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 Dans les abréviations des noms propres, cette lettre se prenait chez les Romains pour Marcus; avec une apostrophe, pour llanius. Chez les modernes, l'initiale M. se met pour Marie, Madeleine, Marthe, Marguerite; Marc, Martin, Michel, etc. ; — S. M. pour Sa Majesté; — M' pour Mac (c'est-à-dire fils de), dans les noms écossais. Celui qui a écrie se texte est très bête don ne jamais se référencier a wiki source c vraiment nul ,a plus



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'''M'''. Dans les abréviations des noms propres, cette lettre se prenait chez les Romains pour Marcus; avec une apostrophe, M', pour llanius. — Chez les modernes, l'initiale M. se met pour Marie, Madeleine, Marthe, Marguerite; Marc, Martin, Michel, etc. ; — S. M. pour Sa Majesté; — M' pour Mac (c'est-à-dire fils de), dans les noms écossais.


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===MAA===
*MAAS, nom de la Meuse en allemand.
*MAASEYCK,  MAASTRICHT.  V. MAESEYCK, etc.
*MAB, la fée des songes et la sage-femme des autres fées dans les traditions du moyen âge. Quelques-uns en font la reine des fées et lui donnent pour époux Obéron. Chaucer et Shakspeare (dans Roméo et Juliette) ont donné de cette fée et de sa cour des descriptions fort poétiques.
*[[Jean Mabillon|MABILLON (Jean)]]<s>, bénédictin de la congrégation de St-Maur, l'un des hommes les plus savants de son ordre, né en 1632, à St-Pierremont, près de Vouziers, m. en 1707, vint en 1664 à Paris, et aida dom d'Achéry à rédiger son Spicilége. En 1683, Colbert l'envoya en Allemagne pour y chercher tout ce qui pourrait servir à l'histoire de la France. Il alla également en Italie en 1689 aux dépens du roi, et en revint avec une ample moisson de livres et de manuscrits précieux. Il passa le reste de sa vie dans l'abbaye de St-Germain des Prés à Paris, se livrant à la rédaction de ses importants ouvrages. Les principaux sont : Acta Sanctorum S. Denedicti in s<e-culorum classes distributa, Paris, 1668-1702,9 vol. in-fol., (auquel il joignit plus tard Annales ordinis S. Benedicti, 1713-39, 6v. in-f.); Analecta, 1675-85, 4 vol. in-8, et 1723, in-fol. (ce sont des pièces recueillies dans diverses bibliothèques); Se re diplo-matica, 1681, in-fol., ouvrage capital, où il explique tout ce qui regarde l'écriture, le style, l'origine des chartes et diplômes; Musssum italicum, 1687:1689, 2 vol. in-4; De liturgia gallicana, 1689 et 1729, in-4; S. Bernardi opéra, 1690, 2 vol. in-fol.; Traité des études monastiques, 1691. Sa Vie a été écrite par D. Ruinart, 1709, et par Chavin de Malan, 1843. Valéry a publié en 1847, une Correspondance inédile de Mabillon et de Montfaucon avec l'Italie.</s>
*[[Gabriel Bonnot de Mably|MABLY (Gabriel BONNOT de)]]<s> connu sous le nom d'abbè Mably, écrivain français, frère de Condil-lac, né à Grenoble en 1709, mort en 1785, fut placé au séminaire de St-Sulpice par le cardinal de Tencin, son oncle. Plus jaloux de son indépendance que des dignités de l'Église . il se contenta de recevoir le sous-diaconat, et s'occupa tout entier d'études sur l'histoire et la politique. D'abord secrétaire du cardinal de Tencin, qui faisait partie du ministère, il fut chargé par lui de quelques missions diplomatiques; mais, vers 1746, il rompit avec le cardinal, et renonçant aux affaires, il s'adonna exclusivement à ses études de prédilection. Il a composé plusieurs ouvrages sur l'histoire, la morale et la politique ; on y remarque en général un esprit austère, morose, une opposition vive aux institutions existantes et un grand enthousiasme pour les républiques de l'antiquité , surtout pour Lacédémone, qu'il présentait comme modèle. Ses principaux écrits sont : Parallèle des Romains et des Français, 1740 (où il professe des idées absolutistes, qu'il répudia depuis); Droit public de l'Europe, fondé sur les traités, 1748, dont là publication fut défendue en France; Observations sur les Grecs, 1749 ; Observations sur les Romains, 1751; les Principes des négociations, 1757; Entretiens de Phocion sur le rapport de la morale avec lapolitique, 1763 : c'est son meilleur ouvrage; Observations sur l'histoire de France, 1765; Doutes sur l'ordre naturel des sociétés, 1768; De l'Étude de l'histoire, 1778; Manière d'écrire l'histoire, 1782; Principes de Morale, 1784, etc. Mably est un utopiste, engoué de l'antiquité, enthousiaste de Sparte, et dont les idées furent malheureusement adoptées par quelques révolutionnaires. Comme écrivain, il est clair et quelquefois énergique, mais peu élégant et le plus souvent diffus. Ses OEuvres ont été réunies par l'abbé Arnoux, en 10 v. in-8, 1794-95.</s>
*[[Mac|MAC]]<s>, mot qui veut dire fils, précède un grand nombre de noms propres en Ecosse et en Irlande.</s>
*[[danse macabre|MACABRE (danse)]]. <s>On a nommé ainsi une ronde infernale qu'on supposait dansée par des morts de toute condition et de tout âge, rois ou sujets, riches ou pauvres, vieillards ou enfants, et à laquelle préside la Mort ; c'est une allégorie ingénieuse figurant la fatalité qui condamne indistinctement tous les humains à mourir. Cette ronde se trouve représentée au moyen âge (du XIIIe au XVe siècle) dans un grand nombre d'églises et de cimetières, surtout en Allemagne, et est décrite dans un ouvrage singulier intitulé la Danse macabre ou Danse des morts, qui parait avoir été d'abord écrit originairement en allemand, puis traduit en latin, en français, etc. Les plus anciennes éditions qu'on en connaisse en français remontent à l'an 1485 : Champollion-Figeac l'a exhumé en 1811 de la bibliothèque de Grenoble. Le nom de Macabre ne serait, selon quelques savants, que le nom même de l'auteur de cette invention poétique ; selon d'autres, ce serait une corruption de l'arabe magbarah ouma-kabir, cimetière. Parmi les Danses des Morts, on connaît surtout celles de Minden, de Lucerne, de Lubeck, de Dresde et celle de Bâle, peinte dans le couvent des Dominicains et attribuée à Holbem,</s>
*[[John Loudon McAdam|MAC-ADAM (John LOUDON)]], ingénieur, curateur des routes en Ecosse, puis à Bristol, né en Ecosse en 1755, m. en 1836, a inventé le système de routes par empierrement qui porte son nom. V. MACADAMISAGE dans notre Dict. univ. des Sciences.
 
 MA.CA	— 1146 —	MàCG

*[[Macaire de Scété|MACAIRE (S.)]]<s>, l'Ancien, né dans la Hte-Egypte vers 300, de parents pauvres, m. vers 390, se retira dans le désert de Scété (Tnébaïde) à l'âge de 30 ans, en fut tiré malgré lui pour être revêtu du sacerdoce, eut à subir des persécutions à cause de son attachement à la doctrine du concile de Nicée. On le fête le 15 janvier. On lui attribue 50 lwmêlies, publiées en grec à Paris, 1559, et grec-lat. à Leipsick, 1698, à Bonn, 1850, et des Opuscules ascétiques, compris dans le Thésaurus ascelicus du P. Poussines.</s>
*MACAIRE (S.), le Jeune, contemporain du préc., né à Alexandrie (Egypte), se retira vers 335 dans la solitude. Il m. en 394. On le fête le 2 janvier. Il est regardé comme l'auteur de la Règle Se S. Macaire, imprimp.fi dans le Codex regularum, Rome, 1661. MACAIRE de Losane, cousin de Ganelon, et comme lui faux et méchant, donne son nom à un poëme du cycle de Charlemagne, édité par Gues-sard, 1866. On en a fait depuis un type de scélérat de notre époque : Robert Macaire.
*MACALO, lieu de Lombardie, entre Bergame et Brescia, où Carmagnole, commandant les troupes vénitiennes, battit en 1427 les généraux du duc de Milan. 
*[[Macao|MACAO]], Ngao-men. en chinois, v. très-commerçante de la Chine propre (Kouang-toung), dans une presqu'île de la baie de Canton, à 120 kil. S. O. de Canton; 35000 h. (dont env. 5000 Portugais). Elle appartient de nom aux Portugais, mais un mandarin chinois y exerce une surveillance générale. Des agents de la Compagnie anglaise des Indes orientales y résident aussi 8 mois. — Macao est aux Portugais depuis 1580 : elle leur fut donnée par l'emp. Chi-Tsoqg pour avoir délivré le pays d'un chef redoutable de pirates. Port franc depuis 1845 ; station de tous les bâtiments allant à Canton. Résidence d'un évêque catholique. Imprimerie chinoise, dirigée par des orientalistes anglais; musée d'histoire naturelle et d'objets de sciences et d'arts. La ville européenne est très-petite, et séparée de la ville chinoise par une épaisse muraille. Assez florissante jadis, elle est auj. en décadence, surtout depuis l'établissement anglais de Hong-Kong.
*[[Louis Antoine Macarel|MACAREL (M. A.)]]<s>, né en 1792, m. en 1851, était. fils d'un conseiller à la Cour d'Orléans. Il remplit, à partir de 1828, la chaire de droit administratif à l'École de droit, fut nommé en 1830 maître des requêtes, puis conseiller d'État; fut appelé peu après par H. de Montalivet, alors ministre de l'intérieur, à la direction de l'administration départementale et communale, eut dans ce poste à préparer plusieurs lois importantes, fut, en 1849, élu par l'Assemblée nationale membre du conseil d'État et porté à la présidence de la section d'administration. Macarel avait dès 1818 publié des Éléments de Jurisprudence administrative; il les compléta en 1828 par son traité des Tribunaux administratifs. Son Cours de Droit administratif, publié pour la 1" fois en 1842, a été depuis mis' au courant de la législation par M. A. de Pistoye. </s>
*MACARONIQUE (poésie), poésie burlesque, dans laquelle on fait entrer des mots de la langue vulgaire en leur donnant une terminaison étrangère, surtout latine. Y. ce mot dans notre Dict. univ. des Sciences. 
*[[George Macartney|MACARTNEY (George, comte de)]]<s>, diplomate anglais, né en Irlande en 1737, m. en 1806, fut successivement ambassadeur en Russie (1764), gouverneur de la Grenade et de Tabagp (1775), gouverneur de Madras (1780), et enfin ambassadeur en Chine (1792) : dans cette ambassade, il avait pour mission d'obtenir un traité de commerce avec la Chine, mais il ne put y réussir. Néanmoins il fut à son retour fait comte, puis pair, etfutnommé en 1797 gouverneur de la colonie du Cap. La relation de son ambassade en Chine a été publiée à Londres en 1807.</s>
*MACASSAR, anc. v. de l'île de Célèbes, jadis capit. du roy. de Macassar,par 127°88'long.E,,5°9'lat. S. Elle n'existe plus, mais près de son emplacement se voient auj» "Vlaardtagen et le fort de Rotterdam. — Le Royaume de Macassar était jadis florissant et occupait toute la.côte S. 0. de l'île ; il est auj. vassal de la Hollande; sa capitale actuelle est Goak, — Les Portugais mirent pied les premiers dans ce, pays en 1615; les Hollandais les en châssèrent en 1Ô67. Les Hollandais nomment Gouvernement de Macassarï'enr semble de leurs possessions dans l'île de Célèbes. On donne le nom de Rade de Macassar à une rade belle et sûre située près deTlaaïUiBgen, &àvDétroit de M. au détroit qui ségare Célèbes de Bornéo.
*MACABXAY (Thomas BABINGTON), écrivain anglais, né en 1800, dansée Leicester, d'une; famille écossaise, m. en 1859', avait"pour père iîn riche marchand. H s& fit recevoir avocat, mais sans vouloir exercer; débuta, dans la Revue d'Edimbourg, par des articles qui furent remarqués (notamment les Essais sur Milton, lord Clive,Warren Hastings), fut élu député en 1830 et soutint la cause de la Réforme, fut envoyé en 1834 à Calcutta comme membre du Conseil suprême de l'Inde, devint a son retour (1839) secrétaire de la guerre et membre du Conseil privé, et fut, en 1857, créé baron et pair d'Angleterre. Outre ses articles de Revue, qu'il a réunis sous le titre d'Essais de Critique et d'Histoire et qui ont été traduits en français par A. Pichot, 1860, il a,publié une Histoire de l'Angleterre depuis Jacques 21(1848-1856), dont il y a plusieurs traductions françaises. Cet ouvrage se distingue parune connaissance approfondie des sources, un rare talent d'exposition, une peinture fidèle des-mœurs et des caractères, un style vif et coloré, un esprit vraiment libéral; malheureusement, l'auteur n'a pu l'achever.
*MACAULEY (Catherine SAWBRiDGE,mîstris3), née en 1733 dans le comté de Kent, morte en 1791, épousa en 1760 le D*- Macàulêy, médecin de Londres, et se remaria en 1778 à an M. Graham. Imbue d'idées républicaines, elle fit en 1785 un voyage en Amérique où elle fut fort bien accueillie- de Washington; elle défendit la Révolution française contre Burke. On a d'elle une Histoire d'Angleterre.depuis Jacques I jusqu'à Vavênementde la maison de Hanovre, 8 v. in-4, 1763-83, hostile aux Stuarts, des Lettres sur l'éducation, 1790, et divers ouvrages de morale et de politique, entre autres une réfutation de Hobbes,
*[[Macbeth Ier d'Écosse|MACBETH]], prince écossais, cousin germain du roi Duncan, qui régnaitauxr» siècle. Selon les chroniques, une sorcière lui avait prédit qu'il serait roi fpour accomplir la prédiction, il assassina Duncan près d'In-verness et se fit couronner à sa place (1040). Il se rendit odieux par ses cruautés, et fut détrôné en 1047 par Malcolm, fils de Duncan, qui avait obtenu des secours du roi d'Angleterre, Edouard le Confesseur. Le crime de Macbeth a fourni à Shakespeare le sujet d'une de se* plus belles tragédies, qui a été imitée par Ducis. On croit que le Macbeth, de Shakespeare est le même que Duncan VII.
*MACCARTHY (Nie TULTE de), prédicateur catholique, né en 1769 à Dublin, était fils d'un comte irlandais établi en France. Il entra en 1818 dans l'ordre des Jésuites, se voua à la prédication, se fit entendre avec le plus grandsuccès dans lesprincipales villes de France et de l'étranger, à, Paris, à Lyon, àBordeaux, à Toulouse, à Strasbourg, ainsi qu'à Rome, à Turin, à Chambéry, à Annecy, et mourut dans cette dernière ville en 1833. Son éloquence brillait par le choix des preuves, la richesse de l'élocution, la noblesse et la vérité des mouvements, et par une action vive et touchante. Ses Sermons ont été imprimés en 1834, avec une IVofto par l'abbé Déplace.
*HAceARiar (Jacq.), géographe, d'une famille irlandaise autre que celle du précédent, né en 1785 à Cork, m. en 1835, futamené- jeune en France, s'enrôla à 17 ans, fut licencié en 1815 avec le grade de chef de bataillon, se fit instituteur et traducteur, puis obtint un emploi au dépôt de la guene, et remplit par intérim les fonctions de chef de la section de statistique. On lui doit un Choix de Voyages modernes,
10 vol. in-8, 1821-22, un Dictionnaire universel de Géographie, 2 vol. in-8,1835, et des traductions d'où-, vrages "historiques ou géographiques anglais. — Son fils, M. Oscar Maccarthy, officier distingué, s'est surtout occupé de la géographie de l'Algérie. 
 
 MACE — 1147 — MACË

*MACCHABÉE. Y. HACHABEE. 
*MACCLESFIELD, v. d'Angleterre (Chester), sur le Roîlin, affluent de la Mersey, à 53 kil. N. E. de Chester; 40 000 hab. Belle église paroissiale de St-MicheT, bâtie en 1278. Fabriques d'étoffes de soie et de tissus de coton; nIatureshydrauliques;fonderies de cuivre et de fer. Aux env., houille, ardoises.
*MACDONALD (Et. Jaeq. Jos. Alexandre), duc de Tarente, maréchal de France, né en 1765 à Sancerre, d'une famille originaire d'Irlande, m. en 1840, servit d'abord dans le régiment irlandais de Dillon, se distingua à la bataille de Jemmapes, après laquelle il fut fait colonel (1792), fut nommé dès l'année suiv. général de brigade et défit le duc d'York en plusieurs rencontres. En 1795, il traversa leWahal sur la glace et s'empara de la flotte hollandaise à la tête de son infanterie : il reçut aussitôt en récompense le grade de général de division. Envoyé en Italie en 1798, comme gouverneur des États romains, il battit à Otri-coli 80 000 Napolitains,, qui étaient venus l'attaquer. Peu après, il remplaça Championnet dans le commandement de Naples et réduisit la Calabre. En 1799, il disputa opiniâtrement à Souvarow le passage de la Trébie avec une armée fort inférieure. L'année suivante , Moreau, général en chef de l'armée du Rhin, lui confia le commandement de son aile droite : il réussit, par une marche admirable à travers les Alpes, à s'emparer du Splugen. Disgracié en 1804 pour avoir défendu Moreau, il ne reprit du service qu'en 1809 et combattit à "Wagram : il s'y distingua tettement que Napoléon lui donna aussitôt le bâton de maréchal, avec le titre deducde Tarente.Enl812, il commandale 10" corps en Russie; il combattit à Lut-zen, àBautzenet àLeipsick (1813); pendant la campagne de 1814 il commanda l'aile gauche de l'armée et lutta sans relâche contre des forces supérieures. Après l'abdication de Napoléon, Macdonald fut nommé membre de la Chambre des Pairs et chargé deli-cencierl'armée de la Loire.En 1816, il devint grand-chancelier delà Légion-d'Honneur :il conserva cette dignité jusqu'en 1831. Dans toutes ses campagnes, Macdonald se distingua par son désintéressement. A la Chambre des Pairs, il semontra constitutionnel.
*Macdonald était le nom d'un clan écossais de la vallée de Glancoe, qui fut massacré en 1692 pour avoir pris part à l'insurrection en faveur des Stuarts.
*MACDUFF, bg d'Ecosse (Banff), à 2 kil. E. de Banff, sur le golfe de Murray,donne son nom aune branche des comtes de Fife. V. FIFE.
*MACEDO (le P. François de), dit François de St-Âugustin, cordelier portugais, né à Coïmbfe en 1596, m. à Padoue en 1681, fut chargé de plusieurs missions politiques à la cour de France par le roi de Portugal Jean IV, et professa à Rome, à Venise et à Padoue. Il a publié plus de 100 ouvrages, entre autres : Propugnaculum lusitano-gallicum,T?dins,18iil, où il défend les droits du duc de Bragance à la couronne de Portugal ; Encyclopœdia in agonem litteratorum producta (thèse de omni re scibili, qu'il soutint à Rome en 1657 pendant trois jours) ; Schéma congregationis S. Officii romani, 1676 : c'est une histoire de l'Inquisition, institution qu'il fait remonter jusqu'à l'origine du monde. Il excellait à improviser les vers latins. II avait aussi composé en latin des pièces de théâtre, Orphée, Jacob, etc., dont quelques-unes furent représentées devant Louis XIV.
*MACÉDOINE, Macedonia, roy. de l'anc Grèce, au N. de la mer Egée et delà Thessalie, à l'O. de la Thrace, à l'E. de l'IËyrie, avait pour bornes naturelles les monts Cambuniens et Olympe au S., Ber-truens et Pinde à l'O., Scardus auN., et le Stry-mon à l'E., mais finit par s'étendre à l'E. jusqu'au Nestus. On y distingue 5 régions principales, la B.- Macédoine, la H.-Macëdoine, ta Macédoine occid. on Illyrie macédonienne, la Macédoine orient, ou Thrace macédonienne, etlaChalcidique. Elle se divisait enfin assez grand nombre de provinces ou de pays : l'Ema-thie, berceau et centre de la monarchie, dont le nom est quelquefois étendu à toute la Macédoine, la Myg-donie, la Bottiée, l'Anthémasie, la Piérie; à l'E., l'Ëlymiotide,l'Orestide, laDassarétie, la Lyncestide, la Pénestie, etc. Les villes dTÊdesse et de Pella furent successivement capitales de toute la Macédoine. L'Ha-liacmon, le Ludias, l'Axius, le Strymon, en étaient les principales rivières. Beaucoup de ports; mines d'or (à Philippes). Les habitants, de race thrace autant qu'hellénique, éta'ient très-braves et infatigables, mais peu civilisés, du moins avant Philippe ; aussi les Grecs les regardaient-ils comme barbares.
Le roy. de Macédoine fut fondé vers 1392 av. J.-C. par une tribu de Pélasges, les Macedones, chassés de l'Histiéotide, contrée de la Thessalie. Pêlagon, un de leurs rois, défendit Priam contre les'Grecs. En 796, l'Héraclide Caranus, frère d'un roi d'Argos, amena dans l'Ëmathie une colonie d'Argiens et autres Grecs, fonda une dynastie nouvelle, et bâtit Ëdesse. Ses successeurs réunirent à leurs États la Haute et la Basse-Macédoine, ainsi que la Chalcidi-que. En 492, la Macédoine, envahie par les généraux de Darius, fut contrainte de subir l'alliance des Perses: mais elle revint à l'alliance grecque après la bataille de Platée, 479. Après le règne heureux d'Ar-chélaûs, le pays était lîvréàune anarchie complète, lorsque Philippe H monta sur le trône, 360 av. J.-C. Ce prince y rétablit l'ordre, reconquit les anciennes provinces, en ajouta de nouvelles, et soumit la Grèce entière à sa domination ; il se préparait à porter la guerre en Perse, lorsqu'il mourut assassiné, 336. Alexandre réalisa ses projets; mais à sa mort, 323, son empire fut démembré, et la Macédoine, après avoir été successivement dominée par Antipater, Po-lysperchon, Pyrrhus, Lysimaque, Ptolémée Cérau-nus, finit par devenir, en 278, le lot d'Antigone-Go-natas, dont les descendants la gardèrent jusqu'à la conquête romaine. Sous ces rois1 elle comprit, outre la Macédoine propre, la Thessalie ; en même temps elle. dominait surl'Epire, et exerçait une influence contestée, mais réelle, sur la plus grande partie de la Grèce méridionale. Les Romains ne réduisirent ce pays qu'après une longue lutte : l'an 200 av. J.-C, ds déclarèrent la guerre à Philippe V, qui avait soutenu Annibal; Flamininus lé vainquit à Cynoscé-phales en Thessalie, 197.; dix ans plus tard, Paul-Emile battit Persée à Pydna, 168;en 148, la révolte d'Andriscus servit de prétexte à une nouvelle guerre, et MéteUus, vainqueur dans une 2° bataille de Pydna, réduisit la Macédoine en province romaine. Lûrs du partage de l'empire aurv siècle de notre ère, la Macédoine fut comprise dans l'empire d'Orient; elle forma un des deux diocèses de la préfecture d'Illyrié. Ce diocèse, beaucoup plus vaste que la contrée connue jusque-là sous ce nom, était divisé en 6 prov. : Macédoine propre, capitale Thessalonique; Nouv.-: Épire, cap.Dyrrachium; Ane Spire, cap. Nicopolis;1 Thessalie, cap. Larisse; Crète,cap. Gortyne; Achaïë,' cap.Corinthe.Auxm's., les Croisés, devenusmaltres l de l'empire grec, formèrent en Macédoine, pour Bo-< niface de Montferrat, un royaume particulierqui avait ' Thessalonique pour capitale et qui est connu sous Ië nom de Royaume de Thessalonique. Au XVsiècle, la Macédoine tomba, avec les autres provinces de l'empire grec, sous le joug des Ottomans, qui la possèdent encore. Elle forme dans leur empire la partie occidentale de la Roumélie (eyalets de Salonique, d'Uskub et de Monastir),
*   Rois de Macédoine depuis 796 av. J.-C.
Caranus,	796    Philippe I,	609
Cœnus,	766    Ajeropas,	576
Tyrimmas,	738    Alcêtas,	' 556
Perdiccas I,	695    Amyntas I,	538
Argeus I,	647    Alexandre I,	496

 MàCH — 1148 — MACH

311
Perdiccas II,	452   Cassandre,
Archelaûsl,	429    Philippe IV,
298
Orestes,	405   Antipater,
Archelads II,	402   Alexandre,	)
Amyntas II,	398    Démétriusl,	295
Pausanias,	397    Pyrrhus, d'Ëpire, 287-86
Amyntas III,	396   Lysimaque,deThra-
ArgeusII,	390       ce,	287^82
Amyntas III (rétabli), 388    Séleucus, de Syrie,   282
Alexandre II,	370   Ptolèmée Cêraunus,  281
Ptolémée,	369    Méléagre,	279
Perdiccas III,	366   Antipater (de nouv.), 278
Amyntas IV,	360   Antigone Gonatas,    278
Philippe II,	359    Pyrrhus (de nouv.), 274
Alexandre III, dit le	Antigone(denou».)27342
Grand,	336    (Alexandre , fils de
Philippe IIIArrhidée, 323     Pyrrhus),	267-66
Alexandre Aigus,      317    Démétrius II,	242
(Régents : Perdiccas,	Antigone Doson,       232
322; l'ithon, 320;	Philippe V,	221
4«ïpa!er, 320s l'o-	Perses,	178-168
Jt/i!percftoB,320-ll).	Andriscus,	152-148
*MACÉDON1US, patriarche de Constantinople de 343 à 360, était attaché au parti des Semi-Ariens. Il ne parvint au patriarcat qu'à la suite de la déposition du patriarche Paul : le jour de son installation il s'engagea entre ses partisans et les Catholiques une rixe dans laquelle périrent plus de 3000 personnes. Déposé en 347, il ne recouvra son siège qu'en 360. A la suite d'autres troubles, l'empereur Constance le fit définitivement déposer, en 360, dans un concile tenu à Constantinople. Après cette déposition, Macédonius se fit le chef d'une hérésie nouvelle, celle des Pneumatiques, dits aussi Macédoniens, qui niaient la divinité du St-Esprit.
*MACER (CXODIUS), préteur en Afrique sous Néron, voulut, à l'avènement de Galba, se rendre indépendant et affamer l'Italie. Galba le fit tuer en 68.
*MACER (jEmilius), poëte de Vérone, né vers 70 av. J.-C, contemporain d'Auguste et ami d'Ovide, avait écrit un poëme sur les plantes vénéneuses, qui paraît perdu. Cependant on a sous son nom un poème de Ilerbarum virtulibus, qui a été publié à Bruxelles en 1477, à Hambourg, 1590, et à Leipsick, 1833, et qui a été traduit en français, Rouen, 1588.
*MACERATA, v. d'Italie, ch.-l. de prov., à 178 k. N. E. de Rome; 16000 hab. Évêché, tribunaux, université, créée en 1824. Belle cathédrale, porte Pie, etc. Elle occupe l'emplacement de l'anc. Êelvia Ri-cina, détruite par les Goths. Dans le roy. (français) d'Italie, elle fut le ch.-l. du dép. du Musone. — La prov. de Macerata, entre celles d'Ancône , Urbin, Pérouse, Camerino, Fermo et l'Adriatique, a 80 k. sur 45, et 250000 hab. Elle est traversée par l'Apennin et arrosée par plusieurs rivières (Musone, Esino, Potenza, etc.). Cette prov. appartenait aux États romains, où elle formait une Délégation. Elle a été annexée en 1S60 au royaume d'Italie.
*MACFARLANE (Robert) , écrivain politique, né en Ecosse en 1734, mort en 1804, écrivit en faveur de l'opposition, et dirigea en ce sens, pendant plusieurs années les journaux le Morning-Chronicle et le London Packel. Admirateur d'Ossian, il aida Mac pherson dans son travail de révision, donna lui-même une traduction en vers latins des poésies du barde écossais, ainsi qu'un Essai sur l'authenticité d'Ossian et de ses poèmes, Londres, 1804.
*MACUABËE (Matathias), vaillant guerrier juif, de la famille sacerdotale des Asmonéens, brava les ordres tyranuiques donnés par Antiochus Epiphane pour contraindre le peuple juif à sacrifier aux idoles, fut élu général par ses concitoyens insurgés, chassa les Syriens et releva les autels du vrai Dieu. Il mourut au milieu de ses succès, l'an 166 av. J.-C, laissant 5 fils, Judas, Simon, Jonathas. Jean et Éléazar; les trois premiers surtout sont célèbres.
*MACHABEE (Judas), fils de Matathias, lui succéda dans le commandement des Juifs en 166, battit les généraux d'Antiochus Epiphane, Apollonius, Ntcanor, Gorgias, Ptoléméëet Lysias; reutraen triomphe dans Jérusalem, etpurifia le temple(164). Antiochusayant envoyé contre Judas de nouvelles troupes, illes défit également. Ce roi allait marcher contre lui en personne, à la tète d'une armée formidable, lorsqu'il fut enlevé par une maladie terrible. Antiochus Eupa-tor, successeur d'Ëpiphane, accorda aux Juifs une paix avantageuse ; mais cette paix fut rompue par un nouveau roi de Syrie, Démétrius Soter: Judas, après avoir remporté plusieurs avantages, périt enfin dans un combat, accablé par le nombre, 161.
*MACHABEE (Jonathas), frère du précéd., lui succéda dans le commandement en 161, chassa Bacchidès de la Judée (158), s'allia avec Alexandre Bala, usurpateur du trône de Syrie, puis, après la mort de ce dernier, avec Démétrius Nicator, et quitta éflcore celui-ci pour se déclarer en faveur du jeune Antiochus, fils d'Alexandre Bala. Il soutint fidèlement ce dernier: Tryphon, qui voulait usurper le trône sur ce jeune prince, se défit de Jonathas par trahison, 143.
*MACHABEE (SIMON), frère des deux précéd,, succéda à Jonathas comme prince des Juifs et grand sacrificateur, s'empara de Gaza et fit reconnaître l'indépendance delà Judée par Démétrius Nicator, roi de Syrie. II eut ensuite à soutenir la guerre contre An-thiochus Sidétès, et força les généraux de ce prince à quitter la Judée. Après une administration glorieuse de dix ans, il fut assassiné par Ptolémée, son gendre. — Son fils régna sous le nom de Jean Hyrcan.
*MACHABEE (Éléazar). T. ELEAZAR.
*Le nom àe Machabée, dérivé de l'hébreu Machdb, marteau, fut donné aux membres de cette famille parce qu'ils brisèrent la puissance des rois de Syrie. leurs exploits sont racontés dans les deux livres de l'Ancien Testament qui portent le titre de Machabies,
*MACHABÉES (les), nom de sept frères qui souffrirent le martyre avec leur mère, sous antiochus Epiphane, l'an 168 av. J.-C. Leur crime était d'avoir refusé de manger des viandes consacrées aux idoles; Leur mère, avec un courage admirable, les exhortait à supporter les tourments. ~ Ces jeunes martyrs n'appartenaient point à la famille des précédents.
*MACHADO. Y. BARBOSA DE STACHADO.
*MACHANIDAS, tyran de Lacédémone, usurpa l'autorité l'an 210 av. J.-C, voulut assujettir tout le Péloponèse, mais fut vaincu et tué à Mantmée par Philopœmen, 206 av. J.-C
*[[Machaon (mythologie)|MACHAON]] et SPODAL1RE, célèbres médecins, fils d'Esculape et d'Épione ou Arsinoé, et élèves du centaure Chiron, étaient en même temps guerriers et guidèrent les soldats d'Œchalie au siège de Troie. Machaon y guérit Ménélas, blessé d'un coup de flèche; mais il fut tué par Eurypyle, fils de Télèphe. Podalire, après la prise de Troie, fit naufrage et aborda en Carie, où il;épousa la fille du roi. Les deux frères furent adorés après leur mort.
*MACHAULT, ch.-l. de cant. (Ardennes), à 17 kil. S. O. de Vouziers; 750 hab.
*MACHAULT D'ARNOUVÏLLE (J. B.), contrôleur général des finances, né en 1701, m. en 1794, fit rendre en 1747 un édit fameux connu sous le nom d'Édit de mainmorte, qui « défendait tout nouvel établissement de chapitre, collège, séminaire, maSson religieuse, sans une përmission expresse du roi, et révoquait tous les établissements de ce genre faits sans autorisation juridique. » Nommé en 1749 ministre d'Ëtat,il établit un impôtd'ùn vingtième, gradué sur le prix de ferme des terres, et dont personne n'était exempt. L'année suivante, il succéda à d'A-guesseau dans la charge de garde des sceaux, tout en conservant le contrôle général. Il fit rendre en 17 53 un arrêté pour la liberté du commercé des grains dans l'intérieur de la France. Nommé en 1754, ministre de la marine, il montra dans ce nouveau poste la même activité et la même intelligence que dan» les précédents, arma l'escadre avec laquelle LaGa-lissormîère défit l'amiral anglais Byng et celle qui ferma aux Anglais le chemin du Canada. Mais, attaqué de toutes parts, surtout par le clergé, dont il avait réduit les immunités financières, il fut disgracié la même année, par l'effet des intrigues de Mme de Pompadour (1754). Il vécut depuis dans la retraite, dans»sa terre d'Arnouville, près de Paris. Enfermé en 1794 aux Madelonnettes comme suspect, il mourut dans cette prison.
 
 MACH — 1149 — MACS

*MACHECOUL, ch.-l. de cant. (Loire-inf.), à 32 k. S. O. de Nantes; 1600 hab. Jadis ch.-l. du duché de Retz, cette ville a beaucoup souffert dans les guerres de la Vendée.
*[[Auteur:Nicolas Machiavel|MACHIAVEL]] , Niccolo Macchiavelli , né à Florence en 1469, d'une famille noble, mais pauvre, mort en 1627, fut pendant 14 ans, de 1499 à 1512, secrétaire de la république florentine, chargé de recueillir les délibérations du conseil des dix magistrats suprêmes et de rédiger les traités et la correspondance. Il exerça en cette qualité une grande influence sur les affaires, et remplit plusieurs missions en France, en Allemagne, à Rome. A la suite d'une révolution qui rappela les Médicis dans Florence (1512), il perdit son office. Impliqué peu après dans une accusation de conspiration contre le cardinal de Médicis (depuis Léon X), il fut mis à la torture, puis exilé ; cependant il réussit au bout de quelques années à gagner la confiance des Médicis, et fut employé de nouveau (1521) : Laurent de Médicis le nomma historiographe de Florence. Il avait consacré aux lettres le temps de sa disgrâce, et c'est dans cet intervalle qu'il a composé la plupart de ses ouvrages. Les principaux sont : le Prince, où il enseigne aux tyrans les moyens de réussir, même au mépris de la justice et de l'humanité, et où il expose cette détestable politique qui a reçu depuis le nom de machiavélique : il adressa ce traité manuscrit en 1514 à Laurent de Médicis, devenu depuis peu maître de Florence, afin d'obtenir sa protection ; Discours sur Tile-Live, écrits vers 1516, où il se montre profond penseur, mais où l'on retrouve des doctrines politiques non moins perverses ; Histoire de Florence (de 1205 à 1424), écrite vers 1524 : c'est assurément son meilleur ouvrage; Legazioni, ou relation de ses ambassades; De l'Art de la guerre. On a aussi de lui quelques comédies dont la plus connue est la Mandragore, pièce très-licencieuse, et plusieurs nouvelles, parmi lesquelles on remarque Bel-phégor, qui a été imitée, ainsi que la comédie précédente , par La Fontaine. Ses oeuvres n'ont été imprimées qu'après sa mort. Les éditions les plus estimées sont celles de Florence, 1S13, 8 vol. in-8, et 1818, 10 vol. in-8. Elles ont été trad. par Guiraudet et Hochet, 1799, 10 vol. in-8, et par Périès, 1823-26, 12 v. in-8. Canestrini a publié en 1857 à Florence ses OEuvres inédites, récemment retrouvées. Les écrits de Machiavel sont condamnés à Rome. Le Prince a été réfuté par Frédéric II, sous le titre à'Anti-Machiavel. M. L. J. de Bouille a publié des Commentaires politiques et historiques sur le Traité du Prince deMachiavel et sur l'Anti-Machiavel de Frédéric 11, 1827. Sous le titre de Maàtiavel, son génie et ses erreurs (1833), Artaud de Montor a donné une juste appréciation de son caractère et de ses écrits. Quelque opinion qu'on ait de la moralité do cet homme célèbre, on ne peut lui contester le titre de grand écrivain. On l'a souvent rapproché de Tacite.
*MACUINE (la), bourg de France (Nièvre), à 6 kil. N. O. de Decize; 2000 h. Houille; forges.
*MACHINE INFERNALE. On connaît spécialement sous ce nom une machine meurtrière qui fut dirigée contre le 1" consul Bonaparte le 3 nivôse an ix (24 déc 1800): elle consistait en un tonneau rempli d'artifices et de projectiles, qui devait éclater au moment du passage du consul par la rue St-Nicaise près des Tuileries. L'explosion eut lieu quelques instants après son passage; 46 maisons furent ébranlées et endommagées; il y eut 8 personnes tuées et 18 blessées grièvement. Il fut reconnu que c'était l'oeuvre des royalistes : Carbon, St-Réjant, agents de 3eorge Cadoudal, furent exécutés ; Limoëlan, leur complice, échappa.
*On a aussi appliqué le nom de Machine infernale à l'appareil employé par Fieschi pour exterminer d'un seul coup toute la famille royale. V. FIESCHI.
*MACEÊJOWICE, vge de Pologne, à 60 k. S. O. de Siedlec.sur l'Ockrzeicza. Les Polonais,commandés par Kosciuszko,y perdirentle 10 oct. 1794 une bat.décisive.
*MACINE (le), historien arabe. V. ELMACIN.
*[[Karl Mack||MACK. (Ch., baron de)]], général autrichien, né en 1752 en Franconie, m. à Vienne en 1828, avait fait avec distinction plusieurs campagnes, notamment celles des Pays-Bas contre la-France en 1792 et 93, lorsqu'il fut envoyé en Ï798 à Naples par l'empereur d'Autriche pour commander en chef l'armée napolitaine qui marchait contre les Français, maîtres de Rome. Il se fit battre honteusement par Macdonaldet Championnet, puis tomba entre les mains de l'ennemi. Laissé prisonnier sur parole à Paris,il s'échappa. Chargé d'un nouveau commandement en Bavière, en 1806, il se laissa cerner par Napoléon et enfermer à Ulm, et fut forcé de se rendre à discrétion avec 30 000 hommes. Il fut condamné à mort; mais la peine fut commuée et il fut détenu 2 ans au Spielberg.
*MACKAU (Armand, baron de), amiral français, né à Paris en 1788, d'une famille originaire d'Irlande, m. en 1855, s'empara en 1811, n'étant encore qu'enseigne, d'un brick anglais beaucoup mieux armé, fut en récompense promu immédiatement au grade de lieutenant de vaisseau, et fut nommé capitaine de frégate dès l'année suivante, après avoir capturé plusieurs corsaires. Chargé depuis, la paix de plusieurs missions, il s'en acquitta avec succès : il dirigea notamment les négociations avec Haïti, porta en 1825 au Port-au-Prince l'ordonnance qui reconnaissait l'indépendance de la colonie et sut aplanir les difficultés qui se présentaient dans l'exécution. Il fut, à son retour, investi, avec le grade de contre-amiral, du commandement de là station des Antilles, obtint de la Nouv.-Grenade, sans coup férir, la réparation d'une insulte faite au consul français (1833), signa en 1840 avec le gouvernement de La Plata un traité destiné à mettre un terme aux différends survenus entre cette république et la France, et fut bientôt après nommé vice-amiral et pair de France. Appelé en 1843 au ministère de la marine, il s'attacha surtout à augmenter la flotte, à développer la marine à vapeur, à hâter, mais avec prudence, l'affranchissement des noirs, et fut élevé en 1847 à la dignité d'amiral. D'un caractère bon, généreux et sûr, administrateur aussi consciencieux qu'éclairé, le baron de Mackau joignait à la dignité et à l'autorité du commandement la bienveillance et l'affabilité qui font aimer.
*MACKENZIE (le), fleuve de l'Amérique septentrionale, sort du lac de l'Esclave à l'O., arrose le pays des Grands Esquimaux en coulant au N. O., et tombe dans l'Océan Glacial arctique par 136° long. O., 69° 14' lat. N. ; cours, 1200 k. Exploré en 1789 par Alex. Mackenzie et en 1825 par John Franklin.
*MACKENZIE (George), jurisconsulte écossais, né en 1636 à Dundee, dans le comté d'Angus, m. en 1691, vint étudier à l'Université de Bourges, acquit une grande réputation au barreau d'Edimbourg, et fut choisi comme défenseur par le marquis d'Argyle,accusé de trahison (1661); devint ensuite juge d'une cour criminelle, avocat du roi, et enfin l'un des lords du conseil privé en Ecosse; il montra dans ces fonctions un tel zèle pour la cause du roi que les Cove-nantaires l'appelaient l'Avocat sanguinaire. Après la révolution de 1688, il quitta l'Ecosse et se retira en Angleterre. On a de lui un grand nombre d'ouvrages de jurisprudence, de théologie et de morale, réunis à Edimbourg, 1716, 2 v. in-fol. ; on y remarque VA-rétin ou le Borna» sérieux; Religio stoïci; Moral gallantry; llist. morale de la Frugalité. Il avait fondé à Edimbourg la bibliothèque des avocats.
*MACKENZIE (H.), écrivain, né à Edimbourg en 1745, m. en 1831, fut avocat général à la cour de l'échamer d'Edimbourg, puis contrôleur des taxes en Ecosse. On lui doit plusieurs compositions pleines de grâce et de délicatesse, entre autres, l'Homme sentimental(ThejUanoffeeling),ncmvéQ.&, 1778; l'Homme du monde, qui fait suite à l'Homme sentimental; Julia de Roubigni, roman en forme de lettress Il publia deux journaux dans le genre du Spectateur qui eurent un grand succès : le Miroir et l'Oisif {the lownger). H s'essaya aussi, mais avec moins de bonheur, dans le genre dramatique. H. Mackenzie donna lui-même une édit. de ses OEuvres, 8 vol. in-8, Êdimb., 1808.
 
 MâCO	— 1150 —	MACR

*KACKENZIE (Alex.), voyageur anglais, né vers 1760, alla de bonne heure au Canada pour y faire le commerce des pelleteries, découvrit dans ses excursions le fleuve qui a conservé son nom (1789), entreprit le premier, ep 1792, de traverser l'Amérique septentrionale dans toute sa largeur, réussit à exécuter ce hardi projet : il parvint en juillet 1793 sur les côtes du Grand Océan, par52°21'lat. N. La relation de son voyage fut publiée à Londres en 1801, si trad. en français dès 1802, par Castéra, Paris, 3 vol. in-8.
*MACK.INTOSH (sir James), écrivain écossais, né à Dores (Inverness) en 1765, m. en 1832, étudia d'abord la médecine, puis les lois, prit la défense de la Révolution française contre les attaques de Burke dans un livre intitulé: Yindicim gaUictmœ (1791), qui eut un grand succès et lui valut l'amitié deFo*; puis se produisit au barreau où il eut à plaider une cause célèbre, celle de Peltier, poursuivi pour un libelle contre le I" consul (Bonaparte) ; fut envoyé en 380% aux Indes avec le titre de juge au tribunal de 'Bombay; revint en Angleterre en 1811,entra au Parlement l'année suivante et fut un des promoteurs de la Réforme parlementaire. On a de lui: une Histoire de la révolution de 1688; une Bist. d'Angleterre; des Mélanges philosophiques, trad. par L. Simon; un Essai sur lesprogrès de laphilosophieinorale (trad. par Poret, Paris, 1836) : dans ce dernier ouvrage, il rapporte l'approbation morale, non àun jugement de la raison, mais à un simple sentiment, à une émotion toute spéciale.
*MAC-LAURIN (Colin), mathématicien écossais, né en 1698, à Kilmoddan près d'Inverary, m. en 1746, obtint dès 1717 la chaire de mathématiques au collège Maréchal, à Aberdeen, et fut plus tard adjoint à Gre-gory dans l'Université d'Edimbourg. Il publia à 22 ans un traité sur les courbes, qui étonna Newton lui-même; il partagea en 1740, avec Daniel Bernouilli et Euler, le prix proposé par l'Académie dessciences de Paris pour un mémoire sur le flux et le reflux de la mer. Il a laissé, entre autres ouvrages, Geometria or-ganica, Londres, 1720; Traité des (luxions (en anglais), 1742, trad. par le P. Pézenas, 1749; Traité d'algèbre, trad. par Lecozic, 1753; Découvertes -philosophiques de Newton, 1748, trad. parLavirotte, 1749.
*MACLOU ou WALO (S.), né au pays de Galles, dans la vallée de Lian-Carvan, à la fin du V siècle, vint vers l'an 520 prêcher la foi dans l'Armorique (Bretagne) , et se fixa près de la ville nommée à cette époque Aleth, et qui depuis reçut, en souvenir de lui, le nom de St-Malo. Après avoir éprouvé quelques persécutions de la part du roi Hoël, il fut élu en 541 èvêque d'Aleth. Il se démit dans la suite de ses fonctions pastorales pour aller faire de nouvelles conversions, et mourut à Saintes en 565. D'autres le font vivre plus tard et placent sa mort en 612 ou 627. On le fête le 17 nov. De nombreuses églises lui sont consacrées.
*MÂCON, Matisco, ch.-l. du dép. de Saône-et-Loire, sur la r. dr. de la Saône, à 401 kil. S. E. de Paris (411 par ch. de fer), à 67 kil. N. de Lyon; 18 006 h. Tribunaux de l" inst. et de commerce, lycée, école normale primaire, école de dessin et d'horlogerie, bibliothèque; société des sciences, arts, lettres et agriculture. Ancien palais épiscopal (Maçon avait jadis un évêché), église de St-Vincent, hôtel de ville, Hôtel-Dieu ;beau quai, pontsur la Saône, fort ancien, qu'on attribue, mais à tort, à J. César, restes d'un arc de triomphe. Fabriques d'étoffes de laine et de velours, d'horlogerie, de quincaillerie. Grand commerce de vins de Maçon, Thorins, Pouilly«t autres; raisiné dit de Cotignac, etc. Patrie de Seneçày, Dom-bey, Lamartine. — ?ille fort ancienne, qiji existait du temps de César, et appartenait aux Eduëns; souvent ravagée par les Barbares, notamment par Attila, et conquise par les Bourguignons. Réunieà l'empire de Charlemagne, puis au roy. d'Arles (877), elle eut des princes particuliers à partir du x« siècle. Alix, héritière du comté, épousa Robert de Dreux, qui le vendit à S. Louis en 1238. En 1435, Charles. VII céda le comté à Philippe le Bon, duc de Bourgogne ; mais Louis XI le réunit à la couronne après la mort de Charles le Téméraire (1477). Mâcôn fut dès le V siècle le siège d'un évêché, auj. supprimé; il s'y tint
2	conciles au vr siècle. Le Calvinisme y pénétra en 1559: aussi eut-elle à souffrir pendant les guerres de
religion : enlevée par surprise par les Catholiques en 1562, elle fut reprise en 1567 par les Protestants,
qui en furent chassés la même année. Le 9 mars 1814 un combat s'y livra entre les Français et les alliés.
*MACON (Comté de) MACONNAIS, un des 4 comtés annexes du duché de Bourgogne, entre le Caâlonnais au N., la Bresse à l'E., le Lyonnais au S., le Brion-nais et le Charolais à l'O, Places principales : Mâcon, St-Gengoux, Tournas, Cluny. Il forme auj. l'arrond, de Mâcon dans le dép. de Saône-et-Loire. 
*BÏACORABA, nom latinisé de LA MECQUE, 
*MACGUBA (LE), v. de la Martinique, sur la côte N. à 20 kil. N. deSt-Pierre; 2250 hab. Sucre, cacao, café, tabac fort renommés.
*MAÇOUD. V. MAS'OUO.
*MACPHERSON (James), écrivain, né en Î738 en Ecosse, dans le eomté d'Inverness, m. en 1796, publia en 1760 quelques Poésies d'Ossïan, ancien barde écossais, traduites de l'aneiemie langue gaélique et compléta cette publication en 1762 par le pogme de Fingal, en 1763par celuida Têmora. Ces poésies eurent un succès prodigieux et passèrent aussitôt dans toutes les langues de l'Europe; mais il s'éleva une vive controverse sur leur authenticité. Il parait que l'existence de poésies gaéliques est incontestable; Macpherson n'eut d'autre tort que de paraphraser l'original, d'en adoucir quelquefois la rudesse, et de remplir les lacunes par des passages de son invention. Pour lever tous les doutes, il légua à E. Màckensie la somme nécessaire pour publier le texte original d'Ossian (V. ce nom). Macpherson a aussi composé une traduction de l'Iliade, espèce de paraphrase qui a eu peu de succès, une Introduction. A l'Histoire de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, et une Histoire de la Grande-Bretagne, depuis la Restauration jus-qu'àl'avènement de la maison de Hanovre, ouvrages estimés, mais écrits au point de vue des tories. Il avait été nommé en 1764 secrétairedu gouverneur de la Floride orientale. En 1780 il fut élu député à la Chambre des Communes, mais U y garda presque constamment le silence.
*MACQUARIE, riv. de l'Australie (Nouv.-Galles mé-rid.), formée delaréunion du Fish-River etduCamp-bell's-River, par 147° 15' long. E., 33» 30' lat. S., sort des Montagnes Bleues et se perd dans des marais au centre du continent. On lui donne 1100 kil.
*[[Pierre Joseph Macquer|MACQUER (P. Joseph)]], chimiste, né a Paris en 1718, m. en 1784, était professeur de pharmacie à Paris, et membre de l'Académie des sciences. Il fit des découvertes importantes en chimie, mais il refusa de se rallier aux doctrines nouvelles de la science et combattit Lavoisier. Il a laissé plusieurs Ouvrages qui ont été longtemps classiques. Les principaux sont : Éléments de chimie théorique et pratique, Paris, 1756, vol. in-12; .Dictionnaire de chimie, 1778,2 vol.in-4. Macquer a rédigé dans le Journal des Savants, de 1768 à 1776, tout ce qui concerne les sciences naturelles. C'est lui qui introduisit a Sèvres, en 1768, la fabrication de la porcelaine de Saxe.
*MACRA, auj. la Hagra, petiie riv.d'Italie, formait la limite entre la Liguxie et l'fitrurie. _ ym jfAGa*.
 
 MADA —  1151  — MABE

*MACRI, v. de Turquie. V. MAKRI.
*MACRIEN, M. Fuîvius Macrianus, un des 30 ty-jansqui prirent la pourpre sous Gallien, s'était élevé par son mérite aux premiers rangs de la milice, et avait été chargé par Valérien de l'administration de la Syrie pendant l'expédition de cet empereur contre les Perses. A la nouvelle de la captivité de Valérien, il prit la pourpre en Syrie (260), passa la mer et s'avança jusqu'en Illyrie; mais là 11 fut battu par Auréole (261) et se fit tuer par ses officiers. Il s'était associé ses deux- fils, Macrien le jeune et Quiétus : le premier périt avec lui ; le deuxième fut tué dans Émèse où l'assiégeait Ôdénat. La Vie de Macrien et de ses deux fils a été écrite par Trebellius Pollio.
*MACRIN.if. Opilius Macrinus, empereur romain, né en 164 à Césaréeen Numidie, était préfet du prétoire sous Caracalla. Proclamé par l'armée quelques fours après l'assassinat de Caracalla, dans lequel on le soupçonne d'avoir trempé (217), il signala son avènement par de sages mesures; mais son extrême sévérité souleva bientôt contre lui une partie des soldats.Une légion d'Émèse salua Héliogabale empereur, et Macrin fut tué par ses propres soldats près d'Ar-chélaïde, en Cappadoce, 218. Il s'était associé Diaduménien, son fils, qui périt avec lui.
*MACROBE, Ambrosius Aurelius Theodosius Macrdbius, écrivain Latin du v° siècle, était en 422 grand maître de la garde-robe {pr.sefectus cubiculï) de Théo-dose le Jeune : c'est tout ce que l'on sait sur sa vie. On a de lui un Commentaire sur le Songe de Scipion de Cicérou, et les Saturnales, en 7 livres, qui offrent, sous forme d'entretiens, un mélange curieux de science littéraire, de philosophie et d'antiquités. Un troisième ouvrage de Macrobe : Des différences et des analogies des mots grecs et latins, ne nous est pas parvenu tel qu'il l'avait composé : on n'en a qu'un abrégé. La latinité de Macrobe est médiocre ; il copie souvent Sénèque et d'autres auteurs; mais son livre des Saturnales est utile par les particularités qu'il nous apprend sur les Romains. Comme philosophe, il appartient à l'école platonicienne : on trouve dans ses écrits de nombreux emprunts faits à Plotin. Les meilleures éditions de cet auteur sont celles de Leyde, 1670 ; Tariorum, Leips., 1774 (due à Gronovius) ; deL. -Ja-nus, Leips., 1848-52. Ses œuvres ont été traduites par Ch. de Rozoy,,1827, et se trouvent, avec de nouvelles traductions,dans les collections Panckoucke et Nisard.
*MACROBIENS (c-à-d. Qui a une longue vie), peuple fabuleux qui vivait, disait-on, jusqu'à mille ans. On les place tantôt dans l'île de Méroé, tantôt en Ë-thiopie sur les bords de la mer.
*MACRON, Nssmus Sertorius Macro, favori de Tibère, présida à l'arrestation et au supplice de Séjan, et fut récom pensé par la dignité de préfet du prétoire. Lorsque Tibère approcha de sa fin, Macron engagea Caligula à prendre possession du gouvernement pendant l'agonie même de l'empereur; voyant que Tibère revenait à la vie, il le fit étouffer. Son crédit ne fut pas de longue durée : dès l'année suivante, Caligula l'impliqua dans une conspiration et l'obligea, ainsi que sa femme, à se donner la mort, l'an 38 de J.-C.
*MACTA (la), c-à-d. le gué, cours d'eau de l'Algérie (prov. d'Oran), formé par la réunion de l'Ha-brah, du Sig et de l'Hammann, se jette dans la Méditerranée entre Arzew et Mostaganem. Le général Trézel, combattant Abd-el-Kader, subit un échec près de son embouchure (28 juin 1835): on raconte que des batteries d'artillerie entières ont disparu dans les marais. Grands travaux d'aménagement ( assèchement ) fin des années 1950 ; à cette même époque le bruit courut qu'un crocodile vivait dans cette zone : il semble qu'un cadavre de crocodile ait été retrouvé à cette époque

===MAD===
*MADAGASCAR, MenulhiasP grande île de la mer des Indes, à 600 k. de la côte orient, de l'Afrique australe, dont elle est séparée parle canal de Mozambique; 1700 k. duN. E. au S. O.sur 580 de large; env. 5 000 000 d'h. Lieux princip.; Tananarive, capit.; Ta-matave, Tintingue, Foulpointe. Les monts Amhosté-mènes et Bétanimènes la parcourent du N. au S. et s'élèvent à 3000 et 4000". Beaucoup de rivières. Climat beau, très-chaud, mais meurtrier pour les Européens sur les côtes. Sol d'une fertilité admirable, et -jui donne des produits particuliers à l'île, mais très mal cultivé; mines de cuivre, plomb, étain, mercure, fer, etc. (non exploitées,, sauf celles de fer). Les habitants, les Madécasses ou Malgaches, sont divisés en peuplades et tribus nombreuses : IesOvas, les Séclaves, les Antavars, les Betimsaras, lesAnta-cimes, les Bétanimènes sont les principales. On les croit de race malaise. Leur langue estricheet douce, leur culte très-simple. Bien que noirs, ils ont de beaux traits. — Connue des anciens, citée au xme siècle par Marco Polo, Madagascar fut visitée en 1506car le Portugais Lorenzo d'Almeida. Elle attira dès la fin du xvi* siècle l'attention de la France : Henri IV y fit construire un fort dans l'anse Dauphine: les Français y eurent quelques comptoirs depuis 1642 et un êdit de 1686 déclara l'île une dépendance de la couronne. Le comte Beniowski y fut envoyé en 1774; mais, ayant voulu se rendre indépendant, il fut combattu par la France même, et son établissement détruit, 1786. Depuis 1815, les Français ont occupé de nouveau quelques points (Tintingue, Tamatave, Foulpointe), mais ils les ont abandonnés en 1831, après une guerre malheureuse contre les Ovas, suscitée par les Anglais. Longtemps divisée en une foule de petits Etats, Madagascar, au commencement du xix" siècle, est devenue à peu près un royaume unique, grâce au génie du chef Radama : le paysd'Anossi et quelques districts échappèrent seulsàsa domination; il fit de Tananarive sa«xésidence. Sa veuve Ranavalo, qui lui succéda en 1828, signala son règne parla haine de l'étranger et par des persécutions contre nos missionnaires. Son fils Radama II, parvenu au trône en 1861, s'était rapproché des Européens, mais il fut assassiné dès 1863.— Macé-Descartes a donné VHist. de Madagascar, 1846.
*MADAME, titre que l'on donnait jadis en France à l'aînée des filles du roi, ou à la princesse du sang la plus rapprochée du trône, sans ajouter à ce titre le nom propre. On connaît surtout sous ce nom Henriette-Anne d'Angleterre, duchesse d'Orléans, fille de Charles I, roi d'Angleterre, et petite-fille de Henri IV, dont Bossuet prononça l'oraison funèbre, et Marie-Thérèse, fille de Louis XVI, et femme du duc d'Angoulême.
*MADAPOLLAM, v. de l'Inde anglaise (Madras), dans le pays des Circars sept., à 49 kil. N. E. de Ma-sulipatnam, et à l'O. des bouches du Godavery. Étoffes de laine, étoffes de coton, connues sous le nom de madapollam : elles sont plus fermes et plus lisses que le calicot ordinaire.
*MADAURE , Madaurus , v. d'Afrique propre, au centre, sur le Bagradas. Patrie d'Apulée.
*MADDALOM, Suessula, v. d'Italie, dans l'anc roy. de Naples (Terre de Labour), à 16 kil. S. O. da Capoue ; 11 000 h. Collège. Aux env., bel aqueduc
*MADÉCASSES, habitants-de MADAGASCAR.
*MADEIRA (la), riv. de l'Amérique du Sud, le-plus grand affluent de l'Amazone, se forme en Bolivie de la réunion du Guaporé et duMamoré, coule d'abord au N., entre dans le Brésil, tourne vers le N. E., reçoit le Guapey, le Sara, le Jamary, le Jeuparana, l'Axia, le Capana, et se joint à l'Amazone par plusieurs branches. Cours, 1780 kil.
*MADELEINE (Ste MARIE), Maria Magdalena,îemme galiléenne, née à Magdalum, sur les bords du lac de Génésareth, avait longtemps vécu dans le désordre; mais, à la vue des miracles dé Jésus, elle se repentit de ses péchés, se convertit et obtint son pardon. Depuis cette époque, elle suivit assidûment Jésus : elle assista à sa passion et'à son ensevelissement; elle apprit sa résurrection au moment où elle portait des parfums pour embaumerson corps, et l'annonça à S. Pierre et à S. Jean. On croit en Provence qu'elle finit sa vie à la Ste-Baume. On la fête le 22 juillet.
*MADELEINE DE PAZZI (Ste), carmélite, née à Florence en 1566, de l'illustre famille des Pazzi, morte en 1607, se distingua par son humilité, ses mortifications et son ardent amour pour Dieu. Elle a laissé des OEuvres spirituelles qui ont été recueillies par le P. Salvi, Venise, 1739. On l'honore le 25 mai. Sa Vie, écrite en italien par le P. Puccini, a été traduite en français par Brochaud, 1670.
 
 MADF	— 1152 —	MÀDR

*MADELEINE (la), une des plus belles églises de Paris, à l'extrémité O. des boulevards du Nord, tire son nom de ce qu'elle est placée sous l'invocation de Ste Madeleine. C'est un monument d'architecture grecque; elle a deux façades, ia principale au S., en face de la rue Royale, l'autre au PL,, en face de la rue Tronchet, et est entourée de 52 colonnes corinthiennes cannelées. Le fronton qui surmonte la façade principale offre un superbe bas-relief, œuvre de Le-maire, qui représente le jugement dernier. — La Madeleine fut commencée en 1764; la Révolution en interrompit les travaux. Napoléon I lésât reprendre en 1807, pour faire de l'édifice un templede la Gloire, dédié à la grande armée. Le monument était fort avancé quand arrivèrent les événements de 1814. La Restauration le rendit à sa destination primitive: l'église fut consacrée en 1842. Les architectes qui ont successivement coopéré à sa construction sont Coûtant d'Ivry, Couture, Yignon et Huvé.
*MADELEY, v. d'Angleteire (Shrop), sur la Sa-verne, à 22 kil. S. E. de Shrewsbury, 8000 hab. Fonderies de fer. A 3 kil. de là, pont de fer de Coal-brook-Dale, sur la Saverne. Charles II, après sa défaite à Worcester, se réfugia dans cette ville.
*MADELONNETTES (Les), maison religieuse de Paris, destinée à servir d'asile aux filles repentantes, et placée sous l'invocation de Ste Madeleine, est sise rue des Fontaines, entre les rues du Temple et St-Martin. Elle fut fondée eu 1618 par Robert de Montry, et dotée par la marquise de Maignelay, sœur du cardinal de Gondi, et par le roi. Des religieuses de la Visitation de St-Antoine en eurent la direction. Pendant la Révolution, elle servit de pri-' son politique. C'est auj. une maison de détention pour les filles de mauvaise vie.
*MADEMOISELLE, titre par lequel on désignait en France la fille atnée du frère du roi. On connaît surtout sous ce nom la duchesse de Montpensier, fille de Gaston, duc d'Orléans, frère de Louis XIII.
*MADÈRE, Hadeira, lie de l'Atlantique, à 690 kil. de la côte occid. de l'Afrique sept,, par 12° 37' long. O., 32° 45' lat. N., forme avec quelques autres îles plus petites le groupe de Madère : elle a près de 1000 k. carr.; et env. 130 000 hab. ; capit. Funchal. Elle est hérissée de montagnes (parmi lesquelles le pic Ruivo, qui a 1900"); l'Ile est le produit d'un volcan, auj. éteint, et est encore exposée aux tremblements de terre. Climat chaud et très-sain, printemps perpétuel, ce qui fait recommander le séjour de Madère aux phthisiques; sol fertile; vins célèbres (madère sec, madère-malvoisie dit Malmsey; sercial, tinta). — Vue dès 1344, dit-on, parunmarm anglais, elle ne futvéritablementdécouverte qu'en 1418, par les Portugais J. Gonzalez, Zarco, Texeira et Pares-trello : elle resta depuis au Portugal. Ce n'était alors qu'une immense forêt (d'où son nom qui veut dire bois, pays boisé) : on y mit le feu (1421), et l'incendie dura 7 ans. La vigne et la canne à sucre plantées sur les cendres réussirent au delà de toute espérance. Les Anglais se sont emparés de Madère en 1801, sous prétexte qu'elle pouvaitêtre occupée par la France; ils l'ont aussi possédée de 1808 à 1814. Auj., bien qu'appartenant nominalement au Portugal, cette Ile diffère peu d'une possession anglaise .presque tout le commerce est entre les mains des Anglais.
*MADEUNO (Ch.), architecte, né en 1556 à Bis-sona en Lombardia, mort à Rome en 1629, termina à Rome l'église de St-Jacques des Incurables, que '?'ranç. Volterra avait laissée imparfaite; construisit ie dôme et le chœur de St-Jean des Florentins, fit la façade de Sle-Su%anne, obtint le titre d'architecte de St-Pierre, fut chargé par le pape Paul V d'achever cette célèbre basilique, dont il fit le frontispice, et construisit une foule d'autres édificesà Rome, parmi lesquels le palais Maffei, son chef-d'œuvre.
*MADFOUNEH (c.-à-d. yills enterrée), village de la Hte-Égypte, sur un canal, à la gauche du Nil, pat 26° 20' lat. N., 29° 40' long. E. Ruines à.'Abydos.
*MADGYARS, une des tribus sorties de l'Oural qui furent conduites par Argad en Hongrie au jj* siècle, était probablement la principale. Son. nom devint celui de toute la nation : c'est encore ainsi que les Hongrois se désignent eux-mêmes aujourd'hui.
*MADIAN, auj. Midian,v, anc. de l'Arabie, au N. E. de la mer Rouge et sur lés bords du golfe le plus oriental de cette mer (golfe Élanitique), était la capitale d'une peuplade de Madianîtes distincte de celle qui habitait à l'E. du lac Asphaltite. C'est à Madian qu'habitait Jéthro, beau-père de Moïse; c'est là aussi que se réfugia le prophète.
*MADIANITES, Maiianitx, peuple arabe, issu de Madian (fils d'Abraham et de Cêthura), habitait au S. des Moabites, à l'E. du lac Asphaltite, et menait la vie nomade et pastorale. Les Madianites étaient idolâtres; leurs filles, envoyées par eux auprès des Hébreux pour les séduire, y réussirent un moment. Les Madianites tinrent sept ans les Hébreux en servitude (1356-49) ; ils furent défaits par Gédéon. — Une autre peuplade de Madianites habitait au N. E. de la mer Rouge et avait pour capitale Madian. V. ce nom.
*MADISON (James), président des Etats-Unis, né en 1758 à Montpellier (Virginie), m, en 1836, était avocat. Il combattit en 1784 la proposition d'établir une religion dominante aux États-Unis, participa en 1786 à la rédaction de la constitution, fut élu presque à l'unanimité président en 1809, fit déclarer la guerre à l'Angleterre en 1812; fut réélu en 1813, continua la guerre avec succès, et'signa le traité du 24 déc 1814 qui fixait la limite septentrionale des États-Unis au lac Hudson et au lac Supérieur, En 1817» il quitta la présidence et se retira dans son pays natal, il protégea les sciences; on lui doit l'érection de l'Université de Virginie. — Plus de vingt^villes ou comtés des États-Unis ont pris le nom de Madison en l'honneur de l'ancien président : on connaît surtout une V. de l'Indiana, cn.-l. du comté de Jefferson, sur la r. dr. de l'Ohio, entre Indianopolis et Vincennes; 4000 h.
*MADJD-EDDAULABt (Abou-Taleb Roustem), le dernier des Bouides qui régnèrent sur la Perse centrale, succéda, sous la tutelle de sa mère Seïdah, à son père Fakhr-Eddaulah. en 997. Il ne tarda pas à dépouiller sa mère de toute autorité et prit pour minisire le fameux Avicenne. Il fut sans cesse attaqué par Mahmoud, sultan dé Ghazna, qui finit par s'emparer de sa personne et de ses États, en 1027.
*MADJICOSIMAH, groupe d'îles de l'empire chinois, dans le Grand Océan Êquinoxial, au S. O. de l'archipel de Liéou-Khiéou, et à l'E. de Formose. Thé, canne àsucre, poivre; arbresàvemiset encens.
*MADOURA. 7. MADURA.
*MADRAS, v. de l'Hindoustan, ch.-l. de la Présidence de Madras, sur la côte de Coromandel, par 77° 5(5" long. E., 13° 4'lat. N., àlûîi kil. N. de Pondiehéri, à 1630 kil S. O. de Calcutta ; 500 000 hab. Évêché anglican, cour suprême. La situation de Madras est peu favorable au commerce : le terrain aux environs est sablonneux, aride et sans eau. On y distingue l&Vitte-Blanche, aumilieu de laquelle s'élève le fort St-George (une des plus fortes places de l'Inde); et X&Ville-Noire infiniment plus grande et plus populeuse. Un canal lajointàl'Ennore. Beaucoup de pagodes, minarets mosquées, maisons à toits plats (qui donnent à la v illc un aspect bizarre). Quelques monuments: palais du gouvernement, douane, cour de justice, église Sl-Georgc, collège, fondé en 1812, observatoire, jardin botanique ; société asiatique, plusieurs journaux. Industrie active pour tous les tissus de coton, notamment pour les étoffes de couleur connues sous le nom de madras; très-grand commerce (inférieur pourtant à celui de Calcutta et de Bombay): outre les madras, on exporte coton brut, indigo, perles, écailles, tabac, etc.—Madras était jadis là capit. du Karnatic Les Anglais se la firent céder en 1639 par le radjah de Bid-janager : c'est le 1" établissement qu'ils aient eu dans l'Inde; ils en firent le ch.-l. de leurs possessions. La-bourdonnais la leur enleva en 1746, mais la paix d'Aix-la-Chapelle la leur rendit (17.48). Lally voulut la reconquérir en 1759, mais il échoua. Madras, depuis ce temps, h'a pas cessé d'appartenir à l'Angleterre. — La présidence de Madras, une des grandes divbions de l'Inde anglaise immédiate, est formée surtout des parties E. et S. E. de la péninsule, et est située entre les présidences de Bengale et d'Agra au N., les roy. de Nagpour, du Nizam et la présidence de Bombay au N. 0., le golfe d'Oman àl'O., la mer des Indes et le golfe de Manaar au S., et le golfe de Bengale à l'E. Elle comprend, outre le Kar-natic et le pays des Circars du Nord, des portions considérables du Koïmbatour, du Maïssour, du Malabar, du Kanara et du Balaghat, et compte environ 22 millions d'hab. Elle est subdivisée en 22 districts, et renferme, outre Madras, sa capitale, les villes de Nellore,Tritchinapali, Madura, Koïmbatour, Seringa-patam, Calicut, Cochin, Mazulipatam, Gandjam, etc. 
*MADRID, Mantua Carpeianorum, puis Majoritum et Madritum, capitale de l'Espagne, ch.-l. de la Nouv.-Castille et de la prov. de Madrid, au centre du pays, sur la r. g. du Mancanarez, par 5° 53' long. O., 40° 35' lat. N., à 1400 kil. S. S. O. de Paris; 475000 h. Madrid e,-t le siège du gouvernement, des Cortès législatives et des administrations centrales. Évê-ché; université, qui était précédemment à Alcala de Hénarès. Mur d'enceinte, percé de 15 portes; rues larges, propres, régulières, mais mal pavées (les plus belles sont celles d'Alcala, qui est plantée d'arbres, d'Atocha, de San-Bernardino, de Toledo, de Fuen-carral); 42 places (entre autres la Piaza-Mayor, celle du Palais-Royal, celle du Soleil, et la place destinée aux combats des taureaux, hors de la ville, avec une arène autour de laquelle peuvent se ranger sar des gradins 17000 personnes). Principaux monuments : palais de Buen-Retiro, palais des Conseils, musée, hôtel des postes, douanes, Buenavista, arsenal, monnaie, etc. ; pont de Sêgovie sur le Mancanarez, arc-de-triomphe d'Alcala; 5 théâtres, belles promenades (le Prado, la Florida, les Délices, Campo-Grande); églises nombreuses, mais peu remarquables; plusieurs chemins de fer. Acad. des sciences (fondée en 1849), des beaux-arts, de la langue espagnole, de l'histoire d'Espagne, d'économie, de médecine ; 7 bibliothèques (la bibliothèque royale est une des plus riches de l'Europe); riche collection de tableaux des meilleurs maîtres espagnols, italiens, français et flamands; observatoire, jardin botanique; musée des sciences naturelles, musée d'artillerie; conservatoire des arts et métiers; collège de chirurgie, écoles de médecine, de pharmacie, des ingénieurs ; institut de St-Isidore (espèce d'université), etc. Manufactures royales de salpêtre,porcelaine, tapisseries, cartes à jouer; fabriques de chapeaux, étoffes de soie, broderies, orfèvreries, quincailleries, imprimeries, etc. Commerce médiocre. — Madrid n'était qu'un village au temps des Romains : elle fut prise par les Maures, qui la fortifièrent et lui donnèrent son nom actuel; Alphonse VI la leur reprit en 1083. Henri III, roi de Castille, la répara et l'agrandit vers 1400. Philippe II en fit la capitale de tout le royaume en 1560, à la place de Tolède. N'étant point place de guerre, cette ville a été souvent occupée, sans pouvoir opposer de résistance: les Fiançais y entrèrent en 1808, en 1809, en 18i2, et ne l'abandonnèrent définitivement qu'en 1813. Lope de Vega, Calderon, Quevedo, Moratin, etc., sont nés à Madrid. Il se forma dans cette ville une école célèbre de peinture qui a pour chef Velas-quez. — On connaît sous le nom de Traité de Madrid un traité signé à Madridle 14janv. 1526 entre Charles-Quint et François I captif : en retour de sa liberté, le roi cédait à l'empereur le duché de Bourgogne, le comté de Charolais, avec les seigneuries de Noyers, de Château-Chinon et la vicomte d'Auxonne, renonçait à toute prétention sur Naples, Milan, Gênes et itii, à la suzeraineté de la Flandre et de l'Artois, promettait d'épouser Êléonorê, sœur de l'empereur, et recevait en grâce le connétable de Bourbon. Ce traité ne put être exécuté. V. FRANÇOIS I.
 
