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{{voir homonymes|Strauss}}
'''Charles Strauss''', né le [[14 octobre]] [[1834]] à [[Gundershoffen]] ([[Bas-Rhin]]) et décédé le [[16 septembre]] [[1905]] à [[Nancy]] ([[Meurthe-et-Moselle]]) est un juriste et haut-fonctionnaire français. Issu de la communauté juive, il adhère aux [[République française (régime politique)|valeurs républicaines]] et entre dans la [[fonction publique]] : dans l'[[administration centrale]], dans la [[préfet (France)|préfectorale]] à  un moment où les préfets jouaient un rôle fondamental dans la stabilisation du régime républicain en province, puis dans le domaine sanitaire. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages de réflexion, en particulier sur la [[Hôpital Esquirol|Maison de Charenton]], un des tout premiers et des plus célèbres hôpitaux psychiatriques, qu'il fut amené à diriger.

== Parcours ==
En 1872, il réside à [[Alger]] où il [[Optant|opte]] pour la conservation de la nationalité française. Il est diplômé de la [[faculté de droit de Paris]] en 1874, et dans la même année, s'est imposé comme un [[avocat en France|avocat]] à la [[cour d’appel de Paris]]. Après avoir occupé divers postes administratifs dans le bureau du ministère de l'Intérieur, il est nommé préfet du [[département de la Drôme]] en 1888<ref>[http://www.drome.pref.gouv.fr/sections/header/header_1/la_liste_des_prefets/liste_des_prefets_de/downloadFile/attachedFile/liste_prefets_verifiee.pdf Liste des préfets de la Drôme]</ref>. Il est notamment cité dans la [[Presse quotidienne nationale française|presse nationale]]  pour la promptitude avec laquelle il intervient lors d'un spectaculaire incendie à l'[[arsenal]] de [[Valence (Drôme)|Valence]]<ref>{{harvsp|Rédaction Le Figaro|1895|p=4}}</ref>. Il s'emploie également à développer les [[chemins de fer]]<ref>{{harvsp|Bouchardeau|Bouchardeau|1981}}</ref>.

Le 16 novembre 1895, Charles Strauss devient ensuite directeur de la Maison nationale (ou royale selon les époques) de Charenton, un asile psychiatrique (autrefois connu sous le nom d'« asile de Charenton », dénommé aujourd'hui [[hôpital Esquirol]]<ref>[http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4pital_Esquirol Hôpital Esquirol, ancienne Maison nationale de Charenton ]</ref>), situé sur la commune de [[Saint-Maurice (Val-de-Marne)|Saint-Maurice]] (anciennement appelée Charenton-Saint-Maurice) alors dans le [[département de la Seine]] et aujourd’hui dans celui du [[Val-de-Marne]] et dans la région [[Île-de-France]]. Charles Strauss plaide pour une refonte de la [[loi du 30 juin 1838 sur les aliénés]]
<ref group="note">La loi du 30 juin 1838 avait été voulu par [[Jean-Étienne Esquirol]], considéré comme le père de l'[[hôpital psychiatrique]] français. Elle a constitué un premier progrès, introduisant les notions de « placement volontaire » et de « [[placement d'office]] », et améliorant les conditions d'internement. La notion de placement d'office pouvait pourtant dans certains cas être utilisée comme une atteinte aux libertés, et donnait aux médecins aliénistes un pouvoir sans grand «garde-fou». L'ouvrage d'Herminie Rouy, ''Mémoires d'une aliénée'', publiée en 1883 (et réédité en 2010 sous le titre : ''L'affaire Rouy, une femme contre l'asile au {{s|XIX}}'') avait eu un certain écho, s'attaquant aux institutions (dont la Maison de Charenton qui fait l'objet d'un chapitre entier «Bonne pour Charenton», pages 23-34 dans l'édition de 2010). Cet ouvrage antérieur à son arrivée à Charenton ne pouvait être ignoré de Charles Strauss. L'ouvrage attaquait l'arbitraire des décisions d'internement, les méthodes thérapeutiques et l'arrogance de certains aliénistes, en particulier envers les femmes. Le fait que Charles Strauss n'était pas médecin, mais juriste de formation, lui donnait sans doute un regard différent de ses prédécesseurs sur l'institution qu'il était amené à diriger.</ref>,
qui sera débattue à l'Assemblée législative sans que le projet aboutisse. Il est en particulier favorable à la mise en place d'une instance supérieure qui puisse être un recours à l'avis médical de l'[[aliéniste]] et à l'avis du [[préfet (France)|préfet]], dans les cas spéciaux d'internement<ref>{{harvsp|Rivière|1900|p=228}}</ref>. Il s'emploie à faire connaître les conditions de vie dans cet établissement de Charenton, par un ouvrage qui reste un témoignage de référence, même si son regard sur les « aliénés » est marqué par le niveau de connaissance et les a priori de son siècle sur les [[maladies mentales]]<ref name="fride">{{harvsp|id=Fride|texte=Fride 1983}}</ref>. Comme le relate le quotidien national ''le [[Journal des débats]]'', Charles Strauss met à profit une réception au [[palais de l'Élysée]], en juin 1900, pour remettre l'ouvrage au [[Président de la République française|président de la République]], [[Émile Loubet]]<ref>{{harvsp|Rédaction JDPL|1900|p=4}}</ref>, qu'il connaît bien puisqu'il l'a côtoyé alors qu'il n'était encore qu'une personnalité issue de la [[gauche républicaine (1871-1885)|gauche républicaine]] drômoise (inaugurant par exemple avec lui en 1893 le train [[Montélimar]] - [[Dieulefit]]<ref>{{Lien web|auteur=|lien auteur=Le journal de Montélimar|coauteurs=|url=http://www.le-petit-train-du-picodon.fr/Le-journal-de-linauguration.16.html|titre=Inauguration du chemin de fer de Montélimar à Dieulefit|série=|jour=22|mois=juillet|année=1893|site=|éditeur=|isbn=|page=|citation=|en ligne le=|consulté le=}}</ref>). En 1903, il doit gérer la [[laïcisation]] complète de l'établissement, à la demande du gouvernement : une vingtaine de sœurs [[Augustins|Augustines]] étaient employées jusqu'alors, pour une somme modique<ref>{{harvsp|Rédaction JDPL|1903|p=3}}</ref>, et il en avait dit plutôt du bien dans son ouvrage, comparé au reste du personnel non médical {{Citation|recruté dans le rebut de la domesticité}}<ref name="fride" />.

