana, Carjaval et Giovanni Colomb, partent directement ravitailler les colons d'[[Hispaniola]]<ref>{{harvsp|Morison|1974|p=317}}</ref>. Territoires visités : [[Saint-Vincent (île)|Saint-Vincent]], [[Grenade (pays)|Grenade]], [[Trinité (île)|Trinité]], [[Margarita (île)|Margarita]], [[Venezuela]]. Le [[31 août]], Colomb arrive à Hispaniola. Cela fait deux ans et neuf mois qu'il avait quitté l'île. Il la retrouve en proie à des troubles sévères orchestrés par Francisco Roldan que son frère Bartolomè, [[capitaine général]] et président du Conseil des gouverneurs, a bien du mal à circonscrire. En août 1500, [[Francisco de Bobadilla]], émissaire des rois, débarque sur l'île et fait jeter les trois frères Colomb au cachot avant de les renvoyer en Espagne. Fin octobre 1500, enchaîné dans la [[Cale (navire)|cale]], il débarque à Cadix humilié et accusé<ref>{{harvsp|Heers|1991|p=275}}</ref>. === Le quatrième voyage (1502-1504) === [[Fichier:Christopher Colombus fourth voyage 1502-1504 map-fr.svg|thumb|left|Quatrième voyage : 3 mai 1502 – 7 novembre 1504]] Colomb attend six semaines avant que les souverains ne le libèrent et lui demandent de les rejoindre à la cour, le réconfortant d'un don de {{unité|2000|[[ducat]]s}}<ref>{{harvsp|Morison|1974|p=352}}</ref>. En décembre [[1500]], il se rend à [[Grenade (Espagne)|Grenade]] avec l'intention de faire réparer l'injustice dont il s'estime victime mais rien ne vient et l'Amiral écrit lettres sur lettres pour appuyer ses revendications. Le 13 septembre [[1501]], [[Nicolás de Ovando]] est nommé gouverneur et magistrat suprême des îles des Indes, ne restent à Colomb que son titre de vice-roi désormais strictement honorifique et ses privilèges. Il décide donc de repartir en voyage d'exploration pour essayer de trouver plus loin à l'ouest des Caraïbes le passage permettant d'atteindre les riches royaumes de l'Inde, toujours persuadé que [[Cuba]] est la province chinoise de Mangi. Le 14 mars [[1502]], les souverains donnent leur accord, lui donnent des instructions précises et financent l'expédition<ref>{{harvsp|Morison|1974|p=354-357}}</ref>. [[Fichier:Livre des nouvelles terres.JPG|thumb|Le ''livre des nouvelles terres'' est la plus ancienne mention du voyage de Christophe Colomb. Imprimé par Mikiláš Bakalář en 1506 à [[Pilsen]]. Exposé au [[Monastère de Strahov]].]] La flotte est composée de quatre caravelles pour cent quarante membres d'équipage dont une importante proportion de mousses : la ''Capitana'', navire amiral, le ''Santiago'', commandé par [[Bartolomeo Colomb]], la ''Gallega'' et la ''Vizcaina''<ref>{{harvsp|Morison|1974|p=358-360}}</ref>. Colomb n'emporte donc aucun ravitaillement pour l'[[Hispaniola]] que ses instructions lui intiment de ne pas aborder, sauf en cas d'extrême nécessité<ref>{{harvsp|Mahn-Lot|1960|p=161}}</ref>. Aucun récit exhaustif ne décrit précisément les événements survenus lors de ce quatrième et dernier voyage entamé par Colomb le 11 mai 1502<ref>{{ouvrage|auteur=René Massoni|titre=Christophe Colomb : Calvais, Corse, Génois|éditeur=Nouvelles Éditions Latines|date=1992|passage=207|lire en ligne={{Google livres|5Bn9Ro1iRP8C}}|isbn=}}</ref>. Il semble en effet que l'Amiral n'ait pas tenu de journal, et seul peut-être son fils [[Fernand Colomb|Fernando]], alors âgé de treize ans, aurait pris sous la dictée des observations de son père, dont quelques traces figurent dans l'histoire qu'il a écrite plus tard. Seule une relation abrégée écrite par Colomb, rédigée vers les mois de juin/juillet 1503, et à destination des rois est parvenue jusqu'à nous<ref>{{harvsp|Heers|1991|p=278-279}}</ref>. Le 15 juin [[1502]], il