Revision 172522 of "Aile" on frwikiquote

{{Interprojet
|wikt=aile
|w=Aile}}
[[File:Draper Herbert James Mourning for Icarus.jpg|thumb|220px|<center>''Pleurs pour Icare'' — [[w:Herbert James Draper|Herbert James Draper]] (1898)</center>]]

L''''{{w|aile}}''' est un organe externe qui permet à de nombreuses espèces animales de voler.

== Littérature ==
=== Critique ===
==== Philippe Berthier, ''[[François-René de Chateaubriand|Chateaubriand]]'' — Europe n°775-776, 1993 ====
{{citation|citation=La métaphore ornithologique s'impose : encagé, l'écrivain envie les moineaux, qui fréquentent même les cours de prison et se posent avec autant d'insouciance sur la guillotine que sur le rosier ; avec une cruelle ironie, il salue les acquis de Juillet : « Comme nous sommes libres maintenant ! comme j'étais libre surtout à ma fenêtre, témoin ce bon gendarme en faction au bas de mon escalier et qui se préparait à me tirer au vol s'il m'eût poussé des ailes ! »|précisions=Il est ici question de [[François-René de Chateaubriand|Chateaubriand]] et de son incarcération.}}
{{Réf Article|titre=Les prisons du poète|auteur=Philippe Berthier|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=71|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}

=== Écrit intime ===
==== [[Paul Klee]], ''Journal'', 1957 ====
{{citation|citation=<poem>J'ai porté cette guerre en moi depuis longtemps. C'est pourquoi elle ne me concerne pas intérieurement.
Pour me dégager de mes ruines, il me fallait avoir des ailes. Et je volai.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Journal|auteur=[[Paul Klee]]|éditeur=Grasset|collection=Les Cahiers Rouges|année=1959|année d'origine=1957|page=329|section=Journal III|ISBN=978-2-246-27913-6}}

=== Nouvelle ===
==== [[Gérard de Nerval]], ''Les Filles du feu'', 1834 ====
''' Sylvie '''
{{citation|citation=Une surprise avait été arrangée par les ordonnateurs de la fête. A la fin du repas, on vit s'envoler du fond de la vaste corbeille un cygne sauvage, jusque-là captif sous les fleurs, qui de ses fortes ailes, soulevant des lacis de guirlandes et de couronnes, finit par les disperser de tous côtés. Pendant qu'il s'élançait joyeux vers les dernières lueurs du soleil, nous rattrapions au hasard les couronnes, dont chacun paraît aussitôt le front de sa voisine. J'eus le bonheur de saisir une des plus belles, et Sylvie souriante se laissa embrasser cette fois plus tendrement que l'autre.}}{{Réf Livre|titre=Les Filles du feu|auteur=[[Gérard de Nerval]]|éditeur=Maxi-Livres|collection=Maxi-Poche Classiques Français|année=1997|année d'origine=1834|page=118|partie=''Sylvie — Souvenir du valois''|section=IV. Un voyage à Cythère|ISBN=2-8771-4348-1}}

==== [[Vladimir Nabokov]], Le Mot, 1923 ====
{{citation|citation=Sur les nervures de ses ailes déployées étincelait une sorte de givre ; les ailes étaient grises, d'un gris d'une nuance indescriptible, et chaque plume se terminait par un croissant argenté.}}
{{Réf Article|titre=Le Mot|auteur=[[Vladimir Nabokov]]|publication=Le Magazine Littéraire|traducteur=Bernard Kreise|numéro=495|date=Mars 2010|page=11}}

