Revision 172397 of "Homme" on frwikiquote

{{Interprojet
|wikt=Homme
|w=Homme (homonymie)}}
[[File:The Young Man and Death by Gustave Moreau.jpg|thumb|200px|<center>''Le Jeune Homme et la Mort'' [[w:Gustave Moreau|Gustave Moreau]] (1865)</center>]]

== Enseignement ==
=== Cours de littérature européenne ===
==== [[Vladimir Nabokov]], ''Littératures'', 1941-1958 ====
{{citation|citation=Le doux prophète, l'enchanteur dans sa grotte, l'artiste révolté, l'écolier différent des autres, tous partagent le même péril sacré. Et cela étant, bénissons-les, bénissons les dissidents, car dans l'évolution naturelle des choses le singe ne serait peut-être jamais devenu un homme si un dissident n'était pas apparu dans la famille.}}
{{Réf Livre|titre=Littératures|auteur=[[Vladimir Nabokov]]|éditeur=Robert Laffont|traducteur=Hélène Pasquier|année=2010|année d'origine=1980|page=485|collection=Bouquins|partie=Littératures I|section=L'Art de la littérature et le bon sens}}

== Littérature ==
=== Écrit intime ===
==== [[Jean-Jacques Rousseau]], ''[[w:Les Rêveries du promeneur solitaire|Les Rêveries du promeneur solitaire]]'', 1782 ====
{{citation|citation=Me voici donc seul sur la terre, n'ayant plus de frère de prochain d'ami de société que moi-même. Le plus sociable et le plus aimant des humains en a été proscrit par un accord unanime. Ils ont cherché dans les raffinements de leur haine quel tourment pouvait être le plus cruel à mon âme sensible, et ils ont brisé violemment tous les liens qui m'attachaient à eux. J'aurais aimé les hommes en dépit d'eux-mêmes. Ils n'ont pu qu'en cessant de l'être se dérober à mon affection. Les voilà donc étrangers, inconnus, nuls enfin pour moi puisqu'ils l'ont voulu.}}
{{Réf Livre|titre=Rêveries du promeneur solitaire|auteur=[Jean-Jacques Rousseau]]|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Classiques|année=2001|année d'origine=1782|page=43|section=Première Promenade|ISBN=978-2-253-160991}}

{{citation|citation=Après m'être longtemps tourmenté sans succès il fallu bien prendre haleine. Cependant j'espérais toujours, je me disais : un aveuglement si stupide, une si absurde prétention ne saurait gagner tout le genre humain. Il y a des hommes de sens qui ne partagent pas ce délire, il y a des âmes justes qui détestent la fourberie et les traîtres. Cherchons, je trouverai peut-être enfin un homme, si je le trouve ils sont confondus. J'ai cherché vainement, je ne l'ai point trouvé. La ligue est universelle, sans exception, sans retour et je suis sûr d'achever mes jours dans cette affreuse proscription sans jamais en pénétrer le mystère.}}
{{Réf Livre|titre=Rêveries du promeneur solitaire|auteur=[[Jean-Jacques Rousseau]]|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Classiques|année=2001|année d'origine=1782|page=154|section=Huitième Promenade|ISBN=978-2-253-160991}}

==== [[Paul Klee]], ''Journal'', 1957 ====
{{citation|citation=Toi, fleur de feu, nuitamment tu me tiens lieu de soleil, et tu luis profondément dans le coeur secret de l'homme. Février 1900.}}
{{Réf Livre|titre=Journal|auteur=[[Paul Klee]]|éditeur=Grasset|collection=Les Cahiers Rouges|année=1959|année d'origine=1957|page=42|section=Journal I|ISBN=978-2-246-27913-6}}

{{citation|citation=O intarissable pêle-mêle, les déplacements de plans, le soleil sanglant, la profonde mer semée de voiles inclinées. Matière sur matière, au point qu'on pourrait s'y dissoudre. Etre homme, être antique, naïf et rien, pourtant heureux.}}
{{Réf Livre|titre=Journal|auteur=[[Paul Klee]]|éditeur=Grasset|collection=Les Cahiers Rouges|année=1959|année d'origine=1957|page=117|section=Journal II|ISBN=978-2-246-27913-6}}

