Revision 89757862 of "Yves de Lessines" on frwiki'''Naissance''' Yves de Lessines était le seul fils de Jean Desprets ou Jehan des Prez, dit de Quiévrain, qui était châtelain de la Ville de Lessines (Belgique, Province de Hainaut), et de son épouse, prénommée Alix ou Aliz. Ainsi, son véritable nom est Yves ou Yvain Desprets ou des Prez. Sa date de naissance n'est pas connue. '''Carrière''' Bien qu'il soit l'unique descendant permettant de perpétuer le nom et le patrimoine de sa branche familiale, il se fait moine à l'abbaye cistercienne de Cambron (Belgique, Province de Hainaut) après la mort de son père, en 1284, le jour de la Fête de Sainte Marie-Madeleine, alors qu'il avait déjà atteint l'âge mûr et malgré les supplications de sa mère et de ses trois soeurs; on peut donc penser également que son père s'était également opposé à son entrée dans les ordres. Selon l'usage de l'époque, choisit un pseudonyme tiré du lieu de sa naissance : Yves de Lessines, ce qui donne en latin : Ivo de Lessinis. L'une de ses soeurs, Marie de Lessines, occupait en 1309 les fonctions d'abbesse du couvent de Groeninghe, à Courtrai, à proximité duquel s'était déroulée la Bataille des Eperons d'Or ; en 1350, Anne de Lessines sera investie de la même dignité. <ref>1</ref> Prieur à partir de 1322, Yves de Lessines est élu abbé en 1328, bien qu'il soit déjà très avancé en âge. A cette occasion, il choisit ses armoiries : un écu "fascé de gueules et d'or chargé d’une clef d'argent", qui deviendront un peu plus tard le blason de sa ville d'origine, Lessines. Il s'agit également des couleurs des seigneurs d'Audenarde (Belgique, Flandre orientale), qui possédaient un château de l'autre côté de l'Escaut, autour duquel s'est construit le bourg de Pamele, sur la rive droite de l'Escaut, auxquels il semble être apparenté par la branche de Quiévrain. Il ne reste plus grand chose des bâtiments du monastère de cette époque, en dehors de l'ancienne crypte gothique, puisqu'après la révolution française, le domaine a été transformé en chantier de récupération de matériaux de construction ; aujourd'hui, à l'intérieur de ses anciens murs, les activités d'un parc de loisirs animalier se déploient parmi les rares ruines historiques qui subsistent : Pairi Daiza. '''''L'Histoire de Guillaume "le Juif" dit encore "le Chrétien"''''' En 1322 se produit à l'Abbaye de Cambron un incident d'une gravité extrême pour l'époque : une image de la Vierge Marie, quoique tracée sur le mur de la salle des hôtes à l'aide de simple traits, avait été profanée par un agent fiscal du Comte de Hainaut, qui était son parrain ; d'origine juive, l'homme s'était converti au christianisme ; ainsi avait-il été baptisé sous le prénom de Guillaume, qui se dit encore "Willame" ou "Willemet". Seul juif signalé à Mons lors de premières vagues d’immigration consécutives à l’expulsion des juifs de France par Philippe le Bel en 1306, les comptes de la ville en parlent en 1320 comme de "Willaumes le Crestien", tandis que les rôles de bourgeoisie mentionnent sans discontinuer sa résidence dans le Quartier de la Rue d’Havré ; il avait farouchement nié les accusations portées contre lui par les moines ; à défaut de preuve, il ne fut guère inquiété, jusqu'à ce qu’un forgeron d’Estinnes, Jean Flamens (ou, selon son métier : Jean le "febvre") raconte qu’un ange, puis la Vierge, lui étaient apparus et lui avaient demandé de faire rendre justice ; selon l'usage, ce dernier provoqua le converti en duel judiciaire ; moyen de preuve décisif, le combat tourna à son avantage, sans doute à la faveur de sa constitution physique robuste. Quoiqu'il en soit, Guillaume n'avait-il pas avoué son méfait avant de mourir sur la Place du Parc, pendu entre deux chies affamés qui lui déchiraient les entrailles ? Toute l’affaire avait fait grand bruit. La littérature s'est emparée du sacrilège. Le récit primitif a été progressivement enjolivé. Au 14ème siècle, déjà, le sacrilège se retrouve dans plusieurs ouvrages. Un annaliste de l'époque, Guillelmus Procurator, rapporte avec une relative fidélité, quelques années seulement après les événements, le récit contenu dans une lettre écrite un an après les faits, le 27 mai 1327, par Nicolas Delhove, afin d'inviter tous les évêques et les prélats àbien vouloir accorder des indulgences aux personnes qui visiteront la chapelle de la Vierge dans son abbaye. Cette lettre sera paraphrasée en 1329 par une bulle d'indulgence papale signée par Jean XXII. '''''Le Culte de Notre-Dame de Cambron''''' La dévotion à la Vierge, sous le vocable de Notre-Dame de Cambron, se développe dans l'abbaye. Suite à une demande faite par le roi de France, Philippe de Valois, le pape Benoît XII envoie une bulle accordant des indulgences pour les pèlerins. Parmi les visiteurs de marque qui