Il est ensuite chargé du contrôle général de la loi sur la protection des enfants du premier âge au [[Ministère français de l'Intérieur|ministère de l'Intérieur]]. Cette loi du 23 décembre 1874 est une des premières lois en France sur la protection de l'enfance<ref>{{Lien web|auteur=Observatoire national de l'enfance en danger|lien auteur=Observatoire national de l'enfance en danger|coauteurs=|url=http://oned.gouv.fr/historique|titre=La protection de l'enfance -Historique|série=|jour=|mois=|année=1983|site=|éditeur=|isbn=|page=|citation=|en ligne le=|consulté le=}}</ref>. Il décède à [[Nancy]] en septembre 1905<ref>{{harvsp|Rédaction La Presse|1905|p=3}}</ref>. Les obsèques ont lieu à [[Saint-Maurice (Val-de-Marne)|Saint-Maurice]]<ref>{{harvsp|Rédaction JDPL|1905|p=3}}</ref>.

== Décorations ==

Le 31 décembre 1895, il avait été nommé officier de la [[Légion d’honneur]]<ref>[http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/leonore_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_1=NOM&VALUE_1=strauss&NUMBER=5&GRP=0&REQ=%28%28strauss%29%20%3aNOM%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=100&DOM=All Archives Nationales Dossier de l'Ordre de la Légion d'honneur n°LH/2554/41]</ref>{{,}}<ref>{{harvsp|Birnbaum|1992}}</ref>.

== Ouvrages ==
{{Autorité | type = personne | VIAF = 192691267  |SUDOC = 05706900X  }}
Charles Strauss est notamment l'auteur des ouvrages suivants : 
* «L'assimilation et la reconstitution du ministère d'Algérie», Paris, 1874, 
* [http://www.europeana.eu/portal/record/9200103/0FD9F906FCA558357FE6C62DFF198C5FF5C49EB3.html «L 'Algérie et la Prusse», ib. 1874], 
* «La Maison Nationale de Charenton»,  Paris, [[Imprimerie Nationale]], 1900.

