Revision 172558 of "Bourgeoisie" on frwikiquoteLa '''{{w|bourgeoisie}}''' désigne communément l'ensemble des bourgeois, des personnes qui n'exercent pas un travail manuel et dont les revenus sont relativement élevés et réguliers.
== Enseignement ==
=== Cours de littérature européenne ===
==== [[Vladimir Nabokov]], ''Littératures'', 1941-1958 ====
{{citation|citation=La bourgeoisie, pour [[Gustave Flaubert|Flaubert]], est un état d'esprit, pas un état de finances. Dans une célèbre scène de notre livre, où l'on voit une vieille femme, qui a travaillé dur toute sa vie, recevoir une médaille, pour avoir trimé comme une esclave pour son fermier-patron, sous le regard béat d'un aéropage de bourgeois épanouis, faites-y bien attention, il y a philistinisme des deux côtés, politiciens épanouis et vieille paysanne superstitieuse sont également bourgeois au sens flaubertien du terme.}}
{{Réf Livre|titre=Littératures|auteur=[[Vladimir Nabokov]]|éditeur=Robert Laffont|traducteur=Hélène Pasquier|année=2010|année d'origine=1980|page=193|collection=Bouquins|partie=Littératures I|section=[[Gustave Flaubert]] (1821-1880) — Madame Bovary (1856)}}
{{citation|citation=<poem>Je me sers du terme « bourgeois » au sens où l'entend [[Gustave Flaubert|Flaubert]], et non [[Karl Marx|Marx]]. Pour Flaubert, « bourgeois » qualifie un état d'esprit et non l'état du portefeuille. Un bourgeois est un philistin suffisant, un vulgaire sentencieux.
On aura peu de chance de rencontrer un philistin dans une société très primitive, quoique, même là, on puisse certainement trouver des rudiments de philistinisme. Nous pouvons imaginer, par exemple, un cannibale qui préférerait que la tête humaine qu'il mange soit colorée avec art, tout comme le philistin américain préfère ses oranges orange, son saumon rose et son whisky jaune. Mais en général, le philistinisme présume un état de civilisation avancé dans lequel, au cours de siècles, certains traditions se sont accumulées au point d'empester.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Littératures|auteur=[[Vladimir Nabokov]]|éditeur=Robert Laffont|traducteur=Marie-Odile Fortier-Masek|année=2010|année d'origine=1980|page=891|collection=Bouquins|partie=Littératures II|Des philistins et du philistinisme}}
{{citation|citation=L'authentique, l'innocent, le bon, n'est jamais ''pochlost''. On peut affirmer qu'un homme simple et non civilisé est rarement, sinon jamais, un ''pochlost'', car le « pochlisme » sous-entend le vernis de la civilisation.}}
{{Réf Livre|titre=Littératures|auteur=[[Vladimir Nabokov]]|éditeur=Robert Laffont|traducteur=Marie-Odile Fortier-Masek|année=2010|année d'origine=1980|page=896|collection=Bouquins|partie=Littératures II|Des philistins et du philistinisme}}
{{citation|citation=La Russie d'aujourd'hui, pays d'honnêtes abrutis, d'esclaves souriants et de tyrans impassibles, a cessé de remarquer le « pochlisme » de son propre cru, mélange de despotisme et de pseudo-culture ; autrefois, un Gogol, un [[Léon Tolstoï|Tolstoï]], un Tchekhov en quête d'une vérité simple distinguaient sans peine le côté vulgaire des choses et n'étaient pas dupes des systèmes frelatés de pseudo-pensée. Mais on trouve des « pochlistes » partout, dans tous les pays, en Amérique aussi bien qu'en Europe – d'ailleurs, le « pochlisme » est plus courant en Europe qu'aux États-Unis, malgré la publicité américaine.}}
{{Réf Livre|titre=Littératures|auteur=[[Vladimir Nabokov]]|éditeur=Robert Laffont|traducteur=Marie-Odile Fortier-Masek|année=2010|année d'origine=1980|page=896|collection=Bouquins|partie=Littératures II|Des philistins et du philistinisme}}
=== Cours d'histoire philosophique de la pensée ===
==== [[Michel Foucault]], « ''Il faut défendre la société'' » — Cours au Collège de France, 1976 ====
{{citation|citation=La bourgeoisie ne s'intéresse pas aux fous ; la bourgeoisie ne s'intéresse pas à la sexualité de l'enfant, mais au système de pouvoir qui contrôle la sexualité de l'enfant. La bourgeoisie se moque totalement des délinquants, de leur punition ou de leur réinsertion, qui n'a économiquement pas beaucoup d'intérêt. En revanche, de l'ensemble des mécanismes par lesquels le délinquant est contrôlé, suivi, puni, réformé, il se dégage, pour la bourgeoisie, un intérêt qui fonctionne à l'intérieur du système économico-politique général.}}
{{Réf Livre|titre=« Il faut défendre la société » — Cours au Collège de France|auteur=[[Michel Foucault]]|éditeur=Gallimard Le Seuil|collection=Hautes Etudes|année=1997|page=30|section=Cours du 14 janvier 1976 |ISBN=978-2-02-023169-5}}