==== [[André Pieyre de Mandiargues]], ''Le Musée noir'', 1924 ====
''' L'homme du parc Monceau '''
{{citation|citation=Devant l'homme, bourdonne une fontaine capricieuse, où, sur des rocailles d'argent qui montent plus haut que sa tête, une foule de petits insectes à trompes dégorgent mille filets d'eau colorée d'arc-en-ciel par les éclats de lumière que se renvoient leurs ailes frémissantes ; l'obscurité du fond et le manque de miroirs augmentent le brillant de ces automates, comme s'ils jouaient sur des rideaux de suie.}}
{{Réf Livre|titre=Le Musée noir|auteur=[[André Pieyre de Mandiargues]]|éditeur=Gallimard|Collection=L'Imaginaire|année=1946|page=136|section=L'homme du parc Monceau|ISBN=2-07-071990-1}}

''' Le tombeau d'Aubrey Beardsley '''
{{citation|citation=Il ne m'est jamais arrivé, je le regrette, de me trouver dans une campagne verdoyante au moment que s'y abat la nuée de sauterelles qui va la transformer en désert, mais je fais souvent d'étranges rêveries, après avoir lu la description de cela dans les récits des voyageurs, quand il me tombe devant les pieds un de ces petits monstres beiges, repliant sous des ailes neutres les drapeaux de pourpre qui ont soutenu son vol laborieux, quand je pense aussi qu'il y a dans les eaux de certaines rivières de l'Amérique tropicale des myriades de poissons bouchers, menus et brillants comme des dent en liberté, qui dépècent à la minute le cheval qu'on y aventure prudemment avant de tenter le passage.}}
{{Réf Livre|titre=Le Musée noir|auteur=[[André Pieyre de Mandiargues]]|éditeur=Gallimard|Collection=L'Imaginaire|année=1946|page=222|section=Le tombeau d'Aubrey Beardsley|ISBN=2-07-071990-1}}

{{citation|citation=L'un des derniers à entrer au bassin fut le vidame des Moulineaux, provoqué en combat singulier par Rhéa d'Antony qui mit son point d'honneur à ne le terrasser que d'oeillades, grâce au seul appui d'un miroir à main qu'elle faisait aller sans cesse au-dessus et à côté de son visage très pâle, pour en rabattre sur l'ennemi les expressions sévères avec tous les feux inexorables de ses prunelles couleur d'aile de martinet. Un bond du vidame, qui s'escrimait avec beaucoup d'agilité d'un couteau à fruit, porta cette arme assez haut pour trancher du coup l'épaulette d'une robe dont la soie touffue est froncée ressemblait à la mousse bleu argent qui s'attache aux troncs des bouleaux ; ainsi qu'une écorce qu'on déchire s'écroula le lourd tissu, et le sein de la comtesse se montra à tous les regards, plus large, plus blanc sous sa pointe faiblement rosée qu'un bouclier de sucre candi, tandis que le miroir, dextrement incliné, en jetait aux yeux du chétif personnage les reflets médusants. Celui-ci n'y put résister, et les géantes le lancèrent évanoui dans la fosse où l'attendaient tous ses pareils.}}
{{Réf Livre|titre=Le Musée noir|auteur=[[André Pieyre de Mandiargues]]|éditeur=Gallimard|Collection=L'Imaginaire|année=1946|page=240|section=Le tombeau d'Aubrey Beardsley|ISBN=2-07-071990-1}}

=== Prose poétique ===
==== [[André Breton]]/[[Philippe Soupault]], ''[[Les Champs Magnétiques]]'', 1919 ====
{{citation|citation=Un jour, on verra deux grandes ailes obscurcir le ciel et il suffira de se laisser étouffer dans l'odeur musquée de partout.|précisions=Cette citation provient d'une revue dirigée par [[André Breton]].}}
{{Réf Article|titre=''[[Les Champs Magnétiques]]'' partie I La Glace sans tain|auteur=[[André Breton]]/[[Philippe Soupault]]|publication=Littérature|numéro=8|date=Octobre 1919|page=9}}

==== [[André Breton]], ''Poisson soluble'', 1924 ====
{{Citation|citation=La prostituée commence son chant plus détourné qu'un ruisseau frais au pays de l'Aile clouée mais ce n'est malgré tout qu'absence.}} 
{{Réf Livre|titre=Poisson soluble|auteur=[[André Breton]]|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1996|année d'origine=1924|page=39|partie=4|ISBN=2-07-032917-8}}

