Revision 4247014 of "Discussion:Dictionnaire universel d'histoire et de géographie Bouillet Chassang/transfert Wikipédia-OCR/M" on frwikisource=M=
'''M'''. Dans les abréviations des noms propres, cette lettre se prenait chez les Romains pour Marcus; avec une apostrophe, M', pour llanius. — Chez les modernes, l'initiale M. se met pour Marie, Madeleine, Marthe, Marguerite; Marc, Martin, Michel, etc. ; — S. M. pour Sa Majesté; — M' pour Mac (c'est-à-dire fils de), dans les noms écossais.
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===MAA===
*MAAS, nom de la Meuse en allemand.
*MAASEYCK, MAASTRICHT. V. MAESEYCK, etc.
*MAB, la fée des songes et la sage-femme des autres fées dans les traditions du moyen âge. Quelques-uns en font la reine des fées et lui donnent pour époux Obéron. Chaucer et Shakspeare (dans Roméo et Juliette) ont donné de cette fée et de sa cour des descriptions fort poétiques.
*[[Jean Mabillon|MABILLON (Jean)]]<s>, bénédictin de la congrégation de St-Maur, l'un des hommes les plus savants de son ordre, né en 1632, à St-Pierremont, près de Vouziers, m. en 1707, vint en 1664 à Paris, et aida dom d'Achéry à rédiger son Spicilége. En 1683, Colbert l'envoya en Allemagne pour y chercher tout ce qui pourrait servir à l'histoire de la France. Il alla également en Italie en 1689 aux dépens du roi, et en revint avec une ample moisson de livres et de manuscrits précieux. Il passa le reste de sa vie dans l'abbaye de St-Germain des Prés à Paris, se livrant à la rédaction de ses importants ouvrages. Les principaux sont : Acta Sanctorum S. Denedicti in s<e-culorum classes distributa, Paris, 1668-1702,9 vol. in-fol., (auquel il joignit plus tard Annales ordinis S. Benedicti, 1713-39, 6v. in-f.); Analecta, 1675-85, 4 vol. in-8, et 1723, in-fol. (ce sont des pièces recueillies dans diverses bibliothèques); Se re diplo-matica, 1681, in-fol., ouvrage capital, où il explique tout ce qui regarde l'écriture, le style, l'origine des chartes et diplômes; Musssum italicum, 1687:1689, 2 vol. in-4; De liturgia gallicana, 1689 et 1729, in-4; S. Bernardi opéra, 1690, 2 vol. in-fol.; Traité des études monastiques, 1691. Sa Vie a été écrite par D. Ruinart, 1709, et par Chavin de Malan, 1843. Valéry a publié en 1847, une Correspondance inédile de Mabillon et de Montfaucon avec l'Italie.</s>
*[[Gabriel Bonnot de Mably|MABLY (Gabriel BONNOT de)]]<s> connu sous le nom d'abbè Mably, écrivain français, frère de Condil-lac, né à Grenoble en 1709, mort en 1785, fut placé au séminaire de St-Sulpice par le cardinal de Tencin, son oncle. Plus jaloux de son indépendance que des dignités de l'Église . il se contenta de recevoir le sous-diaconat, et s'occupa tout entier d'études sur l'histoire et la politique. D'abord secrétaire du cardinal de Tencin, qui faisait partie du ministère, il fut chargé par lui de quelques missions diplomatiques; mais, vers 1746, il rompit avec le cardinal, et renonçant aux affaires, il s'adonna exclusivement à ses études de prédilection. Il a composé plusieurs ouvrages sur l'histoire, la morale et la politique ; on y remarque en général un esprit austère, morose, une opposition vive aux institutions existantes et un grand enthousiasme pour les républiques de l'antiquité , surtout pour Lacédémone, qu'il présentait comme modèle. Ses principaux écrits sont : Parallèle des Romains et des Français, 1740 (où il professe des idées absolutistes, qu'il répudia depuis); Droit public de l'Europe, fondé sur les traités, 1748, dont là publication fut défendue en France; Observations sur les Grecs, 1749 ; Observations sur les Romains, 1751; les Principes des négociations, 1757; Entretiens de Phocion sur le rapport de la morale avec lapolitique, 1763 : c'est son meilleur ouvrage; Observations sur l'histoire de France, 1765; Doutes sur l'ordre naturel des sociétés, 1768; De l'Étude de l'histoire, 1778; Manière d'écrire l'histoire, 1782; Principes de Morale, 1784, etc. Mably est un utopiste, engoué de l'antiquité, enthousiaste de Sparte, et dont les idées furent malheureusement adoptées par quelques révolutionnaires. Comme écrivain, il est clair et quelquefois énergique, mais peu élégant et le plus souvent diffus. Ses OEuvres ont été réunies par l'abbé Arnoux, en 10 v. in-8, 1794-95.</s>
*[[Mac|MAC]]<s>, mot qui veut dire fils, précède un grand nombre de noms propres en Ecosse et en Irlande.</s>
*[[danse macabre|MACABRE (danse)]]. <s>On a nommé ainsi une ronde infernale qu'on supposait dansée par des morts de toute condition et de tout âge, rois ou sujets, riches ou pauvres, vieillards ou enfants, et à laquelle préside la Mort ; c'est une allégorie ingénieuse figurant la fatalité qui condamne indistinctement tous les humains à mourir. Cette ronde se trouve représentée au moyen âge (du XIIIe au XVe siècle) dans un grand nombre d'églises et de cimetières, surtout en Allemagne, et est décrite dans un ouvrage singulier intitulé la Danse macabre ou Danse des morts, qui parait avoir été d'abord écrit originairement en allemand, puis traduit en latin, en français, etc. Les plus anciennes éditions qu'on en connaisse en français remontent à l'an 1485 : Champollion-Figeac l'a exhumé en 1811 de la bibliothèque de Grenoble. Le nom de Macabre ne serait, selon quelques savants, que le nom même de l'auteur de cette invention poétique ; selon d'autres, ce serait une corruption de l'arabe magbarah ouma-kabir, cimetière. Parmi les Danses des Morts, on connaît surtout celles de Minden, de Lucerne, de Lubeck, de Dresde et celle de Bâle, peinte dans le couvent des Dominicains et attribuée à Holbem,</s>
*[[John Loudon McAdam|MAC-ADAM (John LOUDON)]], ingénieur, curateur des routes en Ecosse, puis à Bristol, né en Ecosse en 1755, m. en 1836, a inventé le système de routes par empierrement qui porte son nom. V. MACADAMISAGE dans notre Dict. univ. des Sciences.
MA.CA — 1146 — MàCG
*[[Macaire de Scété|MACAIRE (S.)]]<s>, l'Ancien, né dans la Hte-Egypte vers 300, de parents pauvres, m. vers 390, se retira dans le désert de Scété (Tnébaïde) à l'âge de 30 ans, en fut tiré malgré lui pour être revêtu du sacerdoce, eut à subir des persécutions à cause de son attachement à la doctrine du concile de Nicée. On le fête le 15 janvier. On lui attribue 50 lwmêlies, publiées en grec à Paris, 1559, et grec-lat. à Leipsick, 1698, à Bonn, 1850, et des Opuscules ascétiques, compris dans le Thésaurus ascelicus du P. Poussines.</s>
*MACAIRE (S.), le Jeune, contemporain du préc., né à Alexandrie (Egypte), se retira vers 335 dans la solitude. Il m. en 394. On le fête le 2 janvier. Il est regardé comme l'auteur de la Règle Se S. Macaire, imprimp.fi dans le Codex regularum, Rome, 1661. MACAIRE de Losane, cousin de Ganelon, et comme lui faux et méchant, donne son nom à un poëme du cycle de Charlemagne, édité par Gues-sard, 1866. On en a fait depuis un type de scélérat de notre époque : Robert Macaire.
*MACALO, lieu de Lombardie, entre Bergame et Brescia, où Carmagnole, commandant les troupes vénitiennes, battit en 1427 les généraux du duc de Milan.
*[[Macao|MACAO]], Ngao-men. en chinois, v. très-commerçante de la Chine propre (Kouang-toung), dans une presqu'île de la baie de Canton, à 120 kil. S. O. de Canton; 35000 h. (dont env. 5000 Portugais). Elle appartient de nom aux Portugais, mais un mandarin chinois y exerce une surveillance générale. Des agents de la Compagnie anglaise des Indes orientales y résident aussi 8 mois. — Macao est aux Portugais depuis 1580 : elle leur fut donnée par l'emp. Chi-Tsoqg pour avoir délivré le pays d'un chef redoutable de pirates. Port franc depuis 1845 ; station de tous les bâtiments allant à Canton. Résidence d'un évêque catholique. Imprimerie chinoise, dirigée par des orientalistes anglais; musée d'histoire naturelle et d'objets de sciences et d'arts. La ville européenne est très-petite, et séparée de la ville chinoise par une épaisse muraille. Assez florissante jadis, elle est auj. en décadence, surtout depuis l'établissement anglais de Hong-Kong.
*[[Louis Antoine Macarel|MACAREL (M. A.)]]<s>, né en 1792, m. en 1851, était. fils d'un conseiller à la Cour d'Orléans. Il remplit, à partir de 1828, la chaire de droit administratif à l'École de droit, fut nommé en 1830 maître des requêtes, puis conseiller d'État; fut appelé peu après par H. de Montalivet, alors ministre de l'intérieur, à la direction de l'administration départementale et communale, eut dans ce poste à préparer plusieurs lois importantes, fut, en 1849, élu par l'Assemblée nationale membre du conseil d'État et porté à la présidence de la section d'administration. Macarel avait dès 1818 publié des Éléments de Jurisprudence administrative; il les compléta en 1828 par son traité des Tribunaux administratifs. Son Cours de Droit administratif, publié pour la 1" fois en 1842, a été depuis mis' au courant de la législation par M. A. de Pistoye. </s>
*MACARONIQUE (poésie), poésie burlesque, dans laquelle on fait entrer des mots de la langue vulgaire en leur donnant une terminaison étrangère, surtout latine. Y. ce mot dans notre Dict. univ. des Sciences.
*[[George Macartney|MACARTNEY (George, comte de)]]<s>, diplomate anglais, né en Irlande en 1737, m. en 1806, fut successivement ambassadeur en Russie (1764), gouverneur de la Grenade et de Tabagp (1775), gouverneur de Madras (1780), et enfin ambassadeur en Chine (1792) : dans cette ambassade, il avait pour mission d'obtenir un traité de commerce avec la Chine, mais il ne put y réussir. Néanmoins il fut à son retour fait comte, puis pair, etfutnommé en 1797 gouverneur de la colonie du Cap. La relation de son ambassade en Chine a été publiée à Londres en 1807.</s>
*MACASSAR, anc. v. de l'île de Célèbes, jadis capit. du roy. de Macassar,par 127°88'long.E,,5°9'lat. S. Elle n'existe plus, mais près de son emplacement se voient auj» "Vlaardtagen et le fort de Rotterdam. — Le Royaume de Macassar était jadis florissant et occupait toute la.côte S. 0. de l'île ; il est auj. vassal de la Hollande; sa capitale actuelle est Goak, — Les Portugais mirent pied les premiers dans ce, pays en 1615; les Hollandais les en châssèrent en 1Ô67. Les Hollandais nomment Gouvernement de Macassarï'enr semble de leurs possessions dans l'île de Célèbes. On donne le nom de Rade de Macassar à une rade belle et sûre située près deTlaaïUiBgen, &àvDétroit de M. au détroit qui ségare Célèbes de Bornéo.
*MACABXAY (Thomas BABINGTON), écrivain anglais, né en 1800, dansée Leicester, d'une; famille écossaise, m. en 1859', avait"pour père iîn riche marchand. H s& fit recevoir avocat, mais sans vouloir exercer; débuta, dans la Revue d'Edimbourg, par des articles qui furent remarqués (notamment les Essais sur Milton, lord Clive,Warren Hastings), fut élu député en 1830 et soutint la cause de la Réforme, fut envoyé en 1834 à Calcutta comme membre du Conseil suprême de l'Inde, devint a son retour (1839) secrétaire de la guerre et membre du Conseil privé, et fut, en 1857, créé baron et pair d'Angleterre. Outre ses articles de Revue, qu'il a réunis sous le titre d'Essais de Critique et d'Histoire et qui ont été traduits en français par A. Pichot, 1860, il a,publié une Histoire de l'Angleterre depuis Jacques 21(1848-1856), dont il y a plusieurs traductions françaises. Cet ouvrage se distingue parune connaissance approfondie des sources, un rare talent d'exposition, une peinture fidèle des-mœurs et des caractères, un style vif et coloré, un esprit vraiment libéral; malheureusement, l'auteur n'a pu l'achever.
*MACAULEY (Catherine SAWBRiDGE,mîstris3), née en 1733 dans le comté de Kent, morte en 1791, épousa en 1760 le D*- Macàulêy, médecin de Londres, et se remaria en 1778 à an M. Graham. Imbue d'idées républicaines, elle fit en 1785 un voyage en Amérique où elle fut fort bien accueillie- de Washington; elle défendit la Révolution française contre Burke. On a d'elle une Histoire d'Angleterre.depuis Jacques I jusqu'à Vavênementde la maison de Hanovre, 8 v. in-4, 1763-83, hostile aux Stuarts, des Lettres sur l'éducation, 1790, et divers ouvrages de morale et de politique, entre autres une réfutation de Hobbes,
*[[Macbeth Ier d'Écosse|MACBETH]], prince écossais, cousin germain du roi Duncan, qui régnaitauxr» siècle. Selon les chroniques, une sorcière lui avait prédit qu'il serait roi fpour accomplir la prédiction, il assassina Duncan près d'In-verness et se fit couronner à sa place (1040). Il se rendit odieux par ses cruautés, et fut détrôné en 1047 par Malcolm, fils de Duncan, qui avait obtenu des secours du roi d'Angleterre, Edouard le Confesseur. Le crime de Macbeth a fourni à Shakespeare le sujet d'une de se* plus belles tragédies, qui a été imitée par Ducis. On croit que le Macbeth, de Shakespeare est le même que Duncan VII.
*MACCARTHY (Nie TULTE de), prédicateur catholique, né en 1769 à Dublin, était fils d'un comte irlandais établi en France. Il entra en 1818 dans l'ordre des Jésuites, se voua à la prédication, se fit entendre avec le plus grandsuccès dans lesprincipales villes de France et de l'étranger, à, Paris, à Lyon, àBordeaux, à Toulouse, à Strasbourg, ainsi qu'à Rome, à Turin, à Chambéry, à Annecy, et mourut dans cette dernière ville en 1833. Son éloquence brillait par le choix des preuves, la richesse de l'élocution, la noblesse et la vérité des mouvements, et par une action vive et touchante. Ses Sermons ont été imprimés en 1834, avec une IVofto par l'abbé Déplace.
*HAceARiar (Jacq.), géographe, d'une famille irlandaise autre que celle du précédent, né en 1785 à Cork, m. en 1835, futamené- jeune en France, s'enrôla à 17 ans, fut licencié en 1815 avec le grade de chef de bataillon, se fit instituteur et traducteur, puis obtint un emploi au dépôt de la guene, et remplit par intérim les fonctions de chef de la section de statistique. On lui doit un Choix de Voyages modernes,
10 vol. in-8, 1821-22, un Dictionnaire universel de Géographie, 2 vol. in-8,1835, et des traductions d'où-, vrages "historiques ou géographiques anglais. — Son fils, M. Oscar Maccarthy, officier distingué, s'est surtout occupé de la géographie de l'Algérie.
MACE — 1147 — MACË
*MACCHABÉE. Y. HACHABEE.
*MACCLESFIELD, v. d'Angleterre (Chester), sur le Roîlin, affluent de la Mersey, à 53 kil. N. E. de Chester; 40 000 hab. Belle église paroissiale de St-MicheT, bâtie en 1278. Fabriques d'étoffes de soie et de tissus de coton; nIatureshydrauliques;fonderies de cuivre et de fer. Aux env., houille, ardoises.
*MACDONALD (Et. Jaeq. Jos. Alexandre), duc de Tarente, maréchal de France, né en 1765 à Sancerre, d'une famille originaire d'Irlande, m. en 1840, servit d'abord dans le régiment irlandais de Dillon, se distingua à la bataille de Jemmapes, après laquelle il fut fait colonel (1792), fut nommé dès l'année suiv. général de brigade et défit le duc d'York en plusieurs rencontres. En 1795, il traversa leWahal sur la glace et s'empara de la flotte hollandaise à la tête de son infanterie : il reçut aussitôt en récompense le grade de général de division. Envoyé en Italie en 1798, comme gouverneur des États romains, il battit à Otri-coli 80 000 Napolitains,, qui étaient venus l'attaquer. Peu après, il remplaça Championnet dans le commandement de Naples et réduisit la Calabre. En 1799, il disputa opiniâtrement à Souvarow le passage de la Trébie avec une armée fort inférieure. L'année suivante , Moreau, général en chef de l'armée du Rhin, lui confia le commandement de son aile droite : il réussit, par une marche admirable à travers les Alpes, à s'emparer du Splugen. Disgracié en 1804 pour avoir défendu Moreau, il ne reprit du service qu'en 1809 et combattit à "Wagram : il s'y distingua tettement que Napoléon lui donna aussitôt le bâton de maréchal, avec le titre deducde Tarente.Enl812, il commandale 10" corps en Russie; il combattit à Lut-zen, àBautzenet àLeipsick (1813); pendant la campagne de 1814 il commanda l'aile gauche de l'armée et lutta sans relâche contre des forces supérieures. Après l'abdication de Napoléon, Macdonald fut nommé membre de la Chambre des Pairs et chargé deli-cencierl'armée de la Loire.En 1816, il devint grand-chancelier delà Légion-d'Honneur :il conserva cette dignité jusqu'en 1831. Dans toutes ses campagnes, Macdonald se distingua par son désintéressement. A la Chambre des Pairs, il semontra constitutionnel.
*Macdonald était le nom d'un clan écossais de la vallée de Glancoe, qui fut massacré en 1692 pour avoir pris part à l'insurrection en faveur des Stuarts.
*MACDUFF, bg d'Ecosse (Banff), à 2 kil. E. de Banff, sur le golfe de Murray,donne son nom aune branche des comtes de Fife. V. FIFE.
*MACEDO (le P. François de), dit François de St-Âugustin, cordelier portugais, né à Coïmbfe en 1596, m. à Padoue en 1681, fut chargé de plusieurs missions politiques à la cour de France par le roi de Portugal Jean IV, et professa à Rome, à Venise et à Padoue. Il a publié plus de 100 ouvrages, entre autres : Propugnaculum lusitano-gallicum,T?dins,18iil, où il défend les droits du duc de Bragance à la couronne de Portugal ; Encyclopœdia in agonem litteratorum producta (thèse de omni re scibili, qu'il soutint à Rome en 1657 pendant trois jours) ; Schéma congregationis S. Officii romani, 1676 : c'est une histoire de l'Inquisition, institution qu'il fait remonter jusqu'à l'origine du monde. Il excellait à improviser les vers latins. II avait aussi composé en latin des pièces de théâtre, Orphée, Jacob, etc., dont quelques-unes furent représentées devant Louis XIV.
*MACÉDOINE, Macedonia, roy. de l'anc Grèce, au N. de la mer Egée et delà Thessalie, à l'O. de la Thrace, à l'E. de l'IËyrie, avait pour bornes naturelles les monts Cambuniens et Olympe au S., Ber-truens et Pinde à l'O., Scardus auN., et le Stry-mon à l'E., mais finit par s'étendre à l'E. jusqu'au Nestus. On y distingue 5 régions principales, la B.- Macédoine, la H.-Macëdoine, ta Macédoine occid. on Illyrie macédonienne, la Macédoine orient, ou Thrace macédonienne, etlaChalcidique. Elle se divisait enfin assez grand nombre de provinces ou de pays : l'Ema-thie, berceau et centre de la monarchie, dont le nom est quelquefois étendu à toute la Macédoine, la Myg-donie, la Bottiée, l'Anthémasie, la Piérie; à l'E., l'Ëlymiotide,l'Orestide, laDassarétie, la Lyncestide, la Pénestie, etc. Les villes dTÊdesse et de Pella furent successivement capitales de toute la Macédoine. L'Ha-liacmon, le Ludias, l'Axius, le Strymon, en étaient les principales rivières. Beaucoup de ports; mines d'or (à Philippes). Les habitants, de race thrace autant qu'hellénique, éta'ient très-braves et infatigables, mais peu civilisés, du moins avant Philippe ; aussi les Grecs les regardaient-ils comme barbares.
Le roy. de Macédoine fut fondé vers 1392 av. J.-C. par une tribu de Pélasges, les Macedones, chassés de l'Histiéotide, contrée de la Thessalie. Pêlagon, un de leurs rois, défendit Priam contre les'Grecs. En 796, l'Héraclide Caranus, frère d'un roi d'Argos, amena dans l'Ëmathie une colonie d'Argiens et autres Grecs, fonda une dynastie nouvelle, et bâtit Ëdesse. Ses successeurs réunirent à leurs États la Haute et la Basse-Macédoine, ainsi que la Chalcidi-que. En 492, la Macédoine, envahie par les généraux de Darius, fut contrainte de subir l'alliance des Perses: mais elle revint à l'alliance grecque après la bataille de Platée, 479. Après le règne heureux d'Ar-chélaûs, le pays était lîvréàune anarchie complète, lorsque Philippe H monta sur le trône, 360 av. J.-C. Ce prince y rétablit l'ordre, reconquit les anciennes provinces, en ajouta de nouvelles, et soumit la Grèce entière à sa domination ; il se préparait à porter la guerre en Perse, lorsqu'il mourut assassiné, 336. Alexandre réalisa ses projets; mais à sa mort, 323, son empire fut démembré, et la Macédoine, après avoir été successivement dominée par Antipater, Po-lysperchon, Pyrrhus, Lysimaque, Ptolémée Cérau-nus, finit par devenir, en 278, le lot d'Antigone-Go-natas, dont les descendants la gardèrent jusqu'à la conquête romaine. Sous ces rois1 elle comprit, outre la Macédoine propre, la Thessalie ; en même temps elle. dominait surl'Epire, et exerçait une influence contestée, mais réelle, sur la plus grande partie de la Grèce méridionale. Les Romains ne réduisirent ce pays qu'après une longue lutte : l'an 200 av. J.-C, ds déclarèrent la guerre à Philippe V, qui avait soutenu Annibal; Flamininus lé vainquit à Cynoscé-phales en Thessalie, 197.; dix ans plus tard, Paul-Emile battit Persée à Pydna, 168;en 148, la révolte d'Andriscus servit de prétexte à une nouvelle guerre, et MéteUus, vainqueur dans une 2° bataille de Pydna, réduisit la Macédoine en province romaine. Lûrs du partage de l'empire aurv siècle de notre ère, la Macédoine fut comprise dans l'empire d'Orient; elle forma un des deux diocèses de la préfecture d'Illyrié. Ce diocèse, beaucoup plus vaste que la contrée connue jusque-là sous ce nom, était divisé en 6 prov. : Macédoine propre, capitale Thessalonique; Nouv.-: Épire, cap.Dyrrachium; Ane Spire, cap. Nicopolis;1 Thessalie, cap. Larisse; Crète,cap. Gortyne; Achaïë,' cap.Corinthe.Auxm's., les Croisés, devenusmaltres l de l'empire grec, formèrent en Macédoine, pour Bo-< niface de Montferrat, un royaume particulierqui avait ' Thessalonique pour capitale et qui est connu sous Ië nom de Royaume de Thessalonique. Au XVsiècle, la Macédoine tomba, avec les autres provinces de l'empire grec, sous le joug des Ottomans, qui la possèdent encore. Elle forme dans leur empire la partie occidentale de la Roumélie (eyalets de Salonique, d'Uskub et de Monastir),
* Rois de Macédoine depuis 796 av. J.-C.
Caranus, 796 Philippe I, 609
Cœnus, 766 Ajeropas, 576
Tyrimmas, 738 Alcêtas, ' 556
Perdiccas I, 695 Amyntas I, 538
Argeus I, 647 Alexandre I, 496
MàCH — 1148 — MACH
311
Perdiccas II, 452 Cassandre,
Archelaûsl, 429 Philippe IV,
298
Orestes, 405 Antipater,
Archelads II, 402 Alexandre, )
Amyntas II, 398 Démétriusl, 295
Pausanias, 397 Pyrrhus, d'Ëpire, 287-86
Amyntas III, 396 Lysimaque,deThra-
ArgeusII, 390 ce, 287^82
Amyntas III (rétabli), 388 Séleucus, de Syrie, 282
Alexandre II, 370 Ptolèmée Cêraunus, 281
Ptolémée, 369 Méléagre, 279
Perdiccas III, 366 Antipater (de nouv.), 278
Amyntas IV, 360 Antigone Gonatas, 278
Philippe II, 359 Pyrrhus (de nouv.), 274
Alexandre III, dit le Antigone(denou».)27342
Grand, 336 (Alexandre , fils de
Philippe IIIArrhidée, 323 Pyrrhus), 267-66
Alexandre Aigus, 317 Démétrius II, 242
(Régents : Perdiccas, Antigone Doson, 232
322; l'ithon, 320; Philippe V, 221
4«ïpa!er, 320s l'o- Perses, 178-168
Jt/i!percftoB,320-ll). Andriscus, 152-148
*MACÉDON1US, patriarche de Constantinople de 343 à 360, était attaché au parti des Semi-Ariens. Il ne parvint au patriarcat qu'à la suite de la déposition du patriarche Paul : le jour de son installation il s'engagea entre ses partisans et les Catholiques une rixe dans laquelle périrent plus de 3000 personnes. Déposé en 347, il ne recouvra son siège qu'en 360. A la suite d'autres troubles, l'empereur Constance le fit définitivement déposer, en 360, dans un concile tenu à Constantinople. Après cette déposition, Macédonius se fit le chef d'une hérésie nouvelle, celle des Pneumatiques, dits aussi Macédoniens, qui niaient la divinité du St-Esprit.
*MACER (CXODIUS), préteur en Afrique sous Néron, voulut, à l'avènement de Galba, se rendre indépendant et affamer l'Italie. Galba le fit tuer en 68.
*MACER (jEmilius), poëte de Vérone, né vers 70 av. J.-C, contemporain d'Auguste et ami d'Ovide, avait écrit un poëme sur les plantes vénéneuses, qui paraît perdu. Cependant on a sous son nom un poème de Ilerbarum virtulibus, qui a été publié à Bruxelles en 1477, à Hambourg, 1590, et à Leipsick, 1833, et qui a été traduit en français, Rouen, 1588.
*MACERATA, v. d'Italie, ch.-l. de prov., à 178 k. N. E. de Rome; 16000 hab. Évêché, tribunaux, université, créée en 1824. Belle cathédrale, porte Pie, etc. Elle occupe l'emplacement de l'anc. Êelvia Ri-cina, détruite par les Goths. Dans le roy. (français) d'Italie, elle fut le ch.-l. du dép. du Musone. — La prov. de Macerata, entre celles d'Ancône , Urbin, Pérouse, Camerino, Fermo et l'Adriatique, a 80 k. sur 45, et 250000 hab. Elle est traversée par l'Apennin et arrosée par plusieurs rivières (Musone, Esino, Potenza, etc.). Cette prov. appartenait aux États romains, où elle formait une Délégation. Elle a été annexée en 1S60 au royaume d'Italie.
*MACFARLANE (Robert) , écrivain politique, né en Ecosse en 1734, mort en 1804, écrivit en faveur de l'opposition, et dirigea en ce sens, pendant plusieurs années les journaux le Morning-Chronicle et le London Packel. Admirateur d'Ossian, il aida Mac pherson dans son travail de révision, donna lui-même une traduction en vers latins des poésies du barde écossais, ainsi qu'un Essai sur l'authenticité d'Ossian et de ses poèmes, Londres, 1804.
*MACUABËE (Matathias), vaillant guerrier juif, de la famille sacerdotale des Asmonéens, brava les ordres tyranuiques donnés par Antiochus Epiphane pour contraindre le peuple juif à sacrifier aux idoles, fut élu général par ses concitoyens insurgés, chassa les Syriens et releva les autels du vrai Dieu. Il mourut au milieu de ses succès, l'an 166 av. J.-C, laissant 5 fils, Judas, Simon, Jonathas. Jean et Éléazar; les trois premiers surtout sont célèbres.
*MACHABEE (Judas), fils de Matathias, lui succéda dans le commandement des Juifs en 166, battit les généraux d'Antiochus Epiphane, Apollonius, Ntcanor, Gorgias, Ptoléméëet Lysias; reutraen triomphe dans Jérusalem, etpurifia le temple(164). Antiochusayant envoyé contre Judas de nouvelles troupes, illes défit également. Ce roi allait marcher contre lui en personne, à la tète d'une armée formidable, lorsqu'il fut enlevé par une maladie terrible. Antiochus Eupa-tor, successeur d'Ëpiphane, accorda aux Juifs une paix avantageuse ; mais cette paix fut rompue par un nouveau roi de Syrie, Démétrius Soter: Judas, après avoir remporté plusieurs avantages, périt enfin dans un combat, accablé par le nombre, 161.
*MACHABEE (Jonathas), frère du précéd., lui succéda dans le commandement en 161, chassa Bacchidès de la Judée (158), s'allia avec Alexandre Bala, usurpateur du trône de Syrie, puis, après la mort de ce dernier, avec Démétrius Nicator, et quitta éflcore celui-ci pour se déclarer en faveur du jeune Antiochus, fils d'Alexandre Bala. Il soutint fidèlement ce dernier: Tryphon, qui voulait usurper le trône sur ce jeune prince, se défit de Jonathas par trahison, 143.
*MACHABEE (SIMON), frère des deux précéd,, succéda à Jonathas comme prince des Juifs et grand sacrificateur, s'empara de Gaza et fit reconnaître l'indépendance delà Judée par Démétrius Nicator, roi de Syrie. II eut ensuite à soutenir la guerre contre An-thiochus Sidétès, et força les généraux de ce prince à quitter la Judée. Après une administration glorieuse de dix ans, il fut assassiné par Ptolémée, son gendre. — Son fils régna sous le nom de Jean Hyrcan.
*MACHABEE (Éléazar). T. ELEAZAR.
*Le nom àe Machabée, dérivé de l'hébreu Machdb, marteau, fut donné aux membres de cette famille parce qu'ils brisèrent la puissance des rois de Syrie. leurs exploits sont racontés dans les deux livres de l'Ancien Testament qui portent le titre de Machabies,
*MACHABÉES (les), nom de sept frères qui souffrirent le martyre avec leur mère, sous antiochus Epiphane, l'an 168 av. J.-C. Leur crime était d'avoir refusé de manger des viandes consacrées aux idoles; Leur mère, avec un courage admirable, les exhortait à supporter les tourments. ~ Ces jeunes martyrs n'appartenaient point à la famille des précédents.
*MACHADO. Y. BARBOSA DE STACHADO.
*MACHANIDAS, tyran de Lacédémone, usurpa l'autorité l'an 210 av. J.-C, voulut assujettir tout le Péloponèse, mais fut vaincu et tué à Mantmée par Philopœmen, 206 av. J.-C
*[[Machaon (mythologie)|MACHAON]] et SPODAL1RE, célèbres médecins, fils d'Esculape et d'Épione ou Arsinoé, et élèves du centaure Chiron, étaient en même temps guerriers et guidèrent les soldats d'Œchalie au siège de Troie. Machaon y guérit Ménélas, blessé d'un coup de flèche; mais il fut tué par Eurypyle, fils de Télèphe. Podalire, après la prise de Troie, fit naufrage et aborda en Carie, où il;épousa la fille du roi. Les deux frères furent adorés après leur mort.
*MACHAULT, ch.-l. de cant. (Ardennes), à 17 kil. S. O. de Vouziers; 750 hab.
*MACHAULT D'ARNOUVÏLLE (J. B.), contrôleur général des finances, né en 1701, m. en 1794, fit rendre en 1747 un édit fameux connu sous le nom d'Édit de mainmorte, qui « défendait tout nouvel établissement de chapitre, collège, séminaire, maSson religieuse, sans une përmission expresse du roi, et révoquait tous les établissements de ce genre faits sans autorisation juridique. » Nommé en 1749 ministre d'Ëtat,il établit un impôtd'ùn vingtième, gradué sur le prix de ferme des terres, et dont personne n'était exempt. L'année suivante, il succéda à d'A-guesseau dans la charge de garde des sceaux, tout en conservant le contrôle général. Il fit rendre en 17 53 un arrêté pour la liberté du commercé des grains dans l'intérieur de la France. Nommé en 1754, ministre de la marine, il montra dans ce nouveau poste la même activité et la même intelligence que dan» les précédents, arma l'escadre avec laquelle LaGa-lissormîère défit l'amiral anglais Byng et celle qui ferma aux Anglais le chemin du Canada. Mais, attaqué de toutes parts, surtout par le clergé, dont il avait réduit les immunités financières, il fut disgracié la même année, par l'effet des intrigues de Mme de Pompadour (1754). Il vécut depuis dans la retraite, dans»sa terre d'Arnouville, près de Paris. Enfermé en 1794 aux Madelonnettes comme suspect, il mourut dans cette prison.
MACH — 1149 — MACS
*MACHECOUL, ch.-l. de cant. (Loire-inf.), à 32 k. S. O. de Nantes; 1600 hab. Jadis ch.-l. du duché de Retz, cette ville a beaucoup souffert dans les guerres de la Vendée.
*[[Auteur:Nicolas Machiavel|MACHIAVEL]] , Niccolo Macchiavelli , né à Florence en 1469, d'une famille noble, mais pauvre, mort en 1627, fut pendant 14 ans, de 1499 à 1512, secrétaire de la république florentine, chargé de recueillir les délibérations du conseil des dix magistrats suprêmes et de rédiger les traités et la correspondance. Il exerça en cette qualité une grande influence sur les affaires, et remplit plusieurs missions en France, en Allemagne, à Rome. A la suite d'une révolution qui rappela les Médicis dans Florence (1512), il perdit son office. Impliqué peu après dans une accusation de conspiration contre le cardinal de Médicis (depuis Léon X), il fut mis à la torture, puis exilé ; cependant il réussit au bout de quelques années à gagner la confiance des Médicis, et fut employé de nouveau (1521) : Laurent de Médicis le nomma historiographe de Florence. Il avait consacré aux lettres le temps de sa disgrâce, et c'est dans cet intervalle qu'il a composé la plupart de ses ouvrages. Les principaux sont : le Prince, où il enseigne aux tyrans les moyens de réussir, même au mépris de la justice et de l'humanité, et où il expose cette détestable politique qui a reçu depuis le nom de machiavélique : il adressa ce traité manuscrit en 1514 à Laurent de Médicis, devenu depuis peu maître de Florence, afin d'obtenir sa protection ; Discours sur Tile-Live, écrits vers 1516, où il se montre profond penseur, mais où l'on retrouve des doctrines politiques non moins perverses ; Histoire de Florence (de 1205 à 1424), écrite vers 1524 : c'est assurément son meilleur ouvrage; Legazioni, ou relation de ses ambassades; De l'Art de la guerre. On a aussi de lui quelques comédies dont la plus connue est la Mandragore, pièce très-licencieuse, et plusieurs nouvelles, parmi lesquelles on remarque Bel-phégor, qui a été imitée, ainsi que la comédie précédente , par La Fontaine. Ses oeuvres n'ont été imprimées qu'après sa mort. Les éditions les plus estimées sont celles de Florence, 1S13, 8 vol. in-8, et 1818, 10 vol. in-8. Elles ont été trad. par Guiraudet et Hochet, 1799, 10 vol. in-8, et par Périès, 1823-26, 12 v. in-8. Canestrini a publié en 1857 à Florence ses OEuvres inédites, récemment retrouvées. Les écrits de Machiavel sont condamnés à Rome. Le Prince a été réfuté par Frédéric II, sous le titre à'Anti-Machiavel. M. L. J. de Bouille a publié des Commentaires politiques et historiques sur le Traité du Prince deMachiavel et sur l'Anti-Machiavel de Frédéric 11, 1827. Sous le titre de Maàtiavel, son génie et ses erreurs (1833), Artaud de Montor a donné une juste appréciation de son caractère et de ses écrits. Quelque opinion qu'on ait de la moralité do cet homme célèbre, on ne peut lui contester le titre de grand écrivain. On l'a souvent rapproché de Tacite.
*MACUINE (la), bourg de France (Nièvre), à 6 kil. N. O. de Decize; 2000 h. Houille; forges.
*MACHINE INFERNALE. On connaît spécialement sous ce nom une machine meurtrière qui fut dirigée contre le 1" consul Bonaparte le 3 nivôse an ix (24 déc 1800): elle consistait en un tonneau rempli d'artifices et de projectiles, qui devait éclater au moment du passage du consul par la rue St-Nicaise près des Tuileries. L'explosion eut lieu quelques instants après son passage; 46 maisons furent ébranlées et endommagées; il y eut 8 personnes tuées et 18 blessées grièvement. Il fut reconnu que c'était l'oeuvre des royalistes : Carbon, St-Réjant, agents de 3eorge Cadoudal, furent exécutés ; Limoëlan, leur complice, échappa.
*On a aussi appliqué le nom de Machine infernale à l'appareil employé par Fieschi pour exterminer d'un seul coup toute la famille royale. V. FIESCHI.
*MACEÊJOWICE, vge de Pologne, à 60 k. S. O. de Siedlec.sur l'Ockrzeicza. Les Polonais,commandés par Kosciuszko,y perdirentle 10 oct. 1794 une bat.décisive.
*MACINE (le), historien arabe. V. ELMACIN.
*[[Karl Mack||MACK. (Ch., baron de)]], général autrichien, né en 1752 en Franconie, m. à Vienne en 1828, avait fait avec distinction plusieurs campagnes, notamment celles des Pays-Bas contre la-France en 1792 et 93, lorsqu'il fut envoyé en Ï798 à Naples par l'empereur d'Autriche pour commander en chef l'armée napolitaine qui marchait contre les Français, maîtres de Rome. Il se fit battre honteusement par Macdonaldet Championnet, puis tomba entre les mains de l'ennemi. Laissé prisonnier sur parole à Paris,il s'échappa. Chargé d'un nouveau commandement en Bavière, en 1806, il se laissa cerner par Napoléon et enfermer à Ulm, et fut forcé de se rendre à discrétion avec 30 000 hommes. Il fut condamné à mort; mais la peine fut commuée et il fut détenu 2 ans au Spielberg.
*MACKAU (Armand, baron de), amiral français, né à Paris en 1788, d'une famille originaire d'Irlande, m. en 1855, s'empara en 1811, n'étant encore qu'enseigne, d'un brick anglais beaucoup mieux armé, fut en récompense promu immédiatement au grade de lieutenant de vaisseau, et fut nommé capitaine de frégate dès l'année suivante, après avoir capturé plusieurs corsaires. Chargé depuis, la paix de plusieurs missions, il s'en acquitta avec succès : il dirigea notamment les négociations avec Haïti, porta en 1825 au Port-au-Prince l'ordonnance qui reconnaissait l'indépendance de la colonie et sut aplanir les difficultés qui se présentaient dans l'exécution. Il fut, à son retour, investi, avec le grade de contre-amiral, du commandement de là station des Antilles, obtint de la Nouv.-Grenade, sans coup férir, la réparation d'une insulte faite au consul français (1833), signa en 1840 avec le gouvernement de La Plata un traité destiné à mettre un terme aux différends survenus entre cette république et la France, et fut bientôt après nommé vice-amiral et pair de France. Appelé en 1843 au ministère de la marine, il s'attacha surtout à augmenter la flotte, à développer la marine à vapeur, à hâter, mais avec prudence, l'affranchissement des noirs, et fut élevé en 1847 à la dignité d'amiral. D'un caractère bon, généreux et sûr, administrateur aussi consciencieux qu'éclairé, le baron de Mackau joignait à la dignité et à l'autorité du commandement la bienveillance et l'affabilité qui font aimer.
*MACKENZIE (le), fleuve de l'Amérique septentrionale, sort du lac de l'Esclave à l'O., arrose le pays des Grands Esquimaux en coulant au N. O., et tombe dans l'Océan Glacial arctique par 136° long. O., 69° 14' lat. N. ; cours, 1200 k. Exploré en 1789 par Alex. Mackenzie et en 1825 par John Franklin.
*MACKENZIE (George), jurisconsulte écossais, né en 1636 à Dundee, dans le comté d'Angus, m. en 1691, vint étudier à l'Université de Bourges, acquit une grande réputation au barreau d'Edimbourg, et fut choisi comme défenseur par le marquis d'Argyle,accusé de trahison (1661); devint ensuite juge d'une cour criminelle, avocat du roi, et enfin l'un des lords du conseil privé en Ecosse; il montra dans ces fonctions un tel zèle pour la cause du roi que les Cove-nantaires l'appelaient l'Avocat sanguinaire. Après la révolution de 1688, il quitta l'Ecosse et se retira en Angleterre. On a de lui un grand nombre d'ouvrages de jurisprudence, de théologie et de morale, réunis à Edimbourg, 1716, 2 v. in-fol. ; on y remarque VA-rétin ou le Borna» sérieux; Religio stoïci; Moral gallantry; llist. morale de la Frugalité. Il avait fondé à Edimbourg la bibliothèque des avocats.
*MACKENZIE (H.), écrivain, né à Edimbourg en 1745, m. en 1831, fut avocat général à la cour de l'échamer d'Edimbourg, puis contrôleur des taxes en Ecosse. On lui doit plusieurs compositions pleines de grâce et de délicatesse, entre autres, l'Homme sentimental(ThejUanoffeeling),ncmvéQ.&, 1778; l'Homme du monde, qui fait suite à l'Homme sentimental; Julia de Roubigni, roman en forme de lettress Il publia deux journaux dans le genre du Spectateur qui eurent un grand succès : le Miroir et l'Oisif {the lownger). H s'essaya aussi, mais avec moins de bonheur, dans le genre dramatique. H. Mackenzie donna lui-même une édit. de ses OEuvres, 8 vol. in-8, Êdimb., 1808.
MâCO — 1150 — MACR
*KACKENZIE (Alex.), voyageur anglais, né vers 1760, alla de bonne heure au Canada pour y faire le commerce des pelleteries, découvrit dans ses excursions le fleuve qui a conservé son nom (1789), entreprit le premier, ep 1792, de traverser l'Amérique septentrionale dans toute sa largeur, réussit à exécuter ce hardi projet : il parvint en juillet 1793 sur les côtes du Grand Océan, par52°21'lat. N. La relation de son voyage fut publiée à Londres en 1801, si trad. en français dès 1802, par Castéra, Paris, 3 vol. in-8.
*MACK.INTOSH (sir James), écrivain écossais, né à Dores (Inverness) en 1765, m. en 1832, étudia d'abord la médecine, puis les lois, prit la défense de la Révolution française contre les attaques de Burke dans un livre intitulé: Yindicim gaUictmœ (1791), qui eut un grand succès et lui valut l'amitié deFo*; puis se produisit au barreau où il eut à plaider une cause célèbre, celle de Peltier, poursuivi pour un libelle contre le I" consul (Bonaparte) ; fut envoyé en 380% aux Indes avec le titre de juge au tribunal de 'Bombay; revint en Angleterre en 1811,entra au Parlement l'année suivante et fut un des promoteurs de la Réforme parlementaire. On a de lui: une Histoire de la révolution de 1688; une Bist. d'Angleterre; des Mélanges philosophiques, trad. par L. Simon; un Essai sur lesprogrès de laphilosophieinorale (trad. par Poret, Paris, 1836) : dans ce dernier ouvrage, il rapporte l'approbation morale, non àun jugement de la raison, mais à un simple sentiment, à une émotion toute spéciale.
*MAC-LAURIN (Colin), mathématicien écossais, né en 1698, à Kilmoddan près d'Inverary, m. en 1746, obtint dès 1717 la chaire de mathématiques au collège Maréchal, à Aberdeen, et fut plus tard adjoint à Gre-gory dans l'Université d'Edimbourg. Il publia à 22 ans un traité sur les courbes, qui étonna Newton lui-même; il partagea en 1740, avec Daniel Bernouilli et Euler, le prix proposé par l'Académie dessciences de Paris pour un mémoire sur le flux et le reflux de la mer. Il a laissé, entre autres ouvrages, Geometria or-ganica, Londres, 1720; Traité des (luxions (en anglais), 1742, trad. par le P. Pézenas, 1749; Traité d'algèbre, trad. par Lecozic, 1753; Découvertes -philosophiques de Newton, 1748, trad. parLavirotte, 1749.
*MACLOU ou WALO (S.), né au pays de Galles, dans la vallée de Lian-Carvan, à la fin du V siècle, vint vers l'an 520 prêcher la foi dans l'Armorique (Bretagne) , et se fixa près de la ville nommée à cette époque Aleth, et qui depuis reçut, en souvenir de lui, le nom de St-Malo. Après avoir éprouvé quelques persécutions de la part du roi Hoël, il fut élu en 541 èvêque d'Aleth. Il se démit dans la suite de ses fonctions pastorales pour aller faire de nouvelles conversions, et mourut à Saintes en 565. D'autres le font vivre plus tard et placent sa mort en 612 ou 627. On le fête le 17 nov. De nombreuses églises lui sont consacrées.
*MÂCON, Matisco, ch.-l. du dép. de Saône-et-Loire, sur la r. dr. de la Saône, à 401 kil. S. E. de Paris (411 par ch. de fer), à 67 kil. N. de Lyon; 18 006 h. Tribunaux de l" inst. et de commerce, lycée, école normale primaire, école de dessin et d'horlogerie, bibliothèque; société des sciences, arts, lettres et agriculture. Ancien palais épiscopal (Maçon avait jadis un évêché), église de St-Vincent, hôtel de ville, Hôtel-Dieu ;beau quai, pontsur la Saône, fort ancien, qu'on attribue, mais à tort, à J. César, restes d'un arc de triomphe. Fabriques d'étoffes de laine et de velours, d'horlogerie, de quincaillerie. Grand commerce de vins de Maçon, Thorins, Pouilly«t autres; raisiné dit de Cotignac, etc. Patrie de Seneçày, Dom-bey, Lamartine. — ?ille fort ancienne, qiji existait du temps de César, et appartenait aux Eduëns; souvent ravagée par les Barbares, notamment par Attila, et conquise par les Bourguignons. Réunieà l'empire de Charlemagne, puis au roy. d'Arles (877), elle eut des princes particuliers à partir du x« siècle. Alix, héritière du comté, épousa Robert de Dreux, qui le vendit à S. Louis en 1238. En 1435, Charles. VII céda le comté à Philippe le Bon, duc de Bourgogne ; mais Louis XI le réunit à la couronne après la mort de Charles le Téméraire (1477). Mâcôn fut dès le V siècle le siège d'un évêché, auj. supprimé; il s'y tint
2 conciles au vr siècle. Le Calvinisme y pénétra en 1559: aussi eut-elle à souffrir pendant les guerres de
religion : enlevée par surprise par les Catholiques en 1562, elle fut reprise en 1567 par les Protestants,
qui en furent chassés la même année. Le 9 mars 1814 un combat s'y livra entre les Français et les alliés.
*MACON (Comté de) MACONNAIS, un des 4 comtés annexes du duché de Bourgogne, entre le Caâlonnais au N., la Bresse à l'E., le Lyonnais au S., le Brion-nais et le Charolais à l'O, Places principales : Mâcon, St-Gengoux, Tournas, Cluny. Il forme auj. l'arrond, de Mâcon dans le dép. de Saône-et-Loire.
*BÏACORABA, nom latinisé de LA MECQUE,
*MACGUBA (LE), v. de la Martinique, sur la côte N. à 20 kil. N. deSt-Pierre; 2250 hab. Sucre, cacao, café, tabac fort renommés.
*MAÇOUD. V. MAS'OUO.
*MACPHERSON (James), écrivain, né en Î738 en Ecosse, dans le eomté d'Inverness, m. en 1796, publia en 1760 quelques Poésies d'Ossïan, ancien barde écossais, traduites de l'aneiemie langue gaélique et compléta cette publication en 1762 par le pogme de Fingal, en 1763par celuida Têmora. Ces poésies eurent un succès prodigieux et passèrent aussitôt dans toutes les langues de l'Europe; mais il s'éleva une vive controverse sur leur authenticité. Il parait que l'existence de poésies gaéliques est incontestable; Macpherson n'eut d'autre tort que de paraphraser l'original, d'en adoucir quelquefois la rudesse, et de remplir les lacunes par des passages de son invention. Pour lever tous les doutes, il légua à E. Màckensie la somme nécessaire pour publier le texte original d'Ossian (V. ce nom). Macpherson a aussi composé une traduction de l'Iliade, espèce de paraphrase qui a eu peu de succès, une Introduction. A l'Histoire de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, et une Histoire de la Grande-Bretagne, depuis la Restauration jus-qu'àl'avènement de la maison de Hanovre, ouvrages estimés, mais écrits au point de vue des tories. Il avait été nommé en 1764 secrétairedu gouverneur de la Floride orientale. En 1780 il fut élu député à la Chambre des Communes, mais U y garda presque constamment le silence.
*MACQUARIE, riv. de l'Australie (Nouv.-Galles mé-rid.), formée delaréunion du Fish-River etduCamp-bell's-River, par 147° 15' long. E., 33» 30' lat. S., sort des Montagnes Bleues et se perd dans des marais au centre du continent. On lui donne 1100 kil.
*[[Pierre Joseph Macquer|MACQUER (P. Joseph)]], chimiste, né a Paris en 1718, m. en 1784, était professeur de pharmacie à Paris, et membre de l'Académie des sciences. Il fit des découvertes importantes en chimie, mais il refusa de se rallier aux doctrines nouvelles de la science et combattit Lavoisier. Il a laissé plusieurs Ouvrages qui ont été longtemps classiques. Les principaux sont : Éléments de chimie théorique et pratique, Paris, 1756, vol. in-12; .Dictionnaire de chimie, 1778,2 vol.in-4. Macquer a rédigé dans le Journal des Savants, de 1768 à 1776, tout ce qui concerne les sciences naturelles. C'est lui qui introduisit a Sèvres, en 1768, la fabrication de la porcelaine de Saxe.
*MACRA, auj. la Hagra, petiie riv.d'Italie, formait la limite entre la Liguxie et l'fitrurie. _ ym jfAGa*.
MADA — 1151 — MABE
*MACRI, v. de Turquie. V. MAKRI.
*MACRIEN, M. Fuîvius Macrianus, un des 30 ty-jansqui prirent la pourpre sous Gallien, s'était élevé par son mérite aux premiers rangs de la milice, et avait été chargé par Valérien de l'administration de la Syrie pendant l'expédition de cet empereur contre les Perses. A la nouvelle de la captivité de Valérien, il prit la pourpre en Syrie (260), passa la mer et s'avança jusqu'en Illyrie; mais là 11 fut battu par Auréole (261) et se fit tuer par ses officiers. Il s'était associé ses deux- fils, Macrien le jeune et Quiétus : le premier périt avec lui ; le deuxième fut tué dans Émèse où l'assiégeait Ôdénat. La Vie de Macrien et de ses deux fils a été écrite par Trebellius Pollio.
*MACRIN.if. Opilius Macrinus, empereur romain, né en 164 à Césaréeen Numidie, était préfet du prétoire sous Caracalla. Proclamé par l'armée quelques fours après l'assassinat de Caracalla, dans lequel on le soupçonne d'avoir trempé (217), il signala son avènement par de sages mesures; mais son extrême sévérité souleva bientôt contre lui une partie des soldats.Une légion d'Émèse salua Héliogabale empereur, et Macrin fut tué par ses propres soldats près d'Ar-chélaïde, en Cappadoce, 218. Il s'était associé Diaduménien, son fils, qui périt avec lui.
*MACROBE, Ambrosius Aurelius Theodosius Macrdbius, écrivain Latin du v° siècle, était en 422 grand maître de la garde-robe {pr.sefectus cubiculï) de Théo-dose le Jeune : c'est tout ce que l'on sait sur sa vie. On a de lui un Commentaire sur le Songe de Scipion de Cicérou, et les Saturnales, en 7 livres, qui offrent, sous forme d'entretiens, un mélange curieux de science littéraire, de philosophie et d'antiquités. Un troisième ouvrage de Macrobe : Des différences et des analogies des mots grecs et latins, ne nous est pas parvenu tel qu'il l'avait composé : on n'en a qu'un abrégé. La latinité de Macrobe est médiocre ; il copie souvent Sénèque et d'autres auteurs; mais son livre des Saturnales est utile par les particularités qu'il nous apprend sur les Romains. Comme philosophe, il appartient à l'école platonicienne : on trouve dans ses écrits de nombreux emprunts faits à Plotin. Les meilleures éditions de cet auteur sont celles de Leyde, 1670 ; Tariorum, Leips., 1774 (due à Gronovius) ; deL. -Ja-nus, Leips., 1848-52. Ses œuvres ont été traduites par Ch. de Rozoy,,1827, et se trouvent, avec de nouvelles traductions,dans les collections Panckoucke et Nisard.
*MACROBIENS (c-à-d. Qui a une longue vie), peuple fabuleux qui vivait, disait-on, jusqu'à mille ans. On les place tantôt dans l'île de Méroé, tantôt en Ë-thiopie sur les bords de la mer.
*MACRON, Nssmus Sertorius Macro, favori de Tibère, présida à l'arrestation et au supplice de Séjan, et fut récom pensé par la dignité de préfet du prétoire. Lorsque Tibère approcha de sa fin, Macron engagea Caligula à prendre possession du gouvernement pendant l'agonie même de l'empereur; voyant que Tibère revenait à la vie, il le fit étouffer. Son crédit ne fut pas de longue durée : dès l'année suivante, Caligula l'impliqua dans une conspiration et l'obligea, ainsi que sa femme, à se donner la mort, l'an 38 de J.-C.
*MACTA (la), c-à-d. le gué, cours d'eau de l'Algérie (prov. d'Oran), formé par la réunion de l'Ha-brah, du Sig et de l'Hammann, se jette dans la Méditerranée entre Arzew et Mostaganem. Le général Trézel, combattant Abd-el-Kader, subit un échec près de son embouchure (28 juin 1835): on raconte que des batteries d'artillerie entières ont disparu dans les marais. Grands travaux d'aménagement ( assèchement ) fin des années 1950 ; à cette même époque le bruit courut qu'un crocodile vivait dans cette zone : il semble qu'un cadavre de crocodile ait été retrouvé à cette époque
===MAD===
*MADAGASCAR, MenulhiasP grande île de la mer des Indes, à 600 k. de la côte orient, de l'Afrique australe, dont elle est séparée parle canal de Mozambique; 1700 k. duN. E. au S. O.sur 580 de large; env. 5 000 000 d'h. Lieux princip.; Tananarive, capit.; Ta-matave, Tintingue, Foulpointe. Les monts Amhosté-mènes et Bétanimènes la parcourent du N. au S. et s'élèvent à 3000 et 4000". Beaucoup de rivières. Climat beau, très-chaud, mais meurtrier pour les Européens sur les côtes. Sol d'une fertilité admirable, et -jui donne des produits particuliers à l'île, mais très mal cultivé; mines de cuivre, plomb, étain, mercure, fer, etc. (non exploitées,, sauf celles de fer). Les habitants, les Madécasses ou Malgaches, sont divisés en peuplades et tribus nombreuses : IesOvas, les Séclaves, les Antavars, les Betimsaras, lesAnta-cimes, les Bétanimènes sont les principales. On les croit de race malaise. Leur langue estricheet douce, leur culte très-simple. Bien que noirs, ils ont de beaux traits. — Connue des anciens, citée au xme siècle par Marco Polo, Madagascar fut visitée en 1506car le Portugais Lorenzo d'Almeida. Elle attira dès la fin du xvi* siècle l'attention de la France : Henri IV y fit construire un fort dans l'anse Dauphine: les Français y eurent quelques comptoirs depuis 1642 et un êdit de 1686 déclara l'île une dépendance de la couronne. Le comte Beniowski y fut envoyé en 1774; mais, ayant voulu se rendre indépendant, il fut combattu par la France même, et son établissement détruit, 1786. Depuis 1815, les Français ont occupé de nouveau quelques points (Tintingue, Tamatave, Foulpointe), mais ils les ont abandonnés en 1831, après une guerre malheureuse contre les Ovas, suscitée par les Anglais. Longtemps divisée en une foule de petits Etats, Madagascar, au commencement du xix" siècle, est devenue à peu près un royaume unique, grâce au génie du chef Radama : le paysd'Anossi et quelques districts échappèrent seulsàsa domination; il fit de Tananarive sa«xésidence. Sa veuve Ranavalo, qui lui succéda en 1828, signala son règne parla haine de l'étranger et par des persécutions contre nos missionnaires. Son fils Radama II, parvenu au trône en 1861, s'était rapproché des Européens, mais il fut assassiné dès 1863.— Macé-Descartes a donné VHist. de Madagascar, 1846.
*MADAME, titre que l'on donnait jadis en France à l'aînée des filles du roi, ou à la princesse du sang la plus rapprochée du trône, sans ajouter à ce titre le nom propre. On connaît surtout sous ce nom Henriette-Anne d'Angleterre, duchesse d'Orléans, fille de Charles I, roi d'Angleterre, et petite-fille de Henri IV, dont Bossuet prononça l'oraison funèbre, et Marie-Thérèse, fille de Louis XVI, et femme du duc d'Angoulême.
*MADAPOLLAM, v. de l'Inde anglaise (Madras), dans le pays des Circars sept., à 49 kil. N. E. de Ma-sulipatnam, et à l'O. des bouches du Godavery. Étoffes de laine, étoffes de coton, connues sous le nom de madapollam : elles sont plus fermes et plus lisses que le calicot ordinaire.
*MADAURE , Madaurus , v. d'Afrique propre, au centre, sur le Bagradas. Patrie d'Apulée.
*MADDALOM, Suessula, v. d'Italie, dans l'anc roy. de Naples (Terre de Labour), à 16 kil. S. O. da Capoue ; 11 000 h. Collège. Aux env., bel aqueduc
*MADÉCASSES, habitants-de MADAGASCAR.
*MADEIRA (la), riv. de l'Amérique du Sud, le-plus grand affluent de l'Amazone, se forme en Bolivie de la réunion du Guaporé et duMamoré, coule d'abord au N., entre dans le Brésil, tourne vers le N. E., reçoit le Guapey, le Sara, le Jamary, le Jeuparana, l'Axia, le Capana, et se joint à l'Amazone par plusieurs branches. Cours, 1780 kil.
*MADELEINE (Ste MARIE), Maria Magdalena,îemme galiléenne, née à Magdalum, sur les bords du lac de Génésareth, avait longtemps vécu dans le désordre; mais, à la vue des miracles dé Jésus, elle se repentit de ses péchés, se convertit et obtint son pardon. Depuis cette époque, elle suivit assidûment Jésus : elle assista à sa passion et'à son ensevelissement; elle apprit sa résurrection au moment où elle portait des parfums pour embaumerson corps, et l'annonça à S. Pierre et à S. Jean. On croit en Provence qu'elle finit sa vie à la Ste-Baume. On la fête le 22 juillet.
*MADELEINE DE PAZZI (Ste), carmélite, née à Florence en 1566, de l'illustre famille des Pazzi, morte en 1607, se distingua par son humilité, ses mortifications et son ardent amour pour Dieu. Elle a laissé des OEuvres spirituelles qui ont été recueillies par le P. Salvi, Venise, 1739. On l'honore le 25 mai. Sa Vie, écrite en italien par le P. Puccini, a été traduite en français par Brochaud, 1670.
MADF — 1152 — MÀDR
*MADELEINE (la), une des plus belles églises de Paris, à l'extrémité O. des boulevards du Nord, tire son nom de ce qu'elle est placée sous l'invocation de Ste Madeleine. C'est un monument d'architecture grecque; elle a deux façades, ia principale au S., en face de la rue Royale, l'autre au PL,, en face de la rue Tronchet, et est entourée de 52 colonnes corinthiennes cannelées. Le fronton qui surmonte la façade principale offre un superbe bas-relief, œuvre de Le-maire, qui représente le jugement dernier. — La Madeleine fut commencée en 1764; la Révolution en interrompit les travaux. Napoléon I lésât reprendre en 1807, pour faire de l'édifice un templede la Gloire, dédié à la grande armée. Le monument était fort avancé quand arrivèrent les événements de 1814. La Restauration le rendit à sa destination primitive: l'église fut consacrée en 1842. Les architectes qui ont successivement coopéré à sa construction sont Coûtant d'Ivry, Couture, Yignon et Huvé.
*MADELEY, v. d'Angleteire (Shrop), sur la Sa-verne, à 22 kil. S. E. de Shrewsbury, 8000 hab. Fonderies de fer. A 3 kil. de là, pont de fer de Coal-brook-Dale, sur la Saverne. Charles II, après sa défaite à Worcester, se réfugia dans cette ville.
*MADELONNETTES (Les), maison religieuse de Paris, destinée à servir d'asile aux filles repentantes, et placée sous l'invocation de Ste Madeleine, est sise rue des Fontaines, entre les rues du Temple et St-Martin. Elle fut fondée eu 1618 par Robert de Montry, et dotée par la marquise de Maignelay, sœur du cardinal de Gondi, et par le roi. Des religieuses de la Visitation de St-Antoine en eurent la direction. Pendant la Révolution, elle servit de pri-' son politique. C'est auj. une maison de détention pour les filles de mauvaise vie.
*MADEMOISELLE, titre par lequel on désignait en France la fille atnée du frère du roi. On connaît surtout sous ce nom la duchesse de Montpensier, fille de Gaston, duc d'Orléans, frère de Louis XIII.
*MADÈRE, Hadeira, lie de l'Atlantique, à 690 kil. de la côte occid. de l'Afrique sept,, par 12° 37' long. O., 32° 45' lat. N., forme avec quelques autres îles plus petites le groupe de Madère : elle a près de 1000 k. carr.; et env. 130 000 hab. ; capit. Funchal. Elle est hérissée de montagnes (parmi lesquelles le pic Ruivo, qui a 1900"); l'Ile est le produit d'un volcan, auj. éteint, et est encore exposée aux tremblements de terre. Climat chaud et très-sain, printemps perpétuel, ce qui fait recommander le séjour de Madère aux phthisiques; sol fertile; vins célèbres (madère sec, madère-malvoisie dit Malmsey; sercial, tinta). — Vue dès 1344, dit-on, parunmarm anglais, elle ne futvéritablementdécouverte qu'en 1418, par les Portugais J. Gonzalez, Zarco, Texeira et Pares-trello : elle resta depuis au Portugal. Ce n'était alors qu'une immense forêt (d'où son nom qui veut dire bois, pays boisé) : on y mit le feu (1421), et l'incendie dura 7 ans. La vigne et la canne à sucre plantées sur les cendres réussirent au delà de toute espérance. Les Anglais se sont emparés de Madère en 1801, sous prétexte qu'elle pouvaitêtre occupée par la France; ils l'ont aussi possédée de 1808 à 1814. Auj., bien qu'appartenant nominalement au Portugal, cette Ile diffère peu d'une possession anglaise .presque tout le commerce est entre les mains des Anglais.
*MADEUNO (Ch.), architecte, né en 1556 à Bis-sona en Lombardia, mort à Rome en 1629, termina à Rome l'église de St-Jacques des Incurables, que '?'ranç. Volterra avait laissée imparfaite; construisit ie dôme et le chœur de St-Jean des Florentins, fit la façade de Sle-Su%anne, obtint le titre d'architecte de St-Pierre, fut chargé par le pape Paul V d'achever cette célèbre basilique, dont il fit le frontispice, et construisit une foule d'autres édificesà Rome, parmi lesquels le palais Maffei, son chef-d'œuvre.
*MADFOUNEH (c.-à-d. yills enterrée), village de la Hte-Égypte, sur un canal, à la gauche du Nil, pat 26° 20' lat. N., 29° 40' long. E. Ruines à.'Abydos.
*MADGYARS, une des tribus sorties de l'Oural qui furent conduites par Argad en Hongrie au jj* siècle, était probablement la principale. Son. nom devint celui de toute la nation : c'est encore ainsi que les Hongrois se désignent eux-mêmes aujourd'hui.
*MADIAN, auj. Midian,v, anc. de l'Arabie, au N. E. de la mer Rouge et sur lés bords du golfe le plus oriental de cette mer (golfe Élanitique), était la capitale d'une peuplade de Madianîtes distincte de celle qui habitait à l'E. du lac Asphaltite. C'est à Madian qu'habitait Jéthro, beau-père de Moïse; c'est là aussi que se réfugia le prophète.
*MADIANITES, Maiianitx, peuple arabe, issu de Madian (fils d'Abraham et de Cêthura), habitait au S. des Moabites, à l'E. du lac Asphaltite, et menait la vie nomade et pastorale. Les Madianites étaient idolâtres; leurs filles, envoyées par eux auprès des Hébreux pour les séduire, y réussirent un moment. Les Madianites tinrent sept ans les Hébreux en servitude (1356-49) ; ils furent défaits par Gédéon. — Une autre peuplade de Madianites habitait au N. E. de la mer Rouge et avait pour capitale Madian. V. ce nom.
*MADISON (James), président des Etats-Unis, né en 1758 à Montpellier (Virginie), m, en 1836, était avocat. Il combattit en 1784 la proposition d'établir une religion dominante aux États-Unis, participa en 1786 à la rédaction de la constitution, fut élu presque à l'unanimité président en 1809, fit déclarer la guerre à l'Angleterre en 1812; fut réélu en 1813, continua la guerre avec succès, et'signa le traité du 24 déc 1814 qui fixait la limite septentrionale des États-Unis au lac Hudson et au lac Supérieur, En 1817» il quitta la présidence et se retira dans son pays natal, il protégea les sciences; on lui doit l'érection de l'Université de Virginie. — Plus de vingt^villes ou comtés des États-Unis ont pris le nom de Madison en l'honneur de l'ancien président : on connaît surtout une V. de l'Indiana, cn.-l. du comté de Jefferson, sur la r. dr. de l'Ohio, entre Indianopolis et Vincennes; 4000 h.
*MADJD-EDDAULABt (Abou-Taleb Roustem), le dernier des Bouides qui régnèrent sur la Perse centrale, succéda, sous la tutelle de sa mère Seïdah, à son père Fakhr-Eddaulah. en 997. Il ne tarda pas à dépouiller sa mère de toute autorité et prit pour minisire le fameux Avicenne. Il fut sans cesse attaqué par Mahmoud, sultan dé Ghazna, qui finit par s'emparer de sa personne et de ses États, en 1027.
*MADJICOSIMAH, groupe d'îles de l'empire chinois, dans le Grand Océan Êquinoxial, au S. O. de l'archipel de Liéou-Khiéou, et à l'E. de Formose. Thé, canne àsucre, poivre; arbresàvemiset encens.
*MADOURA. 7. MADURA.
*MADRAS, v. de l'Hindoustan, ch.-l. de la Présidence de Madras, sur la côte de Coromandel, par 77° 5(5" long. E., 13° 4'lat. N., àlûîi kil. N. de Pondiehéri, à 1630 kil S. O. de Calcutta ; 500 000 hab. Évêché anglican, cour suprême. La situation de Madras est peu favorable au commerce : le terrain aux environs est sablonneux, aride et sans eau. On y distingue l&Vitte-Blanche, aumilieu de laquelle s'élève le fort St-George (une des plus fortes places de l'Inde); et X&Ville-Noire infiniment plus grande et plus populeuse. Un canal lajointàl'Ennore. Beaucoup de pagodes, minarets mosquées, maisons à toits plats (qui donnent à la v illc un aspect bizarre). Quelques monuments: palais du gouvernement, douane, cour de justice, église Sl-Georgc, collège, fondé en 1812, observatoire, jardin botanique ; société asiatique, plusieurs journaux. Industrie active pour tous les tissus de coton, notamment pour les étoffes de couleur connues sous le nom de madras; très-grand commerce (inférieur pourtant à celui de Calcutta et de Bombay): outre les madras, on exporte coton brut, indigo, perles, écailles, tabac, etc.—Madras était jadis là capit. du Karnatic Les Anglais se la firent céder en 1639 par le radjah de Bid-janager : c'est le 1" établissement qu'ils aient eu dans l'Inde; ils en firent le ch.-l. de leurs possessions. La-bourdonnais la leur enleva en 1746, mais la paix d'Aix-la-Chapelle la leur rendit (17.48). Lally voulut la reconquérir en 1759, mais il échoua. Madras, depuis ce temps, h'a pas cessé d'appartenir à l'Angleterre. — La présidence de Madras, une des grandes divbions de l'Inde anglaise immédiate, est formée surtout des parties E. et S. E. de la péninsule, et est située entre les présidences de Bengale et d'Agra au N., les roy. de Nagpour, du Nizam et la présidence de Bombay au N. 0., le golfe d'Oman àl'O., la mer des Indes et le golfe de Manaar au S., et le golfe de Bengale à l'E. Elle comprend, outre le Kar-natic et le pays des Circars du Nord, des portions considérables du Koïmbatour, du Maïssour, du Malabar, du Kanara et du Balaghat, et compte environ 22 millions d'hab. Elle est subdivisée en 22 districts, et renferme, outre Madras, sa capitale, les villes de Nellore,Tritchinapali, Madura, Koïmbatour, Seringa-patam, Calicut, Cochin, Mazulipatam, Gandjam, etc.
*MADRID, Mantua Carpeianorum, puis Majoritum et Madritum, capitale de l'Espagne, ch.-l. de la Nouv.-Castille et de la prov. de Madrid, au centre du pays, sur la r. g. du Mancanarez, par 5° 53' long. O., 40° 35' lat. N., à 1400 kil. S. S. O. de Paris; 475000 h. Madrid e,-t le siège du gouvernement, des Cortès législatives et des administrations centrales. Évê-ché; université, qui était précédemment à Alcala de Hénarès. Mur d'enceinte, percé de 15 portes; rues larges, propres, régulières, mais mal pavées (les plus belles sont celles d'Alcala, qui est plantée d'arbres, d'Atocha, de San-Bernardino, de Toledo, de Fuen-carral); 42 places (entre autres la Piaza-Mayor, celle du Palais-Royal, celle du Soleil, et la place destinée aux combats des taureaux, hors de la ville, avec une arène autour de laquelle peuvent se ranger sar des gradins 17000 personnes). Principaux monuments : palais de Buen-Retiro, palais des Conseils, musée, hôtel des postes, douanes, Buenavista, arsenal, monnaie, etc. ; pont de Sêgovie sur le Mancanarez, arc-de-triomphe d'Alcala; 5 théâtres, belles promenades (le Prado, la Florida, les Délices, Campo-Grande); églises nombreuses, mais peu remarquables; plusieurs chemins de fer. Acad. des sciences (fondée en 1849), des beaux-arts, de la langue espagnole, de l'histoire d'Espagne, d'économie, de médecine ; 7 bibliothèques (la bibliothèque royale est une des plus riches de l'Europe); riche collection de tableaux des meilleurs maîtres espagnols, italiens, français et flamands; observatoire, jardin botanique; musée des sciences naturelles, musée d'artillerie; conservatoire des arts et métiers; collège de chirurgie, écoles de médecine, de pharmacie, des ingénieurs ; institut de St-Isidore (espèce d'université), etc. Manufactures royales de salpêtre,porcelaine, tapisseries, cartes à jouer; fabriques de chapeaux, étoffes de soie, broderies, orfèvreries, quincailleries, imprimeries, etc. Commerce médiocre. — Madrid n'était qu'un village au temps des Romains : elle fut prise par les Maures, qui la fortifièrent et lui donnèrent son nom actuel; Alphonse VI la leur reprit en 1083. Henri III, roi de Castille, la répara et l'agrandit vers 1400. Philippe II en fit la capitale de tout le royaume en 1560, à la place de Tolède. N'étant point place de guerre, cette ville a été souvent occupée, sans pouvoir opposer de résistance: les Fiançais y entrèrent en 1808, en 1809, en 18i2, et ne l'abandonnèrent définitivement qu'en 1813. Lope de Vega, Calderon, Quevedo, Moratin, etc., sont nés à Madrid. Il se forma dans cette ville une école célèbre de peinture qui a pour chef Velas-quez. — On connaît sous le nom de Traité de Madrid un traité signé à Madridle 14janv. 1526 entre Charles-Quint et François I captif : en retour de sa liberté, le roi cédait à l'empereur le duché de Bourgogne, le comté de Charolais, avec les seigneuries de Noyers, de Château-Chinon et la vicomte d'Auxonne, renonçait à toute prétention sur Naples, Milan, Gênes et itii, à la suzeraineté de la Flandre et de l'Artois, promettait d'épouser Êléonorê, sœur de l'empereur, et recevait en grâce le connétable de Bourbon. Ce traité ne put être exécuté. V. FRANÇOIS I.
MADR — 1153 - MAFF
*MADMP (Intendancede),une des cinq intendançes de . la Nouv. Castille, au N. de celle de Tolède; villes princ, Madrid, ch.-l.; Léganès, Gétafe. Env. 500000*hab. .
*MADURA ou MADURÉ, v. de l'Inde anglaise (Ma
dras), ch.-l. du district de son nom, dans l'anc Kar-
natic, à 430 k. S. Ô. de Madras, eià 100 k. S. O. de
Tritchinapali ; 20000 h. Jadis beaucoup plus peuplée.
C'est une des villes les plus anciennes et les plus sa
crées de l'Inde: célèbre temple dit Çahlari. On croit,
que c'est là Modura de Ptolémée. Démantelée parles
Anglais en 1801. , . '
*MADORA, une des Iles de la Sonde, à l'O. et près de ' Java, 150k.sur40; 150000h. (dont 150Q0Chinois);' ch.-l. Madura, sur la côte E. Bon port. B,elle végétation, riz, cocos, etc. ; nids d'hirondelle. Aux Hollaa-' dais depuis 1747; elle dépend du gouvt de Java.
*M.32LAR (lac), lac de Suède, au N. O. de Stockholm-et de Nikœping, communique avec la mer Baltique et le lac de Hiaslmar : 90 k. sur 40; il renferme environ 1260 petiles îles. On trouve sur les bords de ce lac plusieurs villes, entre autres Veste ras et Upsal, ainsi que plusieurs châteaux royaux (Drottningholm, Svartsjoe, Gripsholm, Rosersberg) et d'innombrables maisons de campagne. Il est sillonné en été par un grand nombre de bateaux à vapeur et de canots.
===MAE===
*MAEL-CARHAIX, ch.-l. de c (Côtes-du-Nord), à 45 k. S. O. de Guingamp, à 13 E. de Carhaix; 226 h.
*MAELSTROM (c-à-d. Courant qui moud), gouffre de l'Océan Glacial arctique, par 9° 20' long. E., , 67° 20' lat. N., sur la côte de Norvège, près de l'Ile Moskœ, une des Loffoden. Très-dangereux : il a beaucoup augmenté ces dernières années.
*MAELZEL (Léonard), mécanicien, né à Ratisbonne en 1776, m. à Vienne en 1855, a inventé plusieurs machines merveilleuses, entre autres, en 1807, le Panharmonica, composé d'un orchestre de 42 musiciens automates qui exécutaient avec précision les ouvertures du Don Giovanni de Mozart, de VIphigénie en Âulide de Gluck, de la Vestale de Spontini, etc. ; cette ingénieuse mécanique est auj. à Boston. On doit aussi à Maelzel l'invention du métronome (1816).
*MAESEYCK, v. de Belgique (Limbourg), sur la Meuse (Maês en flamand),à47k.de Tongresetàll8 de Bruxelles, 4000 h. Patrie de Jean et Hubert Van Eyck, inventeurs de la peinture à l'huile. — Jadis for tifiée. Prise par les Français en 167,5 et 1803. •
*MAËSTRICHT, le Trajectum ad Mosam des anciens, v. forte du roy. de Hollande, ch.-l. du Limbourg hollandais, sur les 2 rivés de la Meuse, à 170 kil. S. E. d'Amsterdam; 31 000 hab. Ville belle et bien bâtie. Citadelle, hôtel de ville, église de St-Servais, arsenal, pont sur la Meuse de 100° de long; chemin de fer pour Liège, etc. Société d'agriculture, athénée, bibliothèque; établissements de bienfaisance. Tanneries, distilleries; drap, flanelle, raffineries,papeterie, etc. Près de la porte St-Pierre commence une vaste carrière qui s'étend jusqu'à Liège, et qui, dit-on, en , cas de siège, pourrait donner asile à toute la population. — Maëstricht existait dès le iv* siècle. Elle fut. bâtie sur l'un des points où l'on passait la Meuse (Maês) dans un bac Elle soutint nombre de sièges, fut saccagée en 1576 par le duc d'Albe, prise en 1632 par le prince H.Fréd.deNassau, qui la céda aux États de Hollande; en 1673 et 1748 parles Français,qui la rendirent en vertu du traité d'Aix-la-Chapelle. Joseph II en revendiqua la possession en 1784, mais il fit cession de ses droits à la Hollande moyennant une somme de 9 500 000 livres. Bombardée par les Français en 1793, prise par Kléber en 1794, elle fut réunit* à la France en 1795 et devint le ch.-l. dudép. de la Meuse-Inf. Comprise en 1815 dans le roy. des Pays-Bas, elle fut, après la séparation de la Hollande et de la Belgique, l'objet de longues contestations; enfin en 1839 elle fut rendue au roi de Hollande.
MÀGD — 1154 — MAGE
*[[w:Raffaello Maffei|MAFFEI (Raphaël),]] <s>savant compilateur, surnommé YoUcrran, Volterranus, parce qu'il était de Volterra [ en Toscane, né en 1452, m. en 1522, a laissé, sous le titre de Commentarii urbani, une espèce d'encyclopédie en 38 livres, dont les 12 premiers traitent de la géographie, les 11 suivants des hommes célèbres, et les derniers de toutes les sciences cultivées alors. Sas OEuvres, publiées pour la 1" fois en 1506 à Rome, in-fol., ont été réimprimées à Paris en 1526.</s>
*[[w:Giovanni Pietro Maffei|SU.EFEI (J. Pierre),]] <s>savant jésuite, né à Bergame en 1535 ou 1536, m. en 1603, fut professeur d'éloquence a Gênes et secrétaire de la république. Vers 1570, il fut appelé à Lisbonne par le cardinal Henri de Portugal, pour travailler à l'Histoire générale des Indes, sur les documents conservés dans les archives publiques. L'ouvrage parut à Florence en 1588, in-f., sous ce titre : Historiarum Indicarum libri XVI ; il a été trad.en franc. parA.de LaBorieetparl'abbédePure. On lui doit aussi une Fie de Loyola, Venise, 1585.</s>
*[[w:Scipione Maffei|MAPFEI (François Scipion, marquis de),]] né à Vérone en 1675, m. en 1755, fit avec distinction la campagne de 1704, au service de la Bavière, puis revint en Italie pour se consacrer aux lettres. 11 composa en 1713 une tragédie de Mérope, qui fit époque dans l'histoire de l'art dramatique et qui commença une utile réforme en Italie. Unautre écrit, VEistoiredeVérone, achevade répandre sa réputation dans toute l'Europe. Il visita la France (1732), puis l'Angleterre, la Hollande, l'Autriche, et reçut partout le même accueil. De retour à Vérone, il y forma une riche collection d'inscriptions antiques, et en publia des copies exactes dans un recueil intitulé MusxumVeronense, 1749, in-f. Scipion Maffei était doyen de l'Académie délia Crusca, associé de l'Académie des inscriptions et belles-lettres de France, et membre de la Société royale de Londres. Ses OEuvres ont été publiées à Venise, 1790, 28 V. in-8. Elles contiennent divers recueils de poésies italiennes et latines. Sa Uérope fut traduite en franc, par Fréret et imitée par Voltaire.
*MAFFEO YEGIO, Maphasus Vegius, un des meilleurs poètes latins modernes, né en 1406 à Lodi, m. enl458, fut professeur de belles-lettres à Pavie, puis dataire du pape Eugène IV. Ses ouvrages les plus célèbres sont: VAnloniade, poème en l'honneur de S. Antoine, 1490; Âstyanax, la Toison d'Or (Vellus au-reum), 1475, et un Supplément à l'Enéide, Cologne, 1471 : ce supplément formait le XIII° livre du poëme.
*MAFRA, v. du Portugal (Estramadure), à 26 k. N. O. de Lisbonne; 2800 h. Grand palais royal, avec un parc de 20 k. d'étendue : couvent.
*MAGADOXO, roy. de l'Afrique, sur la côte orientale, borné au N. E. par le territoire d'Ajan, au S. O. par le roy. de Juba et au S. E. par la mer des Indes; env. 400 kil. de long; lieu principal, Magadoxo, par 2° 5' lat. N., 43" long. E. Habitants mélangés d'Abyssins, de Nègres et d'Arabes. L'intérieur du pays est peu connu ; il paraît renfermer des mines d'or et d'argent. Commerce d'ivoire. Les Portugais comprennent ce royaume dans leurs possessions d'Afrique; mais il paraît appartenir de fait à l'iman de Masoate.
*MAGALHAENS. Y. MAGELLAN.
*MAGDALENA, fleuve de laNouv.-Grenade, sort du lac Pampas, par 1° 5'lat. N., coule au N-, passe à Mompox, et tombe dans la mer des Antilles par plusieurs embouchures sous 11° 8' lat. N. , après un cours de 1300 k. Il a pour affluents, adroite le Bogota, le Sogamoso, à gauche la Cauca. — Il donne son nom à un des États de la Confédération Grenadine, quia 5000000 d'hectares de superficie, 90000 h., dont 66 000 esclaves, et dont la capitale est Carthagène.
*MAGDEBOURG, en latin moderne Magedoburgum ou Parthenopolis, v. des États prussiens(Saxe), cn.-l. de la régence de Magdebourg et de la province de Saxe, sur la r. g. de l'Elbe, à 158 kil. O.S. O. de Berlin; 60000hab. Évêché évangélique; cour d'appel, tribunaux civil et criminel; écoles de chirurgie, de oommerce, d'arts et métiers, de beaux-arts; école normale, gymnases ; bibliothèque. Citadelle, l'une des plus fortes de l'Europe : elle est dans une île de l'Elbe. La ville est divisée en.5 parties : Neumarlct, A U-stadt ou la forteresse, Meustadl, Sudenburg, Fried-richstadt.Wle est assez bien percée, bien bâtie, bien pavée. Magnifique cathédrale gothique, des xine et xrv" s., où est le tombeau d'Qthon le Grand: église St-Jean, qui renferme celui de Carnot ; hôtel de ville, devantlequelestunestatueéquestred'Othonle Grand; hôtel du gouvt, arsenal, machine hydraulique. Industrie active : fabriqués de sucre, soieries, cotonnades, lainages, tulles, bonneterie, dentelles, savon vert, gants: porcelaine, etc. Grand commerce de commission et de transit. Chemins de fer pour Leipsick, Berlin, Hanovre, Hambourg, Cologne. Navigation active sur- l'Elbe. —Placeforte des Saxons dès le vi"s., Magdebourg fut dévastée en 784 par les Wendes, 6t en 923 par les Huns. Reconstruite et agrandie par Othon I, elle fut érigée en archevêché en 967. Ruinée par Boleslas on 1013, incendiée en 1180, saccagée en 1214 par Othon IV,elle se releva chaque fois. Elle fut une des tilles principales de la Ligue han-séatique. Auxvi" siècle, elle embrassa la Réforme et prit part à. la Ligue de Smalkaïde : mise au ban de l'empire, elle résista encore après la bataille de Mûhl-berg (1547), et n'admit pas l'Intérim. Elle fut assiégée en 1550 par Maurice de Saxe, qui la prit en 1551. Elle souffrit beaucoup pendant la guerre de Trente ans : elle fut bloquée sept mois en 1629 par "Wal-lenstein, qui ne put la prendre; mais elle fut prise d'assaut en 1631 parTilly, qui la réduisit en cendres; assiégée encore en 1635, elle fut livr.ee par capitulation aux Impériaux, 1636: mais le traité de Westphalie la donna à l'électeur de Brandebourg. Les Français y entrèrent en; 1806, et l'annexèrent au royaume de 'Westphalie; elle devint alors eh.-l. du dép. de l'Elbe. En 1813 les Français, pour étendre leurs moyens de défense, démolirent les faubourgs de Neustadt et de Sudenburg (auj. rebâtis). — Otto de Guéricke naquit dans cette ville : on connaît sous le nom d'hémisphères de Magdebourg un appareil imaginé par ce physicien, pour démontrer la puissance de compression de l'air.— On appelle Centuries de Magdebourg une histoire ecclésiastique rédigée à Magdebourg dès les premières années de la Réforme et divisée en centuries ou siècles; elle eutpour principaux auteurs MathiasFlacius, Mathieu Richter, dit Judex, J. Wigand, B. Faber. On s'y proposait de montrer l'accord de. la doctrine des Réjormateurs avec la foi des premiers chrétiens. Ce tratail, publié à Bâle de 1559 à 157%,en 13 vol. in-fol., et à Nuremberg, 1757-65, 6 vol. in-4, s'arrête à l'anj[300. C'est pour le réfuter que Baromus entreprit séslinnales.
*MAGDEBOURG (Archevêché, puis Duché de), Ëtat d'empire, formé d'abord aux dépens de l'évêché d'Halberstadt, et auquel plus tard fut ajouté le canton compris entre le lac sàlédeMansfeld, l'Unstrutt, la Saale et l'Helme. Il eut pour noyau un souvent de Bénédictins fondé par Othon I en 937 et érigé en archevêché 30 ans après. L'archevêché avait pour métropole Magdebourg et pour suiîragants : Havelberg, Brandebourg, CammtnLebus, et, pendant longtemps Mersebourg et Naumbourg. Il fut sécularisé lors de la paix de 'Westphafie (1648), reçut alors le titre de duché, et fut donné à. l'électeur de Brandebourg, qui toutefoisn'enprit possession qu'en 1680.—La régence de Magdebourg, une des trois régences de la prov. prussienne de Saxe, a 11100 kil- earr., 630 000 h. et renferme, outre Magdebourg, Kalbe, Quédlinbourg, Tangermunde, les 2 Haldensleben, Burg_, ainsi que le comté médiatisé de Stolberg-"V7ernigêrode. Pays plat et fertile, traversé du N. au S. par l'Elbe, arrosé par la Bode, la Saale, la Havel, le canal de Plauer. Céréales, légumes, fruits, chanvre, lin, tabac, etc. Mines de sel, houiMe; chaux, tourbières.
*MAGEDDO, v. de Palestine, dans la demi-tribu occid. de Manassé, près de la mer. Josias, roi de Juda, y fut battu et tué par Néchao, roi d'Egypte, l'an 609 av. J.-C. Déjà, au xvii siècle av. J.-C, un autre roi d'Egypte, Toutmès III, y avait remporté une grande victoire sur plusieurs peuples d'Asie ligués contre lui.
MAGE 1155 — MAGN
*MAGELLAN (Fernand), en portugais Magaïhaens, célèbre navigateur portugais du xW siècle, servit d'abord dans l'Inde sous Albuquerque; mais, ayant eu à se plaindre d'une injustice, il passa en 1517 au service de l'Espagne, sous Charles-Quint. Chargé de diriger une expédition contre les Moluques, il conçut le projet de se rendre à ces lies en prenant par l'ouest et en passant au sud de l'Amérique, tandis que jusque-là on n'y était allé que par la route de l'est, en doublant le cap de Bonne-Espérance. Il réussit à exécuter ce projet à travers mille difficultés : parti le 20 sept.1519, il découvrit le 21 oct 15201e détroit qui porte son nom, entre l'Amérique méridionale et la Terre-de-Feu, traversa l'Océan Pacifique, et aborda en mars 1521 aux Philippines. Il périt peu après à Zébu, l'une des Philippines, dans une expédition contre les naturels, avant d'être arrivé aux Moluques mêmes. Bûrck a écrit sa fie, Leips., 1843.
*MAGELLAN (Détroit de), bras de mer qui sépare la Patagonie (extrémité S. de l'Amérique méridionale) de la Terre-de-Feu, par 52° 46' lat. S. et 70° 38-77° 14' long. O. : il a une longueur de 500 kil. sur une largeur qui varie de 60 kil. à 2. Il fut découvert par Magellan en 1520. La navigation y est très-dangereuse : aussi ce passage a-t-il été abandonné depuis la découverte du détroit de Lemaire.
*MAGENDBE (Franc.), célèbre physiologiste, né en 1783 à Bordeaux, m. à Paris en 1855, était fils d'un chirurgien distingué. Nommé à 21 ans par concours prosecteur de la Faculté de Paris, il devint bientôt après chef des travaux anatomiques. Fidèle aux doctrines de Haller, il s'efforça de ramener la physiologie hta. Méthode expérimentale, et entreprit, pour surprendre les secrets de la vie, une longue série de recherches : il soumit dans ce but une foule d'animaux vivants à des expériences dont la nécessité seule-pouvait faire excuser la cruauté. Le mérite de ses travaux le fît appeler aux postes médicaux les plus importants: il fut médecin de la Salpêtrière, puis de l'Hôtel-Dieu, professeur de physiologie au Collège de France, président du comité consultatif d'hygiène; \ en outre, il fut nommé membre de l'Académie de médecine dès sa fondation et peu après élu membre de l'Académie des sciences. Ses principaux ouvrages sont : Précis élémentaire dePhysiologie,\8\6; Leçons sur les phénomènes physiques de la vie, 1836-42; Leçons sur les fonctions et les maladies du système nerveux, 1839; Recherches sur le liquide céphalorachi-dien, 1842. On lui doit aussi un Formulaire et de savants mémoires sur leeerveau, sur l'usage du voile du palais et de l'épiglotte, sur le vomissement, sur l'œsophage, sur l'emploi del'acide prussique dans les maladies, sur la gravelle, sur la gélatine, dont il démontra, contre Darcet, l'insuffisance comme aliment; en outre, il avait fondé, en 1821, un Journal de physiologie. Il fut un des plus rudes adversaires de Broussais. Son Éloge a été prononcé en 1858 à l'Académie des sciences par M. Flourens, et à l'Académie de médecine par M. Dubois (d'Amiens).
*MAGENTA, v. de Lombardie, prov. de Pavie.à 34 k. N. O. de Pavie, sur la r. g. du Tessin, entre cette rivière et Milan; environ 4000 hab. On la croit bâtie par l'empereur Maxîmien-Hercule. Elle fut saccagée par Frédéric Barberousse en 1167.LesFrançais, commandés par l'empereur Napoléon III, y remportèrent sur les Autrichiens le 4 juin 1859 une grande ?ictoire qui leur ouvrit les portes de Milan; le général Mac-Mahon, qui avait eu la plus forte part à la victoire, fut créé duc de Magenta.
*MAGES, prêtres de la religion des anciens Perses, formaient une' corporation vouée à la fois au culte et aux sciences. Ils reconnaissaient un être suprême, dont le feu était le symbole; ils l'honoraient en plein air, sans temples ni autels, pensant qu'on diminue la majesté de Dieu en l'enfermant entre des murailles. Ils professaient l'immortalité de l'ârcs et croyaient qu'en quittant ce monde l'âme va habite? le soleil, séjour des bienheureux; mais qu'elle, doit, our y arriver, passer par" sept portes, chacune 'un métal différent, et placées chacune dans4a planète qui préside à ce métal. Parmi les sciences, ils cultivaient surtout l'astronomie, l'astrologie, et autres sciences occultes, ce qui leur a fait attribuer une puissance surnaturelle, dont le souvenir se conserve encore dans notre mot de Magie. Ils étaient surtout chargés d'entretenir le feu sacré. Quelques-uns font les Mages antérieurs àZoroastre, qui n'aurait fait que réformer leur antique religion. Les Mages jouissaient de la considération universelle et d'une grande autorité; mais l'un d'eux ayant usurpé le trône (Y. sr.iERnis], ils furent massacrés ; une cérémonie annuelle, dite Magophonie, rappelait ce massacre. On retrouve les successeurs des mages dans les prêtres actuels des Guêtres, répandus dans la Perse et l'Inde, surtout à Surate et à Bombay. Selon S. Matthieu, trois mages sortis de l'Orient, et conduits par une étoile, vinrent à Bethléem, lors de la naissance de Jésus, pour adorer l'enfant divin, et lui offrir de l'or, de l'encens et de la myrrhe. La tradition a fait de ces mages des rois. Y. EPIPHANIE. MAGETOBRIGA. Y. AMAGETOBRIA. MAGHREB (le), c-à-d. le Couchant, nom donné par les Arabes à la partie N. O. de l'Afrique, comprise entre la Méditerranée au N. et à l'É., le Grand-Atlas au S. et l'Atlantique à l'O. Elle renferme les anciens Etats barbaresques (Maroc, Algérie, Tunis, Tripoli, Sidy-Hescham et Biledulgérid).
*MAGISTERE (le). On désignait souvent ainsi la dignité de grand maître de l'ordre de Malte.
*MAGLIABECCHI (Ant.), savant bibliophile, né à Florence en 1633, m. en 1714, fut nommé par le duc Cosme III conservateur d'une bibliothèque que ce prince venait d'établir dans son palais; il a laissé un Catalogue des manuscrits orientaux de la Bibliothèque Médicis, et publié de précieux manu scrits cachés"dans la bibliothèque Laurentienne à Florence.
*MAGLOIRE (S.), né au pays de Galles, vivait au i VIe siècle et était cousin de S. Malo. Il embrassa la vie monastique dans son pays, puis vint prêcher en France, et devint abbé du monastère de Dol en Bretagne, puis évêque. Il fonda en 668 un monastère à Jersey et y mourut en 575, à 80 ans. On le fête le 24 octobre.
*MAGNAC-LAVAL, ch.-l. de c (Hte-Vienne), à 19 kil. N. E. de Bellac; 3435 hab. Collège. Jadis ch.-l. d'une baronnie qui fut longtemps possédée par la maison de Lamothe-Salignac-Fénelon, et qui fut érigée en duché en 1723.
*MAGNAN (Bernard Pierre), maréchal de France, né à Paris en 1791, m. en 1865; s'engagea volontairement en 1809; gagna ses premiers grades sous l'Empire et sous la Restauration ; devint en 1835 général de brigade et en 1845 général de division; fut élu député de la Seine à l'Assemblée législative (1849) ; se fit remarquer par son énergie à réprimer l'insurrection de Lyon (1849), prit une part active aux événements de décembre 1851, et fut en 1852 nommé maréchal de France et sénateur.
*MAGNATS, nom donné en Hongrie (et quelquefois en Pologne) à la haute noblesse, tels que : les barons du St-Empire ou comtes palatins, les conseillers auliques, les gouverneurs de Croatie, de Dal-matie, d'Esclavonie, le trésorier et les principaux fonctionnaires de la cour. Autrefois la dignité de magnat représentait une puissance réelle; aujourd'hui ce n'est plus qu'un titre honorifique. . MAGNE (Le), pays de Grèce. Y. MAÏNA. "" MAGNEN (J. Chrysostôme), Magnenus, médecin, né à Luxeuil vers 1600, m. à Paris en 1661, se rendit en Italie, et professa à Pavie. On lui reproche d'avoir trop accordé à l'astrologie. Ses écrits sont : Democritusreviviscens, sive de Atomis, Pavie, 1646; De Tabaco, De Manna. 1648...
MAGN — 1156 — MAGIl
*MAGNENCE, Flavius Magnentius, Franc de nation, fut fait prisonnier fort jeune par les Romains, prit du servieedans leur armée et devint capitaine des gardes de l'empereur Constant. Profitant de l'indolence de ce prince, il revêtit la pourpre à Augustodu-num (Autun) en 349, et battit Constant, qui périt en fuyant vers les Pyrénées (350) ; puis, marchant sur Rome, ily défit et tuaNépotien, autre usurpateur, et proposa à Constance II de le reconnaître empereur d'Oc-, cident. Celui-ci pour toute réponse marcha contre lui, le battit à Mursasur la Drave en Illyrie et le contraignît a prendre la fuite. Magnence, voyant ses affaires désespérées, se donna la mort à Lyon, en 353.
*MAGNESIE, Magnesia, contrée deThessalie, au S. E., entre le golfe Pagasétique et la mer de Thrace, se terminait par une presqu'île qui s'avançait dans la mer %ée, vers l'Eubée; ch.-l., Démétriade. Le pays tirait son nom d'une ville de Magnésie, située sur la côte E., d'où l'on a rapporté en 1854 de beaux bas-reliefs en marbre pentélique, provenant d'un temple de Diane, et qui sont au Musée du Louvre.
*Le nom de Magnésie est commun à plusieurs autres villes de l'antiquité, parmi lesquelles : Magnesia ad Mœandrum, auj. Ghusel Hissar,en Lydie, à l'O. de Tralles, coloniedes Magnésiens deThessalie : cette ville fut donnée à Thémistocle par Artaxerce ; — Magnesia ad Sipylum, auj. Manika ou Mansa, aussi en Lydie, au pied du Sipyle, et sur l'Hermus, célèbre par la vict. de Scipion l'Asiatique sur Antiochus III, roi de Syrie, 190 av. J.-C. On trouvait sur son territoire beaucoup d'aimant : c'est de là, dit-on, que l'aimant a été nommé magnes, pierre de Magnésie.
*MAGNOL (Pierre), médecin et botaniste, néà Montpellier en 1638, mort en 1715, fut nommé, sur la recommandation de Fagon et de Tournefort, professeur de botanique au jardin royal de sa ville natale. On a de lui : Boianicum Monspeliense, Lyon, 1676; Prodrornus historîœ generalis planlarum, 1689; Horlus regius Monspeliensis, 1697 ; Noyus Characler plantarum, 1720, posthume. C'est à lui qu'on doit la 1™ idée dos familles botaniques naturelles. Linné a donné le nom de Magnolia à un genre d'arbres de l'Amérique qui fait auj. l'ornement de nos jardins.
*MAGNUM PBOMONTORIUM (c-à-d. Grand cap), nom latin de plusieurs caps dans l'antiquité. Le plus important était en Lusitanie, au N. O. d'Olisippo (Lisbonne). C'est auj. le cap Hoca.
*MAGNCS I, surnommé Ladulos, roi de Suède, né en 1240, mort en 1290, était le 2° fils de Birger, et monta sur le trône en 1275 , au préjudice de son frère aîné Valdemar, qu'il condamna à une prison perpétuelle. Les grands ayant massacré son favori Ingman et même menacé la reine, il dissimula son ressentiment et invita leurs chefs à un festin, mais il les fit saisir et décapiter à mesure qu'ils arrivaient. Il fit des lois contre les voleurs et assura si bien le respect des propriétés qu'on le surnomma; la Serrure des granges (c'est ce que veut dire ladulos).
*MAGNos n, surnommé Smek (le Trompé), roi de Suède, fils du duc Éric, né en 1316, succéda dès 1319 à Birger, fils de Ladulos, à l'âge de 4 ans, mais ne commença à régner qu'en 1337. Pendant sa minorité le Sénat avail réuni à la couronne la Scanie, la Blékingie et le Halland : Magnus se laissa persuader de les abandonner au Danemark : c'est ce qui lui valut son surnom. Il fut obligé de céder ses États, en 1363, au duc Albert de Mecklembourg. Il mourut en Norvège en 1374.
*MAGNUS, te Bon, roi de Norvège et de Danemarck, fils de S. Olaûs, remplaça en 1036 Suénon sur le tiône de Norvège , et succéda en 1042 à Canut III en Danemark. Il mourut en 1047, laissant le Danemark à Suénon et la Norvège à Harald. Il avait rédigé pour la Norvège un Code qui n'existe plus.
*Après lui, 5 princes du nom de Magnus régnèrent sur la Norvège; les plus connus sont : MAGNUS ni, surn. Barefoot (pieds-nus, parce qu'il avait adouté la chaussure des Highlanaers écossais), roi de 1093 à 1103, fils et successeur d'Olaûs III, qui fit dos expéditions contre les Orcades, les Hébrides et l'Irlande , qui prit Dublin et fut tué dans une sortie après la prise de cette ville; — MAGNUS VU, le Législateur, fils de HaquinYI, lui succéda en 1263, et eut un règne glorieux et paisible. Il céda les Hébrides au roi d'Ecosse. enleva aux évêques le droit d'élire les rois et rendit ainsi la couronne héréditaire, favorisa le commerce, organisa la défense du roy., fit coopérer les assemblées nationales à la rédaction des lois et à l'assiette des impôts, et fit construire les premiers hôpitaux en Norvège. 11 m. en 1280.
*MAGNUS, fils de Christian III, roi de Danemark, né en 1540, fut proclamé roi en 1570 par les Livo-niens, fatigués du joug des Chevaliers teutoniques. Il se laissa battre par le czar Iwan IV, fut dépouillé par les Polonais de ses possessions les plus importantes, et mourut abandonné, en 1583.
*[[Johannes Magnus|MAGNUS (Jean),]] <s>archevêque d'Upsal, né à Linkœ-ping en 1488, mort à Rome en 1544, s'opposa au projet conçu par Gustave Wasa d'introduire la réforme en Suède; n'ayant pu réussir, il se retira à Rome. On a de lui : Gothorum Suecorumque histo-ria, Rome, 1554, in-fol.; Bâle, 1558, in-8; Historia metropolitanx Upsalensis, etc. </s>—Son frère, [[Olaus Magnus]], fut nommé, après lui, archevêque d'Upsal, mais ne put prendre possession de cette dignité, et mourut à Rome en 1568. On lui doit : Historia de gentibus seplenlrionalibus, Rome, 1555; Tabula ter-rarum septenlrionalium,] 1639.
*MAGNUS (Jacobus), écrivain français. T. LEGIUND.
*MAGNUS PORTOS (c.-à-d. Grand port), v. de la Bretagne romaine, chez les Belges, est auj. Ports-mouth; — v. delà Mauritanie Césarienne, la môme qu'Ârsenaria, sur la Méditerranée, au S. O.^de Car-tenna, est auj. Arxew;—v. et port d'Hispanie (Tar-raconaise), au N. O., est auj. La Corogne.
*MAGNY, ch.-l.de cant.(Seine-et-Oise), dansl'anc Vexin, à21 kil. N. de Mantes; 1600 h. Tanneries, bonneterie, tissage de chanvre. Jolie église gothique, avec un curieux baptistère de la Renaissance. Laterre de Magny appartint successivement à Catherine de Médicis, au duc d'Alençon, et à la famille Villeroy.
*MAGOG, 2" fils de Japhet, dont on piace les descendants dans le pays des Scythes. — Sous ce nom sont aussi désignés dans E_zéehiel et dans l'Apocalypse le peuple et le pays dont le géant Gog était le prince.
*MAGON, illustre famille carthaginoise, qui faisait partie de la faction barcine et de laquelle sortit An-nibal. Plusieurs Magon furent suffètes, généraux ou amiraux. L'un d'eux conquit les îles Baléares vers 702 av. J.-C.. et fonda dans Minorque le port qui est encore appelé de son nom Port-Mahon {Portus Ma-gonis). — Un autre, surnommé Barde, défit, en 396, dans un combat naval, Leptine, frère de Denys l'Ancien, mais fut battu par Denys lui-même à Aba-cène, 392, et à Cabala, ou il perdit la vie, 383.—Son fils, qui portale mêmenom, vainquitDenys àCronium en 382, mais fit aussitôt un accommodement avec lui. Envoyé de nouveau en Sicile plusieurs années après, il allait s'emparer de Syracuse, lorsqu'il se laissa intimider honteusement par Timoléon, 344. Traduit ea jugement, il se tua pour échapper au supplice, 343.
*MAGON , frère d'Annibal, se, distingua aux batailles du Tésin, de la Trébie, et eut une grande part à la vict. de Cannes (216), qu'il alla en personne annoncer à Cartilage. De concert avec son autre frère Asdrubal, il lutta pendant 10 ans en Espagne contre les Scipions, s'empara de l'île Minorque et y fortifia le Portus Magonis, qu'avait fondé un de ses ancêtres. Expulsé d'Espagne par les Romains en 205, il débarqua sur la côte de Gênes, fut battudans l'In-subrie par QuintiliusVarus, et périt peu après, d'une blessure reçue dans la bataille, 203. .
*MAGONIS ÏORTUS. V. MAHON (îORT).
*MAGOPHONIE. V. MAGES. MA*GRA, l'anc. Matra, rivière d'Italie, natt dans les Apennins, au-dessus de Pontremoii, qu'elle arrose, et se jette dans le golfe de Gênes, à 6 k. S. S. O. de Sarzane, après un cours de 55 kil.
MAHH — 1157 — MAÎÏO
*MAGUELONE, Uagalona, petite île de France (Hérault), dans l'étang de Thau, à 10 k. S. de Montpellier. Elle contient un village presque abandonné, qui était jadis une ville épiscopale. Cette ville, prise par les Sarrasins en 719, fut ruinée et reprise par Charles-Martel en 737; mais fut relevée peu de temps après. Elle fut détruite en 1633 par ordre de Louis XIII. L'évêché avait été transféré à Montpellier dès 1536.
*MAHABHARATA, grande épopée indienne, composée en langue sanscrite par le poète Vyasa (V. ce nom), se compose de 18 livres et renferme plus de 200 000 stances. Le poète y raconte les guerres de Kourous (ou Koravas) et des Pandous (ou Pandavas), et les exploits de Krichna et d'Ardjouna. Plusieurs épisodes de ce poème ont été traduits à part : le Bhaga-rad-Gi'ia par Schlegel,le Nalus par Bopp(1820).M. E. Foucaux en a mis quelques-uns en français, 1856-61 ; H. Fauche en a entrepris une trad. complète, 1863 et a. suiv. L'ouvrage entier a été publ. en sanscrit à Calcutta en 1834-39, et trad. par la Soc asiatique de cette ville.
*MAHAUT, ancienne forme du nom de MATHILDE.
*MAHDI ou MAHADI (al), c-à-d. le Dirigé, nom donné par certaines sectes de Musulmans, notamment par les Chyites et les 'Ismaéliens, à une espèce de Messie dont ils attendent la venue. Les Druses voient le Mahdi dans le sultan d'Egypte Hakem-Biamrillah. T., outre ce nom, IMAM et MOHAMMED-AL-MAHDI.
*MAHÉ, v. de l'Inde française, sur la côte de Malabar, à 40k. N.deCalicut;3000h. Bon port, sur lamer d'Oman. Poivre, cannelle, arak, cardamome, sandal, etc. Prise par les Français en 1724 : La Bourdonnais, qui eut la principale part au succès, en reçut le nom de Mahé; occ par les Anglais de 1761 à 1783, et de 1795 à 1815. Son territoire n'a que 9 k. de rayon.
*MAHE (îles), dans la mer des Indes, au N. de l'Ile Maurice, forment, avec les Amirautés, l'archipel des SeycheUes: on en compte 30, dont la principale est Mahé; 6000 hab. Aux Anglais depuis 1761.
*MAHERBAL, général carthaginois, suivit Annibal en Italie, décida les Gaulois Cisalpins à secouer le joug de Rome, remporta en Étrurie une victoire sur les Romains, et commanda la cavalerie à Cannes. Il conseillait à Annibal de marcher sur Rome immédiatement après cette victoire; l'avis contraire ayant prévalu, il s'écria : «Tu sais vaincre, Annibal, mais tu ne sais pas profiter de la victoire 1 J>
*MAHMOUD (Aboul Cacem Yémin-ed-Daulah), prince gaznévide, né à Gazna en 970, m. en 1030, contribua puissamment à étendre la puissance de sa famille, et obtint en 999 d'Ilek-Khan, souverain du Turkestan, l'empire du Koraçan. Il augmenta ses domaines par les armes, envahit l'Hindoustan, conquit l'Irak- Adjémi et forma un vaste Etat qui s'étendait des bords du Gange à la mer Caspienne. Il tenait sa cour à Balkh et à Gazna. Mahmoud est le Ie' qui ait pris le titre de sultan (empereur), au lieu de celui d'émir (commandant) qu'avaient porté ses prédécesseurs.
*MAHMOUD i, sultan des Ottomans, né en 1696, m. en 1754, était fils de Mustapha II, et fut placé sur le trône de Constantinople en 1730 par le visir Patrona Khalil, après la déposition d'Achmet III. Il se plongea dans la mollesse, se laissa enlever par les Russes Ot-chakoffetKinburn, 1734, et battre par les Perses, 1743.
*MAHMOUD ii, né en 1785, m. en 1839, fut élevé au trône en 1808 par Mustapha Beiraktar, chef des Janissaires, à la place de Mustapha IV, eut à soutenir des guerres malheureuses contre, la Russie, perdit la Bessarabieenl812,parlapaixdeBukharest,vitdel812 à 1817 la Servie, la Moldavie, laValachieluiéchapper également, fut forcé de reconnaître l'indépendance des Iles Ioniennes (1819), vit en 1820 éclater l'insurrection de la Grèce, et fut contraint, après 8 ans d'une guerre désastreuse, à abandonner la plus grande partie de ce pays, qui fut érigé en royaume indépendant (1828). Il ne fut pas plus heureux dans une nouvelle guerre avec la Russie : l'intervention des puissances européennes empêcha seule3.es Russes d'entrer à Côn-, s'tantinople; et il fut forcé d'accepter toutes les conditions du vainqueur à Andriùqplé (1829). Pendant, ce temps, Ali, pacha de Janina, bravait.son autorité (1819-22); Méhémet-Âli, pacha d^Ëgypté, qui s'était rendu. indépendant, lui enlevait la.Syrie en 1831 et battait ses troupes; défait 3 fois par les Egyptiens, Mahmoud se trouva réduit à recourir.à }â Russie, et,;pai- le traité d'Unkiar-Skélessi, il.se jnit à la merci de cette puissance. Il venait d'entamerune nouyv guerre avec Méhémet-Ali lorsqu'il mourut, en 1839;: peu de jours avant sa mort son armée avait été:détruite àNézib par Ibrahim, fils de. Méhémet-Ali. .Reconnaissant l'infériorité de son peuple vis-à-vis. de la civilisation européenne, Mahmoud avait entrepris de régénère! son empire : après avoir extermine. les Janissaires, qui s'opposaient a ses projets (1826), il appela à son aide les sciences et les institutions de l'Occident; il disciplina ses troupes à l'européenne"; il.publia, en 1839, un flrman qui garantissait la liberté des cultes et plaçait les chrétiens sous la juridiction de leurs patriarches; enfin il prépara la nouvelle organisation po-. litique et administrative, réalisée depuis par le îan-Zimat. Malheureusement, ces réformes, exécutées le plus souvent sans adresse et sans suite, froissèrent plus les Musulmans qu'elles ne servirent le sultan.
*MAHMOUD-CHAH. V. MIR-MAHMOUD.
*MAHOMET, en arabe Mohammed (c-à-d. lo Glorifié), fondateur de la religion musulmane, né à La Mecque en 569, appartenait à la puissante tribu des Koraichites. Il perdit à cinq ans son père, Abdallah, fut élevé auprès de son oncle Abou-ïaleb, prince do La Mecque, jusqu'à l'âge de 14 ans, puis s'enrôla dans une caravane et alla faire la guerre sur la frontière de Syrie. De retour à La Mecque, il y épousa, à l'âge de 25 ans, une riche veuve nommée Kadichah. Il s'était déjà fait remarquer par une rare intelligence et par la régularité de sa conduite; mais depuis son mariage jusqu'à l'âge de 40 ans il mena une vie toute de retraite et d'étude, pendant laquelle il conçut le projet de réformer la religion de son pays, d'y faire, adorer un seul Dieu, et de réunir en un seul culte les diverses religions qui divisaient alors l'Arabie, savoir : l'idolâtrie, le sabéisme et le judaïsme. Il commença sa mission en 610. Après avoir converti sa famille et quelques amis, parmi lesquels on compte Ali,_son cousin, Abou-Bekr, son beau-père, etOthman, qui furent tous les trois califes, il prêcha publiquement, se disant prophète et envoyé de Dieu. Il prétendait que l'archange Gabriel lui apparaissait et lui dictait les véri-tés qu'il devait révéler aux hommes. Mais il éprouva dans La Mecque une forte opposition, et fut contraint de s'enfuir à Yatreb, où il comptait de nombreux partisans : cette ville l'accueillit avec transport et reçut de là le nom dé Medinet-al-Nabi (c-à-d. la Ville du Prophète), d'où nous avons fait Médine. C'est de cet événement, qu'on place au 16 juillet 622, que date l'ère des Mahométans, appelée l'Hégire ou la fuite. Mahomet persécuté donna l'ordre à ses sectateur!. d'employer les armes, non-seulement pour défendre, mais pour propager la nouvelle religion. Après diverses vicissitudes, il parvint à soumettre plusieurs tribus de l'Arabie : en 630 il s'empara de La Mecque, et renversa les idoles de la Kaaba. Il avait déjà conquis tout l'Yémen et le Nedjed, et se préparait à étendre au loin ses conquêtes, lorsqu'il mourut empoisonné, à Médine, en 632. Abou-Békr lui succéda avec.le titre de calife (lieutenant). Mahomet possédait à un très-haut degré les qualités les plus propres à agir sur les peuples de l'Orient : l'imagination qui éblouit, l'énergie qui entraîne, la gravité qui commande le respect, un esprit ferme et patient. Les dogmes et les préceptes de sa religion sont consignés dans le Coran. (V. ce mot). Les principaux dogmes sont l'unité de Dieu, l'immortalité de l'âme, le jugement dernier, un paradis avec des jouissances toutes.sensuelles, la prédestination, le fatalisme, qu'il jugeait propre à favoriser l'esprit de conquête en msoirant lo mépris de la mort. Les préceptes sont la circoncision, la prière, l'aumône, les ablutions, le jeûne (surtout pendant le Ramadan), les sacrifices dans quelques occasions solennelles, et l'abstinence du vin et de toute liqueur fermentée. La polygamie était permise; cependant on ne pouvait avoir plus de 4 femmes légitimes. De nombreux ouvrages ont été publiés sur Mahomet : Aboul-Féda est la principale source àcon-sulter : sa He'du prophète a été trad. par Noël Desvergers, 1838. La Vie de Mahomet a été en outre écrite en français parGagnier, Amst., 1732; en allemand, par G. "Weil. Stuttgard, 1843; en anglais, par le W Springer, AHahabad, 1855. M. Reinaud a donné une Notice sur Hahomet, et M. Barthélémy St-Hi-laire une étude sur Mahomet et le Coran.
MAHO — 1158 — lffA.HR
*MAHOMETI, sultan ottoman, fils de Baj^zetl, succéda en 1413 à son frère Mouça, qu'il avait vaincu avec l'aide de l'emp.Manuel.Il releva et raffermit l'empire. ébranlé par Tamerlan, délivra Bagdad, assiégée par le prmce de Caramanie, vainquit un imposteur, Mustapha, qui se disait son frère, soumit les Serviens, les Bosniaques, les Bulgares, et les Valaques. II est le premier sultan qui ait eu une armée navale: il disputa l'empire de la mer à la république de Venise, jusqu'alors toute-puissante. Ilmouruten 1421,à47ans.
*MAHOMET il, le Conquérant, succéda en 1451, âgé de 21 ans, à son père Amurat II. En 1453, à la tête d'une armée formidable, il attaqua Constantinople, défendue par l'empereur Constantin Dracosès et emporta d'assaut cette ville, dont il fit la capitale de son empire. Ses généraux subjuguaient pendant ce temps laThrace et la Macédoine; mais ils échouèrent en Albanie contre le fameux Scander-Beg; il fut lui-même complètement défait devant Belgrade, en 1456, par Jean Hunyade, et se vit contraint de fuir après avoir perdu 40 000 hommes. Néanmoins, il soumit dans la suite la Grèce centrale, où régnaient deux frères de Constantin Dracosès, ainsi que la Servie (1459); mit fin en 1461 à l'empire de Trébizonde, que gouvernaient les Commène depuis 1204; subjugua en 1462 l'île de Lesbos; vainquit et déposséda le voïvode de Yala-chie qui refusait de payer tribut; s'empara de la Bosnie (1463), de la Caramanie (1464), et de l'île de Né-grepont, qu'il enleva aux Vénitiens (1470). Deux ans après, il battit en Cappadoce le roi de Perse qui avait fait invasion dans l'Anatolie; il enleva en 1475 Caffa aux Génois, conquitScutari. Zante, Céphalonie, rendit la Géorgie et la Circassie tributaires, soumit la Moldavie, l'Albanie et les îles de l'Adriatique; envahit le Frioul et la Dalmatie; força en 1478 les Vénitiens à acheter une paix humiliante, entra en 1480 en Italie et s'empara d'Otrante. Mais il échoua devant l'Ile de Rhodes, défendue par les chevaliers de St-Jean de Jérusalem. Il mourut en 1481, à Nicomédie, lorsqu'il menaçait à la fois Rome ,1a Perse et l'Egypte. A la gloire des armes, il joignit celle des lettres et fonda des écoles; mais il se souilla par des cruautés révoltantes. Guillet a donné une Histoire de llaho-metll, Paris, 1681.
*MAKOMET Hi.succédaàsonpèreAmuratlIIen 1595, à 27 ans, et commença par faire étrangler 19 de ses frères et noyer 10 femmes que son père avait laissées enceintes. L'empereur Rodolphe II et les princes de Transylvanie, de Valachie et de Moldavie se liguèrent contre lui, et lui disputèrent la Hongrie. Il vint assiéger Agria en 1596, et y entra par composition; un mois après, son lieutenant Cicala-Pacha vainquit les Impériaux à Careste. Mais cette victoire n'empêcha pas Mahomet de perdre diverses places fortes en Hongrie; des révoltes qui éclatèrent en Asie vinrent ajouter à ses embarras. Il mourut de la peste en1603.
*MAHOMET rv, fut placé sur le trône en 1649, à l'âge de sept ans, après le meurtre d'Ibrahim, son père. Ii eut pour ministres les deux Koproli (père et fils), qui jetèrent de l'éclat sur la 1" partie de son règne: les îles de Mételin et Lemnos furent conquises sur les Vt>aitiens (1660); Peterwaradin fut enlevé aux Autrichiens (1661); la capitale de l'île de Candie fut prise d'assaut (1669); le sultan lui-même prit Kaminiels sur les Polonais (1672). Cependant MahometIV avait, dès 1664, perdu la bataille de St-Gothard contre les Impériaux et avait été obligé de signer la paix de Te-meswar. La fin de son règne fut remplie par des désastres : ses troupes furent vaincues en 16T3à Choc-zim par les Polonais, et en 1683 sous les murs de Vienne par le roi de Pologne Sobieski, uni aux troupes de l'empereur; les Impériaux lui enlevèrent les villes de Wivar (1685) et de Bude (1686)'et le battirent à Mohacz (1687); tandis que. les Vénitiens s'emparaient de l'Attique et de la Morée (1688). Tant de revers amenèrent'le soulèvement de l'armée de Hongrie, qui déposa Mahomet IY et mit à sa place Soliman II, son frère. II vécut encore 5 ans et m. en 1693. C'était un prince juste et clément, mais faible et ennemi de toute occupation sérieuse; il passait sa via à la chasse.,—V. MOHAMMED, MEHEHET OU MAHMOUD.
*MAHOMÉTISME ou isjUHisMB, religion de Mahomet, fut fondée en Arabie vers l'an 610 de J.-C, mais ne date que de l'an 622, époque de l'Hégire ou fuite de Mahomet àMédine (Y. MAHOMET). Après s'être établie en Arabie du vivant du prophète, elle fut propagée par les armes des Arabes dans toute l'Asie, en Afrique, et même dans une partie de l'Europe (Grèce. Espagne, Sicile), et s'établit dans l'anc empire grec après la prise de Constantinople par Mahomet II (1453). Chassée d'Espagne avec les Maures aux xiV et xv" siècles. eEe règne encore auj. sur une grande partie du globe: l'Asie occidentale, l'Afrique septen trionale, la Turquie ; et quoiqu'elle soit en décadence, elle compte environ 200 millions de sectateurs, Les Mahomêtans reconnurent longtemps pour chefs les califes, vicaires de-Mahomet (V. CAMPES); depuis la destruction du califat, ils n'ont plus de chef véritable, bien que le sultan de Turquie ait la prétention.de posséder l'étendard du prophète. Les Mahomêtans se divisent en un grand nombre de sectes dont les principales sont celles des Sunnites (ou orthodoxes), des Chyites, àesDruses, des Ismaéliens. T. ces noms.
*MAHONou PORT-MAHON, Portus Magonis, v. et port de l'île de Minorque, ch.-I. de l'île, sur un golfe de la côte E.; 15 000 hab. Evêehé. Ville bien située-et bien bâtie: port sûr et commode ; fort St-Philippe, arsenal, chantiers de construction, lazaret; belle cathédrale. Un peu de commerce ; pêche et cabotage. — Fondée, drt-on, dès l'an 702 av. J.-C. par le Carthaginois Magon, dont elle prit le nomj fortifiée plus tard parmi autre Magon, frère d'Annibal. Elle fut prise aux Espagnols par les Anglais en 1708, reprise sur ceux-ci en 1756 parles Français, commandés par le maréchal de Richelieu, mais rendue aux Anglais en 1763. Les Espagnols, aidés des Français,s'en emparèrent en 1782, après un siège mémorable;ils l'ont conservée depuis. '
*MAHRATTES, c.-à-d. grands guerriers, peuple de l'Hindoustan, qui primitivement habitait au N. O. du Décan, dans les monts Vindhya et les Ghattes oc-cid., mais qui, après la mort d'Aureng-Zeb et surtout pendant le règne de Mohammed-Chah. (1718-1747), assujettirent la plus grande partie de l'Inde moyenne (ou Décan sept), entre la prov. d'Agra au N. et la KJstnah au S., et s'étendirent d'une mer à l'autre. Leurs possessions se divisèrent en plusieurs Etats, unis par une espèce defédëratïon. Les Mahrattes orientaux possédaient le Gandouana et l'Orissa et avaient pour ch.-I. Nagpour; les Mahrattes occidentaux possédaient le Malwa, une partie du Kandeich, de l'Au-rengabad, du Daouletabad ; leurch.-l. était Pounah. — Les Mahrattes, après le 1" pillage de Delhi par Nadir-Chah, marchèrent aussi contreleGrand-Mogol. Ils prirent sa capitale (1760), ettentèrentde substituer leur domination à celle du Grand-Mogol dans l'Inde: la victoire remportée sur eux a Parapet (1761) par les Afghans les refoula dansleurs possessions.De 1774 à 1783, ils furent sans cesse en guerre soit avec les Afghans, soit entre eux. Après la chute de Tippou-SaSb (1799) et la conquête du Maïssour par les Anglais, ils eurent avec ceux-ci de fréquentes collisions: le dernier coup leur fut porté en 1818. Depuis ce temps, ils ont perdu toute existence politique : leur prince, peichwa, est pensionnaire et prisonnier des Anglais.
MAIL — 1159 — MAIL
===MAI===
*MAI 1793 (Journée du 31), où la populace.deParis envahit la Convention et fit voter l'arrestation des Girondins. Y. OIRONDE.
*MAI 1848 (Journée du 15), où l'Assemblée constituante fut envahie par la populace de Paris.
*MAI (Angelo), savant jésuite, né en 1782 à Schil-pario (diocèse deBergame),m. en 1854, enseigna les humanités dans plusieurs collèges de son ordre, puis lut attaché à la bibliothèque Ambrosienne, à Milan. Là, il fit une étude particulière de la paléographie et desmanuscrits, notamment des palimpsestes, fort négligés jusqu'à lui : il réussit à découvrir sous les écritures modernes des ouvrages ou des fragments inédits d'auteurs anciens, et fit paraître à partir de 1813 une série de publications du plus grand intérêt, notamment des fragments d'isomère, de Fronton, d'An-tonin, de Marc-Aurèle, d'Appien, de Symmdque, de Denysd'Halicarnasse, de Plaute,àlsée,de Thémiste, d'Eusëbe, de Porphyre, de Philon le Juif, des Livres sibyllins, etc. Appelé en 1819 par Pie VII au poste de premier bibliothécaire de la. Vaticane, il justifia ce choix par de nouvelles découvertes d'une grande importance : il parvint à reconstruire, à l'aide des palimpsestes, la plus grande partie d'un des ouvrages les plus regrettés de Cicéron, le De Republica. A. Mai fut honoré des plus hautes dignités de l'Eglise romaine : il reçutle chapeau de cardinal en 1838. Outre les publicationsdéjàcitées,onlui doit plusieurs grands recueils : Scriptorum veterum nova collectio e Yati-canis codicibus édita, Rome, 1825-38, 10 vol. in-4; Classiciscriptores e Yatic. codd. editi, 1828-38, 10 v. in-4, un Spicilegium romanum, 1844,10 vol., enfin une Nouvelle bibliothèque des SS. Pères, 1852-53, 6 v., enrichie d'une foule d'écrits retrouvés par lui.
*MAIA, une des Pléiades, fille d'Atlas et de Pléione, l'ut aimée de Jupiter et devint mère de Mercure. C'est elle qui éleva Arcas, fils de Calisto. — Y. .MAYA.
*SIA1CHE, ch.-l. de cant. (Doubs) à 30 kil. S. de Montbéliard; 600 hab.
*SIAIDSTONE, v. d'Angleterre, ch.-l. du comté de Kent, sur la Medway, à 54 kil. S. E. de Londres; 16 000 hab. Station. Quelques édifices remarquables. Genièvre; fonderie de fer, papeterie. Grand marché à houblon. Il se livra sous les murs de Maidstone en 1648 une bataille sanglante où les Parlementaires, commandés par Fairfax, défirent les Royalistes.
*MAIER (Michel), chimiste, né en 1558 dans le Holstein, m. en 1622, exerça la médecine à Rostock et à Magdebourg, et fut médecin de l'empereur Rodolphe II. Il prétendait faire de l'or. Parmi ses ouvrages, les adeptes recherchent : Arcana arcanissi-ma, hocesthieroglyphica œgyptio-grxca,vulgonec-dum cognita, 1614; Septimana philosophica, 1620; Joeus severus, 1617 ;De rosea cruee, \618;Atalanta fugiens, 1618; Cantilenx intellectuales de phœnice redivivo, 1622; Musammchymicum, etc. — Y. MAYER.
*MAIEUL (S.),abbé de Cluny, né vers 906, dans le diocèse de Riez, m. au prieuréde Souvigny en 994, réforma l'abbaye de St-Denis. Il est regardé comme le second fondateur de Cluny. On le fête le 11 mai.
*MAIEUL (Ciercs réguliers de ST-). Y. SOMASQUES.
*MAIGNELAY, ch.-l.de cant. (Oise), à 20 kil. N.E. deClermont; 1000 hab. Taillanderie, tanneries, cor-deries. Ruines d'un vieux château fort.
*MAILLAC (lèP. J. MOYRIA de), jésuite missionnaire, néenl679àMaillacdansleBugey,m.àPékmenl748, fut envoyé en Chine en 1702, leva pour l'empereur Kang-hi la carte de la Chine et de là Tartane, et traduisit du chinois en français un des ouvrages les plus importants des grandes annales chinoises, publié par Grosier et Deshauterayes sous le titre d'Histoire générale de la Chine, Paris, 1777-84, 12 vol. in 4.
*MAILLARD (Jean et Simon), nom de deux frères, bourgeois de Paris, qui, lors de la sédition soulevée par le prévôt Etienne Marcel, s'opposèrentaux intrigues de ce perturbateur. Jean le tua au moment où il allait ouvrir la porte St-Antoine^à l'armée: du;.. roi de Navarre, Charles le Mauvais (1358). ";?"-' '-
*MAILLARD (Olivier), prédicateur, de l'ordre des Frè-; res Mineurs, né en Bretagne vers 1440, m. en'1503; : fut prédicateur de Louis XL On ade lul'dès sermons-bouffons, en langage macaronique, q.-à-d: mêlés dé latin et de français, monument curieux de.l'enfanca-de l'art. On a expliqué ce mélange enj disant que, prononcés en français vulgaire, ces sermons étaieni mis ensuite en latin, et que, partout où le traducteur était embarrassé, il laissait le français. Ces sermons ont été publiés en différentesjparties "à Paris,. 1498-1521. On a aussi la Confession générale dû frère Olivier Maillard, Lyon, 1526.
*MAILLARD (Stanislas), démagogue, étaithuïssierau. Châtelet de Paris. Il dirigea l'expédition des femmes du peuple de Paris à Versailles les 5 et 6 oct. 1789, présida le simulacre de tribunal qui jugeait les prisonniers destinés à périr dans les massacres de septembre 1792 et figura dans la plupart des saturnales révolutionnaires. Après la Terreur, il changea de nom. On ignore la date de sa mort.
*MAILLARD DESFORGES, poëte. Y. DESFORGES.
*MAILLÉ, 1er nom du bourg de Luynes. Y. LUYNES.
*MAILLEBOIS, bg du dép.^ d'Eure-et-Loir, à 20 k. S. O. de Dreux; 800 hab. Ane châtellenie, érigée en marquisat en 1621.
*MAILLEBOIS (J. B. François DESMARETS, marquis de), maréchal de France, fils du contrôleur général Desmarets et petit-fils de Colbert, né en 1682, m. en 1762, apprit l'art de la guerre sous Villars, se distingua au siège de Lille (1708), commanda une division en Italie, 1733, soumit la Corse en moins de trois semaines, 1739, et fut créé maréchal en 1741. Envoyé de nouveau en Italie en 1745, pour soutenir l'infant don Philippe, il battit les Autrichiens; mais, accablé par des forces supérieures, il ne put garder le Milanais, et fut battu sous Plaisance (1746).
*MAILLÉ-BRÊZÉ, anc maison de la Touraine qui remonte au xi* siècle, a fourni plusieurs hommes distingués. On connaît surtout : Urbain de'Maillé-Brézé, capitaine des gardes du roi, maréchal de FranceVam- ' bassadeur en Suède, en Hollande, puis gouverneur de l'Anjou (1636), vioe-roi de Catalogne êùi.1'642. Il m. en 1650. Il avait épousé une sœur du cardinal de Richelieu.—Armand de M&illé-Brézé, duc de Fronsac et de Caumont, fils du précéd., commanda une escadre au siège de Cadix en 1640, et fut tué d'un coup de canon au siège d'Orbitello en 1646, à 27 ans.
*MAILLERAYE (LA). Y. LA MAILLERAIE.
*MAILLET (Benoît de), né à St-Mihiel, en 1656, fut consul de France en Egypte, 1692, etàLivourne, 1702 ; puis inspecteur des établissements français dans le Levant et la Barbarie, et mourut à Marseille en 1738 à 82 ans. Il avait fait une étude approfondie de la langue arabe et des coutumes des Orientaux :o'n lui t doit deux ouvrages estimés sur l'Egypte : Description de VÈgypte,\lZh ;Idée du gouvernement ancien et moderne del'Egypte, 1743; mais il est surtout connu par un ouvrage fort singulier, Telliamed (anagramme de son nom), ou Entretiens d'un philosophe indien avec un missionnaire français, Amsterdam, 1748 : se fondant sur la présence de dépôts et de coquillages dans les montagnes, il établit que les continents se sont formés par la retraite des eaux de l'Océan; en outre, il fait sortir tous les animaux, même l'homme, du sein des eaux, expliquant leur état actuel par des transformations successives. Ces divers ouvrageS ïônt été publiés par l'abbé Lemascrier.
*MAILLEZAIS, ch.-l. de cant. (Vendée), à 12 kil. S. E. de Fontenay, dans une île formée par la Sèvre Niortaise; 1200 hab. Ane château, qui appartint aux comtes de Poitou; anc abbaye de Bénédictins, fondée en 980, érigée en évêché en 1317, et supprimée en 1648 : l'évêché fut transporté à La Rochelle Henri de Navarre fortifia Maillezais en 1586, et en confia la garde à Agrippa d'Aubignè. Ruines de la cathédrale.
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*MAILLOTINS. On nomma ainsi des hommes du peuple qui, en 1382, s'insurgèrent à Paris pour s'opposer à la perception de nouvelles taxes établies par le duc d'Anjou, régent de France pendant la minorité de Charles VI; ils se portèrent en masse sur l'arsenal, s'y armèrent de maillets de fer dits maiïlotins (d'oùleur nom), massacrèrent les percepteurs et élargirent les prisonniers. Cette sédition ne put être comprimée qu'après la victoire de Rosebecque et attira tur le peuple de cruelles punitions.
*MAILLY, noble et anc famille de Picardie, issue des -jomtes de Dijon, tire son nom de la terre de Mailly, près d'Amiens. Elle a produit un grand nombre d'hommes marquants : guerriers, prélats, hommes d'État, écrivains, etc. Elle possédait l'important marquisat de Nesle, ce qui valait au chef de la famille le titre de Premier marquis de France.
*On connaît surtout: François de Mailly,marquisde Nesle (1658-1721), cardinal,'archevêqued'Arles, puis de Reims, qui se prononça énergiquement contre le Jansénisme, soutint la bulle Unigenitus et tint tête au Régent et au Parlement ;— le chevalier de Mailly, filleul de Louis XIV, auteur d'une Histoire de la république de Gênes, d'un Éloge de la Chasse, et de plu-sieursautresécrits, singuliers pour la plupart; m. vers 1724; — J. Auguste, comte de Mailly-d'Haucourt, maréchal de France, qui fit avec distinction toutes les campagnes de Louis XV, gouverna le Roussillon où il fit fleurir l'agriculture, le commerce et les arts, et se signala au 10 août 1792 par son dévouement chevaleresque pour le roi : arrêté par ordre de Lebon, il périt sur l'échafaud à Arras en 1794, à 86 ans.
*Quatre sœurs appartenant à cette famille, la comtesse de Mailly, la comtesse de Vintimille, la duchesse de Lauraguais, la marquise de la Toumelle (depuis duchesse de Châteauroux), filles de Louis de Mailly, commandant de la gendarmerie de France, acquirent à la cour de Louis XV une fâcheuse célébrité et ternirent l'honneur de leur maison en devenant successivement les maîtresses du roi. La plus connue est la duchesse de Châteauroux. Y. ce nom.
*MAIMATCHIN, bgde l'Empire chinois (Mongolie), vis à. vis de la ville russe de Kiakhta. Grand entrepôt du commerce de la Chine avec la Russie.
*MAIMBOURG (le P.), historien ecclésiastique, né en 1620 à Nancy, m. en 1686, entra chez les Jésuites, enseigna les humanités à Rouen, puis se livra à la prédication avec quelque succès, et enfin se consacra tout entier à la composition des ouvrages historiques qui l'ont rendu célèbre. En parlant des libertés de l'église gallicane, il se permit des attaques contre le St-Siége et mécontenta Innocent XI, qui, en 1685, le fit exclure de l'ordredes Jésuites. LouisXIV lui donna une pension et une retraite à l'abbaye de St-Victor, à Paris. Ses OEuvresontëlé publiées à Paris, 1686-87,14 vol. in-4, ou 26 vol. in-12; elles comprennent l'Histoire de l'Arianisme, — des Iconoclastes, — du Schisme des Grecs, — des Croisades,— de la Décadence de l'Empire depuis Charlemagne, — du grand Schisme d'Occident, —du Luthéranisme, — du Calvinisme, —de la Ligue, —de l'Église de Home, — de Grégoire le Grand, — de S. Léon. Maim-jourg ne manque ni d'érudition ni d'agrément, maïs son style est souvent diffus et l'on ne peut toujours se fier à son exactitude ni à son jugement. Bayle fit paraître une spirituelle Critique générale de l'Hist. du Calvinisme du P. Maimbourg.
*MAIMON (Salomon), philosophe juif allemand, né en 1753 à Neschwitz (Lithuanie), m. en 1800, était fils d'un rabbin et cultiva d'abord la science talmudiqus et cabalistique ; puis il se livra à la philosophie et obtint la protection de son co-religionnaire Men-rfeissohn; mais il s'en rendit bientôt indigue par son i-xconduite et tomba dans un tel état de misère qu'il tut réduit quelque temps à mendier. On a de lui : ilittoire des progrès de la métaphysique en Allemagne depuis Leibnilz, 1793; Recherches critiques sur l'esprit humain, 1797; il a surtout excellé dans la réfutation du système de liant.
*MAIMONIDE (Moses),céIèbre rabbin,né à Cordoua vers 1135, m. en 1204, étudia la philosophie et la médecine sous Tophaïl et Averrhoès, passa de bonne heure en Egypte, et devint premier médecin de Sa-ladin et de ses successeurs. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages sur la religion juive, sur la philosophie et la médecine; les plus connus sont : un Commentaire sur ta Mischna; la Main forte, abrégé du Talmud; te Docteur des Perplexes (en hébreu More Nevokim), traité de philosophie et de théologie, où il explique les passages ambigus de l'Ecriture, et qui excita de vives contestations parmi les Juifs. La plupart de ses ouvrages sont écrits en arabe. Les Juifs le regardent comme leur premier écrivain, comme leur Platon. Le More N&cokim a été publié, avec traduction française, par M. Munk, sous le titre de Guide des Égarés, 'Paris, 1856-61, 2 vol, in-8. MAIN ou BIAYN, riv. d'Allemagne. V. MEIS.
*MAÏNA ou MAGSE, pays de Grèce (Morée), comprend la partie S. E. de l'ancienne Laonie, entre les golfes de Coron à, l'O. et de Kolokythia à l'E. On y compte environ 60 000 hab. dits Maïnotes. Ils sont très-braves, mais indisciplinables et pirates déterminés. Sol montagneux, inaccessible en beaucoup d'endroits, et cependant fertile. Forêts et pâturages. Bons ports.—Le Maîna était jadis habile par les Èleu-théro-Lacons, dont les Maïnotes actuels prétendent descendre, et qui, comme ces derniers, se sont rendus célèbres par leur ardent amour pour l'indépendance. Ils luttèrent sans cesse contre la domination des Turcs, qui n'obtinrent jamais d'eux qu'un léger tribut;ils ont puissamment Contribué à conquérir l'indépendance de la Grèce. Les Maïnotes étaient régis par des chefs de leur choix dits gérantes (vieillards); leur chef suprême se nomme protogéronte, Cette dignité a été jusqu'au xvii" siècle héréditaire dans une branche delà famille Comnène issue de David Com-nène, dernier empereur de Trébizonde. Ce pays est maintenant compris dans les diocèses de Laconie et de Basse-Messénie et a pour principales villes Maîna, Kolokythia, Chimova et Platza.
*MAINE (le), ancienne province de France, bornée au N. par la Normandie, à,l'E. par l'Orléanais, au S. par l'Anjou et la Touraine, et à l'O. par la Bretagne, formait, avec le Perche, le grand, gouvt de Mqine-et-Perche, et avait pour capitale le Mans. On le divisaiten Haut et Bas Maine, auxquels on joignait le pays ou comté de Laval. Ce pays forme auj. les départements de la Sarthe et de la Mayenne. Sol ondulé, généralement fertile; volailles estimées.—Le Maine tire son nom des Cenontow qui l'habitaient autrefois, ou bien de la Maine ou Mayenne, qui l'arrose. Sons les Romains, il fit partie de la 3* Lyonnaise. Il forma au Xe s. un comté héréditaire, qui fut ensuite eompris dans les possessions des comtes d'Anjou ; ilpassa sous la domination anglaise lorsque Henri Plantagenet, comte d'Anjou, devint roi d'Angleterre (1154). Philippe-Auguste l'enlevai Jean sans Terre en 1203. S. Louis le donna avec l'Anjou à son frère Charles, dont les descendants le possédèrent jusqu'en 1481; Louis XI, à qui il échut alors par héritage, le réunit à la couronne. Henri II le donna en apanage à son troisième fils, Henri (depuis Henri III); celui-ci le céda àFrançois, ducd'Alençon, son frère. Ce dernier étant mort sans enfants en 1-584, le Maine fut réuni définitivement à la couronne. Louis XIV donna le titre de duc du Maine à l'un des fils qu'ils avait eus de Mme de Montespan —• F. ci-après.
*MAINE (le), un des Etats-Unis de l'Amérique duN., au N. E., entre 67° 20'-71» 10' long. O. et 43°-46° 15' lat. N., a pour bornes auN. le B.-Canada, à l'E. le Nouv.-Brunswîck, àl'O. leNew-Hampshire, au S. et au S. E. l'Atlantique; 450 k. sur 200; 600TOO hab.; ch.-l., Augusta. Sol plat, ingrat le long des côtes, fertile dansl'intérieur. On y cultivait jadis le tabac et l'indigo; auj. le coton est la principale culture. Plusieurs chemins de fer. — Découvert en 1497, ce pays ne commença à recevoir des colonies que de 1635 à 1654: les Français et les Anglais y fondèrent à la fois plusieurs établissements, mais ils ne purent s'y fixerd'une manière durable, par l'effet d'hostilités continuelles avec les indigènes. Il reçut son nom des Français en 1638, en souvenir de la p'rovince française du Maine. Il fut assuré à l'Angleterre en 1712 parle traité d'U-trecht. Dès l'année 1652, le Maine s'était mis sous la protection de l'État de Massachussets; il en fut détaché en 1820, et prit le titre d'État.
MAIN — 1161 — MAIN
*MAINE (la), riv. de France, formée de la réunion de la Sarthe et de la Mayenne, qui s'unissent à 3 k. N. d'Angers, traverse celte ville, et se jette dans la Loire à 10 kil. au-dessous d'Angers. Le pont de la Maine, à Angers, s'étant rompu le 16 avril 1850 pendant le passage du 11« léger, 219 soldats y périrent.
*MAINE (Louis Aug. DE BOURBON, duc du), fils dé Louis XIV et de Mme de Montespan, né en 1670, fut élevé par Mme de Mainteuon et jouit de l'affection particulière du roi, qui, après l'avoir légitimé, lui donna le rang de prince du sang, et le déclara en 1714 habile à succéder; mais, à la mort de Louis, le duc d'Orléans, à qui il avait disputé sans succès la régence, le dépouilla de ses prérogatives. La duchesse du Maine, irritée, fit alors entrer son mari dans la conspiration ourdie par Cellamare ; mais l'intrigue ayant été découverte, le duc fut enfermé à la citadelle de Doullens (1718). Cependant il se réconcilia avec le Régent, et fut même revêtu de hautes dignités, qu'il conserva jusqu'à sa mort (1736). Ce prince avait de belles qualités; mais son apathie et sa timidité le rendaient incapable des grandes choses. — Il avait épousé Anne Louise de Bourbon, petiie-fille du grand Condé, morte en 1753, à 77 ans. C'était une femme vive et ambitieuse; elle conspira pour son mari avec Cellamare et fut comme lui mise en prison, mais elle ne vit point avec le même calme que ce prince le pouvoir lui échapper. Le duc et la duchesse du Maine habitaient Sceaux, dont ils firent un séjour charmant et où ils tenaient une petite cour.
*MAINE DE BIRAN (Marie Franc.), philosophe, né en 1766 à Bergerac, m. en 1824, était fils d'un médecin. Il fut élu en 1797 membre du Conseil des Cinq-Cents et fut sous l'Empire sous-préfet de Bergerac. Elu en 1809 membre du Corps législatif, il fil partie avec Laine de la commission qui dès 1813 protesta contre le despotisme impérial; il siégea également à la Chambre des Députés sous la Restauration, et fut nomme en 1816 conseiller d'État. Il cultiva avec succès la philosophie, et fut peut-être le métaphysicien le plus profond de son temps. D'abord disciple de Con-dillac et de Cabanis, il s'éloigna bientôt de cette école, et s'attacha surtout à rétablir les droits de la puissance active et tolonlaire, méconnue par ses maîtres. Il débuta par un Mémoire sur l'Influence de l'habitude, qui l'ut couronné par l'Institut en 1802; donna en 1805 un mémoire sur la Décomposition de la pensée, également couronné; envoya aux académies de Copenhague et de Berlin des travaux non moins remarquables ; rédigea pour la Biographie universelle un article profond sur Leibnitz, et composa peu avant sa mort ses Nouvelles considérations sur les rapports du physique et du moral, qui renferment son dernier mot. M. Cousin a publié ses OEuvres philosophiques, Paris, 1841, 4 vol. in-8. M. Naville, de Genève, a publié en 1857 : Maine de Biran, sa vie et ses pensées, et a donné eu 1859 ses OEuvres inédites.
*MAINE-ET-LODiE (dép. de), entre ceux de la Mayenne au N., d'Indre-et-Loire à l'E., delà Vienne au S. E., desDeux-Sèvresau S., de la Vendée au S. O., de la Loire-Inf. à l'O., et d'Ille-et-Viiaine auN.O. : 7188 k. carr.; 526 012h.; ch.-L, Angers. 11 est formé en grande partie de l'anc Anjou. Arrosé par la Loire qui le traverse de l'E. à l'O. et y reçoit, outre la Maine, qui donne son nom au dép., l'Authion, le Thoué, le Layon ut l'Èvre. Pays de plaines, inondé annuellement sur les bords de la Loire; fertile en céréales, chanvre, lin, melons, pommes de terre, etc., et produisant des vins blancs estimés ; horticulture très-avancée, favorisée par la douceur du climat. Excellents pâturages, élève de moutons et de bœufs. Fer, houille, ardoisières immenses, qui emploient 2000 ouvriers; marbres, granit, grès, pierres de taille, pierres à chaud, etc. Hauts fourneaux; toiles, linge de table, mouchoirs dits de Chollet, tissus de coton, teintureries. Commerce actif. — Ce dép. a 5 arr. (Angers, Segré, Baugé, Saumur, Chollet), 34 cantons, 384 communes; il appartient à la 15e division militaire, a une cour impériale résidant à Angers et forme le diocèse d'Angers.
*MAINFROI. V. MANFRED.
*MAINLAND, lie anglaise de l'Océan Atlantique, la plus grande des îles Shetland, a 138 kil. sur 55; 16000h.; ch.-l., Lerwick. Fer, cuivre. —Une des Orcades. V. POMONA.
MAÏNOTES. V. MAÏNA.
*MAINTENON, ch.-l. de cant. (Eure-et-Loir), au confluent de l'Eure et de la Voise, sur le chemin de fer de Bretagne, à 19 kil. N. de Chartres; 1800 h. Magnifique château, qui remonte à Philippe-Auguste, et qui fut reconstruit par J. Cottereau, trésorier des finances sous Charles VII et Louis XI. Il fut acheté en 1674 par Louis XIV pour la veuve de Scarron, qui prit de là le nom de marquise de Main tenon; on y remarque encore l'appartement de Mme de Mainte-non, et son portrait par Mignard. Ce château appartient auj. au duc deNoailles. En 1684, un immense aqueduc fut commencé à Maintenon pour amener les eaux de l'Eure à Versailles, mais il ne fut point achevé, et il n'offre maintenant qu'une belle ruine, composée de 48 arch es. La plaine voisine est couvertes de monuments druidiques, dits Pierres de Gargantua. Collin d'Harleville naquit près de Maintenon, à Mévoisins.