=== Essai ===
==== [[Choderlos de Laclos]], ''Traité sur l'éducation des femmes'', 1903 ====
''' Discours sur la question proposée par l'académie de Châlons-sur-Marne ''' —
''' ''Quels seraient les meilleurs moyens de perfectionner l'éducation des femmes ?'' '''
{{Citation|citation=Ô femmes, approchez et venez m'entendre ! Que votre curiosité dirigée une fois sur des objets utiles, contemple les avantages que vous avait donnés la nature et que la société vous a ravis. Venez apprendre comment, nées compagnes de l'homme, vous êtes devenues son esclave ; comment, tombées dans cet état abject, vous êtes parvenues à vous y plaire, à la regarder comme votre état naturel ; comment enfin, dégradées de plus en plus par votre longue habitude de l'esclavage, vous en avez préféré les vices avilissants, mais commodes, aux vertus plus pénibles d'un être libre et respectable.}} 
{{Réf Livre|titre=Traité sur l'éducation des femmes précédé|auteur=[[Choderlos de Laclos]]|éditeur=Pocket|collection=Agora|année=2009|année d'origine=1783|page=25|partie=Discours sur la question proposée par l'académie de Châlons-sur-Marne|ISBN=978-2-266-18855-5}}

''' Des femmes et de leur éducation '''
{{Citation|citation=Quelques mauvais plaisants (pourrait-on dire) ont abusé de leur esprit jusqu'au point de hasarder le paradoxe étonnant que l'homme est originairement fait pour vivre en société... autant voudrait-il dire que les boeufs et les chevaux étaient originairement faits pour vivre en troupeaux et en escadrons, et que c'était par un excès de corruption, ou par violation du droit naturel, qu'ils erraient isolés dans les bois.}} 
{{Réf Livre|titre=Traité sur l'éducation des femmes précédé|auteur=[[Choderlos de Laclos]]|éditeur=Pocket|collection=Agora|année=2009|année d'origine=1903|page=74|partie=Des femmes et de leur éducation|chapitre=IX. Examen des raisons apportées contre l'état de nature|ISBN=978-2-266-18855-5}}

==== [[Léon Bloy]], ''Sur la tombe de Huysmans'', 1913 ====
''' Les Représailles du Sphinx '''
{{citation|citation=<poem>Oedipe croyait bien l’avoir vaincu, le monstre immortel ! vaincu à jamais ! et, pour sa victoire, les Thébains stupides l’avaient fait roi et quasi-Dieu, ce divinateur aux ''pieds gonflés'', cet aveugle terrible, parricide et incestueux sans le savoir !
Depuis près de trente siècles, l’esprit humain tette ce symbole, le plus complet que l’antiquité grecque ait laissé. Dans son irrémédiable déval des plateaux lumineux de l’Éden et dans les successives dégringolades postérieures, l’animal raisonnable a ainsi toujours retenu l’idée d’un central rébus dont l’inespérable solution donnerait l’empire du monde aux cloportes subtils qui la découvriraient.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Sur la tombe de Huysmans|auteur=[[Léon Bloy]]|éditeur=Paris|collection=Collection des ''Curiosités littéraires''|année=1913|page=13|section=''Avant la Conversion'' : Les Représailles du Sphinx}}

=== Nouvelle ===
==== [[Renée Vivien]], ''La Dame à la Louve'', 1904 ====
''' La Dame à la Louve '''
{{Citation|citation=<poem>Décidément, pensai-je, elle exagère son rôle, pourtant très bien compris. Elle exagère.
(Si nous étions entre hommes, messieurs, je vous dirais que je n’ai pas toujours méprisé les maisons publiques et que j’ai même ramassé maintes fois, sur le trottoir, de piteuses grues. Cela n’empêche pas les Parisiennes d’être plus accommodantes que cette sainte nitouche. Je ne suis nullement fat, mais enfin il faut avoir la conscience de sa valeur.)
Et, jugeant que l’entretien avait assez duré, je quittai fort dignement la Dame à la Louve.</poem>}} 
{{Réf Livre|titre=La Dame à la Louve|auteur=[[Renée Vivien]]|éditeur=Alphonse Lemaire|année=1904|page=13|section=La Dame à la louve}}

==== [[Joyce Mansour]], ''Infiniment... sur le gazon'', 1963 ====
{{Citation|citation=« Tu aurais pu attendre de me mettre en terre avant de me narguer comme ça, tous les jours à l'heure de la sieste. Moi qui n'ai jamais regardé un autre homme que ton père », disait-elle quand je me levais précipitamment sans entamer le dessert pour appeler l'ascenseur, répondre au téléphone, fermer la fenêtre, m'habiller, me déshabiller, m'agiter enfin en attendant l'arrivée bruyante de mon amant. La vieille se plaignait mais, le moment venu, c'était toujours elle qui ouvrait la porte à Arnaud. Bégayante, la langue alourdie par une épaisse couche de honte, ma mère aux jambes de crapaud et sexe à grosses mailles ne pouvait s'empêcher de le saluer avec le cérémonial dû à un roi. « Elle se surpasse, ta vieille », dit Arnaud le jour où elle lui offrit spontanément là, dans l'entrée, sous la lampe en fer forgé et le portrait du général, la pipe et les pantoufles de mon père. Geste qui n'empêcha nullement celui-ci de se promener, vêtu seulement des cuisses poilues de sa brune compagne drapées artistiquement autour de son cou et, de son éternelle cigarette, vite allumée, salement éteinte, jamais posée sans intention de faire mal, nu sous les yeux horrifiés de ma mère.}} {{Réf Article|titre=Infiniment... sur le gazon|auteur=[[Joyce Mansour]]|publication=La Brèche|numéro=4|date=Février 1963|page=62}}