{{Citation|citation=Enfin, la politique, fort sacrifié à ce qu'il me semble, tend surtout à régler les bons échanges entre hommes de différents métaux, au premier rang desquels arrivent les hommes de calcium. Dans le compte rendu des séances à la chambre, simple comme un procès-verbal de chimie, on s'est montré plus que partial : c'est ainsi que les mouvements d'ailes n'ont pas été enregistrés.}} 
{{Réf Livre|titre=Poisson soluble|auteur=[[André Breton]]|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1996|année d'origine=1924|page=43|partie=6|ISBN=2-07-032917-8}}

{{Citation|citation=Phosphorescente comme elle l'était, je ne pouvais songer à l'embarquer, les autres bagages eussent appelé à leur secours les mousses et peut-être même ces sauterelles de mer dont le trajet sous l'eau est rigoureusement égal au trajet dans l'air et dont les ailes pétillent lorsqu'on les prend dans la main.}} 
{{Réf Livre|titre=Poisson soluble|auteur=[[André Breton]]|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1996|année d'origine=1924|page=56|partie=10|ISBN=2-07-032917-8}}

{{Citation|citation=LUCIE : [...] Mes amis il est temps de descendre ; ceci n'était qu'une séance de voltige et là-bas j'aperçois, derrière la cinquième rangée de spectateurs, une femme très pâle qui s'adonne à la prostitution. L'étrange est que cette créature a des ailes.}} 
{{Réf Livre|titre=Poisson soluble|auteur=[[André Breton]]|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1996|année d'origine=1924|page=117|partie=31|ISBN=2-07-032917-8}}

==== [[Paul Eluard]] , ''Capitale de la douleur'', 1926 ====
''' André Masson '''
{{Citation|citation=La cruauté se noue et la douceur agile se dénoue. L'amant des ailes prend des visages bien clos, les flammes de la terre s'évadent par les seins et le jasmin des mains s'ouvre sur une étoile.}} 
{{Réf Livre|titre=Capitale de la douleur ''suivi ''de L'amour la poésie|auteur=[[Paul Eluard]]|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1966|année d'origine=1926|page=105|partie=Nouveaux poèmes|section=André Masson|ISBN=978-2-07-030095-2}}

''' Revenir dans une ville '''
{{Citation|citation=Voir le silence, lui donner un baiser sur les lèvres et les toits de la ville seront de beaux oiseaux mélancoliques, aux ailes décharnées.}} 
{{Réf Livre|titre=Capitale de la douleur ''suivi ''de L'amour la poésie|auteur=[[Paul Eluard]]|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1966|année d'origine=1926|page=123|partie=Nouveaux poèmes|section=Revenir dans une ville|ISBN=978-2-07-030095-2}}

''' Arp '''
{{Citation|citation=Tourne sans reflets aux courbes sans sourires des ombres à moustaches, enregistre les murmures de la vitesse, la terreur minuscule, cherche sous des cendres froides les plus petits oiseaux, ceux qui ne ferment jamais leurs ailes, résiste au vent.}} 
{{Réf Livre|titre=Capitale de la douleur ''suivi ''de L'amour la poésie|auteur=[[Paul Eluard]]|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1966|année d'origine=1926|page=128|partie=Nouveaux poèmes|section=Arp|ISBN=978-2-07-030095-2}}

==== [[Robert Desnos]], ''La liberté ou l'amour !'', 1927 ====
{{citation|citation=Ma plume est une aile et sans cesse, soutenu par elle et par son ombre projetée sur le papier, chaque mot se précipite vers la catastrophe ou vers l’apothéose.}}
{{Réf Livre|titre=La liberté ou l'amour !|auteur=[[Robert Desnos]]|éditeur=Gallimard|collection=L'Imaginaire|année=1962|année d'origine=1927|page=47|section=IV. La brigade des jeux|ISBN=978-2-07-027695-0}}