*MAINTENON (Françoise D'AUBIGNE, marquise "de), fille de Constant d'Aubigné et petite fille de Théodore Agrippa d'Aubigné, ami de Henri IV et chaud partisan de la Réforme, naquit en 1635 dans la prison de Niort, où ses parents étaient détenus. Son père, devenu libre, l'emmena à la Martinique en 1643; elle resta de bonne heure orpheline. Après avoir été successivement catholique et protestante, elle s'attacha définitivement au catholicisme et se fit même remarquer par une grande ferveur. Elle vivait dans un état voisin de l'indigence lorsqu'en 1652 le poète Scarron, touché de ses infortunes, l'épousa, quoique vieux et infirme, dans le seul but de lui servir de protecteur. Sa maison fut pendant quelque temps le rendez-vous de ce qu'il y avait de plus spirituel dans Paris. Devenue veuve dès 1660, elle allait retomber dans la misère quand la cour, instruite de ses malheurs, lui assura une pension de 2000 fr. Chargée par Louis XIV d'élever secrètement les enfants nés de son commerce avec Mme de Montespan (1669), elle s'acquitta de ce soin avec zèle et succès, et sut, dans cette position équivoque, garder de la dignité. Elle acquit de jour en jour plus de crédit auprès du roi, qu'elle charmai t par l'agrément et la solidité de sa conversation, et finit par faire oublier Mme de Montespan. Le roi lui donna dès 16741a terre de Maintenon, qu'il érigea pour elle en marquisat. Après la mort de la reine (1683), Louis XIV s'unit avec Mme de Maintenon par un mariage secret; on rapporte ce mariage au 12 juin de l'année» 1684. Maie de Maintenon fonda en 1685, à St-Cyr, une maison religieuse pour l'éducation des jeunes filles nobles et pauvres; Racine, à sa prière, composa pour cette maison Eslher et Athalie. A la mort de Louis XIV (1715), elle se retira à St-Cyr, et elle y resta j usqu'à sa mort (1719), livrée aux exercices d'une piété austère. On attribue communément à Mme de Maintenon une grande part aux affairés : on lui reproche d'avoir conseillé de mauvais choix, tels que ceux de Chamillard et de Villeroi, et d'avoir appuyé des mesures intolérantes, notamment la révocation | de l'édit de Nantes ; cependant cette influence funest a été contestée par les mieux informés de ses biographes. On a d'elle quelques écrits : l'Esprit de Vlnstitut 'des filles de Si-Louis, 1699, des Proverbes, publiés oarMonmerqué, 1849, des Lettres, publ.parLabeau-melleen 1756, mais d'une manière infidèle, et une Correspondance avec Mme des Ursins, 1826, 4 v. ïn-8. Ses écrits ont été réunis pour la 1" fois par Th.. La-vallée, sous le titre i'OMuvres de Mme de Maintenon, collationnêes sur les manuscrits ou sur des copies authentiques, Paris, 1854-56,10 vol. in-12. Son style se distingue par une élégante simplicité, par la netteté , la justesse et par la force de la raison. Ses Zettres surtout sont remarquables par l'urbanité, lâbienveil-lance et la sagesse des conseils et des réflexions. On d"it àLabeaumelle de curieux Mémoires sur Mme de Maintenon, 1756, 6 vei. in-12, et au duc de Noailles une Histoire de Mme de Maintenon, 1848, 2 v. 8°.
MAIS — 1162 — MAIS
*MAIRAN (J. J. DORTons de), physicien, mathématicien et littérateur, né à Beziers en 1678, mort en 1771, fonda, avec le D* Bouillet, l'Académie de Béziers, fut élu en 1718 membre de l'Académie des sciences, et devint après Fontenelle secrétaire perpétuel de cette compagnie (1740). Il fut chargé avec Varignon de proposer un procédé pour le jaugeage des vaisseaux qui prévint les fraudes et les réclamations ; ils visitèrent à cet effet les principaux ports de la Méditerranée; leur projet fut accueilli par l'Académie, et sanctionné par le roi. On a de Mairan : Dissertation sur la glace, Paris, 1749; Traité de l'aurore boréale, 1731; Lettres au P. Parennin, 1770; Éloges des membres de l'Académie des sciences, 1747; Lettres à Malebranche, et de nombreux mémoires dans le recueil de l'Académie des sciences.
*MAIRE, officier municipal. 7. ce mot dans notre Dictionnaire univ. des Sciences.
*MAIRES DU PALAIS, Majores domus, officiers de la couronne qui étaient primitivement chargés de l'administration de la fortune privée du roi et du gouvernement intérieur- du palais, mais qui ne tardèrent pas à acquérir une grande puissance politique. Dès 575, Gogon, maire d'Austrasie, fut chargé du gouvernement du pays; en 614, Warnachaire, maire de Bourgogne, obtint de Clotaire II que cette charge fût inamovible et que l'élection des maires appartînt non plus au roi, mais au grands vassaux. Sous les successeurs de Dagobert, on remarque Erchinoald, Ébroïn, S. Léger, Pépin d'Héristal, Charles-Martel, qui ajoutèrent de plus en plus au pouvoir des maires. En Austrasie, dès 677, il n'y eut plus de rois, et le gouvernement appartint tout entier aux maires sous le titre de ducs ou princes des Francs ; après le triomphe de Pépin d'Héristal sur les Neustnens à Testry, 687, la mairie devint héréditaire; enfin Pépin le Bref, maire des trois royaumes, non content d'exercer le pouvoir d'un véritable roi, voulutenavoir le titre : il déposa en 752 le faible Childério III, etse fit proclamer roi à sa place par les grands du royaume, avec l'assentiment du pape Zacharie I. La charge de maire du palais eut peu d'importance sous la 2* race; elle fut définitivement abolie sous Hugues Capet.
*MAIRET (Jean), poète tragique. né à Besançon en 1604, mort en 1686, est le premier qui ait donné sur notre théâtre des tragédies régulières.; il jouit d'une grande réputation jusqu'au moment où parut Corneille, qui ne tarda pas à l'éclipser. Nommé résident de la Franche-Comté auprès de la France, il obtint en 1649 pour son pays un traité de neutralité avantageux. A la paix des Pyrénées, il présenta à la reine mère un sonnet sur la paix qui lui valut mille louis. Il se retira de bonne heure du théâtre, ne pouvant lutter contre Corneille. Ses meilleures tragédies sont Sophonisbe, 1629, et Cléopâtre, 1630.
*MAISON (Joseph), maréchal de France, né à Èpinay (Seine-et-Oise) en 1771, m. en 1840, fit avec distinction les guerres de la République et de l'Empire, jrit Lubek en 1806, fut fait général de division en Russie pour sa belle conduite aux affaires de Zakobovo, d'Oboyarzova et Polotsk (1812), protégea pendant la retraite avec autant d'habileté que de zèle le passage de la Bérésina, fit des prodiges de valeur §. Leipsick (1813), fut, après cette bataille, chargé du commandement en chefde l'armée du Nord-lutta longtemps en Belgique contre des forces supérieures et défendit vaillamment les approches d'Anvers. Après l'abdication de l'Empereur il se rallia au nouveau gouvernement, qui le combla de faveurs : déjà créé comte sous l'Empire, il fut fait pair et marquis. Il conserva néanmoins son indépendance, et refusa déjuger le maréchal Ney. Chargé en 1828 du commandement de l'expédition de Morée, il y obtint un plein succès (V. HOREE) : il rebut en récompense le bâton de maréchal de France (i829). En 1830, il fut un des commissaires qui accompagnèrent Charles X à Cherbourg. Il fut depuis rrîinistre des. affaires étrangères, ministre de la guerre, ambassadeur à Vienne et en Russie
*MAISON DE DIEU (Ligue de la). V. CADËE (Lîgue) et GRISONS.
*MAISONNEUYE (J. B. SIMOHNET de), né à St-Cloud en 1750, mort en 1819, est auteur de plusieurs pièces de théâtre dont la meilleure est la tragédie de Roxelane et de Mustapha, représentée avec succès en 1785, et de plusieurs autres poésies. Ses OEuvres ont été publiées par Chéron, 1824, in-8.
*MAISONS, MAISONS-LAFFITTE, MAÏSONS-SUR-SEINE,
joli village de Seine-et-Oise, sur la r, g. de la Seine, à 7 k. N. de St-Germain; 1200 h. Station du chemin de fer de Paris à Rouen, Superbe château,, bâti par Mansard pour le président de Maisons; parc magnifique. Ce château appartint, avant la Révolution, au comte d'Artois (CharlesX) et, sous le 1"Empire, au maréchal Lannes; puis il fut acheté par le banquier Laffitte. Le parc a été depuis morcelé pour former plusieurs belles maisons de campagne.
*MAISONS-ALFORT. F. ALFORT.
*MAÏSSOUR (écrit Mysore parles Anglais), v. de l'Inde, capitale du roy. de Maïssour, à 15 kil. S. S. O. de Seringapatam; env. 50000 h. Ville fort ancienne; fortifiée au XVÏ*siècle, souvent prise: rasée en 1787 par Tippou-Saëb, qui transporta le siège du gouvt à Seringapatam; rebâtie par les Anglais.
*MAÏSSOUR (Royaume de), un des Etats médiats de l'Inde anglaise, dans la Présidence de Madras, au S. du Balaghat, au N. du Koimbatour, an N. E. du Malabar et du Kanara, peut avoir 360 Kil., en tous sens, et compte env. 3500000hab.; capitale Maïssour. C'est un vaste plateau, élevé de 1000" au-dessus de la mer, entouré des Ghattes tant occidentales qu'orientales, et d'où descendent la Ka'veri, la Toumbedra, la Bhadri, etc. Climat salubre et tempéré ; sol assez fertile : on y recueille du riz et toutes les productions des régions chaudes. On y exploite des mines de fer. — Le Maïssour avait depuis plusieurs siècles des radjahs héréditaires, lorsque le pouvoir fut usurpé en 1760 par Haïder-Ali, ministre de l'un de ces rois; sous ce prince et sous son fils Tippou-SaSb, ce royaume devint, avec l'empire des Manrattes, l'Etat le plus puissant du Décan.: la capitale était alors Seringapatam. Outre le Maïssour, il comprenait le Koimbatour, le Kanara, une partie du Malabar, Bednor, Colar,Sera, Anantpour, le Balaghat, le Kaddapa. Soutenus par les Français, Haïder-Ali et Tippou-Saëb firent longtemps une guerre acharnée aux Anglais; mais Tippou-Saëb étant mort en 1799, en défendant Seringapatam contre le général Harris, son royaume cessa dès lors d'exister ; les Anglais placèrent sur le trône un descendant des anciens rad|ahs du pays, qui n'eut qu'une-autorité nominale : ils sont les maîtres de fait; ils occupent les places fortes et perçoivent la moitié des revenus.
*MÀISTRE (le comte Joseph de), célèbre écrivain, né en 1754 à Cbambéry, d'une famille d'origine française, mort en 1821, fut chargé par le gouvernement sarde de plusieurs négociations, accompagna dans l'île de Sârdaighe le roï Charles-Emmanuel [ lors de l'invasion de ses Etats Ibar les Français, et se rendit à St-Pétersbourg en 1803 comme ministre plénipotentiaire de ce prince. Forcé en 1817 de quitter la Russie lors de l'expulsion des Jésuites, parce qu'il avait embrassé la cause de l'ordre proscrit, il fut nommé dans sa patrie régent de la chancellerie, et reçut toutes sortes de distinctions honorifiques. J. de Maistre s'est fait un nom en combattant les philosophes du xvine siècle, en soutenant la suprématie temporelle du pape et la théocratie. Ses principaux écrits sont : Considérations sur la Révolution française, Lausanne, 1796, ouvrage qui dénote déjà la* portée de son esprit et son talent d'écrivain ;DuPape, Lyon, 1819, son œuvre capitale, où il propose de placer le Souverain-Pontife à la tête de la société, comme au moyen âge; De l'Église gallicane, Paris, 1821} où il attaque les libertés de l'église deFrance; les Soirées de St-Pétersbourg ouEntretiens sur le gouvernement temporel de la Providence, ouvrage posthume, Paris, 1821, où il règne un singulier mysticisme; Examen de la philosophie de Bacon, Paris, 1836, où le philosophe anglais est jugé avec la plus injuste sévérité. De Maistre n'est pas moins remarquable par la vigueur de son style que par la singularité de ses doctrines. On a publié à Paris en 1851 des Mémoires, des lettres et Opuscules de J. de Maistre, et en 1859, sa Correspondance diplomatique.
HAIT 1163 —MAJO
*MAISTRE (Xavier de), frère cadet du préc, né en 1764 à Chambéry, était au service du roi de Sardaigne lorsque la Savoie fut conquise par les Français. Il alla en Russie, où résidait son frère, se distingua dans la guerre contre la Perse et gagna le grade de général-major. Il se maria à St-Pétersbourg après la cam-Eagne et revit un instant sa patrie, mais retourna ientôt se fixer en 1817 en Russie; il y mourut en 1852, presque nonagénaire. Il s'était fait connaître dès l'âge de 30 ans parle Voyage autour de ma chambre, ingénieux badinage, auquel il donna beaucoup plus tard pour suite l'Expédition nocturne autour de ma chambre. Après un long intervalle, il publia en 1811 le Lépreux delà Citéd'Aoste, récit touchant d'un fait réel, en 1815 le Prisonnier du Caucase, et en 1817 la Jeune Sibérienne, nouvelles pleines d'intérêt, où l'on trouve la peinture fidèle de mœurs qui nous sont totalement étrangères. Ce peu d'écrits ont suffi pour le placer au rang des bons écrivains de notre langue. X. de Maistre peignait avec succès le paysage ; il était en même temps habile chimiste : il présenta à l'Académie des sciences de Turin plusieurs savants mémoires, parmi lesquels on remarque ses recherches sur l'oxydation de l'or et sur l'application de l'oxyde d'or àla peinture. Ses OEuvres littéraires ont été réunies en 3 vol.in-18, Paris, 1825etl828, et en 1 vol. in-12,1859.
*MAÎTRE. Sous l'empire romain, on donna le nom de Maitres à divers officiers publics : le Maître du cens, institué sous Auguste, remplissait les fonctions de censeur; le Maître de la-milice, institué par Constantin, avait àpeuprèsl'autoritédupréfet du prétoire.
*Dans les temps modernes, on a donné les noms de Maîtres et de Grands maîtres aux chefs de différents ordres ou de différents services : grand maître des Templiers, des Hospitaliers, de l'Université, de l'Artillerie , etc. V. ces noms.
*MAITRE DE LA CAVALERIE, magister equitum, nom donné chez les Romains à une espèce de lieutenant du dictateur, qui commandait la cavalerie sous les ordres de ce magistrat: c'était la 1" dignité après celle de dictateur. Le maltie de la cavalerie était, comme celui-ci, choisi par le sénat du peuple ; il était précédé de 6 licteurs.
*MAITTAIRE (Michel), philologue et bibliographe, né en France en 1668, de parents protestants qui s'étaient réfugiés en Angleterre lors de la révocation de l'édit de Nantes, m. à Londres en 1747, occupait une chaire à l'école de Westminster. Outre un grand nombre d'éditions fort correctes des auteurs classiques grecs et latins, avec index, il a publie : Grxcm linguas IHalecti, Londres, 1706; Opéra et fragmenta vete-'um poetarum latinorum, 1713; Stephanorum historia, 1709; Hûtoria ttjpographorum parisiensium, 1717; Annales typographici, 1719-41; Miscellaneœ grxwrum aliquot scriptorum carmina,cum versione lat. et notis, 1722 ; Warmora Oxoniensia, grec et latin, 1732. Sa. Collection des classiques latins, publiée à Londres de 1713 à 1722, forme 27 v. in-12.
*MAIXENT (S.), né vers 447 à Agde, m. en 515, quitta sa ville natale pour échapper à l'envie qu'excitaient ses vertus, vint habiter dans le Poitou le monastère de St-Saturnin-sur-Sèvre qui prit depuis son nom, en fut élu abbé vers 500, y reçut en 507 la visite de Clovis qui allait combattre Alaric à Vouiïlé, et, sur la demande du roi franc, intercéda près de Dieu pour le succès de son expédition. On l'hon. le 26 juin, jour de sa mort. C'est autour de son abbaye que se forma la ville actuelle de.St-Maixent.
*MAIZEROY (P. JOLY de), écrivain militaire, né à, Metz en 1719, m. en 1780, servit sous le comte de Saxe, et fit comme lieutenant colonel les campagnes de 1756 à 63. A la.paix, il consacra ses loisirs à des recherches sur l'art militaire. On a de lui : Traité des stratagèmes ou Remarques sur Polyen et Frontin, 1765; Cours de tactique, 1766-67; Traité des armes défensives, 1767 ; Traité des armes et de l'ordonnance de l'infanterie, 1776; Théorie de la guerre, 1777; Traité sur l'art des sièges etles machines des anciens, 1778, et une traduction des Institutions militaires de l'empereur Léon, 1770, qui lui ouvrit en 1776 les portes de l'Académie des Inscriptions.
*MAIZIËRES (Phil. de), né en 1312 au château de Maizières, près de Montdidier (Somme), m. en 1405, détermina Hugues de Lusignanr roi de Chypre, et le-successeur de ce prince, Pierre I, à faire la guerre aux Musulmans (1343-65), puis vint se fixer à la cour de Charles V qui le nomma chancelier d'État et lui confia l'éducation de son fils Charles VI. Il se retira chez les Célestins. On a de lui, outre plusieurs écrits-de piété, deux ouvrages curieux, le Songe adressant au blanc Faucon (Charles VI), et le Songe du Vieil pèlerin, recueils de conseils adressés à Charles VI, écrits vers 1382, restés Ms. On lui a attribué, mais à tort, le Songe du Vergier (1376), donné par d'autres à Raoul de Presles ou à Charles de Louviers.
*MAJEUR (Lac), Verbanus lacus, lac de Lombardie, sur les confins de la Lombardie et de la Suisse, est forméparleTessin, quile traverse ; 60 k. sûr 7. C'est le plus occid. des lacs de la Haute-Italie. Bords charmants, îles délicieuses, entre autres les îles Borromées. MAJOR, MAJORAT, MAJORITÉ. V. ces mots dans notre Dict. univ. des Sciences.
*MAJORAGIUS (Ant. Marie CONTI, dit), savant du xvi° siècle, né en 1514 à Majoragio, dans le Milanais, d'où son nom, m. en 1555, fut nommé à 26 ans professeur d'éloquence à Milan, et se fit admirer par l'élégance de -sa latinité. Il a laissé des commentaires estimés sur Cicéron et sur Virgile, ainsi que des poésies et des harangues latines,Leips., 1628. Il eut de violents démêlés avec Nizolius au sujet des Paradoxes de Cicéron, qu'il avait critiqués sévèrement.
*MAJORIEN, Flavius julius Valerius Majorianus, empereur d'Occident, avait servi avec distinction en Gaule sous Aétius, lorsqu'il fut placé sur le trône, en 457, par le patrice Ricimer. A son avènement, il abolit les tributs arriérés, rétablit la juridiction ordinaire des magistrats provinciaux et l'ancien office des défenseurs; puis, se mettant à la tête de l'armée, il battit dans la Gaule Théodoric II, roi des Visigoths, et courut en Afrique attaquer Genséric, roi des Vandales. Il allait délivrer l'empire de ce terrible ennemi, lorsque Ricimer, redoutant un empereur si belliqueux, excita contre lui une révolte; il fut déposé à Tortone et mis à mort en 461.
*MAJORQUE, Mallorca en espagnol, Bafeaw ma/or en latin, la plus grande des îles Baléares, par 0°-l° long. O., 39°-40° lat. N.; elle a env. 70 kil. du N. au S. sur 57 de l'E. à l'O., 3400 k. c et compte 180 000 h. ; ch.-L, Palma, qui est aussi le ch.-l. de toute la capitainerie générale des Baléares. Climat délicieux. chaud, mais tempéré par les brises. Excellents fruits (oranges, dattes, limons et citrons); vins, huiles renommées ; on y élève beaucoup de porcs. Pêche du torail. Assez grand commerce avec l'Espagne et l'Afrique. — L'Ile a été possédée successivement par les Carthaginois, les Romains, les Pisans, les Sarrasins. Enlevée à ces derniers vers 1229 par les Aragonais, elle fut érigée en un roy. particulier (d'où dépendaient toutes les Iles Baléares, le comté de Montpellier, le Roussillon et la Cerdagne) par Jacques I, roi d'Aragon , en faveur de son fils Jacques en 1262, puis fut réunie, avec l'Aragon, à la couronne d'Espagne.
MAI A — 1164 — MAIA
*MAK.A1UEV, v. du gouvt de Nijaéi-Novogorod, à 17 kil. E. 8. E. de la v. de ce nom, sur la r. g. du Volga; 4000 hab. Il s'y tient une foire célèbre qui dure tout le moisdejuîlletet à laquelle se rendent des Cosaques, des Boukhares, des Persans et des Indiens.
*MAK.IIADOU, capit. de l'Ile d'Aj'ijouan, l'une des Comores; 5000 hab. Port fortifié.
*MAK.O, v. de Hongrie, ch.-l. du comitat de Csa-nad, sur la r. dr. du Maros, à 176 k. S. E. de Bude; 7000 h. Résidence de l'évèque de Csanad.
*MAKRI, v. et port de la Turquie d'Europe (Rou-mélie), à 100 k. N. O. de Gallipoli ; 3000 h.
*MAKRI , Telmessus, v. et port do la Turquie d'Asie (Anatolie), à 270 k. S. E. de Smyrne, sur le golfe do Makri (Glaucus sinus), dans la Méditerranée.Bon port.
*MAKRIZI, écrivain arabe, né au Caire vers 1360, m. en 1442, remplit en Egypte plusieurs emplois dans l'administration et dans le culte. On a de lui : une Description historique et topographique de l'Egypte, •jui contient des détails intéressants sur les mœurs, les préjugés, l'histoire religieuse, politique et commerciale du pays (depuis 638) ; une Hist. des sultans oyoubites et mamelouks (trad. par Quatremère, 1837-45): des Traités des Monnaies musulmanes et des Poids etmesures des Musulmans (trad. enfrançais par Sylvestre de Sacy, dans le Magasin encyclopédique); une Hist. des expéditions des tirées et des Francs con~ ire Damielte, publiée en arabe, avec trad. lat., par Hamaker.Amst.,1824; une Hist. des Coptes; un Traité sur les souverains musulmans établis en Abyssinie, publié, avec traduction latine, par Rinck.Leyde, 1797. il avait en outre entrepris un Dictionnaire des hommes célèbres de l'Egypte, dont la Bibliothèque impériale de Paris possède le manuscrit autographe.
===MAL===
*MALABAR (Côte de), partie de la côte occid. de l'Inde en deçà du Gange (Décan), au S. de celle du Kanara, s'étend sur la mer d'Oman de 10* à 13° lat. N., àl'O. de la chaîne des Ghattes; elle est fort étroite ot n'a guère que 120 kil. de lar^e, avec une population d'env. 200 000 h. On y parle un idiome particulier. Pays fertile en riz, poivre noir, bétel, fruits, bois de lek, etc.; le littoral est stérile. Très-riche jadis en métaux précieux ; il n'y a plus maintenant que quelques mines de fer exploitées. Les veuves du Malabar se brûlaient autrefois sur le corps de leur mari : les Anglais ont en grande partie réussi à faire abandonner cette coutume barbare. — C'est au Malabar qu'aborda Vasco de Gama en 1498; c'est sur ce pays que les Portugais firent leurs premières conquêtes. Les Français y possèdent Mahé. Les habitants des montagnes ont résisté longtemps à la conquête, et ont conservé les mœurs antiques des Hindous. Haï-der-Ali les soumit en 1766. Les Naïrs unis aux Anglais enlevèrent cette conquête à Tippou-Saëb en 1790; mais bientôt les Anglais restèrent seuls maîtres. Le Malabar forme auj. un district de la présidence anglaise de Madras et a pour ch.-l. Calicut.
*MALACCA, Malaya, v. de l'Inde Transgangêtique anglaise, ch.-l. de la prov. de Malacca, à l'extrémité S. de la péninsule de même nom: env. 30000 hab. (Chinois, Malais et Européens). Elle a un bon port, et se divise en 3 parties : le fort, la ville, la ville chinoise. Evêché catholique; siège d'une mission anglaise. — Fondée vers 1252 par les Malais, Malacca reçut en 1510 et an 1511 les Portugais, qui peu après s'en emparèrent violemment et qui la gardèrent jusqu'en 1641. Les Hollandais la prirent à cette époque; les Anglais s'en emparèrent en 1795. la rendirent en 1814, mais l'acquirent de nouveau en 1825, en échange de divers établissements de 1» côte de Sumatra. Cette ville a été très-commerçante (ivoire, camphre, poudre d'or, bois, etc.); mais la fondation de Poulo-Penang lui a fait un tort immense. — Laprov. anglaise (jadis royaume) de Malacca, dans le S. O. de la presqu'île de même nom, est àl'O. du Pahang, au S. du Salengore,etcompte env. 6000 hab. ; elle produit surtout du poivre.
*MALACCA. (Presqu'île de), l'anc Chersoriise d'Or? partie de l'Inde Transgangêtique, entre les mers de Bengale et de Chine, a environ 1190 kil. de long sur 196 de large, et s'étend de 1» 15' à 10* 15' lat. N. ; elle tient au continent par l'isthme de Tenasse-rim et est terminée par le cap Remania; population, 375 000 hab. Montagnes; climat beau et chaud, mais malsain ; riche végétation, pauvre agriculture; forêts d'aloès, sandal, tek, etc. Beaucoup de crocodiles, de serpents et d'animaux féroces. Diamants et autres pierres précieuses ; riches mines d'or, d'é-tain et de fer. Ce pays a pour principaux habitants les Malais (Y. ce nom) et plusieurs autres, races indigènes; on y trouve aussi des Hindous Telinga, et des Européens, les uns Anglais, les autres d'origine portugaise. — Toute la presqu'île a fait partie du royaume de Siam; mais vers la fin du xviii* siècle la partie méridionale secoua le joug. Aujourd'hui ce pays se divise en 3 parts : 1" M. indépendant (lequel contient tout le sud, moins la province anglaise, et se subdivise en royaumes de Perak, Salengore, Djo-hore, Pahang et Roumbo); 2" M. siamois au N. (royaumes de Ligor, Bondelon, Patani, Kâlantan, Tringanou, Kedan); 3* M. anglais, où se trouvent la ville et la province de Malacca. 7. ci-dessus.
*HALACCA. (Détroit de), bras de mer qui sépare la presqu'île de Malacca de l'île de Sumatra, fait communiquer le golfe duBengale avec la mer de Chine. Il a env. 8000 kil. de long sur une. largeur qui varie de 40 à 300 kil.
*MALACIHE, le 12" et le dernier des petits prophètes, contemporain de Néhémie, prophétisa, à ce qu'on croit, de 412 à 408 av. J.-C. Quelques-uns ont pensé qu'il est le même qu'Esdras. On a de lui 3 chapitres où il reproche aux Juifs leur corruption et annonce le Messie.
*MALACHIE (S.), prélat irlandais, né à Armagh en 1094, devint archevêque d'Armaga en 1127, se démit en 1135, alla à Rome pour les besoins de son église, et mourut à Glairvaux en 1148, entre les bras de S. Bernard, qui a écrit sa Vie. Sa fête est le 3 nov. On lui attribue un livre de prédictions sut les papef ouvrage apocryphe qui a été fabriqué en 1590. MALADETTA (La). V. PYRÉNÉES et NÉTiiou. MALAGA, Malaca, v. et port d'Espagne (Andalousie), ch.-i. de l'intend. de son nom, sur la Méditerranée, à 330 kil. S. de Madrid; 70 0QO h. Ëvê-ché. Port formé par un môle; phare à fanaltournant. Double mur, tours, vieux châteaux forts de Gibral-faro, d.'Atarazanaèt.à'Alcazaba. Vaste cathédrale du xvi'siècle, palais épiscopal, douane, salle de spectacle; promenade délicieuse de VAlameda, qui donne son nom au plus beau quartier de la ville : aqueduc; aux environs, belle maison de plaisance dite El-Re-tiro. Grand commerce des produits du territoire environnant. — Fondée par les Phéniciens. Prise par les Arabes en 714, ellefut annexée au califat de Cor doue, et devint, après la chute de ce califat, le siège d'un petit État indépendant, qui dura 64 ans, 1015-1079; elle appartint ensuite à divers princes arabes et ne fut conquise par les Espagnols qu'en 1487. — L'intend. de Malaga, entre celles de Cadix à l'O. et de Grenade à l'E., a 136 kil. de l'E. à l'O. sur 66, et compte 472 000 h. Elle est très-fertile en fruits exquis, surtout en raisins, que l'on fait sécher, ou qui produisent un vin liquoreux très-renommé ; on y a acclimaté la canne à suote et la cochenille. La fameuse Vega ou plaine de Malaga (qui a 35 kil. sur 18) et le district de Velez-Malaga produisent immensément. V. VELEZ-MALAGA.
M A.:, A — 1165 — MALD
*MALAGRIDA (Gabriel), jésuite, né en 1689 dans le Milanais, passa en Portugal,.fut envoyé en mission au Brésil, parcourut toutes les parties soumises au Portugal et se fit une grande réputation par ses prédications et ses austérités. En 1758, il fut accusé û'avoir pris part à la conspiration du duc d'Aveiro contre le roi de Portugal : on ne put rien prouver contre lui, mais le marquis de Pombal, dont il s'était attiré l'inimitié , le fit livrer à l'Inquisition comme faux prophète et comme auteur d'écrits entachés d'hérésie (Vie héroïque et admirable de la glorieuse Ste Anne, mère de la Ste Vierge; Vie et empire de l'Antéchrist). Il fut condamné au feu et exécuté en 1761- Ce malheureux devait plutôt être '.onsidéré comme fou que comme criminel. MALAGUETTE (côte de). V. CÔTE nES GRAINES. MALAIN (seigneurie de). V. MARLE. MALAIS, grande variété de l'espèce humaine, que l'on fait sortir de la presqu'île de Malacca (d'où son nom), est surtout répandue dans l'Océanie occidentale, qui en a pris le nom de Malaisie, et dans les îles de la Sonde. Les Malais ont le teint d'un rouge de brique foncé, les cheveux longs, lisses, noirs, un gros nez plat, les yeux grands, bridés et étincelants : ils sont robustes, violents, féroces, et en même temps rusés, voleurs ; souvent indolents et même lâches ; ils sont bons marins et redoutables pirates. 11 se trouve aussi beaucoup de Malais en Australie (dans la Nouvelle-Zélande), et en Polynésie (aux archipels de Tonga, Viti, Taïti, etc.) ; ceux-là sont moins civilisés. On a nommé Négro-Malais des peuplades métis, nombreuses surtout en Papouasie, et qui tiennent, pour le physique, pour la langue et pour la religion, des deux grandes familles malaisienne et nègre océanienne. On croit enfin que les indigènes de l'Ile de Madagascar sont aussi d'origine malaise.
*MALAISIE , nom que l'on donne quelquefois à l'Océanie occidentale, à cause des Malais qui en sont la race dominante. C'est ce qu'on nomme aussi l'.4r-chipel d'Asie. Cet archipel s'étend au S. de l'empire chinois, à l'O. de la Micronésie, et au N. de la Mé-lanésie. Il comprend, du N. auS., les îles Philippines, Moluques, Célèbes, Bornéo, Sumatra, Java, Sumbava, Timor, etc.
*MALAKOFF (tour), la plus forte des tours qui défendaient Sébastopol, fut emportée d'assaut le 8 septembre 1855 par les troupes françaises que commandait le général-Pélissier : ce qui amena l'évacuation immédiate de Sébastopol. Le vainqueur fut fait maréchal de France et duc de Malakoff.
*MALALA (Jean), écrivain grec, natif d'Antioche, est auteur d'une Chronique qui va de la création du monde à la mort de Justinien I, en 565, mais dont les deux premiers livres sont perdus. Elle a été publiée sur un manuscrit de la bibliothèque Bodléienne, avec version latine et notes, par Edmond Chilmead, à Oxford, 1691, et se trouve dans les collections de la Byzantine.
*MALAMOCCO, village de la Vénétie, bâti sur une île étroite entre les lagunes et l'Adriatique, à 6 k. S. de Venise; 1000 hab. Il donne son nom à un canal qui est la principale entrée des lagunes de Venise et qui est défendu par 2 forts.
*MALANDRINS, un des noms de ces aventuriers qui dévastaient la France sous Jean le Bon et Charles V. Y. COMPAGNIES (Grandes).
*MALARTIC (Hippolyte, comte de), né en 1730 à Montauban, m. en 1800, futnommê en 1792 gouverneur des établissements français à l'E. du Cap de Bonne-Espérance et réussit à'ia fois à préserver les colonies des troubles qui agitaient la mère patrie et à repousser les attaques des Anglais. Les habitants de l'Ile de France lui élevèrent un monument avec cette nscription • Au sauveur de la colonie. .MALASPINA, illustre famille d'Italie, feudataire immédiate de l'empire, était souveraine de la Luné-giane et depuis le xive siècle possédait en outre Massa-Carrara à titre de marquisat. Elle figura dans les rangs des Guelfes et fit alliance avec les villes lombarde» pour défendre la libertédel'Italiecontre les invasions deFréd.Barberousse.SpinettaMalaspinafut dépouillé vers 1320 de ses fiefs dans la Lunégiane par Castruc-cio-Castracani, mais il les recouvra en 1328. Cette possession,est restée à une branche cadette de la famille Malaspina jusqu'à la fin du xvi.i" siècle.
*MALASPINA (Ricordano), historien florentin duxnr" siècle, composa l'histoire de Florence depuis sa fondation jusqu'à l'an 1281.Cette histoire, continuée-par Giachetta Malaspina, son neveu, a été publiée à Florence de 1568 à 1598. "M AL ASSISE, négociateur. V. MESMES (H. de).
*[[Malatesta (famille)|MALATESTA]] <s>famille noble d'Italie, régna ensdu-veraine sur Rimini et sur une partie de la Romagne aux xiue, xive et xv" siècles. Elle était issue, ainsi que les Montefeltri, de la maison des comtes de Carpa-gna, et avait pour chef un seigneur de Yerrucctuo, surnommé Malatesta (mauvaise tête), qui fut choisi en 1275 par les Guelfes de Bologne pour combattre les Gibelins de la Romagne ; il leur enleva la ville de Rimini et s'en fit déclarer souverain. Ses descendants conquirent Césène, Pesaro, Fano, Fossombrone, Cervia, etc. ; mais ils furent peu à peu dépouillés de leurs Etats par les papes. Le dernier prince de. cette famille, Pandolfe IV, fut chassé de Rimini par César Borgia, et depuis 1528 cetteville resta définitivement aux papes..— C'est un Malatesta qui inventa les bombes, en 1467.</s>
*MALATIA, Mililine, v. de la Turquie d'Asie (Ma-rach), ch.-l. de livah, à 133 kil. N. O. de Diarbekir, près du confluent de l'Euphrate et du Kara-sou ; 6000h.Patrie d'Aboul-Faradj.
*MALAUCÈNE, ch.-l. de cant. (Vaucluse), à 30 k N. E. d'Orange ; 2260 hab. Papeterie, huile.
*MALAVALLE (S. Guillaume de). V. s. GUILLAUME.
*MALBROUGH. V. MARLBOROUGH.
*MALCHUS, serviteur du grand prêtre Caïpbe, portait la main sur Jésus pour l'arrêter, au jardin des Oliviers, lorsque S. Pierre lui coupa l'oreille droite d'un coup d'épée. Jésus leguérit aussitôj;.— Malchus était aussi un des noms du philosophe Porphyre.
*MALCOLM, nom de 4 roisd'Écosse qui régnèrent dux" au XII« siècle (V. ECOSSE). Le plus célèbre est Malcolmlll, fils du malheureux Duncan, assassiné en 1040 par Macbeth. Il se réfugia en Angleterre après le meurtre de son père, et ne recouvra la couronne qu'en 1047, en faisant périr Macbeth. Il eut à soutenir la guerre contre les rois d'Angleterre Guillaume le Conquérant et Guillaume le Roux, et fut tué dans une bataille contre ce dernier (1093).
*MALCOLM (sir John), officier écossais, né en 1769 près de Langholm, dans le cpmté de Dumfries, m. en 1833, passa dans l'Inde dès-1782, y fut successivement colonel, agent principal du gouverneur général, major général, gouverneur de Bombay. Il avait été envoyé en 1808 à la cour de Perse pour y balancer l'influence française. Il retourna en Angleterre en 1831 et fut élu membre de la Chambre des Communes. On lui doit un Essai sur les Seyks, 1812; une Histoire de la Perse, depuis les temps les plus reculés jusqu'à Fépoque actuelle, 1815, trad. en français par Benoist, continuée et annotée par Langlès, 1821 ; et une Histoire politique de l'Inde, 1826.
*MALCONTENTS. V. POLITIQUES.
*MALDIVES, archipel de l'Océan indien, entre 70e 30' et 72° 20' long. E., 1° et 7° 30' lat., est composé d'un groupe innombrable d'îles, d'îlots et d'e-cueils (on en a compté jusqu'à 12 000), dont40 ou 50. liés seulement sont habitées. On les divise en 17 at-tolons ou groupes circulaires ou ovales. Toutes ensemble forment un petit royaume dont le chef s'intitule sultan des Maldives et reconnaît la suzeraineté de l'Angleterre. La plus grande est Maie, quia8k.de tour etquiapour ch.-l. une ville dR même nom. résidence du sultan; 2000 hab. Sol fertile; climat charmant, quoique très-chaud : on y trouve le candou, arbre dont le bois est aussi léger que le liège. Le commerce d'île a île est très-actif. On s'y sert de cauris (espèce de coquillage) comme de monnaie.
MALE — 1166 — MALE
*MALDONADO, v. et port de l'Uruguay, sur l'Atlantique, à 90 kil. E. de Montevideo, à l'embouchure du Rio de la Plata; 5000 hab. Cuirs et viandes salées.
*MALDONADO (Laurent FERRER), navigateur espagnol du xvi" siècle, m. en 1625, écrivit la relation d'un voyage fait en 1588 de l'Océan Atlantique à l'Océan Pacifique par le Nord, à travers un prétendu détroit d'Aman. Cette relation, longtemps ignorée, a été'retrouvée à Milan par Amoretti, qui l'a publiée eu italien en 1811; elle a été trad. en français dès 1812.On doute de la réalité de ce voyage, et Maldo-nado paraît n'avoir été qu'un imposteur.
*MALDONAT (J.), jésuite espagnol, né en 1534 à Las Casas delaReina,dans l'Estramadure, m. en 1583, enseigna la philosophie et la théologie avec le plus grand succès au collège de Clermont, à Paris (1564), puis à l'UniversitédePont-à-Mousson (1572). Attaqué dansquelques-unesdeses doc trines, ilquitta la France (1575) et se retira à Rome, où le pape lui confia divers travaux. On l'accusait, mais à tort, de pencher vers le Socinianisme. On a de lui des Commentaires sur les Évangiles, 1596-1597; des Commentaires sur Jérémie, Ezéchiel et Daniel, 1609 ; des Traités des sacrements, — de la grâce, — du péché originel, — des Anges et des Démons. Ce dernier, le plus curieux et le plus connu, n'a paru qu'en français et a été publié par le P. Laborie, Paris, 1617, in-12.
*MALE, île de la mer des Indes. Y. MALDIVES.
*MALE ou MALAIN (Seigneurie de). V. MAHLE.
*MALEBRANCHE (Nicolas), philosophe et théologien, né à Paris en 1638, m. en 1715, était fils d'un secrétaire du roi. Contrefait et d'une complexion délicate, il désira vivre dans la retraite, et sfenferma dès 1660 dans la congrégation de l'Oratoire. Après avoir commencédesétudesd'histoire, qui avaient peu d'attrait pour lui, il rencontra par hasard.le Traité de l'homme deDescartes ; il éprouva de tels transports a cette lecture qu'il se voua désormais à. la philosophie; il ddvint bientôt le plus illustre des disciples de Descartes. 0 conserva les doctrines de son maître sur la méthode, sur l'insuffisance de l'autorité en philosophie et la nécessité de l'évidence, sur la nature de l'âme, sur -.'automatisme des animaux; mais, au lieu d'admettre comme lui des idées innées, il disait que nous voyons tçut en Dieu et que ce n'est que par notre union avec l'être qui sait tout que nous connaissons quoi que ce soit; en outre, il prouvait l'existence des corps, non par la véracité divine (comme Descartes), mais par la révélation; il niait l'action de l'âme sur le corps et même toute action des substances cor-poreËes les unes sur les autres, attribuant leur commerce à l'assistance divine et ne voyant dans les mouvements du corps ou de l'âme que des causes occasionnelles; il prétendait que notre volonté, de même que notre intelligence, ne peut rien par elle-même, que Dieu est le principe de nos déterminations et des actes de notre volonté, inclinant ainsi sans le vouloir vers le fatalisme. Du reste, il professait l'optimisme et expliquait le mal en disant que Dieu n'agit que comme cause universelle; enfin, il fondait la morale sur l'idée d'ordre. Par l'élévation comme par ia nature de ses doctrines, Malebranche mérita d'être appelé le Platon chrétien ; mais les opinions paradoxales qu'il soutenait sur plusieurs points de théologie ou de philosophie rencontrèrent une forte opposition. Il eut de vives disputes avec Arnauld sur la nature des idées et sur la grâce ; avec Régis sur le mouvement; avec le P. Lamy sur l'amour de Dieu; et même quelques-uns de ses écrits furent mis à l'Index à Rome. Du moins on est d'accord sur le mérite de son style : il se distingue par la pureté, l'abondance, la richesse et l'éclat des figures, ce qui lui donne une beauté toute poétique : aussi Malebranche est-il placé parmi nos plus grands écrivains. Il était en outra mathématicien et physicien, et,_ àcetitre, il devint, en 1699, membre de l'Académie des scie&ces. Ses principaux ouvrages sont : la'Recherche delà vérité, 1674 et 1712 : c'est son œuvre capitale ; Conversations chrétiennes, 1677, composées à la prière de M. de Chevreuse dans le but de mettre à la portée de tout le monde la doctrine exposée dans l'ouvrage précédent ;Méditations chrétiennes etmétaphysiques, 1679 ; Traité de morale, 1680; De laNaiure et de la Grâce, 1680; Sntreliens sur la Métaphysique et la Religion, 1687; il y résume tout son système. On a aussi de lui : un TrailédeVAmaurdeDieu(1691); Sntreliens d'un philosophe chrétien et d'un philosophe chinois sur l'existence de Dieu (1708); des écrits polémiques composés dans sa dispute avec Arnauld, et qui ont été réunis en 4 vol. in-12,1709. Laplupartdes écrits de Malebranche ont été rassemblés en 2 vol. grand in-8, à 2 colonnes, par Genoude, Paris, 1837; M. J. Simon en a donné un choix dans la Bibliothèque Charpentier. M. Feuillet de Conçues a fait paraître pourla première fois en 1841 sa Correspondance avec Itairan. Fontenelle a prononcé son Eloge. L'abbé Blampignon a donné en 1861 une Étude sur Malebranche, avec une Correspondance inédite, d'après les manuscrits originaux.
*MALÉE (cap), Maleaprom., auj. cap Malla, promontoire duPéloponèse,auS., entre les golfes Laconique et Argolique. Passage dangereux.
*MALÊE, général carthaginois, conquit la plus grande partie de la Sicile en 536 av. J.-C., mais échoua evant la Sardaigne, ce qui le fit exiler. Pour se venger, il vint avec son armée assiéger Carthage, s'en empara et mit à mort tous ceux qui lui étaient contraires. Il périt peu après dans une émeute,
*MALEK, docteur musulman, chef des Malékites, m. à Médine en 795, est auteur du Mowwetta, qui traite des lois orales du prophète. Cet ouvrage, un des plus estimés en ce genre, fait autorité.
*MALEK, MALEK-ADEL. T. MÉLIK.
*MALÉKITES, secte musulmane, née au VHI"siècle et ainsi nommée de Malek, son fondateur, n'est qu'une branche des Sunnites et suit un des quatre rites orthodoxes de l'Islamisme. Les Arabes et les Maures de l'Algérie sont malékites.
*MALEPEYRE (Gabriel VENDANGES des), conseiller au présidial de Toulouse, m. en 1702, cultiva la poésie avec quelque succès et se distingua en même temps par ses connaissances en peinture, en sculpture et en architecture. Il contribuaau rétablissement de l'Académie des Jeux floraux, etfonda un prix consistant en un lis d'argent pour l'auteur du meilleur sonnet à la louange de la Vierge.
*MALESHERBES, ch.4. de cant. (Loiret), dans l'ancien Gâtinais, à 19 kil. N. E. de Pithiviers; 1390 h. Bonneterie, tanneries, élèved'abeilles. Ane «bateau. Seigneuriequi appartenait à la maison de Lamoignon.
*MALESHERBES (Guill. LAMOIGNON de), ministre sous Louis XVI, né à Paris en 1721, fils du chancelier Guill. de Lamoignon, fut successivement substitut du procureur général, conseiller au parlement, président de la Cour des aides, directeur de la librairie (1750), et se montra dans ces fonctions diverses juste, ferme et éclairé. En 1770 et en 1771, il adressa à Louis XV de sévères remontrances sur l'établissement de nouveaux impôts et pour la défense des prérogatives parlementaires; comme directeur de la librairie, il favorisa la liberté de la presse. La Gourdes aides ayant été supprimée avec les anciens parlements (1771), Malesherbes, qui était président de cette cour, fut exilé; mais il reprit ses fonctions à l'a-vénement de LouisXVI; son retour fut un triomphe, et il jouit alors de la plus grande popularité. Appelé en 1775 au ministère, avec Turgotson ami, et chargé du département de l'intérieur, il voulut faire abolir les lettres de cachet, et s'éleva contre les dépenses excessives de la cour; mais ses conseils ne, furent' point écoutés, et il se retira avec Turgot (1776). Rappelé en 1787, il se vit bientôt obligé de se retirer de nouveau, et alla vivre dans la solitude. Il y cultivait en paix les lettres lorsque Louis XVI fut traduit devant la Convention : bien qu'âgé alors de 72 ans, il demanda et obtint le dangereux honneur d'assister le roi comme conseil. Il s'acquitta de ce soin de la manière la plus courageuse et la plus touchante ; mais tous ses efforts étaient inutiles. Ilfut lui-même arrêté en 1794, traduit devant le tribunal révolutionnaire et envoyé a l'échafaud avec toute sa famille. La postérité a placé Malesherbes au nombre des grands magistrats et des citoyens les plus vertueux. Outre ses Remontrances et ses Mémoires pour Louis XVI, on a de lui des Mémoires sur le mariage des Protestants, 1785 et.87; sur les moyens d'accélérer les progrès de l'économie rurale en France, 1790; sur la librairie et la liberté de la presse, posthume, 1809. Sa Vie a été écrite par Gaillard, 1805, et par Boissy-d'Anglas, 1818; son Éloge a été prononcé à l'Académie française en 1S41 par Dupin aîné. Un monument lui a été érigé au Palais de justice de Paris.
MÀLF — 1167 — MALI
*MALESTROIT, ch.-l. de cant. (Morbihan), à 16 k. S. de Ploërmel; 1500 h. Une trêve y fut conclue en 1343 entre la France et l'Angleterre.
*MALET (Claude Franc, de), général français, né à Dôle en 1754, fit avec distinction les campagnes de la République, devint général de brigade eh 1799, et fut nommé par Masséna gouverneur de Pavie en 1805: mais il était ardent républicain et par conséquent suspect à Napoléon, qui le fit incarcérer à Paris en 1808 par mesure de sûreté. Profitant des facilités que lui laissait sa translation dans une maison de santé, il organisa contra l'Empereur, pendant la campagne de Russie, une conspiration dans laquelle entrèrent avec lui les généraux Guidai et Lahorie. S'étant échappé dans la nuit du 23 au 24 oct. 1812, il parcourut les casernes de Paris en répandant le bruit de la mort de Napoléon, et surprit les autorités civiles en leur présentant des ordres fabriqués ; il était sur le point de réussir lorsque la résistance du général Hulin, qui commandait l'état-major de la place, fit tout échouer (V.HULIN). Traduit aussitôt devant une commission militaire, il fut condamné à mort et fusillé dès le 29 oct. 1812.
*MALEVILLE (Jacques de), jurisconsulte, né en 1741 à Domne (Périgord), m. en 1824, plaida d'abord a Bordeaux, siégea en 1796 au Conseil des Cinq-Cents, devint membre-du tribunal de cassation, coopéra à la' rédaction du Code civil, fut fait sénateur en 1806, et pair en 1814. On a de lui : une Analyse raisonnée de la discussion du Code civil au Conseild'État, 1084-5, et un traité du Divorce, 1801 et 1816.— Son fils, P. Joseph, marquis de Maleville, 1778-1832, fut en 1815 membre de la Chambre des Représentants, puis de celle des Députés où il se signala par son royalisme ; fut nommé président de la Cour royale de Paris, conseiller à la Cour de cassation . pair de France. On a de lui un Discours sur la Réformalion de Luther, mentionné par l'Institut en 1805. — V. MALLEVILLE.
*MALÉZIEU (Nie de), né à Paris en 1650, m. en 1729, fut honoré de l'amitié de Montausier et de Bos-suet; fut précepteur du duc du Maine, et resta toute sa vie auprès de lui : il était le principal ordonnateur des fêtes que la duchesse du Maine donnait à Sceaux, et il composa, pour ces circonstances, beaucoup de petites pièces. Il devint membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences. On a de lui des Éléments de géométrie, rédigés pour le duc de Bourgogne, 1715, et des Poésies.
*MALFILATRE (Ch. L.), poète français, né à Caen en 1732, d'une famille pauvre, fit de'brillantes études chez les Jésuites de sa ville natale, vint ensuite à Paris et ne tarda pas à se faire remarquer; mais, peu rangé dans sa conduite et fort imprévoyant, il tomba bientôt'dans la misère et mourut prématurément, à 34 ans, à la suite d'une maladie douloureuse (1767). Toutefois, Gilbert a exagéré quand il a dit: La faim mit au tombeau Malfilàtre ignoré.
On a de lui 4 odes, qui furent couronnées par l'Académie de Rouen; un poëme en 4 chants et en vers de
10 syllabes, Narcisse dans l'île de Vénus; une belle
imitation du i>saumeSuperfluminaÉabylonis,et quël-ques fragments d'une traduction de Virgile, qu'on a
réunis sous le titre de Génie de Virgile, 1810. On a aussi sous son nom une traduction en prose des Méta
morphoses d'Ovide (1799), peu digne de lui. Ses OFuvres complètes ont été publiées en 1825, avec
une Notice par Auger. Ses poésies pèchent dans l'ensemble; mais on y trouve parfois la facilité d'Ovide,
avec l'harmonie et le sentiment de Virgile.
*MALGACHES, aborigènes de Madagascar.
*MALHERBE (François de), poète-français, né à Caen en 1555, m. à Paris en 1628, était d'une famille noble et ancienne, mais peu favorisée de la fortune. 11 fut attaché dès 1576 à Henri d'Angoulême, fils naturel de Henri II, qui commandait en Provence, et se
mariadanscetteprovinceenl581. Ilneparaîtpas qu'il ait, comme onl'adit, servi dans les troupes de laLigue.
Après l'avènement de Henri IV, il fut recommandé à ce prince par Duperron et en obtint une pension; il
ne fut pas moins bien traité., de Marie de Médicis et de Louis XIII. Malherbe avait eu plusieurs enfants : il
eut le malheur de leur survivre ; le dernier fut tué en duel par de Piles, 1627, et la douleur qu'il en éprouva
abrégea ses jours. Après avoir donné dans la manière de Ronsard, Malherbe s'en sépara pour adopter un
genre de poésie où l'on trouvait une harmonie et une pureté de style jusqu'alors inconnues ; il porta si loin
la sévérité de son goût qu'il fut appelé le Tyran des mots et des syllabes. Il parvint ainsi à épurer notre
langue et mérita les éloges que lui donne Boileau.
"Enfin Malherbe vint, et le premier en France Fit sentir dans les vers une juste cadence; D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir, Et réduisit la Muse aux règles du devoir."
Malheureusement ses poésies, si remarquables par le style, brillent beaucoup moins du côté de l'invention: elles sont plutôt l'œuvre du travail et de la patience que du génie. Elles consistent en odes, paraphrases de psaumes, stances, auxquelles s'ajoutent quelques épigrammes. Il en a été donné de nombreuses éditions, notamment par Ménage, Paris, 1666, avec de savantes notes; par Chevreau, 1723, St-Marc, J727. Querlon, 1764, Lefèvre, 1825,Delatour, 1842. Les plus complètes sont celles de Biaise, Paris, 1822, in-8 (à laquelle il faut joindre des Lettres inédites publ. par G. Mancel, Caen, 1852, et l'Instruction de F. Malherbe à son fils, publiée en 1846 par Chennevières) ; et l'éd.deL.Lalanne, 4v.in-8, Hachette, 1862eta.suiv. Racan,l'un des disciplesrie Malherbe, aécritsa Fie.On peut aussi consultersur ce poète les Recherchesoiogra-phiques sur Malherbe et sa famille, de Roux-Alpheran, dans les Mémoires de l'Académie d'Aix, 1840; etlesBa-cherchessursavie, avec une Critique deses œuvres, de Gournay,Caen,1852.Caenluia élevé une statue (1847).
*MALHERBE (dom Joseph), anc bénédictin, né en 1733 à Rennes, m. en 1827, professa la philosophie à l'abbaye St-Germain des Prés de Paris (1774), puis fut successivement bibliothécaire de la Cour de cassation, duTribunat, et censeur de la librairie (1812). Il fut chargé de revoir la dernière édition des OEuvres deS. Ambroise donnée par les Bénédictins, et de continuer l'Histoire du Languedoc, de dom Bourotte; il publia en 1789 sous le titre de Testament du Publi-ciste patriote un précis des Observations de Mably sur l'histoire de France. Il cultivait aussi la chimie avec succès: en 1772, il remporta un prix comme ayant inventé un procédé pour fabriquer la soude au moyen de la décomposition du sel marin.
*MALIAQUE (Golfe), Maliacus sinus, auj. golfe de Zeitoun, enfoncement de la mer Egée, sur les côtes de la Thessalie, près des Thermopyles et vis-à-vis de l'Eubée, tirait son nom de la petite'ville de Malia, située sur les bords, entre la mer et le mont Œta.
*MALIBRAN (Marie Félicité), célèbre cantatrice, né à Paris en 1808. morte à Londres en 1836, était fille de Manuel Garcia. Elle débuta en 1855 à l'Opéra italien de Londres, et fut accueillie par des applaudissements unanimes. Elle suivit sonpère à Mexico, puis à New-York, où elle épousa en 1826 un banquier nommé Malibran, qui ne tarda pas à faire faillite et dont elle fut obligée lie se séparer dès l'année suivante; vint en 1828 à Paris où elle se fit entendre successivement à l'Opéra et au Théâtre italien et où elle obtint un triomphe éclatant ; elle excita le même enthousiasme à Naples, à Milan, à Venise, à Florence, etc. Elle venait de se remarier avec le violoniste Bé-riot et se trouvait à Manchester lorsque, à la suite d'une chute de cheval, elle fut emportée par une fièvre nerveuse. Mme Malibran réunissait les deux voix de soprano et de contralto et excellait autant comme tragédienne que comme cantatrice. Ses plus beaux triomphes étaient dans le Barbier de Sévitle, Otello, Tancrède, la Cenemitola, Sémiramis, la Cassa lotira, et Don Juan.— Sa sœur cadette, Pauline Garcia (Mme Viardot), est encore auj. une de nos cantatrices les plus distinguées : elle excelle surtout dans la tragédie lyrique {Orphée, Aheste, etc.)
MALL — 1168 — MALM
*MALICORNE., ch.-l. de cant. (Sarthe), à 13 kil. N. de La Flèche, sur la r. g. de la Sarthe; 1500 h. MALINES. Mechlinia ou Malinx au moyen âge, Mechelen en flamand, v. de Belgique (Anvers), sur la Dendre et la Dyle, à 20 kil. N. E. de Bruxelles; 25 000 h. Archevêché, érigé en 1559 et dont le titulaire est le primat de Belgique ; académie de peinture et de dessin, fondée en 1771; université catholique, séminaires, école normale primaire; riche bibliothèque, jardin botanique ; arsenal.' Malines est le point central des chemins de fer de la Belgique. Cathédrale magnifique (l'église gothique de St-Rom-baud), commencée en 1220, achevée en 1487, ornée de précieux tableaux, et dont la tour est haute de 37"; vaste hospice, dit le Béguinage. Fabriques de dentelles, les plus belles qui soient connues et qui s'exportent par toute l'Europe; toiles, lainages, couvertures, chapeaux, aiguilles, etc. ; fonderie de canons. Grand commerce d'huiles et autres objets de ses fabriques. — Fondée au VIe siècle ; détruite par les Normands en 884, reconstruite en 897 et fortifiée en 930. Elle souffrit de plusieurs incendies (notamment en 1546 par l'explosion d'un magasin à poudre), ainsi que de la peste. Saccagée par les Espagnols en 1572, par le prince d'Orange en 1578, parles Anglais en 1580; souvent prise par les Français aux xvn° et xviu" siècles. Elle fut ch.-l. d'arr. dans le dép. des Deux-Nèthes jusqu'en 1814. Cette ville eut jadis un parlement et une commaniierie teutonique.—Uneii-gue contre la France fut signée à Malines en 1513 entre le pape, l'empereur Maximilien Ier, le roid'Angleterre Henri VIII, et Ferdinand le Catholique.
*MALINES (seigneurie de), petite principauté qui se composait de la ville de Malines et du territoire environnant, existait dès le vnr> siècle, et fut donnée en 754 par Pépin le Bref au comte Adon, son parent. Cette seigneurie fut conférée par Charles le Chauve h l'évêché de Liège, passa ensuite à diverses maisons, appartint en commun aux deux maisons de lirabant et de Flandre à partir du milieu du xiv° s., et finit par être possédée tout entière par Marguerite de Brabant, femme de Louis II de Mâle, comte, de Flandre. Le mariage de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, avec Marguerite, fille de Louis II, la fit fit entrer dans la maison de Bourgogne J1384). Elle a depuis suivi les destinées de cette maison.
*MALLE ou MALL, mallum, nom donné tantôt aux grandes assemblées des Francs, tantôt aux cours DU assemblées locales devant lesquelles étaient portés les procès les plus importants. Y. CHAMPS de mai.
*MALLET (David), dont le vrai nom était Malloch, écrivain anglais, né en 1700, mort en 1765, fit l'é-.iucation des fils du duc de Montrose qu'il accompagna sur le continent; puis devint sous-secrétaire tiu prince de Galles, père de George III. On a de lui des pièces de théâtre, des Poésies, parmi lesquelles on remarque des ballades, écrites avec simplicité et avec-charme, une Vie de Bacon (mise en tête de l'édition de ce philosophe de 1740, ettrad. en français, 1755). Ses OEuvres poétiques ont été recueillies en 3 vol. in-12, Londres, 1769, ettrad. parLécuy, 1798. Il était lié avec Bolingbroke et fut l'éditeur de ses œuvres. MALLET (Edm.) .littérateur français, né à Melun en 1713, mort à Paris en 1755. professa la théologie au collège de Navarre. On a de lui .* Essai sur l'étude des belles-lettres, 1747; Principes pour la lecture despoëtes, 1745; Essai sur les bienséances oratoires, et Principes pour la lecture des orateurs, 1753, os-vrages où les préceptes sont appuyés d'exerflples bien choisis. Il a traduit l'Histoire des-guerres civiles de France deDavila, 1757, et a donné de bons'articles de théologie et de littérature à l'Encyclopédie.
*MALLET (Paul Henri), historien genevois, né en 1730, mort en 1807, enseigna les belles-lettres à Copenhague et l'histoire à. Genève; puis fut résident de la Hesse-Cassel près les républiques de Genève et Berne. Il a laissé des ouvrages historiques estimés : Histoire du Danemark, 1788, 8 vol. in-12 ; — dela Suède, 1756; — des Suisses, 1803;—de la Messe;— du Brunswick; — de la Ligue hanséatique, 1806 ; et des Mémoires sur la littérature du Nord, 1759-60. Il était associé de l'Académie des inscriptions.
*MALLET-DUPAN (Jacques), publiciste , parent du préc, né à Genève en 1749, mort à Londres en 1800, obtint par la protection de Voltaire une chaire de littérature dans la Hesse-Cassel; vint en 1782 à Paris où il rédigea divers journaux politiques qui eurent du succès, surtout le Mercure historique et politique de Genève, 1783-92; se vit forcé de quitter la France en 1792 à cause de son attachement aux doctrines monarchiques, se retira à Genève, d'où il correspondit dans l'intérêt de la cause royaliste avec plusieurs cours de l'Europe; puis se fixa en Angleterre, où il publia le Mercure britannique (1799). On a de lui : des Considérations sur la Révolution française, 1793, des Mémoires et une Correspondance pour servir à l'histoire de la Révolution, qui ont été publiés à Paris en 1851, par M. Sayous. MALLET (le général). Y. MALET. MALLEVIIXE (Claude de), un des premiers membres de l'Académie française, né à Paris en 1597, m. en 1647, fut longtemps "secrétaire'de Bassompierre, puis acheta une charge de secrétaire du roi» Il cultiva avec succès le genre de poésie qui était en vogue de son temps, sonnets, stances^ rondeaux, épi-grammes, etc.; il faisait le vers facilement, mais avec trop de négligence. On a retenu son sonnet sur la Belle matineuse, où il vainquit Voiture. Ses poésies ont été recueillies en 1649, in-4. — Y. MALEVILLE.
*MALLICOLO , île du Grand-Océan fîquinoxial, l'une des Nouv.-Hébrides, par 15° 50'-15° 36' lat. S., et 164°47'-165° 26' long. E.: 90 kil. sur 35. Habitants sauvages et d'une laideur excessive. Visitée par Bougainville et par Cook. F. VANIKORO.
*MALLIENS, un des anc peuples de l'Inde, habitait sur les bords de l'Hydraote, dans le Moultan actuel. Alexandre faillit périr au siège de leur Capitale. MALLIGS (C), un des complices de Catiliua, leva pour ce conspirateur une armée en Ëtrurie, et commanda l'aile gauche à la bataille de Pistoia où périrent Catilina etpresquetous sespartisans, 61 àv. J.-C. MALMAISON (La), Mala Domus, château et terre dépendant de la commune de Rueil (Seine-eï-Oise), à 8 kil. N. E. de Versailles. C'était la résidence favorite de l'impératrice Joséphine :. c'est là qu'elle se retira après son divorce et qu'ette mourut en 1814. MALMÉDY, Malmundarium, v. des États prussiens (Prov. Rhénane), ch.-I. de carde, sur la "Warge, dans la régence et à 37 kil. S. d'Aix-la-Chapelle; 5000 hab. Ane abbaye de Bénédictins. Drap, dentelles noires, savon, filatures de coton , tanneries. — Réunie à la France en 1801, elle fut jusqu'en 1815 ch.-l. d'arr. dans le dép. de l'Ourthe.
MA.LO — 1169 — MALT
*MALMESBURY,v. d'Angleterre ( Wilts), surl'Avon, à 40 kil. N. E. de Bath ; 3000 hab- Jadis grande et forte. Ruines d'une ancienne abbaye saxonne. Patrie de Hobbes et de Guillaume de Malmesbury.
*MALMESBURY (Will.), historien. F. GUILLAUME.
*MALMESBURY (John HARRIS, comte de), diplomate, né en 1746, à Salisbury, mort en 1820, était fils du célèbre James Harris. Il fut ministre plénipotentiaire près de Frédéric II, 1772, puis en Russie, enfin près des Provinces-Unies. Pendant les troubles qui agitèrent ces provinces (1783), il contribua à rétablir le stathouder. Il vint à Paris en 1797 pour traiter avec le Directoire, mais sans succès. On a de lui une Hisl. de la révolution de Hollande de 1777 à 1788, et des Mémoires, publiés à Londres en 1844 par son petit-fils. avec sa Correspondance. On lui doit aussi une. belle édition des OEuvres de son père (V. HARRIS).— Son petit-fils, lora J. Howard Harris, comte de Malmesbury, né en 1807, tint le portefeuille des affaires étrangères dans le ministère tory de lord Derby (1852 et 1858). Il s'empressa en 1852 de reconnaître l'Empire, qui venait d'être proclamé en France.
*MALMOE, v. forte et port de Suède (Gothie), ch.-l. du lan de Malmœhus, sur le Sund, à 630 kil. S. de Stockholm et presque vis-à-visde Copenhague ; 12000 hab. (calvinistes et luthériens). Raffineries; manuf. de draps, chapeaux, tapisseries, tabac, savon, etc. Comm. de céréales. A Malmœ fut conclue en 1523, entre Gustave Wasa et Frédéric I (,1e Danemark), le traité par lequel ils se reconnaissaient mutuellement indépendants et brisaient l'union de Calmar (la Norvège resta seule unie au Danemark). — Le lan de Malmœhus a pour bornes le Cattégat au N., le lan de Christianstad à l'E., la Baltique au S., le Sund à l'O., compte env. 260 000 h., et contient, outre Malmœ, les villes de Lund, Landskrona, Helsingborg.
*MALO (S.) V. MACLOCJ (S.) et ST-MALO.
*MALO-IAROSLAVITZ, petite V. de Russie (Ka-louga), ch.-l. de district, sur la Louja, à 50 k. N. de Kalouga et à 100 k. S. O. de Moscou; env. 2000 hab. Un combat sanglant y fut livré le 24 oct. 1812 par le prince Eugène aux Russes pendant la retraite de Russie : Napoléon faillit y être pris par les Cosaques.
*MALONE (Edmond), littérateur, né à Dublin en 1741, m. en 1812, consacra sa fortune et ses loisirs à îagloire de Shakespeare: il donna une édition des plus estimées de ce grand tragique (Londres, 1790 et ann. suiv., 11 v. in-8, et la fit suivre de sa Vie, 1821. On lui doit aussi une Histoire du Théâtre anglais.
*MALOUET (Victor), homme d'État, né à Riom en 1740, m. en 1814, servit d'abord dans l'administration de la marine et était intendant du port de Toulon en 1789. Envoyé aux États généraux par le bailliage de Riom, il y défendit les principes de la monarchie tem-Dérée, et fut appelé par LouisXVI à son conseil intime. 'orcé d'émigrer après les massacres de septembre, il se réfugia en Angleterre, où il publia une Défense de Louis XVI. Il rentra en France en 1801, fut nommé en 1803 par le consul Bonaparte commissaire général de la marine, et fit exécuter de beaux travaux à Anvers. Appelé en 1810 au Conseil d'État, il fut disgracié en 1812 pour avoir parié trop librement et ne revint aux affaires qu'en 1814 : Louis XVIII lui confia le ministère de la marine ; mais il mourut peu de mois après. On a de lui. outre des discours remarquables prononcés à l'Assemblée constituante, de précieux mémoires sur l'administration de la marine et des colonies et des Considérations historiques sur l'empire de la mer chez les anciens et les modernes, 1810.
*MALOUINES (îles), appelées îles Falkland par les Anglais, archipel de l'Océan Atlantique, près de la pointe mérid. de l'Amérique du Sud, et a l'E. du détroit de Magellan, par 60° 10'-64° 35' long. O., et 51°-52° 45' lat. S., se compose de 2 îles principales (West-Falkland ou Hawkin's Maiden-Land, et EaU-Falkland, dite aussi Soledad ou Conti), etde 9autres îlots qui les entourent; env. 33 800 kil. carrés. Port-Louis et Ïort-Egmont sont les seuls établissements occupés par les Anglais. Climat tempéré. Plusieurs bons ports; tourbières inépuisables; nombreux bestiaux en liberté. Phoques, pingouins.—AméricVes-puce paraît avoir vu les Malouines; Hawkins, Sebald (1599), Strong (1688) les visitèrent ensuite : c'est es dernier qui les nomma Falkland. Elles reçurent en 1708 le nom de Malouines de Porée, habitant de St-Malo, qui y aborda. Bougainville y conduisit en 1763 une colonie et fonda Port-Louis; mais les colons furent dépossédés dès 1765 par les Espagnols, qui abandonnèrent ces îles à l'Angleterre en 1771. Occupées en 1820 par la confédération de la Piata, elles ont été reprises en 1833 par les Anglais.
*MALPlGHI (Marcel), savantmédecin, néàCrémone en 1628, m. à Rome en 1694, enseigna à Bologne, à Pise, à Messine, fut nommé en 1691 1er médecin du pape Innocent XII, et fut un des fondateurs de l'Académie del Cimento. 11 se fit une grande réputation par ses recherches anatomiques : il appliqua un des premiers à l'anatomie les observations microscopiques et fit ainsi plusieurs découvertes sur l'organisation de l'homme, des animaux etdes plantes, entre autres celle du corps muqueux qui entre dans la composition de la peau et qui a retenu son nom. On a de lui des Mémoires, tous rédigés en latin : Sur les poumons, Bologne, 1661 ; sur la langue, le cerveau, etc., 1661-65; sur la structure des viscères (qu'il fait tous glanduleux), 1666; sur la formation du poulet dans l'œuf, 1666-73. Ses OEuvres ont été réunies à Londres, 1686, in-f. 11 faut y joindre ses OEuvres posthumes, données par Pierre Régis, Londres, 1697, in-f.
*MALPLAQUET, vge de France (Nord), à 28 k. N. O. d'Avesnes; 400 h. Les Français, commandés par Villars, y perdirent une grande'bataille contre les Alliés que commandaient le prince Eugène et Marlbo-rough, 1709; cependant les pertes de l'ennemi furent plus considérables que les nôtres.
*MALSTROM. V. MAELSTROM.
*MALTE, Melita chez les anciens, Ile anglaise de la Méditerranée, entre la Sicile et l'Afrique, à 100 k. S. de la 1" et à 250 de la 2% a 28 kil. de long sur 16 de large, et 100000 hab.; ch.-l., la Cité-Valette. Ce n'est qu'un rocher couvert d'un peu de terre végétale, mais le sol est admirablement cultivé : il produit surtout du coton, des oranges et autres fruits exquis, des roses d'une remarquable beauté; miel délicieux. Le gibier, le poisson y abondent. La position de Malte, presque au centre de la Méditerranée, à mi-chemin de l'Afrique et de l'Europe, avec le plus beau pori de la Méditerranée, en rend la possession fort précieuse ; l'Angleterre en a fait une des plus fortes places de l'Europe; elle y a un gouverneur et 4000 hommes de garnison. C'est la grande station des flottes anglaises dans la Méditerranée. — Malte fut possédée successivement par les Phéniciens (env. 1400 ans av. J.-C), les Carthaginois (400), les rois ou tyrans de Sicile, les Romains (218 av. J.-C.-455 après J.-C), par les Vandales, auxquels les empereurs grecs l'enlevèrent (534); par les Arabes (870), par les Normands de Sicile (1090), par les Hohenstaufen, à qui elle échut en conséquence du mariage de Constance, héritière de Sicile, avec Henri VI ; par la maison d'Anjou (1266), puis parcelle d'Aragon (1282),.qui la conserva jusqu'en 1530. A cette époque Charles-Quint, héritier de cette maison, céda Malte aux Frères-Hospitaliers (V. HOSPITALIERS), chassés de Rhodes par Soliman II: ceux-ci prirent depuis ce moment le nom de Cheoa-Liersde Malte. Entre les mains de l'ordre,' Malte forma un petit État souverain électif, qui pendant plusieurs siècles rendit les plus grands services à la chrétienté et fut la terreur des pirates musulmans. Bonaparte s'emparade l'îleen 1798, avant de se rendre en Egypte, et mit ainsi fin à l'ordre de Malte comme État. Les Anglais enlevèrent Malte aux Français en 1800; ils devaient la rendre parle traité d'Amiens, mais ils n'en firent rien, et ils furent confirmés dans cette possession en 1815. M. Miège, ancien consul de France, a donné l'Histoire de Malte, 1840
MALT — 1170 - MÂME
*L'Ordre de Malte, comme celui des 'Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem dont il est la continuation, se partageait en « langues ou nations : Provence, Auvergne, France, Italie, Aragon, Allemagne, €astille, Anglo-Bavière: cette •dernière remplaça au xvin° siècle la langue d'Angleterre (la 6° de l'ordre), qui n'existait plus depuis la Réforme. Chaque langue était subdivisée en prieurés; ceux-ci en bailliages et les bailliages en commandenes. Les membres de l'ordre de Malte étaient divisés en trois classes: les chevaliers qui devaient être nobles : les chapelains et les servants d'armes, qui devaient seulement prouver qu'ils étaient nés de parents honorables, et qui ne s'étaient point mêlés d'arts et professions mécaniques ou basses. Le grand maître était élu par les chevaliers : il prenait le titre de Grand maître duSt-Hôpilal de St-Jean à Jérusalem; il résidait à la Cité-Valette. Les membres de l'ordre portaient, dans l'établissement, une robe et un manteau noirs; à la guerre, une cotte d'armes rouge. Ce vêtement était orné, sur le côté gauche, d'une croix blanche à 8 pointes, ayant des fleurs de lis dans les angles et suspendu à un ruban noir. — Aujourd'hui l'Ordre de Malte n'est plus qu'une institution charitable et purement honorifique. Néanmoins on reçoit encore des chevaliers : le mode de réception et les preuves exigées des chevaliers sont restes les mêmes qu'autrefois. Le chef de l'ordre, après avoir habité Catane, puis Ferrare (7. -HOSPITALIERS) , réside auj. à Rome ; il y entretient 2 hôpitaux. En outre, l'ordre compte encore quatre grands prieurés, ceux de Rome, de Lombardie, des Deux-Siciles, de Bohême, et 102 commanderies. — VWstoire de tordre de Malte a .été écrite par Vertot, 1726, et continuée jusqu'à nos jours parClizé deMontagaac,i863.
*MALTE-BRUN (Malte Conrad BRCNN , dit), savant danois, né en 1775 à Trye dans le Juûand, m. à Paris en 1826, se fit d'abord connaître dans sapatriecomme poëte et comme écrivain politique; fut contraint en 17 96 de quitter le Danemark pour avoir écrit en faveur de la liberté de la presse et de l'affranchissement des paysans; se réfugia en Suède, puis vint se fixer en France (1800). Il rédigea dans le Journal des Débats les articles de politique étrangère, et publiaen même temps de savants ouvrages de géographie qui ont fait faire un grand pas à la science. On a de lui: Géographie mathématique, physique, politique (en société avec Mentelle), 16 vol. in-8, avec atlas, Paris, 1803-7; Précis de la Géographie universelle, 7 v. in-8,1820-27. En outre, il a rédigé, avec Eyriès, les Annales des Voj/oges,del808àl826. Le Précis de Géographie, son ouvrage capital, a été plusieurs fois réimprimé : J. J.N. Huot, en 1841, Th. Lavallée, en 1855, V. Ad. Malte-brun, fils de l'auteur, de 1852à 1858, M. Cor-tarabert, en 1858 et ann. suiv., en ont donné des éditions refondues et considérablement améliorées.
*MALTHUS (Th. Robert), économiste anglais, né en 1766 à Rookery (Surrey), m. en 1834, était professeur d'histoire -et d'économie politique aw collège de la Compagnie des Indes orientales, dans leeomté de Hartford. Il a publié de savants écrits d'économie et de statistique; les principaux sont: Essai sur le principe dépopulation, Londres, 1798, souvent réimprimé, traduit en français par Prévost de Genève; Recherches sur la nature et les progrès du revenu, 1807 et 1815 ; Principes d'économie politique sous le rapport de leur application pratique, 1819 (trad. en français par Constancio, Pans, 1820,2 vol. in-8). Effrayé de l'accroissement de la population, qui, selon lui, s'augmente dans une proportion géométrique, Malthus rechercha les moyens de prévenir cet accroissement : il recommandait par-dessus tout la plus grande circonspection dans le mariage. Ses opinions, bien qu'inspirées par la philanthropie, furent vive-laent attaquées : on se plut à le présenter comme un ennemi des classes inférieures. Malthus était membre de la Société royale de Londres et associé de l'Académie des sciences morales de France. M. Mi-gnet a lu une excellente notice sur Malthus à l'Académie des sciences morales.'Ch. "Comte a aussi donné une Notice sur sa Vie et ses ouvrages, 1836.
*MA3MJS (Et. Louis), physicien français, né à Paris en 1775, mort en 1813, était fils d'un trésorier de France. Il entra dès l'âge de 17 ans à l'école du génie militaire de Mézières, fut un des premiers élèves de l'École polytechnique, servit avec distinction comme capitaine du génie à l'armée de Sambre-et-Meuse et en Egypte, exécuta des constructions importantes à Anvers, à Strasbourg, et fut enfin fixé à Paris comme examinateur à l'Ecole polytechnique. Malus s'est immortalisé par ses travaux sur la lumière. dès 1807, il avait présenté à l'Académie des sciences un Traité d'optique analytique, qui fut inséré dans le Recueil des savants étrangers, et un Mémoire sur le pouvoir réfringent des corps opaques; il remporta en 1808 le prix proposé par l'Académie pour une Théorie mathématique de la double réfraction ; mais «a grande découverte est celle de la polarisation de la lumière, qu'il fit en 1810. Cette même année, il remplaça Montgolfier à l'Académie des sciences-, en 1811, la Société royale de Londres lui décerna la médaille fondée par Rumford.
*MAXVA, Èuludia, riv. d'Afrique. V. MOÏ-OKATH.
*MALVERN, collines des comtés de Woroester et de Hereford, offrent des sites pittoresques.
*MALVOISIE ou MAI.YAS$A, netite île deiaGrèce, qui -se rattache à la Laconie et qui donne son nom à Napo'li di Malvasia ou Naup5ie, sa ville principale. Elle produit le célèbre vin de Malvoisie. — On récolte aussi le via dit de Malvoisie au mont Ida, dans l'île de Candie, et-àténériffe. F. MONEMBASIE, NAU-
*PLIE et T-ÉNÉRTFEE.
*MALTVA ou MALGUAH, anc. prov. de l'Hindous-tan, bornée par celles d'Aâjmir et d'Agra au N., de Gandouanaet de Kandeich auS., d'AUahabad à l'E., a env. 140 kil. de l'E, à l'O. sur 200 de,large, et contient aumotas40ÛOOOOâ.,hab. Elle se divise auj. en Malwa indépendant (qui fait partie du roy. de Sindhia; ch.-i, OudjeinJ, et Malwa tributaire des Anglais, lequel se subdivise à son tour en trois roy., Bopal, Dara, Etat de Holkar (capit., Bopàl, Dara, Indore). Région d'une fertilité extrême : le tabac surtout y est parfait. On exporte du coton, de l'opium, de belles toiles.
*MALZIEU (Le), ch.-S. de canton (Lozère), à 41 kil. N. E. de Marvejols; 1Ï00 bah. Couvertures de laine.
===MAM===
*MAMBRË, vallée de la Palestine, entre Hébron et Jérusalem, fut longtemps la résidence d'Abraham.
*MAMELOUKS (d'un mot arabe qui veut, dire esclave), nom donné en Egypte à une sorte de milice dont l'origine remonte auxinvasions de Gengis-Khan. Elle se composa d'abord des jeunes gens esclaves (surtout Circassiens et Mjngréliens), que les Mongols avaient enlevés dans leurs excursions, et dont les sultans ayoubites d'Egypte achetèrent un grand nombre vers l'an 1230. Dans la suite, elle se recruta par les mêmes moyens qui avaient servi à l'établir. Les Mamelouks formèrent une légion des plus beaux et • des meilleurs soldats de l'Asie-, mais leur puissance devint bientôt redoutable aux sultans : eu effet, dès l'an 1254, Noureddin-Ali. leur chef, fut "placé par ses compagnons sur le trône d'Egypte. Depuis cette époque jusqu'à 1617, l'Egypte fut gouvernée par les Mamelouks-, ils formèrent deux séries de sultans, les Baharites (1254-1382) et les Boreî/i'Jes (1382-1517); mais ce ne fut qu'une longue anarchie, et, à l'exception de Noureddin, tous les chefs que se donna cette milice turbulente furent déposés ou périrent de mort violente (V. EGYPTE). En 1517, Séiim, sultan des Ottomans, ayant vaincu et fait pendre Touman-Bey, dernier chef de.s Mamelouks, les dépouilla de l'autorité suprême, et ne leur laissa que le gouvernement desprovinees, avec le titre de ieys, sousle commandement d'un pacha nommé par la Porte. Cependant ils conservèrent encore une grande influence, efrà la-fin du xvm8 siècle ils avaient presque reconquis leur ancienne puissance en Egypte, Eu 176C» Ali-Bey,
l'un de leurs beys, refusa le tribut, cnassa le pacha, battit les armées turques, et se fit proclamer sultan d'Egypte; la trahison seule put mettre fin à sa révolte. Même après cet événement, les Mamelouks étaient restés indépendants de fait. Ils avaient pour chefs Mourad-Bey et Ibrahim-Bey lorsque Bonaparte débarqua en Sgypte en 1798. Les victoires des Français les affaiblirent considérablement ; néanmoins, ils se relevèrent encore après leur départ : en 1808, ils complotèrent de renverser Méhémet-Ali, alors pacha d'Egypte pour le sultan. Celui-ci, informé de leurs projets, les fit réunir le 1er mars 1811 sous prétexte d'une expédition, et fit massacrer sous ses yeux tous ceux qui s'étaient rendus à cette convocation. Qua-tremère a donné une Histoire des sultans Mamelouks, traduite de Makrizi, Paris, 1838, 4 vol. in-4°.
*Pendant l'occupation de l'Egypte par les Français, le général Bonaparte prit à son service plusieurs cavaliers mamelouks ; ils le suivirent en France, et formèrent depuis 1804 une compagnie de la garde de l'Empereur; ils portaient le costume oriental. Après l'abdication de Napoléon, ils furent dispersés.
MÂ.ME — 1171 — MANA
*MAMERCUS (L. jEmilius), consul en 484 et 478 av. J.-C., battit les Êques et les Véiens. De nouveau consul en 473, il eut à réprimer des troubles intérieurs et voulut faire battre de verges le centurion PubliliusVolero, centurion qu'il avait dégradé et qui refusait de servir comme simple soldat;mais le peuple irrité le chassa du Forum et nomma Volero tribun du peuple. — Un autre Mm. Mamercus, consul en 438 av. J.-C, dictateur en 437, 433 et 426, défit, avec l'aide de L. Cincinnatus, maître de la cavalerie, les Fidénates et les Véiens, et obtint les honneurs du triomphe. En 431, il fit réduire à 18moisla durée de la censure, qui était d'abord de 5 ans.
*MAMERS, Mamercix, ch.-l. d'arr. (Sarthe), à 43 kiL N. E. du Mans, sur la Dive; 5304 hab. Tribunal de 1 ™ inst. etde commerce ; collège, bibliothèque. Fabriques de toiles, serges, calicots, basins, piqués; tanneries. Commerce de grains et bestiaux. — On croit que cette ville tire son nom d'un temple du dieu Mars, appelé Mamers par les Samnites, temple qui y aurait été construit par les Romains. Elle était jadis fortifiée : elle fut prise en 1359 et 1417 par les Anglais qui en rasèrent les fortifications.
*MAMERT (S.), Mamertus, archevêque de Vienne en Dauphiné en 463, mort en 477, eut de vives querelles avec le roi de Bourgogne Gondioc, qui était arien. Ce prélat institua les Rogations <vers 468), our remercier Dieu d'avoir délivré la ville devienne es fléaux qui la désolaient. On l'hon. le 11 mai.
*MAMERT (Claudien), frère du préc, m. vers 474, reçut les ordres, partagea avec son frère le gouvernement de l'église de Vienne, fixa la liturgie, régla les fêtes, les offices, les cérémonies, et composa l'of-fiee des Rogations. Il aimait et cultivait avec succès la littérature : Sidoine Apollinaire le regardait comme le plus beau génie de son siècle. On a de lui an Traité de la nature de l'âme (Venise, 1482.; Anvers, 1607J, où il combat Fauste de Riez, qui soutenait que les âmes des hommes et même celle de J.-C. sont corporelles, et ou.il démontre par des raisons solides la spiritualité pure. On lui attribue quelques hymnes, entre autres le Fange lingua, chanté le Vendredi saint, que d'autres donnent à Fortunat.
*MAMERTE., Mamertum,, auj. Oppido, v. d'Italie (Brutium), à 48 iil. S. d'Hipponium, en face de Messine en Sicile. V. MJÏMERTINS,
*MAMERTIN (Claude), orateur de Trêves, passe pour être l'auteur de deux Panégyriques de l'empereur Maximien Hercule, prononcés, le 1er en 289, le 2" en 292. Il sont assez élégamment écrits., mais remplis d'adulation. — Un autre Claude Mamertin, que l'on suppose être son fils, fut consul en 362, sous Julien, puis préfet d'Italie et d'Illyrie. On lui attribue un Panégyrique de Julien. — On trouve ces 3 discours dans les recueils des Panegyrici veterei.
*MAMERTDtS. corps de mercenaires recrutés dans l'origine à Mamerte , mais qui's'adjoignirent dès-hommes de tous pays. Après avoir servi en Sicile Agathocle et ses successeurs, ils finirent, après la* mort de ce prince, par faire la guerre pour leur propre compte, et s'emparèrent perfidement de Messine, dont ils firent un repaire d'où ils infestaient toute la. Sicile. Pressés par les Carthaginois, que les Siciliens avaient pour auxiliaires, ils appelèrent les Romains à leur secours, 264 av. J.-C, et devinrent ainsi l'occasion de la 1" guerre punique.'Rome leur accorda son alliance et leur laissa de grands privilèges..
*MAMMÉE (Julie), mère d'Alexandre Sévère, était fille de Julius Avitus et de Julie Mœsa. Elle élevason fils avec le plus grand soin et sut le soustraire aux coups d'Héliogabale, sou cousin, qui cherchait à le faire périr; puis elle contribua à l'élever à l'empire. Malgré ses grandes qualités, elle se rendit odieuse par son orgueil et son avarice, et fut massacrée avec son fils par les soldats, à l'instigation de Maximin, en 235. Instruite par Origène des principes de la foi, cette princesse se montrait favorable aux Chrétiens.
*MAMMON, dieu de la richesse chez lesSyriens.
*BÏAMORÉ, riv. de Bolivie, coule au N-, sépare le Pérou du Brésil, reçoit le Guaporé et le Guapey, et tombe dans la Madeira, après un cours de 900 kiL '
*MAMURRA, chevalier romain, d'une illustre famille deFormies, accompagna César dans les Gaules comme préfet des ouvriers de l'armée, acquit dans ces-fonctions de grandes richesses, et fit a. son retour bâtir sur le mont Cœlius un palais magnifique qu'il fit revêtir de marbre : c'était la première fois que l'on voyait à Rome ce genre de luxe. Catulle a laneè plusieurs épigrammes contre ce Mamurra.
*MAN (île de), Monabia ou Menavia, île anglaise de la mer d'Irlande, près de la pointe S. O. de l'Ecosse; 50 kil. sur 22; 42000hab.;ch.-l., Castleton. Montagnes, plomb, fer, cuivre, granit, ardoises, chausc. Grains, légumes, fruits, chanvre ; pâturages. Pêche au hareng. —Possédée longtemps par les comtes de Derby, puis par les ducs d'Athol, cette île fut achetée en 1765 par le gouvt anglais, qui chassa les contrebandiers dont elle était infestée. On y parle un dialecte du celtique.
*MANA (la), riv. de la Guyane française, coule du'S. au N., et sejette dans l'Atlantique à 160 iil. N. O. de Cayenne, après un cours d'environ 220 k. Bords insalubres. La France a tenté depuis 1820 d'y former des établissements qui n'ont pu'prospérer: on y a récemment fondé une colonie agricole pour les nègres, qui est dirigée par des religieux de St-Joseph de Cluny.
*MANAAR, île de la mer des Indes, au N. O. et près de Ceylan ; 7 kil. sur 2 ; ch.-l. Manaar, sur la côte E. Petit port. Prise par les Portugais en 1560, par les Hollandais en 1658 ; elle appartient auj. aux Anglais. — Cette ile donne son nom à un bras de mer situé entre la côte O. de Ceylan et la côte S. E. de Carnate dansl'Hindostan.Navigation,difficile.; pêche deperles.
*MANABI, prov. de l'Equateur, fistforméedel'anc. dép. colombien deGuayaquil; ch.-l., Puerto-Viéjo.
*MANACOR, v. de l'île de Minorque, à 36 kil. E. de Palma; 8900 hab. Ane. palais des rois de Majorque.
*MANAHEM., roi d'Israël, monta sur le trône -en faisant mourir Sellum qui avait usurpé. Il régna 8 ans (766-754 av. J.-C), et eut pour successeur Pha-céia. Ce fut un roi cruel et impie.
*MANASSË, fils aîné de Joseph, né en Egypte, fut adopté par Jacoh, son grand-père, et devint chef d'une des 12 tribus des Hébreux.
*MANASSÉ (Tribu de), la plus grande des 12 tribus de la Palestine, s'étendait à droite et à gauche du Jourdain, et se divisait en demi-tribu occid. et demi-tribu orient, de Manassé. Les 2demi-tribus n'étaient point absolument contiguës : la première était placée entre les tribus d'Issaohar auN., d'ÉphraïmauS. etde Gad àl'O. (ch.-l., Thersa; autres villes : Sama-riè, Césarée) et contenait le mont Garizim; elle fit plus tard partie de la Samarie ; —la deuxième entre l'Iturée, la Trachonitide, l'Idumée, les tribus de Gad, d'Issachar, de Zabulon et de Nephtali (ch.-l., Gessur, autres villes, Gadara, Gamala, etc.) : elle répondait aux pays appelés depuis Auranitideet Gaulanitide.
MANC - 1172 — MANC
*MANASSÈS, roi de Juda, succéda à son père Êzé-chias en 694 av. J.-C, n'ayantque 12 ans. Il éleva des temples aux idoles, persécuta les prophètes et eut ia cruauté de faire scier en deux le prophète Isaïe, qui lui reprochait son impiété. Après 22 ans de ce règne odieux, Assar-Haddon, roi d'Assyrie, vint mettre le siège devant Jérusalem (672), prit la ville, fit le roi prisonnier et l'emmena à Babylone avec presque tout son peuple. Pendant cette captivité, qui dura trois ans, Manassès reconnut ses fautes, et s'humilia devant Dieu. Assar-Haddon étant mort, Saosduchéus, qui le remplaça, permit au roi juif de remonter sur le trône de ses pères : Manassès ne s'occupa plus que d'anéantir l'idolâtrie dans son royaume et de relever le culte du vrai Dieu. Il fortifia Jérusalem et organisa de grandes forces militaires. Il mourut en 640, après un très-long règne (54 ans).
*MANASSES (Constantin). V. CONSTANTIN MANASSES.
*MANÇANAKEZ, petite riv. d'Espagne, naît dans la Sierra de Guadarrama, passe à Madrid, et tombe dans le Hénarez après un cours de 90 kil. Elle communique avec le Jarama par un canal.
*BIANCEAUX, habitants de l'ancien Maine.
*MANCHE (la), Oceanus Britannicus, mer qui s"é-tend entre la France et l'Angleterre, baigne la côte sept, de France depuis l'île d'Ouessant jusqu'à Calais, et la côte S. de l'Angleterre depuis le cap Li-zard jusqu'à Douvres, et fait communiquer l'Atlantique avec la mer du Nord. Les Anglais la nomment Canal Britannique {British çhannel). Cette mer reçoit, sur la côte de France,' l'Authie, la Canche, la Somme, la Bresle, l'Arques, la Seine, la Touque, la Divè, l'Orne, la Vire, leCouesnon, laRance, et sur la côte d'Angleterre l'Exe, le Dart, le Tarner, le Fal. Sa largeur est de 30 kil. entre les caps Gris-Nez(France) et Dungeness (Angleterre), de 220 kil. entre la rade de Cancale et l'embouchure de l'Exe. Dans la partie la plus étroite, elle prend le nom de Pas-de-Calais.
*Le nom de Manche est devenu générique pour désigner les bras de mer qui vont s'étrécissant entre deux côtes et se terminant à un détroit. C'est ainsi qu'on appelle Manche de Tarlarie un golfe ouvert de 1 Océan Boréal, entre l'île Tchoka et la Mantchourie.
*MANCHE (dép. de la), dép. maritime, borné à l'E. par le dép. du Calvados, au S. E. par celui de l'Orne, au S. O. par ceux d'Ille-et-Vilaine et de la Mayenne, partout ailleurs par la Manche, qui lui donne son nom; 6757 k. carrés; 591 421 h.; ch.-l.,St-LÔ. Il est formé delà partie N. O.del'anc Normandie(Cotentin et Avranchin). Climat humide, sol accidenté, fertile et bien cultivé. Granit, ardoise, kaolin, etc. Peu de forêts, excellents pâturages; grain, lin, chanvre, fruits à cidre. Bons chevaux; bœufs, moutons, volailles. Pêche abondante. Draps et serges; toile, dentelle, fil de coton; papier, parchemin; chaudrons, quincaillerie et coutellerie commune. Plusieurs chemins de fer. — Ce dép. a 6 arrond. (St-Lô, Cherbourg, Valognes, Coutances, Avranches, Mortain), 48 cantons, 644 communes; il appartient à la 16e division militaire, dépend de la cour impériale de Caen et a un évêché à Coutances.
*MANCHE (La), pays d'Espagne (Nouv.-Castille), au S. de l'intend. de Tolède, 'forme auj. l'intend. de Ciu-dad-Real. C'est un vaste plateau, assez élevé, fertile sur quelques points seulement : il fournit de bons vins, du safran, de la soie, de la soude, du gros bétail, des mulets. On y trouve du mercure, à Almaden.
*MANCHE (Gentilshommes de la). V. MANCHE dans notre Dict. univ. des Sciences.
*[[Manchester|MANCHESTER]], Mancunium et Manduessedum, v. d'Angleterre (Lancastre), au confluent de l'Irk et de la Medlok avec l'Irwell, à 54 kil. E. deLiverpool (qui lui sert de port et avec laquelle elle communique par un chemin de fer), à 295 kil. N. O. de Londres; 48O0O0 hab. : il n'y en avait pas 20 800 en 17f1. On remarque la place Portland, les rues Mosely, de Londres, du marché, le marché de Brown-Street. la bourse, plusieurs églises, le musée, l'hôtel de ville. le grand hôpital, le pénitentiaire. Parmi les établissements d'instruction, se distinguent le collège (fondé en 1520) avec une bibliothèque publique, un magnifique musée d'histoire naturelle, la Société philosophique et médicale, celles de littérature, de philologie, d'histoire naturelle, d'agriculture, des antiquaires du comté de Lancastre. L'industrie de Manchester estimmense : c'est la première place du monde pour le travail du coton; 300 machines à vapeur, 30 000 métiers,dont 6000 à la vapeur, y sonttoujours en activité. On y fabrique aussi des draps, velours, futaines, mousselines, batistes, soieries, etc., ainsi que toutes les machines nécessaires pour leé manufactures. Les houilles, les forges, les usines de toute espèce dont est environné Manchester sont pour beaucoup dans ce développement prodigieux qui date presque en entier des premières années de ce siècle. A Manchester se rendent : 1* le canal de Roehdale, qui part d'Halifax et se réunit à celui de Bridge-water; 2° le canal de Bridgewater, qui va des houillères de Worsley à Runcorn sur la Mersey; 3' celui d'Ashton-et-Oldham. Aux environs est le beau collège de Stonyhurst, principal établissement catholique d'instruction publique en Angleterre.
*MANCINI. On connaît sous ce nom cinq nièces de Mazarin : elles étaient filles d'une sœur du cardinal et de Laurent Mancini, baron romain, petit-fils de Paul Mancini, fondateur de l'Académie des Umo-risti. Toutes étaient remarquables par leur beauté et leur esprit; toutes firent de brillantes alliances. L'aînée, Laure, épousa en 1651 le duc de Mercœur, fils du duc de Vendôme et mourut en couchesdès 1657; la 2°, Olympe, épousa Eugène Maurice de Savoie, comte de Soissons (V.ce nom) ; la 3", Marie, épousa le prince Laurent de Colonna, connétable de Naples (F. ci-après); la 4", Hortense, épousa le duc de La Meilleraie, qui fut fait duc Mazarin; la 5e, Marie Anne, le duc de Bouillon. Toutes les cinqapportèrentà leur époux de grands biens et jouèrent un rôle assez important. Les plus connues sont les trois dernières.
*Marie Mancini, née à Rome en 1639, fut élevée en France auprès de son oncle. Vivant dans lafamilia-rité de Louis XIV encore enfant, elle lui inspira un tendre attachement, et ce prince, dit-on, songea un instant à l'épouser. Mariée en 1661 au prince de Colonna, connétable de Naples, elle l'accompagna en Italie; mais elle ne put vivre avec son mari, et se sauva en France, où elle espérait être bien reçue de Louis XIV; le roi, qui était marié depuis peu, ne voulut pas la voir et la fit confiner dans un couvent. Elle ne tarda pas à en sortir, courut l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Espagne, prît le voile à Madrid, après avoir divorcé, et revint, après plusieurs aventures, se fixer en France où elle mourutdans l'obscurité, en 1714. On a publié sous son nom des Mémoires, Leyde, 1678. —^Hortense Mancini, née à Rome en 1646, épousa en 1661 le duo de La Meilleraie; qui prit alors le titre de duc Mazarin. Cet homme, d'un caractère triste, était peu fait pour une femme enjouée et amiedu plaisir : Hortense le quitta furtivement en 1688; elle se retira d'abord à Rome, puis àCham-béry.et enfin à Londres :1a, elle se vit entourée d'admirateurs, au nombre desquels on comptait Charles II; sa maison devint le rendez-vous des hommes les plus aimables et les plus spirituels, parmi lesquels on remarquait St-Êvremont, St-Rêal, Gregorio Leti, Vos-sius. Elle mourut à Londres en 1699. On a sous son nom des Mémoires, qui sont l'œuvre de St-Réal. — Marie-Anne Mancini, liée en 1649, m. en 1714, épousa en 1662 le duc de Bouillon, et mena uns vie plus réglée que ses sœurs. Cependant, lors du procès de la Brinvilliers, elle comparut devant la Chambre ardente (1680), mais son innocence fut prouvée. La duchesse de Bouillon aima les lettres, accueillit La , Fontaine et fut la première protectrice de ce poète : c'est elle qui l'appelait son fablier. Du reste, son goût était peu sûr : car elle préféra Pradon à Racine. — Am. Renée a publié Les nièces de Masarin (Paris, 1S56), piquante histoire des cinq sœurs.
MAIYD — 1173 — MAND
*MANCINI (Louis), duc de Nivernais. T. NIVERNAIS.
*MANCINUS (C. HOSTILIUS), consul à Rome en 137 av. J.-C. Envoyé en Espagne contre les Numantins à la tête de 30 000 hommes, il se laissa battre par un corps de 4000 ennemis et n'échappa à une ruine totale qu'à la faveur d'une paix honteuse. Le Sénat refusa de confirmer le traité, rappela Mancinus et le livra aux ennemis, qui eurent la générosité de le renvoyer sain et sauf : Mancinus avait appuyé lui-même la proposition de le livrer à l'ennemi.
*MANCO-CAPAC, fondateur de l'empire du Pérou et chef de la race dos Incas, était, selon la tradition du pays, fils ou petit-fils du Soleil. 11 réunit sur les bords du lac de Cuzco des peuplades sauvages, les civilisa, abolit les sacrifices humains, leur fit connaître un Dieu moins cruel, institua le culte du soleil, et bâtit la ville de Cuzco. On place son avènement l'an 1025 de J.-C. ; sa race régna 500 ans sur le Pérou.—Manco-Capac II monta sur le trône en 1533, après son frère Atahualpa, mis à mort par Pizarre. Iine tarda pasàêtre lui-mêmevictimedes Espagnols. Retenu prisonnier il s'évada en 1535 et se réfugia dans les Andes pour y vivre caché; mais il périt peu après, assassiné par un Espagnol, auquel il avait donné asile. Leblanc a fait une tragédie de Manco-Capac.
*MAND ANE, fille d'Astyage, roi des Mèdes, épousa Cambyse, prince perse, et devint mère de Cyrus.
*MANDANES(Districtdes), district des Etats-Unis, entre la Nouvelle-Bretagne anglaise au N., l'Orégon à l'O., les districts des Osages au S. et des Sioux à l'E., a reçu son nom des Mandanes, peuplade qui habitait sur le haut Missouri, par47°lat. N., mais qui a disparu, détruite par les maladies et par les guerres avec les Sioux. Ce pays se trouve auj. compris dans FEtat de Minesota et le territoire du Nord-Ouest.
*MANDARIN (du latin mandare, commander), mot de la langue portugaise, a été adopté par les Européens pour designer tous ceux qui occupent quelque emploi en Chine, particulièrement les magistrats et les gouverneurs de province. Leur véritable nom chinois est kohan (ministre). On distingue les Mandarins civils ou Lettrés et les Mandarins militaires.
*MANDAT (A. J. GALYOT de), commandant de la garde nationale de Paris en 1792, était un ancien capitaine aux gardes-françaises. II fut assassiné à l'hôtel de ville par ordre de la municipalité, le matin du 10 août, au moment où il se disposait à défendre les Tuileries et à repousser la force par la force. Son corps fut jeté dans la rivière. — Sa nièce, Mme Tho-massin de Bienville, fut traduite en 1794 devant le tribunal révolutionnaire : l'accusateur public Fou-quier-Tinville reconnut qu'il n'y avait aucune charge contre elle, «mais, ajouta-t-il, elle s'appelle Mandat; js conclus à la mort. » Et en effet, elle fut exécutée.
*MANDAVI, v. et port de l'Inde anglaise, dans la principauté de Katch, sur le golfe de Katch; environ 40 000 hab. Elle commerce avec le Malabarell'Arabie.
*MANDCHOURIE, grande région de l'Asie centrale, comprise dansl'empire chinois, apour bornes au.N. et à l'O. la Sibérie, au S. la Corée, au S. O. la Mongolie, à l'E.la Manche de Tartane. Elle a de 1600àl800k. du N. au S., 1000 de l'E. à l'O., et env. 1 500 000 h. On la divise en 3 prov. : Ching-king, Kirin, Sagha-lien-Qula, qui ont pour ch.-lx, Ching-yang ou Mouk-den, Kirin, Saghalien-Oula-Khoton. Les monts Hin-gan, Blancs et de la Daourie la traversent. Elle est arrosée parle grand fleuve Amour et par le Tchikiri-Oula, le Tondun, le Nonnin, etc. Climat froid, sol peu fertile ;on n'y récolte guères que de l'avoine, du millet, ainsi que du ginseng et de la rhubarbe renommés. LesMandchouxsont de la même familleque les Toun-tiouses. Us ont la figure moins plate queles Mongols, les yeux petits, le nez camus, la taille moyenne, le teint jaunâtre, les cheveux noirs. Leur civilisation est assez avancée; ils ont longtemps professé le cha-manisme, puis sont devenus bouddhistes. Ils ont uno langue à part, qui diffère du chinois, du coréen et du mongol.— Les Mandchoux ont fait la conquête de la Chine en 1644 : la dynastie qui règne encore auj. sur ce pays est une dynastie mandchoue.
*MANDEURE, Epamanduodurum, vge dudép. du Doubs, à 10 kil. S. E. de Montbéliard; 1000 hab. Ruines d'un amphithéâtre romain et de plusieurs temples; restes d'une voie romaine et autres antiquités. — L'antique Epamanduodurum était une des plus importantes cités de la Séquanaise. Elle fut ravagée par les Alémans en 379, par Attila en 451, et par les Hongrois au x" siècle. Elle forma plus tard une principauté, qui appartenait en toute souveraineté aux archevêques de Besançon; elle fut réunie h la France en 1792.
*MANDEVILLE (John de), en latin Magno-Villa-nus, voyageur anglais, né en 1300, à St-Alban, m. en 1372, quitta son pays à 27 ans, parcourut la Terre-Sainte, l'Egypte, l'Asie, séjourna plusieurs années en Chine, et ne revint en Europe qu'après 34- ans d'absence. Il a laissé une relation de son voyage, remplie de récits merveilleux, qui eut une grande vogue et qui fut traduite dans toutes les langues de l'Europe. Kllea été publiée pour la 1" fois en français .à Lyon en 1480 et plusieurs fois réimprimée, notamment en 1839, à Londres, par J. O. Hauiwell, en anglajs. Cette relation est un des plus anciens monumen'ts dé la langue anglaise.
*MANDEVILLE (Bernard de), écrivain anglais, né vers 1670 à Dordrecht en Hollande, mort en 1733, exerça la médecine à Londres. II publia en 1709, la Vierge démasquée, d ialogue satirique, et en 1714, la Ruche bourdonnante ou les Fripons devenus honnêtes gens, poërne en 550 vers, où il attaque tous les États et encourage ouvertement le vice. Il fit paraître en 1723 la Fable des abeilles ou les Vices privés font la fortune publique ; il y commente le précédent, soutenait que les vices des particuliers font la fortune de l'État et que tout ce qu'on appelle vertu, dévoue- ' ment, n'est que l'effet de l'intérêt et de la vanité. Combattu par les écrivains contemporains, poursuivi même devant les tribunaux pour ces doctrines dangereuses, il prélendit n'avoir fait que se jouer, et publia en 1732 des Recherches sur l'Honneur et Sur Vuti-Ktédu Christianisme,où ilehantait lapalinodie; mais onne vit làqu'un acte d'hypocrisie La Fable des Âbeilr less. été trad. en français par Bertrand, Amst., 1740. MANÇ1NGUES, famille de peuples africains appartenant à la race nègre, est répandue sur les bords de la Gambie et dans plusieurs des roy. de la Nigri-tie occid., surtout dans les États de Bambouk, de Kaarta, de Kassou, dans la plus grande partie du Bambara, et dans la moitié du Soudan'ou Nigritie centrale. Ils sontassez policés, maistrès-voleurs. Ils pratiquent quelques opérations chirurgicales, travail-. lent le fer, préparent le cuir, tissent des étoffes à leur usage, entendent le commerce et ont une langue abondante et agréable, dont on fait grand usage dans cette partie de l'Afrique. Rarement ils vivent plusde40ans. MANDONIUS, prince des Ilergètes, frère d'Indi-bilis, partagea son sort. V. INMBILIS.
*MANDOU, le Mendès des Grecs, un des 8 grands dieux de l'Egypte, et 1" membre de la triade d'Her-monthis, est représenté par un bouc avec une têts d'épervier. Ce dieu, que les Grecs ont assimilé à leur Pan, est le symbole du principe fécondateur. Il était adoré principalement à Mendès et à Panopolis.
*MANDRIN (Louis), fameux brigand, né en 1725, près de Romans (Dauphiné), était fils d'un maréchal ferrant. Il servit d'abofd dans l'armée, puis déserta, se mit à faire la contrebande et devint bientôt chef d'une troupe assez nombreuse. Après avoir pillé les caisses des fermiers des impôts, il en vint à attaquer des villes importantes (entre autres Beaune et An-tun), et mit en déroute plusieurs détachements envoyés contre lui. Trahi par une femme, il fut surprisen 1755 au château de Rochefort en Savoie et fut roué vif à Valence.
MA.NF — 1174 — MÀKH
*MANDUBIENS, Mandubii^ peuple de Gaule (Lyonnaise 1"), entre les Eduens au S. et les Lingeries au N. E., avait pour ch.-l. Alesia (auj. Alise). Ils occupaient le centre et l'O. de la Côte-d'Or. Quelques-uns les placent dans le dép. du Doubs, autour d'Alaise.
*MANES (les Dieux), DU Mânes, étaient, dans la mythologie des Etrusques et des Romains, les âmes des morts considérées comme divinités infernales. Les tombeaux leur étaient consacrés, ainsi que le mois de février. On leur rendait un culte : on leur sacrifiait des victimes noires ou rousses; on leur faisait des libations de sang. On distinguait les Mânes en bous et méchants; on rapportait àla 1" classe les dieux Lares et les Pénates, à la 2" les Larves et les Lémures. Au reste, les anciens n'avaient pas des idées bien fixes au sujet des Mânes; ils donnent quelquefois ce nom aux divinités des Enfers en général.
*MANES ou MANICHÉE , hérésiarque, fondateur de la secte des Manichéens, né en Perse vers 240, fut acheté dans son enfance comme esclave par une riche veuve de Ctésiphon, qui l'éleva et l'affranchit. Il eut pour maître l'hérétique Térébinther et fut lui-même l'auteur d'une nouvelle hérésie , empruntée en partie à. la religion de Zoroastre. Pour expliquer le mélange du bien et du mal, il attribuait la création à deux principes, l'un essentiellement bon, qui rejetait étant seul entre les prophètes sorti du sein de la lumière, et disait être lui-même le divin Paraclet annoncé par J.-C. Il répandit sa doctrine jusque dans l'Inde et la Chine. Il l'avait même fait adopter par le roi de Perse Sapor I, près duquel il exerçait la médecine; mais, n'ayant pu guérir le fils de ce prince, il fut exilé. Il passa alors sur le territoire romain et eut avec Arohétaûs, évêque de Cascar en Mésopotamie un célèbre colloque, où il fut confondu. Désespérant du succès de sa prétendue mission, il rentra en Perse sous Hormisdas; mais Behram, successeur d'Hormisdas, prince zélé pour l'ancien culte, le fit écorcher vil, en274, ets'efforça d'exterminer sa secte. Du reste, rien de moins certain que tout ce qu'on raconte de cet hérésiarque. Beausobre a écrit une Sist. de Manichée et des Manichéens, Amst., 1734.
*MANËTHON, prêtre égyptien, de Sébennyte, vivait sous Ptolémée PhUadelphe vers 263 av. J.-C, et était garde des archives sacrées du temple d'Hé-liopolis. Il avait composé une Histoire universelle de l'Egypte, qui s'est malheureusement perdue; il n'en reste que quelques fragments , cités par Josèphe, Eusèbe, Jules l'Africain et Georges de Syncelle. Quant à l'iffsiot're d'Egypte qu'Annius de Viterhe publia sous le nom de cet auteur, c'est l'œuvre d'un faussaire. On attribue encore à Manéthon un, poème grec intitulé : Apolelesmatica, sive de Viribus et effectis asirorum, publié par Gronovius, Leyde, 1698, qui parait n'être qu'une production de la décadence. Ce poème a été édité de nouveau par AxtetRigler, avec comment., Cologne, 1832, et par Kœcbly,dans la Bibliothèque grecque de Didot, 1851. J. Fruin a donné une dissertation De Manethone, Leyde, 1848.
*MANFRED ou MAINFROI, roi des Deux-Siciles, tils naturel de l'empereur Frédéric U, né en 1231, fut d'abord connu sous le nom de prince de Tarente. A la mort de son frère Conrad, en 1254, il fut chargé d'administrer le royaume pendant la minorité du fils de ce prince, Conradin. Forcé un instant de céder à une rivolte et aux efforts du pape Innocent IV, qui prétendait aussi à la tutelle du jeune prince, il parvint l'année suivante à reconquérir le royaume, et s'en fit couronner roi en 1258, au préjudice du jeune Conradin, son neveu. Le pape Urbain IV l'excommunia, prêcha une croisade contre lui et donna ses Etats à Charles d'Anjou, frère de S. Louis. Mainfroi périt an combattant contre ce prince, dans la plaine de Grandella, près de Bênêvent, ea 1266. On lui imputé la mort de son père et celle de son frère Conr«f.
*MANFREDI, maison souveraine de Faënza.'ioutt d'un grand pouvoir aux sera*, xtve et XV siècles. Ello avait pour chef Ricciardo- Manfredi, qui, en 1334, se mit à la fête des Gibelins-de la Romagne, et qui, profitant du séjour des papes-à Avignon, enleva les villes de Faënza et d'Imola k leur domination et s'en fit proclamer seigneur. Le dernier prince de cette famille M Astorre III, qui en 1500 fut dépouïHé et mis à mort par César Borgia,
*MANFREDI (Eustàchs), associé de l'Académie des sciences de Paris, né à Bologneen 1674, m. en IT39, enseigna les mathématiques et l'astronomie à. Bologne, et fut nommé en 1704 surintendant des eaux. On a de lui : Êpkemerides motuwm cœlestium ab anno 1715 ad ann. 1725; de Transitu Mercuriiper soient, 1723; De gnamone meridiano Bononîensi, 1736; Institution* astronomiche, 1749.
*HANFREDONIA, v. forte et port d'Italie, dans l'anc roy. de Naples. (Capitanate), sur le golfe de Manfredonia, à3!> kil. N. E. de Foggia; 6000 hab. Archevêché. — Bâtie en 1251 par Mamfred, fils de Frédéric II, non loin des ruines de l'anc Siponlum; brûlée parles Turcs en 1620. —Le golfe de Stanfre-donia,. Sinus ïïria&t dans l'Adriatique, s'étend entre le mont Gargano* au N. et une pomte de terre qui s'avance au S. prèsdeBarletta; 60 kil. sur 35.
*MANGALORE, v. et port de l'Inde anglaise (Madras), ch.-I. du district de Kanara, sur la côte do Malabar, par 72° 25* long. E., 12' 49' lat. N.t 3O00O hab. Commerce de sel, riz, bétel, poivre, bots de sandal, safran. —Jadis ch.-l. de tout le Kanara et l'une- des principales! villes du Maïssour. Tippou-Saëb y signa le II mars. 1784 une paix avantageuse avec l'Angleterre. Les Anglais la possèdent depuis 1799.
*MANGET (J. J.), médecin éradit de Genève, né en 1652, m. en 1742, exerça dans sa ville natale, y fut longtemps doyen de la Faculté de médecine et fut nommé en 1699 médecin honoraire du roi de Prusse, Outre quelques ouvrages originaux, on lui doit de précieux recueils et de savantes compilations : Biblio-theca anatomica, Genève, 1685-1699, 2v. in-f. ; Bibl. medico-practica, 1695-98, 4vol. in-f.; Bibl. chimica euriosa, 1702, 2 vol. in-f.; Theatrum amtomicum, 1717, 2 vol. in-f.,avec lesplanchesd'EustachejBibl. pharmaceutico-medica, 1703,2 vol. in-f. ; Itibt. scrip-torwm medicorum, 1731, 4 vol. in-f. ; Bibl. diirur-gica, 1721, 4 vol. in-f.
*MANGEY (Thomas), savant anglais, né en 1684à Leeds, m. en 1755, chapelain de l'évêque de Londres, puis chanoine du chapitre de Durham, a donné une éd. estimée de Philon, Londres, 1742, 2 Vol. in-fol.
*MANGOD" r grand-khan des Mogols, fils aîné de Touli, qui était le 4* fils de Gengis-Khan, se fit proclamer en 1250. Tout occupé d'étendre son vaste empire. il envoya à. la fois; ses armées en Chine, dans le Thibet, en Perse et en Syrie : l'un de ses frères, Houlagou, s'empara de la Perse et détruisit l'empire des califes; un autre de ses frères, Koublaï, conquit la plus grande partie de la Chine, Mangou périt es 1259 au siège d'une ville de ce pays. Louis IX, le croyant chrétien sur le faux bruit qui s'en était répandu, lui envoya une ambassade qui n'eut aucun résultat. V. RBBRUQUIS et BUPLAN DE CARPES.
*MANHARTSBERG, chaîne de montagnes de l'ar-chiduché d'Autriche, se dirige du N. au S., s'étend de la Moravie au Danube, si divise le territoire au-dessous de l'Eus en deux-cercles : 1* Slanhartsberg inférieur, entre la Moravie au N. et à l'E., le Danube au S. et le Haut-Manhartsberg à l'O.r HOkiî. sur 49; 260 00Q hab.; ch.-L, Koraaubourg; —2» Manhartsberg supérieur, entre la Bohême auN. et au N. O., le cercle de la Mûhl àl'O., le Danube au S. et le Bas-Manhartsberg à l'E.: 102 kil. sur 95; 220000 hab.; ch.-l., Krems. .
*MANHEIM, v. du grand-duché de Bade, o6.4. du cercle du Bas-Rhin, au, confluent du Neckar et du Rhin, à 65 kil. N. de Carlsruhe; 25 000 hab. (dont 12 000 Catholiques). C'est la plus grande ville du duché et la plus régulièrement bâtie de1 l'Allemagne. Pont sur le Rhin; beau palais ducal, jolie'promenade, arsenal, théâtre, observatoire., cabinet d'bis-toire naturelle, jardin botanique , ïycëe, académie de commerce. Beaucoup d'industrie, surtout en orfèvrerie (les bijoux en similor s'appellent or de Manheim); glaces et cristaux, tapis, tabac, anîsetfedite eau de Manheim. Beau port franc. Commerce actif en coton, fer, café, riz, soufre, sel, houille, sucre, etc. Bateaux à vapeur pour Strasbourg, Mayence, Cologne et les ports de la Hollande; chemins de fer pour toutes directions. — Manheim'appartint longtemps au Palatinat ; en 1606, ce notait encore qu'un petit village ; Frédéric IV, comte palatin du Rhin, la fit fortifier; elle fut longtemps la capitale du Palatinat du Rhin. Saccagée par les Bavarois en 1622, par les Français en Ï688 et 1689, Manheim se releva après la paix d'e Ryswyk; en 177T, elle fut réunie àl'aBa-vière. Elle fut prise de nouveau par les Français en 1795, et sa citadelle rasée. Le traité de Lunéville défendit d'en relever les fortifications et donna la ville au grand-duc de Bade.
MAM 1175 — MAN-E,
*MANIACÈS (George), général byzantin du xie s., s'était déjà signalé en Asie'par ses succès contre les Sarrasins lorsqu'il fut envoyé contre les mêmes ennemis dans l'Italie mérid. (Ï035) : il leur reprit la Sicile (1038). 11 avait admis des Normands pour auxiliaires contre les Sarrasins', mais il ne tardapas à être obligé de les' combattre eux-mêmes et remporta sur eux une victoire éclatante. Injustement accusé de trahison au milieu de ses succès, il' se: révolta, passa en Grèce et mit en déroute l'armée que lui opposait l'emp. Constantin Monomaque; mais il périt dans l'e combat, frappé par une main inconnue (Î042 ou 43).
*MANfCA r royaume de l'Afrique orient., entre ceux de Sofal'a et de Sabia à l'E., d'Inhanbane au S., de Moearangua à l'O. et au N. ; ch.-I. Manica, petite ville située à 264 kil. N. O. de Sofala. Ce pays est nominalement compris dans la capitainerie générale portugaise de' Mozambique. — V. MANICA.
*MANICHÉENS, disciples de Manès (K ce nom). Les principaux chefs de cette hérésie, après Manès, sont Hermas, Buddas et Thomas, qui' la propagèrent dans l'Inde, en Egypte et en Syrie. Malgré les persécutions, les Manichéens se multiplièrent au point qu'au rai* siècle ils étaient répandus dans tout l'empire. En 841, l'impératrice Théodora, voulant détruire cette secte, en fit mettre à mort plus de Ï00 000. — On a étendu, le nom de Manichéens à tous les partisans de la doctrine de deux principes opposés, le principe du bien et le principe du mal : en ce sens, on retrouve le manichéisme dans une foule de sectes postérieures, les Pauliciens, lesBogomiles, les Albigeois, les Patarins, etc. Le Manichéisme, sous ses diverses formes, fut condamné par plusieurs conciles et proscrit par les empereurs.
*MANIKA ou MAGNISSA, Hagnesia ad Sipylum, v. de la Turquie d'Asie (Aïdin), au pied de l'anc. mont Sipyle, à 35 kil. N. K. de Smyrne; 12 000 hab.. Résidence de l'archevêque d'Ëphèse; V. MAGNESIE.
*flEANILIUS (C), tribun du peuple l'an 66 av. J.-C.„ partisan de Pompée, proposa une loi qui donnait à ce général la direction delà guerre contre Mîthri-date et Tigrane, avec des pouvoirs illimités. Cette loi fut fortementappuyée par Cicéron, dans son discours Pro lege Manilia.
*STANILIUS (M.), poète latin du siècle'd'Auguste. On ne sait rien de sa vie. On a sous son nom un poème en 5 chants surlMsîronomi'e, qui ne manque ni d'è-l'égance ni d'agrément, mais qui déoèle peu de connaissances astronomiques. Ce poème parait n'avoir pas été achevé'. Julius Firmicus en donna un commentaire vers le temps de Constantin. Il a été publié pour la 1™ fois par J. Regiomontanus à Nuremberg en 1472 ou 73, et réimpr. par Scaliger, Paris, 1579, par Rich, BeEtley, Londres, 1739, avec notes, et par F. Jacob, Berlin, 1846. Il S été trad". par Pingre, 1786 (avec le-texte en regard)1,, et partorain, TS44. MANILLE, ville espagnole', ch.-I. delscapitaine» rie générale- des' Philippines, dans' l'île de Luçori, sur la côte O. et sur une1 Baie de son' nom';; 200 000 hab., dont env. 5000 Européens. Place forte; archevêché ; Cour d'appel des Philippines ; université, fondée en 1645; Collège de missionnaires. La vHl'e est partagée par la riv. de- Pàssig en ville' d'e guerro et ville marchande; elle'est bâtie régulièrement: les rues sont tirées au cordeau. Les constructions n'ont généralement qu'un étage;' au lieu d'e vitres', les fenêtres sont fermées par des coquillages transparents. Très-nombreuses maisons religieuses : elles occupent un tiers de l'a ville'. On remarque la catlié-drale et le palais archiépiscopal, l'hôtel du gouvt, la douane, la Grande-Place, où est une statue de Charles IV. Commerce très-actif avec l'Europe, la China et la Malaisie; célèbre fabrique royale de- cigares et de cigarettes qui emploie plus de 10 000 femmes et confectionne chaque année 700 millions d'e cigares1. — Manille fut occupée en 1571 par les Espagnols; les Anglais la prirent en 1762, et elle ne se racheta de la destruction qu'en payant!25 millions. Sujette aux tremblements déterre, elle a surtout souffert de ceux de'1645, 1824 et 1S63 : ce dernier fit 10000 victimes.
*KANïN('DanieIo), patriote Vénitien, né en' 1804, mort en 1857, était en 1848- avocat dans, sa ville natale et jouissait d'une grande' popularité. H venait d'être incarcéré arbitrairement par la: police autrichienne- lorsque- la Révolution éclata. Tiré aussitôt de sa prison, il'se mit, avec Tomaseo, à la tête du mouvement national1, prodama la république à Venise et chassa1 les Autrichiens';'maïs il1 refusa de s'unir au roi de'Piémont et eut à soutenir pendant unean1-née entière dans Venise un- si'ége mémorable (août li848-août 1849)-. Quand la ville eut! succombé, il fut excepté' de l'amnistie stipulée' : il vint alors se réfugier à Paris, ou'il vécut eu donnant des'leçons d'italien. Anatole d'e La Forge a donné une Hist. de Voù république die Venise sous Martin.
*MANITOUS, espritstutélaires, qu'adorent'les sauvages de l'Amérique septentrionale. Au-dessus de'tous est le Grand Manitou ou Grand Esprit.
*MANLIUS (les), famille patricienne de Rome, descendait d'Octavius Mamilius ou Manlius-, gendre de Tarquin le Superbe. Elle se divisa en plusieurs branches : les Vulso, les Capitolinus, les Torquatus, et produisit beaucoup de personnages célèbres;
*MANLIUS CAPITOLINUS (M.), consul l'an 392 avant J.-C, puis tribun militaire, obtint le triomphe pour avoir battu les Eques sur le mont Algide. Après la bataille d'AUia (390), voyant Rome au pouvoir' dés Gaulois, il se jeta dans le Capitale avec 1000 hommes d'élite. La forteresse, surprise par les Gaulois, allait tomber entre leurs mains, lorsque- Manlius, réveillé par les cris des oies sacrées que l'on nourrissait au' Capitale, lés renversa du haut des murailles. C'est, dit-on, cet exploit quiluivalutlesurnora de Capitolinus ; cependant ce nom existait bien.'. avant lui dans sa famille (il venait simplement de ce qu'une branche des Manlius avait une maison sur le mont Capitolin). Dans la suite, Manlius, ayant affecté la tyrannie, fut accusé devant le peuple : il sut se faire absoudre en montrant le Capitale qu'il avait sauvé; mais, l'assemblée ayant été réunie une 2e fois dans un autre lieu, il fut condamné à être précipité du haut de la roche Tarpévenne r il'subit sa sentence l'an 383 av. J'.-C. Cet événement est le sujet de la tragédie de Manlius de Lafosse.
*MANLIUS IMPERIOSUS (T.), dictateurl'an 364 avant J.-C, fut chargéd'enfoncer le clou sacré'dans le temple de Jupiter et fit la guerre' aux Herniques. Il' était d'un caractère'hautain, ce qui lui fit donnarson1 surnom. Il allait être accusé en sortant de-charge par le tribun T. Pomponius, quand son fils, Manlius Torquatus, le sauva par son courage. V. ci-après.
*MANLIUS TORQUATUS- (L.), fils du préc, fut pendant sa jeunesse relégué par son. père à la campagne, parce qu'il avait une difficulté de parole qui l'empêchait d'aspirer aux fonctions publiques. Malgré ce traitement, ayant appris que son père était cité en justice par le tribun T. Pomponius, il quitta sa retraite, vint à Rome et força l'accusateur à se désister de sa poursuite. Le peuple, touché de cette conduite , le nomma l'année suivante (362 av. J.-C.) tribun militaire dans la guerre contre les Gaulois. Dans cette campagne, il tua un Gaulois d'une taille gigantesque qui défiait les Romains, et lui enleva son collier d'or, qu'il porta depuis en mémoire de ce triomphe : de là son surnom de Torquatys (de torques, collier). Consul dans la guerre contre les Latins, l'an 340, il fit trancher la tête à son propre fils pour avoir combattu contre sa défense.
MANR — 1176 — MANS
*MANLIUS TORQUATUS (L-), consul en 224 av. J.-C, soumit la Sardaifrne. Rome n'ayaot plus alors d'ennemis, il ferma le temple de Janus, ce qui n'était pas encore arrivé depuis Numa. Il s'opposa au rachat des prisonniers faits par Annibal à Cannes.
*MANNIiRT (Conrad), historien et géographe, né en 1756 à Altdorf en Bavière, mortà Munich en 1836, professa la philosophie, puis l'histoire à Nuremberg, à Altdorf, a Landshut et à Munich. On lui doit : Histoire des Vandales, Leipsick , 1785; Hist. des successeurs d'Alexandre, 1803; Hist. de la Bavière, 1807 et 1826; Géographie des Grecs et des Romains (avecUckert), 1788-1825. 15vol. in-8.
*MANOEL (Francisco) do Nacimento. poëte portugais, né à Lisbonne en 1734, d'une famille riche et istinguée, s'était déjà fait connaître par des poésies pleines de talent et de goût, mais aussi par la hardiesse de ses opinions, lorsqu'il fut déféré au Saint-Office. comme coupable d'avoir traduit le Tartufe de Molière (1778). Il n'échappa que par la fuite aune condamnation et fut contraint de s'exiler. Il passa le reste de ses jours alternativement en Hollande et en France, et mourut à Versailles en 1821. Il employa le temps de son exil à composer des ouvrages qui l'ont placé à la tête des postes portugais : il excella surtout dans le genre lyrique ; cependant on a de lui, outre ses odes, des pastorales, des romances, des sonnets, des épttres, des satires et même une épopée, les Fastes du Portugal, restée inachevée. Il traduisit du français les Fables de La Fontaine et les Martyrs de Chateaubriand et imita plusieurs poèmes anglais et allemands. A. M. Sané a donné en 1808 un choix de ses odes, traduites en français, avec une Notice sur l'auteur.
*MANOSQUE, Slanuesca, ch.-l. de cant. (B.-Alpes), à 13 k. S. deForcalguier; 4995 h. Trib. de commerce, collège. Sirop de raisin, eau-de-vie, amandes, olives, truffes, miel, etc. Ancien château, jadis résidencedes comtes de Forcalquier; puis donné par ceux-ci à l'ordre de St-Jean de Jérusalem.
*MANOU, législateur indien, fils de Brama et père du genre humain, est l'auteur supposé d'un code célèbre de lois, l'un des plus anciens que l'on connaisse. Ce code, que l'on possède encore, est intitulé : Manava-Dlutrma-Sastra (Code des lois de Ma-nou) ; c'est un traité de morale autant que de législation ; il est écrit en langue sanscrite et en vers. Will. Jones en a donné une traduction en anglais (Calcutta, 1794, et Londres, 1796); Loiseleur-Des-longchamps l'a traduit en français (Par., 1832-1833). Rien de plus incertain que l'époque à laquelle vivait Manou, qui paraît être un personnage fabuleux ; cependant le code qui lui est attribué est bien postérieur aux Védas ; on le place vers le xu* ou le xin° siècle av. J.-C. — Les Hindous admettent 14 Manous : chacun d'eux est le chef d'un jlfantootaro, révolution de temps au bout de laquelle le monde éprouve una destruction momentanée; les 14 Man-wataras forment un Kalpa, qui est un jour et une nuit de Brahma. Il a déjà paru 7 Manous. L'auteur du Code est le premier do tous JBANRESA, Minorissa, v. murée d'Espagne (Barcelone), à 47 kil. N. Q. de Barcelone; 13 000 hab. Château fort. Tissus dé soie, de coton ; ouvrages d'or et d'argent, rubans, draps fins, eau-de-vie. Prise et incendiée par les Français en I8Î1,
*MANRIQUE, anc. et illustre maison d'Espagne, issue des comtes de Castille par Ferdinand Gonzalès, comte de Castille, mort en 970, a formé plusieurs branches importantes, celles des comtes de Lara, des vicomtes de Narbonne, des seigneurs de Molina, d'Amusco , des marquis d'Aguilar, des comtes de Morata, de Parèdes, et s'est souvent alliée aux rois d'Aragon et de Castille, F. LARA.
*MANS (Le), Suindinum, puis Cenornani, ch.-l. du dép. de la Sarthe, sur la Sarthe, à 2 kil. de sa jonction avec l'Huisne, à 212 kil. S. O. de Paris, à 291 par chemin de fer; 37209 hab. Evêché, tribunal de 1" inst. et de commerce, lycée. école normale primaire, école de dessin. Ville assez bien bâtie, surtout dans les quartiers neufs. On remarque la cathédrale (St-Julien) ; 2 belles églises, les deux séminaires, l'anc abbaye de La Couture (où sontauj. la préfecture, la bibliothèque, le muséum), le nouveau palais épiscopal, la salle de spectacle; jolies, promenades ; chemin de fer. Société des arts. Industrie et commerce : toiles, étamines, mouchoirs, siamoises; cire, miel, bestiaux, volailles, poulardes renommées. Patrie de Tressan; Germ. Pilon et Mersenne naquirent auprès. — Jadis ch.-l. des Auleni Ceno-mani. S. Julien y prêcha le Christianisme au m" s. Considérable sous les Romains et sous les premiers Francs, elle eut des rois particuliers au temps des Mérovingiens. Saccagée par les Normands aux ix« et x» siècles, et ravagée depuis par la guerre, la peste et les incendies, elle perdit beaucoup de son importance. Elleeutsurtout à souffrir, auxXi'et xu* siècles, des guerres des ducs d'Anjou et des ducs de Normandie; puis, pendant3siècles,desguerres entre l'Angleterre et la France, à laquelle elle ne revi nt définitivement qu'en 1481. Cette ville posséda une commune libre dès 1066. Jusqu'en 1790, elle fut la capitale du Maine, ainsi quedugrandgouvtdeMaine-et-Perche. Elle s'était déclarée pour la Ligue : Henri IV la soumit en 1589. Les Vendéens y sont défaits par Marceau (13 déc 1793). Le 12 jany.1871, l'armée allemande y gagne une victoire qui décide du succès de la guerre.
*MANSAKT (Franc.), architecte, né en 1598 à Aix, suivant les uns, à Paris suivant d'autres, d'une famille originaire d'Italie, mort en 1066, fut élève de son oncle, Germain Gautier, architecte du roi, et fit des progrès rapides dans son art. Ses premiers ouvrages furent la restauration de l'hôtel de Toulouse, le château de Berny et le château de Blois. La reine Anne d'Autriche lui confia l'érection du Val-de-Grâce; mais des jaloux Jui firent retirer ce travail et il ne put le terminer. Il bâtit ensuite l'église de Ste-MariedeChailIot, l'hôtel de La Vrillière. où est auj. la Banque de France, la façade de l'hôtel Carnavalet, le château de Maisons près de St-Ger-main-en-Laye. On lui attribue cette sorte de couverture brisée qu'on a appelée de son nom mansarde. On reproche à son architecture d'être trop massive.
*MANSART (Jules HARnoum, dit), 1" architecte et surintendant des bâtiments du roi, né à Paris en 1645, était neveu du préc. et fils de J. Hardouin, premier peintre du cabinet du roi, qui avait épousé une sœur de Fr. Mansart. Placé sous la direction de son oncle, il sut profiter habilement de ses leçons, et voulut porter son nom pour lui témoigner sa* reconnaissance. Il plut à Louis XIV par ses talents et son esprit et fut chargé par lui des travaux les plus importants : il éleva les châteaux de Marly, du Grand-Trianon, de Clagny, de Lunéville, la maison de St-Cyr, la place Vendôme, celle des Victoires, et mit le sceau à sa réputation par la construction du palais ds Versailles et du dôme des Invalides à Paris. Il fut décoré de l'ordre de St-Michel et devint membre de l'Académie de peinture et de sculpture en 1699. Ses nombreux travaux et la faveur constante de Louis XIV lui procurèrent une fortune considérable. Il mourut subitement à Marly en 1708.
MANS — 1177 — MANT
*MANSFELD, v. des Etats prussiens (Saxe), à 44 k. N. O. de Mersebourg; 1500 h. Jadis capit. d'un comté. MANSFELD (comté de), ancien comté d'empire, dans la Hte-Saxe, entre les principautés d'Anhalt, d'Hal-berstadt, de Saxe-Eisenach , le comté de Stolberg, l'évêché de Mersebourg et la Saxe électorale : 540 k. carr.; env. 60000 h. Il se composait de 2 parties, dont l'une reconnaissait la supériorité territoriale de la Saxe électorale, et l'autre celle de l'archevêché (depuis duché) de Magdebourg. La 1" portion comprenait Eisleben, Bornstedt, Arnstedt, Wippra, Ar-tern; dans la 2* se trouvaient Mansfeld, Wœlfels-holz, Leimbach, etc. Pays montagneux et rempli de mines de fer et d'argent forts riches. — Les comtes de Mansfeld furent surtout puissants au xrrr et xiv* siècles : ils possédaient le droit régalien sur les mines du pays et siégeaient à la diète. On distingue 2 maisons de Mansfeld : la 1", issue de Riddag (mort en 685), et terminée en 1230 à Burkhard VIII; la 2", qui commence par Burkhard IX, gendre du prée., seigneur de Querfurt et burgrave de Magdebourg, et qui ne finit qu'en 1780. Dès 1484, la maison de Mansfeld avait cessé d'être puissance immédiate, et avait concédé le domaine direct des mines à la maison de Saxe. A l'extinction de cette famille (1780), le comté fut partagé entre la Saxe et la Prusse. II fit, en 1807, partie du royaume de VVestphalie, et fut, en 18(5, donné tout entier à la Prusse. Il est auj. subdivisé en 2 cercles : cercle de la Montagne, et cercle du lac de Mansfeld. Villes principales : Mansfeld, Eisleben et Sangerhausen.
*MANSFELD (P. Ernest, comte de), général allemand, né en 1517, servit dans les Pays-Bas sous Charles-Quint, fut gouverneurdu Luxembourg, puis de tous les Pays-Bas (1592), prit Stenay sur les Français en 1551, mais fut fait prisonnier dans Ivoy en 1553, et ne recouvra sa liberté qu'en 1557. En 1569, il amena des secours à Charles IX contre les Calvinistes etprit part à la bataille de Moncontour dans les rangs des Catholiques.
*MANSFELD (Ernest de),fils dupréc, né en 1585, servit d'abord l'Autriche :mais, n'obtenant pas l'avancement qu'il espérait, il embrassa la Réforme, se joignit aux révoltés de Bohème et se fit élire leur général. Ii força le comte de Bucquoy, général autrichien, d'éva-euer la Bohême. Contraint de se retirer devant des forces supérieures, il alla ravager l'Alsace, attaqua et défit les Bavarois et les Hessois, alliés de l'Autriche, puis passadans les Pays-Bas, et, de concert avec Christian de Brunswick, battit les Espagnols à Fleurus, en 1622. En 1625, il rentra en Allemagne à la tête d'une foule d'aventuriers;mais il fut défait parWal-lenstein,aupontde Dessau, 1626. Peu de mois après, il mourutpresque subitement, à Vranovitzen Bosnie. MANSI (J. Dominique), savant prélat, né à Luc-ques en 1692, m. en 1769, visita l'Italie,l'Allemagne et la France, fréquentant les bibliothèques, faisant partout des extraits, et fut, à son retour, nommé bibliothécaire, puis archivisie de la ville de Lucques. On lui doit, outre de nombreuses éditions ou traductions, quelques ouvrages originaux et une précieuse collection de conciles :Sacrorum conciliorum novaet amplissima collecl&p, 1757 et ann. suiv., 31 v. in-f. SIANSLE, ch.-l. de cant. (Charente), à 17 kil. S. de Rufiec; 1600 hab. Grains, vins, eau-de-vie.
*MANSO(J. B.), marquis de La Villa, littérateur napolitain, né en 1570, m. en 1645, fut l'ami du'I'asse et écrivit la vie de ce poète (Rome, 1634). Riche et puissant, il protégea les lettres et fonda le Collège des Nobles à Naples. Il a laissé des Dialogues sur l'Amour, Milan, 1608, et des poésies médiocres, 1635.
*MANSO (Frédéric), écrivain allemand, né en 1759 à Blasienzell (Saxe-Gotha), m. en 1826, fut professeur àGotha, puis à Breslau. Outre des traductions de Vir-g le, de Bion, de Moschus, et quelques poésies originales, ii a laissé : Sparte, essai sur l'histoire, la constitution et les mœurs des Lacédémooiens, Leips., 1800; Vie de Constantin le Grand, 1817; Histoire de Prusse depuis la paix de Hubersbourg, 1819-20 ; Histoire de l'empire des Ostrogothsen Italie, 1824. MANSOUR, c-à-d. vainqueur. V. AL-MANZOR. MANSOURAH (c-à-d. champ de la victoire), vulgairement toJ/ossoure,autrefois TanisPv. de la Basse-Egypte, ch.-l. de prov., sur la branche orientale du Nil, à 59 kil. S. O. de Damiette. Six mosquées, église. Riz, toile, ammoniac. S. Louis y remporta sur les Sarrasins, en 1250, une victoire meurtrière, mais il fut pris peu après. En 1798, la garnison française qui occupait cette place fut massacrée par les Arabes. — La prov. de Mansourah, entre celles de Damiette au N., de Charquieh à l'E., de Garbieh au S. et à l'O., a 98 kil. sur 35 et compte 200000 hab.
*MANTAILLE, château célèbre.surla r.g. du Rhône, entre Vienne et Valence, près et au N. E. de St-Val-lier (Drôme). Il s'y tint en 879 une assemblée de seigneurs et d'évêques dans laquelle Boson dépouilla les enfants de Louis le Bègue de la couronne de Bourgogne cisjurane, et se fit proclamer roi à leur place. MANTÈGNA (André), peintre et graveur, né à Pa-doue en 1430, m. en 1505, eut pour premier maître le Squarcione, puis reçut les leçons de Jacques Bel-Uni, dont il adopta la manière et dpnt il épousa la sœur. Il a composé un grand nombre de tableaux et de fresques dans le genre historique, où l'on remarque de la beauté dans les formes, de la suavité dans le coloris, une grande connaissance de la perspective, mais aussi une grande négligence dans l'expression. Il a gravé lui-même plusieurs de ses compositions. Le musée de Paris possède quatre de ses plus beaux tableaux : la Vierge sur un trône, avec l'enfant Jésus sur ses genoux ; Apollon faisant danser les Muses devant Mars et Vénus ; les Vices chassés par la vertu, et un Calvaire. Quelques-uns attribuent à Mantêgna l'invention de la gravure au burin.
*MANTES, dite M..la Jolie, en latin Medunia, ch.-l. d'arr. (Seine-et-Oisëj, sur là r. g. de la Seine, à 48 k. N. O. de Versailles, à 57 kil. O. N. O. de Paris par chemin de fer; 5000 hab. Trib. de 1" inst., bibliothèque. Beau pont de pierre (près de la ville). Position salubre et charmante. Ville bien bâtie; église gothique de Notre-Dame ;tour St-Maçlou,hôpitaux,salpê-trière, tanneries renommées ; moulins, grosses toiles. Commerce de blé, fruits, légumes. — Fondée, dit-on, par les Druides (la ville a dans ses armoiries un gui de chêne); saccagée en 1087 par Guillaume le Conquérant. Charles V la prit en 1364; mais les Anglais s'en emparèrent en 1418; elle ne leur fut reprise qu'en 1449. Henri IV fit détruire ses fortifications. V. HANTOIS.
*MANTINÉE, Mantinea, v. d'Arcadie, près de l'Ar-golide, entre Tégée etOrchomène, était, avant la fondation deMégalopolis, la première cité de l'Arcadie. Elle fut démantelée en 385 av. J.-C. par les Spartiates, mais se releva en 370, Célèbre par quatre batailles : la 1" en 418 av. J.-C, où les Lacédémoniens défirent l'armée d'Argos et d'Athènes; la 2° en 363, où Épaminondas vainquit les Spartiates, mais périt dans l'action; la 3* en296, où Démétrius Poliorcète battit le roi de Lacédémone, Archidame IV; la4* en 206, gagnée par Philopémen sur Machanidas. On ne voit plus auj. que les ruines de cette ville, désignées sous le nom de Paléopoli. MANTINORUM OPPID., v. de Corse, auj. Bastia. MANTO, prophétesse, fille de Tirésias, était prêtresse d'Apollon àThèbes. Thèbes ayant été prise par les Ëpigones, Manto fut emmenée captive à Delphes, puis à Claros en Asie, où elle établit un oracle d'Apollon. On lui donne Mopsus pourfiis.— Prophétesse d'Italie, mère d'Ocnus, le fondateur de Mantoue, est peut-être la même que la précédente.
*MANTOIS, petit pays de l'île-de-France, au S. K et S. O. du Vexin français, le long de la r. g. de la Seine, eut pour ch.-l. d'abord Mantes, puis Versailles. Autres lieux, Meulan, Anet, Rueil, Montfort-l'Amaury, I Dreux, Poissy, St-Germain-en-Lave, Houdan U était parfois regardé comme faisant partie de Ia Beauce. Auj., il est compris pour la plus, grande partie dans le dép, de Seine-et-Oise; le reste se'trouve' dans celui d Eure-et-Loir. — Le Mantois formait jadis un comté, qui fufc érigé en pairie par Charles iBf Mauvais.
MA-KT — 1178 — mm
*MANTOUAN (le), pays., V.MANTOUE(Duch&da).
*MANTOUAN (J. B. Bertano GHISI, dit le), peintre, sculpteur et graveur de Mantoue, né vers 1500, eut Jules Romain pour maître. Son. chef-d'œuvre est l'Incendie de Troie. Ilest surtout connu auj; comme graveur ;son dessin, est correct, mais son burin manque da douceur.—Il transmit son talent de. graveur à son fils-, GeorgesGhisi, ditaussi leMantouan, né à Mantoue en. 1524, qui grava surtout d'après, Michel-Ange, Lucas Penni, Perin del Vaga^ — et à sa fille, Diana Kanluana, qui reproduisit avec talent les chefs-d'œuvre de Raphaël et de JulesiRomain.
*MAKTOUAN (Battista, dit le), poète. V. BATTISTA.
*MANTOUE, Mantua, en italien, Mantma, v. forte de Vénétie, ch.-l. delà province de Mantoue, est bâtie au milieu de marais dans une île du Mincio. Elle est tant par sa position que par les ouvrages de l'art une des places les plus fortes de l'Europe. Quoique fort grande, elle compteà peine 30 000h. (sapopulation au.tempsde ses ducs atteignait 5000Qâmes). Évêché, trib. de 1" instance. On y remarque-le palais dit du Ti, chef-d' œuvre de Jules Romain1, et résidence des anciens ducs; le ci-devant palais National, la cathédrale, ouvrage de J. Romain, l'église St-Andrê, l'église St-Barnabé, où. est le tombeau de J. Romain; le palaisdejustice, l'arsenal, 4 théâtres, plu-sieursbelles rues et places (entra autres la place Virgile, ornée de la.statue du poète), et lecanal, qui coupe la ville en deux parties. Académie des sciences, arts, peinture et sculpture; Académie Virgilienne, galerie de peinture etantiquités, bibliothèque, lycée, gymnase. Malgré les dépenses faites1 pour assainir la ville, elle est encore insalubre. Virgile, passe pour être natif de Mantoue: il était né à Andes, villagedes environs. Pomponat, le poète Battista Spagnuoli et le peintre Ghisi, surnommés chacun le Mimtmian, étaient de Mantoue. Jules Romain, exilé de Rome, vint se fixer dans cette ville. —Mantoue fut bâtie, suivant les uns, au.xv* siècle av. J.-G., selon les autres au xi*, par Ocnus et Bianor, et reçut lenom de Mantoue en l'honneur de la prophétessê Manto, dont Ocnus passait pour être fils. Les Rasena, s'en étant emparés, en firent une des douze lucumonies deieur confédération septentrionale. Les Gaulois? la prirent ensuite, et elle.devint une des métropoles des Céno-mans. Les Romains s'en rendirent maîtres en 197 av. J.-C. après la victoire duMincius, ou peut-être dès 222, à la suite de. celle de Clastidium. Après la-bataille de Philippes (42), son territoire fut confisqué en partie pour être distribué aux vétérans d'Octave-: c'est cet événement qui amena Virgile à Rome; Après la bataille de Bédriac (69de J.-C.), elle fut saccagée par les troupesde Vitellius, Elle tombaensuiteaupouvoir des Marcomans(269), de Radagaise (406), d'Alaric(403 et 408) ; elle passa successivement entre les mains des Hérules, des Ostrogoths, des Grecs, des Lombards, des Francs, fit partie du royaume d'Italie formé après Charlemagneet du royaume des GermainssousOthon le Grand; puisfut donnée parOthon II à Thibaut,oomte de Canosse ; fut conquise par Mathilde en 1114, et de-vintaumilieu du xn° siècle une des républiques lombardes, Comme toutes les petites républiques, elle eut à subir des tyrannies locales : elle eut pour maîtres les comtes de San-Bonifacio, les Buonacossi et les Gonzague, qui s'y disputaient sans cesse le pouvoir; finalement, en 1328, Louis I de Gonzague s'empara de l'autorité,sefitreconna! tre vicaire del'empire.etfonda >.uie dynastie qui régna près de quatre siècles : sous cette dynastie, la vLUe et le territoire de Mantoue furent éngés en margraviat ou marquisat (1433),puis en duché (1530). La possession du duché de Mantoue fut, de 1628 à 1631, le motif d'une guerre entre deux Branches, ie la famille ducale de Mantoue, le&Nevers, appuyés par la France; et les Guastalla, soutenus pat l'Autricha-.;ellefutassurê.eàia;l!r«abrancheparïetriuté de Cherasca. Après l'extinction de1 la famille de Gonzague (1708), le duehéde Mantoue passa à la maison d'Autriche. Les Français" occupèrent Mantoue eu 1701, mais ils la laissèrent reprendre en ITOrparles Impénaux. Prisa par Bonaparte en 1797 sur Warm-ser, elle fut le chi-l. du* département' du Mincio. Reprise par l'Autriche en 1814; rendue à l'Italie en 1866i—A Mantoue se tinrent: 1* le congrès dè-1392 où fut signée une confédération entre Florence, Bo-logne.les seigneurs de Pâdone, Ferrare, Mantoue,eto , pour le maintien de l'équilibreen Italie-, 2" le congre» de 1459, où Pie IIprêcha vainement la croisade contre les Turc» qui venaient de se rendre maîtres de Constantinople; 3" le congrès-de 1511 où Jules II, Maximilien et Ferdinand décidèrent du sortdtt duché de Milan enlevé à Louis-XH; 4" le congrès à» 1791, où Léopold H et les princes émigrés de la malsonde Bourbon organisèrent une coalition contre la France.