 MADR	— 1153 -	MAFF

*MADMP (Intendancede),une des cinq intendançes de . la Nouv. Castille, au N. de celle de Tolède; villes princ, Madrid, ch.-l.; Léganès, Gétafe. Env. 500000*hab. .
*MADURA ou MADURÉ, v. de l'Inde anglaise (Ma
dras), ch.-l. du district de son nom, dans l'anc Kar-
natic, à 430 k. S. Ô. de Madras, eià 100 k. S. O. de
Tritchinapali ; 20000 h. Jadis beaucoup plus peuplée.
C'est une des villes les plus anciennes et les plus sa
crées de l'Inde: célèbre temple dit Çahlari. On croit,
que c'est là Modura de Ptolémée. Démantelée parles
Anglais en 1801.	,	.       '
*MADORA, une des Iles de la Sonde, à l'O. et près de ' Java, 150k.sur40; 150000h. (dont 150Q0Chinois);' ch.-l. Madura, sur la côte E. Bon port. B,elle végétation, riz, cocos, etc. ; nids d'hirondelle. Aux Hollaa-' dais depuis 1747; elle dépend du gouvt de Java.
*M.32LAR (lac), lac de Suède, au N. O. de Stockholm-et de Nikœping, communique avec la mer Baltique et le lac de Hiaslmar : 90 k. sur 40; il renferme environ 1260 petiles îles. On trouve sur les bords de ce lac plusieurs villes, entre autres Veste ras et Upsal, ainsi que plusieurs châteaux royaux (Drottningholm, Svartsjoe, Gripsholm, Rosersberg) et d'innombrables maisons de campagne. Il est sillonné en été par un grand nombre de bateaux à vapeur et de canots.
===MAE===
*MAEL-CARHAIX, ch.-l. de c (Côtes-du-Nord), à 45 k. S. O. de Guingamp, à 13 E. de Carhaix; 226 h.
*MAELSTROM (c-à-d. Courant qui moud), gouffre de l'Océan Glacial arctique, par 9° 20' long. E., , 67° 20' lat. N., sur la côte de Norvège, près de l'Ile Moskœ, une des Loffoden. Très-dangereux : il a beaucoup augmenté ces dernières années.
*MAELZEL (Léonard), mécanicien, né à Ratisbonne en 1776, m. à Vienne en 1855, a inventé plusieurs machines merveilleuses, entre autres, en 1807, le Panharmonica, composé d'un orchestre de 42 musiciens automates qui exécutaient avec précision les ouvertures du Don Giovanni de Mozart, de VIphigénie en Âulide de Gluck, de la Vestale de Spontini, etc. ; cette ingénieuse mécanique est auj. à Boston. On doit aussi à Maelzel l'invention du métronome (1816).
*MAESEYCK, v. de Belgique (Limbourg), sur la Meuse (Maês en flamand),à47k.de Tongresetàll8 de Bruxelles, 4000 h. Patrie de Jean et Hubert Van Eyck, inventeurs de la peinture à l'huile. — Jadis for tifiée. Prise par les Français en 167,5 et 1803. •
*MAËSTRICHT, le Trajectum ad Mosam des anciens, v. forte du roy. de Hollande, ch.-l. du Limbourg hollandais, sur les 2 rivés de la Meuse, à 170 kil. S. E. d'Amsterdam; 31 000 hab. Ville belle et bien bâtie. Citadelle, hôtel de ville, église de St-Servais, arsenal, pont sur la Meuse de 100° de long; chemin de fer pour Liège, etc. Société d'agriculture, athénée, bibliothèque; établissements de bienfaisance. Tanneries, distilleries; drap, flanelle, raffineries,papeterie, etc. Près de la porte St-Pierre commence une vaste carrière qui s'étend jusqu'à Liège, et qui, dit-on, en , cas de siège, pourrait donner asile à toute la population. — Maëstricht existait dès le iv* siècle. Elle fut. bâtie sur l'un des points où l'on passait la Meuse (Maês) dans un bac Elle soutint nombre de sièges, fut saccagée en 1576 par le duc d'Albe, prise en 1632 par le prince H.Fréd.deNassau, qui la céda aux États de Hollande; en 1673 et 1748 parles Français,qui la rendirent en vertu du traité d'Aix-la-Chapelle. Joseph II en revendiqua la possession en 1784, mais il fit cession de ses droits à la Hollande moyennant une somme de 9 500 000 livres. Bombardée par les Français en 1793, prise par Kléber en 1794, elle fut réunit* à la France en 1795 et devint le ch.-l. dudép. de la Meuse-Inf. Comprise en 1815 dans le roy. des Pays-Bas, elle fut, après la séparation de la Hollande et de la Belgique, l'objet de longues contestations; enfin en 1839 elle fut rendue au roi de Hollande.

 MÀGD	— 1154 —	MAGE

*[[w:Raffaello Maffei|MAFFEI (Raphaël),]] <s>savant compilateur, surnommé YoUcrran, Volterranus, parce qu'il était de Volterra [ en Toscane, né en 1452, m. en 1522, a laissé, sous le titre de Commentarii urbani, une espèce d'encyclopédie en 38 livres, dont les 12 premiers traitent de la géographie, les 11 suivants des hommes célèbres, et les derniers de toutes les sciences cultivées alors. Sas OEuvres, publiées pour la 1" fois en 1506 à Rome, in-fol., ont été réimprimées à Paris en 1526.</s>
*[[w:Giovanni Pietro Maffei|SU.EFEI (J. Pierre),]] <s>savant jésuite, né à Bergame en 1535 ou 1536, m. en 1603, fut professeur d'éloquence a Gênes et secrétaire de la république. Vers 1570, il fut appelé à Lisbonne par le cardinal Henri de Portugal, pour travailler à l'Histoire générale des Indes, sur les documents conservés dans les archives publiques. L'ouvrage parut à Florence en 1588, in-f., sous ce titre : Historiarum Indicarum libri XVI ; il a été trad.en franc. parA.de LaBorieetparl'abbédePure. On lui doit aussi une Fie de Loyola, Venise, 1585.</s>
*[[w:Scipione Maffei|MAPFEI (François Scipion, marquis de),]] né à Vérone en 1675, m. en 1755, fit avec distinction la campagne de 1704, au service de la Bavière, puis revint en Italie pour se consacrer aux lettres. 11 composa en 1713 une tragédie de Mérope, qui fit époque dans l'histoire de l'art dramatique et qui commença une utile réforme en Italie. Unautre écrit, VEistoiredeVérone, achevade répandre sa réputation dans toute l'Europe. Il visita la France (1732), puis l'Angleterre, la Hollande, l'Autriche, et reçut partout le même accueil. De retour à Vérone, il y forma une riche collection d'inscriptions antiques, et en publia des copies exactes dans un recueil intitulé MusxumVeronense, 1749, in-f. Scipion Maffei était doyen de l'Académie délia Crusca, associé de l'Académie des inscriptions et belles-lettres de France, et membre de la Société royale de Londres. Ses OEuvres ont été publiées à Venise, 1790, 28 V. in-8. Elles contiennent divers recueils de poésies italiennes et latines. Sa Uérope fut traduite en franc, par Fréret et imitée par Voltaire.
*MAFFEO YEGIO, Maphasus Vegius, un des meilleurs poètes latins modernes, né en 1406 à Lodi, m. enl458, fut professeur de belles-lettres à Pavie, puis dataire du pape Eugène IV. Ses ouvrages les plus célèbres sont: VAnloniade, poème en l'honneur de S. Antoine, 1490; Âstyanax, la Toison d'Or (Vellus au-reum), 1475, et un Supplément à l'Enéide, Cologne, 1471 : ce supplément formait le XIII° livre du poëme.
*MAFRA, v. du Portugal (Estramadure), à 26 k. N. O. de Lisbonne; 2800 h. Grand palais royal, avec un parc de 20 k. d'étendue : couvent.
*MAGADOXO, roy. de l'Afrique, sur la côte orientale, borné au N. E. par le territoire d'Ajan, au S. O. par le roy. de Juba et au S. E. par la mer des Indes; env. 400 kil. de long; lieu principal, Magadoxo, par 2° 5' lat. N., 43" long. E. Habitants mélangés d'Abyssins, de Nègres et d'Arabes. L'intérieur du pays est peu connu ; il paraît renfermer des mines d'or et d'argent. Commerce d'ivoire. Les Portugais comprennent ce royaume dans leurs possessions d'Afrique; mais il paraît appartenir de fait à l'iman de Masoate.
*MAGALHAENS. Y. MAGELLAN.
*MAGDALENA, fleuve de laNouv.-Grenade, sort du lac Pampas, par 1° 5'lat. N., coule au N-, passe à Mompox, et tombe dans la mer des Antilles par plusieurs embouchures sous 11° 8' lat. N. , après un cours de 1300 k. Il a pour affluents, adroite le Bogota, le Sogamoso, à gauche la Cauca. — Il donne son nom à un des États de la Confédération Grenadine, quia 5000000 d'hectares de superficie, 90000 h., dont 66 000 esclaves, et dont la capitale est Carthagène.
*MAGDEBOURG, en latin moderne Magedoburgum ou Parthenopolis, v. des États prussiens(Saxe), cn.-l. de la régence de Magdebourg et de la province de Saxe, sur la r. g. de l'Elbe, à 158 kil. O.S. O. de Berlin; 60000hab. Évêché évangélique; cour d'appel, tribunaux civil et criminel; écoles de chirurgie, de oommerce, d'arts et métiers, de beaux-arts; école normale, gymnases ; bibliothèque. Citadelle, l'une des plus fortes de l'Europe : elle est dans une île de l'Elbe. La ville est divisée en.5 parties : Neumarlct, A U-stadt ou la forteresse, Meustadl, Sudenburg, Fried-richstadt.Wle est assez bien percée, bien bâtie, bien pavée. Magnifique cathédrale gothique, des xine et xrv" s., où est le tombeau d'Qthon le Grand: église St-Jean, qui renferme celui de Carnot ; hôtel de ville, devantlequelestunestatueéquestred'Othonle Grand; hôtel du gouvt, arsenal, machine hydraulique. Industrie active : fabriqués de sucre, soieries, cotonnades, lainages, tulles, bonneterie, dentelles, savon vert, gants: porcelaine, etc. Grand commerce de commission et de transit. Chemins de fer pour Leipsick, Berlin, Hanovre, Hambourg, Cologne. Navigation active sur- l'Elbe. —Placeforte des Saxons dès le vi"s., Magdebourg fut dévastée en 784 par les Wendes, 6t en 923 par les Huns. Reconstruite et agrandie par Othon I, elle fut érigée en archevêché en 967. Ruinée par Boleslas on 1013, incendiée en 1180, saccagée en 1214 par Othon IV,elle se releva chaque fois. Elle fut une des tilles principales de la Ligue han-séatique. Auxvi" siècle, elle embrassa la Réforme et prit part à. la Ligue de Smalkaïde : mise au ban de l'empire, elle résista encore après la bataille de Mûhl-berg (1547), et n'admit pas l'Intérim. Elle fut assiégée en 1550 par Maurice de Saxe, qui la prit en 1551. Elle souffrit beaucoup pendant la guerre de Trente ans : elle fut bloquée sept mois en 1629 par "Wal-lenstein, qui ne put la prendre; mais elle fut prise d'assaut en 1631 parTilly, qui la réduisit en cendres; assiégée encore en 1635, elle fut livr.ee par capitulation aux Impériaux, 1636: mais le traité de Westphalie la donna à l'électeur de Brandebourg. Les Français y entrèrent en; 1806, et l'annexèrent au royaume de 'Westphalie; elle devint alors eh.-l. du dép. de l'Elbe. En 1813 les Français, pour étendre leurs moyens de défense, démolirent les faubourgs de Neustadt et de Sudenburg (auj. rebâtis). — Otto de Guéricke naquit dans cette ville : on connaît sous le nom d'hémisphères de Magdebourg un appareil imaginé par ce physicien, pour démontrer la puissance de compression de l'air.— On appelle Centuries de Magdebourg une histoire ecclésiastique rédigée à Magdebourg dès les premières années de la Réforme et divisée en centuries ou siècles; elle eutpour principaux auteurs MathiasFlacius, Mathieu Richter, dit Judex, J. Wigand, B. Faber. On s'y proposait de montrer l'accord de. la doctrine des Réjormateurs avec la foi des premiers chrétiens. Ce tratail, publié à Bâle de 1559 à 157%,en 13 vol. in-fol., et à Nuremberg, 1757-65, 6 vol. in-4, s'arrête à l'anj[300. C'est pour le réfuter que Baromus entreprit séslinnales.
*MAGDEBOURG (Archevêché, puis Duché de), Ëtat d'empire, formé d'abord aux dépens de l'évêché d'Halberstadt, et auquel plus tard fut ajouté le canton compris entre le lac sàlédeMansfeld, l'Unstrutt, la Saale et l'Helme. Il eut pour noyau un souvent de Bénédictins fondé par Othon I en 937 et érigé en archevêché 30 ans après. L'archevêché avait pour métropole Magdebourg et pour suiîragants : Havelberg, Brandebourg, CammtnLebus, et, pendant longtemps Mersebourg et Naumbourg. Il fut sécularisé lors de la paix de 'Westphafie (1648), reçut alors le titre de duché, et fut donné à. l'électeur de Brandebourg, qui toutefoisn'enprit possession qu'en 1680.—La régence de Magdebourg, une des trois régences de la prov. prussienne de Saxe, a 11100 kil- earr., 630 000 h. et renferme, outre Magdebourg, Kalbe, Quédlinbourg, Tangermunde, les 2 Haldensleben, Burg_, ainsi que le comté médiatisé de Stolberg-"V7ernigêrode. Pays plat et fertile, traversé du N. au S. par l'Elbe, arrosé par la Bode, la Saale, la Havel, le canal de Plauer. Céréales, légumes, fruits, chanvre, lin, tabac, etc. Mines de sel, houiMe; chaux, tourbières.
*MAGEDDO, v. de Palestine, dans la demi-tribu occid. de Manassé, près de la mer. Josias, roi de Juda, y fut battu et tué par Néchao, roi d'Egypte, l'an 609 av. J.-C. Déjà, au xvii siècle av. J.-C, un autre roi d'Egypte, Toutmès III, y avait remporté une grande victoire sur plusieurs peuples d'Asie ligués contre lui.
 
 MAGE  1155 — MAGN

*MAGELLAN (Fernand), en portugais Magaïhaens, célèbre navigateur portugais du xW siècle, servit d'abord dans l'Inde sous Albuquerque; mais, ayant eu à se plaindre d'une injustice, il passa en 1517 au service de l'Espagne, sous Charles-Quint. Chargé de diriger une expédition contre les Moluques, il conçut le projet de se rendre à ces lies en prenant par l'ouest et en passant au sud de l'Amérique, tandis que jusque-là on n'y était allé que par la route de l'est, en doublant le cap de Bonne-Espérance. Il réussit à exécuter ce projet à travers mille difficultés : parti le 20 sept.1519, il découvrit le 21 oct 15201e détroit qui porte son nom, entre l'Amérique méridionale et la Terre-de-Feu, traversa l'Océan Pacifique, et aborda en mars 1521 aux Philippines. Il périt peu après à Zébu, l'une des Philippines, dans une expédition contre les naturels, avant d'être arrivé aux Moluques mêmes. Bûrck a écrit sa fie, Leips., 1843.
*MAGELLAN (Détroit de), bras de mer qui sépare la Patagonie (extrémité S. de l'Amérique méridionale) de la Terre-de-Feu, par 52° 46' lat. S. et 70° 38-77° 14' long. O. : il a une longueur de 500 kil. sur une largeur qui varie de 60 kil. à 2. Il fut découvert par Magellan en 1520. La navigation y est très-dangereuse : aussi ce passage a-t-il été abandonné depuis la découverte du détroit de Lemaire.
*MAGENDBE (Franc.), célèbre physiologiste, né en 1783 à Bordeaux, m. à Paris en 1855, était fils d'un chirurgien distingué. Nommé à 21 ans par concours prosecteur de la Faculté de Paris, il devint bientôt après chef des travaux anatomiques. Fidèle aux doctrines de Haller, il s'efforça de ramener la physiologie hta. Méthode expérimentale, et entreprit, pour surprendre les secrets de la vie, une longue série de recherches : il soumit dans ce but une foule d'animaux vivants à des expériences dont la nécessité seule-pouvait faire excuser la cruauté. Le mérite de ses travaux le fît appeler aux postes médicaux les plus importants: il fut médecin de la Salpêtrière, puis de l'Hôtel-Dieu, professeur de physiologie au Collège de France, président du comité consultatif d'hygiène; \ en outre, il fut nommé membre de l'Académie de médecine dès sa fondation et peu après élu membre de l'Académie des sciences. Ses principaux ouvrages sont : Précis élémentaire dePhysiologie,\8\6; Leçons sur les phénomènes physiques de la vie, 1836-42; Leçons sur les fonctions et les maladies du système nerveux, 1839; Recherches sur le liquide céphalorachi-dien, 1842. On lui doit aussi un Formulaire et de savants mémoires sur leeerveau, sur l'usage du voile du palais et de l'épiglotte, sur le vomissement, sur l'œsophage, sur l'emploi del'acide prussique dans les maladies, sur la gravelle, sur la gélatine, dont il démontra, contre Darcet, l'insuffisance comme aliment; en outre, il avait fondé, en 1821, un Journal de physiologie. Il fut un des plus rudes adversaires de Broussais. Son Éloge a été prononcé en 1858 à l'Académie des sciences par M. Flourens, et à l'Académie de médecine par M. Dubois (d'Amiens).
*MAGENTA, v. de Lombardie, prov. de Pavie.à 34 k. N. O. de Pavie, sur la r. g. du Tessin, entre cette rivière et Milan; environ 4000 hab. On la croit bâtie par l'empereur Maxîmien-Hercule. Elle fut saccagée par Frédéric Barberousse en 1167.LesFrançais, commandés par l'empereur Napoléon III, y remportèrent sur les Autrichiens le 4 juin 1859 une grande ?ictoire qui leur ouvrit les portes de Milan; le général Mac-Mahon, qui avait eu la plus forte part à la victoire, fut créé duc de Magenta.
*MAGES, prêtres de la religion des anciens Perses, formaient une' corporation vouée à la fois au culte et aux sciences. Ils reconnaissaient un être suprême, dont le feu était le symbole; ils l'honoraient en plein air, sans temples ni autels, pensant qu'on diminue la majesté de Dieu en l'enfermant entre des murailles. Ils professaient l'immortalité de l'ârcs et croyaient qu'en quittant ce monde l'âme va habite? le soleil, séjour des bienheureux; mais qu'elle, doit, our y arriver, passer par" sept portes, chacune 'un métal différent, et placées chacune dans4a planète qui préside à ce métal. Parmi les sciences, ils cultivaient surtout l'astronomie, l'astrologie, et autres sciences occultes, ce qui leur a fait attribuer une puissance surnaturelle, dont le souvenir se conserve encore dans notre mot de Magie. Ils étaient surtout chargés d'entretenir le feu sacré. Quelques-uns font les Mages antérieurs àZoroastre, qui n'aurait fait que réformer leur antique religion. Les Mages jouissaient de la considération universelle et d'une grande autorité; mais l'un d'eux ayant usurpé le trône (Y. sr.iERnis], ils furent massacrés ; une cérémonie annuelle, dite Magophonie, rappelait ce massacre. On retrouve les successeurs des mages dans les prêtres actuels des Guêtres, répandus dans la Perse et l'Inde, surtout à Surate et à Bombay. Selon S. Matthieu, trois mages sortis de l'Orient, et conduits par une étoile, vinrent à Bethléem, lors de la naissance de Jésus, pour adorer l'enfant divin, et lui offrir de l'or, de l'encens et de la myrrhe. La tradition a fait de ces mages des rois. Y. EPIPHANIE. MAGETOBRIGA. Y. AMAGETOBRIA. MAGHREB (le), c-à-d. le Couchant, nom donné par les Arabes à la partie N. O. de l'Afrique, comprise entre la Méditerranée au N. et à l'É., le Grand-Atlas au S. et l'Atlantique à l'O. Elle renferme les anciens Etats barbaresques (Maroc, Algérie, Tunis, Tripoli, Sidy-Hescham et Biledulgérid).
*MAGISTERE (le). On désignait souvent ainsi la dignité de grand maître de l'ordre de Malte.
*MAGLIABECCHI (Ant.), savant bibliophile, né à Florence en 1633, m. en 1714, fut nommé par le duc Cosme III conservateur d'une bibliothèque que ce prince venait d'établir dans son palais; il a laissé un Catalogue des manuscrits orientaux de la Bibliothèque Médicis, et publié de précieux manu scrits cachés"dans la bibliothèque Laurentienne à Florence.
*MAGLOIRE (S.), né au pays de Galles, vivait au i VIe siècle et était cousin de S. Malo. Il embrassa la vie monastique dans son pays, puis vint prêcher en France, et devint abbé du monastère de Dol en Bretagne, puis évêque. Il fonda en 668 un monastère à Jersey et y mourut en 575, à 80 ans. On le fête le 24 octobre.
*MAGNAC-LAVAL, ch.-l. de c (Hte-Vienne), à 19 kil. N. E. de Bellac; 3435 hab. Collège. Jadis ch.-l. d'une baronnie qui fut longtemps possédée par la maison de Lamothe-Salignac-Fénelon, et qui fut érigée en duché en 1723.
*MAGNAN (Bernard Pierre), maréchal de France, né à Paris en 1791, m. en 1865; s'engagea volontairement en 1809; gagna ses premiers grades sous l'Empire et sous la Restauration ; devint en 1835 général de brigade et en 1845 général de division; fut élu député de la Seine à l'Assemblée législative (1849) ; se fit remarquer par son énergie à réprimer l'insurrection de Lyon (1849), prit une part active aux événements de décembre 1851, et fut en 1852 nommé maréchal de France et sénateur.
*MAGNATS, nom donné en Hongrie (et quelquefois en Pologne) à la haute noblesse, tels que : les barons du St-Empire ou comtes palatins, les conseillers auliques, les gouverneurs de Croatie, de Dal-matie, d'Esclavonie, le trésorier et les principaux fonctionnaires de la cour. Autrefois la dignité de magnat représentait une puissance réelle; aujourd'hui ce n'est plus qu'un titre honorifique. . MAGNE (Le), pays de Grèce. Y. MAÏNA. "" MAGNEN (J. Chrysostôme), Magnenus, médecin, né à Luxeuil vers 1600, m. à Paris en 1661, se rendit en Italie, et professa à Pavie. On lui reproche d'avoir trop accordé à l'astrologie. Ses écrits sont : Democritusreviviscens, sive de Atomis, Pavie, 1646; De Tabaco, De Manna. 1648...
 
 MAGN — 1156 — MAGIl

*MAGNENCE, Flavius Magnentius, Franc de nation, fut fait prisonnier fort jeune par les Romains, prit du servieedans leur armée et devint capitaine des gardes de l'empereur Constant. Profitant de l'indolence de ce prince, il revêtit la pourpre à Augustodu-num (Autun) en 349, et battit Constant, qui périt en fuyant vers les Pyrénées (350) ; puis, marchant sur Rome, ily défit et tuaNépotien, autre usurpateur, et proposa à Constance II de le reconnaître empereur d'Oc-, cident. Celui-ci pour toute réponse marcha contre lui, le battit à Mursasur la Drave en Illyrie et le contraignît a prendre la fuite. Magnence, voyant ses affaires désespérées, se donna la mort à Lyon, en 353.
*MAGNESIE, Magnesia, contrée deThessalie, au S. E., entre le golfe Pagasétique et la mer de Thrace, se terminait par une presqu'île qui s'avançait dans la mer %ée, vers l'Eubée; ch.-l., Démétriade. Le pays tirait son nom d'une ville de Magnésie, située sur la côte E., d'où l'on a rapporté en 1854 de beaux bas-reliefs en marbre pentélique, provenant d'un temple de Diane, et qui sont au Musée du Louvre.
*Le nom de Magnésie est commun à plusieurs autres villes de l'antiquité, parmi lesquelles : Magnesia ad Mœandrum, auj. Ghusel Hissar,en Lydie, à l'O. de Tralles, coloniedes Magnésiens deThessalie : cette ville fut donnée à Thémistocle par Artaxerce ; — Magnesia ad Sipylum, auj. Manika ou Mansa, aussi en Lydie, au pied du Sipyle, et sur l'Hermus, célèbre par la vict. de Scipion l'Asiatique sur Antiochus III, roi de Syrie, 190 av. J.-C. On trouvait sur son territoire beaucoup d'aimant : c'est de là, dit-on, que l'aimant a été nommé magnes, pierre de Magnésie.
*MAGNOL (Pierre), médecin et botaniste, néà Montpellier en 1638, mort en 1715, fut nommé, sur la recommandation de Fagon et de Tournefort, professeur de botanique au jardin royal de sa ville natale. On a de lui : Boianicum Monspeliense, Lyon, 1676; Prodrornus historîœ generalis planlarum, 1689; Horlus regius Monspeliensis, 1697 ; Noyus Characler plantarum, 1720, posthume. C'est à lui qu'on doit la 1™ idée dos familles botaniques naturelles. Linné a donné le nom de Magnolia à un genre d'arbres de l'Amérique qui fait auj. l'ornement de nos jardins.
*MAGNUM PBOMONTORIUM (c-à-d. Grand cap), nom latin de plusieurs caps dans l'antiquité. Le plus important était en Lusitanie, au N. O. d'Olisippo (Lisbonne). C'est auj. le cap Hoca.
*MAGNCS I, surnommé Ladulos, roi de Suède, né en 1240, mort en 1290, était le 2° fils de Birger, et monta sur le trône en 1275 , au préjudice de son frère aîné Valdemar, qu'il condamna à une prison perpétuelle. Les grands ayant massacré son favori Ingman et même menacé la reine, il dissimula son ressentiment et invita leurs chefs à un festin, mais il les fit saisir et décapiter à mesure qu'ils arrivaient. Il fit des lois contre les voleurs et assura si bien le respect des propriétés qu'on le surnomma; la Serrure des granges (c'est ce que veut dire ladulos).
*MAGNos n, surnommé Smek (le Trompé), roi de Suède, fils du duc Éric, né en 1316, succéda dès 1319 à Birger, fils de Ladulos, à l'âge de 4 ans, mais ne commença à régner qu'en 1337. Pendant sa minorité le Sénat avail réuni à la couronne la Scanie, la Blékingie et le Halland : Magnus se laissa persuader de les abandonner au Danemark : c'est ce qui lui valut son surnom. Il fut obligé de céder ses États, en 1363, au duc Albert de Mecklembourg. Il mourut en Norvège en 1374.
*MAGNUS, te Bon, roi de Norvège et de Danemarck, fils de S. Olaûs, remplaça en 1036 Suénon sur le tiône de Norvège , et succéda en 1042 à Canut III en Danemark. Il mourut en 1047, laissant le Danemark à Suénon et la Norvège à Harald. Il avait rédigé pour la Norvège un Code qui n'existe plus.
*Après lui, 5 princes du nom de Magnus régnèrent sur la Norvège; les plus connus sont : MAGNUS ni, surn. Barefoot (pieds-nus, parce qu'il avait adouté la chaussure des Highlanaers écossais), roi de 1093 à 1103, fils et successeur d'Olaûs III, qui fit dos expéditions contre les Orcades, les Hébrides et l'Irlande , qui prit Dublin et fut tué dans une sortie après la prise de cette ville; — MAGNUS VU, le Législateur, fils de HaquinYI, lui succéda en 1263, et eut un règne glorieux et paisible. Il céda les Hébrides au roi d'Ecosse. enleva aux évêques le droit d'élire les rois et rendit ainsi la couronne héréditaire, favorisa le commerce, organisa la défense du roy., fit coopérer les assemblées nationales à la rédaction des lois et à l'assiette des impôts, et fit construire les premiers hôpitaux en Norvège. 11 m. en 1280.
*MAGNUS, fils de Christian III, roi de Danemark, né en 1540, fut proclamé roi en 1570 par les Livo-niens, fatigués du joug des Chevaliers teutoniques. Il se laissa battre par le czar Iwan IV, fut dépouillé par les Polonais de ses possessions les plus importantes, et mourut abandonné, en 1583.
*[[Johannes Magnus|MAGNUS (Jean),]] <s>archevêque d'Upsal, né à Linkœ-ping en 1488, mort à Rome en 1544, s'opposa au projet conçu par Gustave Wasa d'introduire la réforme en Suède; n'ayant pu réussir, il se retira à Rome. On a de lui : Gothorum Suecorumque histo-ria, Rome, 1554, in-fol.; Bâle, 1558, in-8; Historia metropolitanx Upsalensis, etc. </s>—Son frère, [[Olaus Magnus]], fut nommé, après lui, archevêque d'Upsal, mais ne put prendre possession de cette dignité, et mourut à Rome en 1568. On lui doit : Historia de gentibus seplenlrionalibus, Rome, 1555; Tabula ter-rarum septenlrionalium,] 1639.
*MAGNUS (Jacobus), écrivain français. T. LEGIUND.
*MAGNUS PORTOS (c.-à-d. Grand port), v. de la Bretagne romaine, chez les Belges, est auj. Ports-mouth; — v. delà Mauritanie Césarienne, la môme qu'Ârsenaria, sur la Méditerranée, au S. O.^de Car-tenna, est auj. Arxew;—v. et port d'Hispanie (Tar-raconaise), au N. O., est auj. La Corogne.
*MAGNY, ch.-l.de cant.(Seine-et-Oise), dansl'anc Vexin, à21 kil. N. de Mantes; 1600 h. Tanneries, bonneterie, tissage de chanvre. Jolie église gothique, avec un curieux baptistère de la Renaissance. Laterre de Magny appartint successivement à Catherine de Médicis, au duc d'Alençon, et à la famille Villeroy.
*MAGOG, 2" fils de Japhet, dont on piace les descendants dans le pays des Scythes. — Sous ce nom sont aussi désignés dans E_zéehiel et dans l'Apocalypse le peuple et le pays dont le géant Gog était le prince.
*MAGON, illustre famille carthaginoise, qui faisait partie de la faction barcine et de laquelle sortit An-nibal. Plusieurs Magon furent suffètes, généraux ou amiraux. L'un d'eux conquit les îles Baléares vers 702 av. J.-C.. et fonda dans Minorque le port qui est encore appelé de son nom Port-Mahon {Portus Ma-gonis). — Un autre, surnommé Barde, défit, en 396, dans un combat naval, Leptine, frère de Denys l'Ancien, mais fut battu par Denys lui-même à Aba-cène, 392, et à Cabala, ou il perdit la vie, 383.—Son fils, qui portale mêmenom, vainquitDenys àCronium en 382, mais fit aussitôt un accommodement avec lui. Envoyé de nouveau en Sicile plusieurs années après, il allait s'emparer de Syracuse, lorsqu'il se laissa intimider honteusement par Timoléon, 344. Traduit ea jugement, il se tua pour échapper au supplice, 343.
*MAGON , frère d'Annibal, se, distingua aux batailles du Tésin, de la Trébie, et eut une grande part à la vict. de Cannes (216), qu'il alla en personne annoncer à Cartilage. De concert avec son autre frère Asdrubal, il lutta pendant 10 ans en Espagne contre les Scipions, s'empara de l'île Minorque et y fortifia le Portus Magonis, qu'avait fondé un de ses ancêtres. Expulsé d'Espagne par les Romains en 205, il débarqua sur la côte de Gênes, fut battudans l'In-subrie par QuintiliusVarus, et périt peu après, d'une blessure reçue dans la bataille, 203. .
*MAGONIS ÏORTUS. V. MAHON (îORT).
*MAGOPHONIE. V. MAGES. MA*GRA, l'anc. Matra, rivière d'Italie, natt dans les Apennins, au-dessus de Pontremoii, qu'elle arrose, et se jette dans le golfe de Gênes, à 6 k. S. S. O. de Sarzane, après un cours de 55 kil.

 MAHH	— 1157 —	MAÎÏO

*MAGUELONE, Uagalona, petite île de France (Hérault), dans l'étang de Thau, à 10 k. S. de Montpellier. Elle contient un village presque abandonné, qui était jadis une ville épiscopale. Cette ville, prise par les Sarrasins en 719, fut ruinée et reprise par Charles-Martel en 737; mais fut relevée peu de temps après. Elle fut détruite en 1633 par ordre de Louis XIII. L'évêché avait été transféré à Montpellier dès 1536.
*MAHABHARATA, grande épopée indienne, composée en langue sanscrite par le poète Vyasa (V. ce nom), se compose de 18 livres et renferme plus de 200 000 stances. Le poète y raconte les guerres de Kourous (ou Koravas) et des Pandous (ou Pandavas), et les exploits de Krichna et d'Ardjouna. Plusieurs épisodes de ce poème ont été traduits à part : le Bhaga-rad-Gi'ia par Schlegel,le Nalus par Bopp(1820).M. E. Foucaux en a mis quelques-uns en français, 1856-61 ; H. Fauche en a entrepris une trad. complète, 1863 et a. suiv. L'ouvrage entier a été publ. en sanscrit à Calcutta en 1834-39, et trad. par la Soc asiatique de cette ville.
*MAHAUT, ancienne forme du nom de MATHILDE.
*MAHDI ou MAHADI (al), c-à-d. le Dirigé, nom donné par certaines sectes de Musulmans, notamment par les Chyites et les 'Ismaéliens, à une espèce de Messie dont ils attendent la venue. Les Druses voient le Mahdi dans le sultan d'Egypte Hakem-Biamrillah. T., outre ce nom, IMAM et MOHAMMED-AL-MAHDI.
*MAHÉ, v. de l'Inde française, sur la côte de Malabar, à 40k. N.deCalicut;3000h. Bon port, sur lamer d'Oman. Poivre, cannelle, arak, cardamome, sandal, etc. Prise par les Français en 1724 : La Bourdonnais, qui eut la principale part au succès, en reçut le nom de Mahé; occ par les Anglais de 1761 à 1783, et de 1795 à 1815. Son territoire n'a que 9 k. de rayon.
*MAHE (îles), dans la mer des Indes, au N. de l'Ile Maurice, forment, avec les Amirautés, l'archipel des SeycheUes: on en compte 30, dont la principale est Mahé; 6000 hab. Aux Anglais depuis 1761.
*MAHERBAL, général carthaginois, suivit Annibal en Italie, décida les Gaulois Cisalpins à secouer le joug de Rome, remporta en Étrurie une victoire sur les Romains, et commanda la cavalerie à Cannes. Il conseillait à Annibal de marcher sur Rome immédiatement après cette victoire; l'avis contraire ayant prévalu, il s'écria : «Tu sais vaincre, Annibal, mais tu ne sais pas profiter de la victoire 1 J>
*MAHMOUD (Aboul Cacem Yémin-ed-Daulah), prince gaznévide, né à Gazna en 970, m. en 1030, contribua puissamment à étendre la puissance de sa famille, et obtint en 999 d'Ilek-Khan, souverain du Turkestan, l'empire du Koraçan. Il augmenta ses domaines par les armes, envahit l'Hindoustan, conquit l'Irak- Adjémi et forma un vaste Etat qui s'étendait des bords du Gange à la mer Caspienne. Il tenait sa cour à Balkh et à Gazna. Mahmoud est le Ie' qui ait pris le titre de sultan (empereur), au lieu de celui d'émir (commandant) qu'avaient porté ses prédécesseurs.
*MAHMOUD i, sultan des Ottomans, né en 1696, m. en 1754, était fils de Mustapha II, et fut placé sur le trône de Constantinople en 1730 par le visir Patrona Khalil, après la déposition d'Achmet III. Il se plongea dans la mollesse, se laissa enlever par les Russes Ot-chakoffetKinburn, 1734, et battre par les Perses, 1743.
*MAHMOUD ii, né en 1785, m. en 1839, fut élevé au trône en 1808 par Mustapha Beiraktar, chef des Janissaires, à la place de Mustapha IV, eut à soutenir des guerres malheureuses contre, la Russie, perdit la Bessarabieenl812,parlapaixdeBukharest,vitdel812 à 1817 la Servie, la Moldavie, laValachieluiéchapper également, fut forcé de reconnaître l'indépendance des Iles Ioniennes (1819), vit en 1820 éclater l'insurrection de la Grèce, et fut contraint, après 8 ans d'une guerre désastreuse, à abandonner la plus grande partie de ce pays, qui fut érigé en royaume indépendant (1828). Il ne fut pas plus heureux dans une nouvelle guerre avec la Russie : l'intervention des puissances européennes empêcha seule3.es Russes d'entrer à Côn-, s'tantinople; et il fut forcé d'accepter toutes les conditions du vainqueur à Andriùqplé (1829). Pendant, ce temps, Ali, pacha de Janina, bravait.son autorité (1819-22); Méhémet-Âli, pacha d^Ëgypté, qui s'était rendu. indépendant, lui enlevait la.Syrie en 1831 et battait ses troupes; défait 3 fois par les Egyptiens, Mahmoud se trouva réduit à recourir.à }â Russie, et,;pai- le traité d'Unkiar-Skélessi, il.se jnit à la merci de cette puissance. Il venait d'entamerune nouyv guerre avec Méhémet-Ali lorsqu'il mourut, en 1839;: peu de jours avant sa mort son armée avait été:détruite àNézib par Ibrahim, fils de. Méhémet-Ali. .Reconnaissant l'infériorité de son peuple vis-à-vis. de la civilisation européenne, Mahmoud avait entrepris de régénère! son empire : après avoir extermine. les Janissaires, qui s'opposaient a ses projets (1826), il appela à son aide les sciences et les institutions de l'Occident; il disciplina ses troupes à l'européenne"; il.publia, en 1839, un flrman qui garantissait la liberté des cultes et plaçait les chrétiens sous la juridiction de leurs patriarches; enfin il prépara la nouvelle organisation po-. litique et administrative, réalisée depuis par le îan-Zimat. Malheureusement, ces réformes, exécutées le plus souvent sans adresse et sans suite, froissèrent plus les Musulmans qu'elles ne servirent le sultan.
*MAHMOUD-CHAH. V. MIR-MAHMOUD.
*MAHOMET, en arabe Mohammed (c-à-d. lo Glorifié), fondateur de la religion musulmane, né à La Mecque en 569, appartenait à la puissante tribu des Koraichites. Il perdit à cinq ans son père, Abdallah, fut élevé auprès de son oncle Abou-ïaleb, prince do La Mecque, jusqu'à l'âge de 14 ans, puis s'enrôla dans une caravane et alla faire la guerre sur la frontière de Syrie. De retour à La Mecque, il y épousa, à l'âge de 25 ans, une riche veuve nommée Kadichah. Il s'était déjà fait remarquer par une rare intelligence et par la régularité de sa conduite; mais depuis son mariage jusqu'à l'âge de 40 ans il mena une vie toute de retraite et d'étude, pendant laquelle il conçut le projet de réformer la religion de son pays, d'y faire, adorer un seul Dieu, et de réunir en un seul culte les diverses religions qui divisaient alors l'Arabie, savoir : l'idolâtrie, le sabéisme et le judaïsme. Il commença sa mission en 610. Après avoir converti sa famille et quelques amis, parmi lesquels on compte Ali,_son cousin, Abou-Bekr, son beau-père, etOthman, qui furent tous les trois califes, il prêcha publiquement, se disant prophète et envoyé de Dieu. Il prétendait que l'archange Gabriel lui apparaissait et lui dictait les véri-tés qu'il devait révéler aux hommes. Mais il éprouva dans La Mecque une forte opposition, et fut contraint de s'enfuir à Yatreb, où il comptait de nombreux partisans : cette ville l'accueillit avec transport et reçut de là le nom dé Medinet-al-Nabi (c-à-d. la Ville du Prophète), d'où nous avons fait Médine. C'est de cet événement, qu'on place au 16 juillet 622, que date l'ère des Mahométans, appelée l'Hégire ou la fuite. Mahomet persécuté donna l'ordre à ses sectateur!. d'employer les armes, non-seulement pour défendre, mais pour propager la nouvelle religion. Après diverses vicissitudes, il parvint à soumettre plusieurs tribus de l'Arabie : en 630 il s'empara de La Mecque, et renversa les idoles de la Kaaba. Il avait déjà conquis tout l'Yémen et le Nedjed, et se préparait à étendre au loin ses conquêtes, lorsqu'il mourut empoisonné, à Médine, en 632. Abou-Békr lui succéda avec.le titre de calife (lieutenant). Mahomet possédait à un très-haut degré les qualités les plus propres à agir sur les peuples de l'Orient : l'imagination qui éblouit, l'énergie qui entraîne, la gravité qui commande le respect, un esprit ferme et patient. Les dogmes et les préceptes de sa religion sont consignés dans le Coran. (V. ce mot). Les principaux dogmes sont l'unité de Dieu, l'immortalité de l'âme, le jugement dernier, un paradis avec des jouissances toutes.sensuelles, la prédestination, le fatalisme, qu'il jugeait propre à favoriser l'esprit de conquête en msoirant lo mépris de la mort. Les préceptes sont la circoncision, la prière, l'aumône, les ablutions, le jeûne (surtout pendant le Ramadan), les sacrifices dans quelques occasions solennelles, et l'abstinence du vin et de toute liqueur fermentée. La polygamie était permise; cependant on ne pouvait avoir plus de 4 femmes légitimes. De nombreux ouvrages ont été publiés sur Mahomet : Aboul-Féda est la principale source àcon-sulter : sa He'du prophète a été trad. par Noël Desvergers, 1838. La Vie de Mahomet a été en outre écrite en français parGagnier, Amst., 1732; en allemand, par G. "Weil. Stuttgard, 1843; en anglais, par le W Springer, AHahabad, 1855. M. Reinaud a donné une Notice sur Hahomet, et M. Barthélémy St-Hi-laire une étude sur Mahomet et le Coran.

 MAHO	— 1158 —	lffA.HR

*MAHOMETI, sultan ottoman, fils de Baj^zetl, succéda en 1413 à son frère Mouça, qu'il avait vaincu avec l'aide de l'emp.Manuel.Il releva et raffermit l'empire. ébranlé par Tamerlan, délivra Bagdad, assiégée par le prmce de Caramanie, vainquit un imposteur, Mustapha, qui se disait son frère, soumit les Serviens, les Bosniaques, les Bulgares, et les Valaques. II est le premier sultan qui ait eu une armée navale: il disputa l'empire de la mer à la république de Venise, jusqu'alors toute-puissante. Ilmouruten 1421,à47ans.
*MAHOMET il, le Conquérant, succéda en 1451, âgé de 21 ans, à son père Amurat II. En 1453, à la tête d'une armée formidable, il attaqua Constantinople, défendue par l'empereur Constantin Dracosès et emporta d'assaut cette ville, dont il fit la capitale de son empire. Ses généraux subjuguaient pendant ce temps laThrace et la Macédoine; mais ils échouèrent en Albanie contre le fameux Scander-Beg; il fut lui-même complètement défait devant Belgrade, en 1456, par Jean Hunyade, et se vit contraint de fuir après avoir perdu 40 000 hommes. Néanmoins, il soumit dans la suite la Grèce centrale, où régnaient deux frères de Constantin Dracosès, ainsi que la Servie (1459); mit fin en 1461 à l'empire de Trébizonde, que gouvernaient les Commène depuis 1204; subjugua en 1462 l'île de Lesbos; vainquit et déposséda le voïvode de Yala-chie qui refusait de payer tribut; s'empara de la Bosnie (1463), de la Caramanie (1464), et de l'île de Né-grepont, qu'il enleva aux Vénitiens (1470). Deux ans après, il battit en Cappadoce le roi de Perse qui avait fait invasion dans l'Anatolie; il enleva en 1475 Caffa aux Génois, conquitScutari. Zante, Céphalonie, rendit la Géorgie et la Circassie tributaires, soumit la Moldavie, l'Albanie et les îles de l'Adriatique; envahit le Frioul et la Dalmatie; força en 1478 les Vénitiens à acheter une paix humiliante, entra en 1480 en Italie et s'empara d'Otrante. Mais il échoua devant l'Ile de Rhodes, défendue par les chevaliers de St-Jean de Jérusalem. Il mourut en 1481, à Nicomédie, lorsqu'il menaçait à la fois Rome ,1a Perse et l'Egypte. A la gloire des armes, il joignit celle des lettres et fonda des écoles; mais il se souilla par des cruautés révoltantes. Guillet a donné une Histoire de llaho-metll, Paris, 1681.
*MAKOMET Hi.succédaàsonpèreAmuratlIIen 1595, à 27 ans, et commença par faire étrangler 19 de ses frères et noyer 10 femmes que son père avait laissées enceintes. L'empereur Rodolphe II et les princes de Transylvanie, de Valachie et de Moldavie se liguèrent contre lui, et lui disputèrent la Hongrie. Il vint assiéger Agria en 1596, et y entra par composition; un mois après, son lieutenant Cicala-Pacha vainquit les Impériaux à Careste. Mais cette victoire n'empêcha pas Mahomet de perdre diverses places fortes en Hongrie; des révoltes qui éclatèrent en Asie vinrent ajouter à ses embarras. Il mourut de la peste en1603.
*MAHOMET rv, fut placé sur le trône en 1649, à l'âge de sept ans, après le meurtre d'Ibrahim, son père. Ii eut pour ministres les deux Koproli (père et fils), qui jetèrent de l'éclat sur la 1" partie de son règne: les îles de Mételin et Lemnos furent conquises sur les Vt>aitiens (1660); Peterwaradin fut enlevé aux Autrichiens (1661); la capitale de l'île de Candie fut prise d'assaut (1669); le sultan lui-même prit Kaminiels sur les Polonais (1672). Cependant MahometIV avait, dès 1664, perdu la bataille de St-Gothard contre les Impériaux et avait été obligé de signer la paix de Te-meswar. La fin de son règne fut remplie par des désastres : ses troupes furent vaincues en 16T3à Choc-zim par les Polonais, et en 1683 sous les murs de Vienne par le roi de Pologne Sobieski, uni aux troupes de l'empereur; les Impériaux lui enlevèrent les villes de Wivar (1685) et de Bude (1686)'et le battirent à Mohacz (1687); tandis que. les Vénitiens s'emparaient de l'Attique et de la Morée (1688). Tant de revers amenèrent'le soulèvement de l'armée de Hongrie, qui déposa Mahomet IY et mit à sa place Soliman II, son frère. II vécut encore 5 ans et m. en 1693. C'était un prince juste et clément, mais faible et ennemi de toute occupation sérieuse; il passait sa via à la chasse.,—V. MOHAMMED, MEHEHET OU MAHMOUD.
*MAHOMÉTISME ou isjUHisMB, religion de Mahomet, fut fondée en Arabie vers l'an 610 de J.-C, mais ne date que de l'an 622, époque de l'Hégire ou fuite de Mahomet àMédine (Y. MAHOMET). Après s'être établie en Arabie du vivant du prophète, elle fut propagée par les armes des Arabes dans toute l'Asie, en Afrique, et même dans une partie de l'Europe (Grèce. Espagne, Sicile), et s'établit dans l'anc empire grec après la prise de Constantinople par Mahomet II (1453). Chassée d'Espagne avec les Maures aux xiV et xv" siècles. eEe règne encore auj. sur une grande partie du globe: l'Asie occidentale, l'Afrique septen trionale, la Turquie ; et quoiqu'elle soit en décadence, elle compte environ 200 millions de sectateurs, Les Mahomêtans reconnurent longtemps pour chefs les califes, vicaires de-Mahomet (V. CAMPES); depuis la destruction du califat, ils n'ont plus de chef véritable, bien que le sultan de Turquie ait la prétention.de posséder l'étendard du prophète. Les Mahomêtans se divisent en un grand nombre de sectes dont les principales sont celles des Sunnites (ou orthodoxes), des Chyites, àesDruses, des Ismaéliens. T. ces noms.
*MAHONou PORT-MAHON, Portus Magonis, v. et port de l'île de Minorque, ch.-I. de l'île, sur un golfe de la côte E.; 15 000 hab. Evêehé. Ville bien située-et bien bâtie: port sûr et commode ; fort St-Philippe, arsenal, chantiers de construction, lazaret; belle cathédrale. Un peu de commerce ; pêche et cabotage. — Fondée, drt-on, dès l'an 702 av. J.-C. par le Carthaginois Magon, dont elle prit le nomj fortifiée plus tard parmi autre Magon, frère d'Annibal. Elle fut prise aux Espagnols par les Anglais en 1708, reprise sur ceux-ci en 1756 parles Français, commandés par le maréchal de Richelieu, mais rendue aux Anglais en 1763. Les Espagnols, aidés des Français,s'en emparèrent en 1782, après un siège mémorable;ils l'ont conservée depuis.	'
*MAHRATTES, c.-à-d. grands guerriers, peuple de l'Hindoustan, qui primitivement habitait au N. O. du Décan, dans les monts Vindhya et les Ghattes oc-cid., mais qui, après la mort d'Aureng-Zeb et surtout pendant le règne de Mohammed-Chah. (1718-1747), assujettirent la plus grande partie de l'Inde moyenne (ou Décan sept), entre la prov. d'Agra au N. et la KJstnah au S., et s'étendirent d'une mer à l'autre. Leurs possessions se divisèrent en plusieurs Etats, unis par une espèce defédëratïon. Les Mahrattes orientaux possédaient le Gandouana et l'Orissa et avaient pour ch.-I. Nagpour; les Mahrattes occidentaux possédaient le Malwa, une partie du Kandeich, de l'Au-rengabad, du Daouletabad ; leurch.-l. était Pounah. — Les Mahrattes, après le 1" pillage de Delhi par Nadir-Chah, marchèrent aussi contreleGrand-Mogol. Ils prirent sa capitale (1760), ettentèrentde substituer leur domination à celle du Grand-Mogol dans l'Inde: la victoire remportée sur eux a Parapet (1761) par les Afghans les refoula dansleurs possessions.De 1774 à 1783, ils furent sans cesse en guerre soit avec les Afghans, soit entre eux. Après la chute de Tippou-SaSb (1799) et la conquête du Maïssour par les Anglais, ils eurent avec ceux-ci de fréquentes collisions: le dernier coup leur fut porté en 1818. Depuis ce temps, ils ont perdu toute existence politique : leur prince, peichwa, est pensionnaire et prisonnier des Anglais.
 
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===MAI===
*MAI 1793 (Journée du 31), où la populace.deParis envahit la Convention et fit voter l'arrestation des Girondins. Y. OIRONDE.
*MAI 1848 (Journée du 15), où l'Assemblée constituante fut envahie par la populace de Paris.
*MAI (Angelo), savant jésuite, né en 1782 à Schil-pario (diocèse deBergame),m. en 1854, enseigna les humanités dans plusieurs collèges de son ordre, puis lut attaché à la bibliothèque Ambrosienne, à Milan. Là, il fit une étude particulière de la paléographie et desmanuscrits, notamment des palimpsestes, fort négligés jusqu'à lui : il réussit à découvrir sous les écritures modernes des ouvrages ou des fragments inédits d'auteurs anciens, et fit paraître à partir de 1813 une série de publications du plus grand intérêt, notamment des fragments d'isomère, de Fronton, d'An-tonin, de Marc-Aurèle, d'Appien, de Symmdque, de Denysd'Halicarnasse, de Plaute,àlsée,de Thémiste, d'Eusëbe, de Porphyre, de Philon le Juif, des Livres sibyllins, etc. Appelé en 1819 par Pie VII au poste de premier bibliothécaire de la. Vaticane, il justifia ce choix par de nouvelles découvertes d'une grande importance : il parvint à reconstruire, à l'aide des palimpsestes, la plus grande partie d'un des ouvrages les plus regrettés de Cicéron, le De Republica. A. Mai fut honoré des plus hautes dignités de l'Eglise romaine : il reçutle chapeau de cardinal en 1838. Outre les publicationsdéjàcitées,onlui doit plusieurs grands recueils : Scriptorum veterum nova collectio e Yati-canis codicibus édita, Rome, 1825-38, 10 vol. in-4; Classiciscriptores e Yatic. codd. editi, 1828-38, 10 v. in-4, un Spicilegium romanum, 1844,10 vol., enfin une Nouvelle bibliothèque des SS. Pères, 1852-53, 6 v., enrichie d'une foule d'écrits retrouvés par lui.
*MAIA, une des Pléiades, fille d'Atlas et de Pléione, l'ut aimée de Jupiter et devint mère de Mercure. C'est elle qui éleva Arcas, fils de Calisto. — Y. .MAYA.
*SIA1CHE, ch.-l. de cant. (Doubs) à 30 kil. S. de Montbéliard; 600 hab.
*SIAIDSTONE, v. d'Angleterre, ch.-l. du comté de Kent, sur la Medway, à 54 kil. S. E. de Londres; 16 000 hab. Station. Quelques édifices remarquables. Genièvre; fonderie de fer, papeterie. Grand marché à houblon. Il se livra sous les murs de Maidstone en 1648 une bataille sanglante où les Parlementaires, commandés par Fairfax, défirent les Royalistes.
*MAIER (Michel), chimiste, né en 1558 dans le Holstein, m. en 1622, exerça la médecine à Rostock et à Magdebourg, et fut médecin de l'empereur Rodolphe II. Il prétendait faire de l'or. Parmi ses ouvrages, les adeptes recherchent : Arcana arcanissi-ma, hocesthieroglyphica œgyptio-grxca,vulgonec-dum cognita, 1614; Septimana philosophica, 1620; Joeus severus, 1617 ;De rosea cruee, \618;Atalanta fugiens, 1618; Cantilenx intellectuales de phœnice redivivo, 1622; Musammchymicum, etc. — Y. MAYER.
*MAIEUL (S.),abbé de Cluny, né vers 906, dans le diocèse de Riez, m. au prieuréde Souvigny en 994, réforma l'abbaye de St-Denis. Il est regardé comme le second fondateur de Cluny. On le fête le 11 mai.
*MAIEUL (Ciercs réguliers de ST-). Y. SOMASQUES.
*MAIGNELAY, ch.-l.de cant. (Oise), à 20 kil. N.E. deClermont; 1000 hab. Taillanderie, tanneries, cor-deries. Ruines d'un vieux château fort.
*MAILLAC (lèP. J. MOYRIA de), jésuite missionnaire, néenl679àMaillacdansleBugey,m.àPékmenl748, fut envoyé en Chine en 1702, leva pour l'empereur Kang-hi la carte de la Chine et de là Tartane, et traduisit du chinois en français un des ouvrages les plus importants des grandes annales chinoises, publié par Grosier et Deshauterayes sous le titre d'Histoire générale de la Chine, Paris, 1777-84, 12 vol. in 4.
*MAILLARD (Jean et Simon), nom de deux frères, bourgeois de Paris, qui, lors de la sédition soulevée par le prévôt Etienne Marcel, s'opposèrentaux intrigues de ce perturbateur. Jean le tua au moment où il allait ouvrir la porte St-Antoine^à l'armée: du;.. roi de Navarre, Charles le Mauvais (1358).       ";?"-' '-
*MAILLARD (Olivier), prédicateur, de l'ordre des Frè-; res Mineurs, né en Bretagne vers 1440, m. en'1503; : fut prédicateur de Louis XL On ade lul'dès sermons-bouffons, en langage macaronique, q.-à-d: mêlés dé latin et de français, monument curieux de.l'enfanca-de l'art. On a expliqué ce mélange enj disant que, prononcés en français vulgaire, ces sermons étaieni mis ensuite en latin, et que, partout où le traducteur était embarrassé, il laissait le français. Ces sermons ont été publiés en différentesjparties "à Paris,. 1498-1521. On a aussi la Confession générale dû frère Olivier Maillard, Lyon, 1526.
*MAILLARD (Stanislas), démagogue, étaithuïssierau. Châtelet de Paris. Il dirigea l'expédition des femmes du peuple de Paris à Versailles les 5 et 6 oct. 1789, présida le simulacre de tribunal qui jugeait les prisonniers destinés à périr dans les massacres de septembre 1792 et figura dans la plupart des saturnales révolutionnaires. Après la Terreur, il changea de nom. On ignore la date de sa mort.
*MAILLARD DESFORGES,  poëte. Y. DESFORGES.
*MAILLÉ, 1er nom du bourg de Luynes. Y. LUYNES.
*MAILLEBOIS, bg du dép.^ d'Eure-et-Loir, à 20 k. S. O. de Dreux; 800 hab. Ane châtellenie, érigée en marquisat en 1621.
*MAILLEBOIS (J. B. François DESMARETS, marquis de), maréchal de France, fils du contrôleur général Desmarets et petit-fils de Colbert, né en 1682, m. en 1762, apprit l'art de la guerre sous Villars, se distingua au siège de Lille (1708), commanda une division en Italie, 1733, soumit la Corse en moins de trois semaines, 1739, et fut créé maréchal en 1741. Envoyé de nouveau en Italie en 1745, pour soutenir l'infant don Philippe, il battit les Autrichiens; mais, accablé par des forces supérieures, il ne put garder le Milanais, et fut battu sous Plaisance (1746).
*MAILLÉ-BRÊZÉ, anc maison de la Touraine qui remonte au xi* siècle, a fourni plusieurs hommes distingués. On connaît surtout : Urbain de'Maillé-Brézé, capitaine des gardes du roi, maréchal de FranceVam- ' bassadeur en Suède, en Hollande, puis gouverneur de l'Anjou (1636), vioe-roi de Catalogne êùi.1'642. Il m. en 1650. Il avait épousé une sœur du cardinal de Richelieu.—Armand de M&illé-Brézé, duc de Fronsac et de Caumont, fils du précéd., commanda une escadre au siège de Cadix en 1640, et fut tué d'un coup de canon au siège d'Orbitello en 1646, à 27 ans.
*MAILLERAYE (LA). Y. LA MAILLERAIE.
*MAILLET (Benoît de), né à St-Mihiel, en 1656, fut consul de France en Egypte, 1692, etàLivourne, 1702 ; puis inspecteur des établissements français dans le Levant et la Barbarie, et mourut à Marseille en 1738 à 82 ans. Il avait fait une étude approfondie de la langue arabe et des coutumes des Orientaux :o'n lui t doit deux ouvrages estimés sur l'Egypte : Description de VÈgypte,\lZh ;Idée du gouvernement ancien et moderne del'Egypte, 1743; mais il est surtout connu par un ouvrage fort singulier, Telliamed (anagramme de son nom), ou Entretiens d'un philosophe indien avec un missionnaire français, Amsterdam, 1748 : se fondant sur la présence de dépôts et de coquillages dans les montagnes, il établit que les continents se sont formés par la retraite des eaux de l'Océan; en outre, il fait sortir tous les animaux, même l'homme, du sein des eaux, expliquant leur état actuel par des transformations successives. Ces divers ouvrageS ïônt été publiés par l'abbé Lemascrier.
*MAILLEZAIS, ch.-l. de cant. (Vendée), à 12 kil. S. E. de Fontenay, dans une île formée par la Sèvre Niortaise; 1200 hab. Ane château, qui appartint aux comtes de Poitou; anc abbaye de Bénédictins, fondée en 980, érigée en évêché en 1317, et supprimée en 1648 : l'évêché fut transporté à La Rochelle Henri de Navarre fortifia Maillezais en 1586, et en confia la garde à Agrippa d'Aubignè. Ruines de la cathédrale.
 