{{citation|citation=Qu’ils me font rire ceux qui prétendent faire autre chose dans cette tempête que des gestes désespérés de moulins à vent, des contorsions de cerfs-volants, des mouvements arbitraires d’ailes, ceux qui se prétendent timonniers capables d’aller au port, ceux pour qui doute n’est pas synonyme d’inquiétude, ceux qui sourient finement !}}
{{Réf Livre|titre=La liberté ou l'amour !|auteur=[[Robert Desnos]]|éditeur=Gallimard|collection=L'Imaginaire|année=1962|année d'origine=1927|page=64|section=VI. Pamphlet contre la mort|ISBN=978-2-07-027695-0}}

{{citation|citation=<poem>— Semelle ? Semaine ? le temps et l’espace. Tout rapport entre eux est celui de la haine et des ailes. 
— L’oseille est en effet un mets de choix, un mets de roi. 
— Mois, déchet. 
— Mot à mot, tome à tome, motte à motte, ainsi va la vie.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=La liberté ou l'amour !|auteur=[[Robert Desnos]]|éditeur=Gallimard|collection=L'Imaginaire|année=1962|année d'origine=1927|page=70|section=VII. Révélation du monde|ISBN=978-2-07-027695-0}}

{{citation|citation=Les gazogènes sont emplis du bourdonnement de plusieurs milliards de papillons qui attendent en battant des ailes le moment d’être livrés à la consommation. Le ciel d’encre et de buvard pèse sur ce tableau.}}
{{Réf Livre|titre=La liberté ou l'amour !|auteur=[[Robert Desnos]]|éditeur=Gallimard|collection=L'Imaginaire|année=1962|année d'origine=1927|page=82|section=VII. Révélation du monde|ISBN=978-2-07-027695-0}}

==== [[René Char]], ''Fureur et mystère'', 1948 ====
''' Vivre avec de tels hommes '''
{{citation|citation=On tuait de si près que le monde s'est voulu meilleur. Brumaire de mon âme jamais escaladé, qui fait feu dans la bergerie déserte ? Ce n'est plus la volonté elliptique de la scrupuleuse solitude. Aile double des cris d'un million de crimes se levant soudain dans des yeux jadis négligents, montrez-nous vos desseins et cette large abdication du remords !}}
{{Réf Livre|titre=Fureur et mystère|auteur=[[René Char]]|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1962|année d'origine=1948|page=45|partie=SEULS DEMEURENT (1938-1944)|section=Vivre avec de tels hommes|ISBN=2-07-030065-X}}

==== [[Octavio Paz]], ''Liberté sur parole'', 1958 ====
''' Travaux du poète '''
{{Citation|citation=L'encre noire ouvre ses larges ailes. Mais la lampe éclate et couvre mes mots d'une couche de cristaux brisés.}} 
{{Réf Livre|titre=Liberté sur parole|auteur=[[Octavio Paz]]|traducteur=Jean-Clarence Lambert|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1966|année d'origine=1958|page=51|partie=II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950)|section=''Travaux du poète'' — VI|ISBN=2-07-031789-7}}

{{Citation|citation=Je collectionne des troupeaux que je soumets à un régime de pension, de caserne, de manège, de couvent. J'adule les instincts, je coupe et recoupe les tendances et les ailes. Je rends pointu ce qui est rond, épineux ce qui est mou, j'amollis les os, j'ossifie les viscères. Je mets des digues aux inclinations naturelles. Et ainsi je crée des êtres gracieux et éphémères.}} 
{{Réf Livre|titre=Liberté sur parole|auteur=[[Octavio Paz]]|traducteur=Jean-Clarence Lambert|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1966|année d'origine=1958|page=54|partie=II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950)|section=''Travaux du poète'' — VIII|ISBN=2-07-031789-7}}