*MANTOUE (margraviat ou marquisat, puis duché de). H comprenait la Mantouan et, depuis 1533, le-Montfer-rat, dévolu par héritageau duc de Mantoue. Le Mantouan proprement dit était situé' entre les duchés do Milan à l'O. et deiModène au S., là Terre-Ferme yé* nitienne àl'E.,et avait, entre autres villes, outre'Man--toue, Pizzighitonej Euzzara, Caneto, Guito, Qttistello:
*MANTOUE ( province de), une des divisions de la Vénétie, répond à peu près à l'ancien Mantouan.
*MANTUA, v. de la'Gaule Cisalpine, auj. Éanvoue.
*MANUCE, famille d'imprimeurs italiens, que l'on appelle aussi-less4.'<2as,,du nom-dëleur chef.
*MANDCE (Aide), dit l'Ancien, né en 1449"à Bas-siano dans le duché'de* Sermonetta, mort à Yèniso en 1515, fit une étude: profonde,de1 la littérature latine et grecque1, et en donna des: leçons publiques à Venise. II fonda-dans- cette même" ville en 1490 une imprimerie destinée à reproduira*-les chefs-d'œuvre de l'antiquité'; secondé-par Piff de IiaMirandble, le prince deCarpi et', autres savants qui voulaient bien surveiller les ouvrages sortis de ses presses, il sa plaça bientôtau premier rang des imprimeurs. Ruiné par la guerre'en 1506, il rétablit ses affaires en s'as-sociant avec son Beau-père, André Turisan d'Asola, qui lui-même-était un imprimeur distingué. On lui doit les éditions princeps i'Airistole, Platon, Eêro-dote, Thucydide, Eschyle, Soplwcle; Euripide, Arù' tophane, Pindare, Théoctite, Aralns; il publia la Grammaired&liastarise^as&s^&Thêodbrvde-Gaga, etc. Ses éditions ont l'àutoritéds manuscrits. Aida Manuce est lui-même auteur d'un Dictionnaire la~ tin-grec, 1497; d'une Grammaire latine, Venise, 1501 ; d'une Grammaire grecque, 1515, de plusieurs traductions latines-d'auteurs grecs et d'un traité estimé De metris horatianis. Sa marque est lin dauphin enlacé autour d'une ancre.
*MANUCE (Paul), fils d'Aide l'Ancien, né à Venise en lôll+mort en 1674, semit en 1533 àlatête de l'imprimerie de son père, et joignit comme lui une érudition profonde à une grande habileté typographique. Ji éprouva toutes sortes de traverses, eut à lutter contre des parents qui lui disputaient la succession de son père, puis contre ses associés. Peu encouragé k Venise en 1562, il se rendit à Rome, où Pie IV lui confia la, direction d'une imprimerie placée au Capitule, et le chargead'imprimerles'SS. Pères. Moins bien traité, parle successeur de Pie IV, il éprouva la libéralité- de Grégoire XIIE II était passionné pour Cicéron et donna une excellente édition de ses œuvres, accompagnée de commentaires fort estimés. On lui doit aussi une traduction latine des Pbilippi-quesie Démosthèneet divers traités destinés S faciliter l'intelligence des anciens : Antiquitalum roma-narum liber de legibus, 1557; De senatu ramano, 1681; De comttiisRomanorum, 1B85; De civitate romana, 1585. On a de lui 12 livres à'EpistoUe-, 1580.
*MANUCE (Aide), le Jeune-, fils aihé de Paul, né à Venise en 1547, mort en 1597^ composa dès l'âge de 11 ans un recueil des ÉUgances des langues latine et italienne, et donna à 14 ans, sous le-titre i'Ortbographise ratio', un système' d'orthographe latine fondé sur les manuscrits et les inscriptions. Il suivit d'abord son père à Rome; mais il revint à Venise en 1565 pour se mettre' à la tête de l'imprimerie' Addiîie. Abandonnant la typographie pour les lettres, il remit en 1555 son imprimerie à l'un de ses ouvriers. Nie. Manassi, et alla remplir une chaire d'éloquence, d'abord à Bologne, puis â Pise, et enfin à Rome (1589). Clément VIII lui confia la direction de l'imprimerie du Vatican en 1592. Il mourut avant l'âge, d'une suite de débauche. On lui doit, outre les écrits déjà cités, des explications (en italien) des Locutions des Lettres de Cicéron, 1575,. ainsi que des Commentaires sur Cicéron, sur Térence, 1585 ; des Discours politiques sur Tite-Live, etc.
*Ant. Aug. Renouard a publié les Annales de l'imprimerie des Aides ou Histoire des trois Manuce et de leurs éditions, Paris, 1803, 1825 et 1834. "
MANU — 1179 — MARA.
*MANUEL I, COMNENE, empereur grec, fils de Jean Comnène, succéda en 1143 à son père, au détriment 1 de son frère aîné Isaac En 1147, il trahit les Croisés, conduits par Conrad, empereur d'Allemagne, et Louis le Jeune, roi de France, et ne contribua pas peu, par ses intelligences avec les Turcs, à faire échouer leur entreprise; il en fut puni par Roger, roi de Sicile, allié des princes croisés, qui pénétra en Grèce et pilla Thèbes et Corinthe. Il fut sans cesse en guerre, eut à combattre les Hongrois et les Serviens révoltés, se laissa impunément insulter par les Vénitiens, et vit en 1176 son armée exterminée près de Myriocé-phales en Asie-Mineure, par Azeddyn, sultan d'Ico-nium. Cependant il remporta peu après à son tour une victoire sur izeddyn près du Méandre. II mourut en 1180, avec la réputation d'un bon guerrier, mais d'un d'un prince sans mœurs et sans probité.
*MANUEL n, PALEOLOGUE , succéda en 1391 à son père Jean Paléologue, après s'être évadé de la cour du sultan Bajazet, où if était en otage. Deux fois, sous son règne. Constantinople fut assiégée, la 1™, par Bajazet, qui se retira après un blocus de 7 ans, pour faire face à Tamerlan, qui avait envahi ses fitats; la 2", par Amurat, qui dut aussi s'éloigner pour combattre un compétiteur au trône. Il avait imploré vainement le secours de l'Occident. Manuel mourut en 1425, à 77 ans. Il fut père de Jean Paléoîogue II, qui lui succéda, et de Constantin Draco-sès, dernier empereur de Constantinople.
*MANUEL (don Juan), petit-fils de Ferdinand HT et neveu d'AlphonseX, rois de Castille, né vers 1267, mort en 1347, fut tuteur d'Alphonse XI et gouverneur des frontières des Maures. Il cultivait les lettres : on a de lui un recueil de nouvelles, intitulé : Le Comte Lucanor, imprimé à Séviile en 15-75 : il y donne, sous la forme d'apologues , des leçons de politique et de morale. Comme écrivain, c'est un conteur naïf et gracieux : il a contribué puissamment à assouplir la prose castillane. Le Comte Lucanor a été trad. en français parPuibusque, Paris, 1854.
*MANUEL (Pierre,'Louis), démagogue, né à Montar-gis' en 1751, avait d'abord été Doctrinaire. Enfermé à la Bastille pour un pamphlet irréligieux, il en sortit plein de haine contre l'ancien régime, se fit remarquer dès le début de la Révolution par ses discours au club des Amis de la Constitution, fut élu en 1791 procureur de la Commune de Paris, concourut puissamment à l'insurrection du 20 juin, organisa celle du 10 août 1792, et fut nommé député à la Convention par les électeurs de Paris. Il demanda la déchéance de Louis XVI, et fit transférer au Temple ce malheureux prince avec la famille royale. Cependant, dans le procès du roi, il vota l'appel au peuple, disant qu'il ne voyait dans la Conven-, tion que des législateurs et non des juges. Devenu s dès lors suspect à ses anciens amis, il fut obligé de : donner sa démission : il fut traduit peu après devant le g Tribunal révolutionnaire et décapité le 14 n&v. 1793.
*MANUEL (Jacq-. Ant.), orateur politique, né en 1776 à Barcelonnette (B.-Alpes), mort en 1827, s'enrôla comme volontaire en il$3, servit avec distinction jusqu'à- la paix de Campo-Formïo, puis entra au barreau d'Aïx, et y acquit une grande réputation. Nommé représentant dans les Cent-Jours (18;15), il se fit remarquer par son patriotisme. Elu député par le dép. de la Vendée en 1818, il combattît avec énergie la réaction royaliste, et irrita tellement par sa courageuse opposition le parti dominant qu on l'expulsa violemment de la Chambre, en 1823'. Son convoi donna lieu à une éclatante manifestation de l'opinion publique : il fut suivi par plus de 100 000 personnes. A la fermeté du caractère, Manuel Joignait l'éclat et: l'énergie de là parole, ainsi qu'une logique serrée.
*MANZANARES,. riv. d'Espagne. Y. MANÇANAREZ.
*MANZAT, ch.-î. de cant. (Puy-de Dôme), sur la Morge, à 20 kil. N. O. de Rrâm; 3000 hab.
*MANZOLLI (Pierre Ange), poète latin du xvr* s., né à Stellata, près de Ferrare, vivait,, à ce qu'on croit, à la cour du duc de Ferrare ffereule II. II est auteur d'un poème latin fort curieux intitulé :. Zo-diacusvitss, hoc est De hommisvita, studio aemo--ribus, qui parut à Bâle en 1537 : c'est une espèce de satire où il passe en revue toutes les professions,, s'exprimaat fort librement, surtout au sujet de l'Eglise romaine et du clergé. Pour échapper aux persécutions, il le publia sous le pseudonyme àeMar-cellus Palingenius, anagramme de ses noms ; ca n'est qu'en 1725 que Facciolati fît connaître le vrai nom de l'auteur. Du reste,, on ne sait rien de sa vie. La meilleure édition de ce poème est celle de Rotterdam, 1722. Il a été imité en vers français par Rivière, Paris, 1619, et traduit par Lamonne-rie, 1731.
===MAR===
*MARABOUTS (de l'arabe marbouth, cénobite, religieux), donné GHez les Musulmans, notamment en Afrique, à des hommes qui se vouent à la vie spirituelle, qui sont en grande vénération; la qualité- de marabout se transmet de père en fils. Les marabouts desservent une espèce de chapelle qui reçoit elle-même le nom' de marabout. — C'est dé leur nom qu'on dérive celui à'Almoravides. V. ce mot.
*MARACANDA, auj. Samarcand, v. de la Sogdïane, sur le Polytîmète, fut détruite par Alexandre, maïs se releva depuis. F. SAHARCANB.'
*MARACAÏBO'ou MARACAYBO, v. et port du Venezuela, ch.-l. du dêp. de Zulia, sur le nord! 0. du lac de Maracaïbo, à 560 kil. de Caraeas, par 74°'6' long. O., 10° 40' lat.N.; 20000-hab. Port fermé par une barre ; deux forts; chantiers de construction navale. Café cacao, copahu, salsepareille, cuirs,, bois, jaunes, etc. —Le àép. de Baraeaïbo, qui s'étend à l'O. et au S. O. d'u lac, compte environ 60 000 hab. et a pour villes principales, outre Maracaïbo-, Perija, Alta-Gracia, Gibraltar. — Leïacaerrv. 280k.sur 160'. Il communique par un détroit avec le golfe de Maracaïbo, dans la mer des Antilles, et reçoit les rivières de Zulia, Chaîna, Motatan, etc. Bords malsains.
*MARACAÏBO (Golfe de), dans la mer des Antilles, le long de la cSte-N. de la Colombie, s'étend entre Ï0° 42'-12«lat.N., 72°I5'-30030r,long.O.; sa largeur varie de l'OO à 250 kil. ; il s'enfonce dans les terres jusqu'à 190 kil. H reçoit les eaux du lac Maracaïbo.
*MARACH," Germanica Cassarea, v. murée de la Turquie d'Asie, ane. eh.-l. de pachalik, auj. simple ch.-l. delivah, à 140 kil. N. O. d'Alep. Château.— Le pachalik, entre ceux de Roum auN., de Diarbékir à l'E,, d'Alep au S., d'Adana à l'O., a 310k. sur 220 ; 250 000 hab. Il comprend 5 livahs : Marach, Aïntab, Kars, Semisat, Malatia. Il est traversé par l'Alma-dagh, une des branches du Taurus, et arrosé par l'Eu-phrate. Climat et sol varié, fruits délicieux, industrie nulle. Ce pachalik occupe une partie de l'ancienne Comagène et de la Petite-Arménie. Il est actuellement compris dans celui de Kharbout. V. ce nom.
*MARAGHA, v-. de Perse (Aderbaïdjan)', à- 80 i. S, de Tauris;15 000 h. Place forte. Tombeaud'Hoalagou.
MARA — 1180 — MARS
*MASAGNON, fleuve d'Amérique. V. AMAZONES.
*MARAIS (le), dit aussi la Plaine. On nomma ainsi dans la Convention la partie la moins élevée de la salle, celle où siégeaient les membres du parti modéré : la faction démagogique occupait la partie la plus élevée, désignée sous le nom de la Montagne. — On appelle aussi Marais un quartier de Paris, situé dans la partie E. de la ville (le quartier du Temple).
*MARAIS-PONTINS. V. PONTINS (MARAIS).
*MARAKAH, v. d'Afrique. F. DONGOLA.
*MARALDI (Jacq. Phil.), mathématicien et astronome, né à Perinaldo dans le comté de Nice en 1665, m. en 1729, était neveu de Cassini. Son oncle le fitve-nir en France en 1687. Il travailla en 1700 et en 1718 à la méridienne, dressa un nouveau Catalogue des étoiles fixes, resté inédit, fit un grand nombre d'Observations (qu'on trouve dans les Mémoires de l'Académie des sciences, et parmi lesquels on remarque ses Considérations sur la tMorie des planètes), et fut admis à l'Académie des sciences.
*HARALDI (J. Dominique), neveu du préc, membre de l'Académie des sciences, né en 1709, m. en 1788, fut, de 1732 à 1740, associé à son cousin, Cassini de Thury, pour la description trigonométrique des côtes et des frontières de la France, et pour préparer la grande carte de la France (en 180 feuilles). En 1735, il fut chargé de rédiger la Connaissance des temps, tâche pénible et ingrate, dont il s'acquitta pendant 25 ans. On a de lui plusieurs Mémoires, dans le recueil de l'Académie des sciences, notamment sur le Mouvement apparent de l'étoile polaire vers les pôles du monde, et sur les Satellites de Jupiter.
*MARAN (dom Prudent), savant bénédictin de St-Maur, né à Sézanne en 1683, m. en 1762, s'est distingué comme théologien et comme éditeur. On lui doit des dissertations estimées sur la Divinité de J.-C. (1746, en latin, et 1751, en français), sur lesGuéri-sons miraculeuses (1754), et d'excellentes éditions de S. Cyrille, de S. Cyprien, de S. Justin, de S. Basile (cette dernière avait été commencée par dom Gar-nier). S'étant montré opposé à la bulle Unigenilus, il fut exiléde Paris en 1734; mais il put y rentrer en 1737.
*MARANA (J. P.), écrivain, né à Gênes en 1642, m. en 1693. Emprisonné à Gênes pour n'avoir pas révélé la conjuration du comte délia Torre, gui avait voulu livrer Savone au duc de Savoie, il écrivit pen-dantsa captivité l'histoire de cette conjuration, qui parut à Lyon, en italien, en 1682.11 se réfugia depuis en France et obti nt une pension de Louis XIV. Il a publié en français l'Espion du grand seigneur, Paris, 1684 et ann. sutv., espèce de revue qui obtintquelquessuccès, et qui suggéra à Montesquieu l'idée des Lelt. persanes.
*MARANHAOou MARANHAM (Ile), île du Brésil, dans l'Atlantique (prov. de Maranhao), entre les baies de San-Maroosà l'O. et de San-Jose à l'E., a 60 k. sur35 et env. 40 000 h. Les Français s'en emparèrent en 1612.
*HARANHAO (SAN-LUIS d'e), v. forte du Brésil, ch.-l. delaprov. de Maranhao, dans l'Ile de ce nom, par 41* 20' long. O., 2° 32' lat. S.; 30 000 hab. Ëvêché, cour d'appel, lycée, école d'appel, école de commerce. Riz, cacao, coton, peaux crues et tannées, bois de teinture, caoutchouc, salsepareille. Cette v.fut bâtie par les Français vers 1612. — La prov. de Maranhao entre l'Atlant'ioue au N. E., lesprov. de Para au N. O., de Goyazau S." O., de Piauhy à l'E., a 1000 kil. sur 700; 360 000 hab. Le pays est arrosé par le Maranhao, qui se jette dans l'Atlantique, vis-à-vis de l'île de même nom. Sol plat au N., montagnes au S. Climat agréable; sol fertile. Mines d'or, d'argent, de fer.
*MARANS, v. et port de la Charente-Inf., ch.-l. de c, à 24 kil. N. E. de La Rochelle ; 4557 h. Aux env., marais salants, auj. canalisés. Commerce de blé, légumes secs, lin, eau-de-vie, merrains.—Ane place forte, plusieurs fois assiégée, notamment en 1583, êpogue à laquelle elle fut prise par Henri de Navarre (depuis Henri IV). Son château fut rasé en 1638
*MARAT (Jean Paul), fameux démagogue, né en 1744, à Boudry, près de Neufchâtel, de parents calvinistes, vint à Paris exercer la profession dfr médecin, fut attaché en cette qualité aux gardes du corps du comte d'Artois, et se fit un certain nom par des écrits sur les sciences. D'un caractère violent, d'une imagination ardente, il embrassa avec exaltation les idées révolutionnaires et publia à partir de 1789 un journal politique qu'il intitula successivement le Publiciste parisien,l'Amidupeuple,leJournaldelaRépUblique, où il prêchait des doctrines anarchiques et conseillait les mesures lesplus sanguinaires. Devenu par là l'idole du peuple, il exerça sur la marche des affaires l'influence la plus funeste, s'immisça dans le Comité de salut public quoiqu'il n'eût pas de titre légal, ot eut la plus grande part aux massacres dés 2 et 3 septembre 1792, ainsi qu'à la condamnation de Louis XVI. Ëlu député à la Convention par un des collèges d'électeurs de Paris, il y siégea à la tête du parti de la Montagne, fit décréter la création du Tribunal révolutionnaire et la formation du Comité de sûreté générale chargé spécialement d'arrêter les suspects, attaqua avec fureur les Girondins, et en fit proscrire 22 au 2 juin 1793. La veille de cette journée, il avait provoqué ouvertement le peuple à l'insurrection : livré pour ce fait au Tribunal révolutionnaire par la Convention elle-même, il avait été ramené en triomphe dans la salle des séancespar la populace ameutée. Un mois après, le 13 juillet, il fut assassiné dans son bain par Charlotte Corday (T. ce nom), qui croyait par là délivrer la patrie d'une odieuse tyrannie. Sa mort fut pour les Terroristes le prétexte dé nouveaux massacres. On lui fit des funérailles magnifiques; son corps fut déposé au Panthéon, mais il ne tardapasà en être tiré (février 1795). Marat était de petite taille et d'une stature difforme : il avait la tête démesurément grosse, avec des traits repoussants. Outre son journal, il a publié divers écrits, les uns politiques, entre autres, les Chaînes de l'esclavage, ouvrage qui parut d'abord en anglais, Edimbourg, 1774, puis en français, Paris, 1792, etquiaétê réimprimjéenl833; Plan de législation criminelle, 1787 (il s'y élève contre la peine de mort, qu'il devait tant prodiguer plus tard) ; Profession de foi adressée aux Français, etc. ; les autres scientifiques, tels que De l'homme ou de l'influence de l'âme et du corps, Amst., 1775; Recherches sur le feu, la lumière, l'électricité, etc., 1779-84; une traduction del'Opîiqttede Newton, 1787. Il avait aussi écrit un Roman de cœur, publié pour la première fois en 1847 par Paul Lacroix.
*MARATHON, bourg de l'Attique, à 30 kil. N. E. d'Athènes. Ce lieu, déjà célèbre dans la Fable par un taureau monstrueux dont Thésée délivra lacontréo, l'est devenu •'beaucoup plus par la victoire que Mil-tiade y remporta sur les Perses l'an 490 av. J.-C.
*MARATHONISI.v. forte du roy.deGrècé(Laconie), dans le pays desMaînotes, sur le golfe de, Laconie, à 40 kil. S. de Mistra et près de l'anc. Gylhium. Ella est auj. le ch.-l. de l'éparohie de Gythion.
*MARATTA ou MARATTI (Carlo), peintre italien, né à Camerino en 1625, m. en 1713, élève de A. Sac-chi, travailla pour le pape Alexandre VII et ses successeurs, restaura les peintures du Vatican, et fut pendant longtemps le peintre le plus renommé de Rome. H excellait dans les tableaux d'autel et dans la peinture des Vierges : on cite surtout de lui unelfa-done, dans le palais Pamphili, à Rome. On voit au Louvre quatre tableaux de cet artiste: umjiativité, une Vierge avec l'enfant Jésus; S. Jean dans le désert; le Mariage mystique de Ste Catherine. 11 réussissait aussi dans la gravure.
*MARATTES (les). V. MAHRATTES.
*MARBACH, v. du roy. de Wurtemberg (Neckar), sur le Neckar, à 20 kil. N. de Stuttgard; 3500 hab. Patrie de Schiller et de l'astronome T. Mayer. Prise et brûlée par les Français en 1693.
*MARBEUF (L. Ch. René, comte, puis marquis de), général français, né à Rennes en 1712, m, à Bastia en 1786, fut envoyé en Corse en 1764 pour secourir les Génois contre les indigènes révoltés, fut, jtprèsla
MARC — 1181 — MARC
cession de la Corse à la France par les Génois (1768), chargé d'occuper l'île, eut à combattre Paoli, finit, après quelques échecs, par rester maître du pays, le gouverna jusqu'en 1781, sutyfaire accepter la domination française, et fut en récompense fait marquis. 11 protégea la famille Bonaparte, et fit admettre le jeune Napoléon à l'école de Brienne. Un fort élevé sur la côte O. de la Corse, entre Calvi et Ajac-cio, a reçu son nom. D'immenses jardins qu'il possédait sur les Champs-Elysées, à Paris, furent en 1794 déclarés propriété nationale, puis vendus et dépecés. On y établit plus tard le Jardin Marbeuf, dont une rue rappelle encore aujourd'hui le nom.
*MARBODE, chef marcoman. T. MAROBODUUS.
*MARBODE, évêque de Rennes, né en 1035, d'une famille illustre de l'Anjou, m. en 1123, était fort lettré et remplit longtemps l'emploi de mailre d'éloquence à Angers. Il fut sacré évêque en 1095 ou 96, se démit de son évêché sur la fin de sa vie, et se retira à l'abbaye de St-Aubin. On a de lui des Lettres, la Vie de plusieurs sainte, un livre des Dix chapitres, espèce d'encyclopédie, un traité De ornamentis verborum, et plusieurs poèmes latins, parmi lesquels on remarque le Martyre des Machabées et les Pierres précieuses. Ses ÔEuvres ont été réunies par D. Legendre, à la suite de celles de J. Hildebert, Paris, 1708, in-f.
*MARBOURG, Maltium, Mattiacum, Amasia Cat-torum, en latin moderne Marpurgum, v. de Hesse-Cassel (Prusse), sur la Lahn,a 80 kil.S. O.deCassel; 8000 hab. Cour d'appel, université, fondée en 1527; gymnase, écoledes arts et métiers, école vétérinaire; bibliothèque, jardin.botanique, observatoire; consistoire luthérien. Ruesétroites, tortueuses et sales. Ane château des landgraves de Thuringe, qui sert de maison de force. Belle église Ste-Ëlisabeth, du xiu' s. Ane. palais de l'Ordre Teutonique. Fabriques de pipes et de poterie, bonneterie, lainages, tabac; tanneries. — Marbourg, érigée en ville en 1227, était une des résidences des landgraves de Thuringe, et fut pendant quelque temps le ch.-l. de l'Ordre Teutonique. Il s'y tint un célèbre colloque en 1529. Ses fortifications furent démolies en 1807 par les Français.
*MARBOURG, v. des États autrichiens (Styrie), ch.-l: de cercle sur la Drave, à 60 kil. S. de Graetz; 7000h.
*MARBRES D'ARUNDEL. V. ARDNDEL et PAROS.
*MARBRES CAPITOLINS. V. FASTES dans notre Dictionnaire universel des Sciences.
*MARC (S.), un des quatre évangélistes, né, à ce qu'on croit, dans la Cyrénaïque, s'attacha de bonne heure à S. Pierre, l'accompagna dans ses travaux, le suivit à Rome, où il lui servit d'interprète; alla prêcher l'Évangile dans la Pentapole de Cyrénaïque et en Egypte, où il fonda, vers l'an 52, l'église d'Alexandrie. Il fut pris et mis à mort dans cette ville par les idolâtres pendant les fêtes de Sérapis (vers 68). Cet évangéliste a pour emblème le lion. On célèbre sa fête le 25 avril. S. Marc écrivit son Evangile en grec; il le rédigea 10 ans après l'Ascension de J.-C, à l'aide des conversations qu'il avait eues avec S. Pierre : cet Évangile n'est souvent qu'un abrégé de celui de S. Matthieu. On attribue à S. Marc une liturgie particulière, qui est en usage dans l'église d'Alexandrie. Les Vénitiens croient posséder le corps de ce saint, qui aurait été transporté chez eux en 815; ils lui vouent un culte particulier.
*MARC (S.), pape en 336, ne régna que 8 mois.
*UARC, hérésiarque du u* siècle, disciple de Valen-tin, attribuait à la parole et aux lettres dontles mots se composentune force créatrice, substituait à la Trinité catholique une Quaternité de son invention (il admettait en Dieu {'Ineffable, le Silence, le Père, la l'e-Hîé)et rejetait les sacrements, mêmele baptême. Il attira un grand nombre de partisans par des prestiges et de prétendues prophéties, ainsi que par la licence de sa morale : il enseignait que tout est permis aux adeptes.
*MARC-ANTOINE. V. ANTOINE et RAIMONDI. MARC-AL'RÈLE. V. AURÈLE.
*MARCA (Pierre de), savant prélat, né en 1594 à Gan, près de Pau, dans le Béarn, d'une famille originaire d'Espagne, m. en 1662, devint en 1621 président du parlement de Pau, fut appelé en 1639 au conseil d'État par Richelieu, fut ensuite nomméinten-dant de la Catalogne, et y fit aimer l'administration française. Devenu veuf, il reçut les ordres et fut suç-cessivementélevésurles siégêsde Conserans, de Toulouse, enfin de Paris (1662), mais il mourut avant d'avoir pris possession de ce dernjersiége. Il rédigea, pour réfuter VOptatus gallus d'Hersent, un fameux traité De Concordia sacerdotii et imperii (1641). où il tentait de concilier l'autorité dupape et les libertés ' gallicanes; il le retoucha depuis pour plaire à la cour de Rome, mais sa véritable opinion fut rétablie dans l'édition publiée par Baluze en 1663. On lui doit aussi une Histoire du Béarn, 1650, et Marca hispanica, 1680, savante description des provinces d'Espagne limitrophes de la France.
*MARCEAU OU MARCEL (S.). V. MARCEL (S.).
*MARCEAU (le général), né en 1769 à Chartres, d'un procureur au bailliage, s'engagea à 15 ans, fut nommé en 1791 chef du 1" bataillon des volontaires d'Eure-et-Loir, fut envoyé en 1793 en Vendée avec le grade de capitaine, et fut nommé à24 ans, sur la recommandation de Kléber, général en chef de l'armée de l'Ouest : il gagna sur les Vendéens la sanglante bataille du Mans(12décl793).*Employéen 1794 àl'ar-méedeSambre-et-Meuse comme général de division, il contribua puissamment au gain de la bataille de Kleurus. Il protégea en 1796 la retraite de l'armée de Jourdan ; déjà il avait plusieurs fois repoussé l'ennemi, lorsqu'il fut blessé mortellement près d'Altenkir-chen; il n'avait que 27 ans. Les ennemis s'unirent aux Français pour lui rendre les honneurs militaires. Marceau ne se faisait pas moins remarquer par son humanité et son désintéressement que par son courage etses talents stratégiques. Chartres lui a érigé une statue.
*MARCEL I, pape de 308 à 309, natif de Rome, succéda à S. Marcellin, avec lequel on l'a quelquefois confondu à tort. Il fut banni par l'empereur Maxence sous prétexte qu'il causaitdes troubles par sa sévérité envers les Tombés (chrétiens qui avaient fléchi pendant les persécutions). On le. fête le 16 janvier.
*MARCEL il, élu en 1555, ne régna que 21 jours.
*MARCEL (S.), évêque de Paris, célèbre par sa piété, ? fut élevé sur ce siège épiscopal à la fin du iv" siècle, et l'occupa jusqu'à sa mort, vers 440. U fut enterre rès de Paris dans un village qui forme auj. le fau-oûrg St-Marcel ou St-Marceau. On le fête le,3 novembre. Selon la légende, ce saint évêque délivra le pays d'un serpent monstrueux.
*MARCEL (Etienne), prévôt des marchands de Paris,
se signala par son audace pendant la captivité du
roi Jean; souleva le peuple contre l'autorité du dau
phin (depuis Charles V) et contre la noblesse; porta le
trouble dans les États généraux convoqués en 1356,
en engageant les députés du Tiers à refuser des sub
sides et à réclamer des réformes radicales, puis fit
assassiner sous les yeux du dauphin Robert de Cler-
mont, maréchal de Normandie, et Jean /le Confians.
maréchal de Champagne, conseillersdu prince (1358).
Il allait ouvrir l'une des portes de Paris à Charles
le Mauvais, roi de Navarre, qui assiégeait la ville,
lorsqu'il fut tué à coups de hache par Jean Maillart.
M. Naudet a écrit l'histoire de la Conjuration dÉ-
timne Marcel, 1815; M. Ferrens a publié en 1860
Marcel ou le Gouvernement de la bourgeoisie. *
*MARCEL, maître de danse en vogue au xvnie siècle, mort vers 1757, a composé quelques ballets. C'est .»-lui qui s'écriait : «Que de choses dans un menuet! » En voyant danser un Anglais, il dit : « On saute dans les autres pays, on ne danse qu'à Paris. »
*MARCEL (Guill.),"historien, né à Toulouse en 1647, mort en 1708, fut sous-bibliothécaire de l'abbaye da St-Victor à Paris, puis avocat au conseil, fut charge en 1677 de conclure avec le dey d'Alger un traité qui rétablissait les relations commerciales, puis fut nommé commissaire de la marine en Provence. On a
MMtC - 1182 — MARC
de lui : 3$bimes cnronologiques pour l'histoire <de l'Église-etpourVhistoireprofane, 1682; ïïist.del' origine et des progrès de la monarchie française, 1686.
*KARCEL (J. Joseph), petit-neveu du préc, né à Paris
commission organisa l'ii
1804 à 1815 directeur de l'Imprimerie impériale et de 1817 à 1820 professeur au Collège de France. On lui doit : Vocabulaire français-arabe vulgaire, publié au Caire, 17?9 ; Mélanges de littérature orientale, 1800; Fables de Lokman, teste arabe .et traduction; Chrestomathies arabe et chaldaiqae; Paléographie arabe, 1828 ; les Dix soirées malheureuses et les Contes du cheik El-Mohdy, trad. en franc., 1828-1832; Hist. del'Égypte depuis la conquête des Arabes jitsquà ia domination française (dans l'Univers pittoresque de F. Didot); Hist. scientifique et militaire de l'expédition d'Egypte, 1830-36.—V. SERRES.
*MARCELLE* (S.), pape de 295 à 304. C'est sous son pontificat qu'eut lieu la persécution de Diode-tien. Il est bon. comme martyr. On le fête le 26 avril.
*MARCELLO (Benedetto), compositeur, né en 1686 d'une famille noble de Venise, m. en 1739, fut 14 ans membre du conseil des Quarante, puis provédi-teur à Pola, .enfin camerlingue à Bresoia, et ne cultiva la musique qu'en amateur. Il n'en mérita pas moins d'êtreappelé de son temp3 le Prince de la musique. Les airs qu'il composa pour les cinquante premiers psaumes (1724-6) sont regardés comme le chef- ; d'oeuvre de la musique sacrée. Il réussit aussi dans ! la poésie et composa des sonates, des cansoni^ des, satires et des comédies burlesques.
*MARCELLUS (M. Claudius), générai romain, fut1 cinq fois consul. En 222 av. J--C., il battit les Gaulois à Clastidium, tua de sa main leur roi Virido-mare, remportant ainsi les troisièmes dépouilles opimes, prit Milan et réduisit la Gaule Cisalpine en province romaine. Envoyé contre Annibal après la bataille de Cannes, il releva les affaires des Romains, et remporta SUT le général carthaginois deux avantages à Noie (216 et 215), puis il transporta en Sicile le théâtre de la guerre et s'empara de Syracuse après trois ans de siège (212) : c'est au sac de la ville que périt Arehimède, quoique le général romain eût donné ordre de l'épargner. Il vainquit encore Annibal en 210, à Canusium; mais il périt deux ans après, dans une embuscade. On l'avait surnommé l'Épée de Rome, comme Fabius Cunctator en était le Bouclier, Plutarqueaécrit sa Vie.
*MARCELLUS (M. Claudius), de la famille du préc, consul l'an 51 av. J.-C., fut le premier à proposer au sénat de retirer à César le gouvernement des Gaules et fit voter cette mesure. Dans la guerre ei-vile il prit parti pour Pompée. César, vainqueur à Bharsale, l'exila £ Mitylène; mais dans la suite il le rappela à la prière du sénat : c'est à cette occasion qu&Cicéron prononça le célèbre discours : Pro Marcello, où il remercie César de sa clémence. Marcellus ne put jouir de ce bienfait; il fut tué par un de ses esolayes au moment de s'embarquer pour Rome.
*HARCELLES (M .'Claudius), fils d'Octavie, soaur d'Auguste, et de M. Claudius Marcellus jïisemiuus, fut adopté par Auguste, son oncle, qui lui donna-en mariage sa fille Julie, et le désigna pour son successeur. Ce jeune prince, qui donnait les plus grandes espérances, mourutàl8ans,23av.J.-C.Virgile a déploré dans des vers touchants (au VI" liv.de l'Enéide) la mort prématurée de Marcellus : on raconte qu'Oc-tavie s'évanouit à la lecture de ce passage, et qu'elle récompensa l'auteur en lui faisant compter 10 000 sesterces (environ 2000 fr.) pour chaque vers.
*MARCELLUS (Ulpius), jurisconsulte, contemporain des Antonins, de la secte des Proculeiens, fut membre du conseil de l'empire *t gouverneur de la Pan-nonie. Comme jurisconsulte, il jouit dans son temps de la plus grande autorité. On trouve dans les Pan-dectes des fragments de ses ouvrages.sracEUMXs EHPIRIOUS, médecin duw'Bièole, né à Bordeaux, fut, .à- ce qu'on croit, maître des offices sous Théodose ide379 à 395. On a de lui :De MeAi-camentis empiricis, Tecueil de recettes, te plus souvent absurdes, imprimé à Baie «n 1536, ia-foL
*MARCEBLUS (Aug. du TTHAC , comte de), l'un des fauteurs les plus ardents de la politique ultra-roya-liste de la Restauration, né eii 1776 au château de Marcellus (près de Meilhan, Lot-et-Garonne), m. en 1841, fut éfa député en 1815, devintpair en 1823, refusa le serment en JC830 'et Têcut depuis dans la retraite, ne s'occupaat que de littérature. On a de lui des Odes sacrées, tirées -des psaumes, des Cantates sacrées, tirées de la Bible, et une trad, des Mu-coliques de Virgile. — Son fils, André Charles de M., 1795-1861, suivit la carrière diplomatique, fut 1" secrétaire d'ambassade à Londres pendant que Chateaubriand y était ambassadeur, puis sous-secrétaire d'JËtat aux affaires étrangères sous le ministère Polignac, et rentra dans la vie privée en 1830. Pendant une mission dont ilavait été chargé dans îe Levant, il enlevade l'île de Milo la Vénus victorieuse, dite Vénus de Milo, un des chefs-d'œuvre de la sta-tuaireantique<l$20).'6nlui doit unrecueildes Chants du peuple en Grèce, avec le texte (1851), et lesZ>î'o-nysiaques de Nonnus, traduitesen franc., avec le texte grec en regard etde savantes notes, 1855 : cet ouvrage n'avait, encore été traduit complètement en .aucune langue moderne. Il a aussi publié ', Correspondance intime de Ghâteaubrianl, 1855, et Châïeau-briant et sonlemps, 1859.
*MARCELLUS PALÏK6EH10S. V. MANZOELI.
*MARCENAÏ.-eh.-l.de cant. (Cantal), S..30 kil. N. -O. de Murât; 700 bab. Nombreuses émigrations.
*HARCH ou SIORAVÀ. V. MORAYA.
*MARCHAND (Prosper), bibliographe, né .-vers 1675 à Guise, en Picardie, mort en 1756, ouvrit à Paris en 1698 un magasin de librairie qui devint le rendez-vous des bibliophiles ; passa en Hollande pour y professer plus librement la religion réformée, et s'établit à Amsterdam comme libraire1; puis renonça au commerce pour se livrer uniquement à l'étude : il eut part à la rédaction du Journal littéraire de La Haye de 1713 à 1737. On lui doit des éditions d'ouvrages rares ou importants, tels que le Diétionnaire de Bayle; les Voyages de Chardin; les OEuvr-es de Brantôme; mais il est surtout connu par un Dictionnaire historique, publié après sa mort (La Haye, 1758-9, 1 v. in-fol.), qui complète les Dictionnaires de Moréri, de Bayle et de Chauffepié.
*MARCHAND (Etienne), capitaine de la marine marchande, né à l'île de la Grenade en 1755, m. à l'Ile de France en 1793, fit de 1790 à 1792, pour le compte d'une maison de Marseille, un voyage .autour du monde, et découvrîtes 1791 le groupe N. O. des îles Marquises. L'histoire de son voyage a été écrite par Fleurieu, 1798,4 vol. in-4.
*MARCHANGY (L. Aflt. de), né à Qamecy-en 1782, mort en 1826, fut nommé'en 1808 juge suppléant à Paris, il entra en 1815 dans le ministère puSlic, s'éleva par.degrés jusqu'aux fonctions d'avocat général pr-ès la cour de cassation, tit acquit comme magistrat une fâcheuse célébrité par des réquisitoires passionnés. II s'étaitîart connaître dans Tes lettres dès 1813 par un ouvrage intitulé la Gaule poétique, S vol. in-8, où il envisageait l'histoire nationale dans ses rapports avec la poésie, l'éloquence et les arts; il publia en 1826 Tristan le Voyageur ou fa France au XIV siècle, qui est comme le complément de la Gaule poétique. Ces deux ouvrages se distinguent par l'étendue des recherches, par l'éclat et la fermeté du style. Plusieurs des plaidoyers de Marchangy ont été Teeueiïlis dans leSarteaufrançais.
*MARCHAUX, «h.-A. de cant, ^Doubs), à 19 M. N. E. de Besançon, 5<30 hab.
*MARCHE, nom qui dans le moyen âge, surtout depuis Charlemagne, servit àdésigner les provinces frontières d'un Etat, Les Marches étaientgôuvemées
MARC _ H83 — MARC
par des commandants militaires nommes margraves (de marck, marche, et graff, comte), ou marquis, en latin marchio, et qui étaient charges de défendre les frontières. La plupart.de «es contrées ont reçu dans la suite d'autres titres, tels que ceux des comtés, duchés, etc. ; cependant le nom de marche a été conservé par q.uelques-unesd'entre elles, comme le comté de la Marche, en France, les Marches d'Italie, la Marche de Brandebourg, etc.
*MARCHE (la), par abréviation pour la Marche limousine, prov., puis grand gouvt de l'anc France,, ainsi nommée parce qu'elle était sur la frontière de France du côté du Limousin, était bornée au N. par leBerri et le Bourbonnais, au S. par le Limousin, àl'O. par le Poitou, à l'E. par l'Auvergne; capit., Guéret. Elle se divisait en Hte-Marche (ch.-l. Gué-ret), et Bse-Marche (ch.-l. Bellac). La&Vienne, la Creuse, l'Anglin, la Gartempe, le Cher y ont leur source. Elle forme auj. le dép. de la Creuse et une forte partie de celui de la Hte-Vienne. — Du temps des Romains, ce pays était compris dans l'Aquitaine et faisait partie du territoire des Lemovices et de celui des Bituriges Cubi et des Pictavi. Au x8 siècle, Guillaume III, duc d'Aquitaine, détacha la Marche de ses domaines et l'érigea en comté en faveur de Boson I, petikfils de Roger,.comte de Limoges et de Charroux. Depu's ce temps , la Marche eut des comtes souverains, parmi lesquels on remarque les seigneurs de Lusignan. Philippe le Bel l'acquit par confiscation (1309) et la légua à Charles le Bel, son 3° fils; ce prince l'échangea en 1327 contre le comté de Ciermont en Beauvaisis qui appartenait à Louis I de Bourbon. Jacques, 2« fils de ce dernier (V. ci-après) , lui succéda dans la possession du comté de la Marche ; ce comté passa ensuite par mariage dans ; la maison d'Armagnac, puis dans celles de Bourbon-: Beaujeu et de Bourbon-Montpensier. Il fut confisqué en 1525 sur le connétable de Bourbon par François I et définitivement réuni à la couronne en 1531."
*MARCHE (la), Marca, ane. prov. des Etatsde l'Eglise, au N. E., se divisait en Marche d'Ancône au N. et Marche de Ferma au 8.
*MARCHE D'ESPAGNE (la), nom donné par Charlema-gne aux pays qu'il avait eonquis au delà des Pyrénées ; cette Marche était comprise entre les Pyrénées au N. et l'Èbre au S. Elle se divisait en Marche de Gascogne, capitale Pampelune, et Marche de Gothie ouSepti-manie, capitale Barcelone. Cette contrée forma depuis le comté de Barcelone et une partie de la Navarre.
*MARCBE DE PRIEGNITZ, —DE SAXE, — DE STADE, — TRÉVISANE,etC. V.PRIEGNITZ, SAXE, STADE,TRÉVISE,etC.
*MARCHE-EN-FAMENE, Marca, v. deBelgique (Luxembourg belge), ch. d'arr., sur le ch. de fer, à 80 kil. d'Arlonet 108 de Bruxelles; 2000 hab. Cette ville existait dès le vne siècle, et était le ch.-l. d'un petit pays appelé Famène (Falmiensis pagus), dans le (territoire des Condrusi. En 1577, il y fut conclu entre le roi d'Espagne et les Provinces-Unies un traité connu sous le nom à'Édit perpétuel.
*MARCHE (La), v. de France. V. LA MARCHE.
*MARCHE (Jacques II DE ROURBON , comte de La), petit-fils de Jacques I de Bourbon, tige des comtes de La Marche de la maison de Bourbon (V. BOURBON), fut pris par les Turcs à la bataille de Nicopolis (1396), ne recouvra sa liberté qu'après avoir payé une forte rançon, prit parti pour les Bourguignons contre les Armagnacs, fut fait de nouveau prisonnier par ces derniers et détenu jusqu'en 1412. Veuf de Béatrix de Navarre qu'ilavait épousée en 1406, il épousa en 1415 Jeanne II, reine de Naples et de Sicile; mais il ne reçut de cette princesse que le titre de duc de Cala-bre. Il fit mettre à mort plusieurs des favoris de Jeanne et la tint elle-même en captivité; mais le peuple se souleva contre lui, et il fut forcé de fuir (1419). De retour en France, il se retira chez les Franciscains de Besançon, où il mourut en 1438.
*MARCHE (Olivier de La). V. LA MARCHE.
*MARCHENA, Cartra Gemina? v.d'Espagne(Séville),à ,40 M.E..S. .E. de Sévfile; 12000 hab. Palais des ducs d'Arcos, antiquités romaines; bains sulfureux.,
*MAR.CHENOIR, ch.-l. de G. ,(Loir-et-Cher), à 28 & ? N. de Blois ; 600 bah. Combat des armées française et allemande (9 déc. 1870).
*MARCHES,(les)., a110- Pays de France, dans le S. de la Basse-Normandie, au]. dans le dép. Àe l'Orne, len fermait Alençon, Séez,, Argentan.
*MARCHFELD, lieu de la Basse-Autriche, sur les bords de la Mar.eh,, et près de Laa, où Rodolphe .de Habsbourg vainquit Ottokar .en 1278.
*MARCHIENNES, ch.-l. de«. (Nord), sur ,1a Scarpe et le canal duDécours.,à 15M1. E. de Douai; 2800h. Filature de laine et tanneries j commerce de lin, .d'arbres fruitiers, d'asperges, etc. Patriedesbraves Corbi-n eau. Ane abbaye, fondée au vu" siècle par.S. Amand.
*MARCEIENNES-AU-PQNT, bgdeBelgique.(Hainaut), à 12 kiL S. O. de Namur,; 1200 hab. Houille aux env,. Kléber y battit les Impériaux ,en 1794.'
*MARCIAC, ch.-l. de .c (Gers), à 25 JdL <O. de Mi- -rande; 1500 hab. Verreries.
*MARCIANOPOLIS, anc capit. de la Mésïè-Inf., est auj. Preslav ou Brahilov en Bulgarie. Elle reçut son nom en l'honneur de Marciana, sœur de Trajân. Prise par les Goths en 245, puis par les Bulgares qui la nommèrent Peiristhlqba, d'où Preslav. . «
*MARClEN,ifaman.its, empereur d'Orient de 450 à 457, né'vers 391 en Thrace, d'une famille obscure, s'enrôla fort jeune, et s'éleva jusqu'au grade de tribu* et au rang de sénateur, et fut, après la mort de Théodose le Jeune, épousé par Pulchérie, sœur de de cet empereur^ qui avait iétl proclamée impératrice. Ce prince guerrier brava les menaces d'Attila* et par son attitude énergique le ïor,çail s'éloigner. Il fit triompher. la foi catholique sa. concile de Chalcédoine, 451- L'Église .grecque .l'a canonisé et le fête avec Pulchérie, le 17 février.
*MARCIEN , géographe grec du IY" siècle, né à Héra-clée., sur le Bont-Euxin, écrivit un Périple dont il ne reste que des fragments. lia été publié en 1600, avec trad. lat., dans les Geographi Grseci minores de Dodwel-L et en 1839, à Paris, par E. Miller.
*MARCIGNY-LES-NONNAESS, ch.-l. de c (Saône-et-Loire), à 25 kil. S. O. de.Charolles;5665 h. Linge de table. Ane prieuré de femmes.
*MARCILLAC, ch.-l. de c. (Aveyron), sur le Cray-naux, à 22 kil. N- O. de Rhodez; 1500 hab. Bestiaux, vins, huile de noix.
*MARCHJLAT, eh.-L de c. <Allier), à2S M1...S. de Montlueon; 500 hab. Houille aux environs.
*MARCUXY-LE-HAYER, oh-'-l. de C. (Aube),à25 k. " S. E. de Nogent-sur-Seine; 600 hab.
*MARCION, hérésiarque du n" siècle, né à Sinope en Paphlagonie, avait été ordonné prêtre. Chassé de l'église pour avoir séduit une vierge, il se lia avec l'hérétique Cerdon, et se mit à dogmatiser ; il enseignait qu'il y a deux principes, l'un auteur du bien, dont l'âme est une émanation, l'autre auteur du mal, dont le corps est l'ouvrage; il attribuait l'ancienne loi au mauvais principe et la nouvelle au bon; rejetait la plus grande partie du Nouveau Testament et des épîtresdeS. Paul, etc. Il eut eu Italie, en Egypte, en Syrie, en Perse, un grand nombre de partisans -fanatiques, connus sous le nom de Marcionites.
*MARCIUS. F. le surnom qui suit ce nom.
*MARCK (La). V. LA MARCK.
*MARCK.OLSHEIM, v. d'Alsace-Lorraine, à 14 kiL
S. E. de Schelestadt; 1500 hab. Tabac, chanvre,
blanchisserie de toiles, poterie. :
*MARCODURUM, v. de Germanie, auj. Duren, I
*MARCOING, ch.-l. de cant. (Nord), à 8 kil. S. O.
de Cambray; 1301 hab. Sucre de betterave. j
*MARCOMANS, Marcomanni, peuple de Germanie, habitait au temps d'Auguste sur les deux rives de l'Albis (Elbe), dans les monts Hercyniens; puis ils envahirent la Bohême actuelle d'où ils chassèrent les Boii et eurent alors les Quades pour voisins à l'E. Unis à ces derniers, ainsi qu'aux Iaziges et aux Yani
MAKI) — 1184 — 'MARE
dales, ils envahireut l'Italie sous Marc-Aurèle, de l67 à 174, mais ils furent repoussés.
*MARCOMIR , nom de plusieurs princes que l'on fait régner sur les Francs bien avant Pharamond. Marcomir I serait le fils du Troyen Antéhor et aurait conduit les Francs de la Troade en Germanie. — Marcomir III est placé sous le règne de l'empereur Claude. — Marcomir V est supposé le père de Pharamond. L'histoire de ces princes imaginaires est racontée sérieusement par l'abbé Trithême dans son livre De Origine Francorum. MARCO-PAOLO ou POLO. V. POLO. MARCOUSS1S , bourg de Seine-et-Oise, à 35 kil. E. de Rambouillet. Château qui appartenait au comte d'Entragues, père de la marquise de Verneuil. Condé y fut enfermé en 1650.
*MARCQ-EN-BAROEUL, bourg du dép. du Nord, à 5 kil. N. de Lille; 1831 hab. Importante maison d'éducation ecclésiastique. Brasseries, filatures de îuines; fabriques de sucre indigène, de bleu d'azur, d'huile, de vinaigre de grains.
*MARCULFE, moine français que l'on présume avoir vécu dans le vu' siècle, a réuni dans un recueil les formules des contrats et des actes publics les plus usités de son temps. Cette précieuse collection a été publiée par J. Bignon, Paris. 1613, et par Baluze, dans ses Capilulaires des rots de France, et réimpr. par M. de Rozières, 1860. -.'
*MARCOS, prénom très-commun chez les Romains; on l'écrit M. par abréviation. V. le nom qui le suit. MARCUS GR/ECus, auteur d'un livre intitulé : Liber ignium ad eomburendos hostes (publié en 1804, par Laporte du Theil); on y trouve, entre cent recettes ridicules, quelque chose d'analogue à la composition de la poudre, et de curieux détails sur le feu grégeois. On ne sait rien de cet auteur; on conjecture qu'il vécut au x° siècle et que son livre, qui n'existo auj. qu'en latin, fut originairement écrit en grec.
*MARDES , peuple de la Médie, sur le bord méridional de la mer Caspienne, entre les Gelée à l'O. et les Tapyres à l'E. Leur pays, à peu près le Mazan-déran actuel, fit partie de l'empire Médo-Perse, puis de celui d'Alexandre, etc. Pauvres, belliqueux et adonnés au brigandage, les Mardes n'étaient sujets que de nom.
*MARDICK., village du dép. du Nord, à 10 kil. O. de Dunkerque, sur la mer; 250 hab. Il a donné son nom a un petit canal. C'est à Mardick que Chifflet place VItius Porlvs des anciens, port important sous les Romaine. Mardick fut pris par Turenne en 1657 et assuré à la France par le traité des Pyrénées (1659); Louis XIV voulut en relever les fortifications; mais les Anglais en oblinrent la destruction en 1717; en vertu du traité d» la Quadruple alliance.
*MARDIN, Marde ou Miride, v. de la Turquie d'Asie (Aldjézireh), à 81 kil. S. E. de Diarbekir;27 000 hab. Bâtie en amphithéâtre. Elle est ceinte de murs et a quelques fortifications. Plusieurs mosquées et des églises chrétiennes, une medresseh ou collège musulman. Maroquin estimé. —Ville fort ancienne, et longtemps importante; mais elle souffrit beaucoup fies invasions des Tartares auxur siècle.
*MARDOCENTÉS, roi arabe, conquit l'empire de babylone sur les descendants de Nemrod, vers 2218 av. J.-C, et y fonda une dynastie qui régna 225 ans, jusqu'au renversement de Mabonad par Bélus, roi .l'Assyrie (1993).
*MAUDOCHÉE , Juif célèbre , issu des Juifs qui avaient été emmenés en captivité à Babylone par Na-buchodonosor, fit épouser Esther, sa nièce, au roi Assuérus (Artaxerxès Iî), et découvrit une conspiration tramée contre ce prince. Mardochée ayant refusé de s'agenouiller devant l'Amaléciie Aman, favori du roi, ce ministre voulut le faire mourir ainsi que tout son peuple; mais la protection d'Esther le sauva, et Aman, convaincu de conspirer, subit à sa place le dernier supplice. On place cet événement vers 453 av. J.-C.
*MARDONIUS, général des Perses, gendre de Darius, conduisit, en,492 av. J.-C, à travers.la Thraee, une armée perse destinée à envahir la Grèce et soumit la Macédoine, mais vit sa flotte brisée par la tempête sur les rochers voisins du mont Afhos. En 480, il combattit aux Thermopyles et à Salarnine; il fut complètement défait par Pausanias a Platées, 479 et périt dans la bataille.
*MAREB, riv. qui naît eu Abyssinie, coule au S. O., puis au N. O., entre en Nubie, et se perd dans les sables. Quelques-uns croient qu'il reparaît ensuite et se jette dans l'Atbarah après un cours de 700 kil.
*MARÉCHAL, mares&Wtfs.mot dontl'origmen'est pas bien connue, se renepntre dès les premiers temps de la monarchie. Il a désigné d'abord un officier supérieur placé sous les ordres du connétable ou du général en fthef, et que l'on nommait maréchal de l'host (c-à-d. de l'armée), maréchal de camp. Les maréchaux de camp de l'année du roi étaient appelés -maréchaux de France, pour les distinguer des maréchaux de camp des autres seigneurs féodaux. Les maréchaux de France furent dès 118ij élevés au-dessus de tous les au|res maréchaux de' camp ; ils acquirent une importance de plus en plus grande, surtout après la suppression de la dignité de connétable, en 1627; depuis cette époque, la dignité de maréchal de France est la plus élevée de l'armée. Un bâton, appelé bâton de maréchal, est la marque dis-tinctive de cette haute dignité. — Avant François I, les fonctions de maréchal étaient purement temporaires; ce fut ce prince qui le premier nonTma des maréchaux à vie. Supprimé en 1792, le maréchalat fut rétabli en 1804 par Napoléon I"; les titulaires fu-rentappelésmar&natta; d'ifmpi're. Le nombredes maréchaux a beaucoup varié : fixé à 4 par François I, il fut porté jusqu'à 20 sous Louis XIV. Sous Napoléon il y en eut 18; auj. le maximum est 12.— Une dignité de maréchal général fut instituée en 1621, en faveur deLesdiguières;ellefut aussi conférée àTu-renne, à Viliars, au maréchal de Saxe, et à Soult en 1847. — Napoléon I créa en 1806 la charge de grand maréchal du palais, dont le titulaire était chargé de veiller spécialement à la sûreté de l'Empereur. Ce poste fut occupé sous Napoléon I par Du-roc, par Bertrand, et sous Napoléon III parle maréchal Vaillant. — Chez les étrangers le titre de maréchal est porté par plusieurs grands officiers; tels sont : le grand maréchal de l'Empire; lemarécfial de l'Église; le maréchal de la diète,; le grand maréchal de Pologne; les feld-marichaux. — Dans la guerre des Albigeois, on donna le titre de maréchal "de la Foi à Gui de Lévis, qui accompagna Simon de Montfort : ce titre resta héréditaire dans sa famille. — Le titre de lordmaréchal est héréditaire en Ecosse dans la famille des comtes de Keith. C'est un membre de cette famille qui fonda en 1593 le Collège Maréchal à Aberdeen. V. KEITH. .
*MARÉCHAL (Sylvain), écrivain, né à Paris en 1750, mort en 1803, commença à se faire connaître par des poésies pastorales dans lesquelles il prenait le nom de Berger Sylvain; fut quelque temps bibliothécaire à la bibliothèque Mazarine, mais perdit sa place pour avoir publié des écrits irréligieux. Chaud partisan de la Révolution, il fut un des chantres de la liberté et de la déesse Raison; il affichait un grossier athéisme, et fut particulièrement lié avec l'astronome Lalande, qui partageait ses opinions désolantes. On a de lui des Bergeries, 1770; le Pxbrat-moderne, 1781; Fragment d'un poime sur Dieu, ou le Lucrècemoderne, 1781; l'Age d'or, 1782; Code d'une société d'hommes sans Dieu, 1797i Voyage de Pythagore, 1799; Dictionnaire des Athées, 1800. Dans ce Dictionnaire, œuvre dé folie, on voit figurer parmi les athées Bossuet, Fénelon, Léibnitz, â côté d'Épicure et du baron d'Holbach.
*MARÉCHAUSSÉE, corps de cavaliers chargé eu France, avant la Révolution J de veiller à la sûreté publique, était placé.iôus les ordres immédiats des
MARE — 1185 — MARG
maréchaux. Y. l'art, MARECHAUX dans notre Dictionn. univ. des Sciences.
*MAREMME(la) OUMAREMMES (les), c-à-d. emtalien le littoral, territoire de la Toscane, sur la côte O., entre Livourne et Piombino, est très-fertile, mais marécageux, malsain et peu peuplé : on n'y trouve que quelques pasteurs nomades qui y conduisent des troupeaux de b"uffles. C'était dans l'antiquité une contrée florissante de l'Étrurie, où se trouvaient les villes de Cosa, de Pbpulonia, etc., dont on voit encore les ruines. Une influence insalubre ne s'y est manifestée que depuis le xv siècle. On y a exécuté de 1828 à 1832 des travaux qui l'ont un peu assainie.
*MARENGO, village de l'Italie sept, (province d'Alexandrie), à 4 kil. S. E. d'Alexandrie, près du confluent du Fontanone et du Tanaro, est célèbre parla victoire que Bonaparte, premier consul, y remporta sur Mêlas et les Autrichiens (14 juin 1800) : la soumission de l'Italie, la fin de la seconde coalition et la paix de Lunéville en furent les résultats. — Sous l'Empire, on donna le nom de Marengo à un dép. qui avait pour ch.-l. Alexandrie : il répond à peu près aux prov. actuelles d'Alexandrie, d'Asti et de Casale.
*MARENGO, colonie française de l'Algérie, arr. de Blidah, est située dans là partie O. de la Métidja, à 86 kil. S. O. d'Alger ; 600 hab. Fondée en 1849.
*MARENNES, ch.-l. d'arr. (Charente-Inf.), sur la Seudre, à 2 kil. de l'Atlantique, et à 41 kil. S. de La Rochelle; 2000 hab. Port, trib. de 1" inst. et de commerce. Ville assez bien bâtie, mais peu salubre. Grand commerce de sel, de vins et d'eaux-de-vie. Bonnes huîtres vertes, très-renommées.
*MARENNES (les), ou MARENSIN, petit pays de l'anc Gascogne, s'étend le long de la côte, entre Dax et l'Océan; lieux princ, Cap-Breton et Magescq. Il est auj. compris dans le dép. des Landes. Pays couvert de marais; chênes-liéges, pins dont on tire de la résine et de la poix.
*IWAREOTIS (lac), auj. Mariout, lac de la Basse-Egypte, à l'O. du Delta, près d'Alexandrie, communiquait à la Méditerranée par le bras Canopique du Nil. Ses bords produisaient des vins exquis.
*MARESCHAL (Georges), chirurgien, né à Calais en 1658, m. en 1736, devint en 1688 chirurgien en chef de la Charité, fut nommé en 1703 premier chirurgien de Louis XIV, et conserva ce poste sous Louis XV. C'est un des hommes qui ont le plus contribué aux progrès de la chirurgie en France; il fut un des fondateurs de l'Académie de chirurgie. On n'a de lui que quelques observations, dans les Mémoires de cette Académie. MARESCOT (Armand Samuel), général du génie, né à Tours en 1758, m. à Vendôme en 1832, prit part comme chef de bataillon au siège de Toulon, où il connut Bonaparte, avec lequel il eut de vives contestations, défendit Maubeuge en 1794, prit Charieroi, après avoir essuyé un échec devant cette ville; s'empara de Landrecies, de Maêstricht (nov. 1794), et fut après ce succès nommé général de division; défendit Landau etle fortde Kehl (1796), rendit en 1797 et98 - les plus grands services dans les armées de Rhin-et-Moselle et d'Allemagne, et fut nommé inspecteur gé-_ néral du génie après le 18 brumaire (1799). Ilaccom-I pagna le général Dupont en Espagne, et eut le mal-. heur de signer avec lui la capitulation de Baylen | (1808) : il fut pour ce fait destitué, incarcéré trois i ans, puis exilé à Tours. Il fut sous la Restauration réin-1 tégré dans son grade, fait pair et marquis. On a de « lui une Relation des principaux sièges faitsen Europe I par les armées françaises depuis 1792, Paris, 1806. j MAKET (Hugues"Bernard), duc de Bassano, né à | Dijon en 1763, m. en 1839, était fils d'un médecin " distingué et fut d'abord avocat au parlement de Bour-| gqgne. Venu à Versailles en 1789, il y publia les bul-1 letinsde l'Assemblée nationale, et jeta ainsi les fon-| déments du ifo»n'tewr universel. Envoyé comme am-» bassadeur à Naplesen 1792, il futenlevéen route par | les Autrichiens : il ne recouvra la liberté qu'en 1795, I étant échangé contre la fille de Louis XVI. Après le 18 brumaire, le général Bonaparte, qui avait reçu de lui de nombreux services lorsqu'il n'était encore que simple lieutenant, le nomma secrétaire général des consuls, puis ministre secrétaire d'État, 1804. Uac-compagna l'Empereur dans toutes ses campagnes, fut admis à ses plus secrètes délibérations et chargé de la rédaction de sas instructions et de ses bulletins. Nommé en 1811 duc de Bassano, il reçut en même tempsle portefeuille des affaires étrangères, et en 1813 celui de la guerre. Exilé par lés' Bourbons après 1815, il ne put rentrer en France qu'en 1820. Nommé pair de France en 1831 par le roi Louis-Philippe, il fut un instant ministre de l'intérieur et président du conseil (10-18 nov. 1834). Maret était un homme infatigable au travail, un politique habile et honnête; il sut, parla modération de son caractère, se concilier l'estime et l'affection des étrangers eux-mêmes. Ami des lettres, il fut admis à l'Académie Française en 1803, et à celle des sciences morales en 183(3. *
*MARETIMO, Jïi'era, île de la Méditerranée, à32 k. de la côte O. de la Sicile, sert de prison d'État. C'est une des anciennes lies Ëgades.
*MAREUIL, ch.-l. de c (Dordogne), à 23 kil. S. E. de Nontron; 1000 hab. Bonneterie, filatures. Bons vins rouges. — Autre ch.-l. de e. (Vendée), sur le Lay, à 22 kil. S. E. de Napoléon-Vendée; 1200 hab.
*MARFÊE (bois de la), en Champagne, dans le dép. actuel des Ardennes, non loin de Sedan. Il s'y livra en 1641 un combat entre les troupes royales, commandées par le maréchal de Châtillon, et plusieurs princes français coalisés contre le cardinal de Richelieu. Les rebelles furent vainqueurs ; mais le comte de Soissons, l'un d'eux, y fut tué.
*MARFORIO, antique statue de marbre, de dimension colossale, représentant un fleuve couché, qui fut trouvée dans le Forum de Mars {Marlis foro), d'où son nom. Elle était placée près du palais Braschi. On venait autrefois afficher'secrètement sur cette statue des satires contre les grands et contre le gouverne-, ment. Elle fut enlevée de sa place en 1784 et placée dans la cour du musée capitolin.
*MARGAT, v. de Syrie, dans le pachalik de Tripoli, et à 50 k. N. de cette ville, sur un roc escarpé. Ce- , dés aux Hospitaliers en 1180, par Renauld, seigneur de Margat, elle leur servit de retraite après la prise de Jérusalem par Saladin, 1187, et resta en leur pouvoir jusqu'au temps où ils furent chassés de Syrie.
*MARGATE v. d'Angleterre (Kent), dans l'île de Thanet, àl'embouchure de la Tamise, à 120 k. E. S. E. de Londres; 12 000 h. Chemin de fer. Maisons élégantes dans la partie moderne de la ville. Grand commerce de grains. Bains de mer.
*MARGAUX 'CHATEAD-). V, CHÂTEAD-MARGAUX.
*MARGERIDEb (monts), branche des Cévennes, se détache de cette chaîne au N. du dép. de la Lozère, près de la source du Chapeau-Roux, affluent de< l'Allier, court au N. O. en traversant les dép. de la Hte-Loire et du Cantal, et va se lier au Plomb du Cantal. Sa plus haute cime ne dépasse pas 1560°.
*MARGHILAN, v. et fort du Turkestan (khanat d Khokan), à 80 kil. S. E. de Khokan, sur unaffluen du Sir-Daria. On y conserve un drapeau rouge^ qu'on prétend avoir appartenu à l'armée d'Alexandre le Grand. Draps d'or et d'argent, velours, étoffes diverses.
*MARGIANE, Margiana, contrée de l'Asie anc, située au N.de la Bactriane, et parfois comprise dans la Bactriane même, était arrosée par le Margus, d'où son nom, et avait pour ch.-l. Antiochia Margiana.
*MARGRAFF (George), médecin et voyageur, né en 1610 à Liebstaedt (Misnie), s'attacha au comte de Nassau, gouverneur des établissements hollandais au Brésil, et visita tout le Brésil par ordre de ce prince (1636-42). Ayant entrepris un voyage en Guinée, il périt dans ce pays, victime de l'insalubrité du climat. Il a laissé une excellente Histoire naturelle du Brésil, en lat., publiée par J. de Laët, Amst., 1648.
*MARGRAFP (André Sigismond), chimiste.né a Berlin en 1709, m. vers 1782., fut membre de l'Académie de
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cette ville, directeur de la classe de physique, associé de l'Académie des sciences de Pans. On. M doit des découvertes précieuses en chimie, notamment de nouvelles recherches sur l'acide formique; c'est lui qui le premier a extrait la potasse du tartre et du sel d'oseille, et qui a retiré du sucre de la betterave, 1745 : il eut le mérite de prévoir l'avenir de cette découverte. Il employa un des premiers la voie_ humide dans l'analyse organique, et appliqua le microscope à l'étude des sciences. Ses opuscules, presque tous en français, se trouvent, soit dans les Mémoires de l'Académie de Berlin, soit dans les Miscellanea 6erolt'nensi"a.IlsontétéréumsàBerlin, 1762,2v.in-8.
*MARGRAVE (de l'allemand mardi, marche, frontière, etgraff, comte), titre donné autrefois par les empereurs aux seigneurs qu'ils chargeaient de la défense des marches ou provinces-frontières. Plusieurs princes d'Allemagne ont conservé ce titre, parce que leurs principaiitésétaientprimitivementdes marches. Le margrave dépendait immédiatement de l'empereur, et non du duc dans le territoire duquel se trouvait le margraviat. Auxir" siècle, la dignité des margraves devint héréditaire; bientôt après, ils furent créés princes immédiats de l'empire. On compte actuellement 4 margraviats : celui de Brandebourg (au roi de Prusse), celui de Misuie (au roi de Saxe), celui de Bade (au grand duc de Bade), et celui de Moravie à l'empereur d'Autriche).—Le titre français de marquis a la même origine que celui de margrave.
*MARGUERITE (Ste), Slargarita, vierge et martyre, née, à ce qu'on croit, à Antioche en Pisidie. On ne sait rien de certain sur elle : on croit qu'elle subit le mar-tvre à Antioohe, vers 275, pour avoir refusé de re-iùer la foi chrétienne et d'épouser Olybrius, gouverneur de la ville, qui était païen. On la fête le 20 juillet. EËe est la patronne de Crémone.
*MARGUERITE (Ste), reine d'Ecosse, fille d'Edouard, prince anglais, et d'une princesse de Hongrie, née en Hongrie en 1046, épousa en 1070 Malcdlm III, roi d'Ê-oosse, exerça, par sa beauté et ses vertus, un grand ascendant sur l'esprit de ce prince, et ne s'en servit que pour faire du bien et adoucir le sort du peuple. Son époux et son fils ayant été tués en 1093 sur le même champ de bataille, elle en mourut de chagrin trois jours après. On la fête le 10 juin.
*MARGUERITE DE PROVENCE, reine de France, fille ad-née de Raymond Béranger IV, comte de Provence, née en 1221, morte en 1295, fut mariée en 1234 a Louis IX, et se montra par ses vertus digne de son époux. Elle l'accompagna dans sa première croisade, et déploya le plus grand courage lorsqu'il eut été fait prisonnier : ce fut elle qui détermina les Croisés à résister dans Damiette aux Infidèles après la défaite de Mansourah.EUedevintleconseilsecretdu roi après la mort de la reine Blanche et réussit, en 1255, à l'empêcher d'abdiquer pour se faire dominicain. Après la mort du roi eue se retira dans un couvent.
*MARCUEBITE DE BOUROOGNE , reine de France, fille de Robert H, duo de Bourgogne, épousa en 1305 Louis le Hutin, qui n'était pas encore roi de France. Elle était jeune, belle et spirituelle; mais son goût effréné pour le plaisir l'entraîna aux plus coupables déportements : en 1314, cette princesse,fut, ainsi quesaDelle-sœur, Blanche delà Marche, convaincue d'adultère avecles deux frères, Philippe et Pierre Gaultier d'Aul-nay, gentilshommes normands. On enferma les deux princesses au Château-Gaillard d'Andely; Marguerite y fut, quelques mois après, étranglée par l'ordre de son mari, a l'âge de 25 ans (1315).
*MA-RGUERITE D'ECOSSE, reine de France, née en 1425, morte en 1444, était fille de Jacques I, roi d'Ecosse. Elle fut fiancée dès 1428 au Dauphin Louis (Louis XI), mais ne so réunit à lui qu'en 1436. Les Anglais, dont cette alliance contrariait la politique avaient tout fait pour s'y opposer : ils tentèrent même» mais vainement, d'enlever la jeune princesse pendant la traversée. Marguerite aimait les lettres et "avait plaisir à entendre Alain Chartier {Y. ce nom). Louis l'avait rendue» malheureuse qu'elle dit en mourant : Ft de la vie 1 qu'on ne m'en parle plus.
*MARGUERITE,DE VALQis, rema.de Navarre, sœur de François I, née en. 1492,, morte en 1549. Elle épousa en 1509 le ducd'Alençon. Devenue veuve, elle, fut mariée en 1527 au roi de Navarre, Henri d'Albret,. dont elle eut Jeanned'Albret,.mèrede Henri IV. Elle aimait beaucoup François I, qui avait aussi pour elle un grand attachement et qui la surnommait la Marguerite des Ifargiierite (la. Perle des Perles);elle allàle trouver à Madrid pendant sa captivité et travailla de tout son pouvoir à lui faire rendre la liberté. Dans son roy. de Navarre, Marguerite fit fleurir la commerce, favorisa les lettres et les cultiva, elle-même avec succès. On lui reproche d'avoir incliné vers la Béfonme. Elle accueillit dans sa petite cour de Nérac Clément Marot, Dolet, Calvin, et.fit tous.ses efforts pour réconcilier les Catholiques et les Protestants. On ad'elle VHeptamêron eu, Nouvelles de la reine de Navarre (imprimé en 1559), recueil de contes imités de Boc-cace; on y trouve beaucoup d'imagination, et d'esprit, mais parfois aussi la hcence de l'époque. Marguerite a laissé en outre des poésies d'un tour facile et pleinesde grâce, qui lurent publiées en 1547 à, Lyon sous le titre de.HargHert7ès <Je laKarguérite des-princesses et des Lettres (publiées en. 1841 par Génin). Ses OEuvres complètes ont été publiées à Paris en 1852.
*MARGUERITE DE SEANCE, duchesse. de Berry, fille de François I, née en 1523, morte en 1574, cultiva les lettres, fut, à l'exemple de son père, la protectrice des savants, notamment de l'Hôpital, Ronsard» Dau-rat, et fit fleurir l'Université de Bourges,capitale de son duché; elle possédait elle-même le grec et le latin. Elle épousa en 1559 Emmanuel Philibert, duc de Savoie, et-alla se fixer à Turin; elle attira à. l'université de cette ville les jurisconsultes les plus fameux; elle se fit tellement chérir de ses sujets qu'ils la, nommèrent la Mère des peuples.
*MARGUERITE DE FRANCE ou DE VALOIS, reine de Navarre, fille de Henri II,roi de France, et de Catherine de Médicis, née en 1553, fut mariée en 1572 au prince de Béarn, depuis Henri IV. Cette union, faite par la cour dans le But de tromper les Protestants à la veille de la St-Barthélemy,ne fut point heureuse : les deux époux ne sentaient l'un pour l'aufre aucun penchant; bientôt l'un et l'autre cherchèrent de leur côté de nouveaux objets d'affection, et Henri, éclairé sur les infidélités de sa femme, se vit obligé de la faire enfermer au château d'Usson en Auvergne. Lorsqu'il fut devenu roi de France, il sollicita du pape Clément VIII et obtint l'annulation de ce mariage (1-599). Depuis ce temps cette princesse vécut tantôt en Auvergne, tantôt à-Paris, dans un palais séparé; néanmoins le bon roi fournissait à ses dépenses, et allait même lui faire de fréquentes visites. Elle mourut en 1615, laissant.de curieux Hémoires sur les événements qui se sont passés de 1555 à 1582 (publiés 9n 1628, souvent réédités, notamment par MM. Gues-sard, Lalanne et Caboche. On a en outre de cette princesse des lettres et des Poésies, dans le goût de Ronsard et Dubartas.
*MARGUERITE DE VALDEMAR, la Sêmiramis du Nord, reine de Norvège, de Danemark et de Suède, fille de Valdemar.roi de Danemark, née en 1353, m., en 1412, épousa en 1363 Haquln, roi de Norvège. Ali mort de Valdemar, 1376, elle fit proclamer son fils,Olaûs roi de Danemark sous sa tutelle; son mari étant mort en 1380, elle devint.également régente de la Norvège; enfin, profitant d'une révolte dès-Suédois contre leur roi AlbertdeMecHembourg, elle se fit proclamer reine de Suède en 1387, battit Albert à Falkœping enVes-trogothie, et le contraignit à abdiquer. Ayant perdu la même année son fils Olaûs, elle choisit pour lui succéder Eric,son petit-neveu,le fit reconnaître*roi par les trois pays, et convoqua en 1397 à Calmar une assemblée de députes de tous ses Etats qui rédigea le célèbre acte d'union, par lequel les royaumes de Danemark, de Suède et de Norvège étaient unis à per-
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étuité. Cette princesse joignait l'énergie d'un grand omme aux grâces et aux qualités de son sexe.
*MARGUERITE n'ANJOU, reine d'Angleterre, fuie de René, dit le Bon, roi titulaire de Sicile, avait été élevée à la cour de France, et mariée en 1445 àH&JriVI, roi d'Angleterre. Elle prit bientôt un empire absolu sur ce roi imbécile et gouverna pour lui. Lorsqu'é-clata la guerre des Deux-Roses, elle se mit à la tête du parti de Lancastre (Rose-Rouge) : battue parle duc d'York à St-Alban, en 1455, puisa Northampton, ei. 1460, elle remporta la même année à Wakeneld une éclatante victoire. Le duc d'York y perdit la vie, mais son fils le remplaça aussitôt, se fit proclamer roi sous ..e nom d'Edouard IV, battit les troupesde Marguerite à Towton, 1461, et la força à chercher un asile en Frae-so. Elle n'obtint de Louis XI qu'un faible secours ; néanmoins elle tenta de nouveau la fortune, mais elle vit ses espérances ruinées par la bataille d'Exham, 1463 ; elle tomba, dans sa fuite, au milieu d'une bande de voleurs : elle allait être dépouillée, lorsqu'elle se fit connaître à l'un d'eux, qui la sauva et la ramena en France. Quelques années après, elle vit ses affaires un instant relevées par Warwick, qui avait abandonné le parti d'York pour celui de Lancastre ; mais elle perdit en 1471 la bataille décisive de Tewks-bury : tombée alors avec son fils au pouvoir de l'ennemi , elle vit massacrer ce fils et fut enfermée à la Tour. Elle ne recouvra sa liberté qu'en 1475, par la médiation de Louis XI, et mourut en France en 1482.
*MARGUERITE D'AUTRICHE, fille de l'empereur Maxi-milien I et de Marie de Bourgogne, née en 1480, morte en 1530, fut fiancée, en 1483, au Dauphin, depuis Charles VIII, qui la renvoya à son père en 1491 pour épouser Anne de Bretagne: en 1497, à l'infant d'Espagne, fils de Ferdinand et d'Isabelle, qui mourut peu après ; et fut enfin mariée en 1501 à Philibert le Beau, duc de Savoie, qu'elle perdit après quatre ans d'une union heureuse, et à qui elle fit élever un magnifique mausolée (V. BROU). En 1506, elle fût nommée par Maximilien gouvernante des Pays-Bas. Elle assista, en qualité de plénipotentiaire, aux conférences de Cambrai, et conclut le traité de paix de 1508 avec le cardinal d'Amboise; ce qui ne l'empêcha pas en 1515 de déterminer le roi d'Angleterre à entrer dans une nouvelle ligue contre la France. En 1529, elle conclut avec la duchesse d'An-goulême, Louise de Savoie, le traité de Cambrai, dit paix des Dames, traité fort avantageux à l'Autriche. Pendant son administration, l'agriculture et les arts firent des progrès remarquables dans les Pays-Bas. Cette princesse avait l'esprit cultivé : elle a laissé un Discours de sa vie et de ses infortunes, et des Chansons, restées inédites.
*MARGUERITE DE PARME, duchesse de Florence, de Parme et de Plaisance, puis gouvernante des Pays-Bas, était fille naturelle de Charles-Quint, et petite-nièce de Mdrgueiite d'Autriche. Elle épousa Alexandre de Médicis, duc de Florence, et après sa mort, Octave Farnèse, petit-fils du pape Paul III, et duc de Parme et de Plaisance (1538). Nommée par Philippe II gouvernante des Pays-Bas (1559), elle montra beaucoup de prudence, prit Granvelle pour ministre, et tâcha de ramener les insurgés parla douceur; mais elle fut au bout de peu de temps (1567) remplacée par le duc d'Albe, dont les cruautés la firent vivement regretter. Elle se retira en Italie où elle mourut en 1586. Elle eut pour fils Alexandre Farnèse, qui fut aussi gouverneur des Pays-Bas.
*MARGUERITE (Ile), île de la mer des Antilles, l'une des Ues-soui-lp-vsar, près de la côte N. du Venezuela, i>?- Gà» 17'long. O., 11° 3'lat. N., est séparé» ia continent j'ar un canal de 20 kil. de large et fait partie du dép. .le l'Orénoque. Elle a 62 k. sur 3b et 12 000 h. ; ch.-i., L'Assomption. Fortification! redoutables. Pêcherie de perles (margarita), d'où le nom de l'île. — Colomb découvrit cette île en 1498. Les Espagnols y fondèrent quelques établissements ; mais les Hollandais les ruinèrent en 1662. Il s'y livra plusieurs combats au commencement de ce siècle dans la guerre de l'Indépendance.
*MARGUERITTES, ch.-l. de cant. (Gard),r à 6 kil. N. E. de Ntmes; 1750 h. Station de chemin de fer.
*MARGUS, ilargab, fleuve de l'Asie ancienne, dans la Margiane, sortait des monts Paropamise, e'. se jetait dans l'Oxus. — Fleuve de Mcesie, sortait du mont Orbelus, et se jetait dans le Danube, à Mar-gum (Passarovitz) : c'est auj. la Morava.
*MARIA (dona). 7. MARIE, reine de Portugal.
*MARIAMNE , princesse juive, fille d'Alexandre, fils du roi Aristobule, et d'Alexandra, fille du grand sacrificateur Hyrcan, fut épousée par Hérode le Grand, qui avait conçu pour elle une violente pas?-sion. Ce prince en avait déjà eu 2 fils, Alexandre et Aristobule, lorsque, dans un accès de jalousie, il la fit mettre à mort sur de faux soupçons (30 av. J.-C.)»'A peine l'ordre était-il exécuté qu'il en éprouva le plus vif regret, et tomba dans- une sorte de délire pendant lequel il croyait encore voir et entendre Ma-riamne. Ce sujet tragique a été mis sur la scène par Hardy, Tristan et Voltaire.
*MARIANA (Juan de), célèbre jésuite, né à Tala-, vera en 1537, mort à Tolède en 1624, à 87 ans, enseigna la théologie à Rome, puis à Paris (1569), et se retira en 1574 à Tolède dans la maison des Jésuites, où il se consacra à la composition de ses ouvrages. Ona de lui : 1° une Histoire à Espagne, qui jouit d'une grande réputation; elle fut d'abord écrite en latin sous ce titre : Historiœ de rébus Hispanix UbriXXX, Tolède, 1592-95; puis l'auteur la mitlui-même en espagnol (elle a été trad. en français par le P. Charenton, 1725) ; 2° un traité célèbre De rege et régis institutione, 1599, où il examine si l'on peut tuer un tyran et où il se décide pour l'affirmative. Après l'assassinat de Henri IV, on prétendit que la lecture de ce traité avait déterminé Ravaillac à com-mettreson crime, et le livre futen conséquence brûlé à Paris en 1610 par arrêt du parlement. Mariana est surtout estimé comme historieu : on l'a surnommé le Tite-Live de l'Espagne : son but est surtout de raconter; il recueille tout sans grande critique, miracles, légendws, contes, traditions; cependant il paraît être franc et impartial. Ses narrations ont de l'intérêt et de la rapidité; sa diction est claire, élégante et vigoureuse. Comme Tite-Live, il a mis des harangues dans la bouche de ses personnages.
*MARIANI MONTES, auj. la Sierra Morena. 1 MARIANNA, v. du Brésil (Minas-Geraës), ch.-I. de prr-v., sur le Libeiro-do-Carmo, à 225 kil. N. de Rio-Janeiro; 7000 hab. Evêché. Mines d'or.
*MARIANNE. 7. MARIAMNE.
*MARIANNES (les lies) ou DES LARRONS, chaîne de 17 lies du Grand-Océan (Polynésie), au N. E. des Philippines, au S. de l'archipel Mounin-Volcanique, par 141°-143° long. E., 12° 30'-20° 13' lat. N. Cet archipel a env. 3110 kil. carrés, et ne compte guères que 6000 hab. (jadis on en comptait 50 000). Climat chaud, mais tempéré par les brises de mer. Arbre à pain, citrons, oranges, cocos, bananes, etc. Les 5 îles les plus mérid. sont seules.habitées : ce sont Guam, Tinian, Saypanou St-Joseph, Agrigan,l'Assomption. — Les compagnons de Magellan découvrirent ces lies en 1521 ; Legaspi en prit possession au nom de Philippe II en 1565. Sous Philippe IV, on les nomma Uariannes en l'honneur de sa femme Marie-Anne d'Autriche , qui y envoya des missionnaires. La cruauté des Espagnols envers les indigènes a presque complètement dépeuplé cet archipel.
*MARIANUM, v. de l'anc. Corse. V. BONITACIO.
*MARIE (Ste), la Sainte Vierge, mère de Jésus-Christ, était issue du sang royal de David et eut pour ^ère Ste Anne. Fiancée vers l'âge de 15 ans à S. Jo-*seph, déjà âgé, elle habita Nazareth avec son époux, qui ne fut que le gardien de sa virginité. Peu après son mariage l'ange Gabriel lui apparut et lui annonça qu'elle concevrait par la vertu du Saint-Esprit, sans cesser d'être vierge ; il lui dit de nommer son fils Je-
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sus (c.-à-d. sauveur) : neuf mois après naquit en effet le Sauveur. Marie l'emmena avec elle en* Egypte pour le soustraire à la fureur d'Hérode qu|, inquiet de certaines prophéties, voulait le faire périr, ainsi que tous les nouveau-nés de la Judée. Le danger passé, ellejrevint avec S. Joseph à Nazareth, où elle mena pendant plusieurs années une vie fort retirée. Elle accompagna Jésus pendant ses prédications et futprésente à son crucifiement. Marie est honorée, comme mère de Dieu, d'un culte particulier, et invoquée comme intercédant d'une manière toute-puissante auprès de son fils. L'Église fête les principaux événements de sa vie : le 8 déc, sa Conception immaculée dans le sein de Ste Anne; le 8sept., saATatrétté; le21 nov., saPrê"-sentation au temple; le 25 mars, l'Annonciation; le 2 juillet, la Visitation ; le 2 fév., laP.trï/M.atiojt ; enfin le 15 août, IMssomptt'oti, c.-à-d. son élévation au ciel. En outre le mois de mai lui est particulièrement consacré sous le nom de Mois de Marie.
*MARIE de Béthanie, sœur de Marthe et de Lazare, se fit remarquer de Jésus par sa foi et son dévouement : c'est à sa prière qu'il ressuscita Lazare; c'est elle aussi qui six jours avant la Pâque versa sur les pieds de Jésus un parfum précieux et les essuya de sa chevelure. On la fête le 17 déc, avec Ste Marthe.
*MARIE L'EGYPTIENNE (Ste), femme d'Egypte qui, après avoir mené la vie la plus dissolue à Alexandrie, se convertit miraculeusement à Jérusalem pendant la fête de l'exaltation de la Croix, et alla vivre dans le désert, s'imposant les plus dures privations; elle y mourut vers 421. On l'hon. le 9 avril.
*MARIE MADELEINE. V. MADELEINE.
Reines et princesses de France.
*MARIE DE BRABAKT, fille de Henri IH, duc de Bra-bant, née vers 1260, épousa en 1274 Philippe le Hardi, roi de France. Deux ans après, elle fut accusée par Labrosse, favori du roi, d'avoir empoisonné l'aîné des fils que Philippe avait eus d'une 1" femme; elle eût été condamnée à mort si son frère Jean de Brabant n'eût envoyé un chevalier qui défendit son innocence les armes à la main : l'accusateur, n'ayant pu soutenirsa calomnie, fut pendu. Elle survécut 36 ans à Philippe III, et mourut en 1321. Ancelot a composé un poème en 6 chants sur ifan'e de Brabant, 1825.
*MARIE D'ANGLETERRE, fille de Henri VII, roi d'Angleterre, née en 1497, épousa en 1514, à peine âgée de 17 ans, le roi de France Louis XII, qui en avait alors 52. Devenue veuve dès l'année suivante, elle s'unit peu après au duc'de Suffolk, son amant, qui l'avai' suivie en France comme ambassadeur. Elle en eut une fille, qui fut la mère de Jeanne Grey.
*MARIE DE MEDICIS, fille du grand-duc de Toscane François I etdeJeanne, archiduchesse d'Autriche,née à Florence en 1573, était d'une beauté remarquable. Elle épousaHenrilV enl600etfutmèrede LouisXIII. D'un caractère altier et opiniâtre, elle fit le malheur de son époux et fut soupçonnée de n'avoir pas été étrangère au crime qui abrégea sa vie. Nommée régente après la mort de Henri IV, 1610, elle ne s'occupa qu'à détruire l'ouvrage de ce grand roi, donna sa confiance à d'indignes favoris, surtout à Concini, qu'elle prit pour principal ministre, et se rendit tel-lementodieuse à sonpropre fils que celui-ci fut obligé de l'éloigner de la cour dès qu'il fut majeur, 1617. Elle prit les armes contre lui, mais fut vaincue au Pont-de-Cé, 1620; malgré un raccommodement momentané, ménagé par Richelieu, qui était alors son conseil (1620), e"e fut quelques années plus tard, après la Journée des Dupes (1630), reléguée par Richelieu lui-même à Compiègne, et enfin réduite à quitter la France (1631). Elle passa le reste de sa vie dans l'exil, séjournant successivement àBruxelles, à Londres, et enfin à Cologne; elle mourut dans cette dernière ville en 1642, après avoir en vain, sollicité de rentrer en France. On a dit, mais à tort, qu'eEe avait été laissée dans le dénûment. Marie de Médicis aimait les arts ; elle protégea particulièrement Phi-
lippe de Champagne et Rubens;on lui doit une belle collection des tableaux de Rubens; elle fit construira le palais du Luxembourg, le Cours-la-Reine (qui fait auj. partie des Champs-Elysées), l'aqueduc d'Arcueil. On. peut consulter sur cette reine : l'Histoire de la mère et du fils, Amsterdam, 1730, ouvrage :qui porte le nom de Mézeray, mais qui est probablement de Richelieu lui-même, et la Vie de Marie de Médicis, par Mme d'Arconville, 1774.
*MARIE-THERESB B'AuïRicHE.-fille de Philippe IV, roi d'Espagne, née en 1638, épousa Louis XIV en 1660, et mourut en 1683. Elle se fit remarquer par sa douceur ainsi que par sa piété, et supporta sansmurmu-rer les nombreuses infidélités du roi.Bossuetet Flé-chier ont pronongé son oraison funèbre. C'est pour réclamer sa dot que Louis XIV fit la conquête de la Flandre et de la Franche-Comté. V. DEVOLUTION.
*MARIE LECZINSKA, fille de Stanislas, roi de Pologne, née en 1703, épousa en 1725 Louis XV, auquel elle donna dix enfants, et mourut en 1768. Son père était dépouillé de son royaume et dans la détresse lorsqu'eux lieu ce mariage inespéré. Elle eut beaucoup à souffrir des infidélités de son mari et de l'orgueil de ses indignes maltresses; en outre, elle eut la douleur de voir mourir la plupart de ses enfants.
*MARIE-ANTOINETTE D'AUTRICHE, fille de l'empereur
François I et de Marie-Thérèse, née en 1755, épousa
en 1770 LouîsXVI, alors duc de Berry et Dauphin de
France. Les fêtes de ce mariage furent troublées par
de graves accidents qui semblaient être de funestes
présages. A peine montée sur le trône (1774), cette
princesse, à laquelle on pouvait tout au plus repro
cher un peu de légèreté, trop de fierté et âe la pro
digalité, fut en butte à toutes sortes d'attaques; la
malheureuse affaire du Collier, k laquelle elle fut
mêlée sans le savoir (V. ROHAN etLAMoiTE), vint en
core la compromettre flans l'opinionpublique (1785).
Elle devint, au moment de la Révolution, l'objet de
violentes 'préventions à" cause de ses liaisons avec les
ennemis des nouvelles institutions. Marie-Antoinette
voulut partager tous les malheurs de son époux : elle
se vit comme lui insultée et menacée aux 5 et 6 oct.
1789; l'accompagna dans sa fuite et fut ramenée à
Paris avec lui après l'arrestation de Varennés (1791) fut renfermée au Temple, puis transfer.eeS la Con
ciergerie, après avoir été séparée de ses enfants;eut à subir pendant sa captivité les plus indignes traite
ments et se vit enfin condamnée à mort, sous les imputations les plus infâmes et les plus calomnieuses;
elle monta surTéchafaad le 16 oct. 1793. Celte prin- cesse supporta ses malheurs avec une héroïque rési- =
gnation, que la religion seule pouvait inspirer; sa condamnation est l'opprobre de la Révolution fran
çaise. La Vie de Marie-Antoinette a été écrite par MM. de Goncour, de Viel-Castel et de Lescure;
M. Feuillet de Conches a publié sa Correspondance et celle de Louis XVI, 4 vol. in-8, 1865. _
*MARIE-LOUISE, impératrice de France, née en 1791, morte en 1847, était fillede FrançoisI,empereur d'Au- : triche, et fut épousée en 1810 parl'empereur Napoléon, qui avait fait de ce mariage une condition de la paix avec l'Autriche. Elle fut reçue en France avec = enthousiasme, donna le jour l'année suivante à un fils, qui fut salué en naissant du titré de roi de Rome (V. REICHSTADT) , fut pendant les campagnes de 1812, 1813 etl 814,rëgente dsl'Empire.mais n'en eut jamais __ que le nom; abandonna Pans à l'approche des alliés sans rien tenter pour sauver l'Empereur et le pays ; se laissa sans murmura, après l'abdication de Napo- ~_ léon, éloigner de lui et séparer de son fils,protesta .même publiquement contre le retour de Napoléon en ~ 1815 et reçut du Congrès de Vienne, pour prix de sa — docilité, le duché de Parme, àtître depossession via-, ^ gère. Elle passa le reste de ses jours dans ce duché, _ vivant avec le comte de Neipperg, général autrichien, -qui lui avait été donné par la cour de Vienne pour
ministre, et dont elle eut trois enfants. Femme nulle, Marie-Louise fut également au-dessous de sa prospérite et de son infortune : elle ne sut être ni impératrice, ni veuve, ni mère.
MARI — 1189 — MARI
*MARIE (la princesse) d'Orléans. T. ORLEANS. Princesses étrangères.
*MARIE DE BOURGOGNE , fille unique de Charles le Téméraire,duc de Bourgogne, née à Bruxelles en 1457, morte à Bruges en 1482, n'était âgée que de 21 ans lorsqu'elle hérita des vastes Etats de son père. Exposée aux attaques de Louis XI et aux révoltes de ses propres sujets, elle chercha un époux qui pût lui servir de protecteur, et choisit en 1477 l'archiduc Maxi-milien, fils de l'empereur Frédéric III. Cette union fitpàsser dans la maison d'Autriche les Etats des ducs de Bourgogne, et établit ainsi entre cette maison et la France une rivalité qui dura plusieurs siècles. Gaillard a écrit VHist. de Marie de Bourgogne, 1759.
*MARIE n'AUTRiCHE, petite-fille de Marie de Bourgogne, née à Bruxelles en 1503, morte en 1558, était fille de l'archiduc Philippe le Beau et soeur de Charles-Quint. Elle épousa en 1521 Louis II, roi de Hongrie et de Bohême, quifuttuéàla bataille de Mohacz en 1526. En 1531 Charles-Quint lui confia le commandement des Pays-Bas ; elle l'exerça pendant 15 ans avec une fermeté au-dessus de son sexe. Elle fonda en 1542 la ville de Marienbourg.
*MARIE i TUDOR, reine d'Angleterre, née en 1516,de Henri VIII et de Catherine d'Aragon, avait été élevée loin du trÔne,dans une sorte d'exil. A la mort de son frère Edouard VI, 1553, Jeanne Grey, voulut, à l'instigation du duc de Northumberland, lui disputer la couronne, mais elle trouva peu de partisans et tomba entre les mains de sa rivale, qui lui fit trancher la tête. Marie rétablit en Angleterre le Catholicisme, poursuivit les Réformateurs et en fit périr un grand nombre sur les échafauds et les bûchers, ce qui l'a fait surnommer Marie la Sanglante. Elle avait épousé en 1554 Philippe II, fils - de Charles-Quint ; mais elle fut délaissée par ce prince dès qu'il fut monté sur le trône d'Espagne. La perte de Calais, reprise par la France en 1558, lui porta le coup mortel,; elle mourut la même année, sans laisser d'enfants.
*MARIE il, reine d'Angleterre, fille aînée de JacquesII et de sa première femme, Anne Hyde, née en 1662, épousa à l'âge de 15 ans le prince d'Orange, depuis Guillaume III, etluimontra un tel dévouement qu'eEe apprit avec des transports de joie la chute de son propre père, que son époux venait remplacer sur le trône (1688). Fille d'un père catholique, elle fut protestante fanatique. Elle mourut de la petite vérole en 1695.
*MARIE DE LORRAINE, reine d'Ecosse, fille de Claude, duc de Guise, née en 1515, fut mariée en 1534 à Louis II d'Orléans, duc de Longueville, qui mourut après trois ans de mariage; elle épousa en 1538 le roi d'Ecosse Jacques V, devint mère de Marie Stuart, et resta veuve dès 1542. Nommée régente duroy. pendant la minorité de Marie Stuart, elle se laissa dominer par les Guise, ses frè res, combattit sur leur conseil les progrès de la Réforme et ordonna des supplices qui irritèrent vivement la nation. Elle mourut en 1560, au moment où le pouvoir allait lui échapper. . MARIE STUART, reine d'Ecosse et de France, fille de Jacques V, roi d'Ecosse, et de Marie de Lorraine, naquit en 1542, perdit son père huit jours après sa naissance, et fut aussitôt reconnue reine sous la tutelle de sa mère, Marie de Lorraine. Elle épousa en 1558 le Dauphin de France, qui l'année suivante devint roi sous le nom de François II. Veuve de ce prince après dix-huit mois de mariage, elle retourna, quoique à regret, en Ecosse. Son attachement à la religion catholique souleva contre elle ses nouveaux sujets, qui avaient embrassé la Réforme avec fanatisme. Pensant se rendre populaire en épousant un Écossais, elle donna sa main, en 1565,. au jeune Henri Darnley, son cousin, qui n'avait pour lui que sa beauté; mais cette union ne fut pas heureuse : H. Darnley, jaloux d'un Italien nommé David Rizzio, secrétaire et confident de la reine, le fit assassiner sous les yeux mêmes de Marie. Ce prince périt lui-même peu après (1567), d'une manière tragique, et l'on soupçonna Marie Stuart de n'être pas étrangère. à sa mort : ce qui confirma ce soupçon, c'est que, trois mois apris la catastrophe, elle épousa celui-là même qu'on accusait d'avoir consommé le meurtre de Darnley, le comte de 801117/611. Les Ecossais, soulevés par Murray, son frère naturel, s'arment alors contre elle, s'emparent de sa personne, l'enferment au château de Loch-Leven et veulent la forcer d'abdiquer et d'abjurer la religion catholique. Elle parvient à s'échapper de sa prison, et se réfugie en Angleterre (1568), espérant trouver protection auprès de la reine Elisabeth, sa cousine. Mais cette princesse, ' dont elle s'était fait une ennemie jurée en prenant après la mort de Marie Tudor le titre de Reine d'Angleterre, et qui d'ailleurs était jalouse de sa beauté, la jeta dans une étroite prison, et la retint captive durant 18 ans. Plusieurs tentatives furent faites pour la délivrer, notamment par Norfolk (7. Th. HOWAHD, 4' duc de Norfolk); mais toutes échouèrent. Une conspiration ayant été ourdie contre Elisabeth (Y. BA-BINGTON), l'artificieuse reine saisit ce prétexte pour accuser Marie d'avoir trempé dans le complot, et la fit condamner à mort (1587). Elle subit le supplice avec une héroïque résignation, en protestant de son innocence. Marie Stuart passait pour la plus belle femme de son temps; elle avait en même temps l'esprit très-cultivé : on a conservé d'elle quelques poésies pleines de grâce et de sensibilité (cependant les célèbres Adieux à la France qu'on lui attribue lie sont pas d'elle, mais de Querldn). La mémoire de cette princesse, qui peut être regardée comme un martyr de la religion'catholique, est chère à toutes les âmes sensibles; toutefois, malgré le vif intérêt qu'elle excite, on ne peut dissimuler qu'elle s'attira par des imprudences et peut-être par un crime la plus grande partie de ses malheurs. Elle eut, du reste, à lutter contre les ennemis les plus redoutables, notamment contre Murray, son frère naturel, qui aspirait au trône, et contre Knox, fougueux réformateur. Bu-chanan a écrit contre elle des libelles diffamatoires. De son mariage avec H vDarnley, Marie avait eu un fils, qui régna depuis sur l'Ecosse sous le nom de Jacques VI et sur l'Angleterre sous celui de Jacques Ier. L'&ist. de Marie Stuart a été écrite par Sévelinges, 1819, et récemment par MM. Dargaud, Mignet et Chéruel. L.Wiesener a publié en 1863 -.MarieStuart et le comte de Bothwell, où la reine est innocentée. Schiller a pria Marie Stuart pour sujet d'une de ses plus belles tragédies, imitéeavecsuccès par P. Lebrun. Des Lettres inédites de Marie Stuart ont été publiées à Paris en 1844 par le prince de Labanoff, et en 1859 par A. Teulet. MARIE-THERESE D'AUTRICHE, impératrice d'Allema-gne et reine de Hongrie, née en 1717, fille de l'empereur Charles VI, épousa en 1736le duc de Lorraine, François. Son père, n'ayant pas d'enfant mâle, lui assura sa succession par l'acte célèbre connu sous le nom de Pragmatique-Sanction ; mais à la mort de ce pri nce, en 1740, il s'éleva plusieurs compétiteurs, et Marie-Thérèse se vit attaquée de tous Côtés : le roi de Prusse, Frédéric II,envahit la Silésie : l'Espagne lui disputa ses Etats d'Italie; enfin l'électeur de Bavière, soutenu par la France, lui enleva une partie de ses possessions sur le Rhin, et se fit couronner empereur sous le nom de Charles VII. Marie-Thérèse tint tête à tous ses ennemis ; obligée de quitter Vienne elle se réfugia en Hongrie, rassembla les nobles de ce pays, leur présenta son fils au berceau, et les intéressa si vivement à sa cause, que tous d'une commune voix s'écrièrent : Moriamurpro rege nostro Ma-ria-Theresa. Secourue par l'Angleterre, elle battit l'électeur de Bavière à Dettingen en 1743 ; ce prince étant mort en 1745, elle rentra dans toutes ses possessions, et parvint à faire élire empereur son mari, qui fut couronné sous le nom de François I. Une paix générale fut signée à Aix-la-Chapelle en 1748, et Marie-Thérèse put s'occuper de réparer les maux de la guerre. Elle protégea les arts et le commerce, et fonda des universités. Son règne ne fut plus guère troublé que par une nouvelle lutte avec Ta Prusse, connue sous le nom de guerre de Sept ans (1756-63) ; elle eut cette foisla France pour alliée, mâiselleu'en fut pas moins forcée de céder la Silésie à Frédéric II parle traité d'Hubertsbourg. Marie-Thérèse eut part en 1772, avec l'impératrice de Russie et le roi de PrussB, à l'inique partage de la Pologne : elle y obtint la Gallicie et la Lodomirie. Elle mourut en 1780, et eutpour successeur l'aînéde ses fils, Joseph II, qu'elle avait fait couronnerempereur dès 1765. Marie-Thérèse fut une grande princesse, pleine d'énergie et d'amour pour ses sujets : ses peuples lui décernèrent le glorieux titre deifâre de la patrie. Outre Joseph II, elle eut entre autres enfants : Léopold, grand-duc de Toscane; Ferdinand, duc de Modène; Marie-Antoinette, reine de France, et Marie-Caroline, reine de Naples. — Onconnaîtsous lenom d'Ordre militaire deMarie-Tlièrèse un ordre institué en 1757 par cette impératrice en mémoire de la victoire remportée cette même année par ses troupes sur les Prussiens à Kollin. Il admet tous les braves sans distinction de naissance. La décoration est une croix d'or pattée, avec un médaillon rouge entouré du mot Fortitudini; au revers est une couronne de laurier avec le chiffre de Marie-Thérèse. Le ruban est blanc et rouge.
MARI — 1190 — MARI
*MARIE DE MOLINA, reine de Castille et de Léon, fille d'Alphonse de Molina, issu du sang royal, épousa en 1282 Sanche IV, son cousin germa.n, fut nommée en W95 récente de Castille pendant la minorité de son fils Ferdinand IV, et gouverna avec sagesse. Nommée de nouveau régente en 1312, à la mort decefils, elle résigna l'autorité pour prévenir des discordes,et mourut respectée en 1322.
*HARIE-LOUISE, reine d'Espagne, fille de Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, et d'Henriette d'Angleterre, née en 1662, fut mariée malgré elle, en 1679, à. Charles H, roi d'Espagne , et mourut en 1689, à peine âgée de 27 ans. St-Simon prétend qu'elle fut empoisonnée par la comtesse de Soïssons, dans du lait à la glace, d'après les suggestions de l'Autriche, qui craignait que l'influence de cette princesse ne fît passer à la France la succession espagnole.
*MABIE-LOUISE, reine d'Espagne, née en 1764, m. en 1819, était fille de Philippe, duc de Parme. Elle épousa en 1765 le prince des Asturies, qui devint roi en 1788 sous le nom de Charles IV. Maîtresse de l'esprit de son faible époux, elle se laissa dominer elle-même par don Godoï (Y. ce nom), et s'aliéna ses sujets et son propre fils. Après l'abdication de Charles IV (1808), abdication qu'elle avait appuyée, elle vécut successivement à Fontainebleau, à Marseille et à Rome, où elle mourut délaissée.
*MARIE-LOUISE, reine d'Etrurie, 3° fille de la préc et de Charles IV, née en 1782, m. en 1824, épousa en 1798 Louis de Bourbon, fils du duc de Parme, qui, en 1801, reçut le royaume d'Etrurie en échange de son duché. Veuve en 1803, dépossédée par les Français en 1807, elle vint partager en France la captivité de son père. En 1814, elle obtint pour son fils le duché de Lucques. Elle a laissé des Mémoires, rédigés en italien, traduits en français par Lemierre d'Argy, 1824, et insérés dans les Mémoiresrélatifs à ioiîeWwtMm. française.
*MAHIE-CAROLINB, reine de Naples, née à Vienne en 1752. fille cadette de l'emp. François I et de Marie Thérèse, mariée en 1768 à Ferdinand I, roi de Naples, domina son faible époux, mais se laissa dominer elle-même par un indigne favori, J. Acton, et par une femme dépravée, lady Hamilton. Elle ne gouverna que d'après l'impulsion de l'Angleterre, fit déclarer la guerre à. la République française, fut forcée par l'invasion des Français de se réfugier 2 fois en Sicile (1799 et 1806), quitta l'île quand les Anglais y eurent établi le gouvt constitutionnel, 1812, et alla mourir à Schoenbrûnn, 1814.
*MARIE i, reine de Portugal, née en 1734, m. en 1816, fut mariée en 1760 à son oncle, qui devint roi sous le nom ie Pierre III, et resta maîtresse de la couronne par la mort de son époux, en 1786} mais en 1790 elle fut atteinte d'aliénation mentale : son fils Jean (VI) gouverna en son nom. En 1807, lors de l'occupation du Portugal par les Français, elle fut emmenée par Jean, VI au Brésil, où elle mourut.
*MARIE n, connue d'abord sous le nom de dona Maria, reine de Portugal, fille de don Pedro Ie',. empereur du Brésil, née à Rio-Janéiro en Î819, m. en 1855. Son père ayant renoncé en sa faveur au royaume de Portugal, 1826, elle fut fiancée à son oncle don Miguel, 1827, déjà régent du royaume; mais celui-ci avait usurpé le trône lorsqu'elle arriva en Europe. Don Pedro revint- du Brésil pour rétablir sa fille : il n'y réussit qu'au bout de 5 années et au prix des plus grands sacrifices. Après l'expulsion de don Miguel (1834), dona Maria fut déclarée majeure, et la Constitution, que don Miguel avait abolie, fut remise en vigueur. Le règne de cette princesse fut troublé à la fois parles intrigues des hommes rétrogrades. partisans de don Miguel, et par l'opposition des libéraux : en 1861, après un mouvement militaire dirigé par le maréchal Saldanha, la Constitution fut modifiée dans un sens démocratique, et la. reine se vit coOrainte à sanctionner cette modification7. Dona Maria avait été mariée en 1835 au duc Auguste de Leuchtenberg. Ce prince étant mort la même" année, elle épousa en 1836 Ferdinand de Saxe-Cobourg Gotha, dont elle eut 7 enfants. L'aîné, né en 1837, lui a succédé en 1855 sous le nom de Pedro V. Personnages divers.
*MARIE DE FRANCE,- femmeyoète du xin' s., née, à ce qu'on croit, en Normandie, vivait en Angleterre. On a d'elle un recueil de fables qu'elle avait intitulé Ysopet (petit Ésope), et quelques contes. Son style est simple et quelquefoi£,élégant, mais inégal. Roquefort a donné ses OEwires, .1832, 2 vol. in-8. Le-grand d'Aussy a mis en français moderne quelques-unes de ses fables, dans son recueil de Fabliaux.
*MARIE D'AGREDA, religieuse, née en 1602 dans la ville d'Agreda (Vieïlle-Castille), d'une famille pieuse du nom de Coronel, m. en 1655, fit ses vœux en 1620 dans le couvent de l'Immaculée-Conception d'Agreda, fondé par sa famille, et devint abbesse de ce couvent en 1627. Elle crut avoir reçu de Dieu et de la Ste Vierge l'ordre d'écrire la vie de la mère de Dieu; elle obéit et publia en 1655 le recueil des visitations dont elle disait avoir été honorée : ce n'est qu'un tissu de visions ridicules et. quelquefois indécentes. Cet écrit, trad. parle P. Th. Crozet, sous ce titre : la Mystique cité de Dieu, histoire aivine de la vie de la très Ste Vierge, 1696, a été condamné par la Sorbonne et censuré à Rome.
*MARIE ALACOQUE. V. AIACOQUÈ.
*MARIE (les Clercs de). F. «AJUSTES.
*MARIE-GALANTE, une des Antilles françaises, qui dépend du gouvt de la Guadeloupe, à 40 Kil. S. de la Grande-Terre : 17 kil. sur 15; 140QD hab.; ch.-l., Grand-Bourg ou Le Marigot; autres lieux : la Capestecre à l'E., le Vieux-Fort au N. O. Hautes falaises à pic sur toutes, les côtes, excepté au S. E.; abords dangereux. Bois:de campêche; café, canne à sucre, coton, cacao; bestiaux, chevaux, mulets. —. Découverte par Christophe Colomb en 1493. Les Français y envoyèrent la I™ colonie. Cette île leur fut longtemps disputée par les Hollandais et les Anglais. Elle a suivi le sort de la Guadeloupe. ,
*MARIENBAD, vge de Bohême, cercle de Pilsen; 400 hab. Sources minérales, salines et acidulés; bains renommés et très-fréquetttés.
*MARIENBERG, v. du roy. de Saxe, à 60. Ml. O. de Dresde; 3000 hab. Tissus de coton. Alix env., mines d'argent et d'étain; fabriques de vitriol; alun.
*MARDENBO0RG, y. murée des Etats prussiens (Prusse propre), cn.-l. de cercle, a. 52 kil. S. E. de Dantzick; 6000 h. Institution de sourds-muets. Cette ville était jadis la résidence des grands maîtres de l'Ordre Teutonique : leur château et leur église (Ste-Marie ) subsistent encore. Elle fut ensuite la capit. d'un palatinat. Prise par Casimir 1Y en 1460, par les' Suédois en 1626 et 1655.
MARI — 1191 — MARI
*MARIENBOURO, bourg et anc place forte de Belgique (Namur), à 10 k. S. de Philippeville; 800 h. Bâti en 1542 par Marie d'Autriche, alors gouvernante des Pays-Bas. Pris en 1554 par les Français; rendu en 1559 aux Espagnols ', qui le cédèrent à Louis XIV en 1659. Laissée à la France en 1814, cette place lui fut enlevée en 1815; elle a été démantelée,en 1849.
*MARIENDAL, MARIENTHAL. V. MEHGENTHEIM.
*MARJJENWERDER, v. des États prussiens (Prov. de Prusse), ch.-l. de régence et de cercle, à 60 Iril. S. de Dantzick; 6000 hab. Cour d'appel, école d'arts et métiers; haras. Belle cathédrale, bâtie en 1255; anc château des grands maîtres de l'Ordre Teuto-nique.— La régence de Marienwerder, entre la Po-méranie et la régence de Dantzick au N.,la Prusse orient, à l'E., la Pologne et la Posnanie au S., le Brandebourg â l'O, a 200 k. sur 70, et 500000 hab.
*MARIENZELL (Cellule de'Marie), v. des États autrichiens (Styrie), sur la Salza, à 16 kil. N. E. de Brûck. Belle église, but d'un pèlerinage qui attire plus de 100 000 personnes chaque année. Eaux minérales ; fonderie de canons, de boulets" et de bombes.
*MARIGNAN, Harignano et Melegnano ëta italien, v. du roy. Lombard-Vénitien, sur le Lambro, à 15 k. S. E. de Milan; 4000 hab. Vieux château fort. — Les Guelfes et les Gibelins y conclurent la paix en 1279. François Iy remporta en 1515 sur les Suisses et le duc de' Milan une victoire mémorable, qui dura 2 jours (13 et 14 sept.), et qui est connue sous le nom de bataille des Géants. Le maréchal Baraguey d'Hilliers y battit les Autrichiens le 8 juin 1859.
*MARIGNY, ch.-l. de cant. (Manche), à 12 kil. O. de St-Lô; 500 lab.
*MARIGNY (Enguerrahd de), premier ministre de Philippe le Bel, né en Normandie^ vers 1260, jouit pendant tout le règne de Philippe d'un pouvoir absolu. Ce prince le nomma successivement chambellan, comte de Longueville, châtelain du Louvre, surintendant des finances, premier ministre, et enfin son coadjuteur au gouvernement du royaume. Sa haute fortune excita beaucoup d'envieux, à la tête desquels était le comte de Valois, frère du roi, et, dès que Philippe fut mort, ils l'accusèrent auprès de son fils, Louis le Hutin, d'avoir surchargé le peuple d'impôts et dilapidé les finances. Marigny fut condamné par une commission sans avoir été entendu, et fut pendu en 1315 au gibet de Montfaucon. Il périt victime d'une réaction féodale : les nobles, opprimés par Philippe le Bel, se vengèrent sur le favori du prince. Sa mémoire fut réhabilitée.
*MARIGNY (CARFENTIER de), ardent Frondeur, publia divers pamphlets contre Mazarin. On lui attribue le fameux traité : Tuer un tyran n'est pas un crime, qui parut en 1658.
*MARIGOT (le), b. de la Martinique, sur la côte N. E., à 11 kil. N. O. de la Trinité; 1200 hab. — Bourgs de Marie-Galante ( T. GRANDBO URG) ;_ de la Guadeloupe, de l'île St-Martin (partie française).
*MARILLAC (Charles de), habile négociateur, né en Auvergne en 1510, mort en 1560, était fils du contrôleur général des finances du duc de Bourbon. Il entra dans l'état ecclésiastique et n'en donna pas moins tout son temps aux affaires politiques. Il fut chargé de missions importantes en Turquie, en Angleterre, et fut envoyé à la diète d'Augsbourg en 1552, pour maintenir la bonne intelligence entre l'empereur Ferdinand et le roi de France Henri II. En 1560, à l'assemblée des notables tenue à Fontainebleau , il s'éleva avec force contre les désordres de l'État. Il fut en récompense de ses services nommé maître des requêtes, puis évèque de Vannes et enfin archevêque de Vienne. Il a laissé des Mémoires sur les affaires du temps, qui sont restés manuscrits. Il était lié étroitement avec le chancelier L'Hôpital. MARULAC (Michel de), neveu du préc, né en 1563, fut nommé en 1624 garde des sceaux.par Richelieu, après avoir rempli avec distinction les charges de maître des requêtes, de conseiller d'État et de surintendant des finances. Lorsque Richelieu se brouilla avec Marie de Médicis, il prit parti pour celle-ci. Richelieu ayant ressaisi son autorité à la célèbre journée des Dupes (11 novembre 1630), il se vît .enlever les sceaux, fut impliqué dans le complot ourdi par son frère (V. ci-après), et jeté dans une prison, où il_ mourut en 1632, emportant la réputation d'un magistrat intègre. Michel de Marillae avait fait rendre une belle ordonnance sur l'administration de la justice , rédigée sur les doléances des Etats généraux tenus à Paris en 1614; mais cette ordonnance, qui fut surnommée dérisoirement par. ses ennemisle Code Michau, par corruption de son prénom Michel, resta sans exécution, parce qu'elle froissait les préjugés du temps. On a de lui une traduction de ['Imitation de J. C. (rééditée par S. de Sacy, in-16,1858); il a.mis enrvers les Psaumes.
*HARiLLAC (Louis de), maréchal de France, frère du précédent. Il servit d'abord sous Henri iy., et assista pendant la minorité de Louis XIII au siège de La Rochelle, où il était chargé des travaux de la digue», il fut ensuite nommé commandant de l'armée de Champagne, et enfin maréchal, en 1629. Dévoué, ainsi que son frère, à la reine mère, il entra dans le complot qui avait pour but d'éloigner Richelieu du gouvernement pour y ramener Marie de. Médicis ; Richelieu, ayant déjoué ce .Complot (11 nov. 1630). le fit arrêter à la tête de l'armée qu'il commandait en Piémont, l'accusa de concussion, et le fit condamner à mort et exécuter aussitôt (1632).
*MARILLAC .(Louise de). Y. LEGHAS (Mme).
*MARIN(Le), bourg de la Martinique, ch.-l. d'arr., au S. O., à 25 kil. S. E. de Foft-R.oyal; 30Q0 hab. Bon port. Commerce .actif. .
*MARIN, philosophe platonicien. V. MARINUS.
*MARIN (S.), ermite, né enDalmatie au rv* siècle, avait d'abord travaillé comme ouvrier à'ia reconstruction du pont de Rimini. Sa piété le fit remarquer de Gaudens, évèque de Brescia, qui l'ordonna diacre. Il se retira sur le mont Titano, près de Rimini, se livrant tout entier à des pratiques de piété. La cellule qu'il avait habitée attira beaucoup de pieux solitaires qui s'établirent auprès : ce fut l'origine de la ville de St-Marin (V. ce nom). On l'honore le 4 sept.
*MARIN (Claude),né à La Ciotat en 1721, m. en 1809, avocat au parlement de Paris, rédacteur de la Gazette de France, puis censeur royal, secrétaire de la direction de la librairie et enfin lieutenant général de l'amirauté, a publié une Bisloire de Saladin, Paris, 1758; l'Histoire de la ville de La Ciotat, 1782;la Bibliothèque du Théâtre-Français^ 1768, faussement attribuée au duc de La VaHièire, et quelques pièces qui eurent peu de succès. Il eut des démêlés avec Beaumarchais, qui se plut à le couvrir de ridicule.
*MARIN (le cavalier). V. MARINI.
*MARINES, ch.-l. de c (Seine-et-Oise), àlg kil. N. O. de Pontoise ; 1350 hab. Ancien château.
*MARINGUES, ch.-l. de c. (Puy-de-Dôme), à 20k. N. O. de Thiers; 4262 hab. .Tanneries.
*MARINI (J.B.), dit le cavalier Marin, poète, né à Naples en 1569, m. en 1625, fut secrétaire du grand amiral de Naples, puis alla à Rome où il se lia avec le Poussin, entra chez le cardinal Aldobrandini, neveu de Clément VIII, et l'accompagna dans son ambassade en Savoie. A Turin, le poète Murtola, contre lequel il avait lancé quelques traits satiriques, tira sur lui, pour se venger, un coup de pistolet ; mais il ne fut pas atteint. Il fut en 1615 appelé en France par Marie de Médicis, qui lui fit une pension. Il publia à Paris son poëme d'Adonis qui eut un grand succès lors de son apparition. Il passa ses dernières années à Naples. Ce poète, qui rappelle Ovide, a de l'imagination, une versification facile et harmonieuse, mais il a une manière recherchée, il abuse de l'esprit et prodigue les concetti, en outre, ses poésies sont souvent licencieuses. Ses principaux ouvrages sont : Rime I amnrase, 1602 ; l'Idone, en 20 chants, 1623 ; la Mur-toUide (sonnets contre Murtola), 1626; Strage degli Innocenli, 1633.
MARI — zl92 - MA-RL
*MARINI (Gaétan), antiquaire, né en 1740, à Sant' Arcangelo de Romagne, m. en 1815, embrassa l'état ecclésiastique, se rendit à Rome en 1764, et devint préfet des archives du St-Siége. On a de lui : Inscri-siotvi antiche délie ville e de' palaggiÂlbani, 1785; GU atti e monumenti de' fratelîi Arvali, 1795 ; Papiri diplomaties descritti ed illustrait, 1805: c'est un riche recueil de Papyrus. Son ouvrage De' fratelîi ^r»oKestune œuvre capitale, regardée comme classique pour cette branche de l'archéologie. Ce savant était correspondant de l'Institut.
*MARINO FALIERO. F. FALIEHO.
*MARINUS. philosophe platonicien du y'siècle, né en Syrie, étudia à Athènes sous Proclus, lui succéda en 485, et mourut dans un âge peu avancé. Il avaij composé des Commentaires sur le Traité de Vâme (d'Aristote), sur le3 Dialogues de Platon, etc. : mais de tous ces écrits, il ne nous est parvenu que la Vie de Proclus, publiée par J. Alb. Fabricius, avec version lat. et notes, Hambourg, 1700, et par M. Bois-sonade, Leips., 1814, et réimpr. dans la collection Didot, à la suite du Diogène-Laërce.
*MARION DELORME. V. DELORME.
*MAKIOTTE (Edme), physicien distingué, membre de l'Académie des sciences, né en Bourgogne vers 1620, m. en 1684, a confirmé par ses expériences la théorie du mouvement des corps de Galilée, et a surtout avancé l'hydrostatique et la théorie de la vision. On lui doit la loi qui consiste en ce que le volume d'une masse de gaz à une température constante varie en raison inverse de la pression qu'elle supporte. Le Recueil de ses ouvrages a paru à La Haye, 1740, 2 tomes in-4. Son Traité du mouvement des eaux a été publié par La Hire, Paris, 1786. Ma-riotte était prêtre et possédait le prieuré de Saint -Martin-sous-Beaune.
*MARIPOSA, riv. aurifère de la Californie, sort de la Sierra-Nevada et se jette dans le San-Joaquim par la riv. dr. ;elle donne son nom à un comté où se trouvent de riches placers, ainsi qu'au ch.-l. du comté.
*MARIQUITA,v. de laNouv.-Grenade, à 105 k. N.O. de Bogota; elle a été le ch.-I. de la prov. de Mari-quita, dans le dép. de Condinamarca.— Cette prov., au S. de celle d'Antioquia, a 225 k. sur 100 et 80 000 h. Son ch.-l. actuel est Honda.
*MARISTESou CLERCS DE MARm, congrégation religieuse fondée en 1818 à Bordeaux par l'abbé Chemi-nade, docteur de Sorbonne, et autorisée en 1825, a pour but de donner à la jeunesse une éducation chrétienne. Elle se compose de prêtres et de laïques qui n'ont aucun costume particulier et qui vivent de la vie commune. Elle est répandue en France, en Suisse, en Allemagne, aux États-Unis ; le siège de l'administration est à Bordeaux. Elle possède à Paris le collège Stanislas, et dirige un grand nombre d'institutions, d'écoles primaires, d'écoles industrielles et des fermes-modèles. A la différence des Frères des Ecoles chrétiennes, les Frères Maristes peuvent aller seuls et recevoir des rétributions.
*MAR1TZA (la), VHèbre, riv. de la Turquie d'Europe (Roumélie), naît dans le versant N. E. duDespoto-Dagn, à 26 kil. O. du Kustendji, coule àl'E., puis, au S;, arrose Philippopoli, Andrinople, où elle devient na-vigable,puis Demotica, et tombe dans l'Archipel après un cours d'env. 380 kil. V. HEBRE.
*MARIUS (Caïus), général romain, né vers l'an 153 av. J.-C. près d'Arpinum, d'une famille plébéienne et obscure, se distingua au siège de Numance (134), fut élu tribun du peuple par l'appui de Métellus (119), puis préteur (116), et accompagna Métellus envoyé en Afrique contre Jugurtha. Il se fit bientôt un parti dans l'armée, chercha à rendre odieux Métellus, qui avait été son bienfaiteur, et se fit charger à sa place de la conduite de la gue>,',e -ie Numidie avec le t<tre de consul (107 av. J.-C) : il eut Sylla pour questeur dans cette expédition. La personne de Jugurtha ayant été livrée par Bocchus, il mit ainsi fin à là guerre (106). Devenu l'idole du .peuple, Marius fut nommé consul cinq annéesdesuite. Il taillaen pièces, l'an 102, auprès A'Aqux Sextiss, les Teutons, qui allaient envahir l'Italie, puis iïextermina les Cimbres à Verceil (101). De retour à Rome, Marius* soutint d'abord Sa-turninus (100),puis, voyant le parti populaire vaincu, il se retira en Asie. Chargé, dans la Guerre sociale (90-88), d'agir conjointement avec Sylla, il ne tarda pas à entrer en lutte avec ce général. En 88, il se fit décerner par le peuple la direction de la guerre contre Mithridate, quele Sénatavaitdéjà confiée à Sylla ; mais celui-ci marcha sur Rome, et en chassa Marius, qui se vil réduit à se cacher dans les marais de Min-turnes. Découvert dans sa retraite, il fut jeté dans les prisons de la ville ; on raconte que l'on envoya un esclave cimbre pour.le tuer, que Marins, le voyant approcher, lui cria : « Malheureux, oseras-tu bien tuer Marius ? J> et que l'esclave épouvanté laissa tomber son arme et s'enfuit. Marius, rendu à la liberté, s'enfuit en Afrique, où il erra quelque temps sur les ruines de Carthage. Ayant appris que Cinna tentait à Rome une révolution, en sa faveur, il revint en Italie (87) avec 1000 hommes seulement. Il vit bientôt grossir sa troupe, entra dans Rome, malgré la résistance du Sénat, s'y fit nommer cohsul pour la V fois, et assouvit sa vengeance par les plus cruelles proscriptions (86 av. J.-C); mais environ quinze jours après son retour, il mourut d'un excès de vin. Quelques historiens pensent que, déchiré par ses remords, il s'ôta lui-même la vie. Marius dut toute sa puissance au parti démocratique, dont il était le chef et le représentant. Comme général, il dut surtout ses succès à son habileté dans la taçjfiiue; il introduisit dans la légion d'importantes réformes. La Vie de Marius a été écrite par Plutarque. M. Arnault a donné une tragédie de Marius à Èiniurnes. —^ Marius laissait un fils adoptifj leJeuneMarius, qui partagea sa fortune, et qui, après sa mort, se fit nommer consul avec Carbon, l'an 82av. J.-C II renouvela la guerre contre Sylla ; mais, battu à Préneste, il se fit tuer da désespoir. Il était aussi beau que brave.
*MARIVAUX (P.CARLET DECHAMBLAIN de),éCrïVain,
né à Paris en 1688, m. en 1763, était fils du directeur de la monnaie de Riom. Admis de bonne heure dans la société la plus brillante de Paris, il s'y fit remarquer comme betesprit.il travailla surtoutpourla scène, et donna, soitau Théâtre-Italien, soit ail Théâtre-Français (1720 à 1746),.un grand nombre de comédies qui eurent pour la plupart du succès; les plus connues sont : la Surprise de l'Amour (ildonna deux pièces sous ce titre, l'une aux Italiens, 1722, l'autre aux Français, 1727), les Jeux de l'amour et du hasard, 1730; le Legs, 1736; les Fausses confidences, 1736; l'Épreuve nouvelle. 1740. On a aussi de lui plusieurs romans : le Don Quichotte moderne, Marianne, le Paysan parvenu, où l'on trouve trop souvent des peintures offensantes pour les mceurs.Marivauxest un écrivain spirituel, déIicat,originaI ; ses écrits prouvent une étude profonde du cœur humain et surtout du ca-ractèrede la femme; mais son analyse est trop subtile ; il tombe souvent dans une métaphysique aJambiquée pour laquelle on a créé le nom de marivaudage. Il fut reçu à l'Académie française en 1743. Ses OËuvres ont été réunies en 12 vol, in-8, Paris, 1781; Duvic-quet en a donné une édition nouvelle, avec notice biographique et littéraire, 1826-30,10 vol. in-8.
*MARKLAND (Jérémie), philologue anglais, né en 1693, mort en 1776, a publié de bonnes éditions des Silves de Stace, Londres, 1728, des Suppliantes d'Eschyle et des deux Iphigémes d'Euripide,1771. On a aussi de liii des Remarques sur les Lettres de Ci-céron à Brutus et de Érutus à Cicérnn, 1745, dans lesquelles il conteste l'authenticité de ces lettres.
*MARLBOROUGH (John CHURCHILL, duc de), générai anglais, né en 1650 à Ash dans le Devohshire, fit son apprentissage sous Condé et Turenne, dans un corps d'armée anglais que le roi d'Angleterre Charles II avait fourni à Louis XIV en Flandre, et se signala aux sièges de Nimègue et de Maëstricht. A l'avènement de Jacques II, Churchill, qui avait eu ce prince pour premier protecteur, fut comblé d'honneurs. Cependant on le vit un des premiers abandonner sa cause lors de la révolution de 1688. Mis par Guillaume III à la tête de l'armée anglaise en 1689, il obtint des succès en Irlande; mais il se vit rappelé dès 1691 et fut tout à coup disgracié, par suite , dit-on, de la découverte d'une correspondance secrète avec le roi déchu; il ne rentra en faveur qu'après la mort de la reine Marie. En 1702, dans la guerre de la succession d'Espagne, il fut nommé par la reine Anne, qui venait de succéder à Guillaume, généralissime des troupes unies de l'Angleterre et de la Hollande contre la France : il força les Français à évacuer la Gueldre espagnole : à son retour, îl fut créé duc de Marlborough. En 1704 il envahit la Bavière, battit l'électeur à Schel-lenberg, incendia plus de 300 villes de ses Etats, et remporta de concert avec le prince Eugène, la célèbre victoire de Hochstett (ou Blenheim), sur le général français Tallart et l'électeur de Bavière. Dans les années suivantes, il défit Villeroi à Ramillies, 1706, Vendôme à Oudenarde, 1708, et enfin Villars à Malplaquet, 1709. Mais ce fut là le terme de ses succès. Il tomba peu après (1712) dans une disgrâce complète auprès de la reine Anne : on l'accusait de se plaire à prolonger une guerre dont la fin était également désirée par les vainqueurs et par les vaincus, et même de s'être rendu coupable de péculat. En 1714, George I en montant sur le trône, le réintégra dans toutes ses dignités, mais il profita peu de cette nouvelle faveur, ayant été dès 1716 frappé d'apoplexie. Il mourut en 1722. Marlborough eut les qualités guerrières de Condé et de Turenne, mais asm leurs vertus; il ternit sa gloire, au début de sa carrière, par son ingratitude envers Jacques II, et depuis par une ambition excessive et par son avidité, qui lui fit commettre de nombreuses déprédations. Il a été publié des Mémoires du due de Marlborough, par W. Coxe, 3 vol. in-4, avec portraits, cartes et plans. Londres, 1818 (en anglais). Il existe en outre une Histoire du dur. de Marlborough, par Ledhyard, traduite en français sur l'ordre de Napoléon I", par Dutems et Madgett, Paris, 1806. — La femme du duc de Marlborough jouit longtemps d'un très-grand crédit auprès de la reine Anne ; mais elle finit par se rendre odieuse à cette princesse par son caractère hautain et impérieux, et partagea la disgrâce du duc
*MARLE, MALE ou MALAIN, ch.-l. de c (Aisne), à 23 kil. N. E. de Laon; 1500 hab. A eu jadis les titres de seigneurie, puis de comté. Ce comté appartint aux maisons de Couoy, de Bar, de St-Pol, de Luxembourg, de Bourbon et de Mazarin.
MARL —- 1193 — MA.RM
*MARLIANI (Barthélemi), antiquaire, né à Milan vers 1480, mort vers 1560, a laissé : Romee topo-graphia, Lyon, 1534; Consulum, dictalorum, censo-rumque Bomanorum séries quse marmoribus sculpta in Foro reperta est, Rome, 1549; In annales consulum et triumphos commentaria, 1560, tous ouvrages estimés.
*MARLOTVE (Christophe), poète dramatique anglais, né en 1562, se livra au désordre et périt à 30 ans, assassiné par un rival. Il a fait 6 tragédies, dont les meilleures sont Faust (trad. par F.V. Hugo, 1860), Edouard 11 et le Grand Tamerlan (1586), la lro pièce en vers blancs qui ait paru sur la scène. Il a traduit du grec l'Enlèvement d'Hélène de Colu-thus, i'Héro et Le'andre de Musée, et du latin quelques Élégies d'Ovide et le I" livre de la Pharsale. Ses Œuvres ont été recueillies à Londres, 1826.
*MARLY , dit aussi Marly-le-Roi , Marly-la-Ma-chine, ch.-l. decant. (Seine-et-Oise), sur la r. g. de la Seine, à 7 kil. N. de Versailles et à 18 kil. O. de l'àris; 1200 hab. Filature de coton, draps, produits chimiques. Jadis superbe château royal, détruit pen» ; dant la Révolution. On voyait à Marly une fameuse ; machine hydraulique, composée de 14 roues, qui ? élevait l'eau à une hauteur de 162* pour la conduire à Versailles et qui avait été construite sous Louis XIV par Rennequin-Sualem (de 1675 à 1682). Cette machine était depuis longtemps hors de service, lorsqu'on l'a remplacée, en 1826, par une machine à vapeur, qui elle-même a cédé la place en 1859 à une nouvelle machine plus puissante.
*MARMANDE , ch.-l. d'arr. (Lot-et-Garonne), à 57 kil. N. O. d'Agen; 5500 hab. Trib. de 1™ .instance et de commerce, collège, bibliothèque. Fabriques d'étoffes de laine, toile, cordages, chapeaux; esprits, eau-de-vie^ pruneaux, prunes confites. — Ville trés-ancienne, .déjà considérable au viir3 siècle; elle fut alors détruite parles Sarrasins; reconstruite en 1185 par, Richard Cœur'de Lion, elle fut prise sur les Albigeois et ravagée en 1219 par Amaury de Mont-fort. Assiégée vainement par Henri de Navarre en 1577 et par Condé en 1652.
*MARMARA (Mer de), Propontis, petite mer située entre la Méditerranée et la mer Noire, est unie à celle-ci par le détroit de Constantinople et à l'Archipel par celui des Dardanelles; elle n'a que 260 kil. de long sur 85 de large. Elle renferme 4 petites îles et doit son nom à la plus grande, l'île Marmara ou de Marbre (l'anc Proconèse), qui a 25 k. sur 8; elle a pour ch.-l. une ville de Marmara.
*MARMARIQUE, Narmarica, contrée de l'Afrique anc, entre l'Egypte et la Cyrénaîque, était.médiocrement peuplée et peu fertile, mais pourtant avait au i" siècle de notre ère -27' villes ou bourgades, dont 11 près de la côte. Elle répond-à peu près à la partie E. de la régence de Tripoli.
*MARMAROS ou MARMAROSCH, COmitat de Hongrie, jadis dans le cercle au delà de la Theiss, auj. dans celui de Kaschau, est borné au N. et au N. E. parla Galicie, au S. par la Transylvanie, etc.; 200 kil. sur 100; 115000 h.; oh.-l., Szigeth. Il est traversé par les monts Krapacks; on en tire de l'argent, du fer, du cristal de roche Lait diamant de Hongrie!!, et beaucoup de sel.
*MARMELADE , v. d'Haïti (dép. du Nord), ch.-l d'arr., à 40 kil. S. O. du Cap.
*MARMOL (L.), écrivain espagnol, né à Grenade, vers 1520, fit partie de l'expédition de Charles-Quint contre Tunis, fut pris par les Maures, parcourut, pendant sa captivité, une grande partie de l'Afriqua septentrionale, et donna après son retour une curieuse relation de ses voyages, en espagnol, sous ce titre : Description de V Afrique et Histoire des guerres entre les Infidèles et les Chrétiens, 1667; trad. en français par Perrot d'Ablancourt. On lui doit aussi une Hist. de la révolte des Maures de Grenade, 1600. MARMONT (Aug. Fréd. Louis VIESSE de), duc de Raguse, maréchal de France, né en 1774 à Châtil-lon-sur-Seine (Côte-d'Or), d'une famille noble,' m. en 1852, était fils d'un officier distingué. Sous-lieutenant en 1789, il resta au service, se trouva au siège de Toulon , et y connut Bonaparte, qui le prit en affection et l'emmena en Italie comme aide de camp (1796). Il déploya une brillante valeur àLodi,aCastiglione.au combat de St-Georges; fut, après la campagne, nommé colonel et chargé de porter au Directoire les drapeaux prissur l'ennemi; fit partie de l'expédition d'Egypte (1798), eut une part décisive àla prise de Malte, et enleva de sa main le drapeau de l'ordre, ce qui lui valut le grade de général de brigade; se distingua également à l'assaut d'Alexandrie, à la bataille des Pyramides; revint en France avec Bonaparte (1799) et concourut de tout son pouvoir au coup d'État du 18 brumaire; commanda l'artillerie en 1800 au passage du mont St-Bernard, contribua puissamment à la victoire de Marengo, après laquelle il fut fait général de division; coopéra, dans la campagne de 1805, à la prise d'Ulm, occupa la Styrie, puis la Dalmatie, se maintint dans Raguse malgré les attaques des Russes et des Monténégrins, ce qui lui valut letitre de duc de Raguse: administra deux ans la Dalmatie (1808): rejoignit la grande armée la veille de la bataille de Wagram, poursuivit l'ennemi après la victoire, le battit à Znaïm (10 juillet 1809), ce qui contraignit l'archiduc Charles à faire des propositions de paix, et reçut en récompense le bâton de maréchal sur le champ de bataille. Appelé enlSll au commandement de l'armée de Portugal, en remplacement de Masséna, il opéra heureusement sa jonction avec Soult, fit lever le siêgedeBadajoz,etréussit pendant quinze mois à tenir Wellington en échec; mais, atteint d'un coup de canon au début de la funeste bataille des Arapiles (près de Salamanque), il se vit arracher la victoire (22 juillet 1812). Il reparut peu de mois après en Allemagne, quoique à peine guéri de ses blessures ; combattit, en 1813, à la tète du 6* corps à Lutzen, à Bautzen, à Wurschen, à Dresde, àLaip-sick, où il protégea la retraite et fut blessé de nouveau. Marmont joua un des rôles les plus importants pendant la désastreuse campagne de France, en 1814 t il défendit longtemps les bords du Rhin, se trouva au combat de Brienne, couvrit la retraite de l'armée à Rosuay ( Aube), et rejeta l'ennemi au delà de la Voire; détruisit à Champaubert le corps du général russe Alsuviefetfitce général prisonnier;surprit dans Etoges et enleva la division du général Ou-roussof, chassa Blûcher de Meaux, le battit au Gué-à-Trem,près de cette ville, et l'éloigna de Paris; puis marcha en toute hâte à la défense de la capitale, menacée par une autre armée; il livra le 30 mars, avec des troupes décimées et exténuées, une bataille désespérée sur les hauteurs de Chaumont et de Belleville et poursuivit le combat avec un courage héroïque pendant plusieurs heures, même après avoir reçu du roi Joseph l'autorisation de se retirer. Quand toute défense fut devenue impossible, il demanda une suspension d'armes, évacua Paris et se retira en bon ordre avec son corps à Essonne, près de Fontainebleau. Là, reconnaissant l'impossibilité de lutter plus longtemps, il traita avec le gouvernement provisoire et avec les alliés: par ce traité, qu'il conclut sans en avoir reçu mission, il rendit inévitable l'abdication de l'Empereur et se fit accuser de défection ou même de trahison; il tenta cependant, mais en vain, de faire reconnaître le roi de Rome et (a régence. Il fut comblé de faveurs par Louis XVIII, qui le nomma pair de France etmajor général de la garde royale. Chargé en juillet 1830 deréprimerdans Paris le soulèvement excité par les ordonnances de Charles X, il obéit, quoique désapprouvant les mesures pour lesquelles il lui fallait combattre. Après la chute du roi, il accompagna ce prince jusqu'à Cherbourg à la tête d'un détachementde la garde royale. Privé parle nouveau gouvernement de son grade et de ses traitements, il se retira en Autriche, mais sans prendre aucune part aux intrigues politiques, puis visita la Hongrie, la Russie méridionale, la Turquie, et alla terminer ses jours à Venise. Ses restes furent rapportés à Châ-tillon, où de grands honneurs lui furent rendus par la population.— Marmont est compté parmi nos plus braveset nos plus habiles généraux, et,, s'il fût mort aprèsla bataille de Paris, sa gloire serait sans tache; mais les événementsde 1814 et de 1830 ont fait oublier ses services, et son nom est resté tvoué à la haine publique. Cependant il a cherché, dans plusieurs écrits, à justifier sa conduite, et il a protesté en toute occasion de son amour pour son pays; dans son exil, il avait pris pour devise : Patrise totus et ubi-aue. Savant distingué, Marmont était depuis 1816 membre libre de l'Académie des sciences. Il s'est aussi beaucoup occupé d'industrie; il avait créé à Chàtillon des forges importantes : les habitants ont, par reconnaissance, donné son nom à une rue et à une place de leur ville. — Marmont a publié une relation de ses voyages, aussi instructive que bien écrite (Voyage en Hongrie, en Russie, etc., PariSj 1837, 4 vol. in-8) ; on lui doit en outre l'Esprit des institutions militaires (1845), ouvrage estimé. H a laissé des Mémoires, qui ont été publiés de 1856 à 1857, en 9v. in-8 : loin de le réhabiliter, ces Mémoires donnent une idée peu favorable de son. caractère : ils ont soulevé de nombreuses et de vives réclamations. Laurent (de l'Ardèche) en a publié une Réfutation, 1853.
MARM — 1194 — MÀRM
*MARMONTEL (J.ï'rançois), littérateur, néenl723 à Bort, dans le Limousin,- d'une famille pauvre, m. en 1799, était destiné à l'état ecclésiastique, mais il préféraseconsacreraux lettres. II obtint d'abord quelques succès à l'Académie des Jeux floraux, vint en 1745 à Paris, où:il seliaavep Voltaire et les principaux écrivains de l'époque; remporta plusieurs prix à l'Académie française, et fit représenter quelques tragédies, Denys le tyran, 1748; ^irî'stoméne, 1749; Cléopâtre, 1750; Us Héraclides, 1752, qui ne s'élèvent pas au-dessus du médiocre. Il -fournissait en même temps àl'Enq/cïoptfciiedes article» de littérature, et au Mercure des Contes moraux qui donnèrent une très-grande vogue à ce journal. Protégé par Mme de Pompadour, il fut nommé en 1753 secrétaire des bâtiments, et obtint en 1758 le brevet du Mer-cure, ce qui lui procura un revenu considérable ; mais deux ans après il fut privé de ce brevet pour avoir offensé un courtisan, et fui même un moment enfermé à la Bastille. Il fit paraître enl763 une. Poétique française, en 1766 une traduction de l&Pliarsale de Lucain, et en 1767 Bélisaire, roman philosophique, qui attira sur lui les condamnations de la Sor-bonne. Il n'en fut pas moins nommé en 1771 historiographe de France. Vers-la même époque il donna plusieurs opéras-comiques, composés avec Grétry, qui eurent beaucoup desuccès:le Buron, 1768; Sylvain, 1770; l'Jmide tansison, 1771 ;ZémireètAxor, 1771 ; la FausseMagie,.mh. S'élevant ensuiteà la tragédie lyrique, il refondit, a.vec Picoini, plusieurs des opéras de Quinault, et donna lui-même Didon, 1783, et Pe'na'Jojt)e,1785, O» a encore de Marmontel les Incas, 1777, poème en prose où il expose les effets du fanatisme; une Histoire de la Régence du duc d'Orléans, 1788; de Nouveaux Contes moraux, 1789-92 ; Leçons d'un père â ses enfants .-c'est un coursd'é-tudes destiné à l'éducation, de ses fils, qui comprend des Traités de Langue française, de Logique", de Métaphysique et de Morale. Pendant les troubles de la Révolution il s'éloigna de Paris;élu en 1797 député au Conseil des Anciens, il en fut exclu comme réactionnaire au 18 fructidor, et mourut peu après. Marmontel nefut supérieuren aucun genre, maisîlfut un écrivain pur, agréable, élégant. SesConîes mûVawxof-frent un vif intérêt et Assurent une grands vogue; mais souvent ils sont peu dignes de leur titre. Cet écrivain avait été admis à l'Académie française en 1763; il devint en 1784>ecrétaire perpétuel de cette compagnie. Marmontel alaissé des Mémoires sur sa vie, composés pour l'instruction dô ses enfants. Il a publié lui-même la collection de ses Œuvres, en 17 v. in-8, 1786. On y trouve, sous le titre à'Élétnents de littérature, les articles qu'il avait fournis à YEncyclo-pédie. Une édition plus complète de ses OEuvres a paru chez Verdière, 1818,18 v. in-8. St-Suririadonné ses OEuwes choisies, 1824,10 vol. in-8.
*MARMORICE, Physcus, v. de Turquie d'Asie (Ana-tolie), sur la Méditerranée, en face de Rhodes et à 120 k. S. E. deGhuzel-Hissar.Portsûr. Château fort.
*MARMOUSETS, Ce nom, qui originairement était donné aux figures grotesques sculptées sur le portail et les murs des églises, fut appliqué ironiquement par les nobles aux ministres roturiers que prit Charles VI, en 1389, après avoir disgracié ses oncles..— Sous Louis XV, on nomma Conjuration des Marmousets une intrigue ourdie en 1730 par les ducs de Gèvres et d'Ëpernon contre le cardinal Fleury,
*MARMOUTIER, Martini monasterium, abbaye de Bénédictins, à 2 kil. de Tours et de l'autre côté de la Loire, fondée en 371,par S. Martin, alors évêque de . Toursjfutlongtemps si florissante qu'on nommait son supérieur l'abbé des dotés. Les momess'y occupaient surtout K transcrire les livres. 11 ne reste de cette abbaye que les murs d'enceinte et le portail.