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*MAILLOTINS. On nomma ainsi des hommes du peuple qui, en 1382, s'insurgèrent à Paris pour s'opposer à la perception de nouvelles taxes établies par le duc d'Anjou, régent de France pendant la minorité de Charles VI; ils se portèrent en masse sur l'arsenal, s'y armèrent de maillets de fer dits maiïlotins (d'oùleur nom), massacrèrent les percepteurs et élargirent les prisonniers. Cette sédition ne put être comprimée qu'après la victoire de Rosebecque et attira tur le peuple de cruelles punitions.
*MAILLY, noble et anc famille de Picardie, issue des -jomtes de Dijon, tire son nom de la terre de Mailly, près d'Amiens. Elle a produit un grand nombre d'hommes marquants : guerriers, prélats, hommes d'État, écrivains, etc. Elle possédait l'important marquisat de Nesle, ce qui valait au chef de la famille le titre de Premier marquis de France.
*On connaît surtout: François de Mailly,marquisde Nesle (1658-1721), cardinal,'archevêqued'Arles, puis de Reims, qui se prononça énergiquement contre le Jansénisme, soutint la bulle Unigenitus et tint tête au Régent et au Parlement ;— le chevalier de Mailly, filleul de Louis XIV, auteur d'une Histoire de la république de Gênes, d'un Éloge de la Chasse, et de plu-sieursautresécrits, singuliers pour la plupart; m. vers 1724; — J. Auguste, comte de Mailly-d'Haucourt, maréchal de France, qui fit avec distinction toutes les campagnes de Louis XV, gouverna le Roussillon où il fit fleurir l'agriculture, le commerce et les arts, et se signala au 10 août 1792 par son dévouement chevaleresque pour le roi : arrêté par ordre de Lebon, il périt sur l'échafaud à Arras en 1794, à 86 ans.
*Quatre sœurs appartenant à cette famille, la comtesse de Mailly, la comtesse de Vintimille, la duchesse de Lauraguais, la marquise de la Toumelle (depuis duchesse de Châteauroux), filles de Louis de Mailly, commandant de la gendarmerie de France, acquirent à la cour de Louis XV une fâcheuse célébrité et ternirent l'honneur de leur maison en devenant successivement les maîtresses du roi. La plus connue est la duchesse de Châteauroux. Y. ce nom.
*MAIMATCHIN, bgde l'Empire chinois (Mongolie), vis à. vis de la ville russe de Kiakhta. Grand entrepôt du commerce de la Chine avec la Russie.
*MAIMBOURG (le P.), historien ecclésiastique, né en 1620 à Nancy, m. en 1686, entra chez les Jésuites, enseigna les humanités à Rouen, puis se livra à la prédication avec quelque succès, et enfin se consacra tout entier à la composition des ouvrages historiques qui l'ont rendu célèbre. En parlant des libertés de l'église gallicane, il se permit des attaques contre le St-Siége et mécontenta Innocent XI, qui, en 1685, le fit exclure de l'ordredes Jésuites. LouisXIV lui donna une pension et une retraite à l'abbaye de St-Victor, à Paris. Ses OEuvresontëlé publiées à Paris, 1686-87,14 vol. in-4, ou 26 vol. in-12; elles comprennent l'Histoire de l'Arianisme, — des Iconoclastes, — du Schisme des Grecs, — des Croisades,— de la Décadence de l'Empire depuis Charlemagne, — du grand Schisme d'Occident, —du Luthéranisme, — du Calvinisme, —de la Ligue, —de l'Église de Home, — de Grégoire le Grand, — de S. Léon. Maim-jourg ne manque ni d'érudition ni d'agrément, maïs son style est souvent diffus et l'on ne peut toujours se fier à son exactitude ni à son jugement. Bayle fit paraître une spirituelle Critique générale de l'Hist. du Calvinisme du P. Maimbourg.
*MAIMON (Salomon), philosophe juif allemand, né en 1753 à Neschwitz (Lithuanie), m. en 1800, était fils d'un rabbin et cultiva d'abord la science talmudiqus et cabalistique ; puis il se livra à la philosophie et obtint la protection de son co-religionnaire Men-rfeissohn; mais il s'en rendit bientôt indigue par son i-xconduite et tomba dans un tel état de misère qu'il tut réduit quelque temps à mendier. On a de lui : ilittoire des progrès de la métaphysique en Allemagne depuis Leibnilz, 1793; Recherches critiques sur l'esprit humain, 1797; il a surtout excellé dans la réfutation du système de liant.
*MAIMONIDE (Moses),céIèbre rabbin,né à Cordoua vers 1135, m. en 1204, étudia la philosophie et la médecine sous Tophaïl et Averrhoès, passa de bonne heure en Egypte, et devint premier médecin de Sa-ladin et de ses successeurs. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages sur la religion juive, sur la philosophie et la médecine; les plus connus sont : un Commentaire sur ta Mischna; la Main forte, abrégé du Talmud; te Docteur des Perplexes (en hébreu More Nevokim), traité de philosophie et de théologie, où il explique les passages ambigus de l'Ecriture, et qui excita de vives contestations parmi les Juifs. La plupart de ses ouvrages sont écrits en arabe. Les Juifs le regardent comme leur premier écrivain, comme leur Platon. Le More N&cokim a été publié, avec traduction française, par M. Munk, sous le titre de Guide des Égarés, 'Paris, 1856-61, 2 vol, in-8. MAIN ou BIAYN, riv. d'Allemagne. V. MEIS. 
*MAÏNA ou MAGSE, pays de Grèce (Morée), comprend la partie S. E. de l'ancienne Laonie, entre les golfes de Coron à, l'O. et de Kolokythia à l'E. On y compte environ 60 000 hab. dits Maïnotes. Ils sont très-braves, mais indisciplinables et pirates déterminés. Sol montagneux, inaccessible en beaucoup d'endroits, et cependant fertile. Forêts et pâturages. Bons ports.—Le Maîna était jadis habile par les Èleu-théro-Lacons, dont les Maïnotes actuels prétendent descendre, et qui, comme ces derniers, se sont rendus célèbres par leur ardent amour pour l'indépendance. Ils luttèrent sans cesse contre la domination des Turcs, qui n'obtinrent jamais d'eux qu'un léger tribut;ils ont puissamment Contribué à conquérir l'indépendance de la Grèce. Les Maïnotes étaient régis par des chefs de leur choix dits gérantes (vieillards); leur chef suprême se nomme protogéronte, Cette dignité a été jusqu'au xvii" siècle héréditaire dans une branche delà famille Comnène issue de David Com-nène, dernier empereur de Trébizonde. Ce pays est maintenant compris dans les diocèses de Laconie et de Basse-Messénie et a pour principales villes Maîna, Kolokythia, Chimova et Platza.
*MAINE (le), ancienne province de France, bornée au N. par la Normandie, à,l'E. par l'Orléanais, au S. par l'Anjou et la Touraine, et à l'O. par la Bretagne, formait, avec le Perche, le grand, gouvt de Mqine-et-Perche, et avait pour capitale le Mans. On le divisaiten Haut et Bas Maine, auxquels on joignait le pays ou comté de Laval. Ce pays forme auj. les départements de la Sarthe et de la Mayenne. Sol ondulé, généralement fertile; volailles estimées.—Le Maine tire son nom des Cenontow qui l'habitaient autrefois, ou bien de la Maine ou Mayenne, qui l'arrose. Sons les Romains, il fit partie de la 3* Lyonnaise. Il forma au Xe s. un comté héréditaire, qui fut ensuite eompris dans les possessions des comtes d'Anjou ; ilpassa sous la domination anglaise lorsque Henri Plantagenet, comte d'Anjou, devint roi d'Angleterre (1154). Philippe-Auguste l'enlevai Jean sans Terre en 1203. S. Louis le donna avec l'Anjou à son frère Charles, dont les descendants le possédèrent jusqu'en 1481; Louis XI, à qui il échut alors par héritage, le réunit à la couronne. Henri II le donna en apanage à son troisième fils, Henri (depuis Henri III); celui-ci le céda àFrançois, ducd'Alençon, son frère. Ce dernier étant mort sans enfants en 1-584, le Maine fut réuni définitivement à la couronne. Louis XIV donna le titre de duc du Maine à l'un des fils qu'ils avait eus de Mme de Montespan —• F. ci-après.
*MAINE (le), un des Etats-Unis de l'Amérique duN., au N. E., entre 67° 20'-71» 10' long. O. et 43°-46° 15' lat. N., a pour bornes auN. le B.-Canada, à l'E. le Nouv.-Brunswîck, àl'O. leNew-Hampshire, au S. et au S. E. l'Atlantique; 450 k. sur 200; 600TOO hab.; ch.-l., Augusta. Sol plat, ingrat le long des côtes, fertile dansl'intérieur. On y cultivait jadis le tabac et l'indigo; auj. le coton est la principale culture. Plusieurs chemins de fer. — Découvert en 1497, ce pays ne commença à recevoir des colonies que de 1635 à 1654: les Français et les Anglais y fondèrent à la fois plusieurs établissements, mais ils ne purent s'y fixerd'une manière durable, par l'effet d'hostilités continuelles avec les indigènes. Il reçut son nom des Français en 1638, en souvenir de la p'rovince française du Maine. Il fut assuré à l'Angleterre en 1712 parle traité d'U-trecht. Dès l'année 1652, le Maine s'était mis sous la protection de l'État de Massachussets; il en fut détaché en 1820, et prit le titre d'État.

 MAIN	— 1161 —	MAIN

*MAINE (la), riv. de France, formée de la réunion de la Sarthe et de la Mayenne, qui s'unissent à 3 k. N. d'Angers, traverse celte ville, et se jette dans la Loire à 10 kil. au-dessous d'Angers. Le pont de la Maine, à Angers, s'étant rompu le 16 avril 1850 pendant le passage du 11« léger, 219 soldats y périrent.
*MAINE (Louis Aug. DE BOURBON, duc du), fils dé Louis XIV et de Mme de Montespan, né en 1670, fut élevé par Mme de Mainteuon et jouit de l'affection particulière du roi, qui, après l'avoir légitimé, lui donna le rang de prince du sang, et le déclara en 1714 habile à succéder; mais, à la mort de Louis, le duc d'Orléans, à qui il avait disputé sans succès la régence, le dépouilla de ses prérogatives. La duchesse du Maine, irritée, fit alors entrer son mari dans la conspiration ourdie par Cellamare ; mais l'intrigue ayant été découverte, le duc fut enfermé à la citadelle de Doullens (1718). Cependant il se réconcilia avec le Régent, et fut même revêtu de hautes dignités, qu'il conserva jusqu'à sa mort (1736). Ce prince avait de belles qualités; mais son apathie et sa timidité le rendaient incapable des grandes choses. — Il avait épousé Anne Louise de Bourbon, petiie-fille du grand Condé, morte en 1753, à 77 ans. C'était une femme vive et ambitieuse; elle conspira pour son mari avec Cellamare et fut comme lui mise en prison, mais elle ne vit point avec le même calme que ce prince le pouvoir lui échapper. Le duc et la duchesse du Maine habitaient Sceaux, dont ils firent un séjour charmant et où ils tenaient une petite cour.
*MAINE DE BIRAN (Marie Franc.), philosophe, né en 1766 à Bergerac, m. en 1824, était fils d'un médecin. Il fut élu en 1797 membre du Conseil des Cinq-Cents et fut sous l'Empire sous-préfet de Bergerac. Elu en 1809 membre du Corps législatif, il fil partie avec Laine de la commission qui dès 1813 protesta contre le despotisme impérial; il siégea également à la Chambre des Députés sous la Restauration, et fut nomme en 1816 conseiller d'État. Il cultiva avec succès la philosophie, et fut peut-être le métaphysicien le plus profond de son temps. D'abord disciple de Con-dillac et de Cabanis, il s'éloigna bientôt de cette école, et s'attacha surtout à rétablir les droits de la puissance active et tolonlaire, méconnue par ses maîtres. Il débuta par un Mémoire sur l'Influence de l'habitude, qui l'ut couronné par l'Institut en 1802; donna en 1805 un mémoire sur la Décomposition de la pensée, également couronné; envoya aux académies de Copenhague et de Berlin des travaux non moins remarquables ; rédigea pour la Biographie universelle un article profond sur Leibnitz, et composa peu avant sa mort ses Nouvelles considérations sur les rapports du physique et du moral, qui renferment son dernier mot. M. Cousin a publié ses OEuvres philosophiques, Paris, 1841, 4 vol. in-8. M. Naville, de Genève, a publié en 1857 : Maine de Biran, sa vie et ses pensées, et a donné eu 1859 ses OEuvres inédites.
*MAINE-ET-LODiE (dép. de), entre ceux de la Mayenne au N., d'Indre-et-Loire à l'E., delà Vienne au S. E., desDeux-Sèvresau S., de la Vendée au S. O., de la Loire-Inf. à l'O., et d'Ille-et-Viiaine auN.O. : 7188 k. carr.; 526 012h.; ch.-L, Angers. 11 est formé en grande partie de l'anc Anjou. Arrosé par la Loire qui le traverse de l'E. à l'O. et y reçoit, outre la Maine, qui donne son nom au dép., l'Authion, le Thoué, le Layon ut l'Èvre. Pays de plaines, inondé annuellement sur les bords de la Loire; fertile en céréales, chanvre, lin, melons, pommes de terre, etc., et produisant des vins blancs estimés ; horticulture très-avancée, favorisée par la douceur du climat. Excellents pâturages, élève de moutons et de bœufs. Fer, houille, ardoisières immenses, qui emploient 2000 ouvriers; marbres, granit, grès, pierres de taille, pierres à chaud, etc. Hauts fourneaux; toiles, linge de table, mouchoirs dits de Chollet, tissus de coton, teintureries. Commerce actif. — Ce dép. a 5 arr. (Angers, Segré, Baugé, Saumur, Chollet), 34 cantons, 384 communes; il appartient à la 15e division militaire, a une cour impériale résidant à Angers et forme le diocèse d'Angers.
*MAINFROI.  V. MANFRED.
*MAINLAND, lie anglaise de l'Océan Atlantique, la plus grande des îles Shetland, a 138 kil. sur 55; 16000h.; ch.-l., Lerwick. Fer, cuivre. —Une des Orcades. V. POMONA.
MAÏNOTES. V. MAÏNA.
*MAINTENON, ch.-l. de cant. (Eure-et-Loir), au confluent de l'Eure et de la Voise, sur le chemin de fer de Bretagne, à 19 kil. N. de Chartres; 1800 h. Magnifique château, qui remonte à Philippe-Auguste, et qui fut reconstruit par J. Cottereau, trésorier des finances sous Charles VII et Louis XI. Il fut acheté en 1674 par Louis XIV pour la veuve de Scarron, qui prit de là le nom de marquise de Main tenon; on y remarque encore l'appartement de Mme de Mainte-non, et son portrait par Mignard. Ce château appartient auj. au duc deNoailles. En 1684, un immense aqueduc fut commencé à Maintenon pour amener les eaux de l'Eure à Versailles, mais il ne fut point achevé, et il n'offre maintenant qu'une belle ruine, composée de 48 arch es. La plaine voisine est couvertes de monuments druidiques, dits Pierres de Gargantua. Collin d'Harleville naquit près de Maintenon, à Mévoisins.
*MAINTENON (Françoise D'AUBIGNE, marquise "de), fille de Constant d'Aubigné et petite fille de Théodore Agrippa d'Aubigné, ami de Henri IV et chaud partisan de la Réforme, naquit en 1635 dans la prison de Niort, où ses parents étaient détenus. Son père, devenu libre, l'emmena à la Martinique en 1643; elle resta de bonne heure orpheline. Après avoir été successivement catholique et protestante, elle s'attacha définitivement au catholicisme et se fit même remarquer par une grande ferveur. Elle vivait dans un état voisin de l'indigence lorsqu'en 1652 le poète Scarron, touché de ses infortunes, l'épousa, quoique vieux et infirme, dans le seul but de lui servir de protecteur. Sa maison fut pendant quelque temps le rendez-vous de ce qu'il y avait de plus spirituel dans Paris. Devenue veuve dès 1660, elle allait retomber dans la misère quand la cour, instruite de ses malheurs, lui assura une pension de 2000 fr. Chargée par Louis XIV d'élever secrètement les enfants nés de son commerce avec Mme de Montespan (1669), elle s'acquitta de ce soin avec zèle et succès, et sut, dans cette position équivoque, garder de la dignité. Elle acquit de jour en jour plus de crédit auprès du roi, qu'elle charmai t par l'agrément et la solidité de sa conversation, et finit par faire oublier Mme de Montespan. Le roi lui donna dès 16741a terre de Maintenon, qu'il érigea pour elle en marquisat. Après la mort de la reine (1683), Louis XIV s'unit avec Mme de Maintenon par un mariage secret; on rapporte ce mariage au 12 juin de l'année» 1684. Maie de Maintenon fonda en 1685, à St-Cyr, une maison religieuse pour l'éducation des jeunes filles nobles et pauvres; Racine, à sa prière, composa pour cette maison Eslher et Athalie. A la mort de Louis XIV (1715), elle se retira à St-Cyr, et elle y resta j usqu'à sa mort (1719), livrée aux exercices d'une piété austère. On attribue communément à Mme de Maintenon une grande part aux affairés : on lui reproche d'avoir conseillé de mauvais choix, tels que ceux de Chamillard et de Villeroi, et d'avoir appuyé des mesures intolérantes, notamment la révocation | de l'édit de Nantes ; cependant cette influence funest a été contestée par les mieux informés de ses biographes. On a d'elle quelques écrits : l'Esprit de Vlnstitut 'des filles de Si-Louis, 1699, des Proverbes, publiés oarMonmerqué, 1849, des Lettres, publ.parLabeau-melleen 1756, mais d'une manière infidèle, et une Correspondance avec Mme des Ursins, 1826, 4 v. ïn-8. Ses écrits ont été réunis pour la 1" fois par Th.. La-vallée, sous le titre i'OMuvres de Mme de Maintenon, collationnêes sur les manuscrits ou sur des copies authentiques, Paris, 1854-56,10 vol. in-12. Son style se distingue par une élégante simplicité, par la netteté , la justesse et par la force de la raison. Ses Zettres surtout sont remarquables par l'urbanité, lâbienveil-lance et la sagesse des conseils et des réflexions. On d"it àLabeaumelle de curieux Mémoires sur Mme de Maintenon, 1756, 6 vei. in-12, et au duc de Noailles une Histoire de Mme de Maintenon, 1848, 2 v. 8°.
 
 MAIS	— 1162 —	MAIS

*MAIRAN (J. J. DORTons de), physicien, mathématicien et littérateur, né à Beziers en 1678, mort en 1771, fonda, avec le D* Bouillet, l'Académie de Béziers, fut élu en 1718 membre de l'Académie des sciences, et devint après Fontenelle secrétaire perpétuel de cette compagnie (1740). Il fut chargé avec Varignon de proposer un procédé pour le jaugeage des vaisseaux qui prévint les fraudes et les réclamations ; ils visitèrent à cet effet les principaux ports de la Méditerranée; leur projet fut accueilli par l'Académie, et sanctionné par le roi. On a de Mairan : Dissertation sur la glace, Paris, 1749; Traité de l'aurore boréale, 1731; Lettres au P. Parennin, 1770; Éloges des membres de l'Académie des sciences, 1747; Lettres à Malebranche, et de nombreux mémoires dans le recueil de l'Académie des sciences.
*MAIRE, officier municipal. 7. ce mot dans notre Dictionnaire univ. des Sciences.
*MAIRES DU PALAIS, Majores domus, officiers de la couronne qui étaient primitivement chargés de l'administration de la fortune privée du roi et du gouvernement intérieur- du palais, mais qui ne tardèrent pas à acquérir une grande puissance politique. Dès 575, Gogon, maire d'Austrasie, fut chargé du gouvernement du pays; en 614, Warnachaire, maire de Bourgogne, obtint de Clotaire II que cette charge fût inamovible et que l'élection des maires appartînt non plus au roi, mais au grands vassaux. Sous les successeurs de Dagobert, on remarque Erchinoald, Ébroïn, S. Léger, Pépin d'Héristal, Charles-Martel, qui ajoutèrent de plus en plus au pouvoir des maires. En Austrasie, dès 677, il n'y eut plus de rois, et le gouvernement appartint tout entier aux maires sous le titre de ducs ou princes des Francs ; après le triomphe de Pépin d'Héristal sur les Neustnens à Testry, 687, la mairie devint héréditaire; enfin Pépin le Bref, maire des trois royaumes, non content d'exercer le pouvoir d'un véritable roi, voulutenavoir le titre : il déposa en 752 le faible Childério III, etse fit proclamer roi à sa place par les grands du royaume, avec l'assentiment du pape Zacharie I. La charge de maire du palais eut peu d'importance sous la 2* race; elle fut définitivement abolie sous Hugues Capet.
*MAIRET (Jean), poète tragique. né à Besançon en 1604, mort en 1686, est le premier qui ait donné sur notre théâtre des tragédies régulières.; il jouit d'une grande réputation jusqu'au moment où parut Corneille, qui ne tarda pas à l'éclipser. Nommé résident de la Franche-Comté auprès de la France, il obtint en 1649 pour son pays un traité de neutralité avantageux. A la paix des Pyrénées, il présenta à la reine mère un sonnet sur la paix qui lui valut mille louis. Il se retira de bonne heure du théâtre, ne pouvant lutter contre Corneille. Ses meilleures tragédies sont Sophonisbe, 1629, et Cléopâtre, 1630.
*MAISON (Joseph), maréchal de France, né à Èpinay (Seine-et-Oise) en 1771, m. en 1840, fit avec distinction les guerres de la République et de l'Empire, jrit Lubek en 1806, fut fait général de division en Russie pour sa belle conduite aux affaires de Zakobovo, d'Oboyarzova et Polotsk (1812), protégea pendant la retraite avec autant d'habileté que de zèle le passage de la Bérésina, fit des prodiges de valeur §. Leipsick (1813), fut, après cette bataille, chargé du commandement en chefde l'armée du Nord-lutta longtemps en Belgique contre des forces supérieures et défendit vaillamment les approches d'Anvers. Après l'abdication de l'Empereur il se rallia au nouveau gouvernement, qui le combla de faveurs : déjà créé comte sous l'Empire, il fut fait pair et marquis. Il conserva néanmoins son indépendance, et refusa déjuger le maréchal Ney. Chargé en 1828 du commandement de l'expédition de Morée, il y obtint un plein succès (V. HOREE) : il rebut en récompense le bâton de maréchal de France (i829). En 1830, il fut un des commissaires qui accompagnèrent Charles X à Cherbourg. Il fut depuis rrîinistre des. affaires étrangères, ministre de la guerre, ambassadeur à Vienne et en Russie
*MAISON DE DIEU (Ligue de la). V. CADËE (Lîgue) et GRISONS.
*MAISONNEUYE (J. B. SIMOHNET de), né à St-Cloud en 1750, mort en 1819, est auteur de plusieurs pièces de théâtre dont la meilleure est la tragédie de Roxelane et de Mustapha, représentée avec succès en 1785, et de plusieurs autres poésies. Ses OEuvres ont été publiées par Chéron, 1824, in-8.
*MAISONS, MAISONS-LAFFITTE, MAÏSONS-SUR-SEINE,
joli village de Seine-et-Oise, sur la r, g. de la Seine, à 7 k. N. de St-Germain; 1200 h. Station du chemin de fer de Paris à Rouen, Superbe château,, bâti par Mansard pour le président de Maisons; parc magnifique. Ce château appartint, avant la Révolution, au comte d'Artois (CharlesX) et, sous le 1"Empire, au maréchal Lannes; puis il fut acheté par le banquier Laffitte. Le parc a été depuis morcelé pour former plusieurs belles maisons de campagne.
*MAISONS-ALFORT. F. ALFORT.
*MAÏSSOUR (écrit Mysore parles Anglais), v. de l'Inde, capitale du roy. de Maïssour, à 15 kil. S. S. O. de Seringapatam; env. 50000 h. Ville fort ancienne; fortifiée au XVÏ*siècle, souvent prise: rasée en 1787 par Tippou-Saëb, qui transporta le siège du gouvt à Seringapatam; rebâtie par les Anglais.
*MAÏSSOUR (Royaume de), un des Etats médiats de l'Inde anglaise, dans la Présidence de Madras, au S. du Balaghat, au N. du Koimbatour, an N. E. du Malabar et du Kanara, peut avoir 360 Kil., en tous sens, et compte env. 3500000hab.; capitale Maïssour. C'est un vaste plateau, élevé de 1000" au-dessus de la mer, entouré des Ghattes tant occidentales qu'orientales, et d'où descendent la Ka'veri, la Toumbedra, la Bhadri, etc. Climat salubre et tempéré ; sol assez fertile : on y recueille du riz et toutes les productions des régions chaudes. On y exploite des mines de fer. — Le Maïssour avait depuis plusieurs siècles des radjahs héréditaires, lorsque le pouvoir fut usurpé en 1760 par Haïder-Ali, ministre de l'un de ces rois; sous ce prince et sous son fils Tippou-SaSb, ce royaume devint, avec l'empire des Manrattes, l'Etat le plus puissant du Décan.: la capitale était alors Seringapatam. Outre le Maïssour, il comprenait le Koimbatour, le Kanara, une partie du Malabar, Bednor, Colar,Sera, Anantpour, le Balaghat, le Kaddapa. Soutenus par les Français, Haïder-Ali et Tippou-Saëb firent longtemps une guerre acharnée aux Anglais; mais Tippou-Saëb étant mort en 1799, en défendant Seringapatam contre le général Harris, son royaume cessa dès lors d'exister ; les Anglais placèrent sur le trône un descendant des anciens rad|ahs du pays, qui n'eut qu'une-autorité nominale : ils sont les maîtres de fait; ils occupent les places fortes et perçoivent la moitié des revenus.
*MÀISTRE (le comte Joseph de), célèbre écrivain, né en 1754 à Cbambéry, d'une famille d'origine française, mort en 1821, fut chargé par le gouvernement sarde de plusieurs négociations, accompagna dans l'île de Sârdaighe le roï Charles-Emmanuel [ lors de l'invasion de ses Etats Ibar les Français, et se rendit à St-Pétersbourg en 1803 comme ministre plénipotentiaire de ce prince. Forcé en 1817 de quitter la Russie lors de l'expulsion des Jésuites, parce qu'il avait embrassé la cause de l'ordre proscrit, il fut nommé dans sa patrie régent de la chancellerie, et reçut toutes sortes de distinctions honorifiques. J. de Maistre s'est fait un nom en combattant les philosophes du xvine siècle, en soutenant la suprématie temporelle du pape et la théocratie. Ses principaux écrits sont : Considérations sur la Révolution française, Lausanne, 1796, ouvrage qui dénote déjà la* portée de son esprit et son talent d'écrivain ;DuPape, Lyon, 1819, son œuvre capitale, où il propose de placer le Souverain-Pontife à la tête de la société, comme au moyen âge; De l'Église gallicane, Paris, 1821} où il attaque les libertés de l'église deFrance; les Soirées de St-Pétersbourg ouEntretiens sur le gouvernement temporel de la Providence, ouvrage posthume, Paris, 1821, où il règne un singulier mysticisme; Examen de la philosophie de Bacon, Paris, 1836, où le philosophe anglais est jugé avec la plus injuste sévérité. De Maistre n'est pas moins remarquable par la vigueur de son style que par la singularité de ses doctrines. On a publié à Paris en 1851 des Mémoires, des lettres et Opuscules de J. de Maistre, et en 1859, sa Correspondance diplomatique.

 HAIT  1163 —MAJO

*MAISTRE (Xavier de), frère cadet du préc, né en 1764 à Chambéry, était au service du roi de Sardaigne lorsque la Savoie fut conquise par les Français. Il alla en Russie, où résidait son frère, se distingua dans la guerre contre la Perse et gagna le grade de général-major. Il se maria à St-Pétersbourg après la cam-Eagne et revit un instant sa patrie, mais retourna ientôt se fixer en 1817 en Russie; il y mourut en 1852, presque nonagénaire. Il s'était fait connaître dès l'âge de 30 ans parle Voyage autour de ma chambre, ingénieux badinage, auquel il donna beaucoup plus tard pour suite l'Expédition nocturne autour de ma chambre. Après un long intervalle, il publia en 1811 le Lépreux delà Citéd'Aoste, récit touchant d'un fait réel, en 1815 le Prisonnier du Caucase, et en 1817 la Jeune Sibérienne, nouvelles pleines d'intérêt, où l'on trouve la peinture fidèle de mœurs qui nous sont totalement étrangères. Ce peu d'écrits ont suffi pour le placer au rang des bons écrivains de notre langue. X. de Maistre peignait avec succès le paysage ; il était en même temps habile chimiste : il présenta à l'Académie des sciences de Turin plusieurs savants mémoires, parmi lesquels on remarque ses recherches sur l'oxydation de l'or et sur l'application de l'oxyde d'or àla peinture. Ses OEuvres littéraires ont été réunies en 3 vol.in-18, Paris, 1825etl828, et en 1 vol. in-12,1859.
*MAÎTRE. Sous l'empire romain, on donna le nom de Maitres à divers officiers publics : le Maître du cens, institué sous Auguste, remplissait les fonctions de censeur; le Maître de la-milice, institué par Constantin, avait àpeuprèsl'autoritédupréfet du prétoire.
*Dans les temps modernes, on a donné les noms de Maîtres et de Grands maîtres aux chefs de différents ordres ou de différents services : grand maître des Templiers, des Hospitaliers, de l'Université, de l'Artillerie , etc. V. ces noms.
*MAITRE DE LA CAVALERIE, magister equitum, nom donné chez les Romains à une espèce de lieutenant du dictateur, qui commandait la cavalerie sous les ordres de ce magistrat: c'était la 1" dignité après celle de dictateur. Le maltie de la cavalerie était, comme celui-ci, choisi par le sénat du peuple ; il était précédé de 6 licteurs.
*MAITTAIRE (Michel), philologue et bibliographe, né en France en 1668, de parents protestants qui s'étaient réfugiés en Angleterre lors de la révocation de l'édit de Nantes, m. à Londres en 1747, occupait une chaire à l'école de Westminster. Outre un grand nombre d'éditions fort correctes des auteurs classiques grecs et latins, avec index, il a publie : Grxcm linguas IHalecti, Londres, 1706; Opéra et fragmenta vete-'um poetarum latinorum, 1713; Stephanorum historia, 1709; Hûtoria ttjpographorum parisiensium, 1717; Annales typographici, 1719-41; Miscellaneœ grxwrum aliquot scriptorum carmina,cum versione lat. et notis, 1722 ; Warmora Oxoniensia, grec et latin, 1732. Sa. Collection des classiques latins, publiée à Londres de 1713 à 1722, forme 27 v. in-12.
*MAIXENT (S.), né vers 447 à Agde, m. en 515, quitta sa ville natale pour échapper à l'envie qu'excitaient ses vertus, vint habiter dans le Poitou le monastère de St-Saturnin-sur-Sèvre qui prit depuis son nom, en fut élu abbé vers 500, y reçut en 507 la visite de Clovis qui allait combattre Alaric à Vouiïlé, et, sur la demande du roi franc, intercéda près de Dieu pour le succès de son expédition. On l'hon. le 26 juin, jour de sa mort. C'est autour de son abbaye que se forma la ville actuelle de.St-Maixent.
*MAIZEROY (P. JOLY de), écrivain militaire, né à, Metz en 1719, m. en 1780, servit sous le comte de Saxe, et fit comme lieutenant colonel les campagnes de 1756 à 63. A la.paix, il consacra ses loisirs à des recherches sur l'art militaire. On a de lui : Traité des stratagèmes ou Remarques sur Polyen et Frontin, 1765; Cours de tactique, 1766-67; Traité des armes défensives, 1767 ; Traité des armes et de l'ordonnance de l'infanterie, 1776; Théorie de la guerre, 1777; Traité sur l'art des sièges etles machines des anciens, 1778, et une traduction des Institutions militaires de l'empereur Léon, 1770, qui lui ouvrit en 1776 les portes de l'Académie des Inscriptions.
*MAIZIËRES (Phil. de), né en 1312 au château de Maizières, près de Montdidier (Somme), m. en 1405, détermina Hugues de Lusignanr roi de Chypre, et le-successeur de ce prince, Pierre I, à faire la guerre aux Musulmans (1343-65), puis vint se fixer à la cour de Charles V qui le nomma chancelier d'État et lui confia l'éducation de son fils Charles VI. Il se retira chez les Célestins. On a de lui, outre plusieurs écrits-de piété, deux ouvrages curieux, le Songe adressant au blanc Faucon (Charles VI), et le Songe du Vieil pèlerin, recueils de conseils adressés à Charles VI, écrits vers 1382, restés Ms. On lui a attribué, mais à tort, le Songe du Vergier (1376), donné par d'autres à Raoul de Presles ou à Charles de Louviers.
*MAJEUR (Lac), Verbanus lacus, lac de Lombardie, sur les confins de la Lombardie et de la Suisse, est forméparleTessin, quile traverse ; 60 k. sûr 7. C'est le plus occid. des lacs de la Haute-Italie. Bords charmants, îles délicieuses, entre autres les îles Borromées. MAJOR, MAJORAT, MAJORITÉ. V. ces mots dans notre Dict. univ. des Sciences.
*MAJORAGIUS (Ant. Marie CONTI, dit), savant du xvi° siècle, né en 1514 à Majoragio, dans le Milanais, d'où son nom, m. en 1555, fut nommé à 26 ans professeur d'éloquence à Milan, et se fit admirer par l'élégance de -sa latinité. Il a laissé des commentaires estimés sur Cicéron et sur Virgile, ainsi que des poésies et des harangues latines,Leips., 1628. Il eut de violents démêlés avec Nizolius au sujet des Paradoxes de Cicéron, qu'il avait critiqués sévèrement.
*MAJORIEN, Flavius julius Valerius Majorianus, empereur d'Occident, avait servi avec distinction en Gaule sous Aétius, lorsqu'il fut placé sur le trône, en 457, par le patrice Ricimer. A son avènement, il abolit les tributs arriérés, rétablit la juridiction ordinaire des magistrats provinciaux et l'ancien office des défenseurs; puis, se mettant à la tête de l'armée, il battit dans la Gaule Théodoric II, roi des Visigoths, et courut en Afrique attaquer Genséric, roi des Vandales. Il allait délivrer l'empire de ce terrible ennemi, lorsque Ricimer, redoutant un empereur si belliqueux, excita contre lui une révolte; il fut déposé à Tortone et mis à mort en 461.
*MAJORQUE, Mallorca en espagnol, Bafeaw ma/or en latin, la plus grande des îles Baléares, par 0°-l° long. O., 39°-40° lat. N.; elle a env. 70 kil. du N. au S. sur 57 de l'E. à l'O., 3400 k. c et compte 180 000 h. ; ch.-L, Palma, qui est aussi le ch.-l. de toute la capitainerie générale des Baléares. Climat délicieux. chaud, mais tempéré par les brises. Excellents fruits (oranges, dattes, limons et citrons); vins, huiles renommées ; on y élève beaucoup de porcs. Pêche du torail. Assez grand commerce avec l'Espagne et l'Afrique. — L'Ile a été possédée successivement par les Carthaginois, les Romains, les Pisans, les Sarrasins. Enlevée à ces derniers vers 1229 par les Aragonais, elle fut érigée en un roy. particulier (d'où dépendaient toutes les Iles Baléares, le comté de Montpellier, le Roussillon et la Cerdagne) par Jacques I, roi d'Aragon , en faveur de son fils Jacques en 1262, puis fut réunie, avec l'Aragon, à la couronne d'Espagne.
 
 MAI A	— 1164 —	MAIA

*MAK.A1UEV, v. du gouvt de Nijaéi-Novogorod, à 17 kil. E. 8. E. de la v. de ce nom, sur la r. g. du Volga; 4000 hab. Il s'y tient une foire célèbre qui dure tout le moisdejuîlletet à laquelle se rendent des Cosaques, des Boukhares, des Persans et des Indiens.
*MAK.IIADOU, capit. de l'Ile d'Aj'ijouan, l'une des Comores; 5000 hab. Port fortifié.
*MAK.O, v. de Hongrie, ch.-l. du comitat de Csa-nad, sur la r. dr. du Maros, à 176 k. S. E. de Bude; 7000 h. Résidence de l'évèque de Csanad.
*MAKRI, v. et port de la Turquie d'Europe (Rou-mélie), à 100 k. N. O. de Gallipoli ; 3000 h.
*MAKRI , Telmessus, v. et port do la Turquie d'Asie (Anatolie), à 270 k. S. E. de Smyrne, sur le golfe do Makri (Glaucus sinus), dans la Méditerranée.Bon port.
*MAKRIZI, écrivain arabe, né au Caire vers 1360, m. en 1442, remplit en Egypte plusieurs emplois dans l'administration et dans le culte. On a de lui : une Description historique et topographique de l'Egypte, •jui contient des détails intéressants sur les mœurs, les préjugés, l'histoire religieuse, politique et commerciale du pays (depuis 638) ; une Hist. des sultans oyoubites et mamelouks (trad. par Quatremère, 1837-45): des Traités des Monnaies musulmanes et des Poids etmesures des Musulmans (trad. enfrançais par Sylvestre de Sacy, dans le Magasin encyclopédique); une Hist. des expéditions des tirées et des Francs con~ ire Damielte, publiée en arabe, avec trad. lat., par Hamaker.Amst.,1824; une Hist. des Coptes; un Traité sur les souverains musulmans établis en Abyssinie, publié, avec traduction latine, par Rinck.Leyde, 1797. il avait en outre entrepris un Dictionnaire des hommes célèbres de l'Egypte, dont la Bibliothèque impériale de Paris possède le manuscrit autographe.
===MAL===
*MALABAR (Côte de), partie de la côte occid. de l'Inde en deçà du Gange (Décan), au S. de celle du Kanara, s'étend sur la mer d'Oman de 10* à 13° lat. N., àl'O. de la chaîne des Ghattes; elle est fort étroite ot n'a guère que 120 kil. de lar^e, avec une population d'env. 200 000 h. On y parle un idiome particulier. Pays fertile en riz, poivre noir, bétel, fruits, bois de lek, etc.; le littoral est stérile. Très-riche jadis en métaux précieux ; il n'y a plus maintenant que quelques mines de fer exploitées. Les veuves du Malabar se brûlaient autrefois sur le corps de leur mari : les Anglais ont en grande partie réussi à faire abandonner cette coutume barbare. — C'est au Malabar qu'aborda Vasco de Gama en 1498; c'est sur ce pays que les Portugais firent leurs premières conquêtes. Les Français y possèdent Mahé. Les habitants des montagnes ont résisté longtemps à la conquête, et ont conservé les mœurs antiques des Hindous. Haï-der-Ali les soumit en 1766. Les Naïrs unis aux Anglais enlevèrent cette conquête à Tippou-Saëb en 1790; mais bientôt les Anglais restèrent seuls maîtres. Le Malabar forme auj. un district de la présidence anglaise de Madras et a pour ch.-l. Calicut.
*MALACCA, Malaya, v. de l'Inde Transgangêtique anglaise, ch.-l. de la prov. de Malacca, à l'extrémité S. de la péninsule de même nom: env. 30000 hab. (Chinois, Malais et Européens). Elle a un bon port, et se divise en 3 parties : le fort, la ville, la ville chinoise. Evêché catholique; siège d'une mission anglaise. — Fondée vers 1252 par les Malais, Malacca reçut en 1510 et an 1511 les Portugais, qui peu après s'en emparèrent violemment et qui la gardèrent jusqu'en 1641. Les Hollandais la prirent à cette époque; les Anglais s'en emparèrent en 1795. la rendirent en 1814, mais l'acquirent de nouveau en 1825, en échange de divers établissements de 1» côte de Sumatra. Cette ville a été très-commerçante (ivoire, camphre, poudre d'or, bois, etc.); mais la fondation de Poulo-Penang lui a fait un tort immense. — Laprov. anglaise (jadis royaume) de Malacca, dans le S. O. de la presqu'île de même nom, est àl'O. du Pahang, au S. du Salengore,etcompte env. 6000 hab. ; elle produit surtout du poivre.
*MALACCA. (Presqu'île de), l'anc Chersoriise d'Or? partie de l'Inde Transgangêtique, entre les mers de Bengale et de Chine, a environ 1190 kil. de long sur 196 de large, et s'étend de 1» 15' à 10* 15' lat. N. ; elle tient au continent par l'isthme de Tenasse-rim et est terminée par le cap Remania; population, 375 000 hab. Montagnes; climat beau et chaud, mais malsain ; riche végétation, pauvre agriculture; forêts d'aloès, sandal, tek, etc. Beaucoup de crocodiles, de serpents et d'animaux féroces. Diamants et autres pierres précieuses ; riches mines d'or, d'é-tain et de fer. Ce pays a pour principaux habitants les Malais (Y. ce nom) et plusieurs autres, races indigènes; on y trouve aussi des Hindous Telinga, et des Européens, les uns Anglais, les autres d'origine portugaise. — Toute la presqu'île a fait partie du royaume de Siam; mais vers la fin du xviii* siècle la partie méridionale secoua le joug. Aujourd'hui ce pays se divise en 3 parts : 1" M. indépendant (lequel contient tout le sud, moins la province anglaise, et se subdivise en royaumes de Perak, Salengore, Djo-hore, Pahang et Roumbo); 2" M. siamois au N. (royaumes de Ligor, Bondelon, Patani, Kâlantan, Tringanou, Kedan); 3* M. anglais, où se trouvent la ville et la province de Malacca. 7. ci-dessus.
*HALACCA. (Détroit de), bras de mer qui sépare la presqu'île de Malacca de l'île de Sumatra, fait communiquer le golfe duBengale avec la mer de Chine. Il a env. 8000 kil. de long sur une. largeur qui varie de 40 à 300 kil.
*MALACIHE, le 12" et le dernier des petits prophètes, contemporain de Néhémie, prophétisa, à ce qu'on croit, de 412 à 408 av. J.-C. Quelques-uns ont pensé qu'il est le même qu'Esdras. On a de lui 3 chapitres où il reproche aux Juifs leur corruption et annonce le Messie.
*MALACHIE (S.), prélat irlandais, né à Armagh en 1094, devint archevêque d'Armaga en 1127, se démit en 1135, alla à Rome pour les besoins de son église, et mourut à Glairvaux en 1148, entre les bras de S. Bernard, qui a écrit sa Vie. Sa fête est le 3 nov. On lui attribue un livre de prédictions sut les papef ouvrage apocryphe qui a été fabriqué en 1590. MALADETTA (La). V. PYRÉNÉES et NÉTiiou. MALAGA, Malaca, v. et port d'Espagne (Andalousie), ch.-i. de l'intend. de son nom, sur la Méditerranée, à 330 kil. S. de Madrid; 70 0QO h. Ëvê-ché. Port formé par un môle; phare à fanaltournant. Double mur, tours, vieux châteaux forts de Gibral-faro, d.'Atarazanaèt.à'Alcazaba. Vaste cathédrale du xvi'siècle, palais épiscopal, douane, salle de spectacle; promenade délicieuse de VAlameda, qui donne son nom au plus beau quartier de la ville : aqueduc; aux environs, belle maison de plaisance dite El-Re-tiro. Grand commerce des produits du territoire environnant. — Fondée par les Phéniciens. Prise par les Arabes en 714, ellefut annexée au califat de Cor doue, et devint, après la chute de ce califat, le siège d'un petit État indépendant, qui dura 64 ans, 1015-1079; elle appartint ensuite à divers princes arabes et ne fut conquise par les Espagnols qu'en 1487. — L'intend. de Malaga, entre celles de Cadix à l'O. et de Grenade à l'E., a 136 kil. de l'E. à l'O. sur 66, et compte 472 000 h. Elle est très-fertile en fruits exquis, surtout en raisins, que l'on fait sécher, ou qui produisent un vin liquoreux très-renommé ; on y a acclimaté la canne à suote et la cochenille. La fameuse Vega ou plaine de Malaga (qui a 35 kil. sur 18) et le district de Velez-Malaga produisent immensément.  V. VELEZ-MALAGA.

 M A.:, A — 1165 — MALD

*MALAGRIDA (Gabriel), jésuite, né en 1689 dans le Milanais, passa en Portugal,.fut envoyé en mission au Brésil, parcourut toutes les parties soumises au Portugal et se fit une grande réputation par ses prédications et ses austérités. En 1758, il fut accusé û'avoir pris part à la conspiration du duc d'Aveiro contre le roi de Portugal : on ne put rien prouver contre lui, mais le marquis de Pombal, dont il s'était attiré l'inimitié , le fit livrer à l'Inquisition comme faux prophète et comme auteur d'écrits entachés d'hérésie (Vie héroïque et admirable de la glorieuse Ste Anne, mère de la Ste Vierge; Vie et empire de l'Antéchrist). Il fut condamné au feu et exécuté en 1761- Ce malheureux devait plutôt être '.onsidéré comme fou que comme criminel. MALAGUETTE (côte de). V. CÔTE nES GRAINES. MALAIN (seigneurie de). V. MARLE. MALAIS, grande variété de l'espèce humaine, que l'on fait sortir de la presqu'île de Malacca (d'où son nom), est surtout répandue dans l'Océanie occidentale, qui en a pris le nom de Malaisie, et dans les îles de la Sonde. Les Malais ont le teint d'un rouge de brique foncé, les cheveux longs, lisses, noirs, un gros nez plat, les yeux grands, bridés et étincelants : ils sont robustes, violents, féroces, et en même temps rusés, voleurs ; souvent indolents et même lâches ; ils sont bons marins et redoutables pirates. 11 se trouve aussi beaucoup de Malais en Australie (dans la Nouvelle-Zélande), et en Polynésie (aux archipels de Tonga, Viti, Taïti, etc.) ; ceux-là sont moins civilisés. On a nommé Négro-Malais des peuplades métis, nombreuses surtout en Papouasie, et qui tiennent, pour le physique, pour la langue et pour la religion, des deux grandes familles malaisienne et nègre océanienne. On croit enfin que les indigènes de l'Ile de Madagascar sont aussi d'origine malaise.
*MALAISIE , nom que l'on donne quelquefois à l'Océanie occidentale, à cause des Malais qui en sont la race dominante. C'est ce qu'on nomme aussi l'.4r-chipel d'Asie. Cet archipel s'étend au S. de l'empire chinois, à l'O. de la Micronésie, et au N. de la Mé-lanésie. Il comprend, du N. auS., les îles Philippines, Moluques, Célèbes, Bornéo, Sumatra, Java, Sumbava, Timor, etc.
*MALAKOFF (tour), la plus forte des tours qui défendaient Sébastopol, fut emportée d'assaut le 8 septembre 1855 par les troupes françaises que commandait le général-Pélissier : ce qui amena l'évacuation immédiate de Sébastopol. Le vainqueur fut fait maréchal de France et duc de Malakoff.
*MALALA (Jean), écrivain grec, natif d'Antioche, est auteur d'une Chronique qui va de la création du monde à la mort de Justinien I, en 565, mais dont les deux premiers livres sont perdus. Elle a été publiée sur un manuscrit de la bibliothèque Bodléienne, avec version latine et notes, par Edmond Chilmead, à Oxford, 1691, et se trouve dans les collections de la Byzantine.
*MALAMOCCO, village de la Vénétie, bâti sur une île étroite entre les lagunes et l'Adriatique, à 6 k. S. de Venise; 1000 hab. Il donne son nom à un canal qui est la principale entrée des lagunes de Venise et qui est défendu par 2 forts.
*MALANDRINS, un des noms de ces aventuriers qui dévastaient la France sous Jean le Bon et Charles V. Y. COMPAGNIES (Grandes).
*MALARTIC (Hippolyte, comte de), né en 1730 à Montauban, m. en 1800, futnommê en 1792 gouverneur des établissements français à l'E. du Cap de Bonne-Espérance et réussit à'ia fois à préserver les colonies des troubles qui agitaient la mère patrie et à repousser les attaques des Anglais. Les habitants de l'Ile de France lui élevèrent un monument avec cette nscription • Au sauveur de la colonie. .MALASPINA, illustre famille d'Italie, feudataire immédiate de l'empire, était souveraine de la Luné-giane et depuis le xive siècle possédait en outre Massa-Carrara à titre de marquisat. Elle figura dans les rangs des Guelfes et fit alliance avec les villes lombarde» pour défendre la libertédel'Italiecontre les invasions deFréd.Barberousse.SpinettaMalaspinafut dépouillé vers 1320 de ses fiefs dans la Lunégiane par Castruc-cio-Castracani, mais il les recouvra en 1328. Cette possession,est restée à une branche cadette de la famille Malaspina jusqu'à la fin du xvi.i" siècle.
*MALASPINA (Ricordano), historien florentin duxnr" siècle, composa l'histoire de Florence depuis sa fondation jusqu'à l'an 1281.Cette histoire, continuée-par Giachetta Malaspina, son neveu, a été publiée à Florence de 1568 à 1598. "M AL ASSISE, négociateur. V. MESMES (H. de).
*[[Malatesta (famille)|MALATESTA]] <s>famille noble d'Italie, régna ensdu-veraine sur Rimini et sur une partie de la Romagne aux xiue, xive et xv" siècles. Elle était issue, ainsi que les Montefeltri, de la maison des comtes de Carpa-gna, et avait pour chef un seigneur de Yerrucctuo, surnommé Malatesta (mauvaise tête), qui fut choisi en 1275 par les Guelfes de Bologne pour combattre les Gibelins de la Romagne ; il leur enleva la ville de Rimini et s'en fit déclarer souverain. Ses descendants conquirent Césène, Pesaro, Fano, Fossombrone, Cervia, etc. ; mais ils furent peu à peu dépouillés de leurs Etats par les papes. Le dernier prince de. cette famille, Pandolfe IV, fut chassé de Rimini par César Borgia, et depuis 1528 cetteville resta définitivement aux papes..— C'est un Malatesta qui inventa les bombes, en 1467.</s>
*MALATIA, Mililine, v. de la Turquie d'Asie (Ma-rach), ch.-l. de livah, à 133 kil. N. O. de Diarbekir, près du confluent de l'Euphrate et du Kara-sou ; 6000h.Patrie d'Aboul-Faradj.
*MALAUCÈNE, ch.-l. de cant. (Vaucluse), à 30 k N. E. d'Orange ; 2260 hab. Papeterie, huile.
*MALAVALLE (S. Guillaume de). V. s. GUILLAUME.
*MALBROUGH. V. MARLBOROUGH.
*MALCHUS, serviteur du grand prêtre Caïpbe, portait la main sur Jésus pour l'arrêter, au jardin des Oliviers, lorsque S. Pierre lui coupa l'oreille droite d'un coup d'épée. Jésus leguérit aussitôj;.— Malchus était aussi un des noms du philosophe Porphyre.
*MALCOLM, nom de 4 roisd'Écosse qui régnèrent dux" au XII« siècle (V. ECOSSE). Le plus célèbre est Malcolmlll, fils du malheureux Duncan, assassiné en 1040 par Macbeth. Il se réfugia en Angleterre après le meurtre de son père, et ne recouvra la couronne qu'en 1047, en faisant périr Macbeth. Il eut à soutenir la guerre contre les rois d'Angleterre Guillaume le Conquérant et Guillaume le Roux, et fut tué dans une bataille contre ce dernier (1093).
*MALCOLM (sir John), officier écossais, né en 1769 près de Langholm, dans le cpmté de Dumfries, m. en 1833, passa dans l'Inde dès-1782, y fut successivement colonel, agent principal du gouverneur général, major général, gouverneur de Bombay. Il avait été envoyé en 1808 à la cour de Perse pour y balancer l'influence française. Il retourna en Angleterre en 1831 et fut élu membre de la Chambre des Communes. On lui doit un Essai sur les Seyks, 1812; une Histoire de la Perse, depuis les temps les plus reculés jusqu'à Fépoque actuelle, 1815, trad. en français par Benoist, continuée et annotée par Langlès, 1821 ; et une Histoire politique de l'Inde, 1826.
*MALCONTENTS. V. POLITIQUES.
*MALDIVES, archipel de l'Océan indien, entre 70e 30' et 72° 20' long. E., 1° et 7° 30' lat., est composé d'un groupe innombrable d'îles, d'îlots et d'e-cueils (on en a compté jusqu'à 12 000), dont40 ou 50. liés seulement sont habitées. On les divise en 17 at-tolons ou groupes circulaires ou ovales. Toutes ensemble forment un petit royaume dont le chef s'intitule sultan des Maldives et reconnaît la suzeraineté de l'Angleterre. La plus grande est Maie, quia8k.de tour etquiapour ch.-l. une ville dR même nom. résidence du sultan; 2000 hab. Sol fertile; climat charmant, quoique très-chaud : on y trouve le candou, arbre dont le bois est aussi léger que le liège. Le commerce d'île a île est très-actif. On s'y sert de cauris (espèce de coquillage) comme de monnaie.
 
 MALE — 1166 — MALE

*MALDONADO, v. et port de l'Uruguay, sur l'Atlantique, à 90 kil. E. de Montevideo, à l'embouchure du Rio de la Plata; 5000 hab. Cuirs et viandes salées.
*MALDONADO (Laurent FERRER), navigateur espagnol du xvi" siècle, m. en 1625, écrivit la relation d'un voyage fait en 1588 de l'Océan Atlantique à l'Océan Pacifique par le Nord, à travers un prétendu détroit d'Aman. Cette relation, longtemps ignorée, a été'retrouvée à Milan par Amoretti, qui l'a publiée eu italien en 1811; elle a été trad. en français dès 1812.On doute de la réalité de ce voyage, et Maldo-nado paraît n'avoir été qu'un imposteur.
*MALDONAT (J.), jésuite espagnol, né en 1534 à Las Casas delaReina,dans l'Estramadure, m. en 1583, enseigna la philosophie et la théologie avec le plus grand succès au collège de Clermont, à Paris (1564), puis à l'UniversitédePont-à-Mousson (1572). Attaqué dansquelques-unesdeses doc trines, ilquitta la France (1575) et se retira à Rome, où le pape lui confia divers travaux. On l'accusait, mais à tort, de pencher vers le Socinianisme. On a de lui des Commentaires sur les Évangiles, 1596-1597; des Commentaires sur Jérémie, Ezéchiel et Daniel, 1609 ; des Traités des sacrements, — de la grâce, — du péché originel, — des Anges et des Démons. Ce dernier, le plus curieux et le plus connu, n'a paru qu'en français et a été publié par le P. Laborie, Paris, 1617, in-12.
*MALE, île de la mer des Indes. Y. MALDIVES.
*MALE ou MALAIN (Seigneurie de). V. MAHLE.
*MALEBRANCHE (Nicolas), philosophe et théologien, né à Paris en 1638, m. en 1715, était fils d'un secrétaire du roi. Contrefait et d'une complexion délicate, il désira vivre dans la retraite, et sfenferma dès 1660 dans la congrégation de l'Oratoire. Après avoir commencédesétudesd'histoire, qui avaient peu d'attrait pour lui, il rencontra par hasard.le Traité de l'homme deDescartes ; il éprouva de tels transports a cette lecture qu'il se voua désormais à. la philosophie; il ddvint bientôt le plus illustre des disciples de Descartes. 0 conserva les doctrines de son maître sur la méthode, sur l'insuffisance de l'autorité en philosophie et la nécessité de l'évidence, sur la nature de l'âme, sur -.'automatisme des animaux; mais, au lieu d'admettre comme lui des idées innées, il disait que nous voyons tçut en Dieu et que ce n'est que par notre union avec l'être qui sait tout que nous connaissons quoi que ce soit; en outre, il prouvait l'existence des corps, non par la véracité divine (comme Descartes), mais par la révélation; il niait l'action de l'âme sur le corps et même toute action des substances cor-poreËes les unes sur les autres, attribuant leur commerce à l'assistance divine et ne voyant dans les mouvements du corps ou de l'âme que des causes occasionnelles; il prétendait que notre volonté, de même que notre intelligence, ne peut rien par elle-même, que Dieu est le principe de nos déterminations et des actes de notre volonté, inclinant ainsi sans le vouloir vers le fatalisme. Du reste, il professait l'optimisme et expliquait le mal en disant que Dieu n'agit que comme cause universelle; enfin, il fondait la morale sur l'idée d'ordre. Par l'élévation comme par ia nature de ses doctrines, Malebranche mérita d'être appelé le Platon chrétien ; mais les opinions paradoxales qu'il soutenait sur plusieurs points de théologie ou de philosophie rencontrèrent une forte opposition. Il eut de vives disputes avec Arnauld sur la nature des idées et sur la grâce ; avec Régis sur le mouvement; avec le P. Lamy sur l'amour de Dieu; et même quelques-uns de ses écrits furent mis à l'Index à Rome. Du moins on est d'accord sur le mérite de son style : il se distingue par la pureté, l'abondance, la richesse et l'éclat des figures, ce qui lui donne une beauté toute poétique : aussi Malebranche est-il placé parmi nos plus grands écrivains. Il était en outra mathématicien et physicien, et,_ àcetitre, il devint, en 1699, membre de l'Académie des scie&ces. Ses principaux ouvrages sont : la'Recherche delà vérité, 1674 et 1712 : c'est son œuvre capitale ; Conversations chrétiennes, 1677, composées à la prière de M. de Chevreuse dans le but de mettre à la portée de tout le monde la doctrine exposée dans l'ouvrage précédent ;Méditations chrétiennes etmétaphysiques, 1679 ; Traité de morale, 1680; De laNaiure et de la Grâce, 1680; Sntreliens sur la Métaphysique et la Religion, 1687; il y résume tout son système. On a aussi de lui : un TrailédeVAmaurdeDieu(1691); Sntreliens d'un philosophe chrétien et d'un philosophe chinois sur l'existence de Dieu (1708); des écrits polémiques composés dans sa dispute avec Arnauld, et qui ont été réunis en 4 vol. in-12,1709. Laplupartdes écrits de Malebranche ont été rassemblés en 2 vol. grand in-8, à 2 colonnes, par Genoude, Paris, 1837; M. J. Simon en a donné un choix dans la Bibliothèque Charpentier. M. Feuillet de Conçues a fait paraître pourla première fois en 1841 sa Correspondance avec Itairan. Fontenelle a prononcé son Eloge. L'abbé Blampignon a donné en 1861 une Étude sur Malebranche, avec une Correspondance inédite, d'après les manuscrits originaux.
*MALÉE (cap), Maleaprom., auj. cap Malla, promontoire duPéloponèse,auS., entre les golfes Laconique et Argolique. Passage dangereux.
*MALÊE, général carthaginois, conquit la plus grande partie de la Sicile en 536 av. J.-C., mais échoua evant la Sardaigne, ce qui le fit exiler. Pour se venger, il vint avec son armée assiéger Carthage, s'en empara et mit à mort tous ceux qui lui étaient contraires. Il périt peu après dans une émeute,
*MALEK, docteur musulman, chef des Malékites, m. à Médine en 795, est auteur du Mowwetta, qui traite des lois orales du prophète. Cet ouvrage, un des plus estimés en ce genre, fait autorité.
*MALEK, MALEK-ADEL. T. MÉLIK.
*MALÉKITES, secte musulmane, née au VHI"siècle et ainsi nommée de Malek, son fondateur, n'est qu'une branche des Sunnites et suit un des quatre rites orthodoxes de l'Islamisme. Les Arabes et les Maures de l'Algérie sont malékites.
*MALEPEYRE (Gabriel VENDANGES des), conseiller au présidial de Toulouse, m. en 1702, cultiva la poésie avec quelque succès et se distingua en même temps par ses connaissances en peinture, en sculpture et en architecture. Il contribuaau rétablissement de l'Académie des Jeux floraux, etfonda un prix consistant en un lis d'argent pour l'auteur du meilleur sonnet à la louange de la Vierge.
*MALESHERBES, ch.4. de cant. (Loiret), dans l'ancien Gâtinais, à 19 kil. N. E. de Pithiviers; 1390 h. Bonneterie, tanneries, élèved'abeilles. Ane «bateau. Seigneuriequi appartenait à la maison de Lamoignon.
*MALESHERBES (Guill. LAMOIGNON de), ministre sous Louis XVI, né à Paris en 1721, fils du chancelier Guill. de Lamoignon, fut successivement substitut du procureur général, conseiller au parlement, président de la Cour des aides, directeur de la librairie (1750), et se montra dans ces fonctions diverses juste, ferme et éclairé. En 1770 et en 1771, il adressa à Louis XV de sévères remontrances sur l'établissement de nouveaux impôts et pour la défense des prérogatives parlementaires; comme directeur de la librairie, il favorisa la liberté de la presse. La Gourdes aides ayant été supprimée avec les anciens parlements (1771), Malesherbes, qui était président de cette cour, fut exilé; mais il reprit ses fonctions à l'a-vénement de LouisXVI; son retour fut un triomphe, et il jouit alors de la plus grande popularité. Appelé en 1775 au ministère, avec Turgotson ami, et chargé du département de l'intérieur, il voulut faire abolir les lettres de cachet, et s'éleva contre les dépenses excessives de la cour; mais ses conseils ne, furent' point écoutés, et il se retira avec Turgot (1776). Rappelé en 1787, il se vit bientôt obligé de se retirer de nouveau, et alla vivre dans la solitude. Il y cultivait en paix les lettres lorsque Louis XVI fut traduit devant la Convention : bien qu'âgé alors de 72 ans, il demanda et obtint le dangereux honneur d'assister le roi comme conseil. Il s'acquitta de ce soin de la manière la plus courageuse et la plus touchante ; mais tous ses efforts étaient inutiles. Ilfut lui-même arrêté en 1794, traduit devant le tribunal révolutionnaire et envoyé a l'échafaud avec toute sa famille. La postérité a placé Malesherbes au nombre des grands magistrats et des citoyens les plus vertueux. Outre ses Remontrances et ses Mémoires pour Louis XVI, on a de lui des Mémoires sur le mariage des Protestants, 1785 et.87; sur les moyens d'accélérer les progrès de l'économie rurale en France, 1790; sur la librairie et la liberté de la presse, posthume, 1809. Sa Vie a été écrite par Gaillard, 1805, et par Boissy-d'Anglas, 1818; son Éloge a été prononcé à l'Académie française en 1S41 par Dupin aîné. Un monument lui a été érigé au Palais de justice de Paris.
 
 MÀLF	— 1167 —	MALI

*MALESTROIT, ch.-l. de cant. (Morbihan), à 16 k. S. de Ploërmel; 1500 h. Une trêve y fut conclue en 1343 entre la France et l'Angleterre.
*MALET (Claude Franc, de), général français, né à Dôle en 1754, fit avec distinction les campagnes de la République, devint général de brigade eh 1799, et fut nommé par Masséna gouverneur de Pavie en 1805: mais il était ardent républicain et par conséquent suspect à Napoléon, qui le fit incarcérer à Paris en 1808 par mesure de sûreté. Profitant des facilités que lui laissait sa translation dans une maison de santé, il organisa contra l'Empereur, pendant la campagne de Russie, une conspiration dans laquelle entrèrent avec lui les généraux Guidai et Lahorie. S'étant échappé dans la nuit du 23 au 24 oct. 1812, il parcourut les casernes de Paris en répandant le bruit de la mort de Napoléon, et surprit les autorités civiles en leur présentant des ordres fabriqués ; il était sur le point de réussir lorsque la résistance du général Hulin, qui commandait l'état-major de la place, fit tout échouer (V.HULIN). Traduit aussitôt devant une commission militaire, il fut condamné à mort et fusillé dès le 29 oct. 1812.
*MALEVILLE (Jacques de), jurisconsulte, né en 1741 à Domne (Périgord), m. en 1824, plaida d'abord a Bordeaux, siégea en 1796 au Conseil des Cinq-Cents, devint membre-du tribunal de cassation, coopéra à la' rédaction du Code civil, fut fait sénateur en 1806, et pair en 1814. On a de lui : une Analyse raisonnée de la discussion du Code civil au Conseild'État, 1084-5, et un traité du Divorce, 1801 et 1816.— Son fils, P. Joseph, marquis de Maleville, 1778-1832, fut en 1815 membre de la Chambre des Représentants, puis de celle des Députés où il se signala par son royalisme ; fut nommé président de la Cour royale de Paris, conseiller à la Cour de cassation . pair de France. On a de lui un Discours sur la Réformalion de Luther, mentionné par l'Institut en 1805. — V. MALLEVILLE.
*MALÉZIEU (Nie de), né à Paris en 1650, m. en 1729, fut honoré de l'amitié de Montausier et de Bos-suet; fut précepteur du duc du Maine, et resta toute sa vie auprès de lui : il était le principal ordonnateur des fêtes que la duchesse du Maine donnait à Sceaux, et il composa, pour ces circonstances, beaucoup de petites pièces. Il devint membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences. On a de lui des Éléments de géométrie, rédigés pour le duc de Bourgogne, 1715, et des Poésies.
*MALFILATRE (Ch. L.), poète français, né à Caen en 1732, d'une famille pauvre, fit de'brillantes études chez les Jésuites de sa ville natale, vint ensuite à Paris et ne tarda pas à se faire remarquer; mais, peu rangé dans sa conduite et fort imprévoyant, il tomba bientôt'dans la misère et mourut prématurément, à 34 ans, à la suite d'une maladie douloureuse (1767). Toutefois, Gilbert a exagéré quand il a dit: La faim mit au tombeau Malfilàtre ignoré.
On a de lui 4 odes, qui furent couronnées par l'Académie de Rouen; un poëme en 4 chants et en vers de
10	syllabes, Narcisse dans l'île de Vénus; une belle
imitation du i>saumeSuperfluminaÉabylonis,et quël-ques fragments d'une traduction de Virgile, qu'on a
réunis sous le titre de Génie de Virgile, 1810. On a aussi sous son nom une traduction en prose des Méta
morphoses d'Ovide (1799), peu digne de lui. Ses OFuvres complètes ont été publiées en 1825, avec
une Notice par Auger. Ses poésies pèchent dans l'ensemble; mais on y trouve parfois la facilité d'Ovide,
avec l'harmonie et le sentiment de Virgile.
*MALGACHES, aborigènes de Madagascar.
*MALHERBE (François de), poète-français, né à Caen en 1555, m. à Paris en 1628, était d'une famille noble et ancienne, mais peu favorisée de la fortune. 11	fut attaché dès 1576 à Henri d'Angoulême, fils naturel de Henri II, qui commandait en Provence, et se
mariadanscetteprovinceenl581. Ilneparaîtpas qu'il ait, comme onl'adit, servi dans les troupes de laLigue.
Après l'avènement de Henri IV, il fut recommandé à ce prince par Duperron et en obtint une pension; il
ne fut pas moins bien traité., de Marie de Médicis et de Louis XIII. Malherbe avait eu plusieurs enfants : il
eut le malheur de leur survivre ; le dernier fut tué en duel par de Piles, 1627, et la douleur qu'il en éprouva
abrégea ses jours. Après avoir donné dans la manière de Ronsard, Malherbe s'en sépara pour adopter un
genre de poésie où l'on trouvait une harmonie et une pureté de style jusqu'alors inconnues ; il porta si loin
la sévérité de son goût qu'il fut appelé le Tyran des mots et des syllabes. Il parvint ainsi à épurer notre
langue et mérita les éloges que lui donne Boileau.
"Enfin Malherbe vint, et le premier en France Fit sentir dans les vers une juste cadence; D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir, Et réduisit la Muse aux règles du devoir."
Malheureusement ses poésies, si remarquables par le style, brillent beaucoup moins du côté de l'invention: elles sont plutôt l'œuvre du travail et de la patience que du génie. Elles consistent en odes, paraphrases de psaumes, stances, auxquelles s'ajoutent quelques épigrammes. Il en a été donné de nombreuses éditions, notamment par Ménage, Paris, 1666, avec de savantes notes; par Chevreau, 1723, St-Marc, J727. Querlon, 1764, Lefèvre, 1825,Delatour, 1842. Les plus complètes sont celles de Biaise, Paris, 1822, in-8 (à laquelle il faut joindre des Lettres inédites publ. par G. Mancel, Caen, 1852, et l'Instruction de F. Malherbe à son fils, publiée en 1846 par Chennevières) ; et l'éd.deL.Lalanne, 4v.in-8, Hachette, 1862eta.suiv. Racan,l'un des disciplesrie Malherbe, aécritsa Fie.On peut aussi consultersur ce poète les Recherchesoiogra-phiques sur Malherbe et sa famille, de Roux-Alpheran, dans les Mémoires de l'Académie d'Aix, 1840; etlesBa-cherchessursavie, avec une Critique deses œuvres, de Gournay,Caen,1852.Caenluia élevé une statue (1847).
*MALHERBE (dom Joseph), anc bénédictin, né en 1733 à Rennes, m. en 1827, professa la philosophie à l'abbaye St-Germain des Prés de Paris (1774), puis fut successivement bibliothécaire de la Cour de cassation, duTribunat, et censeur de la librairie (1812). Il fut chargé de revoir la dernière édition des OEuvres deS. Ambroise donnée par les Bénédictins, et de continuer l'Histoire du Languedoc, de dom Bourotte; il publia en 1789 sous le titre de Testament du Publi-ciste patriote un précis des Observations de Mably sur l'histoire de France. Il cultivait aussi la chimie avec succès: en 1772, il remporta un prix comme ayant inventé un procédé pour fabriquer la soude au moyen de la décomposition du sel marin.
*MALIAQUE (Golfe), Maliacus sinus, auj. golfe de Zeitoun, enfoncement de la mer Egée, sur les côtes de la Thessalie, près des Thermopyles et vis-à-vis de l'Eubée, tirait son nom de la petite'ville de Malia, située sur les bords, entre la mer et le mont Œta.
*MALIBRAN (Marie Félicité), célèbre cantatrice, né à Paris en 1808. morte à Londres en 1836, était fille de Manuel Garcia. Elle débuta en 1855 à l'Opéra italien de Londres, et fut accueillie par des applaudissements unanimes. Elle suivit sonpère à Mexico, puis à New-York, où elle épousa en 1826 un banquier nommé Malibran, qui ne tarda pas à faire faillite et dont elle fut obligée lie se séparer dès l'année suivante; vint en 1828 à Paris où elle se fit entendre successivement à l'Opéra et au Théâtre italien et où elle obtint un triomphe éclatant ; elle excita le même enthousiasme à Naples, à Milan, à Venise, à Florence, etc. Elle venait de se remarier avec le violoniste Bé-riot et se trouvait à Manchester lorsque, à la suite d'une chute de cheval, elle fut emportée par une fièvre nerveuse. Mme Malibran réunissait les deux voix de soprano et de contralto et excellait autant comme tragédienne que comme cantatrice. Ses plus beaux triomphes étaient dans le Barbier de Sévitle, Otello, Tancrède, la Cenemitola, Sémiramis, la Cassa lotira, et Don Juan.— Sa sœur cadette, Pauline Garcia (Mme Viardot), est encore auj. une de nos cantatrices les plus distinguées : elle excelle surtout dans la tragédie lyrique {Orphée, Aheste, etc.)