{{Citation|citation=Parfois une lueur vivace croise l'obscurité, un coup d'aile vert, écaillé. C'est le Cri, qui sort un moment dans l'air, respire et plonge à nouveau dans les profondeurs.}} 
{{Réf Livre|titre=Liberté sur parole|auteur=[[Octavio Paz]]|traducteur=Jean-Clarence Lambert|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1966|année d'origine=1958|page=56|partie=II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950)|section=''Travaux du poète'' — X|ISBN=2-07-031789-7}}

''' Issue '''
{{Citation|citation=Dans un ciel d'intérieur d'oeil, nous déployons nos ailes, aigle bicéphale, comète à la queue de diamant et de plainte. Brûle, candélabre à huit bras, arbre vivant qui chante, racines enlacées, branches entretissées, cime où crient des oiseaux de corail et de braise.}} 
{{Réf Livre|titre=Liberté sur parole|auteur=[[Octavio Paz]]|traducteur=Jean-Clarence Lambert|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1966|année d'origine=1958|page=85|partie=II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950)|section=Aigle ou Soleil ? — ''Issue''|ISBN=2-07-031789-7}}

''' Note risquée '''
{{Citation|citation=Note sereine, qui avances par un pays de neige et d'ailes, entre des précipices et des cimes où les astres aiguisent leurs couteaux, et que seul accompagne un murmure grave de traîne veloutée — où te diriges-tu ?}} 
{{Réf Livre|titre=Liberté sur parole|auteur=[[Octavio Paz]]|traducteur=Jean-Clarence Lambert|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1966|année d'origine=1958|page=96|partie=II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950)|section=Aigle ou Soleil ? — ''Note risquée''|ISBN=2-07-031789-7}}

''' Vallée de Mexico '''
{{Citation|citation=Je suis l'espace pur, le champ de bataille. A travers mon corps, je vois mon autre corps. La pierre scintille. Le soleil m'arrache les yeux. Dans mes orbites vides, deux astres lissent leurs plumes rouges. Splendeur, spirale d'ailes, bec féroce. Et maintenant, mes yeux chantent. Penche-toi sur leur chant, jette-toi dans le bûcher.}} 
{{Réf Livre|titre=Liberté sur parole|auteur=[[Octavio Paz]]|traducteur=Jean-Clarence Lambert|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1966|année d'origine=1958|page=107|partie=II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950)|section=Aigle ou Soleil ? — ''Vallée de Mexico''|ISBN=2-07-031789-7}}

''' L'assiégé '''
{{Citation|citation=De mon oeil naît un oiseau, la vigne s'enroule à ma cheville, il y a une ruche à l'intérieur de mon oreille droite ; je mûris, je tombe avec un bruit mat de fruit, la lumière me picore, je me lève avec le vent, j'écarte les feuilles obstinées. Des armées d'ailes traversent l'espace. Non, je ne cède pas. Je n'en ai pas encore fini avec moi.}} 
{{Réf Livre|titre=Liberté sur parole|auteur=[[Octavio Paz]]|traducteur=Jean-Clarence Lambert|éditeur=Gallimard|collection=Poésie|année=1966|année d'origine=1958|page=109|partie=II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950)|section=Aigle ou Soleil ? — ''L'assiégé''|ISBN=2-07-031789-7}}

==== [[Joyce Mansour]], ''Dolman le maléfique'', 1961 ====
{{citation|citation=Avant le lever du jour Dolman arrachait ses yeux de leurs orbites et, tels des oiseaux de proie, ils s'élançaient vers l'inconnu. Indiscrets, destructeurs, tout ce qu'ils touchaient malicieusement du bec ou de l'aile leur appartenait pleinement pendant un long moment de paralysie ; ainsi Dolman connaissait la douleur aiguë ressentie par le vieil arbre secoué par le vent, il savait comment trouver le point sensible des rochers arthritiques et, chose incroyable, il éprouvait, rien qu'en la regardant, la douce sensation de velours que ressent une cuisse féminine quand sa compagne la caresse en marchant.}}{{Réf Article|titre=Dolman le maléfique|auteur=[[Joyce Mansour]]|publication=La Brèche|numéro=1|date=Octobre 1961|page=46}}