MARO — 1195 — MARO
*MARMOOTiER,i/aMrimonosten'um,v.d'Alsace-Lorraine. à 7 kil. S. E. de Saverne; 2743 hab. Ane abbaye, dont il ne reste que l'église (du rxe siècle).
*MARNAY, ch.-l. de c (Haute-Saône) j>rès l'Ognon, à 22 kil. S. de Gray; 1200 hab.
*MARNE (la), Ifatrona, riv. de France, naît à 5 k. S. de Langres (Haute-Marne), arrose les villes de Chau-mont, Joinville, St-Dizier (où elle devient navigable), Vitry, Châlons, Épernay, Dormans, Château-Thierry, La Ferté-sous-Jouarre, Meaux, Lagny, Al-fort, et tombe dans la Seine, r. dr., à Charenton, ayant parcouru les dép. de la Marne, de l'Aisne, de Seine-et-Marne, de Seine-et-Oise, de Seine. Ses principaux affluents sont, à dro'te, le Rognon, l'Ornain, l'Ourcq ; à gauche, la Biaise, la Somme-Soude, les 2 Morins.
*MARNE (dép. de la), entreceuxdes Ardennes auN., de l'Aube au S., de Seine-et-Marne, de l'Aisne à l'O., de la Meuse à l'E.; 8068 k. carrés; 385 498 h. Le ch.-l. estChâlons-sur-Marne; mais la ville la plus importante est Reims. Il est formé d'une partie de la Champagne. Montagnes à l'O., pierres meulières, tourbières; marais (à St-Gond). Sol crayeux et aride au N., mais fertile au S.; grains, plantes potagères, fruits, melons; excellents vins, dits de Champagne, et divisés en vins de rivière et vins de montagne. Mérinos et métis; gibier, poisson. Industrie active; lainages variés, dits articles de Reims; bonneterie, papeterie, mégisserie,verreries, etc.Commerce considérable, surtout en vins.—Ce dép. a 5arr. (Châlons, Reims, Epernay, Ste-Menehould, Vitry-sur-Marne), 32 cantons, 688 communes; il appartient à la 3e division militaire, dépend de la cour impér. de Paris, a un archevêché à Reims et un évêché à Châlons.
*MARNE (dép. de la HAUTE-), entre ceux de la Meuse au N., de la Côte-d'Or au S., de l'Aube à l'O., des Vosgesàl'E. : 6229 kil. carrés; 254 413 hab.; ch.-l., Chaumont. Formé de parties de la Champagne et de la Lorraine (Barrais) et d'un fragment de la Bourgogne. Montagnes élevées, formant un des plus hauts plateaux de la France,plaines; beaucoup de sources; fer, marbre; faux albâtre, pierre de taille, grès, etc. Sol léger, pierreux, mais bien cultivé; toutes sortes de grains; fruits, légumes, navette, gaude, moutarde, chanvre ; bois; gros et menu bétail, dindons, abeilles. Grande industrie métallurgique, coutellerie renom- ' mée ; bonneterie, tannerie, etc. — Ce dép. a 3 arr. (Chaumont,Langres, Vassy), 28 cantons, 550commu-nes; il appartient à la 7° division milit., dépend de la cour impér. de Dijon et a un évêché à Langres.
*MARNE-AU-RHIN (Canal de la), canal qui réunit les vallées de la Marne, de la Meuse, de la Moselle, de la'Meurthe, de la Sarre et du Rhin, part de la Marne à Vitry-le-François, remonte la vallée de l'Ornain, franchit par un'souterrain le faite séparatif de la Marne et de la Meuse ; puis traverse cette dernière rivière sur un pont-aqueduc, débouche, en souterrain , sur le versant de la Moselle, au-dessus de Toul, et descend de là au niveau de Nancy; remonte ensuite la vallée de la Meurthe et le vallon du Sanon, jusqu'au bief de partage des Vosges. A l'extrémité de ce bief, il coupe, par deux souterrains et unegrande tranchée, le faîte séparatif du versant de la Sarre et du versant du Rhin. Enfin, il descend par la vallée de la Zorn, à Strasbourg, où il se réunit au canal de l'Iil au Rhin. Ce canal a en tout 315 kil. de développement. Commencé en 1841, il a été achevé en 1852.
*MARNES (le comte de). V. ANGOULEME (duc d').
*MARNIX de Ste-Aldégonde. Y. STE-ALDEGONDE.
*MAROBODUUSou MARBODE, chef des Marcomans, avait été élevé à Rome. Il rallia les peuples suéviques, et fonda un vaste empire près du Danube. D'abord allié d'Arminius, il se tourna ensuite contre lui; il fut alors abandonné de ses sujets, et se réfugiachez les Romains. Il vécut depuis à Ravenne, d'une pension de l'empereur Tibère. Il mourut l'an 37 de J.-C.
*MAROC (Empire du), vaste État de l'Afrique septentrionale, est borné à l'E. par l'Algérie, au S. pat le Sahara, par la mer Méditerranée au N.-et l'Atlantique à l'O. On y distingue les royaumes de Maroc propre, de Fez, de Sous, deTafilet et le pays de Da-rah. Population, env. 8OnoO0O d'hab. (Berbères ou Amazirgues, Maures, Arabes, Juifs, Nègres, etc.); capit, Maroc. Villes princ, Méquinez, Fez, Tétçuan, Tanger, Larache, Mazagan, "Mogador, Salé, Agadir. Ce pays esMxaversê par l'Atlas qui y atteint sa plus grande hauteur. La cime la plus élevée, le Mîltsin, a 3500". Cours d'eau assez nombreux, mais qui se dessèchent l'été. Climat très-chaud, que tempèrent les vents de mer et les montagnes. Grande fertilité. Mines de fer, étain, cuivre, antimoine. Beaux chevaux, maroquins très-estimés, surtout ceux qui sont teints en jaune (le nom même de maroquin vient, comme on le voit, de Maroc). —L'empire du Maroc occupe l'emplacement de l'ancienneMauritanie Tingitane et d'une faible partie de la Mauritanie Césarienne. Gette contrée, longtemps gouvernée par des rois indigènes, obéit successivement aux Romains (à partir de l'an 42 de J.-C), aux Vandales, aux Grecs, puis aux Arabes (dès le vin" siècle). En 1051 elle fut enlevée aux califes fatimites par les Almoravides, qui étendirent leur domination sur tout le Maghreb et sur l'Espagne. Les Almoravides y furent remplacés successivement parles Almohades (1129), par lesjMérinites (1270), et enfin(1516) par les Chérifs,qai se prétendaient issus de Mahometj cette dernière dynastie y règne encore aujourdhui. Le souverain du Maroc prend le titre de sultan ou d'empereur. Souvent attaqué par les Portugais aux xin", xiv'et xv°-siècles, le Maroc cessa de l'être après la sanglante défaite d'Alcaçar-Quivir, où périt le roi Sébastien (1578). Il s'agrandit tellement depuis qu'au commencement du siècle dernier, il étendait encore son autorité jusqu'à Tombouctou; mais il déchoit tous les jours : il a récemment perdu une grande partie du roy. de Sous (Y. SIDI-HESCHAM). Hostiles à ta France depuis la conquête d'Alger, les Marocains donnèrent asile à Abd-el-Kader et nous attaquèrent àl'improviste en 1844 : ils furent aussitôt châtiés sévèrement par le maréchal Bugeaud à Isly (V. ce mot), et virent bombarder Tanger et Mogador. Les Espagnols conservent sur les côtes du Maroc plusieurs villes, conquises dès le xvr5 siècle, dont ils ont fait des présides ou lieux de déportation : telles sont Ceuta, Penon-de-Velez, Alhu-cemas, Melilla. La possession de ces présides a donné lieu à plusieurs conflits entre le Maroc et l'Espagne et enfin, en 1860, à une guerre sérieuse, àla suitede laquelle le sultan vaincu se vit imposer d'énormes contributions : Tanger fut pris et retenu comme le gage du payement de la somme convenue. M. L. Godard a donne en 1860 : Description et histoire du Maroc.
*MAROC , Merakach en langue indigène, capit. de l'empire de Maroc, sur la rive g. duTensif, dans une belle plaine couverte de palmiers, par 31° 37' lat. N., 9" 55' long. O.: env. 50 000h. Très-bel aspect de loin, mais au dedans les rues sont étroites, sales et hi- ' deuses. On y remarque le palais impérial et ses jardins, le Kaisseria (ou bazar), trois mosquées (dont une, YEl-Koutoubia, a une tour de toute beauté),le Bel-Âbbas, hôpital pour 1500 malades, le Méchouar ou place d'audience. Célèbres fabriquesde maroquins. — Maroc fut fondée en 1072 par les Almoravides, et parvint bientôt à une haute prospérité. Suivant les Maures, on y compta 1 000 000 d'habitants, ce qu'il faut sans doute réduire au tiers. Auj. l'empereur réside au moins aussi souvent à Méquinez qu'à Maroc.
*MAROLLES , v. du dép. du Nord, sur la Petite-Helpes, à 13 kil. O. d'Avesnes; 2000 hab. Petits fromages renommés.
*MAROLLES-LES-BRAUX, ch.-l. de cant. (Sarthe), à 16 k. S. O. de Mamers; 2000 hab.
*MAROLLES (l'abbé Michel de), traducteur infatigable, né en Touraine en 1600, mort en 1681, embrassa l'état ecclésiastique, et refusa les dignités de son ordre pour se livrer aux lettres. Il a traduit en français presque tous les classiques latins : Plante, Lucrèce, Térence, Catulle, Virgile (en prose, puis en vers), Horace, Ovide, Sénèque le tragique, Lu-cain, Juvénal, Perse, Martial (sa vers), Stace, ainsi qu'Aurélius Victor, Ammien Marcellin, etc.; malheureusement, ces traductions ne sont guère remarquables que par leur platitude. Il a en outre traduit du gfec Athénée. L'abbé de Marolles a laissé des Mémoires, qui sont instructifs, et a publié le Temple des Muses, 1655. avec figures de Blomaert. Ilavait formé un riche cabinet d'estampes, qui se trouve auj. à la bibliothèque impériale.
MARO — 1196 — MARO
*MAROMME , ch.-l. de cant. (Seine-Inf.), sur le Cailly, à 6 kil. N. O. de Rouen; 2300 hab. Blanchisserie", poudrerie, raffinerie, indiennes, filatures.
*MARON (S.), pieux solitaire qui vivait en Syrie au Y* siècle, fut ordonné prêtre en 405, et mourut en 433. il habitait sur une montagne près de Cyr, et attira près de lui un grand nombre de disciples qui formèrent plusieurs monastères. On l'hon. le 9 elle 14 février. — Un autre Maron, Jean, patriarche de Syrie, qui vivait au vu* siècle, est regardé comme le chef de l'église des Maronites. V. MARONITES.
*MARONI, riv. de la Guyane française : sort des monts Tumacumaque, coule au N. E., puis au N., sépare les Guyanes hollandaise et française, tombe dans l'Océan Atlantique, après un cours de 600 k. On y trouve des cailloux semblables au diamant.
*MARONITES. On nomme ainsi à la fois une peuplade de la Syrie, et une église particulière formée de cette peuplade. Ils habitent le pacbalik de Tripoli , le Libah et l'Antiliban, entre les Nosaïris au N. et les Druses au S.; ils occupent presque tout le Kesraouan. On en compte env. 400 000. Ils vivent presque entièrement indépendants. On fait remonter leur existence à l'année 634 : les Arabes ayant alors envahi la Syrie, un certain Joseph, prince de Byblos, se réfugia avec ses sujets dans les montagnes du Liban, où ils se sont maintenus. On donne pour fondateur à la secte des Maronites un certain J. Maron, moine, qui se serait aussi réfugié dans le Liban pour fuir la persécution et qui aurait vécu, selon les uns au v siècle, selon les autres au vn'. D'autres font dériver leur nom d'un ancien bourg de Maronia, auj. détruit. Quoiqu'il en soit, les Maronites furent soumis par les Turcs; mais ils conservèrent'un chef de leur religion. Ils sont depuis les Croisades sous la protection de la France. Les Maronites professèrent d'abord le ilonothélisme ; depuis, Us se soumirent à l'Église romaine, tout en conservant le rit syrien; leur chef prend le titre de patriarche d'Antioche et étend sa juridiction surTyr, Damas, Tripoli, Alep et Nicosie; il a longtemps résidé à Kanobin. Quoique rentrés dans le sein de l'Église romaine, ils en différaient jadis par quelques détails du culte, mais ils ont fini par s'y rallier entièrement sous Grégoire XIII. Clément XII leur fit même adopter, en 1736, les décisions du concile de Trente : aussi les nomme-t-on les Catholiques du Liban. Les Maronites possèdent à Rome depuis Grégoire XIII un séminaire d'où sont sortis un grand nombre d'hommes distingués, notamment Abraham Ecchellensis, Gabriel Sionita, les Asse-mani. En Syrie, les Maronites sontsans cesse en lutte avec les Druses, qui habitent comme euxleLiban : les Druses aidés des Turcs en ont fait en 1860 un horrible massacre, qui a nécessité l'Intervention européenne.
*MAROS, Marisus, riv. de Transylvanie et de Hongrie , devient- navigable à Karlsburg, et tombe dans la Theiss vis-à-vis de Szegedin ; cours, 60Ï) kil. Elle roule de l'or dans ses eaux. — Elle donne son nom à un comitat de la Transylvanie, dans le pays des Széklers, qui compte 195 000 hab. et qui a pour ch.-l. Maros-Vasarhély, ville de 10 000 h. Beau palais de Tekely, riche bibliothèque, collection de minéralogie, collège, etc.
*MAROSJJE, dame romaine, fille de la 1" Théodora, d'une famille riche et puissante, épousa vers 906 Al-béric, comte de Tusculum et marquis de Camerino. Restée veuve de bonne heure, elle se remaria deux fois. Par ses richesses, sa beauté et son esprit d'intrigue, elle acquit un grand crédit surles principaux seigneurs deRome etput pendant plusieurs années faire et défaire les papes à sa fantaisie: elle se rendit maîtresse de la ville, fit élireSergiusïïI(904),Anastase III (911), Landon (913), fttdéposer en928 JeaaX, qui avait été élu par l'influence de Théodora, sa sœur et sa rivale, et le fit périr avec le secours de_Gùido, duc de Toscane, son 2* époux; puis, en 93L, elle fit asseoir sur le siège pontifical, sous le nom de Jean XI, l'un de ses fils encore fort jeune (F.jEANxi).En932, elle épousa en 3° noces Hugues de Provence, devenu roi d'Italie; mais, ce dernier ayant donné un soufflet au fils aîné de Marosie, nommé Albéric, le jeune homme pour s'en venger souleva la jeunesse'romaine, massacra les gardes dé son beau-père, le força à prendre la fuite, et renferma Marosie, dans le 'château St-Ange, où elle mourut. On ne connaît pas l'époque de sa mort.
*[[Auteur:Clément Marot|MAROT (Clément)]], poète, né à Cahors en 1495, m. en 1544, était fils de Jean Marot, valet de chambre de François I, et fut d'abord placé lui-même en.qualité de valet de chambre auprès de Marguerite de Valois, sœur du roi. Il suivit François I dans son expédition d'Italie, et fut fait prisonnier avec lui à Pavie (1525). De retour en France, il fut jeté dans les prisons du Châtelet comme suspect d'hérésie; il en sortit en 1526, grâce à l'intervention du roi, mais fut bientôt après incarcéré de nouveau et se vit contraint de fuir; il se réfugia dans le Béarn (1535), puis à la cour de Ferrareetà Venise (1536).Il parvint a.rentrer en France pour quelques années, mais ayant excité de nouvelles plaintes par une traduction des Psaumes que la Sorbonne condamna comme entachée de graves erreurs, îlse retira à Genève (1543), et enfin à Turin, où il mourut dans l'indigence. Marot avait l'esprit enjoué et plein de saillies; son style a un charme particulier qui tient surtout à un certain abandon, à la naïveté de l'expression et à la délicatesse des sentiments. Personne Va mieux connu le ton qui con-vientàl'épigrammeetn'amieux manié la plaisanterie. Boileau le propose pour modèle en ce genre :
Imitez de Marot l'élégant badinage.
Ses meilleures poésies consistent en épigrammes, épitres, rondeaux, ballades, lien donna lui-même une édition à Lyon, 1538. Les meilleures éditions faites depuis sont celles de 1596, Niort; de La Haye, 1731; de Paris, 1824, 3 vol. in-8, avec des notes et un glossaire; de Ch. d'Héricault avec Étude sur la vie et les œuvres de Marot, 1866,1 vol. in-8. Campe-non a publié les Œuvres choisies, 1826. — Son père, Jean M., né au bourg de Mathieu, près Caen, était lui-même assez bon poète. Il fut successivement attaché à Anne de Bretagne, à Louis XII et à François I comme valet de chambre, comme secrétaire et historiographe. Il avait accompagné Louis XII dans son expédition d'Italie, et avait célébré ses exploits dans deux poèmes {Voyage de Gênes, Voyage de Venise). Il fit aussi des vers en l'honneur de François I, composa des épltres, des rondeaux, etc. On. trouve ses OEuvres à la suite de celles de Clément Marot. M. G, Guiffrey a publié de lui en 1860 ~ un poème inédit composé à l'occasion de la con- . -valescence de la reine Anne de Bretagne.
*MAROT (Jean), architecte et graveur, né à Paris vers 1630, m. en 1679, construisit l'hôtel de Mortemart, la façade des Feuillantines' (faubourg St-Jacques, à Paris),Ie château de Lavardïn dans laîiïame; mais il est surtout connu par d'excellents dessins : Le magnifique château de Richelieu; Plans et élevation des châteaux de Madrid, du Louvre, dejincen- nés; Architecture française, ouRecùeil despîans,élévations, coupes et profils des édifices de Paris, publiés par Mariette, 1727, in-fol. ; le Petit Marot, recueil de morceaux d'architecture, 1764, gr.in-4 ?=-
*MAROZIA. V. MAROSEÏ.
MARR — 1197 — MA.RS
*MARPESSUS, auj. Marpeso, mont, de l'île de Pa-ros, célèbre par ses superbes marbres statuaires.
*MARPURGUM, nom latinisé de Marbourg.
*MARQUION,ch.-l. de cant. (Pas-de-Calais), à 24 k. S. E. d'Arras;500 hab. Pannes, poterie.
*MARQUIS. Dans l'origine on appelait ainsi des officiers chargés de la garde des marches ou provinces-frontières; on les nommait margraves en Allemagne (V. MARCHE). On trouve le nom de marquis employé pour la première fois sous Louis le Débonnaire. Ce titre n'a point tardé à devenir purement honorifique : il était donné au propriétaire d'une terre noble érigée en marquisat par lettres patentes du roi. Les marquis ont rang après les ducs et avant les comtes.. Ce titre, supprimé en 1790, ne fut pas rétabli sous l'Empire; mais la Restauration le fit revivre.
*MARQUISE,Marci, ch.-l. dec (Pas-de-Calais), à 3 kil. N. E. de Boulogne; 2060 h. Marbre, fonderie.
*MARQUISES (îles), groupe d'îles du grand Océan, par 7°30'10<>26' lat. S. etl40°-143°long. E., est composé des Marquises proprement dites (Hiva-hoa, Ta-houata, Fatou-hiva, Motane, Fetou-Houkou), et des Iles Washington (Nouka-hiva, Ouapou, Houa-houna, Métou-hi, Hiaou, Fetou-hou, île de Corail) ; 1300 kil. carr.jenv. 25 OOOh.Solmontueux, boisé quoique volcanique. Côtes d'un accès difficile, à cause de nombreux récifs et des changements soudains de vents. Climat doux et sain. On y trouve le cocotier, le palmier et plusieurs plantes alimentaires. Les habitants sont beaux et forts, mais voluptueux et anthropophage.s.— Découvertes en 1594 par l'Espagnol Alvaro Mendana, ces îles furent nommées Marquises en l'honneur du marquis de Mendoce, vice-roi du Pérou. Elles ont été visitées en 1774 par Cook, et ont été occupées au nom de la France en 1842 par l'amiral Dupetit-Thouars. Le rincipal établissement français est dans l'Ile Nou-ahiva. On avait choisi en 1850 cette île comme lieu de déportation, mais ce projet a été abandonné.
*MARR, petit pays d'Ecosse, dans le comté d'A-berdeen, entre le Don et la Dee, avait titre de comté. — Un comte de Marr fut régent d'Ecosse pendant la minorité de David Bruce ; il fut battu en 1332par Ed. Baliol et les Anglais. — Jacq. Stuart, frère naturel de Marie-Stuart, porta le titre de comte de Marr avant d'être fait comte de Murray. — Un autre commanda les troupes du prétendant Jacques-Edouard Stuart et fut battu en 1715 à Sherifmoor par le duc d'Argyle.— Le titre de comte de Marr est auj. porté par la famille Erskine,issue de la dernière héritière du comté.
*MARRAST (Armand), publiciste. né en 1801 àSt-Gaudens (Haute-Garonne), m. en 1852, exerça d'abord les fonctions de maître d'étude, débuta comme écrivain en 1829 par un Examen critique du cours de philosophie de M. Cousin, se consacra à la politique après la révolution de 1830, fut un des fondateurs de la Tribune, se livra dans ce journal à de violentes attaques contre le gouvernement, ce qui le fit condamner en 1834 à l'emprisonnement, prévint l'application de la peine en se réfugiant en Angleterre, rentra en France à la faveur d'une amnistie ; fut, à partir de 1841,1e rédacteur en chef du National, contribua de tout son pouvoir à la révolution de 1848 et à la proclamation de la République, futaussitôt nommé membre du gouvernement provisoire, puis maire de Paris, fut peu après élu représentant à l'Assemblée nationale, et en devint le président. Il prit la plus grande part à la rédaction de la nouvelle Constitution, en fut le rapporteur et la promulgua sur la place de la Concorde. Il ne put néanmoins se faire réélire en 1849 : il vit, au 2 décembre 1851, abolir sa Constitution, et mourut peu après, pauvre et délaissé.
*MARRON (P. H.), ministre protestant, issu de réfugiés français, né a Leyde en 1754, m. à Paris en 1832, vint aParis en 1782 avec l'ambassadeur de Hollande ; fut nommé pasteur.de l'Eglise de Paris en 1788, se lia avec Mirabeau, et prit part à la rédaction de l'ouvrage intitulé : Aux Bataves sur le stathoudérat, ainsi qu'à celle de quelques feuilles publiques. Ami
des Girondins, il fut deux fois incarcéré. En 1802, il fut nommé président du consistoire. Il a donné à la Biographie universelle nombre d'excellents articles sur les Calvinistes et sur la littérature hollandaise.
*MARRUBIUM, auj.-San-Benedetto, v. de l'Italie, anc capitale des Marses, sur le bord E. du lac Fucin.
*MARRUCINI, peuple de l'anc Italie (Samnium), dans la prov. actuelle de Rieti, entre les Pélignes au S., les Marses à l'O., les Vestins au N. et l'Adriatique à l'E., avaient pour villes principales Corfinium, Aterne, Téate. Ilsprirent partala ligue samnite contre Rome en 309 av. J.-C, mais furent réduits en 305.
*MARRYAT (le capitaine Francis), marin etromas-. cier anglais,né à Londres en 1792, m. en 1848,était fils d'un riche négociant. Il entra de très-bonne heure dans la marine militaire, parvint au grade de capitaine de vaisseau, et ne commença qu'en 1829 sa car-rière littéraire. 11 publia depuis cette époque une trentaine de romans, presque tous maritimes, qui se succédèrent avec une étonnante rapidité, et qui obtinrent un succès populaire, grâce à la vérité des descriptions et à la gaieté des personnages. Les principaux sont : Peter Simple, Jacob Fidèle, leMidship-man aisé, VOfficier de marine, le Vieux Commodore, le Vaisseau Fantôme, le Pauvre Jack, Percival Keene. Il publia en 18391e Journal d'un voyage enAmérique, avec des observations piquantes sur les mœurs et les institutions du pays, qui causèrent une vive irritation aux États-Unis. Ses romans ont été traduits par De-fauconpret, Albert de Montémont et Razey. ,•
*MARS, dieu de la guerre, fils de Jupiter et de Ju-non, ou de Junon seule, suivant Ovide. On le représente armé de pied en cap, ayant à ses pieds un coq, symbole de la vigilance et de l'ardeur au combat. Mars était particulièrement adoré chez les Thraces et chez les Romains. Ceux-ci le regardaient comme le père de Romulus et de Rémus, et avaient donné son nom au premier moisdeleurannée, ainsi qu'à un des jours de la semaine. Il avait à Rome un collège de prêtres, les Saliens. Ce dieu fut, selon la Fable, l'amant heureux de Vénus : il se laissa surprendre avec elle par Vulcain, qui les enveloppa dans un filet. A la guerre de Troie, il fut blessé par Diomède.
*MARS (Mlle), grande comédienne, fille de l'acteur Monvel et d'une actrice du nom de Mars, née en 1779, morte en 1847, débuta dès l'âge de 13 ans, joua d'abord sur les théâtres Montansier et Feydeau, puis se fixa au Théâtre-Français. Remarquable dès ses débuts par sa beauté, sa grâce et par un organe enchanteur, elle laissait cependant à désirer pour le jeu et eut. quelque peine à percer; mais elle se forma par l'étude et atteignit une telle perfection qu'elle mérita le surnom d'inimitable. Après avoir longtemps joué les ingénues et les jeunes premières, elle remplaça en 1812 Mlle Contât dans les grandes coquettes. Elle sut charmer le public jusque dans un âge avancé, et ne quitta définitivement la scène qu'en 1841, à62 ans. Outre les rôles de l'ancien répertoire, dans lesquels elle excellait, elle créa au Théâtre-Français, de 1798 à 1840, plus de cent rôles, et contribua puissamment à la fortune de nombre de pièces.
*MARS 1871 (Journée du lSJ^oùune partie de la garde nationale de Paris s'insurgea contre l'Assemblée nationale, ce qui amena la Commune.
*MARS (VINGT) 1815, jour de l'arrivée à Paris de Napoléon après son retour de l'île d'Elbe.
*MARSAIIXE, Marsaglia, bg d'Italie, dans les anc Etats sardes, sur la route de Pignerol à Turin. Cati-nat y battit, le 4 oct. 1693,Victor-Amédéeetle prince Eugène. — On a confondu à tort ce lieu avec un autre Marsaille, à 15 kil. N. E. de Mondovi.
*MARSAL, Marosallum, vge de France (Meurthe), près de la Seille, à 8 kil. E. S. E. de Château-Salins et à 4 kil. E. de Moyenvic ; 1200 hab. Petite place forte. Bonneterie, chapellerie. Auxenv., salines, auj. abandonnées. Marsal est construit sur un radier artificiel, dit briquetage de Marsal, jeté sur le marais de la Seille par les Gaulois ou par les Romains. Ce village fut fortifié en 1620, démantelé, puis restauré par LouisXIV. Bombardé en 1815.
MARS — 1198 — MARS
*MARSALA (pour Mers Allah), l'anc lUyiée, v. et port de Sicile (Trapani), près de la mer, à 150 kil. S. O. de Païenne; 25 000 h. Aux env., grains, coton, huile; vin renommé.— La ville moderne de Marsala fut fondée par les Sarrasins sur lés ruines de l'antique Lily bée. Elle possédait jadis un beau port, le premier de la Sicile au temps des Romains; il fut détruit par Charles-Quint en 1532, de peur qu'il ne tombât aux mains des Turcs. C'est à Marsala que débarqua Garibaldi, le 10 mai 1860, et qu'il remporta son premier succès sur les troupes napolitaines.
*MARSALQUIVIR. 7. MERS-EL-KEBIR.
*MARSAN (Le), petit pays de la Gascogne, à l'E. des Landes et à l'O. du Gabaret et de l'Armagnac, avait pour capit. Mont-de-Marsan. Il formait le N. de la Cbalosse etestauj. compris dans le dép. des Landes. — Habité au temps de César parles Ëlusates,cepays fut ensuite compris danslaNovempopulanie; il passa sous la domination des Visigoths au v" s.t puis eut des vicomtes particuliers. Aux» siècle il appartenait aux ducs de Gascogne; il entra en 1118 par mariage dans la maison des comtes de Bigorre et fut réuni au Béarn en 1256.11 fut acquis depuis par la maison de Lorraine et donna son nom à l'une des branches de cette famille.
*MARSANNE,ch.-l.de-c. (Drôme), à 14 kil. N.E de Montélimart; 500 hab. Mûriers, soieries.
*MARSA-SOTTZA. V. MARZA.
*MARSDEN (William), orientaliste anglais, né en 1755 en Irlande(Wicklovv),m. en 1837, remplit divers emplois dans l'Inde, fut résident anglais à Bencoulen (Sumatra), puis deuxième secrétaire de l'amirauté, et quitta les affaires en 1807 pour se livrer tout entier à l'étude. On a de lui : Histoire de Sumatra, Londres, 1783, trad. dès 1785, Grammaire et Dictionnaire de la langue malaise (langue à peine étudiée jusque-la), 1812, et une traduction anglaise du Voyage de Marco-Polo, 1818, avec de savantes notes qui confirment le témoignage du voyageur vénitien.
*MARSEILLAIS (les). On nomma ainsi dans la Révolution un bataillon de fédérés de Marseille qui s'était signalé par son ardeur révolutionnaire et ses excès et qui fut appelé à Paris par les Jacobins pour accélérer la chute de la monarchie. Arrivés lé 30juillet, ils envoyèrent dès le 2 août une députation à l'Assemblée nationale pour demander la déchéance du roi; ils prirent une grande part àl'attaque des Tuileries au 10 août. Quoique recrutés à Marseille, les Marseillais étaient pour la plupart étrangers à la ville même.
*MARSEILLAISE (la), chant martial? composé en 1792 par Rougé de l'Isle. V. ce nom.
*MARSEILLAN, v. de France (Hérault), à 26 k. E. deBéziers;3691 ûab. Petit port, salines; pêcheries.
*MARSEILLE. Massilia, une des plus grandes villes de France, ch.-(. du dép. des Bouches-du-Rhône, sur la Méditerranée, à802 K. S. E. de Paris parlaroute, 862 par chemin de fer ; 260 000 hab. Évêchê, suffra-gant d'Aix; église consistoriale calviniste, ch.-l. de division militaire, trib.de l">inst. et de commerce; faculté des sciences, école secondaire de médecine; écoles de commerce et d'industrie ; école de musique. Vaste port, le plus commerçant de la France, pouvant tenir 1200 navires. L'entrée de ce port est défendue par les forts St-Nicolas à droite et St-Jean à gauche; les îlots fortifiés d'If, Pomègue et Ratonneau, réunis au moyen d'une digue, ferment la rade. Un autre port, terminé en 1858, a été créé au bas de l'anc. ville, au quartier de la Miette (nom tiré de celui de Jules-César) .ilestformépar une digue de 1220 m. de long, jetée enmer parallèlement à la côte, et par deux autres digues perpendiculaires à la précédente. On distingue dans Marseille la Vieille ville, à gauche en venant de la mer, et la Ville neuve, à droite ; celle-ci, régulière et superbe. On y remarque : le cours, magnifique avenue de 2 k., les rues d'Aix, de Rome et fie la Cannebière- les places Royale, Caslellane, St- Ferréol,lés allées Meillan, la promenade autour du port; puis la cathédrale, l'hôtel de ville, le Grand-Théâtre, le Lazaret (le plus beau de l'Europe), l'Observatoire (dans une belle position), la statua de Bel-zunce.surle cours. La.viile est abondamment pourvue d'eau par un canal d'irrigation dérivé de la ûu-rance et par l'aqueduc de Roquefavour ( V. ce nom). Athénée; académie dessçienees, belles-lettres et arts; société de médecine, société de statistique; jardin botanique, jardin de naturalisation, bibliothèque, superbe musée, cabinet d'histoire naturelle ; diverses institutions de bienfaisance; banque, hôtel des monnaies. Industrie très-actiye : savon, bonneterie, calottes façon Tunis, chapeaux, maroquin, céruse, soufre, bougies, raffineries, teinturerie, verrerie, etc. Immense commerce d'importation et d'exportation avec le Levant, l'Afrique septentrionale, l'Italie, l'Espagne, laHollande, l'Angleterre,la Baltique, les Antilles, etc. Service des paquebots de la Méditerranée; chemin de fer. Chantiers de construction navale. — Marseille est une colonie des Phocéens; elle fut fondée en 6Q0 av. J.-C. etïonda bientôt elle-même beaucoup de villes aux environs (Agde., An-tibes, Nice, La Ciotat,, etc.). Rivale de Carthage, elle partagea avec cette ville célèbre le commerce de la Méditerranée : ses flottes allaient jusque dans l'Océan, et quelques-unes dans la Baltique. De bonne heure alliée aux Romains., c'est elle' qui leur ouvrit le chemin de la conquête de la Gaule en les appelant à son secours contre les Ligures (153), puis contre les Cavares (125). Lors de la formation, de la Province romaine de Gaule, Marseille n'y fut pas comprise et resta ville libre, alliée de Rome. Ayant pris parti pour Pompée, elle fut assiégée et prise- par les troupes de César, 49 av. J.-C» Néanmoins, elle conserva,son indépendance et redevint bientôt florissante : elle eut des écoles fameuses sousl'empire et mérita d'être appelée la Nouvelle Athènes. Le Christianisme y fut introduit au ni" siècle; une traditien fabuleuse l'y fait même apporter dès le i" siècle par S. Lazare, après sa résurrection. Auvur» siècle, les Arabes la ruinèrent; elle ne se releva que lentement. Marseille passa au rx° siècle sous la domination de Boson.roi d'Arles; lors de l'absorption du royaume d'Arles dans l'empire , elle redevint indépendante ;'elle s'érigea en république en 1214 ; mais elle fut soumise au xra° siècle par Charles d'Anjou, comte de Provence. Elle fut réunie à laeouronne avec la Provence en 1481. Elle conservait encore quelques privilèges: Louis XIV, en 1660, les lui ôta. En 1720 et 1721 elle fut ravagée par une peste terrible qui fit éclater le dévouement de son évêque (Belzunce) et de son corps municipal. Ayant, en 1793, pris parti pour les Girondins, elle fut prise et soumise au régime de la Terreur. La conquête d'Alger et le. percement de l'isthme de Suez lui ont ouvert une nouvelle ère de prospérité. Des insurgés y installèrent la Commune (Î23 mars-4 avril 1871).— A Marseille sont nés Pythéas, Pétrone; H. d'Urfé, Puget, Plumier, Mascaron, Du-marsais, Barbaroux, Th. Barthe, Lantier, Pastoret, Thiers, Reybaud,etc
*MARSEILLE, ch.-i. de c. (Oise), à 19 kil. $ï. O. de Beauvais; 800 hab. Mégisseries, tanneries.
*MARSES, Marsi, peuple de l'Italie ancienne, de la famille sabellique, habitait au S. O. des Vestins et des Marrucins, dans les montagnes qui entourent le lac Fucin et touchait Je Latium.au S. ; ch,4., Mar-rubium. ils passaient pour les plus braves guerriers. de l'Italie, d'où le proverbe: SecdeMarsis,neesine Marsis posse triumpharL Ils. eurent la plus grande part à la guerre sociale qu'on nomme aussi quelquefois Guerre Marsique. V. GUERRE SOCIALE. ..
*Le nom de Marses était encore porté par une tribu germaine, appartenant à. la famille des Istaevons et comprise dans la ligue chérusquej ils habitaient les bords septentr. de la lippe.
*MARSH (James), chimiste, né en 1789. occupa pendant 40 ans une modique place à l'arsenal de Londres, et mourut en 1846, dans un état voisin de la misère. On lui doit un procédé célèbre, qui permet de reconnaître sûrement la présence de l'arsenic : il consiste à diriger sur une assiette de porcelaine l'arsenic à l'état de gaz (hydrogène arseniqué), après l'avoir enflammé :„le poison s'y dépose sous forme de taches noires. C'est en 1836 qu'il fit connaître son procédé, qui a été perfectionné depuis.
MARS — 1199 - MART
*MARSHAH (Thomas), érudit anglais, né à Londres en 1602, m. en 1685, fut quelque temps secrétaire de la chancellerie, et perdit cette place à cause de son attachement à Charles I. On a de lui, sous le titre de Canon chronicus aegyptiacus,hebraïcus,grie-eus, Londres, 1662, un savant ouvrage où il réduit de beaucoup l'antiquité que s'attribuaient les Egyptiens : il suppose que les dynasties de leurs rois sont contemporaines et non successives. Il prétendait aussi que les rites judaïques sont empruntésaux Egyptiens, ce qui l'entraîna dans de vives disputes avec Hencke, Prideaux et le P. Noël Alexandre.
*MARS1CO-NUOVO, v. du roy. d'Italie (Principauté citer.), à 46 kil. N. E. de Policastro; 5600 hab. Ëvêché. — MARSICO-VETERE, AbelUnum marsicum, v. de laBasilicate, à 31 kil. S. O. dePotenza; 3100 h.
*MARSIGLI (L. Ferdinand, comte de), géographe et naturaliste, né à Bologne en 1658, m. en 1730, se mit au service de l'Autriche, fit avec distinction plusieurs campagnes contre les Turcs, fut pris par eux au passage de Raab en 1683, recouvra sa liberté l'année suivante, fut chargé en 1703 de défendre Brisach, mais laissa prendre cette place par le duo de Bourgogne et fut, par une sentence d'une sévérité extrême, condamné à la dégradation. Il trouva une consolation dans les sciences, fit de riches collections qu'il légua à l'institut de Bologne, et publia plusieurs ouvrages estimés, entre autresune Histoire delamer, en Italien, Venise, 1711 ; un traité Degeneratione fun-gorum, 1714; une Description géographique et historique du Danube, en latin, 1726, et l'État militaire del'Empire ottoman, en français, 1732. Il étaitassocié de l'Académie des sciences de Paris et de la'Société royale de Londres. Fontenelle a écrit son Éloge.
*MARSILLAC (le prince de). V. LAROCHEFOUCAULD.
*MiêRSILLARGUES, bgdudép. de l'Hérault, à 28 k. E. N. E. de Montpellier,sur la riv.dr. delaVidourle; 3304 hab. Eglise calviniste.
*MARSILLE, nom donné dans les chroniques au général musulman Abdel-Mélek-ben-Omar.V.cenom.
*MARSIN (Ferdinand, comte de), né en 1656 dans le pays de Liège, m. en 1706, entra au service de la France, fut nommé en 1686 brigadier de cavalerie, servit en Flandre, fut blessé à la bataille de Fleurus (1690), se trouva à celle de Nenvinde et à la prise de Charleroi, puis passa en Italie, où il obtint le grade de lieutenant général, et reçut le bâton de maréchal en 1703, après la prise de Spire. Il fut défait avec Tallard à Hochstasdt, 1704, et périt au siège de Turin. C'était un bon officier, mais un général médiocre.
*MARSIQUE (Guerre). V. SOCIALE (guerre).
*MARS-LA-TOUR, vge près de Metz, où se livra un des combats du siège (août 1870).
*MARSOLLIER (Jacques), chanoine régulier de Ste-Geneviève, né à Paris en 1647, m. à Uzès en 1724, a laissé, entre autres ouvrages : Histoire de l'origine des dîmes et autres biens temporels de l'Église, 1689;— du cardinal Ximénès, 1693; — de Henri 7111, roi d'Angleterre, 1697; — de l'Inquisition et de son origine, 1693; Vie de S. François de Sales, 1700; — de l'abbé de Rancé, 1703 ; — de Mme de Chantai, 1715 ; — de H. de La Tour-d'Auvergne, dw. de Bouillon, 1718.
*MARSOLLIER DES VIVETIEKES (Benoît Joseph), littérateur et auteur dramatique, né à Paris en 1750, m. en 1817, était fils d'un riche marchand d'étoffes et acheta une charge de payeur de rentes de l'hôtel de ville. Il a composé les paroles de plusieurs charmants opéras comiques, dont la musique est due à Méhul, à Gaveauxet à Dalayrac : Nina ou la Folle par amour, 1786 ; les Deux petits Savoyards, 1789 ; Eamille ou le souterrain, 1791; Cange, 1795; la PauvreFemme, 1796; Alexis ou l'erreur d'un bon père, 1798; Adolphe et Clara, 1799; Jeande J'aris,, 1812; et quelques comédies en prose, ïe Trompeur trompé, l'Officieux, le Connaisseur, etc. Marsollier,entend bien la scène ; il a de l'esprit, de la grâce, de la délicatesse, mais il travaillait trop légèrement. Ses OEuvres choisies ont été réunies en 3 vol. in-8, Paris, 1825.
*MARSON,ch.-l. de c (Marne), à 15 kil. E. de Châ-lons-sur-Marne; 500 hab.
*MARSTON-MOOR, lieu duxomté d'York, au N. O, d'York, près de Tockwith, est célèbre par la bataille qui s'y livra en 1644 entre les troupes de. Charlesî, commandées par le prince Rupert, et celles du Long Parlement conduites parle comte de Manchester, lord Fairfax et Leslie i ces dernières furent victorieuses.
*MARSY (Balthazar et Gaspard), habiles.sculpteurs du xvne siècle, originaires de Cambrai, étaient frères. Ils se distinguèrent surtout dans les travaux qu'ils * furent chargés d'exécuter pour le palaisde Versailles : on leur doit les figures en. bronze qui décorent les bassins du Dragon, de Bacehus, et de Latone, les deux Tritons abreuvant les chevaux du soleil, au bassin d'Apollon. Balthazar, né à Cambrai en 1624, mourut en 1674, professeur, à l'Académie de peinture; Gaspard, né en 1628, mourut en 1681.
*MARSY (Franc. Marie, abbé de), littérateur, né à Paris en 1713, m. en 1763, entra chez les Jésuites et,se fit connaître pardeux poèmes latins sur latragédieet sur la peinture. Rentré dans le monde, il fut forcé par le défaut de fortune de se mettre aux gages des libraires, et publia plusieurs ouvrages qui n'ajoutèrent rien à sa réputation. Un de ses écrits : l'Analyse de Sayle (1755), qui contenait des attaques contre la religion, le fit enfermer à la Bastille et condamner àRome. Outre cet ouvrage, on a de lui : Templum tragœdise, Carmen, 1734; Pictura, carmen, 1736; Histoire de Marie Stuart, 1742; Dictionnaire abrégé de peinture et d'architecture, 1746; Histoire moderne des Chinois et des Japonais, 1754-78, 30 vol. in-12 (dont les 12premiers seulement sont de lui); le Rabelais moderne, édition de Rabelais dans laquelle il a rajeuni le style de cet écrivain,'au risque de lui faire perdre sa naïveté.
*MARS Y (Claude SAUTEREAU de), né à Paris eu 1740, mort en 1815, publia de 1765 à 1793 l'Almanach des Muses, et donna diverses collections utiles, entre autres les Annales poétiques.(avec Imbert), 1778-88, 40 vol. in-12; les Tablettes d'un Curieux, 1789, et les Lettres choisies de Mme de Maintenon, 1806.
*MARSY AS, riv. de Phrygie, tombait près de Gé-lènes dans le Méandre. Elle avait reçu son nom du,. Phrygien Marsyas.
*MARS Y AS, Phrygien, natif de Célènes, habile à jouer de la flûte, osa défier Apollon sur cet instrument; le dieu, l'ayant vaincu, l'écorcha vif pour le punir de sa témérité. On le représente tantôt sous la figure d'un Silène, tantôt sous celle d'un Satyre. Il avait à Rome, sous cette dernière forme, sur le Forum, près des Rostres, une statue qui était le rendez-vous des gens d'affaires.
*MARTABAN, v. de l'empire birman, capit. du Martaban, sur le Salouen, à 54 kil. de son embouchure, à 163 kil. S. E. de Pégou. Ville jadis très florissante, auj.s-réduite à 6000 hab.; très grande pagode. — Le Martaban, situé entre l'empire de Siam, le royaume birman proprement dit, lapiov. d'Yé et le golfe de Martaban, était jadis un roy. indépendant. Il fut conquis-en 1745 par les Birmans; les Anglais leur en ont enlevé la plus grande partie en 1852. La province birmane a pour ch.-l. Martaban (jadis capit. de tout le roy.); le ch.-l. du Martaban anglais est Amherst-Town. Climat salubre : montagnes au N. et à l'E.; sol très-fertile. Etoffes de soie et de cotou. — On appelle Golfe de Martaban la. partie du golfe du Bengale comprise entre le cap Ne-grais à l'O. et la prov. d'Yé à l'E.
MARX — 1200 — MÂB.T
*MARTADTVILLE (Alph.), homme de lettres, né ' en 1777 à Cadix, de parents français, mort en 1830, fut tçaduit dès l'âge de 17 ans comme suspect devant le tribunal révolutionnaire, etn'échappaqu'aveopeine à une condamnation capitale. Sous 1 Empire, il travailla surtout pour le théâtre. Il accueillit avec empressement le retour des Bourbons, soutintleur cause dans plusieurs journaux (le Journal de Paris, te Gazette, la Quotidienne), etfonda le Drapeau blanc, qui se signala par l'exagération de son royalisme : aussi eut-il de violents démêlés avec les partisans de l'opi-aion opposée. Martainville a fait représenter sur les théâtres secondaires un grand nombre de pièces, notamment les Suspects et les Fédéralistes ; le Pied de mouton; la Queue du diable; Monsieur Crédule ; Pataquès, Taconnet. Le Pied de mouton, mélodrame-féerie-comique, représenté pour la. lrefoîs en 1806, a été repris plusieurs fois et a toujours attiré la foule, malgré l'absurdité de la fable.
*MARTEL, ch.-l. de cant. (Lot), à 26 kil. E. de Gourdon; 3000 h. Ane église, dont on attribue la fondation à Charles Martel.
*MARTÈNE (dom Edmond), savant Bénédictin de la congrégation de St-Maur, né en 1654, à Saint-Jean-de-Lone, mort en 1739, étudia la Diplomatique, d'après les conseils de Mabillon, visita les archives de la France et des pays voisins et y recueillit une foule de précieux documents relatifs à l'histoire de France. On lui doit : De antiquis mo-nachorum ritibus, Lyon, 1690, 2 vol. in-4; De <m-tiquis ecclesix ritibus, Rouen, 1700-02, 3 vol. in-4; De antiqua ecclesise disciplina in divinis celebran-dis officiis, Lyon, 1706, in-4; Thésaurus novus anec-dotorum, avec dom UrsinDurand, Paris, 1717, 5 v. in-fol. ; Veterum scriptorum et monumentorum his-toricoru», dogmaticorum et moralium colleclio, Paris, 1724-29-33, 9 vol. in-fol. Il a donné en français : Voyage littéraire de deux Bénédictins, 1724.
*HAUTENS (Thierry) , imprimeur belge , l'Aide des Pays-Bas, né en 1454, à Alost, près de Bruxelles, mort en 1534, était aussi érudit qu'habile typographe. Il fonda à Alost vers 1473 le 1er établissement typographique qu'ait eu les Pays-Bas, et se fit remarquer par ses belles éditions, notamment d'auteurs grecs. Sa marque est un double écus-son renfermant les lettres initiales T. M., et suspendu à un arbre soutenu par 2 lions; quelquefois c'est la double ancre. Alost lui a érigé une statue.
*MARTENS (Guill. Fréd. de), diplomate, né à Hambourg en 1756, mort en 1821, fut professeur de droit public à Goettingue, conseiller du royaume français deWestphalie (1809), puis (1814) ministre du roi de Hanovre qu'il représenta près la diète germanique. On lui doit plusieurs ouvrages estimés, qui sont indispensables au diplomate : Précis du droit des gens de l'Europe, Gœtt., 1789, et Paris, 1831; Recueil des principaux traités de paix depuis 1761, Paris, 1791-1800, ouvrage complétant le recueil de Dumont et Rousset, et suivi d'un Supplément publié par lui-même de 1802 à 1818, puis par son fils, le baron Ch. de Martens (en tout 28 vol. in-8). — Son fils, né en 1790, a publié un Manuel diplomatique, Leipsick, 1823 et 1832 (refondu sous le titre de Guide diplomatique, avec améliorations, par Hoffmann, Paris, 1837); les Causes célèbres du Droit des gens, Leips., 1827, et un Recueil manuel des traités, Leips., 1845.
*MARTHE (Ste), sœur de Lazare et de Marie de Béthanie, recevait Jésus lorsqu'il venait à Béthanie. Un jour qu'elle se donnait bien de la peine pouf préparer les choses nécessaires, elle fut jalouse de ce que sa sœur Marie, qui était aux pieds deNotre-Sei-gneur/; n'était occupée qu'à l'écouter au lieu d'aider aux soins du ménage. Elle s'en plaignit au Sauveur, qui lui répondit que Marie avait choisi te meilleure part. Apres la mort de Lazare, elle alla au-devant du Saureurpour le prier de le ressusciter. Leslégendes la font aborder dans la suite en Provence avec Lazare et Marie. On la fête, avec Ste Marie et Lazare, le 17 déc.
*MARTHE (Anne BIGBT, dite Soisur), née en 1748 à Thoraise près de Besançon, morte.en 1824, s'établit à Besançon, et s'y dévoua au soulagement des malheureux. Pendant les çuerres de l'Empire, elle secourut une foule de prisonniers et de blessés, sans distinction de nation ni .de religion, et mérita d'être décorée de la Légion d'honneur et de plusieurs ordres étrangers.
*MARTIAL, if. Yaleriits Martialis, poète latin, né à Bilbilis en Espagne vers l'an 43 de J.-C, vint à Rome vers l'âge de 23 ans, s'y fit remarquer par son talent poétique, obtint par ses flatteries les bonnes grâces de Titus et surtout de Doinitien,'et compta au nombre de ses amis Pline le Jeune, Quintilien, Juvénal. Après un séjour de 35 ans à Rome, il retourna dans sa patrie et y mourut vers l'an 103. On a de Martial 15 livres à'Mpigrammes (petites pièces fugitives sur toutes sortes de sujets) ; le I" intitulé : Des spectacles, est consacré à célébrer les spectacles magnifiques donnés par Tifus en 80. On trouve dans les poésies de Martial beaucoup d'esprit, de finesse et de mordant, mais souvent aussi une licence excessive et une basse adulation. On y recueille beaucoup de faits et de traits de mœurs de l'époque. L'auteur en a porté lui-même ce jugement :
Sunt lona, sunt quxdam mediocria, sunt mala plara.
Les meilleures éditions,de Martial sont celles de Schrevelius, Cwnnotis Variorum, Leyde, 1670; de Vino. Collesson, Ad usum-DelpMni, Paris, 1680; de V. Parisot. dans la colleotion Lemaire, 1825; de Schneidewm, Grimma, 1842. Il a été traduit par l'abbé de Marolles, 1655, par E. T. Simon, 1819, avec le texte latin et les imitations; par Verger, Dubois et Mangeart, dans lacoEect. Panekouckè, 1834; par Ch. Nisard, dans la collect. Nisard, 1842; par M. Beau, 1842 (les fipïgrammes y sont distribuées dans un ordre nouveau); il a été mis en vers franc. par C. Dubos, avec un Essai sur Martial, de J. Ja-nin, 1841. Le P. Jouvency a donné en 1693 un Martial expurgé.
*MARTIAL (S.), premier évêque de Limoges, vivait vers la fin du V" siècle. On le fête le 30 juin.
*MARTIAL D'AUVERQNE, procureur au parlement et notaire au Châtelet de Paris, né à. Paris vers 1440, d'une famille originaire d'Auvergne, m. en 1504. On a de lui : les Arrêts d'amour^ piquant badinage, où il recueille et. commente les arrêts rendus par les cours d'amour; les Vigiles de la mort du roi Charles VU, poème de 6 ou 7000 vers, où l'auteur emprunte les formes de la liturgie ; les Dévotes louanges à la Vierge Marie. Ses poésies, qui eurent beaucoup de vogue de son temps, ont été recueillies en 1724, 2 vol. in-8.
*MARTIALE (Loi), MARTIALES (Cours). 7. ces mots dans notre Dictionnaire- univ. des Sciences.
*MARTIANAY (Dom Jean), Bénédictin de la congrégation de St-Maur, né en 1647, dans le diocèse d'Aire, m. en 1717, à l'abbaye de St-Germain des Prés, à Paris, s'attacha; particulièrement à l'étude des langues orientales et de l'Écriture sainte. Il a laissé plusieurs ouvrages, qui prouvent plus d'érudition que de critique : Défense du texte hébreu et de la chronologie de la Vulgate contre l'Antiquité du temps rétablie (par Pezron), Paris. 1689,";in-12; Traité de la connaissance et de la vérité dé l'Écriture sainte, 1694 et suiv., 4 vôl, in-12. On lui doit en outre une édition estimée de S. Jérôme, 1693-1706, 5 vol. in-fol.; une Vie de S. Jérôme, 1706; et une traduction du Nouveau Testament, 1709.
*MARTIANUS CÂPE1LA. F. OAPELLA.
*MARTIAUX (Jeux), jeux institués à Rome par l'empereur Auguste, l'an de Rome 752 (2 av,. J.-C), en l'honneur de Mars Vengeur. Ils se célébraîeattous les ans le 5 des ides de mai (11. mai) et duraient un jour; ils consistaient en .courses équestres et enchâsses données dans le grand Cirque.
*MARTtGNAC (Et. AL'GAÏ de), fécond traducteur, né en 1628, à Brives-la-Gaillarde, m. en 1698, a traduit en français l'Eunuque, VHeautnnlimorume-nos et VHe'cyre, de Térence, Paris, 1673; Horace, 1678, Virgile, 1681. Perse tt Juvénal, 1682, Ovide, 1697. Il est un peu plus élégant que l'abbé de Marol-les, mais on fait encore plus de cas de ses notes que de ses traductions. Il a en outre publié des Mémoires de ce qui s'est passé en France.... de IS08 à 1636, connus aussi sous le nom de Mémoires de Gaston, duc d'Orléans, Amst., 1683.
A1ART — 1201 — MART
*MARTIONAC (J. B. GAGE de), homme d'État, né à Bordeaux en 1776-, mort en 1832, exerça d'abord comme avocat au barreau de Bordeaux et se fit en même temps connaître par de spirituels vaudevilles. Au retour des Bourbons (1814), il entra dans la magistrature, devint procureur général à Limoges, fut élu député en (821 et se distingua à la tribune par son éloquence et ses vues élevées. En 1827, après la chute du ministère Villèle, il fut appelé au ministère de l'intérieur : il s'y montra libéral et conciliant, et y joua un rôle si important que son nom est resté au cabinet dont il faisait partie. Il travaillait avec succès à rapprocher les partis, lorsqu'il fut renversé par le ministère Polignac, qui amena bientôt la révolution de 1830. Néanmoins, quand les ministres de Charles X furent mis en accusation devant la Cour des Pairs à la suite de cette révolution, Martignac accepta généreusement la défense de M. de Polignac MARTIGNY, Martinach en allemand, ï'Octodurus des anciens, v. de Suisse (Valais), sur la Dranse, près de son confluent avec le Rhône, à 28 kil. O. de Sion; 1200 hab. Commerce de transit. Ruines d'un château fort construit au XIII" siècle par les ducs de Savoie. Cette ville a beaucoup souffert des inondations de 1593 et 1818. Elle fut jusqu'au vr*- siècle le siège de l'évêché du Valais, transféré depuis à Sion. MARTIGUES(Les), ch.-l. de c (B.-du-Rhône), à 40 kil. S. O. d'Aix, sur le canal qui fait communiquer l'étang de Berre avec la mer; 7299 hab. La ville se compose de trois parties, qui étaient jadis trois îles distinctes : St-Geniez, Ferrières, Jonquières, qui furent réunies en 1581, ce qui l'a fait surnommer la petite Venise. Chapelle Notre-Dame de la Mer, où l'on va en pèlerinage. Chantiers de construction navale, huile de bouche de 1" qualité, vins, thons, etc. — On croit que cette ville est l'anc Maritima Colunia, capitale des Anatilii. Réunie au comté de Provence en 1382, elle fut érigée en vicomte par le roi René, et en principauté par Henri IV en faveur de Marie de Luxembourg, duchesse de Mercosur.
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*MARTIN (S.), évêque de Tours, né vers 316 à Sa-barie en Pannonie fauj. Stein-am-Anger), m. vers 397 ou 400, était fils d'un tribun militaire. Il fut d'abord soldat lai-même, servit dans les légions de l'empereur Constance et sy distingua par sa charité. Il fut ordonné prêtre par S. Hilaire, évêque de Poitiers, vécut quelque temps en ermite, et fut, malgré lui.nom-= mé évêque de Tours en 374. Il convertit tout son diocèse, ainsi que la partie occid. et septeutr. de la Gaule, : et mérita d'être considéré comme un des patrons de cette contrée. II bâtit près de Tours le monastère S connu depuis sous le nom de Marmoutier (Martini 1 monasterium).Il fitde nombreux miracles.Il mourutà j Candes (Indre-et Loire, au confluent de la Loire et 1 de la Vienne) : ses restes furent rapportés à Tours où | ils sont l'cbjet d'une vénération particulière etoù une I église lui fut consacrée. Cette église était au moyen | âge un asile inviolable; à la même époque, la chape du saint servait d'étendard national. Sa fête se célèbre le 11 nov. Grégoire de Tours, Sulpice Sévère et 1 Fortunatont laissé d'intéressants détails surce saint, | l'un des types les plus curieux des légendes du moyen j âge. Sa Vie a été écrite par Jean Gatineau, poète du = IIII'S. (publiée en 186Upar l'abbé Bourassé), et plus 1 récemment par Dom Gervaise. |
*[[Martin Ier (pape)|MARTIN i" (S.)]], pape de 649 à 654, était toscan. Il condamna l'hérésie des Monothélites, et encourut par là la colère de l'empereur Constant II, qui le fit enlever de Rome et traîner à Constantinople, puis l'envoya en exil à Cherson, dans la Tauride, où il mourut. On le fête le 12 nov.
*MABTIN II et III, papes de 882 à 884, et de 942 à 946, n'ont rien fait de remarquable.
*[[Martin IV|MARTIN IV]], pape, nommé d'abord Simon de Brion, était Français. Il régna de 1281 à 1285, soutint Charles d'Anjou, roi de Sicile , contre Pierre d'Aragon, excommunia ce dernier prince et condamna sêvèrement les auteurs des Vêpres Siciliennes (1282).
*[[Martin V|MARTIN V]], O'Iion Colonna, fut élu en 1417, après que Jean XXIII eut été déposé par le concile de Constance, et mit fin au grand schisme d'Occident. Il présida le concile de Constance jusqu'à ce qu'il fût terminé (22 avril 1418) et fit anathématiser par ce concile les partisans de Jean Huss. Il rétablit l'autorité du pape sur l'Etat ecclésiastique, se fit rendre par Jeanne II, reine de Naples, le château St-Ange, Ostie et Civita-Vecchia, qu'avait pris Ladislas, prédécesseur de cette princesse, et reprit sur le condottiere Braccio di Montone la ville de Pérouse, où il s'était établi. Il mourut en 1431, à l'instant où allait s'ouvrir le concile de Bâle.
*MARTIN (Dom Jacques), Bénédictin de St-Maur,né en 1684, à Fanjaux (Hte-Garonne). m. en 1751, possédait une vaste érudition, mais un esprit trop systématique. On a de lui : la Religion des Gaulois, Paris, 1727 ; Éclaircissements sur les origines celtiques et gauloises, 1744; Histoire des Gauhs, 1752-54 ; ainsi ue des traductions des Confessions et du traité e l'Origine de l'âme de S. Augustin.
*MARTIN (J. B.), dit M. des Batailles, peintre, né à Paris en 1659, m. en 1735, peignit pour le château de Versaillesunegrandepartiedes victoires de Louis XIV. et pour celui de Lunéville les principales actions de' Charles-Quint. Il fut nommé directeur des Gobelins.
*MARTIN (François), gouverneur français de Pondi-chéry, fonda cette colonie en 1683, eutà ycombattre les Hollandais, et après une belle défense capitula en 1693. La France ayant recouvré cet établissement à la paix de Ryswyk, 1697, il fut nommé président du conseil de la colonie. 11 y mourut vers 1727.
*MARTIN (Claude), major général au service de la Compagnie anglaise des Indes, né à Lyon en 1732, était fils d'un tonnelier. 11 s'embarqua pour l'Inde en 1751, et, après la reddition de Pond ichéry, il prit du service dans l'armée anglaise de la compagnie des Indes. Il se signala par sa bravoure et devint successivement capitaine, colonel (1790), major général (1796) ; il combatit Tippou-Saëb et obtint la faveur du nadab d'Aoude, qui le nomma surintendant de son arsenal, et à la cour duquel il fit une immense fortune. 11 mourut en 1800, laissant environ 12 millions : il léguait à chacune des villes de Lukncw, Calcutta et Lyon une somme de 700000 fr., afin qu'on y créât des établissements de bienfaisance et des maisons d'éducation pour les pauvres. Il a été fondé à Lyon, sur ces fonds, une école populaire et gratuite de commerce et d'industrie, qui a été nommée La Martinière, en mémoire du major Martin. Le roi d'Aoude lui éleva un magnifique monument à Luknow.
*MARTIN (Jean Biaise), chanteur et acteur de l'Opéra-Comique, néà Paris en 1767, m. en 1837,avait une voix de baryton aussi souple qu'étendue. Il débuta en 1788 au théâtre Feydeau avec le plus brillant succès, devint bientôt aussi habile comédien que chanteur distingué, et se fit une telle réputation que son nom est resté à son emploi, qui était celui des comiques, et particulièrementdes valets. II quitta la scène en 1822, et y rentra de 1830 à 1833. Les opéras où il réussissait le plus étaient : Gulistan, Pica-rus et Diego, l'Irato, Lulli et Quinaidl, Ma tant a Aurore, Jean de Paris, le Nouveau seigneur de village, les Voitures versées, le Maître de. chapelle.
*MARiiN (Aimé), homme de lettres, né en 1786 à Lyon, m. en 1847, fit en 1813 un cours d'histoire littéraire à l'Athénée de Paris, devint en 1815 secré-*e rédacteur de la Chambre des députés, remplaça Andrieux comme professeur de belles-lettres à l'École polytechnique, et fut à la fin de sa vie bibliothécaire à Ste-Geneviève. Élève et ami de Bernardin de Saint-Pierre, il recueillit ses œuvres, épousa sa veuve et adopta sa fille Virginie. 11 publia en 1810 les Lettres à Sophie sur la physique, la chimie et l'histoire naturelle , dans lesquelles il mettait la science à la portée de tous, en lui prêtantl à l'axemple de Demous-tier, l'ornement de la poésie; en 1834, l'Éducation des mères de famille, couronnée par l'Institut. On lui doit la publication des OEuvres complètes de Bernardin de St-Pierre, avecua Essai sur sa vie et ses ouvrages (1817-1819, 12 vol. in-8), et d'excellentes édi-*»onsannotées de Racine, La Rochefoucauld, Molière ,J821-1824), dans la belle collection Lefèvre, et du traite de ['Existence de Dieu de Fénelon.
MART — 1202 — MÂRT
*MARTIN (John), peintre anglais, né en l789 à Hay-don-Bndge, près de Hexham, m. en 1854, travailla d'abord chez un carrossier à l'ornementation des voitures. Il vint à Loudres en 1806, et s'y fit, au bout de peu d'années, une telle réputation par la hardiesse de ses conceptions que ses admirateurs le comparaient à Michel-Ange. Ses meilleures toiles sont : la Chute de Babylone, 1819; le Festin de Balthasar, 1821; la Destruction d'Herculanum, 1822; les Sept plaies, 1823; la Création 1824; le Déluge, 1826; la Chute de Ninive, 1828. il se distingue par la. ^is-sance des images et la magie des contrastes; mais il vise trop à l'effet et ne sait qu'imparfaitement employer la couleur. J. Martin a gravé lui-même ses principales compositions; on lui doit aussi de belles illustrations de Shakspeare et de Milton.
*MARTIN (LEBEAU), graveur. V. SCHŒN.
*MARTINACH. V. MAHTIGNT.
*MARTINEZ, nom de plusieurs peintres espagnols, dont le plus célèbre est Sébastien Martinez, l'un des plus grands maîtres de l'école de tîéville, né à Jaën en 1602, m. à Madrid en 1667. Il réussit également dans l'histoire et dans le paysage, et se distingua à la fois par la pureté du dessin et par un coloris plein de grâce et d'harmonie. Il reçut en 1660 le titre de peintre de Philippe IV. On cite de lui : la Nativité de S. Jérôme, S. François, la Conception, un Christ, qu'il fit pour les religieuses du Sacré-Corps à Corduue, et le célèbre tableau de S. Sébastien qui orne la cathédrale de Jaen. — Un autre Martinez, José Luxan, de Saragosse, 1710-85, orna de ses œuvres Saragosse, Huesca, Calaliorra, Calatayud, fut nommé en 1741 peintre du roi (Philippe V), et fonda à Saragosse l'Académie dite de St-Louis, d'où sortirent plusieurs artistes distingués. Sa couleur est suave, son exécution large et facile.
*MAUTINEZPASQUALIS, chef de la secte des jffarttnts-fes, né vers 1110, était Portugais et Juif. Il institua en 1754 un rite cabalistique d'élus, qu'il appelait les Cohens (c-à-d. en hébreu prêtres), introduisit ce rite dans quelques loges maçonniques de France, à Marseille, à Toulouse et à Bordeaux, puis vint prêcher sa doctrine à Paris; quitta soudain cette ville en 1778, s'embarqua pour St-Domingue, et termina sa carrière au Port-au-Prince en 1779. Il eut entre autres disciples le célèbre St-Maitin.
*[[Francisco Martínez de la Rosa|MARTINEZ DE LA ROSA (Franc.)]], littérateurethomme d'État, né en 1789 à Grenade, m. en 1862, prit part au mouvement national contre l'invasion française, célébra dans le poème de Saragosse l'héroïque défense de cette ville (1811), fut élu député aux Cortès en 1812 et y soutint avec ardeur les opinions les plus avancées; lut, puur ce motif, condamné par Ferdinand VU à 10 ans d'emprisonnement dans un des présides du Maroc, ne recouvra la liberté qu'à la faveur de la révolution de 1820, fut aussitôt élu de nouveau député aux Cortès etdevint en 1822 président du Conseil. Il combattit les idées ultra-démocratiques et s'efforça de concilier l'ordre avec la liberté, niais il fut renversédu pouvoir en 1823 par une émeute que suivit bientôt l'intervention française. Il se retira à Paris, où il passa huit années et ou il fit représenter le drame à'Aben-Humeya ou la Uévblte des Maures sous1 Philippe, ouvrage écrit en français. Rappelé aux affaires en 1834 par la régente' Ma'rie-Christine, il devint chef d'un cabinet franchement constitutionnel, qui fit voter ï'Estatuto real et signa la Quadruple alliance (y. ce mot), mais il ne put prévenir le retour des émeutes à Madrid, ni dominer le soulèvement démocratique des juntes provinciales, et se retira dès 1835. Rentré au pouvoir avec Narvaez en 1843 aprèsla chute d'Espartero, il en sortit en 1846, fut depuisambassadeur en France, à Rome,président du conseil d'État et enfin président des Cortès, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort. Libéral, mais modéré, Martinez de la Rosa lutta à la fois coutre les excès de la démocratie et contre ceux de l'absolutisme; il honora sa cause par sa probité et son éloquence; mais il parut plusieurs fois manquer d'initiative et de fermeté et ne put rien fonder. Consacrant aux lettres les loisirs que lui laissaient les affaires, il a publié, outre les écrits déjà mentionnés, des Poésies lyriques forts estimées, surtout son Ode .sur la mort de la duchesse de Prias, un Art poétique, dans lequel il applique les règles de Boileau à la littérature espagnole; des tragédies : la Veuve dePadilla et OEdipe;ies drames, dont le plus remarquable est la Conjuration de Venise; des comédies fort goûtées : Ce queyeut un emploi, la Fille à la maison et la Mère au bal (imitée en français), des romans dans le genre de W. Scott, mais fort inférieurs; enfin l'Esprit du siècle, essai historique et philosophique sur la révolution française. Il était secrétaire perpétuel de l'Académie royale de Madrid.
*MARTIN-GARCIA.petite île de l'Amérique mérid., au confluent de l'Uruguay et dm Rio de la Plata, a été occupée en 1838 par les Français, alors en guerre avec la république de Buénos-Ayres, et évacuée en 1840.
*MARTINI (Martin), missionnaire jésuite, né à 1 /ente en 1614, m.fen 1661, opéra un grand nombre
de conversions en Chine. On a de lui : A tlas sinensis, Amst., 1655; Sinica Mstoria ad Chrislum natum,
Munich, 1658; de Bello tarlarico in Sinis, Rome, 1654. Tous ces ouvrages ont été trad. en français.
*MARTINI (le P. J. B.), musicien érudit, né à Bologne en 1706, m. en 1784, était cordelier. Il fit faire de grands progrès à l'enseignement de la musique et ouvrit à Bologne une école de composition*d'où sortirent Sabbatini, Sarti, Mattei, etc. Il a composé nombre de messes, de motets, de sonates, et a rédigé une excellente Histoirede lamusique, Bologne^ 1757-81, 3vol.'in-f.,etun Essaisurle contrepoint, 1774-75,
2 vol. in-4. Il avait formé une bibliothèque musicale de 17 000 volumes.
*MARTINI (J. L. Égide), compositeur, né en 1741 à Freystadt, dans le Ht-Palatinat, m. à Parts:en 1816, vint de bonne heure se fixer en France, et servit quelque tempsdans les hussards. On a de lui désmarches militaires, des morceaux d'harmonie, delà musique d'église, des romances (entre autres : Plaisir d'amour. restéepopulaire),piusieursopéras : l'Amoureux deqmn%eans, 1771 ; la Bataille d'ivry, 1774; le Droit du seigneur, 1783; Sapho, 1794; Annette et Lubin, 1800, et un traité De ta Mélopée moderne, 1790.
*MARTINI, peintre, T. MËMMI.
*MARTINIQUE (LA), une des Petites-Antilles françaises, par 63° U'-63» 38' long. O., 14" 28'-14° 52' lat. N., à 110 kil. S. E. de la Guadeloupe, 94 k sur 35; 98 900 hect. ; 142 000 hab.,dont àpeine 10 000 blancs. Cette Ile est formée de deux presqu'îles réunies par un isthme. Elle forme un gouvt divisé en deux arrondissements, qui ont pour ch.-lx Fort-de-France et St-Pierre. Hautes montagnes, qui sont pour la plupart des volcans éteints, et parmi lesquelles on remarque la Montagne Pelée, le Carbet, la Soufrière. Beaucoup de mornes, collines de lave, d'où coulent des ruisseaux qui au temps des pluies deviennent des torrents dangereux. Côtes très-découpées, formant une multitude d'anses, de rades, et da petits ports. Climat très-chaud et malsain dans quelques parties; fréquentes invasions de la fièvre jaune. Plusieurs sources minérales, mais point de mines. Les bois occupent la plus grande partie de l'intérieur de l'Ile :on ne cultive guère que les côtes. L'île produit en grande quantité du sucre, du rhum, du café fort estim-é (dont la culture ne date que de 1723), du cacao, du coton, du tabac dit macouba, etc. La Martinique est sujette aux tremblements de terre; les plus funestes ont été, depuis un siècle, ceux de 1776, 79, 80,88, 1813, 17, 23et39. — Découverte par Christo-Dhe Colomb en 1493. Occupée au nom de la France en 1635 par L'Olive etDuplessis; colonisée un mois après par D'Énambuc, gouverneur de St-Christophe. Les Hollandais l'attaquèrent vainement en 1674; les Anglais la prirent en 1762, 1802 et 18IT" mais ils l'ont toujours rendue à la France. Les esbmves ont été affranchis en 1848. Un évêché y a été créé en 1850. MARTINISTES, disciples de Martinez Pasqualis. MARTIUS. V. le surnom qui suit ce nom. MARTOS, Tucci, Augusla Gemella, v. d'Espagne (Jaên), à 17 kil. S. O. de Jaën, sur une montagne; 12 800 hab. Ane évêché. Colonie romaine sous Auguste; inscriptions et antiquités romaines. Ferdinand III la prit sur les Maures en 1225 et la donna aux chevaliers de Calatrava.
AÎARV — 1203 — M ASC
*[[John Martyn|MARTYN (John)]], botaniste anglais, né à Londres en 1699, m. en 1768, allia longtemps au négoce la culture de la science et la pratique de la médecine, enseigna la botanique à l'Université de Cambridge à partir de 1727, contribua à la création du jardin botanique de cette ville, et publia, entre autres ouvrages : Historia Plantarum rariorum, Londres, 1728-36, in-fol., avec de beaux dessins de Van Huy-sum; Virgilii Georgica, 1741, ouvrage capital, où il éclaircit toutes les difficultés relatives à l'agriculture et à la botanique.—Son fils, Thomas M., 1735-1825 , naturaliste distingué, le remplaça dans sa chaire à Cambridge. On a de lui : le Conchyliologiste universel, en anglais et en frança:s, Londres, 1784; Flora rustica, 1792-94; English enlomologist, 1792; Aranei or a Natural hisiory of Spiders, 1793.
*MARTYR (Pierre) d'ANGHiEBA, historien italien, né en 1465 à Arona, sur le lac Majeur, m. en 1526, se fixa en Espagne, y obtint la protection de Ferdinand et d'Isabelle, fut chargé de l'instruction des pages, remplit plusieurs missions importantes et fut ; nommé en 1505 prieur de la cathédrale de Grenade. j On a de lui : De rébus Oceanicis et de Orbe novo Ë décades, ouvrage publié en plusieurs parties qui ont î été réunies dans l'édition de Paris, 1587, et qui renferme de précieux détails sur les voyages de Christ. Colomb et sur les premières découvertes faites en Amérique; Legatio Babylonica, relation d'une ambassade en Egypte (c'est le Caire qu'il désigne sous | le nom de Babylone), et un recueil de Lettres, en latin, riche en anecdotes sur la cour d'Espagne. J
*MARTYR (Pierre VERMIGLI, dit Pierre), théologien 1 protestant, né à Florence en 1500, entra fort jeune chez les chanoines réguliers de St-Augustin à Fie-| sole, en sortit pour embrasser la Réforme, se maria en 1546, enseigna quelques années la théologie à Oxford, mais dut quitter l'Angleterre à l'avènement à de Marie Tudor, 1553. Il voulait réunir les différen-1 tes sectes séparées de l'Église romaine. On a de lui : ; Loti communes theologici, Bâle, 1580-83. j
*MARTYRS (Ere des), ère qui date du 29 août 284, — fut établie par les Égyptiens à l'avènement dt Dio-if clétien, et fut d'abord nommée .Ère de Dioctétien. On 1 l'appela depuis Ère des Martyrs à cause de la persécution que les Chrétiens subirent sous ce prince, 3 *MARV-CHAU-DJUAN, Antiochia Margiana, ville S de la Tartane ( Boukharie), à 380 k. S. O. de Bouk hara, s près des frontières de la Perse; 3000 hab.— Fondée ; par Alexandre, et longtemps la résidence des sultans séldjoucides; ravagée par les Uzbeks en 1786; ; prise en 1860 par le chah de Perse.
*MARYEJOLS Marologium, ch.-l. d'arr. (Lozère), à 20 kil. N. O. de Mende; 4025 hab. Trib., collège, école ecclésiastique. Filatures de laine; serges, lainages.—Ville ancienne. Elle souffrit beaucoup dans, les guerres de religion, fut prise et ruinée par le dîic de Joyeuse eu 1586, et rebâtie par Henri IV en 1592. Dépeuplée parla peste en 1701.
*MARWAR , principauté de l'Inde médiate, dans l'ancien Adjmir, à l'E. de l'État de Djesselmire, a pour ch.-l. Djoudpour, v. de 60 000 h., auS. O. d'Adj-mir). Cet État, tributaire de l'Angleterre, compte environ 1 600 000 hab.
*MARYROROUGH, v. d'Irlande, ch.-l. du comté de la Reine (Queen's county), à 80 kil. S. O. de Dublin ; 3600 hab. Chemin de fer. Maison d'aliénés.
*MARYLAND, un des États-Unis de l'Amérique du Nord, sur l'Atlantique, dans la région du centre, et l'un des plus petits (318 kil. sur 195), a pour bornes la Pensylvanie au N., le Delaware à l'E., la Virginie au S. O., et l'Atlantique au S. E. et au S.; 690 000 h. (dont un quart d'esclaves); ch.-l. Anna-polis. Au N. O. monts Alleghany. Rivières, le Poto-mak, la Susquehannah, la Severn. Nombreux canaux, plusieurs chemins de fer. Chaleur très-forte, surtout dans les vallons. Tabac très-estimé ; froment en quantité; coton de qualité inférieure, lin, chanvre, etc. Houille et fer. —Annexé d'abord a la Virginie, ce pays fut colonisé en 1633 et ann. suiv. par des catholiques anglais, conduits par lord Baltimore, et qui lui donnèrent le nom de Maryland (terre de Marie), en l'honneur de la reine Henriette-Marie, femme de Charles I. Il se constitua dès 1776 en État indépendant, mais n'entra dans la confédération qu'en 1788. En 1790 il céda à l'Union une petite partie de son territoire sur la rive gauche duPotomak, pour former le district Fédéral, siège du gouvernement.
*MARYPORT, ville.et port d'Angleterre (Cumber-land), sur la "mer d'Irlande; 3877 hab. Tissus de coton, fonderie de fer; manufacture de glaces (une des plus belles de l'Angleterre); houille.
*MARZA-SOUZA, Sozusa, puis Apollonia, port de la régence de Tripoli (Barca), à 80 k. O. de ûerne. Ruines nombreuses.
===MAS===
*MASACCIO, appelé aussi Tomaso Guidi di San-Giovanni, peintre, né près de Florence en.1401, m. dès 1443, fut un des premiers réformateurs de la peinture et connut l'art des raccourcis. Il se distingua en outre par la splendeur du coloris, la suavité du clair-obscur, par des attitudes pleines de. mouvement et des expressions fortes et naturelles. Il dessinait au fond de ses tableaux des monuments en perspective, qui produisaient une complète illusion. On admire ses peintures dans une chapelle des Carmes à Florence, et dans la chapelle Ste-Catherine de l'église de St-Clément à Rome, surtout le groupe d'Adam et Eve, le Baptême de S. Pierre, On soupçonne qu'il mourut empoisonné par des jaloux.
*[[Masaniello|MASAN1ELLO (pour Tomaso Aniello),]] <s>pêcheur de Naples, né en 1623 à Amalfi, se mit en 1647 à la tête du peuple insurgé contre les receveurs des imr pots, assiégea le vice-roi espagnol (duc d'Arcos) dans son palais, le força à abolir l'impôt sur les denrées et à le reconnaître comme gouverneur et fut pendant sept jours maître absolu dans Naples. Ebloui de sa for-lune subite, il devint arrogant et crue! et remplit la ville de massacres; mais il fut bientôt abandonné des siens et assassiné par des émissaires du vice-roi. 11 est le héros de deux opéras : Masamello, par Caraffa, el la Muette de Portici, par Auber (paroles de Scribe).</s>
*MAS-CABARDÈS (Le), ch.-l. de cant. (Aude), sur l'Orbiel, à 22 kil. N. de Carcassonne; 750 hab.
*MASCAGN1 (Paul), anatomiste, né en 1732, près de Sienne, mort en 1815, enseigna l'anatomie et la physiologie à Sienne, à Pise, à Florence, se recommanda surtout par sus travaux sur les vaisseaux lymphatiques et fut élu associé de .l'Institut de France. Il compléta la belle collection de pièces ana-tomiques en cirs du Muséum de Florence. On lui doit une Anatomie universelle, qui parut après sa
M ASC — 1204 — MASl
mort, à P:3e, 1823-32 , avec de magnifiques planches : c'est un des plus beaux ouvrages de ce genre.
*MASCAIXCIA, v. de Sicile, à7 kil. N. deCatane; 1800 h. Presque détruite par l'éruption de l'Etna en 1669 et par le tremblement de terre de ]R18.
*MASCARA, Victoria, v. forte de l'Algérie (prov. d'Oran), ch.-l. d'une suhdiv. militaire et d'un district civil, à 90 k. S. S. E. d'Oran; env. 7000 hab. Palais des beys, plusieurs mosquées; fabriques de burnous noirs et de tapis. Prise par les Français après un combat sanglant en i835; cédée à AhtI-el-Kader par le traité de (a Tafna en 1837, et occupée de nouveau on 1841. — L'anc prov. de Mascara, auj. province d'Oran, la plus occid. de l'Algérie, entre la Méditerranée au N., le Maroc à l'O., le Biledulgérid au S., la prov. d'Alffer à l'R., avait 380 kil. sur 190.
*MASCARKIGNES (îles). On donne ce nom à plusieurs Iles de la mer des Indes situées à l'E. de Madagascar (Iles de Knince ou Maurice, Bourbon ou de la Réunion, Hodriguez, etc.), et plus spécialementà l'Ile Bourbon. Ce nom vient du Portugais Mascarenhas qui découvrit cette dernière île en 1545.
*MASCARON (Jules), célèbre prédicateur, né à Marseille en 1034, m. en 1703, entra en 1650 dans la congrégation de l'Oratoire, débuta en 1663 à Angers dans la carrière de la prédication, et s'y fit aiis-sitôtune brillante réputation. Plusieursgrandes villes voulurent l'entendre; il prêcha devant la cour l'avent de 1666, ainsi que le carême de 166»; il plut extrêmement à Louis XIV, malgré la franchise avec laquelle il reprochait aux grands et au roi lui-même leurs mœurs corrompues. En 1670, il fut chargé de l'oraison funèbre de Henriette d'Angleterre et de celle du duc de Beaufort; il fut nommé en 1671 évêque de Tulle. En 1675, il prononça l'oraison funéhre de Turenne, qui est son chef-d'œuvre. Transféré en 1679 à l'évêché d'Agen, où l'on comptait 30 000 calvinistes, il en convertit un grand nombre par sa douceur et par son éloquence, et fut, à sa mort, pleuré de tout son diocèse. Comme prédicateur, Mas-caron se distingue par la force, la rapidité, le mouvement; mais on lui reproche des hyperholes outrées, des rapprochements bizarres, un fatigant mélange de subtilité métaphysique et d'enflure. Le recueil de ses Oraisons funèbres a été publié en 1704, en 1 vol. in-12; on les trouve ordinairement réunies à celles de Bossuet et de Fléchier.
*MASCATE, Mascha, v. forte d'Arabie, capit. de l'imamat de Mascate, sur le golfe d'Oman, à 2000 k. E. de La Mecque, par 59° 20' long. E.,et par 33°38' lat N.; 60 OOU h. Port sûr et fortifié. C'est l'entrepôt de toutes les marchandises qui de l'Inde sont amenées dans le golfe Persique, et le centre du g'and commerce des perles d'Ormuz. Consulats français, anglais et américain. —Prise par Albuquergueen 1507 et possédée par les Portugais jusqu'en f(!48.
*MASCATE (Imamat de), un des principaux Etats de l'Arabie, dans l'Oman, s'étend sur lacÔteO. du golfe Persique entre 53°-57° 50' long. E. et et 22°-27° lat. N.,.a 540 kil. sur 280; env. 1 600 000 hab., dont un tiers esclaves: ch.-l., Mascate (cependant l'imam réside à Zanzibar). Ce pays est gouverné par un imam, qui réunit les pouvoirs spirituel et temporel et qui a le monopoledu commerce. Il possède, outre l'imamat, une partie du Farsistan et du Kerman, sur la côte de l'erse, et les îles de Kischm et d'Ormuz, sous la suzeraineté de la Perse, plus l'Ile de Zanzibar et toute la côte E. d'Afrique, du cap Ganlafui à Qué-rimbe. étendant ainsi sonautorité sur plusieurs millions d'hommes. Le climat de l'imamat est brûlant, cependant le sot est bon et les côtes poissonneuses. — De 1507 à 1648. l'iraamatde Mascate appartint aux Portugais; une révolution les en chassa. En 1803, les Wahabites mirent son indépendance en péril; mais l'intervention anglaise le préserva.
*MASCHKUONI (Laurent), poète et mathématicien, né en 1750 à Bergame. m. en 1808, s'appliqua d'abord à l'étude des lettres, puis s'attacha à celle des
mathématiques et les enseigna successif smeht à Bergame et à Pavie. Le plus célèbre de ses écrits mathématiques est la Géométrie du compas, Milan, 1795 (trad. en français parCarette. 1798), où il rlduit au seul usage du compas la solution des problèmes de géométrie élémentaire. Il vint en France en 1798, comme membre de la commission italienne du nouveau système des poids et mesures.
*MASCLEF (Fr.), hébrarsanl, néenl663 à Amiens, m. en 1738, était chanoine d'Amiens. 11 est connu par le système de lecture de l'hébreusans points-voyelles, à l'appui duquel il publia : Grammatica hebraica,a punclis aliisque invenlis mdssbreticis libéra, Paris, 1716,système qu'il appliqua aux langues chaldéenne, syrienne et samaritaine dans une grammaire de ces langues, imprimée à Paris, 1731. Sa méthode a été vivement attaquée.
*MAS-D'AGÉNOIS (LE) , ch.-l. de cant. (Lot-et-Garonne), sur la r. g. de Ja Garonne, à 13 kil. S. E. de Marmande; 2600 hab.
*MAS D'AZIL (LE), Asulum, ch.-l. de c (Ariége), sur l'Arize, à 12 k. S. O. de Pamiers; 2900 h. Eglise calviniste. Ville autrefois" fortifiée, vainement assiégée par les Catholiques en 1625. Caverne où s'engouffrent les eaux de l'Arize.
*MASENIUS (Jacob), jésuite, né en 1606àDalen (duché de Juliers), m. en 1681, professa les belles-lettres à Cologne. Il a composé un grand nombre d'ouvrages ascétiques, historiques ou littéraires ; le plus connu est un poëme latin intitulé : Sarcothea (c-à-d. la chair), divisé en cinq livres, et renfermant l'histoire de la désobéissance d'Adam et d'Eve, de leur expulsion du paradis terrestre, et des malheurs du genre humain causés par l'orgueil. William Lau-der, critique écossais, prétendit faussement que Mil-ton y avait puisé l'idéeilu Paradis perdu, et en avait i mité les plus beaux passages. Ce poème, qui offre des beautés et dont la latinité est assez pure, a été imprimé par Barbou, Paris, 1771, et traduit eu français par Dinouart, 1757.
*MASEYCK. Y. MAESEYCK.
*MASUAM (Abigaïl HILL, lady), favorite de la reine Anne, était fille d'un.marchand de Londres et fut placée auprès de la princesse en qualité de femme de chambre par lady Marlborough, sa cousine germaine. Elle supplanta sa protectrice, obtint une grande influence et dirigea en 1714 les négociations secrètes entamées avec la France du consentement de la reine, pour faire remonter le prélendantsur le trône. Elle épousa en 1707 Masham, jeune officier inconnu, et réussit à le faire nommer baron et pair d'Angleterre : c'est cette faveur qui excita la jalousie de lady Marlborough et qui amena la brouillerie des deux cousines et par suite la chute de Marlborough, A la mort de la reine, elle se retira de la cour ; elle mourut oubliée.
*MASlNISSA,roidesMassyliens en Numîdie, suivit d'abord le parti des Carthaginois et combattit les Romains en Espagne. Scipion lui ayant renvoyé sans rançon un de ses neveux (212 av. J.-C), il fut tellement touché de cette générosité qu'il s'attacha désormais aux Romains. Il resta toujours depuis leur allié fidèle, et les aida puissamment à battre et à prendre Syphax, roi des Massésyliens (203). Il avait, après la victoire, épousé Sophôhisbe, femme du roi vaincu; mais Scipion ayant désapprouvé ce mariage parce qu'il voulait faire paraître Sophonisbe à son triomphe à Rome, Masinissa, pour épargner cette honte à la princesse numide, lui envoya du poison. Il n'en resta pas moins attachéà la causedesRomalnsetcon-tribua beaucoup au gain de la bataille de Zama (202) ; il reçut en récompense les États de Sypha* et uue partie du territoire de Cartilage. Ce prince introduisit la civilisation chez les Numides. Il mourut ea 149, dans une extrême vieillesse, laissant un grand nombre de fils, entre autres Micipsa, Gulussa et Ma-uastabal, entre lesquels ses États furent partagés.
*MASIUS MONS, auj. le Karadja-dagh, chaîne de
MASQ — 1205 — MÀSS
montagnes de la Mésopotamie septentr., sur les limites de la Mygdnnie, au N. de Nisibis, se'détachait du Taurus et s'étendait depuis l'Euphrate, au S. E. de la Mélitène, jusqu'au Tigre.
*MASKELEYNE (Mevil), astronome, né à Londres en 1732, m. en 1811, alla en 1761 à Ste-Hélène pour observer le passage de Vénus, perfectionna les instruments et les méthodes d'observation, fit adopter dans sa patrie l'Almanach nautique proposé par Lacaiile, entra en 1775 à l'Observatoire de Greenwich et fit un grand uombre d'observations u'une admirable exactitude, qu'il publia chaque année par cahiers. On a de lui en anglais le Guide du marin, 1763; l'Almanach nautique, avec des tables, 1781. Il reconnut par d'ingénieuses expériences que la densité de la terre devait être 4 ou o fois celle de l'eau, résultat peu éloigné de celui qu'a trouvé Cavendish.
*MASON(W ). poêle anglais, né en 1725 dans l'York-shire, m. en 1797, était fils d'un ministre anglican et devint chapelain et chef des chantresde la cathédrale d'York. Il a composé des poêmesdramatiques à l'imitation des anciens avec des chreurs (Elfiida, Carac-tacus);desodes, les unes philosophiques(toAfe'moiYe, la Mélancolie), les antres politiques (fa Tyrannie, Ode à la marine de l'Angleterre; à William Pitl, la Palinodie, etc.); des élégies: un Essai sur la musique des cathédrales; l'Aride peindre, imité de Du-fresnoy; le Jardin anglais, poème didactique. C'est dans le dernier genre qu'il a le mieux réussi. Il était intimement lié avec le poète Gray. Ses OEuvres ont été publiées à Londres, 1811, 4 vol. in-8.
*MAS'OUD (Abousaïd), de la dynastie des Gaznévi-des, était fils aîné du fameux Mahmoud. Ce prince avait, en mourant (1028), partagé ses Etats entre lui et son 2° fils Mohammed; mais Mas'oud déclara la guerre à son frère, s'empara de sa personne, lui fit crever les yeux et régna seul sur tout l'empire, qui comprenait l'Inde et la Perse (1030). 11 soumit le Mékrau. mais il se laissa enlever le Khoraçan par les Turcs-Seidjoucides, et périt assassiné par un fils de Mohammed (1042).
*MAS'OUD (Galath-Eddin), de la dynastie des Seld-joucides, se fit proclamer sultan de Perse à Hama-dan en 1134, dépesa le calife Rasehid "pour mettre à sa place Moctafy (1136), et mourut en 1152, après avoir porté au plus haut point la puissance des Seld-ioucides.— Deuxautres Mas'oud, de la race des Seld-joucides, occupèrent le trône d'Iconium : le 1" de 1117 à 1156 : il fut en guerre avec l'empereur grec Jean Comnène, avec les Croisés que commandaient Conrad III et Louis le Jeune, et avec Josselin, comte d'Edesse, et fut heureux dans presque toutes ses expéditions; le2", de 1283 à i294 : il fut en guerre avec Amer-Khan, émir turc, le fitégorger, et fut lui-même tué dans une bataille que lui livra le fils d'Amer. Avec lui finit l'empire seldjouckle d'Iconium.
*MAS'OUDV, hisionen arabe, issu d'une famille de Médine. né à Bagdad vers 890, mort en 947 ou 956, avait le titre de docteur. Il passa la plus grande partie de sa vie en voyages pour augmenter son instruction et finit par se fixer à Fostat en Egypte. On a de lui : Prairies d'or et mines de pierres précieuses, espèce d'encyclopédie fort curieuse, dans laquelle il rassemble tout ce qu'on savait de sou temps, histoire, géographie, astronomie, religion, et fait preuve, en toutes choses, d'une instruction solide. Cet ouvrage a été traduit en anglais par le docteur Sprenger en 1842. La Société asiatique de Paris en prépare une édition complète, avec traduction française. La Bibliothèque impériale de Paris possède un autre ouvrage de Mas ouiiy, le Ketab allanbyh (le livre dfe la manière d'acquérir l'honneur).
*MASPUAT, c-à-d. lieu élevé, v. de la tribu de Juda, entre Hébron et Jérusalem : c'est là que le peuple assemblé élut Saûl pourrai. —C'était aussi le nom du quartier occidental de Jérusalem.
*MASQUE DE FEU (l'Homme au), personnage mystérieux qui fut détenu prisonnier en France plus de
40 ans et qui portait sans cesse sur la figure un masque noir, qui était en fer selon les uns, en velours noir selon les autres. Mis sous la garde de St-Mars, il fut conduit au château de Pignerol en 1666, puis transféré en 1686 à l'Ile Ste-Marguerite, et.en 1698 à la Bastille, où il mourut en 1703. Il fut enterré sous le nom de Marchiali. On a fait sur ce prisonnier mille suppositions : on a dit que c'était un frère jumeau de Louis XIV, qu'on auraU fait disparaître pour prévenir la rivalité des deux frères; le comte de Vermandois, fils naturel de Louis XIV et de Mlle de La Vallière, qui fut enfermé pour avoir donné un soufflet au grand dauphin ; le duc de Beaufort, qui disparut au siégede Candie en 1669; le duc de Mon-mouth, neveu de Jacques II, que la France aurait soustrait au supplice; le comte Girolamo Matthioli, ministre du duc de Mantoue, qui aurait été enlevé de Turin pour avoir empêché son maître de vendra Casai au roi de France; ou Jean de Gonzague, secrétaire de Matthioli, et enlevé avec lui : ou un fils adultérin d'Anne d'Autriche et de Buckingham ou de Mazarin. La première de ces opinions, qui est celle de Voltaire, est la plus vraisemblable : elle est appuyée par les Mémoires du duc de Richelieu (publ. en 1790), et par un manuscrit attribué à St-Mars même, que l'on conserve aux Affaires étrangères. Il y a aussi des probabilités pour la 2' hypothèse. Du reste, c'est un mystère qui paraît impénétrable.
*MASSA, Herculisfanum?\. d'Italie, ch.-l.de l'anc duché de Massa-Carrara, à 96 k. O. N. O. de Florence, près de la mer; 8000 h. Evêché, suffragant de Luc-ques. Château fort, beau palais ducal en marbre. Académie de sculpture et architecture. Exploitation et commerce de marbre statuaire dit de Carrare.
*MASSA-CABBABA(Duchéde), anc. principauté d'Italie, sur le versant S. des Apennins, entre le duché de Modène au N. ot à l'E., la principauté de Lucquesau S., les Etats sardes à l'O.: 44 kil. sur 17; 31 000 h. Huile, vin, soie, chanvre; marbres très-recherchés. Ce duché a été formé du duché de Massa et de la principauté de Carrara.— Ce pays faisait jadis partie de la Ligurie ; au moyen âge, uappartint à titre de marquisat à la famille des Malaspina; en 1568, il passa dans celle de Cybo, pour laquelle il fut érigé en duché. En 1743, la maisondeModènel'acquitparmariage.Sous la République française, il forma en partie le départ. du Crostolo.Napoléon le donna en 1806àsa soeur Êlisa; en 1809, il conféra au grand juge Régnier le titre de duc de Massa. En 1814, ce duché a été restitué à Marie Béatrix, héritière des maisons d'Bste et de Cybo, pour retourner après sa mort au duc de Mo-dèrx, qui en a pris possession en 1829. En 1859, il fut «nnexé au royaume d'Italie.
*MASSA-D1-MABEMMA OU MASSA-MARITIMA. V. de TOS-
cane, à 40 kil. S. O. de Sienne, près des Marem-mes; 2200 hab. Évêché. Cathédrale du xur siècle.
*MASSA-LUBRENSE, v. d'Italie (prov. de Napies), sur le golfe de Napies, à 4 k.S. O. deSorrente; 2800h. Évêché. On la nomme aussi Massa di Sorrenlo.
*MASSACIIUSSETS, un des Etals-Unis de l'Amérique du N., dans la région du N., sur l'Atlantique, a pour bornes ceux de Vermont et de New-Hamp-shireauN., deRhode-Island et de Connecticut au S., de New-York à l'O.: 98 kil. du N. au S., 200 de l'E. à l'O.; 20000 k. carrés; 1 232 000 h.; ch.-l. Boston. Montagnes à l'O. ; plusieurs rivières : le Connecticut, le Merrimack, etc. Climat agréable et sain, mais sujet aux excès du chaud et du froid. Le sol, aride sur les côtes, est fertile à l'intérieur. Marbres, granit, fer. Tissus de soie, de coton, de laine ; verreries, distilleries, chantiers, etc.; commerce très-prospère; on pêche beaucoup le long des côtes. Nombreux chemins de fer. —Le Massachussets tire sou nom d'une des tribus indiennes qui l'habitaient. 11 est du nombre des colonies anglaises qui se formèrent de 1620 à 1635dans cequ'on appelait Virginie septentrionale ou Nouv. Angleterre. C'estde Boston, dans le Massachussets, que partit le signal de l'insurrection des Etats-
MASS — 1206 — MASS
Unis, et cet Etat fut plusieurs fois le théâtre de la guerre. L'esclavage y fut aboli dès 1683.
*MASSADA, place forte de la Judée, à l'E. de Jérusalem, et près de la mer Morte. Hérode y fit faire d'immenses travaux pour la rendre inexpugnable : ce prince y avait un magnifique palais. M. de Sauley a réoemment retrouvé l'emplacement de cette ville. MASSAGÈTES, Massagetx, peuple scythe, qui habitait le littoral de la mer Caspienne, au N. et à l'E., entre l'Iaxarte et l'Imaûs. ils étaient nomades, pasteurs et ichthyophages, buvaient le lait de leurs cavales, et comuattaient tantôt à pied, tantôt à cheval. On prétend qu'ils tuaient leurs vieillards et se nourrissaient de leur chair. Cyrus ne put les soumettre. V. THOMYMS.
*MAS-SAINTES-PUELLES (Le), bourg de France (Aude), à G kil. S. de Castelnaudary ; 1200 hab. Patrie de S. Pierre Nolasque. — Ce lieu, nommé jadis Recaudum, prit son nom de deux saintes filles qui y furent enterrées. Jadis ville forte : prise et brûlée par les Anglais (1355), et par Louis XIII (1623). Elle avait été vainement assiégée par Joyeuse en 1586.
*MASSAT, ch.-l. de cant. (Ariége), à 23 kil. S. E. de St-Girons; 7180 h. Aux env<r., mines de fer.
*MASSEGROS, ch.-l. de cant. (Lozère), arr. et près de Florac; 350 hab.
*MASSÉNA (André), prince d'Essling, maréchal de France, né à Leven, près Nice, en 1758, était fils d'un marchand de vins et s'enrôla fort jeune dans un régiment français. Ne pouvant dépasser les grades inférieurs, faute de naissance, il s'était retiré du service lorsqu'éclata la Révolution. Nommé en 1792 chef de bataillon, eu 1793 çénéral de brigade, il se distingua à l'armée du Midi, fut promu en 1795 au grade de général de division, et prit la part la plus glorieuse à la conquête de l'Italie par Bonaparte : c'est lui qui décida le gain de la bataille de Rivoli (1797); après ce combat, le général Bonaparte lepro-clama l'Enfant chéri de la victoire, surnom qui lui est resté. En 1798, il fut mis à la tête du corps d'armée chargé d'établir un gouvernement républicain dans l'État de l'Église; mais il fut accusé de dilapidations par sa propre armée, et se vit contraint à se retirer. Cependant il reparut dès l'année suivante à l'armée d'Helvétie : il se couvrit de gloire en battant à Zurich les Russes, qui menaçaient la France d'une invasion. Envoyé ensuite en Italie pour s'opposer aux Autrichiens qui reprenaient les pays conquis, il se jeta dans Gênes avec une poignée de soldats, et parvint à retenir le général autrichien Mêlas assez longtemps pour favoriser l'irruption de Bonaparte en Italie et préparer la victoire de Marengo. C est à lui que Bonaparte remit le commandement quand il revint à Paris. En 1804, il fut faitmaréch.,et bientôt d. de Rivoli. En 1805 il reçut le commandement en chef de l'année d'Italie : vainqueur à Caldiero, à Vicence et sur la Brenta, il poursuivit avec vigueur le prince Charles, qui fut contraint de se retirer en Allemagne; en 1806, il accompagna Joseph Bonaparte, qui allait se mettre en possession du royaume de Naples, prit Gaête et battit plusieurs fois les rebelles de la Calabre. En 1809, il commanda en Autriche le corps de la grande armée, et sauva l'armée à Essling : Napoléon, en récompense, le créa prince d'Essling. Moins heureux en Portugal (1810), il ne put chasser de ce pays les Anglais, commandés par Wellington; après le combat malheureux de Fuentes d'Onoro, il rentra en France (1811). Napoléon le laissa depuis sans emploi. 11 mourut à Paris en 1817. Masséna devait plus à la nature qu'à l'éducation. Au dire de Napoléon, le bruit du canon éclaircissait ses idées, lui donnait delà pénétration et de la gaieté. Son caractère distinctif était l'opiniâtreté et la persévérance : il ne se décourageait jamais. Il a laissé des Mémoires, qui ont été rédigés et publiés par le général Kock, Paris, 1849. MASSESSYLESou MASSBSYLIENS, MassessyU, peuple île la côte septentr. d'Afrique, entre les Massyles à l'O et la Mauritanie à l'E. T. NUMIDIE et SYPHAX.
*MASSEDBE, ch.-I. de cant. (Gers), sur la r. g. du
Gers, à 21 kil. S. E. de Mirande; 1500 hab. Grand commerce de mulets.
*MASSEVAUX,en ail. Jlfasmtmster,v.d'AIsace-Lor-raine, à 20. kil. E. N. E. de Bélfort, sur le Douer; 3356 hab. Tissus de coton; forges. II doit son nom à une célèbre abbaye de chanoinesses augustines, dont les bâtiments servent auj. de filature.
*MASSIAC, ch.-l. de cant. (Cantal), sur l'AIagnon, à 30 kil. N. de St-Flour; 1600 h. Ghâteau. Station.
*MASSIEU (Guill.) littérateur, né à Caen en 1665, m. en 1722, entra fort jeune chez les Jésuites, en sortit bientôt pour se livrer aux lettres, devint professeur de langue grecque au Collège de France.mem-bre de l'Académie française et del'Académîe des inscriptions , et se fit une réputation par une Histoire de la poésie française, 1734 (1 vol. in-12), qui est cependant un ouvrage peu exact. On a aussi de lui une traduction de Pindare et un poëme latin sur le café. — Un autre Massieu, J.B., 1742-1818, conventionnel et évêque constitutionnel de l'Oise, a donné une traduction de Lucien, 1781-67, 6 vol. in-12.
*MASSILIE, Wassilia, v. de Gaule. Y. MABSEOLE.
*MASSILLON(J.B.),célèbreprédicateur,néenl663, àHyères en Provence, m. en 1742, entra jeune dans la congrégation de l'Oratoire, professa les belles lettres etla théologieàPézenas, à Montbrison, à Vienne; vint à Paris en 1696 pour diriger le séminaire de St-Magloire; fut chargé en 1698 par le roi d'une mission à Montpellier, dans lagùelle il commença m réputation ; prêcha en 1699 le carême dans l'église de l'Oratoire et l'avent à Versailles, et se plaça dès lors au premier rang des orateurs de la chaire. Louis XIV se plaisait à l'entendre, mais il ne fit rien pout son avancement; le Régent fut plus juste et le nomma en 1717 évêque de Clermont-Ferrand. Il fût reçu à l'Académie en 1719. Il passa le reste de sa vie dans son diocèse, et s'y fit bénir par sa charité et ses vertus évangéliques. On a de Massillon : 1° des Sermons, au nombre de près de 100, parmi lesquels on remarque surtout les sermons réunis sous le titre de Petit Carême, prononcés en 1717 devantle jeune roi Louis XV et où il traite des devoirs des grands ; le sermon sur V Aumône, et celui sur le Petit nombre des élus : ce dernier contient une prosopopée Célèbre sur le jugement dernier qui fit tressaillir tout son auditoire d'un mouvement commun d'effroi ; 2" des Mystères et des Panégyriques de saints; 3° des Oraisons funèbres, dont la plus belle est celle de Louis XIV ; 4° des Conférences ecclésiastiques, Mandements, Discours synodaux ; 5° des Paraphrases de psaumes. Le genre de Massillon est une éloquence douce, insinuante, pleine d'onction, souvent pathétique, harmonieuse et abondante en développements : on l'a surnommé le Racine de la chaire. Vivant dans un siècle de philosophie, il s'adresse à la raison autant qu'à la loi. Moraliste profond, il avait fait une étude assidue du c&ur humain, et il en suit avec une admirable pénétration tous les replis. Ses OEuvres ont été réunies par son neveu, Joseph Massillon,1745-48 ; ellesontété souvent réimprimées avec des additions, notamment parRe-nouard,1810, 13 vol.in^8; Méquignon, 1818, 15 vol. in-12; l'abbé Guillon, 1828, 16 vol. in-12. Tâbaraud a donné lesOEuvres choisies deMassillon, 1824, 6 v. in-8, et Renouard, des Morceaux choisis de ses écrits, à l'usage des classes, 1812.D'Alembert prononça son Éloge. La ville d'Hyères lui a élevé une statue.
*MASSINGER (PliiL), poète dramatique, né en 1584 à Salisbury, où son père était au service chez le comte de Pembroke, m,, en 1640, se fixa de bonne heure à Londres, travailla pour le théâtre avec Flet-cher, Rowley, Dekker, réussit dans la comédie et la tragédie et égala presque Ben-Jonson. On estime surtout sa tragédie du Duc de Milan, et les comédies intitulées le Tuteur, la Nouvelle méthode de payer se* dettes, 1633. La meilleure édition dé ses OEwes es* due à W. Gifford,4 vol. in-8,1805 et 1813. MASSINISSA. V. MASIKISSA.
MASS 1207 — MATE
*MASSIQUE (mont), Massicus mons, auj. Massico, au N. de Mondragone; montagne de l'Italie anc, sur les confins du Latium et de la Campanie, et très-près de Falerne, était renommée par ses vins.
*MASSIVA, prince numide, parent de Masinissa. Lorsque Jugurtha fut mandé à Rome pour rendre comte de sa conduite, Massiva sollicita du sénat le royaume de Numidie; Jugurtha, craignant l'effet de sa démarche, le fit assassiner.
*MASSON (Jean Papire), historien, né en 1544, à St-Germain-Laval, dans le Forez, m. en 1611, remplissait à Paris les fonctions de substitut du procureur général. Ses principaux ouvrages sont : Anna-Hum libri IV, quibus res gestse Francorum expli-tantur, Paris, 1577 et 1598 ; De Episcopis Urbis (Ro-mss) qui Ecclesiam rexerunt, 1586 (c'est une histoire des Papes) ; Notitia episcopatuum Galliœ quse Fran-cia est, 1606 et 1610; Descriptio fluminum Galliœ, 1618; Ilistoria calamitatum Gallix, a Constantino Csesare usque ad Majorianum (dans le 1.1 des Francorum scriptoresde Duchesne); des éditionsdesLettres de Gerbert, des OEuvres de Loup, d'Agobard et de Gerbert, et de précieuses biographies sous le titre d'Elogia.— Son frère, Jean Masson, aumônier du roi, a aussi laissé quelques écrits historiques, entre autres une Histoire de Jeanne d'Are, 1612.
*MASSON (Jean), ministre protestant, né en 1680, m. vers 1750, était fils d'un ministre chassé de France lors de la révocation de l'Édit de Nantes. lia écrit, avec son frère Samuel et son cousin Philippe, une Histoire critique de la République des lettres, Utrecht, 1712-18, 15 vol. in-12. On lui doit aussi des Vies d'Horace, d'Ovide, de Pline le Jeune.
*BASSON (fin. Franc. Philibert), né en 1762, àBla-mont en Franche-Comté, m. en 1807, associé de l'Institut, entra en 1786 au service de la Russie es. devint major et secrétaire du grand-duc Alexandre. Expulsé par Paul I comme partisan delà Révolution, il revint en France et fut nommé secrétaire général de la préfecture de Rhin et Moselle. On a de lui des Mémoires secrets sur la Russie, 1802; les Helvétiens, poème en 10 chants, où il chante la lutte des Suisses contre Charles le Téméraire, 1800 ; des Odes, et, la Nouvelle Astrée, roman, 1802.
*MASSON (François), statuaire, élève de G. Coustou, né en 1745, àVieille-Lire en Normandie, m. en 1807, exécuta la belle fontaine de la place de l'évêché à Noyon, fit, pendant la Révolution, les bustes des personnages marquants de l'Assemblée constituante, composa un groupe allégorique du Dévouement à la patrie, et fut chargé d'élever un monument à J. J. Rousseau. On lui doit encore des statues de Périclès, de Cicéron, et du général Caffarelli, des bustes de JCléber, de Lannes, et le tombeau de Vauban, aux Invalides. Cet artiste unit la grâce à la vigueur, et rend la natu re avec autan t de finesse q ue d'exactitude.
*MASSORËTES (de l'hébreu massora, tradition), docteurs juifs qui aidèrent à fixer d'après les manuscrits et la tradition orale la leçon du texte sacré en y ajoutant les points-voyelles. L'origine de ces points-voyelles est fort incertaine : elle a été attribuée aux docteurs de l'école de Tibériade (au v" siècle), à Es-dras, et même à Moïse; cependant quelques-uns pensent qu'elle ne remonte pas plus haut que le ix° siècle. Plusieurs hébraïsants ont combattu cette innovation, notamment Cappel et Masclef.
*MASSOUAH, v. et port d'Abyssinie, dans le Sa-mara, par 37° 17' long. E., 15° 34' lat. N., dans une île de la mer Rouge, appartient à la Turquie ; 2000 cabanes. Commerce maritime actif; consulat français.
*MASSOURE (LA). V. MANSOURAH.
*MASSUET (Pierre), littérateur, né en 1698 à Mou-zon (Meuse), m. en 1776, entra chez les Bénédictins àMetz, puis se retira en Hollande, où il embrassa le Protestantisme. On a de lui : Histoire des rois de Pologne, Amst., 1733; —de la guerre présente, 1735; — de la dernière guerre, avec la Tie du prince Eu-çène,î736-37 ;—de l'empereur Charles VI, 1742.Il fut le principal rédacteur de laBibliothèque raisonné?-des ouvrages des savants de l'Europe, Amst., 1728-53, 52 vol. in-12, et rédigea une précieuse Table des matières contenues dans les Mémoires de l'Académie des sciences, de 1699 d 1734, Amst., 1741, in-4.
*MASSYAD, v. et forteresse de Syrie, aux env. de Beyrout, est regardée comme le ch.-l. des Ismaéliens de Syrie. Elle fut prise et détruite par les Turcs.
*MASSYLES ou MASSYLIENS, nation numide qui habitait toute la partie orientale de la Numidie, à l'E. des Massésyliens, eut pour roi Masinissa.
*MASULIPATAM, v. de l'Inde anglaise (Madras), dans un Ilot du golfe de Bengale, à 20 k. N. de l'emb. de la Kistnah, par 78° 55' long. E., 16° 10' lat. N.;. 80U00 h. Bon port, forteresse importante. Beaux tissus de coton dits chints, renommés par leur finesse et leur belle couleur, tabac, etc. Grand commerce avecla Chine, les Birmans, la Perse, l'Arabie. — Masulipa-tama été successivement aux Mongols, aux Mahomé-tans, aux Français (1751), aux Anglais (1759) ijui l'ont gardée depuis ce temps.
===MAT===
*MATAMORAS, v. du Mexique, dans l'anc prov. de Tamaulipas, sur la r. dr. du Rio Bravo del Norte, à 60 k. de son embouchure. Elle fut enlevée aux Mexicains par les Texiens en 1839 et fut occupée en 1846 par les troupes des Etats-Unis, qui y défirent les Mexicains.
*MATAN, v. de l'Ile de Bornéo, ch.-l. du roy. de Matan, sur une riv. de même nom, à 900 kil. S. O. de Bornéo; 10000 hab.Le roy. de Matan, sur la côte occid. de Bornéo, est auj. vassal des Hollandais. Le roi de Matan possédait un diamant brut de 367 carats, qui, réduit à 183 parla taille, serait de tous ceux qu'on connaît le troisième en grosseur.
*MATANZAS, v. de l'île de Cuba, sur la côte N., à-80 kil. E. de la Havanne ; 25 000 hab. Chemin de fer pour Cardenas. Commerce considérable en sucre, mélasse et café. La flotte hollandaise défit la flotte portugaise en vue de cette ville en 1627.
*MATAPAN (cap), Tsenarium prom., cap de Grèce, à l'extrémité S. de la Morée, par 36° 22' 58" lat. N'., 20° 9' long. E. C'est le point te plus méridional du continent européen.
*MATAREM (Empire de),anc. Etat de l'île de Java, comprenait à peu près l'île entière au xv° siècle, mais avait pour noyau les deux provinces de Soura-kartaet de Djocjakarta. Les Hollandais dominent dans ce pays depuis 1775.
*MATARIEH,v. de la Basse-Egypte, près des ruines de l'anc On ou Héliopolis, à 10 kil. N- N. E.duCalre. Kléber y défit les Turcs le 20 mars 1800.
*MATARO, Iluro ? v. et port d'Espagne (Catalogne), sur la Méditerranée, à 27 kil. N. E. de Barcelone; 15 000 hab. Divisée en vieille ville et ville neuve, la 1™ très-ancienne, la 2° plus moderne; celle-ci est assez jolie; il s'y trouve beaucoup de peintures à fresque. Chemin de fer. Industrie active : velours, soieries, bas, blondes, dentelles, verreries, chantiers de construction. Vins rouges, ëaux-de-vie. Antiquités. MATELLES (LES),ch.-l. de cant. (Hérault)-, à 14 k. N. O. de Montpellier; 400 hab.
*MATERA, Uateola, v. d'Italie, dans l'anc. roy. de Naples (Basilicate), sur laGravina, à 67 k. E. de Po-tenza; 13 000 h. Archevêché (avec Acerenza). Cathédrale remarquable. Cette ville fut fondée 8 siècles av. J.-C. C'est là que Guillaume Bras de Fer fut créé comte de Pouille.
*MATHA, ch.-l. de c (Charente-Inf.), à 18 k. S. E. de St-Jean-d'Angély; 900 hab. Eau-de-vie. MATHA (S. Jean de). V. JEAN (S.). MATHAN, prêtre de Baal et conseiller d'Atbalis, était un Juif apostat. Il fut tué devant l'autel de Baal par ordre du grand prêtre Joad, 876 av. J.-C.
*MATUATHIAS, Juif, de la race des Asmonéens, père des Machabées, refusa de sacrifier aux idoles, se mit à la tête des Juila soulevés contre les rois de Syrie, 166 av. J.-C, parcourut le pays, détruisit partout les autels des faux dieux, et rétablit le culte du Seigneur. Sentant sa fin approcher, il donnapour chef & ses trounes son (ils Judas. F. MACHABEES.
MATI1 — 1208 — MATS
*MATUES (LES;, vge du dé7. de la Vendée, sur la côte, à 18 kil S. S. O. de Marennes. Louis de La Ro-chejacquelein y fut tué pendant les Cent-Jours(1815) en combattant à la tête des Vendéens.
*MATHIAS, MATIUKU. F. MATTHIAS, MATTHIEU.
*MATHILDE (Ste), fille d'un seigneur saxon, fut mariée fort jeune au roi de Germanie Henri l'Oiseleur, et en eut deux fils, Othon et Henri.Elle se montra sur le trône pieuse et charitable, fonda plusieurs monastères, eDtre autres celui de Ouedlinbourg, et mourut en 968. On la fête le 14 mars.
*MATHILDE, fille de Baudouin V, comte de Flandre, et d'Adèle de France, fille du roi Robert, épousa en 1054 le duc de Normandie, Guillaume le Bâtard, depuis roi d'Angleterre, et eut de lui onze enfants, dont les plus connus sont Robert Courte-Heuse, Guillaume le Roux, et Henri Beauclerc Elle mouruten 1083.Elle tenta souvent d'adoucir son époux.et le réconcilia avec son fils Robert, qui avait porté les armes contre lui. Elle fonda i'Abbaye-aux-Dainesà Caen.On lui a attribué la célèbre tapisserie de Bayeux, mais les critiques modernes les plus compétents s accordent à reconnaître qu'elle ne peut être son ouvrage.
*MATHILDE (Ste), reine d'Angleterre, fille de Malcolm, roi d'Ecosse, fin mariée en 1100 à Henri I, roi d'Angleterre, donna sur le trône l'exemple de toutes les vertus et mèriia d'être surnommée la bonne reine. Elle mourut en 1118, le 30 avril, jour où on la fête.
*[[Mathilde l'Emperesse|MATHILDE]], reine d'Angleterre, fille de la précéd. et d'Henri I. Mariée d'abord à l'empereur Henri V (1114), elle resta veuve en 1125. Deux ans après, elle épousa Geoffroy Plantagenet, comte d'Anjou ; elle se vit appelée au trône d'Angleterre en 1135, a la monde son père. La couronne lui fut disputée par Etienne, comte de Boulogne, nevejide Henri, qui l'emporta pour quelque temps; mais l'armée de ce prince ayant"été défaite en 1141 parle comte d> Glocester, frère naturel de Mathilde, celle-ci fut solennellement couronnée. Elle s'aliéna ses sujets par un caractère altier, et Glocester, son principal appui, étant mort en 1147, elle fut contrainte d'abandonner le trône à son rival. Elle se réfugia en France, où elle mourut en 1167. Son fils Henri II avait été reconnu roi dès 1154.
*[[Mathilde de Toscane|MATHILDE (la Grande comtesse)]], souveraine de la Toscane et d'une partie de la Lombardie, néeen 1046, était fille de .Boniface II, marquis, puis duc de Toscane, et de Béatrix, et ne régna qu'après sa mère, 1076 Outre la Toscane, elle possédait les comtés de Modène, Reggio, Mantoue, Ferrare et Crémone. Mariée deux fois, la première avec Godefroy le Bossu, duc deLorraine, en 1063, ladeuxième avec Guelfe V, duc de Bavière, en 1089, elle se sépara successivement de ces deux époux. Elle se montra constamment dévouée au S.-Siége : dans-la querelle des investitures, elle secourut le pape Grégoire Vil contre l'empereur Henri IV, et reçut le pontife dans sa forteresse de Canossa, près de Reggio, où Henri fut contraint de venir se soumettre à une humiliante pénitence (1077). Longtemps en guerre avec les empereurs, elle perdit et reprit tour à tour plusieurs places fortes au nord du Pô. Elle fit donation de tous ses Etats au pape en 1102 (elle lui en avait fait dès 1077 une donation secrète) et mourut en II 15. Les papes et les empereurs se disputèrent son héritage pendant deux siùcles : le St-Siége n'en recueillit qu'une partie, celle qui futdésignée plus tard sous le nom de Patrimoine de Si-Pierre. Ain. Renée a fait son histoire sous le titre de La grande italienne, 1859.
*MATHILDE (Caroline), reine de Danemark, était le 9' et dernier enfant de Frédéric-Louis, prince de Galles, père de George III, roi d'Angleterre. Elle fut mariée en 1766. dès l'âge de 15 ans, à Christian VII, roi de Danemark, pelle, jeune, sans expérience, elle se laissa compromettre dans des intrigues avec le mi-Bistre Struensée, et lut condamnée comme adultère. au divorce et à l'exil. Elle mourut de chagrin à Zeil en 1775, à 24 ans, au moment, dit-on, où son époux, reconnaissant son innocence, allait la rappeler.
*MATHOURAou MOTTRA, v. fortedel'Inde anglaisa (Calcutta), sur la Djomnah, à 40 kil. N. O. d'Agrah; env. 60 000 hah. Quantité de temples. C'est uns ville sainte pour les Hindous, qui y font naître Krichna et qui y vont en pèlerinage. Jadis grande et riche, mais saccagée en 1018 par Mahmoud le Gaznévide et en 1756 par Ahmed-Chah. Aux Anglais depuis 1803.
*MATI1ITRIN (S.), prêtre et confesseur, vivait dans le Gâtinais au ive ou au v" siècle. Il est fêté le 9 nov.
*MATHORINS, ordre religieux institué pour racheter les esclaves des mains des infidèles, fut fondé en 1199 par S.Jean de Matha et Félix de Valois. On nommait primitivement ces religieux Triniidires ou Religieux de laSte-Trinité:le nom de Mathurinsleur fut donné en France parce qu'ils occupèrent à Paris depuis 1226 une église qui était sons l'invocation de S. Mathurin. La Réforme fit disparaître cet ordre en Allemagne; il fut supprimé en France en 1790.
*[[Mathusalem|MATHUSALEM]], patriarche célèbre par sa longévité, vécut 969 ans, de 4277 à 3308 av. J.-C. Il était fils d'Enoch et fut père de Lameeh, père de Noé.
*MATIFÔU(le cap), Ilas-el-Temendfus, capde l'Algérie, à 13 kil. E. d'Alger, par 36° 45' lat. N., 0° 52' long. E., ferme à l'E. la rade d'Alger, et est défendu par un fort. Charles-Quint y débarqua en 1541.
*MATIGNON, ch.-l. de c (Côtes-du-Nord), à 30 k. N. O. de Dinan; 1000 hab. Grains.
*MATIGNON (Jacq, GOÏON de), maréchal de France, d'une anc famille de Bretagne, né en 1525, m. en 1597, se signala en 1552 aux sièges de Montmédy et d'Ivoy; fut fait prisonnier à la bataille de St-Quentin (1557), et ne recouvra sa liberté qu'à la paix de Ca-teau-Cambrésis, en 1559. Devenu lieutenant général, il battit les Anglais en 1563 devant Falaise, et se distingua aux combats de Jarnacetde Moncontour. Non moins généreux que brave, il ne fit point exécuter dans Alençon et dans St-Lô, dont il était gouverneur, les ordres'barbares de Charles IX lors de laSt-Bar-thélemy (1572).En 1574, il fit prisonnier, dansDom-front, le malheureux Montgomery, puis il tenta, mais vainement, d'adoucir à son égard ta reine Catherine de Médicis. 11 reçut en 1579 le bâton de maréchal de France, et fut nommé en 1684 lieutenant général de la Guyenne, il enleva plusieurs places aux Protestants dans le Midi, et battit à Nérac, en 1588, le roi de Navarre lui même. II n'en fut pas moins un des premiers à reconnaître ce prinre pourroide France après la mort de Henri III (1589), et remplit à son sacre les fonctions de connétable.
*MATISCO, v. de Gaule Lyonnaise 1", auj. Mdcon.
*[[Mato Grosso|MATO-GROSSO]], prov. du Brésil, bornée au N. par celle de Para, à l'E. par celle de Goyaz, à l'O. parla Bolivie et le Pérou, et au S. parle Paraguay, a 1700 k. de l'E. à l'O., i600 du..N,.au S., et env. 300 000 h. (dont beaucoup de tribus indigènes: Payaguas.Guay-curus, Bororos, etc.) Elle a pour ch.-l. Mato-Grosso ou Villabella, ville d'env. 15 OuO hab., sur la r. dr. du Guaporé. Pays très-montagneux, sauf au N.; arrosé par l'Uruguay, le Paraguay, le Parana, la Madeira, le Guaporé, le Topayos. Sol très-fertile, mais peu cultivé; forêts immenses. Riches mines de métaux précieux et de diamants : c'est dans le Mato-Grosso que se trouve le fameux district de Diamantin.
*MATOUR, ch.-l. de c. (Saône-et-Loire), à 36 k. O. de Mâcon; 493 hab.
*MATRONA, riv. de Gaule, est auj. la Marne.
*MATROHA.LES,Malronalia, fêtedes matrones chez les anciens Romains, fut instituée en reconnaissance de ce que les femmes Sabines réconcilièrent leurs pères avec leurs maris. Elle se célébrait aux Calendes de mars (1" mars). Les matrones offraient «l'abord des sacrifices à toutes les divinités qui présidaient au mariage, puis elles rentraient chez elles, où leurs maris et leurs amis venaient leur apporter des vœux de bonheur et des présents d'étrennes.
*MATSMA1, v. du Japon, capit. de l'Ile d'ïéso, qu'on nomme aussi elle-même Matsmaï, à l'extrémité S. de l'Ile ; env. 50 000 hah. Bon port, ouvert aux Américains en 1855. Commerce considérable.
M ATT — 1209 — flIAUB
*MATTTLE1 (Christian Frédéric), helléniste, élève dTîrnesti, né en 1744 à Grost en Thuringe, m. en 1811, fut successivement professeur à Moscou, directeur de l'école princière de Meissen (1785), professeur de philosophie à Wittemberg, puis retourna sn Russie où il Tut nommé professeur de littérature classique à l'Université de Moscou et conseiller auli-que. Ses principales publications sont : Chrestomalhia grsoca, Moscou, 1773 ; Glossaria grseca minora, 1774-1775; Xiphilini et llasilii orationes inedilee, 1775; Isocralis, Vemelrii et Glycx Epistolm, 1776: Grego-rii Thessalonicen.sisnraliones, 1776; Notifiacodicum mss. grsccorum bibliothecte Mosquensis, 1776; Ani-madversiones ad Origems Hexapla, 1779; Scholia inedita ad Iliados T, 1786 ; Nemesius, de Satura ho-minis, grec-latin, 1802. Il fit de nombreuses recherches dans les bibliothèques de Russie et d'Allemagne et y découvrit plusieurs morceaux restés inconnus, entre autres un Hymne à Cérès,'attribué à Homère, et publié par Ruhnkenius, Leyde, 1782. C'est lui qui publia pour la première fois, en 1781, les fables grecques portant le nom de Syntipas. V. ce nom.
*MATTHLE (Aug. Henri), érudit, né à Gœttingue en 1769, m. à Altenbourg en 1835, fut professeur de littérature grecque et latine à Weimar, puis directeur du gymnase d'Allenbourg. On a de lui : Ausfûhrliche griechische grammatike, Leipsick, 1825-27, trad. en françaisparGailet Longueville, sousletitre de Grammaire raisonnée de ta langue grecque, 1831; Esquisses de littérature ancienne, 1815 ;Hanuel élémentaire de philosophie, 1823 (trad. par H. Foret); des éditions des Hymnes. d'Homère, des Tragédies d'Euripide, et un recueil de ili^cellanea philologica, 1803.
*MATTHIAS (S.), disci.ilede J.-C, fut élu en remplacement de Judas Iscariote au nombre des douze apôtres. Selon la tradition, il prêcha en Cappadoce, et subit le martyre en Colchide. On lui attribue un Évangile et un Livre des traditions, qui sontaoo-cryphes. On le fête le 24 février.
*MATTHIAS, empereur d'Allemagne, fils de Maximi-lien II, né en 1557, succéda en 1612 à son frère Rodolphe IJ, qu'il avait déjà forcé de lui abandonner les couronnes de Bohême et de Hongrie. L'Empire était alors en guerre avec les Turcs : il termina la guerre par un traité, en 1615. N'ayant pas d'enfant, il choisit pour successeur son cousin Ferdinand, et le fit couronner à Prague en 1617. Mais l'intolérance de ce dernier fit révolter ses sujets de Bohême, et Matthias mourut en 1619 sans avoir vu la fin de ces troubles.
*MATTHIAS CORV1N. V. CORVIN.
*[[Matthieu (apôtre)|MATTHIEU (S.)]], ilalthxus, nommé aussi Lévi, évangéliste et l'un des douze apôtres, né en Galilée, était d'abord publicain, c-à-d. receveur des impôts pour les Romains. Il exerçait sa profession sur les bords du lac Génésareth, lorsque J.-C. l'appela et lui ordonna de le suivre. Après avoir prêché dans la Judée, il alla dans l'Ethiopie et dans la Perse, où l'on croit qu'il souffrit le martyre. L'Église l'honore le 21 sept. L'Évangile de S. Matthieu est le plus ancien des quatre ; on croit qu'il le rédigea huit ans après l'Ascension et qu'il l'écrivit d'abord en langue syro-chaldaïque, d'où il fut traduit en grec. On n'a plus l'original; la version grecque en tient lieu.
*MATTHIEU CANTACUZENE . régna sur Constantinople de 1353 à 1356, comme associé de son père Jean Cantacuzène, puis de Jean Paléologue.
*MATTHIEU (Pierre), historien et poète, né en 1563 à Pesmes en Franche-Comté, m. en 1621, fut d'abord avocat à Lvon et grand partisan de la Ligue; mais ayant été député par les Lyonnais près de Henri IV en 1593, il s'attactn à ce prince qui le nomma son historiographe.il avait commencé par faire des vers; on a de lui quelques tragédies fort médiocres:i?4't/ier, la Guisiade ou le Massacre du duc de Guise, et des Quatrains moraua; intitulés tantôt Quatrains de la Vanité du monde, tantôt Tablettes de la Vie et de la Mort, On lui doit plusieurs histoires qui renferment d'utiles renseignements et où respire la franchise, mais qui sont en général faiblement écrites : Histoire des troubles de France sous Henri III et Henri IV, 1594; Hisl. de France (de 1598 à 1604), 1606: Hist. de Louis XI, 1610; Hist. de la mort déplorable de Henri le Grand, 1611; Hist.de France (de François I à Louis XIII), 1631, ouvrage terminé par son fils.
*MATTHIEU (le R. P.), VApôtre de la tempérance, né en 1790 à Thomastown en Irlande, m. en 185'B, entra dans l'ordre des Franciscains, s'établit à Cork et acquit par ses prédications une grande influence sur les populations ouvrières. Frappédes maux que l'ivrognerie causait à l'Irlande, il entreprit, en 1833, d'arracher ses compatriotes à ce vice honteux : il organisa dans ce but de nombreuses Sociétés de tempérance,et obtint par ses exhortations des succès prodigieux. Il ne fut pas moins heureux en Angleterre et aux Etats-Unis; mais, épuisé par ses efforts, il se vit obligé de revenir dans son pays en 1851. Il y mourut également regretté des Protestants et des Catholiques.
*MATTHIEU PARIS, chroniqueur. V. PARIS.
*MATTHIEU DE DOMBASLE, agronome. V. DOMBASLE.
*MATTHIOLE, Mallhiolus. V. MATTIOLI.
*MATTIACI, peuple de Germanie, près du Rhin, à l'O. des Marseset des Sicambres, occupait une partie de la Hesse et du duché de Nassau. Villes principales : Mattium (Marbourg) et M altiacv aquxÇWieshwlen).
*[[Pierandrea Mattioli|MATTIOLI (Pierre André)]], Matlhiolus, médecin et naturaliste, né à Sienne en 1500, m. en 1577, exerça son art à Sienne et à Rome, puis fut appelé a la cour de Prague par l'empereur Ferdinand, qui l'ànoblit et le nomma médecin de son fils (qui fut depuis l'empereur Maximilien). Il est auteur de Commentaires sur Dioscoride, publiés d'abord en italien, Venise, 1544, puis mis par lui-même en latin, 1554, qui offrent comme l'encyclopédie de son époque ; ils ont été traduits en français par A. du Pinet, Lyon, 1561, et par J. Desmoulins, Paris, 1572.
*MATTIOLI (le comte Girolamo), ministre du duc de Mantoue, fut enlevé de Turin par ordre du cabinet de Versailles, en 1679 ou en 1685, parce qu'on craignait qu'il n'entravât les négociations entamées avec le duc son maître, et conduit à Pignerol, où il mourut peu après. Il est un de ceux dans lesquels on a prétendu reconnaître l'Homme au masque de fer.
*MATURIN , dép. de la république de Venezuela, entre 1° 20'-ll° lat. N. et 61°-71° long. O., a pour bornes, au N. la merdes Antilles, au N. E. l'Atlantique, à l'E. la Guyane anglaise, au S. la Guyane brésilienne , à l'O. les dép. de l'Orénoque et de Venezuela; 1100 kil. sur 900; env. 80 000 h.; ch.-l., Cu-mana. Rivières importantes: Orénoque, Cassiquiare, Caroni, Rio-Negro. Climat très-chaud: sol fertile, mais marécageux; immenses pâturages; vastes forêts; habitants sauvages et indépendants.
*MATURIN (Robert), écrivain irlandais, curé de St-Pierre à Dublin, né en 1"8>, m.en 1824. Il avait déjà publié quelques Nouvelles (itonlorio, le Jeune Irlandais, le Chef milésien), qui n'avaient pas eu grand succès, lorsqu'il fit représenter à Londres, en 1816, la tragédie de Bertram, qui obtint une vogue extraordinaire. On a encore de lui quelques romans (Pour et Contre, Melmolh, les Albigeois). Bertram a été traduit par Taylor et Nodier, 1821.
===MAU===
*MAUBERT DE GOUVEST(J. H.), littérateur, né à Rouen en 1721, m. en 1767, mena la vie la plus agitée. D'abord capucin, il s'enfuit de son couvent ; il fut depuis militaire, précepteur, directeur d'une troupe de comédiens, et se fit successivement chasser de Hollande, d'Allemagne, d'Angleterre pour ses pamphlets. Il a publié : Testament politique du cardinal Alberoni, 1752 ; Hist. politique du siècle, 1754 ; Testament politique du chevalier Walpole, 1767.
*[[Maubeuge|MAUBEUGE]], Malbodium, v. forte de France (Nord), ch.-l. de c, sur la Sambre, à 18 kil. N. d'Avesnés; 4200 hab. Collège. Anc manufacture d'armes, supprimée en 1835 ; broches et cylindres pour filatures; clouterie, ferblanterie, quincaillerie, etc. Commerce de marbre, ardoises, vins. —Fondée au vu* siècle, longtemps capitale du Hainaut. Souvent prise et reprise par les Français at les Espagnols: Louis XIV l'avait prise en 1649, et le traité de Nimègue (1678) lui en confirma la possession. Elle fut fortifiée par Vauban en 1680, assiégée en 1793 par le prince de Cobourg et délivrée par Jiurdan.
MAUP — 1210 — MAUR.
*MAUBOURGUET.ch.-l. de c (Htes-Pyrénées), sur la r. g. de l'Adour, à 28 kil. N. de Tarbes; 1500 hab. Anc. église de Templiers.
*MAUBUISSON, célèbre abbaye de femmes (Seine-et-Oise), à 8 kil. N. E. de Pontoise. Fondée par la reine Blanche de Castille, qui y fut enterrée. Elle fut vendue et divisée dans la Révolution.
*MAUCROIX (l'abbé), littérateur, né en 1619 à Noyon, m. à Reims en 1708, fut d'abord avocat et homme du monde, et se lia étroitement avec La Fontaine, dont il resta pendant 50 ans l'ami intime ; il embrassa fort tard l'état ecclésiastique, obtint un canonicat à Reims et se fixa dans cette ville. Il fut choisi pour secrétaire de la fameuse assemblée du clergé de 1682. On lui doit plusieurs traductions estimées, celles entre autres de plusieurs Homélies de S. Jean Chrysostôme, des Philippiques de Démosthènes, de quelques Dialogues de Platon, des Catilinaires et de quelques autres discours de Cicéron, du traité de la Mort des Persécuteurs de Lactance. Il cultiva aussi la poésie, et fit quelques pièces de vers en commun avec La Fontaine. M. Walkenaëra publié ses Poésies en 1820 à la suite de La Fontaine. Ses Mémoires ont paru en 1842. M. L. Paris a donné à part en 1854 ses OEuvres diverses, 2 vol. 12.
*MAUDOUD (Aboul Fethah), sultan de la dynastie des Gaznévides(1041-49), fils de Mas'oud, fit la guerre à Mohammed-l'Aveugle, son oncle, qu'il accusait de la mort de son père ; remporta sur lui, près des bords du Sind, une grande victoire, à la suite de laquelle il le fit périr, et bâtit en mémoire de cette victoire la ville de Feth-Abad.
*MAUDOUD EDDAULAH, roi de Mossoul (1106-1114), d'abord général de Mohammed, sultan de Perse, combattit en 1111 les Francs, qui étaient maîtres de Jérusalem, ravagea la Mésopotamie, assiégea Edesse, Antioche, battit Josselin, comte d'Ëdesse, et Baudouin, roi de Jérusalem, près de Tibériade en 1113. Il fut assassiné peu après par un fanatique ismaélien.
*MACGRABINS ou MOGRABINS , habitants des États barbaresques dits Mahgreb ou Mograb.
*MAUGUIO, ch.-l. de c (Hérault), à 12 kil. E. de Montpellier, sur l'étang de Mauguio, lagune liée à la Méditerranée; 1750 hab.
*MAULBRONN, vge du Wurtemberg (Neckar), sur la Salzach, à 30 kil. N. O. de Ludwigsburg ; 800 h. Séminaire évangélique. Belle église et beaux restes d'une anc abbaye de Cisterciens, fondée vers 1142.
*MAULÉON, .Malleo ou Malus Léo, ch.-l. d'arr. (B. Pyrénées), sur le Gave de Mauléon, à 56 kil. S. O. de Pau; 1259 hab. Collège, anc. château fort. Jadis capitale du pays de Soûle.
*MAULEON (Deux-Sèvres). V. CHATILLON-SUR-SEVRE.
*MAULËON-BAROUSSE, ch.-l. de c (H-Pyrénées), à 50 kil. E. de Bagnères-de-Bigorre ; 850 hab.
*MAULÉON (LOYSEAU de). V. LOYSEAU.
*MAULTROt (Nicolas), avocat au parlement de Paris, né en 1714, m. en 1803, était un ardent janséniste. Il a beaucoup écrit sur le droit canonique; on a de lui : les Droits de la puissance temporelle, 1765 ; Maximes du droit public français, 1772 ; Nature et autorité des assemblées du clergé de France, 1777; De l'Usure, 1787; Discipline de l'Église sur le mariage des prêtres, 1790, etc.
*MAUPEOU (René Charles de), magistrat, père du ministre Maupeou, devint en 1743 premier président du parlement de Paris, se trouva mêlé auï disputes du parlement et du clergé, ne montra que de la faiblesse et fut obligé de se démettre en 1757. Il fut néanmoins rappelé en 1763 pour remplacer Làmoignon comme garde des sceaux; il reçut même en 1768 le titre de chancelier ; mais 24 heures après il céda sa place à son fils. Il mourut en 1775 à 87 ans. Sa famille était en hostilité avec la famille Làmoignon.
*MAUPEOU (René Nicolas), chancelier de France, fils du préc, né à Paris en 1714, s'éleva par la faveur de Mme Dubarry et succéda en 1768 à son père dans la dignité de chancelier.. Le parlement était alors en querelle avec l'autorité royale etapportait des entraves aux volontés de Louis XV par ses remontrances et son refus d'enregistrer certains édits : Maupeou voulut, par un coup d'État, débarrasser le roi de ces entraves. Le parlement fut exilé en 1771, et à sa place on installa le Conseil du roi, auquel le public donna par dérision le nom de parlement Maupeou. Cette mesure violente contre un corps aimé du peuple souleva l'opinion publique; les avocats refusèrent de plaider; d'innombrables pamphlets furent lancés contre la cour et son chancelier, et le parlement Maupeou tomba dans le mépris. Aussitôt après la mortde Louis XV, Louis XVI rappela l'ancien parlement (1774) et Maupeou fut exilé dans ses terres. Il y mourut en 1792, faisant à la nation un legs de 800 000 francs.
*[[Maupertuis|MAUPERTUIS]], vge de Seine-et-Marne, à 7 k. S. de Coulommiers; 350 hab. On y voyait jadis un beau château, qui fut détruit dans la Révolution.
*MAUPEHTUIS (Champ de), vaste plaine à 15 kil. N. de Poitiers, où se livra la bat. dite du Poitiers (1356).
*[[Auteur:Pierre Louis Moreau de Maupertuis|MAUPERTUIS (P. L. MOREAU de)]], géomètre, né en 1698 à St-Malo, mort en 1759, fit sous la direction du géomètre Fr. Nicole de rapides progrès, entra à l'Académie des sciences dès l'âge de 25 ans, voyagea pour s'instruire et se lia avec les hommes les plus distingués, tels que Voltaire, Bernouilli, La Condamine, etc. Il fut, nommé en 1736 par Maurepas chef de l'expédition envoyée au pôle pour y mesurer un degré, et exécuta avec succès en une seule année cette difficile entreprise. Il fut reçu en 1743 à l'Académie française. Le roi de Prusse, Frédéric II, l'avait nommé dès 1740 président de l'Académie de Berlin : il alla se fixer dans cette ville en 1745. Là il eut de violents démêlés.- d'abord avec Kœnig, membre de l'Académie, qui lui disputait la découverte du principe de la moindre action sur lequel Maupertuis fondait toute la mécanique, et par suite avec Voltaire, qui prit parti pour Kœnig contre lui et qui l'accabla de ses plaisanteries, notamment dans sa Diatribe du docteur Àkakia. Il en fut vengé par la disgrâce de Voltaire. Il mourut en 1759, i Baie, dans ja famille des Bernouilli. On a de lui des ouvrages de genres fort divers : Statistique arithmétique, lf3l ; Commentaires sur les principes de Newton, 1732; Discours sur la figure des astres, 1732; Voyage au cercle polaire, Ï738 ; lâ Figure de la terre, 1738; Mémoire sur la moindre action, 1744; la Ténus physique, 1745; Essai de cosmologie, 1748; Essai de philosophie morale, Système de la nature, 1751 ; des Discours académiques, des Lettres philosophiques, etc. Ses œuvres ont été publiées k Lyon, 1768, 4 vol. in-8. Maupertuis avait un orgueil et une susceptibilité extrêmes. C'était un "savant distingué et un bon écrivain; cependant il n'occupe nulle part le premier rang. Sa Vie, écrite par Labeaumelle, n'a été publiée qu'en 1856.
*MAtJR (S.), Mourus, disciple de S. Benoît, vivait au YI" siècle.. Il suivit S. Benoît aux monastères de Sublac et du Mt-Cassin, et fut à ce qu'on croit, envoyé par lui en France pour établir dès monastères de sa règle. On le fête le 15 janvier. —Une célèbre congrégation de Bénédictins prit, au ivii° siècle, le nom de ce saint : c'était une réforme de l'ordre de St-Benolt, qui fut accomplie en 1613 par quelques religieux de St-Vannes et qui fut approuvée par le pape Grégoire XV en 1621. Cette congrégation compta bientôt un grand nombre de maisons florissantes : St-Maur, St-Denis, St-Germain des Près r'St-Remi de Reims, Marmoutier, St-Pierré de' Côïbfe, Fîèury. ou St-Benoît sur Loire, Fécamp, la Trinité de Vendôme, et produisit un grand nombre de personnages distingués (V. BENEDICTINS). VHistoire de la congrégation de St-Maur a été écrite pardom Tassin, 1770. —F. ST-MAUR.
MAUR — 1211 — MAUR
*MAURE, ch.-l. de cant. (IlIe-et-Vilaine), à 29 kil. N. de Redou; 300 hab.
*[[Jean Frédéric Phélypeaux|MAUREPAS (Jean Frédéric PHELIPPEAUX, comte de)]], ministre de Louis XV, né à Versailles en 1701, mort eu 1781, était petit-fils du chancelier de Pont-chartrain. Il fut, dès l'âge de 24 ans, chargé du département de la marine, et y joignit celui de la maison du roi, qui embrassait Paris et la cour. Il embellit Paris, fit fermer les maisons de jeu, encouragea les sciences et leurs applications, envoya La Condaraine, Maupertuis et plusieurs autres savants sous l'équateur et près du pôle boréal pour mesurer deux degrés du méridien ; fit partir des officiers pour examiner les côtes et dresser des cartes; chargea Sevin et Fourmont de visiter la Grèce et l'Orient ; Jussieu, d'aller étudier les plantes du Pérou. Exilé en 1749 pour avoir fait une épigramme contre Mme de Pompadour, il resta 25 ans éloigné des affaires. Il y fut rappelé par Louis XVI à son avènement (1774), et, sans avoir de portefeuille, présida le Conseil d'État. Il fit réintégrer les parlements exilés par Louis XV (V. MAUPEOU) ; amena le roi à signer un traité d'union avec les insurgés d'Amérique, et fit confier le ministère des finances à Turgot, puis à Necker; mais il les fit disgracier l'un et l'autre lorsqu'il vit en eux des rivaux redoutables. Il mourut six mois après la disgrâce du dernier (oct. 1781). Maurepas avait de la pénétration et de la finesse; mais ce ministre léger, insouciant et frivole, était peu capable de conjurer l'orage qui menaçait le trône. Des Mémoires ont été publiés sous son nom par Salle, son secrétaire, 1790-92, 4 vol. in-8.
*MAURES, Mauri, Mauritani. Ce nom, que l'on dérive du mot Maghreb, pays occidental, était restreint chez les anciens aux habitants de la Mauritanie occid., à l'O. du Muluehas; il fut ensuite étendu aux habitants de cette portion de la Numidie qui forma depuis les Mauritanies césarienne et sitifine. Il est appliqué de nos jours à une forte partie des indigènes de l'Algérie, du Maroc, du Bilédulgérid, de l'Etat de Sidy-Hescham et du Sahara. Ils sont sédentaires ; la plupart habitent les villes, surtout celles du littoral; l'organisation en tribus est moins marquée chez eux que chez les Arabes et les Kabyles. Ils sont en général très-forts et de complexion sèche ; ils ont de beaux yeux et de belles dents; ils ont la peau plus blanche que les Arabes, le visage plus plein, le nez moins aigu, le profil moins anguleux, tous les traits de la physionomie moins prononcés;. Ils se livrent au commerce et à l'industrie et possèdent des biens de campagne. Ils professent le Mahométisme. Dans l'histoire d'Espagne il ne faut pas confondre les Arabes et les Maures : la période de la conquête de l'Espagne et du califat de Cordoue est arabe; celle des Almoravides et des Almohades est maure. Les Maures furent bannis d'Espagne en 1609.
*MAUREVEL, assassin aposté par le duc de Guise, tira un coup d'arquebuse sur Coligny le 20 août 1572, quelques jours avant la St-Barthélemy.
*MAURIAC, Ch.-l. d'arr. (Cantal), à 36 k. N. O. d'Aurillac, sur l'Auze, au pied d'une colline vol-l canique; 3420 hab. Trib. de 1" inst., collège (cet | établissement, fondé par Duprat, appartenait au-1 trefois aux Jésuites); église Notre-Dame des Mira-| clés, du xiii" siècle. Commerce de chevaux, mulets, bestiaux; étoffes de laine, cuirs, cire jaune, fromages. Près de la ville est une antique chapelle de S.
Mary ou S. Marius, apôtre de la Hte-Auvergne.