 MALL	— 1168 —	MALM

*MALICORNE., ch.-l. de cant. (Sarthe), à 13 kil. N. de La Flèche, sur la r. g. de la Sarthe; 1500 h. MALINES. Mechlinia ou Malinx au moyen âge, Mechelen en flamand, v. de Belgique (Anvers), sur la Dendre et la Dyle, à 20 kil. N. E. de Bruxelles; 25 000 h. Archevêché, érigé en 1559 et dont le titulaire est le primat de Belgique ; académie de peinture et de dessin, fondée en 1771; université catholique, séminaires, école normale primaire; riche bibliothèque, jardin botanique ; arsenal.' Malines est le point central des chemins de fer de la Belgique. Cathédrale magnifique (l'église gothique de St-Rom-baud), commencée en 1220, achevée en 1487, ornée de précieux tableaux, et dont la tour est haute de 37"; vaste hospice, dit le Béguinage. Fabriques de dentelles, les plus belles qui soient connues et qui s'exportent par toute l'Europe; toiles, lainages, couvertures, chapeaux, aiguilles, etc. ; fonderie de canons. Grand commerce d'huiles et autres objets de ses fabriques. — Fondée au VIe siècle ; détruite par les Normands en 884, reconstruite en 897 et fortifiée en 930. Elle souffrit de plusieurs incendies (notamment en 1546 par l'explosion d'un magasin à poudre), ainsi que de la peste. Saccagée par les Espagnols en 1572, par le prince d'Orange en 1578, parles Anglais en 1580; souvent prise par les Français aux xvn° et xviu" siècles. Elle fut ch.-l. d'arr. dans le dép. des Deux-Nèthes jusqu'en 1814. Cette ville eut jadis un parlement et une commaniierie teutonique.—Uneii-gue contre la France fut signée à Malines en 1513 entre le pape, l'empereur Maximilien Ier, le roid'Angleterre Henri VIII, et Ferdinand le Catholique.
*MALINES (seigneurie de), petite principauté qui se composait de la ville de Malines et du territoire environnant, existait dès le vnr> siècle, et fut donnée en 754 par Pépin le Bref au comte Adon, son parent. Cette seigneurie fut conférée par Charles le Chauve h l'évêché de Liège, passa ensuite à diverses maisons, appartint en commun aux deux maisons de lirabant et de Flandre à partir du milieu du xiv° s., et finit par être possédée tout entière par Marguerite de Brabant, femme de Louis II de Mâle, comte, de Flandre. Le mariage de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, avec Marguerite, fille de Louis II, la fit fit entrer dans la maison de Bourgogne J1384). Elle a depuis suivi les destinées de cette maison.
*MALLE ou MALL, mallum, nom donné tantôt aux grandes assemblées des Francs, tantôt aux cours DU assemblées locales devant lesquelles étaient portés les procès les plus importants. Y. CHAMPS de mai.
*MALLET (David), dont le vrai nom était Malloch, écrivain anglais, né en 1700, mort en 1765, fit l'é-.iucation des fils du duc de Montrose qu'il accompagna sur le continent; puis devint sous-secrétaire tiu prince de Galles, père de George III. On a de lui des pièces de théâtre, des Poésies, parmi lesquelles on remarque des ballades, écrites avec simplicité et avec-charme, une Vie de Bacon (mise en tête de l'édition de ce philosophe de 1740, ettrad. en français, 1755). Ses OEuvres poétiques ont été recueillies en 3 vol. in-12, Londres, 1769, ettrad. parLécuy, 1798. Il était lié avec Bolingbroke et fut l'éditeur de ses œuvres. MALLET (Edm.) .littérateur français, né à Melun en 1713, mort à Paris en 1755. professa la théologie au collège de Navarre. On a de lui .* Essai sur l'étude des belles-lettres, 1747; Principes pour la lecture despoëtes, 1745; Essai sur les bienséances oratoires, et Principes pour la lecture des orateurs, 1753, os-vrages où les préceptes sont appuyés d'exerflples bien choisis. Il a traduit l'Histoire des-guerres civiles de France deDavila, 1757, et a donné de bons'articles de théologie et de littérature à l'Encyclopédie.
*MALLET (Paul Henri), historien genevois, né en 1730, mort en 1807, enseigna les belles-lettres à Copenhague et l'histoire à. Genève; puis fut résident de la Hesse-Cassel près les républiques de Genève et Berne. Il a laissé des ouvrages historiques estimés : Histoire du Danemark, 1788, 8 vol. in-12 ; — dela Suède, 1756; — des Suisses, 1803;—de la Messe;— du Brunswick; — de la Ligue hanséatique, 1806 ; et des Mémoires sur la littérature du Nord, 1759-60. Il était associé de l'Académie des inscriptions.
*MALLET-DUPAN (Jacques), publiciste , parent du préc, né à Genève en 1749, mort à Londres en 1800, obtint par la protection de Voltaire une chaire de littérature dans la Hesse-Cassel; vint en 1782 à Paris où il rédigea divers journaux politiques qui eurent du succès, surtout le Mercure historique et politique de Genève, 1783-92; se vit forcé de quitter la France en 1792 à cause de son attachement aux doctrines monarchiques, se retira à Genève, d'où il correspondit dans l'intérêt de la cause royaliste avec plusieurs cours de l'Europe; puis se fixa en Angleterre, où il publia le Mercure britannique (1799). On a de lui : des Considérations sur la Révolution française, 1793, des Mémoires et une Correspondance pour servir à l'histoire de la Révolution, qui ont été publiés à Paris en 1851, par M. Sayous. MALLET (le général). Y. MALET. MALLEVIIXE (Claude de), un des premiers membres de l'Académie française, né à Paris en 1597, m. en 1647, fut longtemps "secrétaire'de Bassompierre, puis acheta une charge de secrétaire du roi» Il cultiva avec succès le genre de poésie qui était en vogue de son temps, sonnets, stances^ rondeaux, épi-grammes, etc.; il faisait le vers facilement, mais avec trop de négligence. On a retenu son sonnet sur la Belle matineuse, où il vainquit Voiture. Ses poésies ont été recueillies en 1649, in-4. — Y. MALEVILLE.
*MALLICOLO , île du Grand-Océan fîquinoxial, l'une des Nouv.-Hébrides, par 15° 50'-15° 36' lat. S., et 164°47'-165° 26' long. E.: 90 kil. sur 35. Habitants sauvages et d'une laideur excessive. Visitée par Bougainville et par Cook. F. VANIKORO.
*MALLIENS, un des anc peuples de l'Inde, habitait sur les bords de l'Hydraote, dans le Moultan actuel. Alexandre faillit périr au siège de leur Capitale. MALLIGS (C), un des complices de Catiliua, leva pour ce conspirateur une armée en Ëtrurie, et commanda l'aile gauche à la bataille de Pistoia où périrent Catilina etpresquetous sespartisans, 61 àv. J.-C. MALMAISON (La), Mala Domus, château et terre dépendant de la commune de Rueil (Seine-eï-Oise), à 8 kil. N. E. de Versailles. C'était la résidence favorite de l'impératrice Joséphine :. c'est là qu'elle se retira après son divorce et qu'ette mourut en 1814. MALMÉDY, Malmundarium, v. des États prussiens (Prov. Rhénane), ch.-I. de carde, sur la "Warge, dans la régence et à 37 kil. S. d'Aix-la-Chapelle; 5000 hab. Ane abbaye de Bénédictins. Drap, dentelles noires, savon, filatures de coton , tanneries. — Réunie à la France en 1801, elle fut jusqu'en 1815 ch.-l. d'arr. dans le dép. de l'Ourthe.

 MA.LO	— 1169 —	MALT

*MALMESBURY,v. d'Angleterre ( Wilts), surl'Avon, à 40 kil. N. E. de Bath ; 3000 hab- Jadis grande et forte. Ruines d'une ancienne abbaye saxonne. Patrie de Hobbes et de Guillaume de Malmesbury.
*MALMESBURY (Will.), historien. F. GUILLAUME.
*MALMESBURY (John HARRIS, comte de), diplomate, né en 1746, à Salisbury, mort en 1820, était fils du célèbre James Harris. Il fut ministre plénipotentiaire près de Frédéric II, 1772, puis en Russie, enfin près des Provinces-Unies. Pendant les troubles qui agitèrent ces provinces (1783), il contribua à rétablir le stathouder. Il vint à Paris en 1797 pour traiter avec le Directoire, mais sans succès. On a de lui une Hisl. de la révolution de Hollande de 1777 à 1788, et des Mémoires, publiés à Londres en 1844 par son petit-fils. avec sa Correspondance. On lui doit aussi une. belle édition des OEuvres de son père (V. HARRIS).— Son petit-fils, lora J. Howard Harris, comte de Malmesbury, né en 1807, tint le portefeuille des affaires étrangères dans le ministère tory de lord Derby (1852 et 1858). Il s'empressa en 1852 de reconnaître l'Empire, qui venait d'être proclamé en France.
*MALMOE, v. forte et port de Suède (Gothie), ch.-l. du lan de Malmœhus, sur le Sund, à 630 kil. S. de Stockholm et presque vis-à-visde Copenhague ; 12000 hab. (calvinistes et luthériens). Raffineries; manuf. de draps, chapeaux, tapisseries, tabac, savon, etc. Comm. de céréales. A Malmœ fut conclue en 1523, entre Gustave Wasa et Frédéric I (,1e Danemark), le traité par lequel ils se reconnaissaient mutuellement indépendants et brisaient l'union de Calmar (la Norvège resta seule unie au Danemark). — Le lan de Malmœhus a pour bornes le Cattégat au N., le lan de Christianstad à l'E., la Baltique au S., le Sund à l'O., compte env. 260 000 h., et contient, outre Malmœ, les villes de Lund, Landskrona, Helsingborg.
*MALO (S.)  V. MACLOCJ (S.) et ST-MALO.
*MALO-IAROSLAVITZ, petite V. de Russie (Ka-louga), ch.-l. de district, sur la Louja, à 50 k. N. de Kalouga et à 100 k. S. O. de Moscou; env. 2000 hab. Un combat sanglant y fut livré le 24 oct. 1812 par le prince Eugène aux Russes pendant la retraite de Russie : Napoléon faillit y être pris par les Cosaques.
*MALONE (Edmond), littérateur, né à Dublin en 1741, m. en 1812, consacra sa fortune et ses loisirs à îagloire de Shakespeare: il donna une édition des plus estimées de ce grand tragique (Londres, 1790 et ann. suiv., 11 v. in-8, et la fit suivre de sa Vie, 1821. On lui doit aussi une Histoire du Théâtre anglais.
*MALOUET (Victor), homme d'État, né à Riom en 1740, m. en 1814, servit d'abord dans l'administration de la marine et était intendant du port de Toulon en 1789. Envoyé aux États généraux par le bailliage de Riom, il y défendit les principes de la monarchie tem-Dérée, et fut appelé par LouisXVI à son conseil intime. 'orcé d'émigrer après les massacres de septembre, il se réfugia en Angleterre, où il publia une Défense de Louis XVI. Il rentra en France en 1801, fut nommé en 1803 par le consul Bonaparte commissaire général de la marine, et fit exécuter de beaux travaux à Anvers. Appelé en 1810 au Conseil d'État, il fut disgracié en 1812 pour avoir parié trop librement et ne revint aux affaires qu'en 1814 : Louis XVIII lui confia le ministère de la marine ; mais il mourut peu de mois après. On a de lui. outre des discours remarquables prononcés à l'Assemblée constituante, de précieux mémoires sur l'administration de la marine et des colonies et des Considérations historiques sur l'empire de la mer chez les anciens et les modernes, 1810.
*MALOUINES (îles), appelées îles Falkland par les Anglais, archipel de l'Océan Atlantique, près de la pointe mérid. de l'Amérique du Sud, et a l'E. du détroit de Magellan, par 60° 10'-64° 35' long. O., et 51°-52° 45' lat. S., se compose de 2 îles principales (West-Falkland ou Hawkin's Maiden-Land, et EaU-Falkland, dite aussi Soledad ou Conti), etde 9autres îlots qui les entourent; env. 33 800 kil. carrés. Port-Louis et Ïort-Egmont sont les seuls établissements occupés par les Anglais. Climat tempéré. Plusieurs bons ports; tourbières inépuisables; nombreux bestiaux en liberté. Phoques, pingouins.—AméricVes-puce paraît avoir vu les Malouines; Hawkins, Sebald (1599), Strong (1688) les visitèrent ensuite : c'est es dernier qui les nomma Falkland. Elles reçurent en 1708 le nom de Malouines de Porée, habitant de St-Malo, qui y aborda. Bougainville y conduisit en 1763 une colonie et fonda Port-Louis; mais les colons furent dépossédés dès 1765 par les Espagnols, qui abandonnèrent ces îles à l'Angleterre en 1771. Occupées en 1820 par la confédération de la Piata, elles ont été reprises en 1833 par les Anglais.
*MALPlGHI (Marcel), savantmédecin, néàCrémone en 1628, m. à Rome en 1694, enseigna à Bologne, à Pise, à Messine, fut nommé en 1691 1er médecin du pape Innocent XII, et fut un des fondateurs de l'Académie del Cimento. 11 se fit une grande réputation par ses recherches anatomiques : il appliqua un des premiers à l'anatomie les observations microscopiques et fit ainsi plusieurs découvertes sur l'organisation de l'homme, des animaux etdes plantes, entre autres celle du corps muqueux qui entre dans la composition de la peau et qui a retenu son nom. On a de lui des Mémoires, tous rédigés en latin : Sur les poumons, Bologne, 1661 ; sur la langue, le cerveau, etc., 1661-65; sur la structure des viscères (qu'il fait tous glanduleux), 1666; sur la formation du poulet dans l'œuf, 1666-73. Ses OEuvres ont été réunies à Londres, 1686, in-f. 11 faut y joindre ses OEuvres posthumes, données par Pierre Régis, Londres, 1697, in-f.
*MALPLAQUET, vge de France (Nord), à 28 k. N. O. d'Avesnes; 400 h. Les Français, commandés par Villars, y perdirent une grande'bataille contre les Alliés que commandaient le prince Eugène et Marlbo-rough, 1709; cependant les pertes de l'ennemi furent plus considérables que les nôtres.
*MALSTROM. V. MAELSTROM.
*MALTE, Melita chez les anciens, Ile anglaise de la Méditerranée, entre la Sicile et l'Afrique, à 100 k. S. de la 1" et à 250 de la 2% a 28 kil. de long sur 16 de large, et 100000 hab.; ch.-l., la Cité-Valette. Ce n'est qu'un rocher couvert d'un peu de terre végétale, mais le sol est admirablement cultivé : il produit surtout du coton, des oranges et autres fruits exquis, des roses d'une remarquable beauté; miel délicieux. Le gibier, le poisson y abondent. La position de Malte, presque au centre de la Méditerranée, à mi-chemin de l'Afrique et de l'Europe, avec le plus beau pori de la Méditerranée, en rend la possession fort précieuse ; l'Angleterre en a fait une des plus fortes places de l'Europe; elle y a un gouverneur et 4000 hommes de garnison. C'est la grande station des flottes anglaises dans la Méditerranée. — Malte fut possédée successivement par les Phéniciens (env. 1400 ans av. J.-C), les Carthaginois (400), les rois ou tyrans de Sicile, les Romains (218 av. J.-C.-455 après J.-C), par les Vandales, auxquels les empereurs grecs l'enlevèrent (534); par les Arabes (870), par les Normands de Sicile (1090), par les Hohenstaufen, à qui elle échut en conséquence du mariage de Constance, héritière de Sicile, avec Henri VI ; par la maison d'Anjou (1266), puis parcelle d'Aragon (1282),.qui la conserva jusqu'en 1530. A cette époque Charles-Quint, héritier de cette maison, céda Malte aux Frères-Hospitaliers (V. HOSPITALIERS), chassés de Rhodes par Soliman II: ceux-ci prirent depuis ce moment le nom de Cheoa-Liersde Malte. Entre les mains de l'ordre,' Malte forma un petit État souverain électif, qui pendant plusieurs siècles rendit les plus grands services à la chrétienté et fut la terreur des pirates musulmans. Bonaparte s'emparade l'îleen 1798, avant de se rendre en Egypte, et mit ainsi fin à l'ordre de Malte comme État. Les Anglais enlevèrent Malte aux Français en 1800; ils devaient la rendre parle traité d'Amiens, mais ils n'en firent rien, et ils furent confirmés dans cette possession en 1815. M. Miège, ancien consul de France, a donné l'Histoire de Malte, 1840
 
 MALT	— 1170   -	MÂME

*L'Ordre de Malte, comme celui des 'Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem dont il est la continuation, se partageait en « langues ou nations : Provence, Auvergne, France, Italie, Aragon, Allemagne, €astille, Anglo-Bavière: cette •dernière remplaça au xvin° siècle la langue d'Angleterre (la 6° de l'ordre), qui n'existait plus depuis la Réforme. Chaque langue était subdivisée en prieurés; ceux-ci en bailliages et les bailliages en commandenes. Les membres de l'ordre de Malte étaient divisés en trois classes: les chevaliers qui devaient être nobles : les chapelains et les servants d'armes, qui devaient seulement prouver qu'ils étaient nés de parents honorables, et qui ne s'étaient point mêlés d'arts et professions mécaniques ou basses. Le grand maître était élu par les chevaliers : il prenait le titre de Grand maître duSt-Hôpilal de St-Jean à Jérusalem; il résidait à la Cité-Valette. Les membres de l'ordre portaient, dans l'établissement, une robe et un manteau noirs; à la guerre, une cotte d'armes rouge. Ce vêtement était orné, sur le côté gauche, d'une croix blanche à 8 pointes, ayant des fleurs de lis dans les angles et suspendu à un ruban noir. — Aujourd'hui l'Ordre de Malte n'est plus qu'une institution charitable et purement honorifique. Néanmoins on reçoit encore des chevaliers : le mode de réception et les preuves exigées des chevaliers sont restes les mêmes qu'autrefois. Le chef de l'ordre, après avoir habité Catane, puis Ferrare (7. -HOSPITALIERS) , réside auj. à Rome ; il y entretient 2 hôpitaux. En outre, l'ordre compte encore quatre grands prieurés, ceux de Rome, de Lombardie, des Deux-Siciles, de Bohême, et 102 commanderies. — VWstoire de tordre de Malte a .été écrite par Vertot, 1726, et continuée jusqu'à nos jours parClizé deMontagaac,i863.
*MALTE-BRUN (Malte Conrad BRCNN , dit), savant danois, né en 1775 à Trye dans le Juûand, m. à Paris en 1826, se fit d'abord connaître dans sapatriecomme poëte et comme écrivain politique; fut contraint en 17 96 de quitter le Danemark pour avoir écrit en faveur de la liberté de la presse et de l'affranchissement des paysans; se réfugia en Suède, puis vint se fixer en France (1800). Il rédigea dans le Journal des Débats les articles de politique étrangère, et publiaen même temps de savants ouvrages de géographie qui ont fait faire un grand pas à la science. On a de lui: Géographie mathématique, physique, politique (en société avec Mentelle), 16 vol. in-8, avec atlas, Paris, 1803-7; Précis de la Géographie universelle, 7 v. in-8,1820-27. En outre, il a rédigé, avec Eyriès, les Annales des Voj/oges,del808àl826. Le Précis de Géographie, son ouvrage capital, a été plusieurs fois réimprimé : J. J.N. Huot, en 1841, Th. Lavallée, en 1855, V. Ad. Malte-brun, fils de l'auteur, de 1852à 1858, M. Cor-tarabert, en 1858 et ann. suiv., en ont donné des éditions refondues et considérablement améliorées.
*MALTHUS (Th. Robert), économiste anglais, né en 1766 à Rookery (Surrey), m. en 1834, était professeur d'histoire -et d'économie politique aw collège de la Compagnie des Indes orientales, dans leeomté de Hartford. Il a publié de savants écrits d'économie et de statistique; les principaux sont: Essai sur le principe dépopulation, Londres, 1798, souvent réimprimé, traduit en français par Prévost de Genève; Recherches sur la nature et les progrès du revenu, 1807 et 1815 ; Principes d'économie politique sous le rapport de leur application pratique, 1819 (trad. en français par Constancio, Pans, 1820,2 vol. in-8). Effrayé de l'accroissement de la population, qui, selon lui, s'augmente dans une proportion géométrique, Malthus rechercha les moyens de prévenir cet accroissement : il recommandait par-dessus tout la plus grande circonspection dans le mariage. Ses opinions, bien qu'inspirées par la philanthropie, furent vive-laent attaquées : on se plut à le présenter comme un ennemi des classes inférieures. Malthus était membre de la Société royale de Londres et associé de l'Académie des sciences morales de France. M. Mi-gnet a lu une excellente notice sur Malthus à l'Académie des sciences morales.'Ch. "Comte a aussi donné une Notice sur sa Vie et ses ouvrages, 1836.
*MA3MJS (Et. Louis), physicien français, né à Paris en 1775, mort en 1813, était fils d'un trésorier de France. Il entra dès l'âge de 17 ans à l'école du génie militaire de Mézières, fut un des premiers élèves de l'École polytechnique, servit avec distinction comme capitaine du génie à l'armée de Sambre-et-Meuse et en Egypte, exécuta des constructions importantes à Anvers, à Strasbourg, et fut enfin fixé à Paris comme examinateur à l'Ecole polytechnique. Malus s'est immortalisé par ses travaux sur la lumière. dès 1807, il avait présenté à l'Académie des sciences un Traité d'optique analytique, qui fut inséré dans le Recueil des savants étrangers, et un Mémoire sur le pouvoir réfringent des corps opaques; il remporta en 1808 le prix proposé par l'Académie pour une Théorie mathématique de la double réfraction ; mais «a grande découverte est celle de la polarisation de la lumière, qu'il fit en 1810. Cette même année, il remplaça Montgolfier à l'Académie des sciences-, en 1811, la Société royale de Londres lui décerna la médaille fondée par Rumford.
*MAXVA, Èuludia, riv. d'Afrique. V. MOÏ-OKATH.
*MALVERN, collines des comtés de Woroester et de Hereford, offrent des sites pittoresques.
*MALVOISIE ou MAI.YAS$A, netite île deiaGrèce, qui -se rattache à la Laconie et qui donne son nom à Napo'li di Malvasia ou Naup5ie, sa ville principale. Elle produit le célèbre vin de Malvoisie. — On récolte aussi le via dit de Malvoisie au mont Ida, dans l'île de Candie, et-àténériffe. F. MONEMBASIE, NAU-
*PLIE et T-ÉNÉRTFEE.
*MALTVA ou MALGUAH, anc. prov. de l'Hindous-tan, bornée par celles d'Aâjmir et d'Agra au N., de Gandouanaet de Kandeich auS., d'AUahabad à l'E., a env. 140 kil. de l'E, à l'O. sur 200 de,large, et contient aumotas40ÛOOOOâ.,hab. Elle se divise auj. en Malwa indépendant (qui fait partie du roy. de Sindhia; ch.-i, OudjeinJ, et Malwa tributaire des Anglais, lequel se subdivise à son tour en trois roy., Bopal, Dara, Etat de Holkar (capit., Bopàl, Dara, Indore). Région d'une fertilité extrême : le tabac surtout y est parfait. On exporte du coton, de l'opium, de belles toiles.
*MALZIEU (Le), ch.-S. de canton (Lozère), à 41 kil. N. E. de Marvejols; 1Ï00 bah. Couvertures de laine.

===MAM===
*MAMBRË, vallée de la Palestine, entre Hébron et Jérusalem, fut longtemps la résidence d'Abraham.
*MAMELOUKS (d'un mot arabe qui veut, dire esclave), nom donné en Egypte à une sorte de milice dont l'origine remonte auxinvasions de Gengis-Khan. Elle se composa d'abord des jeunes gens esclaves (surtout Circassiens et Mjngréliens), que les Mongols avaient enlevés dans leurs excursions, et dont les sultans ayoubites d'Egypte achetèrent un grand nombre vers l'an 1230. Dans la suite, elle se recruta par les mêmes moyens qui avaient servi à l'établir. Les Mamelouks formèrent une légion des plus beaux et • des meilleurs soldats de l'Asie-, mais leur puissance devint bientôt redoutable aux sultans : eu effet, dès l'an 1254, Noureddin-Ali. leur chef, fut "placé par ses compagnons sur le trône d'Egypte. Depuis cette époque jusqu'à 1617, l'Egypte fut gouvernée par les Mamelouks-, ils formèrent deux séries de sultans, les Baharites (1254-1382) et les Boreî/i'Jes (1382-1517); mais ce ne fut qu'une longue anarchie, et, à l'exception de Noureddin, tous les chefs que se donna cette milice turbulente furent déposés ou périrent de mort violente (V. EGYPTE). En 1517, Séiim, sultan des Ottomans, ayant vaincu et fait pendre Touman-Bey, dernier chef de.s Mamelouks, les dépouilla de l'autorité suprême, et ne leur laissa que le gouvernement desprovinees, avec le titre de ieys, sousle commandement d'un pacha nommé par la Porte. Cependant ils conservèrent encore une grande influence, efrà la-fin du xvm8 siècle ils avaient presque reconquis leur ancienne puissance en Egypte, Eu 176C» Ali-Bey,
l'un de leurs beys, refusa le tribut, cnassa le pacha, battit les armées turques, et se fit proclamer sultan d'Egypte; la trahison seule put mettre fin à sa révolte. Même après cet événement, les Mamelouks étaient restés indépendants de fait. Ils avaient pour chefs Mourad-Bey et Ibrahim-Bey lorsque Bonaparte débarqua en Sgypte en 1798. Les victoires des Français les affaiblirent considérablement ; néanmoins, ils se relevèrent encore après leur départ : en 1808, ils complotèrent de renverser Méhémet-Ali, alors pacha d'Egypte pour le sultan. Celui-ci, informé de leurs projets, les fit réunir le 1er mars 1811 sous prétexte d'une expédition, et fit massacrer sous ses yeux tous ceux qui s'étaient rendus à cette convocation. Qua-tremère a donné une Histoire des sultans Mamelouks, traduite de Makrizi, Paris, 1838, 4 vol. in-4°.
*Pendant l'occupation de l'Egypte par les Français, le général Bonaparte prit à son service plusieurs cavaliers mamelouks ; ils le suivirent en France, et formèrent depuis 1804 une compagnie de la garde de l'Empereur; ils portaient le costume oriental. Après l'abdication de Napoléon, ils furent dispersés.

 MÂ.ME	— 1171 —	MANA

*MAMERCUS (L. jEmilius), consul en 484 et 478 av. J.-C., battit les Êques et les Véiens. De nouveau consul en 473, il eut à réprimer des troubles intérieurs et voulut faire battre de verges le centurion PubliliusVolero, centurion qu'il avait dégradé et qui refusait de servir comme simple soldat;mais le peuple irrité le chassa du Forum et nomma Volero tribun du peuple. — Un autre Mm. Mamercus, consul en 438 av. J.-C, dictateur en 437, 433 et 426, défit, avec l'aide de L. Cincinnatus, maître de la cavalerie, les Fidénates et les Véiens, et obtint les honneurs du triomphe. En 431, il fit réduire à 18moisla durée de la censure, qui était d'abord de 5 ans.
*MAMERS, Mamercix, ch.-l. d'arr. (Sarthe), à 43 kiL N. E. du Mans, sur la Dive; 5304 hab. Tribunal de 1 ™ inst. etde commerce ; collège, bibliothèque. Fabriques de toiles, serges, calicots, basins, piqués; tanneries. Commerce de grains et bestiaux. — On croit que cette ville tire son nom d'un temple du dieu Mars, appelé Mamers par les Samnites, temple qui y aurait été construit par les Romains. Elle était jadis fortifiée : elle fut prise en 1359 et 1417 par les Anglais qui en rasèrent les fortifications.
*MAMERT (S.), Mamertus, archevêque de Vienne en Dauphiné en 463, mort en 477, eut de vives querelles avec le roi de Bourgogne Gondioc, qui était arien. Ce prélat institua les Rogations <vers 468), our remercier Dieu d'avoir délivré la ville devienne es fléaux qui la désolaient. On l'hon. le 11 mai.
*MAMERT (Claudien), frère du préc, m. vers 474, reçut les ordres, partagea avec son frère le gouvernement de l'église de Vienne, fixa la liturgie, régla les fêtes, les offices, les cérémonies, et composa l'of-fiee des Rogations. Il aimait et cultivait avec succès la littérature : Sidoine Apollinaire le regardait comme le plus beau génie de son siècle. On a de lui an Traité de la nature de l'âme (Venise, 1482.; Anvers, 1607J, où il combat Fauste de Riez, qui soutenait que les âmes des hommes et même celle de J.-C. sont corporelles, et ou.il démontre par des raisons solides la spiritualité pure. On lui attribue quelques hymnes, entre autres le Fange lingua, chanté le Vendredi saint, que d'autres donnent à Fortunat.
*MAMERTE., Mamertum,, auj. Oppido, v. d'Italie (Brutium), à 48 iil. S. d'Hipponium, en face de Messine en Sicile. V. MJÏMERTINS,
*MAMERTIN (Claude), orateur de Trêves, passe pour être l'auteur de deux Panégyriques de l'empereur Maximien Hercule, prononcés, le 1er en 289, le 2" en 292. Il sont assez élégamment écrits., mais remplis d'adulation. — Un autre Claude Mamertin, que l'on suppose être son fils, fut consul en 362, sous Julien, puis préfet d'Italie et d'Illyrie. On lui attribue un Panégyrique de Julien. — On trouve ces 3 discours dans les recueils des Panegyrici veterei.
*MAMERTDtS. corps de mercenaires recrutés dans l'origine à Mamerte , mais qui's'adjoignirent dès-hommes de tous pays. Après avoir servi en Sicile Agathocle et ses successeurs, ils finirent, après la* mort de ce prince, par faire la guerre pour leur propre compte, et s'emparèrent perfidement de Messine, dont ils firent un repaire d'où ils infestaient toute la. Sicile. Pressés par les Carthaginois, que les Siciliens avaient pour auxiliaires, ils appelèrent les Romains à leur secours, 264 av. J.-C, et devinrent ainsi l'occasion de la 1" guerre punique.'Rome leur accorda son alliance et leur laissa de grands privilèges..
*MAMMÉE (Julie), mère d'Alexandre Sévère, était fille de Julius Avitus et de Julie Mœsa. Elle élevason fils avec le plus grand soin et sut le soustraire aux coups d'Héliogabale, sou cousin, qui cherchait à le faire périr; puis elle contribua à l'élever à l'empire. Malgré ses grandes qualités, elle se rendit odieuse par son orgueil et son avarice, et fut massacrée avec son fils par les soldats, à l'instigation de Maximin, en 235. Instruite par Origène des principes de la foi, cette princesse se montrait favorable aux Chrétiens.
*MAMMON, dieu de la richesse chez lesSyriens.
*BÏAMORÉ, riv. de Bolivie, coule au N-, sépare le Pérou du Brésil, reçoit le Guaporé et le Guapey, et tombe dans la Madeira, après un cours de 900 kiL '
*MAMURRA, chevalier romain, d'une illustre famille deFormies, accompagna César dans les Gaules comme préfet des ouvriers de l'armée, acquit dans ces-fonctions de grandes richesses, et fit a. son retour bâtir sur le mont Cœlius un palais magnifique qu'il fit revêtir de marbre : c'était la première fois que l'on voyait à Rome ce genre de luxe. Catulle a laneè plusieurs épigrammes contre ce Mamurra.
*MAN (île de), Monabia ou Menavia, île anglaise de la mer d'Irlande, près de la pointe S. O. de l'Ecosse; 50 kil. sur 22; 42000hab.;ch.-l., Castleton. Montagnes, plomb, fer, cuivre, granit, ardoises, chausc. Grains, légumes, fruits, chanvre ; pâturages. Pêche au hareng. —Possédée longtemps par les comtes de Derby, puis par les ducs d'Athol, cette île fut achetée en 1765 par le gouvt anglais, qui chassa les contrebandiers dont elle était infestée. On y parle un dialecte du celtique.
*MANA (la), riv. de la Guyane française, coule du'S. au N., et sejette dans l'Atlantique à 160 iil. N. O. de Cayenne, après un cours d'environ 220 k. Bords insalubres. La France a tenté depuis 1820 d'y former des établissements qui n'ont pu'prospérer: on y a récemment fondé une colonie agricole pour les nègres, qui est dirigée par des religieux de St-Joseph de Cluny.
*MANAAR, île de la mer des Indes, au N. O. et près de Ceylan ; 7 kil. sur 2 ; ch.-l. Manaar, sur la côte E. Petit port. Prise par les Portugais en 1560, par les Hollandais en 1658 ; elle appartient auj. aux Anglais. — Cette ile donne son nom à un bras de mer situé entre la côte O. de Ceylan et la côte S. E. de Carnate dansl'Hindostan.Navigation,difficile.; pêche deperles.
*MANABI, prov. de l'Equateur, fistforméedel'anc. dép. colombien deGuayaquil; ch.-l., Puerto-Viéjo.
*MANACOR, v. de l'île de Minorque, à 36 kil. E. de Palma; 8900 hab. Ane. palais des rois de Majorque.
*MANAHEM., roi d'Israël, monta sur le trône -en faisant mourir Sellum qui avait usurpé. Il régna 8 ans (766-754 av. J.-C), et eut pour successeur Pha-céia. Ce fut un roi cruel et impie.
*MANASSË, fils aîné de Joseph, né en Egypte, fut adopté par Jacoh, son grand-père, et devint chef d'une des 12 tribus des Hébreux.
*MANASSÉ (Tribu de), la plus grande des 12 tribus de la Palestine, s'étendait à droite et à gauche du Jourdain, et se divisait en demi-tribu occid. et demi-tribu orient, de Manassé. Les 2demi-tribus n'étaient point absolument contiguës : la première était placée entre les tribus d'Issaohar auN., d'ÉphraïmauS. etde Gad àl'O. (ch.-l., Thersa; autres villes : Sama-riè, Césarée) et contenait le mont Garizim; elle fit plus tard partie de la Samarie ; —la deuxième entre l'Iturée, la Trachonitide, l'Idumée, les tribus de Gad, d'Issachar, de Zabulon et de Nephtali (ch.-l., Gessur, autres villes, Gadara, Gamala, etc.) : elle répondait aux pays appelés depuis Auranitideet Gaulanitide.
 
 MANC	- 1172 —	MANC

*MANASSÈS, roi de Juda, succéda à son père Êzé-chias en 694 av. J.-C, n'ayantque 12 ans. Il éleva des temples aux idoles, persécuta les prophètes et eut ia cruauté de faire scier en deux le prophète Isaïe, qui lui reprochait son impiété. Après 22 ans de ce règne odieux, Assar-Haddon, roi d'Assyrie, vint mettre le siège devant Jérusalem (672), prit la ville, fit le roi prisonnier et l'emmena à Babylone avec presque tout son peuple. Pendant cette captivité, qui dura trois ans, Manassès reconnut ses fautes, et s'humilia devant Dieu. Assar-Haddon étant mort, Saosduchéus, qui le remplaça, permit au roi juif de remonter sur le trône de ses pères : Manassès ne s'occupa plus que d'anéantir l'idolâtrie dans son royaume et de relever le culte du vrai Dieu. Il fortifia Jérusalem et organisa de grandes forces militaires. Il mourut en 640, après un très-long règne (54 ans).
*MANASSES (Constantin). V. CONSTANTIN MANASSES.
*MANÇANAKEZ, petite riv. d'Espagne, naît dans la Sierra de Guadarrama, passe à Madrid, et tombe dans le Hénarez après un cours de 90 kil. Elle communique avec le Jarama par un canal.
*BIANCEAUX, habitants de l'ancien Maine.
*MANCHE (la), Oceanus Britannicus, mer qui s"é-tend entre la France et l'Angleterre, baigne la côte sept, de France depuis l'île d'Ouessant jusqu'à Calais, et la côte S. de l'Angleterre depuis le cap Li-zard jusqu'à Douvres, et fait communiquer l'Atlantique avec la mer du Nord. Les Anglais la nomment Canal Britannique {British çhannel). Cette mer reçoit, sur la côte de France,' l'Authie, la Canche, la Somme, la Bresle, l'Arques, la Seine, la Touque, la Divè, l'Orne, la Vire, leCouesnon, laRance, et sur la côte d'Angleterre l'Exe, le Dart, le Tarner, le Fal. Sa largeur est de 30 kil. entre les caps Gris-Nez(France) et Dungeness (Angleterre), de 220 kil. entre la rade de Cancale et l'embouchure de l'Exe. Dans la partie la plus étroite, elle prend le nom de Pas-de-Calais.
*Le nom de Manche est devenu générique pour désigner les bras de mer qui vont s'étrécissant entre deux côtes et se terminant à un détroit. C'est ainsi qu'on appelle Manche de Tarlarie un golfe ouvert de 1 Océan Boréal, entre l'île Tchoka et la Mantchourie.
*MANCHE (dép. de la), dép. maritime, borné à l'E. par le dép. du Calvados, au S. E. par celui de l'Orne, au S. O. par ceux d'Ille-et-Vilaine et de la Mayenne, partout ailleurs par la Manche, qui lui donne son nom; 6757 k. carrés; 591 421 h.; ch.-l.,St-LÔ. Il est formé delà partie N. O.del'anc Normandie(Cotentin et Avranchin). Climat humide, sol accidenté, fertile et bien cultivé. Granit, ardoise, kaolin, etc. Peu de forêts, excellents pâturages; grain, lin, chanvre, fruits à cidre. Bons chevaux; bœufs, moutons, volailles. Pêche abondante. Draps et serges; toile, dentelle, fil de coton; papier, parchemin; chaudrons, quincaillerie et coutellerie commune. Plusieurs chemins de fer. — Ce dép. a 6 arrond. (St-Lô, Cherbourg, Valognes, Coutances, Avranches, Mortain), 48 cantons, 644 communes; il appartient à la 16e division militaire, dépend de la cour impériale de Caen et a un évêché à Coutances.
*MANCHE (La), pays d'Espagne (Nouv.-Castille), au S. de l'intend. de Tolède, 'forme auj. l'intend. de Ciu-dad-Real. C'est un vaste plateau, assez élevé, fertile sur quelques points seulement : il fournit de bons vins, du safran, de la soie, de la soude, du gros bétail, des mulets. On y trouve du mercure, à Almaden.
*MANCHE (Gentilshommes de la). V. MANCHE dans notre Dict. univ. des Sciences.
*[[Manchester|MANCHESTER]], Mancunium et Manduessedum, v. d'Angleterre (Lancastre), au confluent de l'Irk et de la Medlok avec l'Irwell, à 54 kil. E. deLiverpool (qui lui sert de port et avec laquelle elle communique par un chemin de fer), à 295 kil. N. O. de Londres; 48O0O0 hab. : il n'y en avait pas 20 800 en 17f1. On remarque la place Portland, les rues Mosely, de Londres, du marché, le marché de Brown-Street. la bourse, plusieurs églises, le musée, l'hôtel de ville. le grand hôpital, le pénitentiaire. Parmi les établissements d'instruction, se distinguent le collège (fondé en 1520) avec une bibliothèque publique, un magnifique musée d'histoire naturelle, la Société philosophique et médicale, celles de littérature, de philologie, d'histoire naturelle, d'agriculture, des antiquaires du comté de Lancastre. L'industrie de Manchester estimmense : c'est la première place du monde pour le travail du coton; 300 machines à vapeur, 30 000 métiers,dont 6000 à la vapeur, y sonttoujours en activité. On y fabrique aussi des draps, velours, futaines, mousselines, batistes, soieries, etc., ainsi que toutes les machines nécessaires pour leé manufactures. Les houilles, les forges, les usines de toute espèce dont est environné Manchester sont pour beaucoup dans ce développement prodigieux qui date presque en entier des premières années de ce siècle. A Manchester se rendent : 1* le canal de Roehdale, qui part d'Halifax et se réunit à celui de Bridge-water; 2° le canal de Bridgewater, qui va des houillères de Worsley à Runcorn sur la Mersey; 3' celui d'Ashton-et-Oldham. Aux environs est le beau collège de Stonyhurst, principal établissement catholique d'instruction publique en Angleterre.
*MANCINI. On connaît sous ce nom cinq nièces de Mazarin : elles étaient filles d'une sœur du cardinal et de Laurent Mancini, baron romain, petit-fils de Paul Mancini, fondateur de l'Académie des Umo-risti. Toutes étaient remarquables par leur beauté et leur esprit; toutes firent de brillantes alliances. L'aînée, Laure, épousa en 1651 le duc de Mercœur, fils du duc de Vendôme et mourut en couchesdès 1657; la 2°, Olympe, épousa Eugène Maurice de Savoie, comte de Soissons (V.ce nom) ; la 3", Marie, épousa le prince Laurent de Colonna, connétable de Naples (F. ci-après); la 4", Hortense, épousa le duc de La Meilleraie, qui fut fait duc Mazarin; la 5e, Marie Anne, le duc de Bouillon. Toutes les cinqapportèrentà leur époux de grands biens et jouèrent un rôle assez important. Les plus connues sont les trois dernières.
*Marie Mancini, née à Rome en 1639, fut élevée en France auprès de son oncle. Vivant dans lafamilia-rité de Louis XIV encore enfant, elle lui inspira un tendre attachement, et ce prince, dit-on, songea un instant à l'épouser. Mariée en 1661 au prince de Colonna, connétable de Naples, elle l'accompagna en Italie; mais elle ne put vivre avec son mari, et se sauva en France, où elle espérait être bien reçue de Louis XIV; le roi, qui était marié depuis peu, ne voulut pas la voir et la fit confiner dans un couvent. Elle ne tarda pas à en sortir, courut l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Espagne, prît le voile à Madrid, après avoir divorcé, et revint, après plusieurs aventures, se fixer en France où elle mourutdans l'obscurité, en 1714. On a publié sous son nom des Mémoires, Leyde, 1678. —^Hortense Mancini, née à Rome en 1646, épousa en 1661 le duo de La Meilleraie; qui prit alors le titre de duc Mazarin. Cet homme, d'un caractère triste, était peu fait pour une femme enjouée et amiedu plaisir : Hortense le quitta furtivement en 1688; elle se retira d'abord à Rome, puis àCham-béry.et enfin à Londres :1a, elle se vit entourée d'admirateurs, au nombre desquels on comptait Charles II; sa maison devint le rendez-vous des hommes les plus aimables et les plus spirituels, parmi lesquels on remarquait St-Êvremont, St-Rêal, Gregorio Leti, Vos-sius. Elle mourut à Londres en 1699. On a sous son nom des Mémoires, qui sont l'œuvre de St-Réal. — Marie-Anne Mancini, liée en 1649, m. en 1714, épousa en 1662 le duc de Bouillon, et mena uns vie plus réglée que ses sœurs. Cependant, lors du procès de la Brinvilliers, elle comparut devant la Chambre ardente (1680), mais son innocence fut prouvée. La duchesse de Bouillon aima les lettres, accueillit La , Fontaine et fut la première protectrice de ce poète : c'est elle qui l'appelait son fablier. Du reste, son goût était peu sûr : car elle préféra Pradon à Racine. — Am. Renée a publié Les nièces de Masarin (Paris, 1S56), piquante histoire des cinq sœurs.

 MAIYD — 1173 — MAND

*MANCINI (Louis), duc de Nivernais. T. NIVERNAIS.
*MANCINUS (C. HOSTILIUS), consul à Rome en 137 av. J.-C. Envoyé en Espagne contre les Numantins à la tête de 30 000 hommes, il se laissa battre par un corps de 4000 ennemis et n'échappa à une ruine totale qu'à la faveur d'une paix honteuse. Le Sénat refusa de confirmer le traité, rappela Mancinus et le livra aux ennemis, qui eurent la générosité de le renvoyer sain et sauf : Mancinus avait appuyé lui-même la proposition de le livrer à l'ennemi.
*MANCO-CAPAC, fondateur de l'empire du Pérou et chef de la race dos Incas, était, selon la tradition du pays, fils ou petit-fils du Soleil. 11 réunit sur les bords du lac de Cuzco des peuplades sauvages, les civilisa, abolit les sacrifices humains, leur fit connaître un Dieu moins cruel, institua le culte du soleil, et bâtit la ville de Cuzco. On place son avènement l'an 1025 de J.-C. ; sa race régna 500 ans sur le Pérou.—Manco-Capac II monta sur le trône en 1533, après son frère Atahualpa, mis à mort par Pizarre. Iine tarda pasàêtre lui-mêmevictimedes Espagnols. Retenu prisonnier il s'évada en 1535 et se réfugia dans les Andes pour y vivre caché; mais il périt peu après, assassiné par un Espagnol, auquel il avait donné asile. Leblanc a fait une tragédie de Manco-Capac.
*MAND ANE, fille d'Astyage, roi des Mèdes, épousa Cambyse, prince perse, et devint mère de Cyrus.
*MANDANES(Districtdes), district des Etats-Unis, entre la Nouvelle-Bretagne anglaise au N., l'Orégon à l'O., les districts des Osages au S. et des Sioux à l'E., a reçu son nom des Mandanes, peuplade qui habitait sur le haut Missouri, par47°lat. N., mais qui a disparu, détruite par les maladies et par les guerres avec les Sioux. Ce pays se trouve auj. compris dans FEtat de Minesota et le territoire du Nord-Ouest.
*MANDARIN (du latin mandare, commander), mot de la langue portugaise, a été adopté par les Européens pour designer tous ceux qui occupent quelque emploi en Chine, particulièrement les magistrats et les gouverneurs de province. Leur véritable nom chinois est kohan (ministre). On distingue les Mandarins civils ou Lettrés et les Mandarins militaires.
*MANDAT (A. J. GALYOT de), commandant de la garde nationale de Paris en 1792, était un ancien capitaine aux gardes-françaises. II fut assassiné à l'hôtel de ville par ordre de la municipalité, le matin du 10 août, au moment où il se disposait à défendre les Tuileries et à repousser la force par la force. Son corps fut jeté dans la rivière. — Sa nièce, Mme Tho-massin de Bienville, fut traduite en 1794 devant le tribunal révolutionnaire : l'accusateur public Fou-quier-Tinville reconnut qu'il n'y avait aucune charge contre elle, «mais, ajouta-t-il, elle s'appelle Mandat; js conclus à la mort. » Et en effet, elle fut exécutée.
*MANDAVI, v. et port de l'Inde anglaise, dans la principauté de Katch, sur le golfe de Katch; environ 40 000 hab. Elle commerce avec le Malabarell'Arabie.
*MANDCHOURIE, grande région de l'Asie centrale, comprise dansl'empire chinois, apour bornes au.N. et à l'O. la Sibérie, au S. la Corée, au S. O. la Mongolie, à l'E.la Manche de Tartane. Elle a de 1600àl800k. du N. au S., 1000 de l'E. à l'O., et env. 1 500 000 h. On la divise en 3 prov. : Ching-king, Kirin, Sagha-lien-Qula, qui ont pour ch.-lx, Ching-yang ou Mouk-den, Kirin, Saghalien-Oula-Khoton. Les monts Hin-gan, Blancs et de la Daourie la traversent. Elle est arrosée parle grand fleuve Amour et par le Tchikiri-Oula, le Tondun, le Nonnin, etc. Climat froid, sol peu fertile ;on n'y récolte guères que de l'avoine, du millet, ainsi que du ginseng et de la rhubarbe renommés. LesMandchouxsont de la même familleque les Toun-tiouses. Us ont la figure moins plate queles Mongols, les yeux petits, le nez camus, la taille moyenne, le teint jaunâtre, les cheveux noirs. Leur civilisation est assez avancée; ils ont longtemps professé le cha-manisme, puis sont devenus bouddhistes. Ils ont uno langue à part, qui diffère du chinois, du coréen et du mongol.— Les Mandchoux ont fait la conquête de la Chine en 1644 : la dynastie qui règne encore auj. sur ce pays est une dynastie mandchoue.
*MANDEURE, Epamanduodurum, vge dudép. du Doubs, à 10 kil. S. E. de Montbéliard; 1000 hab. Ruines d'un amphithéâtre romain et de plusieurs temples; restes d'une voie romaine et autres antiquités. — L'antique Epamanduodurum était une des plus importantes cités de la Séquanaise. Elle fut ravagée par les Alémans en 379, par Attila en 451, et par les Hongrois au x" siècle. Elle forma plus tard une principauté, qui appartenait en toute souveraineté aux archevêques de Besançon; elle fut réunie h la France en 1792.
*MANDEVILLE (John de), en latin Magno-Villa-nus, voyageur anglais, né en 1300, à St-Alban, m. en 1372, quitta son pays à 27 ans, parcourut la Terre-Sainte, l'Egypte, l'Asie, séjourna plusieurs années en Chine, et ne revint en Europe qu'après 34- ans d'absence. Il a laissé une relation de son voyage, remplie de récits merveilleux, qui eut une grande vogue et qui fut traduite dans toutes les langues de l'Europe. Kllea été publiée pour la 1" fois en français .à Lyon en 1480 et plusieurs fois réimprimée, notamment en 1839, à Londres, par J. O. Hauiwell, en anglajs. Cette relation est un des plus anciens monumen'ts dé la langue anglaise.
*MANDEVILLE (Bernard de), écrivain anglais, né vers 1670 à Dordrecht en Hollande, mort en 1733, exerça la médecine à Londres. II publia en 1709, la Vierge démasquée, d ialogue satirique, et en 1714, la Ruche bourdonnante ou les Fripons devenus honnêtes gens, poërne en 550 vers, où il attaque tous les États et encourage ouvertement le vice. Il fit paraître en 1723 la Fable des abeilles ou les Vices privés font la fortune publique ; il y commente le précédent, soutenait que les vices des particuliers font la fortune de l'État et que tout ce qu'on appelle vertu, dévoue- ' ment, n'est que l'effet de l'intérêt et de la vanité. Combattu par les écrivains contemporains, poursuivi même devant les tribunaux pour ces doctrines dangereuses, il prélendit n'avoir fait que se jouer, et publia en 1732 des Recherches sur l'Honneur et Sur Vuti-Ktédu Christianisme,où ilehantait lapalinodie; mais onne vit làqu'un acte d'hypocrisie La Fable des Âbeilr less. été trad. en français par Bertrand, Amst., 1740. MANÇ1NGUES, famille de peuples africains appartenant à la race nègre, est répandue sur les bords de la Gambie et dans plusieurs des roy. de la Nigri-tie occid., surtout dans les États de Bambouk, de Kaarta, de Kassou, dans la plus grande partie du Bambara, et dans la moitié du Soudan'ou Nigritie centrale. Ils sontassez policés, maistrès-voleurs. Ils pratiquent quelques opérations chirurgicales, travail-. lent le fer, préparent le cuir, tissent des étoffes à leur usage, entendent le commerce et ont une langue abondante et agréable, dont on fait grand usage dans cette partie de l'Afrique. Rarement ils vivent plusde40ans. MANDONIUS, prince des Ilergètes, frère d'Indi-bilis, partagea son sort. V. INMBILIS.
*MANDOU, le Mendès des Grecs, un des 8 grands dieux de l'Egypte, et 1" membre de la triade d'Her-monthis, est représenté par un bouc avec une têts d'épervier. Ce dieu, que les Grecs ont assimilé à leur Pan, est le symbole du principe fécondateur. Il était adoré principalement à Mendès et à Panopolis.
*MANDRIN (Louis), fameux brigand, né en 1725, près de Romans (Dauphiné), était fils d'un maréchal ferrant. Il servit d'abofd dans l'armée, puis déserta, se mit à faire la contrebande et devint bientôt chef d'une troupe assez nombreuse. Après avoir pillé les caisses des fermiers des impôts, il en vint à attaquer des villes importantes (entre autres Beaune et An-tun), et mit en déroute plusieurs détachements envoyés contre lui. Trahi par une femme, il fut surprisen 1755 au château de Rochefort en Savoie et fut roué vif à Valence.
 
 MA.NF — 1174 — MÀKH

*MANDUBIENS, Mandubii^ peuple de Gaule (Lyonnaise 1"), entre les Eduens au S. et les Lingeries au N. E., avait pour ch.-l. Alesia (auj. Alise). Ils occupaient le centre et l'O. de la Côte-d'Or. Quelques-uns les placent dans le dép. du Doubs, autour d'Alaise.
*MANES (les Dieux), DU Mânes, étaient, dans la mythologie des Etrusques et des Romains, les âmes des morts considérées comme divinités infernales. Les tombeaux leur étaient consacrés, ainsi que le mois de février. On leur rendait un culte : on leur sacrifiait des victimes noires ou rousses; on leur faisait des libations de sang. On distinguait les Mânes en bous et méchants; on rapportait àla 1" classe les dieux Lares et les Pénates, à la 2" les Larves et les Lémures. Au reste, les anciens n'avaient pas des idées bien fixes au sujet des Mânes; ils donnent quelquefois ce nom aux divinités des Enfers en général.
*MANES ou MANICHÉE , hérésiarque, fondateur de la secte des Manichéens, né en Perse vers 240, fut acheté dans son enfance comme esclave par une riche veuve de Ctésiphon, qui l'éleva et l'affranchit. Il eut pour maître l'hérétique Térébinther et fut lui-même l'auteur d'une nouvelle hérésie , empruntée en partie à. la religion de Zoroastre. Pour expliquer le mélange du bien et du mal, il attribuait la création à deux principes, l'un essentiellement bon, qui rejetait étant seul entre les prophètes sorti du sein de la lumière, et disait être lui-même le divin Paraclet annoncé par J.-C. Il répandit sa doctrine jusque dans l'Inde et la Chine. Il l'avait même fait adopter par le roi de Perse Sapor I, près duquel il exerçait la médecine; mais, n'ayant pu guérir le fils de ce prince, il fut exilé. Il passa alors sur le territoire romain et eut avec Arohétaûs, évêque de Cascar en Mésopotamie un célèbre colloque, où il fut confondu. Désespérant du succès de sa prétendue mission, il rentra en Perse sous Hormisdas; mais Behram, successeur d'Hormisdas, prince zélé pour l'ancien culte, le fit écorcher vil, en274, ets'efforça d'exterminer sa secte. Du reste, rien de moins certain que tout ce qu'on raconte de cet hérésiarque. Beausobre a écrit une Sist. de Manichée et des Manichéens, Amst., 1734.
*MANËTHON, prêtre égyptien, de Sébennyte, vivait sous Ptolémée PhUadelphe vers 263 av. J.-C, et était garde des archives sacrées du temple d'Hé-liopolis. Il avait composé une Histoire universelle de l'Egypte, qui s'est malheureusement perdue; il n'en reste que quelques fragments , cités par Josèphe, Eusèbe, Jules l'Africain et Georges de Syncelle. Quant à l'iffsiot're d'Egypte qu'Annius de Viterhe publia sous le nom de cet auteur, c'est l'œuvre d'un faussaire. On attribue encore à Manéthon un, poème grec intitulé : Apolelesmatica, sive de Viribus et effectis asirorum, publié par Gronovius, Leyde, 1698, qui parait n'être qu'une production de la décadence. Ce poème a été édité de nouveau par AxtetRigler, avec comment., Cologne, 1832, et par Kœcbly,dans la Bibliothèque grecque de Didot, 1851. J. Fruin a donné une dissertation De Manethone, Leyde, 1848.
*MANFRED ou MAINFROI, roi des Deux-Siciles, tils naturel de l'empereur Frédéric U, né en 1231, fut d'abord connu sous le nom de prince de Tarente. A la mort de son frère Conrad, en 1254, il fut chargé d'administrer le royaume pendant la minorité du fils de ce prince, Conradin. Forcé un instant de céder à une rivolte et aux efforts du pape Innocent IV, qui prétendait aussi à la tutelle du jeune prince, il parvint l'année suivante à reconquérir le royaume, et s'en fit couronner roi en 1258, au préjudice du jeune Conradin, son neveu. Le pape Urbain IV l'excommunia, prêcha une croisade contre lui et donna ses Etats à Charles d'Anjou, frère de S. Louis. Mainfroi périt an combattant contre ce prince, dans la plaine de Grandella, près de Bênêvent, ea 1266. On lui imputé la mort de son père et celle de son frère Conr«f.
*MANFREDI, maison souveraine de Faënza.'ioutt d'un grand pouvoir aux sera*, xtve et XV siècles. Ello avait pour chef Ricciardo- Manfredi, qui, en 1334, se mit à la fête des Gibelins-de la Romagne, et qui, profitant du séjour des papes-à Avignon, enleva les villes de Faënza et d'Imola k leur domination et s'en fit proclamer seigneur. Le dernier prince de cette famille M Astorre III, qui en 1500 fut dépouïHé et mis à mort par César Borgia,
*MANFREDI (Eustàchs), associé de l'Académie des sciences de Paris, né à Bologneen 1674, m. en IT39, enseigna les mathématiques et l'astronomie à. Bologne, et fut nommé en 1704 surintendant des eaux. On a de lui : Êpkemerides motuwm cœlestium ab anno 1715 ad ann. 1725; de Transitu Mercuriiper soient, 1723; De gnamone meridiano Bononîensi, 1736; Institution* astronomiche, 1749.
*HANFREDONIA, v. forte et port d'Italie, dans l'anc roy. de Naples. (Capitanate), sur le golfe de Manfredonia, à3!> kil. N. E. de Foggia; 6000 hab. Archevêché. — Bâtie en 1251 par Mamfred, fils de Frédéric II, non loin des ruines de l'anc Siponlum; brûlée parles Turcs en 1620. —Le golfe de Stanfre-donia,. Sinus ïïria&t dans l'Adriatique, s'étend entre le mont Gargano* au N. et une pomte de terre qui s'avance au S. prèsdeBarletta; 60 kil. sur 35.
*MANGALORE, v. et port de l'Inde anglaise (Madras), ch.-I. du district de Kanara, sur la côte do Malabar, par 72° 25* long. E., 12' 49' lat. N.t 3O00O hab. Commerce de sel, riz, bétel, poivre, bots de sandal, safran. —Jadis ch.-l. de tout le Kanara et l'une- des principales! villes du Maïssour. Tippou-Saëb y signa le II mars. 1784 une paix avantageuse avec l'Angleterre. Les Anglais la possèdent depuis 1799.
*MANGET (J. J.), médecin éradit de Genève, né en 1652, m. en 1742, exerça dans sa ville natale, y fut longtemps doyen de la Faculté de médecine et fut nommé en 1699 médecin honoraire du roi de Prusse, Outre quelques ouvrages originaux, on lui doit de précieux recueils et de savantes compilations : Biblio-theca anatomica, Genève, 1685-1699, 2v. in-f. ; Bibl. medico-practica, 1695-98, 4vol. in-f.; Bibl. chimica euriosa, 1702, 2 vol. in-f.; Theatrum amtomicum, 1717, 2 vol. in-f.,avec lesplanchesd'EustachejBibl. pharmaceutico-medica, 1703,2 vol. in-f. ; Itibt. scrip-torwm medicorum, 1731, 4 vol. in-f. ; Bibl. diirur-gica, 1721, 4 vol. in-f.
*MANGEY (Thomas), savant anglais, né en 1684à Leeds, m. en 1755, chapelain de l'évêque de Londres, puis chanoine du chapitre de Durham, a donné une éd. estimée de Philon, Londres, 1742, 2 Vol. in-fol.
*MANGOD" r grand-khan des Mogols, fils aîné de Touli, qui était le 4* fils de Gengis-Khan, se fit proclamer en 1250. Tout occupé d'étendre son vaste empire. il envoya à. la fois; ses armées en Chine, dans le Thibet, en Perse et en Syrie : l'un de ses frères, Houlagou, s'empara de la Perse et détruisit l'empire des califes; un autre de ses frères, Koublaï, conquit la plus grande partie de la Chine, Mangou périt es 1259 au siège d'une ville de ce pays. Louis IX, le croyant chrétien sur le faux bruit qui s'en était répandu, lui envoya une ambassade qui n'eut aucun résultat. V. RBBRUQUIS et BUPLAN DE CARPES.
*MANHARTSBERG, chaîne de montagnes de l'ar-chiduché d'Autriche, se dirige du N. au S., s'étend de la Moravie au Danube, si divise le territoire au-dessous de l'Eus en deux-cercles : 1* Slanhartsberg inférieur, entre la Moravie au N. et à l'E., le Danube au S. et le Haut-Manhartsberg à l'O.r HOkiî. sur 49; 260 00Q hab.; ch.-L, Koraaubourg; —2» Manhartsberg supérieur, entre la Bohême auN. et au N. O., le cercle de la Mûhl àl'O., le Danube au S. et le Bas-Manhartsberg à l'E.: 102 kil. sur 95; 220000 hab.; ch.-l., Krems.    .
*MANHEIM, v. du grand-duché de Bade, o6.4. du cercle du Bas-Rhin, au, confluent du Neckar et du Rhin, à 65 kil. N. de Carlsruhe; 25 000 hab. (dont 12 000 Catholiques). C'est la plus grande ville du duché et la plus régulièrement bâtie de1 l'Allemagne. Pont sur le Rhin; beau palais ducal, jolie'promenade, arsenal, théâtre, observatoire., cabinet d'bis-toire naturelle, jardin botanique , ïycëe, académie de commerce. Beaucoup d'industrie, surtout en orfèvrerie (les bijoux en similor s'appellent or de Manheim); glaces et cristaux, tapis, tabac, anîsetfedite eau de Manheim. Beau port franc. Commerce actif en coton, fer, café, riz, soufre, sel, houille, sucre, etc. Bateaux à vapeur pour Strasbourg, Mayence, Cologne et les ports de la Hollande; chemins de fer pour toutes directions. — Manheim'appartint longtemps au Palatinat ; en 1606, ce notait encore qu'un petit village ; Frédéric IV, comte palatin du Rhin, la fit fortifier; elle fut longtemps la capitale du Palatinat du Rhin. Saccagée par les Bavarois en 1622, par les Français en Ï688 et 1689, Manheim se releva après la paix d'e Ryswyk; en 177T, elle fut réunie àl'aBa-vière. Elle fut prise de nouveau par les Français en 1795, et sa citadelle rasée. Le traité de Lunéville défendit d'en relever les fortifications et donna la ville au grand-duc de Bade.
 
 MAM 1175 — MAN-E,

*MANIACÈS (George), général byzantin du xie s., s'était déjà signalé en Asie'par ses succès contre les Sarrasins lorsqu'il fut envoyé contre les mêmes ennemis dans l'Italie mérid. (Ï035) : il leur reprit la Sicile (1038). 11 avait admis des Normands pour auxiliaires contre les Sarrasins', mais il ne tardapas à être obligé de les' combattre eux-mêmes et remporta sur eux une victoire éclatante. Injustement accusé de trahison au milieu de ses succès, il' se: révolta, passa en Grèce et mit en déroute l'armée que lui opposait l'emp. Constantin Monomaque; mais il périt dans l'e combat, frappé par une main inconnue (Î042 ou 43).
*MANfCA r royaume de l'Afrique orient., entre ceux de Sofal'a et de Sabia à l'E., d'Inhanbane au S., de Moearangua à l'O. et au N. ; ch.-I. Manica, petite ville située à 264 kil. N. O. de Sofala. Ce pays est nominalement compris dans la capitainerie générale portugaise de' Mozambique. — V. MANICA.
*MANICHÉENS, disciples de Manès (K ce nom). Les principaux chefs de cette hérésie, après Manès, sont Hermas, Buddas et Thomas, qui' la propagèrent dans l'Inde, en Egypte et en Syrie. Malgré les persécutions, les Manichéens se multiplièrent au point qu'au rai* siècle ils étaient répandus dans tout l'empire. En 841, l'impératrice Théodora, voulant détruire cette secte, en fit mettre à mort plus de Ï00 000. — On a étendu, le nom de Manichéens à tous les partisans de la doctrine de deux principes opposés, le principe du bien et le principe du mal : en ce sens, on retrouve le manichéisme dans une foule de sectes postérieures, les Pauliciens, lesBogomiles, les Albigeois, les Patarins, etc. Le Manichéisme, sous ses diverses formes, fut condamné par plusieurs conciles et proscrit par les empereurs.
*MANIKA ou MAGNISSA, Hagnesia ad Sipylum, v. de la Turquie d'Asie (Aïdin), au pied de l'anc. mont Sipyle, à 35 kil. N. K. de Smyrne; 12 000 hab.. Résidence de l'archevêque d'Ëphèse; V. MAGNESIE.
*flEANILIUS (C), tribun du peuple l'an 66 av. J.-C.„ partisan de Pompée, proposa une loi qui donnait à ce général la direction delà guerre contre Mîthri-date et Tigrane, avec des pouvoirs illimités. Cette loi fut fortementappuyée par Cicéron, dans son discours Pro lege Manilia.
*STANILIUS (M.), poète latin du siècle'd'Auguste. On ne sait rien de sa vie. On a sous son nom un poème en 5 chants surlMsîronomi'e, qui ne manque ni d'è-l'égance ni d'agrément, mais qui déoèle peu de connaissances astronomiques. Ce poème parait n'avoir pas été achevé'. Julius Firmicus en donna un commentaire vers le temps de Constantin. Il a été publié pour la 1™ fois par J. Regiomontanus à Nuremberg en 1472 ou 73, et réimpr. par Scaliger, Paris, 1579, par Rich, BeEtley, Londres, 1739, avec notes, et par F. Jacob, Berlin, 1846. Il S été trad". par Pingre, 1786 (avec le-texte en regard)1,, et partorain, TS44. MANILLE, ville espagnole', ch.-I. delscapitaine» rie générale- des' Philippines, dans' l'île de Luçori, sur la côte O. et sur une1 Baie de son' nom';; 200 000 hab., dont env. 5000 Européens. Place forte; archevêché ; Cour d'appel des Philippines ; université, fondée en 1645; Collège de missionnaires. La vHl'e est partagée par la riv. de- Pàssig en ville' d'e guerro et ville marchande; elle'est bâtie régulièrement: les rues sont tirées au cordeau. Les constructions n'ont généralement qu'un étage;' au lieu d'e vitres', les fenêtres sont fermées par des coquillages transparents. Très-nombreuses maisons religieuses : elles occupent un tiers de l'a ville'. On remarque la catlié-drale et le palais archiépiscopal, l'hôtel du gouvt, la douane, la Grande-Place, où est une statue de Charles IV. Commerce très-actif avec l'Europe, la China et la Malaisie; célèbre fabrique royale de- cigares et de cigarettes qui emploie plus de 10 000 femmes et confectionne chaque année 700 millions d'e cigares1. — Manille fut occupée en 1571 par les Espagnols; les Anglais la prirent en 1762, et elle ne se racheta de la destruction qu'en payant!25 millions. Sujette aux tremblements déterre, elle a surtout souffert de ceux de'1645, 1824 et 1S63 : ce dernier fit 10000 victimes.
*KANïN('DanieIo), patriote Vénitien, né en' 1804, mort en 1857, était en 1848- avocat dans, sa ville natale et jouissait d'une grande' popularité. H venait d'être incarcéré arbitrairement par la: police autrichienne- lorsque- la Révolution éclata. Tiré aussitôt de sa prison, il'se mit, avec Tomaseo, à la tête du mouvement national1, prodama la république à Venise et chassa1 les Autrichiens';'maïs il1 refusa de s'unir au roi de'Piémont et eut à soutenir pendant unean1-née entière dans Venise un- si'ége mémorable (août li848-août 1849)-. Quand la ville eut! succombé, il fut excepté' de l'amnistie stipulée' : il vint alors se réfugier à Paris, ou'il vécut eu donnant des'leçons d'italien. Anatole d'e La Forge a donné une Hist. de Voù république die Venise sous Martin.
*MANITOUS, espritstutélaires, qu'adorent'les sauvages de l'Amérique septentrionale. Au-dessus de'tous est le Grand Manitou ou Grand Esprit.
*MANLIUS (les), famille patricienne de Rome, descendait d'Octavius Mamilius ou Manlius-, gendre de Tarquin le Superbe. Elle se divisa en plusieurs branches : les Vulso, les Capitolinus, les Torquatus, et produisit beaucoup de personnages célèbres;
*MANLIUS CAPITOLINUS (M.), consul l'an 392 avant J.-C, puis tribun militaire, obtint le triomphe pour avoir battu les Eques sur le mont Algide. Après la bataille d'AUia (390), voyant Rome au pouvoir' dés Gaulois, il se jeta dans le Capitale avec 1000 hommes d'élite. La forteresse, surprise par les Gaulois, allait tomber entre leurs mains, lorsque- Manlius, réveillé par les cris des oies sacrées que l'on nourrissait au' Capitale, lés renversa du haut des murailles. C'est, dit-on, cet exploit quiluivalutlesurnora de Capitolinus ; cependant ce nom existait bien.'. avant lui dans sa famille (il venait simplement de ce qu'une branche des Manlius avait une maison sur le mont Capitolin). Dans la suite, Manlius, ayant affecté la tyrannie, fut accusé devant le peuple : il sut se faire absoudre en montrant le Capitale qu'il avait sauvé; mais, l'assemblée ayant été réunie une 2e fois dans un autre lieu, il fut condamné à être précipité du haut de la roche Tarpévenne r il'subit sa sentence l'an 383 av. J'.-C. Cet événement est le sujet de la tragédie de Manlius de Lafosse.
*MANLIUS IMPERIOSUS (T.), dictateurl'an 364 avant J.-C, fut chargéd'enfoncer le clou sacré'dans le temple de Jupiter et fit la guerre' aux Herniques. Il' était d'un caractère'hautain, ce qui lui fit donnarson1 surnom. Il allait être accusé en sortant de-charge par le tribun T. Pomponius, quand son fils, Manlius Torquatus, le sauva par son courage. V. ci-après.
*MANLIUS TORQUATUS- (L.), fils du préc, fut pendant sa jeunesse relégué par son. père à la campagne, parce qu'il avait une difficulté de parole qui l'empêchait d'aspirer aux fonctions publiques. Malgré ce traitement, ayant appris que son père était cité en justice par le tribun T. Pomponius, il quitta sa retraite, vint à Rome et força l'accusateur à se désister de sa poursuite. Le peuple, touché de cette conduite , le nomma l'année suivante (362 av. J.-C.) tribun militaire dans la guerre contre les Gaulois. Dans cette campagne, il tua un Gaulois d'une taille gigantesque qui défiait les Romains, et lui enleva son collier d'or, qu'il porta depuis en mémoire de ce triomphe : de là son surnom de Torquatys (de torques, collier). Consul dans la guerre contre les Latins, l'an 340, il fit trancher la tête à son propre fils pour avoir combattu contre sa défense.