=== Poésie ===
==== [[Paul Eluard]] , ''L'Amour la poésie'', 1929 ====
''' Les hommes errants '''
{{Citation|citation=<poem>Les hommes errants plus forts que les nains habituels
Ne se rencontrent pas. L'on raconte
Qu'ils se dévoreraient.</poem>}} 
{{Réf Livre|titre=Capitale de la douleur ''suivi ''de L'amour la poésie|auteur=[[Paul Eluard]]|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1966|année d'origine=1929|page=223|partie=Défense de savoir|section=V. Les hommes errants|ISBN=978-2-07-030095-2}}

==== [[Joyce Mansour]], ''Le Désir du désir sans fin'', 1963 ====
{{Citation|citation=<poem>Aucun homme avec moi ne place son pied 
Sur la pente calcinée de la haine.</poem>}} {{Réf Article|titre=Le désir du désir sans fin|auteur=[[Joyce Mansour]]|publication=La Brèche|numéro=5|date=Octobre 1963|page=4}}

=== Prose poétique ===
==== [[Novalis]], ''Hymne à la nuit'', 1800 ====
{{Citation|citation=Autrefois, parmi les races diverses qui peuplent au loin le monde, un destin de fer étendait sa souveraine puissance. Des liens étroits et grossiers enchaînaient leur ame, et la terre était la patrie et le séjour de leurs dieux ; sur les montagnes de l’Orient et dans le sein de la mer, habitait le soleil, lumière vivante et répandant partout la chaleur. Un vieux géant portait le monde, et les premiers enfans de la terre reposaient sous les montagnes, avec leur rage impuissante contre les nouveaux dieux et contre les hommes ; les profondeurs de la mer renfermaient une déesse, et dans les grottes de cristal, un peuple joyeux passait une vie de voluptés [...]. Le vin était meilleur, versé par les mains de la jeunesse, un dieu était dans la grappe, une déesse dans les gerbes, et la plus belle habitante de l’Olympe avait dans ses attributions les doux frémissemens de l’amour.}} 
{{Réf Article|titre=Hymne à la nuit|auteur=[[Novalis]]|publication=Nouvelle revue germanique|numéro=14|date=1833|page=236}}

==== [[Hans Arp]], ''Note 2 sur l'art'', 1917 ====
{{citation|citation=<poem>L'homme est sale, il tue les animaux, les plantes, ses frères, il querelle, il est intelligent, parle trop, ne peut pas dire ce qu'il pense. 
Mais l'artiste est un créateur : il sait travailler une forme qui devient organique. Il décide. Il rend l'homme meilleur. Soigne le jardin des intentions, ordonne.</poem>}}
{{Réf Article|titre=Note 2 sur l'art|auteur=[[Hans Arp]]|publication=Dada|numéro=2|date=Décembre 1917|page=2}}

==== [[Robert Desnos]], ''Deuil pour deuil'', 1924 ====
{{citation|citation=— Le jour où disparaîtront d'un seul coup tes amis! où d'un seul coup disparaîtra la terre et ce qu'elle porte, hormis toi ! quand tu seras seul on te croira mort ; c'est on qui le sera. L'univers meurt chaque fois que meurt un homme, et il y a beaucoup d'hommes parmi les hommes.}}
{{Réf Livre|titre=La liberté ou l'amour ! suivi de Deuil pour deuil|auteur=[[Robert Desnos]]|éditeur=Gallimard|Collection=L'Imaginaire|année=1962|année d'origine=1924|page=125|ISBN=978-2-07-027695-0}}

==== [[André Breton]], ''Poisson soluble'', 1924 ====
{{Citation|citation=<poem>Le jour vint où je ne revis plus celle qui fut ici-bas ma défense et ma perte.
Depuis, j'ai connu un homme qui avait pour chair un miroir, ses cheveux étaient du plus pur style Louis XV et dans ses yeux brillaient de folles immondices.</poem>}} 
{{Réf Livre|titre=Poisson soluble|auteur=[[André Breton]]|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1996|année d'origine=1924|page=103|partie=26|ISBN=2-07-032917-8}}