se succèdent sur les lieux, l’empereur Maximilien Ier visite le sanctuaire lors de son passage dans les Pays-Bas ; il y laisse un don substantiel qui permet de faire appel à un artiste pour restaurer l’ancienne peinture sur bois. En mémoire des événements miraculeux, une procession solennelle avait été instituée le troisième dimanche après Pâques et la construction d’une chapelle avait été projetée à l'endroit où était peinte l'image qui avait été l'objet des fureurs du juif sacrilège. Nicolas Delhove avait à peine réuni quelques matériaux pour la construction de ce bâtiment ; c’est son successeur, Yves de Lessines qui en fait jeter les fondations; en tant que prieur et grâce à ses connaissances techniques, il en avait dressé les plans; à l'aide des libéralités de ses soeurs, Catherine et Marie, le bâtiment ne tarde pas à s'élever, mais sa mort ne lui permet pas d'en voir l'achèvment. Pourtant, grâce aux offrandes abondantes que déposaient les fidèles, le sanctuaire est rapidement achevé. Quelques années plus tard, en 1346, Johannes de Beka publie à Utrecht une chronique dans laquelle il raconte l’histoire des évêques de la ville et des comtes de Hollande, qui sont également comtes de Hainaut ; il y parle du sacrilège en ces termes : Guillaume "vit une belle peinture de la Vierge qu’il frappa de sa lance... mais un ruisseau de sang commença à couler de la cicatrice de la blessure". L’élément miraculeux intervient donc dès cette époque ; en dehors du sang, très abondant, le récit reste assez sobre et proche du précédent. Deux récits anonymes, l’un en prose, l’autre en vers, du milieu du siècle, dont seuls quelques passages ont été conservé, grâce à l’Abbé Antoine Le Waitte, qui publia en 1672 son histoire de l’Abbaye de Cambron, font également apparaître les gouttes de sang sortant des blessures de la Vierge et de nombreux détails sur le duel. En 1534, Jacques Lessabée donne un récit encore assez sobre, faisant allusion au sang et au duel, en insistant sur le rôle déterminant de la Providence. Par contre, dans sa "Chronique d’Hirsauge", Jean Trithème répète le récit de Johannes de Béka en amplifiant les écoulements de sang "qui couvrit abondamment le pavement de l’autel" et ajoute un dialogue entre la Vierge et Jean Flamens, qualifié pour la première fois de forgeron, pour savoir s’il doit aller tuer Guillaume. En 1604, Robert Procurateur, dit de Hautport, publie un opuscule où apparaissent deux éléments donnant au récit un caractère encore plus de pittoresque : la torture de Guillaume après ses coups de lance, qui "… quelque dure qu’elle fust ne sçeut rien arracher de la bouche de ce malheureus ..." et la description de Jean Flamens comme un vieillard handicapé : "Quatre ans après, l’ange s’apparoissant à un certain vieillard natif des Estinnes nommé Jean Flamand dit le Febvre, qui par l’espace de sept ans estoit paralyticque… ". En 1616, Walrand Caould répète les mêmes exagérations qui pimentent l’histoire de Guillaume le Juif. Le théâtre aussi s’empare du sujet. En 1639, Philippe Brasseur donne une pièce en vers composée de cinq cent trente-six hexamètres, tandis que le poète hutois Denis Coppée a écrit un drame en vers et en cinq actes, publié après sa mort, survenue en 1632. Enfin, l’œuvre d’Antoine Le Waitte comporte une synthèse peu critique des écrits relatifs au sacrilège, mais conserve le mérite de citer les lettres contemporaines du drame, permettant de connaître l’histoire du sacrilège sans ses exagérations poétiques.<ref>2</ref> Au siècle des lumières, le souvenir de cet événement s’estompe progressivement. Les auteurs n’y consacrent plus que quelques lignes qui constituent des répétitions sans valeur. '''Décès''' Quinzième abbé de Cambron, Yves de Lessines meurt le 9 mars 1329. Dans la Salle du Chapitre, sa pierre tombale portait l'inscription suivante : "Anno Domini 1329, 7° idus Martii, obiit Dnus Ivo, 15 abbas de Camberona".<ref>3</ref> '''Références''' 1. GUIGNIES, Victor-Joseph, Histoire de la Ville de Lessines, Mémoires de la Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut, Série V, Tome V, p. 289 2. LE WAITTE Antoine, Historiae Camberonensis pars prior sive diva Camberonensis a Judaeo perfido quinquies icta et cruentata, duobus distincta libris. Accedit & divae Lumbisiolanae, sive a Ceraso, juxta Camberonem historia. Authore reverendissimo D. Antonio Le Waitte abbate Camberonensi ord. Cistercii , Parisiis , ex typographia Cramosiana , 1672, 4°, p. 66-68 3. MONNIER, Clément, Histoire de l'Abbaye de Cambron, Tome I, pp. 84-85 All content in the above text box is licensed under the Creative Commons Attribution-ShareAlike license Version 4 and was originally sourced from https://fr.wikipedia.org/w/index.php?oldid=89757862.
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