 MANR	— 1176 —	MANS

*MANLIUS TORQUATUS (L-), consul en 224 av. J.-C, soumit la Sardaifrne. Rome n'ayaot plus alors d'ennemis, il ferma le temple de Janus, ce qui n'était pas encore arrivé depuis Numa. Il s'opposa au rachat des prisonniers faits par Annibal à Cannes.
*MANNIiRT (Conrad), historien et géographe, né en 1756 à Altdorf en Bavière, mortà Munich en 1836, professa la philosophie, puis l'histoire à Nuremberg, à Altdorf, a Landshut et à Munich. On lui doit : Histoire des Vandales, Leipsick , 1785; Hist. des successeurs d'Alexandre, 1803; Hist. de la Bavière, 1807 et 1826; Géographie des Grecs et des Romains (avecUckert), 1788-1825. 15vol. in-8.
*MANOEL (Francisco) do Nacimento. poëte portugais, né à Lisbonne en 1734, d'une famille riche et istinguée, s'était déjà fait connaître par des poésies pleines de talent et de goût, mais aussi par la hardiesse de ses opinions, lorsqu'il fut déféré au Saint-Office. comme coupable d'avoir traduit le Tartufe de Molière (1778). Il n'échappa que par la fuite aune condamnation et fut contraint de s'exiler. Il passa le reste de ses jours alternativement en Hollande et en France, et mourut à Versailles en 1821. Il employa le temps de son exil à composer des ouvrages qui l'ont placé à la tête des postes portugais : il excella surtout dans le genre lyrique ; cependant on a de lui, outre ses odes, des pastorales, des romances, des sonnets, des épttres, des satires et même une épopée, les Fastes du Portugal, restée inachevée. Il traduisit du français les Fables de La Fontaine et les Martyrs de Chateaubriand et imita plusieurs poèmes anglais et allemands. A. M. Sané a donné en 1808 un choix de ses odes, traduites en français, avec une Notice sur l'auteur.
*MANOSQUE, Slanuesca, ch.-l. de cant. (B.-Alpes), à 13 k. S. deForcalguier; 4995 h. Trib. de commerce, collège. Sirop de raisin, eau-de-vie, amandes, olives, truffes, miel, etc. Ancien château, jadis résidencedes comtes de Forcalquier; puis donné par ceux-ci à l'ordre de St-Jean de Jérusalem.
*MANOU, législateur indien, fils de Brama et père du genre humain, est l'auteur supposé d'un code célèbre de lois, l'un des plus anciens que l'on connaisse. Ce code, que l'on possède encore, est intitulé : Manava-Dlutrma-Sastra (Code des lois de Ma-nou) ; c'est un traité de morale autant que de législation ; il est écrit en langue sanscrite et en vers. Will. Jones en a donné une traduction en anglais (Calcutta, 1794, et Londres, 1796); Loiseleur-Des-longchamps l'a traduit en français (Par., 1832-1833). Rien de plus incertain que l'époque à laquelle vivait Manou, qui paraît être un personnage fabuleux ; cependant le code qui lui est attribué est bien postérieur aux Védas ; on le place vers le xu* ou le xin° siècle av. J.-C. — Les Hindous admettent 14 Manous : chacun d'eux est le chef d'un jlfantootaro, révolution de temps au bout de laquelle le monde éprouve una destruction momentanée; les 14 Man-wataras forment un Kalpa, qui est un jour et une nuit de Brahma. Il a déjà paru 7 Manous. L'auteur du Code est le premier do tous JBANRESA, Minorissa, v. murée d'Espagne (Barcelone), à 47 kil. N. Q. de Barcelone; 13 000 hab. Château fort. Tissus dé soie, de coton ; ouvrages d'or et d'argent, rubans, draps fins, eau-de-vie. Prise et incendiée par les Français en I8Î1,
*MANRIQUE, anc. et illustre maison d'Espagne, issue des comtes de Castille par Ferdinand Gonzalès, comte de Castille, mort en 970, a formé plusieurs branches importantes, celles des comtes de Lara, des vicomtes de Narbonne, des seigneurs de Molina, d'Amusco , des marquis d'Aguilar, des comtes de Morata, de Parèdes, et s'est souvent alliée aux rois d'Aragon et de Castille, F. LARA.
*MANS (Le), Suindinum, puis Cenornani, ch.-l. du dép. de la Sarthe, sur la Sarthe, à 2 kil. de sa jonction avec l'Huisne, à 212 kil. S. O. de Paris, à 291 par chemin de fer; 37209 hab. Evêché, tribunal de 1" inst. et de commerce, lycée. école normale primaire, école de dessin. Ville assez bien bâtie, surtout dans les quartiers neufs. On remarque la cathédrale (St-Julien) ; 2 belles églises, les deux séminaires, l'anc abbaye de La Couture (où sontauj. la préfecture, la bibliothèque, le muséum), le nouveau palais épiscopal, la salle de spectacle; jolies, promenades ; chemin de fer. Société des arts. Industrie et commerce : toiles, étamines, mouchoirs, siamoises; cire, miel, bestiaux, volailles, poulardes renommées. Patrie de Tressan; Germ. Pilon et Mersenne naquirent auprès. — Jadis ch.-l. des Auleni Ceno-mani. S. Julien y prêcha le Christianisme au m" s. Considérable sous les Romains et sous les premiers Francs, elle eut des rois particuliers au temps des Mérovingiens. Saccagée par les Normands aux ix« et x» siècles, et ravagée depuis par la guerre, la peste et les incendies, elle perdit beaucoup de son importance. Elleeutsurtout à souffrir, auxXi'et xu* siècles, des guerres des ducs d'Anjou et des ducs de Normandie; puis, pendant3siècles,desguerres entre l'Angleterre et la France, à laquelle elle ne revi nt définitivement qu'en 1481. Cette ville posséda une commune libre dès 1066. Jusqu'en 1790, elle fut la capitale du Maine, ainsi quedugrandgouvtdeMaine-et-Perche. Elle s'était déclarée pour la Ligue : Henri IV la soumit en 1589. Les Vendéens y sont défaits par Marceau (13 déc 1793). Le 12 jany.1871, l'armée allemande y gagne une victoire qui décide du succès de la guerre.
*MANSAKT (Franc.), architecte, né en 1598 à Aix, suivant les uns, à Paris suivant d'autres, d'une famille originaire d'Italie, mort en 1066, fut élève de son oncle, Germain Gautier, architecte du roi, et fit des progrès rapides dans son art. Ses premiers ouvrages furent la restauration de l'hôtel de Toulouse, le château de Berny et le château de Blois. La reine Anne d'Autriche lui confia l'érection du Val-de-Grâce; mais des jaloux Jui firent retirer ce travail et il ne put le terminer. Il bâtit ensuite l'église de Ste-MariedeChailIot, l'hôtel de La Vrillière. où est auj. la Banque de France, la façade de l'hôtel Carnavalet, le château de Maisons près de St-Ger-main-en-Laye. On lui attribue cette sorte de couverture brisée qu'on a appelée de son nom mansarde. On reproche à son architecture d'être trop massive.
*MANSART (Jules HARnoum, dit), 1" architecte et surintendant des bâtiments du roi, né à Paris en 1645, était neveu du préc. et fils de J. Hardouin, premier peintre du cabinet du roi, qui avait épousé une sœur de Fr. Mansart. Placé sous la direction de son oncle, il sut profiter habilement de ses leçons, et voulut porter son nom pour lui témoigner sa* reconnaissance. Il plut à Louis XIV par ses talents et son esprit et fut chargé par lui des travaux les plus importants : il éleva les châteaux de Marly, du Grand-Trianon, de Clagny, de Lunéville, la maison de St-Cyr, la place Vendôme, celle des Victoires, et mit le sceau à sa réputation par la construction du palais ds Versailles et du dôme des Invalides à Paris. Il fut décoré de l'ordre de St-Michel et devint membre de l'Académie de peinture et de sculpture en 1699. Ses nombreux travaux et la faveur constante de Louis XIV lui procurèrent une fortune considérable. Il mourut subitement à Marly en 1708.
 
 MANS — 1177 — MANT

*MANSFELD, v. des Etats prussiens (Saxe), à 44 k. N. O. de Mersebourg; 1500 h. Jadis capit. d'un comté. MANSFELD (comté de), ancien comté d'empire, dans la Hte-Saxe, entre les principautés d'Anhalt, d'Hal-berstadt, de Saxe-Eisenach , le comté de Stolberg, l'évêché de Mersebourg et la Saxe électorale : 540 k. carr.; env. 60000 h. Il se composait de 2 parties, dont l'une reconnaissait la supériorité territoriale de la Saxe électorale, et l'autre celle de l'archevêché (depuis duché) de Magdebourg. La 1" portion comprenait Eisleben, Bornstedt, Arnstedt, Wippra, Ar-tern; dans la 2* se trouvaient Mansfeld, Wœlfels-holz, Leimbach, etc. Pays montagneux et rempli de mines de fer et d'argent forts riches. — Les comtes de Mansfeld furent surtout puissants au xrrr et xiv* siècles : ils possédaient le droit régalien sur les mines du pays et siégeaient à la diète. On distingue 2 maisons de Mansfeld : la 1", issue de Riddag (mort en 685), et terminée en 1230 à Burkhard VIII; la 2", qui commence par Burkhard IX, gendre du prée., seigneur de Querfurt et burgrave de Magdebourg, et qui ne finit qu'en 1780. Dès 1484, la maison de Mansfeld avait cessé d'être puissance immédiate, et avait concédé le domaine direct des mines à la maison de Saxe. A l'extinction de cette famille (1780), le comté fut partagé entre la Saxe et la Prusse. II fit, en 1807, partie du royaume de VVestphalie, et fut, en 18(5, donné tout entier à la Prusse. Il est auj. subdivisé en 2 cercles : cercle de la Montagne, et cercle du lac de Mansfeld. Villes principales : Mansfeld, Eisleben et Sangerhausen.
*MANSFELD (P. Ernest, comte de), général allemand, né en 1517, servit dans les Pays-Bas sous Charles-Quint, fut gouverneurdu Luxembourg, puis de tous les Pays-Bas (1592), prit Stenay sur les Français en 1551, mais fut fait prisonnier dans Ivoy en 1553, et ne recouvra sa liberté qu'en 1557. En 1569, il amena des secours à Charles IX contre les Calvinistes etprit part à la bataille de Moncontour dans les rangs des Catholiques.
*MANSFELD (Ernest de),fils dupréc, né en 1585, servit d'abord l'Autriche :mais, n'obtenant pas l'avancement qu'il espérait, il embrassa la Réforme, se joignit aux révoltés de Bohème et se fit élire leur général. Ii força le comte de Bucquoy, général autrichien, d'éva-euer la Bohême. Contraint de se retirer devant des forces supérieures, il alla ravager l'Alsace, attaqua et défit les Bavarois et les Hessois, alliés de l'Autriche, puis passadans les Pays-Bas, et, de concert avec Christian de Brunswick, battit les Espagnols à Fleurus, en 1622. En 1625, il rentra en Allemagne à la tête d'une foule d'aventuriers;mais il fut défait parWal-lenstein,aupontde Dessau, 1626. Peu de mois après, il mourutpresque subitement, à Vranovitzen Bosnie. MANSI (J. Dominique), savant prélat, né à Luc-ques en 1692, m. en 1769, visita l'Italie,l'Allemagne et la France, fréquentant les bibliothèques, faisant partout des extraits, et fut, à son retour, nommé bibliothécaire, puis archivisie de la ville de Lucques. On lui doit, outre de nombreuses éditions ou traductions, quelques ouvrages originaux et une précieuse collection de conciles :Sacrorum conciliorum novaet amplissima collecl&p, 1757 et ann. suiv., 31 v. in-f. SIANSLE, ch.-l. de cant. (Charente), à 17 kil. S. de Rufiec; 1600 hab. Grains, vins, eau-de-vie.
*MANSO(J. B.), marquis de La Villa, littérateur napolitain, né en 1570, m. en 1645, fut l'ami du'I'asse et écrivit la vie de ce poète (Rome, 1634). Riche et puissant, il protégea les lettres et fonda le Collège des Nobles à Naples. Il a laissé des Dialogues sur l'Amour, Milan, 1608, et des poésies médiocres, 1635.
*MANSO (Frédéric), écrivain allemand, né en 1759 à Blasienzell (Saxe-Gotha), m. en 1826, fut professeur àGotha, puis à Breslau. Outre des traductions de Vir-g le, de Bion, de Moschus, et quelques poésies originales, ii a laissé : Sparte, essai sur l'histoire, la constitution et les mœurs des Lacédémooiens, Leips., 1800; Vie de Constantin le Grand, 1817; Histoire de Prusse depuis la paix de Hubersbourg, 1819-20 ; Histoire de l'empire des Ostrogothsen Italie, 1824. MANSOUR, c-à-d. vainqueur. V. AL-MANZOR. MANSOURAH (c-à-d. champ de la victoire), vulgairement toJ/ossoure,autrefois TanisPv. de la Basse-Egypte, ch.-l. de prov., sur la branche orientale du Nil, à 59 kil. S. O. de Damiette. Six mosquées, église. Riz, toile, ammoniac. S. Louis y remporta sur les Sarrasins, en 1250, une victoire meurtrière, mais il fut pris peu après. En 1798, la garnison française qui occupait cette place fut massacrée par les Arabes. — La prov. de Mansourah, entre celles de Damiette au N., de Charquieh à l'E., de Garbieh au S. et à l'O., a 98 kil. sur 35 et compte 200000 hab.
*MANTAILLE, château célèbre.surla r.g. du Rhône, entre Vienne et Valence, près et au N. E. de St-Val-lier (Drôme). Il s'y tint en 879 une assemblée de seigneurs et d'évêques dans laquelle Boson dépouilla les enfants de Louis le Bègue de la couronne de Bourgogne cisjurane, et se fit proclamer roi à leur place. MANTÈGNA (André), peintre et graveur, né à Pa-doue en 1430, m. en 1505, eut pour premier maître le Squarcione, puis reçut les leçons de Jacques Bel-Uni, dont il adopta la manière et dpnt il épousa la sœur. Il a composé un grand nombre de tableaux et de fresques dans le genre historique, où l'on remarque de la beauté dans les formes, de la suavité dans le coloris, une grande connaissance de la perspective, mais aussi une grande négligence dans l'expression. Il a gravé lui-même plusieurs de ses compositions. Le musée de Paris possède quatre de ses plus beaux tableaux : la Vierge sur un trône, avec l'enfant Jésus sur ses genoux ; Apollon faisant danser les Muses devant Mars et Vénus ; les Vices chassés par la vertu, et un Calvaire. Quelques-uns attribuent à Mantêgna l'invention de la gravure au burin.
*MANTES, dite M..la Jolie, en latin Medunia, ch.-l. d'arr. (Seine-et-Oisëj, sur là r. g. de la Seine, à 48 k. N. O. de Versailles, à 57 kil. O. N. O. de Paris par chemin de fer; 5000 hab. Trib. de 1" inst., bibliothèque. Beau pont de pierre (près de la ville). Position salubre et charmante. Ville bien bâtie; église gothique de Notre-Dame ;tour St-Maçlou,hôpitaux,salpê-trière, tanneries renommées ; moulins, grosses toiles. Commerce de blé, fruits, légumes. — Fondée, dit-on, par les Druides (la ville a dans ses armoiries un gui de chêne); saccagée en 1087 par Guillaume le Conquérant. Charles V la prit en 1364; mais les Anglais s'en emparèrent en 1418; elle ne leur fut reprise qu'en 1449. Henri IV fit détruire ses fortifications. V. HANTOIS.
*MANTINÉE, Mantinea, v. d'Arcadie, près de l'Ar-golide, entre Tégée etOrchomène, était, avant la fondation deMégalopolis, la première cité de l'Arcadie. Elle fut démantelée en 385 av. J.-C. par les Spartiates, mais se releva en 370, Célèbre par quatre batailles : la 1" en 418 av. J.-C, où les Lacédémoniens défirent l'armée d'Argos et d'Athènes; la 2° en 363, où Épaminondas vainquit les Spartiates, mais périt dans l'action; la 3* en296, où Démétrius Poliorcète battit le roi de Lacédémone, Archidame IV; la4* en 206, gagnée par Philopémen sur Machanidas. On ne voit plus auj. que les ruines de cette ville, désignées sous le nom de Paléopoli. MANTINORUM OPPID., v. de Corse, auj. Bastia. MANTO, prophétesse, fille de Tirésias, était prêtresse d'Apollon àThèbes. Thèbes ayant été prise par les Ëpigones, Manto fut emmenée captive à Delphes, puis à Claros en Asie, où elle établit un oracle d'Apollon. On lui donne Mopsus pourfiis.— Prophétesse d'Italie, mère d'Ocnus, le fondateur de Mantoue, est peut-être la même que la précédente.
*MANTOIS, petit pays de l'île-de-France, au S. K et S. O. du Vexin français, le long de la r. g. de la Seine, eut pour ch.-l. d'abord Mantes, puis Versailles. Autres lieux, Meulan, Anet, Rueil, Montfort-l'Amaury, I Dreux, Poissy, St-Germain-en-Lave, Houdan U était parfois regardé comme faisant partie de Ia Beauce. Auj., il est compris pour la plus, grande partie dans le dép, de Seine-et-Oise; le reste se'trouve' dans celui d Eure-et-Loir. — Le Mantois formait jadis un comté, qui fufc érigé en pairie par Charles iBf Mauvais.

 MA-KT	— 1178 —	mm

*MANTOUAN (le), pays., V.MANTOUE(Duch&da).
*MANTOUAN (J. B. Bertano GHISI, dit le), peintre, sculpteur et graveur de Mantoue, né vers 1500, eut Jules Romain pour maître. Son. chef-d'œuvre est l'Incendie de Troie. Ilest surtout connu auj; comme graveur ;son dessin, est correct, mais son burin manque da douceur.—Il transmit son talent de. graveur à son fils-, GeorgesGhisi, ditaussi leMantouan, né à Mantoue en. 1524, qui grava surtout d'après, Michel-Ange, Lucas Penni, Perin del Vaga^ — et à sa fille, Diana Kanluana, qui reproduisit avec talent les chefs-d'œuvre de Raphaël et de JulesiRomain.
*MAKTOUAN (Battista, dit le), poète. V. BATTISTA.
*MANTOUE, Mantua, en italien, Mantma, v. forte de Vénétie, ch.-l. delà province de Mantoue, est bâtie au milieu de marais dans une île du Mincio. Elle est tant par sa position que par les ouvrages de l'art une des places les plus fortes de l'Europe. Quoique fort grande, elle compteà peine 30 000h. (sapopulation au.tempsde ses ducs atteignait 5000Qâmes). Évêché, trib. de 1" instance. On y remarque-le palais dit du Ti, chef-d' œuvre de Jules Romain1, et résidence des anciens ducs; le ci-devant palais National, la cathédrale, ouvrage de J. Romain, l'église St-Andrê, l'église St-Barnabé, où. est le tombeau de J. Romain; le palaisdejustice, l'arsenal, 4 théâtres, plu-sieursbelles rues et places (entra autres la place Virgile, ornée de la.statue du poète), et lecanal, qui coupe la ville en deux parties. Académie des sciences, arts, peinture et sculpture; Académie Virgilienne, galerie de peinture etantiquités, bibliothèque, lycée, gymnase. Malgré les dépenses faites1 pour assainir la ville, elle est encore insalubre. Virgile, passe pour être natif de Mantoue: il était né à Andes, villagedes environs. Pomponat, le poète Battista Spagnuoli et le peintre Ghisi, surnommés chacun le Mimtmian, étaient de Mantoue. Jules Romain, exilé de Rome, vint se fixer dans cette ville. —Mantoue fut bâtie, suivant les uns, au.xv* siècle av. J.-G., selon les autres au xi*, par Ocnus et Bianor, et reçut lenom de Mantoue en l'honneur de la prophétessê Manto, dont Ocnus passait pour être fils. Les Rasena, s'en étant emparés, en firent une des douze lucumonies deieur confédération septentrionale. Les Gaulois? la prirent ensuite, et elle.devint une des métropoles des Céno-mans. Les Romains s'en rendirent maîtres en 197 av. J.-C. après la victoire duMincius, ou peut-être dès 222, à la suite de. celle de Clastidium. Après la-bataille de Philippes (42), son territoire fut confisqué en partie pour être distribué aux vétérans d'Octave-: c'est cet événement qui amena Virgile à Rome; Après la bataille de Bédriac (69de J.-C.), elle fut saccagée par les troupesde Vitellius, Elle tombaensuiteaupouvoir des Marcomans(269), de Radagaise (406), d'Alaric(403 et 408) ; elle passa successivement entre les mains des Hérules, des Ostrogoths, des Grecs, des Lombards, des Francs, fit partie du royaume d'Italie formé après Charlemagneet du royaume des GermainssousOthon le Grand; puisfut donnée parOthon II à Thibaut,oomte de Canosse ; fut conquise par Mathilde en 1114, et de-vintaumilieu du xn° siècle une des républiques lombardes, Comme toutes les petites républiques, elle eut à subir des tyrannies locales : elle eut pour maîtres les comtes de San-Bonifacio, les Buonacossi et les Gonzague, qui s'y disputaient sans cesse le pouvoir; finalement, en 1328, Louis I de Gonzague s'empara de l'autorité,sefitreconna! tre vicaire del'empire.etfonda >.uie dynastie qui régna près de quatre siècles : sous cette dynastie, la vLUe et le territoire de Mantoue furent éngés en margraviat ou marquisat (1433),puis en duché (1530). La possession du duché de Mantoue fut, de 1628 à 1631, le motif d'une guerre entre deux Branches, ie la famille ducale de Mantoue, le&Nevers, appuyés par la France; et les Guastalla, soutenus pat l'Autricha-.;ellefutassurê.eàia;l!r«abrancheparïetriuté de Cherasca. Après l'extinction de1 la famille de Gonzague (1708), le duehéde Mantoue passa à la maison d'Autriche. Les Français" occupèrent Mantoue eu 1701, mais ils la laissèrent reprendre en ITOrparles Impénaux. Prisa par Bonaparte en 1797 sur Warm-ser, elle fut le chi-l. du* département' du Mincio. Reprise par l'Autriche en 1814; rendue à l'Italie en 1866i—A Mantoue se tinrent: 1* le congrès dè-1392 où fut signée une confédération entre Florence, Bo-logne.les seigneurs de Pâdone, Ferrare, Mantoue,eto , pour le maintien de l'équilibreen Italie-, 2" le congre» de 1459, où Pie IIprêcha vainement la croisade contre les Turc» qui venaient de se rendre maîtres de Constantinople; 3" le congrès-de 1511 où Jules II, Maximilien et Ferdinand décidèrent du sortdtt duché de Milan enlevé à Louis-XH; 4" le congrès à» 1791, où Léopold H et les princes émigrés de la malsonde Bourbon organisèrent une coalition contre la France.
*MANTOUE (margraviat ou marquisat, puis duché de). H comprenait la Mantouan et, depuis 1533, le-Montfer-rat, dévolu par héritageau duc de Mantoue. Le Mantouan proprement dit était situé' entre les duchés do Milan à l'O. et deiModène au S., là Terre-Ferme yé* nitienne àl'E.,et avait, entre autres villes, outre'Man--toue, Pizzighitonej Euzzara, Caneto, Guito, Qttistello:
*MANTOUE ( province de), une des divisions de la Vénétie, répond à peu près à l'ancien Mantouan.
*MANTUA, v. de la'Gaule Cisalpine, auj. Éanvoue.
*MANUCE, famille d'imprimeurs italiens, que l'on appelle aussi-less4.'<2as,,du nom-dëleur chef.
*MANDCE (Aide), dit l'Ancien, né en 1449"à Bas-siano dans le duché'de* Sermonetta, mort à Yèniso en 1515, fit une étude: profonde,de1 la littérature latine et grecque1, et en donna des: leçons publiques à Venise. II fonda-dans- cette même" ville en 1490 une imprimerie destinée à reproduira*-les chefs-d'œuvre de l'antiquité'; secondé-par Piff de IiaMirandble, le prince deCarpi et', autres savants qui voulaient bien surveiller les ouvrages sortis de ses presses, il sa plaça bientôtau premier rang des imprimeurs. Ruiné par la guerre'en 1506, il rétablit ses affaires en s'as-sociant avec son Beau-père, André Turisan d'Asola, qui lui-même-était un imprimeur distingué. On lui doit les éditions princeps i'Airistole, Platon, Eêro-dote, Thucydide, Eschyle, Soplwcle; Euripide, Arù' tophane, Pindare, Théoctite, Aralns; il publia la Grammaired&liastarise^as&s^&Thêodbrvde-Gaga, etc. Ses éditions ont l'àutoritéds manuscrits. Aida Manuce est lui-même auteur d'un Dictionnaire la~ tin-grec, 1497; d'une Grammaire latine, Venise, 1501 ; d'une Grammaire grecque, 1515, de plusieurs traductions latines-d'auteurs grecs et d'un traité estimé De metris horatianis. Sa marque est lin dauphin enlacé autour d'une ancre.
*MANUCE (Paul), fils d'Aide l'Ancien, né à Venise en lôll+mort en 1674, semit en 1533 àlatête de l'imprimerie de son père, et joignit comme lui une érudition profonde à une grande habileté typographique. Ji éprouva toutes sortes de traverses, eut à lutter contre des parents qui lui disputaient la succession de son père, puis contre ses associés. Peu encouragé k Venise en 1562, il se rendit à Rome, où Pie IV lui confia la, direction d'une imprimerie placée au Capitule, et le chargead'imprimerles'SS. Pères. Moins bien traité, parle successeur de Pie IV, il éprouva la libéralité- de Grégoire XIIE II était passionné pour Cicéron et donna une excellente édition de ses œuvres, accompagnée de commentaires fort estimés. On lui doit aussi une traduction latine des Pbilippi-quesie Démosthèneet divers traités destinés S faciliter l'intelligence des anciens : Antiquitalum roma-narum liber de legibus, 1557; De senatu ramano, 1681; De comttiisRomanorum, 1B85; De civitate romana, 1585. On a de lui 12 livres à'EpistoUe-, 1580.
*MANUCE (Aide), le Jeune-, fils aihé de Paul, né à Venise en 1547, mort en 1597^ composa dès l'âge de 11 ans un recueil des ÉUgances des langues latine et italienne, et donna à 14 ans, sous le-titre i'Ortbographise ratio', un système' d'orthographe latine fondé sur les manuscrits et les inscriptions. Il suivit d'abord son père à Rome; mais il revint à Venise en 1565 pour se mettre' à la tête de l'imprimerie' Addiîie. Abandonnant la typographie pour les lettres, il remit en 1555 son imprimerie à l'un de ses ouvriers. Nie. Manassi, et alla remplir une chaire d'éloquence, d'abord à Bologne, puis â Pise, et enfin à Rome (1589). Clément VIII lui confia la direction de l'imprimerie du Vatican en 1592. Il mourut avant l'âge, d'une suite de débauche. On lui doit, outre les écrits déjà cités, des explications (en italien) des Locutions des Lettres de Cicéron, 1575,. ainsi que des Commentaires sur Cicéron, sur Térence, 1585 ; des Discours politiques sur Tite-Live, etc.
*Ant. Aug. Renouard a publié les Annales de l'imprimerie des Aides ou Histoire des trois Manuce et de leurs éditions, Paris, 1803, 1825 et 1834.    "

 MANU	— 1179 —	MARA.

*MANUEL I, COMNENE, empereur grec, fils de Jean Comnène, succéda en 1143 à son père, au détriment 1 de son frère aîné Isaac En 1147, il trahit les Croisés, conduits par Conrad, empereur d'Allemagne, et Louis le Jeune, roi de France, et ne contribua pas peu, par ses intelligences avec les Turcs, à faire échouer leur entreprise; il en fut puni par Roger, roi de Sicile, allié des princes croisés, qui pénétra en Grèce et pilla Thèbes et Corinthe. Il fut sans cesse en guerre, eut à combattre les Hongrois et les Serviens révoltés, se laissa impunément insulter par les Vénitiens, et vit en 1176 son armée exterminée près de Myriocé-phales en Asie-Mineure, par Azeddyn, sultan d'Ico-nium. Cependant il remporta peu après à son tour une victoire sur izeddyn près du Méandre. II mourut en 1180, avec la réputation d'un bon guerrier, mais d'un d'un prince sans mœurs et sans probité.
*MANUEL n, PALEOLOGUE , succéda en 1391 à son père Jean Paléologue, après s'être évadé de la cour du sultan Bajazet, où if était en otage. Deux fois, sous son règne. Constantinople fut assiégée, la 1™, par Bajazet, qui se retira après un blocus de 7 ans, pour faire face à Tamerlan, qui avait envahi ses fitats; la 2", par Amurat, qui dut aussi s'éloigner pour combattre un compétiteur au trône. Il avait imploré vainement le secours de l'Occident. Manuel mourut en 1425, à 77 ans. Il fut père de Jean Paléoîogue II, qui lui succéda, et de Constantin Draco-sès, dernier empereur de Constantinople.
*MANUEL (don Juan), petit-fils de Ferdinand HT et neveu d'AlphonseX, rois de Castille, né vers 1267, mort en 1347, fut tuteur d'Alphonse XI et gouverneur des frontières des Maures. Il cultivait les lettres : on a de lui un recueil de nouvelles, intitulé : Le Comte Lucanor, imprimé à Séviile en 15-75 : il y donne, sous la forme d'apologues , des leçons de politique et de morale. Comme écrivain, c'est un conteur naïf et gracieux : il a contribué puissamment à assouplir la prose castillane. Le Comte Lucanor a été trad. en français parPuibusque, Paris, 1854.
*MANUEL (Pierre,'Louis), démagogue, né à Montar-gis' en 1751, avait d'abord été Doctrinaire. Enfermé à la Bastille pour un pamphlet irréligieux, il en sortit plein de haine contre l'ancien régime, se fit remarquer dès le début de la Révolution par ses discours au club des Amis de la Constitution, fut élu en 1791 procureur de la Commune de Paris, concourut puissamment à l'insurrection  du 20  juin, organisa celle du 10 août 1792, et fut nommé député à la Convention par les électeurs de Paris. Il demanda la déchéance de Louis XVI, et fit transférer au Temple ce malheureux prince avec la famille royale. Cependant, dans le procès du roi, il vota l'appel au peuple, disant qu'il ne voyait dans la Conven-,     tion que des législateurs et non des juges. Devenu s     dès lors suspect à ses anciens amis, il fut obligé de :     donner sa démission : il fut traduit peu après devant le g     Tribunal révolutionnaire et décapité le 14 n&v. 1793.
*MANUEL (Jacq-. Ant.), orateur politique, né en 1776 à Barcelonnette (B.-Alpes), mort en 1827, s'enrôla comme volontaire en il$3, servit avec distinction jusqu'à- la paix de Campo-Formïo, puis entra au barreau d'Aïx, et y acquit une grande réputation. Nommé représentant dans les Cent-Jours (18;15), il se fit remarquer par son patriotisme. Elu député par le dép. de la Vendée en 1818, il combattît avec énergie la réaction royaliste, et irrita tellement par sa courageuse opposition le parti dominant qu on l'expulsa violemment de la Chambre, en 1823'. Son convoi donna lieu à une éclatante manifestation de l'opinion publique : il fut suivi par plus de 100 000 personnes. A la fermeté du caractère, Manuel Joignait l'éclat et: l'énergie de là parole, ainsi qu'une logique serrée.
*MANZANARES,. riv. d'Espagne. Y. MANÇANAREZ.
*MANZAT, ch.-î. de cant. (Puy-de Dôme), sur la Morge, à 20 kil. N. O. de Rrâm; 3000 hab.
*MANZOLLI (Pierre Ange), poète latin du xvr* s., né à Stellata, près de Ferrare, vivait,, à ce qu'on croit, à la cour du duc de Ferrare ffereule II. II est auteur d'un poème latin fort curieux intitulé :. Zo-diacusvitss, hoc est De hommisvita, studio aemo--ribus, qui parut à Bâle en 1537 : c'est une espèce de satire où il passe en revue toutes les professions,, s'exprimaat fort librement, surtout au sujet de l'Eglise romaine et du clergé. Pour échapper aux persécutions, il le publia sous le pseudonyme àeMar-cellus Palingenius, anagramme de ses noms ; ca n'est qu'en 1725 que Facciolati fît connaître le vrai nom de l'auteur. Du reste,, on ne sait rien de sa vie. La meilleure édition de ce poème est celle de Rotterdam, 1722. Il a été imité en vers français par Rivière, Paris, 1619, et traduit par Lamonne-rie, 1731.

===MAR===
*MARABOUTS (de l'arabe marbouth, cénobite, religieux), donné GHez les Musulmans, notamment en Afrique, à des hommes qui se vouent à la vie spirituelle, qui sont en grande vénération; la qualité- de marabout se transmet de père en fils. Les marabouts desservent une espèce de chapelle qui reçoit elle-même le nom' de marabout. — C'est dé leur nom qu'on dérive celui à'Almoravides. V. ce mot.
*MARACANDA, auj. Samarcand, v. de la Sogdïane, sur le Polytîmète, fut détruite par Alexandre, maïs se releva depuis. F. SAHARCANB.'
*MARACAÏBO'ou MARACAYBO, v. et port du Venezuela, ch.-l. du dêp. de Zulia, sur le nord! 0. du lac de Maracaïbo, à 560 kil. de Caraeas, par 74°'6' long. O., 10° 40' lat.N.; 20000-hab. Port fermé par une barre ; deux forts; chantiers de construction navale. Café cacao, copahu, salsepareille, cuirs,, bois, jaunes, etc. —Le àép. de Baraeaïbo, qui s'étend à l'O. et au S. O. d'u lac, compte environ 60 000 hab. et a pour villes principales, outre Maracaïbo-, Perija, Alta-Gracia, Gibraltar. — Leïacaerrv. 280k.sur 160'. Il communique par un détroit avec le golfe de Maracaïbo, dans la mer des Antilles, et reçoit les rivières de Zulia, Chaîna, Motatan, etc. Bords malsains.
*MARACAÏBO (Golfe de), dans la mer des Antilles, le long de la cSte-N. de la Colombie, s'étend entre Ï0° 42'-12«lat.N., 72°I5'-30030r,long.O.; sa largeur varie de l'OO à 250 kil. ; il s'enfonce dans les terres jusqu'à 190 kil. H reçoit les eaux du lac Maracaïbo.
*MARACH," Germanica Cassarea, v. murée de la Turquie d'Asie, ane. eh.-l. de pachalik, auj. simple ch.-l. delivah, à 140 kil. N. O. d'Alep. Château.— Le pachalik, entre ceux de Roum auN., de Diarbékir à l'E,, d'Alep au S., d'Adana à l'O., a 310k. sur 220 ; 250 000 hab. Il comprend 5 livahs : Marach, Aïntab, Kars, Semisat, Malatia. Il est traversé par l'Alma-dagh, une des branches du Taurus, et arrosé par l'Eu-phrate. Climat et sol varié, fruits délicieux, industrie nulle. Ce pachalik occupe une partie de l'ancienne Comagène et de la Petite-Arménie. Il est actuellement compris dans celui de Kharbout. V. ce nom.
*MARAGHA, v-. de Perse (Aderbaïdjan)', à- 80 i. S, de Tauris;15 000 h. Place forte. Tombeaud'Hoalagou.
 
 MARA	— 1180 —	MARS

*MASAGNON, fleuve d'Amérique. V. AMAZONES.
*MARAIS (le), dit aussi la Plaine. On nomma ainsi dans la Convention la partie la moins élevée de la salle, celle où siégeaient les membres du parti modéré : la faction démagogique occupait la partie la plus élevée, désignée sous le nom de la Montagne. — On appelle aussi Marais un quartier de Paris, situé dans la partie E. de la ville (le quartier du Temple).
*MARAIS-PONTINS. V. PONTINS (MARAIS).
*MARAKAH, v. d'Afrique. F. DONGOLA.
*MARALDI (Jacq. Phil.), mathématicien et astronome, né à Perinaldo dans le comté de Nice en 1665, m. en 1729, était neveu de Cassini. Son oncle le fitve-nir en France en 1687. Il travailla en 1700 et en 1718 à la méridienne, dressa un nouveau Catalogue des étoiles fixes, resté inédit, fit un grand nombre d'Observations (qu'on trouve dans les Mémoires de l'Académie des sciences, et parmi lesquels on remarque ses Considérations sur la tMorie des planètes), et fut admis à l'Académie des sciences.
*HARALDI (J. Dominique), neveu du préc, membre de l'Académie des sciences, né en 1709, m. en 1788, fut, de 1732 à 1740, associé à son cousin, Cassini de Thury, pour la description trigonométrique des côtes et des frontières de la France, et pour préparer la grande carte de la France (en 180 feuilles). En 1735, il fut chargé de rédiger la Connaissance des temps, tâche pénible et ingrate, dont il s'acquitta pendant 25 ans. On a de lui plusieurs Mémoires, dans le recueil de l'Académie des sciences, notamment sur le Mouvement apparent de l'étoile polaire vers les pôles du monde, et sur les Satellites de Jupiter.
*MARAN (dom Prudent), savant bénédictin de St-Maur, né à Sézanne en 1683, m. en 1762, s'est distingué comme théologien et comme éditeur. On lui doit des dissertations estimées sur la Divinité de J.-C. (1746, en latin, et 1751, en français), sur lesGuéri-sons miraculeuses (1754), et d'excellentes éditions de S. Cyrille, de S. Cyprien, de S. Justin, de S. Basile (cette dernière avait été commencée par dom Gar-nier). S'étant montré opposé à la bulle Unigenilus, il fut exiléde Paris en 1734; mais il put y rentrer en 1737.
*MARANA (J. P.), écrivain, né à Gênes en 1642, m. en 1693. Emprisonné à Gênes pour n'avoir pas révélé la conjuration du comte délia Torre, gui avait voulu livrer Savone au duc de Savoie, il écrivit pen-dantsa captivité l'histoire de cette conjuration, qui parut à Lyon, en italien, en 1682.11 se réfugia depuis en France et obti nt une pension de Louis XIV. Il a publié en français l'Espion du grand seigneur, Paris, 1684 et ann. sutv., espèce de revue qui obtintquelquessuccès, et qui suggéra à Montesquieu l'idée des Lelt. persanes.
*MARANHAOou MARANHAM (Ile), île du Brésil, dans l'Atlantique (prov. de Maranhao), entre les baies de San-Maroosà l'O. et de San-Jose à l'E., a 60 k. sur35 et env. 40 000 h. Les Français s'en emparèrent en 1612.
*HARANHAO (SAN-LUIS d'e), v. forte du Brésil, ch.-l. delaprov. de Maranhao, dans l'Ile de ce nom, par 41* 20' long. O., 2° 32' lat. S.; 30 000 hab. Ëvêché, cour d'appel, lycée, école d'appel, école de commerce. Riz, cacao, coton, peaux crues et tannées, bois de teinture, caoutchouc, salsepareille. Cette v.fut bâtie par les Français vers 1612. — La prov. de Maranhao entre l'Atlant'ioue au N. E., lesprov. de Para au N. O., de Goyazau S." O., de Piauhy à l'E., a 1000 kil. sur 700; 360 000 hab. Le pays est arrosé par le Maranhao, qui se jette dans l'Atlantique, vis-à-vis de l'île de même nom. Sol plat au N., montagnes au S. Climat agréable; sol fertile. Mines d'or, d'argent, de fer.
*MARANS, v. et port de la Charente-Inf., ch.-l. de c, à 24 kil. N. E. de La Rochelle ; 4557 h. Aux env., marais salants, auj. canalisés. Commerce de blé, légumes secs, lin, eau-de-vie, merrains.—Ane place forte, plusieurs fois assiégée, notamment en 1583, êpogue à laquelle elle fut prise par Henri de Navarre (depuis Henri IV). Son château fut rasé en 1638
*MARAT (Jean Paul), fameux démagogue, né en 1744, à Boudry, près de Neufchâtel, de parents calvinistes, vint à Paris exercer la profession dfr médecin, fut attaché en cette qualité aux gardes du corps du comte d'Artois, et se fit un certain nom par des écrits sur les sciences. D'un caractère violent, d'une imagination ardente, il embrassa avec exaltation les idées révolutionnaires et publia à partir de 1789 un journal politique qu'il intitula successivement le Publiciste parisien,l'Amidupeuple,leJournaldelaRépUblique, où il prêchait des doctrines anarchiques et conseillait les mesures lesplus sanguinaires. Devenu par là l'idole du peuple, il exerça sur la marche des affaires l'influence la plus funeste, s'immisça dans le Comité de salut public quoiqu'il n'eût pas de titre légal, ot eut la plus grande part aux massacres dés 2 et 3 septembre 1792, ainsi qu'à la condamnation de Louis XVI. Ëlu député à la Convention par un des collèges d'électeurs de Paris, il y siégea à la tête du parti de la Montagne, fit décréter la création du Tribunal révolutionnaire et la formation du Comité de sûreté générale chargé spécialement d'arrêter les suspects, attaqua avec fureur les Girondins, et en fit proscrire 22 au 2 juin 1793. La veille de cette journée, il avait provoqué ouvertement le peuple à l'insurrection : livré pour ce fait au Tribunal révolutionnaire par la Convention elle-même, il avait été ramené en triomphe dans la salle des séancespar la populace ameutée. Un mois après, le 13 juillet, il fut assassiné dans son bain par Charlotte Corday (T. ce nom), qui croyait par là délivrer la patrie d'une odieuse tyrannie. Sa mort fut pour les Terroristes le prétexte dé nouveaux massacres. On lui fit des funérailles magnifiques; son corps fut déposé au Panthéon, mais il ne tardapasà en être tiré (février 1795). Marat était de petite taille et d'une stature difforme : il avait la tête démesurément grosse, avec des traits repoussants. Outre son journal, il a publié divers écrits, les uns politiques, entre autres, les Chaînes de l'esclavage, ouvrage qui parut d'abord en anglais, Edimbourg, 1774, puis en français, Paris, 1792, etquiaétê réimprimjéenl833; Plan de législation criminelle, 1787 (il s'y élève contre la peine de mort, qu'il devait tant prodiguer plus tard) ; Profession de foi adressée aux Français, etc. ; les autres scientifiques, tels que De l'homme ou de l'influence de l'âme et du corps, Amst., 1775; Recherches sur le feu, la lumière, l'électricité, etc., 1779-84; une traduction del'Opîiqttede Newton, 1787. Il avait aussi écrit un Roman de cœur, publié pour la première fois en 1847 par Paul Lacroix.
*MARATHON, bourg de l'Attique, à 30 kil. N. E. d'Athènes. Ce lieu, déjà célèbre dans la Fable par un taureau monstrueux dont Thésée délivra lacontréo, l'est devenu •'beaucoup plus par la victoire que Mil-tiade y remporta sur les Perses l'an 490 av. J.-C.
*MARATHONISI.v. forte du roy.deGrècé(Laconie), dans le pays desMaînotes, sur le golfe de, Laconie, à 40 kil. S. de Mistra et près de l'anc. Gylhium. Ella est auj. le ch.-l. de l'éparohie de Gythion.
*MARATTA ou MARATTI (Carlo), peintre italien, né à Camerino en 1625, m. en 1713, élève de A. Sac-chi, travailla pour le pape Alexandre VII et ses successeurs, restaura les peintures du Vatican, et fut pendant longtemps le peintre le plus renommé de Rome. H excellait dans les tableaux d'autel et dans la peinture des Vierges : on cite surtout de lui unelfa-done, dans le palais Pamphili, à Rome. On voit au Louvre quatre tableaux de cet artiste: umjiativité, une Vierge avec l'enfant Jésus; S. Jean dans le désert; le Mariage mystique de Ste Catherine. 11 réussissait aussi dans la gravure.
*MARATTES (les). V. MAHRATTES.
*MARBACH, v. du roy. de Wurtemberg (Neckar), sur le Neckar, à 20 kil. N. de Stuttgard; 3500 hab. Patrie de Schiller et de l'astronome T. Mayer. Prise et brûlée par les Français en 1693.
*MARBEUF (L. Ch. René, comte, puis marquis de), général français, né à Rennes en 1712, m, à Bastia en 1786, fut envoyé en Corse en 1764 pour secourir les Génois contre les indigènes révoltés, fut, jtprèsla
 
 MARC — 1181 — MARC


cession de la Corse à la France par les Génois (1768), chargé d'occuper l'île, eut à combattre Paoli, finit, après quelques échecs, par rester maître du pays, le gouverna jusqu'en 1781, sutyfaire accepter la domination française, et fut en récompense fait marquis. 11 protégea la famille Bonaparte, et fit admettre le jeune Napoléon à l'école de Brienne. Un fort élevé sur la côte O. de la Corse, entre Calvi et Ajac-cio, a reçu son nom. D'immenses jardins qu'il possédait sur les Champs-Elysées, à Paris, furent en 1794 déclarés propriété nationale, puis vendus et dépecés. On y établit plus tard le Jardin Marbeuf, dont une rue rappelle encore aujourd'hui le nom.
*MARBODE, chef marcoman. T. MAROBODUUS.
*MARBODE, évêque de Rennes, né en 1035, d'une famille illustre de l'Anjou, m. en 1123, était fort lettré et remplit longtemps l'emploi de mailre d'éloquence à Angers. Il fut sacré évêque en 1095 ou 96, se démit de son évêché sur la fin de sa vie, et se retira à l'abbaye de St-Aubin. On a de lui des Lettres, la Vie de plusieurs sainte, un livre des Dix chapitres, espèce d'encyclopédie, un traité De ornamentis verborum, et plusieurs poèmes latins, parmi lesquels on remarque le Martyre des Machabées et les Pierres précieuses. Ses ÔEuvres ont été réunies par D. Legendre, à la suite de celles de J. Hildebert, Paris, 1708, in-f.
*MARBOURG, Maltium, Mattiacum, Amasia Cat-torum, en latin moderne Marpurgum, v. de Hesse-Cassel (Prusse), sur la Lahn,a 80 kil.S. O.deCassel; 8000 hab. Cour d'appel, université, fondée en 1527; gymnase, écoledes arts et métiers, école vétérinaire; bibliothèque, jardin.botanique, observatoire; consistoire luthérien. Ruesétroites, tortueuses et sales. Ane château des landgraves de Thuringe, qui sert de maison de force. Belle église Ste-Ëlisabeth, du xiu' s. Ane. palais de l'Ordre Teutonique. Fabriques de pipes et de poterie, bonneterie, lainages, tabac; tanneries. — Marbourg, érigée en ville en 1227, était une des résidences des landgraves de Thuringe, et fut pendant quelque temps le ch.-l. de l'Ordre Teutonique. Il s'y tint un célèbre colloque en 1529. Ses fortifications furent démolies en 1807 par les Français.
*MARBOURG, v. des États autrichiens (Styrie), ch.-l: de cercle sur la Drave, à 60 kil. S. de Graetz; 7000h.
*MARBRES D'ARUNDEL. V. ARDNDEL et PAROS.
*MARBRES CAPITOLINS. V. FASTES dans notre Dictionnaire universel des Sciences.
*MARC (S.), un des quatre évangélistes, né, à ce qu'on croit, dans la Cyrénaïque, s'attacha de bonne heure à S. Pierre, l'accompagna dans ses travaux, le suivit à Rome, où il lui servit d'interprète; alla prêcher l'Évangile dans la Pentapole de Cyrénaïque et en Egypte, où il fonda, vers l'an 52, l'église d'Alexandrie. Il fut pris et mis à mort dans cette ville par les idolâtres pendant les fêtes de Sérapis (vers 68). Cet évangéliste a pour emblème le lion. On célèbre sa fête le 25 avril. S. Marc écrivit son Evangile en grec; il le rédigea 10 ans après l'Ascension de J.-C, à l'aide des conversations qu'il avait eues avec S. Pierre : cet Évangile n'est souvent qu'un abrégé de celui de S. Matthieu. On attribue à S. Marc une liturgie particulière, qui est en usage dans l'église d'Alexandrie. Les Vénitiens croient posséder le corps de ce saint, qui aurait été transporté chez eux en 815; ils lui vouent un culte particulier.
*MARC (S.), pape en 336, ne régna que 8 mois.
*UARC, hérésiarque du u* siècle, disciple de Valen-tin, attribuait à la parole et aux lettres dontles mots se composentune force créatrice, substituait à la Trinité catholique une Quaternité de son invention (il admettait en Dieu {'Ineffable, le Silence, le Père, la l'e-Hîé)et rejetait les sacrements, mêmele baptême. Il attira un grand nombre de partisans par des prestiges et de prétendues prophéties, ainsi que par la licence de sa morale : il enseignait que tout est permis aux adeptes.
*MARC-ANTOINE.   V.  ANTOINE et RAIMONDI. MARC-AL'RÈLE. V. AURÈLE.
*MARCA (Pierre de), savant prélat, né en 1594 à Gan, près de Pau, dans le Béarn, d'une famille originaire d'Espagne, m. en 1662, devint en 1621 président du parlement de Pau, fut appelé en 1639 au conseil d'État par Richelieu, fut ensuite nomméinten-dant de la Catalogne, et y fit aimer l'administration française. Devenu veuf, il reçut les ordres et fut suç-cessivementélevésurles siégêsde Conserans, de Toulouse, enfin de Paris (1662), mais il mourut avant d'avoir pris possession de ce dernjersiége. Il rédigea, pour réfuter VOptatus gallus d'Hersent, un fameux traité De Concordia sacerdotii et imperii (1641). où il tentait de concilier l'autorité dupape et les libertés ' gallicanes; il le retoucha depuis pour plaire à la cour de Rome, mais sa véritable opinion fut rétablie dans l'édition publiée par Baluze en 1663. On lui doit aussi une Histoire du Béarn, 1650, et Marca hispanica, 1680, savante description des provinces d'Espagne limitrophes de la France.
*MARCEAU OU MARCEL (S.). V. MARCEL (S.).
*MARCEAU (le général), né en 1769 à Chartres, d'un procureur au bailliage, s'engagea à 15 ans, fut nommé en 1791 chef du 1" bataillon des volontaires d'Eure-et-Loir, fut envoyé en 1793 en Vendée avec le grade de capitaine, et fut nommé à24 ans, sur la recommandation de Kléber, général en chef de l'armée de l'Ouest : il gagna sur les Vendéens la sanglante bataille du Mans(12décl793).*Employéen 1794 àl'ar-méedeSambre-et-Meuse comme général de division, il contribua puissamment au gain de la bataille de Kleurus. Il protégea en 1796 la retraite de l'armée de Jourdan ; déjà il avait plusieurs fois repoussé l'ennemi, lorsqu'il fut blessé mortellement près d'Altenkir-chen; il n'avait que 27 ans. Les ennemis s'unirent aux Français pour lui rendre les honneurs militaires. Marceau ne se faisait pas moins remarquer par son humanité et son désintéressement que par son courage etses talents stratégiques. Chartres lui a érigé une statue.
*MARCEL I, pape de 308 à 309, natif de Rome, succéda à S. Marcellin, avec lequel on l'a quelquefois confondu à tort. Il fut banni par l'empereur Maxence sous prétexte qu'il causaitdes troubles par sa sévérité envers les Tombés (chrétiens qui avaient fléchi pendant les persécutions). On le. fête le 16 janvier.
*MARCEL il, élu en 1555, ne régna que 21 jours.
*MARCEL (S.), évêque de Paris, célèbre par sa piété, ? fut élevé sur ce siège épiscopal à la fin du iv" siècle, et l'occupa jusqu'à sa mort, vers 440. U fut enterre rès de Paris dans un village qui forme auj. le fau-oûrg St-Marcel ou St-Marceau. On le fête le,3 novembre. Selon la légende, ce saint évêque délivra le pays d'un serpent monstrueux.
*MARCEL (Etienne), prévôt des marchands de Paris,
se signala par son audace pendant la captivité du
roi Jean; souleva le peuple contre l'autorité du dau
phin (depuis Charles V) et contre la noblesse; porta le
trouble dans les États généraux convoqués en 1356,
en engageant les députés du Tiers à refuser des sub
sides et à réclamer des réformes radicales, puis fit
assassiner sous les yeux du dauphin Robert de Cler-
mont, maréchal de Normandie, et Jean /le Confians.
maréchal de Champagne, conseillersdu prince (1358).
Il allait ouvrir l'une des portes de Paris à Charles
le Mauvais, roi de Navarre, qui assiégeait la ville,
lorsqu'il fut tué à coups de hache par Jean Maillart.
M. Naudet a écrit l'histoire de la Conjuration dÉ-
timne Marcel, 1815; M. Ferrens a publié en 1860
Marcel ou le Gouvernement de la bourgeoisie.	*
*MARCEL, maître de danse en vogue au xvnie siècle, mort vers 1757, a composé quelques ballets. C'est .»-lui qui s'écriait : «Que de choses dans un menuet! » En voyant danser un Anglais, il dit : « On saute dans les autres pays, on ne danse qu'à Paris. »
*MARCEL (Guill.),"historien, né à Toulouse en 1647, mort en 1708, fut sous-bibliothécaire de l'abbaye da St-Victor à Paris, puis avocat au conseil, fut charge en 1677 de conclure avec le dey d'Alger un traité qui rétablissait les relations commerciales, puis fut nommé commissaire de la marine en Provence. On a
 
 MMtC	- 1182 —	MARC

de lui : 3$bimes cnronologiques pour l'histoire <de l'Église-etpourVhistoireprofane, 1682; ïïist.del' origine et des progrès de la monarchie française, 1686.
*KARCEL (J. Joseph), petit-neveu du préc, né à Paris
commission organisa l'ii
1804 à 1815 directeur de l'Imprimerie impériale et de 1817 à 1820 professeur au Collège de France. On lui doit : Vocabulaire français-arabe vulgaire, publié au Caire, 17?9 ; Mélanges de littérature orientale, 1800; Fables de Lokman, teste arabe .et traduction; Chrestomathies arabe et chaldaiqae; Paléographie arabe, 1828 ; les Dix soirées malheureuses et les Contes du cheik El-Mohdy, trad. en franc., 1828-1832; Hist. del'Égypte depuis la conquête des Arabes jitsquà ia domination française (dans l'Univers pittoresque de F. Didot); Hist. scientifique et militaire de l'expédition d'Egypte, 1830-36.—V. SERRES.
*MARCELLE* (S.), pape de 295 à 304. C'est sous son pontificat qu'eut lieu la persécution de Diode-tien. Il est bon. comme martyr. On le fête le 26 avril.
*MARCELLO (Benedetto), compositeur, né en 1686 d'une famille noble de Venise, m. en 1739, fut 14 ans membre du conseil des Quarante, puis provédi-teur à Pola, .enfin camerlingue à Bresoia, et ne cultiva la musique qu'en amateur. Il n'en mérita pas moins d'êtreappelé de son temp3 le Prince de la musique. Les airs qu'il composa pour les cinquante premiers psaumes (1724-6) sont regardés comme le chef- ; d'oeuvre de la musique sacrée. Il réussit aussi dans ! la poésie et composa des sonates, des cansoni^ des, satires et des comédies burlesques.
*MARCELLUS (M. Claudius), générai romain, fut1 cinq fois consul. En 222 av. J--C., il battit les Gaulois à Clastidium, tua de sa main leur roi Virido-mare, remportant ainsi les troisièmes dépouilles opimes, prit Milan et réduisit la Gaule Cisalpine en province romaine. Envoyé contre Annibal après la bataille de Cannes, il releva les affaires des Romains, et remporta SUT le général carthaginois deux avantages à Noie (216 et 215), puis il transporta en Sicile le théâtre de la guerre et s'empara de Syracuse après trois ans de siège (212) : c'est au sac de la ville que périt Arehimède, quoique le général romain eût donné ordre de l'épargner. Il vainquit encore Annibal en 210, à Canusium; mais il périt deux ans après, dans une embuscade. On l'avait surnommé l'Épée de Rome, comme Fabius Cunctator en était le Bouclier, Plutarqueaécrit sa Vie.
*MARCELLUS (M. Claudius), de la famille du préc, consul l'an 51 av. J.-C., fut le premier à proposer au sénat de retirer à César le gouvernement des Gaules et fit voter cette mesure. Dans la guerre ei-vile il prit parti pour Pompée. César, vainqueur à Bharsale, l'exila £ Mitylène; mais dans la suite il le rappela à la prière du sénat : c'est à cette occasion qu&Cicéron prononça le célèbre discours : Pro Marcello, où il remercie César de sa clémence. Marcellus ne put jouir de ce bienfait; il fut tué par un de ses esolayes au moment de s'embarquer pour Rome.
*HARCELLES (M .'Claudius), fils d'Octavie, soaur d'Auguste, et de M. Claudius Marcellus jïisemiuus, fut adopté par Auguste, son oncle, qui lui donna-en mariage sa fille Julie, et le désigna pour son successeur. Ce jeune prince, qui donnait les plus grandes espérances, mourutàl8ans,23av.J.-C.Virgile a déploré dans des vers touchants (au VI" liv.de l'Enéide) la mort prématurée de Marcellus : on raconte qu'Oc-tavie s'évanouit à la lecture de ce passage, et qu'elle récompensa l'auteur en lui faisant compter 10 000 sesterces (environ 2000 fr.) pour chaque vers.
*MARCELLUS (Ulpius), jurisconsulte, contemporain des Antonins, de la secte des Proculeiens, fut membre du conseil de l'empire *t gouverneur de la Pan-nonie. Comme jurisconsulte, il jouit dans son temps de la plus grande autorité. On trouve dans les Pan-dectes des fragments de ses ouvrages.sracEUMXs EHPIRIOUS, médecin duw'Bièole, né à Bordeaux, fut, .à- ce qu'on croit, maître des offices sous Théodose ide379 à 395. On a de lui :De MeAi-camentis empiricis, Tecueil de recettes, te plus souvent absurdes, imprimé à Baie «n 1536, ia-foL
*MARCEBLUS (Aug. du TTHAC , comte de), l'un des fauteurs les plus ardents de la politique ultra-roya-liste de la Restauration, né eii 1776 au château de Marcellus (près de Meilhan, Lot-et-Garonne), m. en 1841, fut éfa député en 1815, devintpair en 1823, refusa le serment en JC830 'et Têcut depuis dans la retraite, ne s'occupaat que de littérature. On a de lui des Odes sacrées, tirées -des psaumes, des Cantates sacrées, tirées de la Bible, et une trad, des Mu-coliques de Virgile. — Son fils, André Charles de M., 1795-1861, suivit la carrière diplomatique, fut 1" secrétaire d'ambassade à Londres pendant que Chateaubriand y était ambassadeur, puis sous-secrétaire d'JËtat aux affaires étrangères sous le ministère Polignac, et rentra dans la vie privée en 1830. Pendant une mission dont ilavait été chargé dans îe Levant, il enlevade l'île de Milo la Vénus victorieuse, dite Vénus de Milo, un des chefs-d'œuvre de la sta-tuaireantique<l$20).'6nlui doit unrecueildes Chants du peuple en Grèce, avec le texte (1851), et lesZ>î'o-nysiaques de Nonnus, traduitesen franc., avec le texte grec en regard etde savantes notes, 1855 : cet ouvrage n'avait, encore été traduit complètement en .aucune langue moderne. Il a aussi publié ', Correspondance intime de Ghâteaubrianl, 1855, et Châïeau-briant et sonlemps, 1859.
*MARCELLUS PALÏK6EH10S. V. MANZOELI.
*MARCENAÏ.-eh.-l.de cant. (Cantal), S..30 kil. N. -O. de Murât; 700 bab. Nombreuses émigrations.
*HARCH ou SIORAVÀ. V. MORAYA.
*MARCHAND (Prosper), bibliographe, né .-vers 1675 à Guise, en Picardie, mort en 1756, ouvrit à Paris en 1698 un magasin de librairie qui devint le rendez-vous des bibliophiles ; passa en Hollande pour y professer plus librement la religion réformée, et s'établit à Amsterdam comme libraire1; puis renonça au commerce pour se livrer uniquement à l'étude : il eut part à la rédaction du Journal littéraire de La Haye de 1713 à 1737. On lui doit des éditions d'ouvrages rares ou importants, tels que le Diétionnaire de Bayle; les Voyages de Chardin; les OEuvr-es de Brantôme; mais il est surtout connu par un Dictionnaire historique, publié après sa mort (La Haye, 1758-9, 1 v. in-fol.), qui complète les Dictionnaires de Moréri, de Bayle et de Chauffepié.
*MARCHAND (Etienne), capitaine de la marine marchande, né à l'île de la Grenade en 1755, m. à l'Ile de France en 1793, fit de 1790 à 1792, pour le compte d'une maison de Marseille, un voyage .autour du monde, et découvrîtes 1791 le groupe N. O. des îles Marquises. L'histoire de son voyage a été écrite par Fleurieu, 1798,4 vol. in-4.
*MARCHANGY (L. Aflt. de), né à Qamecy-en 1782, mort en 1826, fut nommé'en 1808 juge suppléant à Paris, il entra en 1815 dans le ministère puSlic, s'éleva par.degrés jusqu'aux fonctions d'avocat général pr-ès la cour de cassation, tit acquit comme magistrat une fâcheuse célébrité par des réquisitoires passionnés. II s'étaitîart connaître dans Tes lettres dès 1813 par un ouvrage intitulé la Gaule poétique, S vol. in-8, où il envisageait l'histoire nationale dans ses rapports avec la poésie, l'éloquence et les arts; il publia en 1826 Tristan le Voyageur ou fa France au XIV siècle, qui est comme le complément de la Gaule poétique. Ces deux ouvrages se distinguent par l'étendue des recherches, par l'éclat et la fermeté du style. Plusieurs des plaidoyers de Marchangy ont été Teeueiïlis dans leSarteaufrançais.
*MARCHAUX, «h.-A. de cant, ^Doubs), à 19 M. N. E. de Besançon, 5<30 hab.
*MARCHE, nom qui dans le moyen âge, surtout depuis Charlemagne, servit àdésigner les provinces frontières d'un Etat, Les Marches étaientgôuvemées
 