*MAURICE (S.), chef de la légion thébéenne(c-à-d. | levée en Thébalde), composée de chrétiens, subit le martyre avec ses compagnons, pour avoir refusé d'obéir à l'empereur Maximien qui leur ordonnait de sacrifier aux faux dieux. Cet événement, qu'on place en 286 ou 3034 eut lieu entre Agaunum (St-Maurice) et Octodurus (Martignyj, dans le Valais actuel. On fête S. Maurice et ses compagnons le 22 sept. Sigismond, roi de Bourgogne, fit bâtir au vi" s., sur le lieu où leurs corps avaient été miraculeusement retrouvés, une abbaye devenue célèbre (F. ST-MAURICE). — En 1434, Amédée VIII, duc de Savoie, créa sous le nom d'Ordre de S.-Maurice un ordre militaire, qui fut en 1572 renouvelé par le duc Emm. Philibert et réuni à celui de St-Lazare. Cet ordre a été réorganisé en 1816 et conféré dès lors aux services civils aussi bien que militaires. Il a pour insignes une croix blanche à 4 branches, surmontée d'une couronne, et croisée d'une croix verte, qui est celle de St-Lazare ; le ruban est vert.
**La Lance de S. Maurice était le symbole de la puissance souveraine dans le royaume d'Aries.
*MAURICE, Mauritius Tîberius, empereur d'Orient, né en 539 à Arabissus en Cappadoce, était gendre de Tibère II et fut proclamé en 582. Il rétablit Chos-roès II, roi de Perse, expulsé par ses sujets; secourut l'Italie contre les Lombards, mais eut lui-même à se défendre contre les attaques et les perfidies du roi des Avares. Phocas se révolta contre lui, le prit et le fit tuer avec ses six fils, 602. On a de cet empereur 12 livres surlUrî militaire, publ. avec trad. îat. par J. Scheffer, Upsal, 1664 (avecArrien).
*MAURICE DE NASSAU, de SAXE, etc. V.'NASSAU, SAXE.
*MAURICE (île) ou ILE-DE-FRANCE , grande Ile de l'Océan indien, l'une des Mascareignes, au S. E. de l'Afrique, par 54° 56'-55° 26' long. E., 19° 58'-20°3l' lat. S.: 60 kil. sur 35; 160 000 hab.; ch.-l. Port-Louis. Côtes sinueuses, baies, anses, deux ports Pays montagneux, autrefois volcanique, traversé par 4 chaînes de montagnes, dont la plus élevée, le-Piton des Neiges, a 3150°; nombreuses rivières, mais peu considérables. Au N. E. est le quartier des Pamplemousses, célébré par Bernardin de St-Pierre. Climat sain; grands ouragans; terrain sec, mais fertile ; denrées tropicales ; épaisses forêts, qui ont été en partie détruites : on y trouve une grande quantité de singes. Vastes savanes, où l'on engraisse des bestiaux. On exporte du sucre, dfr rhum, du café, et des bois estimés (bois de fer, bois de natte, benjoin, mangliers, palmiers, etc.). P. Poivre y introduisit au XVJII" siècle la culture des épices des Mo-luques (cannelle, muscade, girofle, etc.). —L'île fut découverte en 1505, par le Portugais P. Masca-renhas, qui la nomma Cerno; en 1598, elle fut occupée pour la Hollande par Van Neck, qui la nomma Mauritius en l'honneur de Maurice, prince d'Orange; mais elle fut abandonnée en 1752. Les Français la possédèrent de 1713 à 1810 eîlui donnèrent le nom d'Ile-de-France. Elle fut prise en 1810, après une glorieuse résistance, par les Anglais, qui l'ont gardée depuis. Néanmoins l'usage officiel de la langue française y a été maintenu jusqu'en 1847, et il dominé encore dans la majorité de la population.
*[[Maurienne|MAURIENNE (Vallée de)]], en italien Moriana, en latin Garocelia vallis et Maurianx comitatus, anc. prov. des Etats sardes, auj. à la.France, entré les provinces de Savoie supérieure et de Tarentaise au N., la division de Turin au S., et la Savoie propre à l'O. ; 90 k. sur 26 ; ch.-l., St-Jean de Maurienne. C'est une vallée encaissée entre les Alpes Cottiennes etles Alpes Grecques, arrosée par l'Arc et ses affluents. On y trouve beaucoup de goitreux.— Ce pays a porté depuis le xi" s. le titre de comté : il est regardé comme le premier héritage des comtes de Savoie. Il a été cédé à la France en 1860 et fait partie du dép. de Savoie.
*MAURITAND3,£fauretanm et j!fawitam"a(auj.roy. de Fez dans le Maroc et partie O. de l'Algérie), contrée de l'Afrique ancienne, au N. O.,entre la Numidie à l'E.,l'Atlantique à l'O.,laMéditerranéeau N.;ses limites au S. étaient vagues ; à l'E. elles varièrent souvent: jusqu'en 108 av. J.-C, la Mauritanie s'arrêta au Muluehas (Molokath) ; depuis cette époque, elle alla jusqu'à YAmpsagas (Oued-el-Kébir). De là deux Mauritanies, l'une Orientale, l'autre Occidentale, séparées par le Muluchas. — Sous Claude, quand la Mauritanie j eut été réduite en provinee romaine, la 1™ fut dite JfoMrt'fante Césarienne, la 2" Mauritanie Tingilane; enfin, la SI. Césarienne fut subdivisée en Césarienne propre eiSilifine. Les ch.-lx de ces trois Mauritanies étaient Césaree. Sitifi, Tingis. Malgré sa fertilité et sa belle position, ce pays n'était pas riche et était peu civilisé; les côtes seules offraient bon nombre de villes; à l'intérieur habitaient des tribus féroces et qui n'étaient soumises qu'imparfaitement. — La Mauritanie fut gouvernée par des rois dès les temps lesplusanciens,mais son histoiren'existequedepuisla guerre de Jugurtha.La trahison de Bocchus, qui livra aux Romains son gendre Jugurtha, fut récompensée par le don de la Numidie occidentale (du Muluchas à l'Ampsagas), laquelle devint plus tard la Mauritanie orientale. L'an 30 av. J.-C, Auguste créa pour Juba II, fils de Juba I (ano. roi de Numidie, dont les Étais avaient été réduits en prov. romaine), un nouveau royaume composé des deux Mauritanies et de la Gé-tulie. Juha y régna 63 ans (de 30 av. J.-C. à 23 après) et eut pour successeurs des princes indigènes qui y régnèrent jusqu'en 42 après J.-C, époque à laquelle Suetonius Paulinusen ht la conquête.
MAUR - 1212 — MÀ.YR
*MAURO (Fra), religieux camaîdule du XVe siècle, habile co*mographe, exécuta, de 1457 à 1459, une belle mappemonde qu'on voit encore aujourd'hui dans un monastère de Venise, et dont Zurla, autre religieux camaîdule, publia une description en 1806.
*MAUROCOHDATO. V. MAVROCORDATO. MAUKOLiœ (Franc.), géomètre italien, né en 1494 à Messine, d'une famille grecque originaire de Constanttnople, m. en 1575, a édité, traduit en latin et commenté plusieurs ouvrages il'Archimède, d'Eu-clide, d'Apollonius, de Théoclose, d&Ménélaûs, et a composé des traités originaux sur la Cosmographie, l'Optique, la Mécanique et la Gnomonique.
*MAURON, ch.-l. de c (Morbihan), à 21 kil. N. E. de ploërtuel; 4101 liab.
*MAURS, ch.-i. de c (Cantal), à 46 kil. S. O. d'Àu-rillac; 1500 liab. Porcs; jambons renommés.
*MAUUY (Jean SIFFKEIN), cardinal, né en 1746 à Vaurêas, dans le comtat Venaissin, était fils d'un cordonnier. Après avoir étudié à Avignon, il vint de bonne heure à Paris comme précepteur, obtint une mention de l'Académie française pour un Éloge de Fénelon (1772), prêcha avec succès dans quelques églises de la capitale, fut choisi pour prononcer le Panégyrique de S. Louis devant l'Académie et celui de S. Augustin devant l'assemblée du clergé, entra à l'Académie en 1784, et fut élu en 1789 député du clergé aux Etats généraux. Il porta la parole dans toutes les grandes questions, qu'il s'agît d'administration ou de finances aussi bien que d'affaires ecclésiastiques, et défendit constammentl'Église, le clergé et la royauté ; il protesta contre les décrets qui constituaient prisonniers le roi et la famille royale après leur fuite ue Paris, et lutta quelquefois avec avantage contre Mirabeau. Après la clôture de la session de l'Assemblée constituante, il quitta la France et se retira en Italie. Il fut nommé par le pape Pie VI évèque de Montefiascone et cardinal, et choisi par Monsieur, comte de Provence (Louis XVIII) pour être son ambassadeur près du St-Siége (1799). Cependant en 1804 il demanda et obtint la permission de rentrer en France, et, depuis cette époque, il parut dévoué à l'Empereur. En 1810, il fut nommé par lui archevêque de Pans, et il conserva cette dignité, malgré la défense du pape, jusqu'en 1814. Il fut alors contraint de quitter l'archevêché, et retourna en Italie, où il tomba dans une complète disgrâce : le pape le retint plusieurs mois en prison au Château-St-Ange. Il mourut à Rome dans la retraite en 1817. L'abbé Maury était un orateur abondant et quelquefois sublime, quoique un peu emphatique, un habile logicien, un écrivain correct; mais il était loin d'avoir l'énergie et l'éloquence de Mirabeau; il avait une admirable présence d'esprit • dans la Révolution il sauva plusieurs fois sa vie par d'heureuses saillies. Comme prêtre, il passait pour avoir des mœurs peu édifiantes. Son "principal titre littéraire, avec s6s Discours politiques, est un Essai sur l'Éloquence de la chaire, qui parut pour la première fois en 1777, ouvrage bien composé, bien écrit et d'un véritable intérêt. On admire aussi son Panégyrique de S. Vincent de Paul (1785). Ses OEuvres choisies ont été publiées à Paris pn 1827, 5 vol. in-8. Soft neveu a publié sa Vie. Poujoùlat a fait paraître en 1855 Le cardinal Maury, sa Vie et ses OEuvres.
*[[Mausole|MAUSOLE]], roi de Carie, époux de la célèbre Artémise, régna de 377 à 353 av. J.-C. Il est connu par son opulence et par le magnifique tombeau que lui fit élever son épouse à Halicarnasse. Ce tombeau fut mis au nombre des sept merveilles du monde, et depuis on donna le nom de Mausolée aux monuments de cette espèce. On a retrouvé en 1855 des restes de cet édifice : ils ont été transportés au British Muséum. — Parmi les autres mausolées antiques, on connaît surtout celui de CxciliaMetella, qu'on voit encore sur la Voie Appienne, à 24 k. de Rome; celui d'Auguste, élevé par lui-même à Rome en 28 av. J.-C. à l'extrémité du champ de Mars, dont il reste quelques vestiges ; et celui d'Adrien, en face du pont iElius, dont il reste une tour qui forme auj. le Château.St-Ange.
*MAUTERN, vge d'Autriche, sur la r. dr. du Danube, àôo'kil. N. O. de Vienne; 700 hab. Matthias Corv-in.roide Hongrie, ybattitles Autrichiehè en 1484.
*MAUVAISE (Archipel de la Mer), dit aussi Archipel Dangereux ou Pomotou, groupe d'îles du Grand Océan équinoxial, au S. des Marquises et à l'E. de Taïti, entre 14° et 23» lat. S., 152" et 140° long. O. Elles sont basses, petites et peu peuplées.'Les habitants ressemblent à ceux des îles Taïti, mais sont moins doux et moins civilisés. Ces îles sont placées depuis 1859 sous le protectorat français.
*MAUVESIN, ch.-l. de c (Gers), à 34 kil S. E. dé Lectoure; 1800 hab. Eglise calviniste. Jadis ch.-l. de la vicomte de Fezensaguet dans le Bas-Armagnac.
*MAUVILLON (Ëléazar),historien, né eu 1712 à Ta-rascon, m. en 1779, était protestant. Il quitta la France pourse fixer en Allemagneetfut longtemps professeur de français au Carohnum de Brunswick. On a de lui desWïst. du prince Eugène de Savoie, — à% Frédéric Guillaume I, roi de Prusse,—de Pierre le Grand,—de Gustave-Adolphe, —d'Iran III; des romans et des Lettres. — Son fils, Jacob M., né à Leipsick en 1743, m. en 1794, prit du service à la cour de Hesse, professa les sciences militaires à Cassel, puis à Brunswick, et publia de nombreux écrits, la plupart en allemand, sur l'art militaire, l'économie politique et la littérature. Il était lié avec Mirabeau et eut avec lui de 1786 à 1789 une Correspondance qui a été publiée à Brunswick en 1792.
*MAUZE, ch.-l,de c.(Deux-Sèvres),sur le Mignon, à 22 kil. S. O. de Niort; 1800 hab. Station. Commerce actif en vins, eaux-de-vie; baudets estimés.
*MAVROCORDATO, famille de Fanariôtes, originaire de Scio, a fourni à la Grèce plusieurs personnages distingués: Alexandre, né en 1636, médecin et interprète duGrand Seigneur, qui fut chargé par la Porte de diverses négociations en Autriche et fit conclure la paix de Carlowitz (I699);il fut anobli;— Nico!as,iïlsû'Alexandre,d'abord interprète de la Porte, qui devint en 1707 hospodar de Moldavie, puis de Va-lachie; — Constantin, frère de Nicolas, hospodar de Valachie en 1735 : il abolit l'esclavage et donna à la Valachie des lois et d'utiles institutions faprès avoir été plusieurs fois déposé et réintégré il fut définitivement disgracié en 1763, et sa famille eut depuis à subir toutes sortes de persécutions;—le prince Alexandre, né en 1791, mort en 1858, l'un dés chefs les plus actifs et les plus éclairés de l'insurrection grecque de 1821. Président du conseil administratif en 1823, il se retira devant l'influence de Capo-d'-Istria et des Russes; mais il rentra depuis aux affaires et fut plusieurs fois encore président du conseil,
MAXl — 1213 — MAX!
*MA VROMICHALÏ (Pierre), connu aussi sous le nom de Pétro-Bey, né en 1775, m. en 1848, était chef politique du Magne dans la Morée lorsqu'éclata l'insurrection grecque. Il eut la plus grande part à la guerre d'indépendance, prit Tripolitza, chassa les Turcs de presque toute la Morée, et fut, après le succès de l'insurrection, élu membre du gouvernement provisoire ; mais il ne put s'entendre avec Capo-d'lstna, nommé président (1828). Celui-ci l'ayant fait jeter en prison, son frère Constantin et son fils Georges le vengèrent en assassinant le président à Nauplie (1831). Relâché après ce meurtre, il fut remis en possession de ses honneurs. Il reçut du roi Othon les titres dé général et de sénateur, avec une récompense nationale.
*MAWARANNAHAR. V. TRANSOXIANE.
===MAX===
*[[Maxence|MAXENCE]], Maxentius, fils de Maximien-Hercule, prit le titre d'auguste en Italie à la mort de Constance-Chlore (306), engagea son père, qui avait abdiqué, à reprendre la pourpre, assiégea Sévère dans Ravenne et le fit mourir, combattit et repoussa Galerius, mais se brouilla avec son père et le força à fuir dans les Gaules (307). Il porta ensuite la guerre dans l'Afrique, dont le gouverneur s'était révolté, et la mit à feu et à sang. De retour à Rome, il se rendit odieux par sa cruauté et sa tyrannie et persécuta cruellement les Chrétiens. Constantin marcha contre lui et le vainquit sous les murs de Rome (312) : Maxence se noya dans sa fi»i*«, le pont Milvius s'étant écroulé sous lui.
*MAXIMA CJ3SAR1ENS1S, MAX1MA SEQUANORUM. F. CÉSARIENNE (GRANDE) . SÉQUANAISE (GRANDE).
*MAXIME PUP1EN. Claudius Pupienus Maximus, empereur romain, était général et préfet de Rome lorsque, après la mort des Gordiens, le Sénat l'éleva à l'empire, avec Balbi n, en 237, pour l'opposer à Ma-ximin. Celui-ci étant mort peu après, les deux empereurs régnèrent en paix pendant quelques mois; mais, ayant voulu rétablir la discipline, ils furent massacrés par les gardes prétoriennes.
*MAXIME, Matjnus Maximus, tyran des Gaules,avait d'abord servi sous Théodose et s'était distingué en Bretagne. Il se fit proclamer empereur en 383, s'empara de la personne de Gratien qui régnait sur l'Occident, et établit à Trêves le siège de son empire. Déjà reconnu de la Gaule.de l'Espagne etde la Grande-Bretagne, il allaits'emparer de l'Italie, lorsque Théodose marcha contre lui, le battit en Pannonie, puis l'assiégea dans Aquilée (388). Il fut livré au vainqueur par ses propres soldats et massacré.
*MAXIME (PETRONE-), Pctronius Maximus,empereur d'Occident, renversa du trône en 455 Valentinieu III, ui avait insulté sa femme, et contraignit la veuve e ce prince, Eudox'e, à l'accepter pour époux. Celle-ci, pour se venger, appela en Italie Genséric, roi des Vandales, et lui livra Rome. Maxime ne songea qu'à fuir, et le peuple indigné le lapida (455).
*MAXIME DE TYR, philosophe platonicien du rrsiècle, né à Tyr, parcourut l'Arabie, la Phrygie, vint à Rome, sous Commode, et termina sa vie en Grèce. On a cru à tort qu'il avait été un des instituteurs de Marc-Au-rèle. On a de lui 41 Dissertations sur des questions de philosophie et de morale, écrites d'un style clair et agréable. Daniel Heinsius en a donné uneéditioo estimée, avec traduction latine, Leyde, 1614; elles ont été rééditées depuis par Reiske, Leips., 1774, et dans laBïfcl. grecque-tal. de Dulot, 1840. Combes-Dounous les a traduites en trançais, Paris, 1802.
*MAXIME (S.), évèque'de Turin au v* siècle, prêcha avec succès dans la Lombardie, et assista au concile de Milan en 451. Il a laissé des homélies et autres écrits, imprimés à Rome en 1784, in-f. On le fête le 25 juin. — Un autre S. Maxime, m. vers 460, abbé de Lérins et évêquede Riez, est fêté le 27 nov. La cathédrale de Riez garde son corps. — Ahbé de Con-stantinople, m. en 662, combattit les Monotliéliles, ce qui le fit exiler. On le fête le 13 août. Il a laissé quelques écrits, qui ont été publiés par Combéfis et reproduits dans la collection Migne.
*MAXIMIANUS, poète latin du V siècle, paraît être le véritable auteur de six élégies qu'on met vulgairement sous le nom de Gallus. Contemporain et ami de Boèce, il remplit quelques fonctions administratives, et fit partie d'une ambassade envoyée par Théo-donc, roi des Goths, à l'empereur Anastase.
*MAX1MJEN HERCULE, H. Aurettus ilaximiànui Hercules, empereur romain, né près de Strmium, en Palinonie, vers 250, servit d'abord comme simple soldat, s'éleva successivement aux premiers grades, fut, en 286, associé à l'empire par Dioc'.étien, dont il était le compagnon d'armes, et chargé par lui du gouvernement de tout l'Occident (286-96) : il avait sous ses ordres le césar Constance, qui commandait dans la préfecture des Gaules. Maximien avait remporté dans les Gaules et dans l'Afrique plusieurs avantages; mais il éprouva quelques revers dans la Bretagne. L'an 305, il abdiqua à Milan, en même temps que Dioclétien; mais il ne le fit qu'à contrecœur, et il reprit bientôt la pourpre (306), avec le secours de son fils Maxence, qui lui-même venait de se faire proclamer auguste. Ayant voulu dans la suite (307) dépouiller ce fils, à qui il devait la cou-ronnH, ses troupes se révoltèrent contre lui ; il fut obligé de se réfugier à Trêves, auprès de Constantin, qui avait épousé sa fille Fausta; mais bientôt, trahissant aussi son gendre, il voulut le faire assassiner, afin de régner à sa place (309) : le complot fut dénoncé par sa propre fille. Alors Maximien s'enfuit à Arles et essaya de soulever les Gaules : enfermé _* dans Marseille, il se vit réduit à s'étrangler (310). Ce prince avait été undes persécuteurs des Chrétiens.
*MAXIMILIEN (S.), subit le martyre en Numidie (2H5), pour avoir refusé le service militaire. L'Église le fête le 13 mars.
*[[Maximilien Ier du Saint Empire|MAXIMILIEN i]], empereur d'Allemagne, fils de Frédéric III, né en 1459. Avant de monter sur le trône, il avait épousé en 1477 Marie de Bourgogne, fillede Charles le Téméraire et héritière de ses Etats : ce qui l'engagea dans une longue guerre avec Louis XI, roi de France, qui prétendait à la successbn de Bourgogne. II fut élu en 1486 roi des Romains et reconnu empereur à la mort de son père, en 1493. Il fit en 1495 la guerre à Charles VIII, et contribua à lui faire abandonner la conquête du royaume de Naples^et d'Italie. Moins heureux contre les Suisses, il fut obligé en 1499 de signer le traité de Bâle qui reconnaissait leur indépendance. En 1508, il s'allia avec le roi de France Louis XII et avec le pape pour former la Ligue de Cambrai, contre les Vénitiens; mais il ne tarda pas à s'en retirer : il excita le roi d'Angleterre à faire la guerre à la France, servit lui-même comme volontaire dans l'armée de ce prince, et eut la plus grande part à la victoire de Guinegate (1513). Il s'upposa aussi à la conquête du Milanais par François 1, délivra Brescia assiégée par les Français, et . investit Milan (1516); mais il ne put s'emparer de cette ville, et fut peu après obligé de mettre bas les aimes. 11 mourut en 1519. Maximilien fit entrer dans sa famille, par d'habiles alliances, outre la riche succession de Bourgogne, les couronnes d'Espagne et de Bohême. Il avait marié son fils Philippe le Beau à Jeanne la Folle, infante d'Espagne. 11 eut pour successeur son petit-fils Charles-Quint. Quoique de caractère bizarre et singulier, ce prince avait de grandes qualités : même au milieu des guerres il s'occupa activement de l'administration de ses États: il divisa l'Allemagne en 10 cercles, institua le tribunal de l'Empire et le Conseil aulique et fonda les universités de Vienne et d'ingolstadl; il réprima les abus des tribunaux des francs-juges et créa une armée permanente sous les noms de Rentres et de lansquenets Il a écrit sur l'art militaire, l'horticulture, l'architecture et a laissé quelques poésies. Hegewischa donné une Huit, durègne de Maximilien, en allem., Hambourg. 1782. LeGlayapubliêsaCorrespondonce avec Marguerite (sa fille)de 1507à 1519, Paris, 1839; d'autre- lettres «le cet empereur ont été publiées par Gaohard, Bruxelles, 1851.
MAXI — 1214 — M AIE
*MAXIMILIEN n, fils de l'empereur Ferdinand I, né en 1527, m. en 1576, fut élu roi des Romains en 1558, et succéda à son père sur le trône impérial en Ï564- Il fut en guerre avec Jean Sigismond. prince de Transylvanie, avec les sultans Soliman IÏ et Sé-lim II, et finit par conclure une paix avantageuse avec les Turcs (1568). Lorsque le duc d'Anjou, roi de France sous le nom de Henri III, eut quitté le trône de Pologne pour celui de France, Maximilien fut appelé par un parti à lui succéder; mais Etienne Bathori lui ravit cette couronne. Maximilien était un prince sage et équitable, évitant la guerre autant qu'il le pouvait, cultivant et encourageant les sciences et les lettres. Il était fort tolérant, et même il inclinait, dit-on, vers le Protestantisme.
*[[Maximilien Ier de Bavière (électeur)|MAXIMILIEN i]], dit le Grand, duc de Bavière, fils du duc Guillaume V, lui succéda en 1598, devint très-puissant sous l'empereur Matthias, et fut chef de la ligue catholique qui avait pour but de résister à l'Union de Hall, formée par les Protestants. En 1619, il refusa l'empire qu'on lui offrait. Il défendit Ferdinand contre son rival Frédéric V, électeur palatin, gagna sur ce dernier la bataille de la Maison-Blanche près de Prague (1620), et fut nommé électeur en 1623, à la place de Frédéric, déclaré déchu; mais il vit peu après ses États envahis par Gustave-Adolphe et par les Français, ses troupes n'eurent plus guère» que des échecs à subir et son général, Tilly, fut tué. Néanmoins, il fut confirmé par le traité de West-phalie, 1648, dans le titre d'électeur et dans la possession du Ht-Palatinat. Il mourut en 1651, à 70 ans.
*MAXIMILIEN n, EMMANUEL, électeur de Bavière, petit-fils du préc, né en 1662, m. en 1726, entra d'abord au service de l'Autriche, se signala au siège de Neuhausel en 1685, à celui de Bude (1686), à la bataille de Mohacz (1687), emporta Belgrade le 6 septembre 1688, et fut nommé en 1692 gouverneur des Pays-Bas pour l'Espagne. Ayant pris le parti de la France dans la guerre de la succession d'Espagne, il fut mis au ban de l'empire et privé de ses États (1706), mais il y fut rétabli à la paix. Il eut pour successeur son fils Charles Albert, plus tard empereur sous le nom de Charles VII.
*MAXIMILIEN m, IOSEPH, électeur de Bavière, né en 1727, m. en 1777, était fils de l'empereur Charles VII. Après la mort de son père, 1740, il fit quelques efforts pour faire valoir ses prétentions à l'empire; mais il dut bientôt les abandonner, et signa la paix de 1745, qui lui rendit ses possessions de Bavière. II se consacra dès lors à l'administration de son pays, et y apporta beaucoup de réformes. Avec lui s'éteignit la ligne cadette de la maison de Wittelsb.ich. Ses possessions passèrent à Charles Théodore, électeur palatin, de la maison Sulzbach.
*MAXIMILIEN iv, JOSEPH, électeur, puis roi de Bavière , né en 1756, succéda en 1799 à son oncle Charles Théodore comme électeur. Il adhéra en 1805 à la Confédération du Rhin, s'attacha dès lors à la fortune de Napoléon, donna sa fille à Eugène de Beauharnais (1806), et vit la même année ériger son duché en royaume: il prit alors le nom de Maximilien I. Cependant, en 1813, il consentit à entrer dans la ligue formée contre la France : il dut à cette conduite de conserver son trône après la chute de Napoléon. Il introduisit dans l'administration une foule d'améliorations, protégea les sciences et les arts et donna en 1818 une constitution à la Bavière. Il m. en 1825, laissant le trône à son fils Louis.
*MAXIMIN, C. Julius Verus Slaximinus, empereur romain, né en Tlirace, de parents goths, avait d'abord été pâtre. S'etant enrôlé dans la milice, il s'éleva par sou courage aux plus hauts grades, et se fit proclamer empereur en 235, à la mort d'Aiexan-dre-Kévère. Il remporta des avantages sur les Germains, les Sarniales et les Daces, qui ravageaient l'empire; mais il se rendit odieux par sa férocité : il fit périr plusieurs milliers de personnes soupçonnées d'avoir conspiré contre lui, et persécuta cruellement les Chrétiens. Le sénat M opposa en237lei. deux Gordiens; mais ils furent bientôt battus et mis à mort par sbs généraux. On nomma alors dçux nouveaux empereurs, Maxime Pupien et Balbin." A cette nouvelle, Maximin, transporté de fureur, quitta la Germanie, où il faisait la guerre, et marcha contra l'Italie. Mais, s'étant arrêté- pour assiéger Aquilée, il fut assassiné dans cette ville, en 238, par ses pro< près soldats, honteux de servir un tel tyran. Maxi min était d'une taille colossale (dé 7 à 8 pieds romains), d'une voracité et d'une force extraordinaires : il mangeait en un jour 40 livres de viande et buvait 80 pintes de vin: il déracinait de gros arbres, terrassait à lui seul dix hommes, brisait d'un coup de pied la jambe d'un cheval et broyait des cailloux entre ses doigts.
*MAxiMaN OAÏA, neveu de Galérius, était fils d'un berger de Thrace, et fut d'abord berger lui-même. Galérius le fit nommer césar par Dioctétien en 305, au moment où ce prince abdiquait; il fut proclamé augustesen 307. A la mort de Galérius (311), il partagea l'empire avec Constantin et Licinius ; mais il ne tarda pas à se brouiller avec ses collègues et s'allia contre eux avec Maxence. Il fut défait par Licinius à Andrinople, et se vit réduit à fuir déguisé; peuaprès il s'empoisonna à Tarse (313). Fort adonné au vin, Maximin avait eula sage précaution d'exigeï qu'on n'exécutât que le lendemain les ordres qu'il donnerait dans l'ivresse.
*MAXIMIN (S.), évêque de Trêves, élu vers 332, mort vers 350, donna asile à S. Athanase exilé. On le fête le 29 mai.
*MAY (Thomas), écrivain anglais, né en. 1695 à Mayfield (Sussex), m. eu 1650, jouit d'abord de la faveur de Charles I, puis embrassa le parti du Parlement et devint secrétaire et historiographe de cette assemblée. On a de lui, entre autres ouvrages, l'Histoire du Parlement de 1640 à 1643, des tragédies. des traductions en vers des Géorgiques de Virgile et de la Pharsale de Lucain, et une continuation de la Pharsale jusqu'à la mort de César, rédigée d'abord en anglais, 1639, puis en latin, 1640.
*MAYA, divinité indienne, paraît être la même que Sakti ou Parasakti, épouse de Brahm, et est mère de la Trimourti. Elle est la nature divinisée, la mère de tous les êtres, le principe fécondateur féminin et passif. Comme le monde n'est, dans les croyances des Hindous, qu'apparence et illusion, elle est encore la mère des illusions, ou l'Illusion personnifiée.
*[[Jan Mayen|MAYEN (île JEAN-)]], ile de l'Océan Glacial arctique, par 71° lat. N. et 12° 24' long. O., au N. E. .de l'Islande et au S. O. du Spitzberg. Sol volcanique : le Beereberg, haut de 2085", fit éruption en 1818; immenses amas de glaces sur les côtes.—Découverte en 1611 par Jean Mayen, navigateur hollandais; souvent visitée par les navires baleiniers.
*[[Mayence|MAYENCE]], Mains en allemand, Hoguntiaewm en latin, v. de la Hesse-Darmstadt, ch.-l. de la prov. de Hesse-Rhénane.sur la r. g. du Rhin, en face del'em-bouch. du Mein,à 25 kil. S. O. de Francfort-sur-le-Mein, à 814 kil. N. E. de Paris par chemin :de fer; 36000 hab., dont 6000 protestants et 2500 Juifs. Evacué suffragant de Fribourg (autrefois archevêché); cour»d'appel ; trib, de I" i&st. et de commerce; cour d'assises. Mayence est une des trois grandes forteresses fédérales de l'Allemagne : les Prussiens et les Autrichiens y tiennent garnison avec les Hessoîs. la ville, qui s'étend sur le penchant de plusieurs collines, est formée de deux quartiers, celui duRhin, et celui du N. O. (ce dernierélégantet spacieux) : grand pont de bateaux, communiquant avec Cassel (long de 600°); chemin de fer pour Aix-la-Chapelle, Cologne, Francfort, etc.; cathédrale gothique renommée dite le Dom, églises St-Ignace, St-Jacques, S]-Étienne; arsenal et hôtel del'ordreTeulonique; belle place Parade, place de Gutenberg, où s'élève, depuis 1837, la statue en bronze de cet homme célèbre; restes d'antiquités. Gymnase, école des arts et métiers ; bibliothèque, galerie de peinture, cabinet de monnaies et médailles, cabinet d'histoire naturelle, musée d'antiquités romaines, etc. Industrie : faïence, meubles, cartes à jouer, tissus de coton, imprimeries; perles fausses, instruments de musique et de précision; vins et jambons renommés. Grand commerce : érigée en port franc par Napoléon Ieren 1809, Mayence est le centre d'une navigation active sur le Rhin; on y fait des affaires considérables d'expédition et de transit. Aux environs, belle Chartreuse ; maison de plaisance d'été, dite la Favorite. Patrie de Guttemberg. — Fondée par Drusus 13 ans av. J.-C., Moguntiacum fut une place importante sous les Romains et devint la métropole de la Germanie ; détruite lors de l'invasion des barbares (406), elle fut rebâtie par les rois francs, et embellie par Charlemagne ; elle avait été érigée en archevêché pour S. Boniface dès 751 ; elle eut dès le xve siècle une université qui fut supprimée en 1802. Après avoir été ville libre et impériale pendant longtemps, elle fut soumise aux archevêques depuis 1462. Souvent assiégée : prise par les Suédois en 1631, par les Français en 1644, 1688 et en 1792; remise aux Prussiens en 1793 par capitulation après une belle défense (F. MERLIN) ; rendue à la France par la paix de Campo-Formio 1797, elle fut jusqu'en 1814 le ch.-l. du dép. de Mont-Tonnerre. Le congrès de Vienne la donna au grand-duc de Hesse-Darmstadt. Elle fut déclarée forteresse fédérale en 1825.
MAIE — 1215 — MAIN
*MAYENCE (Archevêché et Electorat de), un des États de l'anc empire d'Allemagne, dans le cercle du Bas-Rhin, comprenait Mayence, Cassel, Aschaffenbnrg, Amorbach, Amonebourg, Bingen, Bischoffsheim, Diebourg, Fritzlar, Gernsheim, Hochst,Hochheim,Stein-heim,Seligenstadt,Erfurt et son territoire, le Haut et Bas-Eichsfeld. Presque tous ces pays sont auj. à la Bavière ;quelques-uns, y compris Mayence, sont à la Hesse ou au duché de Nassau. — L'archevêché de Mayence eut longtemps une grande importance qu'il dut surtout au souvenir de son fondateur, S. Boniface, l'apôtre des Saxons; à la chute de Henri le Lion, il s'agrandit en partageant les dépouilles du seigneur proscrit. La dignité archiépiscopale était donnée par le chapitre. L'archevêque était électeur; il avait le titre d'archichancelier de Germanie et tenait le premier rang parmi les sept électeurs : c'était lui qui couronnait les empereurs. Lors des interrègnes, il avait le vicariat de l'empire ; il nommait le vice-chancelier pour le conseil aulique, et avait sa chancellerie particulière à la cour impériale. La province ecclésiastique embrassait jadis presque toute l'Allemagne; après avoir subi d'énormes réductions elle avait encore pour suffragants dans les derniers temps ; "Worms, Spire, Strasbourg, Constance, Augsbourg, î Coire, "Wurtzbourg, Eichstœdt, Paderborn, Hildesheim, Fulde. Le dernier archevêque de Mayence a été Ch. Théodore de Dalberg.
* MAYENNE (la), ileduana, riv. de France, naît au village de Maine (Orne), près de St-Martin des Landes, arrose le dép. de la Mayenne, passe à Mayenne, Lavai, Château-Gonthier, reçoit la Varenne, l'Ernée, la Sarthe grossie du Loir,'prend alors le nom de Maine, et tombe dans la Loire à Bouche-Maine près des/onts-de-Cé. Cours, 185 kil. dont 95 navigables.
*MAYENNE (dép. de la), dép. situé entre ceux de la Manche et de l'Orne au M., d'Ille-et-Vilaine à l'O., de la Sarthe a l'E., de Maine'-et-Loire au S.; 5181 kil. carrés; 375 000 hab.; ch.-l., Laval. Formé en partie du Maine et de l'Anjou. Montagneux et boisé, surtout au N.; beaucoup de Landes. Fer, marbre, pierres de taille, ardoises. Grains, lin, chanvre, fruits à cidre, peu de vin. Bestiaux, chevaux, porcs, moutons, abeilles. Toiles, lkige de table, siamoises, mouchoirs, filatures de coton, blanchisseries, hauts fourneaux, feux d'affinerie. — Ce dép. a 3 arr. (Laval, Mayenne Château-Gonthier), 27 cantons et 275 communes; il appartient à la 16' division militaire, dépend de lacour impér. d'Angers et forme l'évêché de Laval.
*MAYENNE, Meduanum, ch.-l. d'arr. (Mayenne), à 28 kil. N. E. de Laval;8373 hab. Trib. de lteinst.ét de commerce; collège, séminaire. Rues étroitès-et tortueuses, maisons mal bâties. Hôtel de ville; anc. château des ducs de Mayenne, qui domine la ville. Fabriques de toiles, de calicots. Patrie du cardinal Chéverus. —Mayenne doit son origine à un château fort construit au VIII° s. par Juhel, duc de Bretagne. Ce château fut pris par les Anglais en 1424. Mayenne fut érigée en marquisat pour Claude I, duc de Guise, puis en duché-pairie (1573) pour Charles de Lorraine, connu sous le nom de duc de Mayenne. Mazarin racheta ce duché et le donna en 1661 à Charles de La MeiUe-raie, qui avait épousé Hortense Mancini, sa nièce. Les Vendéens s'emparèrent de Mayenne en 1793.
*[[Charles de Mayenne|MAYENNE (Ch. dE LORRAINE, duc de)]], 2° fils du duc François de Guise, né en 1554, m: en 1611, se distingua d'abord dans les guerres de religion, à Poitiers, au siège de La Rochelle, à Moncontour, et dans le Dauphiné, où il fut surnommé le Preneur de villes. A. la nouvelle du meurtre de ses deux frères (le duc dé Guise et le cardinal de Lorraine), il se déclara chef • de la Ligue (1589), entra dans Paris, prit le titre de lieutenant général du royaume, et fit la guerre à Henri III, et au roi de Navarre (Henri IV); mais il fut battu par ce dernier à Arques et à Ivry. A la mort de Henri III, il proclama un fantôme de roi en la personne du cardinal de Bourbon, sous le nom de Charles X. Ce prince étant mort en 1590, il convoqua les Etats généraux à Paris, dans l'espoir sans doute de se faire élire, mais il ne put y réussir. Il finit par négocier avec Henri IV, fit sa paix en 1596 et fut nommé gouverneur de l'Ile-de-France. D'une grande nonchalance, qu'augmentait encore son obésité, ce prince était hors d'état de lutter contre un adversaire aussi actif qu'Henri IV. On a de lui quelques Lettres, publiées par M. Loriquet, 1860. — Son fils, Henri, duc de Mayenne, grand chambellan, et gouverneur de la Guyenne, périt en 1621, au siège de Montauban, sans laisser de postérité.
*[[Tobias Mayer|MAYER (Tobie)]], astronome, né en 1723 à Marbach (Wurtemberg), m. en 1762, professa les mathématiques à l'Université de Gœttingue depuis 1750 et fut chargé de la direction de l'observatoire de cette ville. Il imagina des instruments utiles, réforma plusieurs erreurs dans la géométrie pratique, calcula les mouvements de la lune avec une admirable précision, et mérita, par ses Tables de la Lune, le grand prix décerné par le Bureau des longitudes de Londres (1755). Il perfectionna aussi la méthode de mesurer les triangles pour les opérations géodésiques et eut le premier l'idée de répéter les angles pour atténuer les erreurs de mesure. On doit à ce savant un catalogue de 998 étoiles zodiacales, dont plusieurs ont été observées jusqu'à 26 fois. Ses principaux ouvrages, outre ses Tables, sont : Traité des courbes pour la construction des problèmes de géométrie, en allemand, Augsbourg, 1735; Atlas mathématique, 1745.
*MAYET, ch.-l. de c (Sarthe), à 31 kil. S. E. de La Flèche; 3630 hab. Grosses étoffes de laine. •--'
*MAYET-DE-MONTACNE (LE), ch.-l. de c (Allier), à 22 kil. S. de la Palice; 1700 hab. MAYEUL (S.). V. MAÏEOL.
*MAYN, riv. d'Allemagne. V. HEIN.
*[[Auteur:François Maynard|MAYNARD (François)]], poète et l'un des premiers membres de l'Académie française, né à Toulouse en 1582, m. en 1646, était président à Aurillac. Il fit longtemps dans ses vers la cour au cardinal de Richelieu, ainsi qu'à la reine Anne d'Autriche, mais ne put rien en obtenir, et se retira dans sa province. Il avait eu Malherbe pour maître et écrivait avec pureté, mais ses vers manquaient de force. Ses OEuvres, contenant des sonnets, des épigrammes, des odes, des chansons, ont été publiées à Paris en 1646, et ses Lettres en 1655. C'est dans l'épigramme qu'il réussissait le mieux. Il perfectionna la versification des stances : c'est lui qui établit en règle, dans les stances de 10 vers, la suspension après le 4° et le 7e vers, et, dans celles de 6, ie repos du milieu.
MAZA — 1216 —? MAZO
*MAYNOOTH, v. d'Irlande (Leinster),dans le comté de Kildare, à 24 kil. O. N. O. de Dublin ; 2129 hab. Station du chemin de fer de l'Ouest. Collège royal de S. Patrick, fondé en 1775, subventionné par l'État depuis 1845 : c'est le premier séminaire catholique qui ait reçu cette faveur depuis l'introduction du Protestantisme en Angleterre.
*MAYO (comté de), en Irlande (Connaught), entre ceux de Sligo et Roscommon à l'E.,de Galway au S., l'Océan au N. et à l'O. : 102 kil. sur 50; 350000 h. Ch.-l. Castlebar. Montagnes, pâturages, grains; beaucoup de marais, mines riches; agriculture arriérée.
*MAYOMBA, v. de Guinée, capit. du royaume de Mayomba, à l'embouch. d'une riv. de même nom dans l'Océan Atlantique, par 1° 59' long. E., 3° 45' lat. N. Ivoire, cuivre, gomme. On y faisait jadis un grand commerce d'esclaves.
*MAYOTTE, une des lies Comores, au S. E., par 42* 59' long. E., 12" 50' lat. S. : 50 kil. sur 32; env. 16O00 hab., Sacalaves et Arabes, la plupart mahomé-tans. Bois de construction : takamaka blanc, bois d'é-bène, bois de natte. La canne à sucre et le café y viennent bien. Belle rade. — Cette île fut cédée à la France en 1843.
*MAYPtJ, plaine du Chili, sur les bords d'un fleuve de même nom, à 70 kil. S. O. de Santiago. San-Mar-tin, chef des indépendants, y battit les troupes royales espagnoles le 15 avril 1818.
===MAZ===
*MAZACA,v. de Cappadoce. V. CESAREE.
*SlAZAFRAN.Saïiis, nv.de l'Algérie (prov. d'Alger), affluent de la Chiffa. V. CHIFFA.
*MAZAGAN, v. et port de Maroc, à 225 kil. N. O. de Maroc, sur l'Atlantique, près de l'embouch. de la Morbéa; 7000 h. — BAtie en 1500 par les Portugais, qui la nommèrent Castroreale; prise par les Marocains en 176!).
*MAZAGRAN, vge fortifié de l'Algérie (prov. d'O-ran),à \i kil. R. de Mostaganem et à 88 kil. N. E. d'Orant est célèbre par la valeur avec laquelle 123 Français, commandés par le capitaine Lelièvre, s'y défendirent contre 12 000 Arabes, du 2 au 6 fév. 1840.
*MAZAMËTjCli.-l.dec (Tarn), sar l'Amette, à 18 k. S. E.de Castres; 8151 h. Belle halie. Fabr. de draps.
*MAZANDËRAN, Vllyrcanie des anciens, province seplentr. de la Perse, s'étend le long de la mer Caspienne, au N. de l'Irak-Adjémi et à l'E. du Ghilan : 350k. sur 100; 700000h. ;capit., Sari; autres villes, Asterabad (jadis capitale), Balfrouch, Aschraf, etc. Contrée très-montueuse ;neiges perpétuelles sur quelques sommets ; climat chaud et humide dans les plaines. Les habitants sont grands, forts, très-braves, mais peu hospitaliers. Sol fertile, bétail, côtes poissonneuses. Dans les guerres que se livrèrent les Turcs Gaznévides et Seiujoucides pour la possession de la Perse, ce pays fut le théâtre de fréquents combats.
*MAZAN1BI.LO. V. MASANIELLO.
*[[Jules Mazarin|MAZAR1N (Jules)]], cardinal, ministre de France, né en 16024 Pescina dans l'Abruzze, de parents nobles, selon les uns, d'une modeste famille de marchands selon les autres, suivit d'abord la carrière militaire, servit dans l'armée papale en Valteline comme capitaine (1625), puis fut employé comme diplomate par la cour de Rome, et ménagea la paix de Cherasco entre la Savoie, la France et l'Espagne (1631). H embrassa l'état ecclésiastique en 1632, obtint une charge de référendaire dans la chancellerie papale, fut nommé vice-légat d'Avignon en 1634, et, peu de temps après, légat extraordinaire du St-Siége à Paris. Richelieu, qui l'avait remarqué, le chargea de plusieurs missions difficiles, après l'avoir fait naturaliser Français (1639); il le fitnommer cardinal en 1641, et lé recommanda en mourant à Louis XIII, 1642. Il hérita en effet de tout son pouvoir. Louis XIII. par son testament, le nomma membre du conseil de régence, dont la présidenceétait confiée à la reine mère Anne d'Autriche (1643); la reine elle-même l'investit d'un pouvoir absolu, avec le titre de premier ministre. Les premières années de son ministère furent signalées par les victoires des Français sur les Espagnols à Rocroy (1643), à Nord-lingue (1645), à Lens (1648), victoires qui amenèrent la paix de Westphalie. Mais en cette dernière année éclata la guerre civile de la Fronde, pendant laquelle la cour, dirigée par Mazarin. eutà lutter à la fois contre les grands du royaume mécontents, et contre les ennemis du dehors: uneibule de pamphlets et de satires, connus sous le nom de Mazarinades, furent à cette époque dirigés contre lui. Mazarin se vit deux foisobligé de céder à l'orage, et de quitter la France; mais enfin, tant par adresse que par force, il sortit vainqueur de là lutte, 1653 (V. FRONDE). En 1659, il conclut la paix des Pyrénées, qui mettait un terme aux guerres de la France et de l'Espagne et préparait la grandeur de Louis XIV. Il mourut deux ans après. Mazarin n'eut point sans doute le vaste génie et l'énergie de Richelieu : mais il y suppléa par la ruse, la souplesse et l'habileté diplomatique. Quoique né étranger, il défendit toujours les intérêts de sa patrie adoptive et put dire que, si son langage n'était pas français, son cœur l'était. Ce ministre protégea les lettres etlesarts; on lui doit la bibliothèque publique qui porte son nom, le collège des Quatre-Nations, l'académie de peinture et de sculpture, l'introduction de l'opéra italien; maison lui reproche d'avoir négligé le commerce, la marine et les finances. H amassa une fortune colossale qu'il laissa àsesnièces (V.MANCiNi). Des lettres écrites par Mazarin pendant la négociation du traité des Pyrénées ont été publiées à Am'sterdam en 1693, sous le titre de Négociations sécrètes des Py-rènfes, 2 v. in-12, et réimprimées en 1745, avec 50 autres lettres. On a impr. en 1836 ses Lettres à la reine 'Anne; M. Tamizey de Larroque a publiê én l861 des Lettres de Mazarin relatives à la Fronde. M, Chéruel prépare pour les Documents inédits de VRistoire de France une collecàon complète de ses Lettres. V. l'HUt. de Mazarin par Aubery, 1688,et par Bazin, 1842, et la Jeunesse de Mazarin, par V. Cousin, 1865
*Mazarin avait eu un frère, Michel Mazarin,qui devint aussi cardinal, 1647, et deux soeurs, dont l'une, mariée à Laurent Mancîni, baron romain, fut mère de 5 filles, qui ont eu dé la célébrité. T. HA'NCINI.
*MAZATLAN, v. et port du Mexique (Sonora et Ci-naloa),à l'embouch. dû Mazatlan dans l'Océan Pacifique, à 300 k. S. de Cinaloa; 3000 hab. Consuls.
*MAZDfirSME, CUlte d'OBMUZD. V. ORMUZD.
*MAZEPPA, hetman bu prince des Cosaques, né en Podolie vers 1640, d'une famille noble, mais pauvre, était au service d'un seigneur polonais, lorsque celui-ci découvrit entre sa femme et lui une intrigue amoureuse. Selon une tradition accréditée, il le fit lier tout nu sur le dos d'un cheval sauvage, et l'abandonna à la course de cet animal, qui, élevé dans l'Ukraine, le porta jusque daps cette contrée. Là, Ma-zeppa fut recueilli par quelques paysans, dont les soins le rappelèrent à la vie. Il se fixa parmi eux, sa fit remarquer par son énergie et ses talents, devint secrétairede l'hetman des Cosaques, et après sa mort fut élu à sa place, 1687. Dans ce poste, Mazeppa sut se concilier l'affection du czar Pierre I, qui le nomma prince de l'Ukraine; mais, voulant se rendre indépendant, il trahit le czar à l'époque de ses guerres avec Charles XII, et combattit pour celui-ci à Pul-tawa. Après la défaite du roi de Suède, il se réfugia en Valachie, puis à Bender, où il mourut en 1709. Mazeppa est le hérosd'un des poèmes de lord Byron.
*[[Mazères (Ariège)|MAZÈRES]], petite v. de France (Ariége), à 16 k. N. de Pamiers; 3313 h. Ane. résidence des comtes de Foix. Possédée longtemps par les Huguenots : assiégée par les Catholiques en 1570, elle capitula.
*MAZIÈRES, ch.-l. de c (Deux-Sèvres), à. 17 kil. S. O. de Parthenay; 300 hab. Chevaux, mulets.
*MAZO1S (Franc.), architecte, fils d'un négociant de Lorient, né en 1783, mort à Paris en 1826. étudia sous Percier, se perfectionna eh Italie, fut chargé par Murât, des embellissements de Naples, explora; avec le plus grand soin les ruines de Pompéies et do Passtum, revint en France en 1819, fut nommé inspecteur des bâtiments et membredu conseil des bâtiments civils, et chargé de restaurer l'archevêché de Reims pour le sacre de Charles X. On a de lui les Ruines de Pompéi, 4 vol. gr. in-fol-, ouvrage ca-ital, ayec un savant texte rédigé par lui-même, pu-lié de 1813 à 1838 (achevé par M. Gau) ; le Palais de Scaurus à Rome (1819, 1 vol. in-8 avec plane), ouvrage fictif, qui fait parfaitement connaître l'intérieur d'une maison romaine.
MÉAC — 1217 — MÉCE
*MAZOVIE, Masau en allemand, Massovia en latin, un des 12 palatinats de la Grande-Pologne et le plus grand de tous, se composait de 10 cantons, appelés du nom de leurs chefs-lieux, Varsovie, Czersk, Wyszograd, Zakroczyn, Ciechanow, Lomza,Wizka, Rozan, Nur et Liw. Très agrandie aujourd'hui, la Mazovie forme une des 8 vayvodies de la Pologne russe (au S. de celle d'Augustowo, au N. de celles de Sandomir et de Kalisz) : Varsovie en est le ch.-l. Elle compte env. 800 000 hab. et se divise en 7 ob-vodies, Varsovie, Stanislawow, Lowicz, Rawa, Len-czy, Kutno et Wrotlawee. —La Mazovie a été de 1138 à 1529 un duché particulier, appartenant à une ligne de la maison royale des Piast, et le plus souvent vassal de la Pologne (de 1329 à 1370 il le fut de la Bohême). Cette ligne s'étant éteinte en 1529, Si-gismond I, roi de Pologne, réunit la Mazovie à la couronne. Etienne Bathori l'érigea en palatinat, 1576. MAZURE (F. A. J.), littérateur, né en 1776 à Paris, mort en 1828, fut attaché dès 1796 à l'école centrale de Niort, devint inspecteur de l'Académie d'Angers, puis inspecteur général des études, et censeur aesjournaux.ilaéeritune Vie deVoUaire,182l,eturie Hist.de la Révolution de 1688 en Angleterre, 1825.
*MAZZARA, Masaris, v. de Sicile (Trapani), sur la côte S. O., à 44 kil. S. de Trapani; 8400 hab. Évêché. Bon port. Château fort. Vins, eau-de-vie, huile, soude, etc. — Cette ville était le ch.-l. du Val di Mazzara, la plus occidentale des trois anciennes prov. de la Sicile. Cette prov. en a depuis formé trois : Palerme, Trapani, Girgenti.
*MAZZCCUELLI (Jean Marie, comte de), biographe, né à Brescia en 1707, mort en 1765, entreprit de rédiger par ordre alphabétique la vie de tous les écrivains de l'Italie depuis les temps les plus reculés : il en publia 6 volumes in-fol. (Gli scfiltori d'Italia, Brescia, 1753-63); mais ne put l'achever. Ce recueil estimé ne contient malheureusement que les 2 premières lettres de l'alphabet Mazzuchelli était : aussi un numismate distingué : il possédait un riche cabinet de médailles, dont le seul catalogue remplit 2 vol. in-fol., Venise, 1761-63.
*[[François Mazzuoli|MAZZUOLI (Franc.)]], dit le Parmesan, peintre italien, né à Parme en 1503, mort en 1540, se forma par l'étude des chefs-d'œuvre du Corrége, de Jules Romain, de Michel-Ange et de Raphaël; mais sut, en faisant des emprunts à ces geands maîtres, se créer un genre à part, dont le principal caractère est la grâce dans le dessin et la douceur dans le coloris. Parmi ses tableaux on distingue : la Circoncision et le Mariage de Ste Catherine, à Rome; S. Roch, à Bologne; Moue, à Parme; la Vierge au long cou, à Florence ; la Mort de Lucrèce, son chef d'œuvre, à Naples. Le Parmesan fut aussi un des plus habiles graveurs de son temps ; il passe même pour l'inventeur de la gravure à l'eau forte ; il est du moins le l«r qui ait employé ce procédé en Italie. Ce maître donna dans la folie de l'alchimie : il s'y ruina, ce qui le fit tomber dans la mélancolie et abrégea ses jours.
===ME===
*MÉACO ou MIACO, v. forte du Japon, la 2° de l'empire, dans l'île de Niphon, sur la côte S., à 300 | kil. S. O. de Yédo ; 600000 hab. Résidence du daïri ; ou mikado, souverain spirituel du Japon. La ville a I liO kil. de long sur 15 de large; citadelle; 600 ternit pies en l'honneur de Bouddha et de Sinto. — Méaco J est le centre de la littérature et des sciences de 1 l'empire du Japon : grande bibliothèque, académie chargée de rédiger les annales du pays. Imprimeries, manufactures d'étoffes et de porcelaines, ou vrages de verreries et de placage. Grand commerce.
*MEAD (Richard), jiédecin anglais, né près do Londres en 1673, mort en 1754, médecin de Georges II, vice-président de la Société' royale, fut un des premiers à pratiquer l'inoculation de la petite vérole. On lui doi.t de savantes recherches sur les poisons et les maladies pestilentielles ; il croyait à fa contagion et recommandait un isolement absolu. Ses OEuvres ont été trad. en français, Paris, 1774.
*MEANDRE, auj. le Buiuk-Xeinder, riv. de l'Asie-Mineure, naissait en Phrygie, coulait vers l'O., arrosait les villes d'Apamée, de Colosses, d'Antioche, de Pyrrha, de Milet, etc., et se perdait dans la mer Egée entre Héraclée et Priène, vis-à-vis de Samos, après un cours d'env. 270 kil. Ce fleuve est célèbre par les sinuosités de son cours et par la beauté des cygnes qui habitaient ses bords.
*MEARNS, comté d'Ecosse. V. KINCARDINE. .
*MEATH (EAST) , c-à-d. Healh oriental, comté d'Irlande (Leinster, sur la mer d'Irlande), entre ceux de Cavan au N., de Kildare au S., de Louth à l'E. et de West-Meath à l'O. et au S. O. ; 70 k. sur 58; 2450 kil. carr. ; 185 000 hab. ; ch.-l., Trim. Sol fertile, bons pâturages; fabriques de toiles.
*MEATB (WEST-) , c-à-d. Meath occidental, comté d'Irlande (Leinster), borné au N. E. et à l'E. par le préc, au S. par le King's county, et à l'O. par les comtés de Roscommon et de Longford; 49 kil. sur 38 : 1500 kil. carr.; 180000 hab.; ch.-l. Mullingar. Beaucoup de blé, qu'on exporte.
*MEAUX, Meldi ou Jatinum, ch.-l. d'arr. (Seine-et-Marne) , sur la Marne et le chemin de fer de l'E., près du canal de l'Ourcq, à 56 kil. N. de Melun, à 44 kil. N. E. de Paris; 8688 hab. Evêché (fondé en 375 et illustré par Bossuet); église calviniste ; collège, bibliothèque. Société d'agriculture, sciences et arts; soc biblique protestante. Tissus de coton, etc. Belle cathédrale de St-Étienne, édifice gothique, commencé au xm° siècle et achevé au xvi" : on y voit le tombeau de Bossuet. Commerce de grains, farines, bestiaux etfromages de Brie ; dessiccatioûjde légumes. — Ville très-ancienne, jadis capitale des Meldi; sous les Romains, elle fit partie de la Gaule Belgique, puis delà Gaule Lyonnaise. Les Normands la brûlèrent au ixe siècle. Meaux était la capit. de la Brie; elle appartint dès le x" siècle aux comtes de Champagne qui s'appelaient aussi comtes de Meaux; elle obtint une charte de commune dès 1179. Elle revint à la couronne sous Philippe le Bel, fut possédée par les Anglais de 1421 à 1438, fut reprise par le connétable de Richemont et réunie définitivement alors à la couronne. Meaux compta au commencement du xvi° siècle de nombreux protestants; mais l'hérésie y fut bientôt étouffée ; cette.ville entramêma dans la Ligue en 1587. Toutefois elle fut des premières à se soumettre à Henri IV. Il fut signé 'à Meaux en 1229 un traité qui mit fin à la guerre des Albigeois en mariant une fille de Raymond VII, comte de Toulouse, avec un frère du roi Louis IX, et en ajoutant au domaine royal les comtés de Carcassonne, Béziers, Nîmes, Narbonne, Agde, Maguelone.
*MÉCÈNE, C. Cilnius Mecxnas, favori d'Auguste, né à Arretium, d'une famille issue des anciens Lucu-mons ou rois d'Ëtrurie. Il s'était lié avec Octave pendant qu'il étudiait en Grèce; il l'accompagna dans toutes ses guerres; lorsque Octave fut devenu empereur, il se contenta d'être son ami et refusa les honneurs publics. Cependant il fut souvent chargé de l'administration de l'empire en son absence. Mécène préférait la monarchie àla république, et il détermina Auguste à conserver le souverain pouveir qu'il voulait abdiquer. Il ne se servit de son crédit que pour porter l'empereur àla clémence et pour favoriser les gen3 de lettres : Virgile, Horace, Varius, Properce étaient ses amis et ses protégés. Il mourut l'an 9 av. J -C. Il avait épousé Terentia, femme d'une
MECK - 1218 — MECK.
grande beauté, mais altière et infidèle, qu'il quitta et reprit plusieurs fois, ne pouvant vivre ni avec elle, ni sans elle. Mécène avait composé une Histoire naturelle, une Vie d'Auguste, deux tragédies ?H des poésies. Ses ouvrages sont perdus; on trouve seulement quelques fragments de ses poésies dans le Corpus Poetarum de Maittaire : son style était fort recherché. La Vie de Mécène a été écrite en latin par Meibom, 1653, en français par Rlcher, 1746. A. Lion a recueilli sous le titre de Mxcenatiana (Gœttingue, 1825 et 1846) tout ce qu'on sait de sa vie et de ses ouvrages. Un beau buste en marbre de Mécène a été trouvé ces dernières années dans les ruines de Car-seoli, bourg du Latium.
*MÉCHAIN (P. F. André), astronome, né à Laon en 1744, fut d'abord attaché au dépôt des cartes de la marine. Il découvrit plusieurs comètes, calcula leurs orbites, coopéra à la détermination de la différence en longitude des observations de Greenwich et de Paris, et mérita par là d'entrer à l'Académie des'sciences. Il rédigea de 1785 à 1792 la Connaissance des temps, fut chargé en 1792 de mesurer l'espace contenu entre Barcelone et Rhodez et passa plusieurs années en Espagne pour ce travail, qu'il exécuta à travers mille obstacles. Il reconnut qu'il avait été commis dans la détermination de la position de Barcelone une petite erreur, qu'il eut tortde dissimuler. Il mourut de la fièvre jaune à Castelhon de la Plana en 1805.
*MECHELIN, MECHLIN. V. MALINES.
*MÉCHOACAN , État du Mexique , a pour bornes ceux de Guanaxuato au N., de Mexico au S., le Grand-Océan au S. O., l'Etat de Xalisco au N. O.; 448 kil. sur 195; 67f>0 kil. carr.; 500000 hab.; ch.-l. Valla-dolid. Montagnes, volcans, entre autres le Jorullo. Climat tempéré, généralement sain. Les Indiens du Méchoacan sont les plus industrieux du Mexique : ils réussissent surtout dans la sculpture en bois.
*MECKEL, famille de savants médecins et anato-mistes , qui depuis plusieurs générations ont bien mérité de la science. Jean Fréd. Meckel, né à Wetz-iœr en 1714, mort en 1774, se fixa à Berlin et devint membre de l'Académie des sciences de cette ville. On lui doit des recherches sur les nerfs, les veines, les vaisseaux lymphatiques, et la création d'un beau muséum anatomique, que son fils et son petit-fils ont successivement agrandi. — Phil. Fréd. Meckel, fils de J. Fréd., né à Berlin en 1756, mort à Moscou en 1803, enseigna l'anatomie et la chirurgie à Halle, à Strasbourg; fut appelé en 1795 à St-Pétersbourg par Paul I et nommé médecin de l'impératrice et inspecteur des hôpitaux. Onlui doit les iVou-»elles archives de médecine pratique, Leips., 1789-95. — Jean Fréd. Meckel, le Jeune, fils de Philippe, né à Halle an 1781, mort en 1833, se distingua dès sa jeunesse par sa thèse inaugurale, De conditionibus cor-dis abnormibus; professa l'anatomie et la physiologie à Halle, et se voua surtout à l'étude de l'anatomie comparée. Il commença par traduire Cuvier (Leipsick, 1809-10); il donna quelques années après un Système d'anatomie comparée, en allemand, Halle,1821-23, ouvrage qui fit époque et qui fut traduit en français par Riester et Sanson, 1836. On lui doit encore : Manuel de l'anatomie de l'homme, Leipsick, 1812-18; Tabulai analomico^iathologicse, 1817; Descriptio monstrorum, 1826.11 prétendait que le fœtus, en s'or-ganisant, revêt successivement la forme des animaux d'espèces inférieures, s'élevantgraduellementjusqu'à une forme plus parfaite, et il expliquait les monstruosités par un arrêt dans le développement normal.
*MECKLEMBOURG (gr.-duchés de), nom de deux grands-duchés du nord de l'Empire allemand: l'un à l'O., de beaucoup le plus grand, le Mecklem-bourg-Schwérin ; l'autre à l'E., le Mecklembourg-Strêlitz. Tous deux ensemble forment une contrée bornée au N. par la Baltique, au S. par le ducné do Lunebourg, à l'E. par la Poméranie et le Brandebourg, à l'O. par le duché de Lauenbourg, Lubeck, et la principauté d'Eutin : env. 14070 kjL carr. — Le Mecklemhourg-Schv/êtin a fâl20 kil. carr.; 540000 hab •il a pour capitale.Mrwérin, bien que le grand-duc réside h Ludwigsfast. Il sa décompose en cinq parties : 1* cercle de Jfecklem-bourg (ch.-l. Schwérin); 2° cercle "Wendjqiie (ch.-l. Gùstrow) ; 3° principauté de Sebwérin (ch.-l. But-zow) ; 4° seigneurie de "Wismar (ch.-l. "Wismar) ; 5° seigneurie de Rostock (eh.4. Rostock). — Le Mec-klembourg-Strélitz a 1950 kil. earr.,.et 1QÛ.0Û0 hab. Il se compose de deux parties séparées, l'une de l'autre, la seigneurie de Stargard et la principauté de Ratzebourg; capitale, Neu-Strélitz. L'Université de Rostock et la cour d'appel'de Parchim: sont communes aux deux duchés. — Le Mecklembourg, quoique sablonneux en quelques endroits, est*"assez fertile. On y trouve un grand nombre de facs. Il est traversé par le chemin de fer de Berlin à Hambourg. Ce pays produit des chevaux renommés, ainsi qu'un grand nombre de bœufs et de moutons, qui donnent lieu à un important commercé d'exportation. L'industrie se borne aux objets de première nécessité. La religion dominante est la luthérienne. Le gouvernement est en partie représentatif : une assemblée d'États a part à fa création des lois et à la fixation de l'impôt. — Cette contrée fut primitivefiient habitée par les Hérules et lesWendes ou Vandales ; peuples germains, auxquels succédèrent les Qbotrites et les Wilzes, peuplades slaves,venues de l'Es|. Au temps de l'empire d'Allemagne, elle formait une principauté comprise dans le cercle de Basse-Saxe. — La maison de Mecklembourg passe pour être la plu| ancienne maison régnante de l'Europe. On en fait remonter la filiation jusqu'à l'an SiO. Genséric, roi djs Vandales émigrés au midi de l'Europe, était de cette famille; Fréùobald, son frère, régna sur les WenSésqui restèrent près de la mer Baltique. Aribert, son descendant au 7" degré, ne. reconnut la suprématie franque que sous Charlemagne; après sa mort, |e royaume wende redevint indépendant. Henri leLfon, duc de Saxe, le détruisit en 1161, puis le rendit à Pribislay, qui devint son gendre et prit le nom de'prince. Au xiv" siècle la principauté se partagea, mais Henri le Gros en réunit toutesles possessions en 1474. Nouvelle division en!592 et formation de deux lignes : Mecklëm-bourg-SchTvérin et Mecklembourg-Gustnpy. Celle-ci s'éteignit en 1695; mais l'autre se subdivisa en trois branches : Schwérin-Schwérin, Schwêrin-Grabow et Schwérm-Strêlitz; la V ayant disparu en 169.2, les deux branches restantes, après un long débat, firent en 1701 un. partage dont les effets .subsistent -encore. Les princes régnants étaient d'aïord appelés ducs; le congrès de Vienne leur donna le titre de grands-ducs (1815). lis prennent encore 4uj. le titre -de princes des Vandales.
*MECKLEMBOURG, vge du"grand-duché de Mecklem-bourg-Schwérin, à 8 kil. S. de "Wismar; 500 hab. Jadis ville importante et capitale de tout le Mecklembourg au temps de Henri le Lion.
*MECKLEMBOURG (Albert de), roi de Suède de 1383 à 1389. Y. ALBERT.
*MECKLEMBOURG (Adolphe Frédéric de), fils atné de ?_ Jean, duc de Mecklembourg, lui succéda dans'Ie duché de Schwériri en 1592, tandis que son frère, " Jean Albert, reçut pour sa part le comté de Gûstrotsf. Les deux frères", à l'exemple, des autres princes protestants de l'Allemagne, se déclarèrent pour Frédéric, électeur palatin, élevé'au trône de Bohême; mais ils furent mis au ban de l'empire, et chassés de leurs États par "Wallenstein. Ils venaient d'être rétablis par Gustave Adolphe, roi de Suède, quand la -frère cadet mourut, ne laissant qu'un fils^n bas âge, le duc Adolphe. Après avoir réclamé vainement la- ; tutelle de son neveu, Adolphe Frédéric le fit enlever pour qu'on ne l'élevat pas dans l'a religion catholique. Il mit le plus grand ordre dans le comté de Gûstrow, qu'il rendit à son pupille lors de sa majorité , et s'occupa de faire fleurir dans ses proores
MÉDÉ — 1219 — MÉD1
Etats l'agriculture et l'industrie, afin de réparer les' calamités de la guerre de Trente ans. Il mourut en 1658, à 90 ans, laissant un fils, Christian, qui ne se fit remarquer que par sa bizarrerie et sa vie aventureuse. MECQUE (la), Macoraba, v. d'Arabie, capit. du grand cbérifat de la Mecque, à 46 kil. E. de la mer Rouge, par 37° 54' long. E., 21° 28' lat. N. La population, qui s'est élevée jadis à plus de 100 000 hab., était, au commencement de ce siècle, réduite à 18 000; elle est auj. d'env. 60 000. Rues belles et régulières, jolies maisons; 3 citadelles; célèbre mosquée dite Beith-Allah (la maison de Dieu), où se voit la Kadba, maison carrée de 10™ env. en tous sens, qui, d'après la tradition musulmane, fut construite miraculeusement (V. KAABA). —La Mecque, patrie de Mahomet et berceau des traditions musulmanes, est une cité sainte : tout fidèle musulman doit y faire un pèlerinage une fois en sa vie. Les infidèles ne peuvent approcher de cette ville qu'à une distance de 30 à 40 kil. La garde en est confiée au Grand-Seigneur. MECQUE (grand chérifat de la), partie de l'Hedjaz, comprend ce que les Arabes nomment le Belad-el-Aram (pays sacré), et a pour capit. la Mecque; autres villes, Médine, Akaba, Voukcb. Cet Etat est gouverné par des chérifs, sous la souveraineté de la Turquie. — Conquis en 629 par Mahomet, ce pays fut, comme toute l'Arabie, perdu de bonne heure pour le ealifat et passa sous diverses dominations. Il obéit successivement aux Karmathes ou Ismaéliens occidentaux, aux Fatimites, et enfin aux Turcs, à partir de Soliman II (1523 ou 1524). II fut conquis en 1803 par les Wahabites; mais ceux-ci en furent chassés en 1818 par le pacha d'Egypte, qui en resta maître jusqu'en 1841, époque à laquelle le sultan en reprit possession. T. HEDJAZ.
*MÉDARD (S.), né en 457 à Salency, près de Noyon (Picardie), mort'en 545, devint évêque de Vermand en 530, puis de Noyon, et fut en même temps chargé d'administrer l'évêché de Tournay. Il jouit d'une grande considération auprès des rois Chilpéric I et Clotaire I. On lui attribue l'institution du couronnement de la rosière. Ses reliques furent transférées à Soissons, dans l'abbaye qui prit son nom. On le fête le 8 juin, avec S. Godard.
BIÉDÉAU , Lamida, v. d'Algérie (prov. d'Alger), anc capit. du beylik de Titterie, auj. ch.-l. de subdivision militaire, à 90 kil. S. O. d'Alger, près de Mouzaïa; 8000 hab., dont 3000 Européens. Marché important pour les laines, les céréales et les bestiaux; culture de l'oranger et de la vigne. Ruines : romaines. — Prise par les Français dès 1830, Mé-déah ne fut occupée définitivement qu'en 1840. En 1854, elle a été érigée en une commune, dont font partie les colonies agricoles de Damiètte et de lodi, et l'exploitation industrielle de Mouzaïa-les-Mines. _. MÉDÉE, célèbre magicienne, fille d'^Eétès, roi de = Colchide, et de la magicienne Hypsée, hérita de la 1 science de sa mère. Lorsque Jason vint avec les Ar-j gonautes pour enlever la Toison-d'Or que possédait | .<Eétès, elle conçut un vif amour pour le héros, lui | fournit par son art les moyens de surmonter les | obstacles qui s'opposaient au succès de son entre-| prise, et s'enfuit avec lui de la Colchide. Arrivée à | iolcos, patrie de Jason, elle rajeunit, par le pouvoir I de son art, Eson, père de son époux; et, pour se ^ venger de Pélias, qui avait usurpé le trône d'Iolcos, I elle persuada aux filles de ce prince de l'égorger, 1 leur disant que c'était le moyen de le rajeunir aussi. I Après ce crime, elle fut contrainte de quitter la ville, I et se réfugia avec Jason à Corinthe. Là elle se vit j abandonnée par Jason, qui épousa Glaucé ou Creuse, | fille de Créon, roi de cette ville. Irritée de cette in-| fidélité, Médée se vengea en faisant périr par le poi-| son Glaucé avec Créon, son père, et en égorgeant | les enfants qu'elle avait eus de Jason; puis elle se | réfugia à Athènes, portée à travers les airs sur un i char attelé de deux dragons ailés. Elle épousa Egée, ? roi de la contrée, et en eut un fils nommé Médus.
Voulant assurer le trône à ce fils, au préjudice de Thésée, fils d'Egée et d'-ffithra, elle essaya d'empoisonner Thésée; mais'elle ne put accomplir ce nouveau crime et fut chassée d'Athènes. Elle retourna alors dans sa patrie, où, selon les uns, elle rétablit sur le trône /Eétès, son père, qui eu avait été renversé, et où, selon les autres, elle fit régner Jason, avec lequel elle s'était réconciliée. Médée a fourni des sujets de tragédies à Euripide, à Ovide, à Sénè-que, chez les anciens; à Corneille, Longepierre, Le-gouvé, etc., chez les modernes.
*MÉDELLIN, Metellinum, bourg d'Espagne (Bada-joz), près de la r. g. de la Guadiana, à 61 kil. E. de Badajoz; 1800 hab. Pont sur la Guadiana; ruines romaines. Patrie de Fernand Cortez. — Cette ville fut fondée par Q. Cécilius Métellus, d'où son nom. Le 28 mars 1809, 12 000 Français, commandés parle maréchal Victor, y battirent 36 000 Espagnols.
*MËDELLIN , v. de la Nouv.-Grenade, ch.-l. de la prov. d'Antioquia, à 225 kil. N. O..de Bogota; 15 000 hab. Position élevée; climat fort doux. Café estimé.
*MEDELPAD , anc division de la Suède, dans le Norrland , se partageait en Medelpad sept. (ch.-I., Sundwall) et M. mérid. (ch.-l., Touna); réuni àl'An-germanland, il forme auj. le gouvt de "Westernorrland.
MÉDÉRIC (S.). T. MERRY.
MÈDES. V. MEDIE, MËDIQUES (Guerres), PERSE.
*MÉDIATISÉS (Etats). V. MEDIATISATION dans notre THct. univ. des Sciences.
*MÉDICIS, famille illustre de Florence, que quelques généalogistes font remonter jusqu'à Charlema-gne, a pour véritable chef Evrard, gonfalonier ou chef de la république de Florence en 1314. En 1378, Sylvestre de Médicis, qui était aussi gonfalonier et qui exerçait une grande influence par ses richesses acquises dans le commerce, souleva le peuple contre la famille noble des Albizzi et -^va sa puissance sur leur ruine. Mais en 1381, ilsuccomba à son tour, et fut relégué à Modène. Cependant les Médicis redevinrent bientôt puissants dans Florence, et ils reparurent à la tête des affaires en 1421 dans la personne de Jean de Médicis, nommé gonfalonier. Jean mourut en 1429, laissant deux fils, Cosme et Laurent, qui ont eu une postérité illustre. De Cosme sont descendus Laurent le Magnifique, les ducs de Nemours et d'Urbin, les papes Léon X et Clément VII, Catherine de Médicis, reine de France, et Alexandre, duc de Florence, en qui cette ligne finit en 1537. De Laurent sont descendus Lorenzino de Médicis, qui assassina Alexandre en 1537 ; Cosme I, grand-duc de Toscane, six autres grands-ducs, et la reine de France Marie de Médicis. Cette 2e branche s'éteignit en 1743, en la personne de la princesse palatine Anne, sœur de Jean Gaston de Médicis, dernier grand-duc
*MEDICIS (Cosme de), l'Ancien, le Père de la patrie, né en 1389 de Jean de Médicis, et mort en 1464, succéda à son père en 1429 dans la charge de gonfalonier, exerça dans Florence jusqu'à sa mort une autorité absolue, et ne s'en servit que pour la gloire de sa patrie. Il fit alliance avec François Sforze, les Vénitiens et le pape, fit fleurir le commerce et protégea les lettres et les arts; il fit acheter en Grèce beaucoup de manuscrits précieux, fonda une académie pour l'enseignement de la philosophie platonicienne (V. FICIN), commença la bibliothèque connue depuis sous le nom de Lauren-tiana, et embellit Florence de plusieurs beaux monuments. Il fut surnommé le Père de la patrie pour avoir nourri le peuple pendant une famine.
*MEDICIS (Pierre I de), fils duprécéd., né en 1414, lui succéda en 1464 dans l'administration de Florence. Il protégea comme lui les lettres et les arts, mais il ne fut point aussi habile politique; il mécontenta beaucoup de citoyens en exigeant des sommes que son père avait prêtées et en alliant son fils Lau-rentà la famille noble des Orsini. En 1466, il se forma une conspiration contre lui; il réussit à la déjouer, mais ses amis usèrent insolemment de la vie-
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toire. Cependant il allait rappeler les exilés lorsqu'il mourut, en 1469.
*MEDICIS (Laurent de), le Magnifique, né en 1448, m. en 1492, succéda à son père Pierre I, conjointement avec son frère Julien, 1469. Il assura bientôt son empire sur les cœurs par son éloquence entraînante, par la noblesse, la franchisa de ses manières, et par sa générosité, qui lui valut son surnom. Il eut à surmonter de grandes difficultés : le pape Sixte IV, ennemi des Médicis, forma centre Florence, avec Ferdinand, roi de Naples, le comte d'Urbin et les Siennois, une ligue qui mit l'Etat en péril; en même temps les puissante?'amilles des Pazzi et des Salviali formaient un complot udntre la vie même des Médicis : Julien fut assassiné par les Pazzi, et Laurent blessé (1478) ; enfin l'armée florentine avait été débite à Poggibonzi; mais en 1480 une invasion imprévue des 'Cures eu Italie fit conclure la paix, en appelant de ce côté toutes les forces des ennemis. Uepuis ce temps, Laurent de Médicis jouit4 assez paisiblement du pouvoir. Cependant les prédications de Savonarole, la turbulence du parti démocratique et la banqueroute de Florence (1490) troublèrent ses dernières années. Ce prince aima les lettres, les cultiva même, et fut le protecteur des savants et des grands artistes de cette époque, tels que Ange Poli-tien, Pic de la Mirandole, Michel-Ange. L'abbé Se-rassi a donné une édition de ses Poésies à Bergame, 1763. La vie de Laurent de Médicis a été écrite en italien par Fabroni et en anglais par W. Roscoë (trad. par Thurot, 1799). — Laurent a laissé plusieurs enfants : Pierre II et Julien, qui régnèrent après lui; Jean, pape sous le nom de Léon X, et un neveu, Jules, pape sous le nom de Clément VII.
*HEDICIS (Pierre II de), fils de Laurent, lui succéda en 1492; mais il ne montra que de l'incapacité. En 1494. le roi de France, Charles VIII, qui marchait sur.Naples, s'étant emparé de plusieurs places qui appartenaient à la république, Pierre se rendit au camp du roi pour traiter avec lui ; mais, au lieu de défendre les intérêts qui lui étaient confiés, il céda dès la première demande les forteresses dont la conservation était l'objet de sa démarche, et il y ajouta bientôt les villes de Pise et de Livourne. Les Florentins indignés le chassèrent. Il se réfugia successivement à Bologne et à Venise, et tenta plusieurs fois, mais en vain, de ressaisir le pouvoir; il suivit les armées françaises en 1503 dans le roy. de Naples, et périt cette même année dans un naufrage en vue de Gaëte.
*MÉDicis(Julien de), 3° fils de Laurent, né en 1478, partagea l'exil de son frère, Pierre II, fut ramené à Florence et placé à la tête du gouvernement par le pape Jules II en 1512, et se démit l'année suivante en faveur de son neveu Laurent II. Il épousa en 1515 une tante du roi de France FraDçois I, et reçut à cette occasion le titre de duc de Nemours. II mo'urut en 1516, ne laissant qu'un bâtard, le cardinal Hip-polyte de Médicis (V. ci-après).
*MEDICIS (Laurent II de), fils de Pierre II, né en 1492, m. en 1519, suivit son père en exil, revint en 1512 avec son oncle Julien, et devint en 1513 chef de la répuV'ique florentine par l'abdication de son oncle. Il se laissa diriger par le pape Léon X, son oncle, et fut in-.esti par lui en 1516 du duché d'Urbin, enlevé à la maison de la Rovère. Il gouverna despotique-ment et se rendit odieux par sa hauteur et sa tyrannie. 11 avait épousé Madeleine de La Tour d'Auvergne, dont il eut Catherine de Médicis.
*MEDICIS (Jean de), surnommé le Grand Diable, descendant dti Laurent, frère de Cosme l'Ancien, né en 1498, fut employé par le pape Léon X à soumettre les petits tyrans de la marche d'Ancône, combattit en 1524 les Françaisdans la Lombardie, etprit d'assaut les villes de Caravaggio et de Biagrasso, dans lesquelles il commit d'horribles cruautés : c'est ce qui lui valut son surnom. A' la fin de 1524, il entra au service de la France, et fut blessé mortellement en 1526 près de Mantoue,
*MEDICIS (Alexandre de), fils naturel de Laurent II de Médicis, ou, suivant d'autres, de Jules de Médicis (depuis Clément VII), fut imposé comme chef à Florence en 1530, après un siège meurtrier soutenu par les Florentins contre les troupes réunies de Clément VII et de Charles-Quint, et fut fait par le pape duc de Civita-di-Pennè. Il désarma le peuple, éleva une forteresse pour commander la ville, multiplia les sentences d'exil et de confiscation, fit empoisonner son cousin, le cardinalHippolyte de Médicis, et s'adonna aux plus honteuses débauches. Il fut assassiné en 1537 parLorenzinode Médicis, son parent. Il avait épousé Marguerite d'Autriche, fille naturelle de Charles-Quint, mais il n'en eut pas d'enfant.
*MEDICIS (Cosme I de), 1er grand-duc de Toscane, né en 1519, mort en 1574, était fils de Jean de Médicis. En 1537, après le meurtre d'Alexandre, il devint chef de la république florentine avec l'appui de Charles-Quint, qui, pour prix de sa protection, obtint de mettre garnison dans les forteresses de Florence, Pise et Livourne. Comme son prédécesseur, Cosme fut un odieux tyran; il supprima les magistratures républicaines et s'attribua le monopole du commerce. Il est soupçonné d'avoir fait périr plusieurs personnes de sa famille et même deux de ses fils. Allié de Philippe II. roi d'Espagne, il sévît, comme ce prince, contre les Réformés et introduisit l'Inquisition dans ses États. Le pape Pie V lui conféra en 1569 le titre de grand-duc de Toscane.
*MEDICIS (François de), 2* grand-duc de Toscane, fils et successeur deÇosme I, régna de 1574 à 1587, et surpassa en tyrannie son père lui-même. Il ruina par des confiscations les premières familles, se livra aux plus honteuses débauches, et se montra tout dévoué à Philippe II, roi d'Espagne. Après la mort de la grande-duchesse, sa femme, il avait épousé la Vénitienne Blanche Capello- (V. CAPELLO) , qui eut sur les affaires une funeste influence. Néanmoins il protégea les lettres et les arts, fonda la superbe galerie de Florence (1580), etvit se former l'Académie délia Crusca. Il fut père de Marie de Médicis.
*MEDICIS (FerdinandI de), grand-duc de Toscane,
frère et successeur du précédent, né en 1551, mort
en 1609, était cardinal lorsqu'il fut appelé à lui suc
céder en 1587.11 était généreux, affable dans ses ma
nières, noble dans les affaires politiques, zélé pour la
prospérité publique ; il remit les lois en Vigueur, fit
refleurir le commerce,l'agriculture etlesbeaux-arts;
Jean de Bologne, Jules Romain, Galilég eurent en
lui un protecteur. 11 secourut l'empereur Rodolphe II,
attaqué par les Turcs, et aida le roi de France Henri IV
à conquérir son royaume en lui faisant passer de forts
subsides. Cependant il finit par s'éloigner de Henri,
qui avait fait la paix avec le duo de Savoie, ennemi -
de Florence, et il s'allia lui-même avec l'Espagne,
ennemie de la France. ^_
*MEDICIS (Cosme ILde), né en 1590, mort en 1621, . succéda à son père Ferdinand I en 1609y et, comme lui, fit fleurir le commerce, l'agriculture et les arts. Il réprima la piraterie "des Barbaresques et fit redouter le pavillon toscan dans toute la Méditerranée.
*MEDICIS (Ferdinand II de), grand-duo. de Toscane succéda en 1621, à l'âge de 11 ans, àCosme II, son- L_ père, sous la tutelle de sa mère et de son aïeule, et régna jusqu'en 1670. Use montra bon et généreux, mais faible ;il laissale pape s'emparer duduché d'Ur- . bin, dont l'héritière lui était fiancée. Du reste, il encouragea les sciences, les lettres et les arts : il fut . l'ami de Galilée, de Torricelli, deRedi et de Viviani. MEDICIS (Cosme III de), grand-duc de Toscane de 1670 à 1723, succéda, à l'âge de 27 ans, à son père Ferdinand II, mais n'hérita point de ses vertus. H ?= accabla le peuple d'impôts, laissa dépérir le commerce et l'agriculture, et u'encouragea que les poètes dis- = posés à le flatter. Il avait épousé en 1661 Marguerite-Louise d'Orléans, nièce de Louis XIV, qui montra =_ toujours de l'éloignement pour lui; il en eut néanmoins deux fils, Ferdinand et Jean Gaston, et une
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fille, le princesse Anne, mariée à Guillaume, prince palatin. Ses deux fils n'ayant point eu d'enfants, il fit déclarer par le sénat que sa fille, contrairement aux lois, qui excluaient les femmes du trône, régnerait après le dernier mâlede sa famille; mais en 1718 la France, l'Empi re, l'Angleterre et la Hollande, ayant par un traité solennel partagé l'Italie entre les maisons de Bourbon et d'Autriche, réservèrent la succession de la Toscane à un infant d'Espagne, à l'exclusion de la princesse palatine.
*MÉDicis(Jean Gaston de), dernier grand-duc de Toscane de la maison de Médicis, né en 1670, succéda en 1723 à son pèreCosme III. Il diminua les impôts, supprima divers monopoles, abolit quelques supplices atroces. Comme il n'avait point d'enfanls, les puissances européennes disposèrent de sa succession, d'abord en faveur de l'infant don Carlos, puisde François III, duc de Lorraine.Il mouruten 1737.
*MEDICIS (Hippolyte de), connu sous le nom de Cardinal Hippolyte, fils naturel de Julien de Médicis, duc de Nemours, né en 1511, fut revêtu de la pourpre en 1529. Il était en concurrence avec Alexandre de Médicis, son cousin, pour le gouvernement de Florence: maislepape Clément VII lui préféra Alexandre. Il vécut à Rome, où sa maison devint le centre des Florentins mécontents. Il fut empoisonné en 1535 à Itri, par ordre d'Alexandre qui le craignait.
*MEDICIS (Lorenzino de), issu de la deuxième branche des Médicis, tua en 1537 Alexandre de Médicis, tyran de Florence, espérant rendre ainsi la liberté à sa patrie; mais il ne put y réussir et périt lui-même, en 1548, assassiné par ordre de Cosmel de Médicis, après avoir longtemps erré de ville en ville.
*MEDICIS (Jules et Jean). V. CLEMENT VU et LEON X.
*MEDICIS (Catherine et Marie de), reines de France.
T. CATHERINE et MARIE.
*MEDIE, Media, auj. V Aderbaidjan et l'Irak-Adjé-
mi, contrée de l'Asie ancienne, entre l'Assyrie à l'Ô.,
les monts qui entourent la mer Caspienne au N.,la
Susiane au S., l'Hyrcanie et la Parétacène.à l'E, se
divisait en Atropatèneau N. (capit., Gaza),'et Médie
propre au S. (capit. Ecbatane).T>a reste ses limites va
rièrent souvent.Le climat de la Médie était délicieux
: et le sol fertile, excepté à l'E., où s'étendaient des dé
serts de sable.—La civilisation se développa de bonne
heure dans ce pays, placé dans la situation la plus
favorable. Les Mèdes, d'après la Bible, étaient de la
race de Japhet, et descendaient de Madaï. Soumis aux
Assyriens à l'époque de Ninus et de Sémiramis, ils
1 s'affranchirent en 759 av. J.-C; leur gouverneur Ar-
I bacès prit alorsle titre de roi, et ce royaume fut bien
tôt le plus puissant de ceux qui s'étaient formés aux
j dépens du premier empire d'Assyrie. La mort d'Arba-
; ces amena une longue anarchie, à laquelle Déjocès
I mit un terme (vers 7 33).Après lui régnèrent Phraorte,
j qui subjugua les Perses (690). Cyaxare I (655), As-
| tyage (595), Cyaxare II (560). Après ce dernier, le
= royaume des Mèdes fut englobé dans la Perse sous
1 Cyrus (536). L'usurpation de Smerdis le Mage, à
j la mort de Cambyse, fut un essai tenté par les Mèdes
| pour recouvrer la prééminence ; mais le massacre
| des Mages et l'avènement de Darius I, fils d'Hys-
j taspe, firent définitivement prévaloir les Perses
| sur les Mèdes. Toutefois le nom de Mèdes fut aussi
z fréquemment employé que celui de Perse* (c'est ainsi
s qu'on nomme Guerres Médiques les guerres entre la
I Perse et les GreôS). La Médie suivit les destinées
r. de la Perse. Après Alexandre le Grand, elle échut à
1 Pithon, un de ses généraux, mais elle lui fut bientôt
3 enlevée par Antigone; enfin elle appartint aux Sé-
3 leucides. Par l'effet de la décadence de ces derniers,
a la Médie secoua le joug, et il y eut, à partir du m'
| av. J.-C, des rois de Médie, connus sous le nom des
a rois d'Atropatène. On cite parmi ces rois: Atropate,
i vers 330 av. J.-C. ; Timarque, vers 162 ; Mithridate,
§ 89; Artavasde, 36-31. La Médie Atropatène fut sou-
3 mise par les Parthes l'an 31 av. J.-C.
1 MEDINA ou MEDINET (c-à-d. ville, en arabe),
nom commun à un grand nombre de villes, en Arabie, en Espagne, etc., toutes fondées parlesArabes.
*MEDINA OU MEDINET-EL-NABLjV. d'Arabie. V. MÉDINE.
*MEDINA, v. de Sénégambie, capit. de l'État d'Oulli, près de la r. dr. de la Gambie, à 400 kil. S. E. ds St-Louis; 1000 maisons.
*MEDINA-CELI, Ârbobrïga, Methymna Celia,\. d'Espagne (Soria), sur la r. g. du Xalon, à 54 kil. de Soria; 1800 hab. Palais des ducs de Medina-Celi. C'est là que mourut Almanzor après sa défaite à Ca- . latanazor. Érigée en comté par Henri II en faveur de Bernard, fils naturel de Gaston de Foix, puis en duché par Ferdinand VI.
*MEDINA-DE-LAS-TORRES, Julia Contributa, Me-thymna turrium, v. d'Espagne (Badajoz), à 68 kil. S. S. E. de Badajoz; 3600 hab. Antiquités romaines.
*MEDINA-DEL-CAMPO, Metb.ym.na campestris, v. d'Espagne (Valladolid), sur le Zapardiel, à 44 kil. S. S. O. de Valladolid ; 6000 hab. (On en comptait près de 60 000 au XVII' s.). Ancien séjour de plusieurs rois.
*MEDINA-DE-RIO-SECO, Methymna sicca, v. d'Espagne (Valladolid), sur le Seco, à 31 kil. N. O. de Valladolid; 5000 hab. Etamines, étoffes diverses, laines, papeteries. On y faisait au xvn's. un commerce si considérable qu'elle en avait reçu le surnom de Petite-Inde. Bessières y battit les Espagnols en 1808.
*MEDINA-SIDONIA , Methymna Asindo, v. d'Espagne (Cadix), à 32 kil. E. S. E. de Cadix; 10400 h. Ville très-ancienne, fondée au vi" s. avant J.-C. par les Phéniciens. Titre de duché. Ruines romaines.
*MEDINA-SIDONIA (Gaspar Alonzo Perez DE GUZ-MAN, duc de), était gouverneur de l'Andalousie, lorsque Jean, duc de Bragance, son beau-frère, secoua le joug de l'Espagne et releva le trône de Portugal (1640X IIvoulut, àson exemple, souleverl'An-dalousie et s'y rendre indépendant; mais, le complot ayant été découvert, il fut mandé à Madrid, confessa sa faute, et n'obtint son pardon qu'à la condition de provoquer en duel le duc de Bragance. Cette ridicule provocation ne fut pas acceptée.
*MEDINE , en arabe Medinet-el-Nabi (c-à-d. la ville du prophète), primitivt Tatreb, enlat. Athrulla ou Jatrepa, v. du grand-chérifatdela Mecque, dans une plaine, à 400 kil. N. O. de la Mecque, par 37° 3' long. E., 25" 20' lat. N. ; env. 18 000 h. La ville est entourée de murs hauts de 30° et flanquée de 40 tours. C'est la 2e ville sainte des Musulmans : elle est fameuse comme ayant été le refuge de Mahomet, 622 (F. HEGIRE), et comme étant le lieu où il mourut (632). Les pèlerins y visitent son tombeau, qui est placé dans une grande et riche mosquée à côté de ceux d'Abou-Bekr et d'Omar; il est suspendu par des cordons de soie et gardé par 40 eunuques. Médine fut la capit. de l'empire des califes sous Mahomet et les Alides; mais, quand Mohaviah eut renversé Ali, Damas la remplaça. Prise par les Waha-bites en 1803 , elle leur fut enlevée en 1818 par Ibrahim-Pacha, fils de Méhémet-Ali, et rendue au chérif de la Mecque.
*MEDINET-ABOU, vge de la Hte-Égypte, sur la r. g. du Nil et sur les ruines de l'anc Thèbes, à 44 kil. N. d'Esneh. M. Greene y a déblayé en 1855 un magnifique palais, un colosse de Ramsès III, haut de 19", et y a découvert le calendrier égyptien.
*MEDINET-EL-FAYOUM , l'anc. Crocodilopolis et Ar-sinoé, v. de la Moyenne-Egypte, ch.-l. du Fayoum, près de l'anc. lac Moeris et du labyrinthe, sur le canal Joseph, à 83 kil. S. S. O. du Caire; 12000 hab. Commerce actif, eau de rose renommée. Ruines.
*MEDIOLANUM , nom commun à plusieurs villes gauloises : 1° Mediolanum Insubrum, dans la Gaule Cisalpine, ch.-l. des Insubres, auj. Milan; — 2° M. Eburovicum, ch.-l. des Aulerci Eburovices, dans la Lyonnaise 3e, auj. Évreux; — 3"if. Santonum,ch.-l. desSanlones (Aquitaine2"), auj. Saintes; — if. Cu-borum, v. des Bituriges Cubi, dans la Lyonnaisa lre, auj. Chdteau-Meillant ou Meylieu.
*MEDIOMATR1CES , peuple de la Gaule .Belgique
*MEDO — 1222 — MÉGÀ
I"), entre les Trcviri au N. et les Leuci au S., avait poui ch.-I. Mediomatrices ou Divodurum (auj. Metz). Leur pays correspondait aux Trois-Ëvêchés, au duché des Deux-Ponts et à une partie de l'Alsace.
*MEDIQUES (Guerres), nom donné aux 3 guerres que les rois de Perse firent aux Grecs dans le v8 s. av. J.-C. La 1" éclata en 492, à l'occasion des secours fournis par Athènes aux villes grecques d'Io-nie révoltées contre le roi de Perse Darius, fus d'Hys-taspe, et sur les instances d'Hippias qui voulait se faire rétablirdans Athènes. L'Ionie une fois soumise, une flotte persane et une armée de terre, commandées par Mardonius, se dirigèrent à travers la Thrace, vers la Grèce ; mais une tempête brisa la flotte au pied du mont Athos, et les Thraces assaillirent l'armée pendant la nuit. En 490, Datis et Artapherne, chefs d'une nouvelle expédition, conduisirent 300 000 hommes jusque dans l'Attique, mais ils furent repoussés par Miltiade, qui les mit dans une déroute complète à Marathon.—La 2° eut lieu dix ans après, en 480 : Xerxès, fils de Darius, conduisit contre la Grèce une armée innombrable : la Thrace, la Macédoine, l'Êpire, laThessalie, se soumirent ; les Thermo-pyles furent franchies malgré l'héroïsme de Léonidas ; Tliespies et Platée détruites, et Athènes incendiée; mais les victoires remportées par Thémistocle à Sa-lamine (480), par Léotychide et Xantippe à Mycale sur la flotte du grand roi, celles de Pausanias à Platée sur Mardonius (479), de Cimon près de l'Eury-médon (470), le forcèrent à conclure la paix et à regagner précipitamment l'Asie.—La 3e guerre commence en, 450. Cimon, prenant cette fois.l'offensive, s'empare de l'Ile de Chypre; mais il meurt au siège de Citium. Toutefois, avant de mourir, il a signé avec Àrtaxene, en449, une paix glorieuse pour la Grèce, par laquelle le grand roi abandonne toute prétention sur les villes grecques d'Europe et d'Asie.
*MÉDITERRANÉE (Mer), Medilerraneum mare ou Internum mare, immense golfe de l'Océan Atlantique, s'étend de l'O. à l'E. entre l'Europe au N., l'Afrique au S., et l'Asie à l'E. Elle se lie à l'Atlantique par le détroit de Gibraltar, et communique avec la mer Noire par le détroit des Dardanelles. Le littoral septentrional offre une foule de sinuosités qui forment, entre autres golfes, celui qu'on appelle vulgairement mer Adriatique , entre l'Italie et la péninsule turque. La longueur des côtes sept, et mérid. (à vol d'oiseau) est d'env. 3300 kil., la largeur moyenne de 480 kil. La Sardaigne, la Corse et les Baléares à l'O., Candie et Chypre à l'E., les Iles Ioniennes et la Sicile vers le centre, en sont les Iles principales ; elle contient en outre un riche archipel (F. ce mot). Elle reçoit l'Êbre, le Rhône, le Pô, l'A-dige, le Tibre, le Nil, etc. On doit à M. D'aussy une Carte générale de la Méditerranée, 1849.
*MEDITERRANEE (dêp. de la), dép. formé en Toscane sous le 1" Empire français, était borné au N. par la principauté de Lucques, à l'O. par la mer Tyrrhé-nienno, au S. par fa principauté de Piombino, au S. E. et à l'E. par les départements de l'Ombrone et de l'Arno, et avait pour ch.-l. Lirourne.
*MEDJANA, plaine de l'Algérie (Constantine), entre deux chaînes de l'Atlas, s'étend à l'O. et à l'E. de Sétif, et contient Bordj-Medjana , Zamora, Sidi-Embark, Djimilah, Milah; elle est traversée par la route qui va d'Alger à Constantine à travers les Portes de Fer. Occupée par les Français en 1838.
*MEDJERDA, Bagradas , riv. de l'Algérie et de l'État de Tunis, naît dans le S. E. de la prov. de Constantine,, à 45 k. E. de Tebessa, coule au N. E., reçoit l'Hamise, et se jette dans le golfe de Tunis à Porto-Farino, après un cours d'env. 400 kil.
*MEDJIDIÉ, ordre honorifique, institué en 1852 en Turquie par le sultan Abdoul-Medjid, peut être conféré aux étrangers aussi bien qu'aux nationaux.
*MEDOACCS, nom de2 riv. de la Vénétîe ancienne : le îledoacus major, auj. la Brenta, et le Medoacus tnt'nor. auj. le Bacchiglione. La 1™ venait du pays
des Medoaci en Rhêtiej la 2e naissait chez les Eu-ganeî; toutes deux se Jéîaient dans l'Adriatique.
*MÉDOC (le), lledulicus pagus, ancien pays de France, subdivision du Bordelais, était situe au N., dans l'espèce de presqu'île formée par la Gifônde et l'Océan; ch.-l. Lesparre. On y distinguait le Haut et le Bas-Méddc Il est_auj. compris dans le dép. de la Gironde. Ce pays est célèbre par. ses vins, dont les meilleurs sontceuxde Menée, Ht-Brion..Bars;ae,Sau-terne, Langon, connus,sous le nom de vins de Grave.
*MEDOC (fort), fort éli>vé sur la rive g. uj la Gironde, vis-à-vis de Blaye, complète la défense du fleuve et peut en intercepter le passage.
*MÉDON, fils de Codrus, roi d'Athènes, fut le 1" archonte (1132 av. J.-Ê.). Cette dignité relta dans sa famille pendant 12 générations (1132-754]."
*MEDUANA, riv. de Gaule, auj. la Mayenne,
*MEDUSE, l'une des trois Gorgones, n'était pas immortelle comme ses sïejirs. Ella avait d'abord été remarquable par la beauté de ses traits et de sa chevelure; mais, ayant osé le disputer à Minerve, cette déesse irritée changea ses beaux,cheveux en affreux serpents, et voulut que sa tête, devenue un objet d'effroi, eût le pouvoir de changer enpierrérquicon-que la regarderait. Persée, guidé par les conseils de Minerve, réussit à couper la tête de Méduse à l'aide d'un miroir dans lequel il la voyait sans la regarder en face, et il se servit de cette tête pour pétrifier ses ennemis. Selon quelques mythographes, le. sang de la Gorgone produisit le cheval Pégase.
*MEDWAY, riv. d'Angleterre, a sa source Clans le comté de Surrey, arrose Maidstone, Rochesier, Cha-tham, et se jette dans la Tamise à Sheerness (Kent). Ports pittoresques. Navigation fort importante.
*MÉEL (Jean), peintre flamand, connu en France sous le nom de Miel,n§ près d'Anvers en 1619, m. à Turin en 1664, excellait dans les tableaux de chevalet. Ses compositions se recommandent par la couleur et l'expression, mais pèchent par le dessin, la grâce et la noblesse. Le Louvre possède de cet artiste : lgJPawure demandant l'aumône à dés paysans, le Barbier napolitain, weTendange, une Halte militaire,ïs.Dînée des voyageurs. II a aussi gravé à l'eau-forte.
*MÉERMAJf (Gérard), savant magistrat, né à Leyde en 1722, m. en 1771, fut successivement syndic de Rotterdam et conseillera La Haye. Il a laissé, entre autres ouvrages : Novus Tliesaurus juris eivilis et canonici, LaHaye, 1761-54, 7 vol. in-folio ; 'Origines typographies, 1765, ouvrage trad. en franc-, par l'abbé Goujet, 1762, et dans lequel il attribue.à Laurent Coster, de Harlem, l'invention des types mobiles. — Son fils, Jean M., 1753-1815, directeur des beaux-arts et de l'instruction" publique en Hollande sous le roi Louis-Bonaparte, puis comte de l'Empiré et sénateur, a publié en hollandais : Histoire de Guillaume, comte de Hollande et roi des Romains, La Haye, 1783-97; Relations de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, de l'Autriche,delaPrusseetdelaSicile,~n&1^li; Relations du Nord et du Nord-Est de l'Europe, 1805-06, et a traduit la Messiade de Klopstock en hollandais.
*MEEROUT, v. de l'Inde anglaise. V. MIROUT.
*MÉES (Les), ch.-l. de cant. (Basses-Alpes), près de la Durance, à 26 kil. O. S. O. de Digne; 2000 h Pont sur la Durance. Bon vin.
*MEGABYZE, l'un des sept satrapes perses qui renversèrent le faux Smerdis (521 ay. J.-C), fut un des serviteurs les plus zélés de Darius, et subjugua pour lui la Thrace, 506-505. Il fut père de Zopyië. —Petit-fils du prec., réduisit Inartis qui s'était insurgé en Egypte contre Artaxerce (456), mais fut battu par Cimon en Cilicie (450) et fut disgracié.
*MÉGACLÈS, Alcméonide, archonte d'Athènes, déjoua la conspiration de Cylon (612 av. J.-C), mais se rendit odieux en massacrant les conjurés qui s'étaient réfugiés dans le temple de Minerve. Ce sacrilège ayant été suivi de la peste, il fut banni avec tous les Alcméonides (599). — "Un autre Mégaclès,. de la même famille, chef du parti de la Côte ou des
MÉGA — 1223 — MÉHÉ
Pgraliens, chassa en 560 l'usurpateur Pisistrate. Dans la suite, il lui donna sa fille en mariage, et s'unit à lui pour le rétablir.
MÉGALÉSIENS (Jeux), fête célébrée à Rome en 'honneur de Cybèle, la Grande Déesse (Mégalê veut lire grande en grec). Elle consistait en une proces-ion des Galles, qui, suivis des matrones romaines, portaient par la ville la statue de Cybèle, puis sa rendaient au champ de Mars, où l'on célébrait des jeux scéniques. Ces jeux, qui commençaient la veille des nones d'avril (4 avril), duraient 7 jours. Ils avaient été institués en 206 av. J.-C., pendant la 2e guerre punique. Un oracle sibyllin ayant déclaré que l'on ne vaincrait les Carthaginois que si la mère Idéa (Cybèle) était apportée de Pessinonte â Rome, le Sénat envoya une ambassade demander au roi Attale l'image de la déesse, qui n'était qu'une grosse pierre informe (sans doute quelque aérolitbe) ; on la transporta à Rome en grande pompe, on lui éleva un temple, et on institua des jeux en son honneur.
*MÉGALOPOLIS (c-à-d. la Grande ville), v. d'Ar-cadie, au confluent de l'Alphée et de l'Hélisson, fut bâtie en 370 av. J.-C. par le conseil d'Épaminondas, pour servir de capitale à l'Arcadie, et devint la rivale de Lacédémone. Cléomène, roi des Spartiates, la fit piller et incendier par ses troupes; mais elle se releva bientôt, entra dans la ligue Achéenne, et y joua un grand rôle sous Philopœmen, dont elle était la patrie. Mégalopolis eut deux tyrans, Aristo-dème en 336, Lysiade en 266 av. J.-C. — C'est auj. le village de Sinano ou Salino.
*MÉGARE, fille de Créon, roi de Thèbes, et femme d'Hercule. Pendant la descente de ce héros aux enfers, Lycus voulut s'emparer de Thèbes et forcer Mé-gar'e à l'épouser; mais Hercule, de retour, tuaLycus et rétablit Créon. Junon, pour venger la mort de"Ly-cus, inspira à Hercule un accès de fureur dans lequel il tua Mégare et les trois enfants qu'il avait eus d'elle.
*MÉGARE, v.de l'anc Grèce, capit. de la Mégaride, entre Athènes et Corinthe, à 28 kil. du golfe deCo-rinthe, avait deux ports, Nisée sur le golfe Saronique, et Pégée sur la mer d'Alcyon. Dorienne et voisine d'Athènes, elle détestait cette ville et fuf souvent en guerre avec elle. Tantôt soumise, tantôt indépendante, elle enleva aux Athéniens dans le vncs. av. J.-C. l'île de Salamine, qui ne fut reprise qu'au temps de So-lon. Cependant elle s'unit aux Athéniens dans les guerres contre les Perses, et ses guerriers se signalèrent à la bataille de Salamine. Les Mégariens soutinrent aussi les Athéniens dans les guerres du Pélo-ponèse, mais ils les abandonnèrent après une défaite. Mégare fonda plusieurs colonies importantes : By-zance, Sélimbne, Chalcédoine, Héraclée-du Pont, Mégare l'Hyblêenne. — Eucliue et Stilpon étaient de Mégare; ils fondèrent l'école philosophique méga-rienne, dite aussi École éristique (c-à-d. dispu-teuse), qui s'adonna surtout à la logique.
*MEGARE L'HTBLEENNE, v. de Sicile, sur la côte O., près du mont Hybla, était une colonie de Mégare. Fondée vers 728 av. J.-C., elle fut détruite par Gélon en 480 av. J.-C, mais elle ne tarda pas à se relever ; elle fut prise par les Romains en 214 av. J.-C. Elle avait déjà cessé d'exister du temps d'Auguste.
*MÉGARIDE, Megaris, petit Ëtat de la Grèce, composé de Mégare et d'un faible territoire, occupait la partie E. de l'isthme de Corinthe. Elle avait de l'importance par sa position aux portes de l'isthme : elle tenait les clefs du Péloponèse.
*lujCiGASTïïENE, historien et géographe grec, remplit pour Séleucus Nicator (vers 295 av. J.-C.) une mission auprès d'un roi de l'Inde, Sandrocottus, et publia à son retour une Histoire des Indes, qui est citée avec éloge par les anciens, mais qui ne nous est point parvenue. Celle qui existe aujourd'hui sous son nom a été fabriquée par Annius de Viterbe. On trouve les fragments de cet auteur dans les Fragmenta historicorumgrœcorum,publ.par Ch.MulIerenl848 <collection Didot) :
MÉGÈRE, une des Furies. V. FURIES.
*MÉGLIN (J. A.), médecin, né à Sultz (Alsace) en 1756, mort à Colmar en 1824, a publié : ÏYa.t'f<J sur la Névralgie faciale, De l'usage des bains dans le tétanos , Â nalyse des eaux de Sultsmat. On lui doit les pilules anti-névralgiques qui portent son nom.
*MÉHAIGNE (la), petite riy. de Belgique, naît à 12 k. N.O. deNamur, coule vers l'E., et se jette dans la Meuse, r. g., près d'Huy, après un cours de 40 k.
*MEHALLET-EL-KÉBIR, Cynopolis ou Xoïs, v. de la B.-Êgypte, ch.-l. de la prov. de Garbieh. sur un bras du Nil, à 100 kil. N. du Caire; 1800 hâb.
*MÉHÉGAN (le chevalier de), littérateur français, issu d'une famille irlandaise, né à. Lasalle près d'A-laisen 1721, mort à Paris en 1766, enseigna quelque temps la littérature française à Copenhague, puis revint à Paris.où il rédigeale Journal ettcyclopeai'qwe.II fut enfermé à la Bastille pour la hardiesse de ses opinions philosophiques. Ses principaux ouvrages so.nt : Zoroastre, 1751; Origine des Guèbres ou la Religion naturelle en action, 1751 ; Origine, progrès et décadence de l'idolâtrie, 1756 (ce sont ces deux ouvrages qui le firent poursuivre) ; Tableau de l'histoire moderne depuis la chute de l'empire d'Occident jusqu'à la paix de Westphalie, 1766 (c'est lé plus estimé de ses écrits) ; l'Histoire ris-à-vis de la Religion, de l'État et des Beaux-Arts, 1767.
*MÉHÉMET,MÉHÉMEDouMOHAMMED,califeommïade de Cordoue, succéda à son père Abd-er-Rhaman II en 852 et mourut en 886. Son règne fut une suite de guerres civiles et étrangères; il déploya souvent avec un grand courage une rare habileté ; cependant il fut battu plusieurs fois par Alphonse le Grand et laissa Omar-Ibn-Afsoun fonder dans l'Aragon une principauté qui résista 70 ans aux Ommiades.
*MEHEMET-EL-NASSER, roi d'Afrique et d'Espagne de 1199 à 1213, fils d'Yacoub-al-Mansour, de la dynastie des Almohades, acheva de ruiner en Afrique le parti des Almoravides, puis passa en Espagne, combattit les rois de Castille, de Navarre et d'Aragon.qui s'étaient ligués contreles Musulmans, fut battu en 1212 près de Tolosa, et s'enfuit en Afrique. Il se préparait à reconquérir ses États d'Espagne lorsqu'il mourut.
*MEHEMET i (Abou-Abdallah), 1er roi de Grenade, de la dynastie des Nasserides, servit avec distinction sous les rois almohades d'Espagne ; se joignit,. après la chute de cette dynastie, à Motawakkel, maître d'une partie de l'Espagne; se révolta contre lui en 1232, s'empara de Jaën, de Guadix, de Lorca et de Grenade, se forma ainsi un État indépendant dont Grenade devint la capitale, et prit le titre de roi (1235). Moins heureux contre les Chrétiens, il fut forcé de se reconnaître vassal de Ferdinand, roi de Castille, 1245, et de payer tribut. Il mourut en 1273. Méhémet I encouragea le commerce, les lettres et les arts; c'est lui qui bâtit l'Alhambra. —n, dit Al Fakih , 2' roi de Grenade, fils et successeur du précéd., régna 30 ans avec autant de gloire que de bonheur, de 1273 à 1302. Il déjoua plusieurs complots, se fit de nombreux amis par ses manières nobles et libérales, fit fleurir le commerce, remporta en 1275 une brillante victoire sur Alphonse X, etagran-dit son royaume aux dépens- de's Chrétiens. Versé dans l'art oratoire et dans la poésie, il protégea les. lettres, les sciences et les arts. — in , Al Amasch, 3° roi de Grenade , fils du préc, lui succéda en 1302, s'empara de Ceuta en 1306, mais ne.put résister aux rois de Castille et d'Aragon, et acheta la paix par quelques sacrifices. Le traité qu'il avait con-cluavecdes princes chrétiens fut le prétexte d'une sédition qui lui ôta le trône etledonna à son frère Nasser (1314). Peuaprès, il fut mis à mort parles ordres de celui-ci. — iv, 6" roi de Grenade, fils et successeur d'Ismaêl-ben-Féragh, fut proclamé, à l'âgede 12 ans, en 1321, après la mort violente de son père. Le commencement de son règne fut troublé par des dissensions intestines, et les Castillans, pro-fîtanJ de ces divisions l'attaquèrent et le défirent
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deux fois; mais il parvint à rétablir sa fortune et reprit plusieurs places sur les Chrétiens. Il périt assassiné en 1334. — v ( Aboul -Walid ), 8» roi de Grenade (1354-79), fut détrôné en 1360 par ses frères Soleiman et Ismaèl, mais fut rétabli dès 1362 par Pierre le Cruel. Il resta toujours l'allié du roi de Cas-tille, et lui amena de puissants secours dans ses guerres contre Pierre d'Aragon et Henri de Trans-tamare. — vi, 9* roi de Grenade (1379-92), eut un règne pacifique et encouragea le commerce, l'agriculture et les beaux-arts. — vu, surnommé El Aïcar (le Gaucher), 15* roi de Grenade (1423-45), gouverna en tyran, fut détrôné par son cousin Mé-hémet-el-Soghaïr en 1427, rétabli deux ans après par le secours du roi de Castille, détrônéde nouveau pour avoir refusé de payer le tribut promis à son protecteur, proclamé encore une fois en 1432, enfin dépouillé pour toujours de son royaume par son neveu Méhémed-el-Aradi, enl445, et jeté dans une prison où il m. en 1450. — Après lui, plusieurs autres Méhémet ont encore régné à Grenade, notamment M.ixou xi, le Boiteux, 1445-54, qui, à la suite d'une révolte de ses sujets, accomplit le carnage fameux connu sous le nom de Meurtre des Abencerrages ; — M. XII ou xiv, dernier roi de Grenade, plus connu sous le nom de Boabdil. V. ce nom.
*MEHEMET BALTADJY, grand vizir d'AchmetIII, avait été d'abord fendeur de bois (bdltadjy). En 1710, il marcha contre le czar Pierre le Grand à la tête de 200000 hommes, et l'enferma avec toute son armée sur les bords du Pruth (1711), mais il se contenta de lui imposer une paix honteuse. Accusé pour ce fait de lâcneté et de trahison auprès du sultan par le roi de Suède Charles XII, alors réfugié en Turquie, il fut envoyé en exil à Lemnos; il y mourut en 1713.
*MEHEMET-ALI, vice-roi d'Egypte, né en 1769 à la Cavalle (Roumélie), était fils d'un agha. D'abord marchand, il quitta cette profession.pour celle des armes-, alla,avec un corps d'Albanais, combattre les Français en Egypte, et se distingua à la bataille d'Aboutir (1799); se ligua avec les Mamelouks contre Khos-rew-pacha, gouverneur de l'Egypte pour les Turcs, réussit à l'expulser (1808), puis se débarrassa du chef des Mamelouks en excitant une révolte parmi ses soldats, et se fit proclamer vice-roi, usurpation que la Porte, gagnée par son or, ne tarda pas à ratifier (1806).IÏs'attacha, dès qu'il fut maître du pouvoir, à faire rentrer les Mamelouks dans l'obéissance; mais, désespérant de les discipliner, illes fit tous massacrer dans toute l'Egypte le même jour, le 1" mars 1811-Donnant, après cette sanglante exécution, un libre cours àson ambition, il se rendit maître de la haute Egypte, passa en Arabie; où il extermina les Wahabi-tes, après une guerre qui ne dura pas moins de six années (1812-1818), etàlaquelle son fils Ibrahim prit la partla plus active, soumit à son pouvoir tout leHed-jaz, puis envoya en Nubie un de ses fils, IsmaSl-pacha, qui conquit les provinces deDongolah,Chendi, Sen-naar, Kordofan, mais qui périt assassiné au milieu de ses triomphe's (1822). il aida de tout son pouvoir le sultan à réduire les Grecs insurgés, et fit envahir la Morée par Ibrahim, qui dévasta le pays pendant trois ans (1824-1827); mais, sa flotte ayant été anéantie à Navarin par les escadres combinées de France, de Russie et d'Angleterre (20 oct. 1827), il se vit obligé de rappeler Ibrahim. Il avait obtenu du sultan, pour prix de sa coopération, la cession de l'île de Candie (1830), mais il exigea en outre l'abandon de la Syrie, et, n'ayant pu l'obtenir, il rompit avec la Porte, et fit entrer en Syrie une puissante armée, qui conquit rapidement cette province (1831). Arrêté dans sa marche sur Constantinople par l'intervention européenne, il réussit cependant à se faire assurer, par le traité de Kutayeh (14mai 1833),lapossession delà Syrie et du district d'Adana. Mahmoud ayant en 1839 rétracté ces concassions, il arma aussitôt : la victoire décisive de Nézib, gagnée par son fils Ibrahim le 24juin 1839, mit le sultan à sa merci ; mais il se vit encore arracher
le fruit de sa victoire par une coalition à laquelle la Francene voulut prendre aucune part(15juillet 1840). Contraint de restituer la Syrie, Candie, le Hedjaz, ainsi que la flotte turque, qui lui avait été livrée, il obtint en compensation, pour lui et ses descendants, le gouvernement héréditaire de l'Egypte sous la suzeraineté de la Porte (1841); il rie s'occupa plus depuis que de régir en paix les États qui lui étaient ainsi assurés. Atteint en 1847 d'un mal incurable, il resta pendant deux ans privé de sa raison, et mourut en 1849 à Alexandrie. — Méhémet-Ali introduisit dans son armée, malgré les plus vives résistances, l'organisation, ladiscipline et la tactique européennes. Il releva enÉçypte l'agriculture, le commerce et l'industrie; mais il crut nécessaire, pour atteindre ce résultat, aussi bien que pour s'enrichir, de commencer par s'emparer de toutes les propriétés foncières ot de se réserver le monopole des produits les plus profitables du pays et des fabrications les plus lucratives. Il fonda plusieurs écoles spéciales (militaire, polytechnique, de médecine, etc.), et envoya en Europe, surtout en France,, des jeunes gens chargés de s'instruire et de répandre à leur retour les connaissances utiles. Ses efforts pour relever l'Egypte lui assurent une grande place dans l'histoire ; les résultats qu'il a obtenus doivent d'autant plus étonner que le pacha eut à suppléeràun défaut absolu destruction : il n'apprit à lire qu'à 45 ans. — Méhémet-Ali aimait les Français : plusieurs l'ont puissamment secondé dans ses réformes, notamment MM. Jomard, le docteur Clôt (Clot-bey) et le colonel Sèves (Soliman-pacha), dont le nom restera uni au sien. On doit à M. Hamont l'Egypte sous Méhimet-AU,'IStâ; à. M. Ed. Gouin l'Egypte au xrx° siècle, 1849; et à M. P. Mouriez, Histoire de Méhémet-Ali, 1858.
*MÉHUL (H.), célèbre compositeur, né à Givet en 1763, mort en 1817, vint en 1779 à Paris, et y connut Gluck qui prit plaisir à cultiver ses heureuses dispositions. En 1790, il donna à l'Opéra _comique EuphrosineetCoradin, qui eut un succès prodigieux, et bientôt après : Slratonice, 1792; Phrosine et Me-lidor, 1794; le Jeune Henri, dont l'ouverture offre une belle symphonie de chasse, 1797 ; l'iraip, opéra bouffe dans ie genre italien ; enfin Joseph, remarquable par la couleur antique et l'onction religieuse (1807). Méhul a composé en outre des sonates, des symphonies, des hymnes et des cantates : c'est lui qui, sous la République, mit en musique le Chant du départ, le Chant de victoire, le Chant du retour. Il fut nommé membre de l'Institut dès 1796. Ce compositeur se recommande généralement par la force de l'expression dramatique et par une facture savante; mais on lui reproche d'abuser des moyens d'effet jusqu'à confondre le bruit avec l'énergie.
*MEHTJN-SUR-YEVRE, ch.-l. dec (Cher^ à 17 k. N. O. de Bourges ; 3557 hab. Station. Ane seigneurie. Ruines d'un château où mourut Charles VII.
*HEHUN-SUR-LOIRE. Y. MEUNG.
*MEIBOM, .afeiliomt'us, famille allemande, aproduit plusieurs savants. HenriM., dit l'Ancien, né enl555 à Lemgow, mort en 1625, fut professeur d'histoire et de poésie à Helmstsedt, composa des poésies latines qui lui firent décerner par l'emp. Rodolphe II le titre de poète lauréat, et publia des chroniques relatives à l'histoire de l'Allemagne, et surtout de la Saxe. — J. Henri, son fils, né à Helmstasdt en 1590, mort à Lubeck en 1655, a donné une Vie de Mécène, en latin, Leyde, 1653, et plusieurs autres écrits curieux, mais oubliés auj. — Henri, le Jeune, fils du préc, né à Lubeck en 1638, mort en 1700, professa la médecine, la poésie et l'histoire à Helmstsdt. On a de lui une dissertation De incubatione in fanis, Helmstaedt, 1C59; un recueil des Scriptores rerum germanicarum, 1888, et plusieurs écrits de physiologie et d'anatomie, entre autres : De consueludinis nalura et vi ad sanitatem, etDevasis palpebrarum, où sont décrites pour la 1™ fois les glandes qui portent encore son nom. — Marc, philologue, né eu
— 12:
*MEIN
!25 — MEKH
1630àTonningen(Holstein), m. en 1711 à Utreeht, se fît d'abord connaître par d'intéressantes recherches sur la musique des anciens; séjourna quelque temps à la cour de Christine, puis en Danemark, où il fut bibliothécaire de Frédéric III, et enfin à Amsterdam, où il professa les belles-lettres. On a de lui: Antiquêc musicse auctores, grec-latin, Amst., 1652, 2 vol. in-4; une édition estimée de Diogène Laërce, Amst., 1692; des Recherches sur les trirèmes desan-i tiens-, —sur la poésie des Hébreux, etc.
*MEIGRET (Louis), grammairien, né à Lyon vers 1510, vint en 1540 se fixer à Paris ety publia plusieurs ouvrages qui avaient pour but de réformer l'orthographe, savoir : Traité touchant le commun usage de l'écriture, etc., 1542; Trèttédelà Grammère françoèse (sic), 1550, où il proposait des réformes dont plusieurs ont été adoptées depuis. On lui doit aussi la traduction des VII' et VIIIe livres de Pline.
*MEI-EONG, dit aussi Ménam-kong, grand fleuve de l'Inde Transgangétique, naît dans la province thi-bétairte de Kam sous le nom de Dza-Tchou, à peu de distance des sources de l'Yang-tsé-Kiang;traverse leYun-Nansous lenomde Lan-Thsan-Kiang; baigne le Laos, traverse le Cambodge, arrose Cambodge, et se jette dans la mer de Chine, par plusieurs bouches, à l'E. du golfe de Siam, sous le nom de rivière de Cambodge, après un cours d'environ 2600 kil.
*MEILUAN, ch.-l. de cant. (Lot-et-Garonne), à 14k. O. de Marmande ; 3500 hab. —V. SENAC DE MEILHAN.
*MEILLERAYE (La). V. LA MEILLERAYE.
*MEILLERI.E.vge deFrance(Hte-Savoie),dans l'anc ôhablais, à 19 kil. N. E. de Thonon, sur le bord S. du lac de Genève. Pierre à bâtir. Près de là sont de beaux rochers célébrés par J. J. Rousseau.
*MEIN, en ail. Main, enlat. Manus, Maganus, riv. d'Allemagne, formée du Mein rouge et du Mein blanc, qui prennent leur source en Bavière, coule à l'O., en faisant beaucoup de détours, arrose Bayreuth ,Wurtz-bourg, Francfort, et tombe dans le Rhin par la r. g. vis-à-visdeMayence : cours, 448 kil.—Avant 1837, le Mein donnait son nom à 2 cercles de la Bavière : le Haut-Mein, ch.-l., Bayreuth, qui estauj.le cercle delà Haute-Franconie; le Bas-Mein, ch.-l., "Wurtz-bourg, remplacé par celui de la Basse-Franconie.
*MEIN-ET-TAUBER (cercle de), un des anc cercles du grand-duché de Bade, à l'E. du cercle du Neckar, entre la Bavière et le Wurtemberg ; ch.-l., Wertheim.
*MEÏNAM ou Rivière de Siam, grand fleuve d'Asie, naît dans la prov. chinoise d'Yunnan, au S. E.; traverse l'empire Siamois du N. au S., passe à Siam et à Bankok, et se jette dans le golfe de Siam par 13° 30' lat. N. et 99° long. E. après un cours de 1400 k.
*MEINDER (BUIUK-), l'anc. Méandre. V. ce nom
*MEINDER (KUTCHUK-) , l'anc Caystre. V. ce nom.
*MEINERS (Christophe), philosophe et historien, né en 1747 à Warstade près d'Otterndorf (Hanovre), mort en 1810, se forma presque seul, parla lecture; devint en 1771 professeur de philosophie à l'Université de Gœttingue, puis y remplit les fonctionsdepro-recteur.Admis àl'Académie de Gœttingue,il fut un des membres les plus laborieux de cette compagnie. Ses principaux ouvrages sont : Histoire du vrai Dieu, en lat., 1780; Hist. des progrès et de la décadence des Sciences chez les Grecs et les Romains, 1781 (trad. par Laveaux, 1799); Hist. de la Religion des plus anciens peuples, 1775, complétée en 1806 par son Hist. critique de toutes les Religions; Hist. de l'Humanité, 1786 et 1811 ; Hist. de la décadence des mœurs et des institutions politiques chez les Romains, 1782 (trad. par Binet, 1796) ; Tableau comparatif des siècles du moyen âge et du nôtre, 17 93 ; Hist. des universités de l'Hurope, 1802; Hist. des doctrines morales, 1801 : il y attaque la philosopllie de Kant. On a en outre de lui : une Histoire et une Théorie des beaux-arts, des Éléments d'esthétique, des Principes de morale, et un grand nombre de dissertations dans les Mémoires de Gœttingue, entre autres, Derealium et nomina-Hum initiis, 1793. Meiners est plus remarquable
comme êrudit et comme critique que comme philosophe original : il peut être rangé parmi les éclectiques.
*MEININGEN, capit. du duché de Saxe-Meiningen, entre deux bras de la "Werra, à 75 kil. S. O. de Gotha; 6000 hab. Deux beaux châteaux. Bibliothèques, collections d'art, gymnase. Drap, futaines. V. SAXE.
*MÉIS, Télmissus, v. de la Turquie d'Asie (Anatolie), ch.-l. de livah, sur le golfe de Macri, à 270 kil. S. E. de Smyrne. Bon port. Commerce actif avec l'Egypte et Rhodes (bois, goudron', sel, etc.). Ruines.
*MEISsEN, v. murée du roy. de Saxe (Misnie), anc capit. de la Misnie, sur la r. g. de l'Elbe, à 23 kil. N. O. de Dresde; 10 000 h. Cathédrale du xnr= siècle, château remarquable. Ancienne résidence des princes saxons; gymnase, bibliothèque, collections diverses. Belle manufacture de porcelaine, fondée en 1710: c'est la 1™ qui ait existé en Europe. Draps, chapeaux, bonneterie, fabriques de couleurs etde cartes à jouer, coloriage pour les livres, fabriques de tabatières, etc. Patrie d'Elie Schlegel et d'Hahnemann.
*MEISSENHEIM, v. de l'anc. landgr. de Hesse-Hom-bourg, sur le Glan, à 85 k. S. O. de Hombdurg; 2500 h. Verrerie, usines diverses. Aux env., mercure, houille. —Cette ville est le ch.-l.dela seigneurie deMeissen-heim, enclavée entre la principauté de Birkenfeld (au ducd'Oldenbourg),celledeLichtenberg (àla Saxe),la Bavière et la Prusse Rhénane. F. HESSE-HOMBOURG.
*MEISSNER (Aug.Théophile), littérateur, né en 1753 à Bautzen en Lusace, mort en 1807, fut successivt employé aux archives de Dresde, professeur d'esthétique à Prague, enfin directeur de l'enseignement supérieur à Fulde. Il a composé des romans, des histoires, des contes, dans lesquels on trouve de l'esprit, del'imagination, un style agréable, une composition habile, et qui eurent un grand succès. Ses principaux ouvrages sont : Jean de Souàbe, drame, 1780 ; Alcibiade, 1781-1788, 4 vol., Masaniello, 1784; Bianea Capello, 1785; Épaminondas, 1798; Vie de Jules César, 1799 (achevéepar'Haken, 1812). II a donné un Destouches allemand, 1779, un Molière allemand, 1780, et a publié de 1783 à 1795 une Ketme trimestrielle de la littérature. La plupart de ses ouvrages ont été traduits en français par Lieutaud.
*MEISTER (Léonard), écrivain suisse, né en 1741 a Neftenbach (Zurich), m. en 1811, fut nommé en 1773 professeur d'histoire et de morale à l'école de Zurich, exerça depuis 1795 jusqu'à sa mort les fonctions évangéliques et fut quelque temps pensionné du Directoire helvétique à Zurich. Ses principaux écrits, tous en allemand, sont : Essais sur l'histoire de la langue et de la littérature allemande ; Mémoires sur l'hist. des arts et métiers ; les Hommes célèbres de l'Helvétie; Hist. de Zurich; Hist. de la Suisse depuis César ; Dictionnaire historique et géographique de la Suisse, 1796. Il a aussi composé des poésies, mais ? elles ne s'élèvent pas au-dessus du médiocre.— Jacq. Henri M., son cousin, né à Zurich en 1744, m. en 1826, vint à Paris en 1770 pour y diriger une éducation particulière, s'y lia avac Diderot et Grimm, fournit de nombreux articles à la Correspondance de ce dernier, et publia lui-même plusieurs écrits philosophiques ou littéraires, la plupart en français : la Morale naturelle, Lettres sur l'Imagination, Études sur l'Homme, Traité sur la Physionomie, Euthanasie, ou Entretiens sur l'immortalité de l'âme, etc.
*MEISTERS^ENGERS (c-à-d. Maitres-chanteurs), corporation de poètes et de musiciens allemands qui remplacèrent les Minnesingers au xiv° siècle ; ils étaient pour la plupart gens demétier.Le plus célèbre est Hans Sachs. En 1378 l'emp. Charles IV leur donna des lettres de franchise et des armes particulières.
*MEKHITAR (Pierre), fondateur des Mékhitaristet, né en 1676 à Sébaste en Cappadoce, mort en 1749, visita les principaux couvents de l'Arménie, de la Syrie et de Chypre, se rendit à Constantinopleen 1700, et s'efforça de réunir les Arméniens de c»tte ville, divisés alors en deux partis; n'ayant pu y réussir, il se tourna vers l'église romaine, prêcha la soumission
y
MÉLà
1226
*MELB
au pape, et s'exposa ainsi à toute la fureur du clergé de sa nation. Obligé de quitter Constaritraople, il se réfugia à Smyrne, puis dans la Morée, qui appartenait alors aux Vénitiens, se fixai Modoa et y fonda en 1708 un couvent de religieux arméniens {Y. l'art. suiv.). Lorsque les Vénitiens eurent perdu là Morée, en 1717, il chercha un asile à Venise, et obtint la concession de l'île de St-Lazare, dans les lagunes de cette ville, où il fonda un nouveau couvent en y annexant une imprimerie arménienne. On lui doit une Bible arménienne, 1733, in-fol. ; une Grammaire de l'arménien vulgaire et de l'arménien littéral, et un Dictionnaire arménien, en 2 vol. in-4, 1749-1769.
*MEK.UITARISTES, savants bénédictins arméniens établis dans la petite lie de St-Lazare, au milieu des lagunes de Venise, tirent leur nom de Pierre Mékhi-tar Ç V. ci-dessus). Ils ont pour mission de propager la foi catholique et les connaissances humaines parmi leurs compatriotes, et de faire connaître en Europe l'histoire et la langue arméniennes. Parmi leurs publications, on cite leurs éditions de la Chronique d'Eu-sèbe, en arménien et en latin, avec les parties grecques correspondantes, conservées parle Syncelle;,1a Chronique arménienne, de Moïse de Khorène; les OEuvres de S. Narsès; un grand Dictionnaire arménien-latin, Venise, 1836. — Outre leur collège de St-Lazare, les Mékhitaristes ont formé des établissements à Cons-tantinople, àTrébizonde, à Vienne, à Trieste, à Paris.
*MÉK.RAN, l'anc. Gédrosie, prov. mérid.du Bêlout-chistan, entre le Kaboul et la mer des Indes; env. 770k. del'E. àl'O. sur 385du S. au N,; ch.-I., Kedjé. Quelques vallées bien arrosées, mais presque partout d'horribles déserts de sable. Dattes renommées.
*MÊLA (Pomponius), géographe latin, né en Béti-que, vivait, à ce qu'on croit, sous Tibère et Claude; quelques-uns conjecturent qu'il était de la famille des Sénèque. Il écrivit vers l'an 43 un traité de géographie, De situ orbis, en 3 livres, qui nous est parvenu, et qui est une des sources les plus précieuses pour la géographie ancienne. Il y a mis à profit la plupart des travaux faits par ses prédécesseurs, Hérodote, Ephore, etc.; mais il ne les a pas toujours fondus avec assez de discernement ; dans l'appréciation des distances il ne prend pas le soin de réduire toutes les mesures à une même échelle. Les meilleures éditions de Pomponius Mêla sont celles de Jacques et Abraham Grono-vius, Leyde, 1696 et 1722, cum notis variorum, et de Tzschucke, Leipsick, 1807 et ann. suiv., 7 vol. in-8. Il a été publié avec trad. française par M. Fradin, 1806, par M. Baudet, 1843 (dans la collection Panc-kouke), et par M. Huot (coll. Nisard).
*MÉLAMPE, fameux devin et médecin grec de l'époque fabuleuse, de la famille royale de Pylos, guérit avec de l'ellébore les filles de Prostus, roi d Argos, que Junon avait rendues folles, et obtint l'aînée d'entre elles en mariage. Persécute par Nélée, roi de Pylos, il se retira auprès de son beau-père, qui lui donna une partie de ses États. Ses descendants y régnèrent pen-dantplusieurs générations. Mélampe prétendait comprendre le langage des animaux. On lui attribue l'introduction du culte deBaccbus en Grèce.
*MÉLANCin,HON(PhUippe),enaIl.Sc7w«ir»-£rde (c-à-d. terre noire), un des chefs de la Réforme, né en 1497 àBretten, dans le Bas-Palatinat, mort en 1560, était en 1518 professeur de grec à l'Académie de Wittemberg, où Luther enseignait la théologie. Autant Luther était fougueux, autantMélanchthonétait doux et modéré ; néanmoins ces deux hommes se lièrent étroitement et se réunirent pour opérer une réforme dans l'Église. Luther joua jusqu'au bout le rôle d'ardent novateur; mais Mélanchthon essayait de concilier les partis. Il rédigea en 1530 la fameuse Confession d'Àugsbourg, et y inséra quelques articles tendant à amener un rapprochement, mais elle ne fut pas acceptée. Il envoya au roi de France François I un mémoire conciliatif, dont le seul résultat fut de déchaîner contre lui les fanatiques de son propre parti. Pendant la guerre qui suivit la ligue de Smalkalde,
il erra en divers lieux de ^Allemagne, fuyant le théâtre des discordes qu'il aurait voulu empêcher. Il assista en 1541 aux conférences de Ratisbonne, et rédigea en 154SlTn£enwd'Augsbourg, qui procuraquel-ques moments de paix aux .partisans de la Réforme. Mélanchthon était un dessayants les plus distingués de l'Allemagne : on l'avait surnommé Prseceptor Ger-manix. Il a laissé une foule d'écrits théologiques et littéraires, qui ont été rlùnis à "vrittemberg, 1680-83, en 4 vol. in-fol., etxêimprimés dans le Corpus Reformatorum de Bretsclneider, Brunswick etLeip-sich, 1834-60. On y_ remarque un Abrégé de morale (Moralis philosophix Epitome), une Grammaire latine, longtemps classique,. et une Vie de Luther. On peut consulter la Vie de.Mélanchthon, par Camera-rius, en latin, ouvrage estimé, celle de C. Matthes, en allemand, 1841, et l'Histoire des Variations, où Bossuet a porté sur lui le jugement le plus vrai.
*MÊLANESIE, c-à-d. lies Noires, nom donné à la partie S. O. de l'Océanie, habitée par des hommes de race noire; elle comprend la Nouv.-Guinée ayee les îles qui l'avoisinent, ainsi que toutes celles qui s'étendent àl'E.etauS.: tiesSalomon.Nouv.-Irlanûe.Nouv.-Bretagne du Sud, Diéménie, Nouv.-Calédonie, etc.
*MÉLAND3 (Sle), fille de Ste Albine, femme, aussi illustre par sa piété que par sa naissance, avait été mariée dés l'âge de 13 ans à Pinien, fils de Sévère,préfet de Rome, et était parente de S. Paulin. Ayantperdu de bonne heure ses enfants, elle se retira d'abord à Hippone, près de S. Augustin, puis à Jérusalem ; elle y embrassa la vie monastique et fit éleversur Je mont des Oliviers un couvent où elle mourut en 439. On la fête le 31 déc
MÉLAR (le lac). T. HVELAR.
*MELAS, c.-à-d. Noir, auj. le Gêri, riv. de l'anc. Thrace, coulait duN.au S., sejetaitdans la mer Egée à l'O. de la Chersonèse de Thrace, et y formait le 'golfeappelé desonnom G, Mélane (auj. de Saros).— Riv. de l'anc. Cappadoce, sortait durTaurus, et s'unissait à l'Euphrate près de Mélitène : c'est auj. le Kara-sou. — Riv. de Pàmphylie (auj. le Mcnovgat), se jetait dans la mer Intérieure près et àl'E. de Side.
*MÊLAS (le baron de), général autrichien, né en 1730, m. en 1806, commandait „en chef l'armée autrichienne coatrel'arméefrançaise d'Italie en 1796. Opérant en commun avec Souwarow, il remporta en 1799 quelques avantages à Cassano, sur la Trebbia, àNovi, et à Genola, et s'empara de Coai ; mais l'année suivante il perditcontreBonapartelabataille décisive de Marengo, et dut se retirer derrière le MinCio.
*MELAZZO ou MILAZZO, Mulx, v. forte de Sicile (Messine), à 35 kil. O. de Messine, sur la côte N..E., et sur une baie de même nom ; 9000 hab. Pêche de thons; vins, huile, manne. Les Espagnols assiégèrent vainement cette place en 1719. Garibaldi l'enleva au roi des Deux-Sioiles le 20 juillet 1860. V, MÏLES.
*MELBOURNE (W. LAMB, vicomte), homme.d'État anglais, né en 1779, d'une famille de robe récemment anoblie, mort en 1848, fut élu en 1805 membre de la chambre des communes sous le patronage des whïgs, fut nommé par Canning secrétaire d'État pour l'Irlande et acquit dans ce pays une grande popularité: remplaça son père en 1828 à la Chambre des Lords, fut appelé en 1830 par lord Grey au ministère de l'intérieur, contribua à faire adopter la réforme parlementaire, devint en 1834 premier lord de la Trésorerie et chef ducabinetwhig,ef, sauf une courte interruption, garda ce poste jusqu'en 1841. C'est sous lui qu'eut lieu la rupture de l'alliance française à l'occasion des affaires d'Orient (1840), et que furent entreprises des guerres injustes ou désastreuses contre les peuples situésàl'O. del'Indus et contre la Chine. D'un caractère insouciant, lord Melbourne était peu capable de gouverner dans des circonstances critiques; mais il était concfliant, et, quoique tfhig_, il ralliait par sa modération un grand nombre do tories.
*MELBOURNE, v. d'Australie, capitale de la colonie anglaise de Victoria,sur laïarra,pres de son embouca.
*MELE — 1227 — MÉLÏ
dans la baie de Port-Philîpp. Ëvêché anglican, université, nombreuses écoles, banque, plusieurs théâtres; chemin de fer. Fondée en 1835, pendant le ministère de lord Melbourne, dont elle reçut le nom; a population s'est accrue d'une manière prodigieuse par les émigrations d'Europe : elle était de 10 956 h. en 1846; elle dépassait200 000 en 1860. Le principal commerce est l'exportation des laines du pays et celle de l'or, qu'on extrait des mines voisines.
*MELCHIADE ou MILTIADE (S.), pape de311 à314, Africain d'origine, combattit l'hérésiedes Donatistes. C'est sous son pontificat que Constantin rendit le célèbre édit de Milan. On le fête le 10 déc
*MELCHISÉDECU, roi de Salem (que l'on croit la même que Jérusalem), et prêtre du Très-Haut, vint féliciter Abraham, vainqueur de Chodorlahomor, roi des Êlamites, et offrit au Seigneur en sacrifice le pain et le vin. Abraham lui donna la dîme des dépouilles prises sur l'ennemi. L'Écriture (Psaume cix, 4) qualifie le Messie de pontife éternel selon l'ordre de Melchisédech, par opposition à l'ordre d'Aaron.
*MELCHITES, c-à-d. Impérialistes. On nomme ainsi dans le Levant une classe de Chrétiens schis-matiques qui n'ont embrassé ni la doctrine de Nes-torius,ni celle d'Eutychès, mais qui suivent les canons du concile de Chalcédoine, convoqué en 451 par l'empereur Marcien : d'où leur nom. Ils ont un patriarche particulier, résidant à Damas, et qui se fait appeler patriarche d'Antioche. 11 y a aussi des Melchites en Egypte : ils sont opposés aux Jacobites.
*MELCHTIIAL (Arnold de), l'un des trois fondateurs de la liberté suisse, né dans le canton d'Unterwald. Voulant venger son père, à qui le gouverneur autrichien avait fait crever les yeux, il conçut le projet d'arracher son pays à la domination autrichienne. Il se concerta à cet effet avec ses amis, Furst etStauf-facher; ils s'adjoignirent chacun dix hommes déterminés, et tous, réunis dans la plaine de Grutli, s'engagèrent par un serment solennel à rendre la liberté à la Suisse (1307). L'aventure de Guillaume Tell hâta l'exécution de leur projet.
*MELDI, peuple de la Gaule (Lyonnaise 4°), vers le N., entre les Parisii à l'O., les Aureliani &\i S., et les Senones àl'E., avaient pour capit. Iatinum, nommée depuis elle-même Meldi (Meaux).
*MÉLÉAGRE, filsd'Œnée, roi de Calydon, et d'Al-thée. Les destins ayant décidé qu'il vivrait tant que durerait un tison qui brûlait dans le foyer au moment desa naissance, Althée, samère, éteignit aussitôtce tison et le garda soigneusement. Méléagre se distingua de bonne heure par son courage ; il prit part à l'expédition des Argonautes, et tua le terrible sanglier de Calydon. Une rixe s'étant élevée entre lui et ses oncles sur la possession de la hure de ce sanglier, il les frappa d'un coup mortel, dans la chaleur de la dispute. Althée, irritée du meurtre de ses frères, jeta au feu le tison fatal, et son fils expira aussitôt.
*MELEAGRE, un des généraux d'Alexandre le Grand, se prononça pour Arrhidée après la mort du roi, et obtînt la Lydie dans le partage des provinces. Per-diccas, voyant en lui un obstacle à son ambition, le fit périr (323 av. J.-C).
*MELEAGRE, poète grec, né près de Gadara en Syrie, auteur de la 1" Anthologie, vivait environ un siècle av. J.-C. Son Anthologie ne nous est pas parvenue, du moins telle qu'il l'avait composée (Y. ANTHOLOGIE) ; mais on a conservé dansles recueils postérieurs nombre de pièces de lui : elles se trouvent dans les Ânalecta de Brunck, dans l'Anthologie de Jacobs, et ont été imprimées à part par Grafe, Leipsick, 1811.
*MÉLÈCE (S.), Meletius, né dans la Mélitène, prov. d'Arménie, fut élu évêque de Sébaste en 357, et patriarche d'Antioche en 361. Adversaire déclaré des Ariens, il fut successivement déposé par eux, rappelé par l'empereur Julien, exilé par ce même Julien, puis rappelé par Jovien en 363; de nouveau exilépar Valens en 364, il fut enfin rétabli sur son siège en 378, sous Gratien. Il mourut l'année suivante pendant la tenue
du concile d'Antioche, qu'il présidait. S. Cnrysostôme prononça son panégyrique. On le fête le 12 février.
*MELECE SYRIQUE, théologien de l'Église grecque, né à Candie en 1586, mort en 1664, était abbé d'un monastère de Candie lorsqu'il fut appelé à Constantino-ple par le patriarche Cyrille Lucar, qui le nomma protosyncelle de son église. Il assista néanmoins aux synodes de 1638 et 1642, où fut condamnée la doctrine de Cyrille Lucar, et fut même chargé de réfuter la Confession de foi de ce patriarche : il rédigea à cet effet un écrit fameux (Pans, 1687), dont on trouve un extrait dans la Perpétuité de la foi d'Arnauld.
*MELEDA, Melita, île des États autrichiens (Dal-matie), dans l'Adriatique, n'est séparée de la presqu'île de Sabioncello que par le canal de Curzola : ' 48 kil. sur6 ; 1000 hab. Sol peu fertile; 5 bons ports.
MÉLÉDIN. Y. MELIK-EL-KAilEL.
*MELEGNANO, v. de Lombàrdie. Y. HARIGNAN.
MÉLEK. Y. MÊLIK.
*MELENDEZ VALDEZ, poète espagnol, né en 1754 à Fresnoprès de Badajoz,mort à Montpellier en 1817, occupa une chaire de belles-lettres à Salamanque, fut nommé en 1789 juge au tribunal de Saragosse, et en 1797 procureur du roi à Madrid; accueillit les Français lors de l'invasion et s'attacha à Joseph Bonaparte, qui le nomma directeur de l'instruction publique. Il se réfugia à Montpellier après l'expulsion des Français. Ses poésies, qui consistent en odes,'' élégies, églogues, épîtres, sont surtout remarquables par une douce sensibilité, par la pureté et l'élégance. Elles ont été publiées à Madrid en 1821.
*MÉLÈS; petite riv. de Lydie et d'Ionie, naissait près du Sipyle et tombait dans le golfe de Smyrne. On faisait naître Homère sur ses bords; on donnait même le poète comme fils de ce fleuve, d'où le nom de Mélésigène, qui lui est donné par les anciens.'
*MELFI, Aufidus, v. d'Italie, dans l'anc roy. de Naples (Basilicate), à 42 kil. N. O. de Potenza; 10000 hab. Évêché. La cathédrale a été détruite en 1851 par un tremblement de terre.