passe à proximité de la [[Martinique]], le 18 il atteint la [[Dominique (pays)|Dominique]] et parvient le 24 devant [[Saint-Domingue (ville)|Saint-Domingue]]<ref>{{harvsp|Morison|1974|p=361}}</ref>. Malgré l'interdiction royale d'aborder à cette île, Colomb a senti l'imminence d'un [[cyclone]] et souhaite abriter sa flotte. Colomb navigue le long des côtes du [[Veraguas (province)|Veragua]] et du [[Panama]] jusqu'en juin [[1503]]. Ce sont des bateaux faisant eau de partout que Colomb fait échouer dans la baie de Santa Gloria et hâler sur la rive de l'île de la [[Jamaïque]] le 25 juin 1503<ref>{{harvsp|Morison|1974|p=396}}</ref>. Ils y survivent un an jusqu'à ce que des secours les rejoignent à la fin juin [[1504]]. Les survivants repartent finalement pour l'Espagne le 12 septembre [[1504]], et arrivent le 7 novembre dans le port de [[Sanlúcar de Barrameda]]<ref>{{harvsp|Morison|1974|p=410}}</ref>. == La fin de sa vie == [[Fichier:CristobalColon2.jpg|thumb|left|Christophe Colomb - portrait publié en 1551 par [[Paul Jove]]<ref>[http://www.cristobal-colon.net/portraits/italie/It_Jovio.htm Précisions sur cristobal-colon.net]</ref>.]] [[Fichier:Sevilla cathedral - tomb of christopher columbus.jpg|thumb|upright=0.8|Tombeau de Christophe Colomb dans la [[Cathédrale Notre-Dame du Siège de Séville|cathédrale de Séville]].]] Il reste physiquement très diminué après son retour, souffrant en particulier d'une très invalidante [[Goutte (maladie)|goutte]] et de problèmes aux [[Œil|yeux]], ce qui l'empêche dans un premier temps de se rendre à la cour royale qui s'est installée à [[Medina del Campo]]. De Séville, où il s'est installé, il y envoie son fils Ferdinand et son frère Barthélémy afin qu'ils « s'occupent de ses affaires »<ref name="Mahn-Lot1960p170">{{Harvsp|Mahn-Lot|1960|p=170}}</ref>. Il reste en contact avec eux par lettres et par l'envoi d'émissaires, dont [[Amerigo Vespucci]]. Il travaille à essayer de faire reconnaître ses droits et les richesses qui lui reviennent. Il peut lui-même se rendre à la cour à l'été 1505, à dos de mule, permission temporaire accordée par le roi<ref>{{Harvsp|Mahn-Lot|1960|p=172}}</ref>. Sa présence auprès du souverain Ferdinand ne se montre pas plus décisive, le roi ayant compris ce qu'impliquait la découverte de ces « Indes ». Il « n'entend nullement restituer à l'Amiral les prérogatives financières et gouvernementales » telles que spécifiées le 30 avril 1493 au retour du premier voyage de Colomb<ref>{{Harvsp|Mahn-Lot|1960|p=172-173}}</ref>. Il meurt le {{date|20|mai|1506}} à [[Valladolid]] entouré de ses fils et de son frère, après avoir établi un testament qui confirme en particulier le majorat établi au profit de son fils aîné Diego. Il ne connaît pas la satisfaction de voir Diego être nommé par le roi gouverneur d'[[Hispaniola]] en 1508. Sa dépouille est transférée en 1541 dans la [[Cathédrale Notre-Dame de l'Incarnation|cathédrale de Saint-Domingue]]<ref>{{harvsp|Mahn-Lot|1960|p=175}}</ref>. Comme l'écrit l'historienne Marianne Mahn-Lot : « Il faut abandonner l'image romantique de l'homme de génie mourant méconnu, dans l'oubli et la misère. Jusqu'au bout, l'Amiral gardera des amis fidèles, parmi lesquels d'importants personnages. Et il recevra de grosses sommes sur les revenus des Indes – avec des retards et incomplètement, il est vrai. »<ref name="Mahn-Lot1960p170"/> == Pérégrinations d'un cercueil == {{section à sourcer}} Le corps de Christophe Colomb va beaucoup voyager dans l'Histoire. Les obsèques sont célébrées dans la [[cathédrale de Valladolid]], Santa Maria Antigua (Sainte Marie l'Ancienne). Colomb est ensuite inhumé par