==== [[Paul Eluard]] , ''Capitale de la douleur'', 1926 ====
''' L'absolue nécessité '''
{{Citation|citation=Le fleuve se détend, passe avec adresse dans le soleil, regarde la nuit, la trouve belle et à son goût, passe son bras sous le sien et redouble de brutalité, la douceur étant la conjonction d'un oeil fermé avec un oeil ouvert ou du dédain avec l'enthousiasme, du refus avec la confiance et de la haine avec l'amour, voyez quand même la barrière de cristal que l'homme a fermée devant l'homme.}} 
{{Réf Livre|titre=Capitale de la douleur ''suivi ''de L'amour la poésie|auteur=[[Paul Eluard]]|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1966|année d'origine=1926|page=120|partie=Nouveaux poèmes|section=L'absolue nécessité|ISBN=978-2-07-030095-2}}

''' Revenir dans une ville '''
{{Citation|citation=Le coeur de l'homme ne rougira plus, il ne se perdra plus, je reviens de moi-même, de toute éternité.}} 
{{Réf Livre|titre=Capitale de la douleur ''suivi ''de L'amour la poésie|auteur=[[Paul Eluard]]|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1966|année d'origine=1926|page=123|partie=Nouveaux poèmes|section=Revenir dans une ville|ISBN=978-2-07-030095-2}}

==== [[René Crevel]], ''Le Pont de la mort'', 1926 ====
{{Citation|citation=Le vaisseau fantôme écrit sa danse en plein ciel. Les murs s'écartent entre lesquels on voulut enchaîner les vents de l'esprit. Derrière les plis d'un velours trop lourdement paisible s'allume un soleil de soufre et d'amour. Les hommes du monde entier se comprennent par le nez.}} 
{{Réf Article|titre=Le Pont de la mort|auteur=[[René Crevel]]|publication=La Révolution Surréaliste|numéro=7|date=15 juin 1926|page=28}}

==== [[Robert Desnos]], ''La liberté ou l'amour !'', 1927 ====
{{citation|citation=<POEM>Ce sont les hommes qui sont imbéciles, ayant basé les voiles des navires sur le même principe que la tornade, de trouver le naufrage moins logique que la navigation. 
Que je les méprise ceux qui ignorent jusqu’à l’existence du vent.</POEM>}}
{{Réf Livre|titre=La liberté ou l'amour !|auteur=[[Robert Desnos]]|éditeur=Gallimard|collection=L'Imaginaire|année=1962|année d'origine=1927|page=64|section=VI. Pamphlet contre la mort|ISBN=978-2-07-027695-0}}

{{citation|citation=Paysage de l’émotion, région supérieure de l’amour où nous construisons des tombeaux jamais occupés, lorsque la métamorphose physique finale est évoquée en votre présence l’homme prend quelque noblesse.}}
{{Réf Livre|titre=La liberté ou l'amour !|auteur=[[Robert Desnos]]|éditeur=Gallimard|collection=L'Imaginaire|année=1962|année d'origine=1927|page=66|section=VII. Révélation du monde|ISBN=978-2-07-027695-0}}

==== [[René Char]], ''Fureur et mystère'', 1948 ====
''' Louis Curel de la Sorgue '''
{{citation|citation=Sorgue qui t'avances derrière un rideau de papillons qui pétillent, ta faucille de doyen loyal à la main, la crémaillère du supplice en collier à ton cou, pour accomplir ta journée d'homme, quand pourrais-je m'éveiller et me sentir heureux au rythme modelé de ton seigle irréprochable ?}}
{{Réf Livre|titre=Fureur et mystère|auteur=[[René Char]]|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1962|année d'origine=1948|page=41|partie=SEULS DEMEURENT (1938-1944)|section=Louis Curel de la Sorgue|ISBN=2-07-030065-X}}

''' Feuillets d'Hypnos '''
{{citation|citation=Considère sans être affecté que ce que le mal pique le plus volontiers ce sont les cibles non averties dont il a pu s'approcher à loisir. Ce que tu as appris des hommes — leurs revirements incohérents, leurs humeurs inguérissables, leur goût du fracas, leur subjectivité d'arlequin — doit t'inciter, une fois l'action consommée, à ne pas t'attarder trop sur les lieux de vos rapports.}}
{{Réf Livre|titre=Fureur et mystère|auteur=[[René Char]]|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1962|année d'origine=1948|page=148|partie=FEUILLETS D'HYPNOS (1943-1944)|section=|ISBN=2-07-030065-X}}