*MÉLI (Jean), poète sicilien, né à Païenne en 1740, ^ m. en 1815, était médecin et professeur de chimie à l'Académie de Palerme. Il réussit dans la poésie bucolique : ses admirateurs le placent près de Théo-crite. On a aussi de lui des odes et des canzoni, des satires, des épltres, des fables fort goûtées, et de' charmants poèmes, la Fée galante, en 8 chants, Don Quichotte, en 12 chants. Ses OEuvres ont été réunies à Palerme en 1814, 7 vol. in-8. Il a écrit dans le dialecte sicilien.
MÉLIAPOUR, v. de l'Inde. Y. SAN-THOME.
*MËLICERTE, fils d'Athamas etd'Ino. Fuyant avec sa mère les fureurs de son père, il se précipita dans la mer. 11 fut changé en une divinité marine, sous le nom de Palémon, et l'on institua en son honneur les jeux isthmiques.
*MÉLIK, SIÉLEK. ou MALEK, mot turc qui signifie roi, a été porté par un grand nombre de princes que l'on distingue entre eux par leurs surnoms.
*MELIK-CHAH, surnommé Djélal-Eddyn (gloire de la religion), sultan seldjoucide de Perse (1072-93), succéda à son père Alp-Arslan, dont l'empire s'étendait du Djihoun à l'Euphrate, et agrandit tellement ses États qu'ils finirent par embrasser presque toute l'Asie méridionale, depuis la Méditerranée jusqu'à la. Chine, et depuis le Caucase jusqu'à l'ïémen. Il éleva au califat Moktady Biamrillah (1075), chassa les Grecs de l'Asie-Mineure et de la Syrie septentrionale (1075), soumit quelques petits tyrans qui ravageaient la Mé-, sopotamie, s'empara d'Édesse, d'Alep, d'Antioche, et joignit l'Arménie à ses États. Il devait la prospérité de son règne à son vizir Nizam-el-Molouk ; mais, trompé par des intrigues qui avaient été ourdies contre ce fidèle ministre, il le déposa en 1092 et le laissa assassiner bientôt après. Il ne lui survécut que 18 jours, et mourut à Bagdad, d'une maladie aiguë, à 38 ans. Ce prince, le plus illustre de sa dynastie, unissait aux avantages physiques des nullités soli-
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des. On lui doit la création d'un grand nombre de villes, de palais, de mosquées et de collèges. Il fonda en 1074 à Bagdad un observatoire, y rassembla des astronomes, fit réformer par eux le calendrier en fixant le 1" jour du printemps, jour auquel devait commencer l'année, et créa une nouvelle ère datant du 14 mars 1075 et appelée de son surnom ère djé-lalêenne. Il laissa trois fils, Barkiaroc, Mohammed et Sandjar, qui régnèrent après lui. — Son petit-fils, Mélik-Chah II, régna de 1152 à 1160, eut à lutter contre plusieurs compétiteurs, et finit par établir son autorité dans Hamadan et Ispahan.—Mélik-Arslan, sultan seldjoucide, fils de Togrul II, régna avec gloire sur la Perse occidentale, de 1160 à 1175. Il eut pour compétiteur son cousin Mohammed, fils de Seld-jouk-Chah, mais il le battit à Kasbin.
*MELIK-EL-AFDAHL, fils atné du grand Saladin, se signala dès l'âge de 17 ans dans une expédition contre les Chrétiens, et tailla en pièces un corps de Templiers près de Tibêriade (1187). A la mort de son père (1193), il hérita des royaumes de Damas et de Jérusalem, tandis que ses frères Mélik-el-Aziz-Oth-man et Mélik-ed-Dhaher-Ghazy recevaient, le premier l'Egypte, le second Alep; mais il ne sut pas se maintenir dans ses États et fut dépouillé d'abord par ses frères, puis par son oncle Mélik-el-Adel (1199). Il mourut dans l'obscurité en 1225. Ce prince cultivait la poésie avec succès.
*MELIK-EL-ADEL (Aboubekr-Mohammed), connu sous les noms de Malek-Adel et de Saphadin (pour Saïf-eddyn, épée de la religion), sultan d'Egypte et de Damas, de la dynastie des Ayoubites . était frère puîné du grand Saladin. Il contribua puissamment à établir la puissance de son frère, et obtint successivement les gouvernements de l'Egypte, d'Alep et de Damas. Pendant la 3" croisade, il enleva aux Chrétiens plusieurs places importantes en Palestine. Chargé par Saladin d'entrer en négociation avec Richard Cœur de Lion, il conclut une paix avantageuse : il devait, comme condition de la paix, épouser Jeanne, sœur du roi d'Angleterre, et être couronné avec elle roi de Jérusalem ; mais cette princesse refusa de donner sa main à un infidèle. Après la mort de Saladin, en 1193, Mélik-el-Adel sut, en semant la division parmi les fils de ce prince, les affaiblir tous et s'emparer des contrées qui leur étaient échues. En 1'203, il était maître de l'Egypte, de Damas, de Jérusalem et de la plus grande partie de la Mésopotamie. 11 tourna alors ses armes contre les Chrétiens; mais il ne fut pas toujours heureux dans ses expéditions. Eu 1217, une armée de Croisés ravagea ses États et lui enleva Damiette. Il mourut en 1218, à 75 ans.
*MELIK-EL-KAMEL-NASER-EDDYN, plus connu sous le nom de Mt'lédin, fils aîué de Mélik-el-Adel, succéda à son père sur le trône d'Egypte en 1218. Il recouvra en 1221 le port de Damiette, que les Chrétiens, pressés par la disette, se virent forcés d'évacuer. En 1229, une querelle s'étant élevée entre ses deux frères, qui régnaient, l'un en Syrie, l'autre en Palestine, il prit le parti du premier, et, pour affaiblir le second, il invita l'empereur Frédéric II à envahir la Palestine; mais il se repentit bientôt d'avoir appelé un allié aussi redoutable, et fut obligé, pour s'en débarrasser, de lui céder Jérusalem. En 1238, son frère Aschraf étant mort, il s'empara des Etats de ce prince. Il mourut peu après, à 70 ans. Mélik-el-Kamel protégea les arts et les sciences, les cultiva lui-même avec succès , et fonda plusieurs édifices somptueux, entre autres un grand collège au Caire. 11 fut tolérant envers les Juifs et les Chrétiens. — Il eut pour fils : 1* un second Mélik-el-Adel, qui lui succéda en Egypte, mais qui, méprisé pour ses débauches et son incapacité, fut déposé en 1240 et confiné dans une prison ;— 2° Mélik-eï-Saleh-Nedjm-Kddyn, qui régna d'abord sur la Mésopotamie, et qui fut ensuite mis sur le trône d'Egypte à la place de Mélik-el-Adel II (1240).
MÉKK-EL-MOADBAM-CHËajff-EDDYN nommépar cor-
ruption Coradin, fils de Mélik-el-Adel, s'empara da Damas après la mortde son père, en 1218, et régna dix ans sur la Syrie. Il alla au secours de Damiette, assiégée par les Chrétiens, leur fit la guerre avec succès en Palestine, prit Césarée,, et contribua à faire rentrer Damiette sousla domination des Musulmans. Il se brouilla avec ses frères Mélik-el-Aschraf et Mélik-el-Kamel, ce qui eut pour résultat principal l'expédition de l'empereur Frédéric II en Palestine (V. MELIK-EL-KAMEL) et l'affaiblissement des Musulmans. Il mourut en 12,27, à 49 ans, laissant le trOne de Damas à son fils Mélik-el-Nasser, qui futbientôt dépouillé par ses oncles Mélik-el-Kamel et Mélik-el-Aschraf, et qui, plusieurs fois, rétabli et reftversé, fut enfin réduit à se réfugier dans le désert d'Arabie, où il mena une vie,nomade.
M ÉLIK-EL-MOAUH AM - GAIATH - EBDYN -TOURAN - CHAH,
sultan ayoubite d'Egypte, petit-fils de Mélik-el-Kamel, régna d'abord sur la Mésopotamie, et monta sur le trône d'Egypte en 1249, après avoir assassiné son frère Adel-Chah. II coupa les vivres à l'armée de S. Louis, et la força ainsi à cette funeste retraite de la Mansourah, qui coûta la vieoulaliberté à plus de 30000 Français; il fit massacrer ses prisonniers et ne respecta que S. Louis. Sa conduite tyrannique envers ses propres sujets, ses débauches, son ingratitude envers les Mamelouks Baharites, à qui il devait ses succès, le rendirent odieux : il fut détrôné et mis à mort par Bibars en 1250. En lui s'éteignit la dynastie des Ayoubites.
*MELH&A, Busadir, v. forte et port du Maroc, à 225 kil. N. E. de Fez, et à 50 kil. E. de Ceuta ; 2500 hab. Elle appartient aux Espagnols depuis 149C : c'est un de leurs présides ou lieux de déportation. Elle doit, dit-on, son nom au miel renommé qu'on recueille dans ses environs.
*MÉLINDE, v. d'Afrique,_ sur la côte de Zangue-bar. capit. du roy. de Mélinde, à l'embouchure du Quilimancy, sur la r. dr. du fleuve, par 38° 42' iong. E., 3° lat. S. Cette ville a été très-florissante et a compté, dit-on, 200000 hab.; ce n'est plus auj. qu'une*-triste solitude. 11 s'y fait encore usl peu de commerce avec la Perse, l'Arabie et l'Inde. Mélinde fut prise par les Portugais au xvl* siècle; mais les Arabes la leur enlevèrent en 1698. —Le roy. de Mélinde s'étend le long de la mer, entre les Etats de Juba au N., de Zanzibar au S. Il était censé possession portugaise et faisait partie de la capitainerie générale de Sofala-et-Mozambique»
*MELISEY, ch.-I. de canl. (Hte-Saône), sur l'O-gnon, à 10 kil. N. E. de Lure; 2000 hab. Toiles de coton, mousselines, fromages.
*MÉLISSUS, philosophe éléatique, natif de Samos, disciple de Parménide, florissâît vers 460 av. J.-C. Homme d'État et général habile en même temps que philosophe, il commanda la flotte des Samtêns contre les Athéniens, et remporta quelques avantages sur Périclès; mais il ne put empêcher sa patrie de succomber, 440. Il professait l'idéalisme, et soutenait que l'univers est un être unique et indivisible, que les formes diverses des êtres ne sont.que des apparences, que le mouvement n'a rien de réel, etc. Il ne reste aucun de ses ouvrages; il n'est connu que par les citations de quelques auteurs grecs, notamment d'Aristote et cPEusèbe. On trouve ce qui nous reste de Mélissus dans les.Fragmenta philo* sophorum grsec. de la collection Didot.
MÉLITE. F. HALTE, MELEDA, MÉLITÈNE.
*MÉUTÊNE, auj. Meîedni, petit pays situé entre la Cappadoce et l'Euphrate, avait jadis appartenu a l'Arménie; il fut ensuite annexé à la Cappadoce, et plus tard, lors de la formation de la Petite-Arménie, devint une des 5 préfectures de cette province. Son ch.-l. était Mélite ou Kélitène (auj. Malaiia), sur l'Euphrate, près desonconfluentavec le Mêlas. Cette ville avait été fondée par Trajan, et était la capitale de la Petite-Arménie. C'est là que Polyeucte subit le martyre. Mélite fut longtemos le siéae d'una
*MELL — 1229 — MELU
légion dite la Mélitine et surnommée la Foudroyante ou la Fulminante, à cause de son courage; cette légion, toute composée de chrétiens, n'était pas moins célèbre pav sa piété; on attribue à ses prières une pluie miraculeuse qui sauva l'armée de Marc-Aurèle au moment où elle allait périr de soif dansles déserts delà Germanie (174). Il se livra à Mélitène en 576 une bat. où Chosroës I, roi de Perse, fut défait par le général Justinien, cousin de Justin II.
*MÉLITON (S.), évêque de Sardes, présenta vers 172 à Marc-Aurèle uns Apologie de la religion chrétienne. Il avait composé un grand nombre d'écrits, entre autres un Traité de la fête de Pâques, où il fixait cette fête au 14e jour de la lune de mars. Il ne reste de lui que quelques fragments (conservés par Eusèbe). On le fête le 1" avril.
*MÉLITUS,orateur et mauvais poète d'Athènes,fut un des accusateurs de Socrate. On dit que les Athéniens, ayant reconnu l'innocence du philosophe.lapidèrent Mélitus comme calomniateur (400 av. J.-C); cependant Platon etXénophon ne disent rien de ce fait.
*MELIUS (Spurius), chevalier romain, gagna le peuple par des distributions de blé et fut accusé d'aspirer a la tyrannie. Ayant refusé de comparaître devant le dictateur Q. Cincinnatus pour répondre à cette accusation, il fut tué au milieu du Forum par le maître de la cavalerie, C. Servilius Ahala, 438 av. J.-C.
*MELK.ART (c.-à-d. en phénicien leRoifort), l'Hercule de Tyr, était le dieu de la richesse, de l'industrie et de la navigation, et le dieu tutélaire des Tyriens. On le considérait comme l'image du soleil; une flamme éternelle brûlait dans son temple : tous les ans on élevait en son honneur un immense bûcher des flammes duquel les prêtres faisaient échapper un aigle, symbole de l'année qui renaît. Melkart était adoré non-seulement à Tyr, mais dans toutes les colonies phéniciennes: à Carthage, àGadès, à Malte, où l'on voit encore les ruines d'un de ses temples.
*MELLA, affluent de l'Oglio, donnait son nom à un dép. du roy. français d'Italie; ch.-!., Brescia.
*MEî.LAN (Claude), habile dessinateur et graveur, né à Abbeville en ] 598, m. à Paris en 1688, résida longtemps à Rome, vint en 1637 se fixer à Paris, où il obtint une très-grande vogue, surtout pour le portrait. Il avait imaginé une manière de graver d'une seule taille. Ses œuvres les plus estimées sont : S. Pierre Nolasque porté par des anges, S. François, S. Bruno retiré dans un désert et la Ste Face empreinte sur le linge de Ste Véronique, œuvre unique, gravée d'un seul trait de burin. II a laissé aussi les portraits de Gassendi, de Peiresc, d'Urbain VIII, du cardinal Bentivoglio, du maréchal de Créqui, et nombre d'estampes d'après Vouet, Stella, le Tintoret, le Poussin, etc. Il cultivait aussi la peinture avec succès.
*MELLE, Mellusum, cb.-l. d'arr.(Deux-Sèvres),près de la Béronne, à 29 kil. S. E, de Niort; 2724 h. Trib. de 1™ inst., collège, église calviniste. Toile, serge, lainages divers, grains, mulets, etc. Env. charmants; eaux sulfureuses. Elle possédait autrefois une mine de plomb et d'argent, et un atelier monétaire, qui fut transporté à Niort. Tour remarquable de Mellezéard. Cn a dit que la fée Mélusineavait pris son nom de Melle.
*MELLO, bgdu dép. de l'Oise, à 35 kil. S. E. de Beauvais; 6C0 hab. Ane seigneurie.
*MELLO, bg de Portugal (Beira), à 26 kil. N. O. de Guarda; 800 hab. Il a donné son nom à une branche de la maison de Bragance.
*MELLO (don Francisco de), général espagnol, fut battu par Condé à Rocroy en 1643.
*MELLO (Pereira de). V. CADOVAL.
*MELLO-FREIRE-DOS-REIS (José de), jurisconsulte portugais, grand vicaire de Crato, membre du conseil duroi etde la cour souveraine de justice, néen 1738, àAnciâo, m. en 1798, fut nommé, par le marquis de Pombal, professeur de droit àCoïmbre, ,1772, et chargé en 1783 de la rédaction d'un nouveau code. 11 laissa un Code de droit public, resté inédit, et un Code de droit pénal (publié en 1823). On a de lui
plusieurs savants traités de droit, réunis à Coïmbre, 1815 : on y remarque les Institutions de droitpublic, privé et criminel du Portugal, et son Histoire du droit civil, tous deux en latin.
*MELLOBAUDES, prince franc, le 1" dont l'histoire fasse mention, servait dans l'armée romaine vers 354. Commandant des gardes sous Constance, Julien, Jovienet Valentinien, il battit les Allemands en 378, et fut deux fois consul, 377 et 383.
*MELLONI (Macedonio),physicien, né à Parme en 1801, m. à Naples en 1854, commença par enseigner la physique dans sa ville* natale, où'il perfectionna, avec Nobili, la pile thermo-électrique, fut obligé de s'expatrier en 1830 pour cause politique, se réfugia en France, enseigna la physique à Dôle, puis à Genève, vint à Paris, où l'Institut lui conféra le titre de correspondant (1835), rentra en Italie en 1839 et fut nommé professeur de physique à Naples et directeur du Conservatoire des arts et métiers. Melloni s'est attaché à comparer la chaleur rayonnante avec la lumière et a mérité par ses découvertes d'être appelé le Newton de la chaleur : il a établi l'identité des lois qui régissent ces deux ordres de phénomènes et a découvert que la chaleur rayonnante est, comme la lumière, composée de rayons inégalement réfrangi-bles; qu'aux corps transparents correspondent les corps diathermanes; aux corps opaques, les corps athermanes ; à la couleur, la' thermochrose. La plupart des travaux de Melloni ont paru dans les Annales de physique et de chimie. Il a publié à part : Mémoire sur l'identité des diverses radiations lumineuses , calorifiques et chimiques, Genève, 1842; Traité de la Thermochrose, Naples, 1850.
*MELODUNUM, v. des Senones, est auj. Melun.
*MELON (Jean Franc.), économiste, né à Tulle vers 1680, m. en 1738, s'établit à Bordeaux, où il cultiva les lettres, devint secrétaire perpétuel de l'Académie bordelaise, qu'il avait contribué à fonder (1712), fut nommé par d'Argenson inspecteur général des fermes de Bordeaux, puis devint secrétaire de Law et enfin du Régent. Onestime son Essai politique sur le commerce, 1734, in-12, « livre aussi plein que petit», selon Voltaire, qui l'accuse cependant d'être systématique. Il soutenait le régime prohibitif ainsi que la valeur arbitraire des monnaies, opinions qui furent vivement combattues par Dutot.
*MELORIA ou MELLORIA (la), Mcenaria, île de la Méditerranée, sur la côte de Toscane, au S. O. de Livourne.Vict. desPisans sur les Génois, 1241, et des Génois sur les Pisans, 1824.
*MÉLOS, auj. i/i'loou Milos, une des Cyclades, au S. O., à égale distance du cap Scyllxum en Hermio-nide et du cap Dictynxum en Crète. — Les Phéniciens s'y établirent les premiers; Sparte y envoya une colonie vers 1116 av. J.-C. Mélos resta fidèle à Sparte pendant la guerre du Péloponèse : les Athéniens la prirent en 416, après sept mois de blocus et en massacrèrent la population mâle. Patrie de l'athée Dia-goras.— Cette île forme auj. une éparchie du nome des Cyclades et a pour ch.-l. Mélos ou Plaka..
*MELPOMÈNE (du grec llelpô, chanter des vers héroïques), Muse de la tragédie. On la représente sous la figure d'une femme jeune encore, avec un visage imposant, richement vêtue, chaussée du cothurne, tenant un poignard d'une main, un sceptre de l'autre, et portant une couronne sur la tête.
*MELROSE, vge d'Ecosse (Roxburgh), sur la Tweed, à 50 kil. d'Edimbourg; 1000 hab. Station du chemin de fer du Nord. Ruines d'une célèbre abbaye gothique, fondée en 1136 par David I" pour des moines de Cîteaux, reconstruite entre les règnes de Robert Bruce et de Jacques IV, et pillée lors de la Réformation. Près de là est Abbotsford, qui fut la résidence de Walter Scott.
*MELUN, Melodunum, v. de France, ch.-l. du dép. de Seine-et-Marne, sur la Seine, qui la divise en3 parties, et sur le chemin de fer de Lyon, à 45 kil. S. E. de Paris; 11170 h. Trib. delroinst., collège, biblio-
MÉLU - 1230 — MEMM
thèque, école normale primaire. Ville généralement bien percée et bien bâtie. Eglise gothique de St-As-pais, avec de beaux vitraux ; restes de l'abbaye de ce nom ; maison centrale de détention. Fabriques de calicots, de chapeaux de soie et de feutre, d'étoffes de laine et de toiles peintes. Commerce de bois, fromages de Brie, charbon; marché aux grains et aux farines. Patrie d'Amyot. — Ville très-ancienne : ce n'était dans l'origine qu'une forteresse. Prise.en 494 par Clovis, elle fut sous les premiers Capêtiens.une résidence royale. Plusieurs fois prise par lesNormands et les Anglais (notamment par ces derniers en 1419); Charles VII la reprit en 1430. Longtemps elle eut le titre de vicomte: elle fut érigée en duché-pairie en 1709, en faveur de Louis Hector de Villars.
*MELUN (maison de), maison noble et ancienne, connue depuis le x" sièole, était alliée à la race royale des Capétiens, et a fourni à l'État et à l'Église un grand nombre de personnages distingués. Elle a formé les branches de Viilefermoy, de La Borde, de La Loupe-Marcheville, de Château-Landon, de Tan-carville, d'Épinoy, de Maupertuis.
*MELUN (Guill. de), dit le Charpentier, parent de Hugues le Grand,comte de Vermandois, l'accompaga à la 1" croisade et fut un des principaux chevaliers français qui aidèrent Godefroi de Bouillon à conquérir la Terre-Sainte. Son surnom lui fut donné parce que rien ne pouvait résister aux coups de sa hache d'armes.—Adam, vicomte de M., général de Philippe-Auguste, fut envoyé en 1208 dans le Poitou contre Aimery Vil, vicomte de Thouars, qui commandait les troupes de Jean, roi d'Angleterre, et contre Savary de Mauléon, qui avaient fait tous deux une incursion sur les terres du roi de France, les mit en pleine déroute, et fit le vicomte de Thouars prisonnier. Il eut aussiunegrande partàla victoirede Bouvines (1214). En 1216, il passa en Angleterre avec Louis de France (depuis Louis VIII), que les barons anglais demandaient pour roi. Il y mourut en 1220. — Charles de M., baron des Landes et de Normanville, parvint, au commencementdu règne de Louis XI, auplushaul degré de faveur, fut fait en 14C5 grand maître de France, puis lieutenant général du royaume. Sa conduite équivoque lors de la guerre du Bien public le perdit dans l'esprit du roi, qui le fit condamner à mort et décapiter aux Andelys (1468), comme ayant eu des relations avec les chefs de la Ligue, notam-mentavec ie duc de Bretagne. Il fut réhabilité sous le règne suivant et ses biens furent rendus à ses enfants. Il avait déployé, pendant qu'il était en faveur, un faste qui le fit surnommer Sardanapale.
*MELUN (Louis de), marquis de Maupertuis, puis duc de Joyeuse, né en 1634, m. en 1721, se signala en 1677 au siège de Valenciennes, où il emporta les retranchements à la tète d'une compagnie de mousquetaires, et fut fait'brigadier par le roi sur les retranchements mêmes. Il ne montra pas moins de bravoure à la bataille de Cassel et au siège d'Ypres ; fut successivement nommé maréchal de camp et lieutenant général, et fut envoyé en 1694 au Havre-de-Grâce, qu'il défendit contre les Anglais et qu'il sauva d'une ruine certaine. Louis XIV rétablit pour lui en 1714 la duché-pairie de Joyeuse.
*MÉLCSINE, fée célèbre dans nos romans de chevalerie et dans les traditions du Poitou, descendait selon les légendes, d'un certain Élénas, roi d'Albanie. Elle épousa Raymondin de Forez, 1" seigneur de Lusignan en Poitou, et devint la tige des maisons de Lusignan, de Luxembourg et de Bohême. Onl'ap-pela d'abord la Mère des Lusignan, et, par corruption, Stère Lusigne, Merlusine et enfin Mélusine. Elle et ait, disait-on, changée tous les samedis en, serpent, pour avoir donné la mort à son père; par les gémissements, les sirflemi-nts et les cris lugubresqu'elle faisait entendre alors, elle prédisait les malheurs qui menaçaient ses descendants. Son mari, l'ayant un jour aperçue dans sa métamorphose, l'enferma dans un souterrain de son château de Lusignan, où elle est
depuis restée emprisonnée. On. attribuait à cette fée la construction des châteaux de Lusignan, de Parthe-nay, de Morvant, de Vouyant, de Marmande, d'îssou-dun, etc. M. Francisque Michel a publié en 1854 un vieux poëme du xrv* siècle sur.Mélusine.
*MELVIL (sir. James), seigneur écossais, né dans le comté de Fife en 1534, mort en Ï606, fut élevé à Paris et attaché en 1549 au connétable de Montmorency, fut rappelé en Ecosse en 1561 par la reine Marie Stuart, qui le nomma conseiller privée servit sa souveraine avec autajâjt d'intelligence que de fidélité, et ne craignit pas de lui adresser des remontrances énergiques lorsqu'il découvrit son funeste attachement pour Bothwell; il se vitmême obligé de fuir pour échapper à la vengeance de ce dernier, mais il fut rappelé au conseil par les régents qui gouvernèrent après Marie Stuart :et obtint la confiance du roi Jacques Vî. Il a laissé des Mémoires historiques qui ont été publiés à Londres en 1683, in-fol., et trad. par l'abbé Marsy, 1745.
*MELVILLE (H. DUNDAS, vicomte-de), homme d'État, issu d'une famille illustre d'Ecosse, né v, 1741, mort en 1811, fat envoyé au Parlement par la ville d'Edimbourg; défendit le ministère de lord North pendant la guerre d'Amérique, combattit le.ministère de la coalition (composé de partisans de Fox et de ceux de lord North),. s'opposa au fameux bill de l'Inde, soutint ensuite le système de Pitt, et fut nommé successivement par ce ministre président du contrôle pour l'Inde (1783), secrétaire d'État pour l'intérieur (1791), puis ministre de la guerre, lord du sceau privé, enfin Ie' lord de l'amirauté (1805). En 1806, il fut accusé de malversation, et, bienjqu'ac-quitté par la Chambre des Lords, il fut obligé, de résigner tous ses emplois. .Melville est auteur de plusieurs brochures politiques fort remarquables.
*MELVILLE, île sitùéejsurlacÔteN. de l'Australie, a 120 k. sur 70. Ainsi nommée en'l'honneur de lord Melville. Les Anglais y avaient formé un établissement qu'ils ont abandonné. — Vaste presqu'île de l'Océan Glacial arctique,, au N. de l'Amérique, par 108--116° long. O., 74°-76° 50' lat. N.; froid extrême. Découverte en 1819 par le capitaine Parry.
*Le nom de Melville a encore été donné à une baie delà mer de Baffin, sur la côte O. du Groenland; à un détroit de l'Amérique du N., entre ceux de Banks à l'E. et de Barrow à l'O. ; c'est un de ceux qui forment le passage Nord-Ouest; —ëhftn. à une île de la mer Polaire, entre 70° et 76° lat. N.
*MÉMACTERION, mois des Athéniens, correspondant à parties de novembre et de décembre, tirait son nom des Mémacléries, fêtes qu'on célébrait en l'honneur de Jupiter llèmactès (c.-à-d. orageux), pour obtenir de lui un hiver tempéré.
*MEMEL, v. des États prussiens (Prusse), à l'embouchure de la Dange dans la Baltique et a l'extrémité N. du Kurische-Hafr, à 135 Ml. N. de Eœnigs-berg; 12 000 hab. Port.de commerce, comptoir de banque, chantiers de construction, bagne.'Industrie, toile, gants, savon, eau-de-vie, bière, ouvrages en bois; fonderies de fer. — Fondée en 1252 par les chevaliers Teutoniques, ensuite ville hanséati-que. Elle fut la résidence du roi de Prusse après la perte de ses Etats en 1807. En 1854, elle a été dévastée par un incendie.
*MEMINI, petit peuple de la Gaule Narbonnaise, au S. E. des Tricastini, dans le pays des Salyes, avait pour villes principales Forum Neroiïîs (For-calquier), et Carpentoracle (Carpéntras).
*MEMMI ou MARTINI (Simon), peintre, né à Sienne vers 1284, mort en 1344, élève, puis collaborateur de Giotto, fut appelé en 1338 à Avignon par Benoit. XII pour peindre, dans le palais des Papes, l'Histoire des martyrs,se lia dans cette ville avee Pétrarque, pour lequel il fit un portrait de la belle Laure, orna également de ses peintures Sienne, Florence, Pise, et exécuta dans cette dernière ville une partie des célèbres fresques du Campo Sanlo. Parmi
231
*MEMN — 12
ses ouvrages, on cite S. Dominique disputant contre les hérétiques, à Florence, la Vie de S. Ranieri, à Pise, le Sauveur donnant la bénédiction, à Munich, un Couronnement de la Vierge, à Paris. Il ex-cellaitaussidansleportrait. Simon Memmi se distingue par une composition sage, une invention originale et pleine de génie; ses airs de tête et ses mouvements sont variés; ses costumes, pleins de goût.
*MEMMINGEN, v. de Bavière (Cercle de Souabe), sur un affluent de Piller, à 44 kil. S. E. d'Ulm; 8000 hab. Tribunal, gymnase, bibliothèque. Arsenal, fonderie de cloches; cotonnades, toile, bonneterie.
*MEMMIUS, maison plébéienne de Rome, a fourni plusieurs tribuns et plusieurs consuls.
*MEMMIUS (T.), tribun du peuple l'an 112 av. J.-C, se montra constamment opposé à Jugurtha, accusa hautement les généraux que le roi numide avait gagnés par son or, et parvint à déjouer ses intrigues et à le faire amener de la Numidie à Rome pour être jugé. C'était un orateur éloquent : Salluste met dans sa bouche une fort belle harangue.
*MEMMIUS GEMELLUS(C), successivement tribun du peuple, préteur et gouverneur de la Bithynie, fut exilé à Patras comme concussionnaire (61 av. J.-C). Il cultivait l'éloquence et la poésie et protégeait Lucrèce : c'est à lui que ce poète dédia son poëme.
*MEMNON, personnage fabuleux, fils du beau Ti-thon (frère de Priam) et de l'Aurore, régnait sur l'Egypte et l'Ethiopie, selon les uns, sur la Perse et la Susiane, selon les autres. Il vint, dans la 10* année du siège de Troie, amener à Priam un secours de dix mille combattants, se distingua par sa bravoure et tua Antiloque, fils de Nestor, combattit Ajax; mais il fut tué lui-même par Achille. Quand il eut été placé sur le bûcher, on vit sortir de ses cendres une troupe d'oiseaux, qui, pour honorer ses funérailles, se partagèrent en deux bandes et se combattirent avec fureur; l'Aurore, désespérée de sa mort, versa des larmes abondantes qui se transformèrent en rosée. On érigea en son honneur dans plusieurs villes, notamment à Suse, à Ecbatane, à Thèbesen Egypte, des monuments dits memnonium. U existait à Thèbes une statue colossale de Memnon, qui, dit-on, rendait un son harmonieux lorsqu'elle était frappée des premiers rayons du soleil; il en reste encore des débris. Les uns voient en Memnon un prince réel, qui aurait régné sur les régions orientales, ce qui lefitnommer fils de l'Aurore; les autres le prennent pour un roi puissant de l'Egypte, soit Osymandias, soit Aménophis II (nom dont celui de Memnon serait une corruption), soit même Sésostris (c'estl'opinion d'Hérodote); enfin d'autres en font la personnification de la lumière solaire. Quant au son rendu par sa statue, si ce n'est une pure invention, on l'expliquerait par une cause physique analogue à celle qui produit le phénomène d'acoustique connu sous le nom de harpe éolienne.
*MEMNON, le Rhodien, général perse, frère de Mentor de Rhodes, s'était révolté dans sa jeunesse contre ArtaxerceOchus; mais,ayant obtenu son pardon, il devint le plus fidèle serviteur de ce prince ; il servit avec le même zèle son successeur Darius. Lorsque Alexandre envahit la Perse, Memnon donna à Darius le conseil de ravager l'Asie-Mineure : quoique son avis n'eût pas été adopté, il n'en combattit pas le conquérant avec moins de dévouement, il se distingua au passage du Granique, défendit la ville de Milet et s'empara de Chios et de Lesbos. Il mourut de maladie, devant Mitylène, au milieu de ses succès, et au moment où il allait porter la guerre en Grèce, 333 av. J.-C. Alexandre épousa sa veuve, Barsine.
*MEMNON, historien, d'Héraclée (dans le Pont), qui florissait vers le H* siècle de J.-C, avait composé une histoire d'Héraclée, dont il ne reste que des fragments, insérés par Photius dans sa Bibliothèque. Ces fragments ont été recueillis par Conrad Orellius, Leips., 1816, et reproduits par C. Muller, dans les Hùtoricorum grœcorum fragm. de la collect. Didot,
*MENA.
L'abbé Gédoyn en a donné une traduction dans les Mémoires de l'Académie des,inscriptions, tom. IV.
*MEMPHIS, Moph des Hébreux, v. de l'Egypte ancienne, ch.-l. de l'Heptanomide, sur la r.g, du Nil, par 29° long. E., 29° 53' lat, N., à quelques kil. au-dessus de la bifurcation du fleuve et à 8 k. au S. de3 célèbres pyramides de Gizeh- Bâtie par Menés, agrandie ou restaurée par Uchorée, elle fut longtemps la capitale d'un État particulier; quand l'Egypte entière eut été réunie en un seul empire, elle en fut pendantun temps la capitale. Elle comptait alors plus de 600 000 habitants, avait beaucoup de temples magnifiques et était environnée de canaux .pour l'écoulement des eaux du Nil. C'est à Memphis que régnaient les Pharaons; c'est là que vécut Joseph, c'est aussi là que naquit Moïse, et qu'il entreprit la délivrance du peuple Juif. La conquête de l'Egypte parCambyse, mais plus encore la fondation d'Alexandrie, portèrent des coups mortels à Memphis. On n'en voit plus que les ruines (à Sakkarah), qui sont encore un objet d'admiration. Lors de l'expédition des Français en Egypte, on eut peine à en découvrir l'emplacement. Un Français, M. Mariette, y a récemment retrouvé la tombe du bœuf Apis , monument creusé dans le roc vif, et le Sérapéum, temple colossal, précédé d'une avenue de 600 sphinx, que termine un hémicycle formé de statues des grands hommes de la Grèce (1854-60).
*MEMPHIS, v. des États-Unis (Tennessee),sur le Mis-sissipi, à l'emb. du "Wolf-river, à 250 k. O. S. O. de Nashville; 15 000 h. Académie, collège médical, dépôt naval; manufacture de coton. Chemins de fer pour Nashville et Charleston.
*MENA (Juan de), VJSnnius castillan, né en 1409, à Cordoue, m. en 1456, visita l'Italie, où il connut les poésies de Dante, qu'il prit dans la suite pour modèle. Il fut, après son retour, nommé historiographe de la cour et écrivit en cette qualité une Chronique de Jean II; mais il est surtout connu par un poëme allégorique sur la vie, humaine, El Laberinto ou Las trecientas copias, publié après sa mort à Sé-ville, 1496, in-4. Ce poëme eut un grand succès, malgré la pédanterie et les exagérations qui le déparent. Les OEuvres de J. de Mena ont été recueillies à Sara-gosse, 1509; à Anvers, 1552, et à Salamanque, 1582.
*MÉNADES (du grec mainesthai, être en fureur), un des noms des Bacchantes, leur fut donné parce que, dans la célébration des orgies, elles se livraient à des transports furieux.
*MÉNAGK (Gilles), érudit et bel esprit, né à Angers en 1613, mort à Paris en 1692, abandonna le barreau pour la littérature, et s'engagea dans l'état ecclésiastique pour obtenir des bénéfices qui,lui permissent de cultiver librement ses goûts studieux. Il fut lié avec Balzac, Benserade, Pélisson, Scudéry et Chapelain, fut protégé par Mazarin, honoré de l'amitié de la reine de Suède Christine, et exerça pendant quelque temps une sorte d'empire parmi les gens de lettres. Mais sa réputation, fondée principalement sur l'affectation de bel esprit, pâlit devant l'influence de Boileau. Caustique, plein de pé-dantisme et de vanité, il se fit de nombreux ennemis : Molière l'immola sous le nom de Vadius dans les Femmes savantes. Ménage avait une connaissance pro-' fonde de la langue italienne, et était membre de l'Académie délia Crusca ; mais il se ferma les portes de l'Académie française par ses attaques contre «ette compagnie. On a de lui : Dictionnaire étymologique ou les Origines de la langue française, Paris, 1650, in-4 (dont la meilleure édition est celle de 1750, 2 vol. in-fol., avec les étymologies de Huet et Ledu-ohat) ; Observations sur la langue française, 1672 et 1676; Origines de la langue italienne, 1669, en italien; Diogène Laërce, grec-latin, avec un ample commentaire, Londres, 1663, in-fol., édition estimée; Mulierum philosopharum hùtoria (à la suite du Diogène Laërce); des poésies latines, françaises et italiennes, 1656et 1687. On a donnéaprès samortuniUe-nagiana, recueil de traits de sa conversation, 1693.
*MEND — 1232 — MEND
*MENAI, étroit bras de mer qui fait communiquer la mer d'Irlande avec le canal St-George et qui sépare l'ile d'Anglesey du comté de Carnarvon, au N.0. du pays de Galles; 23 k. sur 3. Navigable pour les navires peu chargés. Ce bras de mer est traversé par deux magnifiques ponts suspendus, sous lesquels tes navires peuvent passer les voiles déployées : l'un est en pierre, et continue la grande route entre Londres etHolyhead; l'autre en fer et en forme de tube; il continue la voie de fer de Chester et Holyhead. Le 1", œuvre de Telford, a été achevé en 1825; le 2°, œuvre de Stephenson, a été livré au public en 1850.
*MÉNALE (le), Mœnalus mons, montagne de l'Ar-cadie,vers le centre, était consacrée à Pan.C'est sur cette montagne qu'Hercule atteignit la biche aux pieds d'airain.
MÉNAM, fleuve. V. MEÏNAM.
*MËNANDRE, poète comique d'Athènes, né en 342 av. J.-C., mort en 290, avait composé des piè-cesd'ungenre nouveau, qui, au lieu de personnalités, présentaient le tableau des vices et des ridicules, et mérita d'être appelé le prince de la nouvelle comédie. Il servit de modèle à Plaute et surtout à Té-. rence. Il avait fait représenter plus de 100 comédies : il ne nous en reste que quelques fragments, conservés par Athénée, Stobée, Suidas, etc., qui ont été publiés par Leclerc, Amsterdam , 1709, par A. Mei-necke, Berlin, 1823, et par Dûbner dans la collection Didot, avec la trad. lat. de Grotïus. Ils ont été trad. en français par Raoul Rochette daus son Théâtre des Grecs. M. Mai a retrouvé de nouveaux fragments de ce poète (Rome, 1827). On doit à MM. Ditandy, Benoît et G. Guizot de remarquables études sur Ménandre.
*MENANDBE, chef d'une secte de Gnostiques, disciple de Simon le Magicien, se prétendait envoyé de Dieu afin de faire connaître aux hommes le moyen de se rendre invulnérables pour les mauvais Éons.
*MÊNAPIENS. Menapii, peuple de la Gaule (Germanique 2"), entre l'Escaut et la Meuse, avait pour capit. Castellum Menapiorum (auj. Kessel).
MÉNARS-LA-VILLE ou MER. V. MER.
*MBNARS-LE-CHATEAU, vgede France (Loir-et-Cher), à 9 kil. N. E. de Blois; 700 hab. Station sur la Loire. Ch.-l. de marquisat depuis 1677. Beau château, qui appartint à Mme de Pompadour, au duc deBelhme, au duc de Broi-die, au prince de Chimay : ce dernier y forma, en 1832, sous le nom de Prytanêe, un important établissement d'éducation professionnelle, qui est auj. une Ëcole d'agriculture, arts et métiers.
*MENAS (Sextius), affranchidujeunePompée, commandait sa flotte en Sardaigne. II la livra à Octave, puis trahitOctave pourrevenirau parti pompéien, et retourna encore une fois auprès d'Octave. Il périt en combattant les Illyriens.
*MENAT, ch.-l.dec (Puy-de-Dôme),à33kil.N.O. de Riom; 1300 hab.
*MENAY. V. MENAI.
*MENCIUS. F. MESO-TSEU.
*MENCKE (Othon), né à Oldenbourg en 1644, m. en 1707, professa la morale à l'Académie de Leipsick, fonda en 1682 les Actaeruditorum, journal littéraire qui obtint un succès européen, et écrivit quelques ouvrages sur ledroit public— Son fils, J. Burckard M., né à Leipsick en 1674, m. en 1732, remplit la chaire d'histoire dans sa ville natale, fonda une académie pour le perfectionnement de la poésie allemande, et continua les Acta eruditorum de 1707 à 1732. On lui doit le premier Dictionnaire (biographique) des Savants, une curieuse dissertation De Charlalaneria eruditorum, 1715(trad. en français par Durand, La Haye, 1721), et un recueil des Scriptoresrerumsaxo-nicarum, 3 vol. in-fol., 1728-32, etc. — Fréd. Othon M., fils du préo., 1708-54, continua les Acta eruditorum, et publia Bibliotheca virorum militia ac scri-?ptis illustrium, Leips., 1734; HistoriaÂngeli Poli-tiani, 1736; iliscellanea Lipsiensia, 1742-54.
*MENDANA DE NEYRA (Alvaro), navigateur espagnol, partit du Pérou en 15G8,et fit la découverte des
lies Salomon. Dans un voyage qu'il fit avec Quiros, en 1594, dans le Grand-OcéanEquinoxial, ildécou-vrit le groupe d'îles qui porte son nom. Il périt en retournant aux Philippines.
*MENDANA (Archipel de), archipel du Grand-Océan Equinoxial, entre7°50'-10°3'lat. S. etl40M43"long O., découvert par Mendana, se compose de deux groupes : les lies Marquises au S. K. et les îles "Washington au N. O. V. MARQUISES.
*MENDE, Mimale ou Mimaium, ch.-l. du dép. de la Lozère, sur le Lot, à 570 kil. S. de Paris ; 5909 hab. Evêché, trib. de 1» inst; collège, belle cathédrale gothique.Papeterie, sergeseteadis nommés mrges de Mende. — Ville très-ancienne, qui s'est formée autour du tombeau de S. Privât, martyr. Longtemps capitale du Gévaudan. Les évêques en furent seigneurs souverains jusqu'en 1306; une partie,de leurs droits revint alors à la couronne. Mende fut pillée par les Calvinistes en 1579.
*MENDELSSOHN(Mosès), savant israélite,né àDes-sau en 1729, m. à. Berlin en 1786, montra dès sa plus tendre enfance des dispositions extraordinaires. Après avoir reçu les premières leçons de son pèie, qui était écrivain public et maître d'école, il eut le bonheur de faire connaissance de Lessing, qui le dirigea dans ses études et aveclequel il resta lié toute sa vie. Il devint lui-même un des premiers écrivains de l'Allemagne. La plupart de ses écrits traitent de sujets philosophiques; plusieurs roulent sur la religion judaïque. Mendelssohn s'efforça toute sa vie de rapprocher les Juifs et les Chrétiens, et d'élever les premiers à la civilisation des seconds. Parmi ses ouvrages les plus importants, nous citerons : Lettres sur les sentiments, Berlin, 1765; lettre au diacreLavaler, Zurich, 1770 (trad. sous le titre de Lettres juives, 1771); Phœdon ou de l'Immortalité de VâmeeaS dialogues (trad. par J. A. Junker, 1774); Code des lois et des rites juifs, 1778; la Jérusalem, ou Traité sur le pouvoir religieux et le Judaïsme, 1783. Mirabeau a publié un petit écrit intitulé : Mosès Mendelssohn.
*MENDELSSOHN-BARTOLDY (Félix), compositeur, petit-fils du préc, né. à Berlin en 1809, m. à Leipsick en 1847. Il se fit connaître dès son enfance comme pianiste : à 18 ans il étaitun compositeur distingué. Appartenant à une famille opulente, il put suivre ses inspirations; malheureusementlamort interrompit ses travaux. Il a laissé un opéra, les Noces de Gamache (1827), des symphonies, des ouvertures,des quatuors, des oratorios: celui de la Conversion de S. Paul eut le plus grand succès.
*MENDÉRÊ-SOU, nom moderne de l'ano. Simoïs.
*MENDÈS, auj. Achmoun, v. de l'ano. Egypte(Delta), vers le N. O., près de la bouche Hendésienne du Nil, au N. O. deTanis.On y adoraitle dieu.Mandou.
*MENDIANTS (Ordres),ordreS religieux qu ijbnt vœu de pauvreté et vivent d'aumônes. Tels sont les Fran-ciscains,les Dominicains, les Carmes et les Augustins.
*MENDOCE. V. MENDOZA.
*MENDOZA, v.deLaPiata,ch,-l.delà prov. de son nom, au pied des Andes et près d'un grand lac, à 1200 kil. O. de Buénos-Ayres, sur la route de cette ville auPérou; env. 20000hab. Rues larges, canal, ruisseaux d'eau vive; églises assez belles, jolie promenade. Commerce actif, vins renommés. La ville reçut sonnom de son fondateur, Hurtado de Mendoza, fils du vice-roi du Pérou. Elle fut presque détruite en 1860 par un tremblement de terre. — Riv. de la Confédération du Rio-de-la-Plata, naît à60 kil. O. delà v. de Mendoza, coule 380 kil., sa dirige d'abord au N. E., puis au S. E., traverse le lac de Guanacache, et mêle ses eaux au Rio-Colorado.
*MENDOZA (Pierre GONZALES de), dit le Cardinal d'Espagne, né en 1428, m. en 1495, fut successivement archevêque de Séville et de Tolède, reçut la pourpre en 1473. rendit d'importants services à Ferdinand et à Isabelle pendant la guerre contre les Maures de Grenade, et fonda le magnifique Collège de Ste-Croix à Valladolid,et un hôpital à Tolède,
MENÉ — 1233 — MEiW
MENDOZA (Pedro de), riche gentilhomme de Cadix, offrit à Charles-Quint en 1529 d'achever à ses frais la découverte et la conquête du Paraguay, partit dans ce but en 1534 et fonda Buénos-Ayres en 1535; mais, épuisé parles fatigues et manquant de vivres, il mourut en mer en regagnant l'Espagne (1537).
*MENDOZJ (DiegoHURTADO de),néàGrenadeen 1503, m. en 1575. fut tout ensemble guerrier, négociateur, historien, géographe et poète. Il futchargé par Charles-Quint de missions importantes à Venise, à Rome, au concile de Trente, et fut pendant six ans gouverneur de la Toscane, où il déploya une grande rigueur. Il protégea les gens de lettres, et rassembla un grand nombre de manuscrits grecs qu'il céda au roi d'Es-pagnepour la bibliothèque de l'Escurial. On a de lui l'Histoire de la Guerre contre les Mauresde Grenade, Madrid, 1610, in-4, ouvrage remarquable par l'élégance et la concision, et regardé comme le chef-d'œuvre du genre historique en Espagne, des poésies et œuvres diverses, publiées à Madrid. 1610, in-4, et d'autres ouvrages restés inédits. II est l'autejr du roman comique de Lasarillo de formés, attribué à J. de Ortega, et plusieurs fois trad. en franc. (1561, 1801 et 1842). Considéré comme poëte, Mendoza a composé des sonnets et des canzonesdans Iegoût italien; il y réussit assez, mais il a plus de rudesse que Boscan et Garoilaso. Il introduisit en Espagne le genre didactique et semi-satirique de l'épître, créé par Horace, et y porta, avec de la finesse d'esprit, une philoGophie mâle et élevée. MENDOZA (D.) de Santillane. V. SANTILLANE. MÉNÉCÊE, fils de Créon, prince thébain. Lors du siège de Thèbes par Polynice et l'armée argienne, le devin Tirésias prédit que les Thébains seraient vainqueurs si Ménécéeétait sacrifié à Mars. Le père se refusa à ce sacrifice, voulant mourir à sa place; mais Ménécée y consentit et se tua lui-même.
*MÉNÉCRATE, médecin de Syracuse, qui vivait vers 360 av. J.-C., est fameux par son orgueil et sa vanité.IlécrivitàPhilippe,roi deMacédoine :Ménécrate Jupiter à Philippe, salut ; Philippe lui répondit -.Philippe à Ménécrate, santé et bon sens. Le même roi, l'ayantunjour invité, ne lui fit servir que de l'encens, tandis que les autres convives faisaient la meilleure chère. Ménécrate avait écrit plusieurs ouvrages, qui ne nous sont point parvenus. Lucien, dans ses Dialogues, se plaît à rire à ses dépens.
MÉNÉDÈME, philosophe d'Érétrie, né vers la fin
du iv" siècle av. J.-C., éiait d'abord architecte. Etant
venu à Mégare, il y entendit Stilpon et s'adonna à la
philosophie. De retour dans sa patrie, il y ouvrit une
école et acquit tant de réputation qu'il fut élevé aux
j premières charges. Il se laissa mourir de faim quand
; sa patrie eut été soumise au joug d'Antigone. Ce phi-
ï losophe enseignait une logique subtile et n'attribuait
| la vérité absolue qu'aux propositions identiques.
? MÉNÊLAS, roi de Sparte, fils de Plisthène (fils d'A-
| trée) et frère d'Agamemnon, régna sur Sparte après
S Tyndare, dont il avait épousé la fille, la belle Hélène.
I Cette princesse ayant été enlevée par Paris, fils de
| Priam, tousles Grecs s'armèrent pour forcer le ravis
* seur à la lui restituer, et vinrent avec lui mettre le
| siège devant Troie. Ménélas se signala durant le cours
ï de la guerre : il combattit corps à corps le traître Pà-
1 ris et le força à fuir. Après la prise de la ville, Hélène
| lui fut rendue, et il la ramena à.Sparte. Selon une
? tradition, il erra -8 ans avant de pouvoir rentrer dans
| sa patrie. Il m. peu après son retour. Il avait eu d'Hé-
: lène une fille, Hermione, qui épousa Pyrrhus.
j MENELAS,géomètre d'Alexandrie.qui vivait à la fin
" -lu ï" siècle de J.-C, avait composé entre autres ou-
i vrages un traité intitulé Sphériques. On en a perdu
j e texte, mais il en restait une traduction arabe et une
% lutre hébraïque, sur lesquelles on a fait une traduc-
j tion latine, imprimée à Oxford, 1707, avec un ou-
j irage de Théodose sur le même sujet.
4 MÉNÉNIUS AGRIPPA, consui l'an 503 av. J.-C.,
i vainquit les Sabins et obtint le rrles honneurs du
1
petit triomphe dit ovation. Dix ans après, le peuple, irrité contre les patriciens, s'étant retiré sur le mont Sacré, il parvint, dit-on, à ramener les mécontents en leur racontant la fable si connue des Membres et de l'Estomac : il fit accorder au peuple, pour prix de sa soumission, la création de deux tribuns. Cet homme de bien mourut si pauvre qu'il fallut que l'État fit les frais de ses funérailles.
*MÉNEPHTAH, vrai nom des rois Égyptiens connus sous le nom d'Aménophis. V. ce nom.
*MÈNES, 1" roiet fondateur de l'empire des Égyptiens, était sorti deThis. Il fit bâtir Memphis, ville qui rappelle son nom, et détourna le cours du Nil près de cette ville par une chaussée de 100 stades de large pour le faire passer entre les montagnes. On le fait régner vers 2450 av. J.-C.
MÉNESTRIER (Cl. François), savant jésuite, né à Lyon en 1631, m: à Paris eiil705,professa les humanités et la rhétorique dans plusieurs collèges de son ordre. Ses principaux ouvrages sont : la Nouv. méthode raisonnée du blason, souvent imprimée; De la Chevalerie ancienne et moderne, 1683; Des tournois, joutes et autres spectacles publics, 1669; l'Art des Emblèmes, 1683; Hisl. du règne de Louis le Grand par les médailles, emblèmes, devises, jetons, etc., 1693. MENGS (Ant. Raphaël), le Raphaël de l'Allemagne, né en 1728, à Aussig (Bohême), m. à Rome en 1779, eut pour mattre son père Ismaël Mengs, peintre du roi de Pologne, et montra dès son enfance les plus rares dispositions pour la peinture. En 1746 il fut nommé 1er peintre du roi de Bohême, en 1754 professeur à l'Académie de peinture fondée au Capitule par le pape Benoît XIV, en 1761 1er peintre du roi d'Espagne, et fut proclamé en 1769 prince de l'Académie de St-Luc à Florence. Il se lia étroitement à Rome avec le chevalier d Azara, ambassadeur d'Espagne. Parmi ses principaux tableaux on cite : une Madeleine, un Cupidon aiguisant une flèche, et un grand tableau de l'Ascension, à Dresde; Apollon sur le Parnasse, à Rome : cet ouvrage passe pour son chef-d'œuvre. On place au second rang différents tableaux de la Passion, la Naissance de l'Aurore, l'Apothéose d'Hercule,k Madrid,enfin une Ste Famille, au Louvre. Mengs avait fait une étude approfondie des compositions des grands maîtres : il tendit à réunir l'expression de Raphaël,le coloris du Titien, et le clair-obscur du Corrège. On a de lui des Considérations sur la beauté et Iegoût en peinture. Ses OEu-vres,en italien, ont été publ. par Azara, avec sa biographie, Parme, 1780, elles ont été trad. en français, " par H. Jansen, Paris, 1786.
*MENG-TSEU, philosophe chinois, nommé par no3 missionnaires Mencius, né vers400 av. J.-C,dans la ville de Tseou, m. à 84 ans, suivit les leçons deTseu-ssé,petit-fils de Confucius,et fut regardé comme le 1" des philosophes de sa nation après Confucius. Longtemps il se contenta d'étudier les Kings ou de commenter et de mettre en ordre ces livres saerésjil voulut enfin écrire lui-même afin d'éclairer et d'améliorer ses semblables. Son plusbeau titre est un traité de morale qui porte son nom, le Meng-tseu, et que l'on joint à ceux de Cdnfucius. Il y parle aux princes avec une grande hardiesse. Le style est en général fleuri et élégant. Le Meng-tseu a eu en Chine des milliers d'éditions ; il a été traduit en latin par le P. Noël(Prague, 1711),et par Stanislas Julien, 1824-29. G. Pauthier l'a traduit en français, 1841, in-12.
*MÉNIGOUTE, ch.-l. de c (Deux-Sèvres), à 25 kil. S. O. de Parthenav; 850 hab.
*MÉNILMONTANT, anc vge du dép. de la Seine, au N. E., est depuis 1860 compris dans l'enceinte de Paris. Il s'étend sur une côte assez rapide.
*MENIN, Meenen en flamand, v. forte de Belgique (Flandre occid.)., à 11 kil. O. S. O. de Courtray, sur la Lys, qui la sépare de la France; 90U0 hab. Flanelle, siamoises et autres lainages, apprêt de draps, bière renommée; contrebande de tabac. —Cette ville n'était encore qu'un bourg en 1350: le comte Louis de Maie
H. 78
*MENN — 1234 - MENT
l'acheta en 1351. Philippe II, roi d'Espagne, en fit une ville en 1575; elle fut fortifiée en 1578. Les Français la prirent en 1658 et 1667 ; fortifiée en 1685 par Vau-ban, elle devint une des plus fortes places dé Flandre; les alliés nous l'enlevèrent en 1706, et le traité d'U-trecht la donna à l'Autriche en 1713. Louis XV la reprit en 1744, et en rasa les fortifications. Les Français y entrèrent encore en 1792 et 1794. Rendue en 1814, elle fut annexée à la Belgique.
<s>*MENIN (de l'espagnol menino, petit, mignon), nom donné en Espagne aux jeunes nobles destinés a être les compagnons des enfants de la famille royale; et, enFrance.àchacun dessix gentilshommes qui étaient attachés à la personne du Dauphin : on les appelait aussi gentilshommes de la manche.</s> V. [[Menin (titre)]].
*MÉNINSKI (François) ,orientaliste,né en Lorraine en 1623, m. à Vienne en 1698, fut longtemps interprète du gouvt polonais à Constantinople, et passa, en la même qualité, au service de l'Autriche, 1661. On a de lui : Thésaurus linguarum orientalium (dictionnaire arabe. persan et turc), avec une trad. latine, 3vol. in-fol., Vienne, 1680; ouvrage qui fut refondu parordre de l'impératrice Marie-Thérèse(4 v. in-fol., Vienne, 1780-1802), et réimprimé à Bonn, 1853. Ce Thésaurus sert encore de base à l'étude des langues orientales, surtout pour le turc.
*MEN'INX, dite aussi Girba et île des Lotophages, auj. Zertii, île de la Méditerranée, près de la côte N. E. de l'anc Numidie, dans la Petite-Syrte, produisait beaucoup de lotos.
*MENIPPE, philosophe cynique et poète, natif de Gadara en Phétiicie, s'établit à Thèbes, y amassa par l'usure des biens considérables, selon Diogène-Laêrce, et se pendit de désespoir parce qu'il avait été volé. Lucien, dans ses Dialogues, le représente au contraire comme méprisant les biens que le vulgaire estime le plus. Ménippe avait composé 13 livres de satires en prose mêlée de vers, dans lesquelles il alliait à la plus haute morale une piquante gaieté; elles ne nous sont point parvenues. V. l'art, suivant.
*MÉNIPPÉE (Satire), célèbre pamphlet politique écrit du temps de la Ligue, moitié en vers, moitié en prose, àl'exemple des satires de Ménippe, et publie peu de temps après la mort de Henri III, dévoilait les intentions perfides de la cour d'Espagne contre la France, et l'ambition coupable des Guises. Cette satire se divise en deux parties: la 1", intitulée Catho-Ucon d'Espagne, et écrite par Pierre Leroy, flétrit ceux qui se laissaient corrompre par l'or de Philippe II: elle parut en 1593; la 2°, publiée l'année suivante sous le titre d'Abrégé des Étals delà Ligue, fut l'ouvrage LU conseiller Gillot, du savant P. Pithou et des deux poètes Raptn et Passerat: c'est une critique ingénieuse de ce qui se passa aux Etats généraux de 1593. La Satire Ménippiie. grossie de nombre de pièces analogues, aété réimprimée parLeduchat (1730), parNouier (1824), et par Labitte, avec un commentaire estimé (1841 et 1856). — Varron, chez les Latins, avait écrit des Satires ménippées.
*MENNETOU-SUll-CUER,ch.-l.-dec.(Loir-et-Cher), à 13 kil. S. E. de Romorantin; 800 hab.
*MENNQN, appelé Simonin (ftts de Simon), sectaire, né en 1505 à Witmaarsum en Frise, m. eu 1561, est le fondateur de la secte des Mennonites. D'abord prêtre catholique, il se sépara de l'Église en 1537 pour «mbrasser les erreurs des Anabaptistes en ce qui concerne le baptême. Proscrit par Charles-Quinl en 1540, il mena une vie errante et agitée qui ne ralentit point son zèle : il fit un grand nombre de prosélytes. Ses OEuvres ont été publiées à Amsterdam, en 1651.
*MENNONITES ou BAPTISTES,disciples de Mennon. Issus des Anabaptistes, ils en désavouent les crimes, ce qui leur a fait donner le nom d'Anabaptistes pacifiques. Ils ne reconnaissent aucune autorité en matière de croyance, et se contentent de l'interprétation individuelle de la Bible. Ils n'administrent le baptême qu'aux adultes. On en trouve encore en Hol-ltndt enPrusse, en Russie, en Alsace et en Lorraine;
ils sont surtout nombreux dans les contrées méridionales des Etats-Unis.
*MÊNOCHIUS (Jean Et.), savant jésuite, né.en 1576 àPavie, m. en 1655, était fils de Jacq. Ménoihius,célèbre jurisconsulte de Pavie'(1532-1607). Ilfutlongtemps chargé d'expliquer les Saintes Écritures au collège de Milan et devint provincial de Milan, puis de Venise, et enfin assistant du supérieur général. On a de lui des commentaires estimés sur la Bible, sous le titre d'Expositîo sensus litteralis tolius Scriptural, Cologne, 1630, et Paris, 1719,2 vol.-in-fol. ; De Republica flt&raorttm.Par., 1648-52,2 vol. in-fol.; De OEconomia chrislianaj Venise, 1656.
*MÉNGT (Michel), prédicateur de l'ordre des Cor-deliers, né vers 1450, m. à Paris en 1518 ou 1519, vécut sous Louis XI, Charles VIII, Louis Xllet François I. Comme Milliard,il affectionnait le genre macaron ique, mélange.de mauvais latin et de français ( V. HAIELARO) , et remplissait ses sermons de bouffonneries : ilfut cependant surnommé de son temps la Langue d'or. Ses serajonsont été publiés sous le titre deSermones quadragesimales, Paris, 1519 et 1525.
*MENOU, législateur indien. V. MANOU.
*MENOU (J.François, baron de), général.fran-çais, né en 1750 en Touraine,d'une famille ancienne, était maréchal de camp au moment delà Révolution. Député aux États généraux en 1789 par la noblesse de Touraine, il se réunit au tiers état,, fit partie duco-mi té de la guerre. fit adopter plusieurs mesures énergiques pour la défense du pays,et pressa la réunion du comtat Venaissin à. la France:Après la clôture de là session, il commanda en second le camp formé près de Paris (1792), fut ensuite envoyé en Vendée, mais s'y fit battre et fut rappelé. Au 2 prairial an III (mai 1795),-il marcha contre les insurgés et sauva la Convention ; mais il montra moins S énergie au 13 vendémiaire an IV: traduit pour ce fait devant un conseil de guerre, ilfut sauvé par Bonaparte.'Il fit partie de l'expédition d'Egypte,et fut, après là mort de Kléber (1800), chargé du commandement an chef de l'armée ; mais il montrapeu de capacité dahs ce poste important : Use laissa battre près d'Alexandrie par le général anglais Aberoromby (21 mars 1801), et fut obligé de repasser en France. Pour plaire aux Musulmans, il avait embrassé l'Islamisme et même épousé une musulmane. Après son retour, Bonaparte le nomma gouverneur du Piémont, puis de Venise; il mourut dans cette ville en,' 1810,
*MENOUP, l'anc Momemphis, v.de Basse-Egypte, ch.-l.d'une prov. demêmenûm, à 55 kil. N.-N. O. du Caire ; 4000 n. — La prov., entre celles de Garbieh, deKélyoubet de Bahireh, a 95 k. sur 26, et 230 000 hab. Sol fertile, coupé de nombreux canaux.
*MÉNOVGAT, Aspendus, v. de la Turquie d'Asie (Séleikek), à 24 kiLN. O. de Sélefkeh, à-l'emb. du Ménovgal (l'ancien Bêlas).
*MENS, ch.-l. de c (Isère), à 42 kil. S. de Grenoble; 1900 hab. Consistoire, école calviniste.
*MENSONGE (Champ du). V. LUGENFELI.
*MENTANA, vge du territ. romain, où les volontaires de Garibaldi furent défaits par les troupes pontificales et françaises (3 novembre 1867).
*MENTECH, Myndus, v. d'Anatolie. à 12 kil. N. de Bodroun, donne son nom à un sandjak qui est formé en grande partie de la Carie et de la Lycie anciennes, et qui a pour ch.-lieu. Moglah.
*MENTELLE(Edme), géographe, né àParisenl730, m. en 1815, fut professeur à l'École militaire (1760), puis aux Ecoles-centrales, et fut membre de l'Institot dès sa fondation. On a de lui: Géographie comparée, 1778, 7 vol. in-8 (ouvrage resté incomplet); Cours complet de Cosmographie, de Chronologie, de Géographie et d'Histoire, 1801; Atlas, universel, avec Chamaire. il a en outre coopéré à la rédaction de la Géographie universelle de Malte-Brun. Voy. ce nom.
*MENTON, v. de France (Alpes-Maritimes), ch.-l. de cant. de l'arr. de Nice, près du golfe:de Gênes,
*MENZ — 1235 —• MERG
?at à 8 kil. N. E. de Monaco ; 5000 h. Ville industrieuse et commerçante. Petit port. Culture de l'oranger, du citronnier. Essences, huile de senteur. - On dérive le nom de Menton, par corruption, de Memoria Othonis, nom qui aurait été donné à ce lieu en mémoire d'une bataille qu'Othon y gagna sur Vitellius. Cette ville appartenait aux princes de Monaco depuis 1346; elle se rendit indépendante en 1848, et fut réunie à la France avec Roquebrune, en 1861. par traité avec le prince de Monaco.
*MENTOR , ami d'Ulysse, à qui ce prince confia le soin de sa maison et l'éducation de son fils pendant qu'il était au siège de Troie, est célèbre par sa sagesse. Selon la Fable, Minerve avjit pris sa figure pour instruire le fils d'Ulysse; cette tradition a été adoptée par Fénelon dans son Télémaque.
*MENTOR, ciseleur grec du siècle de Périclès, excellait dans l'art de sculpter le bronze, l'argent et l'or. Parmi ses chefs-d'œuvre Pline cite 4 vases placés dans le temple de Diane à Éphèse et au Capitole. Ses ouvrages devinrent très-rares, et montèrent par suile à un prix exorbitant.
*MENTOR, de Rhodes, frère de Memnon, commandait lesGrecssoudoyés par Artaxerce-Ochus, roi de Perse. MENTSCHIKOFF. Voyez MENZIKOFF. MENTZER (J. FISCHART, dit), c.-à-d. de Mayence, le Rabelais de l'Allemagne, né vers 1550, m. en 1614, s'adonna au genre burlesque et satirique. On connaît de lui plus de 37 ouvrages, prose ou vers, où l'on trouve, avec des plaisanteries grossières, des traits d'un haut comique. Il a donné une traduction libre du Gargantua. Ses OEuvres ont été rééditées à Leip-sick en 1854 par Weller.
*MENUTHIAS, nom donné par les anciens à une lie de la mer Erythrée, qui est probablement l'île Comore. On a cru aussi que c'était Zanzibar ou même Madagascar.
*MENZALÈH, grand lac de la Basse-Egypte, à 50
kil. O. de Damiette, communique avec la Méditer
ranée par trois embouchures; 80 kil. sur 30. Beau
coup de poissons; plusieurs îles; eau salée qui de
vient douce lors de l'inondation du Nil. — Sur un de
ses bords se trouve une ville de Menzaleh qui a 2000 h.
*MENZIK.OEF (Alexandre Danilovitch), 1" ministre
et favori du czar Pierre le Grand, né près de Moscou
en 1670, était fils d'un paysan et fut d'abord garçon
pâtissier. Il plut au prince par sa physionomie' et
par la vivacité de ses reparties, et fut formé par lui
aux affaires et aux armes. En 1704 il fut élevé au
grade de général-major, décoré du titre de prince,
et nommé gouverneur de l'Ingrie. En 1706, il défit les
Suédois près de Kalicz; en 1709, il eut la plus grande
part à la victoire de Pultawa. Après la mort de Pierre
le Grand, il fit reconnaître impératrice Catherine,
: son épouse,et conserva sous elle touteson influence.
; A l'avènement de Pierre II, il fut nommé tuteur
l du jeune empereur et lui fiança sa fille; mais,
; ayani v:ulu tenir ce prince sous une rigoureuse tu-
| telle, et s'étant d'ailleurs rendu odieux par ses vio-
ï lences et ses exactions, il fut subitement disgracié
ï (1727) : Pierre II l'exila à Bérézof sous un des plus
ï durs climats de la Sibérie. Il y mourut en 1729,
i après avoir supporté l'adversité a«ec un rare cou-
| rage. — Son (letit-fils, le prince Alex. Menzikoff-
j (1789-1869), fut général, amiral et aide de camp de
; j'emp. Nicolas. Ambassadeur en Turquie en 1853,
ï il montra une hauteur et des exigences qui ame-
j aèrent la guerre d'Orient, commanda l'armée russe
j en Crimée, fut battu à Aima et à Inkermann, et or-
î ganisa la lnn^rue résistance de Sébastopol.
| MENZINI (Benoît), poète florentin, né en 1646,
| de parents pnuvres, mort en 1704, embrassa l'éat J ecclésiastique; se rendit à Rome, où il fut accueilli j par la reine Christine de Suède, qui l'admit dans | son acadénre. On a de lui des odes, des poésies f anaeréoniiqups, ries sonnets, des élégies, ries hym-| nés sacrées, des fables, des satires, et un Art poétique, qui est un des meilleurs ouvrages de la langue
italienne. Ses OEuvres complètes ont paru à Nice en 1783.
*MÉON (D. Mart.), un des conservateurs de la Bibliothèque royale, né en 1748 à St-Nicolas(Meurthe), mort en 1829, s'est livré à d'intéressantes recherches sur le moyen âge, et a publié : Blasons et poésies des xve etxvr" siècles, Paris, 1807; Fabliaux et contes des poètes français du xi" au xv siècle, 1808 (déjà publiés par Barbazan); le Roman de la Rose, 1813; Nouveau recueil de fabliaux, 1823-24; iè Roman du Renard, avec glossaire, 1825.
*MÉONIE, nom donné par les poètes à la Lydie, est tiré de celui de Méon, le plus ancien roi du pays.
— On donne les noms de Vieillard de Méonie-, de
Poète de Méonie, à Homère, que l'on croyait natif de '
ce pays. — On nommait aussi les Muses Méonides,
à cause du culte qu'on leur rendait en Méonie.
*MÉOTIDE (PALUS-), Mœolis Palus, auj. merd'J.-iov, golfe qui terminait au N. le Pont-Euxin, communiquait avec cette mer par le Bosphore Cimmé-rien. Il tirait son nom des Mèoles, peuple scythe, qui s'était établi sur ses bords.
*MÉQUINENZA, Octogesa, v. d'Espagne (Saragosse), à 100 kil. S. E. de Saragosse, au confluent de l'Ebre et de la Sègre; 1500 h. Château fortsur une hauteur.
— Prise par les Français en 1810.
*MEQULNEZ, v. du Maroc (Fez), à 52 k. O. S. O.
de Fez; env. 60 000 h. Elle est défendue par un triple mur, flanqué de tours. Palais de l'empereur (qui y réside une partie de l'année). — Fondée vers 940. MER ou MENARS-LA-VILLE, ch.-I. de cant. (Loir-et-Cher), à 19 kil. N. E. de Blois. Église calviniste; 3878 hab. Station du chemin de fer de Bordeaux. Tanneries; vins, vinaigre. Patrie du ministre protestant Jurieu. Cette ville faisait partie du marquisat de Ménars, érigé en 1677.
*MÉRAN, v. des États autrichiens (Tyrol), à 20 k. N. O. de Botzen ou Bolzano, sur la r. g. de l'Adige, qui offre près de là une belle cascade; 2800 hab. Ane. capitale du duché de Méranie.
*MÉRANIE (duché de), anc État de l'empire d'Allemagne, dans le Tyrol, recevait son nom de la ville de Méran, qui en était la capitale. Les seigneurs de Méranie possédaient la plus grande partie du Tyrol et même de l'Istrie, mais comme vassaux de la Bavière. A la chute de Henri le Lion (1180), dont ils étaient vassaux, 'leurs-possessions furent déclarées fiefs immédiats de l'empire. La maison de Méranie s'éteignit dans les mâles ries 1248 par la mort d'Othon II, et ses possessions furent divisées entre la maison de Chàlon, celle de Goerz, la Bavière,Venise, etc. Les Méran étaient la ligne p incipale de la maison d'An-dechs ou Zœhringen. — V. AGNES DE MERANIE.
*MÊRAT (F. Victor),savant médecin,né à Paris en 1780, m. en 1851, était membre de l'Académie de médecine. On lui doit une Flore des environs de Paris, 1812; des Éléments de Botanique, 1822; et un Dictionnaire. universel de matière médicale (avec De Lens), 7 vol. in-8, 1829-46, ouvrage capital.
*MERCATOR (Isidore), cénobite du viue s., à qui l'on a longtemps attribué un recueil de fausses Décrétâtes, apporté d'Espagne en France vers 811 par Riculfe.archevêque de Mayence, lequel paraît être le véritable auteur de la fabrication de ces Décrétâtes.
*MERCATOR (Gérard), géographe, né à Rupelmonde
en 1512, m. à Duisbourgen 1594, fut honoré de l'es
time de Charles-Quint qui l'attacha à sa maison, et
eut le titre de cosmographe du duc de Juliers. On a
de lui : Chronologia ajnundi exordio, ex eclipsibus,
obsenalionibus,etc.,Cologne, 1568,in-f.; Tabula: geo-
graphicœ ad mentem Ptolemsei restitulœ et emen-
data;, 1578, in-f.; et un Atlas, précédé d'une disser
tation De créations ac fabrica mundi, 159.ïet 1609.
Mercator a donné son nom à la projection employée
dans les cartes marines, où les parallèles coupent les
méridiens à angle droit, et où les uns et les autres
sont des lignes droites : c'est en 1569 qu'il publia la
I™ carte de ce genre. ' ? • .
*
*MERC — 12:
*MERCATOR(Nie), géomètre, dont levrai, nom était Kau/Fmnnn, né vers 1625 dans le Hoistem, m. à Paris en 1687, passa en 1660 en Angleterre, où il fut élu memure de la Société royale de Londres, puis vint se fixer en France, où il fut employé, à cause île ses connaissances dans l'hydraulique, à l'êtablis-sementdes fontaines de Versailles. On a de lui : Cos-mographia,sive Descriptio cœli et terrm, Dantzick, 1651 ; Ratinnes mathematiae, 1653 ; Logarithmo-technia. Lo&dres, 1668-1674.
*MERCENAIRES (Guerre des), guerre terrible que Carthage eut à soutenir en Afrique contre ses troupes mercenaires, qui s'étaient révoltées parce qu'elles n'étaient pas payées. Elle eut lieu pendant l'intervalle de la 1" à la 2°guerre punique (241-38). Mathos et Spendius furent les principaux chefs des rebelles; Amilcar, chargé de les combattre, réussit à enfermer dans un défilé un corps d'insurgés, et les fit tous massacrer à mesure qu'ils en sortaient : de 40 O00 nommes, pas un n'échappa. On nomma cette guerre la Guerre inexpiable, à cause des fureurs auxquelles elle donna lieu de part et d'autre.
*MERCI (Ordre de la) ou DE LA REDEMPTION, ordre religieux institué en 1223 à Barcelone en Espagne, par Pierre de Nolasque, gentilhomme français. pour la rédemption des chrétiens réduits en esclavage par les Infidèles, suivait la règle de S.-Augustin. Les membres prirent le nom de Confrères de la Congré-gationde Noire-Dame de MstJri'cordV.Primitivement, Us étaient généralement des laïques : ce n'est qu'à partir de 1308 qu'ils ont suivi l'usage adopté par les autresordres religieux de se faireordonner prêtres.Le P. Gonzalès y introduisit vers 1600 une réforme, qui fut approuvée par Clément VIII .ceux qui lasuivirent allaient nu-pieds, pratiquaientla retraite, la pauvreté et l'abstinence.
*MERCIE, un des sept royaumes de l'Heptarehie anglo-saxonne, étaitsitué au centrede la Grande-Bretagne, comprenait les comtés actuels de Glocester, Wor-oester, Leicester, Northampton, Bedford, Bucking-ham, Derby, Nottingham, Hereford, Warwick, Chester, Lincom, et avait Lincoln, pourcapitale. Il fut fondé en 584 (le dernier de l'Heptarehie) par Creoda ou Crida, chef angle. — Ses principaux princes furent : Penda (625-.S5) ; Ethelreld, qui réunit àses États le comté de Lincoln (679); Kenred, qui se fit moine à Rome en 709; Offa (757-96), quifutsur lepointde régner sur les sept royaumes; Wiglef,vaincuen824par Kgbert, roi de Wessex. Ce roy. futdétruit eu 918 par Edouard, roi d'Angleterre. — Mercie vient de mark (frontière) ; ce royaume, le plus méridional des trois royaumes angles, en formait en effet la frontière.
*SÏËRCIER (L. Sébastien), écrivain, né à Paris en 1740, m. en 1814, débuta par des héroïdes et pat des pièces de théâtre qui eurent peu de succès; il se mit alors à déclamer contre nos poètes classiques,et composa un Essai sur l'art dramatique, où il recommandait un genre analogue à celui qu'on a depuis nommé romantique. En 1771, il publia l'An 2440, ou Rêve s'il en fut jamais, espèce de roman politique, dans lequel il annonçait des changements qui devaient bientôt se réaliser en partie. Il fit paraître en 1781 le Tahleau de Paris, composition indigebte, qui néanmoins obtint la vogue, grâce à d'excellentes remarques sur les mœurs et à l'indication de réformes utiles; poursuivi pour cet ouvrage, il se réfugia en Suisse, où il l'acheva De retour en France au moment de la Révolution, il rédigea, avec Carra, les Annales patriotiques, journal libéral,mais modéré; fut député à la Convention, puis entra au Conseil des Cinq-<:ents. Il futnommé membre del'Institutetprofesseur d'histoire aux Écoles centrales lors de la création de ces établissements. Mercier avait la maniedu paradoxe; non content d'attaquer Boileau, Corneille, Racine, Voltaire,il voulut encore réfuterlesystèmede Newton, qu'il ne comprenaîtpas; il déclama aussi contre la philosophie et les sciences, ce qui le fit surnommer k Singe de Jean-Jacques, On trouve dans ses écrits
36
*MERC
un néologisme révoltant Outre les ouvrages cités, on a de lui son Théâtre, 4 vol.-in.-8, 1778-8Ï (on y remarque l'Habitant de la Guadeloupe, la Brouette du Vinaigrier, Jean Uennuyer); Néologie ou Foso-bulaire des mots nouveaux ou a renout'eier,180I.
*MERCIER DE ST-LECER (l'abbé Barthélémy), biblio-grapne, né à Lyon en 1734, m. à Paris en 1799, entra chez les Génovéfains, devint bibliothécaire àSte-Geneviève et obtint de LouisXV l'abbaye de St-Léger. Il fut nommé en 1792 membre de la Commission des monuments. On a de lui : Sttppie'ment à l'histoire de l'Imprimerie de Prosptr Marchand, 1775; Lettres au baron de Heiss sur des-éditions rares du xv* siècle, 1783. Il a travaillé aux Mémoires de Trévoux, à l'Année littéraire et au Journal des Savants.
*MERCOEUR, ch.-l. de cant. du dép. de la Corrèze, à 40 kil. S. E. de Tulle-, 1000 h. — Mercœur a donné son nom à une anc maison d'Auvergne qui remonte au x" siècle et dont les biens finirent par passer dans la maison de Bourbon. Confisqué sur le connétable à°, Bourbon, ce domaine fut donné par François I à Antoine, duc de Lorraine, qui avait épousé "Renée de Bourbon (sœur cadette du connétable); il.fut érigé en duché par Charles IX en faveur de Nie, de Lorraine, fils d'Antoine (1569), puis passa dans la maison de Conti.
*MERCOEUR (Phil. fmm. DE LORRAINE, duo de), vaillant capitaine, fils de Nie. de Lorraine, comte de Vaudemont et l" duc de Mercœur, né a Nomény en 1558, épousa Marie, héritière de Sébastien de Luxembourg, due de Penthièvre, et fut nommé en 1582 gouverneur de la Bretagne par Henri III, qui avait épousé sa sœur, Louise de Lorraine. 11 entra dans la Ligue, se déclara le chef des Ligueurs en Bretagne après l'assassinat des Guises (1588), traita directement avec les Espagnols et leur livra le port de Blavet. Il signa une trêve avec Henri IV en 1595, se soumit entièrement en 1598, et maria sa* fille unique au duc de Vendôme, bâtard du roi. En 1601,il alla commander en Hongrie l'armée de Rodolphe. II, at-taqué par les Turcs, et obtint quelques succès. Il mourut pendant son retour, à Nuremberg, en 1602.
*MERCŒUR (Elisa), jeune fille poëte,néeà Nantes en 1809, déploya un talent précoce et, puulia dès 1827, à Nantes, un recueil de Poésies, qui fut bien accueilli; mais, sans fortune, obligée de soutenir sa mère par son travail, elle eut sans cesse à lutter contre !a gêne. Elle vint se fixera Paris en 1828, et y obtint une pension de 1200 fr. ; épuisée par le chagrin et le travail,, elle succomba en 1835 à une maladie de langueur. Ses ÛEuvres complètes ont été publiées en 1843, avec un« Notice mv sa mère. Ses poésies sont pleines de sensibilité et de grâce.
*MERCURE, Mercuriiis, fils de Jupiter et de la nymphe Maia, est le dieu de l'éloquence, du commerce et des voleurs; il remplissait aussi les fonctions de messager des dieux et conduisait les âmes des morts aux enfers. On le fait naître sur le mont Cyllène, en Arcadie. Dès son enfance, il jse_signala par son adresse et ses larcins : il déroba le trident de Neptune, l'épée de Mars, la ceinture de: Vénus; il fut pour ces méfaits exile sur la terre, et réduit, ainsi qu'Apollon, à garder les troupeaux d'Admète. -Il changea l'indiscret Battus en pierre de touche, déroba les troupeaux, les armes et la lyre d'ApollonT et se servit de cette dernière pour endormir Argus, le gardien de la vache Io; il délivra Mars de la prison où Vulcain l'avait enfermé, et enchaîna Prométhée sur le mont Caucase, etc. On le représente sous la figure d'un beau jeune homme, coiffé du pétase, avec des ailes aux épaules et aux talons, et tenant un caducée à la main. Les Grecs donnaient à ce dieu le nom d'Hermès. V. HERMES.
*MERCUREY,vge de France (Saône-et-Loire), à 13 kil. N. O. de Châlon; 700 hab. Bons vins.
*MERCURIALIS (Jérôme), médecin, né à Forli en 1530, mort en 1606, enseigna et exerça soi art à Pa-doue, à Bologne, à Pise, et fut appelé à Vienne par
37 —
MÉRI — 12:
l'empereur Maximilien II, qui, en reconnaissance des soins qu'il en avait reçus, le fit comte palatin. Ses principaux ouvrages sont : De Arte gymnastica,Ve-nise, 1569; De Maculis pestiferis, 1580; De Morbis puerorum, Francf., 1584; De Morbis mulierùm, 1601 ; Medicina praclica, Venise, 1620. Onlui doit une édition estimée à' tlippocrate,Venise, 1588, in-fol.
*MERCY (François, baron de), l'un des grands généraux du XVII° siècle, né à Longwy en Lorraine, entra au service de l'électeur de Bavière, se signala dans les guerres contre les Français, battit le général Rantzau près de Duttiingen, 1643, et reçut de l'empereur en récompense le titre de feld-maréchal; prit Rotliweil, Uerdingen , Fribourg; mais se laissa reprendre cette ville par Condê, après trois jours d'un combat opiniâtre, 1644. Il opéra sa retraite devant Turenne avec une rare habileté, et battit ce grand capitaine à Mergentheim (ou Marienlhal) en 1645; mais, la même année, ilfut vaincu par Condé à Nord-lingue : il mourut de ses blessures le lendemain de la bataille. On grava sur sa tombe cette épitaphe : n Sta, vialor, heroem calcas. »
*MERCY (Florimond, comte de), petit-fils du précédent, né en Lorraine eh 1666, se mit au service de l'empereur l.éopold, devint feld-maréchal en 1704, força les lignes de Pfaffenhofen (1705), mais fut vaincu en Alsace (1709). Il se signala dans les guerres de l'empereur contre les Turcs et contribua aux victoires de Belgrade et de Peterwaradin (1716). Nommé en 1733 commandant en chef de l'armée d'Italie, il réussit en 1734 à occuper Paime, mais il fut tué peu après en attaquant le château de la Croisette, voisin de cette ville.
*MERDRIGNAC, ch -1. de canton (Côtes-du-Nord), à 30 kil, E. de Loudéac ; 2800 hab.
*MÉRÉ (George BROSSIN, chevalier de), d'une ancienne famille du Poitou, né vers 1610, mort en 1685, fit quelques campagnes en qualité de volontaire, puis se consacra tout entier au commerce du beau monde et à la culture des lettres et des sciences. Pascal le consultait sur des questions relatives aux sciences exactes; Ménage et Balzac recherchaient son entretien; Ml'.e d'Aubigné (Mme de Maintenon) le choisit pour guide à son entrée dans le monde. On a de lui : Conversations de M. de Cle'rembault et du chevalier de Miré, 1669; Maximes, Sentences et Réflexions morales et politiques, 1687; Traité de la vraie honnêteté, de l'éloquence et de l'entretien ,1701, et un recueil de Lettres, 1689. Son style était déparé par l'affectation et par la manie de se singulariser. — V. POLTROT et GUÉNARD.
*MÉRÉVILLE, ch.-l. de cant. (Seine-et-Oise), sur la Juine, à 24 kil. S. d'Etampes; 1800 hab. Exploitation de pierre de taille. Joli château dit Folie-Méré-ville; on voit dans le parc une magnifique colonne rostrale en marbre bleu turquin.
*MERGENTHEIM , dite aussi Marienlhal, v. du Wurtemberg (Iaxt), dans l'anc. Franconie, sur la Tauber, à 65 kil. N. O. d'Ellwangen; 2400 h. Eaux minérales. Victoire de Mercy sur Turenne en 1645. Aux environs, château de Neuhaus, jadis résidence des grands maîtres de l'ordre Teutonique.
*MERGUI, v. de l'Inde Transgangétique anglaise, ch.-l. de la prov. de Ténassérim, à l'emb. du Ténas-sérim, à 400 kil. S. O. de Siam. Port sûr et commode. Commerce de perles, d'ivoire, de riz, etc.— Cette ville appartenait aux Siamois; les Birmans la leur enlevèrent en 1759 et la cédèrent aux Anglais en 1824; les Français y ont eu un comptoir.
*MERGUI (archipel), groupe d'îles, situé dans la partie orientale du golfe de Bengale, entre70-14°lat. N., et 94°-96" long. E. Iles principales : Muscos, Tavaï, Ténassérim, du Roi, Domel, St-Matthieu, etc.—Ces lîes faisaient jadis partie de l'Empire birman : elles ont été récemment cédées aux Anglais.
MÉRIADEC (Conan), duc d'Armorique. Y. CONAN.
*MERIADEC (S.), Mereadocus, saint breton, né ';°rs 605, m. en 6(i6, descendait des anciens rois de 1 Ar-
MÉRI
morique,etfutélupar acclamation évêque de Vannes. On le fête le 7 juin.
*MÉRIAN, famille d'artistes allemands, a produit ; Matthieu M., habile graveur, ami de Callot, né à Bâle en 1593, m. en 1650, qui grava la Danse des morts de Bâle (1621), les Icônes biblicx (1626), le Thealrum europxum (1635) ; — Matthieu M., le Jeune, son fils (1621-87), qui le seconda et le continua; — Marie Sibylle M., fille du 1" Mérian, 1647-1717, qui se fit un nom par ses miniatures et par ses dessins de {leurs et d'insectes. On lui doit : les Métamorphoses merveilleuses des chenilles, Nuremberg, 1679; VHistoire des insectes , Amst., 1705-17; les Insectes européens ; les Métamorphoses des insectes de Surinam, 1705, etc. Pour mieux observer la nature, elle avait visité plusieurs contrées de l'Europe et de l'Amérique. Elle laissadeux filles, Hélène et Henriette, qui marchèrent sur ses traces.
*MERIAN (J. Bernard), philosophe, né en 1723, près de Bâle en Suisse, mort à Berlin en 1807, entra dans la carrière ecclésiastique. Il alla en 1750 se fixer à Berlin, où Maupertuis le fit élire membre de l'Académie, et fut nommé en 1770 directeur de la classe des belles lettres de cette Académie; il éta:t en même temps directeur dès études du collège français. Il a inséré dans les Mémoires de l'Académie de Berlin d'excellentes dissertations sur la philosophie spéculative, notamment Sur l'aperception denotre propre existence; Sur l'existence des idéesdans l'âme; Sur le problème de Molyneux; Sur l'action, la puissance et la liberté; Sur le premier principe de Leib-nitz et celui de Locke. Onlui doit une traduction des Essais de Hume , Amst., 1784, et le Système du monde d'après Lambert, Paris, 1784. En générai il combat Leibnitz et Wolff, et se montre favorable à l'empirisme et à la méthode analytique. L'Éloge de Mérian a été prononcé par Fr. Ancillon en 1810.
*MÉRIDA, Emerita Augusta, v. d'Espagne (Estra-madure), sur la Guadiana, à 50 kil. E. de Badajoz; 5000 hab. Superbe pont romain de 66 arches; ancien et vaste château fort. — Fondée par Auguste qui en fit une colonie romaine; ch.-l. delaLusitaniesous les empereurs romains, elle était très-grande et très-riche et comptait, dit-on, 40 000 hab. Aussi a-t-elle de très-belles ruines (arc de triomphe, élevé à Trajan, beau pont romain, de 66 arches ; restes de plusieurs temples, d'un amphithéâtre, etc.). Les Maures la prirent en 715 et ne la perdirent qu'en 1230. Alphonse IX, roi de Léon, s'en rendit alors maître et la donna à l'ordre de St-Jacques. Les Français l'occupèrent en 1811.
*MERIDA, v. du Mexique, ch.-l. de l'Etatd'Yucatan, à 187 kil. N. E. de Campêche et à 950 k. E. S. E. de Mexico; 40 000 hab. Évéché, cour de justice pour les Etats de Chiapa, Tabasco et Yucatan.
*MERIDA, v, du Venezuela, ch.-l. de la prov. de Mérida, sur le Chama, à 360 kil. N. E. de Bogota; 6000 hab. Êvêché, université. — Jadis grande et mieux peuplée, mais détruite en partie par un tremblement de terre en 1812. — La prov. de Mérida fait partie du dép. de Zulia; elle a env. 350 kil. sur 135 et 70 000 hab.
*MÉRINDOL, bourg de France (Vaucluse), à 28 k. S. O. d'Apt; 900 hab. Ce village, qui avait pour habitants des sectaires des anciens Vaudois, fut détruit, en 1545, par le président d'Oppède; il s'est relevé de ses ruines et est encore peuplé de protestants.
*MER1NITES, dynastie arabe qui régna sur l'Afrique septent., principalement dans le royaume de Maroc, tirait son nom de Mérm Abdallah , roi de Fez, de qui elle descendait. Ils renversèrent les Al-mohades, s'emparèrent de Maroc en 1270 et passèrent de là en Espagne. Leur puissance disparut au xve siècle. V. MAROC.
*MÉRION. héros grec, qui conduisit au siège de Troie, avec Idoménée, les vaisseaux des Cretois. 11 avait été un des amants d'Hélène.
*MÉRIONETH, Mervinia, comté d'Angleterre, dans le pavs de Galles, entre ceux de Denbigh au N. E.,
*
*AJERL — 1238 — MERO
de Montgomery àl'E., de Cardigan au S., de Caer-narvon au N. O., et la mer d'Irlande à l'O.: 90 kil. sur 44; 36000 hab. ; ch.-l., Bala ou Dolgelly. Montagnes, sites pittoresques, sol varié; peu d'industrie.
*MÉRITE MILITAIRE (Ordre du), ordre institué par Louis XV en 1759 pour récompenser les services des officiers étrangers employés dans l'armée française, qui, en leur qualité de protestants, ne pouvaient être chevaliers de St-Louis. L'insigne était une croix d'or émaillée à 8 pointes et cantonnée de fleurs de lis; d'un côté, il"y avait une épée en pal avec cette devise : Pro virtute bellica ; de l'autre : ùudovicusXV inslituil. Louis XVIII remit cet ordre en vigueur en 1824; il a disparu en 1830.
*Il existe aussi des ordres du Mérite en Prusse, en Bavière, en Saxe, à Bade, en Wurtemberg et à Rome. Ce dernier, institué en 1847 par le pape Pie IX, a pour insigne une étoile d'or, avec cet exergue : Tir-tuti et Merito; il peut être conféré aux étrangers. Il est plus connu sous le nom d'Ordre de Pie IX.
*MERLE (Jean Toussaint), auteur dramatique , né enl785 à Montpellier, m. en 1852, fut quelque temps attaché à l'administration, mais la quitta pour se livrer tout entier à la littérature, et écrivit pour les journaux et pour les petits théâtres. 11 a fait représenter plus de 120 ouvrages, comédies, drames, vaudevilles, composés le plus souvent avec quelques confrères, et dont plusieurs ont eu la vogue, entre autres le Ci-devant jeune homme, le Savetier et le Financier, le Bourguemestre de Saardam, Préville et Taconnel, et de nombreuses farces dont Jocrisse ou Cadet-Roussel étaient les héros. La plupart de ses pièces prouvent, avec un remarquable esprit d'observation , beaucoup d'invention, d'entente de la scène, et respirent une gaieté franche.
*MERLERAULT (Le), ch.-l. de cant. (Orne), à 24 kil. E. iXArgentan; 1200 h. Bonneterie.
*MERLIN, surnommé Ambrosius, personnage fameux dans les romans de chevalerie, naquit, à ce qu'on croit, au v* siècle, dans les montagnes de la Oalédonie (Ecosse), vécut à la cour du roi Arthur, dont il fut l'ami et le conseiller, et s'éleva tellement au-dessus de ses contemporains par ses connaissances «t son génie, qu'on le considéra comme un magicien >;t un enchanteur. Selon la tradition, il était barde et lut converti au catholicisme par S. Colomban. Il mou-i ut en Bretagne, dans la forêt de Brécheliant, victime d'un charme auquel il ne sut pas se soustraire : d'autres le font mourir dans l'île de Bardsey. On lui attribue un livre de Prophéties écrit originairement an langue celtique, qui a été traduit et commenté dans toutes les langues, notamment en latin par •leoffroy de Monmouth, et en français, dès 1498, par Robert de Borron. Th. Heywood a donné une Vie de Merlin, Londres, 1641- M. Hersart de Villemarqué a publié en 1861 : Hyrdhinn ou l'Enchanteur Merlin, so» histoire, ses œuvres, son influence. Il existe un vieux roman intitulé : Merlin l'Enchanteur, qui a été mis en français moderne par Boulard, Paris, 1797. Edg. Quinet'a donné un roman sous le même titre.
*MERLIN (le.comte), dit Merlin de Douai, jurisconsulte, né en 1754 à Arleux en Cambrésis, m. en 1838, occupait le 1er rang au barreau de Douai en 1789. Nommé député aux Etats généraux, il futun des membres les plus laborieux de l'Assemblée constituante. Il siégea ensuite à la Convention, prit place à la Montagne, vota la mort du roi, et eut une grande part à la loi des suspects, ainsi qu'à l'organisation du Tribunal révolutionnaire (1793). On lui doit la loi sur les successions et le code des délits et des peines, qui a été suivi jusqu'à la promulgation du code pénal (1811). Sous le Directoire, il fut ministre de la Justice (1795), puis delà police générale; il devint lui-zsême un des cinq directeurs après la journée du 18 fructidor(4sept 1797), à laquelle il avait contribué. Néanmoins il eut peu d'influence dans ce Conseil; il en sortit au 30 prairial (18 juin 1799). Après le 18 brumaire, il accepta des fonctions dans la magistra-
ture, et devint procureur général à la Cour de cassation, fonctions qu'il remplit jusqu'en 1815. Exilé à cette époque, il alla se fixer dans les Pays-Bas; une rentra en France qu'en 1830. Il fut membre de l'Académie des sciences morales dés sa fondation. On doit à Merlin de savants ouvrages : Répertoire universel etraisonné de jurisprudence (qui avait commencé à paraître dès 1775 et dont la 4* édition fut publiée en 1812, 17 vol. in-4); Recueil alphabétique des Questions de droit (dont une 13* édita été publiée en 1819-20, 6 vol. m-4). Ua mérité par ses grands travaux d'être sainommèlePapiniènmoderne.le Prince denosjurisconsultes.—-Sonfils, le général ï,ug. Merlin, né à Douai en 1778,.m. en 1854, s'enrôla dès l'âge de 15 ans, fit avec distinction les campagnes de l'Empire et fut fait général en 1813. En 1815, à la 1" nouvelle du retour de Napoléon, il allt,seul avec un aide de campet 2 gendarmes,prendre possession du fort de Vincennes. Laissé sans emploi sous la Restauration , il fut remis en activité en 1830, prit part au siège d'Anvers et fut nommé en 1838 pair de France.
*MERLIN (Ant), dit if. de Xhionville, né à Thion-ville en 1762, m. a Paris en 1833. Avocat à Metz lorsqu'éclatala Révolution, il en adopta les principes avec passion, fut élu représentant de la Moselle à l'Assemblée législative et à la Convention, poursuivit à outrance la royauté, la noblesse et le clergé, fit décréter la confiscation des biens des émigçés, la déportation des prêtres insermentés et prit une grande part à la journée du 10 août. Envoyé en décembre 1792 en mission près de la garnison qui défendait Mayence, il s'y comporta vaillamment, mais sans pouvoir empêcher la reddition de la place (24 juillet 1793); il remplit l'année suivante une mission près de l'armée de Rhin et Moselle et y rendit de grands services. Au 9 thermidor, il prit parti contre Robespierre. S'étant opposé au consulat à vie, il fut laissé dans l'oubli. M. J. Reynâud a publié en 1880 fie et Correspondance d'Ant. Merlin, 1 v. in-S,
*MERLINO COCCAIÔ. V. FOLENGO.
*MERMNADES, 3° dynastie des rois de Lydie, ainsi nommée de Gygès, fils de Mermnas, qui en fut le 1" roi, régna de 708 à 545 av. J.-C. Le dernier prince de cette dynastie fut Crésus. Y. LYDIE.
*MÉRODACH-BALADAN, roi de Babylone, régna après Nabonassar, vers 720 av. J.-C, eut des relations amicales avee Êzéchias, roi de Juda, fut renversé du trône en 709, réussit à s'y rétablir, mais fut chassé définitivement par Sentiachérib en 702.
*MÉRODE (comtesde), illustre famille belgequifait remonter son origine à Ste.Ëlisabeth de Hongrie et dont l'héritière épousa en 1179 Pierre Bérenger, 3° fils de Raimond Bérenger, roi d'Aragon et comte de Barcelone, a joué un grand rôle depuis la révolution de Belgique. Un de ses membres, Frédéric Ghislain de Mérode, après avoir héroïquement combattu les Hollandais dans les rangs du peuple, fut blessé à mort à Berchem en avant d'Anvers (1830). Un monument lui a étéérigé dans la cathédrale de Bruxelles.—Félix, son frère, né à Maestricht en 1791, m..en 1857, membre du gouvernement provisoire en 183&, plusieurs fois ministre, puis sénateur, a été longtemps le chef du parti catholique eu Belgique, et a puissamment contribué à l'établissement du gouvt constitutionnel, ainsi qu'à l'élection du roi Léopold. Il se désista du pouvoir en 1839 pour ne pas signer la cession du Limbourg et du Luxembourg. Le comte F. de Mérode ayait fipousé la fille du marquis de Grammont : un de ses.fils, Charles, né en î 816, s'est établi en France et a i8té élu député au Corps législatif en 1852; un autre, Xavier, né en 1820, d'abord officier belge, est devenu ministre des armes du pape ; enfin, sa fifle a épousé le comte de Montalëmbert.
*MÉROÉ, axq.paysde Chendi, contrée de l'Ethiopie, entre le Nil et l'Astàboras (Atbarah). Les anciens, qui croyaient que ces deux fleuves se réunissaient au S., en faisaient une immense île. Ce pays, qui avait pour oapit. une ville nommée aussi Méroé. fut dès la
*MERR
— 1239 —
MÉRD
plus haute antiquité un Etat puissant : il semble avoir précédé l'Egypte elle-même dans la civilisation et lui avoir donné, avec ses habitants, ses institutions religieuses et politiques. On croit que Thèbes n'était qu'une de ses colonies. Les monuments du Méroé sont aussi nombreux que ceux de l'Egypte et offrent lemême caractère colossal : ce sont comme en Egypte des temples, de vastes tombeaux couverts de sculptures remarquables. — L'empire de Méroé donna probablement des ma! très à quelques partiesde l'Egypte; on pense quela25" dynastie, ou dynastie éthiopienne, était sortie du Méroé; mais il est indubitable que Sé-sostris (Ramsès III) en fit la conquête. Le gouvt du Méroé fut longtemps entièrement théocratiqué : il y avait un roi, mais au-dessus de lui s'élevait le prêtre, qui pouvait le mettre à mort au nom de la divinité. Un certain Ergamène, roi du Méroé au 111e siècle av. J.-C. (du temps de Ptolémée II), opéra une révolution et massacra tous les prêtres dans leur temple.— Méroé,la capitale, située au N. E. de Chendi, probablement près du villageactuel à'Âssour, était remarquable par son commerce, ses monuments, son oracle d'Am-mon et son collège de prêtres. Il en reste de belles ruines. — Le pays de Méroé n'a été exploré par des Européens que dans le dernier siècle. Caillaud, qui a visité cettecontrée de 1819 à 1822,et Hoskins,qui l'explora en 1834, sont ceux à qui l'on doit les renseignements les plus positifs.
*MÉROPE, fille deCypsélus, roi d'Arcadie , épousa
(vers 1190 av. J.-C.) Cresphonte, un des Héraclides,
et roi de Messénie, dont elle eut 3 enfants. Poly-
phonte réussit, à la faveur d'une attaque nocturne, à
tuer l'époux de Mérope et deux de ses fils, et il al
lait la contraindre à l'accepter lui-même pour époux
et à lui donnerla couronne, quand Épytus (autrement
Téléphonte), 3° fils de la reine, élevé en secret par
Cypsélus, reparut et tua l'assassin de son père. Les
malheurs de Mérope ont été plusieurs fois mis sur
la scène, notamment parMaffei, puis par Voltaire,
àquiils ont inspiré un de ses chefs-d'œuvre.
" MÉROVÉE, roi franc, que l'on considère comme le
* 3e de nos rois, était fils ou gendre de Clodion. Il na-
; quit vers 411, vint à Rome dans sa jeunesse afin de
| faire confirmer par Valentinien III la paix qu'Aétius
i avait conclue avec les Francs, et resta depuis l'ami
ï des Romains. D'abord associé au trône par son père,
| il lui succéda en 448 ou 451. II s'unit en 451 au gé-
| néral romain Aétius contre Attila, roi des Huns, et
I remporta sur le roi barbare une victoire sanglante
| dans les Champs Catalauniens. Il m. en 457 et eut
| pour successeur son fils Childéric I. On a donné d'a-
; près lui le nom de Mérovingiens aux roisde la 1" race.
| MEROVEE, fils de Chilpéric I, fut séduit par les char-
; mes de Brunehaut, sa tante,alors captive à Rouen,
| et l'épousa malgré son père (576).Poursuivi parChil-
| péric, à l'instigation de Frédégonde, il se réfugia
j dans une église; mais il tomba peu après entre les
| mains de son père qui l'enferma dans un monastère.
5 Après avoir tenté vainement de se réunir à Brunehaut
| en Austrasie, il se fit tuer pour ne pas tomber entre
j Vs mains de Frédégonde, 577.
1 MÉROVINGIENS, nom donné aux rois de France
« de la 1" race,est tiré de Mérovée , fils de Clodion et
:\ aïeul de Clovis. Pour la série de ces princes, V. FRANCE.
J MERRIMACK., riv. des États-Unis, naît dans le
?1 New-Hampshire, où elle sort des White-Mountains, r§ coule au S., puis au N. E., traverse le Massachussets, -1 et tombe dans ?'•Vtlantiaus à Newbury-Port, après un s cours de 280 kn.
Jj MERRY ou MEDERIC (s.), Medericus, né près d'Au-
j= tun au vu" siècle, entra dans l'ordre de S.-Benolt. :; Elevé, malgré ses refus, à la dignité d'abbé, il quitta '% son couvent par humilité; mais il fut rappelé par les -s instances de ses religieux et des fidèles. Dans sa vieil-3 lesse il voulut visiter le tombeau de S. Denis; mais, ;ï§ surpris à Paris par une maladie, et ne pouvant aller rf| unis loin, il s'arrêta dans une caverne près d'une ™ chapelle de St-Pierre et y mourut. Cette chapelle
est devenue l'église St-Merry, qu'on voit encore à Paris, rue St-Denis. On le fête le 29 août.
*MERSEBOURG,v. des États prussiens (Saxe pruss.), ch.-l. de la régence de son nom,sur lar. g. de la Saaïe à 90 kil. S. S. E. de Magdebourg; 12 000 h., Cathédrale (possédant le plus grand jeu d'orgues de l'Aile-magne et 4 très-belles tours), palais épiscopal, gymnase, institutions de bienfaisance. Poudre, amidon, vinaigre, etc. ; haras royal. Henri l'Oiseleur y battit les Hongrois en 933. Aux env. est Moelsen, fameux parla batailleoù futtué, en 1080, Rodolphe de Rhein-felden, dont on voit le tombeau dans la cathédrale. — La régence de Mersebourg, entre celles de Magdebourg et de Francfort-sur-l'Oder, a 196 kil. sur 106, et env. 700 000 hab. Elle est divisée en 17 cercles. Le sol en est fertile. On y exploite des mines d'argent, fer, cuivre, houille, et de nombreuses carrières.
*MERS-EL-KEBIR (c-à-d. le grand port), Portus Magnus, v. de l'Algérie occid., sur la mer, à 8 kil. N. O. d'Oran, dont elle est le port; 4000 hab. Chà-teaufort. Riches bancs de corail. Prise par les Espagnols en 1506; reprise par les Maures en 1732, occupée par les Français depuis 1830. Poste important.
*MERSEN,v.dél'ante. Austrasie, à26kil.N. O.d'Aix-la-Chapelle, est auj. comprise dans le Limbourg hollandais. Les trois fils de Louis le Débonnaire y conclurent en 847 un traité d'alliance offensive et défen-sive.Par un 2" traité, conclu en 870,Charles le Chauve et Louis le Germanique se partagèrent la Lorraine, qui, par la mort du roi Lothaire le Jeune, devait revenir à Louis II, son frère.
*MERSENNE (le P. Marin), savant minime, né eii 1588, à Oizé dans le Maine, m. à Paris en 1648, fut le condisciple de Descartes au collège de La Flèche, et resta son ami jusqu'à sa mort. Il était lui-même très-versédans les sciences, mais il est surtout connu par ses liaisons avec les principaux savants : fixé à Paris, il entretenait correspondanceaveceux et était leur intermédiaire. Outreplusieurs ouvrages de théologie, on a du P. Mersenne : les Méchaniques de Galilée, trad. de l'italien, Paris, ïë'ik; Harmonie universelle, contenant lathéorie et la pratique de lamu-sique, etc., 1636; la Vérité des sciences, contre tes Sceptiques et les Pyrrhoniens, 1638; Cogitata phy-sico-mathematica, 1644; Universel geometrise mix-txque mathematiese sypnosis, 1644; Novie observa-tiones physico-mathematicas. quibus accessit Aris-tarchusSamius, 1647; Caloptrique, 1652(posthume). Sa Vie a été écrite par le P. Hilarion de Coste, 1649.
*MERSEY.riv. d'Angleterre, se forme dans le comté de Chester de la réunion de l'Etherow et du Goyt, à 6 kil. E. de Stockport, sépare le comté de Chester de celui de Lancastre,reçoit la Tame, l'Irwell et le We-wer et se jette par un vaste estuaire dans la mer d'Irlande, à 4 kil. au-dessous de Liverpool, après un cours de 100 kil. Navigation très-active.
*MERTHYR-TYDVLL, v. d'Angleterre (Glamorgan), dans le pays de Galles, sur le Tari, à 36 kil. N. O. de Cardiff; 64 500hab. Canal, chemin de fer, grandes usines. Ce n'était qu'un petit village avant 1755. Riches mines de houille et de fer, la ville la plus importante du pays pour ces produits; 6000 personnes travaillent à la houille, et 11 000 au fer.
*MÊRU, ch.-l. de c. (Oise),à 26 kil. de Beauvais; 2700 hab. Tabletterie; mégisserie, etc.
*MÉRULA (c-à-d. merle), surnom d'une branche de la famille Cornelia qui a fourni à la république romaine plusieurs magistrats distingués, notamment L. Cornélius Méruia, consull'an 193 av. J.-C, qui battit les Boïensprès de Mutine (Modène); et un autre L. Cornélius Méruia, qui fut nommé consul l'an 87 av. J.-C. en remplacement de Cinna, mais qui, après le retour de Marius, lut obligé de se démettre en faveur de son adversaire, et se donna la mort.
*MERULA (George), en ital. Merlo, l'un des restaurateurs des études en Italie, né vers 1424 à Alexandrie, mort en 1494, vint en 1482 se fixer à Milan sur l'invitation du duc Ludovic Sforce, qui le char-
*MESA — 1240 - MES1
fçea d'écrire l'histoire de cette ville. Il a rendu de grands services aux lettres par ses publications des auteurs anciens, et par ses corrections. On lui doit ia lr# édition de Martial, Venise, 1470-72, des Rei rasticse Scriplores, 1472, et des Come'à'i'esde Haute, 1482, ainsi que des traductions latines d'auteurs grecs, entre autres de Xiphilin. On a de lui : Bel-lum Scodrense, Venise, 1474; Antiquitatis vicecomi-tum mediolanensium libri X, in-fol., etc.
*MERULA (Paul), né à Dordrecht en 1558, mort à Rostock en 1607, voyagea en France, en Italie, en Angleterre, et y visita les principales universités, exerça quelques années la profession d'avocat à La Haye, puis alla à Leyde remplacer Juste-Lipse dans la ihaire d'histoire de cette université, chaire qu'il occupa 15 ans. On a de lui : Cosmographia genera-lis et Geograpk ia partieula'is, Leyde, 1605 ; Urbis Ro-miz delineatio, 1599 ; Histoire ecclésiastique et politique universelle.en hollandais, rédigée par lui jusqu'à l'an 1200, continuée par son fils jusqu'en 1614.
*MERVEILLES (les SEPT) DU MONDE . nom donné par les anciens à des ouvrages admirables d'architecture ou de sculpture, sur l'énumération desquels on n'est nullement d'accord. On nomme communément : I" les jardin? suspendus et les murs de Ba-bylone; 2" les pyramides de l'Egypte; 3° le Phare d Alexandrie; 4" le colosse de Rhodes; 5° le Jupiier Olympien de Phidias; 6" le temple de Diane à Ëphèse; 7*le tombeau de Mausole. V., pour plus de détails, notre Dict. univ. des Sciences.
*MERV1LI.E, ch.-l. de cant. (Nord), à 12 kil. S. E. d'Hazebrouck, sur la r. g. de ia Lys, à sa jonction avec le canal de la Bourre; 3181 liab Toiles, linge de table. velours.
*MERVH.LE (MichelGUYOT de), auteur dramatique, né à Versailles en 1696, m. en 1755, composa des tragédies qui ne purent être représentées, et des comédies qui eurent quelque succès : la meilleure est le Consentement forcé (1738), en prose. S'élant brouillé avec les comédiens, qui ne voulurent plus jouer ses pièces, il tomba dans la misère et mit fin à ses jours. Son Théâtre a été publié en 1766.
*MKRVILLE (FrançoisCAMUS, du), né à Pontoiseen 1783, m. en 1853, étudia d'abord la médecine, puis se fit comédien , et quitta la scène pour se livrer aux lettres. Ses principaux ouvrages sont : la Famille Glinet, ou les Premiers temps de l'a Ligue, en 5 actes et en vers, 1818, comédie dirigée contre l'esprit de parti, qui obtint un très-grand succès (on prétendit que le roi Louis XVIII avait eu part à sa ridaction); l'Homme poli, en 5 act. et en vers, 1850; les Quatre âges, en 5 actes, en vers. 1822. Les comédies de Merville sont presque toujours le développement d'une pensée philosophique : on y Irouve une fidèle et judicieuse observation des mœurs; mais la versification en est faible et négligée. On lui doit en outre quelques romans, dont l'un, les Deux Apprentis, obtint un prix Montyon.
*MERWAN 1, calife Ommiade, avait été secrétaire d'Othman. Il se fit élire à La Mecque en 684, battit Abdallah, son compétiteur, et soumit toute la Syrie. Quoiqu'il eût promis de remettre le califat à Khaled. fils du dernier oalife, il désigna pour successeur son propre fils Abd-el-Mélek; mais la mère de Khaled, qu'n avait épousée, le fit mourir en l'étouffant pen-dantson sommeil,C85.—Merwan II, dernier califeOm-miade d'Orient, petit-fils du préc, se fitjiroclamer en 744 à Harran, et vainquit plusieurs compétiteurs; mais il fut vaincu à son tour et renversé par Aboul-Abbas, chef des Abbassides, 750.
MÉRY (S.). Y. MERRY.
*MER Y-SUR-SEINE, ch.-l. de cant. (Aube), à 19 kil. O. S. O. d'Arcis; 1400 h. Bonneterie. Bataille sanglante livrée le 22 février 1814 aux Prussiens, qui furent repousses; la ville fut-presque incendiée. Quelques-uns placent dans le voisinage de cette ville la grande défaite d'Attila en 451.
ilÉSA (Julie), sœur de l'impératrice Julie Domna,
femme de Septime Sévère, fut mariée à Julras AviV tus, consul en 209, et eut de lui Julie Soœmis, qui fut mère d'Héliogabale, et Julie Mammée,mère d'Alexandre Sévère. Elle fit proclamer Béliogabale empereur à Ëmèse, l'amena à Rome et gouverna quelque temps sous son nom. Elle retarda par de sages conseils la chute de ce prince et lui fit adopter son cousin Alexandre Sévère. Néanmoins, elle fut massacrée avec son petit-fils par lés soldats.
*MESCHACÊBË. V. MISSISSIPI.
*MESCHED ou MECIÎED (c-à-d. tombeau), V de Perse, capit. du Khoraçan persan, à 264 k. N. O. d'Hérat ; 50 000 hab. Beaucoup de mosquées., de me-dressehs, de bazars, etc.; superbes mausolées de l'imam Réza, d'Aroun-al-Rascfiid et de Nadir-Chah. Fabriques de velours et de pelisses. Grand commerce par caravanes. Patrie de l'astronome Nassir-Eddyn. Ferdoucy naquit dans le voisinage. Près de là se voient les ruines de Thous.
*MESCHED-ALI ou IMAM-ALI, Alexondria oullira, v. de la Turquie d'Asie (Irak-Arabi), près d'un bras de l'Euphrate, dans l'eyalet et à 133 kil. S. de Bagdad; 7000 hab. Murs flanqués de tours; tombeau d'Ali (gendre de Mahomet), où se rendent de nombreux pèlerins. On y montre aussi un monument qui passe pour le tombeau d'Ëzéchiel. —Fondée par Alexandre, dont elle porta longtemps le nom; puis capit. d'une principauté arabe sous le nom d'Hirâ; possédée ensuite par des Chrétiens jusqu'en 632, et enfin par les Sarrasins, Prise en 1806 par les Wahabites, que ses habitants parvinrent bientôt à chasser : à cette époque, les richesses qui ornaient le tombeau d'Ali ont été transportées à Imam-Mouça.
*MESCHED-HOSSElN, dite aUSSi IMAM-HUSSEIN et KER-
*BELA , Vologesia ou Bogalasus des anc, v. de la Turquie d'Asie (Bagdad), sur un bras de l'Euphrate, à 98 kil. S. O. de Bagdad; 8000 hab. Tombeau de l'imam Hossein, fils d'Ali, tué en ce lieu tçe tombeau attire un grand concours de pèlerins chyites.
*MESEMBRIA, auj. Wisivri, nom de deux-villes de Thrace, l'une sur le Pont-Euxin, au S.del'Haemus et au N. d'Apollonie; l'autre sur la mer Egée, entre Maronée et le lac de Stentor.
*MESÈNE, contrée d'Asie, située entre le Tigre et l'Euphrate, près de leur confluent, s'étendait aussi depuis les frontières de la Babylonie jusqu'à la mer, C'est auj. l'Iralt-Araby.La Mésène dépenditisuccessi-vement des empires de Ninive, de Babylone, des Perses, des Macédoniens, futquelque temps indépendante après le démembrement de l'empire des Séleucides, puis tomba sous la domination desParthes et des nouveaux rois Perses, et fut enfin englobée dans le califal de Bagdad. On doit à M. Reinaud, de l'Instjtut, un savant Mémoire sur la Mésène et la Kharacène, 1862.
*MÉSENGUY (Philippe), né à Beauvais en 1677, mort en 1763, reçut les ordres mineurs et occupa divers emplois au*collège dit de Beauvais à Paris, où il fut le collaborateur et l'ami de Roilin et de Cof-fin. Ardent janséniste, il fitde l'opposition à la bulle Unigenitus, et fut par suite forcé a quitter son collège. On a de lui : Abrégé de l'Histoire et de la Morale de l'Ancien Testament, 1728; Vies des Saints, 1730; A brégé de VUist. de l'Ane. Test, avecéclaircisèemcnts, 1735-53; Exposition de la Doctrine clirétienrle, 1744; une traduction du Nouveau- Testament (rééditée par S. dé Sacy, 3 vol. in-16, 1858). Ses ouvragés, approuvés de Roilin, ont eu de nombreuses éditions. Son Expos, de la Doctr. chrét. a été mise à l'index.
*MESIE, Uœsia (partie de la Bosnie, de la Servie et de la Bulgarie actuelles), grande région de l'Europe anc, comprise entre la Save et le Danube au N., les monts Scardus, Orbelus, Hsemus au S., le Drin septentrional à l'O., le Post-Euxin à l'Ë., était beaucoup plus large que longue (elle avait env. 900 kil. sur 200). Son nom voulait dire marécage^, et en effet le Danube y formait de très-vastes marais. Ses peuples les plus connus étaient les Mèses, les Dar-danes, les Scordisques, auxquels se mêlaient beau-
*MESM
— 1241 —
AI ESN.
coup de tribus slaves et finnoises. Les anciens ne connaissaient que très-mal cette contrée; ce n'est guère qu'après la 4e guerre de Macédoine (147 av. J.-C), et quand les Romains franchirent le Scardus et l'Orbelus, qu'on connut la Mésie. La conquête commença par la défaite des Scordisques (135 av. J.-C.) ; elle ne fut achevée que sous Auguste. La Mésie fut postérieurement partagée en deux provinces : Mésie supérieure ou 1'°, à l'O., s'étendant du Drin au Ciabros (Zibritz) ; ch.-l. Sardique (cette Mésie fut plus tard comprise dans le diocèse de Dacie); et Mésie inférieure ou 2 e, àl'E., s'étendant du Ciabros au Pont-Euxin; ch.-l. Ma'rcianopolis : celle-ci fut plus tard comprise dans !e diocèse de Thrace.
*MESLAY, ch.-l. de cant. (Mayenne), arr. et à 22 kil. S. E. de Laval; 1136 hab.
*MESLE (Le), ch.-l. de c (Orne), sur la r. dr. de la Sarthe, à 28 kil. E. N. E. d'Alençon; 800 hab.
*MESLIER (Jean), curé d'Êtrépigny en Champagne, né en 1678 dans le Rhételois, mort en 1733. s'est rendu fameux par un testament dans lequel il déclarait qu'il ne croyait point aux dogmes du christianisme, quoiqu'il lés eût enseignés toute sa vie. Ses sentiments sont consignés dans un écrit qui fut trouvé chez lui après sa mort, et dont la l™ partie fut publiée par Voltaire en 1762, sous le titre de Testament de Jean Meslier : c'est une déclamation contre le christianisme. — Quant au Bon sens du curé Meslier, écrit athée, publié en 1772, il est de d'Holbach.
*MESMER (Fr. Ant.), médecin allemand, auteur
de la doctrine du magnétisme animal, né en 1733
à Mersebour-g en Souabe, commença à se faire con
naître en 1766 par une thèse Deplanetarum inflvxu,
où il soutenait l'existence d'un fluide subtil, répandu
I partout, et par l'intermédiaire duquel les corps cé-
| lestes influent sur les corps animés. Peu après il s'é-
| tablit à Vienne et tenta de guérir par le magné-
| tisme minéral en appliquant des aimants sur les
j parties malades; mais bientôt il crut reconnaître
î que la seule application des mains sur le corps pro-
j duisait le même effet que l'aimant : il proclama dès 1 lors l'existence d'un magnétisme propre aux êtres | animés, qu'il nomma magnétisme animal et préten-1 dit avoir trouvé le secret de s'emparer de ce | fluide et de réparer la santé en l'accumulant dans 1 le corps des malades : il publia sa découverte dans J une Lettre à un médecin étranger, Vienne, 1775. î Ayant éprouvé quelques difficultés dans son pays, i il vint à Pans en 1778, annonça d'une manière pom-j peuse sa découverte, et réunit chez lui autour d'un J baquet ou cuve magnétisée un grand nombre de -1 malades : il excita la curiosité universelle, et trouva ^ bon nombre de partisans, auxquels il vendit ehère-3 ment son secre't; il avait refusé de l'abandonner au -; gouvernement français moyennant une rente annuelle | de 20 000 livres. En 1784, une commission de sa-i vants, au nombre desquels figuraient Darcet, Fran-! klin, Bailly, Lavoisier, A. L. de Jussieu, fut chargée : d'examiner la nouvelle doctrine. Les commissaires, ~ par l'organe de Bailly, déclarèrent que Mesmer pro-5 duisait des effets surprenants, mais ils les attribuèrent à l'imagination ou à l'imitation : toutefois un ^_ des membres de la commission, Jussieu, ne partagea ^ pas l'opinion de ses confrères, et fit à part un rap-li port plus favorable. A la suite de ce jugement, Mes-2 mer quitta la France; il passa quelque temps en An--ï gleterre, puis retourna en Allemagne, et mourut ï obscurément dans son pays natal en 1815. Mesmer jj a été considéré par ses enthousiastes comme un bien-\ faiteur de l'humanité; d'autres l'ont traité d'impos--- teur : s'il est vrai qu'il eut trop souvent recours au = charlatanisme et qu'il se montra fort avide, on ne _ peut cependant contester l'importance de quelques-.. uns des faits sur lesquels il appela l'attention. Seu-r lement, personne ne croit plus à l'échafaudage sys--| tématique dont il l'entourait. On a de lui : Mémoire = sur ladécouverledumagnétismeanimal, Paris, 1779;
Précis historique des faits relatifs au magnét isme,' 1781; Mémoire de Mesmer sur ses découvertes, 179P; Mesmerismus, Berlin, 1815 (en allemand). M. Bersot a donné en 1853 Mesmer et le Magnétisme animal.
*MESMES (J. J. de). seigneur de Roïssy, né en 1490 d'une ancienne famille du Béarn, mort en 1559, fut envoyé par Catherine de Foix, reine de Navarre. à l'assemblée de Noyon, pour y revendiquer la par-, tie de la Navarre dont les Espagnols s'étaient emparés, puis fut chargé de négocier le mariage de Jeanne d'Albret avec Ant. de Bourbon, et réussit dans ces deux missions. François I le fit lieutenant civil du Châteletet premier président de Normandie. Henri II l'appela au Conseil d'État. —H. deMesmes, son fils aîné, 1531-96, aussi bon militaire qu'habile politique, reprit plusieurs places aux Espagnols, fut envoyé par Henri II près des Siennois, qui l'élurent podestat (1557-59), négocia en 1570 à St-Germain, avec les Protestants, la paix dite Boiteuse et Mal-Assise, ainsi nommée parce qu'elle fut signée par Biron, qui était boiteux, et par de Mesmes, seigneur de Malassise, et fut choisi pour chancelier par la reine Louise, veuve de Henri III. Érudit distingué, il fut l'ami et le protecteur des Turnèbe, des Lambin, des Pibrac, etc. Il a laissé des Mémoires, publ. en 1760, que Rollin cite dans son Traité des Études (liv. I, ch. n). — Claude de M., comte d'Avaux, petit-fils du précéd., né en 1595, m. en 1650, fut chargé de plusieurs ambassades à Venise, en Danemark, en Suède, à Cologne, etfutl'undes plénipotentiaires aux traités de Munsteret d'Osnabruck (1648); mais, à la veille de conclure le traité, il fut tout à coup disgracié, par les intrigues de son collègue Servien. C'était un des hommes d'État les plus considérés : sa parole valait un serment; il se faisait remarquer par sa dignité, sa politesse, sa pénétration, ainsi que par sa facilité à écrire en allemand, en italien et en latin, aussi bien qu'en français. On a de lui : Mémoires touchant les négociations du traité de paix à Munster, 1674; Lettres'de d'Avaux et de Servien, 1650. — J. Ant. de M., comte d'Avaux et marquis de Givry, petit neveu,du préc, 1640-1709, fut ambassadeur extraordinaireàVenise,plénipotentiaire à Nimègue, où il négocia la paix, puis ambassadeur en Hollande, en Angleterre, en Suède, et prépara la paix de Ryswick. On a publié ses Lettres et ses Négociations en Hollande, 1752-53. — J. Antoine de M., 1681-1723, 1" président au parlement de Paris, défendit d'abord les droits du duc du Maine, bâtard de Louis XIV, à la régence, mais les abandonna bientôt, ce qui le fit accuser de s'être laissé gagner par Philippe d'Orléans. Néanmoins, il ne craignit pas d'adresser à ce prince, devenu régent, de sages remontrances au nom du parlement, notamment à l'occasion du système de Law et de la nomination de Dubois à l'archevêché de Cambrai; ce qui le fit exiler. Il était de l'Académie française.
*MESMIN (S.), Maximinus, 2e abbé de Mici, près d'Orléans. On le fête le 15 décembre.
*MESNAGER(Nic,LEBAiLLiF, surn.LE), diplomate, né à Rouen en 1658,'m. en 1714, fut employé par Louis XIV dans plusieurs négociations ; rédigea à Londres, en 1711, les articles qui servirent de base à la paix générale, et signa en 1713, avec le maréchal d'Uxelles et l'abbé de Polignac. la paix d'Otrecht, a laquelle il avait eu la plus grande part.
*MESNARD (L.Ch. B., comte de), né à Luçon en 1769, d'une ancienne famille du Poitou, m. en 1842, s'est signalé par son dévouement aux Bourbons. 11 émigraen 1792, prit part à l'expédition de l'Ile-Dieu, s'attacha dans l'exil au duc de Berry, qui, à son retour en France, le nomma son aide de camp et son premier écuyer; le suivit à Gand en 1815 etse trouva près de mi quand il.fut assassiné (1820). Il fut nommé en 1823 pair de France. En 1830, il accompagna la duchesse de Berry en Angleterre ; il revint avec elle en France en 1832, prit part à la tentative de soulèvement de la Vendée etfut arrêté avec la princesse à
*MESS — 12
Nantes; il la suivit en Italie après sa sortie de Blaye. 11 a laissé des Souvenirs, publiés en 1844.
*MESNIL-SUR-L ESTRÉE (Le), vge du dép. de l'Eure, à 35 kil. N. N. E. d'Ëvreux;600b. Papeterie.
*MESNIL ST-FIRMIN (le), bgdu dép. de l'Oise,à 10 k. E. de Breteuil; 300 h. Institut agricole, orphelinat.
*MÉSOPOTAMIE, Mesopolamia (ç,-à-d. entre les fleuves), auj. l'Aldjézireh,moins lelivah de Diarbé-feir; contréedel'Asieanc, entrel'Euphrate à l'O. et le Tigre à l'E., était bornée au N. par les monts Masius et l'Arménie, au S. par la Babylonie et la Chaldée, et se divisait en il. supérieure, au N., s'étendant du Mygdonius jusqu'au Tigre, et en SI. inférieure, dite aussi ArabiaTranseuphratensis,a.u S.del'Euphrate. Dans la I™, qui était fertile et peuplée, on distinguait la Syrie des Rivières (s'étendant de l'Euphrate jusqu'au Chaboras), et la Mygdonie (du Chaboras au Tigre); on y comptait, entre autres villes, Nisibis, E-desse, HaranouCarrhes, Amid. La 2°, en grande partie stérile et presque déserte, était parcourue par des Arabes nomades et pillards; ville princip., Cunaxa.— La Mésopotamie ne semble pas avoir été une division officielle en usage chez les Orientaux. Au iv° siècle, il y eut dans l'empire romain une Mésopotamie, prov. du diocèse d'Orient (ch.-L, Amid), mais qui ne comprenait que le N. O. de la Mésopotamie supérieurs : le N. E. de cette même Mésopotamie formait l'Osroêne (ch.-l., Édesse); la Mésopotamie inférieure était possédée par des hordes arabes ou relevait des Sassanides. — La Mésopotamie n'a pas d'histoire propre. Ce pays figure fréquemment dans la Bible : c'est làqu'étaient nés Nachor, Tharé, et plusieurs autres patriarches. Elle fut successivement soumise aux rois d'Assyrie, de Babylone,de Perse,de Macédoine, aux Séleucides, aux Parthes, enfin aux Romains. Lucullus et Pompée en commencèrent la conquête ; mais ce pays fut sans cesse disputé par les Parthes, et les empereurs finirent par y renoncer, acceptant l'Euphrate pour limite à leurs États d'Orient.
*MESSALA, branche de la famille romaine Valeria qui a fourni a la république plusieurs personnages «insulaires, eut pour chef M. Valérius, consul en 262 0.v. J.C., qui prit Messana (Messine), d'où son surnom. " MESSALA (M. VALEBIUS CORVINUS) ,orateur, suivit d'abord le parti de Brutus, et fut proscrit par les triumvirs l'an 43 av. J.-C; mais, aprèsla bataille de Phi-lippes, voyant le parti républicain anéanti, il s'attacha à Octave, qui le prit pour collègue dans le consulat (31 av. J.-C), le chargea de réduire l'Aquitaine (27) et le créa préfet de Rome (26). Messala cultivait les lettres; il avait composé des Declamationes, dont Quintttien fait l'éloge ; il fut le protecteur et l'ami de TLbulle. Quoiqu'il n'ait vécu que 70 ans, ilavait perdu antièrement la mémoire deux ans avant sa mort.
*MESS ALINE (VALERIE), impératrice romaine, fameuse par ses débauches, était issue de la noble famille des Messala et était arrière-petite-fille d'Octavie, sœur d'Auguste. Epouse de l'empereur Claude, dont elle eut Octavie et Britannicus, et sur lequel elle exerça longtemps un empire absolu, elle souilla le trôné en doiinant l'exemple de l'adultère et en s'a-bandonnantàlaluxure la plus effrénée : elle aUajus-qu'àépouser publiquement, et du vivant deson époux, le jeune Silius, qu'elle aimait éperdument. Claude, à cette nouvelle, la fit mettre à mort avec ses comj plices (48). A l'impudicité, Messaline joignait l'avarice et la cruauté f elle sacrifia à sa jalousie et à ses vengeances Julie, fille de Germanicus, Valérius Asia-ticus, Poppée,mère de l'impératrice de ce nom, Ap-piusSilanus, et plusieurs autres Romains distingués.
*HESSALINE (STATILIE), petite-fille du consul Statilius Taurus,se signala aussi par ses galanteries; elle n'en jlut pas moins àNéron, qui l'épousa en 65. Elle survécut à ce prince, et passa le reste de sa vie dans le commerce des lettres.
*MESSANE, Messana, d'abord Zanclé, anç. v. de Sicile, à l'extrémité N. E., est auj. Messine.
*MESSAPEE, Messapia, auj. Terre d'Olrante, con-
(.2 — MESS
trée de l'Italie anc, au. S. E., sur la mer Adriatique, entre l'Italie et l'Iapygie, faisait partie de la Grande- • Grèce et avait pour habitants, au N. les Peucètes, au S. les Calabres et les.Messapes proprement dits. Achérontie, Sturnes, Matéoles, en étaient les villes' principales. Les colonies grecques de Briniçs et Ta-rente, géographiquement contenues dans cette province, en étaient indépendantes. — La Mossapie fut comprise sous Augustédans la 2e région 4e l'Italie.
-MESSÉNE.àuj. ifatirpmafijV.duPéloponÊ'sejCapit. * de ,1a Messénie, vers le centre, au S. du mont Ithome. près et à l'O. du Pamise, futfottdée ou plutôt relevée par Épaminondas l'an 370 av. J..-C., ap'ès la victoire de Leuctres. Surprise par le tyran Nabis, elfe fut sauvée par Philopémen (202). Messène était la plus grande ville du Pélopônèse : onpeut suivre encore sa vaste enceinte sur une étendue del6kiL Ruines nombreuses. Les Éléens et les Achéens, alliés des Romains, battirent près de là Philippe V, de Macédoine.
*MESSÉNIE, Stessenia, contrée du Pôloponése, bornée au N; par la Triphylie et l'Areadie, a l'E. par la Laconie,'au S. et â l'O. par la mer, était unédes plus pittoresques et des plus fertiles de la Grèce. Elle avait env. 67 kil.sur53, était traversée par la chaîne de l'Ithome, et arrosée par le Pamisus et laNéda ; v. princip. : Pylos(Navarin), Méthone (Modon), Corone (Coron), Messène (Màvromati), Stényclaros (Nisi), Ira. Occupée anciennement par les Héràçlides, la Messénie, formait un .petit royaume qui,. au retour de*s Héràçlides, échut à Crèsphonte (1190 av. J.-C), lequel s'établit à Stényclaros. Son fils Epytus fit donner le nom à'Épytides à toute la dyntastie. La Messénie eut à soutenir, contre Sparte 3 guerres terribles. La 1™ commença en 744 av. J.-C. : elle dura 19 ans et finit par la prise d'Ithomel Malgré le dévouement d'Aristôdème, qui, pour obéir à un oracle, sacrifia sa propre fille,.les Messéniens durent se soumettre : le vainqueur leur imposa l'obligation délivrer chaque année la moitié de leurs récoltes. La 2° guerre eut lieu de 684 à 668. Les Messéniens reprirent les armes à l'instigation d'Aristo-mène et furent d'abord vainqueurs- Les Spartiates consultèrent alors l'oracle de Delphes, qui leur en-joignitde demander un général aux Athéniens; ceux-ci, par dérision, leur envoyèrent un poëte Jboiteux, Tyrtée ; mais bientôt les chants du poëte réussirent à ranimer leur courage et à ramener la victoire dans-leurs rangs. Vaincus en bataille rangée parla trahison d'Aristocrate, roi d'Arcadie, les Messéniens, se renfermèrent dans la citadelle d'Ira, où ils se défendirent pendant 11 ans. A la suite de cette guerre, ils furent tous réduits en esclavage. Ils se révoltèrent de nouveau l'an 465 av. J.-C, à la suite d'ua tremblement de -terre qui avait ruiné Sparte; mais, après avoir résisté 9 ans dans la forteresse du mont Ithome, ils se virent encore forcés de se soumettre (457) : cette fois on les laissa sortir librement du Pélopônèse ; les Athéniens leur donnèrent asila dans Naupacte. In.370 av. J.-C, Epaminondas vainqueur des Lacédémoniens à Leuctres, rappela les Messéniens et les remit en possession de leurs terres. Plus tard, ils entrèrent; dans la Ligue achéejme; mais ils s'en séparèrent bientôt (F. MNOCRATE). Ils passèrent avec le reste de la Grèce sous la âomina-tion romaine.— Une partie des Messéniens épargnés par les vainqueurs après la 2° guerre avait trouvé un refuge en Sicile, où ils agrandirent Zanclé, qu'ils nommèrent Messine. — Dans le roy. actuel de. Grèce, on a donné le nom de Messénie àl'une des Nomarchieï ou gouvts ; ch.-L, Calamata.
*MESSENIE (Golfe de), auj. golfe de Calamata, dans la Méditerranée, sur la côte méridionale du Pélopônèse, entre la Messénie et la Lacpnie, s'étendait du promontoire Acritas au promontoire Ténare.
*MESSEY, ch.-l. de cant. (Orne), à 17 kil. N. de-Domfront; 1520 hab.
*MESSIE (de l'hébreu meschiah, oint), ejt grec Chrislos, le Christ, l'Oint du Seigneur. SousJK» nom
*MESS - 1S
• pris en général, les Israélites désignaient le roi prédit yar les prophètes, qui devait les délivrer de la domination étrangère et leur donner l'empire sur le monde entier. Jésus étant venu accomplir ces promesses en sauvant le genre humain, le nom de Messie ne désigne plus chez les Chrétiens que le Sauveur. Toutefois les Juifs refusent à Jésus le caractère de Messie, et attendent encore le divin libérateur. — Les Mahométans attendent aussi une espèce de Messie, qu'ils nomment le Mahdi. Y. ce mot.
*MESSIER (Ch.), astronome, né en 1730 à Badon-viller en Lorraine, mort à Paris en 1817, occupa longtemps des fonctions secondaires chez le géographe Delisle, fut ensuite nommé commis au dépôt de la marine, et parvint à se faire une réputation européenne par son habileté à observer : il a découvert plusieurs comètes et a bien décrit les taches du soleil. Il entra à l'Académie en 1770. Lalande donna en son honneur le nom de Messier à une constellation entre Cassiopée, Céphée et la Girafe.
*MESSIN (Pays), Metensis pagus, territoire de Metz.
*MESSINE, appelée primitivement Zanclé (c-à-d. faulx, à cause de la forme de la ville), puis Slessana, v. forte et port de Sicile, ch.-l. d'intendance, à la pointe N. E. de l'île, en face de la côte de l'Italie (dont elle n'est séparée que par le détroit dit Phare de Messine), à 200 kil. E. de Païenne; 104 000 h. Archevêque et archimandrite; trib. d'appel; consulats. Vastes fortifications, citadelle, arsenal ; port superbe. Monuments remarquables : le Smatorio ou hôtel de ville, le palais archiépiscopal, la cathédrale, le grand hôpital; beau quai, promenade dite le Corso, phare célèbre qui donne son nom au détroit. Facultés de sciences, lettres, droit et médecine; collège royal, séminaire, 4 bibliothèques; école de navigation. Lesenv. de Messine sont très-beaux et très-fertiles ; on y élève beaucoup de vers à soie. Commerce assez actif en soie écrue, citrons, blé, huile, vins, corail. — Messine fut fondée, sous le nom de Zanclé, par une colonie de Cumes; ensuite vinrent des Messéniens fugitifs après la 2e guerre de Messénie (667 av. J.-C); ils augmentèrent la ville et l'appelèrent Messana. Anaxilas, tyran de Rhégium, la prit en 495 av. J.-C. Deux siècles après, Messine, prise par les Mamertins, devint le repaire de ces brigands. Hiéron II ayant résolu de les détruire avec l'aide des Carthaginois, ils se donnèrent à Rome ; ce qui amena en 264 av. J. C. la 1" guerre punique et l'assujettissement de la Sicile aux Romains. Messine était très-attachée au préteur Verres ; c'est là que fut crucifié Gavius. Dans les temps modernes. cette ville soutint un long siège contre Charles d'Anjou après le massacre des Vêpres siciliennes (1282); en 1674 elle fut assiégée par les Espagnols : le duc de Vivonne et Du-quesne la délivrèrent. Elle fut ravagée en 1743 par la peste, et en 1783 par un tremblement de terre. Insurgée en 1848, elle fut aussitôt bombardée. C'est la dernière place que le roi François II ait conservée en Sicile : la citadelle ne se rendit que le 13 mars 1861, quoique la ville fût occupée depuis le 28 août 1860. — L'intendance de Messine a la Méditerranée au N., le Phare à l'E., l'intend. de Catane au S., celle de Palerme àl'O.: 135 kil. sur 39; 360 000hab.
*MESSINE (Détroit de), dit aussi Phare de Messine, jadisSiculum fretum, détroit situé entre la Sicile et l'Italie, unit la mer Tyrrhénienne et la mer Ionienne et doit son nom à un phare célèbre qui y existe depuis longtemps; sa largeur varie de 3 à 7000 mètres. Le flux et le reflux s'y font notablement sentir 4 fois par jour, et le courant y est très-rapide ; ce qui en rend la navigation dangereuse. De là la fable de Cha-rybde et de Scylla. Auj. l'on redoute beaucoup moins cette traversée. — On a proposé dans ces derniers temps de relier la Sicile au continent par un pont gigantesque qui serait jeté sur le détroit, ou par un tunnel qui passerait par-dessous.
*MESSINES , v. de Belgique (Flandre occid.), à 9 kil. S. d'Ypres ; 1500 hab. Maison royale d'éducation
3 — META.
our les filles de militaires belges, établie dans 1er âtiments d'une anc abbaye de Bénédictuis. -MESSIS (Quentin), peintre. V. METZYS.
*MESTRE, v. de Vénétie, à 9 kil. O. de Venise, au milieu d'un marécage, sur le chemin de fer de Venise à Vérone; 6500 h. Viaduc de 222 arches, long de 3600", construit de 1841 à 1845.
*MÉSUÉ (JEAN) , en arabe Ayia ben-Masouiah médecin arabe, néàKhouz, près de l'antique Nimve, mort vers 855, à près de 80 ans, était un chrétien nestorien. Il fut successivement attaché à la per- ? sonne du calife Haroun-ai-Raschid et à celle d'Al-Mamoum, qui le chargèrent de traduire et de faire traduire beaucoup d'ouvrages du grec et du syriaque, Outre ces traductions, il a composé plusieurs traités de médecine, fort estimés des Orientaux : une Pharmacopée, un livre d'i.na(omi'e, des traités sur les fièvres, les aliments, les catarrhes, les bains, etc. Parmi les traductions latines de ses œuvres, on cite celles de Venise, 1471, 1550 et 1602.
*MESURADO, riv. de la Guinée sept., sort du pays des Mandingues, coule au S. O., et tombe dans l'Océan au N. E. du cap Mesurado. — Ce cap est situé sur la côte des Graines, par. 6° 20' lat. N., 13° long. O. C'est près de là qu'a été établie la colonie américaine de Noirs, dite Libéria.
*MESURATA ou MESRATAE , t. de l'État de Tripoli, à 17 kil. E.de Tri poli, près de la Méditerranée. Commerce avec l'intérieur de l'Afrique et avec l'Egypte.
*MESVRES , ch.-l. de cant. (Saône-et-Loire), à 15 kil. S. d'Autun; 1200 hab.
*METABUS, père de Camille et fondateur de Mé-taponte. F. CAMILLE et METAPONTE.
*MÉTAGITNION, 1" mois de l'année athénienne, dans lequel on célébrait en, l'honneur d'Apollon les Metagitnies, fêtes ainsi appelées de meta, indiquant un changement, et geitnia, voisinage, parce que c'était à cette époque qu'on faisait les déménagements.
*MÉTAPHRASTE (siBÉON. le), hagiographe, né à Constantinople au xa siècle, fut successivement protosecrétaire de l'empereur Léon, grand logothète, puis maître du palais. Il a recueilli un grand nombre de vies de saints, restées jusqu'alors éparses dans les ' archives des églises et des monastères; mais son recueil ne jouit pas d'une grande autorité, parce que l'auteur a, d'un côté, accueilli sans discernement les fables les plus ridicules, et, de l'autre, supprimé des faits authentiques, rapportés par les contemporains. Un moine grec nommé Agapius en a fait un extrait sous ce titre : Liber dictus Paradisus, seu Illus-trium sanctorum vitx, ex Simeone Metaphraste, Venise, 1541, in-4. Les principales Vies de Méta-phraste, au nombre de 122, ont été insérées en grec et en latin dans les Acta sanctorum des Bollandistes. On a en outre, sous le nom de cet auteur, des Annales, qui vont de 813 à 963 ; elles ont été publiées par Combéfis, avec trad. lat., et par Imm. Bekker, dans la Byzantine de Bonn, 1838.
*MÉTAPONTE, Metapus, Melapontum, auj. Torre di Mare, v. et port de l'Italie anc, sur la côte orient. de la Lucanie, près des embouch. du Bradane et du Casuente, avait été, disait-on, fondée par Nestor ou par Épéus, mais plus probablement par Métabus, fils de Sisyphe, dont elle prit le nom. Détruite au VI" s. av. J.-C. par lesSamnites, elle fut repeuplée par des habitants de Sybaris, qui y envoyèrent une colonie. C'était une ville puissante et riche ; elle fut pendant un temps indépendante, et s'illustra par l'hospitalité qu'elle accorda à Pythagore, qui y fonda son institut et y mourut. Elle fut prise par les Romains 270 ans av. J.-C. ; elle se déclara pour Annibal en 215, mais fut reconquise en 207. Saccagée par Spartacus en 76 av. J.-C, puis relevée par les Romains, elle fut définitivement détruite par les Maures. On eu voit encore une église dite de Samson, d'où l'on «tiré de belles terres cuites; sur une éminence voisine, qui était probablement l'Acropole de la ville, on voit en outre 15 colonnes d'un temple antique.
MÉTE — 1244 - A1ÉTH
MÉTASTASE (Pierre Bonaventure TBAPASSI, dit), l'un des plus grands poètes de l'Italie, né à Rome en 1698 d'une famille jauvre, mort à Vienne en 1782, eut pour protecteur le célèbre jurisconsulte Gravina, qui, après avoir changé son nom de Trapassi en ;e-lui de Métastase, lequel n'en est. que la traduction grecque, le fit instruire avec le plus grand soin dans les lettres grecques et latines, et lui légua sa fortune (1718). Il avait composé une tragédie dès l'âge de_14 ans, mais il ne commença à se faire apprécier qu'en 1724, par sa tragédie lyrique de Didone abbandonata (musiquede Sarti), qui fut représentée à Napleset qui exc'taun enthousiasme universel. En 1730 ilse rendit à Vienne sur l'invitation de l'empereur Charles VI, qui lui donna le titre de poeia cesareo, avec une pension de 2000 florins. Là il fit paraître successivement le Giuseppe riconosciuto, le Vemofonte, la Clemenza di Tito, et l'Ott'mpi'ode, que toute l'Italie surnomma la Divine. La mort de Charles VI, son protecteur, et les guerres qui en furent la suite, interrompirent ses travaux dramatiques, et il ne fit plus guère que des poésies légères. Ses œuvres poétiques consistent en 63 tragédies lyriques et opéras de divers genres, 12 oratorios, 48 cantates, une foule d'élégies, idylles, sonnets. Parmi ses ouvrages en prose, on remarque les Analyses des Poétiques d'Aristote et d'Horace, des Observations surle théâtre grec, et une intéressante Correspondance. Métastase a le génie fécond, l'imagination vive, la sensibilité délicate; sa diction est d'une pureté parfaite, d'une grâce et d'une élégance soutenues, ce qui l'a fait surnommer le Racine de l'Italie; ii a surtout une douceur ravissante dans les vers destinés au chant; mais ses pièces ne sont pas en général fortement conçues et elles pèchent par la monotonie; ses caractères manquent de vigueur. Les éditions les plus estimées de ses Œuwes sont celles de Turin, 1757, 14 vol. in-4; de Paris, 1780. 12 vol. grand in-8; de Gênes, 1802, 6 vol. in-8; Florence, 1819-23, 16 v. gr. in-8. Richeleta traduit 34 de ses pièces, 1751-61,12 vol.
