Revision 172571 of "Charme" on frwikiquote== Littérature ==
=== Critique ===
==== [[Tristan Tzara]], ''Pierre Reverdy : Le Voleur de Talan'', 1917 ====
{{citation|citation=La Renaissance fut l'âge infernal du cynique ; elle fut pour l'art un bordel ; l'anecdote et le charme partagèrent son domaine. L'illusion devint le but, et l'homme voulait surpasser Dieu. Mais les problèmes et la vie mouvementée l'ont fait intéressante et malheureusement, productive.|précisions=[[Tristan Tzara]] commente ici le dernier roman de Reverdy.}}
{{Réf Article|titre=Pierre Reverdy : Le Voleur de Talan|auteur=[[Tristan Tzara]]|publication=Dada|numéro=2|date=Décembre 1917|page=17}}
=== Prose poétique ===
==== [[Novalis]], ''Hymne à la nuit'', 1800 ====
{{Citation|citation=Mais l’ancien monde touche à sa fin ; ses jardins rians se flétrissent, les dieux s’en vont avec leur suite, et la nature reste déserte et sans vie. Le charme de l’existence tombe dans des paroles obscures, comme on voit la fleur s’en aller en poussière ; la croyance est loin, et avec elle, la vive, la puissante imagination.}}
{{Réf Article|titre=Hymne à la nuit|auteur=[[Novalis]]|publication=Nouvelle revue germanique|numéro=14|date=1833|page=238}}
==== [[Alberto Savinio]], ''Un vomissement musical'', 1917 ====
{{citation|citation=<poem>Le charme de l’harmonie est la plus grave atteinte à l’honneur de l’homme libre. Parmi les principales causes de criminalité par dégénérescence il faut placer — en premier lieu la musique : bien avant l’alcoolisme !
Des populations denses de gens idiots, ignorants, sales, malades, dégénérés, entrent dans le Temple de la Musique comme chez eux. Ils s’y trouvent — en effet — parfaitement chez eux, car on y célèbre un culte à la portée de toutes les plus répugnantes misères de l’esprit : c’est l’Assistance Publique pour tout le rejet de l’humanité.</poem>}}
{{Réf Article|titre=Un vomissement musical|auteur=[[Alberto Savinio]]|publication=Dada|numéro=1|date=Juillet 1917|page=6}}
==== [[Robert Desnos]], ''Deuil pour deuil'', 1924 ====
{{citation|citation=La mouche prit le chemin d'une forêt vierge et s'arrêta sur un cadavre, celui même de l'amant aux pierres d'aimant et là mêla son vol et son bourdonnement à ceux de trente de ses pareilles, bleues elles aussi et lucides le soir pour charmer l'entretien régulier et fatigant de Roméo avec Juliette.}}
{{Réf Livre|titre=La liberté ou l'amour ! suivi de Deuil pour deuil|auteur=[[Robert Desnos]]|éditeur=Gallimard|Collection=L'Imaginaire|année=1962|année d'origine=1924|page=139|ISBN=978-2-07-027695-0}}
{{citation|citation=Les dents des femmes sont des objets si charmants qu'on ne devrait les voir qu'en rêve ou à l'instant de la mort.}}
{{Réf Livre|titre=La Liberté ou l'Amour|auteur=[[Robert Desnos]]|éditeur=Gallimard|collection=L'Imaginaire|année=1982|page=152|ISBN=2-07-027695-3|année d'origine=1924}}
{{Choisie citation du jour|puce=*|année=2009|mois=août|jour=9|commentaire=|}}
==== [[Joyce Mansour]], ''Dolman le maléfique'', 1961 ====
{{citation|citation=« Je veux être père ». C'était dit d'un ton minable et Dolman n'en put croire ses oreilles. « Quoi ? » La voix s'enlisa dans la boue criblée de gousses d'ail et siffla : « Il faut que je sois père, ne serait-ce que d’un pou ». « Laissez-moi réfléchir, dit Dolman à quatre pattes, revenez après la nuit. » La voix se fit pressante : « Gardez-moi près de vous, je suis bien dans cette hutte ». « Non ! », trancha l'homme et le Caressant déguerpit, proférant des injures, mais vaincu pour l'instant.