les Franciscains au couvent de l'Observance, à Valladolid. Quelques années après la mort de Christophe Colomb, en 1513, ses restes sont transférés du couvent des Franciscains de Valladolid à Séville à la demande de sa belle-fille, Marie de Tolède, nièce du roi. À l'issue d'une cérémonie dans la cathédrale de Séville, la dépouille de l'Amiral est déposée au [[Monastère de la Cartuja|monastère de Santa Maria de las Cuevas]], le couvent des Chartreux de Sainte-Marie-des-Grottes, sur la rive droite du Guadalquivir, en face de Séville. En 1526, la dépouille de son fils Diego le rejoint à [[la Cartuja]]. En 1536, l'Amiral traverse l'océan Atlantique sans quitter son cercueil et gagne Saint-Domingue en vertu de sa dernière volonté qui était de reposer dans cette île. Le cercueil est enfin déposé dans la [[cathédrale Notre-Dame de l'Incarnation]] nouvellement construite, à droite du maître autel. Le 22 juillet 1795, le [[traité de Bâle (22 juillet 1795)|traité de Bâle]] donne à la France l'île de Saint-Domingue en compensation de territoires pyrénéens. Les Espagnols sont obligés d'évacuer l'île. L'amiral Don Gabriel de Aristagabal organise, avec les Français, le transfert des restes supposés être ceux de Colomb vers [[La Havane]], sur l'[[île de Cuba]], restée colonie espagnole. C'est ainsi que le 20 décembre 1795, au cours d'une cérémonie officielle, les restes de Colomb sont transférés depuis le navire français ''[[La Découverte (navire)|La Découverte]]'' sur le vaisseau espagnol ''[[San Lorenzo (navire)|San Lorenzo]]'' afin d'y être transportés à La Havane. Au cours de cette cérémonie, 290 ans après sa mort, Christophe Colomb reçoit pour la première fois les honneurs officiels de la Marine de son pays, l'Espagne, associés aux honneurs rendus par la Marine française à un grand marin. En 1899, après la [[guerre hispano-américaine]], l'indépendance de Cuba fut proclamée. Un nouveau transfert fut organisé, les restes présumés de Colomb reviennent alors à Séville. En 1902, un monument est dédié à Colomb dans la cathédrale de Séville où, derrière le chœur, repose déjà son fils, Hernando. Néanmoins la [[République dominicaine]] a toujours affirmé que les restes de Christophe Colomb étaient conservés dans la [[Cathédrale Notre-Dame de l'Incarnation]] à Saint-Domingue. Pour le 500{{e}} anniversaire de la découverte de Nouveau Monde, le gouvernement entreprit la construction dès 1986 d'un gigantesque mausolée pour recueillir les restes de Colomb : le [[phare de Colomb]]. En 2003, des tests ADN démontrent que les ossements reposant à [[Cathédrale Notre-Dame du Siège de Séville|Séville]] sont bien ceux de Christophe Colomb. Mais on ne découvrit que 15 % du squelette. == Christophe Colomb en son temps == === Colonisation, évangélisation et esclavage === Colomb est à l'origine du principe juridique de l’''[[encomienda]]'' puis du ''[[repartimiento]]'' qui devaient se généraliser dans toute la [[Nouvelle-Espagne]]. Afin de satisfaire aux exigences royales de rentabilité de son expédition, Colomb mit au point, « sans disposer d'un cadre juridique véritablement préétabli », un système qui devait permettre de substituer au versement du [[tribut]] imposé aux Indiens, dont le versement était aléatoire, une exploitation directe des populations indigènes et des ressources locales<ref>{{harvsp|Crouzet|2006|p=377}}</ref>. [[Denis Crouzet]] précise que, si les « violences internes à la communauté des colons » s'en trouvèrent apaisées, les Indiens quant à eux furent plus directement exposés aux mauvais traitements et cela fut sans nul doute un « facteur d'aggravation du collapsus démographique » observé dans l'île<ref>{{harvsp|Crouzet|2006|p=378}}</ref>. === De l'or, des épices et des perles === L'entreprise maritime de Colomb est avant tout une affaire commerciale et en la matière les découvertes de l'Amiral et de ceux qui l'accompagnaient ont déçu les espoirs placés en elles. Que ce soit en matière d'épices ou d'or, les bénéfices rapides et importants n'ont pas été au rendez-vous des îles abordées, au moins du vivant de Colomb. === Colomb et la navigation === [[Fichier:Santa-Maria.jpg|thumb|upright=0.8|Réplique de la ''[[Santa Maria (1492)|Santa María]]''.]] Les historiens de Colomb, en particulier au {{s-|XIX|e}}, ont souvent tenté d'expliquer le succès de son entreprise maritime par l'emploi de techniques nouvelles en matière de navigation, évoquant entre autres la [[boussole]], le [[gouvernail d'étambot]] et la [[Caravelle (navire)|caravelle]]<ref>{{harvsp|Heers|1991|p=293}}</ref>. Si Colomb a choisi la caravelle comme navire – type de navire déjà utilisé par les Portugais depuis le début du {{s-|XV|e}} dans leurs explorations de la côté africaine – c'est en raison de son coût d'armement relativement faible et de son faible [[tirant d'eau]] qui permet d'approcher des côtes sans risquer d'échouer<ref>{{harvsp|Heers|1991|p=303-307}}</ref>. === Colomb et la « découverte de l'Amérique » === Si Colomb est sans conteste le premier Européen connu pour avoir accosté sur des terres rattachées aujourd'hui à l'Amérique, il n'eut aucune idée de l'étendue du continent américain qui s'interposait entre les îles qu'il avait découvertes et les Indes qu'il s'était proposé de rallier. [[Amerigo Vespucci]] est le premier navigateur à affirmer avoir découvert un [[nouveau monde]] qui n'est pas les Indes. Sa découverte est reconnue par les cartographes du [[Gymnase Vosgien]], qui publient en 1507 ''Universalis Cosmographia'' (aujourd'hui connu sous le nom de [[planisphère de Waldseemüller]]), où le nom ''America'' figure pour la première fois. == Mythe de la terre plate == Selon une [[idée reçue]] moderne, l'opinion prévalente au [[Moyen Âge]] était que la [[Terre]] était [[Figure de la Terre dans l'Antiquité|plate]], plutôt que [[Figure de la Terre au Moyen Âge|sphérique]]. L'idée semble avoir été suffisamment répandue durant la première moitié du {{siècle|20|vingtième}} siècle pour que les membres de l'''Historical Association'' déclarent en 1945 : {{Citation|L'idée que les hommes instruits de l'époque de Colomb croyaient que la Terre était plate, et que cette croyance fut un des obstacles à surmonter par Colomb pour que son projet soit approuvé, reste l'une des erreurs les plus tenaces présentes dans l'enseignement.}}<ref>{{harvnb|Members of the Historical Association|1945|pp=4–5}} Dans ce pamphlet, l'''Historical Association'' a classé « Colomb et le modèle de la Terre plate » deuxième sur vingt dans son premier pamphlet publié sur les erreurs courantes en histoire.</ref> == Annexes == === Bibliographie === {{Autorité | type = personne | VIAF = 17231583 | BNF = 119304566 | SUDOC = 027213595 | WORLDCATID = lccn-n-78-85478 }} [[Fichier:Monumento a Colón (Madrid) 06.jpg|thumb|upright|Détail du monument à Colomb édifié sur la ''Plaza Colón'' à [[Madrid]].]] {{légende plume}} ==== Ouvrages ==== * [[Henry Vignaud]], ''Études critiques sur la vie de Colomb avant ses découvertes'', 1905 * [[Henry Vignaud]], ''Sophus Ruge et ses vues sur Colomb'', 1906 * [[Henry Vignaud]], ''L'Ancienne et la nouvelle campagne pour la canonisation de Christophe Colomb'', 1909 * {{fr}} [[Pierre Chaunu]], ''Colomb ou la logique de l'imprévisible'', [[Bourin Éditeur|Bourin]], 