*MÉTAURE (le), Metaurus, auj.Jfelauro, riv. de l'Italie anc (Ombrie), passait à Forum Sempronii et se jetait dans l'Adriatique près et au S. O. de Fanum Fortunée. Sur ses bords eut lieu en 207 av. J.-C. une célèbre bataille où Asdrubal, frère d'Aunibal, fut défait et tué par Clauclius Néro et Livius Salinàtor. — Le Métaure a donné son nom à un dép. du roy. français d'Italie qui avait pour ch.-l. Aucune; il estauj. réparti entre les provinces d'Urbin et d'Ancône.
*MÉTELIN, Lesbos, île de la Turquie d'Asie, dans l'Archipel, a pour capit. Mételin, l'anc Mitylène, située sur la côle orientale; 6000 h. Archevêché grec. Patriedes frères Barberousse. V. LESBOS et MITYLENE.
*METELIS, nom ancien de Rosette, v. d'Egypte.
*MÉTELLUS (Les), branche de l'illustre famille ro-mainedes Caîcilius, fournit depuis l'an 283 av. J.-C. un grand nombre de généraux distingués, àqui leurs exploits méritèrent les surnoms de Macédonique, Baléarique, Numidique, Dalmatique et Créligue. Dans l'espace de 250 années elle obtint 29 consulats, 17 censures, 2 dictatures, 4 grands pontificats.— L. Caecilius Métellus, consul en 251 av. J.-C, battit les Carthaginois à l'anorme, leur prit 120 éléphants et obtint le triomphe. Il perdit la vue en sauvant le Palladium au milieu d'un incendie. — Q. Caee. Métellus Macedonicus, préteur en 148 av. J.-C, battit Andris-cus, dernier prétendant au trône de Macédoine, et réd uisit ce royaume en province romaine ( 147). La même année, il vainquit les Achéensà ScarphéeetàChé-ronée, et s'empara de plusieurs villes importantes de la Grèce. Il fut dans la suite consul, puis censeur, parvint à une extrême vieillesse, et vit ses quatre fils élevés au consulat. — Q. Cœeilius Métellus Nutr.di-cus, consul en 109 av. J.-C, fut chargé de diriger la guerre contre Jugurtha, qui jusque-là n'avait pu être vaincu; il remporiasurlui de grands avantages et prit Cirta, sa capitale; mais, au moment où il allait mettre fin à la guerre en s'emparant de sa personns, il J
fut supplanté par Manus, son lieutenant. Néanmoins/ il obtint le triomphe et garda le surnom de Numidique. II fut dans la suite exilé par les intrigués de Mari us et de Saturninus, et ne put revenir à Rome qu'après la défaite de leur parti, en 99 av. J.-C. Plutarque avait écrit sa Vie; cet ouvrage s'est perdu. -*• Q. Cœ-cilius Métellus, filsdupréc, mérita le surnom de Pius par les efforts qu'il fit pour faire rappeler son père de l'exil. Pendant la Guerre Sociale, il battit le général samnite Pompédius Silo. Consul l'an 81 av. J.-C, il alla en Espasne combattre Sertorîus, dont il balança quelque temps la fortune. — Q. Cséc Métellus, consul en 69 av. J.-C., soumit les Cretois en 66, et prit de là le surnom de Creliùus. — 0. Casa Métellus Pius Scipio, petit-fils de Scipion Nasica, l'adversaire des Gracques, fut adopté par Q. Cœci-lius Métellus Pius, et prit le nom de sa nouvelle famille. Créé consul l'an 52 av. J.-C, il suivit le parti de Pompée, qui avait épousé sa fille Cornélie, passa en Afrique après la bataille de Pharsale, réunit ses efforts à ceux de Caton et de Juba, et rassembla une armée avec laquelle il livra bataille à César près de Thapsus (46) : battu complètement, il se perça de son épée pour ne pas être livré au vainqueur.
*MÉTEMPSYCOSE, transmigration des âmes. T.sur cette doctrine notre Dict. univ. des Sciences^
*MÉTEZEAU, famille d'architectes qui a produit plusieurs artistes distingués aux xvi° et XVII* s. Le plus illustre est Clément M., habile ingénieur, qui conçut et exécuta la fameuse digue de La Rochelle, 1627-28, lors du siège de cette ville par Richelieu. C'est pour lui qu'on fit ces vers si glorieux :
Dicitur Archimedes ttrram potuisse movere : Mquora qui potuil sisiere nun minor est.
*MÉTHODIQUES ou METHODISTES, secte de médecins grecs, opposée à celle des Empiriques. V. EHASIS-
*TRATE, THËMISON et CCELIPS AURELIANUS.
*MÉTHODISTES, secte protestante fondée à Oxford en 1720 par, John et Charles "VVesîey, tire son nom de la vie régulière que s'imposaient ses adeptes, qui prétendaient observer ponctuellement les préceptes de l'Evangile. J. Wesley s'adjoignit en 1735 George Whitefield, et leurs prédications attirèrent bientôt des milliers d'auditeurs. Les adeptes se réunissaient matin et soir, et souvent en plein air,
E
our prier ; quelques-uns se livraient dans ces4assem-lées à des élans que les enthousiastes prenaient pour de l'inspiration. Les Méthodistes forment deus; branches : les adhérents de Wesley, qui s'interdjsent le jeu, les spectacles, les bals, les parures, les liqueurs et le tabac, et qui, pour le dogme, ont adopté les doctrines d'Arminius; ceux de Wliitejield, qui ne sont guère que des Calvinistes purs. Les Méthodistes sont fort répandus en Angleterre et dans les colonies anglaises ainsi qu'aux Etats-Unis. Us se distinguent généralement par la pureté de leurs mœurs; ils ont beaucoupcontribuéàl'amélioration morale du peuple. MÉTHODIUS (S.), surnommé Eubulius, successivement évêque d'Olympe, de Patare, de Tyr, fut exilé parles intrigues des Ariens, et subit le martyre vers 312. 11 avait composé des Commentaires de la Genèse, un Traité du libre arbitre, un Po'éme de 10 000 vers contre Porphyre, etcj il ne nous reste deses ouvrages que le dialogue intitulé : leFeslindesVierges, Paris, 1657, in-f., avec trad. latine, et quelques fragments recueillis par le P.- Combéfis à la suite des Œuvres d'Amphilochus. On le fête le 18 sept.
*METHODIUS(S.), moine et peintreduix"siècle,néà Thessalonique, se trouvait a Constantinople en 853, lorsque Bogoris, roi des Bulgares, l'ârpela à Nicopo-lis pour lui faire peindre une salle de festin. Il y représenta le jugement dernier, et produisit un tel effetsur l'âme duroibarbare que celui-ci se convertit et décida toute son armée à embrasser le Cbxistia-nisme. Méthodius alla de concert avec S. Cyrille prêcher l'Evangile aux Moraves et autres peuples'slaves. On le fête le 9 mars. —Un autre Méthodius îurcam-
*
MEïT — 1245 — METZ
mé le Confesseur, contemporain du précéd., fut persécuté par les empereurs Léon l'Arménien, Michel et Théophile comme partisan du culte des images, mais fut protégé par l'impératrice Théodora, qui, en 842, l'éleva sur le siège de Constantinople. Il m. en 846. On a de lui quelques écrits, notamment un Éloge de S. Demjs VAréopagite, Paris, 1562, gr.-lat.
*MÉTHONE, v. de Messénie, auS. 0., estauj. Mo-don;—-v. de Thraee, sur le golfeThermaïque, auN. 0. C'est au siège de cette place que Philippe, roi de Macédoine, perdit un œil (353 av. J.-C). V. ASTER.
MÉTUCEN (John), ambassadeur anglais, fit signer en 1703 au roi de Portugal Pierre II un traité par lequel l'Angleterre, au prix de faibles concessions sur l'importation des vins portugais, s'empara du commerce de ce pays. Ce traité n'a été modifié qu'en 1810. METUYMNA, v. de Lesbos. V. METHYMNE. — M. ASIDONIA, nom latin de Médina Sidonia;—M. CAMPES-TRIS est M. del Campo;—M. CETIA, M. Cœli;—m. SICCA, M.del Rio Secco;—u. TURRIUM, M. de las Torres.
MÉTHYMNE, Methymna, auj. Hollevah, v. de l'Ile deLesbos, sur la côte N., était la patrie d'Arion. Cette ville resta fidèle à Athènes pendant la guerre sociale. METIDJAEI. V. MJTLDJAH.
*METIUS SUFFETIUS ou PUFFETIUS, dictateurd'Albe
sous le règne de Tullus Hostilius, 3" roi de Rome, com
battit d'abord les Romains, puis devint leur allié,
mais les trahit dans un combat contre les Fidénates,
croyant par sa défection assurer leur défaite. Tullus
s'empara de sa personne et le fit écarteler (663).
*METIUS (Jacq.), Hollandais, né à Alkmaer vers
= 1575, passe pour être l'inventeur du télescope par ré-
fraction; il aurait fait cette découverte à Middelbourg
versl609: il la dutau hasard.—Son frère aîné, Adrien
M., 1571-1635, futun géomètreetun astronome dis-
. tingué. On a de lui quelques écrits. On lui attribue
" d'avoir trouvé que le rapport le plus approché du dia-
î mètre à la circonférence est comme 113 était à 355.
1 MÉTOCHITA (Théodore), écrivain grecdu xiv s.,
2910
; grand logothète de Constantinople sous Andronic
I l'Ancien, m. en 1332, a laissé, outre des Commen-
j taires sur Aristote, une Chronique romaine, qui va de
§ César à Constantin, et qui a été publiée grec-latin
j par J. Meursius, Leyde, 1618. Nicéphore Grégoras,
1 son disciple, prononça son oraison funèbre.
| MÉTON, astronome athénien du Ve s. av. J.-C,
j forma, vers l'an 432, uncycle de 19 ans (l'enne'adéeae'-
j tèride), embrassant 235 lunaisons, dans le but de
| faire concorder l'année lunaire avec l'année solaire;
| c'est ce qu'on .nomme aujourd'hui le Nombre d'or.
? MÉTRA, fille d'Êrésichthon. V. ce nom.
| METTERNICH, v. de la prov. prussienne du Rhin,
! à 5 k. 0. de Coblentz; 600 h. Berceau des Metternich.
î METTERNICH (le prince de), homme d'État au-
3 trichien, né en 1773 à Coblentz, d'une grande fa-« mille du pays, qui avait fourni plusieurs électeurs à S Mayence, m. en 1S59, étudia l'histoire à Strasbourg, % sous le célèbre Koch, épousa en 1794 1a petite-fille j du diplomate Kaunitz, remplit au congrèsde Rastadt "1 les fonctions de secrétaire (1797), et s'y fit remar-J quer de l'empereur François II, fut nommé peu après 1 ministre d'Autriche à Dresde, puis à Berlin, et enfin 3 àParis(18U6); sut cacher à Napoléon les intentions '—_ hostiles de son gouvernement jusqu'au moment ? où les Autrichiens lui déclarèrent la guerre (avril " 1809); fut, à son retour à Vienne, élevé au poste s .le chancelier et de président du conseil; conçut, ; après la défaite de l'Autriche à Wagram et le traité \ de Vienne ( oct. 1809), la première idée du ma-2 riage de Napoléon avec l'archiduchesse d'Autriche, = et conduisit Marie-Louise en France; n'en fut pas = moins des premiers à donner à l'Autriche le con-: seil de la défection, signa àTœplilz, le 9 sept. 1813 , -i l'adhésion de cette puissance a la coalition, et re-ï çut en récompense, après la bataille de Leipsick, = le titre de prince ; déploya une grande activité aux 1 conférences qui suivirent cette bataille, mais sans j obtenir de résultat favorable; laissa, après la capitu-
lation de Paris, rétablir les Bourbons sans rien teinter en faveur delà dynastie napoléonienne, présida en 1814 et 1815 le congrès de Vienne, qui régla le sort de l'Europe, représenta l'Autriche à la 2* paix de Paris (1815), ainsi qu'aux congrès d'Aix-la-Chapelle (1818), deCarlsbad (1819), deTroppau,deLay-bach (1820), de Vérone (1822), et devint en 1826 président du conseil des affaires étrangères. Conservant toute son influence après la mort de l'empereur Fran-çois(1835),il consolida, aux conférences de Prague, l'alliance avec la Prusse et la Russie, et resta tout-puissant jusqu'en 1848. Après le triomphe momentané de la révolution, il donna sa démission et quitta l'Autriche. Il n'y revihtqu'en 1851 et resta depuis étranger aux affaires. Dans le gouvernement intérieur de son pays comme à l'extérieur, Metternich, s'appuyant sur l'alliance de la Russie et de la Prusse, se montra l'ennemi constant de la révolution et des idées libérales, et le partisan du pouvoir absolu et d'une compression à outrance : on l'appelait le grand prévôt de l'Europe. Il possédait des biens immenses, entre autres le domaine de Johannisberg; qui lui avait été donné par l'empereur François en 1816. — Son fils, Hermann de M ,né en 1829°, a représenté l'Autriche près de la France sous Napoléon III.
*METTRAY, bg du dép. d'Indre-et-Loire, à 8 kil. N. de Tours, à 16 k. par chemindefer; 1300 h.Colonie agricole pour les jeunes détenus, fondée en 1839.
*MÉTUALIS, une des tribus fanatiques de la Syrie, habite les environs de Balbek, entre le Liban et l'Anti-Liban. Elle tire son nom de Métual, prince sarrasin, qui contribua puissamment à anéantir dans ces contrées la religion des Perses pour y substituer celle de Mahomet. LesMétualis se sont joints en 1860 aux Druses pour massacrer les Chrétiens.
*METZ, Ditîodurttm, puis Mediomatrices, au moyen âge Mettis ou Netse, ville d'Alsace-Lorraine, ancien chef-lieu du département de la Moselle, au confl. de la Moselle et de la Seille ,,à 316 kil. E. N. E. de Paris par la route, à 392 kil. par chemin de fer; 56 888 hab. Place de guerre de 1" classe; évêché catholique, église consistoriale calviniste, synagogue, avec école rabbinique centrale; collège, école normale primaire, écoles de commerce et de dessin ; école de musique. Académie des lettres et arts, des sciences médicales, jardin botanique, cabinet d'histoire naturelle, conservatoire des arts et métiers, bibliothèque. La ville est grande et assez régulièrement bâtie; on y remarque : une belle cathédrale gothique du xv° siècle, surmontée d'une flèche de 84 mètres et ornée d'admirables vitraux ; l'église St-Vincent, du xiv siècle, avec portail duxvm0 : l'hôpital militaire, vasteconstruction du xvmes. ; l'hôtel de ville, la magnifique promenade de l'Esplanade, les quais, les ponts, le théâtre, le palais de justice; l'arsenal, les casernes, les magasins devivres et de fourrages. Industrie très-active : tissus de fil, laine, coton, crin, velours, soieries; filature, passementerie, chapeaux, fleurs, instruments à vent et à cordes, tanneries, etc.; poudrerie royale, fonderies de fer; pépinière qui expédie en Allemagne et même en Russie. Commerce de fer en barres, tôle, fonte, fer-blanc, boisde construction,liqueurs, grains, vins, huile, etc. Patrie de Fabert, Ancillon, Le Du-chat, Pilatrede Rozier, Custine, Paixhans, Bouchotte, Lacretelle.—Metz était lech.-l. des Mediomatrices.Les Romains l'embellirent, mais Attila la ravagea en 451. Elle devint en 511 la capitale du royaume de Metz, dit plus tard Roy. d'Austrasie. ( V. ce nom). Après Char-lemagne, elle fut comprise dans la Lorraine. En 923, Henri-1l'Oiseleur, empereur d'Allemagne, s'en empara; elle resta jusqu'au xvr* siècle aux successeurs de ce prince. Sesévêques étaient puissants et riches : aussi, à partir de la dynastie des Hohenstaufen furent-ils les véritables souverains de Metz; toufefois ils se reconnaissaient vassaux des empereurs et la ville avait titre de Ville impériale. Metz passa sous la domination française en 1552, et devint alors
*MEUN
— 1246 —?
*MEDR
la capitale d'un gouvt particulier auquel elle donna son nom Charles-Ouint tenta vainement de la reprendre en 1553; le duc de Guise se distingua en cette occasion par sa belle défense. En 1648, le traité de Munster confirma la réunion de cette villeàlaFrance. Siège de Metz par les Prussiens (23 août-27 oct. 1870).
*METZ (Gouvt de), un des 8 petits gouvts de l'anc. France, entre lesgouvtsde Sedan, deChampagne-et-Brie, de Lorraine, d'Alsace, confinait par le N. au duché de Luxembourg et à l'électorat de Trêves, et je composait : l°de la ville et du territoire deïMetz, de l'évêclié de Metz, des 4 prévôtés de Longwy, Ja-metz, Dun et Stenay; 2" du Luxembourg français (ch.-l., Thionville): 3° du duché de Carignan; 4°"du pays de la Sarre (ch.-l., Sarrelouis); on y réunit vers les derniers temps de la monarchie le petit gouvt de Verdun. Ce gouvt est auj. réparti entre le dép. de la Moselle et la prov. prussienne du Rhin.
*METZEUW1SSË, bourg d'Alsace-Lorraine, à 11 k. S. E. de Thionville; 756 hab. Fours à chaux.
*MCTZO (Gabriel), peintre hollandais, né àLeyde en 1615, m. en 1658, a laissé un grand nombre de tableaux, qui sont tous recherchés. Peintre complètement original, moins fini que Gérard Dow, mais plus vrai que Miéris, il se distingue surtout par un meilleur goût de dessin. Nul n'a distribué plus savamment la lumière, et n'a su mieux rendre la perspective aérienne. Il n'excelle pas moins dans les accessoires (vêtements, tapis.meubles.vaissellede choix, orfèvrerie d'or et d'argent, etc.), que dans les figures principales. Le Louvre possède de lui : un Portrait de l'amiral Tromp; le Chimiste lisant près d'une fenêtre; le Marché aux herbes d'Amsterdam, etc.
*METZYS (Quintin), peintre flamand, dit le Maréchal d'Anvers, né à Louvain vers 1450, m. en 1529, était d'abord forgeron. Il quitta ce métier pour étudier la peinture, afin d'obtenir la main d'une jeune fille que son père ne voulait donner qu'à un peintre; l'ayant obtenue, il alla se fixer à Anvers et ne tarda pas à éclipser tous les artistes de la ville : ce qui fit mettre sur son tombeau cette épitaphe:
Connubialis amor de mulcibre fecit Apellem.
Son talent, d'une extrême originalité, se distingue ar ia vérité, le caractère et le fini ; il peignait plus arilimentque l'école de Bruges, et son dessin était plus facile: bien que sa couleur soit fine et harmonieuse, ill'appliquait avec une largeur inconnue avant lui. Son chef-d'œuvre, qu'on voit au musée d'An vers, fut peint en 1508 pour la corporation des menuisiers : c'est un triptyque représentant le Sauveur descendu de croix, le Martyre de S. Jean-Baptiste, et celui de S. J. l'Évangéliste. Le Louvre possède un seul tableau de sa main (un Joaillier pesant des pièces d'or).
*MKUDON, Mi'tiosedum? bg de Seine-et-Oise, à 10 kil. E. N. K. de Versailles, et à 8 k. O. de Paris, au sommet d'un joli coteau, près de la r. g. de la Seine et sur le chemin de fer de Versailles (r. g.);5157 h. Exploitation de craie, verrerie, poterie. Rabelais fut curé de Meurion en 1545. Le cardinal de Lorraine y avait fan construire sous François I" un château, gui a élé détruit en 1804; un autre fut bâti en lii'lô par le Dauphin, fils de Louis XIV, et réparé par Napoléon I". Il est entouré de beaux jardins, dessinés par [,e Kfltre, et environné de bois qui offrent d'agrôab'es promenades. Viaduc du chemin de fer. MKl'LAN, Mrllmtvm, ch.-l.de c (Seine-et-Oise), à 4:i kil. N. O. de Pans par la route. à 40 kil. par le chemin de fer de Rouen: 2000 hab. Cartes à jouer, bonneterie, tanneries; carrières à four et à plâtre; moulins à farine. — Ville tadis forte; réunie à la couronne en 1204; prise par lesAnglaisen 1346, par Du-guesclin en !:t6:t. par leduc'de Bourgogne en 1417; vainement a<siéî-'ée par le duc de Mayenne pendant les trouilles de la Ligue. MKl'LAN (Pauline de). V. GUIZOT (Mme). MEUNG ou MKHUN-SUR-LOIRE, ch.-l. dec (Loiret), sur la T. dr. de la Loire et sur le ch. de fer de Paris à
Bordeaux,à 18M1.S. O .d'Orléans; 4653hab,Foutre, tanneries; vins,far-ines, bestiaux, cuirs, etc. Patrie de Jehan de Meung. — Cette ville s'est formée autour d'une forteresse bâtie par Louis le Gros. Onyremar-que l'église de St-Lïphard, et un château,qui était l'une des résidences des évêques d'Orléans.
*MEUNG (Jehan de), poëte français, surnomméClo-pinel parce qu'il était boiteux, né vers 1260àMeung-sur-Loire, d'une famille noble et aisée, m, à Paris vers 1318, étudiales sciences cultivées de son temps, et réussit surtout dans la poésie: Sur la demande de Philippe le Bel, il entreprit, vers 1280, de continuer le Roman de la Rose de Guillaume de Lorris : ayant supprimé les vers qui forment le dênoûment de ce poëme, il y ajouta plusieurs chants nouveaux, qui ne contiennentpas moins de 18 000 vers. Ses contemporains lui décernèrentle titre de Père de l'Éloquence; cependant son principal mérite paraît être l'ingénuité et la naïveté. Il s'exprimait avec une* grande liberté sur les prêtres et sur les femmes, ce qui lui fit beaucoup d'ennemis. Les meilleures édit. du Romo» de toiJose.aveo la Continuation de J. de Meung.sont celle de Marot, 1527, de Lenglet-Dufresnoy, 1735, et celle de Méon, 1814, 4 V. in-8. On a encore de Jehan de Meung quelques autres poèmes moins importants : le Trésor ou les Sept articles de foi, impr. avecses Proverbes dorezetsesRemontrancesauroi, Pans,1503; les LoysdesTrespasses,liSl-8k;hSliroird'àlch,ymie; la Vie et les Épîtresde Pierre d'Âbaylard et d'Méloîse; le Codicile et Testament du poëte.
*MEURS, ifœrs, v. des États prussiens (prov. Rhénane), à 50 k. S. E. de Dusseldorf; 3000 h. Jadis ch.-l. de principauté. Ses fortifications furent raséesen 1764. Sous l'Empire français, elle fut un des oh.-bc de canton du dép. de la RoSr.
*MEURSAULT, bg dé France (Côte-d'Or), sur le chemin de ferdeParisàLyon,à7k.S.O.deBeaune; 2000 hab. Vins renommés. '
*MEURSBOURG, v. murée du grand-duché de Bade (Lac-et-Danube), à 12 k. ~N. E. de Constance ; 1500 h. Résidence de l'évêque de Constance.
*MEURSIUS (Jean), philologue-et historiett, né en 1579 à Losdun près de La Haye, m. en 1639, se fit remarquer dès sa jeunesse par un savant commentaire sur Lycophron; accompagna pendant quelques années commegouverneurle fils du grand-pensionnaire Barneveldt dans ses voyages en Europe, et fût, àson retour, nommé professeur d'histoire à Leyde (1610), puis de languegrecque(16ll). Persécuté en Hollande après le supplice de Barneveldt, il se retira en Danemark, où le roi lui avait offert la chaire d'histoire à l'Académie de Sorœ (1626), et passa le reste de sa vie dans cette ville. On a de lui deséditions.tsès-es-timées de divers ouvrages de Lycophron, de l'empereur Léon, d'Hésychius, i'ArUtuxène, de Fhilos-tra(e,de Pallade; un Glossarium grœco-barbarum, de savants traités d'archéologie, une llist. de la Belgique, 1612; — de l'Université deLeyde (Atti.enx ba-lavse, 1625);—du Danemark, 1630, etc., toççsouvra-ges écrits en latin. — On a mis sous le nom de Meur-siusun ouvrage obstâue(Ehgantia;latinisermonis), auquel il n'eut aucune part, et qui est de Chorier.
*MECRTHE (la), riv. de France, sort des Vosges, à ô k. S. E. de St-Dié, traverse le dép. de Meurthe-et-Moselle, arrose St-Die, Baccarat, Lunéville, Nancy, devient navigable un peu au-dessous de cette dernière ville et se jette daus la Moselle au-dessus de Frouard ; cours, 140 kil,
*MEURTHE-ET-MOSELLE, dép. situé entre l'Alsace-Lorraine au N. et àl'Ë., le dép. des Vosges au S., celui de la Meuse à l'O.; 6089 kil. carr.; 428 643 hab.; ch.-l. Nancy. Formé delà Lorraine propre etduTou-lois. Il est traversé par une partie des Vosges, est arrosé par la Meurthe, la Meuse, ia Seille, la Sarre, et renferme plusieurs étangs assez vastes (Stock, Gondrexange), ainsi qu'un vaste banc de sel gemme, au N., et des sources salées (à Vie). Marbre, albâtre, pierres lithographiques, pierres détaille et autres;
*MEXI — 1247 — - MEXI
grès rouge et gris, tourbe, ete. Eaux minérales et thermales. Forêts à l'E. et à l'O. ; grains, fruits, légumes; pommes de terre, betteraves, lin, chanvre, navette, vin. Chevaux, bestiaux, moutons. Industrie active et variée : exploitation du sel (on en extrait env. 45 millions de kilogr. par an); métallurgie, cristallerie et verrerie (à Baccarat), glaces, soude; confiserie, broderies dites de Nancy, papiers et cartes à jouer, draps de toiles; acides minéraux, teintureries. hongroieries. — Ce dép. a 5 arr. (Nancy, Lunéville, Toul, Château-Salins, Sarrebourg), 29 cantons, 714 communes; il appartient à la 5e division militaire, aune cour impér. et un évêchéàNancy. MEUSE (la), Maas en hollandais, itosa en latin, fleuve qui prend sa source en France (Hte-Marne), au village de Meuse, à 17 kil. N. E. de Langres, arrose les dépts des Vosges, de la Meuse, des Ardennes; entre en Belgique un peu au-dessous de Givet, traverse les provinces de Namur'et de Liège, sépare le Limbourg belge du Limbourg hollandais, pénètre en Hollande, où il sépare le Brabantsept. desprov. de Gueldre et-de Hollande mérid., puis se divise en un grand nombre de bras, et se perd dans la mer du Nord par 6 embouch. après un cours de 900 k. environ. Les principales villes que baigne la Meuse sont St-Mihiel, Verdun, Stenay, Sedan, Mézières, Charleville, Givet, Dinant, Namur, Liège, Maëstricht, Ruremonde, Venloo, Gorcum, Dordrecht, Rotterdam. Ses principaux affluents sont, à droite, le Chiers, le Semoy, l'Ourthe, la Roër, le Wahal, le Leck et l'Yssel inférieur, qui la font communiquer avec le Rhin; à gauche, le Bar, laSambre, laMéhaigne, laDommel, etc. MEUSE (dép. de la), dép. situé entre ceux des Ardennes au N. O., de la Moselle au N. E., de la Meur-; the à l'E., des Vosges et de la Haute-Marne au S., de la Marne à l'O., et la Belgique au N.: 6103 kil. carr.; 305 540 hab.; ch.-l., Bar-le-Duc Il est formé d'une partie de l'anc Lorraine (Barrois, Verdunois, - Clermontois). Il est arrosé par la Meuse, la Marne et I l'Aisne. Beaucoup de fer, pierres de taille, marne, | terre à potier. Céréales, lin, chanvre, navette, graines | oléagineuses, vins (entre autres celui de Bar),.belles ï prairie* le long de la Meuse; belles forêts. Chevaux | petits; beaucoup de bétail, porcs, chèvres. Nombreu-| ses usines à fer, verreries, faïenceries, papeteries; s bonneterie, draps, tissus de laine, de coton, etc.; g huiles, dragées et confitures (on estime surtout celles î de groseilles de Bar). — Ce dép. a 4 arr. (Bar, Ver-1 dun, Commerey, Montmédy), 28 cantons. 588 com-ï munes; il appartient à la 5" division militaire, est | dans le ressoitde la cour impér. de Nancy, et forme f le diocèse de Verdun.
| MELSE-INFERIEURE (dép. de la), anc dép. français,
g formé sous la République et qui dura jusqu'en 1814, ï avait pour ch.-l. Maëstricht. Auj. il forme à peu près g le Limbourg belge.
i MEUSE (dép. des BOUCHES-DE-LA-). V. BOUCHES.
î MEUSEL (George), bibliographe, né en 1743 en
| Fraaconie, mort en 1820, professa l'histoire aux uni-
| versités de Halle, d'F.rfurt et d'Erlangen, puis fut
ji nommé par le roi de Prusse conseiller aulique pour
j| la principauté de Quedlimbourg. On a de lui : De
= prxcipuis commerciorum in Germania epochis, Er-
?1 lang., 1780, in-4 ; Bibliolheca historica, Leipsick,
1 1782-1804 . 22 vol. in-8; l'Allemagne littéraire (en
jj ail.), Lemgo, 1796 et années suiv., 18 vol. in-8'(con-
; tinuée après lui par Lindner); Introduction à l'his-
I toire des États de l'Europe, Leips., 1775, in-8; Dic-
s| tionnaire des artistes allemands vivants, Lemgo,
-a 1770-89, 2 vol. in-8 , 1808-9 , avec un 3e vol. publié
sâ en 1814; Bibliographie de ta Statistique, Leips.,
's 1790, in-8; Dictionnaire des écrivains allemands
- morts de 1750* à 1800, Leips., 1802 et années suiv.
j MEVANIA, auj. Hevagna, v. de l'Italie anc,à 80
ijî k. N. de Rome, sur la voie Flaminienne.aux confins
aj de l'Étrune et de l'Ombrie. Patrie de Properce.
2| JIEWAU, principauté de l'Inde. V. ODEYPOUR.
'~B MEXICO, capit, du Mexique, sur l'emplacement de
l'anc. ville de Tenochtitlan, dans une vallée, entre les lacs de Tezcucoet de Xochimilco, par 101°25'long. O., 19'° 26' lat. N. ; 200 000 hab. Résidence du congrès et des premières autorités de la-république; archevêché métropolitain du Mexique: université, bibliothèque, école des mines, avec observatoire et musée de minéralogie; séminaire, collèges St Ildefonse et St-Grégoire; académie des beaux-arts; école de médecine; société pour le progrès des arts et de l'agriculture; jardin botanique; consulats de France et autres nations. Ville belle et régulière; rues larges, droites et en général très-longues; maisons bâties uniformément, la plupart à 3 étages, assez souvent peintes à fresque ou revêtues de tuiles vernissées ; superbe place dite Piazza-Mayor; rues de la Plate-ria, de Ste-Augustine , de Tabaca, d'Aquila ; cathédrale immense et remarquable pour la profusion des métaux précieux qu'elle renferme; très-belles églises, la plupart couvertes en porcelaine, nombreux couvents; palais du gouvernement (jadis palais du vice-roi) ; hôtel de la monnaie, manuf. des cigares de l'État, etc. Trois belles promenades (le Jardin botanique, le Paseo, l'Alameda). Commerce actif, surtout en orfèvrerie , bijouterie, sellerie , passementerie et ouvrages en bois et or poli. — Tenochtitlan fut fondée par les Aztèques en 1325; elle était bâtie sur trois îles qui sont auj. confondues avec la terre ferme, les eaux du lac de Tezcuco s'étant retirées : les chaussées qui la joignaient alors au continent servent auj. de digues aux eaux des lacs voisins. Cette ville avait près de 500 000 hab. lors de l'invasion des Espagnols. Cortez la prit sur Montézuma le 30 août 1521. Elle fut jusqu'en 1810 la résidence des vice-rois sous la domination espagnole. Il y éclata le 30 nov. 1828 une insurrection terrible qui fit beaucoup de victimes. Il s'y tint en 1835 un congrès qui adopta la république unitaire. La ville fut prise en 1847 par les Américains, et occupée parles Français en 1863.
*MEXICO (État de), un des Etats de la Confédération mexicaine, borné par les Etats de Queretaro au N., de la Puebla à l'E., de Mechoacan au N. O., et le Grand-Océan Êquinoxial au S. et au S. O.: 520 kil. sur 210; 1 000 000 d'hab.; ch,-l. Toluca (c'était précédemment Tlalpan, dite aussi San-Agostino de las r.uevas). Sol varié : montagnes au centre (la Cordillère d'Anahuac), riches en mines d'argent; vallées fertiles et magnifiques, notamment celle de Mexico; lacs nombreux : Cnalco, Xochimilco, Tezcuco, San-Cristoval; vastes plaines stériles et couvertes de sel; côtes sablonneuses. Industrie presque nulle. — Dans l'Etat de Mexico est enclavé le district fédéral, qui a env. 25 k. de tour et qui a pour ch.-l. Mexico.
*MEXIMIEUX, ch.-l. de cant. (Ain), à 45 kil. E. de Trévoux; 1900 h. Station. Petit séminaire. Vin.
*MEXIQUE. Ce nom, qui désigna longtemps cette vaste contrée de l'Amérique du N. qui s'étendait depuis les territoires de l'Orégon au N. jusqu'à l'isthme de Panama au S., est auj. propre à un pays plus restreint, borné au N. par les États-Unis, à l'E. par le golfe de Mexique, au S. par le Yucatan et les républiques de l'Amérique centrale, à l'O. par l'Océan Pacifique, entre 88° 55'-126° 25' long. O., 15° 55»'-42' lat. N. ; env. 8 000 000 d'hab., dont plus de moitié indigènes, et deux tiers de l'autre moitié mulâtres ou métis; capitale, Mexico. Ce pays, qui, avant 1835, était divisé en 19 États, en forme auj. 24, plus un territoire et le district fédéral.
États. Capitales.
Aguas Calientes-, ? Aguas Calientes.
Campêche (détaché en
1861 de l'Yucatan), Campêche.
Chiapa, San-Christoval.
Chihuahua, Chihuahua.
Cinaloa, Culiacan.
Cohma, Colima.
Durango, Durango.
Guanaxuato, Guanaxuaio.
Guerrero, Tixtla.
*MEXI - 1248 - MEXÏ
* États. Mexico, Mechoacan,
* Capitales. Toluca. Morelia, Valladolid.
Nouv.-LéonetCoahuila, \ g^tjîfof*"
Oaxaca,
Puebla,
Queretaro,
San-Luis-Potosi,
Sonora,
Tabasco,
Tamaulipas,
Tlascala,
Vera-Cruz,
SiHsco,
Tucatan,
Zaoatecas,
Oaxaca.
Puebla.
Queretaro.
San-Luis.
Urès.
San-Juan-Buatista.
Victoria.
Tlascala.
Vera-Cruz.
Guadalaxara.
Merida.
Zacatecas.
District fédéral de Mexico, Mexico,
* Territoire.
Californie (Basse-), La Paz.
*Le Mexique est parcouru par de très-hautes montagnes qui font suite aux Cordillères de l'Amérique du Sud et qui vers le N. se lient aux montagnes Rocheuses. Cette chaîne, dans le Mexique, prend successivement les noms de Cordillère d'Oaxaca, Cordillère d'Anahuac,SierraMadre,S. de Acha, S. delosMimbres, S. de las Gruellas, S. Verde. Lessommets les plus hauts sont le PopocatepetI (5258"), le Citlaltepetl(5308"), le Cofre-de-Perote (4927"), etc. Le PopocatepetI est un volcan en acti vite; on compte encore 4 autres volcans : Orizaba, Tustla, Jorullo, Colima. Ce pays est mal arrosé, sauf vers le N-: le Bravo-del-Norte, le Colorado, le Rio Grande-de-Santiago, le Verde, en sont les fleuves principaux. Il a un grand nombre de lacs : les principaux sont ceux de Chapalla, Patzenaro. Ses mines d'or et d'argent sont très-riches, surtout dans les mont. d'Anahuac, de Mechoacan, de la Sonora, de l'Oaxaca ; on y trouve aussi beaucoup d'é-tain, de plomb, de cuivre, de fer, de zinc, d'antimoine, d'arsenicetsurtoulde mercure; du sel gemme, de la houille, etc. Quant à la fertilité du sol et au produit, il faut distinguer 3 zones, les terres torrides (au bord des deux mers et jusqu'à la hauteur de 300m), les tempérées (à mi-côte et jusqu'à env. 2000"), et les froides (à partir de cette dernière hauteur). Les lr" fournissent toutes les denrées tropicales, mais sont extrêmement malsaines; les 2", chaudes encore, sont très-fertiles, et il y règne un printemps presque perpétuel; mais le ciel y est toujours brumeux ; les 3°" produisent encore , mais beaucoup moins. Les principales plantes particulières au Mexique sont : l'igname, le cactus à cochenille, le ma-guey, la vanille, le sassafras, divers arbres propres à l'ébénisterie ou à la teinture, des plantes à résine, parmi lesquels le copaïfera officinalis et le toluifera balsamum. Il était défendu jadis d'y cultiver la vigne et l'olivier. On élève de grands troupeaux de bétail de toute race, et une grande quantité de chevaux; il s'en trouve aussi beaucoup à l'état sauvage. Dans les forêts se voient le jaguar et le couguar, l'ours mexicain, le bison, le bœuf musqué, l'apaxa, l'antilope dit berendos, etc. Peu d'industrie et de commerce. Quatre races habitentauj. le Mexique (blancs, indiens, noirs et sang mêlé). On n'y professe d'autre religion que le Catnolicisme : un archevêque et 9 évoques y sont à la tête du clergé. On y parle 20 langues au moins, dont 14 ont des dictionnaires et des grammaires. — L'histoire du Mexique renferme trois grandes périodes : 1° la période antérieure à la conquête du Mexique par Cortez; 2° la période colo-aiale; 3" la période d'indépendance. Pendant la 1" beaucoup de peuples probablement se sont succédé sur le vaste territoire du Mexique : les principaux furent les Toltèques, qui paraissent être les plus anciens; puis les Chichimèques elles Aztèques: ces derniers avaient pour capitale Ténochtitlan ou Mexico, qu'ils fondèrent en 1325, et étendaient leur suzeraineté sur presque tous les autres peuples du Mexique ;
les Chapanèques, qui avaient soumis les Zoques, les Tzendanes, les Quelènes (capit., Chiapa); les Toto-naques, puissants dans le Mechoacan (caplt., Zint-zontzan); lés Zapotèques (capit., Oaxaca). A côté do l'empire de Mexico s'élevaient néanmoins deux empires rivaux, bien que moins puissants, ceux de Tezcuco et de Tlacopan. Tous ces peuples étaient arrivés à un degré de civilisation remarquable, surtout les Aztèques; ils connaissaient l'architecture, la peinture, la sculpture, l'astronomie, faisaient des routes et des canaux, et avaient une écriture hiéroglyphique. Les antiquités mexicaines, restes,de cette époque, sont encore nombreuses malgré la grande destruction qu'en firent les Espagnols, et elles sont très-curieuses (V. PALENQUE). — La 2* période s'ouvre par le débarquement de Cortez. En moins de deux ans, de 1519 à 1521, il fit la conquête de l'État de Mexico , sur lequel Montézuma régnait depuis 1503. Cette conquête fut bientôt suivie de-celle de tout le reste du pays. L'Espagne en fit une vice-royauté dans laquelle fut compris aussi le Guatemala. La population indigène, accablée par la barbarie et la cupidité des conquérants, épuisée par des travaux excessifs, livrée aux supplices par l'Inquisition, décrut rapidement, malgré l§s efforts de Las Casas pour adoucir son sort. L'exploitation du pays se borna presque à la recherche des métaux précieux : aussi le Mexique a-t-il fourni immensément d'or et d'argent à l'Espagne : Acapulco, sur l'Océan Pacifique, était le lieu ou venaient se rendre, toutes les.riolies-ses, qu'on expédiait ensuite en Europe sur des galions. — La 3* période commence en 1810. II y eut d'abord trois tentatives inutiles d'indépendance : sous Hidalgo, 1810; sous Morelos, 1815; sous Mina, 1816; en 1821, Augustinlturbide, général de l'armée royale, passa aux insurgés, battit le vice-roi Apodaca, s'empara de Mexico et se fit proclamer empereur en 1822, sous le nom d'Augustin I, mais il fut renversé dès l'année suivante, et le Mexique se constituaënrépublique fédérative : la victoire de Tampico, gagnée en, 1829 sur les troupes de Ferdinand VII, assura son indépendance. Mais depuis cette époque , le pays n'a cessé d'être déchiré par des dissensions intestines : une foule d'ambitieux se sont succédé à la présidence. se renversant ou s'égorgeant les uns les autres : Vittoria (1824), Pedrazza et Guerrero (1828), Bustamente (1829 et 1836), Santa-Anna (1*132), Pa-rèdes (1841 et 1846), Santa-Anna, de nouveau (1843, 1847 et 1853). Ce dernier avait réussi un moment à restaurer l'autorité; mais il fut renversé de nouveau en 1855, et depuis le pays est resté livré à la plus déplorable anarchie : plusieurs partis, les fédéralistes et les unitaires, le parti clérical et le parti libéral, s'y disputaient le pouvoir avec acharnement. Aux maux de la guerre oivilesoat encore venus se joindre* ceux de la guerre extérieure : en 1838, les mauvais traitements dont les Français étaient l'objet au Mexique durent être châtiés parle bombardement de, St-Jean d'Ulloa et de la Vera-Cruz; en 1846, la sécession du Texas, qui s'annexa aux États-Unis, amena une guerre avec cette puissance, à ta suite de iaquelleMo Mexique, partout vaincu, fut forcé de signer à Guada-loupe un traité qui lui enlevait le territoire à'l'E. du Rio-'del-Norte, le Nouv.-Mexique et la Nouv.-Califor-nie (2 févr. 1848). En 1861,souslaprésid.deJuarez, les spoliations dont les Européens avaient à souffrir déterminèrent la France, l'Angleterre et l'Espagne à s'unir pour exiger des réparations. La France ne se tint pas satisfaite de celles qui furent offertes, et entreprit seule une guerre à la Suite de laquelle Maximilien d'Autriche fut élu empereur. Mais les Français s'étant retirés, ce prince fut vaincu etfusillépar Jûarez,qui rétablitlarépublique (1866). Prescottaécritl'Wîst. delà conquètedu Mexique, 1842, et M.Th. de Bussière cellede l'£*mpt"r« mexicain ,1863. MEXIQUE (NOUV.-), anc prov.du Mexique, au N. de l'État de. Durango, à l'E. des Californies ; 850 k, du N. au S. sur 1-56 de largeur moyenne; 61 547 h.; ch.-l.,
A1ÉZI • — 12
Santa-Fé. Sol fertile, mais presque inculte. Innombrables troupeaux debœufsetde chevaux. On exporte ubac, peaux de daims, chèvres et bisons.fourrures. — Cédé aux Etats-Unis en 1848 (V. la fin de l'art. préc). Admis comme État dans l'Union en 1861.
*MEXIQUE (Golfe du), portion la plus occidentale de l'Océan Atlantique, entre la côte mérid. de l'Union anglo-américaine au N. et l'Yucatan au S., communique à l'E. avec l'Atlantique par le canal de Baha-ma, et baigne àl'O. plusieurs Etats de la Confédération mexicaine : d'où son nom.
*MEYER. V. MAYER.
*MEYMAC, ch.-l. de c (Corrèze), à 9 k. O. d'Us-sel ; 3237 h. Mines de houille.
*MEYRUEIS, ch.-l. de c. (Lozère), à 21 kil. S. O. de Florac : 2200 hab. Aux env., grottes curieuses.
*MEYSSAC, ch.-l. de c (Corrèze), à 16 kil. S. E. de Brives;2540 hab.
*MEYZIEUX, ch.-l. de c. (Isère), à 33 N. E. de Vienne et à 12 kil. E. de Lyon; 950 hab. Huile de noix.
*MÈZE, ch.-l. de c (Hérault), à 31 k. S. O. de Montpellier; 4516 hab. Port sur l'étang de Thau. Eau-de-vie, verdet; huîtres.
*MÉZEL, ch.-l. de c (B.-Alpes), sur l'Aise, à 16k. S. O. de Digne; 800 hab.
*MÉZEN(le),la plus haute mont, des Cévennes dans le Vivarais, entre les dép. de l'Ardèche et la Hte-Loire, à 16 k. O. du Cheylard. Elle a 1754" de haut.
*MÊZENCE, Mezentius, roi des Tyrrhéniens, fa
meux parson impiété etses cruautés, se fit chasser par
ses sujets, se réfugia auprès de Turnus, roi des Ru-
tules, et combattit avec lui contre Enée. Il perdit son
Sis Lausus qu'il chérissait," et fut tué lui-même par
~= Énéeen voulantle venger. Ce tyran se plaisait à faire
| mourir ses victimes en les attachant à des cadavres.
| MÉZERAY (Eudes de), historien, né en 1610 àRy,
2 près d'Argentan, m. en 1683, était fils d'un chirur-ï gien de village. Il fut quelque temps commissaire 1 des guerres, et suivit en cette qualité l'armée de Flan-| dre; puis il se fit homme delettres et prit le nom du 1 hameau de Mézeray, voisin du lieu de sa naissance. | Il débuta par des pamphlets politiques. La composi-J tion de ce genre d'écrits l'ayant conduit aux études j historiques, il conçut le projet d'écrire notre histoire, « et s'enferma au collège de Sainte-Barbe où il travailla * avec une ardeur qui mit sa vie en danger. Après plu-J sieurs années d'un travail assidu, il publia sa grande j Histoire de France (jusqu'à Louis XIII); elle parut S en 3 vol. in-fol., à des époques assez éloignées, 1643, J 1646 et 1651. Cet ouvrage lui fit bientôt une grande ; réputation : il fut nommé historiographe du roi, fut j admis à l'Académie française dès 1649, et devint, j après la mortdeConrart,secrélaire perpétuelde cette f compagnie. Pendant les troubles de la Fronde, Mé-« zeray se signala parmi les adversaires de Mazarin et
3 écrivit contre le ministre nombre de pamphlets. A la = paix, il revint à ses études historiques et rédigea un "M Abrégé chronologique de l'histoire de France, qui mit
Z le sceau à sa réputation : cet ouvrage, publié en 1668,
en 3 vol. in-4, a été plusieurs fois réimprimé, notam-
; ment à Amsterdam, 1765, en 14 vol. in-12, avec une
s Continuation par Limiers, contenant les règnes de
! Louis XIII et de Louis XIV. Quoique historiographe
I du roi, Mézeray écrivait avec une indépendance qui
. lui devint funeste : Colbert, choqué de la manière
? dont il s'exprimait au sujet del'origine des impôts, lui
: fit retirer une pension de 4000 livres qu'il recevait
- île Iacour. Mézeray a le style clair, facile et nerveux,
Ï mais ce style a un peu vieilli. Son histoire est com-
= posée d'une manière assez intéressante ; il mêle à ses
= récits des jugements libres et sévères, mais le plus
; souvent il n'a pas pris la peine de recourir auxsour-
~ ces ; il ne peut par conséquent faire autorité. Outre
m son histoire, on a encore de lui un Traité de l'origine
j dfs Français, Amst., 1688. On luiattribue ['Histoire
s. de la Mère (Marie de Médicis) et du Fils (Louis XIII).
î JURZ1DOX, ch.-l. de c. (Calvados), sur la Dive, il
M
Ï9 — ancii
22 kil. S. O. deLisieux; 1144 h. Point de départ du chemin de fer de Caen à Tours.
*MÉZIÈRES, Macerise, ch.-I. du dép. des Ardennes, sur la r. dr. de la Meuse, vis-ft-vis de Charleville, à 233 kil. E. N. E. de Paris ; 5605 hab. Place de guerre de 2' classe; direction d'artillerie ; citadelle bâtie par Vauban, bibliothèque publique.Industrie assez active. — Mézières se forma autour d'un château bâti à la fin du ixe s. ; elle était comprise dans l'anc Réthelois. En 1214 et 1418, des Liégeois réfugiés vinrent augmenter sa population. L'armée de Charles-Quint, commandée par le comte de Nassau, l'assiégea en 1521, mais ne put la prendre : Bayard la défendait; une procession qui a lieu tous les ans le 27 sept, et dans laquelle on porte l'étendard de Bayard, rappelle le jour où les Impériaux levèrent le siège. Cette ville possédait une école de génie militaire, fondée en 1748 par Louis XV : elle a été transférée depuis à Metz. Belle défense contre les Prussiens -en 1815, et contre les Allemands en 1870.
*MEZIERES, ch.-l. de c (H.-Vienne), à 12 kil. O. de Bellac; 1400 hab.
*MEZIERES-EN-BRENNE, ch.-l. de c. (Indre), à 24 k. N. du Blanc; 1500 hab. Forges.
*MEZIN, ch.-l. de c. (Lot-et-Garonne) sur la Gelize, à 13 kil. S. O. de Nérac; 1959 hab. Collège. Tanneries, papeteries; fabriques de bouchons de liège.
MÉZIRIAC (BACHET de). V. BAC'/ËT.
*MEZZOFANTE (le cardinal Jos.j, savant polyglotte, né à Bologne en 177'>-m. à Ro^e en 1849, refusa en 1814 la place de secrétaire dï collège de la Propagande quelui offrait le papePieVII,fut créé protonotaire apostolique par Grégoire XVI en 1831, bibliothécaire du Vatican en 1833; cardinal en 1838, et fut membre des congrégations de la Propagande, de l'Index et des Rites. Il est surtout célèbre par sa connaissance des langues; il parlait 50 idiomes différents, ce qui le fit surnommer la Pentecôte vivante. C'était du reste un homme plein de bonhomie et d'humilité.
*MEZZOVO, v. de la Turquie d'Europe (Albanie), dans le pachalik et à 37 kil. N. O. de Janina;7000 h. Elle a donné son nom aux monts Mezzovo (l'anc. Pinde), qui s'étendent sur la limite des sandjaks de Monastir et de Janina et pénètrent en Grèce. V. PINDE.
===MIA===
*MIAKO, île du Japon. V. MIYAKO.
*MIAMI,riv. des États-Unis, naîtdansl'État d'Ohio, vers le centre, coule au S. O., traverse le comté de Miami, arrose Troy, Dayton, Miamisburg^'Hamilton, et se jette dans l'Ohio, r. dr., à 30 kil. au-dessous de Cincinnati, après un cours d'env. 200 k. On canal suit le cours de cette ri v. dans une longueur de 100 k. env.
*MIAOUL1S (André), amiral grec, né à Négrepont en 1772, m. en 1835, commanda en chef la flotte des insurgés «n 1822, battit les Turcs à Patras et dans le canal de Spetzia, mit le feu aux vaisseaux d'Ibrahim pacha à Modon en 1825, mais ne put empêcher la chute de Missolonghi. il refusa de combattre sous les ordres de lord Cochrane, dont il désapprouvait les plans, se retira à Poros et se mit en 1831 à la tête des Hydriotes révoltés contre le président Capo-d'Is-tria. If n'échappa à un procès de haute trahison que par la mort du Président.
*MICAXI (Giuseppe), historien et archéologue, né à Livourne vers 1780, m. en 18i4, est connu par un ouvrage important intitulé : L'Italie avant la domination des Romains, Florence, 1810, qui fut couronné par l'Académie de la Crusca, et que l'auteur refondit depuis sous le titre d'Histoire des anciens peuples de l'Italie (1832). Il a joint à cet ouvrage, sous le titre de Monuments antiques, une précieuse collection de gravures représentant les monuments les plus célèbres de l'Italie ancienne. Son Histoire a été traduite en français par Joly, Fauriel et Gence, avec . notes et éclaircissements historiques par Raoul-Ro-chette, Paris, 1824, 4 vol. in-8 et atlas.
*MICHAELIS (Jean Henri), savant orientaliste, né en 1668 dans le comté de Hohenstein, m. en 1738, professa d'abord la langue hébraïque à Leipsick, puis se fixa à Halle, et y ouvrit des cours de grec, de chaldaïque, d'hébreu, de syriaque, de samaritain, d'arabe et de rabbinisme. Il alla en 1698 étudier l'éthiopien à Francfort sous la direction de Ludolf, occupa l'année suivante la chaire de grec à l'université de la même ville, puis devint inspecteur de la bibliothèque de l'Université de Halle, professeur de théologie et inspecteur du séminaire. On a de lui : De accentibus Heorœorum prosaicis, Halle, 1695; De peculiaribus Hebneorum loquendi modis, 1702; De historia lingual arabicx, 1706; De Isaia propheta, 1712; De rege Esechia, 1717; Biblia hebraica, 1720, in-fol., édition fort estimée de la Bible, avec notes.—Son petit-neveu , J.David M.. néàHalle en 1717,m. en 1791, fut appelé en 1745 à l'Université de Gœttingue par Muncnhausen. fondateur de cet établissement, et y professa la philosophie jusqu'à sa mort. Ilfutadmis en 1751 à l'Académie de Gœttingue, devint secrétaire, puis directeur de cette société, et fut aussi chargé des fonctions de secrétaire et de directeur du séminaire philologique. Appliquant une immense érudition à l'explication des Ecritures, il a fait servir à l'interprétation de la langue morte des Hébreux les langues chaldaïque, syriaque et arabe. Ses principaux ouvrages sont : Jugement sur les moyens dont on se sert pour entendre l'hébreu, Gœttingue, 1767; Grammaire chaldaïque ,1771; —syriaque, 1784 ; Spicilegium geo-graphiie hebrxorum, 1769-80; De ChronologiaMosis, 1769 ; Droit mosaïque, 1770-75 ; Introduction à la lecture du Nouveau Testament, 1750,1787, ete ; — à la •lecture de l'Ancien Testament, 1787 (restéincomplet); Traduction {allem.) de l'Ane. Testament, 1769-85,13 v. in-4 ; — du Nouvea u Testament, 17S8 -92,6 v. in-4 ; iYout). Bibliothèque orientale, 1786-91,8 V. in-8. Jl a aussi composé quelques ouvrages philosophiques, entra autres : De l'influence des opinions sur le langage tt du langage si<r les opinions, en allemand, 1762, trad. en français par Mérian ; Morale philosophique, 1792. Ce savâut était associé de notre Acad. des inscriptions et membre de la Société royale de Londres.
MICI — 1250 — M1CH
*MICHALLON (Claude), sculpteur, né à Lyon en 1751, m. en 1799, était élève de Coustou. Il remporta le grand prix de sculpture, alla à Rome, y éleva un tombeau en marbre à Drouais, peintre d'histoire, son ami, et fut chargé pendant la Révolution d'exécuter les statues colossales qui servaient aux fêtes nationales. Parmi ses ouvrages on remarque son buste de Jean Goujon. Sa dernière oeuvre fut le modèle d'une statue de Catond'Utique. On lui doitdivers modèles de belles pendules en bronze qui furent fort recherchées dans leur temps, entre autres Psyché et l'Amour.—Son fils, Achille Etna M. ,nèà Paris en 1796, m» prématurément en 1822, promettait un grand peintre. Ses principaux tableaux sont : Roland à Roncevaux ; OEdipe et Anligone près du Temple des Euménides, le Combat des Lapithes et des Centaures; les Ruines du Cirque; Vue des environs de Naples.
*MICHAU (Code). V. MMULLAC (Michelde)
*MICHAUD (Joseph), littérateur, membre de l'Académie Française, né en 1767 à Albens (Savoie), m. en 1839, vin't à Paris en 1791, écrivit dans plusieurs journaux monarchiques, fut forcé de se cacher en 1792, fut arrêté en 1795 (au 13 vendémiaire) et condamné à mort pour avoir professé des doctrines royalistes dans la Quotidienne, journal dont il était le fondateur, mais parvint à se dérober à l'exécution du jugement, qui fut révoqué l'année suivante. 11 se rallia à l'Empire, célébra le mariage de Napoléon et la naissance du roi de Rome, et fut admis à l'Académie en 1812. Sous la Restauration, il fut nommé censeur des journaux, puis devint directeur-propriétaire de la Quotidienne. On doit à Michaud plusieurs ouvrages d'histoire. Le plus important et le plus estimé est l'Histoire des Croisades, 1811-22,5 vol. in-8 (dont la meilleure édition est oelle de 1841, 6 vol. in-8). Il publia en outre, comme pour compléter cette histoire, la Bibliothèque des Croisades, 4 v. in-12, et sa Correspondance d'Orient (1833-35), recueilde lettres qu'il avait écrites dans un voyage entrepris à f 2 ans pout visiter les lieux qui avaient été le théâtre des croisades. On a encore de lui une Histoire des progrès et de la chute de l'empire de Mysore, 1801 ; quelques poSmes, dont le meilleur est le Printemps d'un proscrit, écritpendant son exil, enlS03; et plusieurs brochures politiques, entre autres l'Histoire des quinze semaines ou des Cent Jours, 1815, qui eut une vogue momentanée. Il a publié, avec Poujoulat, une collection de Mémoires pour sertir à l'hist. de France depuis le xm° s. (32 v. in-8, 1836 et ann. suiv.), et a fondé avec son frère la Biographie universelle. Il est aussi un des fondateurs de l'Institut historique.— Son frère, connu sOuâle nom à& Michaud jeune, 1772-1858, se signala par l'ardeur de son royalisme. D'abord officier d'infanterie, il se fit en 1797 imprimeur et fut en même temps un des agents secrets de Louis XVIII. Il dirigea la publication de la Biographie universelle, qui parut de 1811 à 1828, en 52 vol. in-8, ainsi que celle du Supplément, qui parut de puis 1834 jusqtfà sa mort; il fut aussi l'éditeur de la Biographie des hommes vivants, et rédigea lui-même pour ces ouvrages nombre d'articles qui sont empreints d'un esprit dé parti bien prononcé.
*MICHAULT (P.), poBte du xv« siècle, né, à ce qu'on croit, en Franche-Comté, fut attaché au duc de Cha-rolais (Charles le Téméraire), et mourut-sers 1467. On a de lui, entre autres écrits : le Doctrinal du temps présent, Bruges, sans date, réimprimé sous le titre de : Doctrinal de court tpar lequel on peut estreclerc-sans aller à l'escole, Genève, 1522, ouvrage en prose mêlé de vers, et la Danse des Aveugles, Paris, 1506.
*MICHAUX (André), voyageur.et botaniste, né en 1746 à Satory, près de. Versailles, m. en 1802, ex-plorasuccessivementl'Angleterre, l'Auvergne, les Pyrénées, l'Espagne_, la Perse, où. il restaldeux ans (1782-4), et d'où, il rapporta.de magnifiques collections; la partie méridionale des États-Unis, les îles Lucayes, fa baie d'Hudson et le Canada, l'îledeFrance et les côtes de Madagascar ; il mourut de la fièvre dans cette dernière île. On a de lui : Histoire des chênes de l'Amérique septentrionale, 1801; Flora bo-reali-americana,avec planches dessinées parRedouté.
— Son fils, François, m. en 1857, a publié de 1810 à
1813 les Arbres forestiers de l'Amérique du Nord.
*MICHÉE, ditl'J.nei'en, prophète juif, vivait à Sa-marie dans le ixc s. avant J.-C. Achab, roi d'Israël, voulant décider Josaphat, roi de Juda, à s'unir àlui pour faire la guerre à Ramoth de Galaad, engagea ce prince à consulter Michée. Le prophète ne craignit pas de détourner Josaphat de ce projet enjui prédisant la dispersion de l'armée d'Israël et la. mort d'A-chab. Ce roi furieux le fit jeter dans les fers, mais bientôt il périt lui-même, selon la piophltîe de Michée, tué a Ramoth de Galaad, dans un combat contre les Syriens. — Michée, l'un des petits prophètes, né dans une bourgade de la tribu de Juda, prophétisa sous Jonathan, Achaz et Ezéchias. c.-à-d. de 752 à 694 av. J.-C, prédit la captiyité des-10 tribus et annonça que le Sauveur naltrait-à Bethléem.
*MICHEL (S.), archange, dont le nom signifie Quis ut Deus? Il est le chef des bons anges qui forment la milice céleste : c'est lui qui précipita dans l'abîme les anges rebelles. Les peintres le représentent avec un casque éclatant, tenantàla main une lance d'or ou une épée flamboyante et foulant aux pieds le démon, figuré par un dragon. L'Église le fête le 29 sept.—La France a pris S. Michel pour patron : LouisXI créaen son honneurl'ordre célèbre de St-Michel (F. ci-après). Cet ange est aussi en grande vénération eri Russie.
*MIGHEL i,wakmKB&,leCurapalate, empereur grec, gendre de l'empereur Nicéphore, avait, par sa conduite dans plusieurs emplois élevés, conquis l'affection des Grecs, lorsque Nicéphore mourut en 811 : il fut appelé d'une voix unanime à lui succéder. Il commença par secourir les veuves et les enfants des soldats moissonnés dans les guerres contre les Sarrasins et les Bulgares, et réprima ^s excès des Ico-
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noclastes qui, sous le règne précédent, avaient cruellement persécuté les orthodoxes; mais il fut attaqué peu après et défait par les Bulgares. Rappelé dans Constantinople par de nouveaux troubles, il laissa le commandement à Léon l'Arménien ; mais celui-ci se fit proclamer empereur (813), et relégua Michel dans l'ilo de Proté, où il prit l'habit religieux; il y vécut 33 ans, jusqu'en 846. — n, le Bègue, né à Amorium en Phrygie, était le favori de Léon l'Arménien, qui le fit patricien. Accusé d'avoir conspiré, il fut jeté en prison; mais, l'empereur ayant été assassiné, il sortit de sa prison pour monter sur le trône (820). Cruel envers les orthodoxes et lâche envers l'ennemi extérieur, il se laissa enlever par les Sarrasins la Crète, la Fouille, la Calabre et la Sicile- Il mourut par suite d'excès. — m, l'Ivrogne, né- en 836 , succéda en 842 à son père Théophile, sous la régence de sa mère Théodora. Bardas, son oncle, qu'il avait nommé césar, s'empara de son esprit, etl'excitaà persécuter sa mère ; mais Bardas fut peu après disgracié lui-même et mis à mort. Michel eut à repousser en 866 les Russes, qui étaient venus assiéger Constantinople. Basile le Macédonien, que Michel avait associé à l'empire, le fit périr pour régner à sa place (867): Sous le règne de ce prince, commença le schisme des églises grecque et latine, par la nomination du patriarche Photius, eu 858. — IV, le Paphlagonien, né en Paphlagonie, fut d'abord un homme obscur. L'impératrice Zoé, qui l'aimait, se servit de lui pour se défaire de l'empereur Romain, son époux, et le plaça sur le trône. Incapable de gouverner, il abandonna le soin des affaires à l'eunuque Jean, son frère. Cependant, il fit la guerre avec succès contre les Sarrasins et les Bulgares. En 1041, poursuivi par ses remords, il prit l'habit religieux ; il mourut la même année. — v, Calaphate ou Calfate, était fils d'un calfateur de vaisseaux, et neveu de Michel IV, auquel il succéda en 1041. Craignant les intrigues de l'impératrice Zoé, il l'exila; mais le peuple se souleva contre lui : on lui creva les yeux, et on l'enferma dans un monastère (1042). — vi, Stratioti-que(c.-k-d. guerrier), était un vieux général que l'im--pératrice Théodora choisit pour successeur (1056). Afin d'acquérir l'appui du sénat et du peuple, il choisit dans leur sein les gouverneurs et les princi-_ paux officiers de l'empire : les officiers de l'armée, j irrités de cette préférence, se révoltèrent et prirent | pour chef Isaac Comnène. Michel abdiqua (1057), et | mourut dans l'obscurité. — vil, Parapinace, ainsi " appelé du nom d'une fausse mesure qu'il employait | pour vendre le blé au peuple, fils aîné de Constan-| tinDucas, fut proclamé en 1067. Romain Diogène, | qu'Eudoxie, sa mère, avait épousé, se fit proclamer ~ empereur; mais, l'usurpateur ayant été fait prison-| nier par les Turcs en 1071, Michel remonta sur le j trône; il le perdit encore en 1078 et fut chassé de 1 Constantinople par Nicéphore Botoniate, le meilleur I de ses généraux, qu'il avait outragé. Il fut enfermé j dans un monastère, puis nommé évêque d'Êphèse. A —vin, Palèologue, d'une des plus illustres familles i d'Orient et chef de la dynastie des Paléologues. Ré-J gent de l'empire durant la minorité de Jean Lasca-j ris, empereur de Nicée, il se fit proclamer lui-même A en 1260 et fit crever les yeux à son pupille. Il réussi sit en 1261, à reprendre Constantinople sur Bau-J douin II et y rétablit le siège de l'empire. Il fit plu-% sieurs expéditions heureuses en Grèce et dans l'Ar-jj chipel, traita avec les Turcs, les Bulgares, et employa 3 tous ses efforts pour faire cesser le schisme qui sé-dj parait l'église d'Orient de celle d'Occident. Il m. en ?s 1282, dans une expédition contre la Thrace. Il eut ?â Pour principal minisire George Acropolite et pour il successeur son fils Andronic II. M KICHEL noMANOv, czar de Russie. V. ROMANOV. *= MICHEL (Ordre de St-), ordre militaire institué -j par Louis XI à Ambnise, le 1" août 1469, en l'hon-21 - neur de S. Michel, patron de la France. Le nombre des il shevaliers était d'abord limité à 36; il fut dans la suite
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élevé à 100; ils devaient tous être gentilshommes; le roi en était grand maître; ils portaient un collier formé de coquilles d'argent, réunies par une chai-nette d'or, d'où pendait une médaille représentant l'archange S. Michel terrassant le dragon, avec cette devise : Immensi tremor Oceani. La décoration consistait en une croix d'or à 8 pointes émaillée de blanc, cantonnée de 4 fleurs de lis d'or, chargée en coeur d'un S. Michel. Un chapitre de l'ordre se tenait chaque année, la veille de la St-Michel, au Mont-St-Michel, près d'Avranches. En 1588, Henri III joignit cet ordre à celui du St-Esprit. Exclusivement destiné dans l'origine à la haute noblesse, cet ordre finitpar être accordé aux gens de lettres, de robe, de finance, et aux artistes célèbres. Rétabli sous la Restauration, il a cessé d'exister de fait en 1830.
*MICHELADE, nom donné à un massacre des Catholiques par les Protestants qui eut lieu à Nîmes le 29 sept. 1567, jour de la St-Michel.
*MICHEL-ANGE BDONAROTTl, peintre , sculpteur et architecte du premier ordre, né en 1475 au château de Caprèse , près d'Arezzo en Toscane, d'une famille ancienne, mort en 1564, annonça dès l'enfance des dispositions extraordinaires pour les arts. Placé chez Dominique et David Ghirlandajo, les peintres les plus célèbres de l'époque, il les quitta dès l'âge de 15 ans, étant déjà supérieur à ses maîtres. Laurent de Médicis, le Magnifique, lui assigna peu de temps après un logement dans son palais, et le traita comme son fils. La mort le priva bientôt de ce noble protecteur; mais déjà sa réputation était établie : parmi ses morceaux de sculpture, on admirait à Mantoue le Cupidon endormi, à Rome le Bacchus, que plus tard Raphaël attribua, à cause de son extrême perfection, à Phidias ou à Praxitèle, et Noire-Dame de Pitié, groupe fameux qu'on voit à St-Pierre-, parmi ses tableaux, la Ste-Famille et le grand carton de la Guerre de Pise (à Florence). Jules II fixa Michel-Ange à Rome et le chargea d'édifier son mausolée : quoique inachevé, ce monument est un de ses chefs-d'œuvre; à la même époque, il peignit àfres-que, pour la grande voûte de la chapelle Sixtine, le Jugement dernier, composition non moins admirable en son genre que la précédente : il y travailla 8 ans. Il jouit également de la faveur des papes Léon X, Paul III et Jules III. Il ne commença que vers 40 ans à s'adonner à l'architecture, et ne tarda pas à y surpasser tous ses rivaux. Nommé en 1546, à 72 ans, architecte de la basilique de St-Pierre, il réforma les plans de ses prédécesseurs et mit le sceau à sa réputation en donnant le dessin de la Coupole, le plus bel ouvrage de l'architecture moderne. Il y travaillait encore lorsqu'il mourut. Outre la basilique de St-Pierre il construisit à Rome le palais des Conservateurs, le Musée capitolin et la place du Capitale-avec sa belle montée. Tous s'accordent à placer Michel-Ange au premier rang comme peintre, comme sculpteur et comme architecte ; on ne se lasse pas d'admirer son Jugement dernier, sa statue colossale de Moïse (destinée au mausolée de Jules II), dans l'église de St-Pierre-aux-Liens, et enfin sa magnifique coupole ; il est considéré comme le plus parfait et le plus savant desdessinateurs, ce qu'il faut attribuer à l'étude approfondie qu'il avait faite de l'anatomie en disséquant lui-même. On trouve des beautés de tous les genres dans ses ouvrages; cependant ce qui s'y fait remarquer surtout, c'est le grandiose, l'austérité, la fermeté, la noblesse. Michel-Ange était aussi poète : on a de lui des Poésies légères (stances, sonnets, etc.), publiées en 1623 par son petit-neveu, Michel-Ange Buonarotti, dit le Jeune (1558-1646), poète lui-même, auteur de la Fiera, de "la Tancia, coméd. estimées. Les poésies de Michel-Ange ont été trad. en français par Varcollier, Paris, 1825, et par Lannau-Rolla'nd , 1859. Plusieurs manuscrits, ains-qu'une vaste correspondance de Michel-Ange, ont été récemment retrouvés et ont été publ. à Florence en 1862. Ce grand artiste n'avait d'autre passion que son art. toujours sérieux et méditatif, il était insensible à la richesse et aux aisances de la vie, austère dans ses moeurs, religieux et charitable. Sa Vt'e a été écrite par Vasari (dans ses Vies des peintres), par Condivi, Rome, 1533 (trad. par Hauchecorne, 1783), par Quatremère de Quincy, 1835, et, en allemand, par Hermann Grim, 1860.
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*MICHEL-ANGE BESBATAILLES OU DES BAMBOCHES (M. A.
*CERQuozzi/dit), peintre, né à Rome en 1600, m. en 1660, se fit remarquer dès l'âge de 13 ans par son talent pour le dessin. Il s'appliqua d'abord à peindre des batailles, des naufrages, des sujets historiques; maïs la renommée que Pierre deLaar dit le Bamboche s'était acquise dans un genre moins sérieux le décida à suivre la manière de cet artiste, ce qui lui fit donner le surnom de Michel-Ange des Bamboches. On cite parmi ses nombreux ouvrages les tableaux qu'il exécuta pourle cloître de St-Andrédelle Grotte à Rome, où il a retracé quelques traits de la vie de S. François de Paule; le Départ d'un courrier de l'armée; S. Jean prêchant dans le désert ; la Place du marché de Naples, oïl des lazzaroni applaudissent à une harangue de Mazaniello: une Troupe de charlatans, au Louvre.
*MICHELI, famille qui a fourni plusieurs doges à Venise. Le plus connu, Dominique M., doge de 1116 à 1130, alla en 1120 porter des secours à Baudoin II, roi de Jérusalem, battit la flotte du sultan près de Joppé et contribua beaucoup à la prise de Tyr en 1124.
*MICïlELOZZI (MICHELOZZO), architecte et sculpteur florentin, né vers 1400, m. vers 1468, était l'ami de Cosme de Médicis et le suivit dans son exil à Venise (1433). Élève de Brunelleschi pour l'architecture et de Donato pour la sculpture, il a élevé et orné un grand nombre de monuments, dont les principaux sont : le couventde St-Maro, à Venise ;le palais de Médicis.auj. Ricardi, a Florence; la chapelle des Médicis à Ste-Croix dans la même ville; la villa Mozzi, à Fiesole; la villa Orsi, à Careggi. On lui doit aussi les réparations du vieux palais de Florence.
*MICHIGAN, un des grands lacs des Etats-Unis, dans l'État de Michigan. entre le lac Supérieur à l'O. et le lac Huron à l'E., par 41° 3Û'-45° lat. N. et 87° 30'-89° 50' long. O., n'a pas moins de 500 kil. sur 160, avec une profondeur moyenne de275"; les plus gros vaisseaux y naviguent. La rivière de Mi-chillimackinac l'unit au lac Huron.
*MICHIGAN, un des États-Unis del'Amérique du Nord, sur la frontière septentrionale, entre les lacs Supérieur au N., Érié à l'O. et Huron à l'E., les États d'Ohio et d'Inciiana au S. et de Wisconsin à l'E. ,a 580 k. sur 310 et compte plus de 400 000 h.; ch.-l., Détroit, puis Langsing (1847). Il doit son nom au lac Michigan qui le borne à l'O. Climat tempéré, salubre, quoique humide et un peu froid. Gibier et poisson en abondance.—Les Hurons occupaient jadis cette contrée; ils en furent chassés parles Iroquois. Les Français lacolonisèrentauxvir s. : ils y fondèrent la ville de Détroit; à la suite des guerres du Canada, ils cédèrent, en 1763, le pays aux Anglais, qui, en 1796, furent obligés de l'abandonner aux États-Unis. Érigé en territoire en 1805, le Michigan fut admis dans l'Union comme État en 1836.
*MICHaLI-MACKINAC, nomdonnéàuneîlesituée dans le détroit qui unit les lacs Huron et Michigan, et à ce détroit lui-même. Ce nom, qui signifie grande tortue, lui a été donné à cause de la forme de l'île.
*MICHOL, fille de Saûl, épousa David et favorisa sa fuite quand il était menacé par la fureur du roi; mais, l'ayant raillé plus tard de ce qu'il dansait devant l'arche, elle fut, en punition, frappée de stérilité.
*ÎHCIPSA, fils de Massinissa, roi des Numides, hérita des Etals de son père avec ses deux frères, Gu-lussa et Manastabal, qui moururent avant lui et le laissèrent seul maître. 11 gouverna sous la protection de Rome, et partagea en mourant son empire entre ses fils Hiempsal et Adkerbal, et Jugurtha, son neveu. Il avait régné 30 ans, de 149 à 119 av. J.-C.
*MICKIEWICZ (Adam), poëte polonais, né en 1798
en Lithuanie, d'une famille noble, mais pauvre, m. en 1856, était professeur à l'école de Kowno lorsqu'il fut incarcéré, puis exilé en Russie à cause de son esprit d'indépendance(1824). Il fit paraître à St-Péters-bourg en 1828 le poème de Konrad Wallenrod, qui contribua à réveiller dans la jeunesse polonaise le sentiment national; obtint l'année suivante la permission de voyager à. l'étranger, visita l'Allemagne, la France, l'Italie; ne put prendre part, en. 1830, à la révolution dé la Pologne, mais anima l'ardeur de ses compatriotes par son Ode à la jeunes.se; vint à Paris en 1831, y fit paraître de nouvelles poésies et y composa le Livre des pèlerins polonais, où il peint les malheurs de sa patrie, ainsi que Monsieur Tha-dée, tableau fidèle des mœurs de la Lithuanie. Il fut appelé en 1840, à une chaire de littérature slave au Collège de France, mais il se fit suspendre au bout de quelques années, pour avoir fait de sa chaire une tribune politique. Il fut néanmoins nommé bibliothécaire à l'Arsenal et.chargé en 1855 d'une mission en Orient : il mourutpendadt cette mission, à Con-stantinople, atteint du choléra. Comme poète, ses compatriotes l'égalent à Byronet à Goelhe.Ses OEu-vres ont été réunies à Paris en 8 vol. in-8 (1838 et ann. suiv.). Longtemps proscrites en Russie, elles y ont été autorisées après, sa mort par l'empereur Alexandre II. La plupart ont été traduites enfrançais : le livre des pèlerins, par M. de Montalembert, les autres par M. Chr. Ostrowski. Une statue lui a été élevée par ses compatriotes et une souscription nationale a pourvu, après sa mort, aux besoins de sa famille. Mickiewicz avait dans ses dernières années embrassé le Messianisme, nouvelle doctrine Religieuse, qu'il prêcha avec plus de ferveur que de succès.
*MICÔN, peintre grecdu v° s. av. J.-C., peignit avec Polygnote le portique duPœcile, à Athènes, et décora le temple de Thésée. On lui reprochait d'avoir représenté, dans un tableau de la batailla de Marathon, les Perses d'une faille plus élevée que les Grecs.
*MICRONÉSIE (c-à-d. Petites îles), nom sous lequel on a désigné une des divisions de l'Oclanie, celle qui réunit les plus petites îles. V. OCEANIE.
*MIDAS, roi de la partie de la Phrygie où coule le Pactole. Bacchus, qu'il avait accueilli dans ses États, promit de lui accorder tout ce qu'il demanderait : Midas demanda le pouvoir de changer en or tout ce qu'il toucherait; son vœu fut exaucé; mais bientôt, voyant se transformer ainsi .sous sa main, même les mets qu'il portait à sa bouche, il reconnut' l'imprudence de sa demande. Le dieu, pourle délivrer de ce funeste don, le fit baigner dans le Pactole, qui de- -puis, dit-on, roula de l'or dans ses flots. On raconte aussi que Midas ayant préféré Pân à Apollon dans le combat de la lyre et de la flûte, le dieu irrité chan- . gea ses oreilles en_oreilles d'âne. Midas réussit à cacher à tous cette difformité, .excepté à sou barbier, qui, ne pouvant garder le secret, le confia à la terre, après y avoir creusé un fossé qu'il se hâta de combler; mais à cette place crûrent des roseaux qui, au moindre souffle du vent, trahissaient lé secret en répétant les paroles du barbier:
Midas, le roi Midas a des oreilles d'âne.
*MIDDELBOURG, Medioburgum-, v. jadis forte du roy. de Hollande (Zélande), dans l'Ile de Walcheren,, à 136 kil. S. O. d'Amsterdam; 18 000 hab.Un canal de 2 kil., au bout duquel se trouve le petit port de _ Ramkens, la met en communication avec l'Escaut. Quelques belles rues, places spacieuses, 5. ou 6 monuments : l'hôtelde ville, l'hôtel du gouvernement, celui des anc Compagnies des Indes occidentales et : orientales, l'arsenal, la fonderie, la bourse,, etc. Aca- -demie de peinture, sculpture et architecture; bibliothèque, musée, cabinet d'histoire naturelle; industrie : savon, vinaigre; fonderies en cuivre'; tannerie, passementeries, etc. Commerce .actif de;sel et de grains. — Middelbourg tire son nom de si situation au milieu de l'île da "Walcheren; son importance né date que du xn" siècle ; elle eut le titre d'évêché pendant 13 ans (1561-74). Prise aux Espagnols par les confédérés en 1574; par les Français en 1795. Comprise d'abord dans le dép. i ançais de l'Escaut, elle devint ensuite le ch.-l. de celui des Bouches-de-l'Escaut. Les Anglais l'occupèrent un instant en 1809. Depuis, les fortifications ont été démolies.
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*MIDDLESEX, comté d'Angleterre , entre ceux d'Hertford au N., d'Essex à l'E., de Buckingham à l'O. et de Surrey au S., a pour ch.-l. Londres et pour autres lieux Uxbridge et Staine; 1 576 616 h. (non compris Londres). Quelques petites collines ; plusieurs rivières : Tamise .Brent, Colne; sol argileux ou maigre, mais bien cultivé; jardins maraîchers d'un immense produit; nombreuses maisons de campagne. Industrie extraordinairement ictive.
*MIDDLETON(coNYERs),écrivain anglais,né à Rich-mond en 1683, m. en 1760, embrassa l'état ecclésiastique, devinten 1717 docteur de l'Université de Cambridge et en 1723 bibliothécaire de cette université. 11 eut de vifs démêlés avec Bentley, ainsi qu'avec plusieurs autres théologiens de son temps. Son principal ouvrage est une Vie de Cicéron, 1741 ', qui a obtenu un succès mérité, et qui a été trad. en français par l'abbé Prévost. On a de lui plusieurs autres écrits quil'ontfaitsoupçonnerd'incrédulité,£«Mre de Rome, 1729 (il veut y démontrer la conformité du Catholicisme et du Paganisme); Libres recherches sur le don des miracles, 1748; Examen d'un discours de Sherlock sur les prophéties, 1750.
*MIDDLETOWN, V. des États-Unis (Connecticut),
sur le Connecticut, à 24 kil. S. d'Hartford ; 6000 hab.
Université {wesleyenne), fondée en 1831 et dirigée
par les Méthodistes. Lainages, armes blanches et à
feu, moulins à papier et à poudre, distilleries, etc.
MIDÉE, v. de la Grèce anc (Argolide), au N. E. de
Tirynthe. Les Spartiates y remportèrent sur les Ar-
cadiens et les Argiens la victoire sans larmes, ainsi
appelée parce qu'elle ne coûta pas un homme aux
vainqueurs (367 av. J.-C).
*MIDI (Canal du), dit aussi Canal du Languedoc ou
! des Deux-Mers, canal qui, faisant suite à la Garonne,
g traverse tout le midi de la France et fait ainsi com-
: muniquer l'Atlantique avec la Méditerranée. Il com-
1 mence dans le dép. de la Hte-Garonne, sur la r. dr.
\ de la Garonne-, à 2 kil. au-dessous de Toulouse; se
l dirige au S. E., entre dans le dép. de l'Aude, et, se
* portant ensuite à l'E., débouche près d'Agde dans
| l'étang deThàu (Hérault), qui communique avec la
1 Méditerranée. Son développement est de 240 kil.; sa
; largeurestde20metsa profondeur de 2m; on y compte
1 100 écluses. — Ce canal est de la plus haute impor-
| tance pour le commerce de la France méridionale.
j Le projet en fut formé sous François I et les premiè-
| res études eurent lieu sous Henri IV ; mais il ne fut
I exécuté que sous Louis XIV, grâce à l'appui de Col-
| bert, au génie et au dévouement de Riquet et d'An-
j dréossi. Décrété en 1666, le canal fut ouvert en 1681.
| MIDI (Pic du), montagne de la chaîne des Pyré-
3 nées (B.-Pyrénées), à 40 kil. S. d'Oloron; 2880° de
| haut. Elle donne naissance au gave d'Ossau.—Autre
§ montagne des'Pyrénées, à 13 kil. S. de Bagnères
? de Bigorre, aenv. 3000° de haut.
*MIDLE, anc royaume d'Irlande, réuni depuis à la Lagénie (Leinster), répond aux 2 comtés de ileath.
*MID-LOTHIAN. Y. LOTHIAN (MID-).
*MIDOUZÈ , riv. de France , se forme à Mont-de-Marsan (Landes) par la réunion du Midou et de la Douze, et tombe dans l'Adour au-dessous de Tartas.
*MIÉCISLAS I, duc de Pologne de 962 à 992, de la race des Piasts, se convertit en 965, à la persuasion de sa femme Dombrowska, fille de Boleslas I, roi de Bohême, et proscrivit l'idolâtrie dans ses Etats. Il fit hommage à l'emp. Othon pour ses provinces situées entre l'Elbe et l'Oder. — il, fils de Boleslas ^hrobry et petit-fils du précéd., succéda à son père en 1025, perdit une partie des conquêtes faites par lui, et laissa établir aux dépens de ses possessions les principautés de Mecklembourg, de Brandebourg, de Holstein, de Lubeck, etc. Il tomba en démence par suite de. ses débauches, et mourut en 1037.
===MIE===
*MIEL (Jean), peintre flamand. V. MEEL.
*MD3LAN , ch.-l. de cant. (Gers), à 13 kil. S. de Mirande; 2000 h. Commerce de moutons; vins.
*MIEREVELT ou MIRVELT (Michel), peintre hollandais, né à Delft en 1567, m. en 1641, était fils d'un riche orfèvre et fut d'abord graveur. Après avoir cultivé le genre de l'histoire, il se consacra au portrait et se plaça au 1er rang dans ce genre. Quoiqu'il n'égale ni Van Dyck, ni le Titien, il jouit d'une brillante réputation et il la mérite : il observait finement la nature, peignait avec vigueur et rendait très-bien les caractères. Le Louvre possède de cetartiste 2 portraits d'homme et un portrait de femme.
*MIÊRIS, famille de peintres hollandais très-distingués.—François M., né à Delft en 1635, m. en 168.1, étudia sous Gérard Dow et ne tarda pas à devenir la meilleur élève de cet artiste; mais il abrégea ses jour ; en se livrant aux excès du vin. François est sortb.it remarquable par l'extrême fini de ses ouvrages: il reproduisait habilement le velours, le satin et les fourrures-, son coloris est brillant, énergique, et sa touche moelleuse. Le nombre de ses tableaux est très-considérable. Le musée du Louvre possède de lui : une Femme à sa toilette, servie par une négresse ; Deux Dames prenant le thé dans un salon, etc.— Guillaume M., fils du précédent, né à Leyde en 1662, m. en 1747, fut élève de son père, et annonça dès l'enfance le talent d'un maître. Après s'être livré au genre dans lequel son père s'était acquis tant de renommée, il étudia le genre de l'histoire et amassa une fortune considérable. Il savait avec ui.e égale supériorité peindre le paysage, modeler en terre et en cire ; mais il copiait trop mécaniquement la nature. On peut vo i r au Louvre 3 de ses tableaux: un Jeune Garçon faisant des bulles de savon; le Marchand de gibier; une Cuisinière accrochant une volaille à sa fenêtre. Parmi ses tableaux d'histoire, on cite : une Ste Famille, un Triomphe de Bacchus et un Jugement de Paris. On connaît aussi de lui quatre Vases, sur lesquels il avait modelé des Bacchanales. — François M., dit le Jeune, fils et élève de Guillaume, né à Leyde en 1689, m. en 1763, a peint des intérieurs de ménage, des boutiques de fruitières et des magasins, où se trouvent de petites figures en harmonie avec les lieux; le dessin en est pur, le coloris agréable, et l'exécution fort soignée. Il a fait aussi de petits tableaux d'histoire et des portraits. Au talent de la peinture, il joignait la science de l'antiquaire et du numismate : il forma une collection considérable des archives et des chartes nationales. Il a donné, en hollandais : Monnaies et Sceaux des évêques d'Utrecht, Leyde, 1726; .Hist. des princes des Pays-Bas , 1732-35 (c'est l'histoire métallique de ce pays); Mémoire sur la féodalité du comité de Hollande, 1743; Grand Recueil des Chartes de Hollande, de Zélande et de Frise, 1753-56; Description et histoire de la ville de Leyde, 1762-70.
*MIGNARD (Nicolas), peintre et graveur, néen 1608, à Troyes en Champagne, mort en 1668, visita l'Italie, puis s'établit à Avignon, où il peignit pour un ' amateur les Amours de Théagène et de Chariclêe, et où il se maria, ce qui le fait surnommer Mignari d'Avignon. Appelé à Paris par Mazarin, il fut chargé par Louis XIV de décorer plusieurs appartements du rez-de-chaussée des Tuileries. Il fut reçu à l'Académie en 1663 et en devint recteur. Ses compositions sont ingénieuses, ses attitudes gracieuses et son coloris brillant. Il a laissé cinq planches gravées d'après les peintures faites par Annibal Carrache pour la galerie Farnèse. — Pierre Mignard, frère du précéd., plus célèbre que lui, né à Troyes en 1610, mort en 1695, est nommé le Romain parce qu'il séjourna longtemps à Rome. Il fut rappelé d'i-talie en France par Louis XIV, et peignit a fresque la coupole du Val-de-Grâce, ainsi que la petite ga-
MIL A. — 1254 — MtLA
lene de Versailles. Après la mort de Lebrun, avec lequel il était en hostilité, il fut nommé premier peintre du roi et directeur de l'Académie de peinture. Il excellait dans le portrait et était le meilleur coloriste de son temps. Parmi ses nombreux ouvrages, on admire les portraits d'Urbain VIII, d'Alexandre VII, du Doge de Venise, du Grand Dauphin, de Mme de Maintenon, surtout la Vierge présentant une grappe à l'Enfant Jésus, S. Luc peignant la Vierge, une Ste Cécile, et S. Charles donnant la communion à des mourants. On estime aussi 12 dessins qu'il fit pour le cardinal Du Plessis d'après les tableaux d'An-nibal Carrache, et qui sont auj. au musée du Louvre. P. Mignard se distingue par le naturel, la vérité de l'expression; son pinceau est moelleux et a de la grâce, mais aussi une certaine mollesse et une certaine afféterie.
*MIGNON (Abraham), peintre de fleurs, né en 1639 à Franefort-sur-le-Mein, m. en 1679, était élève de David de Heem. Ses tableaux dessinés avec précision, peints avec patience, se distinguent par une imagination inventive, un agencement plein de goût, un coloris vigoureux ; mais on y trouve un peu de roideur. Le Louvre possède 5 beaux tableaux de lui.
*MIGNONS, favoris du roi Henri III, compagnons de ses débauches: tels étaient Quélus, Maugiron, St-Mégrin, Joyeuse, Ëpernon, St-Luc, Livarot, etc.
*MIGNOT (Jacq.), pâtissier-traiteur de Paris, est devenu célèbre par un trait satirique de Boileau :
Car Mignot, c'est tout dire, et dans le monae entier Jamais empoisonneur ne sut mieux son métier.
Pour se venger, il fit imprimer une satire de Cotin contre loileau et s'en servit comme d'enveloppe pour ses biscuits : il obtint ainsi la vogue et fit fortune.
*MIGSO r (Etienne), docteur de Sorbonne, né en 1698 à Paris, m. en 1771, était membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. On a de lui : Discours sur l'accord des sciences et des lettres avec, la religion, 1753; des Droits de l'État et du prince sur les biens du clergé, 1755; Mémoires sur les libertés de l'Église gallicane, 1756; Histoire du démêlé de Henri II avec S. Xliomas de Cantorbéry, 1756; Hist. de la réception du concile de Trente, 1756.
*MIGNOT (l'abbé V.), abbé de Sceilières, neveu de Voltaire, né à Paris en 1730, mort en 1790, était con-seiller-clerc au grand conseil. C'estlui qui recueillit le corps de Voltaire. On a de lui : Histoire de l'impératrice Irène, 1762; — de Jeanne 1, reine de ïïaples, 1764; —de Ferdinand et Isabelle, 1766; — de l'Empire ottoman, 1771, ouvrage estimé; des traductions françaises des traités de Cicéron Sur l'Amitié et la Vieillesse, 1780, ainsi que de Quinte-Curce, 1781.
*MILAH, Milevis, v. d'Algérie (Constantine),près du Rummel, à 35 kil. N. O. de Constantine; 3000 h. Site délicieux; belle fontaine romaine. Ancien évê-ché.Il se tint deux concilesà Milève, en 402 eten 416. Cette ville fut occupée par les Français en 1838.
*MILAN, dite la Grande, Mediolanumeo latin, Mi-lanoen italien, grande v. du roy. d'Italie, capitale de la Lombardie, sur la r. g. del'Olona, à 835 kil. S. E. de Paris (par Genève et le Simplon) ; 220 000 hab. Cheminsde fer pour Venise, Monza, Plaisance, etc. Archevêché (dont S. Ambroise et S. Charles Borro-mée furent titulaires); résidence des hautes autorités; cour d'appel; académie royale des arts et sciences; académie de sculpture, d'architecture, des arts et manufactures; université, lycées, gymnases, etc. Rues belles en général, surtout celles qui conduisent aux Corsi. Superbe place du château (l'ancien (oro Bonaparte), plantée de plus de 10 000 pieds d'ar-ore; place d'Armes; arc de triomphe inachevé; cirque (qui peut contenir 30 000 spectateurs); vaste ca-théd raie gothique de St-Charles, diteiï Duomo ; belles églises de St-Alexandre, St-Laurent, St-Ambroise, Ste-Marie de la Passion; palais royal des sciences et arts, avec observatoire ; galerie de tableaux et statues, musée, célèbre bibliothèque dite Ambrosienne qui
contient plus de 15000 manuscrits, bibliothèque do laBrera, avec musée et. cabinet d'histoire naturelle; palais du gouvernement, palais Marini ; vaste théâtre délia ScaZœ,-superbe caserne, vaste hôpital, lazaret. Industrie active et variée: soieries, lainages, coutellerie, chapellerie, faïence, glaces .orfèvrerie,; coraux, livres, instruments de mathématiques et d'astronomie, ouvrages en ivoire, albâtre, bronze; riz, fromages, etc. Patrie du poète Caîciliuset de Valère-Maxime chez les anciens; et,chez les modernes, d'Alciat, Ca-valieri, Beccaria, Verri, Maria Agnesi, Manzoni, et de plusieurs papes (Alexandre II, Urbain III, Grégoire XIV, etc.).— Milan fut fondée par le Gaulois Bellovèse vers l'an 687 av. J.-C., et fut d'abord la capitale des Insubres. Lorsque les Romains se furent emparés du pays, 195 av. J.-C., son importance fut éclipsée par Modène et Mantoue; mais au }!• siècle elle redevint la 1" de la province. Aum*, Maximien en fit sa capitale : c'est à Milan que Constantin rendit le célèbre édit en faveur des Chrétiens. 313. Sous les Lombards, elle ne fut que la "%° ville au royaume (Pavie était la capitale), La destruction de cet Etat par Charlemagnelui rendit le premier rangdans l'Italie septeat., et depuis elle l'a toujours gardé. Sous la maison de Franconie, elle s'affranchit de l'oppression soit de ses seigneurs, soit des évêques,se constitua de fait en république presque indépendante, et ne releva plus que nominalement du roy. d'Italie. Sous les Hohenstaufen, elle fut le centre de la résistance italienne aux prétentions des Allemands et devint la ville guelfe par excellence. A cette époque (1153), elle asservit plusieurs Villes voisines', Lodi, Corne, etc. Frédéric I réprima ses empiétements et punit sa rébellion en la détruisant de fond en comble, 1162; mais elle se releva bientôt Dès 1161/Milan était à la tête de la Ligue lombarde, qui finit par remporter la victoire de Legnano (1176) et dicta la paix de Constance (1183). De 1257 à 1535,'elle l'ut régie successivement par les maisons Délia Torre, Visconti, Sforza, sous lesquelles elle s'assujettit de nouvelles cités, formant ainsi le noyau du futur duché de Milan (V. ci-après). Cette ville eut souvent à souffrir pendant les guerres livrées aux xv° et xvi" siècles pour la possession du duché de Milan. Les Français l'occupèrent en 1499 et 1796. En 1800 elle devint la capitale delaRépublique Cisalpine, et en 1805 du royaume d'Italie : elle était en même temps? le ch.-l. du dép. de l'Oiona. Attribuée à l'Autriche en 1815, elle fut la capit. du roy. Lombard-Vénitien. Elle secoua an instant le joug des Autrichiens en mars 1848, mais elle y_ fut replacée dès l'année suivante. Enfin en 1859, Milan fut délivrée à la suite de la victoire de Magenta-.l'empereur Napoléon III et le roi de Sardaigne y firent leur entrée solennelle le 6 juin.
*MILAN (gouvt de), une des deux grandes divisions de l'anc royaume Lombard-Vénitien que possédait l'Autriche, répondait à la Lombardie actuelle, augmentée de Mantoue et de Pesohiera. V. LOMBARDIE.
*MILAN (Duché de), MILANEZ OU MILANAIS, anc division de l'Italie septentrionale, ainsi nommée de Milan, sa capitale, était borné au N. par la Suisse, à l'E. par les possessions vénitiennes et le duché de Mantoue, au S. par le Pô et à l'O. par le Piémont— Après avoir fait successivement partie de la Gaule Transpadane, de la monarchie des Lombards, de celle de Charlemagne, ce pays passa, dans le courant du x" siècle, aux mains des empereurs d'Allemagne; pendant les guerresentrel'eropireetlapapauté, !s'é-rigeaenune sorte de république vassale de l'empire, etfut régi par plusieurs grandes familles, notamment par les Délia torre à partir de 1257, et parles Visconti dès 1277. Sous ces derniers, l'empereur Wen-ceslas érigea le Milanais en duché en faveur de Jean Galéas Visconti (1395). aux Visconti succédèrent les Sforce(1450), en la personne de François Sfôrce. De 1499 à 1547 les rois de France Louis XII et François I disputèrent aux empereurs lapossession du Milanais, sur lequel ils avaient des droits du chef de.Valëntine
*
*MILE — 1255 — JUILL
Visconti, femme de Louis I d'Orléans, frère de Charles VI. Après la mort du dernier des Sforces, François Marie, en 1535, Charles-Quint investit de ce duché son fils Philippe II (depuis roi d'Espagne), 1540. Les successeurs de ce prince le possédèrent jusqu'en 1700 Pendant la guerre de la succession d'Espagne, l'Autriche s'empara du Milanais et les traités lui en confirmèrent la possession. Elle en céda néanmoins plusieurs parties au roi deSardaigne pour prix de son concours aux deux guerres de succession d'Espagne et d'Autriche, notamment les provinces d'Alexandrie, de Valence, de Lomelline, le val de Sesia, Tortone, Novare, etc. Diminué ainsi d'un grand tiers, le duché de Milan comprenait encore : 1° le Milanais proprement dit (Milan, Monza, Merate, Cassano, Bicocca, Marignan); 2°partiedu canton d'Anghiera; 3° Corne et son territoire; 4" le Pavesan; 5" leLodesan; 6° le Crémonais; le Mantouan y fut réuni en 1785. Le Milanais fut envahi par les Français à la fin du xvme siècle : le traité de Campo-Formio (1797) le fit entrer dans la République Cisalpine, d'où il passa dans le roy. d'Italie (1805). En 1815 il fut donné à l'Autriche et forma la plus grande partie du gouvt de Milan dans le roy. Lombard-Vénitien. Enlevé à l'Autriche en 1859 par les armées combinées de la France et de la Sardaigne, il a été réuni en 1860 au royaume d'Italie. — Voici les noms des capitaines, seigneurs et dues de Milan depuis 1257 :
1. Délia Torre. 1395), 1378-1402
Martin, 1257 J.-Marie, 1402
Philippe, 1263 Philip.-Marie, 1412-1447
Napoléon, 1265-1277 3. Sforces.
2. Yisconti. François, 1450
Othon, 1277 Galéas-Marie, 1466
; Matthieu I, 1295 Jean-Galéas-Marie, 1476
Galéas, 1322 Ludovic ou Louis, dit
Azzon, 1328 Ludovic le Maure, 1494
Luchin, 1339 (Louis XII, roi de
- Jean, 1349 France), 1500
= Matthieu II, 1354 Maximilien, 1512
I Galéas II, 1356-1378 (François I, roi de
; Barnabo, 1356-1385 France), 1515
| J.-Galéas (duc à partir de François-Marie, 1521-35
1 MILANAIS, MILANEZ. Y. MILAN (duché de).
1 MLLANÈSE (le), peintre. Y. FERRARI.
I MILAZZO. Y. MELAZZO.
i MILBERT (J. Gérard), peintre naturaliste, né à
; Paris en 1766, m. en 1840, partit comme dessinateur
I avec l'expédition d e Baudin aux terres australes ( 1800-
îj 1804), fut forcé par l'état de sa santé de s'arrêter à l'île
ï de France, recueillit dans cette lie de précieux ma-
| tériaux qu'il publia sous le titre de Foi/âge pittoresque
S à Vile de France (1812), alla ensuite explorer lesÉtats-
I Unis, et fit paraître de 1827 à 1829 l'Itinéraire pitto-
; resque du fleuve Hudson et de l'Amérique du Nord.
i MILET, Milelus, v. de l'Asie-Mineure, la plus cé-
j lèbre des colonies ioniennes, était située sur la côte
s occid. de la Carie, près du golfe Latmique, à l'extré-
| mité S. de l'Ionie, au N. et près de la Doride. Elle
| était divisée par un mur en deux villes et avait 4 ports.
j Près et au S. de la ville était un temple célèbre d'A-
f pollon Didyméen, avec un oracle confié à la garde
| des Branclïides. Fondée par des Cretois, mais renou-
| velée par les Ioniens, elle était déjà puissante en 750
f av. J.-C. et elle prit le premier rang dans la confé-
j dération ionienne par l'industrie, le commerce, la
? puissance politique, la richesse et le luxe : elle fonda a près de 300 colonies, entre autres, en Egypte, Nau-j cratis et Chemnis; sur les côtes de la Propontide | et du Pont-Euxin, Cyzique, Sinope, Abydos, Istro-a polis, Tomi, Olbia ou Milétopolis. Apollonia, Odessus, | Panticapée; elle tint jusqu'à 100 vaisseaux de guerre g équipés, et fut sans contredit, du vic au iv* siècle av. a J.-C, la première puissance commerciale du monde g ancien après Tyr et Carthage; mais les mœurs y
? étaientfcrtdissolues. Les laines etlapourpredeMilet 3 étaient renommées. Thaïes vint vers 587 av. J.-C. se 3 fixer dans cette ville ; les philosophes Anaximandre et
Anaximène, les historiens Hécatée et Cadmus, l'orateur Eschine, Aspasie, Aristide le conteur, y étaient nés : ce dernier est le Ie' auteur de ces contes licencieux que l'antiquité appelait Mïlésiaques.—Après être restée longtemps indépendante, Milet fi't prises et pillée par les Perses ; en 504 av. J.-C., son gouverneur, Anstagoras, fit soulever toute l'Iomé contre Darius I", et par là provoqua les guerres Médiques. Dévastée par Alexandre, enlevée aux successeurs de ce prince par les Romains, Milet a été presque détruite par les Turcs ou les Mongols. Il ne reste que quelques ruines du temple d'Apollon, mais la ville même est ensevelie dans un lac formé" par le Méandre. On a cru à tort en retrouver les ruines à Palatcha.
*MILETO, v.d'Italie (Calabre Ultérieure II"), à 16 k. N. E.de Nicotera; 2400 hab. Ëvêché. Presque détruite en 1783 par un tremblement de terre.
*MILETOPOLIS. Y. OLBIA.
*MILEVIS. V. MILAH.
*M1LFORD, v. d'Angleterre (Pembroke), dans le pays de Galles, sur la baie de Milford-Haven, à 9 kil. N. O.de Pembroke; 6000 hab. Port vaste et sûr, l'un des meilleurs mouillages de l'Angleterre. Paquebots pour l'Irlande.
*MILHAU ou MILHAUD, Mmilianum, ch.-l. d'arr, (Aveyron), dans l'anc Rouergue, sur le Tarn, à 49k. S. E. de Rhodez; 10 450 hab. Trib. de lrc inst. et de commerce, collège. Chemin de fer (pour Rhodez); mes étroites, mais bien bâties; église catholique, consistoire protestant, hôpital, fabriques de draps, serges et gants; tanneries; fromages, etc.—Ville jadis fortifiée et titre d'une vicomte; longtemps possédée par les Réformés, qui y tinrent de célèbres assemblées en 1574, 1575 et 1620. Prise en 1629 par Louis XIII, qui en rasa les fortifications. Patrie de Bonald. '
*MiLHAU-LES-viGNEs,bgdudép. duGard, à7 k. S.O. de Nîmes; 1300 h. Vignes et eau-de-vie renommées.
*MILIANA, Malliana, v. d'Algérie (prov. d'Alger),. ch.-l. de subdivision militaire, au pied du Djebel-Mi-liana et près du Chéiif, à 120 k. O. S. O. d'Alger; env.5000h. Maisons couvertes en tuiles rouges; eau excellente. Nombreuses ruines. On croit que le fils de Pompée mourut dans cette ville. — Occupée en 1834 par Abd-el-Kader, à qui elle fut enlevée par le maréchal Valée en 1840. Érigée en commune en 1854.
*MILIZIA (Francesco), architecte et écrivain, né en 1725àOria (Terre d'Otrante), m. àRome enl798, est surtout connu par les ouvrages qu'il écrivit sur son art. Les principaux sont : Memoriedegli architetti antichi e moderni, Parme, 1781 (c'est une histoire de l'art par les monuments, en même temps qu'une biographie); l.'arte di vedere nette belle arti.Venise, 1781 et 1823, livre de critique, où sont appréciés avec autorité les travaux les plus célèbres; Principi d'Architettura, 1781, traité plein de science et de goût. Les deux premiers ont été traduits parPomme-reul sous les titres d'Art de voir dans les beaux-arts, 1798, etd'Essaisurl'hisloiredel'architecture, 1819.
*MILLAS, ch.-l. de canton (Pyrénées-Orientales), sur le Tet, à 16 kil. O. de Perpignan ; 1300 hab.
*MLLLEDGEVILLE , v. des États-Unis (Géorgie), capit. de l'État; 4000 hab. Arsenal, pénitencie-, écoles; chemin de fer. Fondée en 1806.
*MILLÉNAIRES, sectaires chrétiens qui croyaient
qu'avant le jugement universel les élusdemeureraient
mille ans sur la terre pour jouir de toutes sortes de
plaisirs. Cette opinion se répandit dès le i*r siècle,
et elle s'est fréquemment reproduite depuis. v
*MILLER (Philippe), habile jardinier écossais, né en 1691, mort à Chelsea en 1771, a écrit : Diction-* naire du jardinier et du fleuriste, en angl., Lond., 1724; Catalogusplanlarumofficinalium qussin korto botanico Chelseiano aluntur, 1730; Dictionnaire des jardiniers, 1731, trad. par Chazelles, 1785-88; Calendrier du jardinier fleuriste, 1732, in-8, etc.
*MILLERY, bg de France (Rhône), à 16 kil. S. O.
de Lyon; 1600 hab. Excellents vins rouges. ?'
*MILLESIMO , bg d'Italie (Piémont),, sur la 'Ber-
*MILL — 1256 — M1L0
mida, à 22 kil. N. O. de Savone; 1200 hab. Bonaparte y remporta une de ses premières victoires sur les Autrichiens, le 14 avril 1796.—Le nom de Mille-simo a été donné à une colonie agricole créée en Algérie en 1848, dans le voisinage de Guelma.
*MILLEVOYE (Ch. Hubert), poète français, né en 1782 àAbbeville, m. en 1816, renonça au commerce de la librairie pour cultiver la poésie," concourut plusieurs fois pour les prix de poésie de l'Acadëmie française, etfut couronné pour 1Indépendance de l'homme de lettres, 1806; le Voyageur, 1807; la Mort de Ro-wou, 1811; la Mort de Gofân, 1812; Behunce, etc. Bprouvé par des chagrins d amour et sentant sa santé profondément altérée, il était retourné dans sa ville natale pour s'y rétablir; mais, ayant été rappelé à Paris par le soin de ses affaires, il y succomba Bientôt à une maladie de poitrine : il n'avait que 34 ans. Ses OEuvres complètes ont été publiées en 1822, avec une Notice sur sa vie par M. J. Dumas, et en 1833 (par Pongerviile). On y remarque les Plaisirs du poète, l'Amour maternel, Emma et Éyinard, et de belles Élégies. Pressentant sa fin, ce poète avait chanté lui-môme les approches de sa mort dans des vers touchants, tels que l'élégie du Poète mourant, la Chute des feuilles, la romance Priespourmoi, composée huit jours avant sa mort. On a aussi de Millevoye deux petits poèmes héroïques, Charlemagne à Pavie, en 6 chants, Alfred, en 4 chants, l'un et l'autre en vers de 10 syllabes; et des traductions en vers, assez estimées, des premiers chants de l'Iliade, des Bucoliques de Virgile, et de plusieurs Dialogues de Lucien. Ses Élégies, qui sont restées son principal titre, respirent un sentiment vrai et une douce mélancolie, mais on leur reproche certain abus de la sensibilité.
*MUXIN (Aubin Louis), naturaliste et archéologue, né à Paris en 1759, mort en 1818, apprit la plupart des langues modernes dans le but de se livrer aux lettres, puis étudia les sciences naturelles et fut l'un des fondateurs de la société Linnéenne. Arrêté en 1793, il fut sauvé par la révolution du 9 thermidor. Il succéda en 1794 à l'abbé Barthélémy dans la place de conservateur du cabinet des médailles, fut ensuite chef de division dans les bureaux de l'instruction publique , puis professeur d'histoire à l'école centrale de la Seine. 11 visita en 1811 l'Italie et la Sicile, et en rapporta de riches matériaux. 11 a publié un grand nombre d'ouvrages, dont plusieurs se ressentent de la précipitation avec laquelle il les rédigeait. Les principaux sont : Discours sur l'origine et les progrès de l'histoire naturelle en France, 1790; Minéralogie homérique, 1790; Antiquités nationales , 1790-98; Éléments d'histoire naturelle, 1794; Introduction à l'étude des monuments antiques, 1796-1811; Monuments antiques inédits, 1802-1804; Histoire métallique de la Révolution française, 1806; Dictionnaire des Beaux-Arts, 1806 (en partie traduit de Sulzer) ; Description des peintures et des vases dits étrusques, 1808-10; Galerie mythologique, 1811; Voyage dans le midi delà France, 1807; Voyage dans le Milanez, etc., 1817. Il avait fondé en 1792. avec Noël et Warens, le Magasin encyclopédique, journal scientifique dont la collection forme 122 vol. in-8, et il le rédigeajusqu'en 1816.
*MILLINGEN (John), archéologue, né à Londres en 1775, m. en 1845, consacra sa vie à la culture des arts et à. des voyages scientifiques. Il passa une partie de sa jeunesse à Paris et fut quelque temps attaché à la Monnaie, puis il visita l'Italie, résidant tantôt à Rome, tantôt à Naples ou à Florence. Il a laissé des écrits estimés, dont plusieurs rédigés en français : Peintures inédites de vases grecs, Rome, 1813; Voies grées de la collection de sirJ. Coghill-Bart, Rome, 1817; Monuments inédits de l'art grec dans les principales collections de la Grande-Bretagne, Londres, 1823-26; Monnaies anciennes des cités grecques, 1821-37. Il était depuis 1833 correspondant de l'Académie des inscriptions.
*MULLOT (l'abbé), historien, né en 1726, à 0»
nans en Franche-Comté, m. en 1785, entra jeune chez les Jésuites, professa les humanités dans plusieurs de leurs collèges, puis la rhétorique à celui de Lyon. Ayant encouru, la disgrâce de ses supérieurs pour avoir fait dans un de ses écrits l'éloge de Montesquieu , il quitta la Compagnie. L'archevêque de Lyon le nomma un de ses grands vicaires. Aprèsavoir prêché quelque temps sans grand succès, l'abbé Mil lot entreprit, dans le but d'être utile aux jeunes gens, de rédiger des livres élémentaires d'histoire. Ces ouvrages le firent connaître avantageusement, et il fut appelé en 1768 à une chaire d'histoire au collège de la Noblesse fondé à Parme par le marquis de Felino. En 1778, il fut nommé précepteur du duc d'Enghien. Il avait été reçu à l'Académie française en 1777. Outre des traductions et des discours académiques, on a de lui : Éléments de l'Histoire de France, Paris, 1767-69 (et 1806, avec continuation par Ch, Millon et Delisle de Sales); Éléments de VHistoire d'Angleterre, 1769 (et 1810, augmentés desrègnesde Georgell et de George III, par Ch. Millon) ; Éléments d'histoire générale ancienne et moderne, 1772-83; Histoire littéraire des Troubadours, mit (cet ouvrage a été fait sur les matériaux rassemblés par Safnte-Pa-laye); Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV et de Louis XV, rédigés sur les manuscrits du duc de Noailles, 1777. Les histoires de Millot sont écrites avec intérêt et lucidité; mais elles sont empreintes d'un esprit philosophique peu conforme aux principes dans lesquels il avait été élevé : ses Éléments d'Histoire générale sont à VIndex à Rome.
*MILLS (Ch.), historien, né près de Greenwich en 1788, m. en 1825, a publié : Hist. du Mahomètisme, Londres, 1817, ouvrage bien écrit, mais superficiel; Hist. des Croisades, 1819, ouvrage supérieur au précédent (trad. par M. F. Tiby, 1835); Voyage de Th. Ducas dans différentes contrées de l'Europe à l'époque de la renaissance des lettres, 1823; Hist. de la chevalerie, 1825.
*MILLY, ch.-l. de cant. (Seine-et-Oisa), à 24 kil. E. d'Ëtampes; 1950 h. Château gothique, assiégé par les Anglais sous Charles VII. Grains, chanvre.
*MILO, ffelos, Iledel'ËtatdeGrèce, dans l'Archipel, une des Cyclades méridionales, en face de laMorée, par 22° 5' long. E., 36» 43' lat. N.: 24kil. sur 16; env. 7000 hab.; ch.-l., Milo. Montagneuse et volcanique, mais fertile; mines de fer autrefois exploitées, soufre, alun, sources minérales. — Cette île, colonisée par les Phéniciens, puis par les Spartiates, fut conquise en 417 av. J.-C. par les Athéniens, qui la saccagèrent et en massacrèrent les habitants. Possédée successivement par les Grecs, par les Romains et les empereurs dOrient, elle fut réunie au duché latin de Naxos, et enfin soumise par les Turcs; elle était comprise dans le gouvtdu ca'pitan-pacha; auj. elle appartient au roy. de Grèce.—La v. de Milo, au S. E., necompte que500hab.Evêcliésgreo et catholique. Superbe port,nombreusesantiquités:rumes d'un temple et d'un magnifique amphithéâtre en marbre. En 1820, l'amiral Dumont d'Urville y trouva trois Hermès et la célèbre statue connue sous le nom de Vénus de Milo, qui est aujourd'hui au musée du Louvre; en 1836, le prince royal de Bavière y fit exécuter des fouilles, dans lesquelles on découvrit les restes d'un tribunal avec ses sièges; en 1844, on y explora des catacombes chrétiennes, les premières de ce genre qu'on ait trouvées en Grèce.
*MILOCH OBRENOWITCH , prince de Servie, né on 1780, m. en 1860, avait d'abord êtégardeur de pourceaux. Il se joignit à Czerny-Georges dès 18D1 pour secouer le joug des Turcs, fut après la mort de ce chef élu prince de Servie (1817) et se fit confirmer par la Porte. S'étant rendu odieux aux Serbes par son insolence et son despotisme, il fut forcé d'abdiquer en 1839 ; mais il parvint à ressaisir le pouvoir en 1858 et le laissa en mourant à son fils Michel.
*MILON, célèbre athlète, natif de Crotone, vivait au VI* s. av. J.-C. Il fut six fois vainqueur aux jeux
MIL! — 1257 — MILV
olympiques et sept aux jeux pythiques. II était d'une stature et d'une force prodigieuse : une fois il porta, dit-on, l'espace de 120 pas un bœuf sur ses épaules, puis il le tua d'un coup de poing. Ayant voulu, dans sa vieillesse, fendre avec ses mains, au milieu d'une forêt, un vieil arbre déjà entr'ouvert, les deux parties du tronc se rejoignirent et le retinrent captif: il fut dans cette attitude dévoré parles loups (vers 500). Pu-get a exécuté une belle statue de Milon.
*MILON (T. ANNIUS) , Romain célèbre par sa haine contre Clodius, avait épousé la fille de Sylla. Nommé tribun l'an 57 av. J.-C, il contribua puissamment au rappel de Cicéron, que Clodius avait fait exiler. Il brigua le consulat l'an 52 : il allait l'obtenir, quand, se voyant traversé par Clodius, il fit assassiner son rival par ses esclaves à la suite d'une rixe qui s'éleva sur une grande route où les deux ennemis s'étaient rencontrés. Traduit en jugement par ordre de Pompée pour cet acte de violence, il fut défendu par Cicéron; mais l'orateur, intimidé par la présence des soldats de Pompée et les menaces de la plèbe, ne déploya pas son éloquence habituelle (le discours Pro Milone que nous possédons n'est pas celui qu'il prononça) : Milon, désespérant de sa cause, s'exila volontairement avant que la sentence fût rendue. Il se retira à Marseille et y vécut en paix pendant cinq ans. Irrité de n'avoir pas été rappelé lors de l'avéne-ment de César à la dictature, il rentra en Italie à main armée et chercha à soulever la Campanie, mais il fut frappé mortellement d'un coup de pierre en assiégeant Compsa, 48 av. J.-C.
*MI1ORADOVITCH (Michel, comte de), général russe, né à St-Pétersbourg en 1770, fit toutes les guerres contre les Français de 1812 à 1814. Il se signala par une intrépidité à toute épreuve, ce qui le fit surnommer le Murât russe, mais il ignorait la tactique et affectait delà mépriser. Nommé en 1820 gouverneur de St-Pétersbourg, il fut tué en 1825 en voulant réprimer l'insurrection qui éclata dans cette ville lors de l'avènement de Nicolas I.
*MILTIADE, général athénien, conquit Lemnos et
les Cyclades, puis fut chargé par ses compatriotes,
vers 512 av. J.-C, de conduire une colonie dans la
Chersonèse deThrace, et réussit dans cette difficile
mission. Préposé par Darius, lors de son expédition
en Scythie, à la garde d'un pont que ce prince avait
jeté sur le Danube, il voulait rompre le pont afin de
? couper la retraite aux Perses et délivrerainsi les Grecs
d'Asie opprimés par Darius; mais, ses collègues s'é-
tant opposés à l'exécution de ce projet, il se vit obligé
; de se réfugier à Athènes. Lors de l'invasion eu Grèce
* de Datis et Artapherne, généraux de Darius, ilrem-
= porta sur eux, l'an 490 av. J.-C, la victoire décisive
" de Marathon, qui sauva sa patrie ; il obtint pour ré-
J compense l'honneur d'être représenté à la tête des
I généraux, ses collègues, dans un tableau de la
ï bataille peint sur les murs du Pœcile. Il alla ensuite
j reprendre plusieurs îles de la mer Egée qui s'étaient
î soumises aux Perses; mais, ayant échoué devant Pa-
| ros, il se vit accusé de trahison et fut condamné
1 à une amende de 50 talents (env. 260 000 fr.); ne
ï pouvant l'acquitter, il fut jeté dans une prison, où il
1 mourut, dit-on, au bout de peu de temps, d'une bles-
î sure qu'il avait reçue au siège de Paros. Il eut pour
= fus Cimon, qui fut aussi un des plus grands généraux
| d'Atèhnes. Cornélius Népos a écrit la Vie de Miltiade.
I — Selon Hérodote, Miltiade était neveu d'un Athé-
| nies nommé aussi Miltiade, qui était devenu roi des
1 Dolonces en Thrace, et il gouverna lui-même ce peu-
| pie après son frère aîné Stésagoras.
1 HILTON (John), célèbre poète anglais, né à Lon-
i dresenl608, m. en 1674, était fils d'un notaire. Il
| passa sa vie dans l'étude et les voyages jusqu'à la ré-
5 volution de'1640. Jusqu'alors il ne s'était fait connaî-
J *.re que par des vers latins d'une'élégance et d'une
? harmonie classiques, ou par quelques essais poéti-
1 ques écrits dans la langue nationale, et remplis d'a-
= (rrément, VAllegro, le Penseroso, le Cornus (1634),
espèce de comédie-féerie; de ce moment, il se livra tout entier à la politique. II se jeta avec ardeur dans le parti opposé à la cour, et publia dès écrits contre l'épiscopat et sur la réformation ecclésiastique. Au moment où la défaite du roi Charles I enhardissait Cromwell dans ses vues ambitieuses, Milton lança dans le public, sous le titre d'Areopagetica,un livre plein de force en faveur de la liberté de la presse, que ce général voulait déjà réprimer. Cromwell ne l'en nomma pas moins secrétaire-interprète du conseil d'État pour la langue latine, et le choisit plus tard pour son propre secrétaire. Dans ce poste, Milton composa quelques autres écrits où il défendait la cause de la révolution et,faisait même l'apologie de la condamnation de Charles I (à laquelle du reste il n'avait contribué en rien) : tels furent l'iconoclaste (ou le Briseur de portrait), en réponse au Portrait du roi {Eikôn Basilikê), ouvrage attribué au roi Charles, et les deux Défenses du peuple anglais, contre Sau-maise. Après la mort de Cromwell, il abandonna la politique, et s'occupa avec ardeur de la composition de ses écrits. Lors du retour des Stuarts, il fut arrêté et emprisonné comme partisan du régicide ; mais il fut sauvé par le poète Davenant et mis en liberté deux mois après. Il se retira alors dans la solitude, où il vécut pauvre et oublié; le principal fruit de son loisir est le Paradis perdu, dont il avait conçu l'idée pendant un voyage en Italie ; il était aveugle lorsqu'il le composa; sa femme et ses deux filles écrivaient, dit-on, sous sa dictée. II publia ce poëme en 1667 et le vendit à un libraire pour 30 liv. sterl. seulement. Le Paradis perdu fut d'abord accueilli froidement, et Milton înourutsans se douter peut-êtredelacéiébritê ? que ce poëme devait lui procurer; ce ne fut guère que 20 ans après sa mort qu'Addison, dans le Spectateur, proclama son génie. Milton a encore composé plusieurs autres écrits sur des sujets et dans des genres tout à fait différents : un Abrégé de l'histoire d'Angleterre, qui ne va que jusqu'à la conquête des Normands; un Dictionnaire latin; le Paradis reconquis, poëme en 4 chants, qui fait suite au Paradis perdu, mais qui lui est bien inférieur; une tragédie de Samson, où il se peint lui-même; un traité de logique , sous le titre d'Xrti's logicse plenior inslitutio ; des Traités sur l'éducation, sur la Vraie religion, etc. Le poëme du Paradis perdu est aujourd'hui l'orgueil de l'Angleterre, et les plus savants critiques le regardent comme une des plus sublimes productions du génie de l'homme. Sans doute on trouve dans cet ouvrage des suppositions bizarres, de fastidieux détails de géographie et de mythologie, des subtilités de controverse, un trop grand nombre d'expressions techniques et quelquefois d'insipides plaisanteries ; mais ces défauts sont amplement rachetés par des beautés du premier ordre : on y admire des peintures de caractère inimitables, celle de Satan surtout, des discours d'une grande énergie, et même des descriptions d'une ravissante douceur. Les meill. éd. sont celles de Londres, 1749, 3 vol. in-4, et 1753, 2 vol. in-4; de Birmingham (par Baskerville), 1760, % vol in-8; de Glascow, 1770, in-fol. Mis en vers latins par Dobson, 1760, il a passé dans toutes les langues de l'Europe; il a été plusieurs foistrad. en français : en / prose, par Dupré de St^Maur, Boismorand, L. Racine, Luneau de Boisjérmain, Salgues, Chateaubriand, 1836, Pongerville, 1838; en vers par H. Leroy, Beaulaton, Delille, E. Aroux : la traduction de Delille est sans contredit la meilleure. Les OEuvres complètes de Milton ont été publiées par Todd, Londres, 1801, 6 vol. in-8, et par Fletcher, 1840, un fort vol. in-8. Sa vie a été écrite par Johnson (trad. par Boulard, 1806), et par David Masson, 1859. On doit à M. Villemain un excellent Essai historique sur Milton. MILVIUS (Pons), auj. PontediMolle, pont sur le Tibre, à 2 kil. N. O. de Rome, sur la route d'Ëtru-rie. En avant de ce pont fut donnée la bataille à la suite de laquelle Maxence, vaincu par Constantin, se noya dans le Tibre, en 312.
*MINA — 1258 — . MINE
*MILWAUKEE.v. des États-Unis (Wisconsin). cb.-l. d'un comté de son nom, sur le bord du lac Micliigan, à l'emb. de la riv. de Milwaukee, et à 120 kil. N. de Chicago; env. 40 000 hab. (elle n'en avait pas 1800 en 1840). Université, évêché catholique, nombreuses {?glises. Chemin de fer pour Chicago, port très-fré-quenté. Nombreux paquebots.
*MILYADE, Mylias, petit pays de l'Asie-Mineure, ainsi nommé de ses habitants, les Milyes ou Myliens, avait pour v. principale Cibyra. Il fut plus tard compris dans la Lycie. Le nom de Milyade s'entend même quelquefois de la Lycie tout entière.
===MIM===
*MIMANSA, nom des deux systèmes orthodoxes de la philosophie hindoue ; ils sont conformes aux doctrines émises dans les Védas; ce sont le pourva et le vêdanta. La philosophie mimansa est la philosophie idéaliste de l'Inde; elle est opposée au sensualisme de Kapila. T. ce nom.
*MIME, espèce de comédie chez les anciens. Y. ce mot dans notre Dicl. univ. des Sciences.
*MEMIZAN, ch.-l. de c (Landes), à 65 kil. N. O. de Mont-de-Marsan; 500 hab. Église curieuse; restes d'une voie romaine.Verreries.Anc port,auj. comblé.
*MIMNERME, poète et musicien grec, natif de Co-lophon, était contemporain de Solon. Il jouait de la flate et chantait des vers de sa composition. On lui attribue l'invention du vers pentamètre et celle de l'élégie. Il ne reste de lui que quelques fragments, dont le plus considérable, conservé par Stobée dans ses extraits, n'a pas plus de 10 vers. On le trouve dans les Ânalecta et dans les Poetse gnomici de Brunck; ils ont été publiés séparémentpar Bach, Leips., 1826, et par Traner, Upsal, 1833.
*MINA (don Francisco ESPOZ; Y) , fameux chef de partisans en Espagne, néen 1781 dans la Navarre, était d'abord palefrenier. Il se mit en 1S09 à la tête d'une bande de guêrillasau moment de l'invasion française; entrava, pendant cinq années, les opérations de nos généraux, leur fit éprouver de nombreux échecs et exerça sur nos soldats des actes d'une barbarie atroce. Il fut successivement élevé aux grades de colonel, de brigadier et de maréchal de camp. En 1814, mécontent de l'accueil que lui fit Ferdinand VII, il quitta l'Espagne. Il y rentra lors de la révolution de 1820, reçut des insurgés le titre de capitaine général de la Galice, s'empara de la Catalogne, et tint tête au maréchal Moncey; mais, écrasé par le nombre, il signa en 1823 dans Barcelone une convention honorable, et se retira en Angleterre. Il rentra encore en Espagne en 1834 pour défendre le trône constitutionnel contre les prétentions de don Carlos; mais il mourut deux ans après, des suites de ses blessures.—Son neveu, Xavier Mina, né en 1789, le seconda dans ses' guerres contre les Français, puis se retira au Mexique et participa à la révolte contre l'Espagne ; mais il fut pris, et fusillé, en 1817, par ordre du vice-roi.
M1NARD (Antoine), magistrat du xvi° siècle, né dans le Bourbonnais, débuta au barreau de Paris, devint bientôt avocat général à la cour des corqptes, fut chargé par François I, comme président des enquêtes, d'examiner la conduite du chancelier Poyet, et le fit condamner sévèrement, sacrifiant, dit-on, la justice au désir du roi. Il futen récompense promu président à mortier au parlement ; en 1553, il fut choisi pour curateur et conseiller de Marie Stuart. Animé d'un zèle ardent pour l'orthodoxie, il fut chargé tar Henri II de faire le procès 'au conseiller Anne u Bourg, accusé d'hérésie, et continua de siéger malgré les récusations de l'accusé; cette obstination causa sa perte : il fut tué d'un coup de pistolet en sortant du palais, à l'entrée de la nuit (1559). On attribua cemeurtre à un Écossais nommé Robert S.tuart. Le parlement rendit à cette occasion l'ordonnance appelée la Hinarde, portant qu'à l'avenir les audiences de l'après-midi, depuis la St-Martin jusqu'à Pâques, se termineraient avant la nuit.
*MINAS-GERAES, prov. du Brésil, entre celles de Pernambouc et Bahia au N , de St-Paul et Rio-Ja-
neiro au S., de Goyaz à l'O., de Porto-Seguto etd'Es-piritu-Santo àl'Ê.; 975k. sur 700;env. 1 ÛOOOOOd'h. (dont 200 000 esclaves): ch.-l., Villarica (dite aussi Ouro-Preto). Longue chaîne de montagne&du N. au S. (Serras d'Espinaço etdas Aimas),et de l'E. àl'O. (Serra-Negra). Immenses forêts, sol très-fertile. Très-riches miues de diamants et de pierres précieuses; or, étain, fer, plomb, mercure, antimoine, etc.— Cette province fut déjaçhée en, 1720 de celle de St-Paul; elle renferme le district Dinmantin..
*MINCIO, Mincius, Tiv. de l'Italie sept. t entre la Vénétie et la Lombardie, sort du lac de Garda au S. E., arrose les prov. de; Vérone et de Mantoue, et se jette dans le Pô, par là r. g., après 65 kil. de cours. Les bords agréables de cette rivière ont ét$ chantés par Virgile. Les Insubres furent défaits par les Romains sur les bordsdu; Minciusep.l97av. J.-C.Le général Brune força le passagère cette riv.le 25 déc 1800. Le prince Eugène de Beauliarnais d£fjt les Autrichiens sur ses bords, le Sfèvrier 1814.—35eMincio a donné son nom à un dép. du roy. français d'Italie qui avait pour ch.-l. Mantoue.
*MINDANAO, île de: la Malaisie, la plus mérid. des îles Philippines, par 117°-i22'° long. E., 5M0°lat. N., est de forme très-i^régulière : elle a près de 400 k. de l'E. à l"O. et une largeur qui varie de 60 à 400 k. ; env. 1000000 d'hab^On y distingue 3 parties : l'une aux Espagnols (ch.-l. Samboangan); le roy, indépendant de Mindanaoj qui comprend la plus grande partie de la côte oocid.: il est gouverné par un sultan et a pour capit. une ville de Mindanao; enfin la confédération des Illanos, pirates très-dangereux, et quelques tribus sauvages. Chaleur intense, que tempèrent les brises de terre; sol très-fertile, produisant maïs, anis, muscade,, sucre, indigo. Bétail et animaux sauvages ou féroces; crocodiles. Les indigènes ont de l'analogie avec les Malais.
*MINDEN x v. des États prussiens ( Westphalie), anc capit. de principauté, auj. ch.-l. de régence, sur le Weser, à 370 kil. O.de Berlin; 8000 hab. Chapitra métropolitain, société biblique, gymnase, école normale primaire, école d'architecture. Industrie active : draps,toile, savon,tabac, chapeaux, cuirs, etc. Prise en 1759 par les Français ; le maréchal de. Contades y fut battu la même.annéepar le duc de Brunswick. — La régence de Minden, entre le duché de Brunswick au N., les régences de Munster et d'Arensberg àl'O., la principauté" de "Waldéck au S.,'et le Hanovre à l'E., a env.500 000 hab.
*MINDEN (Évêché, puis Principauté de), )État formé d'abord par Charlemagne, vers 803, de quelques districts de l'Angrie, reçut d'Othonle Grantfen961 des _ droits régaliens, qu'étendirent depuis lesivêques, «t fut érigé en 1332 par Louis de Bavière enduché indépendant. A la paix de Westphalie (1648), l'évêchéfut sécularisé et donné, sous le titre de principauté, à _ l'électeur de Brandebourg en remplaceitient de la Poméranie, abandonnée à la Suède. La principauté -de Minden fut occupée en 1757 par l'armée française, 1 mais évacuée dès 1759. Reconquise en 1806 par Napoléon, elle fit trois ans partie du roy. de 'Westphalie (1807-1810), puis elle entra presque tout entière dans le dép. des Bouches-du-Weser (1810-1813), qui faisait partie de l'Empire français. Le congrès de -Vienne l'a rendue à la Prusse.
*StlNDORO, une des îles Philippines, au S. de Ma-nilU par 118° 4' long. E., 13°10' lat. N.: 200 kil. sur ' 00 ; 30 000 hab. : ch. -1., Caiapan. Sol fertile, rivières aurifères, Quelques établissements espagnols.
*MINÉIDES, filles d'un Thébain nomma Minée ou Minyas, refusèrent d'assister à la représentation, des Orgies, en soutenant que Bacçhus n'était pas fils de Jupiter, et.continuèrent à travailler pendant la fête» -en punition, elles furent changées en chauves-souris.
*MINERBINO, v. de l'Italie mérid. (Terra de Barij, à 32 kil. S. S. O. de Barletta; 7000 hab. Evêché.
*MINER VAL, présent ou salaire que, chez les Ro- . mains, les, écoliers.allaient .porter chaque ann4e,
*
*MINH — 1259 - M1N0-
pendant les fêtes de Minerve, aux maîtres dont ils fréquentaient les écoles. Ces.fêtes avaient lieu le xiv jour des calendes d'avril (19 mars).
*MINERVE, Alhênê et Pallas chez les Grecs, déesse
de la sagesse, des arts et de la guerre, était fille de
Jupiter : selon la Fable, elle sortit tout armée du cer
veau de ce dieu. Lorsque Cécrops bâtit la capitale
de son royaume, Neptune et Minerve se disputèrent
l'honneur de donner un nom à la ville nouvelle : cet
honneur ayant été réservé à la divinité qui produirait
la chose la plus utile à la ville, la déesse créal'olivier,
symbole de paix et d'abondanoe, tandis que son ri
val fit sortir de terre un cheval, symbole de guerre;
le prix fut adjugé à Minerve, et elle donna à la ville
le nom d'Athènes (qui n'est autre que son propre
nom en grec). On raconte que Minerve disputa ave
nus et à Junon, sur le mont Ida, la pomme d'or qui
devait être le prix de la beauté ; qu'elle anima l'homme
formé par Prométhée du limon de la terre, qu'elle
donna à Pandore l'adresse et le don de broder et de
coudre ; qu'elle changea Arachné en araignée pour
avoir osé lutter avec elle dans l'art de filer, qu'elle
institua l'Aréopage pour juger Oreste, etc. Comme
déesse de la guerre, elle protège le courage dirigé
par l'intelligence et aidé par l'adresse, en opposition
avec Mars, qui est le dieu du courage brutal : c'est
à ce titre qu'elle favorise les plus grands héros, Her
cule, Persee, Bellérophon, Ulysse, qu'elle prend
parti pour les Grecs dans la guerre de Troie et qu'elle
leur inspire l'idée du cheval de bois. Minerve est en
outre la Vierge par excellence (parlhénos) ; elle punit
les regards indiscrets deTirésias, en le privant de la
vue; dans les processions, on ne promenait son image
que voilée. On représente Minerve vêtue de la tuni
que Spartiate sans manches et recouverte du péplum,
avec le casque sur la tête, la poitrine défendue par
, l'égide, formée de l'écaillé d'un reptile monstrueux
| dbnt elle délivra la Libye, tenant d'une main une
| lance et de l'autre un bouclier argolique qui porte la
| tête affreuse de Méduse (on donne aussi, mais à tort,
| le nom d'égide à ce bouclier), ayant auprès d'elle
| une chouette, son oiseau favori, et divers instru-
| ments de mathématiques. Les anciens célébraient
| beaucoup de fêtes en l'honneur de cette divinité ; les
I plus remarquables étaient les Panathénées chez les
â Athéniens, les Minervales ou Quinquatries chez les
| Romains. Elle avait des temples par toute la Grèce :
1 le plus célèbre est le Farlhe'non d'Athènes, où se
j trouvait une admirable statue colossale de la divinité
j exécutée par Phidias en or et en ivoire (elle a été
M reproduite de nos jours par Simart). Dans les temps
J les plus anciens, elle avait été représentée par une
I statue grossière en bois-dite Palladium. V. ce mot.
| MINERVE, vge du dép. de l'Hérault, à 17 kil. S.
S de St-Pons; 400 hab. Ville jadis forte et florissante : j Simon de Montfort y fit brûler 4000 hérétiques.
| MINESOTA. V. MINNESOTA.
j MINEURS (Frères). V. FRANCISCAINS etcORDELiERS.
<? MINGRÉLIE, l'ancienne Colchide, région du gouvt
; russe du Caucase, entre le Caucase au N., l'Iméré-
1 thie à l'E., la mer Noire à l'O.: 93 kil. sur 78; env.
! ! 000 000 d'hab. ; chef-lieu, Redout-Kaleh. Sol plat et
| très-fertile. Les Mingréliens sont de même race que
les Circassiens et les Géorgiens ; ils sont gouver-
| nés par un prince nommé le dadian, devenu vassal
- des Russes depuis 1803; les habitants sont divisés
; en trois castes : les princes, les nobles et les bour-
? geois, et les distinctions de classes y subsistent dans
2 toute leur force. Ils ont un évèché grec-russe.
î MINIIO, Minius, riv. d'Espagne et de Portugal,
\ naît dans la Galice, coule au S. et au S. O., forme
-! depuis Melgaza la limite des deux royaumes, et tombe
_. dans l'Océan Atlantique à la Guardia, à 60 kil. S. O.
? de Vigo; cours, 270 kil. Ce fleuve tire, dit-on, son
| nom du vermillon (minium) qu'on trouve sur ses
bords. — Le Minho donne son nom à une province
"J du Portugal, bornée au N. par ce fleuve, qui la sé-
Z pare de l'Espagne, à l'O. par l'océan Atlantique, au
S. parle Douro, qui la sépare de la prov. de Beira,. et à l'E. par la province de Tras-os-Montes, 7344 kil. carrés; 855 000 hab.; ch.-l., Oporto. Sol fertile ett céréales, fruits, vins; beaux pâturages.
*MINIEH, v. de la Moyenne Egypte, ch.-l. de prov., à 206 kil. S. S. O. du Caire. Filatures de coton jfc l'européenne; fabriques de vases pour rafraîchifî'eàu.
— La prov. de Minieh, entre celles de Beni-Soueyf au
N. et de Syout au S., est traversée par le canal de
Joseph, qui y joint le Nil; env. 160000 hab.
*MINIMES, religieux de l'ordre des Franciscains, fondés en 1435 par S. François de Paul. Y. ce nom.
*MINIUS, riyière d'Hispaïiie.T. MINHO.
*MINNESINGER (c-à-d. chantre d'amour), nom donné en Allemagne pendant le moyen âge à des poètes analogues à nos troubadours et à nos trouvères. Ils étaient nobles pour la plupart et vivaient à la cour des princes. L'empereur Frédéric II, l'archi-duc d'Autriche Léopold IV,le roi de Bohême Wen-cesias, leur accordèrent une protection particulière. Les plus distingués de ces poètes vécurent à là fin du xiie siècle et au commencement du xni*. Les plus célèbres sont Henri de Weldek, Ulrich de Lichten-stein, "Wolfram d'Eschenbach, Henri d'Ofterdingen, Conrad de Wurzbourg, J. Hadlub. Une collection de leurs chants fut faite au xiv° siècle par Rudger de Menesse ; ils ont été publ. de nouveau à Leipsick, de 1838 à 1856, par Von derHagen, en 5 vol. in-4.
*MINNESOTA, nouvel État de l'Union américaine, au N. de l'Iowa et à l'O. du Wisconsin, est ainsi appelé d'une riv. qui l'arrose, et qui est un des affluents de droite du Mississipi. Il formait précédemment le district des Mandanes. Il a été admis comme Territoire en 1849, et comme État en 1858. II compte env. 200 000 h.- et a pour capit. St-Paul.
*MINOA, petite île du golfe Saronique, sur la côte de la Mégaride, était jointe par un pont à Nisée, qui portait elle-même le nom de Minoa. — C'est aussi 18 nom de quelques villes de Grèce dont une dans l'île de Crète, sur la côte N. et vraisemblablement sur l'emplacement de la ville moderne de La Canée.
*MINORQUE, Balearis Minor en latin, Afenorcaen espagnol, une des îles Baléares, par 1" 31'2° 8' long. E. et 39° 47' 40° 41' lat. N., est la 2« en grandeur, et a 53 kil. sur 22; 40000 hab.; ch.-I., Port-Manon. Côtes échancrées (baies, ports, anses). Sol varié; climat plus chaud que celui des autres Baléares; très-peu d'eau douce. Grand commerce de cabotage.
— Les Carthaginois firent de bonne heure la con
quête de cette île et y fondèrent les villes de Mahon-
et de Jamnon ; ensuite Minorque passa successive
ment sous la domination des Romains, des Vandales,
des Maures, des Aragonais et des Castillans. Elle
tomba au pouvoir des Anglais en 1708, leur fut re
prise par les Français en 1756, et rendue en 1763;
elle revint en 1779 aux Espagnols, à qui la paix de
Paris en confirma la possession (1783).
*MINOS, roi de Crète et législateur des Cretois, passait pour être fils de Jupiter et d'Europe. Il vint d'Asie s'établir en Crète, et gouverna avec tant de sagesse que les poètes en ont fait un des juges des Enfers. Il épousa Pasiphaé et en eut un fils nommé Androgée, que les Athéniens firent périr. Il vengea. la mort de ce prince en ravageant l'Attique, et en imposant à Egée, roi àe cette contrée, un tribut an-, nuel de sept jeunes filles et de sept jeunes garçons, qui devaient être dévorés par le Minotaure. Il fit construire par Dédale le célèbre labyrinthe de Crète pour y enfermer le Minotaure; plus tard il y enferma Dédale lui-même avec son fils Icare. — Quelques historiens distinguent deux Minos, dont l'un aurait régné vers 1500 av. J.-C, et l'autre vers 1330. C'est ce dernier qui serait le père d'Androgée et le juge des Enfers : il était frère de Rhadamante.
*MINOTAURE, monstre de Crète , moitié homme, moitié taureau, né du commerce de Pasiphaé.avec un taureau, fut enfermé dansun labyrinthe construit par Dédale, où on le nourrissait de chair humaine
MIO.N — 1260 — MIRA.
(V. l'art, MINOS). Il fut tué par Thésée, qui avait réussi à pénétrer dans le labyrinthe, conduit par le fil d'Ariane. On pense que le prétendu taureau qui engendra le Minotaure n'était autre chose qu'un certain Taurus, général de Minos.
*MINOUGAT, v. de Turquie. V. MENOVGHAT.
*MINSK, v. de la Russie d'Europe, ch.-l. de gouvt, sur la Svislotch, à9.ï0 kil. S. O. de St-Pétersbourg; 24 000 hab. Archevêché grec, évêché catholique; synagogue,gymnase. Draps,cuirs, chapeaux.—Minsk a fait jadis partie de la principauté de Polotsk, puis de celle de Smolensk ; cette ville était, dans l'anc roy. de Pologne, le ch.-l. d'un palatinat. Les Russes s'en sont empares en 1656. — Le gouvt de Minsk a pour bornes ceux de Vitebsk au N., de Volhynie au S., de Mohilev à l'E., de Vilna et de Grodno à l'O. ; 1200000 h. Sol plat etassez fertile, arrosé par la Dwina, leDnié-per, le Niémen, le Pripet, la Bérésina et le canal Uginsky; il renferme de vastes marais.
*MINT URNES, Minturnœ, auj. Trajetta, v. du La-tium méridional, chez les Aurunci, entre Sinuesse et Caiète, près de l'emb. du Liris, qui y formait de vastes marais. Marius vaincu et fugitif se cacha quelques jours dans ces marais, mais il y fut découvert et jeté dans les prisons de Minturnes; toutefois, il parvint à s'en échapper, et s'enfuit en Afrique.
*MINUTIUS RUFUS (M.) , consul en 221 av. J.-C, soumit i'Istrie. Maître de la cavalerie sous le dictateur Fabius Maximus, il obtint de partager le commandement avec lui, mais il se laissa battre par An-nibal, et ne dut son salut qu'à Fabius. Il périt l'année suivante à la bataille de Cannes.
*MINUÏIUS FELIX (M.), orateur chétien dum« s., né en Afrique, vint à Rome et s'y acquit une grande réputation par son éloquence. Élevé dans le Paganisme, il embrassa le Christianisme et en devint un des plus zélés défenseurs. On a de lui un dialogue latin intitulé Octavius, dans lequel il fait disputer ensemble un chrétien de ce nom et un païen. Cet écrit a été longtemps regardé comme étant le vm* livre du traité Advenus gentes d'Arnobe; mais F. Baudouin reconnut l'erreur et publia VOctavius à part, sous le Dom du véritable auteur, Heidelberg, 1560. Il a été édité depuis par Gronovius, Leyde, 1709; Rigault, Paris, 1744; Lindner, Langensalza, tfî60, et danslaPotroto-gi'edel'abbéMigne; il a été traduit en français par Per-rotd'Ablancourt, 1660; par l'abbé deGourôy (dans les Apologistes chrétiens) ; par Ant. Péricaud, Lyon, 1825.
MtNYEH, v. d'Egypte. V. MINIEH.
*MINYENS, nom commun aux habitants d'Iolcos en Thessalie et à ceux d'Orchomène en Béotie. Les premiers le reçurent de Minyas, filss de Chrysès, un de leurs rois; les seconds le prirent, soit parce que leur ville possédait le tombeaude ce Minyas, tombeau qui était une des merveilles de la Grèce antique, soit parce qu'elle avait été bâtie par une colonie des Mi-nyens d'Iolcos, sous la conduite d'Orchomène, un des fils de Minyas. On donne aussi quelquefois le nom de Minyens aux Argonautes, parce que Jason, leur chef, était d'Iolcos. — On doit à Ottfned Muller de savantes recherches sur les Minyens.
*MIOIXIS (Alex. Franc.), général français, né à Aix en 1759, m.en 1828, co'mbattitsous Rochambeauen Amérique, commanda les volontaires des Bouches-du-Rhône en 1792, fut fait général de brigade en 1795, se distingua en Italie et fut chargé d'occuper la Toscaneaprès le traité de Campo-Formio. Gouverneur de Mantoueen 1806; il y fit élever un obélisque àVir-gile. En 1807, il occupa Rome et l'Etat ecclésiastique, et il les gouverna jusqu'en 1814. C'est lui qui, en 1809, fit exécuter les ordres rigoureux de Napoléon contre le pape Pie VII.
*MIONNET (Théodore), numismate, né en 1770à Paris, m. en 1842 était fils d'un huissier-priseur. Son père ayant eu fréquemment occasion de vendre des médailles, il se familiarisa de bonne heure avec cos précieux restes de l'antiquité, fut, sur la demande de Barthélémy, attaché au cabinet des médailles de la
Bibliothèque nationale, en devïntconservateur adjoint et fut admis en 1830 à l'Académie des inscriptions. On lui doit le classement des monnaies antiques de la Bibliothèque et la Description des médailles grecques et romaines, avec leur degré de rareté et leur estimation (6 vol. in-8, Ï806-1813, suivis d'un Supplément, 9 vol., 1819-183.7); il consacra trente ans à cette pénible tâche : aussi son ouvrage est-il le manuel indispensable de tout numismate.
*MIOSSENS, Mille sancli, vge desB.-Pyrénées, à 26kil. N.de Pau; 300 hab. Ancch.-l. d'un comté qui était possédé par la maison d'Albret.
*MIOT DEMELITO (André Franc.), homme d'État et écrivain, né en 1762, m. en 1841, fut successivement commissaire des relations extérieures, ministre plénipotentiaire près le grand-duc de Toscatie et ambassadeur en Sardaigne, commissaire-ordonnateur des guerres, puis administrateur général delà Corse. En 1806, il suivit à Naples Joseph" Bonaparte, comme ministre de l'intérieur; il l'accompagna aussi en Espagne (1809), et rentra avec lui dans la vie privée (1813). Depuis, il se consacra tout entier auxlettres. En 1822, il publia une traduction à'Hêrodote, 3 vol. in-8, et en 1838 une traduction complète dé JDiodore de Sicile, 7 vol. in-8. L'Académie des inscriptions l'avait admis dans son sein en 1835. Il a laissé des Mémoires qui n'ont été publiés qu'en 1858.