Dolman se coucha, dormit et se réveilla sans avoir trouvé de solution, sans même être en mesure d'y songer. Douze heures plus tard l'Affreux réapparut. Dolman apaisa l'ombre d'un geste accablé. « Je serai votre cygne ». La Bête se dressa. « Retirez votre chemise, vos poils, votre hargne. Chantez les charmes de l’hallucination, les tourbillons de l’oreiller, la poitrine glacée de la nuit. Vous êtes l’épouse terrible attendue depuis toujours ». Dolman, ouvrant la bouche, constata que sa voix était absente. « Je suis perdu, pensa-t-il. Joué. Comment ai-je pu espérer me mesurer avec la Peur ? » Et il rampa vers l'escalier de l'Époux.}}
{{Réf Article|titre=Dolman le maléfique|auteur=[[Joyce Mansour]]|publication=La Brèche|numéro=1|date=Octobre 1961|page=52}}
=== Roman ===
==== [[Gabriele D'Annunzio]], ''Le Feu'', 1900 ====
{{Citation|citation=<poem>— C’est vous, Stelio, — dit-elle avec ce faible sourire qui voilait sa pensée, en dégageant doucement sa main de celle de son ami, — c’est vous maintenant qui voulez m’enivrer… Regardez ! — s’écria-t-elle pour rompre le charme, en montrant du doigt une barque chargée qui venait lentement à leur rencontre. — Regardez vos grenades !
Mais sa voix était émue.
Alors, dans le rêve crépusculaire, sur l’eau délicatement verte et argentée comme les jeunes feuilles du saule, ils regardèrent passer le bateau débordant de ces fruits emblématiques qui font penser à des choses riches et cachées, à des écrins en cuir vermeil surmontés de la couronne d’un roi donateur, les uns clos, les autres entr’ouverts sur les gemmes agglomérées.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Le Feu|auteur=[[Gabriele D'Annunzio]]|éditeur=La Revue de Paris|Traducteur=Georges Hérelle|année=1900|page=10|chapitre=I. L'épiphanie du feu}}
==== [[Renée Dunan]], ''La Culotte en jersey de soi'', 1923 ====
{{citation|Le soleil tombait mollement à l'Occident. Des écharpes de mousseline rose paraient son déclin. A travers les arbres fraîchement velus de folioles il caressait d'un pinceau doré les profils, les poses et les objets. Au nord, il jetait sur un petit château fluet et artificiel dans son architecture d'ironie, tout un prisme de clartés folles. Le charme puéril des murs mélangeant la brique rose et la pierre crémeuse, les toits à poivrière des tours d'angle, la volute de l'escalier médian à la façade, la sveltesse des fenêtres agacées des rideaux versicolores, toute la grâce alambiquée de cette demeure s'en trouvait rehaussée et soulignée.}}{{réf Livre|titre=La Culotte en jersey de soi|auteur=[[Renée Dunan]]|éditeur=Le Cercle Poche|année=2011|année d'origine=1923|page=17|ISBN=978-2-84714-152-8|chapitre=}}
==== [[André Breton]], ''[[w:L'Amour fou|L'Amour fou]]'', [[w:1937 en littérature|1937]] ====
{{citation|Dans la mesure même où j'ai pu m'abandonner durant plusieurs jours à l'idée ''a priori'' purement séduisante que je puis être en quelque sorte attendu, voire cherché, par un être auquel je prête tant de charmes, le fait que cette idée vient de se découvrir des bases réelles ne peut manquer de me précipiter dans un abîme de négations. De quoi suis-je capable en fin de compte et que ferai-je pour ne pas démériter d'un tel sort ? Je vais devant moi mécaniquement, dans un grand bruit de grilles qu'on ferme. Aimer, retrouver la grâce perdue du premier instant où l'on aime... Toutes sortes de défenses se peignent autour de moi, des rires clairs fusent des années passées pour finir en sanglots, sous les grands battements d'ailes grises d'une nuit peu sûre de printemps. Peu sûre : c'est bien, en effet, toute l'insécurité qui est en moi dès que, cette nuit-là, je me reprends à lire dans l'avenir ce qui pourrait, ce qui devrait être si le coeur ''disposait''. La liberté à l'égard des autres êtres, la liberté à l'égard de celui qu'on a été semble ne se faire alors si tentante que pour mieux m'accabler de ses défis.}}