== Notes ==
{{Références|group="note"}}

== Références ==
{{Références|colonnes=1}}

== Voir aussi ==
=== Bibliographie ===
Classement par année de parution.
* {{article|langue=fr|prénom1=|nom1=Rédaction Le Figaro|lien auteur1=|titre=Incendie à l'arsenal de Valence|périodique=le quotidien français Le Figaro|lien périodique=Le Figaro|volume=|numéro=20|jour=20|mois=janvier|année=1895|pages=4|issn=|url texte=http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k283159k/f4.image.r=STRAUSS|consulté le=}}.
* {{article|langue=fr|prénom1=|nom1=Rédaction JDPL|lien auteur1=|titre=Dernière heure : le président de la République a reçu ce matin|périodique=le quotidien français : le Journal des débats politiques et littéraires|lien périodique= Journal des débats|volume=|numéro=162|jour=12|mois=juin|année=1900|pages=4|issn=|url texte=http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k469893f.image.r=strauss.f4.hl|consulté le=}}.
* {{article|langue=fr|prénom1=Louis |nom1=Rivière|lien auteur1=|titre=Compte-rendu du congrès international d'assistance publique et de bienfaisance privée (30 juillet au 5 août 1900) |périodique=Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques (Institut de France) |lien périodique=Académie des sciences morales et politiques|volume=55|numéro=|jour=27|mois=octobre|année=1900|pages=210-242|issn=|url texte=|consulté le=}}.
* {{article|langue=fr|prénom1=|nom1=Rédaction JDPL|lien auteur1=|titre=Les congrégations|périodique=le quotidien français : le Journal des débats politiques et littéraires|lien périodique= Journal des débats|volume=|numéro=229|jour=19|mois=août|année=1903|pages=3|issn=|url texte=http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4812871/f3.image.r=strauss.hl|consulté le=}}.
* {{article|langue=fr|prénom1=|nom1=Rédaction JDPL|lien auteur1=|titre=Nécrologie|périodique=le quotidien français : le Journal des débats politiques et littéraires|lien périodique= Journal des débats|volume=|numéro=259|jour=18|mois=septembre|année=1905|pages=3|issn=|url texte=http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k482064v.image.r=STRAUSS.f3.hl|consulté le=}}.
* {{article|langue=fr|prénom1=|nom1=Rédaction La Presse|lien auteur1=|titre=Informations|périodique=le quotidien français La Presse|lien périodique=La Presse (France)|volume=|numéro=4859|jour=18|mois=septembre|année=1905|pages=3|issn=|url texte=http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5514615.image.r=strauss.f3.hl|consulté le=}}.
* {{ouvrage|langue=fr|prénom1=France|nom1=Bouchardeau|prénom2=Philippe|nom2=Bouchardeau|titre=Histoire de la Chambre de commerce de Valence  |sous-titre=|lien titre= |numéro d'édition=|éditeur=Université des sciences sociales de Grenoble|lien éditeur=Université Grenoble-II|lieu=|année=1981|volume=2|tome=|pages totales=|passage=|isbn=|lire en ligne=|consulté le=}}.
* {{ouvrage|langue=fr|prénom1=Pierre|nom1=Birnbaum|lien auteur1=Pierre Birnbaum|titre=Les Fous de la République  |sous-titre=histoire politique des Juifs d'Etat, de Gambetta à Vichy.|lien titre= |numéro d'édition=|éditeur=Fayard (édition)|lien éditeur=Fayard (édition)|lieu=|année=1992|volume=|tome=|pages totales=|passage=|isbn=2213651221|lire en ligne=|consulté le=}}.
* Notice « Strauss (Charles) » (1834- ), page 665 ''in'' [[Archives nationales (France)]] (répertoire nominatif par Christiane Lamoussière, revu et complété par Patrick Laharie ; répertoire territorial et introduction par Patrick Laharie), ''Le personnel de l’administration préfectorale, 1800-1880'', Paris : Centre historique des Archives nationales, 1998, 1159 pages, 27 cm, ISBN 2-86000-271-5.
* Notice « Strauss (Charles) » (1834- ), page 479 ''in'' [[Archives nationales (France)]]  (répertoire nominatif par Christiane Lamoussière, revu et complété par Patrick Laharie ; répertoire territorial et introduction par Patrick Laharie), ''Le personnel de l’administration préfectorale, 1881-1926'', Paris : Centre historique des Archives nationales, 2001, 774 pages, 27 cm, ISBN 2-86000-290-1.
*Charles Baechler, ''Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne'', tome 48, p.4991, ed. Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, 2007

=== Articles connexes ===
* [[Liste des préfets de la Drôme]]

=== Liens externes ===
* {{Lien web|id=Fride|auteur=Adeline Fride|lien auteur=|coauteurs=[[Georges Lanteri-Laura]] (dir.)|url=http://psychiatrie.histoire.free.fr/hp/charenton/afride.pdf|titre=Charenton ou la chronique de la vie d'un asile, de la naissance de la psychiatrie à la sectorisation |série=thèse de l'[[École des hautes études en sciences sociales]] (comprenant de nombreux extraits de l'ouvrage de Charles Strauss)|jour=|mois=|année=1983|site=|éditeur=|isbn=|page=|citation=|en ligne le=|consulté le=20 décembre 2012}}

{{Portail|Médecine|Drôme}}
{{DEFAULTSORT:Strauss, Charles}}

[[Catégorie:Naissance en 1834]]
[[Catégorie:Naissance dans le Bas-Rhin]]
[[Catégorie:Décès en 1905]]
[[Catégorie:Décès en Meurthe-et-Moselle]]
[[Catégorie:Avocat français du XIXe siècle]]
[[Catégorie:Préfet de la Drôme]]
[[Catégorie:Officier de la Légion d'honneur]]