=== Roman ===
==== [[Alexandre Dumas]], ''Le Capitaine Pamphile'', 1839 ====
{{Citation|citation=Le capitaine Pamphile, en passant à la hauteur du cap des Palmes, en vue de la Guinée supérieure, avait attrapé dans sa chambre un magnifique papillon, véritable fleur volante des tropiques, aux ailes diaprées et étincelantes comme la gorge d'un colibri. Le capitaine, ainsi que nous l'avons vu, ne négligeait rien de ce qui pouvait avoir une valeur quelconque à son retour en Europe ; en conséquence, il avait pris son hôte imprudent avec les plus grandes précautions, afin de ne point miroiter le velours de ses ailes, et l'avait cloué avec une épingle contre le lambris de l'appartement. Il n'y a pas un de vous qui n'ait vu l'agonie d'un papillon, et qui, entraîné par le désir de conserver, dans une boîte ou sous un verre, ce gracieux enfant de l'été, n'ait étouffé sous ce désir la sensibilité de son coeur.}} 
{{Réf Livre|titre=Le Capitaine Pamphile|auteur=[[Alexandre Dumas]]|éditeur=Gallimard|collection=Folio classique|année=2003|année d'origine=1839|page=101|section=VII. ''Comment Tom embrassa la fille de la portière, qui montait de la crème, et quelle décision fut prise à l'égard de cet événement''|ISBN=978-2-07-042652-2}}

==== [[Alexandre Dumas]], ''Le Bagnard de l'Opéra'', 1868 ====
{{Citation|citation=<poem>Il est vrai que la nuit, quand je pouvais prendre sur moi de fermer mes volets aux rayons tentateurs de la lune ; quand je pouvais détourner mes regards de ce ciel tout scintillant d'étoiles ; quand je pouvais m'isoler avec ma propre pensée, je ressaisissais quelque empire sur moi-même. Mais, comme un miroir, mon esprit avait conservé un reflet de ses préoccupations de la journée, et, comme je l'ai dit, ce n'étaient plus des créatures humaines avec leurs passions terrestres qui m'apparaissaient, c'étaient de beaux anges qui, à l'ordre de Dieu, traversaient d'un coup d'aile ces espaces infinis ; c'étaient des démons proscrits et railleurs, qui, assis sur quelque roche nue, menaçaient la terre ; c'était enfin une oeuvre comme ''La Divine Comédie'', comme le ''Paradis perdu'' ou comme ''Faust'', qui demandait à éclore, et non plus une composition comme ''Angèle'' ou comme ''Antony''.
Malheureusement je n'étais ni [[Dante Alighieri|Dante]], ni Milton, ni [[Johann Wolfgang von Goethe|Goethe]].</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Le Bagnard de l'Opéra|auteur=[[Alexandre Dumas]]|éditeur=Magnard|collection=Classiques & Contemporains|année=2001|année d'origine=1868|page=10|section=1. Le forçat|ISBN=978-2-210-75424-9}}

==== [[Gabriele D'Annunzio]], ''Le Feu'', 1900 ====
{{Citation|citation=Vous-même, Perdita, ne vous plaisez-vous pas à cultiver dans votre jardin ce grenadier, ce bel arbuste « effrénien », pour me voir fleurir et fructifier chaque été ? Une de vos lettres, vraiment ailée comme une messagère divine, me décrivait la cérémonie gracieuse où vous l’avez orné de colliers, le jour même où vous reçûtes le premier exemplaire de ''Perséphone''. Donc, pour vous et pour ceux qui m’aiment, j’ai véritablement renouvelé un mythe ancien lorsque, d’une manière idéale, je me suis assimilé à une forme de la Nature éternelle. C’est pourquoi, quand je serai mort (et puisse la nature m’accorder de me manifester tout entier dans mon œuvre avant que je meure !), mes disciples m’honoreront sous l’espèce de cet arbuste ; et, dans l’acuité de la feuille, dans la flamme de la fleur et dans le trésor interne du fruit couronné, ils voudront reconnaître certaines qualités de mon art ; et, par cette feuille, par cette fleur et par ce fruit, comme par autant d’enseignements posthumes du maître, leurs esprits, dans les œuvres mêmes, seront amenés à cette acuité, à cette flamme et à cette opulence enclose.}} 
{{Réf Livre|titre=Le Feu|auteur=[[Gabriele D'Annunzio]]|éditeur=La Revue de Paris|Traducteur=Georges Hérelle|année=1900|page=13|chapitre=I. L'épiphanie du feu}}

