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<small>733	PÉTRARQUE</small>

cour d’un pape, elle préférait dans ses habits une élégante simplicité. »

L’éloge des vertus de Laure revient aussi souvent dans les vers du poète que l’éloge de sa beauté, mais on y chercherait vainement des détails précis sur sa vie. Les premiers biographes de Pétrarque n’essayèrent point de suppléer à son silence. L’auteur anonyme d’une Vita di F. Petrarca écrite vers le commencement de quinzième siècle et publiée dans l’édition du Canzoniere, Rome, 1471, s’exprima le premier d’une manière explicite sur cette liaison célèbre. Il nous apprend que la personne que Pétrarque rencontra dans l’église de Sainte-Claire était une très-belle jeune fille (''bellissima giovane'') nommée Lorette, laquelle habitait un petit château proche d’Avignon ; que le poète eu devint très-ardemment amoureux ; qu’il resta constant dans son amour vingt et un ans de suite, elle vivant ; que dans ses vers il l’appela du nom plus harmonieux de Laure (''per miglior consonanza'') ; que quand en la lui voulut donner en mariage à l’instance du pape Urbain V, qui l’aimait singulièrement et qui lui concédait de garder avec cette dame ses bénéfices ecclésiastiques, il n’y voulut jamais consentir, disant que le fruit qu’il retirait de son amour pour écrire se perdrait tout dès qu’il aurait obtenu la chose aimée (1) <ref>(1) ''E quantumque gli volse essere data per donna ad instanza di papa Urbano Quinto, il quale lui singularmente amava, concedendogli di tener colla donna I beneficii insieme, noi voise mai consentire ; dicento che il frutto che prendea dell’amore a scrivere, di por que la cosa amata consequito avesse lutto si perderia''.</ref>. Cette naïve histoire, malgré l’anachronisme qui la rend suspecte (celui du pape Urbain V, qui ne monta sur le trône pontifical qu’après la mort de Laure), montre que dans les premières années du quinzième siècle ou même, suivant l’opinion de Marsac, vers la fin du siècle précédent, lorsque vivaient encore beaucoup de personnes qui avaient vu Pétrarque, on pensait que Laure n’était pas mariée. Cependant l’opinion contraire trouva des partisans. Un Italien, Alexandre Vellutello, entreprit pour résoudre cette question un voyage en France : il fit à Avignon et à Vaucluse de nombreuses recherches, auxquelles ne présidèrent malheureusement ni une saine critique ni une parfaite bonne foi. Ses renseignements sont à bon droit frappés de discrédit ; mais sa conclusion n’est pas à dédaigner. La voici telle qu’on la lit dans ses commentaires sur le Canzoniere publié en 1525 : « Per cosa certa noi habbiamo da tenere che Laura non fosse mai maritata. » « Par des motifs certains nous maintenons que Laure ne fut jamais mariée. » Une fouille pratiquée en 1533 dans le tombeau vrai on supposé de Laure à Avignon n’amena aucune découverte importante, mais elle donna lieu à quelques vers du roi François Ier (2) {{er}}<ref>(2) Voici les vers de François Ier :

{{er}} :

<poem>En petit lieu compris vous pourrez voir


Ce qui comprend beaucoup par renommée,


Plume, labeur, la langue et le savoir


Furent vaincus par l’aymant de l’aymée


O gentil âme, étant tant estimée


Qui te pourra louer qu’en se taisant !


Car la parole est toujours réprimée


Quand le sujet surmonte le disant.</poem></ref>qui, passant par cette ville,

<small><small>PÉTRARQUE	734</small></small>

  en septembre de la même année, voulut voir le tombeau de Laure. L’absence de documents positifs laissait la place libre aux hypothèses ; nous négligeons la plupart de celles qui furent émises à ce sujet, et nous arrivons à la plus spécieuse. L’abbé de Sade, dans ces volumineux Mémoires sur la vie de Pétrarque (1764-1767), établit par des pièces authentiques l’existence de Laurette de Noves, fille d’Audibert de Noves, mariée en 1325, à l’âge de dix-sept ou dix-huit ans, à Hugues de Sade. Laurette, mère de on(contracted; show full)vigueur. » (''Omnis dies ad mortem propriuss accedit, et corpus illud egregium rnorbis ac crebris perturbationibus exhaustum multum pristini vigors amisit''). Pétrarque ajoute : « Et moi aussi je suis plus appesanti par les soucis et plus avancé en âge » (''et ego quoque et curis gravior et aetate provectior factus suum'') ; ''curis'' correspond ici à ''perturbationibus'', qui dans le latin cicéronien est la traduction du grec 
{{lang|grc|πάθοζς}}. Cependant l’abbé de Sade, au lieu de ''perturbationibus'' propose de lire ''partibus'' (accouchements), sur la foi de quelques manuscrits qui offrent, dit-il, l’abréviation ''ptubus''. Le fait est exact en ce qui concerne les deux manuscrits<section end="PÉTRARQUE"/><noinclude>
<references/></div></noinclude>