Revision 279622 of "Paul Deschanel" on frwikiquote

[[Fichier:Paul Deschanel 01.jpg|thumb|Paul Deschanel (date inconnue).]]
'''Paul Deschanel''', né le {{date-|13|février|1855}} à Schaerbeek ([[Bruxelles]]) et mort le {{date-|28|avril|1922}} à [[Paris]], est un homme d'État [[France|français]].

== Déclaration de guerre ==
Oraison funèbre de [[Jean Jaurès]] - ''Chambre des députés, 4 août 1914''

{{citation bloc|Dans les graves événements que la France traverse, un affreux malheur est venu nous frapper. [[Jean Jaurès|Jaurès]]… ''(Tous les députés se lèvent.)'' Jaurès a été assassiné par un dément, à l'heure même où il venait de tenter un suprême effort en faveur de la paix et de l'union nationale. Une éloquence magnifique, une puissance de travail et une culture extraordinaires, un généreux cœur, voué tout entier à la justice sociale et à la fraternité humaine et auquel ses contradicteurs eux-mêmes ne pouvaient reprocher qu'une chose : substituer, dans son élan vers l'avenir, à la dure réalité qui nous étreint ses nobles espoirs, voilà ce qu'un odieux forfait nous a ravi. ''(Vifs applaudissements sur tous les bancs.)'' La douleur des siens et de ses amis est la nôtre. Ceux qui discutaient ses idées et qui savaient sa force sentaient aussi ce que, dans nos controverses, ils devaient à ce grand foyer de lumière. Ses adversaires sont atteints comme ses amis et s'inclinent avec tristesse devant notre tribune en deuil. Mais que dis-je ? Y a-t-il encore des adversaires ? Non, il n'y a plus que des Français… ''(Acclamations prolongées et unanimes)'' des Français qui, depuis quarante-quatre ans, ont fait à la cause de la paix tous les sacrifices ''(Vifs applaudissements sur tous les bancs)'' et qui, aujourd'hui, sont prêts à tous les sacrifices ''(Vives acclamations unanimes et prolongées)'' pour la plus sainte des causes : le salut de la civilisation ''(Nouveaux applaudissements répétés sur tous les bancs)'', la liberté de la France et de l'Europe. (''Vives acclamations prolongées et unanimes. Cris de : Vive la France !)''
Du cercueil de l'homme qui a péri martyr de ses idées sort une pensée d'union ; de ses lèvres glacées sort un cri d'espérance. Maintenir cette union, réaliser cette espérance, pour la patrie, pour la justice, pour la conscience humaine ''(Nouveaux applaudissements unanimes)'', n'est-ce pas le plus digne hommage que nous puissions lui rendre ? ''(La Chambre entière est debout. - Acclamations prolongées et unanimes. - Triple salve d'applaudissements. - Tous les membres de l'Assemblée crient : « Vive la France ! » - L'affichage est ordonné.)''}}

== Leçon de guerre ==
Lettres aux instituteurs et institutrices - Chambre des députés, 18 septembre 1915

{{citation bloc|Oui, il faut préparer une humanité plus haute ; mais, en attendant, il faut durer avec celle-ci ; il faut montrer aux jeunes Français, avec les perspectives d'avenir, la réalité présente à laquelle ils vont se heurter. Parce que la science, un jour, tuera la guerre, comme elle a tué l'esclavage et le servage, pouvons-nous agir comme si déjà la guerre avait disparu ?
Et par là tombe ce sophisme, l'un des plus redoutables, l'un de ceux qui, depuis quelques années, ont fait le plus de ravages dans certaines âmes : que, parce qu'on est contre la guerre, il faut être contre l'armée. Oui, le premier de nos devoirs est de travailler à la disparition de la guerre ; mais en même temps, nous sommes bien obligés de la prévoir et par conséquent de nous y préparer. S'y préparer, ce n'est pas la vouloir. Croyons au bien ; mais ne nous laissons pas surprendre par le mal. […] Dans tous les temps, chez tous les peuples, l'élite de l'humanité a lutté contre la guerre. Toute la philosophie antique n'a été qu'un long cri de révolte contre ses horreurs… […] Il faut aller à l'éducation, à l'enfance. Il faut rappeler à tous que l'âme d'une démocratie libre c'est l'obéissance aux lois. La formation de ceux qui élèvent le peuple veut de nobles éveilleurs, des apôtres. Un peuple ne vit pas de raisonnements subtils ; il vit d'idéal, d'enthousiasme et de foi, et il n'est pas de plus haut idéal que celui de la France, puisque c'est la justice. Il faut lui donner confiance en elle, en sa puissance, en son avenir, en sa mission historique. […] Voilà ce que je disais en 1905. Voilà ce que je pourrais redire aujourd'hui. Ah ! Si la prévoyance du pays avait égalé son courage, la guerre serait depuis longtemps au-delà du Rhin ! […] Elle ''[la France]'' vivra grâce à vous, ô mes amis ! Car vous ne lui permettrez plus d'oublier ; vous tuerez l'ignorance, ce péril mortel ; vous allumerez dans les esprits la claire raison et dans les cœurs la flamme sacrée !}}

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[[Catégorie:Président de la République française]]
[[Catégorie:Naissance en 1855]]
[[Catégorie:Décès en 1922]]