==== [[Colette]], ''La Maison de Claudine'', 1922 ====
{{Citation|citation=Ma mère renversait la tête vers les nuées, comme si elle eût attendu qu’un vol d’enfants ailés s’abattît. Au bout d’un moment, elle jetait le même cri, puis se lassait d’interroger le ciel, cassait de l’ongle le grelot sec d’un pavot, grattait un rosier emperlé de pucerons verts, cachait dans sa poche les premières noix, hochait le front en songeant aux enfants disparus, et rentrait. Cependant au-dessus d’elle, parmi le feuillage du noyer, brillait le visage triangulaire et penché d’un enfant allongé, comme un matou, sur une grosse branche, et qui se taisait. Une mère moins myope eût-elle deviné, dans les révérences précipitées qu’échangeaient les cimes jumelles des deux sapins, une impulsion étrangère à celle des brusques bourrasques d’octobre… Et dans la lucarne carrée, au-dessous de la poulie à fourrage, n’eût-elle pas aperçu, en clignant les yeux, ces deux taches pâles dans le foin: le visage d’un jeune garçon et son livre ? Mais elle avait renoncé à nous découvrir, et désespéré de nous atteindre.}} 
{{Réf Livre|titre=La Maison de Claudine|auteur=[[Colette]]|éditeur=Imprimerie Moderne de Nantes|collection=Super-Bibliothèque|année=1976|année d'origine=1922|page=11|section=Où sont les enfants ?|ISBN=2-261-00093-6}}

==== [[Colette]], ''Le Blé en herbe'', 1923 ====
{{Citation|citation=<poem>Une main blanche plongea trois doigts dans le verre et les retira aussitôt. Le feu d'un diamant brilla, reflété dans le cube de glace que serraient les trois doigts. La gorge serrée, Philippe but, en fermant les yeux, deux petites gorgées, dont il ne perçut même pas le goût d'orange acide ; mais quand il releva les paupières, ses yeux habitués discernèrent le rouge et le blanc d'une tenture, le noir et l'or assourdi des rideaux. Une femme, qu'il n'avait pas vue, disparut, emportant un plateau tintant. Un ara rouge et bleu, sur son perchoir, ouvrit son aile avec un bruit d'éventail, pour montrer son aisselle couleur de chair émue...
— Il est beau, dit Phil d'une voix enrouée.
— D'autant plus beau qu'il est muet, dit Mme Dalleray.
Elle s'était assise assez loin de Philippe, et la fumée verticale d'un parfum qui brûlait, répandant hors d'une coupe l'odeur de la résine et du géranium, montait entre eux. Philippe croisa l'une sur l'autre ses jambes nues, et la Dame en blanc sourit, pour accroître la sensation de somptueux cauchemar, d'arrestation arbitraire, d'enlèvement équivoque qui ôtait à Philippe tout son sang-froid.</poem>}} 
{{Réf Livre|titre=Le Blé en herbe|auteur=[[Colette]]|éditeur=Flammarion|année=2004|année d'origine=1923|page=54|ISBN=2-08-06-8641-1}}