1993. * {{Ouvrage|langue=fr|prénom1=Denis|nom1=Crouzet|lien auteur1=Denis Crouzet|titre=Christophe Colomb|sous-titre=Héraut de l'Apocalypse|éditeur=Payot|collection=|année=2006|lieu=Paris|pages=|isbn=|plume=oui}} * {{ouvrage|langue=fr|prénom1=Michel|nom1=Lequenne|titre=Christophe Colomb|sous-titre=amiral de la mer océane|éditeur=Gallimard|collection=Découvertes Gallimard : histoire|numéro dans collection=120|année=2005|pages totales=192|isbn=978-2-07-031470-6|plume=oui}} * {{ouvrage|langue=fr|prénom1=Marianne|nom1=Mahn-Lot|lien auteur1=Marianne Mahn-Lot|titre=Christophe Colomb|numéro d'édition=|collection=Le temps qui court|éditeur=Seuil|lien éditeur=Éditions du Seuil|lieu=Paris|année=1960|pages totales=192|plume=oui}} * {{ouvrage|langue=fr|prénom1=Marianne|nom1=Mahn-Lot|lien auteur1=|titre=Portrait historique de Christophe Colomb |éditeur=Seuil|collection=Points histoires|année=1988|lieu=Paris|pages=247|isbn=978-2020103558}} * {{fr}} [[Jean Métellus]], ''Colomb'', Éditions de l'Autre mer, Martinique 1992. * {{fr}} [[Salvador de Madariaga]], ''Christophe Colomb'', Calmann-Lévy, Paris, 1952, 538 pages {{ISBN|978-2-266-04727-2}}. * {{Ouvrage|langue=fr|prénom1=Samuel Eliot|nom1=Morison|lien auteur1=Samuel Eliot Morison|titre=Christophe Colomb, Amiral de la Mer océane|éditeur=Saint-Clair|collection=|année=1974|lieu=Neuilly-sur-Seine|pages=422|isbn=|plume=oui}} * {{Ouvrage|langue=fr|prénom1=Jacques|nom1=Heers|lien auteur1=Jacques Heers|titre=Christophe Colomb|éditeur=Hachette|collection=|année=1991|lieu=Paris|pages=666|isbn=|plume=oui}} * {{it}} [[Paolo Emilio Taviani]], ''Cristoforo Colombo. La genesi della grande scoperta'', Novara, 1974, 2 vol. ({{3e}} éd. 1988) * {{fr}} Paolo Emilio Taviani, ''Christophe Colomb : genèse de la grande découverte'', Éditions Atlas, 1980 {{ISBN|978-2-7312-0038-6}}. * {{Ouvrage|langue=en|auteur= Members of the Historical Association|titre=Common errors in history|éditeur=P.S. King & Staples for the Historical Association|année=1945|lieu=Londres|collection= General Series, G.1}} ==== Témoignages ==== * {{fr}} Christophe Colomb, ''La Découverte de l'Amérique'', 2 tomes, Paris, 2002, {{ISBN|978-2-7071-3771-5}} et {{ISBN|978-2-7071-3772-2}}. * {{fr}} [[Fernand Colomb]], ''La Vie de Christophe Colomb'', [[1681]], traduit en français par Charles Cotolendi<ref>une traduction d'Eugène Muller (1879) existe sur le site [[Gallica]] de la [[Bibliothèque nationale de France]]</ref>. * {{fr}} [[Bartolomé de Las Casas]], ''Très brève relation de la destruction des Indes'', La Découverte. ==== Articles ==== * {{fr}} Jean-Michel Urvoy, « Où est enterré Christophe Colomb ? » dans la revue ''l'Histoire'', n° 286, avril 2004, {{p.|20-21}}<ref>[http://www.cristobal-colon.net/Colon/C05p10.htm « Où est enterré christophe Colomb ? »]</ref>. ==== Autres ==== * {{fr}} Isabel Soto-Alliot et Claude Couffon, ''Christophe Colomb vu par les écrivains français'', Amiot Lenganey, 1992, 221 pages {{ISBN|978-2-909033-12-9}} {{plume}} === Théâtre, littérature, cinéma et télévision === * ''[[Christophe Colomb (Lemercier)|Christophe Colomb]]'', comédie historique en trois actes et en vers de [[Népomucène Lemercier]] du début du {{s-|XIX|e}}. * [[Vincent Lorant-Heilbronn]] réalise le film ''[[Christophe Colomb (film, 1904)|Christophe Colomb]]'' en 1904 avec [[Vincenzo Denizot]]. * [[Paul Claudel]] publie en 1933 un drame lyrique en deux parties intitulé ''[[Le Livre de Christophe Colomb]]''. * ''[[Christophe Colomb (opéra)|Christophe Colomb]]'', [[Opéra (musique)|opéra]] de [[Darius Milhaud]] sur un livret de [[Paul Claudel]] (1930). * [[David MacDonald]] réalise le film ''[[Christophe Colomb (film, 