== Littérature ==
=== Critique ===
==== Cécile Guilbert, ''Les ruses du professeur Nabokov'', 2010 ====
{{citation|citation=Philistin ? L'homme qui vit à travers tout ce qui est général, social, familial, grégaire : partis politiques, écoles de pensées, mouvements artistiques, communautés. Synonyme de « bourgeois » ou « comme il faut », le philistin peuple également la mauvaise planète où prolifèrent les « ismes » de tous les grégarismes et de tous les suivismes : journalisme, sociologisme, naturalisme, académisme, réalisme, symbolisme, etc. Par définition majoritaire, traversant tous les peuples, toutes les classes sociales et tous les régimes politiques, le philistin est l'homme des lieux communs, des généralités, de stéréotypes de pensée et d'un langage où ne prédominent pas seulement les slogans politiques ou publicitaires, mais ce bas idiome communicationnel de tout un chacun, langue de bois à la base « d'expresions toutes faites, de clichés, de banalités exprimés par des mots usés ». Un équivalent russe du contenu du philistinisme est inclus dans le fameux ''pochlost'' qui sert à [[Vladimir Nabokov|Nabokov]] de « scie critique », vaste concept impliquant les notions de « médiocre, trompe-l'oeil, banal, fade, ampoulé, de mauvais goût », mais aussi d'« inférieur, trivial, camelote, bas, toc, pacotille », et qui finira par désigner pour lui tout ce qui est « faussement important, faussement beau, faussement intelligent, faussement attrayant ».|précisions=Point de vue de [[Vladimir Nabokov]] sur le philistinisme.}}
{{Réf Livre|titre=Littératures|auteur=[[Vladimir Nabokov]]|éditeur=Robert Laffont|année=2010|année d'origine=1980|page=XIX|collection=Bouquins|partie=|section=Préface de Cécile Guilbert — Les ruses du professeur Nabokov}}
{{citation|citation=Symétriques et identiquement contaminés par la morne règle : les mauvais lecteurs qui lisent n'importe quoi sans rien savoir juger ni hiérarchiser, pollués par la mode, le mauvais goût, le conformisme social. « Un philistin ne connaît rien à l'art ni à la littérature, dit [[Vladimir Nabokov|Nabokov]]. D'ailleurs il s'en moque. Par nature il est ''anti-artistique'' mais il veut se tenir au courant et il a appris à lire des revues. »|précisions=Point de vue de [[Vladimir Nabokov]] sur le philistinisme.}}
{{Réf Livre|titre=Littératures|auteur=[[Vladimir Nabokov]]|éditeur=Robert Laffont|année=2010|année d'origine=1980|page=XX|collection=Bouquins|partie=|section=Préface de Cécile Guilbert — Les ruses du professeur Nabokov}}
{{citation|citation=Le sel de l'histoire, bien sûr, c'est que toutes ces virulentes paroles sont prononcées devant un auditoire dont [[Vladimir Nabokov|Nabokov]] ne doute pas une seconde qu'il appartient majoritairement au camp de la règle : spécimen de l' ''homo americanus'' abreuvés de stéréotypes et de slogans, esprits petits-bourgeois à qui il aime répéter que « Ph.D. » (doctorat) signifie « département de philistins », et dont il s'échine, quelques heures par semaine, à décrotter la tête, ouvrir les yeux, réveiller l'esprit critique. « Mon problème, attaque-t-il en piqué dans son cours sur [[Fedor Dostoïevski|Dostoïevski]], est que les lecteurs auxquels je m'adresse dans ces cours ou dans d'autres ne sont pas tous avertis. Je dirais qu'un bon tiers d'entre eux ignorent la différence entre la vraie et la pseudo-littérature, et que les oeuvres de Dostoïevski peuvent leur sembler plus importantes et d'un art plus achevé que nos ineptes romans historiques américains ou des fadaises telle que ''Tant qu'il y aura des hommes''... »|précisions=Cécile Guilbert préfaçant la réédition de 2010 des cours de littérature européenne de [[Vladimir Nabokov]], professés entre 1941 et 1958 dans plusieurs universités américaines et réunis sous le titre ''Littératures''.}}
{{Réf Livre|titre=Littératures|auteur=[[Vladimir Nabokov]]|éditeur=Robert Laffont|année=2010|année d'origine=1980|page=XXI|collection=Bouquins|partie=|section=Préface de Cécile Guilbert — Les ruses du professeur Nabokov}}
=== Écrit intime ===
==== [[Paul Klee]], ''Journal'', 1957 ====
{{citation|citation=<poem>Je rêvai que j'assommais un jeune homme et que je traitais le mourant de songe. L'homme s'en montrait indigné, n'était-il pas sur le point de rendre l'âme ? Tant pis pour lui, répliquai-je, puisqu'il ne saurait plus évoluer !