==== [[André Breton]], ''[[w:L'Amour fou|L'Amour fou]]'', [[w:1937 en littérature|1937]] ====
{{citation|Dans la mesure même où j'ai pu m'abandonner durant plusieurs jours à l'idée ''a priori'' purement séduisante que je puis être en quelque sorte attendu, voire cherché, par un être auquel je prête tant de charmes, le fait que cette idée vient de se découvrir des bases réelles ne peut manquer de me précipiter dans un abîme de négations. De quoi suis-je capable en fin de compte et que ferai-je pour ne pas démériter d'un tel sort ? Je vais devant moi mécaniquement, dans un grand bruit de grilles qu'on ferme. Aimer, retrouver la grâce perdue du premier instant où l'on aime... Toutes sortes de défenses se peignent autour de moi, des rires clairs fusent des années passées pour finir en sanglots, sous les grands battements d'ailes grises d'une nuit peu sûre de printemps. Peu sûre : c'est bien, en effet, toute l'insécurité qui est en moi dès que, cette nuit-là, je me reprends à lire dans l'avenir ce qui pourrait, ce qui devrait être si le coeur ''disposait''. La liberté à l'égard des autres êtres, la liberté à l'égard de celui qu'on a été semble ne se faire alors si tentante que pour mieux m'accabler de ses défis.}}
{{Réf Livre|page=66|référence=L'Amour fou/Gallimard-Folio}}

==== [[Virginia Woolf]], ''Les Vagues'', 1952 ====
{{citation|citation=Pourquoi, comme Louis, réclamer une explication, ou s'enfuir comme Rhoda vers un bosquet lointain et écarter les feuilles de laurier et y chercher des statues ? On dit qu'il faut battre des ailes contre la tempête parce qu'on croit qu'au-delà de cette confusion le soleil brille ; que le soleil tombe dru sur les étangs emplumés de saules.}}
{{Réf Livre|titre= Les Vagues|auteur= [[Virginia Woolf]]|éditeur= Gallimard|Collection= Folio classique|traducteur=Michel Cusin|année=2012|année d'origine=1931|page=255|ISBN=978-2-07-044168-6}}

== Psychologie ==
=== [[Paul-Claude Racamier]], ''Les Schizophrènes'', 1980 ===
''' Préambule et divertimento '''
{{Citation|citation=<poem>''Une fois la tête de Méduse tranchée, une fois tranché le paradoxe, deux flots de sang jaillirent du cou de la Gorgone. Deux flots : la dissolution du paradoxe libère les courants pulsionnels associés qui fondent l'ambivalence. Persée recueille ces deux flots de sang, dont l'un, senestre, était un poison mortel, et l'autre au contraire guérissait les malades et ressuscitait les morts.''
''D'entre ces flots conjoints naquirent Pégase et Chrysaor, les enfants que portait Méduse et qu'elle n'avait pas laissé naître. Chrysaor, qui devait plus tard engendrer un monstre à trois têtes, vient au jour armé d'une épée d'or. Pégase avec ses ailes comme Éros, et Chrysaor avec son épée ; ainsi se personnifient les représentations libidinales et agressives. Ces représentations, l'écheveau du paradoxe les enfermait, la dissolution du paradoxe les remet en circulation.''</poem>}} 
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=[[Paul-Claude Racamier]]|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=33|partie=Préambule et divertimento|chapitre=|section=Persée en paradoxie|ISBN=978-2-228-89427-2}}

== Sciences ==
==== [[Edward Lorenz]], conférence à l'''American Association for the Advancement of Science'', 1972 ====
{{citation|citation=Le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ?}}
{{Réf Livre|titre=Le battement d'ailes de papillon au Brésil peut-il déclencher une tornade au Texas ?|auteur=[[Edward Lorenz|Edward N. Lorenz]]|page=42-45|éditeur=Alliage|année=1993|section=22.Traduction française du texte de la conférence de 1972, publié (en anglais) dans  : ''The essence of chaos'', The Jessie and John Danz Lecture Series, University of Washington Press (1993)}}

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