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par des commandants militaires nommes margraves (de marck, marche, et graff, comte), ou marquis, en latin marchio, et qui étaient charges de défendre les frontières. La plupart.de «es contrées ont reçu dans la suite d'autres titres, tels que ceux des comtés, duchés, etc. ; cependant le nom de marche a été conservé par q.uelques-unesd'entre elles, comme le comté de la Marche, en France, les Marches d'Italie, la Marche de Brandebourg, etc.
*MARCHE (la), par abréviation pour la Marche limousine, prov., puis grand gouvt de l'anc France,, ainsi nommée parce qu'elle était sur la frontière de France du côté du Limousin, était bornée au N. par leBerri et le Bourbonnais, au S. par le Limousin, àl'O. par le Poitou, à l'E. par l'Auvergne; capit., Guéret. Elle se divisait en Hte-Marche (ch.-l. Gué-ret), et Bse-Marche (ch.-l. Bellac). La&Vienne, la Creuse, l'Anglin, la Gartempe, le Cher y ont leur source. Elle forme auj. le dép. de la Creuse et une forte partie de celui de la Hte-Vienne. — Du temps des Romains, ce pays était compris dans l'Aquitaine et faisait partie du territoire des Lemovices et de celui des Bituriges Cubi et des Pictavi. Au x8 siècle, Guillaume III, duc d'Aquitaine, détacha la Marche de ses domaines et l'érigea en comté en faveur de Boson I, petikfils de Roger,.comte de Limoges et de Charroux. Depu's ce temps , la Marche eut des comtes souverains, parmi lesquels on remarque les seigneurs de Lusignan. Philippe le Bel l'acquit par confiscation (1309) et la légua à Charles le Bel, son 3° fils; ce prince l'échangea en 1327 contre le comté de Ciermont en Beauvaisis qui appartenait à Louis I de Bourbon. Jacques, 2« fils de ce dernier (V. ci-après) , lui succéda dans la possession du comté de la Marche ; ce comté passa ensuite par mariage dans ; la maison d'Armagnac, puis dans celles de Bourbon-: Beaujeu et de Bourbon-Montpensier. Il fut confisqué en 1525 sur le connétable de Bourbon par François I et définitivement réuni à la couronne en 1531."
*MARCHE (la), Marca, ane. prov. des Etatsde l'Eglise, au N. E., se divisait en Marche d'Ancône au N. et Marche de Ferma au 8.
*MARCHE D'ESPAGNE (la), nom donné par Charlema-gne aux pays qu'il avait eonquis au delà des Pyrénées ; cette Marche était comprise entre les Pyrénées au N. et l'Èbre au S. Elle se divisait en Marche de Gascogne, capitale Pampelune, et Marche de Gothie ouSepti-manie, capitale Barcelone. Cette contrée forma depuis le comté de Barcelone et une partie de la Navarre.
*MARCBE DE PRIEGNITZ, —DE SAXE, — DE STADE, — TRÉVISANE,etC. V.PRIEGNITZ, SAXE, STADE,TRÉVISE,etC.
*MARCHE-EN-FAMENE, Marca, v. deBelgique (Luxembourg belge), ch. d'arr., sur le ch. de fer, à 80 kil. d'Arlonet 108 de Bruxelles; 2000 hab. Cette ville existait dès le vne siècle, et était le ch.-l. d'un petit pays appelé Famène (Falmiensis pagus), dans le (territoire des Condrusi. En 1577, il y fut conclu entre le roi d'Espagne et les Provinces-Unies un traité connu sous le nom à'Édit perpétuel.
*MARCHE (La), v. de France. V. LA MARCHE.
*MARCHE (Jacques II DE ROURBON , comte de La), petit-fils de Jacques I de Bourbon, tige des comtes de La Marche de la maison de Bourbon (V. BOURBON), fut pris par les Turcs à la bataille de Nicopolis (1396), ne recouvra sa liberté qu'après avoir payé une forte rançon, prit parti pour les Bourguignons contre les Armagnacs, fut fait de nouveau prisonnier par ces derniers et détenu jusqu'en 1412. Veuf de Béatrix de Navarre qu'ilavait épousée en 1406, il épousa en 1415 Jeanne II, reine de Naples et de Sicile; mais il ne reçut de cette princesse que le titre de duc de Cala-bre. Il fit mettre à mort plusieurs des favoris de Jeanne et la tint elle-même en captivité; mais le peuple se souleva contre lui, et il fut forcé de fuir (1419). De retour en France, il se retira chez les Franciscains de Besançon, où il mourut en 1438.
*MARCHE (Olivier de La). V. LA MARCHE.
*MARCHENA, Cartra Gemina? v.d'Espagne(Séville),à ,40 M.E..S. .E. de Sévfile; 12000 hab. Palais des ducs d'Arcos, antiquités romaines; bains sulfureux.,
*MAR.CHENOIR, ch.-l. de G. ,(Loir-et-Cher), à 28 & ? N. de Blois ; 600 bah. Combat des armées française et allemande (9 déc. 1870).
*MARCHES,(les)., a110- Pays de France, dans le S. de la Basse-Normandie, au]. dans le dép. Àe l'Orne, len fermait Alençon, Séez,, Argentan.
*MARCHFELD, lieu de la Basse-Autriche, sur les bords de la Mar.eh,, et près de Laa, où Rodolphe .de Habsbourg vainquit Ottokar .en 1278.
*MARCHIENNES, ch.-l. de«. (Nord), sur ,1a Scarpe et le canal duDécours.,à 15M1. E. de Douai; 2800h. Filature de laine et tanneries j commerce de lin, .d'arbres fruitiers, d'asperges, etc. Patriedesbraves Corbi-n eau. Ane abbaye, fondée au vu" siècle par.S. Amand.
*MARCEIENNES-AU-PQNT, bgdeBelgique.(Hainaut), à 12 kiL S. O. de Namur,; 1200 hab. Houille aux env,. Kléber y battit les Impériaux ,en 1794.'
*MARCIAC, ch.-l. de .c (Gers), à 25 JdL <O. de Mi- -rande; 1500 hab. Verreries.
*MARCIANOPOLIS, anc capit. de la Mésïè-Inf., est auj. Preslav ou Brahilov en Bulgarie. Elle reçut son nom en l'honneur de Marciana, sœur de Trajân. Prise par les Goths en 245, puis par les Bulgares qui la nommèrent Peiristhlqba, d'où Preslav.       . «
*MARClEN,ifaman.its, empereur d'Orient de 450 à 457, né'vers 391 en Thrace, d'une famille obscure, s'enrôla fort jeune, et s'éleva jusqu'au grade de tribu* et au rang de sénateur, et fut, après la mort de Théodose le Jeune, épousé par Pulchérie, sœur de de cet empereur^ qui avait iétl proclamée impératrice. Ce prince guerrier brava les menaces d'Attila* et par son attitude énergique le ïor,çail s'éloigner. Il fit triompher. la foi catholique sa. concile de Chalcédoine, 451- L'Église .grecque .l'a canonisé et le fête avec Pulchérie, le 17 février.
*MARCIEN , géographe grec du IY" siècle, né à Héra-clée., sur le Bont-Euxin, écrivit un Périple dont il ne reste que des fragments. lia été publié en 1600, avec trad. lat., dans les Geographi Grseci minores de Dodwel-L et en 1839, à Paris, par E. Miller.
*MARCIGNY-LES-NONNAESS, ch.-l. de c (Saône-et-Loire), à 25 kil. S. O. de.Charolles;5665 h. Linge de table. Ane prieuré de femmes.
*MARCILLAC, ch.-l. de c. (Aveyron), sur le Cray-naux, à 22 kil. N- O. de Rhodez; 1500 hab. Bestiaux, vins, huile de noix.
*MARCHJLAT, eh.-L de c. <Allier), à2S M1...S. de Montlueon; 500 hab. Houille aux environs.
*MARCUXY-LE-HAYER, oh-'-l. de C. (Aube),à25 k. " S. E. de Nogent-sur-Seine; 600 hab.
*MARCION, hérésiarque du n" siècle, né à Sinope en Paphlagonie, avait été ordonné prêtre. Chassé de l'église pour avoir séduit une vierge, il se lia avec l'hérétique Cerdon, et se mit à dogmatiser ; il enseignait qu'il y a deux principes, l'un auteur du bien, dont l'âme est une émanation, l'autre auteur du mal, dont le corps est l'ouvrage; il attribuait l'ancienne loi au mauvais principe et la nouvelle au bon; rejetait la plus grande partie du Nouveau Testament et des épîtresdeS. Paul, etc. Il eut eu Italie, en Egypte, en Syrie, en Perse, un grand nombre de partisans -fanatiques, connus sous le nom de Marcionites.
*MARCIUS. F. le surnom qui suit ce nom.
*MARCK (La). V. LA MARCK.
*MARCK.OLSHEIM, v. d'Alsace-Lorraine, à 14 kiL
S. E. de Schelestadt; 1500 hab. Tabac, chanvre,
blanchisserie de toiles, poterie.	:
*MARCODURUM, v. de Germanie, auj. Duren,    I
*MARCOING, ch.-l. de cant. (Nord), à 8 kil. S. O.
de Cambray; 1301 hab. Sucre de betterave.	j
*MARCOMANS, Marcomanni, peuple de Germanie, habitait au temps d'Auguste sur les deux rives de l'Albis (Elbe), dans les monts Hercyniens; puis ils envahirent la Bohême actuelle d'où ils chassèrent les Boii et eurent alors les Quades pour voisins à l'E. Unis à ces derniers, ainsi qu'aux Iaziges et aux Yani

 MAKI)	— 1184 —	'MARE

dales, ils envahireut l'Italie sous Marc-Aurèle, de l67 à 174, mais ils furent repoussés.
*MARCOMIR , nom de plusieurs princes que l'on fait régner sur les Francs bien avant Pharamond. Marcomir I serait le fils du Troyen Antéhor et aurait conduit les Francs de la Troade en Germanie. — Marcomir III est placé sous le règne de l'empereur Claude. — Marcomir V est supposé le père de Pharamond. L'histoire de ces princes imaginaires est racontée sérieusement par l'abbé Trithême dans son livre De Origine Francorum. MARCO-PAOLO ou POLO. V. POLO. MARCOUSS1S , bourg de Seine-et-Oise, à 35 kil. E. de Rambouillet. Château qui appartenait au comte d'Entragues, père de la marquise de Verneuil. Condé y fut enfermé en 1650.
*MARCQ-EN-BAROEUL, bourg du dép. du Nord, à 5 kil. N. de Lille; 1831 hab. Importante maison d'éducation ecclésiastique. Brasseries, filatures de îuines; fabriques de sucre indigène, de bleu d'azur, d'huile, de vinaigre de grains.
*MARCULFE, moine français que l'on présume avoir vécu dans le vu' siècle, a réuni dans un recueil les formules des contrats et des actes publics les plus usités de son temps. Cette précieuse collection a été publiée par J. Bignon, Paris. 1613, et par Baluze, dans ses Capilulaires des rots de France, et réimpr. par M. de Rozières, 1860.   -.'
*MARCOS, prénom très-commun chez les Romains; on l'écrit M. par abréviation. V. le nom qui le suit. MARCUS GR/ECus, auteur d'un livre intitulé : Liber ignium ad eomburendos hostes (publié en 1804, par Laporte du Theil); on y trouve, entre cent recettes ridicules, quelque chose d'analogue à la composition de la poudre, et de curieux détails sur le feu grégeois. On ne sait rien de cet auteur; on conjecture qu'il vécut au x° siècle et que son livre, qui n'existo auj. qu'en latin, fut originairement écrit en grec.
*MARDES , peuple de la Médie, sur le bord méridional de la mer Caspienne, entre les Gelée à l'O. et les Tapyres à l'E. Leur pays, à peu près le Mazan-déran actuel, fit partie de l'empire Médo-Perse, puis de celui d'Alexandre, etc. Pauvres, belliqueux et adonnés au brigandage, les Mardes n'étaient sujets que de nom.
*MARDICK., village du dép. du Nord, à 10 kil. O. de Dunkerque, sur la mer; 250 hab. Il a donné son nom a un petit canal. C'est à Mardick que Chifflet place VItius Porlvs des anciens, port important sous les Romaine. Mardick fut pris par Turenne en 1657 et assuré à la France par le traité des Pyrénées (1659); Louis XIV voulut en relever les fortifications; mais les Anglais en oblinrent la destruction en 1717; en vertu du traité d» la Quadruple alliance.
*MARDIN, Marde ou Miride, v. de la Turquie d'Asie (Aldjézireh), à 81 kil. S. E. de Diarbekir;27 000 hab. Bâtie en amphithéâtre. Elle est ceinte de murs et a quelques fortifications. Plusieurs mosquées et des églises chrétiennes, une medresseh ou collège musulman. Maroquin estimé. —Ville fort ancienne, et longtemps importante; mais elle souffrit beaucoup fies invasions des Tartares auxur siècle.
*MARDOCENTÉS, roi arabe, conquit l'empire de babylone sur les descendants de Nemrod, vers 2218 av. J.-C, et y fonda une dynastie qui régna 225 ans, jusqu'au renversement de Mabonad par Bélus, roi .l'Assyrie (1993).
*MAUDOCHÉE , Juif célèbre , issu des Juifs qui avaient été emmenés en captivité à Babylone par Na-buchodonosor, fit épouser Esther, sa nièce, au roi Assuérus (Artaxerxès Iî), et découvrit une conspiration tramée contre ce prince. Mardochée ayant refusé de s'agenouiller devant l'Amaléciie Aman, favori du roi, ce ministre voulut le faire mourir ainsi que tout son peuple; mais la protection d'Esther le sauva, et Aman, convaincu de conspirer, subit à sa place le dernier supplice. On place cet événement vers 453 av. J.-C.
*MARDONIUS, général des Perses, gendre de Darius, conduisit, en,492 av. J.-C, à travers.la Thraee, une armée perse destinée à envahir la Grèce et soumit la Macédoine, mais vit sa flotte brisée par la tempête sur les rochers voisins du mont Afhos. En 480, il combattit aux Thermopyles et à Salarnine; il fut complètement défait par Pausanias a Platées, 479 et périt dans la bataille.
*MAREB, riv. qui naît eu Abyssinie, coule au S. O., puis au N. O., entre en Nubie, et se perd dans les sables. Quelques-uns croient qu'il reparaît ensuite et se jette dans l'Atbarah après un cours de 700 kil.
*MARÉCHAL, mares&Wtfs.mot dontl'origmen'est pas bien connue, se renepntre dès les premiers temps de la monarchie. Il a désigné d'abord un officier supérieur placé sous les ordres du connétable ou du général en fthef, et que l'on nommait maréchal de l'host (c-à-d. de l'armée), maréchal de camp. Les maréchaux de camp de l'année du roi étaient appelés -maréchaux de France, pour les distinguer des maréchaux de camp des autres seigneurs féodaux. Les maréchaux de France furent dès 118ij élevés au-dessus de tous les au|res maréchaux de' camp ; ils acquirent une importance de plus en plus grande, surtout après la suppression de la dignité de connétable, en 1627; depuis cette époque, la dignité de maréchal de France est la plus élevée de l'armée. Un bâton, appelé bâton de maréchal, est la marque dis-tinctive de cette haute dignité. — Avant François I, les fonctions de maréchal étaient purement temporaires; ce fut ce prince qui le premier nonTma des maréchaux à vie. Supprimé en 1792, le maréchalat fut rétabli en 1804 par Napoléon I"; les titulaires fu-rentappelésmar&natta; d'ifmpi're. Le nombredes maréchaux a beaucoup varié : fixé à 4 par François I, il fut porté jusqu'à 20 sous Louis XIV. Sous Napoléon il y en eut 18; auj. le maximum est 12.— Une dignité de maréchal général fut instituée en 1621, en faveur deLesdiguières;ellefut aussi conférée àTu-renne, à Viliars, au maréchal de Saxe, et à Soult en 1847. — Napoléon I créa en 1806 la charge de grand maréchal du palais, dont le titulaire était chargé de veiller spécialement à la sûreté de l'Empereur. Ce poste fut occupé sous Napoléon I par Du-roc, par Bertrand, et sous Napoléon III parle maréchal Vaillant. — Chez les étrangers le titre de maréchal est porté par plusieurs grands officiers; tels sont : le grand maréchal de l'Empire; lemarécfial de l'Église; le maréchal de la diète,; le grand maréchal de Pologne; les feld-marichaux. — Dans la guerre des Albigeois, on donna le titre de maréchal "de la Foi à Gui de Lévis, qui accompagna Simon de Montfort : ce titre resta héréditaire dans sa famille. — Le titre de lordmaréchal est héréditaire en Ecosse dans la famille des comtes de Keith. C'est un membre de cette famille qui fonda en 1593 le Collège Maréchal à Aberdeen. V. KEITH. .
*MARÉCHAL (Sylvain), écrivain, né à Paris en 1750, mort en 1803, commença à se faire connaître par des poésies pastorales dans lesquelles il prenait le nom de Berger Sylvain; fut quelque temps bibliothécaire à la bibliothèque Mazarine, mais perdit sa place pour avoir publié des écrits irréligieux. Chaud partisan de la Révolution, il fut un des chantres de la liberté et de la déesse Raison; il affichait un grossier athéisme, et fut particulièrement lié avec l'astronome Lalande, qui partageait ses opinions désolantes. On a de lui des Bergeries, 1770; le Pxbrat-moderne, 1781; Fragment d'un poime sur Dieu, ou le Lucrècemoderne, 1781; l'Age d'or, 1782; Code d'une société d'hommes sans Dieu, 1797i Voyage de Pythagore, 1799; Dictionnaire des Athées, 1800. Dans ce Dictionnaire, œuvre dé folie, on voit figurer parmi les athées Bossuet, Fénelon, Léibnitz, â côté d'Épicure et du baron d'Holbach.
*MARÉCHAUSSÉE, corps de cavaliers chargé eu France, avant la Révolution J de veiller à la sûreté publique, était placé.iôus les ordres immédiats des
 
 MARE	— 1185 —	MARG

maréchaux. Y. l'art, MARECHAUX dans notre Dictionn. univ. des Sciences.
*MAREMME(la) OUMAREMMES (les), c-à-d. emtalien le littoral, territoire de la Toscane, sur la côte O., entre Livourne et Piombino, est très-fertile, mais marécageux, malsain et peu peuplé : on n'y trouve que quelques pasteurs nomades qui y conduisent des troupeaux de b"uffles. C'était dans l'antiquité une contrée florissante de l'Étrurie, où se trouvaient les villes de Cosa, de Pbpulonia, etc., dont on voit encore les ruines. Une influence insalubre ne s'y est manifestée que depuis le xv siècle. On y a exécuté de 1828 à 1832 des travaux qui l'ont un peu assainie.
*MARENGO, village de l'Italie sept, (province d'Alexandrie), à 4 kil. S. E. d'Alexandrie, près du confluent du Fontanone et du Tanaro, est célèbre parla victoire que Bonaparte, premier consul, y remporta sur Mêlas et les Autrichiens (14 juin 1800) : la soumission de l'Italie, la fin de la seconde coalition et la paix de Lunéville en furent les résultats. — Sous l'Empire, on donna le nom de Marengo à un dép. qui avait pour ch.-l. Alexandrie : il répond à peu près aux prov. actuelles d'Alexandrie, d'Asti et de Casale.
*MARENGO, colonie française de l'Algérie, arr. de Blidah, est située dans là partie O. de la Métidja, à 86 kil. S. O. d'Alger ; 600 hab. Fondée en 1849.
*MARENNES, ch.-l. d'arr. (Charente-Inf.), sur la Seudre, à 2 kil. de l'Atlantique, et à 41 kil. S. de La Rochelle; 2000 hab. Port, trib. de 1" inst. et de commerce. Ville assez bien bâtie, mais peu salubre. Grand commerce de sel, de vins et d'eaux-de-vie. Bonnes huîtres vertes, très-renommées.
*MARENNES (les), ou MARENSIN, petit pays de l'anc Gascogne, s'étend le long de la côte, entre Dax et l'Océan; lieux princ, Cap-Breton et Magescq. Il est auj. compris dans le dép. des Landes. Pays couvert de marais; chênes-liéges, pins dont on tire de la résine et de la poix.
*IWAREOTIS (lac), auj. Mariout, lac de la Basse-Egypte, à l'O. du Delta, près d'Alexandrie, communiquait à la Méditerranée par le bras Canopique du Nil. Ses bords produisaient des vins exquis.
*MARESCHAL (Georges), chirurgien, né à Calais en 1658, m. en 1736, devint en 1688 chirurgien en chef de la Charité, fut nommé en 1703 premier chirurgien de Louis XIV, et conserva ce poste sous Louis XV. C'est un des hommes qui ont le plus contribué aux progrès de la chirurgie en France; il fut un des fondateurs de l'Académie de chirurgie. On n'a de lui que quelques observations, dans les Mémoires de cette Académie. MARESCOT (Armand Samuel), général du génie, né à Tours en 1758, m. à Vendôme en 1832, prit part comme chef de bataillon au siège de Toulon, où il connut Bonaparte, avec lequel il eut de vives contestations, défendit Maubeuge en 1794, prit Charieroi, après avoir essuyé un échec devant cette ville; s'empara de Landrecies, de Maêstricht (nov. 1794), et fut après ce succès nommé général de division; défendit Landau etle fortde Kehl (1796), rendit en 1797 et98 -      les plus grands services dans les armées de Rhin-et-Moselle et d'Allemagne, et fut nommé inspecteur gé-_      néral du génie après le 18 brumaire (1799). Ilaccom-I      pagna le général Dupont en Espagne, et eut le mal-.      heur de signer avec lui la capitulation de Baylen |      (1808) : il fut pour ce fait destitué, incarcéré trois i     ans, puis exilé à Tours. Il fut sous la Restauration réin-1     tégré dans son grade, fait pair et marquis. On a de «     lui une Relation des principaux sièges faitsen Europe I     par les armées françaises depuis 1792, Paris, 1806. j        MAKET (Hugues"Bernard), duc de Bassano, né à |     Dijon en 1763, m. en 1839, était fils d'un médecin "     distingué et fut d'abord avocat au parlement de Bour-|     gqgne. Venu à Versailles en 1789, il y publia les bul-1     letinsde l'Assemblée nationale, et jeta ainsi les fon-|     déments du ifo»n'tewr universel. Envoyé comme am-»     bassadeur à Naplesen 1792, il futenlevéen route par |    les Autrichiens : il ne recouvra la liberté qu'en 1795, I     étant échangé contre la fille de Louis XVI. Après le 18 brumaire, le général Bonaparte, qui avait reçu de lui de nombreux services lorsqu'il n'était encore que simple lieutenant, le nomma secrétaire général des consuls, puis ministre secrétaire d'État, 1804. Uac-compagna l'Empereur dans toutes ses campagnes, fut admis à ses plus secrètes délibérations et chargé de la rédaction de sas instructions et de ses bulletins. Nommé en 1811 duc de Bassano, il reçut en même tempsle portefeuille des affaires étrangères, et en 1813 celui de la guerre. Exilé par lés' Bourbons après 1815, il ne put rentrer en France qu'en 1820. Nommé pair de France en 1831 par le roi Louis-Philippe, il fut un instant ministre de l'intérieur et président du conseil (10-18 nov. 1834). Maret était un homme infatigable au travail, un politique habile et honnête; il sut, parla modération de son caractère, se concilier l'estime et l'affection des étrangers eux-mêmes. Ami des lettres, il fut admis à l'Académie Française en 1803, et à celle des sciences morales en 183(3.    *
*MARETIMO, Jïi'era, île de la Méditerranée, à32 k. de la côte O. de la Sicile, sert de prison d'État. C'est une des anciennes lies Ëgades.
*MAREUIL, ch.-l. de c (Dordogne), à 23 kil. S. E. de Nontron; 1000 hab. Bonneterie, filatures. Bons vins rouges. — Autre ch.-l. de e. (Vendée), sur le Lay, à 22 kil. S. E. de Napoléon-Vendée; 1200 hab.
*MARFÊE (bois de la), en Champagne, dans le dép. actuel des Ardennes, non loin de Sedan. Il s'y livra en 1641 un combat entre les troupes royales, commandées par le maréchal de Châtillon, et plusieurs princes français coalisés contre le cardinal de Richelieu. Les rebelles furent vainqueurs ; mais le comte de Soissons, l'un d'eux, y fut tué.
*MARFORIO, antique statue de marbre, de dimension colossale, représentant un fleuve couché, qui fut trouvée dans le Forum de Mars {Marlis foro), d'où son nom. Elle était placée près du palais Braschi. On venait autrefois afficher'secrètement sur cette statue des satires contre les grands et contre le gouverne-, ment. Elle fut enlevée de sa place en 1784 et placée dans la cour du musée capitolin.
*MARGAT, v. de Syrie, dans le pachalik de Tripoli, et à 50 k. N. de cette ville, sur un roc escarpé. Ce- , dés aux Hospitaliers en 1180, par Renauld, seigneur de Margat, elle leur servit de retraite après la prise de Jérusalem par Saladin, 1187, et resta en leur pouvoir jusqu'au temps où ils furent chassés de Syrie.
*MARGATE v. d'Angleterre (Kent), dans l'île de Thanet, àl'embouchure de la Tamise, à 120 k. E. S. E. de Londres; 12 000 h. Chemin de fer. Maisons élégantes dans la partie moderne de la ville. Grand commerce de grains. Bains de mer.
*MARGAUX 'CHATEAD-). V, CHÂTEAD-MARGAUX.
*MARGERIDEb (monts), branche des Cévennes, se détache de cette chaîne au N. du dép. de la Lozère, près de la source du Chapeau-Roux, affluent de< l'Allier, court au N. O. en traversant les dép. de la Hte-Loire et du Cantal, et va se lier au Plomb du Cantal. Sa plus haute cime ne dépasse pas 1560°.
*MARGHILAN, v. et fort du Turkestan (khanat d Khokan), à 80 kil. S. E. de Khokan, sur unaffluen du Sir-Daria. On y conserve un drapeau rouge^ qu'on prétend avoir appartenu à l'armée d'Alexandre le Grand. Draps d'or et d'argent, velours, étoffes diverses.
*MARGIANE, Margiana, contrée de l'Asie anc, située au N.de la Bactriane, et parfois comprise dans la Bactriane même, était arrosée par le Margus, d'où son nom, et avait pour ch.-l. Antiochia Margiana.
*MARGRAFF (George), médecin et voyageur, né en 1610 à Liebstaedt (Misnie), s'attacha au comte de Nassau, gouverneur des établissements hollandais au Brésil, et visita tout le Brésil par ordre de ce prince (1636-42). Ayant entrepris un voyage en Guinée, il périt dans ce pays, victime de l'insalubrité du climat. Il a laissé une excellente Histoire naturelle du Brésil, en lat., publiée par J. de Laët, Amst., 1648.
*MARGRAFP (André Sigismond), chimiste.né a Berlin en 1709, m. vers 1782., fut membre de l'Académie de

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cette ville, directeur de la classe de physique, associé de l'Académie des sciences de Pans. On. M doit des découvertes précieuses en chimie, notamment de nouvelles recherches sur l'acide formique; c'est lui qui le premier a extrait la potasse du tartre et du sel d'oseille, et qui a retiré du sucre de la betterave, 1745 : il eut le mérite de prévoir l'avenir de cette découverte. Il employa un des premiers la voie_ humide dans l'analyse organique, et appliqua le microscope à l'étude des sciences. Ses opuscules, presque tous en français, se trouvent, soit dans les Mémoires de l'Académie de Berlin, soit dans les Miscellanea 6erolt'nensi"a.IlsontétéréumsàBerlin, 1762,2v.in-8.
*MARGRAVE (de l'allemand mardi, marche, frontière, etgraff, comte), titre donné autrefois par les empereurs aux seigneurs qu'ils chargeaient de la défense des marches ou provinces-frontières. Plusieurs princes d'Allemagne ont conservé ce titre, parce que leurs principaiitésétaientprimitivementdes marches. Le margrave dépendait immédiatement de l'empereur, et non du duc dans le territoire duquel se trouvait le margraviat. Auxir" siècle, la dignité des margraves devint héréditaire; bientôt après, ils furent créés princes immédiats de l'empire. On compte actuellement 4 margraviats : celui de Brandebourg (au roi de Prusse), celui de Misuie (au roi de Saxe), celui de Bade (au grand duc de Bade), et celui de Moravie à l'empereur d'Autriche).—Le titre français de marquis a la même origine que celui de margrave.
*MARGUERITE (Ste), Slargarita, vierge et martyre, née, à ce qu'on croit, à Antioche en Pisidie. On ne sait rien de certain sur elle : on croit qu'elle subit le mar-tvre à Antioohe, vers 275, pour avoir refusé de re-iùer la foi chrétienne et d'épouser Olybrius, gouverneur de la ville, qui était païen. On la fête le 20 juillet. EËe est la patronne de Crémone.
*MARGUERITE (Ste), reine d'Ecosse, fille d'Edouard, prince anglais, et d'une princesse de Hongrie, née en Hongrie en 1046, épousa en 1070 Malcdlm III, roi d'Ê-oosse, exerça, par sa beauté et ses vertus, un grand ascendant sur l'esprit de ce prince, et ne s'en servit que pour faire du bien et adoucir le sort du peuple. Son époux et son fils ayant été tués en 1093 sur le même champ de bataille, elle en mourut de chagrin trois jours après. On la fête le 10 juin.
*MARGUERITE DE PROVENCE, reine de France, fille ad-née de Raymond Béranger IV, comte de Provence, née en 1221, morte en 1295, fut mariée en 1234 a Louis IX, et se montra par ses vertus digne de son époux. Elle l'accompagna dans sa première croisade, et déploya le plus grand courage lorsqu'il eut été fait prisonnier : ce fut elle qui détermina les Croisés à résister dans Damiette aux Infidèles après la défaite de Mansourah.EUedevintleconseilsecretdu roi après la mort de la reine Blanche et réussit, en 1255, à l'empêcher d'abdiquer pour se faire dominicain. Après la mort du roi eue se retira dans un couvent.
*MARCUEBITE DE BOUROOGNE , reine de France, fille de Robert H, duo de Bourgogne, épousa en 1305 Louis le Hutin, qui n'était pas encore roi de France. Elle était jeune, belle et spirituelle; mais son goût effréné pour le plaisir l'entraîna aux plus coupables déportements : en 1314, cette princesse,fut, ainsi quesaDelle-sœur, Blanche delà Marche, convaincue d'adultère avecles deux frères, Philippe et Pierre Gaultier d'Aul-nay, gentilshommes normands. On enferma les deux princesses au Château-Gaillard d'Andely; Marguerite y fut, quelques mois après, étranglée par l'ordre de son mari, a l'âge de 25 ans (1315).
*MA-RGUERITE D'ECOSSE, reine de France, née en 1425, morte en 1444, était fille de Jacques I, roi d'Ecosse. Elle fut fiancée dès 1428 au Dauphin Louis (Louis XI), mais ne so réunit à lui qu'en 1436. Les Anglais, dont cette alliance contrariait la politique avaient tout fait pour s'y opposer : ils tentèrent même» mais vainement, d'enlever la jeune princesse pendant la traversée. Marguerite aimait les lettres et "avait plaisir à entendre Alain Chartier {Y. ce nom). Louis l'avait rendue» malheureuse qu'elle dit en mourant : Ft de la vie 1 qu'on ne m'en parle plus.
*MARGUERITE,DE VALQis, rema.de Navarre, sœur de François I, née en. 1492,, morte en 1549. Elle épousa en 1509 le ducd'Alençon. Devenue veuve, elle, fut mariée en 1527 au roi de Navarre, Henri d'Albret,. dont elle eut Jeanned'Albret,.mèrede Henri IV. Elle aimait beaucoup François I, qui avait aussi pour elle un grand attachement et qui la surnommait la Marguerite des Ifargiierite (la. Perle des Perles);elle allàle trouver à Madrid pendant sa captivité et travailla de tout son pouvoir à lui faire rendre la liberté. Dans son roy. de Navarre, Marguerite fit fleurir la commerce, favorisa les lettres et les cultiva, elle-même avec succès. On lui reproche d'avoir incliné vers la Béfonme. Elle accueillit dans sa petite cour de Nérac Clément Marot, Dolet, Calvin, et.fit tous.ses efforts pour réconcilier les Catholiques et les Protestants. On ad'elle VHeptamêron eu, Nouvelles de la reine de Navarre (imprimé en 1559), recueil de contes imités de Boc-cace; on y trouve beaucoup d'imagination, et d'esprit, mais parfois aussi la hcence de l'époque. Marguerite a laissé en outre des poésies d'un tour facile et pleinesde grâce, qui lurent publiées en 1547 à, Lyon sous le titre de.HargHert7ès <Je laKarguérite des-princesses et des Lettres (publiées en. 1841 par Génin). Ses OEuvres complètes ont été publiées à Paris en 1852.
*MARGUERITE DE SEANCE, duchesse. de Berry, fille de François I, née en 1523, morte en 1574, cultiva les lettres, fut, à l'exemple de son père, la protectrice des savants, notamment de l'Hôpital, Ronsard» Dau-rat, et fit fleurir l'Université de Bourges,capitale de son duché; elle possédait elle-même le grec et le latin. Elle épousa en 1559 Emmanuel Philibert, duc de Savoie, et-alla se fixer à Turin; elle attira à. l'université de cette ville les jurisconsultes les plus fameux; elle se fit tellement chérir de ses sujets qu'ils la, nommèrent la Mère des peuples.
*MARGUERITE DE FRANCE ou DE VALOIS, reine de Navarre, fille de Henri II,roi de France, et de Catherine de Médicis, née en 1553, fut mariée en 1572 au prince de Béarn, depuis Henri IV. Cette union, faite par la cour dans le But de tromper les Protestants à la veille de la St-Barthélemy,ne fut point heureuse : les deux époux ne sentaient l'un pour l'aufre aucun penchant; bientôt l'un et l'autre cherchèrent de leur côté de nouveaux objets d'affection, et Henri, éclairé sur les infidélités de sa femme, se vit obligé de la faire enfermer au château d'Usson en Auvergne. Lorsqu'il fut devenu roi de France, il sollicita du pape Clément VIII et obtint l'annulation de ce mariage (1-599). Depuis ce temps cette princesse vécut tantôt en Auvergne, tantôt à-Paris, dans un palais séparé; néanmoins le bon roi fournissait à ses dépenses, et allait même lui faire de fréquentes visites. Elle mourut en 1615, laissant.de curieux Hémoires sur les événements qui se sont passés de 1555 à 1582 (publiés 9n 1628, souvent réédités, notamment par MM. Gues-sard, Lalanne et Caboche. On a en outre de cette princesse des lettres et des Poésies, dans le goût de Ronsard et Dubartas.
*MARGUERITE DE VALDEMAR, la Sêmiramis du Nord, reine de Norvège, de Danemark et de Suède, fille de Valdemar.roi de Danemark, née en 1353, m., en 1412, épousa en 1363 Haquln, roi de Norvège. Ali mort de Valdemar, 1376, elle fit proclamer son fils,Olaûs roi de Danemark sous sa tutelle; son mari étant mort en 1380, elle devint.également régente de la Norvège; enfin, profitant d'une révolte dès-Suédois contre leur roi AlbertdeMecHembourg, elle se fit proclamer reine de Suède en 1387, battit Albert à Falkœping enVes-trogothie, et le contraignit à abdiquer. Ayant perdu la même année son fils Olaûs, elle choisit pour lui succéder Eric,son petit-neveu,le fit reconnaître*roi par les trois pays, et convoqua en 1397 à Calmar une assemblée de députes de tous ses Etats qui rédigea le célèbre acte d'union, par lequel les royaumes de Danemark, de Suède et de Norvège étaient unis à per-
 
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étuité. Cette princesse joignait l'énergie d'un grand omme aux grâces et aux qualités de son sexe.
*MARGUERITE n'ANJOU, reine d'Angleterre, fuie de René, dit le Bon, roi titulaire de Sicile, avait été élevée à la cour de France, et mariée en 1445 àH&JriVI, roi d'Angleterre. Elle prit bientôt un empire absolu sur ce roi imbécile et gouverna pour lui. Lorsqu'é-clata la guerre des Deux-Roses, elle se mit à la tête du parti de Lancastre (Rose-Rouge) : battue parle duc d'York à St-Alban, en 1455, puisa Northampton, ei. 1460, elle remporta la même année à Wakeneld une éclatante victoire. Le duc d'York y perdit la vie, mais son fils le remplaça aussitôt, se fit proclamer roi sous ..e nom d'Edouard IV, battit les troupesde Marguerite à Towton, 1461, et la força à chercher un asile en Frae-so. Elle n'obtint de Louis XI qu'un faible secours ; néanmoins elle tenta de nouveau la fortune, mais elle vit ses espérances ruinées par la bataille d'Exham, 1463 ; elle tomba, dans sa fuite, au milieu d'une bande de voleurs : elle allait être dépouillée, lorsqu'elle se fit connaître à l'un d'eux, qui la sauva et la ramena en France. Quelques années après, elle vit ses affaires un instant relevées par Warwick, qui avait abandonné le parti d'York pour celui de Lancastre ; mais elle perdit en 1471 la bataille décisive de Tewks-bury : tombée alors avec son fils au pouvoir de l'ennemi , elle vit massacrer ce fils et fut enfermée à la Tour. Elle ne recouvra sa liberté qu'en 1475, par la médiation de Louis XI, et mourut en France en 1482.
*MARGUERITE D'AUTRICHE, fille de l'empereur Maxi-milien I et de Marie de Bourgogne, née en 1480, morte en 1530, fut fiancée, en 1483, au Dauphin, depuis Charles VIII, qui la renvoya à son père en 1491 pour épouser Anne de Bretagne: en 1497, à l'infant d'Espagne, fils de Ferdinand et d'Isabelle, qui mourut peu après ; et fut enfin mariée en 1501 à Philibert le Beau, duc de Savoie, qu'elle perdit après quatre ans d'une union heureuse, et à qui elle fit élever un magnifique mausolée (V. BROU). En 1506, elle fût nommée par Maximilien gouvernante des Pays-Bas. Elle assista, en qualité de plénipotentiaire, aux conférences de Cambrai, et conclut le traité de paix de 1508 avec le cardinal d'Amboise; ce qui ne l'empêcha pas en 1515 de déterminer le roi d'Angleterre à entrer dans une nouvelle ligue contre la France. En 1529, elle conclut avec la duchesse d'An-goulême, Louise de Savoie, le traité de Cambrai, dit paix des Dames, traité fort avantageux à l'Autriche. Pendant son administration, l'agriculture et les arts firent des progrès remarquables dans les Pays-Bas. Cette princesse avait l'esprit cultivé : elle a laissé un Discours de sa vie et de ses infortunes, et des Chansons, restées inédites.
*MARGUERITE DE PARME, duchesse de Florence, de Parme et de Plaisance, puis gouvernante des Pays-Bas, était fille naturelle de Charles-Quint, et petite-nièce de Mdrgueiite d'Autriche. Elle épousa Alexandre de Médicis, duc de Florence, et après sa mort, Octave Farnèse, petit-fils du pape Paul III, et duc de Parme et de Plaisance (1538). Nommée par Philippe II gouvernante des Pays-Bas (1559), elle montra beaucoup de prudence, prit Granvelle pour ministre, et tâcha de ramener les insurgés parla douceur; mais elle fut au bout de peu de temps (1567) remplacée par le duc d'Albe, dont les cruautés la firent vivement regretter. Elle se retira en Italie où elle mourut en 1586. Elle eut pour fils Alexandre Farnèse, qui fut aussi gouverneur des Pays-Bas.
*MARGUERITE (Ile), île de la mer des Antilles, l'une des Ues-soui-lp-vsar, près de la côte N. du Venezuela, i>?- Gà» 17'long. O., 11° 3'lat. N., est séparé» ia continent j'ar un canal de 20 kil. de large et fait partie du dép. .le l'Orénoque. Elle a 62 k. sur 3b et 12 000 h. ; ch.-i., L'Assomption. Fortification! redoutables. Pêcherie de perles (margarita), d'où le nom de l'île. — Colomb découvrit cette île en 1498. Les Espagnols y fondèrent quelques établissements ; mais les Hollandais les ruinèrent en 1662. Il s'y livra plusieurs combats au commencement de ce siècle dans la guerre de l'Indépendance.
*MARGUERITTES, ch.-l. de cant. (Gard),r à 6 kil. N. E. de Ntmes; 1750 h. Station de chemin de fer.
*MARGUS, ilargab, fleuve de l'Asie ancienne, dans la Margiane, sortait des monts Paropamise, e'. se jetait dans l'Oxus. — Fleuve de Mcesie, sortait du mont Orbelus, et se jetait dans le Danube, à Mar-gum (Passarovitz) : c'est auj. la Morava.
*MARIA (dona). 7. MARIE, reine de Portugal.
*MARIAMNE , princesse juive, fille d'Alexandre, fils du roi Aristobule, et d'Alexandra, fille du grand sacrificateur Hyrcan, fut épousée par Hérode le Grand, qui avait conçu pour elle une violente pas?-sion. Ce prince en avait déjà eu 2 fils, Alexandre et Aristobule, lorsque, dans un accès de jalousie, il la fit mettre à mort sur de faux soupçons (30 av. J.-C.)»'A peine l'ordre était-il exécuté qu'il en éprouva le plus vif regret, et tomba dans- une sorte de délire pendant lequel il croyait encore voir et entendre Ma-riamne. Ce sujet tragique a été mis sur la scène par Hardy, Tristan et Voltaire.
*MARIANA (Juan de), célèbre jésuite, né à Tala-, vera en 1537, mort à Tolède en 1624, à 87 ans, enseigna la théologie à Rome, puis à Paris (1569), et se retira en 1574 à Tolède dans la maison des Jésuites, où il se consacra à la composition de ses ouvrages. Ona de lui : 1° une Histoire à Espagne, qui jouit d'une grande réputation; elle fut d'abord écrite en latin sous ce titre : Historiœ de rébus Hispanix UbriXXX, Tolède, 1592-95; puis l'auteur la mitlui-même en espagnol (elle a été trad. en français par le P. Charenton, 1725) ; 2° un traité célèbre De rege et régis institutione, 1599, où il examine si l'on peut tuer un tyran et où il se décide pour l'affirmative. Après l'assassinat de Henri IV, on prétendit que la lecture de ce traité avait déterminé Ravaillac à com-mettreson crime, et le livre futen conséquence brûlé à Paris en 1610 par arrêt du parlement. Mariana est surtout estimé comme historieu : on l'a surnommé le Tite-Live de l'Espagne : son but est surtout de raconter; il recueille tout sans grande critique, miracles, légendws, contes, traditions; cependant il paraît être franc et impartial. Ses narrations ont de l'intérêt et de la rapidité; sa diction est claire, élégante et vigoureuse. Comme Tite-Live, il a mis des harangues dans la bouche de ses personnages.
*MARIANI MONTES, auj. la Sierra Morena. 1 MARIANNA, v. du Brésil (Minas-Geraës), ch.-I. de prr-v., sur le Libeiro-do-Carmo, à 225 kil. N. de Rio-Janeiro; 7000 hab. Evêché. Mines d'or.
*MARIANNE. 7. MARIAMNE.
*MARIANNES (les lies) ou DES LARRONS, chaîne de 17 lies du Grand-Océan (Polynésie), au N. E. des Philippines, au S. de l'archipel Mounin-Volcanique, par 141°-143° long. E., 12° 30'-20° 13' lat. N. Cet archipel a env. 3110 kil. carrés, et ne compte guères que 6000 hab. (jadis on en comptait 50 000). Climat chaud, mais tempéré par les brises de mer. Arbre à pain, citrons, oranges, cocos, bananes, etc. Les 5 îles les plus mérid. sont seules.habitées : ce sont Guam, Tinian, Saypanou St-Joseph, Agrigan,l'Assomption. — Les compagnons de Magellan découvrirent ces lies en 1521 ; Legaspi en prit possession au nom de Philippe II en 1565. Sous Philippe IV, on les nomma Uariannes en l'honneur de sa femme Marie-Anne d'Autriche , qui y envoya des missionnaires. La cruauté des Espagnols envers les indigènes a presque complètement dépeuplé cet archipel.
*MARIANUM, v. de l'anc. Corse. V. BONITACIO.
*MARIE (Ste), la Sainte Vierge, mère de Jésus-Christ, était issue du sang royal de David et eut pour ^ère Ste Anne. Fiancée vers l'âge de 15 ans à S. Jo-*seph, déjà âgé, elle habita Nazareth avec son époux, qui ne fut que le gardien de sa virginité. Peu après son mariage l'ange Gabriel lui apparut et lui annonça qu'elle concevrait par la vertu du Saint-Esprit, sans cesser d'être vierge ; il lui dit de nommer son fils Je-
 
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sus (c.-à-d. sauveur) : neuf mois après naquit en effet le Sauveur. Marie l'emmena avec elle en* Egypte pour le soustraire à la fureur d'Hérode qu|, inquiet de certaines prophéties, voulait le faire périr, ainsi que tous les nouveau-nés de la Judée. Le danger passé, ellejrevint avec S. Joseph à Nazareth, où elle mena pendant plusieurs années une vie fort retirée. Elle accompagna Jésus pendant ses prédications et futprésente à son crucifiement. Marie est honorée, comme mère de Dieu, d'un culte particulier, et invoquée comme intercédant d'une manière toute-puissante auprès de son fils. L'Église fête les principaux événements de sa vie : le 8 déc, sa Conception immaculée dans le sein de Ste Anne; le 8sept., saATatrétté; le21 nov., saPrê"-sentation au temple; le 25 mars, l'Annonciation; le 2 juillet, la Visitation ; le 2 fév., laP.trï/M.atiojt ; enfin le 15 août, IMssomptt'oti, c.-à-d. son élévation au ciel. En outre le mois de mai lui est particulièrement consacré sous le nom de Mois de Marie.
*MARIE de Béthanie, sœur de Marthe et de Lazare, se fit remarquer de Jésus par sa foi et son dévouement : c'est à sa prière qu'il ressuscita Lazare; c'est elle aussi qui six jours avant la Pâque versa sur les pieds de Jésus un parfum précieux et les essuya de sa chevelure. On la fête le 17 déc, avec Ste Marthe.
*MARIE L'EGYPTIENNE (Ste), femme d'Egypte qui, après avoir mené la vie la plus dissolue à Alexandrie, se convertit miraculeusement à Jérusalem pendant la fête de l'exaltation de la Croix, et alla vivre dans le désert, s'imposant les plus dures privations; elle y mourut vers 421. On l'hon. le 9 avril.
*MARIE MADELEINE. V. MADELEINE.
Reines et princesses de France.
*MARIE DE BRABAKT, fille de Henri IH, duc de Bra-bant, née vers 1260, épousa en 1274 Philippe le Hardi, roi de France. Deux ans après, elle fut accusée par Labrosse, favori du roi, d'avoir empoisonné l'aîné des fils que Philippe avait eus d'une 1" femme; elle eût été condamnée à mort si son frère Jean de Brabant n'eût envoyé un chevalier qui défendit son innocence les armes à la main : l'accusateur, n'ayant pu soutenirsa calomnie, fut pendu. Elle survécut 36 ans à Philippe III, et mourut en 1321. Ancelot a composé un poème en 6 chants sur ifan'e de Brabant, 1825.
*MARIE D'ANGLETERRE, fille de Henri VII, roi d'Angleterre, née en 1497, épousa en 1514, à peine âgée de 17 ans, le roi de France Louis XII, qui en avait alors 52. Devenue veuve dès l'année suivante, elle s'unit peu après au duc'de Suffolk, son amant, qui l'avai' suivie en France comme ambassadeur. Elle en eut une fille, qui fut la mère de Jeanne Grey.
*MARIE DE MEDICIS, fille du grand-duc de Toscane François I etdeJeanne, archiduchesse d'Autriche,née à Florence en 1573, était d'une beauté remarquable. Elle épousaHenrilV enl600etfutmèrede LouisXIII. D'un caractère altier et opiniâtre, elle fit le malheur de son époux et fut soupçonnée de n'avoir pas été étrangère au crime qui abrégea sa vie. Nommée régente après la mort de Henri IV, 1610, elle ne s'occupa qu'à détruire l'ouvrage de ce grand roi, donna sa confiance à d'indignes favoris, surtout à Concini, qu'elle prit pour principal ministre, et se rendit tel-lementodieuse à sonpropre fils que celui-ci fut obligé de l'éloigner de la cour dès qu'il fut majeur, 1617. Elle prit les armes contre lui, mais fut vaincue au Pont-de-Cé, 1620; malgré un raccommodement momentané, ménagé par Richelieu, qui était alors son conseil (1620), e"e fut quelques années plus tard, après la Journée des Dupes (1630), reléguée par Richelieu lui-même à Compiègne, et enfin réduite à quitter la France (1631). Elle passa le reste de sa vie dans l'exil, séjournant successivement àBruxelles, à Londres, et enfin à Cologne; elle mourut dans cette dernière ville en 1642, après avoir en vain, sollicité de rentrer en France. On a dit, mais à tort, qu'eEe avait été laissée dans le dénûment. Marie de Médicis aimait les arts ; elle protégea particulièrement Phi-

lippe de Champagne et Rubens;on lui doit une belle collection des tableaux de Rubens; elle fit construira le palais du Luxembourg, le Cours-la-Reine (qui fait auj. partie des Champs-Elysées), l'aqueduc d'Arcueil. On. peut consulter sur cette reine : l'Histoire de la mère et du fils, Amsterdam, 1730, ouvrage :qui porte le nom de Mézeray, mais qui est probablement de Richelieu lui-même, et la Vie de Marie de Médicis, par Mme d'Arconville, 1774.
*MARIE-THERESB B'AuïRicHE.-fille de Philippe IV, roi d'Espagne, née en 1638, épousa Louis XIV en 1660, et mourut en 1683. Elle se fit remarquer par sa douceur ainsi que par sa piété, et supporta sansmurmu-rer les nombreuses infidélités du roi.Bossuetet Flé-chier ont pronongé son oraison funèbre. C'est pour réclamer sa dot que Louis XIV fit la conquête de la Flandre et de la Franche-Comté. V. DEVOLUTION.
*MARIE LECZINSKA, fille de Stanislas, roi de Pologne, née en 1703, épousa en 1725 Louis XV, auquel elle donna dix enfants, et mourut en 1768. Son père était dépouillé de son royaume et dans la détresse lorsqu'eux lieu ce mariage inespéré. Elle eut beaucoup à souffrir des infidélités de son mari et de l'orgueil de ses indignes maltresses; en outre, elle eut la douleur de voir mourir la plupart de ses enfants.
*MARIE-ANTOINETTE D'AUTRICHE, fille de l'empereur
François I et de Marie-Thérèse, née en 1755, épousa
en 1770 LouîsXVI, alors duc de Berry et Dauphin de
France. Les fêtes de ce mariage furent troublées par
de graves accidents qui semblaient être de funestes
présages. A peine montée sur le trône (1774), cette
princesse, à laquelle on pouvait tout au plus repro
cher un peu de légèreté, trop de fierté et âe la pro
digalité, fut en butte à toutes sortes d'attaques; la
malheureuse affaire du Collier, k laquelle elle fut
mêlée sans le savoir (V. ROHAN etLAMoiTE), vint en
core la compromettre flans l'opinionpublique (1785).
Elle devint, au moment de la Révolution, l'objet de
violentes 'préventions à" cause de ses liaisons avec les
ennemis des nouvelles institutions. Marie-Antoinette
voulut partager tous les malheurs de son époux : elle
se vit comme lui insultée et menacée aux 5 et 6 oct.
1789; l'accompagna dans sa fuite et fut ramenée à
Paris avec lui après l'arrestation de Varennés (1791) fut renfermée au Temple, puis transfer.eeS la Con
ciergerie, après avoir été séparée de ses enfants;eut à subir pendant sa captivité les plus indignes traite
ments et se vit enfin condamnée à mort, sous les imputations les plus infâmes et les plus calomnieuses;
elle monta surTéchafaad le 16 oct. 1793. Celte prin- cesse supporta ses malheurs avec une héroïque rési- =
gnation, que la religion seule pouvait inspirer; sa condamnation est l'opprobre de la Révolution fran
çaise. La Vie de Marie-Antoinette a été écrite par MM. de Goncour, de Viel-Castel et de Lescure;
M. Feuillet de Conches a publié sa Correspondance et celle de Louis XVI, 4 vol. in-8, 1865.	_
*MARIE-LOUISE, impératrice de France, née en 1791, morte en 1847, était fillede FrançoisI,empereur d'Au-      : triche, et fut épousée en 1810 parl'empereur Napoléon, qui avait fait de ce mariage une condition de la paix avec l'Autriche. Elle fut reçue en France avec     = enthousiasme, donna le jour l'année suivante à un fils, qui fut salué en naissant du titré de roi de Rome (V. REICHSTADT) , fut pendant les campagnes de 1812, 1813 etl 814,rëgente dsl'Empire.mais n'en eut jamais     __ que le nom; abandonna Pans à l'approche des alliés sans rien tenter pour sauver l'Empereur et le pays ; se laissa sans murmura, après l'abdication de Napo-     ~_ léon, éloigner de lui et séparer de son fils,protesta .même publiquement contre le retour de Napoléon en    ~ 1815 et reçut du Congrès de Vienne, pour prix de sa     — docilité, le duché de Parme, àtître depossession via-,  ^ gère. Elle passa le reste de ses jours dans ce duché,     _ vivant avec le comte de Neipperg, général autrichien,    -qui lui avait été donné par la cour de Vienne pour
ministre, et dont elle eut trois enfants. Femme nulle,    Marie-Louise fut également au-dessous de sa prospérite et de son infortune : elle ne sut être ni impératrice, ni veuve, ni mère.

 MARI —  1189 — MARI

*MARIE (la princesse) d'Orléans. T. ORLEANS. Princesses étrangères.
*MARIE DE BOURGOGNE , fille unique de Charles le Téméraire,duc de Bourgogne, née à Bruxelles en 1457, morte à Bruges en 1482, n'était âgée que de 21 ans lorsqu'elle hérita des vastes Etats de son père. Exposée aux attaques de Louis XI et aux révoltes de ses propres sujets, elle chercha un époux qui pût lui servir de protecteur, et choisit en 1477 l'archiduc Maxi-milien, fils de l'empereur Frédéric III. Cette union fitpàsser dans la maison d'Autriche les Etats des ducs de Bourgogne, et établit ainsi entre cette maison et la France une rivalité qui dura plusieurs siècles. Gaillard a écrit VHist. de Marie de Bourgogne, 1759.
*MARIE n'AUTRiCHE, petite-fille de Marie de Bourgogne, née à Bruxelles en 1503, morte en 1558, était fille de l'archiduc Philippe le Beau et soeur de Charles-Quint. Elle épousa en 1521 Louis II, roi de Hongrie et de Bohême, quifuttuéàla bataille de Mohacz en 1526. En 1531 Charles-Quint lui confia le commandement des Pays-Bas ; elle l'exerça pendant 15 ans avec une fermeté au-dessus de son sexe. Elle fonda en 1542 la ville de Marienbourg.
*MARIE i TUDOR, reine d'Angleterre, née en 1516,de Henri VIII et de Catherine d'Aragon, avait été élevée loin du trÔne,dans une sorte d'exil. A la mort de son frère Edouard VI, 1553, Jeanne Grey, voulut, à l'instigation du duc de Northumberland, lui disputer la couronne, mais elle trouva peu de partisans et tomba entre les mains de sa rivale, qui lui fit trancher la tête. Marie rétablit en Angleterre le Catholicisme, poursuivit les Réformateurs et en fit périr un grand nombre sur les échafauds et les bûchers, ce qui l'a fait surnommer Marie la Sanglante. Elle avait épousé en 1554 Philippe II, fils - de Charles-Quint ; mais elle fut délaissée par ce prince dès qu'il fut monté sur le trône d'Espagne. La perte de Calais, reprise par la France en 1558, lui porta le coup mortel,; elle mourut la même année, sans laisser d'enfants.
*MARIE il, reine d'Angleterre, fille aînée de JacquesII et de sa première femme, Anne Hyde, née en 1662, épousa à l'âge de 15 ans le prince d'Orange, depuis Guillaume III, etluimontra un tel dévouement qu'eEe apprit avec des transports de joie la chute de son propre père, que son époux venait remplacer sur le trône (1688). Fille d'un père catholique, elle fut protestante fanatique. Elle mourut de la petite vérole en 1695.
*MARIE DE LORRAINE, reine d'Ecosse, fille de Claude, duc de Guise, née en 1515, fut mariée en 1534 à Louis II d'Orléans, duc de Longueville, qui mourut après trois ans de mariage; elle épousa en 1538 le roi d'Ecosse Jacques V, devint mère de Marie Stuart, et resta veuve dès 1542. Nommée régente duroy. pendant la minorité de Marie Stuart, elle se laissa dominer par les Guise, ses frè res, combattit sur leur conseil les progrès de la Réforme et ordonna des supplices qui irritèrent vivement la nation. Elle mourut en 1560, au moment où le pouvoir allait lui échapper. . MARIE STUART, reine d'Ecosse et de France, fille de Jacques V, roi d'Ecosse, et de Marie de Lorraine, naquit en 1542, perdit son père huit jours après sa naissance, et fut aussitôt reconnue reine sous la tutelle de sa mère, Marie de Lorraine. Elle épousa en 1558 le Dauphin de France, qui l'année suivante devint roi sous le nom de François II. Veuve de ce prince après dix-huit mois de mariage, elle retourna, quoique à regret, en Ecosse. Son attachement à la religion catholique souleva contre elle ses nouveaux sujets, qui avaient embrassé la Réforme avec fanatisme. Pensant se rendre populaire en épousant un Écossais, elle donna sa main, en 1565,. au jeune Henri Darnley, son cousin, qui n'avait pour lui que sa beauté; mais cette union ne fut pas heureuse : H. Darnley, jaloux d'un Italien nommé David Rizzio, secrétaire et confident de la reine, le fit assassiner sous les yeux mêmes de Marie. Ce prince périt lui-même peu après (1567), d'une manière tragique, et l'on soupçonna Marie Stuart de n'être pas étrangère. à sa mort : ce qui confirma ce soupçon, c'est que, trois mois apris la catastrophe, elle épousa celui-là même qu'on accusait d'avoir consommé le meurtre de Darnley, le comte de 801117/611. Les Ecossais, soulevés par Murray, son frère naturel, s'arment alors contre elle, s'emparent de sa personne, l'enferment au château de Loch-Leven et veulent la forcer d'abdiquer et d'abjurer la religion catholique. Elle parvient à s'échapper de sa prison, et se réfugie en Angleterre (1568), espérant trouver protection auprès de la reine Elisabeth, sa cousine. Mais cette princesse, ' dont elle s'était fait une ennemie jurée en prenant après la mort de Marie Tudor le titre de Reine d'Angleterre, et qui d'ailleurs était jalouse de sa beauté, la jeta dans une étroite prison, et la retint captive durant 18 ans. Plusieurs tentatives furent faites pour la délivrer, notamment par Norfolk (7. Th. HOWAHD, 4' duc de Norfolk); mais toutes échouèrent. Une conspiration ayant été ourdie contre Elisabeth (Y. BA-BINGTON), l'artificieuse reine saisit ce prétexte pour accuser Marie d'avoir trempé dans le complot, et la fit condamner à mort (1587). Elle subit le supplice avec une héroïque résignation, en protestant de son innocence. Marie Stuart passait pour la plus belle femme de son temps; elle avait en même temps l'esprit très-cultivé : on a conservé d'elle quelques poésies pleines de grâce et de sensibilité (cependant les célèbres Adieux à la France qu'on lui attribue lie sont pas d'elle, mais de Querldn). La mémoire de cette princesse, qui peut être regardée comme un martyr de la religion'catholique, est chère à toutes les âmes sensibles; toutefois, malgré le vif intérêt qu'elle excite, on ne peut dissimuler qu'elle s'attira par des imprudences et peut-être par un crime la plus grande partie de ses malheurs. Elle eut, du reste, à lutter contre les ennemis les plus redoutables, notamment contre Murray, son frère naturel, qui aspirait au trône, et contre Knox, fougueux réformateur. Bu-chanan a écrit contre elle des libelles diffamatoires. De son mariage avec H vDarnley, Marie avait eu un fils, qui régna depuis sur l'Ecosse sous le nom de Jacques VI et sur l'Angleterre sous celui de Jacques Ier. L'&ist. de Marie Stuart a été écrite par Sévelinges, 1819, et récemment par MM. Dargaud, Mignet et Chéruel. L.Wiesener a publié en 1863 -.MarieStuart et le comte de Bothwell, où la reine est innocentée. Schiller a pria Marie Stuart pour sujet d'une de ses plus belles tragédies, imitéeavecsuccès par P. Lebrun. Des Lettres inédites de Marie Stuart ont été publiées à Paris en 1844 par le prince de Labanoff, et en 1859 par A. Teulet. MARIE-THERESE D'AUTRICHE, impératrice d'Allema-gne et reine de Hongrie, née en 1717, fille de l'empereur Charles VI, épousa en 1736le duc de Lorraine, François. Son père, n'ayant pas d'enfant mâle, lui assura sa succession par l'acte célèbre connu sous le nom de Pragmatique-Sanction ; mais à la mort de ce pri nce, en 1740, il s'éleva plusieurs compétiteurs, et Marie-Thérèse se vit attaquée de tous Côtés : le roi de Prusse, Frédéric II,envahit la Silésie : l'Espagne lui disputa ses Etats d'Italie; enfin l'électeur de Bavière, soutenu par la France, lui enleva une partie de ses possessions sur le Rhin, et se fit couronner empereur sous le nom de Charles VII. Marie-Thérèse tint tête à tous ses ennemis ; obligée de quitter Vienne elle se réfugia en Hongrie, rassembla les nobles de ce pays, leur présenta son fils au berceau, et les intéressa si vivement à sa cause, que tous d'une commune voix s'écrièrent : Moriamurpro rege nostro Ma-ria-Theresa. Secourue par l'Angleterre, elle battit l'électeur de Bavière à Dettingen en 1743 ; ce prince étant mort en 1745, elle rentra dans toutes ses possessions, et parvint à faire élire empereur son mari, qui fut couronné sous le nom de François I. Une paix générale fut signée à Aix-la-Chapelle en 1748, et Marie-Thérèse put s'occuper de réparer les maux de la guerre. Elle protégea les arts et le commerce, et fonda des universités. Son règne ne fut plus guère troublé que par une nouvelle lutte avec Ta Prusse, connue sous le nom de guerre de Sept ans (1756-63) ; elle eut cette foisla France pour alliée, mâiselleu'en fut pas moins forcée de céder la Silésie à Frédéric II parle traité d'Hubertsbourg. Marie-Thérèse eut part en 1772, avec l'impératrice de Russie et le roi de PrussB, à l'inique partage de la Pologne : elle y obtint la Gallicie et la Lodomirie. Elle mourut en 1780, et eutpour successeur l'aînéde ses fils, Joseph II, qu'elle avait fait couronnerempereur dès 1765. Marie-Thérèse fut une grande princesse, pleine d'énergie et d'amour pour ses sujets : ses peuples lui décernèrent le glorieux titre deifâre de la patrie. Outre Joseph II, elle eut entre autres enfants : Léopold, grand-duc de Toscane; Ferdinand, duc de Modène; Marie-Antoinette, reine de France, et Marie-Caroline, reine de Naples. — Onconnaîtsous lenom d'Ordre militaire deMarie-Tlièrèse un ordre institué en 1757 par cette impératrice en mémoire de la victoire remportée cette même année par ses troupes sur les Prussiens à Kollin. Il admet tous les braves sans distinction de naissance. La décoration est une croix d'or pattée, avec un médaillon rouge entouré du mot Fortitudini; au revers est une couronne de laurier avec le chiffre de Marie-Thérèse. Le ruban est blanc et rouge.

 MARI	— 1190 —	MARI

*MARIE DE MOLINA, reine de Castille et de Léon, fille d'Alphonse de Molina, issu du sang royal, épousa en 1282 Sanche IV, son cousin germa.n, fut nommée en W95 récente de Castille pendant la minorité de son fils Ferdinand IV, et gouverna avec sagesse. Nommée de nouveau régente en 1312, à la mort decefils, elle résigna l'autorité pour prévenir des discordes,et mourut respectée en 1322.
*HARIE-LOUISE, reine d'Espagne, fille de Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, et d'Henriette d'Angleterre, née en 1662, fut mariée malgré elle, en 1679, à. Charles H, roi d'Espagne , et mourut en 1689, à peine âgée de 27 ans. St-Simon prétend qu'elle fut empoisonnée par la comtesse de Soïssons, dans du lait à la glace, d'après les suggestions de l'Autriche, qui craignait que l'influence de cette princesse ne fît passer à la France la succession espagnole.
*MABIE-LOUISE, reine d'Espagne, née en 1764, m. en 1819, était fille de Philippe, duc de Parme. Elle épousa en 1765 le prince des Asturies, qui devint roi en 1788 sous le nom de Charles IV. Maîtresse de l'esprit de son faible époux, elle se laissa dominer elle-même par don Godoï (Y. ce nom), et s'aliéna ses sujets et son propre fils. Après l'abdication de Charles IV (1808), abdication qu'elle avait appuyée, elle vécut successivement à Fontainebleau, à Marseille et à Rome, où elle mourut délaissée.
*MARIE-LOUISE, reine d'Etrurie, 3° fille de la préc et de Charles IV, née en 1782, m. en 1824, épousa en 1798 Louis de Bourbon, fils du duc de Parme, qui, en 1801, reçut le royaume d'Etrurie en échange de son duché. Veuve en 1803, dépossédée par les Français en 1807, elle vint partager en France la captivité de son père. En 1814, elle obtint pour son fils le duché de Lucques. Elle a laissé des Mémoires, rédigés en italien, traduits en français par Lemierre d'Argy, 1824, et insérés dans les Mémoiresrélatifs à ioiîeWwtMm. française.
*MAHIE-CAROLINB, reine de Naples, née à Vienne en 1752. fille cadette de l'emp. François I et de Marie Thérèse, mariée en 1768 à Ferdinand I, roi de Naples, domina son faible époux, mais se laissa dominer elle-même par un indigne favori, J. Acton, et par une femme dépravée, lady Hamilton. Elle ne gouverna que d'après l'impulsion de l'Angleterre, fit déclarer la guerre à. la République française, fut forcée par l'invasion des Français de se réfugier 2 fois en Sicile (1799 et 1806), quitta l'île quand les Anglais y eurent établi le gouvt constitutionnel, 1812, et alla mourir à Schoenbrûnn, 1814.
*MARIE i, reine de Portugal, née en 1734, m. en 1816, fut mariée en 1760 à son oncle, qui devint roi sous le nom ie Pierre III, et resta maîtresse de la couronne par la mort de son époux, en 1786} mais en 1790 elle fut atteinte d'aliénation mentale : son fils Jean (VI) gouverna en son nom. En 1807, lors de l'occupation du Portugal par les Français, elle fut emmenée par Jean, VI au Brésil, où elle mourut.
*MARIE n, connue d'abord sous le nom de dona Maria, reine de Portugal, fille de don Pedro Ie',. empereur du Brésil, née à Rio-Janéiro en Î819, m. en 1855. Son père ayant renoncé en sa faveur au royaume de Portugal, 1826, elle fut fiancée à son oncle don Miguel, 1827, déjà régent du royaume; mais celui-ci avait usurpé le trône lorsqu'elle arriva en Europe. Don Pedro revint- du Brésil pour rétablir sa fille : il n'y réussit qu'au bout de 5 années et au prix des plus grands sacrifices. Après l'expulsion de don Miguel (1834), dona Maria fut déclarée majeure, et la Constitution, que don Miguel avait abolie, fut remise en vigueur. Le règne de cette princesse fut troublé à la fois parles intrigues des hommes rétrogrades. partisans de don Miguel, et par l'opposition des libéraux : en 1861, après un mouvement militaire dirigé par le maréchal Saldanha, la Constitution fut modifiée dans un sens démocratique, et la. reine se vit coOrainte à sanctionner cette modification7. Dona Maria avait été mariée en 1835 au duc Auguste de Leuchtenberg. Ce prince étant mort la même" année, elle épousa en 1836 Ferdinand de Saxe-Cobourg Gotha, dont elle eut 7 enfants. L'aîné, né en 1837, lui a succédé en 1855 sous le nom de Pedro V. Personnages divers.
*MARIE DE FRANCE,- femmeyoète du xin' s., née, à ce qu'on croit, en Normandie, vivait en Angleterre. On a d'elle un recueil de fables qu'elle avait intitulé Ysopet (petit Ésope), et quelques contes. Son style est simple et quelquefoi£,élégant, mais inégal. Roquefort a donné ses OEwires, .1832, 2 vol. in-8. Le-grand d'Aussy a mis en français moderne quelques-unes de ses fables, dans son recueil de Fabliaux.
*MARIE D'AGREDA, religieuse, née en 1602 dans la ville d'Agreda (Vieïlle-Castille), d'une famille pieuse du nom de Coronel, m. en 1655, fit ses vœux en 1620 dans le couvent de l'Immaculée-Conception d'Agreda, fondé par sa famille, et devint abbesse de ce couvent en 1627. Elle crut avoir reçu de Dieu et de la Ste Vierge l'ordre d'écrire la vie de la mère de Dieu; elle obéit et publia en 1655 le recueil des visitations dont elle disait avoir été honorée : ce n'est qu'un tissu de visions ridicules et. quelquefois indécentes. Cet écrit, trad. parle P. Th. Crozet, sous ce titre : la Mystique cité de Dieu, histoire aivine de la vie de la très Ste Vierge, 1696, a été condamné par la Sorbonne et censuré à Rome.
*MARIE ALACOQUE. V. AIACOQUÈ.
*MARIE (les Clercs de). F. «AJUSTES.
*MARIE-GALANTE, une des Antilles françaises, qui dépend du gouvt de la Guadeloupe, à 40 Kil. S. de la Grande-Terre : 17 kil. sur 15; 140QD hab.; ch.-l., Grand-Bourg ou Le Marigot; autres lieux : la Capestecre à l'E., le Vieux-Fort au N. O. Hautes falaises à pic sur toutes, les côtes, excepté au S. E.; abords dangereux. Bois:de campêche; café, canne à sucre, coton, cacao; bestiaux, chevaux, mulets. —. Découverte par Christophe Colomb en 1493. Les Français y envoyèrent la I™ colonie. Cette île leur fut longtemps disputée par les Hollandais et les Anglais. Elle a suivi le sort de la Guadeloupe. ,
*MARIENBAD, vge de Bohême, cercle de Pilsen; 400 hab. Sources minérales, salines et acidulés; bains renommés et très-fréquetttés.
*MARIENBERG, v. du roy. de Saxe, à 60. Ml. O. de Dresde; 3000 hab. Tissus de coton. Alix env., mines d'argent et d'étain; fabriques de vitriol; alun.
*MARDENBO0RG, y. murée des Etats prussiens (Prusse propre), cn.-l. de cercle, a. 52 kil. S. E. de Dantzick; 6000 h. Institution de sourds-muets. Cette ville était jadis la résidence des grands maîtres de l'Ordre Teutonique : leur château et leur église (Ste-Marie ) subsistent encore. Elle fut ensuite la capit. d'un palatinat. Prise par Casimir 1Y en 1460, par les' Suédois en 1626 et 1655.
 