==== [[Octavio Paz]], ''Liberté sur parole'', 1958 ====
''' Papillon d'obsidienne '''
{{Citation|citation=J'étais la montagne qui engendre en rêve, la demeure du feu, la marmite primordiale où l'homme cuit pour devenir homme.}} 
{{Réf Livre|titre=Liberté sur parole|auteur=[[Octavio Paz]]|traducteur=Jean-Clarence Lambert|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1966|année d'origine=1958|page=91|partie=II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950)|section=Aigle ou Soleil ? — ''Papillon d'obsidienne''|ISBN=2-07-031789-7}}

''' Le figuier '''
{{Citation|citation=Adolescence féroce : l'homme qui veut être et qui ne tient déjà plus dans ce corps étroit, étrangle l'enfant que nous sommes. (Après des années, qui je vais être et jamais ne serai, dévaste mon être, le chasse, dilapide les richesses, commerce avec la mort.)}} 
{{Réf Livre|titre=Liberté sur parole|auteur=[[Octavio Paz]]|traducteur=Jean-Clarence Lambert|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1966|année d'origine=1958|page=94|partie=II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950)|section=Aigle ou Soleil ? — ''Le figuier''|ISBN=2-07-031789-7}}

==== [[Joyce Mansour]], ''Dolman le maléfique'', 1961 ====
{{citation|citation=<poem>Cent fois par jour il relança sa mouche en l'air, comme il savait faire, en quête d'une idée de distractions nouvelles mais sans résultat, jusqu'au jour où son oeil droit vit briller le reflet de la mer dans l'azur. Le réveil du désir fut immédiat. Il aspira à être vague, poisson, eau. Il voulut être dune, écume, algue. À dos d'homme par-dessus les montagnes et les plaines, les villageois le transportèrent jusqu'à la plage lointaine. Ils arrivèrent au but très amoindris après un mois de marche forcée. Sans perdre son temps en remerciements, Dolman immergea son cerveau hagard dans les flots. Selon son voeu il devint mer, algue, poisson ; il noya son spleen dans la gelée mouvementée et dès lors paressa sous la lune tel une baleine, lavé de toute nostalgie terrestre.
Cette époque heureuse ne dura guère.</poem>}}
{{Réf Article|titre=Dolman le maléfique|auteur=[[Joyce Mansour]]|publication=La Brèche|numéro=1|date=Octobre 1961|page=50}}

=== Roman ===
====  [[Jean-Jacques Rousseau]], ''Julie ou La nouvelle Héloïse'', 1761 ====
{{citation|citation=[...] juge si j'ai raison d'appeler cette foule un désert, et de m'effrayer d'une solitude où je ne trouve qu'une vaine apparence de sentiments et de vérité, qui change à chaque instant et se détruit elle-même, où je n'aperçois que larves et fantômes qui frappent l'oeil un moment et disparaissent aussitôt qu'on les veut saisir. Jusques ici j'ai vu beaucoup de masques, quand verrai-je des visages d'hommes ?}}
{{Réf Livre|titre=Julie ou La nouvelle Héloïse|auteur=[[Jean-Jacques Rousseau]]|éditeur=Garnier-Flammarion|collection=GF Flammarion|année=1967|année d'origine=1761|page=166|partie=II|section=Lettre XIV à Julie|ISBN=2-08-070148-7}}

==== [[Charles Robert Maturin]], ''Melmoth — L'homme errant'', 1820 ====
{{citation|citation=— Cieux immortels ! Qu'est-ce que l'homme ? Un être qui possède l'ignorance, mais non l'instinct de l'animal le plus faible ! Il est comme l'oiseau : lorsque tu poses sur lui ta main, ô toi que je n'ose appeler Père, il frissonne et jette des cris, bien que cette douce pression n'ait d'autre but que de le ramener vers sa cage et, pour fuir la crainte légère qui lui trouble les sens, il se précipite dans le piège tendu à sa vue, où sa captivité est sans espoir !}}
{{Réf Livre|titre=Melmoth — L'homme errant|auteur=[[Charles Robert Maturin]]|traducteur=Jacqueline Marc-Chadourne|éditeur=Phébus|collection=''Libretto''|année=1996|année d'origine=1820|page=587|section=Histoire des amants|ISBN=978-2-85-940553-3}}