1949)|Christophe Colomb]]'' en 1949 avec [[Fredric March]] dans le rôle titre. * [[Alberto Lattuada]] réalise le feuilleton télévisé ''[[Christopher Columbus (feuilleton télévisé, 1985)|Christopher Columbus]]'' en [[1985 à la télévision|1985]]. * [[Albert Barillé]] réalise la série ludo-éducative ''[[Il était une fois... les Amériques]]'' en 1991, le septième et le huitième épisode sont consacrés à Colomb (de sa jeunesse en 1466 jusqu'aux Capitulations de Santa Fe, puis de la rencontre avec les frères [[Pinzón]] jusqu'à sa mort). * [[Ridley Scott]] réalise le film ''[[1492 : Christophe Colomb|1492]]'', qui raconte une histoire romancée du navigateur et sort sur les écrans à l'automne 1992. * [[John Glen]] réalise le film ''[[Christophe Colomb (film, 1992)|Christophe Colomb]]'' ''(Christopher Columbus: The Discovery)'' en 1992, avec [[Georges Corraface]] dans le rôle titre, [[Marlon Brando]], [[Tom Selleck]], [[Rachel Ward]], [[Robert Davi]], [[Catherine Zeta-Jones]], [[Benicio del Toro]], [[Mathieu Carrière]]… * [[Manoel de Oliveira]] réalise le film ''[[Christophe Colomb, l'énigme]]'' en 2007. === Articles connexes === [[Fichier:Faro colon.jpg|thumb|Le [[Phare de Colomb]] (''Faro a Colón'') de [[Saint-Domingue (ville)|Saint-Domingue]] abrite depuis [[1992]] les restes de Christophe Colomb.]] * [[Découverte et exploration de l'Amérique]] * [[Grandes découvertes]] * [[Jour de Christophe Colomb]] * [[Théories sur l'origine de Christophe Colomb]] * [[Columbia (allégorie)|Columbia]] * {{page h|Columbus}} * En [[1888]], en hommage à Colomb, la ville de [[Barcelone]] a érigé un [[Colonne Christophe Colomb de Barcelone|imposant monument]] orné de reliefs et sculptures relatant la vie de l'explorateur, devenu emblématique de la ville. * En [[1935]], l'[[union astronomique internationale]] a donné le nom de [[Colombo (cratère)|Colombo]] à un [[cratère lunaire]]. {{clr}} === Liens externes === {{Autres projets | commons = Christopher Columbus | commons titre = Christophe Colomb | wikisource = Christophe Colomb | wikisource titre = Christophe Colomb }} * {{es}} [http://www.icolombina.es/colombina/index.htm Biblioteca Colombina de Séville] {{clr}} === Notes et références === {{Références|colonnes=2}} {{Portail|Histoire|exploration|maritime|Renaissance|Amérique précolombienne|Caraïbe|Espagne|Italie}} {{DEFAULTSORT:Colomb, Christophe}} [[Catégorie:Naissance à Gênes]] [[Catégorie:Naissance dans la République de Gênes]] [[Catégorie:Personnalité de la Renaissance]] [[Catégorie:Personnalité italienne du XVe siècle]] [[Catégorie:Personnalité italienne du XVIe siècle]] [[Catégorie:Personnalité espagnole du XVe siècle]] [[Catégorie:Personnalité espagnole du XVIe siècle]] [[Catégorie:Navigateur italien]] [[Catégorie:Explorateur italien]] [[Catégorie:Explorateur du XVe siècle]] [[Catégorie:Explorateur du XVIe siècle]] [[Catégorie:Histoire moderne de l'Espagne]] [[Catégorie:Histoire de l'Amérique]] [[Catégorie:Histoire de Cuba]] [[Catégorie:Histoire du Honduras]] [[Catégorie:Naissance en 1451]] [[Catégorie:Décès en 1506]] [[Catégorie:Décès en Espagne]] [[Catégorie:Wikipédia:Outil de retour des lecteurs]] {{Lien AdQ|ca}} {{Lien AdQ|de}} {{Lien AdQ|es}} {{Lien AdQ|nl}} {{Lien AdQ|ta}} {{Lien BA|cs}} {{Lien BA|it}} {{Lien BA|zh-classical}} All content in the above text box is licensed under the Creative Commons Attribution-ShareAlike license Version 4 and was originally sourced from https://fr.wikipedia.org/w/index.php?diff=prev&oldid=97844774.
![]() ![]() This site is not affiliated with or endorsed in any way by the Wikimedia Foundation or any of its affiliates. In fact, we fucking despise them.
|