 MARI	— 1191 —	MARI

*MARIENBOURO, bourg et anc place forte de Belgique (Namur), à 10 k. S. de Philippeville; 800 h. Bâti en 1542 par Marie d'Autriche, alors gouvernante des Pays-Bas. Pris en 1554 par les Français; rendu en 1559 aux Espagnols ', qui le cédèrent à Louis XIV en 1659. Laissée à la France en 1814, cette place lui fut enlevée en 1815; elle a été démantelée,en 1849.
*MARIENDAL, MARIENTHAL. V. MEHGENTHEIM.
*MARJJENWERDER, v. des États prussiens (Prov. de Prusse), ch.-l. de régence et de cercle, à 60 Iril. S. de Dantzick; 6000 hab. Cour d'appel, école d'arts et métiers; haras. Belle cathédrale, bâtie en 1255; anc château des grands maîtres de l'Ordre Teuto-nique.— La régence de Marienwerder, entre la Po-méranie et la régence de Dantzick au N.,la Prusse orient, à l'E., la Pologne et la Posnanie au S., le Brandebourg â l'O, a 200 k. sur 70, et 500000 hab.
*MARIENZELL (Cellule de'Marie), v. des États autrichiens (Styrie), sur la Salza, à 16 kil. N. E. de Brûck. Belle église, but d'un pèlerinage qui attire plus de 100 000 personnes chaque année. Eaux minérales ; fonderie de canons, de boulets" et de bombes.
*MARIGNAN, Harignano et Melegnano ëta italien, v. du roy. Lombard-Vénitien, sur le Lambro, à 15 k. S. E. de Milan; 4000 hab. Vieux château fort. — Les Guelfes et les Gibelins y conclurent la paix en 1279. François Iy remporta en 1515 sur les Suisses et le duc de' Milan une victoire mémorable, qui dura 2 jours (13 et 14 sept.), et qui est connue sous le nom de bataille des Géants. Le maréchal Baraguey d'Hilliers y battit les Autrichiens le 8 juin 1859.
*MARIGNY, ch.-l. de cant. (Manche), à 12 kil. O. de St-Lô; 500 lab.
*MARIGNY (Enguerrahd de), premier ministre de Philippe le Bel, né en Normandie^ vers 1260, jouit pendant tout le règne de Philippe d'un pouvoir absolu. Ce prince le nomma successivement chambellan, comte de Longueville, châtelain du Louvre, surintendant des finances, premier ministre, et enfin son coadjuteur au gouvernement du royaume. Sa haute fortune excita beaucoup d'envieux, à la tête desquels était le comte de Valois, frère du roi, et, dès que Philippe fut mort, ils l'accusèrent auprès de son fils, Louis le Hutin, d'avoir surchargé le peuple d'impôts et dilapidé les finances. Marigny fut condamné par une commission sans avoir été entendu, et fut pendu en 1315 au gibet de Montfaucon. Il périt victime d'une réaction féodale : les nobles, opprimés par Philippe le Bel, se vengèrent sur le favori du prince. Sa mémoire fut réhabilitée.
*MARIGNY (CARFENTIER de), ardent Frondeur, publia divers pamphlets contre Mazarin. On lui attribue le fameux traité : Tuer un tyran n'est pas un crime, qui parut en 1658.
*MARIGOT (le), b. de la Martinique, sur la côte N. E., à 11 kil. N. O. de la Trinité; 1200 hab. — Bourgs de Marie-Galante ( T. GRANDBO URG) ;_ de la Guadeloupe, de l'île St-Martin (partie française).
*MARILLAC (Charles de), habile négociateur, né en Auvergne en 1510, mort en 1560, était fils du contrôleur général des finances du duc de Bourbon. Il entra dans l'état ecclésiastique et n'en donna pas moins tout son temps aux affaires politiques. Il fut chargé de missions importantes en Turquie, en Angleterre, et fut envoyé à la diète d'Augsbourg en 1552, pour maintenir la bonne intelligence entre l'empereur Ferdinand et le roi de France Henri II. En 1560, à l'assemblée des notables tenue à Fontainebleau , il s'éleva avec force contre les désordres de l'État. Il fut en récompense de ses services nommé maître des requêtes, puis évèque de Vannes et enfin archevêque de Vienne. Il a laissé des Mémoires sur les affaires du temps, qui sont restés manuscrits. Il était lié étroitement avec le chancelier L'Hôpital. MARULAC (Michel de), neveu du préc, né en 1563, fut nommé en 1624 garde des sceaux.par Richelieu, après avoir rempli avec distinction les charges de maître des requêtes, de conseiller d'État et de surintendant des finances. Lorsque Richelieu se brouilla avec Marie de Médicis, il prit parti pour celle-ci. Richelieu ayant ressaisi son autorité à la célèbre journée des Dupes (11 novembre 1630), il se vît .enlever les sceaux, fut impliqué dans le complot ourdi par son frère (V. ci-après), et jeté dans une prison, où il_ mourut en 1632, emportant la réputation d'un magistrat intègre. Michel de Marillae avait fait rendre une belle ordonnance sur l'administration de la justice , rédigée sur les doléances des Etats généraux tenus à Paris en 1614; mais cette ordonnance, qui fut surnommée dérisoirement par. ses ennemisle Code Michau, par corruption de son prénom Michel, resta sans exécution, parce qu'elle froissait les préjugés du temps. On a de lui une traduction de ['Imitation de J. C. (rééditée par S. de Sacy, in-16,1858); il a.mis enrvers les Psaumes.
*HARiLLAC (Louis de), maréchal de France, frère du précédent. Il servit d'abord sous Henri iy., et assista pendant la minorité de Louis XIII au siège de La Rochelle, où il était chargé des travaux de la digue», il fut ensuite nommé commandant de l'armée de Champagne, et enfin maréchal, en 1629. Dévoué, ainsi que son frère, à la reine mère, il entra dans le complot qui avait pour but d'éloigner Richelieu du gouvernement pour y ramener Marie de. Médicis ; Richelieu, ayant déjoué ce .Complot (11 nov. 1630). le fit arrêter à la tête de l'armée qu'il commandait en Piémont, l'accusa de concussion, et le fit condamner à mort et exécuter aussitôt (1632).
*MARILLAC .(Louise de). Y. LEGHAS (Mme).
*MARIN(Le), bourg de la Martinique, ch.-l. d'arr., au S. O., à 25 kil. S. E. de Foft-R.oyal; 30Q0 hab. Bon port. Commerce .actif.   .
*MARIN, philosophe platonicien. V. MARINUS.
*MARIN (S.), ermite, né enDalmatie au rv* siècle, avait d'abord travaillé comme ouvrier à'ia reconstruction du pont de Rimini. Sa piété le fit remarquer de Gaudens, évèque de Brescia, qui l'ordonna diacre. Il se retira sur le mont Titano, près de Rimini, se livrant tout entier à des pratiques de piété. La cellule qu'il avait habitée attira beaucoup de pieux solitaires qui s'établirent auprès : ce fut l'origine de la ville de St-Marin (V. ce nom). On l'honore le 4 sept.
*MARIN (Claude),né à La Ciotat en 1721, m. en 1809, avocat au parlement de Paris, rédacteur de la Gazette de France, puis censeur royal, secrétaire de la direction de la librairie et enfin lieutenant général de l'amirauté, a publié une Bisloire de Saladin, Paris, 1758; l'Histoire de la ville de La Ciotat, 1782;la Bibliothèque du Théâtre-Français^ 1768, faussement attribuée au duc de La VaHièire, et quelques pièces qui eurent peu de succès. Il eut des démêlés avec Beaumarchais, qui se plut à le couvrir de ridicule.
*MARIN (le cavalier). V. MARINI.
*MARINES, ch.-l. de c (Seine-et-Oise), àlg kil. N. O. de Pontoise ; 1350 hab. Ancien château.
*MARINGUES, ch.-l. de c. (Puy-de-Dôme), à 20k. N. O. de Thiers; 4262 hab. .Tanneries.
*MARINI (J.B.), dit le cavalier Marin, poète, né à Naples en 1569, m. en 1625, fut secrétaire du grand amiral de Naples, puis alla à Rome où il se lia avec le Poussin, entra chez le cardinal Aldobrandini, neveu de Clément VIII, et l'accompagna dans son ambassade en Savoie. A Turin, le poète Murtola, contre lequel il avait lancé quelques traits satiriques, tira sur lui, pour se venger, un coup de pistolet ; mais il ne fut pas atteint. Il fut en 1615 appelé en France par Marie de Médicis, qui lui fit une pension. Il publia à Paris son poëme d'Adonis qui eut un grand succès lors de son apparition. Il passa ses dernières années à Naples. Ce poète, qui rappelle Ovide, a de l'imagination, une versification facile et harmonieuse, mais il a une manière recherchée, il abuse de l'esprit et prodigue les concetti, en outre, ses poésies sont souvent licencieuses. Ses principaux ouvrages sont : Rime I amnrase, 1602 ; l'Idone, en 20 chants, 1623 ; la Mur-toUide (sonnets contre Murtola), 1626; Strage degli Innocenli, 1633.
 
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*MARINI (Gaétan), antiquaire, né en 1740, à Sant' Arcangelo de Romagne, m. en 1815, embrassa l'état ecclésiastique, se rendit à Rome en 1764, et devint préfet des archives du St-Siége. On a de lui : Inscri-siotvi antiche délie ville e de' palaggiÂlbani, 1785; GU atti e monumenti de' fratelîi Arvali, 1795 ; Papiri diplomaties descritti ed illustrait, 1805: c'est un riche recueil de Papyrus. Son ouvrage De' fratelîi ^r»oKestune œuvre capitale, regardée comme classique pour cette branche de l'archéologie. Ce savant était correspondant de l'Institut.
*MARINO FALIERO. F. FALIEHO.
*MARINUS. philosophe platonicien du y'siècle, né en Syrie, étudia à Athènes sous Proclus, lui succéda en 485, et mourut dans un âge peu avancé. Il avaij composé des Commentaires sur le Traité de Vâme (d'Aristote), sur le3 Dialogues de Platon, etc. : mais de tous ces écrits, il ne nous est parvenu que la Vie de Proclus, publiée par J. Alb. Fabricius, avec version lat. et notes, Hambourg, 1700, et par M. Bois-sonade, Leips., 1814, et réimpr. dans la collection Didot, à la suite du Diogène-Laërce.
*MARION DELORME. V. DELORME.
*MAKIOTTE (Edme), physicien distingué, membre de l'Académie des sciences, né en Bourgogne vers 1620, m. en 1684, a confirmé par ses expériences la théorie du mouvement des corps de Galilée, et a surtout avancé l'hydrostatique et la théorie de la vision. On lui doit la loi qui consiste en ce que le volume d'une masse de gaz à une température constante varie en raison inverse de la pression qu'elle supporte. Le Recueil de ses ouvrages a paru à La Haye, 1740, 2 tomes in-4. Son Traité du mouvement des eaux a été publié par La Hire, Paris, 1786. Ma-riotte était prêtre et possédait le prieuré de Saint -Martin-sous-Beaune.
*MARIPOSA, riv. aurifère de la Californie, sort de la Sierra-Nevada et se jette dans le San-Joaquim par la riv. dr. ;elle donne son nom à un comté où se trouvent de riches placers, ainsi qu'au ch.-l. du comté.
*MARIQUITA,v. de laNouv.-Grenade, à 105 k. N.O. de Bogota; elle a été le ch.-I. de la prov. de Mari-quita, dans le dép. de Condinamarca.— Cette prov., au S. de celle d'Antioquia, a 225 k. sur 100 et 80 000 h. Son ch.-l. actuel est Honda.
*MARISTESou CLERCS DE MARm, congrégation religieuse fondée en 1818 à Bordeaux par l'abbé Chemi-nade, docteur de Sorbonne, et autorisée en 1825, a pour but de donner à la jeunesse une éducation chrétienne. Elle se compose de prêtres et de laïques qui n'ont aucun costume particulier et qui vivent de la vie commune. Elle est répandue en France, en Suisse, en Allemagne, aux États-Unis ; le siège de l'administration est à Bordeaux. Elle possède à Paris le collège Stanislas, et dirige un grand nombre d'institutions, d'écoles primaires, d'écoles industrielles et des fermes-modèles. A la différence des Frères des Ecoles chrétiennes, les Frères Maristes peuvent aller seuls et recevoir des rétributions.
*MAR1TZA (la), VHèbre, riv. de la Turquie d'Europe (Roumélie), naît dans le versant N. E. duDespoto-Dagn, à 26 kil. O. du Kustendji, coule àl'E., puis, au S;, arrose Philippopoli, Andrinople, où elle devient na-vigable,puis Demotica, et tombe dans l'Archipel après un cours d'env. 380 kil. V. HEBRE.
*MARIUS (Caïus), général romain, né vers l'an 153 av. J.-C. près d'Arpinum, d'une famille plébéienne et obscure, se distingua au siège de Numance (134), fut élu tribun du peuple par l'appui de Métellus (119), puis préteur (116), et accompagna Métellus envoyé en Afrique contre Jugurtha. Il se fit bientôt un parti dans l'armée, chercha à rendre odieux Métellus, qui avait été son bienfaiteur, et se fit charger à sa place de la conduite de la gue>,',e -ie Numidie avec le t<tre de consul (107 av. J.-C) : il eut Sylla pour questeur dans cette expédition. La personne de Jugurtha ayant été livrée par Bocchus, il mit ainsi fin à là guerre (106). Devenu l'idole du .peuple, Marius fut nommé consul cinq annéesdesuite. Il taillaen pièces, l'an 102, auprès A'Aqux Sextiss, les Teutons, qui allaient envahir l'Italie, puis iïextermina les Cimbres à Verceil (101). De retour à Rome, Marius* soutint d'abord Sa-turninus (100),puis, voyant le parti populaire vaincu, il se retira en Asie. Chargé, dans la Guerre sociale (90-88), d'agir conjointement avec Sylla, il ne tarda pas à entrer en lutte avec ce général. En 88, il se fit décerner par le peuple la direction de la guerre contre Mithridate, quele Sénatavaitdéjà confiée à Sylla ; mais celui-ci marcha sur Rome, et en chassa Marius, qui se vil réduit à se cacher dans les marais de Min-turnes. Découvert dans sa retraite, il fut jeté dans les prisons de la ville ; on raconte que l'on envoya un esclave cimbre pour.le tuer, que Marins, le voyant approcher, lui cria : « Malheureux, oseras-tu bien tuer Marius ? J> et que l'esclave épouvanté laissa tomber son arme et s'enfuit. Marius, rendu à la liberté, s'enfuit en Afrique, où il erra quelque temps sur les ruines de Carthage. Ayant appris que Cinna tentait à Rome une révolution, en sa faveur, il revint en Italie (87) avec 1000 hommes seulement. Il vit bientôt grossir sa troupe, entra dans Rome, malgré la résistance du Sénat, s'y fit nommer cohsul pour la V fois, et assouvit sa vengeance par les plus cruelles proscriptions (86 av. J.-C); mais environ quinze jours après son retour, il mourut d'un excès de vin. Quelques historiens pensent que, déchiré par ses remords, il s'ôta lui-même la vie. Marius dut toute sa puissance au parti démocratique, dont il était le chef et le représentant. Comme général, il dut surtout ses succès à son habileté dans la taçjfiiue; il introduisit dans la légion d'importantes réformes. La Vie de Marius a été écrite par Plutarque. M. Arnault a donné une tragédie de Marius à Èiniurnes. —^ Marius laissait un fils adoptifj leJeuneMarius, qui partagea sa fortune, et qui, après sa mort, se fit nommer consul avec Carbon, l'an 82av. J.-C II renouvela la guerre contre Sylla ; mais, battu à Préneste, il se fit tuer da désespoir. Il était aussi beau que brave.
*MARIVAUX (P.CARLET DECHAMBLAIN de),éCrïVain,
né à Paris en 1688, m. en 1763, était fils du directeur de la monnaie de Riom. Admis de bonne heure dans la société la plus brillante de Paris, il s'y fit remarquer comme betesprit.il travailla surtoutpourla scène, et donna, soitau Théâtre-Italien, soit ail Théâtre-Français (1720 à 1746),.un grand nombre de comédies qui eurent pour la plupart du succès; les plus connues sont : la Surprise de l'Amour (ildonna deux pièces sous ce titre, l'une aux Italiens, 1722, l'autre aux Français, 1727), les Jeux de l'amour et du hasard, 1730; le Legs, 1736; les Fausses confidences, 1736; l'Épreuve nouvelle. 1740. On a aussi de lui plusieurs romans : le Don Quichotte moderne, Marianne, le Paysan parvenu, où l'on trouve trop souvent des peintures offensantes pour les mceurs.Marivauxest un écrivain spirituel, déIicat,originaI ; ses écrits prouvent une étude profonde du cœur humain et surtout du ca-ractèrede la femme; mais son analyse est trop subtile ; il tombe souvent dans une métaphysique aJambiquée pour laquelle on a créé le nom de marivaudage. Il fut reçu à l'Académie française en 1743. Ses OËuvres ont été réunies en 12 vol, in-8, Paris, 1781; Duvic-quet en a donné une édition nouvelle, avec notice biographique et littéraire, 1826-30,10 vol. in-8.
*MARKLAND (Jérémie), philologue anglais, né en 1693, mort en 1776, a publié de bonnes éditions des Silves de Stace, Londres, 1728, des Suppliantes d'Eschyle et des deux Iphigémes d'Euripide,1771. On a aussi de liii des Remarques sur les Lettres de Ci-céron à Brutus et de Érutus à Cicérnn, 1745, dans lesquelles il conteste l'authenticité de ces lettres.
*MARLBOROUGH (John CHURCHILL, duc de), générai anglais, né en 1650 à Ash dans le Devohshire, fit son apprentissage sous Condé et Turenne, dans un corps d'armée anglais que le roi d'Angleterre Charles II avait fourni à Louis XIV en Flandre, et se signala aux sièges de Nimègue et de Maëstricht. A l'avènement de Jacques II, Churchill, qui avait eu ce prince pour premier protecteur, fut comblé d'honneurs. Cependant on le vit un des premiers abandonner sa cause lors de la révolution de 1688. Mis par Guillaume III à la tête de l'armée anglaise en 1689, il obtint des succès en Irlande; mais il se vit rappelé dès 1691 et fut tout à coup disgracié, par suite , dit-on, de la découverte d'une correspondance secrète avec le roi déchu; il ne rentra en faveur qu'après la mort de la reine Marie. En 1702, dans la guerre de la succession d'Espagne, il fut nommé par la reine Anne, qui venait de succéder à Guillaume, généralissime des troupes unies de l'Angleterre et de la Hollande contre la France : il força les Français à évacuer la Gueldre espagnole : à son retour, îl fut créé duc de Marlborough. En 1704 il envahit la Bavière, battit l'électeur à Schel-lenberg, incendia plus de 300 villes de ses Etats, et remporta de concert avec le prince Eugène, la célèbre victoire de Hochstett (ou Blenheim), sur le général français Tallart et l'électeur de Bavière. Dans les années suivantes, il défit Villeroi à Ramillies, 1706, Vendôme à Oudenarde, 1708, et enfin Villars à Malplaquet, 1709. Mais ce fut là le terme de ses succès. Il tomba peu après (1712) dans une disgrâce complète auprès de la reine Anne : on l'accusait de se plaire à prolonger une guerre dont la fin était également désirée par les vainqueurs et par les vaincus, et même de s'être rendu coupable de péculat. En 1714, George I en montant sur le trône, le réintégra dans toutes ses dignités, mais il profita peu de cette nouvelle faveur, ayant été dès 1716 frappé d'apoplexie. Il mourut en 1722. Marlborough eut les qualités guerrières de Condé et de Turenne, mais asm leurs vertus; il ternit sa gloire, au début de sa carrière, par son ingratitude envers Jacques II, et depuis par une ambition excessive et par son avidité, qui lui fit commettre de nombreuses déprédations. Il a été publié des Mémoires du due de Marlborough, par W. Coxe, 3 vol. in-4, avec portraits, cartes et plans. Londres, 1818 (en anglais). Il existe en outre une Histoire du dur. de Marlborough, par Ledhyard, traduite en français sur l'ordre de Napoléon I", par Dutems et Madgett, Paris, 1806. — La femme du duc de Marlborough jouit longtemps d'un très-grand crédit auprès de la reine Anne ; mais elle finit par se rendre odieuse à cette princesse par son caractère hautain et impérieux, et partagea la disgrâce du duc 
*MARLE, MALE ou MALAIN, ch.-l. de c (Aisne), à 23 kil. N. E. de Laon; 1500 hab. A eu jadis les titres de seigneurie, puis de comté. Ce comté appartint aux maisons de Couoy, de Bar, de St-Pol, de Luxembourg, de Bourbon et de Mazarin.

 MARL —-  1193 — MA.RM

*MARLIANI (Barthélemi), antiquaire, né à Milan vers 1480, mort vers 1560, a laissé : Romee topo-graphia, Lyon, 1534; Consulum, dictalorum, censo-rumque Bomanorum séries quse marmoribus sculpta in Foro reperta est, Rome, 1549; In annales consulum et triumphos commentaria, 1560, tous ouvrages estimés.
*MARLOTVE (Christophe), poète dramatique anglais, né en 1562, se livra au désordre et périt à 30 ans, assassiné par un rival. Il a fait 6 tragédies, dont les meilleures sont Faust (trad. par F.V. Hugo, 1860), Edouard 11 et le Grand Tamerlan (1586), la lro pièce en vers blancs qui ait paru sur la scène. Il a traduit du grec l'Enlèvement d'Hélène de Colu-thus, i'Héro et Le'andre de Musée, et du latin quelques Élégies d'Ovide et le I" livre de la Pharsale. Ses Œuvres ont été recueillies à Londres, 1826.
*MARLY , dit aussi Marly-le-Roi , Marly-la-Ma-chine, ch.-l. decant. (Seine-et-Oise), sur la r. g. de la Seine, à 7 kil. N. de Versailles et à 18 kil. O. de l'àris; 1200 hab. Filature de coton, draps, produits chimiques. Jadis superbe château royal, détruit pen» ; dant la Révolution. On voyait à Marly une fameuse ; machine hydraulique, composée de 14 roues, qui ? élevait l'eau à une hauteur de 162* pour la conduire à Versailles et qui avait été construite sous Louis XIV par Rennequin-Sualem (de 1675 à 1682). Cette machine était depuis longtemps hors de service, lorsqu'on l'a remplacée, en 1826, par une machine à vapeur, qui elle-même a cédé la place en 1859 à une nouvelle machine plus puissante.
*MARMANDE , ch.-l. d'arr. (Lot-et-Garonne), à 57 kil. N. O. d'Agen; 5500 hab. Trib. de 1™ .instance et de commerce, collège, bibliothèque. Fabriques d'étoffes de laine, toile, cordages, chapeaux; esprits, eau-de-vie^ pruneaux, prunes confites. — Ville trés-ancienne, .déjà considérable au viir3 siècle; elle fut alors détruite parles Sarrasins; reconstruite en 1185 par, Richard Cœur'de Lion, elle fut prise sur les Albigeois et ravagée en 1219 par Amaury de Mont-fort. Assiégée vainement par Henri de Navarre en 1577 et par Condé en 1652.
*MARMARA (Mer de), Propontis, petite mer située entre la Méditerranée et la mer Noire, est unie à celle-ci par le détroit de Constantinople et à l'Archipel par celui des Dardanelles; elle n'a que 260 kil. de long sur 85 de large. Elle renferme 4 petites îles et doit son nom à la plus grande, l'île Marmara ou de Marbre (l'anc Proconèse), qui a 25 k. sur 8; elle a pour ch.-l. une ville de Marmara.
*MARMARIQUE, Narmarica, contrée de l'Afrique anc, entre l'Egypte et la Cyrénaîque, était.médiocrement peuplée et peu fertile, mais pourtant avait au i" siècle de notre ère -27' villes ou bourgades, dont 11 près de la côte. Elle répond-à peu près à la partie E. de la régence de Tripoli.
*MARMAROS ou MARMAROSCH, COmitat de Hongrie, jadis dans le cercle au delà de la Theiss, auj. dans celui de Kaschau, est borné au N. et au N. E. parla Galicie, au S. par la Transylvanie, etc.; 200 kil. sur 100; 115000 h.; oh.-l., Szigeth. Il est traversé par les monts Krapacks; on en tire de l'argent, du fer, du cristal de roche Lait diamant de Hongrie!!, et beaucoup de sel.
*MARMELADE , v. d'Haïti (dép. du Nord), ch.-l d'arr., à 40 kil. S. O. du Cap.
*MARMOL (L.), écrivain espagnol, né à Grenade, vers 1520, fit partie de l'expédition de Charles-Quint contre Tunis, fut pris par les Maures, parcourut, pendant sa captivité, une grande partie de l'Afriqua septentrionale, et donna après son retour une curieuse relation de ses voyages, en espagnol, sous ce titre : Description de V Afrique et Histoire des guerres entre les Infidèles et les Chrétiens, 1667; trad. en français par Perrot d'Ablancourt. On lui doit aussi une Hist. de la révolte des Maures de Grenade, 1600. MARMONT (Aug. Fréd. Louis VIESSE de), duc de Raguse, maréchal de France, né en 1774 à Châtil-lon-sur-Seine (Côte-d'Or), d'une famille noble,' m. en 1852, était fils d'un officier distingué. Sous-lieutenant en 1789, il resta au service, se trouva au siège de Toulon , et y connut Bonaparte, qui le prit en affection et l'emmena en Italie comme aide de camp (1796). Il déploya une brillante valeur àLodi,aCastiglione.au combat de St-Georges; fut, après la campagne, nommé colonel et chargé de porter au Directoire les drapeaux prissur l'ennemi; fit partie de l'expédition d'Egypte (1798), eut une part décisive àla prise de Malte, et enleva de sa main le drapeau de l'ordre, ce qui lui valut le grade de général de brigade; se distingua également à l'assaut d'Alexandrie, à la bataille des Pyramides; revint en France avec Bonaparte (1799) et concourut de tout son pouvoir au coup d'État du 18 brumaire; commanda l'artillerie en 1800 au passage du mont St-Bernard, contribua puissamment à la victoire de Marengo, après laquelle il fut fait général de division; coopéra, dans la campagne de 1805, à la prise d'Ulm, occupa la Styrie, puis la Dalmatie, se maintint dans Raguse malgré les attaques des Russes et des Monténégrins, ce qui lui valut letitre de duc de Raguse: administra deux ans la Dalmatie (1808): rejoignit la grande armée la veille de la bataille de Wagram, poursuivit l'ennemi après la victoire, le battit à Znaïm (10 juillet 1809), ce qui contraignit l'archiduc Charles à faire des propositions de paix, et reçut en récompense le bâton de maréchal sur le champ de bataille. Appelé enlSll au commandement de l'armée de Portugal, en remplacement de Masséna, il opéra heureusement sa jonction avec Soult, fit lever le siêgedeBadajoz,etréussit pendant quinze mois à tenir Wellington en échec; mais, atteint d'un coup de canon au début de la funeste bataille des Arapiles (près de Salamanque), il se vit arracher la victoire (22 juillet 1812). Il reparut peu de mois après en Allemagne, quoique à peine guéri de ses blessures ; combattit, en 1813, à la tète du 6* corps à Lutzen, à Bautzen, à Wurschen, à Dresde, àLaip-sick, où il protégea la retraite et fut blessé de nouveau. Marmont joua un des rôles les plus importants pendant la désastreuse campagne de France, en 1814 t il défendit longtemps les bords du Rhin, se trouva au combat de Brienne, couvrit la retraite de l'armée à Rosuay ( Aube), et rejeta l'ennemi au delà de la Voire; détruisit à Champaubert le corps du général russe Alsuviefetfitce général prisonnier;surprit dans Etoges et enleva la division du général Ou-roussof, chassa Blûcher de Meaux, le battit au Gué-à-Trem,près de cette ville, et l'éloigna de Paris; puis marcha en toute hâte à la défense de la capitale, menacée par une autre armée; il livra le 30 mars, avec des troupes décimées et exténuées, une bataille désespérée sur les hauteurs de Chaumont et de Belleville et poursuivit le combat avec un courage héroïque pendant plusieurs heures, même après avoir reçu du roi Joseph l'autorisation de se retirer. Quand toute défense fut devenue impossible, il demanda une suspension d'armes, évacua Paris et se retira en bon ordre avec son corps à Essonne, près de Fontainebleau. Là, reconnaissant l'impossibilité de lutter plus longtemps, il traita avec le gouvernement provisoire et avec les alliés: par ce traité, qu'il conclut sans en avoir reçu mission, il rendit inévitable l'abdication de l'Empereur et se fit accuser de défection ou même de trahison; il tenta cependant, mais en vain, de faire reconnaître le roi de Rome et (a régence. Il fut comblé de faveurs par Louis XVIII, qui le nomma pair de France etmajor général de la garde royale. Chargé en juillet 1830 deréprimerdans Paris le soulèvement excité par les ordonnances de Charles X, il obéit, quoique désapprouvant les mesures pour lesquelles il lui fallait combattre. Après la chute du roi, il accompagna ce prince jusqu'à Cherbourg à la tête d'un détachementde la garde royale. Privé parle nouveau gouvernement de son grade et de ses traitements, il se retira en Autriche, mais sans prendre aucune part aux intrigues politiques, puis visita la Hongrie, la Russie méridionale, la Turquie, et alla terminer ses jours à Venise. Ses restes furent rapportés à Châ-tillon, où de grands honneurs lui furent rendus par la population.— Marmont est compté parmi nos plus braveset nos plus habiles généraux, et,, s'il fût mort aprèsla bataille de Paris, sa gloire serait sans tache; mais les événementsde 1814 et de 1830 ont fait oublier ses services, et son nom est resté tvoué à la haine publique. Cependant il a cherché, dans plusieurs écrits, à justifier sa conduite, et il a protesté en toute occasion de son amour pour son pays; dans son exil, il avait pris pour devise : Patrise totus et ubi-aue. Savant distingué, Marmont était depuis 1816 membre libre de l'Académie des sciences. Il s'est aussi beaucoup occupé d'industrie; il avait créé à Chàtillon des forges importantes : les habitants ont, par reconnaissance, donné son nom à une rue et à une place de leur ville. — Marmont a publié une relation de ses voyages, aussi instructive que bien écrite (Voyage en Hongrie, en Russie, etc., PariSj 1837, 4 vol. in-8) ; on lui doit en outre l'Esprit des institutions militaires (1845), ouvrage estimé. H a laissé des Mémoires, qui ont été publiés de 1856 à 1857, en 9v. in-8 : loin de le réhabiliter, ces Mémoires donnent une idée peu favorable de son. caractère : ils ont soulevé de nombreuses et de vives réclamations. Laurent (de l'Ardèche) en a publié une Réfutation, 1853.

 MARM	— 1194 —	MÀRM

*MARMONTEL (J.ï'rançois), littérateur, néenl723 à Bort, dans le Limousin,- d'une famille pauvre, m. en 1799, était destiné à l'état ecclésiastique, mais il préféraseconsacreraux lettres. II obtint d'abord quelques succès à l'Académie des Jeux floraux, vint en 1745 à Paris, où:il seliaavep Voltaire et les principaux écrivains de l'époque; remporta plusieurs prix à l'Académie française, et fit représenter quelques tragédies, Denys le tyran, 1748; ^irî'stoméne, 1749; Cléopâtre, 1750; Us Héraclides, 1752, qui ne s'élèvent pas au-dessus du médiocre. Il -fournissait en même temps àl'Enq/cïoptfciiedes article» de littérature, et au Mercure des Contes moraux qui donnèrent une très-grande vogue à ce journal. Protégé par Mme de Pompadour, il fut nommé en 1753 secrétaire des bâtiments, et obtint en 1758 le brevet du Mer-cure, ce qui lui procura un revenu considérable ; mais deux ans après il fut privé de ce brevet pour avoir offensé un courtisan, et fui même un moment enfermé à la Bastille. Il fit paraître enl763 une. Poétique française, en 1766 une traduction de l&Pliarsale de Lucain, et en 1767 Bélisaire, roman philosophique, qui attira sur lui les condamnations de la Sor-bonne. Il n'en fut pas moins nommé en 1771 historiographe de France. Vers-la même époque il donna plusieurs opéras-comiques, composés avec Grétry, qui eurent beaucoup desuccès:le Buron, 1768; Sylvain, 1770; l'Jmide tansison, 1771 ;ZémireètAxor, 1771 ; la FausseMagie,.mh. S'élevant ensuiteà la tragédie lyrique, il refondit, a.vec Picoini, plusieurs des opéras de Quinault, et donna lui-même Didon, 1783, et Pe'na'Jojt)e,1785, O» a encore de Marmontel les Incas, 1777, poème en prose où il expose les effets du fanatisme; une Histoire de la Régence du duc d'Orléans, 1788; de Nouveaux Contes moraux, 1789-92 ; Leçons d'un père â ses enfants .-c'est un coursd'é-tudes destiné à l'éducation, de ses fils, qui comprend des Traités de Langue française, de Logique", de Métaphysique et de Morale. Pendant les troubles de la Révolution il s'éloigna de Paris;élu en 1797 député au Conseil des Anciens, il en fut exclu comme réactionnaire au 18 fructidor, et mourut peu après. Marmontel nefut supérieuren aucun genre, maisîlfut un écrivain pur, agréable, élégant. SesConîes mûVawxof-frent un vif intérêt et Assurent une grands vogue; mais souvent ils sont peu dignes de leur titre. Cet écrivain avait été admis à l'Académie française en 1763; il devint en 1784>ecrétaire perpétuel de cette compagnie. Marmontel alaissé des Mémoires sur sa vie, composés pour l'instruction dô ses enfants. Il a publié lui-même la collection de ses Œuvres, en 17 v. in-8, 1786. On y trouve, sous le titre à'Élétnents de littérature, les articles qu'il avait fournis à YEncyclo-pédie. Une édition plus complète de ses OEuvres a paru chez Verdière, 1818,18 v. in-8. St-Suririadonné ses OEuwes choisies, 1824,10 vol. in-8.
*MARMORICE, Physcus, v. de Turquie d'Asie (Ana-tolie), sur la Méditerranée, en face de Rhodes et à 120 k. S. E. deGhuzel-Hissar.Portsûr. Château fort.
*MARMOUSETS, Ce nom, qui originairement était donné aux figures grotesques sculptées sur le portail et les murs des églises, fut appliqué ironiquement par les nobles aux ministres roturiers que prit Charles VI, en 1389, après avoir disgracié ses oncles..— Sous Louis XV, on nomma Conjuration des Marmousets une intrigue ourdie en 1730 par les ducs de Gèvres et d'Ëpernon contre le cardinal Fleury,
*MARMOUTIER, Martini monasterium, abbaye de Bénédictins, à 2 kil. de Tours et de l'autre côté de la Loire, fondée en 371,par S. Martin, alors évêque de . Toursjfutlongtemps si florissante qu'on nommait son supérieur l'abbé des dotés. Les momess'y occupaient surtout K transcrire les livres. 11 ne reste de cette abbaye que les murs d'enceinte et le portail.

 MARO	— 1195 —	MARO

*MARMOOTiER,i/aMrimonosten'um,v.d'Alsace-Lorraine. à 7 kil. S. E. de Saverne; 2743 hab. Ane abbaye, dont il ne reste que l'église (du rxe siècle).
*MARNAY, ch.-l. de c (Haute-Saône) j>rès l'Ognon, à 22 kil. S. de Gray; 1200 hab.
*MARNE (la), Ifatrona, riv. de France, naît à 5 k. S. de Langres (Haute-Marne), arrose les villes de Chau-mont, Joinville, St-Dizier (où elle devient navigable), Vitry, Châlons, Épernay, Dormans, Château-Thierry, La Ferté-sous-Jouarre, Meaux, Lagny, Al-fort, et tombe dans la Seine, r. dr., à Charenton, ayant parcouru les dép. de la Marne, de l'Aisne, de Seine-et-Marne, de Seine-et-Oise, de Seine. Ses principaux affluents sont, à dro'te, le Rognon, l'Ornain, l'Ourcq ; à gauche, la Biaise, la Somme-Soude, les 2 Morins.
*MARNE (dép. de la), entreceuxdes Ardennes auN., de l'Aube au S., de Seine-et-Marne, de l'Aisne à l'O., de la Meuse à l'E.; 8068 k. carrés; 385 498 h. Le ch.-l. estChâlons-sur-Marne; mais la ville la plus importante est Reims. Il est formé d'une partie de la Champagne. Montagnes à l'O., pierres meulières, tourbières; marais (à St-Gond). Sol crayeux et aride au N., mais fertile au S.; grains, plantes potagères, fruits, melons; excellents vins, dits de Champagne, et divisés en vins de rivière et vins de montagne. Mérinos et métis; gibier, poisson. Industrie active; lainages variés, dits articles de Reims; bonneterie, papeterie, mégisserie,verreries, etc.Commerce considérable, surtout en vins.—Ce dép. a 5arr. (Châlons, Reims, Epernay, Ste-Menehould, Vitry-sur-Marne), 32 cantons, 688 communes; il appartient à la 3e division militaire, dépend de la cour impér. de Paris, a un archevêché à Reims et un évêché à Châlons.
*MARNE (dép. de la HAUTE-), entre ceux de la Meuse au N., de la Côte-d'Or au S., de l'Aube à l'O., des Vosgesàl'E. : 6229 kil. carrés; 254 413 hab.; ch.-l., Chaumont. Formé de parties de la Champagne et de la Lorraine (Barrais) et d'un fragment de la Bourgogne. Montagnes élevées, formant un des plus hauts plateaux de la France,plaines; beaucoup de sources; fer, marbre; faux albâtre, pierre de taille, grès, etc. Sol léger, pierreux, mais bien cultivé; toutes sortes de grains; fruits, légumes, navette, gaude, moutarde, chanvre ; bois; gros et menu bétail, dindons, abeilles. Grande industrie métallurgique, coutellerie renom- ' mée ; bonneterie, tannerie, etc. — Ce dép. a 3 arr. (Chaumont,Langres, Vassy), 28 cantons, 550commu-nes; il appartient à la 7° division milit., dépend de la cour impér. de Dijon et a un évêché à Langres.
*MARNE-AU-RHIN (Canal de la), canal qui réunit les vallées de la Marne, de la Meuse, de la Moselle, de la'Meurthe, de la Sarre et du Rhin, part de la Marne à Vitry-le-François, remonte la vallée de l'Ornain, franchit par un'souterrain le faite séparatif de la Marne et de la Meuse ; puis traverse cette dernière rivière sur un pont-aqueduc, débouche, en souterrain , sur le versant de la Moselle, au-dessus de Toul, et descend de là au niveau de Nancy; remonte ensuite la vallée de la Meurthe et le vallon du Sanon, jusqu'au bief de partage des Vosges. A l'extrémité de ce bief, il coupe, par deux souterrains et unegrande tranchée, le faîte séparatif du versant de la Sarre et du versant du Rhin. Enfin, il descend par la vallée de la Zorn, à Strasbourg, où il se réunit au canal de l'Iil au Rhin. Ce canal a en tout 315 kil. de développement. Commencé en 1841, il a été achevé en 1852.
*MARNES (le comte de). V. ANGOULEME (duc d').
*MARNIX de Ste-Aldégonde. Y. STE-ALDEGONDE.
*MAROBODUUSou MARBODE, chef des Marcomans, avait été élevé à Rome. Il rallia les peuples suéviques, et fonda un vaste empire près du Danube. D'abord allié d'Arminius, il se tourna ensuite contre lui; il fut alors abandonné de ses sujets, et se réfugiachez les Romains. Il vécut depuis à Ravenne, d'une pension de l'empereur Tibère. Il mourut l'an 37 de J.-C.
*MAROC (Empire du), vaste État de l'Afrique septentrionale, est borné à l'E. par l'Algérie, au S. pat le Sahara, par la mer Méditerranée au N.-et l'Atlantique à l'O. On y distingue les royaumes de Maroc propre, de Fez, de Sous, deTafilet et le pays de Da-rah. Population, env. 8OnoO0O d'hab. (Berbères ou Amazirgues, Maures, Arabes, Juifs, Nègres, etc.); capit, Maroc. Villes princ, Méquinez, Fez, Tétçuan, Tanger, Larache, Mazagan, "Mogador, Salé, Agadir. Ce pays esMxaversê par l'Atlas qui y atteint sa plus grande hauteur. La cime la plus élevée, le Mîltsin, a 3500". Cours d'eau assez nombreux, mais qui se dessèchent l'été. Climat très-chaud, que tempèrent les vents de mer et les montagnes. Grande fertilité. Mines de fer, étain, cuivre, antimoine. Beaux chevaux, maroquins très-estimés, surtout ceux qui sont teints en jaune (le nom même de maroquin vient, comme on le voit, de Maroc). —L'empire du Maroc occupe l'emplacement de l'ancienneMauritanie Tingitane et d'une faible partie de la Mauritanie Césarienne. Gette contrée, longtemps gouvernée par des rois indigènes, obéit successivement aux Romains (à partir de l'an 42 de J.-C), aux Vandales, aux Grecs, puis aux Arabes (dès le vin" siècle). En 1051 elle fut enlevée aux califes fatimites par les Almoravides, qui étendirent leur domination sur tout le Maghreb et sur l'Espagne. Les Almoravides y furent remplacés successivement parles Almohades (1129), par lesjMérinites (1270), et enfin(1516) par les Chérifs,qai se prétendaient issus de Mahometj cette dernière dynastie y règne encore aujourdhui. Le souverain du Maroc prend le titre de sultan ou d'empereur. Souvent attaqué par les Portugais aux xin", xiv'et xv°-siècles, le Maroc cessa de l'être après la sanglante défaite d'Alcaçar-Quivir, où périt le roi Sébastien (1578). Il s'agrandit tellement depuis qu'au commencement du siècle dernier, il étendait encore son autorité jusqu'à Tombouctou; mais il déchoit tous les jours : il a récemment perdu une grande partie du roy. de Sous (Y. SIDI-HESCHAM). Hostiles à ta France depuis la conquête d'Alger, les Marocains donnèrent asile à Abd-el-Kader et nous attaquèrent àl'improviste en 1844 : ils furent aussitôt châtiés sévèrement par le maréchal Bugeaud à Isly (V. ce mot), et virent bombarder Tanger et Mogador. Les Espagnols conservent sur les côtes du Maroc plusieurs villes, conquises dès le xvr5 siècle, dont ils ont fait des présides ou lieux de déportation : telles sont Ceuta, Penon-de-Velez, Alhu-cemas, Melilla. La possession de ces présides a donné lieu à plusieurs conflits entre le Maroc et l'Espagne et enfin, en 1860, à une guerre sérieuse, àla suitede laquelle le sultan vaincu se vit imposer d'énormes contributions : Tanger fut pris et retenu comme le gage du payement de la somme convenue. M. L. Godard a donne en 1860 : Description et histoire du Maroc.
*MAROC , Merakach en langue indigène, capit. de l'empire de Maroc, sur la rive g. duTensif, dans une belle plaine couverte de palmiers, par 31° 37' lat. N., 9" 55' long. O.: env. 50 000h. Très-bel aspect de loin, mais au dedans les rues sont étroites, sales et hi- ' deuses. On y remarque le palais impérial et ses jardins, le Kaisseria (ou bazar), trois mosquées (dont une, YEl-Koutoubia, a une tour de toute beauté),le Bel-Âbbas, hôpital pour 1500 malades, le Méchouar ou place d'audience. Célèbres fabriquesde maroquins. — Maroc fut fondée en 1072 par les Almoravides, et parvint bientôt à une haute prospérité. Suivant les Maures, on y compta 1 000 000 d'habitants, ce qu'il faut sans doute réduire au tiers. Auj. l'empereur réside au moins aussi souvent à Méquinez qu'à Maroc.
*MAROLLES , v. du dép. du Nord, sur la Petite-Helpes, à 13 kil. O. d'Avesnes; 2000 hab. Petits fromages renommés.
*MAROLLES-LES-BRAUX, ch.-l. de cant. (Sarthe), à 16 k. S. O. de Mamers; 2000 hab.
*MAROLLES (l'abbé Michel de), traducteur infatigable, né en Touraine en 1600, mort en 1681, embrassa l'état ecclésiastique, et refusa les dignités de son ordre pour se livrer aux lettres. Il a traduit en français presque tous les classiques latins : Plante, Lucrèce, Térence, Catulle, Virgile (en prose, puis en vers), Horace, Ovide, Sénèque le tragique, Lu-cain, Juvénal, Perse, Martial (sa vers), Stace, ainsi qu'Aurélius Victor, Ammien Marcellin, etc.; malheureusement, ces traductions ne sont guère remarquables que par leur platitude. Il a en outre traduit du gfec Athénée. L'abbé de Marolles a laissé des Mémoires, qui sont instructifs, et a publié le Temple des Muses, 1655. avec figures de Blomaert. Ilavait formé un riche cabinet d'estampes, qui se trouve auj. à la bibliothèque impériale.
 
 MARO	— 1196 —	MARO

*MAROMME , ch.-l. de cant. (Seine-Inf.), sur le Cailly, à 6 kil. N. O. de Rouen; 2300 hab. Blanchisserie", poudrerie, raffinerie, indiennes, filatures.
*MARON (S.), pieux solitaire qui vivait en Syrie au Y* siècle, fut ordonné prêtre en 405, et mourut en 433. il habitait sur une montagne près de Cyr, et attira près de lui un grand nombre de disciples qui formèrent plusieurs monastères. On l'hon. le 9 elle 14 février. — Un autre Maron, Jean, patriarche de Syrie, qui vivait au vu* siècle, est regardé comme le chef de l'église des Maronites. V. MARONITES.
*MARONI, riv. de la Guyane française : sort des monts Tumacumaque, coule au N. E., puis au N., sépare les Guyanes hollandaise et française, tombe dans l'Océan Atlantique, après un cours de 600 k. On y trouve des cailloux semblables au diamant.
*MARONITES. On nomme ainsi à la fois une peuplade de la Syrie, et une église particulière formée de cette peuplade. Ils habitent le pacbalik de Tripoli , le Libah et l'Antiliban, entre les Nosaïris au N. et les Druses au S.; ils occupent presque tout le Kesraouan. On en compte env. 400 000. Ils vivent presque entièrement indépendants. On fait remonter leur existence à l'année 634 : les Arabes ayant alors envahi la Syrie, un certain Joseph, prince de Byblos, se réfugia avec ses sujets dans les montagnes du Liban, où ils se sont maintenus. On donne pour fondateur à la secte des Maronites un certain J. Maron, moine, qui se serait aussi réfugié dans le Liban pour fuir la persécution et qui aurait vécu, selon les uns au v siècle, selon les autres au vn'. D'autres font dériver leur nom d'un ancien bourg de Maronia, auj. détruit. Quoiqu'il en soit, les Maronites furent soumis par les Turcs; mais ils conservèrent'un chef de leur religion. Ils sont depuis les Croisades sous la protection de la France. Les Maronites professèrent d'abord le ilonothélisme ; depuis, Us se soumirent à l'Église romaine, tout en conservant le rit syrien; leur chef prend le titre de patriarche d'Antioche et étend sa juridiction surTyr, Damas, Tripoli, Alep et Nicosie; il a longtemps résidé à Kanobin. Quoique rentrés dans le sein de l'Église romaine, ils en différaient jadis par quelques détails du culte, mais ils ont fini par s'y rallier entièrement sous Grégoire XIII. Clément XII leur fit même adopter, en 1736, les décisions du concile de Trente : aussi les nomme-t-on les Catholiques du Liban. Les Maronites possèdent à Rome depuis Grégoire XIII un séminaire d'où sont sortis un grand nombre d'hommes distingués, notamment Abraham Ecchellensis, Gabriel Sionita, les Asse-mani. En Syrie, les Maronites sontsans cesse en lutte avec les Druses, qui habitent comme euxleLiban : les Druses aidés des Turcs en ont fait en 1860 un horrible massacre, qui a nécessité l'Intervention européenne.
(contracted; show full)
*MOZARABES (c-à-d. Arabes mélangés), nom que â    donnèrent les Maures aux chrétiens d'Espagne qui 1   consentirent à vivre sous leur domination, tout en j   conservant leur religion et leurs lois. — On appelait J   rit mozarabique la liturgie en usage chez ces
 chrétiens; cette liturgie avait été arrangée au \Ts.par S. Léandre, archevêque de Séville,, et complétée par S. Isidore. Ce rit fut remplacé en 1056 par le rit romain. 
*[[Auteur:Wolfgang Amadeus Mozart|MOZART]] (Wolfgang) .grand compositeur allemand, né à Saltzbourg en 1756, mort en 1791, avait pour père Léopold Mozart, habile violoniste, 2* maître de. chapelle de la cour de Saltzbourg. Prodige de précocité, le jeune W. Mozart n'avait pas encore 8 ans quand il toucha l'orgue à la chapelle de Versailles : il se montra, dès lors, l'égal des grands maîtres. Il fit successivement l'admiration de l'Angleterre, des Pays-Bas, de la Hollande et de l'Italie. Après avoir fait quelque séjour à Paris, il quitta la France mécontent du goût des Français, et s'attacha à l'empereur Joseph II, Il n'avait pas 36 ans, lorsqu'il succombaàlaphthisie, épuisé par le travail. Mozart a composé dans tousles_ genres et excellé dans chacun d'eux ; il était aus.sr supérieur comme exécutant que comme compositeur : il a créé une école de pianistes. II excella surtout dans la musique dramatique : ses opéras sont presque tous des chefs-d'œuvre. Les principaux sont: ilithri-date, 1770; Lucio Silla, îllSyla Finta Giardiniera, 1774; Idominèe, 1781; l'Enlèvement du Sérail, 1782; les Noces de Figaro, 1786 ; Don Juan, nSTÇlaFlûte enchantée, 1791 ; la Clémence de Titus, 1791. Onn'ad-mire pas moins ses symphonies et sa musique'd'église, notamment son Requiem, qui fut pour lui le chant du cygne : il se persuada, en composant cet admirable morceau, qu'il travaillait pour ses propres funérailles, et cette idée fixe hâta, dit-on, sa mort. Ce grand artiste avait une force de conception prodigieuse et une facilité non moins étonnante : il composait de mémoire et jamais au piano; quand il avait mûri ses idées, il les jetait sur le papier avec une sorte de fougue. Mozart se distinguait par une sensibilité exaltée et par une piété vive. Sa Biographie a été écrite en allemand, par Nissen, Leips., 1828j" et d'une manière plus complète par Otto Jahn, 1858-60- M. l'abbé Goschler a donné en français : Mozart, Vie d'un artiste chrétien au xvnr* siècle, extraite de sa correspondance authentique, Paris, 1857. Une statue en bronze , œuvre de Schwanthaler, lui a été érigée dans sa ville natale en 1841.
*MOZDOK, v. de la Russie méridionale (Caucase), sur le Terek, à 225 kil. S. E. deStavropol; 4000 hab. Elle termine la ligne militaire formée le long du Caucase. Maroquins, eau-de-vie, vers à soie.
===MQ===
*MQUINWARI ou KAZBEK, un des plus hauts sommets du Caucase, sur la limite des gouvts de Tiflis et de Stavropol, à 115 kil. N. O. de Tiflis, par 12° 28' lat. N. et 41" 55' long. E., a 5045" de hauteur.
===MUC===
*MUClEN.ilf. Licinius Crassus Mucianus, général et ami de Vespasien, aida puissamment ce prinée à renverser Vitelliuset à monter sur le trône. Vespasien lui laissa en reconnaissance une grande autorité dans Rome, mais il en abusa quelquefois. Il fut plusieurs fois consul, en 52, 70, 74 après J.-C.
*MUCIUS (famille des), illustre maison plébéienne de Rome, dont les membres portaient le surnom de Sceevola en mémoire du fameux guerrier Mucius Scaevola, est célèbre surtout par les habiles jurisconsultes qu'elle produisit. V. SCJEVOLA.
*MrCY-L'ÉVËQUE. V. MUSSY.
*M UKT1, nom donné dans la religion musulmane aux docteurs de la loi, à tous ceux qui sont île droit les interprètes du texte et des pensées du Coran.i.e Grand mufti, dit Cheikrul-lslam, réside à Constantinople. Il est à la fois le chef suprême des gens de loi et des ulémas (prêtres); ses ordonnances, appelées fetfas, sont aveuglément exécutées. C'est le mufti qui ceint 1 épée au sultan à son avènement. — Outre ce chef suprême, chaque ville a son mufti particulier.
*MUGKON,ch.-l. de c (Landes), près delà r. g. de l'Adour, àl7k. O.deSt-Sever; 694b. Vin, eau-de-vie.
*MUHL, riv. de l'archiduché d'Autriche (Paysau-dessus de l'Eus), naît sur les frontières de la Bavière et de la Bohême, et se jette dans le Danube près de Neuhaus, après un cours de 60 kil. — Elle a donné son nom à un cercle de laHte-Autriche, entre la Bohême au N., le Manhartsberg sup. à l'E., le Danube au S., la Bavière à l'O. : 220 000 hab. ; ch.-l., Lintz.

 MDLG	— 1312 —	MGLL

*MTTHLBERG, v. des Etats prussiens (Saxe), sur l'Elbe, à 84 k. E. de Mersebourg; 3000 h. Château. Drap, bonneterie, toile, gants. Commerce de grains, houblon, etc. Près de cette ville, Charles-Quint défit, le 24 avril 1547,l'électeur Jean-Frédéric de Saxe, qui était à la tête du parti protestant.
*MUHLDORF, v. de Bavière (Isar), sur la r. g. de l'Inn, à 75 kil. N. E. de Munich; 1600 hab. Ruines d'un château. Il s'y livra en 1322 une célèbre bataille entreles deux compétiteurs à l'empire, Louis V et Fré-dério le Beau : ce dernier fut battu et pris.
*MCHLHAUSEN, v. des Etats prussiens (Saxe), sur l'Unstrutt, à 53 kil. N.O. d'Erfurt;2000 hab. Staminés, drap de ras, chapeaux, tanneries; bière, eau-de-vie de grains. Longtemps ville libre et impériale; cédée à la Prusse en 1802. — F. MULHOUSE.
*MUHR, rîv. des Etats autrichiens, naît dans la Hte-Autricbe, sort du mont Schrœdenhorn ( versant sept, des Alpes Noriques), arrose laStyrie, entre en Hongrieavec leGraetz, et s'unit àlaDraveparlar.g., près de Neograd. Cours, 450 kil.
*MULCIBEU (c.-à-d.Forfferon), surnom de Vulcain,
*MOXEY-ABDEL-MÉLEK., roi de Fez et de Maroc, delà dynastie des chérifs, monta sur le trône en 1576, en renversant son neveu Muley-Mohammed, à la jalousie duquel il craignait d'être sacrifié. Le prince détrôné alla implorer le secours du roi de Portugal, don Sébastien, qui vint débarquer sur la côte d'Afrique avec une armée de 20 000 hommes; Muley-Ab-el-Mélek, quoique gravement malade, lui livra la bataille et remporta sur lui la célèbre victoire d'Alca-çar-Quivir, où périt don Sébastien; mais, épuisé par ses efforts, il mourut lui-même à la fin de l'action, 1578.—UeutpoursuccesseursonfrèreMuley-Ahmed, qui régna paisiblement pendant 25 ans.
*MULEY-ABDERRHAMAN, empereur du Maroc, né en 1778, m. en 1859, monta sur le trône en 1822, eut sanscesse à réprimer les tribus turbulentes de son empire ou à lutter contre les puissances européennes qui refusèrent de continuer à lui payer tribut pour s'assurer contre la piraterie, soutint Abd-el-Kader contre la France, et par là donna lieu à la bat. d'Isly dans laquelle son propre fils, à la tête d'une grande armée, fut battu par le maréchal Bugeaud, 1844. Il eut bientôt après à se défendre lui-même contre Abd-el-Kader, quitentaitde le détrôner, et ne réussitqu'avec le secours de la France à l'expulser. Il laissa le trône à son fils Sidi-Mohammed.
*5IULEY-HAÇAN. roi de Tunis en 1533. Attaqué et chassé de Tunis par le célèbre Barberousse (Chéré-din), il implora le secours de Charles-Quint, qui défit Bacberousse, reprit Tunis, et le replaça sur le trône (1535), mais en lui imposant un traité humiliant. Les sujets de Muley-Haçan, indignés de cet affront, se révoltèrent : il fut battu par son propre fils, Muley-Homaidah, jeté dans une prison, et privé de la vue par ordre de ce prince. Il fut délivré par les Espagnols, et se retira en Italie où il mourut vers 1545. — Son fils Muley-Homaidah fut chassé de Tunis par les Turcs en 1573 : c'est le dernier prince de la dynastie des Hafsides.
*MULEY-ISMAEL, empereurdu Maroc, deladynas-tie des chérifs, monta sur le trône en 1672, se fit cé-derTangerpar les Anglais (1684), prit plusieurs villes aux Espagnols, entre autres Larache (1689). mais assiégea vainement Ceuta pendant 26 ans. Il échoua également dans une expédition contre les Algériens (1690).U conclut un traité de commerce aveoLouisXI V. Dans sa vieillesse il eut à combattre la révolte de plusieurs de ses fils. Il mourut en 1727, à 81 ans. Ce prince s'était souillé d'atroces cruautés.
*M0LGRAVE (John-Phips,lord),navigateur anglais, né en 1734, m. en 1794, fut chargé en 1773 de s'assurer de la possibilité d'un passage au nord de l'Amérique. Il partit avec deux bombardes, et parvint au delà du 80° degré de lat. N. ; mais, après un voyage pénible et dangereux il fut forcé de reveDir Sats avoir obtenu le résultat espéré. Il n'en fut pas moins, à son retour, nommé membre de la Chambre des Communes . puis commissaire de l'amirauté, et pair d'Angleterre. La relation de son expédition parut en 1774 sous le titre de Voyage au pôle boréal, entreprispar ordre du roi, et fut traduite dès l'année suivante par Fleurieu et Demeumer.
*MULGRAYES (îles), archipel situé à peu près au centre de la Polynésie, au S. E. des lies Mariannes. par 1680-17î,,long. E., et lM0°lat, N. Presque toutes les lies dont il se compose sont petites et basses;-leurs habitants,cuivrésou noirs,sonttrès-m|sérables. MULHOUSE, Uûhlhawen, ville d'Alsace-Lorraine, sur l'ill et le canal du Rhône au Rhin, qui en forment une île, à 40 kil. S. de Colmar; 43 244 habitants. Chemin de fer pour Thann et Strasbourg, Bourse, tribunal et chambre de commerce, école préparatoire «es sciences et des lettres, collège; société industrielle. Jolie ville, agréablement située au milieu d'une campagne fertile. C'est une des villes les plus importantes,de l'Europe pour l'industrie, surtout pour les indiennes, les toiles peintes et les impressions sur laine. Nombreuses filatures de coton et de laine ; fabr. de calicots, draps, toiles, linge de table, mousseline, percale; blanchisseries et apprêts, teintureries; auxenv. exploitation de pierres lithographiques. — Mulhouse appartint d'ahord aux êvêques de Strasbourg ; eEe leur fut enlevée et érigée en ville impériale par l'emp. Rodolphe de Habsbourg en 1273. Au xv» s„ elle s'allia aux cantons Suisses, et l'archiduc Sigismond fut forcé, par la paix de Waldshut, 1468, de reconnaître son indépendance avec celle des cantons. Charles le Téméraire essaya en vain de la reprendre. En 1798, elle fut, sur sa demande, réunie à la France; elle fut érigée en ch.-l.d'arr. en 1857, à la place d'Altkirch. Turenne défit les Impériaux auprès de Mulhouse en 1674. La 1" manufacture de toiles peintes fut fondée dans cette ville en 1746 par Kœchlin, Schmalger et Dollfus; le 1" atelier pour le tissage du coton y fut créé par Risler eu 1762.
*MULL (île), une des lies Hébrides, par 8" 28' long. O,, 56° 30' lat. N.: 49 kil. sur 35; 10000 hab. Tobar-mory en est le lieu principal. Hautes montagnes (dont une, le Benmone, a 1000™); lacs, cavernes, Houille, granit, marbre, basalte.
*MULLER (André), savant orientaliste, né vers 1630 à Greiffenhagen en Poméranie, mort à Stettin en l694, fut pasteur à Bernovr en Prusse, puis prévôt de l'église de Berlin. Il renonça en 1687 à toute fonction pour se livrer à l'étude. Il coopéra à la Bible polyglotte de Walton et séjourna à cet effet 10 ans à Londres. Il est surtout connu par sas travaux sur les langues de l'Asie, particulièrement sur le chinois. Il fit graver à ses frais 66 alphabets différents^ publia l'Oraison dominicale en langue chinoise," comparée avec cent versions en autant de langues, Berlin,1676. ~On a de lui des Opuscula orientalia, Francfort, 1695.
*MULLER (Gérard Fréd.), voyageur et historien, né en 1705 à Hervorden en Westphalie, mort en 1783, alla de bonne heure se fixer en Russie pour y en seigner l'histoire et la géographie, gagna la faveur de l'impératrice Catherine, devint historiographe, membre de l'Académie de St-Pétersbourg, conservateur des archives; fut chargé de plusieurs explorations scientifiques, et accompagna Gmelin dans son voyage en Sibérie (1733-43). On a de lui : Recueil pour l'Histoire de Russie, St-Pétersbourg, 1732-64; - Origines geritis et nominis Russorum, 1749 ; Voyages et dêcouvertes des Russes, 1766, etc.	-_
*MULLER (Othon Fréd.), naturaliste, né à Copenhague en 1730, mort en 1784, est l'un des meilleurs observateurs du xvm" siècle. Le gouvernement danois lui conféra plusieurs fonctions publiques ; mais il s'en démit en 1772 pour se livrer tout entier à l'étude. Il est surtout connu par ses recherches sur les animaux infusoires : c'était comme un monde nouveau , dont il fut en quelque sorte l'inventeur. On a de lui : Fauna insectorum Friedrichsdaliana, 1764; Flora Friedrichsdaliana, 1767; Vermi'um terrestrium et fluviatilium Historia , 1773-4; Hydrachnse , 1781; Entomostraca, seu insecta testacea, 1785; Animalcula infusoria, fluviatilia et marina, 1786. Il avait commencé une Zoologie danoise, mais il mourut avant d'avoir pu l'achever.

 MCLL	— 1313 —	MUNI

*MULLER (Jean de), historien suisse, né à Schaff-house en 1752, mort en 1809, enseigna d'abord le grec à Schaffhouse , puis l'histoire à Genève et à Berne, et commença dès 1780 l'Histoire de la Confédération helvétique, qui a fait sa réputation. En 1786, l'électeur de Mayence l'attacha à sa personne comme son conseiller intime ; l'empereur Léopold l'accueillit dans ses Etats en 1791, le nomma conseiller, bibliothécaire, et lui conféra des titres de noblesse; mais, se plaisant peu à la cour de Vienne, Muller accepta en 1804 une place à l Académie de Berlin. Napoléon, devenu maître de la Prusse, le nomma secrétaire d'État du royaume de Westphalie, puis directeur de l'instruction publique. Ses principaux ouvrages sont : l'Histoire de la Confédération helvétique, commencée en 1780, mais qui reparut entièrement refondue et complétée de 1786 à 1795 (elle a été trad. en français par Mourer, Lausanne, 1794-1803, 13 vol. in-8, 'et par C. Monnard, 1840-45, 16 v. in-8); et une Hist. universelle, posthume, trad. en français par Hess, 1814 et 1826. Ses OEuvres complètes ont été réunies par son frère à Tubingue, en .28 vol. in-8, 1810-20. Elles renferment sa Correspondance avec Boostetten. On a surnommé Jean de Muller te Thucydide de la Suisse.
*MULLER (OUlried), savant archéologue, né en 1797 à Brieg en Silésie, enseigna les langues anciennes au Magdalenum de Breslau, puis l'archéologie à Gœttingue; devinten 1824 professeur ordinaire d'histoire et de philosophie à l'Université de cette ville, et se livra à de profondes recherches sur les premiers temps de la Grèce; il explorait sur les lieux mêmes les monuments de l'antiquité, lorsqu'il mourut en 1840, à Castri (l'ancienne Delphes). Ottfried Muller avait entrepris une vaste histoire des peuplades helléniques; mais il n'a pu en publier que quelques parties : Orchomène et les Minyens, Breslau, 1820; les Doriens, 1824 (ces deux ouvrages ont été refondus dans une 2" édition publiée à Breslau en 1844); les Macédoniens, Berlin, 1825; les Étrusques, 1828. On lui doit aussi un bon Manuel de l'archéologie de l'Art, 1830, 1835, traduit en français par Nicard, 1845; une Hist. de la littérature de ta Grèce ancienne, inachevée, etnombre d'articles et de mémoires, publiés à part ou dans divers recueils, parmi lesquels on remarque : Minervse sacra, 1820, dePhidise vitaet operibus, 1827.
*MULLER (Jean), physiologiste, né à Coblentz en 1801, m. en 1858, enseigna d'abord à Bonn, remplaça en 1832 Rudolphi dans la chaire  d'anatomie de Berlin et devint en 1847 recteur de l'université de cette ville. On lui doit la Physiologie comparée du sens de la Vue, Bonn, 1826, un bon Manuel de physiologie, 1833, trad. en français par Jourdan,et plusieurs dissertations sur des questions spéciales.
*MULLER (Jean), astronome. V. REGIOMONTANUS.
*MULLINGAR, v. de l'Irlande (Leinster), ch.-l. du comté de West-Meath , à 70 kil. N. O. de Dublin; - 5000 h. Bien bâtie et commerçante, surtout en blé. ? 
*MULLNER (Ad.), auteur dramatique, né en 17 74 | à Langendorf (Saxe prussienne), m. en 1817, était - neveu de Biirger. Il débuta par de spirituelles co-; médies, qu'il faisait jouer sur un théâtre de société; puis il se consacra à la tragédie, marchant sur les traces de Werner. Ses pièces principales sont : te 29 février, la Faute (trad. dans la collection des Chefs-d'œuvre des théâtres étrangers), le Roi Yngitrd, l'Albanaise, qui obtinrent un grand succès, grâce à des plans habilement conçus, à des coups de théâtre bien ménagés, à une diction poétique pleine de verve. Ses OEuvres dramatiques ont été réunies à Bru;» • wick, 1828, 7 vol.
*MULUCHA ou MULUCHAS, auj. la Malva, riv. d'Afrique. V. MOLOKATH.
*[[Mummius|MUMMIUS (Lucius)]], général romain. Consul l'ait 146 av J.-C., il battit Dieeus, général des Achéens, anéantit la Ligue achéenne, prit Corinthe d'assaut, livra cette ville aux flammes, réduisit toute la Grèce en province romaine sous le nom d'Achaïe, et reçut en récompense les honneurs du triomphe et le surnom' d'Achaïcus. Mummius fit transporter à Rome la plus grande partie des objets précieux, statues, vases et tableaux qui se trouvaient à Corinthe; mais il connaissait si peu le prix de ces chefs-d'œuvre qu'il dit à ceux qui étaient chargés de les transporter que s'ils les perdaient ils seraient obligés de les remplacer à leurs dépens.
*MUMMOL (Ennius), guerrier bourguignon, fils de Péonius. comte d'Auxerre, obtint en 561 de Gontran, roi d'Orléans et de Bourgogne, de succéder à son père dans l'office de comte. Nommé ensuite patrice et généralissime des troupes bourguignonnes, il battit les Lombards et les Saxons et enleva la Touraina ainsi que le Poitou à Chilpéric, roi de Soissons ; mais, ayant voulu détrôner Gontran, 585, pour mettre sur le trône un aventurier nommé Gondovald, il fut assiégé dans Comminges et vaincu. Se voyant sans ressources, il se donna la mort, 585.
*MUNATIUS PLANCUS (L.), orateur et général romain, né à Tibur, suivit d'abord César dans les Gaules, puis s'attacha au parti de Pompée, et revint encore à César. Dans la suite, il servit longtemps Antoine , mais il l'abandonna pour Octave. C'est à sa sollicitation que le sénat décerna à ce dernier le titra d'Auguste. H avait été consul, puis censeur, et avait été chargé de commandements importants dans la Gaule et dans l'Asie. 11 fonda ou du moins répara Lug-dunum (Lyon) pendant qu'il était proconsul dans les Gaules. Horace lui a adressé la 7e ode de son Ie' livre. MUNCER.  Y. MUNZER.
*MUNCHHAUSEN (le baron de), homme d'État, né dans le Hanovre en 1688, m. en 1770, siégea 37 ans dans le conseil privé de l'électeur, et devint son premier ministre en 1768. Il fonda l'Université deGœt-tingue et en fut 32 ans curateur.
*MUNDA, auj. Monda ou Ciudad Honda, v. d'fiis-panie.(Bétique), chez les Bastuli Pœni, est célèbre par la victoire que César y remporta sur les fils de Pompée l'an 45 av. J.-C. et qui termina la guerre civile. MUNDEN, v. de Hanovre (Hildesheim), à 26 kil. S. O. de Gœttingen, au confluent de la Fulde et de la Werra : 6000 hab. Murs ilanqués de tours; églises, hôpital; chemin de fer. Tabac, savon, faïence, tanneries; commerce de transit. — Prise par Tilly en 1626; occupée par les Français en 1756 et 1805.
*MUNGO (S.), appelé auss'i Kentigem, évêque de Glasgow au vi° s., descendait d'une famille royale. On lui attribue la fondation du monastère de St-Asaph (560), et la création de l'Université d'Oxford.
*MUNGO-PARK, voyageur écossais, né en 1771 près de Selkirk, fut chargé en 1795 par la Société africaine de Londres de faire un voyage d'exploration en Nigritie, reconnut et remonta fort loin le Niger, et revint en Europe en 1797 avec beaucoup.de renseignements précieux. Il entreprit en 1803 un 2" voyage en Afrique, mais il cessa de donner de ses nouvelle dès le 16 novembre 1805 : on présume qu'il fut tué à Yaour dans le roy. d'Haoussa. Son Premier Voyage, publié d'abord en anglais,Londres, 1799, a été traduit en français, et dans presque toutes les langues de l'Europe. Le'journal de sa 2*expédition a été publié à Londres en 1815 par le major Rennel, et traduit également en français. Mungo-Park joignait à l'intrépidité la prudence et un rare talent d'observation.
*MUNICH, Mùnchen en allemand, Monachum ou Monachium en latin moderne, capitalede la Bavière, ch.-l. du cercle de Hte-Bavière, sur la r.g. de l'Isar, à 930 kil. E. de Paris par Mayence; 133 000 h. Siège du gouvt. archevêché catholique, coût suprême d'assises, université catholique (elle avait été à tandshut jusqu'en 1826), lycée, école des Beaux-Arts j académie militaire, école polytechnique, institut royal des études, école vétérinaire, école forestière, écolede topographie, institutdessourds-muets; académie royale des sciences, académie des arts. Munich est une des plus belles villes d'Allemagne: belles rues, place d'armes, place Maximilien, ancien palais royal, nouveau palais, palais de Maximilien, des États ; nombreux hôtels, maisons élégantes, églises Notre-Dame, des fhéatins. de St-Miohel, de St-Élienne,de St-Boni-face; hôpitaux, hôtel de ville, Nouv.-Monnaie, douane, arsenal; Nouveau-Théâtre, Odéon; nombreux musées : glyptothèque, pinacothèque; magnifiques collections de médecine, estampes, miniatures, antiquités ; galerie Maximilienne, bibliothèque (de 400 000 v. et 8500 manuscrits), observatoire. Presse très-active ; grands ateliers lithographiques (c'est à. Munich que la lithographie fut inventée) , institut géographique (fondé par ls libraire Cotta). Tapis de haute lissé, soieries, cotonnades, lainages, cartes à jouer, tabac, cordes d'instruments, passementerie, gants, meubles, porcelaine, peinture sur verre; tanneries, dentelles, brasseries;fonderie royale de canons. Cheminsdefer pour Vienne, Augsbourg, etc.—Munich fut bâtie en 962 par Henri de Saxe sur un terrain qui appartenait aux moines du couvent de Schseffelaren (d'où son nom). Elle eut à souffrir de grands incendies en 1327 et en 1448. Elle a été prise cinq fois : par les Suédois en 1632. par les Autrichiens en 1704, 1741, et 1743; par les Français en 1800.