==== [[James Joyce]], ''Ulysse'', 1922 ====
{{Citation|citation=<poem>VIRAG (''Un chaud rire féminin dans sa face impassible''.) : Merveilleux ! Une cantharide dans sa  braguette ou bien un cataplasme de farine de moutarde sur son plantoir. (''Il glousse gloutonnement en agitant des fanons''.) Dindoni ! Dindono ! Où en sommes-nous ? Sésame ouvre-toi ! Il ressuscite ! (''Déroulant très vite son parchemin, il lit ; son nez lampyre frôle en sens contraire les lignes qu'il égratigne de sa griffe''.) Une minute mon bon ami. Je t'apporte le message souhaité. L'heure des huîtres côterouges sonnera bientôt pour nous. Je suis le maître des maîtres-queux. Ces succulents bivalves peuvent nous être d'un grand secours et les truffes du Périgord, tubercules délogés par les soins de Son Excellence omnivore, sont sans rivales dans les cas de débilité nerveuse ou de viragite. Elles fouettent mais elles vous donnent un coup de fouet. (''Il balance la tête et gouaille en caquetant''.) Rigolo. Avec mon carreau dans mon oculo.
BLOOM (''Distrait''.) : Ab oculo, le cas bivalve de la femme est pire. Sésame toujours ouvert. Le sexe fendu. D'où leur terreur de la vermine, des choses qui rampent. Pourtant Eve et le serpent c'est contradictoire. Ca n'est pas historique. Mais j'y pense il y a une certaine analogie. Et les serpents sont assoiffés de lait de femme. Ils font des kilomètres à travers les forêts omnivores pour sucsucculer ses soins jusqu'au sang. Comme ces dindonnières commères de Rome Elephantuliasus.</poem>}} 
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=[[James Joyce]]|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=764|ISBN=2-07-040018-2}}

==== [[Renée Dunan]], ''La Culotte en jersey de soi'', 1923 ====
{{citation|<poem>En réalité notre « élevage », le dressage pour la nuit de noces et le principe de l'obéissance passive dans le mariage sont des actions catastrophiques. Il est prodigieux que des siècles de ces règles n'aient pas ramenée la femme au rôle de bête à joie, exclusivement. Par chance nous avons du ressort.
Mais comme le radiologiste se voit souvent cinq, dix, vingt ans après avoir subi le contact des rayons mortels, atteint de maux pitoyables et rongeants, il advient que des femmes soient amenées aux désordres sexuels, amours irrésistibles, folies galantes et nymphomanies à diverses manifestations. C'est le fruit des traités de [[Fénelon]] sur l'éducation des filles...
Mais la plupart de nous préféreraient vivre sans homme, c'est assuré.</poem>}}{{réf Livre|titre=La Culotte en jersey de soi|auteur=[[Renée Dunan]]|éditeur=Le Cercle Poche|année=2011|année d'origine=1923|page=219|ISBN=978-2-84714-152-8|section=La Gazelle chassée}}

==== [[André Breton]], ''[[w:L'Amour fou|L'Amour fou]]'', [[w:1937 en littérature|1937]] ====
{{citation|Les hommes désespèrent stupidement de l'amour – j'en ai desespéré – ils vivent asservis à cette idée que l'amour est toujours derrière eux, jamais ''devant'' eux : les siècles passés, le mensonge de l'oubli à vingt ans. Ils supportent, ils s'aguerrisent à admettre surtout que l'amour ne soit pas ''pour eux'', avec son cortège de clartés, ce regard sur le monde qui est fait de tous les yeux de devins. Ils boitent de souvenirs fallacieux auxquels ils vont jusqu'à prêter l'origine d'une chute immémoriale, pour ne pas se trouver trop coupables. Et pourtant pour chacun la promesse de toute heure à venir contient tout le secret de la vie, en puissance de se révéler un jour occasionnellement dans un autre rêve.}}{{Réf Livre|page=64|référence=L'Amour fou/Gallimard-Folio}}

{{citation|La vie est lente et l'homme ne sait guère la jouer. Les possibilités d'atteindre l'être susceptible de l'aider à la jouer, de lui donner tout son sens, se perdent dans la carte des astres. Qui m'accompagne, qui me précède cette nuit encore une fois ? Demain reste fait de déterminations bon gré mal gré acceptées sans tenir compte de ces boucles charmantes, de ces chevilles pareilles à des boucles. Il serait temps encore de reculer.}}
{{Réf Livre|page=69|référence=L'Amour fou/Gallimard-Folio}}

{{citation|Amour, seul amour qui sois, amour charnel, j'adore, je n'ai jamais cessé d'adorer ton ombre vénéneuse, ton ombre mortelle. Un jour viendra où l'homme saura te reconnaître pour son seul maître et t'honorer jusque dans les mystérieuses perversions dont tu t'entoures.}}{{Réf Livre|page=110|référence=L'Amour fou/Gallimard-Folio}}