Malheur à la bourgeoisie engraissée !</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Journal|auteur=[[Paul Klee]]|éditeur=Grasset|collection=Les Cahiers Rouges|année=1959|année d'origine=1957|page=217|section=Journal III|ISBN=978-2-246-27913-6}}
==== [[Salvador Dali]], ''Les moustaches radar'', 1964 ====
{{citation|Nous entrons dans l'ère de la grande peinture. Quelque chose s'est achevé en 1954 avec la mort de ce peintre d'algue tout juste bon à favoriser la digestion bourgeoise, je veux dire Henri Matisse, peintre de la révolution de 1789.}}
{{Réf Livre|titre=Les moustaches radar|auteur=Salvador Dali|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=2008|page=31-32|ISBN=9782070317004|année d'origine=1964}}
=== Essai ===
==== [[Léon Bloy]], ''Éxégèse des lieux communs'', 1902 ====
{{citation|citation=Obtenir enfin le mutisme du Bourgeois, quel rêve !}}
{{Réf Livre|titre=Éxégèse des lieux communs|auteur=[[Léon Bloy]]|éditeur=Rivages|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque|année=2005|page=9}}
{{citation|citation=Le vrai Bourgeois [...] l'authentique et indiscutable bourgeois est nécessairement borné dans son langage à un très petit nombre de formules.}}
{{Réf Livre|titre=Éxégèse des lieux communs|auteur=[[Léon Bloy]]|éditeur=Rivages|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque|année=2005|page=9-10}}
{{Choisie citation du jour|puce=*|année=2010|mois=juin|jour=23|commentaire=|}}
{{citation|citation=Par nature, le Bourgeois est haïsseur et destructeur de paradis. Quand il aperçoit un beau Domaine, son rêve est de couper les grands arbres, de tarir les sources, de tracer des rues, d'instaurer des boutiques et des urinoirs. Il appelle ça monter une affaire.}}
{{Réf Livre|titre=Éxégèse des lieux communs|auteur=[[Léon Bloy]]|éditeur=Rivages|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque|année=2005|page=141}}
=== Roman ===
==== [[Marie d'Agoult]], ''Nélida'', 1966 ====
{{Citation|citation=<poem>Notre pays, me disais-je, depuis la dernière révolution, n'a pas repris son équilibre. Deux classes de la société, la noblesse et le peuple, sont en proie à de vives souffrances ; l'une subit un mal imaginaire, l'autre un mal réel ; la noblesse, parce qu'elle se voit dépouillée de ses privilèges et de ses honneurs par une bourgeoisie arrogante ; le peuple, parce que le triomphe de cette bourgeoisie, amenée par lui au pouvoir, n'a été qu'une déception cruelle. Il commence à regretter, par comparaison, ses anciens maîtres. Comme il lit peu l'histoire, il ne se souvient que des manières affables et des largesses du grand seigneur. Pourquoi ces deux classes, éclairées par l'expérience, ne s'entendraient-elles pas contre leur commun adversaire ? Pourquoi les instincts courageux du peuple, l'esprit d'honneur de la noblesse, ne triompheraient-ils pas d'une bourgeoisie égoïste et déjà énervée par le bien-être ?</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Nélida|auteur=[[Marie d'Agoult]]|éditeur=Calmann-Lévy|année=2010|année d'origine=1866|page=272|partie=Quatrième partie|chapitre=XXIII|ISBN=978-2-7021-4127-4}}
==== [[Dominique Fernandez]], ''Porporino ou les mystères de Naples'', 1974 ====
{{citation|citation=— A Naples les richesses sont concentrées dans les mains de quelques grandes familles qui les dilapident sans en créer de nouvelles ; la noblesse se croirait déchue si elle se mettait à travailler ; le peuple est trop misérable pour penser au lendemain. Tout stagne, tout périclite. La philosophie des lumières se heurte à l'évidence d'un marasme chronique. Tant que le royaume n'aura pas une bourgeoisie marchande et industrielle qui prenne en main les affaires et assume les responsabilités d'une classe dirigeante véritable, la meilleure volonté du monde ne pourra ici qu'enregistrer la défaite de la raison.}}
{{Réf Livre|titre=Porporino ou les mystères de Naples|auteur=[[Dominique Fernandez]]|éditeur=Grasset|collection=Les Cahiers Rouges|année=1974|année d'origine=1974|page=353|section=Castrapolis|partie=III « Naples »|ISBN=978-2-246-01243-6}}
[[Catégorie:Société]]
[[Catégorie:Stratification sociale]]
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