 MUNO	— 1314 —	MMT

*MUNICH ou MUNNICH (Christophe BORCHARB, comte de), général au service de la Russie, né en 1683 dans le comté d'Oldenbourg, se distingua d'abord comme ingénieur, servit sous le prince Eugène dans la guerre de la Succession; puis passa au service de Pierre le Grand qui lui confia l'exécution du canal de Ladoga, fut, après avoir achevé avec succès cette grande entreprise, nommé par l'impératrice Anne Iwanowna feld-maréchal et conseiller privé-. Mis à la tête des troupes russes, il battit les Polonais et les Turcs (1736), s'empara de Pérékop, d'Otchakof, de Chokzim et d'Iassy. Enfin, il devint premier ministre ; mais sa faveur et ses succès avaient excité la jalousie de Biren; il parvint une 1" fois à triompher de ce rival et le fit exiler en Sibérie; mais il fut renversé lui-même par une intrigue de cour à l'avéne-ment d'Elisabeth,fut banni à son tour, 1742, et alla remplacer Biren dans son exil, où il resta 20 ans. Il fut rappelé par Pierre III, qui lui rendit ses titres et le combla de faveurs : il avait alors 82 ans. II mourut en 1767. Halem a écrit sa Vie, Paris, 1807.
*MUNICIPES ou Villes municipales, Municipia. Les Romains donnaient ce nomà celles des villes soumises à leur domination dont les habitants avaient obtenu de jouir des privilèges de citoyen romain, et qui néanmoins se gouvernaient par leurs propres lois; elles différaient en cela des colonies, qui restaient dans une étroite dépendance de la métropole. On distingua longtemps deux sortes de villes municipales : cellesqui avaient le droitde suffrage et d'honneurs, et celles qui en étaient privées; dans la suite cette ligne de démarcation disparut.
*MUNKACS, v. de Hongrie (Beregh), à 100 kil. E. E. de Tokay; 5000 hab. Évêché grec-uni. Place d'armes de Ragotzkv, pendant sa guerre contre l'Autriche (1703-11 ). A 2" kil. de ce lieu, célèbre forteresse (auj. prison d'État), où la femme de Tékély soutint un siège glorieux (1685-88).
*MUNNiCU (le général). V. MONICH.
*MUNOZ (Gilles de), anti-pape sous le nom de Clément VIII, était chanoine de Barcelone; il fut élu par ies cardinaux dissidents après la mort de l'anti-pape Benoît XIII (1424) et installé à Peniscola. La réconciliation du roi d'Aragon Alphonse V avec le pape Martin V mit fin à sa vaine puissance : invité par Alphonse à se démettre, il abdiqua et termina ainsi le schisme qui désolait l'église-depuis 51 ans (1429). M reçut: en compensation l'évêché de Majorque.
*MUNOZ (Sébastien), peintre espagnol, né en 1654, fut élève de Coëllo et marcha "sur les traces de son. maître; on lui reproche cependant d'avoir introdui en Espagne le mauvais goût qui, de son temps, régnait dans l'école italienne. Charles II le nomma soit peintre. Il mourut en 1690, d'une chute qu'il fit en réparant, dans l'église d'Atocha, une voiîte peinte par Herrera.SoB. chefrd'oauvrê est le Martyre de St-Sébastien; on cite encore sa composition de-Psj/cfté et l'Amour, et les sujets tirés de la Vie de S. Éloi.
*MUNSTER OU MOMONIE, une des 4 divisions de l'Irlande, au S. d., entre le Gonnaught au N., IsLeinster àl'E., l'Atlantique au S. et à l'O., formait jadis un roy. indépendant. Ella comprend 6 comtés : Clare, Cork, Kerry, Limerik., Tipperâry et "Waterford.
*MUNSTER, Moftastenûm, v. des Etats prussiens,ca-pit. de la prôv. de Westphalie et de la régence de Munster, sur l'Aaetle canal de Munster; 25.000 hab. Evêché (formant autrefois un État indépendant, médiatisé en 1802); cour d'appel; division "militaire; université catholique (transféréelLandsIraten 1S18, rétablie en-1825); 3 gymnases; écoles de médecine, école normale primaire. Nombreuses maisons à, portiques, cathédrale, église gothique de St-tambeft avec une tour au haut de laquelle sont suspendues 3 cages de fer, où furent enfermés Jean ds, Leyde et deux de ses Complices; hôtel de ville, palais épis-copal, 3 gymnases, bibliothèquB, jardin botanique; beaux jardins sur l'emplacement des anciennes fortifications. Industrie : toile, jambons de Westphalie, bière.—Munster étaitleoh.-I. d'un évêché souverain: c'était jadis une place très-forte, possédant une citadelle, qui fut démahteléeen 1765. Jean|e Leyde, chef des Anabaptistes, dit le roi de Munster, en fit le centre de sa puissahce en 1535. Le traité de "Westphalie, dit aussi de Munster, y fut signélV. WESTPHALIE). Cette ville passa en 1806 au pouvoir des Français; elle fut comprise; en 1809 dans le grand duché de Berg, devint en 18101e eh.-l. du dép. français de la Lippe, et fut donnée â la Prusse ën l8I5.—E&régenee de MQnster, située entre les Pays-Bas au N.jla régence de Minden à l'E., celte d'Arehsberg au S., et la Prov. Rhénane au S.O., a 133 kil. sur 95, et 412 000 hab.
*MUNSTER (Êvêchê de), anc État souverain de l'empire germanique, dans le cercle de "Westphalie, s'étendait de la Lippe au S. jusqu'à l'embouchure de l'Ems au N., était borné à l'O. par les Provinces-Unies, à l'E. parles comtés de Ravensberg, de Tec-klenbourg, de Lingett et de Diepholz, et avait pour villes principales Munster, Ahlen.Werne, Aûaus, Bor-     _ cheim,KoesfeldetMeppen.— L'évêclié avaitJté fondé par Charlemagne vers la fin du vin' siècle, et l'évê-    — ue avait obtenu de l'empereur Frédéric II la dignité e prince de l'Empire. L'évêché fulsécuîariséen 1802.    ._ Après diverses vicissitudes il fut cédé presque en entier à la Prusse en 1815; le reste fut partagé entre le roy. de Hanovre et le grand-duché d'Oldenbourg.   
*MUHSTER, ville d'Alsace-Lorraine, sur la Fecht, à 20 kil. O. de Colmar, dans la belle vallée de St- Grégoire; 3904 hab. Papeteries, filatures de toiles peintes et d'indiennes. — Munster doit soç origine à un monastère fondé en 660 sous l'invocation de S. Grégoire, puis réuni à. la congrégation des_Bénédictins de St-Vannes. Cette ville devint au XIY* s. ville impériale. Louis XIV la prit et la démantela.	—
*MUNSTER (Sébastien), savant hébraîsant, né à Ingelheim en 1489 , mort en 1652 , était .dordelier dans un couvent de Tubingae, lorsqu'il embrassa avec ardeur les opinions de Luther. Il fut appelé a Bâle en 1529 pour y enseigner l'hébreu et la théologie. On a de lui des Traductions d'Elias Lêvita, de Jossiphon (Gorionidès), de Ptolémée, une Grammaire et un Dictionnaire hébraïques, une Bi&le fte"-  _ hraïque (avec les commentaires rabbiniquels), Bâle,   ™ 1534-35, 2 v. in-f., et divers ouvrages de théologie.   .
*MUNTANER (Ramon), chroniqueur catalan du xiir*s. , était un serviteur dévoué de la maison d'Aragon. On'a de lui une Chronique qui est pleine de feu, d'intérêt, et même de vérité, malgré de nombreuses erreurs de détail. Il s'y montre l'admirateur passionné de Pierre d'Aragon, et cependant il rend justice à Ch. d'Anjou. Elle a été traduite en français dans les Chroniques de Buchon (t. V et VI).

 MURA. —  1315 —	MURA

*MUNYCHIE, Munychia, bourg et port de l'Attique, entre le Pirée et Phalère, était un des 3 ports d'Athènes et un poste extrêmementfort. Ses fortifications furent détruites par les Lacédémoniens après la guerre du Péloponèse, en 404 av. J.-C, et de nouveau par Sylla, 87 av. J.-C. On voyait à Munychieun célèbre temple de Diane dite Munychia.
*MCNYCHION, nom d'un des mois des Athéniens, ainsi appelé parce qu'on y célébrait des fêtes en l'honneur de Diane-Munychie. Ce mois répondait le plus souvent à la fin de mars et au commencement d'avril. Les fêtes se célébraient le 16 du mois, anniversaire de la victoire de Salamine.
*MUNZER ou MUNTZER (Thomas) t un des chefs des Anabaptistes, né à Zwickau (Misnie), vers la fin du XV siècle, avait reçu les ordres. D'abord sectateur de Luther, il ne tarda pas à aller beaucoup plus loin que son maître, prêchant que Dieu ne voulait plus de souverains ni de magistrats sur la terre, poussant le peuple à l'insurrection et s'annonçant comme un nouveau Gédéon, chargé de rétablir le royaume de J.-C. au moyen de l'épée. Il parcourut ainsi la Thuringe, la Souabe et la Franconie, et s'attacha un grand nombre de prosélytes. Déjà il comptait sous ses ordres 30 000 fanatiques, et s'était emparé de Mûhlhausen en Franconie, lorsqu'il se vit attaqué par l'armée des princes confédérés : défait et pris à Frankeçhausen, il fut condamné à mort et exécuté à Mûhlhausen en 1525. V. ANABAPTISTES.

===MUR===
*MUR, ch.-l. de cant. (Côtes-du-Nord), à 26 kil. O. de Loudéac; 2400 hab. Ardoises.
*MUR-DE-BARREZ, ch.-l. de c (Aveyron), à 60 kil. N. d'Espalion; 1400 n. Cadis, camelots. Ane place forte.
*MUR D'ADRIEN , Adriani Yallum, muraille de 125 kil. de long, entrecoupée de 81 tours et d'une foule de bastions, que l'empereur Adrien fit construire au N. de la Bretagne romaine, pour la mettre à l'abri des incursions des habitants de la Calédonie : elle allait de l'embouchure de la Tynna (Tyne) à l'Itunaxstuarium (golfe de Solway).
*MUR DE SEVERE, mur situé à 130 kil. plus au N. que le précédent, n'était qu'un retranchement en terre de 45 kil. environ, bornant au N. la Valentine et allant de la Glota (Clyde) au Bodotria xstuarium (golfe de Forth) ; il fut élevé par Septime-Sévère.
*MUR DU DIABLE, Pfahlgraben. V. DIABLE.
*MURADAL, lieu d'Espagne, dans la Sierra-Morena, à 48 k. N. de Jaën, est célèbre par la victoire qu'y remportèrent sur les Maures en 1212 les rois de Castille, de Navarre et d'Aragon réunis. On connaît aussi cette bataille sous le nom de Las Navas de Tolosa.
*MURAILLE (la GRANDE-), immense muraille construite le long des frontières septentrionales de la î Chine, commence à l'E. de Péking, sur le bord de la ? mer, traverse la province de Tchi-li en se dirigeant a au N., puis, se portant à l'O., parcourt celles de ; Chan-si, Chen-si etKan-sou. Son développement est, j selon la plupart des voyageurs, de 2500 k. ou même, " selon quelques-uns, de 3600. Dans plusieurs endroits j elle est construite en briques ; ailleurs elle est en s, terre; partout elle est assez large pour que six ca-i valiers puissent y passer de front. Cet immense bou-= levard fut construit vers 2*7 av. J.-C. pour arrêter 1 les invasions des Mongols et des Mandchoux; cepen-= dant elle ne put empêcher l'asservissement de la à Chine par ces deux peuples. 
*[[Île de Murano|MURANO]], v. de Vénétie, dans un îlot du même 3 nom , à 2 kil. N. de Venise ; 4400 hab. Églises St-J Pierre et St-Donat, qui possèdent de belles peintures ; .j anciennes fabriques de glaces et verreries de Venise, très-célèbres autrefois et encore recherchées. A peu de distance est l'îlot de San-Michiele-di-Murano, qui possédait une abbaye de Camaldules, auj. supprimée.
*MURAT, ch.-l. d'arr. (Cantal), sur l'Alagnon, à 53 kil. N. E. d'Aurillac; 2603 hab. Trib. de 1™ inst., collège. Ville petite, ancienne et mal bâtie. Roches basaltiques, disposées en tuyaux d'orgues. Gros draps, dentelles et cordonneries ; bestiaux, chevaux; fromages dits du Cantal. — Jadis titre d'une vicomte qui eut pour dernier seigneur Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, décapité sous Louis XI.
*MURAT, ch.-l. de cant. (Tarn), à 62 kil. E. de Castres; 2800 hab. Étoffes de laines, bestiaux.
*[[Madame de Murat|MURAT (Julie DE CASTELNAU, comtesse de)]], née à Brest en 1670, morte en 1716, épousa, à l'âge de 16 ans, le comte de Murat, brigadier des armées du roi, brilla quelque temps à la cour, puis fut exilée à Loches à la sollicitation de Mme de Maintenon, qui l'accusait d'avoir coopéré à un libelle injurieux pour la cour de Louis XIV. Pendant sa retraite, elle composa plusieurs romans qui sont pour la plupart remarquables par la grâce et le goût. En 1715, le duc d'Orléans fit cesser son exil. Parmi ses écrits on remarque : Mémoires de ma vie, 1697 ; Nouveaux Contes de fées, 1698 ; le Voyage de campagne, 1699 ; Histoires sublimes et allégoriques, 1699 ; les Lutins du château de Kernosy, 1710 : c'est son meilleur ouvrage.
*[[Joachim Murat|MURAT (Joachim)]], roi de Naples, né en 1771 à La Bastide, près de Cahors, était fils d'un aubergiste, et avait étudié dans un séminaire. II s'enrôla au commencement de la Révolution, se fit remarquer par ses opinions exaltées autant que par son courage, et devint dès 1794 lieutenant-colonel. Destitué ainsi que Bonaparte après le 9 thermidor, il se lia avec ce général et reprit du service en même temps que lui : il le seconda au 13 vendémiaire dans la défense de la Convention, l'accompagna comme aide de camp en Italie, en Egypte, se signala en toute occasion par une bravoure fougueuse, et devint bientôt général de division. Au 18 brumaire, il commanda les 60 grenadiers qui dispersèrent le Conseil des Cinq-Cents. Pour le récompenser, Bonaparte lui confia le commandement de la garde consulaire et lui donna la main de sa sceur Caroline. Après la bataille de Marengo, dans laquelle il avait commandé la cavalerie, il fut nommé gouverneur de la république Cisalpine, puis gouverneur de Paris (1804). Lors de l'établissement de l'empire. il reçut le bâton de maréchal et le titre de prince. Il eut'une grande part aux succès de la campagne d'Allemagne en 1805, se distingua surtout à Austerlitz, et fut nommé l'année suivante grand-duc de Berg. Envoyé en Espagne, 1808, il détermina le roi Charles IV à se rendre à Bâyonne. Il aspirait à s'asseoir sur le trône d'Espagne, mais Napoléon préféra lui donner le roy. de Naples : il fut proclamé le 1" août 1808 sous le nom de Joachim; il s'intitulait roi des Deux-Siciles,mais jamais il n'étendit sa domination au delà du détroit. Murat régna paisiblement jusqu'en 1812. A cette époque, il prit part à l'expédition de Russie et y commanda la cavalerie : il se signala surtout à la bataille de la Moskova. Quand l'empereur eut quitté l'armée, il en devint le commandant en chef : il dirigea la désastreuse retraite de Smolensk à Wilna. Après la bataille de Leipsick, prévoyant le sort de Napoléon, il s'empressa de retourner en Italie et noua au commencement de 1814 des négociations avec les puissances coalisées; on consentit aie laisser sur le trône, mais à condition qu'il fournirait son contingent contre la France, et en effet il marcha en Italie contre l'armée du prince Eugène de Beauharnais; cependant, dès qu'il eut appris que Napoléon était revenu de l'île d^Elbe, il se déclara en sa faveur, envahit la Hte-ïtalie et marcha contre les Autrichiens. Battu à Tolentino (2 mai 1815), il perdit en un instant son armée et son trône. Il se réfugia dans le midi de la France, puis en Corse où il retrouva quelques partisans ; il se mit à leur tête et tenta de reconquérir son royaume, mais ayant été séparé par une tempête du gros de sa troupe, il fut jelépresque seul sur la plage dePizzo, enCalabre;pris en débarquant, il fut traduit, par ordre du roi Ferdinand, devant une commission militaire, condamné à mort, et fusillé le 13 oct. 1815. Il subit le supplice avec un admirable sang-froid. Murât fut un de nos plus braves et de nos plus brillants généraux, mais, hors du champ de bataille, c'était un homme de peu de tête : il a terni sa gloire par sa défection en 1814. Seyriès, en 1816, Léon Gallois, en 1828, ont donné la Vie de Joachim Murât. — Napoléon Murât, le seul survivant de ses fils, né en 1803, auj. sénateur, a élevé en 1861 des prétentions sur le trône de Naples; mais il a été désavoué par le gouvt français.
 
 MURE	— 1316 —	MURI

*MURATO, ch.-l. de c (Corse), à 17 kil. S. O. de Bastia: 1069 hab.
*MURATORI (L. Ant.), un des savants les plus distingués du xviii0 siècle, né en 1672 à Vignola (Mode-nais), m. en 1750. Déjà célèbre à 20 ans par son érudition, il fut appelé dès 1694 à Milan pour occuper une place de conservateur à la bibliothèque Ambro-sienne. En 1700, le duc de Modène le choisit pour son bibliothécaire et le nomma conservateur des archives. Écrivain infatigable , Muratori a enrichi l'histoire d'une foule de dissertations savantes, et a publié un grand nombre de documents très-importants, entré autres : tierum ilalicarum Scriptores prxcipuiab annobGOadannum 1500, Milan,1723-51. 29 v. m-f.; Anliquitales italica: medii sévi, 1738-43, 6voI.in-f.; iYocus Thésaurus veteruminscriptionum, 1739-42; Annotes d'Italie depuis l'ère vulgaire jusqu'en 1749 (en ital.), 1744-49,12vol.in-4. Ses OEu-vres ont été rassemblées à Arezzo, 1767-80, 36 vol. in-4, et à Venise, 1790-1810, 48 vol. in-8.
*MURBACU, célèbre abbaye des Bénédictins d'Alsace (Ht-Rhin), fondée en 727 au pied du ballon de Guebwilter, fut sécularisée en 1759 par Louis XV. Son abbé avait voix à la diète germanique.
*MÏJRCD3, VergiliaP Murcia en latin moderne, v. d'Espagne, ch.-l. de l'int. de Murcie, sur lar. g. de la Segura, avec un faubourg sur la r. dr., à 150 kil. E. S. E. de Madrid; 40 000 hab. Palais épiscopal, cathédrale, beau pont; jardin botanique, beau bâtiment où l'on apprête la soie ; cinq collèges. L'évêque de Carthagène réside à Murcie. Draps, lainages, savon, blanc de céruse, salpêtre; filatures de soie, moulins à huile. Aux env., beaucoup de mûriers. — Murcie n'apparaît dans l'histoire qu'en 713. Elle fit dès 756 partie du califat de Cordoue, devint en 1056 la capit. d'un roy. maure particulier, et fut enlevée aux Maures par les Chrétiens en 1265. Les Français la prirent en 1810 et 1812. Elle a beaucoup souffert d'un trem-blementdeterreen 1829.—L'intendance, entre celles de Valence, Grenade, la Manche, Cuença, et la mer, peut avoir 150 k. du N. au 3., 148 del'E. àl'O. et 400000 h. C'est une des prov. les plus chaudes et les plus fertiles de l'Espagne; mais on y manque d'eau en quelques endroits.— Réunie à la province de Carthagène, l'intendance de Murcie forme l'ancien roy. maure de Murcie. Ce pays garda longtemps le nom de royaume, qu'une vieille habitude lui donne encore.
*MBUËNA (L. Licinius), lieutenant de Sylla, contribua au gain de la bataille de Chéronée, l'an 87 av. J.-C.Chargé, enl'absencede Sylla, de la 2e guerre contre Mithridale, il s'empara de Comane, mais il éprouva ensuite quelques échecs et fut contraint de se retirer, 82. — Son fils servit avec distinction sous Lucullusdans la 3° guerre contre Mithridate. Nommé consul 61 av. J.-C, il fut accusé parCaton d'avoir employé la brigue pour obtenir cette dignité ; mais il fut défendu par Cicéron dans un beau discours, qui nous est resté, et fut acquitté.
*MURET, ch.-l. d'arr. (Hte-Garonne).au confluent de la Louge et de la Garonne, à 20 kil. S. O. de Toulouse; 4137 hab. Trib. de lre instance. Beau ponten i'ersurla Garonne. Faïence blanche, draps communs. Pierre II, roi d'Aragon, et les Albigeois y furent défaits par Simon de Montfort, en 1213 : Pierrell y perdit la vie. Patrie de Dalayrac
 
*[[Marc-Antoine Muret|MURET (Marc Antoine)]], érudit, né à Muret près de Limoges en 1526, m. à Rome en 1585, professa à Auch, à Poitiers, à Bordeaux, où il compta Montaigne au nombre de ses élèves, enfin au collège du Cardinal-Lemoine, à Paris. Il ouvrit dans cette ville un cours de droit civil, se fit une réputation prodigieuse et se vit recherché par les savants les plus célèbres de l'époque : Scaliger, Lambin, Turnèbe. Accusé d'hérésie et de mœurs dépravées, il fut enfermé au Châtelet, Mis en liberté, il se retira à Toulouse, où il fut l'objet de nouvelles poursuites. II se rendit alors à Rome. où il changea de conduite et se fit prêtre;il y professa la philosophie, le droit civil, la théologie, u vécut dans l'intimité du cardinal Hippolyte d'Esté, et fut pourvu par le pape de riches bénéfices. Il a laissé des .(Votes sur plusieurs auteurs anciens, des Harangues, des Poésies et des Épîtres, des traductions d'auteurs grecs, et un recueil de Tarix lectiones, qui a beaucoup contribué à épurer les textes anciens. Il écrivait le latin avec une rare élégance. Ses Œuwes ont été réunies à Vérone, 1727-30, 5 v. in-8, à Leyde,1789, ftv. in-8, par Ruhnkenius, et à Leipsick, 1834, par Frotscher. On raconte que, pendant qu'il fuyait de France, Muret tomba gravement malade à son arrivée en Italie et fut conduit à l'hôpital : là deux médecins délibéraient près de lui sur le traitement à suivre à son égard, et, le prenant pour un homme illettré , se disaient en latin : Faciamus periculum in anima mli; mais Muret s'écria aussitôt : An vilis anima pro qua mortuus est Chrtstus ? et il sortit au plus vite de ce lieu.
*MURG, riv. du grand-duché de Bade, s'unit au Rhin sous Steinmauren, après 60 kil. de cours.—Elle donne son nom au cercle de Murg-et-Pfinz, dans le grand-duché de Bade, entre ceux de la Kinzig au S. et du Neckar au N.; ch.-l., Durbach.
*[[Auteur:Henry Murger|MURGER (Henri)]], poète et romancier, né à Paris en 1822, m. en 1861, appartenait à une famille pauvre, et ne reçut qu'une instruction élémentaire. D'abord petit-clerc, puis secrétaire d'un comte russe, il sentit éveiller sa vocation en lisant à son patron les œuvres de 'la littérature contemporaine et sent homme de lettres. Après avoir composé quelques vaudevilles pour les petits théâtres et coopéré à la rédaction de feuilles otiscures, il établit sa réputation en traçant, dans les Scènes de la vie de Bohême, un tableau saisissant, moitié fictif, moitié réel, de la vie d'aventures et de misère qu'il menait lui-même (1848) ? Il se fit depuis une sorte de spécialité de ces peintures, qu'il renouvela dans les Amours d'Olivier (1849), le Pays latin (1852), les Scènes de la vie de jeunesse (1853), les Buveurs d'eau (1854). Cependant il composa aussi plusieurs autres romans et nouvelles d'un genre plus relevé, parmi lesquels on distingue Claude et Marianne (1851), Adeline Protat (1853), Scènes de la vie de campagne (1856); enfin, il donna au théâtre français une agréable comédie, le Bonhomme Jadis, 1851, en un acte. On a publié après sa mort un recueil de ses Poésies (1861). Mûrgerest un romancier fantaisiste pleinde verve et d'un vrai talent .'sans avoir une grande portée, ses oeuvres offrent beaucoup d'agrément et de vérité dans les peintures.
*MURI, bg de Suisse (Argovie), à 32 k. S. E. d'Aa-rau; 1900 h. Célèbre abbaye de Bénédictins, fondée au a* s., et où fut rédigée une chronique, publiée par Kopp en 1750. L'abbé était prince d'empire.—Près de Berne est un château de Mûri où résida quelque temps Louis XVIII.
*[[Bartolomé Esteban Murillo|MURILLO (Barth. ESTEBAN)]], célèbre peintre espagnol, né a Séville en 1618, m. en 1682, reçut les leçons de Moya, élève de Van Dyok, et celles de Vé-lasquez, qui lui fournît les moyens d'aller dans les Pays-Bas pour yétudier les chefs-d'œuvre.de l'école hollandaise, et qui lui procura ensuite des travaux lucratifs à Madrid. Il retourna en 1645 à. Séville, où il se fixa, et y composa un grand nombre de tableaux d'église qui le placèrent à la tête des peintres de sa nation. Il mo'urm des suites d'une blessure qu'il s'6-tait faite sur un échafaudage où il travaillait. Parmi ses œuvres, on remarque la Mort de Ste Claire, S.Jacques distribuant les aumônes (au cloître St-François à Séville), S. Thomas distribuant ses biens aux pauvres, àSéville, une Ste-Élisabeth, \'Enfant prodigue. Le Louvre possède de ce maître, entre au très tableaux, deux Assomption, la Conception de la Vierge (achetée par le gouvt français 600 000 fr. à la vente du maréchal Soult), Jésus sur la montagne des Oliviers, la Cuisine des Anges. Ses chefs-d'œuvre furent exécutés entre les années 1670 et 1680. Murillo offre dans toute sa pureté le caractère de l'école espagnole : il brille surtout par le sentiment, la noblesse, l'art de la composition, la science anatomique et la fidèle imitation delanature, ainsi que par la suavité, l'éclat, la fraîcheur et l'harmonie du coloris. Du talent le plus flexible, il réussissait dans le paysage, les fleurs, les marines, aussi bien que dans l'histoire. 
*MURO, Numistro, v. d'Italie, dans l'anc roy. de Na-ples (Basilicate), à 36 kil. S. O. de Melfi; 7000 hab. Bvêché. C'est là que Jeanne I, reine de Naples, fut étouffée en 1332. — Bourg de France, ch.-l. de c (Corse), dans l'arr. et à 9 k. de Calvi; 1290 hab.
 
 MURR	— 1317 —	MUSE

*MURPHY (Arthur), auteur dramatique irlandais, né en 1727 à Clooniquin (Roscommon).m.en 1805,fut tour à tour acteur,journaliste,auteur.avocat, et obtint dans ses dernières années un emploi important à la Banque de Londres. La plupart de ses comédies sont restées au théâtre,entre autres : Connaissex-vous vous-même (Know your own mind),l'ilote des tuteurs,Tout le monde a tort, le Bourgeois, ta Vieille fille,le Mariage clandestin, le Moyen de fixer, l'Ile déserte, etc. Parmi ses tragédies, on remarque Alzuma, Zénobie, Armi-nius, l'Orpheline de la Chine, empruntées pour la plupart à ces auteurs français, qu'il n'en dénigre pas moins.- Murphy a lui-même recueilli ses OEuvres, 7 vol. in-S, Londres, 1786.
*MURR (Théophile de), né à Nuremberg en 1733, m. en 1811, s'est rendu célèbre par l'étendue de ses connaissances dans les langues, la bibliographie et les antiquités. Il a publié un nombre prodigieux d'ouvrages , les uns en français ou en latin, les autres en allemand. Les plus importants sont : Bibliothèque de peinture, de sculpture et de gravure, Francfo rt, 17 70 ; Memorabilia bibliothecarum publicarum Norimbergensium et universitatis Altdorjmas, 1786-yl ; Antiquités d'Herculanum, 1777 93; Mémoires pour la litlérature arabe, 1803. Il a en outre publié :? Journal pour l'histoire des arls et de la littérature, Nuremberg, 1776-89; Nouveau Journal pour l'hist. de la littérature et des arts, Leipsick, 1798-1800. Il avait, publié en 1804, sous le titre Conspectus bibliothecse glotlicse universalis, le prospectus d'un ouvrage immense qui l'occupa toute sa vie, etdont les matériaux passèrent entre les mains du professeur J. S. Vater.
*MURRAY, comté d'Ecosse. V. ELGIN.
*MURRAY (Golfe de), golfe formé parla mer du Nord,
sur la côte orient, de l'Ecosse, entre les comtés de
Nairn, d'Aberdeen, de Banff et d'Elgin ou Murray     au S., celui de Ross à l'O., et ceux de Sutherland et   de Caithness au N., a 110 kil. de profondeur sur une  largeur qui varie de 3 kil. à 100.
*MURRAY (Jacques, comte de), fils naturel de Jacques V, roi d'Ecosse, et frère aîné de Marie Stuart, né vers 1531, fut le plus crue! ennemi de sa sœur. Aspirant au trône, il fit tout ce qui était en son pouvoir pour perdre Marie, se mit à la tête du parti protestant en Ecosse; se fit l'espion et l'agent du roi d'Angleterre Edouard VI, puis d'Elisabeth; fut, à ce qu'on croit, l'instigateur du meurtre d'Henri Darnley, 2* |     époux de Marie Stuart; la força, pour l'avilir, à épou série comte de Botliwell, assassin de Henri; puis souleva le peuple contre elle, la fit enfermer à Lochleven et se fit nommer régent du royaume (1567). Marie s'é-j     tant échappée de sa prison, il battit ses troupes à «    Langside et la réduisit à se réfugier en Angleterre en-1    tre les mains d'Elisabeth, son ennemie jurée. Pendant |    'a captivité deMarie, ii dénonça à Elisabeth le projet qu'avait conçu le duc de Norfolk de la délivrer. II périt en 1570, àLinlithgow, assassiné par un gentilhomme écossais, dont il avait outragé la sœur. .
*MURRAY(LINDLEY), grammairien américain, né en Pensylvanie en 1745, m. en 1826, suivit d'abord le barreau de New-York, puis abandonna la profession d'avocat pour se livrer au commerce, et, ayant amassé une honnête fortune, s&retira en Angleterre, où il se fit connaître par d'utiles écrits. Il publia en 1795 une Grammaire anglaise, qui devint bientôt classique, et qu'il compléta par des Exercices et une Clef. On lui doit aussi un livre de lecture, Theénglish spelling book, généralementemployé dans les écoles.
*MURSA, auj. Eszek, v. de la B.-Pannonie, sur la Drave, près de son confluent avec le Danube. L'empereur Constance-y remporta en 351 une victoire signalée sur Magnence, son compétiteur.
*MURTZUPHLE. V. ALEXIS I.
*MURVIEDRO,j!fwi veleres,v.d'Espagne (Valence), sur le Murviedro, à 5 kil. de la mer et à 26 kil. N. E. de Valence, près de l'anc. Sagonte; 6000 hab. Vieux château fort. Ruines romaines et mauresques aux environs. Cette ville, bâtie sur les ruines de l'anc. Sagonte, fut de nouveau ruinée lors de l'invasion des Goths, et relevée sous le nom de ?JfwrOTter (d'oii, par corruption, son nom actuel). Les Arabes s'en emparèrent en 713; les Espagnols la leur reprirent en 1238.
*MURVIEL, ch.-l. de c (Hérault), à 13 kil. N. O.de Bézïers;1400 hab. Eau-de-vie.
*MUSA. V. ANTONIUS MUSA et MOUÇA.
*MUSJEUS (J. Ch.Aug.),écrivainallemand, néàléna en 1735, m. en 1788, fut pasteur à Eisenach, puis précepteur des pages du duc de Saxe-Weimar et professeur au gymnase de Weimar. Il a publié des romans, des contes et des écrits satiriques, pleins de verve et écrits avec pureté. On remarque te Second Grandisson (1760-62 (il y ridiculise le célèbre roman de Grandisson j de Richardson) ; Voyages physiogno-moniques (satire contre Lavater), 1778-79; Contes populaires, Gotha, 1782;Plumes d'autruche, 1787-97. Kotzebue, son neveu, a publié ses Œuvres posthumes, Leipsick, 1791, in-8.
*MUSÉE, Musasv,s, ancien poète grec, natif d'Athènes, disciple ou fils d'Orphée, et père d'Eumolpe, vivait vers le xiir ou le xive s. av. J.-C. Il avait écrit des poèmes sur les Mystères,"les Préceptes, la Tkéo-gonie, desHymnes, etc.; ils sont tous perdus.—Ona sous ie nom de Musée un petit poème intitulé Béro et Léandre, mais il est d'un auteur beaucoup plus récent, probablement du IVe ou du V siècle après J.-C. Ce poème est rempli de vers heureux et de descriptions élégantes. On le trouvedans le Corpuspoetarumgrse-corum et dans la Bibliothèque grecque de Didot, àla suite d'Hésiode. Il a été publié séparément par-Hein-rich, Hanovre, 1793, par Schœffer, Lèips., 1825; il a été traduit en français par Laporte-Du'theil, 1784, Gail, 1796, et mis en vers par Clément Marot, Mol-levaut, Girodet, Denne-Baron, etc.
*MUSÉE, Muswum, édifice d'Alexandrie où les Ptolémées rassemblaient, en les entretenant aux frais de l'État, les savants les plus distingués, pour qu'ils s'y livrassent à loisir àla culture et à l'enseignement des lettres et des sciences. On en attribue la fondation à Ptolémée I. Dans cette espèce d'académie, on remarque, parmi les savants, Euclide, Érasistrate, Diophante; parmi les poètes, ïhéocrite, Aratus, A-pollonius, Lycophron, Callimaque; parmi les criti-q ues, Aristarque ; parmi les philosophes, Ammonius-Saccas, père de l'éclectisme alexandrin. Le Musée dura jusqu'au règne d'Aurélien, sous lequel il fut détruit par un incendie. — On a depuis donné le nom de Musée, soit à des réunions semblables de savants, soit à des collections d'objets d'arts ou d'antiquités.
*[[Muses|MUSES]], Musse, Camœnx, déesses des sciences et des arts, étaient filles de Jupiter et de Mnémosyne, déesse de la mémoire,. On en comptait neuf : CUo, qui présidait àl'histoire; Thalie, àla comédie; Mel-pomène, à la tragédie; Erato, à la poêsielegere et à l'élégie; Calliope, à l'épopée; Drame, à l'astronomie; Polymnie, à l'éloquence et à la poésie lyrique ; Terpsichore, à la danse ; Euterpe, à la musique. Apol--on présidait à leurs réunions. Elles habitaient avec .ui le Parnasse, le Pinde, l'Hélicon ou le montPié-âus. Le Permesse, les fontaines de Castalie et d'Hip-pocrène, leur étaient consacrés, ainsi que le cheval Pégase, symbole de l'essor poétique. Les Muses étaient vierges; on les représente jeunes, belles, modestes, vêtues simplement, la tête ornée d'une couronne. En outre, chacune porte les attributs qui lui sont propres. T. le nom de chacune d'elles.

 MDSS	— 1318 —	MUST

*MUSGRAVE (Guillaume), médecin et antiquaire anglais, né en 1657 à Carlton-Musgrave(Somerset), m. en 1721, était membre du collège des médecins de Londres et de la Société royale, dont il devint le secrétaire. On a de lui : De aquilis romanis, 1713; G«ta6rï!amn'ci«, 1716; Belgium britannicum, 1719. — Son petit-fils, Samuel M., mort en 1782, pratiqua la médecine à Exeter, sa ville natale, et cultiva la philologie. Il a laissé : Exercitaliones in Euripidem, Leyde, 1762; AnimadversionesinSophoclem, Oxford, 1800; et a concouru à l'édition d'Euripide, publiée a Oxford, 1778, 4 vol. in-4. On a en outre de lui deux dissertations sur la Mythologie des Gréas et sur la Chronologie des Olympiades, en anglais, 1782.
*MUSKAU, Y. PUCKLER-MUSKAU.
*MUSONE, riv. d'Italie (Macerata), naît à 7 kil. S. O. de Cingoli, coule au N. E., et se jette dans l'Adriatique à 5 k. N. E. de Lorette, après 55 kil. de cours. Sous le roy. français d'Italie, elle avait donné son nom à un dép. qui avait pour di.-l. Macerata.
*MCSONIUS RUFUS, stoïcien, né sous Tibère à Vol-sinium, était chevalier romain. Il ouvrit à Rome une école de philosophie qui fut très-fréquentée. Compromis dans la conjuration de Pison contre Néron, il fut exilé dans l'île de Gyare. Rappelé par Vitellius, il se fit tellement estimer que Vespasien l'excepta seul lorsqu'il chassa de Rome les philosophes. On a de lui quelques fragments, publiés sous le titre de Be-tfqmœ, par Peerlkamp, Harlem, 1822.
*MUSSATO (Albertin), historien et poète, né à Pa-doue en 1261, m. en 1329, remplit plusieurs missions près de l'empereur Henri VII et commanda les troupes de Padoue dans les guerres contre l'empire et contre Vicence. Il n'en fut pas moins banni par ses ingrats concitoyens et mourut en exil. lia laissé : De gestis Henrici VII imperatoris ; De gestis Italo-rumpost Uenricum, et des tragédies latines. C'est un historien véridique et un bon écrivain. Ses OEuvres ont été publiées in-fol., Venise, 1636.
*<s>[[Pieter van Musschenbroek|MUSSCHENBROEK. (Pierre VAN)]], physicien, né à Leyde en 1692, mort dans la même ville en 1761, exerça d'abord la médecine, puis fut successivement professeur de philosophie, de mathématiques et de médecine à Duisbourg, à Utrecht, et enfin à Leyde, 1740. Il était l'élève et l'ami de S'Gravesande. Il contribua puissamment par ses leçons, ses découvertes et ses ouvrages à introduire en Hollande la philosophie expérimentale et le newtonianisme ; on estime surtout ses recherches sur l'électricité, la cohérence des corps, le magnétisme, la capillarité, le pyromètre; il eut part àla célèbre expérience de la bouteille de Leyde. On a de lui un discours Decertametlwdo philosophix expérimentale, 1723 ; des Eléments de physique, en latin, 1726, réimprimés après sa mort sous le titre de Introducti'o ad philosophiam naturo-Um, 1762 (trad. en français par Sigaud Lafond) ; Dissertationes physicx et geomelrise, 1729; De methodo instituendi expérimenta physices, 1730. Il était correspondant des académies des sciences de Paris, Berlin, St-Pétersbourg, Londres, etc.</s>
*HUSSELBURG, v. d'Ecosse (Edimbourg), à9 kil. E. d'Edimbourg; 9000 hab. Chemin de fer. On y fait beaucoup de set — Cette ville appartint successivt à l'abbaye de Dunfermline, au comte de Làuderdale, k la duchesse de Monmouth. Marie Stuart et Both-well furent défaits près de là en 1568.
*[[Auteur:Alfred de Musset|MUSSET (Alfred de)]], poète, né à Paris en 1810, mort en 1857, était fils de Musset-Pathay, che! de bureau au ministère de la guerre, auteur d'une Histoire estimée de J. J. Rousseau. Condisciple du duo de Chartres (depuis duc d'Orléans) au collège Henri IV, il devint l'ami de ce prince. Après avoir essayé de diverses carrières, médecine, droit, banque, peinture, il ne sentît de goût que pour les lettres. II embrassa d'abord avec ardeur les doctrines de l'école romantique : il publia dès 1831 des Poésies diverses qui révélèrent son talent, composa,  à partir de 1833, de charmants Proverbes, dont plusieurs ont été joués avec succès (iw Caprice, H ne faut jurer de rien, Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, le Chandelier) ; donna en 1835 Un spectacle dans un fauteuil, nouveau recueil de vers qui reçut aussi le meilleur accueil; publia en 1836 les Confessions d'un enfant du siècle, roman qui parait être sa propre histoire; composa dans les années suivantes des Nouvelles et des Contes remarquables parle style comme par l'intérêt (les Deux maîtresses, Frédéric et Bernerelte, Histoire d'un merle blanc), et donna en 1850 un dernier recueil de poésies, qui mitle sceau à sa réputation. L'Académie française l'admit dans son sein en 1852* Il avait dû à l'amitié du duc d'Orléans la place de bibliothécaire au ministère de l'intérieur; il fut nommé par le gouvernement impérial bibliothécaire du ministère de l'instruction publique. Néanmoins, sans fortune personnelle et aimant la dépense, ilv vécut toujours dans la gêne» Ardent au plaisir et incapable de maîtriser ses penchants, ila brégea sa vie par ses excès et s'éteignit dans une vieillesse prématurée. A. de Musset résume les passions et les inquiétudes qui de son temps troublaient les esprits : ses œuvres, qui se ressentent de l'imitation de Byron, offrent un mélangé d'ironie et de lyrisme, de profondeur et de frivolité. Matérialiste audacieux dans ses premiers écrits, on le voit plus tard hésiter entre un scepticisme railleur et un enthousiasme vrai : ses dernières productions sont empreintes d'une grâce mélancolique et témoignent de certaines aspirations morales; on remarque en ce genre l'Espoir en Dieu. Après avoir été un des plus aventureux champions du romantisme, il en railla les écarts dans ses Lettres de Dupuis et Cotonnet, et le désavoua même dans son Discours de réception à l'Académie. Ses vers, quelquefois incorrects, sont en général remarquables par l'aisance du rhythme et par le coloris ; sa prose rappelle la netteté de Voltaire. Le talent de cet écrivain a été parfaitement apprécié par M.  D. Nisard, dans sa Réponse au discours de réception d'A. de Musset, et par M. Lamartine, dans ses Entretiens de littérature : ce dernier l'appelle le poëte de la jeunesse, mais de la jeunesse licencieuse et voltairienne. Une édition de ses Poésies complètes a para.en 1857. — Son frère aîné, M. PauL de Musset, né en 1804, s'est aussi fait un nom comme écrivain : on lui doit de bons romans, et un recueil des Lettres d'Alfred de M. 
*MUSSIDAN, ch.-l. de cant. (Dordogne), à 27 kil. S. de Ribérac; 1660 hab. Forges, mines de fer. Station. Pris par les Calvinistes en 1568, repris et saccagé par les Catholiques en 1569, démantelé sous Louis XIII. Enorme dolmen sur un coteau voisin.
*MUSSY-tËVEQUE ou MUSSï'-SUR-SElJSE, ch.-l. de cant. (Aube), à 22 kil. S. S. E. de Bar-sur-Seine près d'une belle forêt; 1800 hab. Beau marbre, vins, eau-de-vie. Patrie de Boursault. Ane château des évêques de Langres. — V. GUENEAU DE MUSSÏ.
*MUSTAGH (mont de glace), chaîne de montagnes d'Asie, entre l'Himalaya et l'Altaï, est la continua tion occidentale du Thian-ohan, et s'étend de 69' 30' à 78° 10' long. E., sur une longueur d'env. 1200 kil. 
*MUSTAPHA I, sultan ottoman, succéda en 1617 à son frère Achmet, fut détrôné quatre mois après par les Janissaires, qui placèrent sur le trône Osman If, fut rappelé en 1622 et fit périr Osman ; mais au bout d'un an, il fut déposé de nouveau et étranglé (1623). —il, fils de Mahomet IV, succéda en 1695 à Achmet II, son oncle, battit devant Témeswar en 1695 les troupes de Frédéric-Auguste, électeur de Saxe, remporta encore quelques succès sur les Vénitiens, les Polonais, les Moscovites; mais essuya dans la suite plusieurs défaites, fut notamment battu à Zentha par le prince Eugène (1697), et se vit, en 1699, obligé de signer la paix de Carlowitz. Il se retira à Andrinople, où il se livra à l'oisiveté. Il fut détrôné en 1703, et contraint de céder la couronne à son frère Achmet III: Il mourut peu de mois après. — in, fils d'Achmet III, né en 1716, m. en 1774, parvint au trône en 1757, se laissa aller à la mollesse, abandonnant le gouvernement à des ministres qui l'engagèrent dans une guerre funeste avec la Russie, et p.erdit Choczim, la Moldavie et une partie de la Valachie (1769-71); il répara cependant une partie de ses pertes dans la campagne de 1773. — IV, fut porté au trône en 1807, par la révolution qui en précipita Sélim III, son cousin. Il abolit toutes les institutions de son prédécesseur, obtint quelques avantages sur la flotte russe, repoussa les Anglais qui tentaient de s'emparer de l'Egypte, et voulut rabaisser les prétentionsdes Janissaires ; mais une révolte éclata, et il fut déposé et étranglé (1808). II fut remplacé par Mahmoud II, son frère.

 MUY	— 1319 —	MYGO

*MUSTAPHA , fils aîné du sultan Soliman I et d'une Circassienne, devait succéder à son père et promettait un excellent prince ; mais Roxelane, sa belle-mère, parvint à le perdre en persuadant à Soliman qu'il songeait à le détrôner. Le jeune prince était dans son gouvernement d'Amasie : Soliman se rendît à l'armée qui campait dans le voisinage, et ordonna à son fils de venir le trouver; dès qu'il fut arrivé dans sa tente, il le fit étrangler sans vouloir l'entendre (1553). L'année suivante, l'artificieuse Roxelane, voulant précipiter du trône Soliman lui-même, fit paraître un faux Mustapha, qui insurgea plusieurs provinces; mais il fut bientôt pris et jeté à la 'mer. — La catastrophe de Mustapha a été mise sur la scène française par Be'lin, 1705; Chamfort, 1777; Maisonneuve, 1785.
*MUSTAPHA-BEÏRACTAR. Y. BEÏRACTAR.
*MUSULMANS, c-à-d. Résignés à la volonté de Dieu, nom générique donné aux partisans de Mahomet, sans distinction de secte. V. MAHOMETISME. _ *MUSURUS (Marc), savant grec, né vers 1470 à Retimo (Candie), m. en 1517, vint jeune en Italie, s'y lia avec J. Lascaris, Aide Manuce et Ficin, fut nommé professeur de lettres grecques à Padoue, et remplit ces fonctions avec un zèle et un talent qui lui attirèrent des auditeurs de toutes les villes de l'Italie, de la France et de l'Allemagne. Léon X l'appela à Rome en 1516, et le nomma archevêque de Malvoisie en Morée. On lui doit les 1"" éditions d'Aristophane, Aide, 1498,de YEtymologicum magnum, 1499 (ouvrage que quelques-uns lui attribuent) ; de Platon, 1513; d'Athénée, du Lexique a"Hésychius, 1514, etc. On a de lui, comme poète, des Épigrammes grecques et un Poème à la louange de Platon (dans l'édition de Platon de l513, publié séparément par Muncker, Amst., 1676). Musurus est un des Grecs qui contribuèrent le plus à répandre en Europe le goût des lettres anciennes.
*MUTIEN (LE) , peintre. V. MUZIANO.
*MUTINA, auj. Modène, v. de la Gaule Cisalpine, chez les Bot'i, entre le Gabellus et le Scultenna, fondée par les Etrusques, et l'une de leurs lucumonies, devint colonie romaine en 183 av. J.-C. T. MODENE.
*MUTICS SCiEVOLA. 7. S.CEVOLA.
*MUTZIG, v. du B.-Rhin, sur la Bruche, à 24k. S. O, de Strasbourg; 3532 hab. Manufacture d'armes à feu. Ane château des évêques de Strasbourg.Vins blancs.
*MUY (LE), bg du dép. du Var, à 12 kil. S. E. de Draguignan; 1900 hab. Ane seigneurie, érigée en marquisat en 1697. Tour romaine (Turris deMedio), bien conservée. Charles-Quint faillit être assassiné à. Muy en 1536.
*MUY(Vict.BEPÉLix,comte du), maréchal de France, -né à Marseille en 1711, fut nommé en 1735 menin du dauphin, père de Louis XVI, fut fait lieutenant général en 1748, gouverneur de la Flandre en 1762, accepta de Louis XVI, en 1714, le ministère de la guerre, et fut en même temps promu au-grade de maréchal; mais il mourut dès l'année suivante.
*MUYART DE VOUGLANS,criminaliste, nê en l713 à Morancé (Franche-Comté),,,m. en 1791, fut membre du grand-conseil dans le parlement Maupeou, On a de lui : Instilutes au droit criminel, 1757-, Lois criminelles de la France, 1780, ouvrages-.estimés. 
*<s>[[Girolamo Muziano|MUZIANO ou LE MUTIEN]], peintre, né vers 1528 à Acquafredda dans le Brescian, m. en 1592, vint jeune à Rome, s'exerça d'abord dans le paysage, puis se livra au genre historique, orna de ses tableaux plusieurs églises de Rome, perfectionna l'art de la mosaïque et exécuta les belles mosaïques de la chapelle grégorienne. Il réussissait particulièrement à peindre les personnages d'une physionomie grave, les pénitents exténués par l'abstinence. Parmi ses tableaux, on remarque : l'Incrédulité de S. Thomas et la Résurrection de Lazare, au musée du Louvre ; une Troupe d'anachorètes écoutant la parole d'un Père du Désert, dans l'église des Chartreux à Rome.</s>
*MUZOXAC, ch.-l. de c (Morbihan) près de l'embouch. de la Vilaine, à23k. S.:-E. de Vannes; 1800 h. —Près de là, ruines de l'abbaye de Prières, fondée en 1250 par le duc de Bretagne Jean I.
===MY===
*[[Mont Mycale|MYCALE (le mont)]], auj. Samsoim, montagne de l'Asie-Mineure, en Ionie, au -S., entre Éphèse et Priène, en face de l'île de Samos, forme en s'avançant dans la mer le cap Trogilium. C'est à la hauteur de Mycale que les Perses furent défaits par la flotte grecque, que commandaient Xantippe et Léotychide, l'an 479, le jour même de la bataille de Platée. 
*[[Mycènes|MYCÈNES]],%cen*,anc v. de 1'Argolide.au-N.N'.E. d'Argos, à 6 k. S. E. du mont Trétos, .était, remplie de monuments magnifiques dont il ne reste que des ruines. Elle fut fondée, suivant les uns,par'Mycène, fille d'Inachus, vers 1920; selon d'autres, par Acrisius ou Persée, de 1462 à 1481, elle fut de 1431 à 1190 av. J.-C. la capitale d'un petit royaume qui disputait à Argos la suprématie sur le Péloponèse. Ses principaux rois furent : Persée, 1431 ; Sthénélus, 1397 ;Eurysthée, 1367; Hercule, vers 1330; Atrée et Thyeste, 1307; Agamemnon, 1280; Egisthe, 1270; Oreste, 1263; Tisamène, 1192; Penthilus et Comètes, 1190. Les Héraclides, à leur retour dans le Péloponèse, s'en emparèrent et la possédèrent comme dépendance d'Argos. Pendant les guerres médiques, Mycènes se montra lente à envoyer des secours contre l'ennemi commun, ce qui la rendit odieuse aux autres Grecs. Une contestation s'étant élevée entre Argos et Mycènes pour la possession du temple de Junon, les Argiens, joints aux habitants de Cléone et de Tégée, détruisirent la ville natale, 468 av. J.-C. La plus grande partie de l'enceinte subsistait encore au temps de Pausanias. Auj. la plaine de Mycènes, près de Karvati, offre des ruines importantes, parmi lesquelles on remarque des restes de murs cyclopéens et l'édifice circulaire appelé Tombeau d'Agamemnon ou Trésor des Atrides, édifice que l'on croyait, dans l'antiquité, avoir renferme les trésors qu'Agamemnon avait rapportés de Troie. 
*MYCERINUS, roi d'Egypte, fils de Chéops ou de Chemmis, construisit la 3e des grandes Pyramides, où sa momie a été trouvée en 1837. On le place 10 générations avant la guerre de Troie.
*MYCONE, Myconos, une des îles Cyclades, entre 'Ténos au N. E., Paros et Naxos au S., à 15 k. O. de Délos; 50 k. de tour. On y montrait les tombeaux des Centaures. Fréquemment bouleversée par des tremblements de terre, Mycone était presque inhabitée et très-pauvre. Ses habitants passaient pour avares et grands parasites. — Soumise pour Darius par Datis et Artapherne, Mycone tomba ensuite au pouvoir des Athéniens. Après la 4* croisade, elle appartint successivement à plusieurs familles de Croisés, puis à Venise, à qui Soliman II l'enleva. Elle prit une part active en 1822 à la guerre de l'Indépendance,.et fut, à la paix, comprise dans le royaume de Grèce; elle est I u'.ins le nome des Cyclades et l'éparchie de Syra. l>n}, on y compte 6000 h., qui habitent pour la plupart un petit bourg du même nom. Nombreuses églises grecques, plusieurs monastères.

 MTOS	• 1320 —	MISI

*MYDORGE (Claude), géomètre français, né à Paris en 1585, m. en 1647, fut d'abord conseiller au Châtelet, puis trésorier de la généralité d'Amiens. Il se lia d'une étroite amitié avec Descartes, auquel il rendit d'importants services et qu'il réconcilia avec Fermat; il dépensa près de cent mille écus à faire fabriquer des verres de lunettes et des miroirs ardents et à tenter divers essais. On a de lui : Examen des Récréations mathématiques (du P.Leurechon), Paris, 1630; l'rodromi Catoplricorum et Dioptricorum, 1639.
*MYGDONIE, anc. prov. de la Macédoine septentr., .'iitre la Péonie au N., le fleuve Strymon à l'E., le mont Calauron au S., et le fleuve Axius à l'O., était limitrophe de la Thrace, de la Chalcidique et de la Macédoine propre, et avait pour villes principales ïherma ou Thessalonique, Anthémus, Apollonie. Elle forme aujourd'hui la partie N. de l'eyalet de Saloniki. On connaît encore sous le nom de Mygdonie une petite contrée de l'Asie-Mineure, habitée par une peuplade d'origine thrace. qui s'étendait sur la côte de !a Propontide, entre cette mer au N., le mont Olympe au S., le Rhyndacus à l'O., et le lac Askania (lac de Nicée) à i'E ; — et une prov. de Mésopotamie, qui était située entre le Tigre et ie Chaboras, sur les deux rives du Mygdonius, etqui avaitiVisihîspourville principale. Eue devait son nom à une colonie de Mygdo-niens d'Europe, amenés par Alexandre le Grand.
*MYXASA, auj.lfe/asso, v. de la Carie, àl6 k. env. 'ie la côte et de la ville dePhyscos, qui lui servait de port, était la capitale des anciens rois de Carie. Jupiter y était adoré dans trois temples célèbres. Les Komains la déclarèrent libre après la conquête de l'Asie. Beaucoup de belles ruines.
*MTI.ES, Myla, auj. Helazzo,v. de Sicile, sur la l'ôte N., entre NauloqueetTyndaris, estfameusepar >:euxvictoires navales, l'une des Romains sur les Car-uiaginois, 260av.J.-C; l'autre d'Agrippa sur la flotte >'.e Sextus Pompée, 36 av. J.-C.
*MYLITTA, déesse assyrienne, analogue à Vénus.
*MYLIUS (Christ.), bibliographe allemand, né en î710 dans la principauté de Weimar, m. en 1757, professeur de philosophie, puis bibliothécaire à l'Université d'iéna, a laissé : Bibliotheca anonymorum et !>wudonymorum (faisant suite à l'ouvrage de Plac-i-ius), Hambourg, 1740; Memorabilia bibliothecœ ncademiœ lenensis, 1746.
*MYNAS (Minolde), philologue, né vers 1790 en Ma-i édoine, m. à Paris en 1860, professa d'abord enRou-mélie. vint en 18'21 s'établir àPans, s'y fit connaître par diverses publications philologiques, fut chargé >'n 1841 par M. Villemain, alors ministre, d'une mis-ion au mont Athos, en rapporta plusieurs manuscrits précieux, entre autres les Fables de Babrius i V. ce nom),la Dialectique de Galien, la.Gymnastique de Philostrate, les Pliilosophoumena,livre attribué successi vement à Origène, à S. Hippolyte, à Ter-tullien, au prêtre Caïus, et publié par M. Miller en 1851 et par M. l'abbé Cruice en 1860. La publication récente de nouvelles Fables de Babrius, dont M. My-nasaurait vendu subrepticement lemanuscrit en Angleterre, a donné lieu de suspecter sa loyauté.
*MYNDOS, auj. Mentech, v. grecque de la Carie occidentale, sur le golfe d'iassus, au N. O. d'Halicarnasse, était une colonie des Doriens de Trézène. Elle se soumit fort tard à Alexandre.
*MYONTE, Myus, v. cl'Ionie, sur la Méandre, près de son embouchure. Colonie athénienne, fondée par un fils de Codrus. Cest une des trois villes que Xer-xès assigna à Thémistocle pour les dépenses de sa lable. Dès le temps de Strabon , elle était entièrement dépeuplée. On en voit les ruines à Palatcha.
*MYOSIIOBAIOS, auj. Cosséir. v. et port de la Hte-Egypte, sur le golfe arabique, à 7 journées de marche de Coptos, fut fondée par Ptolémée Philadelphe. C'était l'entrepôt du commerce de l'Egypte avec l'Arabie et l'Inde.
*MYRA, v. de Lycie, près de la côte. Anc. évêché, occupé par S. Nicolas. Belles ruines ; ancien théâtre.
*MYRMIDONS, anc. peuplade grecque de la tribu des Achèens, habitait jadis l'île d'Êgine, lorsqu'elle était gouvernée par Eaque. Pelée, fils de ce prince, en emmena une colonie en Thessalie, dans la Phthio-tide, sur les bords du golfe Maliaque ; d'où les sujets d'Achille, fils de Pelée, sont appelés dans l'Iliade Myrmidons. Hésiode conte qu'à-la suite d'une peste qui avait ravagé Êgine, les fourmis (dont le nom grec est Myrmekes) furent changées en hommes à la prière d'Eaque pour repeupler le pays. Strabon explique ce nom par l'activité des Myrmidons comme agneutteurs,
*MYRMILLONS, gladiateurs à pied qui combattaient contre les Rétiaires (V. ce mot), étaient ainsi nommés parce que leur casque était surmonté d'un poisson de mer nommé en grec mormyros, d'oùi'on avait fait par corruption myrmillon. C'étaient généralement des Gaulois ou des Thraces.
*[[Myron|MYRON]], sculpteur grec, à Eleuthère, condisciple et émule de Polyclète, florissait vers 432 av. J.-C. Cet artiste excellait à représenter avec l'airain les animaux et à leur donner l'apparence de la vie. On estimait surtout une Génisse, si parfaite qu'elle paraissait vivante : elle existait encore à Rome en 550, devant le temple de la Paix.
*MYRONIDES, général athénien, s'illustra dans la guerre contre les Lacêdémoniens et les Béotiens (457 av. J.-C), vengea la défaite de Tanagre en battant les Béotiens à Œnophyta (456), prit toutes leurs villes à l'exception de Thèbes, soumit les Loeriens Opun-tiens et les Phocidiens, pénétra jusqu'en thessalie, et assiégea Pharsale, mais sans pouvoir s'en emparer.
*[[Myrrha|MYRRHA]], fille de Cinyras, roi de Cypre. Eprise de son propre père, elle entra furtivement dans son lit à la faveur de la nuit, et devint ainsi mère d'Adonis. Cinyras, l'ayant reconnue, voulut la tuer ; elle s'enfuit en Arabie, où elle mit au monde Adonis, et fut changée en l'arbre qui porte la myrrhe.
*MYRTILE, conducteur du char d'GËuomaûs, roi de Pise. Ce prince ayant déclaré qu'il ne donnerait la main d'Hippodamie, sa fille, qu'à celui qui le vaincrait à la course du char, Myrtile, gagné par Pélops, amant d'Hippodamie, donna à ÇEnomaûs un phar dont les roues n'étaient retenues à l'essieu que par des chevilles fragiles,et qui se brisaau milieu deIaroute(F.Œ-NOMAUS). Quand Myrtile vint demander au vainqueur le prix de sa perfidie, celui-cileprécipitadanslamer.
*MYRTOS, île de la mer Egée, au S. E. de l'Eubée, près du cap Capharée, donnait son nom à la mer voisine, Myrtoummare. Cette mer êtait semée d'écùeils. 
*MYSIE, Mysia, auj. livah de Karassi, contrée d'Asie-Mineure, sur la côte O., au N. de la Lydie. Ses limites varièrent souvent ; ordinairement on lui donne pour bornes, au S. la Lydie, à l'E. la Bi-thynie, au N. la Propontide, et à l'O. la mer Egée. .On la divisait en Petite-Mysie ou. Mysie Hellespon-lienne, s'étendaijt de l'Olympe à l'Hellespont, sur toute la côte de la Propontide ; et Grande-Mysie, comprenant les petites provinces de Troade, d'Êolide, de Pergamène et de Teuthranie, jusqu'aux frontières de la Lydie. Pays montagneux : on y remarquait le mont Ida en Troade et l'Olympe, au S. Villes principales : dans la Petite-Mysie, Cyzique, Scylace, Pitya,Lamp-saque, Abydos, Apollonie, Miletopolis; dans iaérande-. Mysie, Dardanos, Sigée, Larissa, Assos, Antandros, Adramytte, Scepsis, Pergame. —LesMysiens, sortis probablement de la Thrace et issus des Pélasges, n'occupaient originairement que la Petite-Mysie, entre les Troyens: et les Bithymens. Quelques-uns dérivent leur nom des habitants de la Mésié. Après avoir fait partie du roy..de Troie, puis de, celui de Crésus, de l'empire des Perses et d'Alexandre, et avoir été longtemps disputée entre les successeurs du conquérant, la Mysie devint laprincipaje province du roy. de Pergame ; elle passa aux Romains avec ce royaume. Elle fut comprise dans le proconsulat d'Asie, puis dans la prov. de l'Hellespont, et tomba avec le reste de l'Asie-Mineure entre les mains des Turcs, qui la possèdent encore.
 
 NABO	— 1321 —	NÀDA

*MYSON, laboureur du bourg de Chen, près de l'Gîta, est mis par Platon (dans le Protagoras) au nombre des sept sages de la Grèce, à la place de Périan-Ire. Il était contemporain d'Anacharsis et de Solon.
*MYSORE, contrée de l'Inde. V. MAÏSSOUR.
*MYSTÈRES. Outre les Saints mystères de la religion chrétienne, on désigne par ce nom : 1° des cérémonies secrètes qui se pratiquaient chez les Païens en l'honneur de certains dieux, et auxquelles on n'était admis qu'après de longues et pénibles épreuves (V. ELEUSIS , CERES , isis , MITHRA , etc.) : — 2° des drames que l'on représentait au moyen âge et dans lesquels on mettait en scène les principaux événements de l'Ancien ou du Nouveau Testament. V. MYSTERES dans notre Dict. univ. des Sciences.
*MYTHO ou MI-THO, v. importante de Cochinchïne, sur la r. g. de la principale branche orientale du Cambodge, près de son embouchure, et à 60 k. S. O. do Saïgon. Prise par les Français en 1861.