{{citation|La recréation, la recoloration perpétuelle du monde dans un seul être, telles qu'elles s'accomplissent par l'amour, éclairent en avant de mille rayons la marche de la terre. Chaque fois qu'un homme aime, rien ne peut faire qu'il n'engage avec lui la sensibilité de tous les hommes.}}
{{Réf Livre|page=115|référence=L'Amour fou/Gallimard-Folio}}

{{citation|C'est par-dessus les têtes, puis entre elles, une pluie de flèches empoisonnées, si serrées que bientôt à ne plus se voir. L'égoïsme odieux s'emmure en toute hâte dans une tour sans fenêtres. L'attraction est rompue, la beauté même du visage aimé se dérobe, un vent de cendres emporte tout, la poursuite de la vie est compromise. Est-il besoin de dire que ces instants sont comptés, qu'ils sont à la merci d'un signe d'intelligence du coeur – un mouvement involontaire de détente, un geste familier – pour prendre fin sans laisser la moindre trace. Vénus, parce qu'elle a voulu intervenir dans la guerre des hommes, est blessée à la main, c'est-à-dire paralysée momentanément dans son action même. Au-delà elle redevient elle-même et revêt sa ceinture magique.}}
{{Réf Livre|page=141|référence=L'Amour fou/Gallimard-Folio}}

==== [[André Pieyre de Mandiargues]], ''La Marge'', 1967 ====
{{Citation|citation=Calle de Robador, n'est-ce pas rue du voleur que cela veut dire ? Ancienne et légendaire appellation, mais le voleur, ou plutôt le ravisseur, aujourd'hui c'est le noir sexe de la femme de plaisir, la plaie frisée, l'oeil velu dans l'angle bas du triangle isocèle, sorte de taureau inverse qui se fortifie des coups qu'il reçoit et qui d'être estoqué s'engraisse. A près d'un millier d'exemplaires, on le voit grouiller dans la rue et dans les ruelles adjacentes ; les morceaux charnus qui l'environnent, cuisses, croupe, ventre, gorge, le visage ailleurs adoré sous l'opulente chape de la chevelure, les tissus du vêtement plus ou moins indiscret, tout cela, dans Robador, n'a valeur et fonction que d'accessoire ; l'essentiel est l'oeil inférieur, dieu autant que bête et doublement rapace ; en regard, l'homme est un être de troupeau, dont le rôle est moins viril qu'alimentaire.}} 
{{Réf Livre|titre=La Marge|auteur=[[André Pieyre de Mandiargues]]|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1967|page=64|chapitre=II|ISBN=2-07-037294-4}}

==== [[Dominique Fernandez]], ''Porporino ou les mystères de Naples'', 1974 ====
{{citation|citation=<poem>— Hé ! Hé ! Je me demande si l'institution des castrats ne fut pas la réponse qu'inventa le génie italien pour éluder les prescriptions trop sévères du code d'honneur castillan. Il est remarquable que le premier castrat soit apparu après, seulement après l'implantation des Espagnols dans la péninsule, et que le royaume de Naples, où ils restèrent deux siècles et demi, sans compter le règne de Charles, ait acquis pour ainsi dire le monopole du recrutement et de la formation des dessus. Sans cette échappatoire, le brillant chérubin italien aurait fini comme le sombre don Juan, victime tragique de la monogamie et du culte de la puissance virile. L'Italie, et surtout le royaume de Naples, se trouvèrent soumis à un code de l'honneur pour lequel ils n'étaient pas du tout préparés. L'invention des castrats, et en général la diffusion de la mode des travestis sur la scène, furent une trouvaille spécifiquement napolitaine, une ruse de l'instinct populaire, une protestation contre les règles insurpportables de la morale castillane. En allant admirer des castrats, ou des femmes qui chantaient des rôles masculins, on prenait le droit, en quelque sorte, de s'attarder dans l'interdémination sexuelle, d'oublier les tâches de la maturité. Comment se rappeler qu'on avait le devoir d'être un homme, si ceux dont on applaudissait l'incomparable voix se trouvaient dispensés de cette obligation ! Un grand capitaine, un roi, un conquérant, César, Alexandre lui-même ! dépouillés de leur puissance virile tout en gardant leur pouvoir de séduction : quelle aubaine pour des gens dont la sensualité subtile, complexe et hésitante s'accommodait fort mal des prescriptions brutales d'un code sans nuances, qui était par surcroît celui des occupants.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Porporino ou les mystères de Naples|auteur=[[Dominique Fernandez]]|éditeur=Grasset|collection=Les Cahiers Rouges|année=1974|année d'origine=1974|page=426|section=Orphée|partie=III « Naples »|ISBN=978-2-246-01243-6}}