{{Réf Livre|page=66|référence=L'Amour fou/Gallimard-Folio}}
==== [[Dominique Fernandez]], ''Porporino ou les mystères de Naples'', 1974 ====
{{citation|citation=<poem>« — Eh bien ! soyons plus précis. Ces yeux aux reflets verts, ces lèvres de corail, ces cheveux qui bouclent avec tant de grâce sans le secours des fers, votre teint, Feliciano, votre manière de marcher, de vous tenir, n'appartiennent pas, j'en mets ma main au feu, à une petite victime de la cruauté sacerdotale.
« A-t-il entendu dire, me demandai-je, que je passe pour être né de la fornication d'un prêtre ? J'allais éclater de rire à cause de la tournure fadement complimenteuse et bizarrement alambiquée de sa phrase, quand je m'avisai, par je ne sais quel frémissement qui parcourut ma personne, que peut-être le chevalier de Casanova ne songeait nullement à goûter avec moi les douceurs de la paternité.
« — Feliciano, reprit-il, je suis sûr que votre conformation diffère de la mienne.
« J'hésitais encore à comprendre.
« — Vous n'êtes qu'une beauté travestie.
« — Monsieur, répondis-je, je suis Feliciano Marchesi.
« — Ma chère, vous êtes une jolie femme déguisée. Si la longue contemplation que j'ai faite de vos charmes ne m'en avait donné l'assurance, je n'aurais jamais eu l'effronterie de vous attirer derrière ce rideau.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Porporino ou les mystères de Naples|auteur=[[Dominique Fernandez]]|éditeur=Grasset|collection=Les Cahiers Rouges|année=1974|année d'origine=1974|page=233|section=Une méprise plutôt étrange|partie=II « Les pauvres de Jésus-Christ »|ISBN=978-2-246-01243-6}}
== Psychologie ==
=== François Marty, ''[[Les grands concepts de la psychologie clinique]]'', 2008 ===
''' La projection '''
{{citation|citation=La projection est à l'oeuvre lorsque les systèmes mythiques explicatifs du monde ou de l'environnement auxquels j'adhère me mettent à l'abri d'un ressenti désagréable d'angoisse ou d'impuissance, ou explicitent celui-ci dans le but ultime d'en méconnaître les véritables causes. Dans la biographie qu'il lui consacre, Jones (1975) fait ainsi dire à [[Sigmund Freud|Freud]] « que la raison est terriblement austère et sombre, et qu'une petite superstition peut avoir quelque charme ».}}
{{Réf Livre|titre=[[Les grands concepts de la psychologie clinique]]|auteur=François Marty (Sous la direction de)|éditeur=Dunod|Collection=Psycho Sup (Psychologie clinique)|année=2008|page=69|Chapitre=IV. La projection (Annie Birraux)|section=1. Espace de définition|ISBN=978-2-10-051145-7}}
[[Catégorie:Relation humaine]]
[[Catégorie:Communication humaine]]
[[de:Charme]]All content in the above text box is licensed under the Creative Commons Attribution-ShareAlike license Version 4 and was originally sourced from https://fr.wikiquote.org/w/index.php?oldid=172571.
![]() ![]() This site is not affiliated with or endorsed in any way by the Wikimedia Foundation or any of its affiliates. In fact, we fucking despise them.
|