== Médias ==
=== Presse ===
====  [[Charles-Augustin Sainte-Beuve]], ''Causeries du lundi'', 1850 ====
{{citation|citation=Il avait en horreur et en mépris la fatuité et la frivolité si en vogue à cette date, ce ton de légèreté et de persiflage à la mode, que Gresset a pris sur le fait dans ''le Méchant''. On ne voit pas qu'il ait été occupé des femmes dans les années où il écrit, et le peu qu'il en dit nous montre un homme revenu : ''Les femmes ne peuvent comprendre, dit-il, qu'il y ait des hommes désintéressés à leur égard''.|précisions=Il est ici question de [[Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues|Vauvenargues]].}}
{{Réf Livre|titre=Les lumières et les salons — Anthologie établie et présentée par Pierre Berès|auteur=[[Charles-Augustin Sainte-Beuve]]|éditeur=Hermann (éditeurs des sciences et des arts)|collection=Collection savoir : lettres|année=1992|année d'origine=|page=164|partie=[[Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues|Vauvenargues]]|section=4 novembre 1850. ''Causeries du lundi'', t. III|ISBN=2-7056-6178-6}}

== Psychologie ==
=== [[Mary Esther Harding]], ''Les Mystères de la femme'', 1953 ===
{{citation|citation=[Le] principe féminin ou Éros se manifeste chez l'homme aussi bien que chez la femme. Mais alors que la personnalité consciente de la femme dépend de ce principe, ce n'est pas dans la conscience mais dans l'inconscient de l'homme que l'Eros se manifeste. Sa personnalité consciente étant masculine dépend de la loi masculine du Logos. Son inconscient, cependant, est porté de « l'autre côté ». Là, son âme, que l'humanité a toujours considérée comme étant féminine, commande. Cette âme féminine de l'homme est l'« anima ». La nature de cette anima et le rôle qu'elle joue à ses yeux déterminent la nature de ses rapports avec les femmes ainsi que ses liens intérieurs avec le domaine spirituel sur lequel règne cet anima.}}
{{Réf Livre|titre=Les Mystères de la femme|auteur=[[Mary Esther Harding]]|traducteur=Eveline Mahyère|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite Bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1953|page=56|chapitre=II. La lune, dispensatrice de fertilité|ISBN=2-228-89431-1}}

{{citation|citation=[Les hommes] cherchent [...] à prévenir le pouvoir redouté de la femme en la poussant à adopter envers eux une attitude maternelle [...]. Il ne se sentira pourtant pas tout à fait délivré de son appréhension car en considérant la femme comme une mère, il se transforme lui-même en enfant et risque ainsi de pâtir de son propre enfantillage. Dans ce cas, il peut être victime de sa propre faiblesse qui, une fois de plus, rend la femme maîtresse de la situation.}}
{{Réf Livre|titre=Les Mystères de la femme|auteur=[[Mary Esther Harding]]|traducteur=Eveline Mahyère|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite Bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1953|page=63|chapitre=II. La lune, dispensatrice de fertilité|ISBN=2-228-89431-1}}

{{citation|citation=<poem>[...] s'il en reste à un stade relativement infantile au lieu d'incorporer à sa propre psyché les qualités émotionnelles et sentimentales qui devraient lui être transmises par son anima, [l'homme] s'obstine à les chercher hors de lui-même dans leur projection sur une femme, ses rapports avec le principe féminin demeurent inconscients et lui, de ce fait, puéril.
Il pourra chercher tant qu'il voudra des femmes toujours plus jeunes, toujours plus idéalement belles, il restera insatisfait, peut-être même se révélera-t-il impuissant. Il espère encore trouver une satisfaction émotionnelle sous une forme qu'il aurait dû dépasser, il s'accroche vainement à des manières de sentir infantiles. Sa puérilité consiste à croire que la femme qui, pour le moment, lui tient lieu d'anima, comblera son besoin de satisfaction émotionnelles et sexuelles. Il s'attend à ce qu'elle lui donne l'amour dont il a besoin, au lieu de se rendre compte que chez un être adulte l'amour ne peut se libérer de l'engagement instinctuel primitif qu'après de longs efforts, répétés et conscients. Il espère que la vie lui donnera ce qu'il désire, qu'elle sera une mère pour lui. C'est cet espoir même, cependant, qui le prive de sa virilité. C'est selon les termes de l'ancien rite, une castration due à la mère.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Les Mystères de la femme|auteur=[[Mary Esther Harding]]|traducteur=Eveline Mahyère|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite Bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1953|page=297|chapitre=XIII. Le sacrifice du fils|ISBN=2-228-89431-1}}

[[Catégorie:Anthropologie]]
[[Catégorie:Polarité sexuelle]]
[[Catégorie:Humain]]

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