*MTQUELETS, guérillas espagnoles qui s'armèrent en 1675 dans les Pyrénées, sur les frontières delà Catalogne et de l'Aragon, pour repousser une invasion des Français commandés par Schomberg, étaient ainsi appelées du nom d'un de leurs chefs, Miquelet de Prats. Louis XIV, pour les combattre, créa sous le même nom 100 compagnies de fusiliers de montagnes , qui faisaient, comme eux, la guerre de partisans.
*On appelle aussi Miquelets les habitante des Pyrénées qui font métier de guides dans les montagnes. Napoléon I les organisa en. 1808, pour les opposer aux guérillas espagnoles.
*MIQUELON, île française de l'Amérique du N., dans le golfe St-Laurent, par 58" 15'long. O., 47°4' lat. N., près de la côte S. de Terre-Neuve. A la France depuis 1763, sauf pendant les guerres de Ja Révolution. Cette île et la Petite Miquelon (au S. de la première) forment, avec l'Ile St-Pierre, une colonie soumise à un seul commandant. 7. ST-PIERIIE.
===MIR===
*MIRABAUD (J. B. de), littérateur, né à Paris en 1675, m. en 1760, entra dans la congrégation de l'Oratoire, en sortit pour faire l'éducation, dès filles de la duchesse d'Orléans, publia quelques écrits qui le firent recevoir à l'Académie française, et devint en 1742 secrétaire perpétuel de ceUe'fiompagnie. On a de lui des traductions de la Jérusalem délivrée du Tasse, 1724; du Roland furieux de l'Ariosle, 1741; et un livre original, le Monde, son origine et son antiquité, 1751. Le fameux Système de la Nature du baron d'Holbach fut publié sous le nom de Mirabaud peu après sa mort : cenepouvait être que par dérision qu'on avait usurpé le nom d'un homme aussi inoffensif. D'Alembert a prononcé l'Éloge de Mirabaud.
*MIRABEAU, vge de France (Vaucluse), à 30 kil, S. E. d'Apt, sur la r. dr. delà Durance ; 700 hab. Ane seigneurie, érigée en marquisat en 1686.
*MIRABEAU (Victor RIQUETTI, marquis de), économiste, né en 1715 à Perthuis en Provence, d'une famille originaire de Florence qui était venue s'établir à Marseille, m. en 1789, se fixa de bonne heure à Paris, s'y lia avec Quesnay, chef de la secte des Économistes, et devint un des plus zélés propagateurs de cette doctrine; il en rassemblait les partisans chez lui tous les mardis. Il publia nombre d'écrits" dans lesquels il prêchait la philanthropie et la libefté;il n'en fut pas moins le tyran an sa famille; il se montra aussi mauvais père que mauvais époux, obtint de la condescendance des ministres 54 lettres de cachet contre les siens, et fatigua les tribunaux de procès scandaleux. Il eut pour fils le célèbre orateur Mirabeau, dont il semblait craindre la supériorité et avec lequel il fut sans cesse en guerre ouverte. Ses principaux écrits sont : l'Ami des hommes, 1755; Théorie de l'impôt, 1760 (cet ouvrage le fit mettre à la Bastille et lui procura quelque vogue) ; l'hilosophie rurale, avec Quesnay, 1764; les Économiques ,1769; Lettres économiques, 1770; les Droits et les Devoirs de l'homme, mî;Leltressurla législation oui'Ordre légal dépravé et rétabli, 1775. Ses ouvrages, écrits il'ua style empha'Jque et obscur, ont été justement appelés l'apocalypse de l'Économie politique.
MI RI — 1261 — MIRB
*MIRABEAU (Gabriel Honoré BIQUETTI, comte de), le plus grand orateur de la Révolution française, fils du précédent, né en 1749 au Bignon, près de Nemours, manifesta dès l'enfance une intelligence extraordi-• naire, mais eutune jeunesse très-orageuse et fut, sur la demande de son père, enfermé à Vincennes en 1777 pour rapt et adultère (F. MONNIER). Après avoir passé quelques années à l'armée, à laquelle il avait d'abord été destiné, il commença vers 1784 à s'oc-cuperde politique. Il visita Londr'es, fut chargé d'une mission secrète en Prusse par le ministre Calonne (1787), et publia divers écrits quile firent assez avantageusement connaître pour que le tiers état de la ville d'Aix le choisît pour représentant aux États généraux de 1789. Il apporta dans cette assemblée, avec la fougue des passions de sa jeunesse, les connaissances profondes de l'âge mûr. Bientôt il domina tous les orateurs, et devint le centre autour duquel se réunit tout ce qu'il y avait de fort et d'illustre dans le tiers état. C'est lui qui décida la Révolution en supposant, après la séance royale du 23 juin 1789, à ce que les députés du tiers état votassent séparément des deux autres ordres : on connaît la vive apostrophe qu'il adressa, en cette circonstance, au grand maître «les cérémonies, M. de Dreux-Brézé (V. ce nom). Il prononça une foule de discours éloquents, qui lui valurent le surnom de Démosthène français; on remarque surtout son adresse au roi pour le renvoi des _ troupes campées à Versailles, ses discours sur la ban-1 queroute, sur la constitution civile du clergé, sur la | sanction royale, sur le droit de paix et de guerre, et j sa réponse à l'abbé Maury sur les biens ecclésiasti-| ques. Après s'être montré le plus audacieux réforma-
? teur et le plus dangereux adversaire de la cour, Mi-j rabeau se rapprocha de la royauté (3 juillet 1790); ! il s'était, dit-on, laissé gagner par l'or de LouisXVI; | mais, s'il est vrai qu'il ait reçu des sommes considé-ï râbles, il ne l'est pas moins qu'il agissait alors avec
? conviction, prévoyant une catastrophe imminente. 1 Quoiqu'il en soit, cette conduite lui fit de nombreux ï ennemis; et déjà sa popularité commençait à être | ébranlée, lorsqu'il succomba tout à coup " le 2 avril | 1791, aux fatigues de sa vie orageuse. Ses restes fu-| rent conduits en grande pompe au Panthéon; deux | ans plus tard la populace les exhuma pour les jeter au s vent. Mirabeau a composé desouvrages degenrestrès-j divers. Les premiers, fruits des écarts de sa jeunesse, j ne sont guères que des écrits licencieux : on connaît I surtout ses Lettres à Sophie (marquise Monnier). A m son retour de Prusse il publia en 1788 la Monarchie î prussienne; mais son principal titre se trouve dans ™ ses Discours. On a publié en 1819 les OEuvres ora-rj toires de Mirabeau, avec une notice par M. Barthe,
i 3 vol. gr. in-8; il en a paru en 1825 une édit. plus ,J compi. en 9 vol. in-8. Ses Mémoires biographiques =* ont été publiés par Lucas de Montigny, son fils adop-
" tif, avec notice par V.Hugo, en 8 v. in-8 (2" édit. 1841).
- Une précieuse Correspondance de Mirabeau avec le
1 comte de La Marck (de 1789 à. 1791) a ètépubl. par M.
î Ad.deBacourt,1851,3v. in-8.—Mirabeau eut un frère
* puîné, le vicomte de M., qui suivit la carrière mili-~î taire et fut aussi député aux États généraux; mais ce = frère n'était guère remarquable que par son excessif embonpoint, ce qui le fit surnommer Mirabeau-Tonneau. Il suivit le parti de la cour, émigra, et mourut en 1792 à Fribourg en Brisgau.
*MIRADOUX, ch.-l. de c (Gers), à 14 kil. N. E. de Lectoure; 180O hab.
*MHtAMBEAU,ch.-l. de c (Charente-Inf.),à 14 kil. S. O. de Jonzac; 3000 hab.'Chevaux, mulets.
*MIRAMION (Marie BONNEAU, dame de), née à Paris en 1629, morte en 1696, avait épousé un conseiller au Parlement de Paris. Eile fonda la maison de refuge dite de Ste-Pélagie pour les femmes débauchées, et institua en 1661 sous le nom de' la Ste-Famille une communauté de douze filles pour instruire les jeunes personnes et pour soigner les malades. Cette congrégation prit le nom de Miramiones; elle a laissé son nom à un port de Paris, quai de la Tournelle (vulgairement dit aujourd'hui port du Mail). MIRAMOLIN,pour emir-al-moslemin. V.ÉMIR. M1RAN-CHAH (Mirza-Moez-Eddyn), 3» fils de.Ta-merlan, fut nommé en 1380 gouverneur du Khora-çan, acheva de soumettre cette province, se distingua ensuite à la prise de Bagdad, vainquit le sultan Dje-laïr, pénétra jusqu'à Bassora, et reçut de son père la souveraineté des pays qu'il venait de soumettre. Il fut détrôné en 1406 par un de ses fils, Mirza Abou-bekr, et périt en 1408 à Kara-Yousouf dans une bataille contre ce fils.
*MIRANDA, Continum Lusitanorum, v. de Portugal (Tras-os-Montes), sur le Duero, à 54 kil. S. E. de Bragance; 7000 hab. Ane évêché, auj. réuni à celui de Bragance.
*MiRANnA-nE-EBRO, Deobriga,v. d'Espagne (Burgos), à 80 kil. N. E. de Burgos, surl'Ebre;. 2400 hab. Belle place, beau pont, vieux château fort.
*MIRANDA (François), général, né à Caracas vers 1750, fut obligé de quitter sa patrie pour avoir conspiré contre le vice-roi espagnol, vint à Paris en 1791, se lia avec le parti républicain, et prit du service dans l'armée de Dumouriez. Après la défection de ce général, il fut traduit au Tribunal révolutionnaire et acquitté; accusé une 2e fois pour ses liaisons avec les Girondins, il fut condamné à la déportation. De retour dans l'Amérique méridionale, il fit insurger le Venezuela contre la métropole, ,1811, et organisa un gouvernement républicain à Caracas; mais, après quelques succès, il fut fait prisonnier; il mourut en 1816 dans les prisons de Cadix.
*MDXANDE, ch.-l. d'arr. (Gers), sur la Baïze, à 25 k. S.O. d'Auch; 2532 hab.Trib. de l"inst. Coutellerie. Commerce de blé, vin, eau-de-vie, cuirs, laines. Bâti en 1289 par Centule, comte d'Astarac ; jadis fortifié. MIRANDOLE (La), Mirandola, v. d'Italie, dans l'anc. duché de Modène, à 28.kil. N. E. de Modène, sur la Burana; 8200 hab. Evêché. Soieries, toile; vins, riz, chanvre, lin. Jadis capitale d'un duché et vi lie forte ; démantelée après 1746. Plusieurs fois prise et reprise, notamment en 1511 par le pape Jules II, et en 1707 par les Impériaux, qui en 1711 la vendirent au duc de Modène. Patrie du fameux Pic de La Mirandole.
*MIRBEL (Ch. Fr. BRigSEAu-), botaniste, né à Paris en 1776, m. en 1854, débuta par des cours àl'Athé-née, rédigea, pour faire suite au Buffon de Sonnini, l'Histoire naturelle des plantes (1802 et ann. suiv.), dirigea, sous l'Empire, les jardins de la Malmaison, fut admis à l'Académie des sciences en 1806, et chargé bientôt après de la chaire de botanique à la Faculté des sciences; fut, sous le ministère de M.De-cazes, secrétaire général du ministère de la police, puis de l'intérieur, mais retourna, après la chute de ce ministère, à ses études scientifiques. Outre VBist. naturelle des plantes, on a de lui un Traité, d'ana-tomie et de physiologie végétales, 1802; des Eléments de physiologie végétale et de botanique, 1815, fort estimés, un grand nombre de Mémoires dans le recueil de l'Académie des sciences, et les articles de botanique du Dictionnaire des Sciences naturelles.
*MIRBEL (Lisinska RUE, dame), miniaturiste, femme du précéd., née à. Cherbourg en 1799, morte en 1849, se distingua à la fois par la finesse du dessin, l'expression et lacouleor, etmérita d'être nommée sous la Restauration peintre miniaturiste du roi. Elle a fait le portrait de Louis XVIII et d'un grand nombre
MIRE — 1262-— MIR-W
do personnages importants de l'époque. Mme Mirbel apporta dans l'art de peindre la miniature une modification importante : elle lui donna quelque chose de la vigueur de l'huile en abandonnant le pointillé jusqu'alors en usage. Son modelé est très-fini et sa couleur très-brillante.
*SHREBALA1S, anc pays de France, dans le petit gouvt de Saumur, renfermait Mirebeau et Moncon-tour. — C'est aussi le nom d'une v. d'Haïti, ch.-l. d'arr., sur la r. g. de l'Artibonite, à 40 kil. N. E. de Port-Républicain.
*MIREBEAU, Hirabellum, ch.-l. de c (Vienne), à 26k.N. O. de Poitiers; 1800hab. Vins, blés, laines,etc — Ane capit. du Mirebalais, bâtie en 1030 par Foulques Nerra, comte d'Anjou. Arthur de Bretagne y fut défait et pris par Jean sans Terre.
*HIREBEAU-SUR-BEZE, ch.-l. de c. (Côte-d'Or), à 24 k. N. E. de Dijon; 1200 hab. Serges,droguets, chapellerie, poteries. Château construit sous François I.
*MIRECOURT, Mercurii Curtis, ch.-l. d'arr. (Vosges), sur lar. g du Madon, à 29 kil. N. d'Épinal.et à 344 kil. S. E. de Paris; 5684 h. Trib. de 1" inst. et de commerce, collège, école normale, bibliothèque. Dentelles, tannerie, chamoiserie; fabriques renommées d'instruments de musique (violons, basses, guitares, orgues, serinettes, vielles, etc.). Commerce de vins, eaux-de-vie, moutons.—Fortifiée au xvesiècle, elle appartenait alors aux comtes de Vaudemont. La Hire s'en empara pour Charles VII. Le maréchal de Créqui en rasa les fortifications en 1670.
*MIREMONT, bourg du dép. du Puy-de-Dôme, à 40 kil. O. de Riom; 1500 hab. Anc commanderie de St-Jean-de-Jérusalem.
*MIREPOIX, Hirapicium, ch.-l. dec (Ariége), à 24 kil. E. N. E. de Pamiers, sur la r. g. du Lers ; 4060 hab. Ancien évêché, créé en 1318, supprimé par le Concordat de 1801. Fabriques de gros draps ; filature hydraulique; commerce de volailles, céréales, bestiaux. Restes d'un château fort; belle église paroissiale, jolies promenades, vaste hôpital, beau pont en pierre. Aux environs, fer, jayet, houille. — Mire-poix était jadis la capit. du pays de Mirepoix {Mira-picensis pagus), compris dans le Ht-Languedoc (auj. dans l'O. du dép. de l'Aude et le N. E. de celui de l'Ariége) ; elle avait été érigée en marquisat au xm' s. Dans Ta guerre des Albigeois, les Croisés la prirent, en 1200, sur le comte de Foix, et la donnèrent à Guy de Lévis, dans la maison duquel le marquisat de Mirepoix est resté jusqu'en 1789.
*MIREPOIX (Guy DE LEVIS, marquis de), guerrier du XII* siècle, tige de la famille de Lévis, accompagna Simon de Montfort, chef de la croisade contre les Albigeois. Il reçut lui-même les titres de maréchal de l'armée des Croisés et de maréchal de la Foi, u'il transmit à ses descendants, et obtint pour prix e ses exploits la terre de Mirepoix avec plusieurs autres. Il mourut vers 1230.— Guy de Lévis III, sei-gneurde M., petit-filsdu précéd., suivit Charles d'Anjou dans son expédition de Naples, et se distingua au combat de Bénévent livré à Manfred en 1266. De retour en France, il obtint, par arrêt du parlement de Toulouse, le maintien de la prérogative de juger les délits d'hérésie dans toute l'étendue de ses fiefs. — Gaston François de Lévis, marquis, puis duc de M., maréchal de France, servit avec distinction en Italie, fut, en récompense, promu successivement aux grades de maréchal de camp et de lieutenant général, remplit d'importantes missionsà Vienne et à Londres, et reçut en 1 /51 le bâton de maréchal. Il remplaça en 17561e maréchal de Riclielieu dans le gouvt du Languedoc, et mourut à Montpellier en 1757.
*MIRIBEL, bg de France (Ain), à 13 kil. N. E. de Lyon, sur la r. dr. du Rhône et sur la grande route de Lyon à Strasbourg; 2000 hab. Marchés fréquentés.
*MÏRKHOND (Mohammed), historien persan, né en 1433, m. en 1498, fit dès sa jeunesse une étude profonde de l'histoire. Protégé par AL-Chyr, visir de Hocéin-Bahadour, souverain du Khoraçan et du Mazandéran, il s'enferma dans unmonastère de Hérat, et y rédigea, sous le titre de Rou-zat al safa (jardin de la pureté), une espèce d'encyclopédie de l'histoire orientale, gui, remontant jusqu'à la création,?contient l'histoire des patriarches, des prophètes, des anciens rois de Perse, de Mahomet et de ses successeurs, des dynasties turques, tartares, etc. Cet ouvrage n'a pas été traduit en totalité, mais il en a été donné, soit en français, soit en latin, des_ uarties importantes, entre autres : l'Histoire des rois dePerse sassanides, trad. par Sacy,1793j l'Hist. de? ihahè-rides et des So/7"an'des,trad.parïemschsousee titre : Historia priorum regum Persarum post natum is-lamismum, Vienne, 1792; VHist. des Samanides, mise en latin par Fréd. Wilken, Gœttingue, 1808; l'Hist. des Seldjoucides, publ. parYullers, Giessen, 1838;l'ffî'st. des Gagnfaides, mise en lat. par le même, 1832, ettrad. en français par Frémery, 1845; l'Hist. de Gengis-Khan, pa'r Ad. Langlès (tome V des Notices et Extraits); l'Hist. des Ismaéliens de Perse ou Assassins, trad. par Jourdain (tome IX des Notices). Mirkhond eut pour fils Khondemir, qui lui-même fut un grand historien.
*MIR-MAHMOUD ou MAHMOUD-CHAH, souverain de la Perse, de la dynastie des Afghans, était fils de Mir-Weiss, intendant du Candahar pour les sophis. A l'âge de 18 ans (1716), il poignarda Abd-el-Az>z, son oncle, successeur de son père Mir-Weiss, et se mita sa place. Profitant de l'anarchie qui régnait eit Perse, il attaqua Ispahan en 1722, s'en empara après une grande victoire, détrôna ie sophi Hocéin et prit le titre de chah. Il soumit d'abord toute la Perse; mais, ayant éprouvé quelques revers, il tomba dans uns sorte de folie; les Afghans le déposèrent alors,(1725), et mirent sur le trône Aschraf, filsd'Abd-el-Aziz, qui, pour venger son père, lui fit trancher latêXé.
*MTRSïlRAN, corruption â'emir-al-omra. F. EMIR.
*MIROMÉ1STL (Armand nus de), garde des sceaux, néen 1723, m. en 1796; était président du parlement de Rouen lors des changements apportés par le chancelier Maupeou danslamagistrature et fut exilépour s'y être opposé. Il se lia avec Maurepas, qui,, devenu premier ministre, lui fit confier les sceaux (1774). Il travailla à la réintégration des parlements, fit abolir la question et la torture, 1780, et montra en toute occasion de la sagesse et de la modération. Il fut renversé en 1787 par la cabale de Brienne, pour avoir appuyé les plans de Calonne.
*MJRON, famille illustre dans la médecine et la magistrature, a fourni des médecins à plusieurs de nos rois. Gabriel M., professeur de médecine à Montpellier, fut l"médecmde Charles VHÎenl489.—Ûnautre Gabriel M., médecin de Louis XII et de François I", est auteur d'un livre de Regmitwinfantium,Tow:s, 1544, 1553, in-fol. —François M., fils du prée, médecin ordinaire de Charles IX et de Henri III, a laissé une Relation curieuse de la mort du duc de Guise et du cardinal son frère. — François M., m. en 1609, cousin du prée, fut lieutenant civil et prévôt des marchands sous Henri IV. Paris lui doit une partie de ses embellissements, entre autres la façade de l'hôtel de ville, pour la construction de laquelle il abandonna ses appointements. On voit auj. sa statue sur cette façade. — Son frère, Robert M., fut aussi prévôt des marchands, présida le tiers état aux Ëtats généraux de 1614, s'y distingua par son éloquence mâle et patriotique, fut ensuite ambassadeur en Suisse, intendant en Languedoc, et mourut en 1641.
*MIROUT, en anglais Meerut, v. de l'Inde anglaise, ch.-l. de district, sur le Kalli-Neddi, à 45 k. N. E. de Delhi. Ville autrefois importante, prise en 1018 par Mahmoud ieGaznévide; en 1399, par Timour.qui la ruina. C'est auj. une station de troupes anglaises : c'est là qu'éclata en 1857 l'insurrection des troupes indigènes contre les Anglais.
*MIRVELT, peintre. T. MIEREVELT.
*M1R-WEISS, chef d'une tribu afghane, intendant du Candahar pour les sophis de Perse, se rendit in-
*MISS — 1263 — MISS
dépendant en 1709 et se maintint contre les troupes envoyées par la courd'Ispahan. Il mourut en 1715. MIRZA, prince de Perse. V. ABBAS-MIRZA. MIRZAPOUR , v. de l'Inde anglaise (Bengale), ch.-l. de district, sur la r. dr. du Gange, à 52 k. O. S. O. de Bénarès et à 90 kil. S. E. d'Allababad; plus de 100000 hab. Beaucoup de pagodes. Tapis, forges; opium, indigo. Très-grand commerce (c'est l'entrepôt des soies et des cotons de l'Inde anglaise). — Le district est très-fertile et compte 1 000 000 d'hab.
*MISCHNA (la), collection des lois civiles et des traditions rabbiniques des Hébreux. Les Juifs prétendent que Moïse, en recevant sur le mont Sinaï, les tables du Décalogue. reçut de Dieu d'autres lois, que les docteurs de la synagogue conservèrent par tradition, jusqu'à ce que le rabbin Judas, dit le Saint, craignant de voir la tradition s'altérer par l'effet de la dispersion des Juifs, les écrivit et en fit un code. La Mischna paraît avoir été écrite au u" s. de J.-C. à Tibériade; elle forme la l" partie du Talmud.
*MISÈNE, Misenus mons, en italien Miseno,montagne située sur la côte O. de l'Italie, à 15 kil. S. O. de Naples, forme l'extrémité du golfe de Naples et fait saillie vis-à-vis de l'île de Procida. Selon Virgile, ce lieu tirait son nom d'un compagnon d'Énée, qui y avait été enseveli. La ville de Misène,située en ce lieu, servit de station à une flotte d'Auguste. Ruines de l'ancien port.
*MISITHËE , beau-père de l'emp. Gordien III, fut préfet du prétoire pendant le règne de ce jeune prince, gouverna avec sagesse, repoussa les Par-thes et. mérita d'être surnommé Ze Gardien de la République. Il mourut en 243 : on soupçonna Philippe l'Arabe, qui le remplaça dans ses fonctions de préfet du prétoire, d'avoir abrégé ses jours. MISITRA. V. MISTRA.
*MISIVRI, Mesernbria, v. et port de la Turquie d'Europe (Bulgarie), à 28 kil. N. E. de Bourgas. Évêché du rit. grec. C'est là que mouillaient les 1 flottes byzantines.
| MISKOLCZ , v. des États autrichiens (Hongrie),
= ch.-l. du comitat de Borschod, à 135 kil. N. E. de
| Bude ; 30 000 hab. Gymnase catholique dit des Fran-
Z ciscains; gymnase réformé. Vins très-recherchés.
| MISNIE, Meissen en allemand, un des cinq an-
| ciens cercles du roy. de Saxe, est bornée au N. et.à
5 l'E. par les Etats prussiens, au S. E. par la Bohême,
; au S. O. et àl'O. par les cercles de l'Erzgebirge et de
| Leipsick : 70 kil. de l'E. à l'O., 144 du N. au S.;
ï 336 000 hab. ; ch.-l., Dresde (capitale de tout le roy.) ;
| autres places principales, Meissen, Pillnitz, Pyrna,
| Grossenhayn, Schandau. Sol très-varié : montueux
| au S., plat ailleurs; très-fertile aux environs de Meis-
| sen, aride sur quelques points. Manufacturesdedraps,
j lainages, chapeaux, papier, faïence, porcelaine, etc.
| Mines de fer, houille, vitriol, étain, etc. — La Mis-
j nie, dont le nom vient de Meissen, sa capitale pri-
-| mitive, a été originairement un margraviat particu-
j lier, et ensuite une des parties intégrantes des pos-
1 sessionsde l'électeurdeSaxe. Ses limites ontbeaucoup
i varié, et il fut un temps où elle comprenait l'Os-
1 terland et la Thuringe. Dans les trois derniers siè-
1 clés, elle formait à peu près la totalité du roy. actuel
j de Saxe et quelques districts de la prov. prussienne
j de même nom. — Le margraviat de Misnie remonte
j k 980. En 1127 commença la dynastie des margraves
«§ héréditaires : c'est alors que cette maison, appelée
% d'abord Maison de Wettin, d'un comté qu'elle possé-
J dait, reçut le nom de Maison de Misnie. Elle chan-
1 gea ce titre pour celui de Maison de Saxe lorsque,
j à l'extinction de la branche albertine, issue de la
| ligne puînée de la maison d'Ascanie, l'électorat de
1 Saxe devint vacant (1422). V. SAXE.
; MISRAIM ou MESRAÏM, fils de Cham et petit-fils
= de Noé, régna vers l'an 2200 av. J.-C. sur l'Egypte,
; qui dans l'Écriture porte le nom de Terre de Misraim.
1 MISSEUGHIN, vge de l'Algérie, à 15 kil. O. d'O-
I ran, au bord de la Sebkha. Colonie établie en 1845;
orphelinat dirigé par le P. Abram; établissement du Bon-Pasteur pour les filles repenties.
*MISSI DOMINICI ( c-à-d. Envoyés du maître), hauts commissaires qui étaient envoyés dans les provinces pour inspecter la conduite des ducs et des comtes, et pour juger en dernier ressort des cas d'appel dévolus au roi. Ces commissaires avaient été institués et organisés par Charlemagne. L'Empire était divisé en circonscriptions appelées Missatica (au nombre de 10 sous Charlemagne, de 12 sous Charles le Chauve); chacune étaitvisitée enjanvier, avril, juillet et octobre par deux Missi (un comte et un évêque ou abbé) qui représentaient l'empereur. Ce puissant moyen d'administrationfutabandonné sous les derniers successeurs de Charlemagne. On doitàFr. de Roye une dissertation De Missis dominicis, Angers, 1672.
*MISSIESSY (le comte BURGUES de), marin français, né en 1754 à Quiès (Var), m. en 1832, se distingua dans la guerre de l'indépendance américaine, publia des ouvrages estimés sur les signaux des armé es navales, futnommécontre-amiralen 1793, commanda en 1800 l'escadre de.Rochefort, porta secours aux possessions françaises d'Amérique, débloqua St-Domingue, mit à contribution la Dominique et St-Christophe et organisa l'escadre de l'Escaut en 1808.
*MISSINIPI, riv. de l'Amérique du Nord; dans la Nouv.-Bretagne, sort du lac Methy, traverse les lacs Buffalo et de l'Ours, coule à l'E., puis au N. E., et tombe dans la baie d'Hudson, par 54° lat. N.,, à Port-Churchill, après un cours d'env. 1000 kil. '
*MISSION (Prêtres de la). V. LAZARISTES.
*MISSIONNAIRES, zélés prédicateurs qui, à l'exemple des apôtres, vont répandre la foi parmi les infidèles ou les hérétiques. En 1622, Grégoire XV,, vou-; lant régulariser les travaux des missionnaires, qui jusqu'alors avaient agi isolément, fonda à Romelâ congrégation de la Propagande, Peu après, deux établissements furent formés err France dans le même but:enl625, celui des Prêtres de la Mission, di ts Lazaristes ( V. ce mot), en 1663 celui des Missions étrangères. Ce dernier, fondé à Paris par lé P.. Bernard de Ste-Thérèse, recevait des religieux de tous les; ordres pour les préparer aux travaux apostoliques : c'est de là que sortirent les PP. J. B. Régis, Pàrennin, Charle-voix et les Jésuites fondateurs du Paraguay. L'Inde la Chine, le Japon, la Cochinchirie et le Tonquin, le Nouveau-Monde et les îles de l'Océanie, offrirent à leurs travaux un vaste champ; et, bien que sou-' vent leur zèle leur ait coûté la vie, leurs efforts furent plus d'une fois couronnés de succès. En 1822 fut fondée à Lyon l'Association pour lapropagation de la foi, qui ranima le zèle des missionnaires. — Les Protestants, surtout en Angleterre, ont voulu avoir aussi leurs missionnaires; mais ceux-ci n'ont jamais approché du zèle et du dévouement des missionnaires catholiques : leur tâche consiste principalement à distribuer la Bible et à la traduire; ils joignent le plus souvent à leur mission religieuse des soins politiques et commerciaux. Un bill de 1647. autorisa en Angleterre la première société.de missionnaires protestants. Les États-Unis d'Amérique ont, depuis 1810, rivalisé avec les'missionnaires anglais. Les Frères Moraves se sont également signalés dans cette carrière, surtout par leurs efforts pour convertir les noirs.
*MISSIONS, nom donné particulièrement à des établissements coloniaux formés par les missionnaires catholiques de l'Amérique, sur les confins'des pays vraiment soumis aux Européens et des contrées indépendantes. On doit ces Missions à 4 congrégations différentes : les Franciscains, les Dominicains, les Jésuites et les Prêtres desMissi'pnsétrangères. Les plus célèbres ont été : 1° les Sept-Missions de la province de San-Pedro au Brésil (xvin" siècle) : elles soumirent beaucoup de tribus de Guaranis au protectorat du Portugal; 2° le Dictrict des Missions ou Réductions du Paraguay, à la droite du Parana : il cam-prit tout le Paraguay actuel ; les Jésuites y étaient-
î
*MISS - 1264 - MITII
presque souverains, et déjà ils étaient parvenus à civiliser les indigènes, quand l'Espagne céda ces établissements au Portugal, en 1750; l'Espagne les recouvra en 1761, mais ils ne se relevèrent qu'ineom-plétement;3° enfin, les Missions péruviennes: celles-ci ont soumis à la couronne d'Espagne la vaste province de Maynas (auj. dans la Nouvelle-Grenade), qui était limitrophe delà Pampa del Sacramentoet s'étendaitjusque versl'Ucayal (xvrr»etxvm' siècles). — Il y avait aussi des missions, mais moins importantes", dans la Californie, la Guyane, aux Antilles, etc. MISSISSIPI (le), appelé par les Natchez Mescha-cébé (c-à-d. la Mère des eaux), grand fleuve de l'Amérique septentrionale, sort du lac d'Itasca par 97° 28' long. O. et 47° 40' lat. N., coule au S. et traverse les États-Unis en arrosant plusieurs Etats : ceux de Missouri, d'Arkansas, d'Illinois, de Kentucky, de Tennessee, delà Louisiane, du Mississipi, baigneles villes de St-Louis, Natchez, Bâton-Rouge, reçoit entre autres affluents le Missouri (plus grand que lui), l'Arkansas, l'Ohio, la Rivière-Rouge, l'illinois, le Ouisconsin, etc. ; forme ensuite le Delta du Mississipi , et tombe dans la. mer du Mexique près de la Nouv.-Orléans, par 29° 6' lat. N. Sa largeur ordinaire, depuis qu il a reçu le Missouri, varie de 1600 à 3000»; sa longueur totale, y compris les détours, est de près de 6000 kil. Il subit de grandes crues au printemps et en été. — L'Espagnol Ferdinand de Soto découvrit en 1541 l'embouchure du bras principal du Mississipi ; les Français Jolliet et Marquette, partis de Québec en 1673, le descendirent jusqu'au confluent de l'Arkansas; La Salle le parcourut tout entier et le nomma St-Louis, comme il avait appelé Louisiane le pays que'traverse le fleuve.
*MISSISSIPI, un des États-Unis de l'Amérique septentrionale, borné par les Etats de Tennessee au N., d'A-labama à l'E., l'Arkansas à l'O., la Louisiane et le golfe du Mexique au S. : 600 kil. sur 250; 800 000 h. (dont 400 000 esclaves) ; ch.-l., Jackson. Outre le Mississipi, qui le borne à f'O. et lui donne son nom, il est arrosé parplusieùrsautresriv.(Yaroo,Pascagoula,etc) et contient des lacs au S. Climat doux; sol générale-mentriche et fertile : céréales, fruits, arbres de toute espèce, d'une grandeur gigantesque. Industrie en progrès. — La France possédait jadis cette contrée et y forma un 1" établissement en 4716; elle la céda en 1763 à l'Angleterre, qui elle-même, eh 1783, la céda aux États-Unis. En 1798, cette contrée fut érigée en territoire, sous le nom de Mississipi. Enfin, en 1817, ce territoire, accru par l'acquisition d'une partie du pays des Chactas, fut partagé en deux et forma l'Etat du Mississipi à l'O., et le territoire d'A-.abama à l'E. Sa constitution actuelle date de 1832. Dans la guerre civile de 1861, cet Etat s'est rangé au nombre des Etats séparatistes.
*MISSOLONGHI, v. du roy. de Grèce (Hellade oc-cid.), ch.-l. de la nomarchie d'Ëtolie, à l'entrée du ^olfe de Fatras, à 34 kil. O. de Lépante. Assiégée en I S'22 par les Turcs, cette place fut défendue héroïquement par Marco Botzaris; mais elle fut prise en 1H 26 après un nouveau siège d'un an (Noto Botzaris, qui commandait, se fit sauter avec la garnison). A. Fabre a écrit l'Hist. du siège de M., 1826.
*MISSON (Maximilien),écrivainprotestant,étaitconseiller au parlement lors de la révocation de l'édit de Nantes (1681). Ayant perdu son emploi, il se réfugia en Angleterre et fit l'éducation d'un jeune seigneur, avec lequel il voyagea en Allemagne et en Italie. Il mourut en 1721. On adelui.JVoiweau voyage d'Italie, La Haye, 1702, ouvrage hostile au St-Siége et qui fut mis à l'indexa Rome; le Théâtre sacré des Cévennes, ou Récit des prodiges arrivés dans celte partie du Languedoc, Londres, 1707.
*MISSOURI, grande rivière de l'Amérique du Nord, naît vers 45° 10' lat. N. et 112° long. O., dans les montagnes Rocheuses, où il se forme de la réunion du Jefferson. du Madison et du Gallatin, coule au N. (jusqu'aux Grandes-Cataractes), puisà'l'E., au S.,
au S. E. ; baigne les .districts, des Màndanes êl des Sioux, puis l'État de Missouri, et va s'unir au Mississipi par 38" 52'iat. N. et92°20Mong.O.J?aprèsun cours d'env. 7000 kil. Le Missouri est beaucoup plus long que le Mississipi et roule Un plus grand volume d'eau lorsqu'il le rencontre. Il est navigable sûr plus de 4000 kil. Ses principaux affluents sont : adroite, le Yellow-Stone, le Petit-Missouri (qui nall par 45° lat. N., 106"long. O.,etcouleau N. E.),IaChayenne, la White-River (riv. blanche), la. Rapide, la Platte, le Kansas et l'Osage: à gauche, la Maria, le Milk-River, le White-Earth-River (rtv. de la terre blanche) , le Yankton, le Sioux et la Grande-Rivière. Son cours entier n'est bien connu que depuis 18Û6, grâce à l'expédition de Lewis et Clarke.
*MISSOURI, un des Etats-Unis de l'Amérique du Nord, borné au N. par l'Iowa, à l'O. par le territoire indien, à l'E. par l'illinois, le Kentucky et le Tennessee, au S. par l'Arkansas; 700 kil. sur 500; 173 000 hab., dont env. 100 000 esclaves; ch.-l., Jefierson. Sol plat ou légèrement ondulé au N., montagneux ailleurs (monts Ozark), arrosé par plusieurs rivières, le Missouri, le Mississipi et quelques-uns de leurs affluents; lusieurs lacs. Froment, maïs, seigle, avoine, orge, oublon, fruits; vins estimés. Plomb, fer,_charbon de terre; antimoine, zinc,arsenic, sel, nitre, marbre, craie, plâtre, etc.—Cette contrée, colonisée par les Français et comprise auxvir8 siècle dans laLoui-siane, fut attribuée en 1763 à l'Espagne, qui la céda à la France en 1801 ; elle fut achetée par les Etats-Unis en 1803, et forma un district annexé à,la Louisiane; en 1812 elle fut érigée en un territoire séparé sous le nom de Missouri; en 1821 ellefut admisedan» l'Union à titre d'État. Cet État prit parti pour la sécession en 1861.
*MISTRA,v.duroy. actuel de Grèce, en MpréefLa-conie), au pied des Taygète, près du Vasilipotamos (anc Eurotas) et des ruines de l'anc Spar«;3000 h. (on en comptait 12 000 avant la guerre de l'indépendance). Forte citadelle; cathédrale célèbre par ses. miracles. Mistra était sous }es Turcs le ch.-l. d'un livah. Auj. elle est, sous le nom de Sparte, qu'elle a repris, la capitale de la nomarëhie de Laconie.
*MITAUou MITTAU.V. de la Russie d'Europe, ch.-I. de la Courlande, sur l'Aa, à 600 kil. O. S. O, de St-Pétersbourg; 15000 hab. Vaste, mais peu habitée en proportion de son étendue. Consistoire luthérien, cour d'appel; gymnase, écoles françaises, bibliothèque, observatoire. Toile, linon,.bonneterie, savon.— Jadis capitale du duché de Courlande. Prise aux Russes par les Suédois en.l 701,reprise par les Russes en 1706. Louis XVIII y résida de 1798 à 1807. MI-THO, v. de Cochinchine. V. MYTHO. MITHRA ou MITHRAS, divinité des anciens Perses, que les Grecs et les Romains ont confondue avec le-soleil et le feu. C'est une personnification d'Ormuzd considéré comme principe générateur et comme auteur de la fécondité qui perpétue et rajeunit le monde. Espèce de providence, Mithras parcourt incessamment l'espace, voyant tout, entendant tout; il combat sans relâche Ahriman et les Devs, garde toutes les créatures,donnelaprospéritéaux hommes, de même quela fertilité à la terre; il pèse les actions humaines,à l'entrée du pont qui conduit à l'éternité. On l'invoquait trois fois par jour ; un des mois de l'année lui était consacré, et, dans chaque autre mois, un jour. On représente cette divinité sous la forme d'un jeune homme avec un bojmet phrygien, une tunique verte, etun manteau flottant sur l'épaule gauche; il est armé d'un glaive qu'il plonge dans le cou d'un taureau. Le culte de Mithras s'introduisit à Rome après les guerres contre le Pont, vers 67 av. J.-C. ; longtemps proscrit, il finit par obtenir une grande faveur, surtout sous les règnes de Claude, de Néron et de Commode. Ce culte était tenu seïret : or. n'y était admis qu'après des épreuves rigoureuses; les initiés étaient marqués d'un sceau, couronnés et armés.'Ils se divisaient en sept classes, formant une
M1TH — .1265 — MITT
échelle aux sept échelons, et placées sous la protection de sept divinités (Saturne, Vénus, Jupiter, Mercure, Mars, la Lune, le Soleil). On célébrait en l'honneur de Mithra des fêtes nommées Mithridques dans lesquelles on immolait, dit-on, des victimes humaines; tout y inspirait la crainte et la terreur. Ce culte fut détruit au iv" siècle. On doit à M. Lajard de-sa-vantes Recherches historiques et archéologiques sur le culte de Mithras. Paris, 1837.
*MITHRIDATE. Ce nom a été porté par plusieurs rois de divers États de l'Asie. Les plus connus sont ceux du Pont. Mithridate I,satrapedu Pont de 402 à 363 av. J.-C., était ami de Cyrus le Jeune.—n, 337-302, sesoumit àAlexandre et, après lamortdu conquérant, s'empara de la Paphlagonie et de la Cappa-doce ; on le regarde comme le vrai fondateur du roy. duPont;—m, 302-266;—iv, 266-222;—v, 222-186, maria sa fille à Antiochus le Grand, roi de Syrie; — VI, 157-123, allié des Romains, les soutint dans la guerre contre Aristonic et reçut en récompense une partie de laPhygie. — vu est le plus célèbre de tous. MITHRIDATE vu, surn. Eupator, et dit Mithridate le Grand, l'un des plus terribles ennemis des Romains, était fils de Mithridate VI, et naquit vers 131 av. J.-C. Il perdit son père à l'âge de 11 ans (120), et resta pendant sa jeunesse en butte à mille intrigues de la part des prétendants à la couronne. Craignant pour sa vie, il se retira plusieurs années dans la solitude, se livrant à la chasse ou à l'étude, et acquit, avec une force et une adresse extraordinaires, une connaissance profonde des poisons et de leurs antidotes. De retour dans ses Etats après une absence d'environ sept ans, il conquit le Bosphore Cimmérien, après en avoir chassé les Scythes, partagea la Paphlagonie avec Nicomède, roi de Bi-thynie, et s'empara bientôt après de la Bithynie elle-même, de la Cappadoce, ainsi que de plusieurs autres provinces. Les Romains, appelés au secours des Cappadociens, le forcèrent à renoncer à ces conquêtes (99) ; se sentant trop faible pour leur résister, il se soumit, mais dès ce moment il voua aux Romains une haine mortelle. Il détacha plusieurs peuples de leur alliance, s'unit contre eux àTigrane, roi dArménie, rassembla en silence une armée nombreuse, fondit à l'improviste sur les provinces qu'il convoitait, subjugua avec rapidité la Cappadoce et presque toute l'Asie-Mineure, et, pourdéciaration de guerre, fit égorger à la fois dans toutes les villes de l'Asie tous les Romains qui s'y trouvaient (88) :il en périt, dit-on, cent mille. Il fit ensuite passeren Grèce son lieutenant Archélaûs, qui fut accueilli comme un libérateur. Celui-ci avait déjà battu plusieurs généraux romains lorsque Sylia fut envoyé contre lui; cegénéral reprit Athènes (87), battit les lieutenants de Mithridate à Chéronée et à Orchomène, reprit sur lui l'Asie-Mineure, et lui tua en divers combats plus de 200 000 hommes. Mithridate ayant de plus perdu sa flotte entière par une _ défaite et une tempête, étant d'ailleurs inquiet sur ; la fidélité de ses sujets, demanda la paix (85); il ï ne l'obtint qu'à des conditions très-onéreuses : il ; lui fallut livrer ses vaisseaux et restituer toutes ses I conquêtes. Pendant les deux années suivantes il fit ï la guerre aux peuples rebelles de la Colchide et du I Bosphore. Comme il ne retirait pas assez vite ses | garnisons de la Cappadoce, Muréna, lieutenant de ï Sylla, l'attaqua, et ils se livrèrent quelques combats | peu importants (82).Septans après (75),le roy. de Bi-| thynie ayant été réduit en province romaine, Mithri-% date, qui prétendait avoir des droits sur cette con-| trée, reprit l'offensive, en fit de nouveau la conquête, j tailla en pièces à Chalcédoine l'armée deCotta, et | mit le siège devant Cyzique; mais Lucullus l'assié-| gea lui-même dans son camp, et le força à s'éloigner. 5 Une de ses flottes fut détruite dans deux combats s près de Ténédos et de Lemnos. Use retira alors dans | ses États héréditaires; Lucullus l'y poursuivit, et f après quelques échecs le battit complètement (69). | Mithridate s'enfuit en Arménie auprès de Tigrane,
son gendre, mais il en revint bientôt à là tête d'une
armée considérable. Il fut encore vaincu deux fois,
et il était sans ressources quand Lucullus fut rappelé
parles Romains. A la faveur de cette absence il re
conquit tout son royaume (67) ; mais deux ans après
Pompée le vainquit près de l'Euphrate, dans un com- .
batnocturne.Mithridate s'enfuitalors dansle royaume
du Bosphore où régnait Macharès, un de ses fils, et
voulut engager ses soldats à aller porter la guerre au
sein même de l'Italie j mais ceux-ci, enrayés d'une
telle entreprise, se révoltèrent et proclamèrent roi
Pharnace, son fils. Alors Mithridate, voyant- qu'il.
fallaitmourir,essayade s'empoisonner; mais, n'ayant
pu y parvenir, parce que le poison n'avait plus d'action
sur lui, il se fit tuer par un soldat gaulois(63). Mi
thridate était actif, intrépide, infatigable et fécond en
ressources; il eût peut-être à jamais chassé les RoJ
mains de l'Asie et de la Grèce, s'il n'eût eii à com
battre des généraux tels que Sylla, Lucullus et Pom
pée. Mais sa férocité, sa perfidie et son caractère dé
fiant ternirent ses grandes qualités. Ce prince^vait
une mémoire prodigieuse; il savait 22 langues (c'est
à cause de cela que quelques savants modernes ont
donnéle nom de Mithridate à divers recueils polyglot
tes). Il avait épousé plusieurs femmes : la plus célèbre
est Monime, jeune Grecque d'une grande beauté;
après sa défaite par Lucullus, se croyant perdu, il lui
envoya l'ordre de se donner la mort <69). Ces der
niers événements ont fourni à Racine le sujet de sa\
belle tragédie de Mithridate. t ».
*MITHRIDATE ï, roi des Parthes, succéda à Phraate, son frère aîné,l'an 164 av. J.-C., subjugua les Mèdes,-les Perses, la Babylonie, la Mésopotamie, étendit sa domination depuis l'Euphrate jusqu'à l'Indus, "et forma ainsi un empire plus puissant que celui des Sé-leucides.il fitprisonnier le roi de Syrie, Démétriûs'II, qui voulait lui reprendre ses conquêtes (143) ;-mais, ?" dans sa captivité, il le traita en souverain, et lui donna en mariage sa fille Rodogune. Mithridate I mourutvers l'an 139 av. J.-C., et eut pour successeur Phraate II, On lui attribue un code de lois très-sages. — n, fils et successeur d'Artab'an II, régna de 124 à 90av. J.-C.(ou de 126 à 88), repoussales Scythes, sou-tinten Syrie Philippe, fils d'Antio.chus Grypus, contre Démétrius, son frère,vainquit plusieurs fois les Arméniens, mais fut tué dans une dernière bataille contre eux. Il résidait à Bactres.—nij filsaînédePhraatelII, monta sur le trône en assassinant son père, 61 '(ou 58) av. J.-C., mais fut chassé et mis à mort par son frère Orode, en 53.
*MITIDJA, vaste plaine de l'Algérie, qui s'étend surtout au S. dAlger, entre les .deux zones montagneuses de l'Atlas et du Sahel, est célèbre parsa'fer-, tilité, qui l'a fait surno.mmer par les Arabes la Mère du pauvre. C'est là que s'élèvent Bouffarik, Béni--' Méred, Joinville, Montpensier, etc. Il s'y est établi ' beaucoup de fermiers et autres colons français.
*MITLA, v. du Mexique (Oaxaca), à 200 kil. S. E. d'Oaxaca, dans une triste solitude. Antiquités mexicaines , parmi lesquelles on remarque des Tombeaux dont les distributions intérieures offrent de frappants rapports avec celle des monuments de l'Egypte.
*MITSCHERLICH (Ch. Guill.), philologue, né en 1760 à "Weissensée (Prusse), mort en'1854, fut pendant près de 70 ans professeur à l'Université de Gœt-tingue. Il a publié un grand nombre d'ouvrages d'érudition, parmi lesquels on distingue : Lectiunes in Calullum et Propertium, 1786; Scriptores erolici ? grœci, 1792; une édition fort estimée des Odes d'Horace, 1800; et des Racemationes Yenusinse, 1827, qui complètent cette édition. —'Son neveu, Ernest Mitscherlich, 1794-1863, professeur de l'Université de Berlin, s'est faitun nom comme chimiste, surtout par ses recherches sur VIsomorphisme.
*MITTAU. V. MITAU.
*BUTYLENE, auj. Mételin, anc capit. de l'Ile de Lesbos, sur la côte E., entre Méthymne et Malée, était une des principales villes grecques d'A3ie, et fai-
H. au
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sait partie delà ligue éolienne. Soumiseà Athènes avec le reste de l'île, elle se révolta contre elle dans la guerre du Péloponèse, mais elle fut cruellement châtiée (V- LESBOS). S'étant déclarée pourMithridateen 86, elle fut ruinée par les Romains. Pompée la releva et y fit bâtir un superbe théâtre. Ses écoles d'éloquence étaient vantées. Pittacus, Alcée, Sapho, étaient de Mitylène. Conon s'y laissa battre, 406.
*MIYAKO. V. HÉA.CO.
===MN===
*MNÊMOSYNE, déesse de la mémoire, était fille du Ciel; elle fut aimée de Jupiter qui la reudit mère des neuf Muses. Elle les mit au monde sur le mont Piérius, d'où les Muses sont nommées Piérides.
*MNÉVIS, bœuf consacré au soleil et adoré par les anc Egyptiens dans la ville d'Héliopolis. On lui rendait le même culte qu'au bœuf Apis. Il était, dit-on, l'emblème d'Osiris ou du Soleil.
===MOA===
*MOAB, fils de Loth. V. MOABITES.
*MOABITES, Moabitœ, peuplade arabe issue de Moab, fils de Loth, habitait au N. de l'Arabie Pétrée, au S. E. de la Palestine, à l'E. de la mer Morte, au S. du fleuve Arnon, au N. des Madianites, et avait pour capit. Rabbath-Moab, sur l'Arnon. Leur pays avait été jadis occupé par les Ëmim, peuple de géants. Eglon, leur roi, tint 18 ans les Hébreux en captivité (1332-1314 av. J.-C); ilpéritde lamaind'Aott. Plus tard, les Moabites furent vaincus par Saûl, assujettis au tribut par David, battus par Jorara, roi d'Israël, et par Josaphat. Ils finirent par tomber sous le joug des Assyriens. Leur principal dieu s'appelait Baal-Péor ou Belphégor. Leur religion était souillée par des sacrifices humains.
*MOALLAKATS (les sept), nom que les Arabes donnent à sept poèmes fort anciens qu'ils regardent comme sacrés, et dont un exemplaire est suspendu aux" voûtes de la Kaaba à-La Mecque. Ce sont les plus anciens monuments de la littérature arabe. Ils ont pour auteurs des poètes antérieurs à Mahomet : Im-roulcays, Tarafa. Labîd, Zohaïr-Abou-Selma, An-tara, Amr-ibn-Kolthoum et Haritb. Caussin de Per-ceval a donné une édition du texte des Moallakats; son fils, Armand Caussin, les a traduits en français dans son Histoire des Arabes avant l'Islamisme.'
*MOAVIAH, le \" calife ommiade, né à La Mecque au commencement du vir* siècle, était arrière-petit-fils d'Ommiah, cousin-germain du grand-père de Mahomet, et avait été un des secrétaires du prophète. Il était gouverneur de Syrie lorsqu'Othman hit assassiné (656) : sous prétexte de venger sa mort, il refusa de reconnaître Ali pour successeur d'Oth-man, et se fit lui-même proclamer calife. Il fut universellement reconnu après le meurtre d'Ali (661). Il soumit l'Egypte, Médine, La Mecque, l'Yémen, et recula fort loin les bornes de l'empire musulman. En Occident, ses troupes pénétrèrent jusqu'à l'Océan Atlantique ; en Orient, elles traversèrent l'Oxus, envahirent la Sogdiane, s'emparèrent de Samarcande et d'une partie de la Tartarie; elles eurent moins de succès contre les Grecs : son fils Yézid assiégea vainement Constantinople pendant 6 ou 7 ans, et Moaviah se vit contraint, après de grandes pertes, d'acheter la paix. Il mourut en 680 à Damas, où ri avait établi le siège du califat, et laissa le trône à son fils Yézid.
*MOBILE la), riv. des États-Unis, formée de l'Ala-bamaet du Totnbeckbée, coule au S. et se jette dans la baie de Mobile, partie du golfe du Mexique, après 90 kil. de cours.
*MOBILE, v. des États-Unis (Alabama), à 280 kil. E. N. E. de la Nouv.-Orléans, à l'emb. de la Mobile; 25000 hab. Collège catholique de Spring-hill, avec une riche bibliothèque. Grand commerce de coton, riz, goudron, fourrures, etc.
*MOCARANGUA, État de l'Afrique orientale, borné au N. par le Botonga, a 445 kil. sur272; capit., Zim-liaoé. C'est un démembrement du Monomotapa. Climat très-chaud, et cependant sain; sol très-fertile, vastes forêts; bêtes féroces en grand nombre. Commerce assez actif. Les Portugais y ont des comptoirs, notamment à Senaet au mont Foura, renommé par ses mines d'or.
*MOCENIGO, famille patricienne de Venise, a fourni plusieurs doges : Thomas, 1414-23 , qui conquit ùj territoire d'Aquilée; — Pierre, 1474-76, qui combattit avec succès les Cypriotes et les Turcs; — Jean, frère du précédent, 14.7,5-85; --Louis, 1570-77, qui laissa prendre Chypre par les Turcs en 1571.
*MOCEMGO (André), historien, de la même famille, né à la fin du xv* siècle, fut chargé par les Vénitiens de négociations dont il s'acquitta avec talent et devint sénateur. Il est connu par une histoire de la ligue de Cambrai : BeZK memoràbilis CarHeracensis adversus Venetos historiée libri }'I, Venise, 1525.
*MODAIN (EL), o.-à-d. les deux villes, vge de la Turquie d'Asie (Irai-Âraby), sur la r. g. de I'Euphrate, à 35 kil. S. E. de Bagdad, est bâti sur les .ruines de deux villes anciennes, Séleucie et Ctésiphon. Cette ville devint sous les derniers Sassanides la capit. de la Perse. Elle fut prise par les Musulmans en 636.
*MODANE, ch.-l. de cant. (Savoie), sur l'Arc, à 20 k.E. S. E. de St-Jean-de-Maurienne; 1200 *«">• Filatures de laine, fabrique de drap. C'est là- que commence le tunnel perce sous le Mont-Cenis. '
*MODÈNE, Mutina, v. d'Italie, capit. dei'anc duché de Modène, sur un canal, entre la Secehia et le Panaro, à 158 kil. S. E. de Milan ; 30 000 hab. Evê-ché et synagogue; cour d'appel; anc université, supprimée en 1832; lycée, écoles de beaux-arts, de droit, de médecine ; écoles vétérinaire,"militaire, du génie, etc. Société italienne des sciences; riche bibliothèque, avec cabinet do médailles, Cette ville est assez bien bâtie : les rues ont des portiques, mais sont mal pavées (la principale s'appelle sltada Maestro); palais ducal, avec de belles collections (dont une partie a été vendue en 1746 à la ville ds Dresde); cathédrale, dont la tour GMflandina est une des plus<hautes de l'Italie, et où l'on garde le seau de bois qui a été le sujet de la Secehia rapita (V," TASSONI); églises St-George et St-Vincent; théâtre, casernes. Patrie de Sigonius, Tassoni, Molza, Fallope. — Cette ville fut, à ce qu'on croit, fondée par les Étrusques. Tib. Sempronius Longus battit les Bon dans ses environs, 194 av. J.-C; les Romains y établirent une colonie militaire en, 163 av. J.-C. Décimus Brutus soutint dans cette ville un siège contre Antoine (43), et, la même année, l'armée sénatoriale, aidée des légions du jeune Octave, livra bataille à Antoine sous ses murs : Antoine, vainqueur le ' matin du consul Pansa, fut vaincu le soir par Hirtiuset Octave, et obligé de lever le siège : c'es^ ce qu'on nomme Guerre de Modène. Rumée, puis rétablie sous Constantin, Modène fut saccagée par les Goths et les Lombards. Elle était redevenue. florissante sous Charlemagne ; elle passa alors successivement au pouvoir des papes, des Vénitiens, des ducs de Milan, de Mantoueet de Ferrare ;. comme toutes les villes lombardes, elle eut des tyrans ad milieu du xiiie siècle, et fut enfin, en 1288, acquise par les princes de la maison d'Esté, pour lesquefs.elle fut éri- -gée en duché en 1453. Sous le royaume français d'I- -talie, elle fut le ch.-l. du dép. du Panaro.
*MODENE (Duché de), petit État d'Italie, entre la -Lombardieau N. et l'État de l'Église au S., avait 98 k. sur58; 610000hab.; ch.-l., Modène. Autres villes, Reggio, Corregio, Bersello, Canossa, Carpi, — Ce pays formait avant 1288 un petit État indépendant qui se donna à cette époque aux princes de la maison d'Esté, résidant à Ferrare; en 1453, Borso d'Esté prit le titre de ducdeModëne. AlphonseII d'Esté étant mort en -1597, sans postérité légitime, Clément VIII reprit -le duché de Ferrare comme ancien fief papal; alors Modène forma un duché isolé, dont l'empereur Rodolphe II investit César d'Esté, fils naturel d'Alphonse. is Cette nouvelle ligne s'est perpétuée jusqu'en 1797, -époque à laquelle Hercule III fut dépossédé par les Français. Le duché fut alors compris dans la Repu- -blique Cisalpins; il fut depuis réparti entre les dép
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du Crostoloetdu Panaro. Un petit-fils d'Hercule III, François IV d'Autriche, dit François d'Esté, fut réin-tégré'dans le duché parle congrès de Vienne en 1815, et y devint la tige d'une nouv. maison d'Esté, dont les États furent déclarés réversibles à l'Autriche. Il accrut ses domaines en 1829 du duché de Massa et en 1847delaLunégiane.Ce prince se signala, ainsi que François V, son fils, qui lui succéda en 1846, par son oppositionaux idées libérales : François V fut expulsé en 1848 : il se fit rétablir l'année suivante par les Autrichiens, mais fut définitivement renversé en 1859. Ses États furent annexés au roy. d'Italie, dont ils forment auj. une province.
*MODER, riv. d'Alsace (Bas-Rhin), naît dans l'arr. de Saverne, baigne Ingweiler et Haguenau ; reçoit à gauche la Rothbach, à droite le Zinzel; côtoie longtemps le Rhin du sud au nord, et s'y joint près de Seltz, après 80 kil. de cours.
*MODESTE (S.), Sicilien qui subit le martyre au me siècle, est fêté, avec S.Gui (Vitus), le 15 juin.
*MODESTIN'US (HERENNIUS) , jurisconsulte romain du m0 siècle, disciple d'Ulpien, jouit de la faveur des empereurs Alexandre Sévère et Maximin et fut consul avec Probus en 228. Il avait composé un grand nombre d'écrits dont il ne reste que quelques fragments, publiés par Brenkman, Leyde, 1706.
*MODHAFFÉRIENS, petite dynastie de princes tur-comans qui régnèrent sur le Farsistan depuis la mort d'Abou-Saïd, dernier souverain gengiskhanide de la Perse (1335), jusqu'à l'invasion de Tamerlan (1394). Elle compte 4 princes : Modhaffer, 1318; Djélal-Ed-din, 1365; Zéin-élab-Eddin, 1382; Chah-Mansour, 1394. Ils furent toujours en guerre avec les Ilkha-niens, les Djoubaniens et les Turcomans du Mouton blanc et du Mouton noir.
*MODICA, jtfoîyca.v. de Sicile, à 53 k. O.S. O.de Syracuse; 20 000 h. Vins renommés.Grottes remarquables. MODIN, bg de Judée (Dan),entre Joppé et Lydda, patrie des Machabées. Judas Machabéey battit l'armée d'Antiochus Eupator, roi de Syrie, 163 av. J.-C. MODLIN, v. de la Russie d'Europe (Pologne), à 65 kil. S. E. de Plock, au confluent de la Narew et de la Vistule. Ville très-forte. Les Polonais, insurgés contre la Russie, ysoutinrentunsiège en 1831.
*BIODON, Méthane, v. forte de Grèce (Messénie), ch.-l. delaHte-Messénie,sur un rocher qui s'avance dans la mer, à 90 kil. S. O. de Tripolitza; 3000 hab. Métropolitain grec Petit port, tour octogone bâtie sur un îlot. Modon appartint longtemps aux Vénitiens; le traité de Carlowitz (1699) la leur avait rendue avec toute la Morée; mais ils la reperdirent par le traité de Passarovitz(1718). Les Français s'en emparèrent au profit des Grecs en 1828.
*MODRUSS, bg de Croatie, à40 k. S. O. de Carlstadt, jadis ch.-l. de comté, donne son nom à un évêché dont le titulaire réside à Fiume.
*MOELLENDORF (H., comte de), général prussien, 1724-1815, se forma sous le grand Frédéric, dont il resta l'ami, fut chargé en 1793 d'effectuer le démembrement de la Pologne ; remplaça en 1794 le duc de Brunswick dans le commandement de l'armée prussienne, et gagna sur les Français la bataille de Kai-serslautern, mais lut bientôt rejeté au delà du Rhin, fut blessé à Iéna, et pris dans Erfurt. Ce général, qui avait été opposé à la guerre, fut traité avec beaucoup d'égards par Napoléon et renvoyé sur parole à Berlin.
*MOERBEKE, v. de Belgique (Flandre orient.), à 19 kil. N. E. de Gand ;4000 hab. Patrie de Guillaume ~- de Mcerbeka. Y. GUILLAUME.
* MOERDYK., bourg de Hollande (Brabant sept.), à 13 kil.N. deBreda, surleHollandischDiep. Guill. de Frise, prince d'Orange, s'y noya en 1711.
*MOERIS, roi d'Egypte delà 18° dynastie, dont le
| vrai nom est Touthmès IV, régna de 2006 à 1990 ou î de 1740 à 1724 av. J.-C. Il est surtout connu pour ! avoir fait creuser le lacqui porte son nom. — Ce lac, g dans l'Heptanomide, à 10 milles de la r. g. du Nil, était | destiné à recevoir le trop plein des eaux du fleuve.
Les géographes anciens varient sur sa grandeur : la plupart lui donnent 600 k. de tour; Pomponius Mêla ne lui en donne guère que 30; deux pyramides sur-montéesde statues colossales assises s'élevaient au sein du lac : on en retrouve des ruines avec deux piédestaux très-dégradés ail S. E. du Fayoum et au N. de l'anc Crocodilopolis près du vge de Biahmou. C'est à tort qu'on avait cru retrouver le lac Mœris dans le lac actuel de Birket-el-Kéroum.
*MOESIE. Y. MESIE.
*MOESKIRCH, vge du grand-duché de Bade (cercle du Lac), à 12 k. N. E. de Stockach et à 30 k; N. de Constance; 1600 h. Moreauet Molitor y battirent les Autrichiens le 5 mai 1800.
*MOEZ-ED-DAULAH (Ahmed), dont le surnom veut dire la Force de l'empire, le 1" de la.race des Bouï-des qui ait régné à Bagdad, soumit le Kerman, le Kourdistan et plusieurs autres provinces, prit Bagdad, déposa le calife Mostakfy, le priva de la vue (946), et le remplaça par Motfiy, sous lequel isfs'em-para de toute l'autorité. Il m. en 967.
*MOEZ-LEMNILLAH, lel"calife fatimite, était depuis l'an 953 souverain d'Almahdya. Il soumit l'Afrique occidentale, conquit la Sicile (963), puis l'Egypte (968), fonda le Caire et y établit la dynastie des Fatimites, qui y régna plus de200 ans. Ilmouruten975 à 46 ans.
*MOGADOR ou SOUEIRAH, v. maritime du Maroc, sur l'Atlantique, à 178 kil. S. O. de Maroc; 15 000 h. Port sûr; résidence de consuls européens ; citadelle, palais impérial. Commerce actif en mulets, maroquin, ivoire, ébène, etc. Fondée en 1760 par-l'empereur Sidy-Mohammed, sur l'emplacement d'un an-'cien château fort qui avait été construit par les Portugais; bombardée en 1844 par les Français.
*MOGHOSTAN (c-à-d. Pays des dattes), l'anc. Carmanie déserte, contrée de la Perse, dans le S. du Kerman ; ch.-l., Minab. Sol plat, sablonneux, où l'on ne recueille que des dattes. Les côtes sont soumises à l'imam de Mascate.
*MOGOL (le GRAND.-). Y. MONGOLS.
*MOGUNTIACUM , auj. Mayence, v. de la Gaule, ch.-l. de la Germanique lre, chez les Caracates, sur le Rhin, fut très-agrandie par Drusus, frère de Tibère, 10 ans av. J.-C. Aurélien y défit les Francs en 241. C'est là que Lollien et Jovin furent proclamés empereurs (267 et 363).
*MOHACZ, v. de Hongrie (Baranya), sur le bras occid. du Danube, à 95 kil. O. de Szegedin; 5000 hab. Siège d'un métropolitain grec; château fort. Les Turcs, commandés par Soliman II, y battirent complètement les Hongrois en 1526 : Louis II périt dans cette bataille; mais les Hongrois elles Impériaux , commandés par Charles IV de Lorraine, y défirent les Turcs à leur tour en 1687.
===MOH===
*MOHAMMED, vrai nom du prophète que nous nommons Mahomet. Y. MAHOMET.
*MOHAMMED-AL-MAHDI, calife abbasside, fils et successeur d'Al-Manzor, régna de 775 à 785 à Bagdad, combattit les Grecs, menaça Constantinople et contraignit l'impératrice Irène à lui payer tribut. Il fit du bien dans ses États et se montra clément, mais il déploya un faste inouï.
*MOHAMMED-AL-MAHDI (Aboul-Cacem), dernier imam de la race d'Ali, né en 859. Selon les uns, il fut tué à 11 ans par le calife Motamed ; selon d'autres, il aurait vécu jusqu'à 75 ans. Quoi qu'il en soit, les Musulmans de la secte des Chyites croient qu'il disparut mystérieusement et ils l'attendent comme un autre Messie : c'est ce que signifie son surnom de Mahdi.
*MOHAMMED-AL-GAURY, de la dynastie des Gaurides, régna sur la Perse et l'Hindostan. Associé au trône par son frère Gaïath-Eddyn dès 1171, il obtint ensuite de lui le roy. de Gaznah, fitde nombreuses incursions dans l'Inde, s'empara du Guzzerat, de La-hore, de Dehly, d'Adjmir, de Bénarès: renversa les idoles et établit partout l'Islamisme. Il périt assassiné eu 1206.
*MOHAMMED (Aboul-Modhaffer-Nasser-Eddyn), empereur mongol de l'Hindostan, monta sur le trône en 1717. Sous son règne,Nadir-Chah,usurpateur du trône de Perse, envahit l'Hindostan et se fit céder toutes les provinces à l'O. de l'Indus. Mohammed mourut en 1747, et eut pour successeur son fils Ahmed-Chah.
MOHR — 1268 — MOIS
*MOHAMHED-BEN-THAHER, dernier prince de la dynastie des Thahérides, qui régna sur le Khoraçan de 820 à 872, monta sur le trône en 862, eut à combattre plusieurs compétiteurs, entre autres Yacoub-ben-Laïth, de la dynastie des Soffarides, et fut renversé après dix ans d'un règne orageux (872).
*MOHAMMED-HAÇAN-KHAN, fondateur de la dynastie des Kadjars, actuellement régnante en Perse, était fils d'un gouverneur du Mazandéran. 11 commanda d'abord plusieurs corps ce troupes et fut gouverneur d'Astérabad sous Nadir et son successeur Adel-Chah ; à la mort du dernier (1748) il fut un des premiers à se déclarer indépendant : il s'empara du Mazandéran, du Khoraçan, du Ghilan , prit Ispahan et fut sur le point de "se rendre maître de toute la Perse ; mais il finit par tomber au pouvoir de Kérim-Khan, son compétiteur, qui lui fit trancher la tête (1758). — Son fils, Mohammed-Aga, tomba avec lui entre les mains de Kérim, qui le fit eunuque et le retint prisonnier; mais il s'évada en 1779, reprit les provinces que son père avait possédées, devint maître de toute la Perse et fit avec succès la guerre aux Géorgiens. Il périt assassiné en 1797 et eut pour successeur son neveu, Baba-Khan (Feth-Ali-Chah).
*MOHAMMED-CHAH, roi de Perse de 1834 à 1848, né en 1810, succéda à son père Abbas-Mirza, battit, avec l'aide des Anglais, plusieurs compétiteurs, pritHé-rat, qui refusaitde reconnaître sa suzeraineté, dompta les Kourdes, et rétablit, par de sévères châtiments, l'ordre dans les finances et les autres services publics. Il eut pour successeur son fils Nereddin-Chah.
*MOHAMMED-BEY, souverain de l'Egypte, avait été acheté par Ali-Bey comme esclave. Û entra dans le corps des Mamelouks, devint le gendre d'Ali et son meilleur général ; mais il se révolta bientôt contre son bienfaiteur, le chassa du Caire, s'empara de toute l'Egypte (1773), et se fit nommer par le sultan de Constantinople pacha du Caire. Chargé par lui de faire la guerre a Dhaher en Syrie, il prit Gaza, Jaffa et St-Jean-d'Acre, mais il mourut de la peste en 1776, devant St-Jean-d'Acre.
*MOHAMMED-BEN-ABD-EL-WAHAB. V. WAHABITES.
*Pour les autres personnages de ce nom, V. MAHOMET, MEHEMET, MAHMOUD ou leurs surnoms.
*MOHAWK, riv. des États-Unis (New-York), liée par un canal aux lacs Oneida et Ontario, a sa source à 8 kil. O. de Trenton, arrose Rome, Utica, Sche-nectady, et se jette dans le fleuve Hudson, près de Waterford après un cours de 200 k. Belle cataracte de 25 " de haut, près de son embouchure.
*MOHAWKS , peuplade indigène de l'Amérique sept., une des 5 nations que comprenait la confédération des Iroquois, habite partie dans le Ht-Canada, partie dans l'État de New-York.
*MOHïCANS, Indiens des États-Unis, formaient jadis une nation puissante; mais on n'en trouve plus que quelques restes dans la partie S. E. de l'État de Gonnecticut.
*MOH1LEV, v. de Russie, ch.-l. du couvt de Mo-hilev, sur la r. dr. du Dniepr, à 800 kil. S. de St-Pétersbourg ; 24 000 hab. Archevêchés russe et catholique ; coui d'appel. Château fort ; remparts en Serre; assez belle place. Commerce de cuirs de Russie. Cette ville fut réunie à la Russie en 1772. Da-voust y battit Bagration en 1812. — Le gouvt de M., entre ceux de Vitebsk au N., de Tchermgov et Smo-iensk à l'B., de Minsk à l'O., a 370 kil. sur S48 et 900 000 hab. Beaucoup de rivières (Dnieper, Soj, Ipout, etc.); marais, forêts.
*HOHILEV, autre v. de Russie (Podolie), sur la r. g. du Dniester, à 200 kil. S. E. de Kaminiec; 10 000 hab. Êvêché arménien.
*MOHRUNGEN, v. des États prussiens (Prusse), à 100 kil. S. O. de Kœriigsberg; 2000 hab. Bernadotte y battit les Russes en 1807.
*MOINES (du grec ntonos, seul). C'étaient dans l'origine des solitaires laïques qui, après avoir fait aux pauvres l'abandon de leurs biens, se séparaient volontairement du commerce des hommes, pour partager leur temps entre la prière et le travail. Un grand nombre de solitaires s'étaient déjà établis en Egypte, dans la Thébaïde, lorsque S. Antoine, au ur* s. et S. PacÔme au iv°, en réunirent quelques-uns en communautés monastiques, L'Ethiopie, la Syrie, le Pont, la Cappadoce, virent bientôt se former de pareilles associations, qui pour* la plupart adoptèrent la règle de S.-Basile. Les moines ne tardèrent pas non plus à se répandre en Occident : les premiers parurent à Rome erî 341, à la suite de S. Atha-nase; S. Martin fonda en Gaula, le monastère de Marmoutier en 375, S. Honorât celui deLérinsen 391; l'Espagne, l'Angleterre et l'Irlande reçurent bientôt de nombreuses colonies de religieux; au vi* s., S. Benoît donna au monastère qu'il ayait fondé au Mont-Cassin une règle qui fut adoptée par la plupart des moines de l'Occident et qui constitua le clergé régglier. Néanmoins quelques moines restèrent tout à fait solitaires : tels étaient les anachorètes ou ascètes, qui vivaient seuls dans les déserts, et les saràbaïtes, qui habitaient deux ou trois ensemble une case ou cellule ; mais la plupart se réunirent en communautés, sous le nom de cénobites, et sous la direction d'un supérieur appelé aboi : c'est ce qui a donné naissance aux divers ordretOeligieux (V. les noms de chacun de ces ordres). -^-La Réformation .supprima les couvents de moines dans les pays protestants. Ces couvents, où s'étaient introduits de graves abus, furent fréquemment réformés par l'autorité ecclésiastique elle-même ; ils finirent par être supprimés dans plusieurs États catholiques, notamment en Autriche, sous Joseph II, en Espagne, sous la reine Isabelle: en France, pendant la Révolution : un décret de l'Assemblée constituante, du 17 fév. 1790, abolit les ordres monastiques, et déclara les biens des couvents propriétés nationales. Depuis, plusieursmaisons se sont rouvertes en France; mais la loi n'y reconnaît pas les vœux perpétuels. — On doit au P. Hélyot YHist. des Ordres monastiques, 1714, et à M. de Montalembert les Moines d'Occident, 3 vol. in-8, 1860-67.
*MOINGT, Mediolamm Segusiavorum, Mediodu.-num, bg du dép. de la Loire, kl kil. S. S. E. de Montbrison; 950 hab. Aux env. ruines d'un antique édifice appelé Palais des Sarrasins, mais qui peut n'être qu'un monument gaulois ; sources minérales.
*MOIRA(Fr. de), marquisd'Hastings. K.HASTINGS.
*MOIRANS, ch.-l. de e. (Isère), sur la Morge, à20 k. N. E. de St-Marcellin; 4000 hab. Station. Chapeaux de paille faconde Florence, moulins à huile, forges.
*MOIS, divïsion de l'année chez les différents peuples. F. ce mot dans notre Dictionn. univ. des Sciences.
*MOISDON-LA-R1VIÈRE, ch.-l. de c (Loire-Inf.), sur le Don, à 11 kil. S. de Châteaubriant; 2400 hab. Ardoisières, forges.
*MOÏSE, chef et législateur du peuple hébreu, né en Egypte vers l'an 1705 av. J.-C., était fils du lévite Amrametde Jochabed. Il fut exposé sur le Nil en vertu des ordres de Pharaon qui voulait faire périr tous les enfants mâles des Hébreux, mais fut sauvé jar là fille même du roi (d'où son nom, qui signifie sauvé des eauœ); il fut élevé dans le palais par cetts princesse et instruit dans toutes les sciences des Égyptiens. Informé plus tard de sa naissance, il quitta la cour de Pharaon à l'âge de 40 ans pour aller vivre avec les Hébreux, et, ayant vu un Égyptien qui maltraitait l'un d'eux, il le tua de sa propre main. Craignant d'être puni pour ce meurtre, il alla se réfugierdans le désert de Madian et y épousa Séphora, fille d'un prêtre du pays nommé Jéthro. Dans sa retraite, Dieuluiapparut sur lemontHoreb, au milieu d'un buisson/ardent, et lui ordonna de délivrer les Israélites de l'oppression des Égyptiens. Moïse vint sommer Pharaon de laisser ses concitoyens sortir de l'Egypte pour aller sacrifier au Seigneur dans le désert: il n éprouva d'abord qu'un refus; alors, pour effrayer le roi, il accabla ses peuples de dix fléaux cruels connus sous le nom de Ploies d'Egypte (eau changée en sang; grenouilles; moucherons ; grosses mouches; peste des animaux; ulcères et tumeurs; grêle et tonnerre; sauterelles; ténèbres de 3 jours ; mort des premiers-nés). Pharaon se vit enfin forcé de cédera ses demandes. Guidé par une colonne de feu, Moïse sortit d'Egypte à la tête des Hébreux au nombre de 600 000 (1625) : il leur fit traverser à pied sec la mer Rouge, vit engloutir dans les eaux de cette mer Pharaon qui les poursuivait, les conduisit dans le désert où il les nourrit d'une manne tombée du ciel, fit jaillir l'eau d'un rocher en le frappantde sa baguette, reçutde Dieu sur le mont Sinaï la loi sacrée (Te Décalo'gue), triompha de plusieurs peuples qui s'opposaient à son passage, et arriva jusque sur les confins de la terre de Chanaan. Il ne lui fut cependant pas accordé d'y entrer, parce qu'il avait une ibis manqué de confiance dans le Seigneur. Après avoir choisi Josué pour achever son œuvre, il mourut sur le mont Nébo, d'où il pouvait apercevoir la Terre promise (1585) : il était âgé de 120ans. — Moïse est l'auteur du Pentaleuque, c.-k-d. des cinq premiers livres de l'Ancien Testament (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome), qui renferment l'histoire sacrée depuis la création du monde jusqu'à l'entrée des Hébreux dans la Terre promise, un code de lois et un recueil de prescriptions religieuses.—On doit à Michel-Ange uneadmira-ble statue de Moïse, qui est un de ses chefs-d'œuvre.
M01V — 12€9 — MOLA.
*MOÏSE DE KHORENE, historien arménien, né vers 370 de J.-C. au bourg de Khorène, fit une étude profonde de la littérature grecque; visita Antioche, Alexandrie, Rome, Constantinople; fut à son retour garde des archives patriarcales, puis archevêque de Pakré-vant, et mourut vers 487. Il a laissé une Histoire de l'Arménie (qui va jusqu'en 441), imprimée à Londres en 1738, avectrad. latine, et à Venise en 1841, avec une trad. franc., par Le Vaillant de Florival. On a aussi de lui une" Géographie qui contient d'importantes citations d'écrivains grecs, et des Chants antiques.
*MOISSAC, ch.-l. d'arr. (Tarn-et-Garonne), sur le Tarn, à 25 kil. N. O. de Montauban; 6000 hab. Trib.
de l"inst. et de commerce. Collège de Jésuites. Station du chemin de fer; jolies promenades. Ville bien
bâtie; belle fontaine, pont remarquable. Environs fertiles en blé, fruits et vins. — La ville se forma au
v° s. autour d'une riche abbaye et fut jadis importante; elle fut ravagée par les Normands et souffrit
plus encore pendant la croisade contre les Albigeois : Simon de Montfort la prit en 1212.
* MOITA, ch.-l. de canton (Corse), à 25 kil. E.'de Corte; 800 hab.
*MOITTE (J. Guil.), sculpteur,né à Paris.en 1747, d'une famille déjà connue dans la gravure, m. en 1810, étudia sous Pigalle et Lemoine,fut envoyé à Rome, entra à l'Académie en 1783, fut chargé sous la République et l'Empire de plusieurs travaux importants, tels que le fronton du Panthéon, représentant la Patrie couronnant les vertus civiques etguer- rières, le mausolée du général Desaix au mont St-Bernard, une statue équestre de Napoléon en bronze, la Loi, avec les figures de Moïse, d'Isis, de Numa et de Manco-Capac, bas-reliefs d'un style grandiose, qui rappellent la manière de Jean Goujon : ils sont au Louvre. Ses sculptures se distinguent par la correction du dessin, l'élégance des formes, la beauté des proportions, et un heureux choix de draperies.
i Moitte était aussi très-habile dans le dessin d'ornement : il composa un grand nombre de modèles qui
j restaurèrent le bon goût dans l'art de l'orfèvrerie.
*MO1VRE (Abraham), mathématicien, né en 1667, à Vitry en Champagne, de parents protestants, m. à Londres en 1754, se retira en Angleterre après la révocation de l'édit de Nantes, se lia avec Halley et Newton, fut admis à la Société royale de Londres et à l'Académie des sciences de Paris et fut un des commissaires chargés de prononcer entre Leibniz et Newton au sujet de l'invention du calcul intégral. Moivre s'est surtout occupé du calcul des probabilités ; on a de lui : De mensura sortis, qu'il reproduisit en anglais sous le titre de The doctrine of chances, Londres, 1716; Annuities on life ou Des rentes viagères, 1724 ; Miscellanea analytica de Seriebus, 1730.
*MOJAISK, v. de Russie (Moscou), sur un affluent de la Moskova, à 97 k. O. de Moscou ; 4000 h. Jadis fortifiée. Elle fit partie de la principauté de Tchernigov, puis de celle de Smolensk, et fut réunie au grand-duché de Moscou en 1341. Plusieurs fois assiégée par les Polonais, prise par les Français en 1812.
===MOK===
*MOKA, v. et port d'Arabie (Yémen),dans l'imamat deSana, sur la mer Rouge, à 280 kil. S. O. de Sana; 7000 hab. Porta peu près ouvert, rade, quelquesfor-tifications. Assez bel aspect de loin, mais l'intérieur est laid et hideux. Vents brûlants, chaleur intolérable. Aux environs, contrée sablonneuse et aride. La café renommé qui porte le nom de cette ville est cultivé dans les vallées de l'intérieur;il est apporté à Moka par des caravanes: on en exporte plusde 100 000 quintaux métriques par an; on exporte aussi de cette ville de la gomme, du mastic, de l'encens, des cuirs. Le commerce est encore assez actif, quoique fort déchu. Factoreries française, anglaise, danoise.—Moka était encore sans importance au xvi* siècle. Les Hollandais y établirent un comptoir au xvn° siècle, et les Français en 1708. Les Anglais les suivirent, et ce sont eux qui y exercent auj. la plus grande influence.
*MOKTADER-BILLAH, calife àbbasside, régna de 908 à 932, se laissa gouverner par ses femmes et ses eunuques, fut deux fois déposé et deux fois rétabli, mais finit par être chassé de Bagdad et massacré par des soldats. Sous le règne de ce -prince faible et efféminé, les Karmatb.es s'emparèrent de la Mecque, Nasser-Eddaulah fonda une dynastie àMossoul,Obaïd-Allah établit la dynastie des Fatimites en Afrique, et la Perse échappa aux califes.
*MOKTADY-BIAMRIIXAH,calife àbbasside del075 à 1094, épousa la fille deMélik-Chah, par qui il avait été placé sur le trône , fit régner la justice, favorisa les sciences, et surtout l'astronomie. C'est sous son califat qu'eut lieu, en 1075, la réforme du calendrier persan appelée djélaléenne, en l'honneur de Mélik-chah, surnommé DjélaVeddin.
*MOKTAFY-BILLAH, calife abasside de 902 à 908, reprit l'Egypte et la Syrie aux Thoulounides (905), et réduisit les Carmathes ou Ismaéliens.
*MOKTAFYLEAMR-ALLAH, régna de 1136 à 1160 et releva un instant le califat depuis longtemps asservi par les Étnirs-al-Omrah.
*MOKTHAR, capitaine arabe, fils d'Abou-Obéidab, né en 622 de J.-C, fut le plus ferme appui des Alides, battit le calife Obéid-Allan, ennemi de cette famille, et conquit la Mésopotamie. Vaincu et pris quelques années plus tard par Mosab, général du calife Abdallah, il fut mis à mort en 687.
===MOL===
*MOLA, Tunis Juliana, v. et port d'Italie (Terre de Bari), sur l'Adriatique, à 22 kil. S. E. de Bari; 19 000 hab. Savon, tanneries. —
*MOLA DI OAETA, For-mies, v. et port d'Italie (Terre de Labour), à 5 k. N. E, de Gaëte, sur la mer Tyrrhénienne; 2000 hab.
*MOL ANUS. (J. VER MEULEN, dit), théologien catho* Iique, né à Lille en 1533, m. en 1585, fut professeur de théologie à Louvain, puis doyen de la faculté de cette ville. Il a publié : Historia sacrarum imaginum Louv., 1570; De fide hssreticis servanda, 1584.
*MOLANUS (Gér. Walter VAN DER MUELEN, dit),théologien luthérien, né à Hameln en 1633 , m. en 1722, enseigna les mathématiques, puis la théologie à Rin-teln et obtint en 1677 l'abbaye de Lokkum avec la direction des églises protestantes du duché de Lune-bourg et du Hanovre. 11 eut en 1692 et années suivantes une correspondance avec Bossuet pour travailler à la réunion des églises catholique et protestante, et fut secondé dans es travail par Leibnitz; mais il fut impossible d'arriver à un résultat. On a de lui quelques écrits, en latin, relatifs à la réunion, qui se trouvent dans les Œuvres de Bossuet.
MOLD — 1270 — MOLE
*MOLAY (Jacques de), dernier grand maître des Templiers, entra dans l'ordre vers 1265, et en devint grand maître à la mort de Guillaume de Beaujeu. II se préparait à réparer les revers éprouvés par les Chrétiens dans l'Orient, lorsqu'il fut, en 1305, rappelé en France sous un prétexte par le pape Clément V, qui, de concert avec Philippe le Bel, avait décidé la suppression de l'ordre. Il reçut d'abord un très-bon accueil; mais, en 1306, le roi le fit arrêter à l'impro-viste en accusant tous les Templiers des crimes les plus odieux. Livré à la torture, Jacques de Molay fit quelques aveux, qu'il rétracta plus tard; il n'en fut pas moins condamné à mort : il fut brûlé vifle 18 mars 1314, à la pointe de l'île de la Cité, sur l'emplacement du terre-plein actuel du pont Neuf. On rapporte qu'il cita à jour fixe devant le tribunal de Dieu le pape et le roi, qui, en effet, ne tardèrent pas à y comparaître. Il est probable que les Templiers s'étaient livrés, en effet, a de coupables désordres; mais leur principal crime était de posséder d'immenses richesses qui excitèrent la cupidité de Philippe le Bel. Cette catastrophe a fourni à Raynouard le sujet de sa belle tragédie des Templiers. V. TEMPLIERS.
*MOLD, v. d'Angleterre, îh.-l. du comté de Flint, dans le pays de Galles, à 22 kil. O. de Chester; 5100 h. Jolie église, vieux château; filatures hydrauliques.
*MOLDAU (la), riv. de Bohême, sort du Bœhmer-wald, devientnavigable àHohenfurt, arrose Prague et Budweiss, et tombe dans l'Elbe vis à vis de Melnik, après un cours de 310 kil. Ses principaux affluents sont le Beraun et la Sazava.
*MOLDAVA (la), riv. qui donne son nom à la Moldavie, naît en Galicie, traverse la Bukovine, puis entre en Moldavie, où elle arrose Baja et Roman, et tombe dans le Sereth, après un cours de 150 kil.
*MOLDAVIE, appelée au moyen âge Boodam'e,une des Principautés danubiennes, vassale delà Turquie, bornée au N. et à l'E. par la Russie, à l'O. par la Transylvanie et la Vatachie, au S. par le Danube et la Turquie; env. 6 millions d hectares; 1600000h.; ch.-l., Jassy. Au N. s'étendent les monts Krapaeks. Rivières : le Danube, le Prouth, le Sereth, la Moldava, la Bis-tritza. Climat très-variable; sol très-fertile en grains, vins, tabac, légumes, fruits, melons, etc. -.vastes forêts, excellents pâturages. Bétail, abeilles innombrables; ibier et beaucoup de poisson. Quantité de nitre et e naphte; mines d'or, d'argent et de cuivre, riche mine de sel gemme (à Okna). Le pays est gouverné par un prince qui a porté indistinctement les noms à'hospodar et de vayvode. La population se distingue en boyards et paysans; les paysans, longtemps asservis à la glèbe, n'ont commencé à être affranchis qu'en 1746 etee n'est qu'en 1855 que le servage a été aboli dans toute la principauté. La grande majorité des habitants professe la religion grecque.— La Moldavie a fait successivement partie de la Dacie Tra-jane, de l'empire des Goths, des Huns, des Avares; elle fut occupée du ix' au xm° siècle par les Petche-nègues, les Cumans et les Mongols. Après l'expulsion de ces derniers, Bogdan vint vers 1290, selon les uns, vers 1352, selon les autres, avec des Valaques et des Polonais, fonder sur les bords de la Moldava un faible Ëtat qui prit le nom de Bogdanie, et qui, en 1432, finit par se reconnaître vassal de la Pologne. Sous Étienne le Grand (1458-1504), 1& Moldavie, placée entre la TurqHiie et la Pologne, qui s'en disputaient la suzeraineté, jouit de quelque indépendance; mais en 1513, B g lan IlsesoumitàSélim I. ES 1538, Soliman l\é'> ouillaPier. eRarech le dernier prince du sang de B igdan.etinit a sa place Étiinne Laputiet : depui- ce m mem, la Porte nomm* toujours le vayvode d Moldavie; elle le choisissait parmi les Grecs Fiinariotes. Par le traité de Jassy, 1792, la Russie parvint à exercer sur cet État un droit de protection qui fut fortifié parle traité d'Andrinople (1829J; elle s'en fit même céder en 1812 une province impoïtante, la Bessarabie; mais cette province a été en partie restituée aux Moldaves après la guerre de Crimée, en 1856. A la même époque, une plus grande indépendance fut assurée à la Moldavie, ainsi qu'à la Valachie : par suite de la Convention de Paris (19 août.1858), ie pouvoir fut confié dans chaque principauté à un bospodar élu àvie et à une assemblée élective, avec une commission centrale siégeant à Pokschaiii. Les deux principautés élurent un fnêmecnef, le colonel Couza, et s'unirent en 1866 en une seule principauté, la Roumanie. V. ce nom.
* Souverains de la Moldavie.
BogdanIouDragoch,1352 Roman'II, 1447
Sas, 1361 Pierre IÎI, 1448
Pierre I? Étienne V, 1449
EtienneII? " Alexandre II, 1450
Latsko, 1365 Bogdan III,
Bogdan II, 1373 Pierre IV, 1456
PierreII, 1379 EtienneVI,leGron41458
Étienne III (oui), 1390 Bogdan IV, 1504
Jaga et Roman I, 1400 Étienne-VU, 1517
Alexandre I, le Bon, 1401 Êlienné-VIII, 1526
Élie et Étienne IV, 1432 PierreV(Rarech),î527-38
*MOLE (Edouard), illustre magistrat, né à Paris en 1558, m. en 1614, était fils d'un conseiller aji parlement de Paris, et devint lui-même conseiller;. Enveloppé avec toute sa compagnie dans les persécutions qu'eut à subir le parlement en 1589, il fut quelque temps emprisonné à la Bastille par les Ligueurs, puis contraint d'accepter d'eux les fonctions de procureur général et de prêter serment à la Ligué. Quoique exposé à mille dangers, il resta fidèle de cœur à la cause royale, négocia en secret l'abjuration de Henri 1Y, et fit rendre par le parlement l'arrêt qui assura la couronne à ce, prince en excluant du trône les femmes et les étrangers (28 juin 1593). Il fut nommé en 1602 président à mortier, ebarge qui resta dans sa famille jusqu'à, la Révolution.
*MOLE (Matthieu), filsdupréc, né en 1584, m. en 1656, fut nommé conseiller au parlement en 1606, procureur général en 1614,1" président en 1641, et enfin garde des sceaux en 1650. Dans sa longue carrière il déploya une fermeté à toute épreuve, et sut concilier les devoirs d'un grand citoyen aveO l'obéissance due à l'autorité royale. Pendant les troubles de la Fronde, il alla, à travers les barricades ej_au risque de sa vie, réclamer à la cour deux conseillers arbitrairement arrêtés (1648). Député à Rueil auprès de la reine pour proposer un accommodement, entre la cour et les Frondeurs (1649), il parvint par ses efforts à rapprocher les partis. Apprenant que sa présence au ministère était pour quelques-uns un obstacle à la réconciliation, il s'empressa de résigner les sceaux; mais on fut bientôt obligé de les lui rendre., et il les conserva jusqu'à sa mort. On cite de ce rhagistrat plusieurs traits qui prouvent que le courage civil ne le cède en rien au courage militaire. Matthieu Mole a laissé de précieux Mémoires, qui ont été publiés pour la [[Société de l'histoire de France]] par Aimé Champollion-Figeac, Paris, 1855-58, 4 vol. in-8.
*MOLE (Matthieu Louis), homme d'État, isgu de famille parlementaire, néaParis en 1781. m,Tèn 1855, avait pour père le président Mole de Champlâtreux, qui périt en 1794 sous la hache révolutionffâire. Emmené par sa mère à l'étranger, il revint en France en 1796, se fit admettre à l'École centrale des travaux publics (École polytechnique), publia dès 1806 des Essais de morale et de politique, qui attirèrent sur lui l'attention du public et celle de Napoléon; devint successivement maître des requêtes au Conseil d'État (1806), préfet de la Côte-d'Or (1807), conseiller d'État, directeur général des ponts et chaussées (1809), remplaça en 1813 le duc de Massa, dans les fonctions de grand juge (ministre de la justice), et reçut alors le titre de comte de l'Empire. Néanmoins, il refusa pendant les Cent-jours (1815) de signer la déclaration du Conseil d'État contre les Bourbons. Au retour de Louis XVIII, il se rallia aux royalistes constitutionnels et fut nommé pair. Il entra la même année (1815) dans le ministère Richelieu, avec le portefeuille de la marine; il en sortit en même temps que le duc de Richelieu (12 décembre 1818), et s'opposa de tout son pouvoir, dans la Chambre des pairs, aux mesures réactionnaires qui amenèrent la chute de Charles X. Appelé en 1830 aux affaires étrangères par Louis-Philippe, il fit reconnaître la nouvelle dynastie par les cabinets étrangers et proclama le principe de non-intervention; il se retira trois mois après, en même temps que Casimir Périer. Placé en 1836, avec le portefeuille des affaires étrangères, à la tête d'un nouveau cabinet, il signala son ministère par des mesures de conciliation et fit rendre une loi d'amnistie (8 mai 1837 ), mais il prêta le flanc en ordonnant l'évacuationd'Ancône et de la Belgique, et vit se former contre son administration une coalition formidable, à la tête de laquelle se placèrent MM. Gui-zot et Thiers; après plusieurs mois de lutte, il se décida à se retirer, le 8 mars 1839. En 1840 il fut élu, à l'unanimité moins une voix, membre de l'Académie française.Nommé en 1848 et 1849 représentant à l'Assemblée nationale, il se tint constamment dans l'ombre. Par la dignité de son caractère, par l'exquise distinction de sa personne, de ses manières et de sa parole, le comte Mole est un des hommes qui représentaient avec le plus d'honneur l'ancienne société française. Il n'a laissé qu'une fille, Mme de La Ferté, et son nom s'est éteint avec lui. Outre ses Essais, on doit à M. Mole un Éloge de Matthieu Molé et de nombreux Discours politiques et académiques. Il a laissé des Mémoires, dont la publication estannon-cée. M. de Falloux, son successeur à l'Académie, a fait son Éloge dans son discours de réception (1857).
MOLl — 1271 — SlOLI
*MOLE (François René), excellent acteur, dont le vrai nom était Mokt, né à Paris en 1734, m. en 1802, débuta à la Comédie française en 1760, et ne cessa de jouer jusqu'à sa mort. Dans une aussi longue carrière il obtint toujours le plus grand succès. Il excellait dans la comédie, et principalement dans les rôles de fats et de petits maîtres, et il excita un engouement extraordinaire. Après la mort de Lekain il voulut remplacer ce grand tragique, mais il réussit moins dans ce nouveau genre. Pendant la Révolution, il n'échappa à la proscription que par une grande affectation de civisme. Mole fut de l'Institut dès sa fondation. 11 a laissé d'intéressants Mémoires, publiés par Étienne en 1825.
*MOLÊMES, bg de la Côte-d'Or, à 22 kil. N. O. de Châtillon-sur-Seine ; 900 hab. Célèbre abbaye de Bénédictins, fondée en 1075, par Robert de Champagne. Y. ROBERT (S.).
*MOLFETTA, v. murée d'Italie, dans l'anc roy. de Naples (Terre de Bari), sur l'Adriatique, à 26 kil. S. E. de Barletta; 16 000 hab. Evêché. Ane duché, qui a appartenu aux Gonzague depuis 1536.
*MOLIERE(J. B. POQUELIN, dit),leprincedes poètes comiques, néàParis en 1622, était fils de J. Poquelin, tapissier-valet de chambre du roi, et était destiné à la profession de son père; mais, ayant de bonne heure conçu du goût pour les lettres, et surtout pour le théâtre, il obtint de.sa famille qu'on le fit étudier. Il suivit le collège de Clermont, où il eut pour condisciples le prince de Conti, Hesnault, Chapelle et Bernier, qui restèrent ses amis, puis il reçut les leçons de Gassendi, qui lui inculqua les doctrines d'Ëpicure. Après avoir terminé ses études , il exerça quelque temps avec son père les fonctions de tapissier du roi, puis se fit recevoir avocat (1645) ; mais, entraîné par son goût pour l'art dramatique, il joua d'abord sur des théâtres particuliers, et finit par se faire comédien ; il prit alors le nom de Molière, nom d'un auteur oublié aujourd'hui. De 1646 à 1658, il parcourut la province avec une troupe qu'il avait formée, jouant de petites pièces qu'il composait lui-même pour la plupart, et dont les plus remarquables sont : YÉtourdi , représenté à Lyon en 1653, et le Dépit amoureux, à Montpellier, 1654. Ce n'est qu'en 1658 qu'il vint se fixer à Paris; il y ouvrit, d'abord à la salle du Petit-Bourbon, près du Louvre, puis au Palais-Royal, un théâtre.qui attira bientôt la foule; il y représenta successivement une trentaine d'ouvrages de sa composition, dans lesquels il jouait lui-même le principal rôle; presque toutes ces pièces sont des chefs-d'œuvre. Les principales sont : les Précieuses ridicules (1659) ; Sgana-relle (1660); l'École des Maris (1661), imitée, des Adelphes de Térence; l'École des Femmes (1662); le Mariage forcé (1664), tiré de Rabelais; le Festin de Pierre (1665), imité de l'espagnol, et dontle principal personnage excita de violents murmures par son impiété; l'Amour médecin (1665); le Misanthrope (1666), comédie d'un genre sévère, dont la perfection ne fut pas appréciée dès l'origine; le Médecin malgré lui (1666); le Tartufe ou l'Imposteur (1667), satire sanglante de l'hypocrisie, contre laquelle il s'éleva une vive opposition, et qui, bien que composée dès 1664, ne put être représentée qu'après de longs délais et par la protection toute spéciale de Louis XIV; Amphitryon et l'Avare (1E68), toutes deux imitées de Plaute ; Georges Dandin (1668); Monsieur de Pourceaugnac (1669) ; le Bourgeois gentilhomme (1670), les Fourberies de Scapin (1671); les Femmes savantes (1672); le Malade imaginaire (1673). A la4° représentation de cette dernière pièce, Molière, dont la santé était depuis longtemps altérée , voulut jouer malgré les représentations de ses amis, de peur, disait-il, de faire perdre leur journée à tous ceux qu'il employait; mais à la fin de la pièce, au moment où il prononçait le mot juro, il fut pris d'une convulsion, et on l'emporta mourant. Il expira le 17 février 1673, à peine âgé de 51 ans. Ce ne fut pas sans peine que sa veuve obtint de l'autorité ecclésiastique la permission de le faire assister par un prêtre et de l'enterrer en terre consacrée. Ce grand homme avait eu à souffrir de l'envie; il ne fut pas non plus heureux dans son intérieur : il avait épousé en 1662 Armande Béjart (sœur d'une des actrices de sa troupe), qui était beaucoup plus jeune que lui, et dont la coquetterie empoisonna ses dernières années. Molière est le. premier des comiques; aucun ne l'a surpassé, ni même égalé._A une admirable force comique, à une verve intarissable, il unit une exacte observation de mœurs qui lui permet de saisir tous les vices et tous les ridicules, un talent prodigieux pour tracer des caractères qui deviennent autant de types immortels, enfin une morale pleine d'une haute raison et d'une utilité vraiment pratique. Il a traité en vers tous les sujets qui appartenaient à la*haute comédie, le Misanthrope , le Tartufe, les Femmes savantes, se contentant de la prose pour les sujets d'une importance moindre ou qui se rapprochaient de la farce, les Fourberies de Scapin, George Dandin, l'Avare, le Malade imaginaire. Sa prose a une franchise, une ne't-teté, une précision et une vigueur remarquables; ses vers, malgré quelques négligences, sont restés le type du vrai style comique par le naturel, l'aisance du tour, l'énergie, et, au besoin, par la grâce. Le génie de Molière, malgré son incontestable supériorité, ne fut pas immédiatement apprécié par ses contemporains, ce qui a fait dire à Boileau :
Avant qu'un peu de terre, obtenu par prière^ Pour jamais sous la tombe eût enfermé Molière, Mille de ces beaux traits, aujourd'hui si vantés, Furent des sots esprits à nos yeux rebutés.... Mais sitôt que d'un trait de ses fatales mains La Parque l'eut rayé du nombre des humains, On reconnut le prix de sa muse éclipsée. (Ép. vn.)
Parmi les nombreuses éditions des Œuvres de Molière, on remarque celles de Bret, avec un commentaire trop succinct, 1773, 6 vol. in-8 ; d'Auger, 1819-25, 9 vol. in-8; d'Aimé Martin, 1823-26, avec un choix de tous les commentateurs, de L. Moland, 1865. La Vie de Molière a été écrite par (Jrimarest, 1705: l'Histoire de sa vie et de ses ouvrages, parTas-chereau, 1825. On doit à Cailhava des Études sur Molière, 1802, à M. Bazin des Notices historiques sur M., 1851, à F. Génin, un Lexiquede la langue de Molière. Son Éloge fut mis au concours par l'Académie française en 1769, et le prix fut décerné à Chamfort. En 1778, l'Académie, qui ne l'avait pas admis au nombre de ses membres à cause de sa profession,|plaça son buste dans la salle de ses séances, avec ce vers de Saurin pour inscription :
Rien ne manque à sa gloire ; il manquait à la nôtre.
On a élevé en 1844 à Paris (rue Richelieu) un monument en l'honneur de Molière, près de la maison qu'il avait habitée.
MOLI — 1272 — MOU,
*MOLIÈRES, ch.-l. de cant. (Tarn-et-Garonne), à 26 kil. N. de Montauban; 1000 hab.
*MOLIÈRES (Joseph PRIVAT de), physicien, né en 1677 à Tarascon, mort en 1742, entra chez les Ora-toriens, se lia intimement avec Malebranche, fut reçu *n 1721 à l'Académie des sciences, et nommé en 1723 professeur de philosophie au collège de France. Il était un des plus zélés partisans des tourbillons de Descartes. On a de lui des Leçons de Mathématiques, 1726: — de Physique, 1733.
*MOLIN (Jacques), dit Du Moulin, médecin, né en 1666 à Marvège près de Mende, m. en 1755, fut professeur d'anatomie au Jardin du roi, médecin en chef des armées, médecin de LouisXIV etdeLouisXV, fit une foule de cures merveilleuses, et amassa une grande fortune. Il recommandait la saignée, l'eau, la diète et l'exercice : on croit que c'est lui que Le-sage désigne dans Gil Bios sous le nom de S„angrado. MOLINA (Louis), jésuite espagnol, né en 1535 à Cuença, enseigna la théologie 20 ans à l'université d'Évora en Portugal, puis revint en Espagne, et mourut à Madrid en 1601. On a de lui un commentaire sur la Somme de S. Thomas, des traités De li-beri arbitra cum gratise donis concordia, De Justifia et jure. Dans son traité sur l'accord du libre arbitre avec la grâce, il fait une grande part au libre arbitre, au risque même de diminuer celle de la grâce, et suppose en Dieu, relativement aux actes conditionnels, une science d'une nature particulière, qu'il nomme Science moyenne. Cette doctrine, connue depuis sous le nom de Molinisme, fut acousée d'être contraire à celle de S. Thomas et divisa les théologiens en deux camps, les Molinistes et les Thomistes; les papes Clément VIII et Paul V, auxquels elle fut déférée , ne se prononcèrent pas à son égard. Quelques-uns imputent à la doctrine de Molina de conduire à une morale relâchée : les Jansénistes, par ce motif, affectaient de donner à leurs adversaires le nom de Molinistes. MOLINA (Marie de), reine de Castille. F. MARIE. MOLINA (Tirso de). V. TIRSO et TELLEZ. . MOLINA-DE-ARAGON, v. murée d'Espagne, dans la Nouv.-Castilie (Guadalaxara), à 95 kil. S. E. de Siguenza; 3650 hab. Elle reçut en 1140 des Fueros, qui sont un document curieux de l'ancienne jurisprudence de la Castille. Au xiv" siècle, elle fut cédée par le roi de Castille au roi d'Aragon : d'où le nom qu'elle a conservé. Prise en 1810 par les Français. — On appelle Sierra de M., une petite chaîne de montagnes de l'Aragon , qui sépare la prov. de Guadalaxara de celles de Calatayud et de Téruel ; elle se rattache au N. O. à la Sierra Solorio, et au 3. à la Sierra Albarracin.
*MOLINET (Jean), poëte du xv« s., né dans le Boulonnais vers 1420, mort en 1507, embrassa l'état ecclésiastique étant veuf, devint chanoine à Valen-ciennes, aumônier et bibliothécaire de Marguerite de Parme, et historiographe de l'empereur Maximi-1 len I". On a de lui quelques poèmes fort médiocres, qui néanmoins lui firent en son temps une grande réputation : le Temple de Mars, la Complainte de Constantinople, la Vigile des morts, moralité. Il a en outre mis en prose le roman de la Rose, Lyon, 1503. Il a aussi laissé : Faits et dits, contenant plusieurs beaux traités , oraisons et chants royausc, Paris, 1531, et une Chronique, qui va de 1474 a 1504. et qui a été publiée par Buchon en 1828.
*MOLINIER (Gu.il.), troubadour toulousain, chancelier du Collège du gai savoir, rédigea en 1356, de concert avec les sept mainteneurs du gai savoir, sous le titre de Lexjs â'amors, une poétique, suivie d'une grammaire et d'un traité des figures, que l'Académie des Jeux floraux a publiée en 1842-44, avec une traduction en regard.
*MOLINISTES, partisans de Molina. V. MOLINA. MOLINOS (Michel), théologien espagnol, né en 1627, près de Saragosse, se fixa à Rome et y fut longtemps directeur de consciences. Il publia en 1675 la Guide spirituelle, où il enseignait, sous le nom dé Contemplation parfaite, un quiétismè qui fut trouvé dangereux : 68 propositions tirées de ce livre furent condamnées par Innocent XI; l'auteur fut jeté dans les prisons de l'Inquisition en 1685, et, quoiqu'il se fût rétracté publiquement, on l'y laissa mourir après 11 ans de détention, en 1696. On trouve la traduction de la Guide dans un Recueil de pièces sur le Quiétismè, Amsterdam, 1688. Lés68 propositions de Molinosontété réfutées par Fénelon et par Bossuet.
*MOLISE, Melx, v. d'Italie, dans l'ane. roy. de Na-pies, à 15 kil. N. O. de Campo-Basso; 600 hab. On donne quelquefois le nom de cette ville à toute la pro vince, quoiqu'elle n'en soit pas le ch.-l. V. SANNIO.
*MOLITOR (Gabriel), maréchal de France, né en 1770 à Hayange (Moselle), mort à Paris en 184P, s'enrôla au début de la Révolution, fut dès 1791 nommé capitaine, commanda une des colonnes qui vainquirent à Weissemhourg, devint général de brigade en 1798; seconda puissamment en Suisse Mas-séna, et battit les troupes russes et autrichiennes dans les combats de Setrwitz, de Muttenthal et de Glaris (17991 : à cette dernière affaire, sommé de se rendre par des forces bien supérieures, il répondit : Œ Ce n'est pas moi qui me rendrai, ce sera vous; » et en effet, il força l'ennemi à mettre bas les armes. Il commanda en 1800 le passage du Rhin, qu'il effectua à la tête d'une compagnie de grenadiers soùs le feu de l'ennemi; fit 3500 prisonniers à Stockach, enleva Mœskirch, reprit Feldkîrch, qui était la clef du Tyrol. et fut en récompensé élevé au ç«ade de général de division. En 1805, à Caldiero, il assura la victoire en contenant avec sa seule division toute l'aile droite de l'archidue Charles. En 1806, il occupa laDalmatie avec trois régiments seulement, et réussit à débloquer Lauriston enfermé dans Raguse, en dispersant avec 1670 hommes 11 000 Russes et Monténégrins. Chargé en 1807 et 1808 du commandement de la Poméranie, il poursuivit les Suédois jusque sous les murs de Stralsund , et entra le premier dans la place, ce qui lui valut le titre de comte avec une dotation de 30 000 fr. II eut une grande part aux victoires d'Eckmuhl, d'Esslïng, de Wagram, et s'empara de l'Île de Lôbau (1809),. Mis à la tête de l'armée d'occupation des villes hanséatiques (1810), puis de la Hollande (1811), il tint jusqu'au dernier moment. Dans la campagne de France, il fit d'admirables, mais inutiles efforts à La Chaussé?, à Châ-lons, à La Ferté-sous-Jouarre. Quelque temps disgracié par les Bourbons, il fut cependant appelé en 1823 au commandement du 2" corps de l'armée d'Espagne et fut, à son retour, élevé à la dignité de maréchal de France et à la pairie. Il occupa dans ses dernières années le poste de gouverneur des invalides, puisdegrandchancelierdelaLégion d'honneur. MOLLAH, c.-à-d. Seigneur, titre d'honneur que portent chez les Arabes et les Turcs les principaux chefs de leur religion. Use donne aussi aux cheiks, aux jurisconsultes, et en général à tout homme re-commandable par son savoir ou sa piété.
*MOLLENDORF. V. MŒLLENDORF.
*MOLLEVAUT (Ch.), né en 1776 à Nancy, mort en 1844, était fils d'un avocat de Nancy qui fut membre de la Convention et du Corps législatif. D'abord professeur aux écoles centrales, puis au lycée de Nancy, Mollevaut se fit connaître de bonne heure par des traductions qui le firent admettre en 1816 à l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Il a tra-dait en vers : les Amours d'Héro et Léandre de Musée; les Odes d'Anacréon ;un choix d'Ovide, de Ti-bulle, de Properce, de Catulle ; l'Enéide et les Géor-giques de Virgile; en prose: Salluste , Virgile, la Vie d'Agricola de Tacite. On a aussi de lui des poésies originales : Élégies, 1816 -, les Fleurs, en quatre chants, 1818; Chants sacrés, 1824, et nombre de pièces de circonstance, dans lesquelles il loue alternativement Napoléon et les Bourbons. Ses premiers travaux avaient du mérite, son Tibulle surtout; mais il ne sut pas s'arrêter à temps.
MOLU — 1273 — MOMP
*MOLLIEN (Franc. Nie), habile financier, né en 1758 à Rouen, moft en 1850 à Paris, était en 1789 attaché aux fermes générales. Il fut nommé par l'Empereur ministre du Trésor en 1806, conserva cette haute position jusqu'en 1814, y fut rappelé aux Cent-Jours, puis rentra dans la vie privée. Il avait puissamment contribué à rétablir l'ordre dans l'administration et à créer notre organisation financière : Napoléon , en récompense, le fit comte de l'Empire. Louis XVIII l'appela en 1819 à la Chambre des Pairs, dont il fut une des lumières. Le comte Mollien a écrit des mémoires, imprimés en 1845 sous ce titre : Mémoires d'un ancien ministre du Trésor public:,il y expose ses principes d'administration.
*MOLLIENS-VIDAME, ch.-l. de cant. (Somme), à 25 kil. O. d'Amiens; 813 hab.
*MOLOCH, c-à-d. Roi, idole des Phéniciens et des Carthaginois, ainsi que des Ammonites et des Moa-bites, est identifié tantôt avec Baal, tantôt avec Saturne. On lui sacrifiait des victimes humaines, surtout des enfants. On le représentait sous la forme monstrueuse d'un homme qui portait une tête de veau ou de taureau. Selon Diodore, sa statue était en métal, et avaitles bras étendus pour recevoir les victimes humaines qu'on lui offrait.
*MOLOGA , riv. de Russie, arrose les gouvts de Tver, de Novogorod, d'Iaroslav, et se jette dans le Volga par la r. g., à Mologa, ville située à 100 k. O. N. d'Iaroslav ; env. 400 k. de cours.
*MOLOKATH, Mulucha ou Muluchas, auj. la Mal-va, riv. de l'Afrique sept., affluent de la Méditerranée, séparait chez les anciensla MauritanieTingitane | de la. Mauritanie Césarienne.
*MOLOSSES, peuple d'Ëpire, habitait le pays situé à l'E. de la Thesprotie, depuis Dodone jusqu'au territoire d'Ambracie; ce pays prenait d'eux le nom de Molosside. Les viÉes principales étaient : Photica (auj. Vêla), Tecmon (Gurianista), Dodone (Castrizza), Passaron, Chalcis (Khaliki), Horréon, Phylacé, Ôharadra, Ambracie (Arta). On trouvait dans ce pays d'énormes chiens, connus sous le nom de molosses. — Les Molosses étaient, d'origine pélasgigue. Après la guerre de Troie, leur pays fut envahi par des Hellènes venus de Thessalie, et conduits par Néoptolème ou Pyrrhus, fils d'Achille , ou par un fils de Pyrrhus, nommé Molossus, qui donna son nom à la nation, ils soumirent les petits peuples voisins, et fondèrent un royaume important, qui comprenait la plus grande partie de l'Êpire. V. ce mot.
*MOLSHEIM, ville d'Alsace-Lorraine, sur la Bru-
j ûhe. à 20 kil. O. S. O. de Strasbourg; 3600 hab. 5 Acier fondu, acier laminé pour ressorts d'horlogerie; S faux, fleurets, quincaillerie, etc. Vins blancs. Mols--| heim était dès le xn* s. une place forte, qui appar-l tenait aux évêques de Strasbourg; elle fut brûlée en % 1677 par les Impériaux.
*MOLUQUES , grand archipel de l'Océanie, dans la Malaisie, entre la Papouasie et Célèbes, dont elle <i est séparée par le passage des Moluques, entre 5°-30' | lat. S. et 3° lat. N., et par 124°-127° long. E., se di-j vise en trois groupes, celui d'Amboine, celui de Banda, et les Moluques proprement dites. Dans ces dernières, on remarque Gilolo, la plus grande de toutes; Ternate, dont le prince étend sa domination sur Mortay et sur une partie de Gilolo et de Célèbes ; Mortay, Tidor, Batchian et Mysol. C'est à Ternate qu'est le centre de l'exploitation hollandaise. Les Moluques sont très-fertiles, et la nature de leur végétation les a fait surnommer Îles aux épices; deux arbres surtout, le muscadier et le giroflier, y croissent en abondance et sont pour les Hollandais une source inépuisable de profits; on en tire aussi du, sucre, du café, de l'indigo, du sagou, des plantes tinctoriales. Ces îles renferment plusieurs volcans et portent la trace d'anciens tremblements de terre. Les indigènes sont des Alfourous et des Malais, la plupart féroces et très-guerriers. Ceux de la côte exercent la piraterie.— Les Moluques furent découvertes en 1511 par les Portugais, qui les exploitèrent dans le plus grand secret. Les Espagnols survinrent peu après et leur en disputèrent la possession; mais, par le traité de Saragosse (1529), Charles-Quint céda ses prétentionssur les Moluques au roi de Portugal Jean III contre 350 000 ducats d'or. Les Hollandais s'en emparèrent en 1607, et ils les ont toujours gardées depuis, sauf l'intervalle de 1809 à 1814, pendant lequel les Anglais les possédèrent. Amboine, Banda et Ternate ont été déclarés ports francs en 1853.
*MOLWITZ, v. des États prussiens (Silésie), à37k S. E.de Breslau. Victoire de Frédéric II sur lestrou-pes de Marie-Thérèse en 1741.
*MOLYNEUX (W.), savant irlandais, né à Dublin en 1656, m. en 1698, s'adonna aux mathématiques et à la physique, fonda en 1683 à Dublin une société scientifique, fut nommé en 1684 surintendant des bâtiments de la couronne et reçu en 1685 à la Société royale de Londres. Il se retira en Angleterre pendant les troubles de l'Irlande; après son retour dans sa patrie, il fut nommé en 1692 représentant de Dublin au parlement. On a de lui une Dioptrique, en anglais, qui contient un théorème célèbre pour trouver le foyer des verres d'optique et qui a longtemps servi de manuel aux opticiens, et Sciothericum telescopium, contenant la description et l'usage d'un cadran solaire à lunette de son invention; Molyneux était lié avec Locke; il lui demanda si un aveugle auquel on rendrait la vue pourrait aussitôt reconnaître la forme des corps : Locke lui fit une réponse négative, qui fut depuis confirmée par les expériences de Cheselden . c'est ce qu'on appelle le Problème de Molyneux.
*MOLZA (Fr. Marie), poète de Modène, 1489-1544, se fit de bonne heure remarquer par des vers pleins d'élégance et de fidélité qui lui valurent de puissants protecteurs ; mais il se plongea dans la misère par une conduite déréglée, et mourut d'une maladie honteuse. Il a laissé des capitoli, des rime, des nouvelles et des vers latins, parmi lesquels on remarque des élégies qui le placent près de Tibulle. Ses ouvrages ont été publiés par Serassi, Bergame, 1747-54. — Sa petite fille, Tarquinia Molza, 1542-1617, se distingua aussi comme poète et fut louée par le Tasse et Guarini. On a d'elle des sonnets, des madrigaux, etc., impr. avec les Œuvres de son aïeul.
===MOM===
*MOMBAZA, île de la mer des Indes, sur la côte de Zanguebar, par 37° 20' long. E.,4° 3' lat. S., a 25k. de tour, et a pour ch.-l. une ville de même nom qui compte 3000 h. Bons ports; sol fertile; commerce d'ivoire, de gomme, de poudre d'or, etc.; habitants mahométans. Possédée par les Portugaisde 1519 àl720, par les Anglais de 1824 à 1826, elle est auj. au pouvoir de l'imam de Mascate.
*MOMTERS, c-à-d. Com&liens,nom ironique donné en Suisse aux Méthodistes, et spécialement à une association mystique formée à Genève en 1818.
*MOMIES. V. ce mot dans notre Dict. des Sciences.
*MOMONIE, prov. d'iflahae. V. MONSTER.
*MOMPOX, v. de la Nouv.-Grenade, ch.-l.de prov., à 200 kil. S. E. de Carthagène, sur la r. g. de la Magdalena; 10 000 hab. Collège. Tabac, sucre, chocolat; or. — La prov. de Mompox est une des quatre qui ont été formées du dép. colombien de Magdalena.
MONB — 1274 — MONG
*MOMUS, dieu de la raillerie et des bons mots, fils du Soleil et de la Nuit, selon Hésiode, tournait en ridicule les hommes et même les dieux. On le représente levant son masque d'une main et tenant de l'autre une marotte, symbole de folie.
*MONA, île de l'Océan atlantique, auj. Ànglesey.
===MON===
*MONAB1A; Île de l'Océan atlantique, auj. Man.
*MONACO (jadis enfrançaisilJowg'es), Berculis Mo-nœci porius, ch.-l. de la principauté de Monaco, sur un rocher qui s'avance dans la mer, à 12 kil. E.N.E. de Nice; 1-200 hab. Port, rade (où mouillent les petits navires). Château, citadelle. Tribunal (dont la cour d'appel siège à Paris). Distillerie d'essences : pêche assez active. Patrie du statuaire Bosio et du compositeur Langlé. —Laprincipauté,bornée au S. par la Méditerranée et enveloppée des autres côtés par le dép. français des Alpes maritimes, possédait avant 1848, outre Monaco, les villes de Menton et Roque-brune; elle se réduit auj. à la petite ville de Monaco et à son territoire. Climat délicieux. Le sol produit en abondance des citrons, des oranges, des caroubes. Fabriques de chapeaux de paille. — La principauté de Monaco, située dans l'anc Ligurie, fut d'abord une simple seigneurie, qui dès l'an 968 appartint aux Grimaldi, une des plus puissantes familles de Gênes. Au xvi*, le titulaire avait le titre de prince. En 1605 le tuteur d'Honoré II mit la principauté sous la protection espagnole;Honoré II se plaça en 1641 sous la protection de la France, ce qui lui fit perdre les fiefs qu'il avait en Espagne. La France l'indemnisa par la cession du duché de Valentinois et d'autres fiefs importants. La maison de Grimaldi s'éteignit dans les mâles en 1731 ; l'héritière porta alors la principauté dans celle de Matignon, qui prit dès lors le nom de Grimaldi. Honoré V, m. en 1841, eut pour successeur son frère Florestan I, mort lui-même en 1856, et remplacé par son fils Charles-Honoré, qui prit le nom de Charles III. En vertu des traités de 1815, l'État de Monaco était sous la protection du roi de Sardaigne, qui mettait garnison au chef-lieu. En 1848, les villes de Menton et de Roquebrune réussirent à se soustraire à l'autoritédu prince de Monaco; l'année suivante, Charles-Albert les occupa maigre les protestations du prince Florestan, et il les fit gouverner depuis comme partie intégrante des États Sardes. Par un traité du 2 févr. 1861 le prince de Monaco céda à la France ses droits sur Menton et Roquebrune moyennant une indemnité de 4 millions ; elles font auj. partie du dép. des Alpes maritimes.
*MONAG!IAN,v.d'Irlande, ch.-l. du comté de même nom, à 100 kil. N. de Dublin.— Le comté, situé dans le S. E. de l'Ulster, est entre ceux de Tyrone, Armagh, Loutb, East-Meath; ila 1140kil. carr. etï40000 hab. Sol assez fertile. Faible industrie.
*MONALDESCHI (Jean de) .d'une famille noble d'Or-vieto, dans l'État romain, entra jeune au service de Christine, reine de Suède, devint son grand écuyer, l'accompagna dans ses voyages après son abdication, et vécut avec elle dans une étroite intimité. Pendant son séjour en France Christine l'accusa de trahison et le fit assassiner au château de Fontainebleau (1657) : on attribua ce crime à la jalousie; selon quelques-uns, M. avait composé un libelle contre sa bienfaitrice.
*MONASTIEK (LE) , ch.-l. de cant. (Hte-Loire) sur la Gazeille. à 19 kil. S. E. du Puy ; 1900 hab.
*MONASTIR ou BITOLIA, Octolophum, v. de Turquie (Roumélie), ch.-l. de livah, à 180 kil. S. O. de Salo-nique; 15000 h. Pillée en 1806 par Ali-Pacha.
*MONASTIR, v. forte et port de l'État de Tunis, sur la Méditerranée, à 22 kil. S. E. de Sousa; 12 000 h. Etoffesde laine, burnous.
*MONBARREY.MONBAIENS, etc. V. MONT
*MONBODDO (Jacq.BURNETT,lord),philosophe écossais, né en 1714 à Monboddo (Kincardine), suivit d'a-bordle barreau d'Edimbourg, fut en 1767 nommé juge dans cette villa, et conserva ces fonctions jusqu'à sa
mort (1799). Vif admirateur de la philosophie grec* que, il s'est livré à des recherches curieuses sur l'antiquité, mais trop souvent il s'est laissé entraîner au paradoxe. On a de lui un traité de l'Origine et des progrès du langage, en anglais, 6.vol. in-8, J773-92, et la Métaphysique des anciens, 6 v. in-4,1779-99.
*MONCADE (Hugues de), capitaine espagnol, se mit successivement au seiirïce de Charles VIII, roi de France, qu'il suivit en Italie, de César Borgiat de Gon-salve de Cordoue; prit parti pour les Colonna contre le pape Clément VII, s'empara en 1527 du Vatican, qu'il livra au pillage, se fit nommer peu après vice-roi de Naples, et périt en 1528 dans un combat'naval en défendant Naples contre Lautreo et André Doria.
*MONCADE (Franç.de),comted'Ossone,marquisd'Ay-tona, delamêmeïamillequelepréc, néàVaJenceen 1586, mort en 1635. Généralissime des troupes espagnoles dans les Pays-Bas en 1633, il réussit à. calmer les esprits et à faire échouer les tentatives du prince d'Orange sur la Meuse. II a publié en 1623 nneHist. de l'expédition des Catalans et des Aragonais contre les Turcs et les Grecs, ouvrage réputé classique.
*MONCALIERI, v. du Piémont sur le Pô, a 8 kil.. S. de Turin; 7500 h. Château royal, où Charles-Emmanuel III, dueleSavoie,enfermaenl730 son père, qui y mourut en 1732.
*MONCAYO, Catmiis,pic de la chaîne Ibérique (Espagne), sur la limite des provinces de Soria, de Ca-Iatayud et de Saragosse.
*MONCEY (Adrien), duc de Conégliano, maréchal de France, né en 1754 à Moncèy, près de Besançon, m. en 1842, était fils d'un avocat auparlementdeFran-che-Comté. Us'engageaâquinzeans, et était capitaine en 1791. Envoyé en 1793 dans les Pyrénées àla.têtedes chasseurs cantabres, il s'y distingua tellement qu'il fut fait en peu de temps général de brigade, puis général de division. Nommé, malgré ses refus, général en chef del'armée des Pyrénées-Occidentales (1795), il prit Fontarabie, le port du Passage, St-Sébastien, soumit le Bastan, la vallée de Roneevaux, où il détruisit une pyramide qui consacrait un souvenir injurieux pourla France, et força l'Espagne à demander la paix (1796). Dans la 2° campagne d'Italie (1800), il franchit le St-Gotbard, s'empara de Bellinzona, de Plaisance, se distinguaau combat de Roverqio et occupa la Valteline. Inspecteur général de la gendarmerie en 1801, il déjoua les plans des conspirateurs; aussi fut-il en 1804 compris dans la première promotion de maréchaux; il reçut peu après le titre de duc de Conégliano. Lorsque éclata la guerre d'Espagne, Moncey, envoyé de nouveau dans ce pays,batlit les insurgés de Valence au défilé d'Almanza (1808), et contribua à la prise de Saragosse (1809). Major général de la garde nationale en 1814, il tenta de défendre les murs de Paris (30 mars), et ne déposa les armes que quand la capitulation eut été signé_e. Après les Cent-jours, il refusa de présider un conseil da guerre chargé de juger le maréchal Ney, et se vit, pour ce refus généreux, enfermé au fort de Ham et destitué de tousses emplois. Néanmoins, en 1823, lors de l'interventionr'en Espagne, on eut recours à sa vieille expérience, et le commandement du 4* corps lui fut confié. Û s'empara promptement de Puycerda, de Rosas, de Figuières, et força Barcelone, Tarragone et Hostalrich à se rendre. Appelé dans ses dernières années au gouvernement de l'hôtel des Invalides,'!! y reçut en 1840 les cendres de Napoléon. Moncey n'était pas moins remarquable par son noble caractère que par ses talents guerriers : plein de modération, il resta pur de tout excès au milieu des régimes si divers sous lesquels il vécut. Un Éloge historique deifonce?/, par M. de Chénier, a été couronné par l'Académie de Besançon. — Après sa mort, le titre de duc de Conégliano a été reporté, faute d'héritiers directs, sur'la tête de son gendre, le baron de Gillevoisin.
*MONCHIQUE, v. de Portugal (Algarve), à23 kil. N. de Lagos,aupied de laSierradeMonchique;2700h.
*MOND — 1275 - MONG
Oranges et jambons renommés, sources sulfureuses, bains fréquentés. — La Sierra de Monchique sépare l'Algarve de l'Alentéjo occidental, puis court au S. O. jusqu'au cap St-Vincent.
*MONCHY, vge du dép. du Pas-de-Calais, à 15 kil. S. O. d'Arras; 1200 hab. Il a donné son nom à la maison de Monchy, d'où sort celle de Hocquincourt.
*MONCLAR, ch.-l. de c (Tarn-et-Garonne), à 22k. S. E. de Montauban; 1000 hab.— Ch.-l. de c (Lot-et-Garonne), à 17 kil. N. O.de Villeneuve,2173 hab.—
Y. RIPERT-MONCLAR.
*MONCLOVA, v. du Mexique. Y. MONTELOVEZ.
*MONCONTOUR, ch.-l. de c (Vienne), sur la Dive, à 18 kil. S. O. de Loudun; 750 hab. Henri III (alors duc d'Anjou), y battit l'amiral Coligny en 1569.— Autre ch.-l. de c (Côtes-du-Nord), à 25 kil. S. E. de St Brieuc ; 1400 hab. Toiles.
*MONÇON ou MONZON, v. d'Espagne (Huesca) dans fane. Aragon, sur la r. g. de là Cinca, à 56 kil. S. E. de Huesca ; 3500 h. Enlevée aux Maures par le roi d'Aragon Sanchez-Ramirez eu 1063. Célèbre par un traité signé, le 6 mars 1626, entre la France et l'Espagne, au sujet de la Valteline.
*MONCOUTANT, ch.-l. de c (Deux-Sèvres), à'26 k. N. O.deParthenay; 1900 hab. Grand entrepôt de 6re-luches (étoffes de laine sur fil).
*MONCRIF(Paradis de),écrivain,né à Paris en 1687, m. en 1770, obtint de bonne heure des succès dans le monde par sa figure, son esprit et ses talents; il était à la fois poète, musicien, et jouait agréablement la comédie. 11 fut d'abord secrétaire du comte d'Argen-son, puis du corate-abbé de Clermont, prince du sang, et devint en i 734 lecteur de la reine Marie Leczinska. Il avait été reçu à l'Académie en 1733. On a de lui : Essais sur la nécessité et les moyens de plaire, 1738; une Histoire des chats, ouvrage frivole écrit sous forme sérieuse et qui l'exposa à bien des sarcasmes ; quelques romans, des poésies chrétiennes, des poésies fugitives et des chansons : il excellait surtout dans la romance. Ses œuvres complètes ont été imprimées en 1751,1768 et 1801.
*MONDA, v. d'Espagne (Malaga), à 31 kil. O. de Ma-laga; 10 250 h. Antiquités romaines. On a cru à tort que c'était l'anc llunda. Y. ce nom.
*MOJVDEGO, llunda, riv. du Portugal (Beira), sort de la Sierra d'Estrello, coule au N., puis à l'O., et au S. O.; arrose Coimbre, Montemor-o-Velho, et tombe dans l'Océan après un cours de 180 kil. Elle charrie des paillettes d'or. Ses rives furent le théâtre de la guerre entre les Anglais et les Français en 1810 et 1811.
*MONDINO, en lat. Mundinus, le restaurateur de l'anatomie, né vers.1260 à Milan ou à Florence, m. en 1326 à Bologne, professa à l'université de cette dernière ville à partir de 1316. Il passe pour être le premier des modernes qui ait disséqué des cadavres humains. On lui doit un traité d'anatomie intitulé : Anatome omnium humant corporis interiorum mem-brorum, qui fit longtemps autorité et qui a eu beau-eoup d'éditions :Pavie,1478; Venise, 1580; Padoue, 1584, avec commentaires de Bérengerde Carpy, etc.
*MONDKY, vge de l'Inde, à30 k. S. de Firozpour, près de la r. g. du Setledge. Les .Sycks y livrèrent les 18 et 22 décembre 1845 des combats meurtriers aux Anglais, qui restèrent vainqueurs.
*MONDONEDO, Mindonia, v. d'Espagne (Galice), à 48 kil. N. E. de Lugo, jadis ch.-l. de prov., auj. dans la prov. de Lugo ; 8000 hab. Évêché.
*MONDONVILLE (CASSANEA de), instrumentiste et compositeur, né à Narbonne en 1715, m. en 1772, se fit remarquer par un talent précoce sur le violon, vint se fixer en 1737 à Paris, composa des motets, de oratorios , des sonates, des trios, des concertos et des opéras qui obtinrent un grand succès, et fut nommé maître de chapelle à Versailles. Ses opéras du Carnaval du, Parnasse, de Tilhon et l'Aurore, de Daphnis et Alcim.adure, eurent la vogue.
*MONDOUBLEAU, ch.-l. de c. (Loir-et-Cher), près de la Graisne, à33kil. F. O. de Vendôme; 1800hab.
Serges, cotonnades, tanneries, chevaux, bestiaux. Jadis seigneurie; ruines d'une forteresse féodale.
*MONDOVI, ville d'Italie, cn.-l. de prov. (Coni), à 50 kil. S. E. de Turin; 22 600 hab.Evêché, école de médecine, collège. Citadelle, ateliers de construction militaire. Draps, chapeaux, cotonnades, filatures es soie, etc. — Fondée en 1232; d'abord indépendante, elle fut soumise aux ducs de Savoie en 1396. Aux environs, Bonaparte vainquit les Piémontais, 22 avril 1796 ; Soulty dispersa40 000paysans insurgés, 1799. Patrie du physicien Beccaria.— La prov., entre ce1'.es d'Alba auN., de Salucesau N. O., de Coni à l'O.,de Nice au S., et de Gênes à l'E., a 150000 hab.
*MONDRAGON, v. d'Espagne (Guipuzcoa), à22 k. S. O. dePlacencia; 2500 h. Fabrique roy.'d'armes; forges, martinets, armes, forage de canons.
*MONEINouMONEINS, Monesi, ch.-l. dec(B.-Py-rénées), à 20 k. N. d'Oloron ; 5500 h. Bons vins rouges.
*[[w:Tristan de Moneins|MONEINS (Tristan de),]] <s>gouverneur de la Guyenne sous Henri II, fut en 1548 assiégé dans le Château-Trompette par les Bordelais qui s'étaient insurgés à l'occasion de l'impôt de la gabelle, et fut massacré par eux après s'être rendu . Ce meurtre fut vengé la même année par le connétable de Montmorency : on prétend qu'il força les Bordelais à déterrer le corps de Tristan avec leurs ongles.</s>
*MONEMBASIE, nom grec de la ville qu'on appelle vulgairement Nauplie de Malvoisie. Y. ce nom.
*MONESTIER (LE), ch.-l. de c. (H.-Alpes), près de la Guijsane, à 15 kil. N. O. de Briançon; 1250 h. Eaux thermales ; graphite ou plombagine", houille, cuivre. Antiquités romaines.
*MONESTIER-DE-CLERMONT (LE), ch.-l. de c (Isère), à 33 kil. S. de Grenoble; 600 hab. Ane baronnie, qui fut érigéeen comté en 1547, et qui a donné son nom à la famille de Clermont-Tonnerre.
*MONESTIÈS, ch.-l. de c (Tarn), sur le Céron, à 23 kil. N. O. d'Alby; 1300 hab.
*MONFLANQUIN, ch.-l. de c. (Lot-et-Garonne), sur la Lède, à 20 kil. de Villeneuve-d'Agen; 1300 h. Vins.
*MONGATCH. Y. MUNKACS.
*MONGAULT (l'abbé),né à Paris en 1674, m. en 1746, entra à l'Oratoire, enseigna les humanités au collège de Vendôme, fut quelque temps attaché à l'archevêque de Toulouse. Colbert; fut chargé en 1710 de l'éducation du fils amé du duc d'Orléans, depuis régent, et entra à l'Académie en 1718. Ona de lui des traductions estimées d'Hérodien, 1700, et des Lettres de Ci-céronàAtticus, 1714 : ces Lettres ont été reproduites dans la traduction deCicéronparM. V. Le Clerc
*MONGE(Gaspard),géomètre,néàBeauneenl746,m. en 1818, étaitfilsd'unpauvre marchandforaip-Après avoir étudié chez lesOratoriens, il futquelgffs temps chargé d'enseigner les mathématiques et la physique à l'école du génie établie à Mézières. Pendant son séjour dans cette ville, il créa la géométrie descriptive; mais il ne lui fut pas permis de divulguer ses nouvelles méthodes de construction pour que l'étranger ne pût pas s'en servir contre nous. Il fut nommé en 1780 membre de l'Académie des sciences,en 1783 examinateur de la marine, et vint alors sefi*e?j ^Sf" ris. 11 embrassa avec ardeur les doctrines d? las Révolution, devint après le 10 août 1792 minis're de la marine, quitta quelques mois après ce poste qui lui convenait peu et consacra pendant les guerres delà république toute sa science à fournir à la patrie des moyens dedéfense : c'est à cette époque qu'il rédigea son Art de fabriquer les canons. Il fut nommé professeur à l'École normale dès sacréation et fut'un clés fondateurs de l'École polytechnique. Il accqmpaSn8-Bonaparte enEgyte etdevintprésidentde l'Institut au Caire. Devenu empereur, Napoléon le-noîmra- sénateur, comte de Péluse, et le combla d'hor.neurs ; mais il perdit tout à la Restauration, et fut même rayé de l'Institut. On a de Monge : Traité élémentaire de Statique, 1786 et 1813; Géométrie descriptive, suivie d'une Théorie des ombres et de la perspective, an ni, et 1813; Application de l'analyse à la géométrie d*s
*MONG — 1276 — MONl
surfaces, 1809, etc. Il a été en outre un des princi- | «aux rédacteurs de la Description de l'Egypte, et on lui doit une foule de savants Mémoires, parmi lesquels on remarque son Explication du mirage. M. Arago a lu son éloge à l'Institut en 1846.
*MONGEZ (Ant.), archéologue, né àLyon en 1747, m. à Paris en 1835, entra jeune chez les Génovéfains, qui lui confièrent la garde de leur cabinet d'antiques, fut admis en 1785 à l'Académie des inscriptions et nommé en 1792 membre de !a commission de la Monnaie, devint en 1804 administrateur de cet établissement, fut destitué au retour des Bourbons comme prêtre marié, et réintégré en 1830. On a de lui un Dictionnaire d'Antiquités, etc. (dans l'Encyclopédie méthodique), 5 vol. in-4,1786-1794. Il termina l'Iconographie romaine, commencée par E. Q. Visconti, 3 vol. in-4, 1812-1829.
*MONGHIR, v. de l'Inde anglaise (Bengale), sur la r. dr. du Gange, à 100 kil. N. E. de Bahar; 30 000 hab. Citadelle; palais; mosquée en pierre noire; collège musulman renommé. Beaucoup plus importante jadis; prise par les Anglais en 1763.
*MONGOLIE, vaste région de l'empire chinois,entre la Sibérie russe au N., la petite Boukharieàl'O.,le Thibet et la Chine propre au S., et la Mandchourie à l'E.,par33°-53°lat.N., et850-122,,long. E., a2600kil. du S. au N. et 2200 de l'E. à l'O., et 3 000 000 d'hab. ; elle communique à la Chine par quatre portes de la grande muraille. C'est un plateau élevé de 2700 à 3300"" au-dessus de la mer, environné partout de très-hautes montagnes, et consistant en vastes steppes que coupent de grands lacs (Dalaï.Pouiour, Kosogol, Tchahan), et de fortes rivières (Hoang-ho, Amour, Selenga, etc.); le désert de Kobi en occupe une grande partie. Cette contrée se compose de deux régions séparées par la prov. chinoise de Kang-sou et le Tur-kestan chinois. Lai", qui est la plus grande, est située au N. E., et comprend la Charra-Mongolie à l'E. le pays des Khalkas au milieu et la Dzoungarie à l'O.; elle renferme peu de villes (Karakorum, Bnrinkho-to, etc.); on y trouve les temples de Chakiamouni à Djarout, et de Bouddha à Kou-yuan-ming-szu; beaucoup de ruines, etc. La 2" partie, qui forme le pays de Khoukhou-noor, est située au S. O. — Climat varié, tempéré sur quelques points, très-froid ailleurs, surtout dans le désert de Kobi; pâturages immenses, maigres la plupart, rhubarbe et ginseng.
Les Mongols, que l'on confond quelquefois à tort avec les Tartares, sont répandus non-seulement en Mongolie, mais aussi dans une partie du Thibet et dans l'Asie russe; ils ont la taille moyenne, le teint jaunâtre, l'œil enfoncé, mais vif ; les sourcils minces, noirs, peu araués;le nez large, petit etaplati; les pommettes saillantes, la tête ronde, les lèvres grosses, les oreilles larges et s'écartant de la tête. Ils professent lelamaïsme.sontnomades et habitent sous des tentes de feutre; ils vivent du produit de leur chasse et de leurs troupeaux, surtout de lait ; ils cherchent le ginseng, dont l'empereur de la Chine a le monopole, font quelque commerce par caravanes, et fabriquent eux-mêmes le peu d'objets dont ils ont besoin. On les distingue en Mongols occidentaux et orientaux. Les premiers comprennent les Khochot, les Dzoungares, iesDurbetetlesTorgoout; onlesdésigneplusparticu-lièrement sous les noms de Kalmouks ou d'Eleuths (V.KALMOUKS). Les seconds se subdivisent en un nombre infini de tribus; les principales sont les Khal-khas, les Bouriates, /es Khortchin, les Naïmans, les Toumet, etc. Chaquepeuplade se subdivise en oulouss (espèce de grandes tribus), et celles-cien ordos ou tentes (de là le nom de horde donné àun'etroupe sous un chef). En 1206,Gengis-Khan réunitsous sa domination les diversestribus mongoles et, après avoir conquis sur les Tartares l'Asie centrale, soumit par lui-même ou par ses fils le Kharizm, la Perse et la moitié au moins de la Russie d'Europe; il mourut (1227) au moment de s'emparer de la Chine méridionale, quesubjuguèrent ses successeurs. Cet empire est le plus vaste qui ait
jamais existé; mais dès 1227 il se partagea en;4 grands royaumes : Kaptchak, Iran ou Perse, Djagathaï, Mongolie-propre-et-Chine; les chefs des trois premiers États se nommaient khans; celui du dernier était le khan suprême ou grand khan; les 4 États étaient censés former un tout indivis, mais avant même la fin du xiir" siècle la séparation était complète. On nomme comme grands khans : Gengis, O&-taï (1227-41), Gaïouk (1242-51), Mangou (1251-59), Koublaï (1259-1294), en qui commence Ta dynastie chinoise.—Au xry* s., un nouveau conquérant mongol, Tamerlan, réunit pour la 2" fois les tribus errantes de sa nation (1370) et fonda un nouvel empire non moins puissant (F, TAMERLAN). Avec les débris de ses vastes États, un de ses descendants, Babour réussit à ériger dans l'Inde l'empire connu sous le nomi'Em-pire du Grand-SIogol (1505). Cet empire ne comprit d'abord que l'Hindoustan sept, avec le Khoracan, maisàpartird'Akbar ils'étendit sur l'Hindoustan tout entier et sur l'E. de l'empire persan. Cependant beaucoup de districts de l'Inde restèrent sous l'administration de leurs princes nationaux (dits radjahs), devenus vassaux ou tributaires. Les pays plus immé-diatementsoumis au grand Mogol formaient 12 grandes provinces ou soubabies, subdivisées en provinces secondaires ou nababies, Delhi était la capitale des Mongolsde l'Inde. Ce saste empire fut durant un siècle et demi (1555-1706) le plus brillant et le plus riche de l'Asie; mais sa décadence, dont les germes datent de la 2° partie du règne d'Aureng-Zeyb, marcha rapidement sous les successeurs de ce prince. L'invasion de Nadir-Chah et le 1" pillage de Delhi la hâtèrent encore (1739). Les Abdalis, les Mahrattes, les Rohillas, enfinles Français, et surtout les Anglais, se jetèrent sur ce malheureux empire et le démembrèrent. Auj. l'empire Mogol presque entier appartient aux Anglais : le dernier roi nominal, Chah-Alem II, a langui 18 ansprisonnierdelaCompagnie'(1788-1806).
* Liste des Grands-Mogols.
Babour, 1505 Azem-Chah et Chah-
Houmaïoum, pour AlemI, 1706
*la 1" fois, 1530-1541 Chali-Alem I (seul), 1707
(6 usurpateurs, 1541-55). Djihander-Chdli, 1712
Houmaïoum,2'fois. 1555 Farouksiar, 1713
Akbarl, 1555 Rafiou-der-Djat, 1716
Djihan-Guir (Gé- Chah-Djihan II, 1716
angir), 1605 Mohammed-Chah, 1717
Chah-Djihan I, 1627 Ahmed-Chah, 1747
Aureng-Zeyb ou Alemguir II, 1753
Alemguirl, 1657 Chah-Alem II, 1759-1806
*MONGOLS, V. MONGOLIE.
*MONIME, femme grecque d'une grande beauté, native de Stratonicée, en Carie', inspira une violente passion à Mithridate, qui l'épousa. Ce prince.ayant été quelquetempsaprèsvaincupa.rLucuilus et se voyant forcé de fuir, envoya à Monime l'ordre de se donner la mort de peur qu'elle ne tombât aux mains du vainqueur; elle voulut s'étrangler avecson diadème; mais, le bandeau s'étant brisé entre ses mains, elle se fit percer d'une épée.
*MONIQUE (Ste), mère de S. Augustin, née en 332, morte en 384.Elevée dans le Christianisme, $le épousa un païen, habitant de Tagaste en Numidie/gui, touché de ses vertus, se convertit. Restée vèùve lorsqu'elle était encore jeune, cette femme, modèle des mères, donna les soins les plus tendres et les plus éclairés à l'éducation de ses enfants, et eut la gloire de former par ses leçons le plus grand des Pères latins. Augustin avait/dans sa jeunesse, embrassé les erreurs des Manichéens : elle ne cessa, par ses prières et ses larmes, de solliciter son retour à; la foi catholique et eut enfin le bonheur d'assister à sa conversion. On la fête léj. mai.
*MONISTROL, Monasteriolum, ch.-l. de c (H.Loire), à 18 kil. N. d'Yssengeaux, près delar. g. de la Loire; 1862 h. Petit séminaire, bibliothèque. Anç. château des évêques du Puy, occupé maintenant par une fabrique. Quincaillerie, dentelles, rubans.
*MONN — 127 7 — MONR
MONK (George), général anglais, né en 1608, dans le Devonshire, m. en 1670, fit ses premières armes contre les Espagnols en Flandre. Lors des guerres civiles, il prit d'abord parti pour le roi, et obtint de Charles I le grade de major général de la brigade irlandaise; mais, ayant été fait prisonnier par Fairfax et enfermé à la Tour de Londres (1644), il fut forcé, pour recouvrer sa liberté, de prendre du servicedans l'armée parlementaire. Il se montra alors tout dévoué à Cromwell, et devint un des adversaires les plus redoutables du parti royaliste; il battit les Hollandais sur mer (1653), soumit les Écossais, et fut nommé gouverneur général de l'Ecosse. Mais après la mort de Cromwell, il se rapprocha des royalistes, entra en Angleterre à la tête de son armée, y fut accueilli comme un libérateur, fit dissoudre le Long-Parlement, et proclama Charles II dans Londres (1660). Il fut comblé d'honneurs et de récompenses par le roi, et créé duG d'Albemarle. Il fut enterré à Westminster avec une pompe royale. M. Guizot a donné en 1851 : Monk, chute de la république et rétablissement de la monarchie en Angleterre.
*MONMERQUE(L. J. Mie), conseiller à la Cour impériale, né en 1780, m. en 1860, consacra ses loisirs aux lettres, fut un des membres les plus actifs de la Société des bibliophiles et fut élu en 1833 membre libre de l'Académie des inscriptions. On lui doit des éditions estimées : Lettres de Mme de Sévigné, 1818-1819, 10 v. in-8; Mémoires de M. de Coulanges, 1820; Historiettes de TaMemant des Réaux, 1834 et 1854; Théâtre français du moyen âge, 1839 ; Mémoires de Coligny-Saligny, 1844. Il coopéraavec Petitotà la publication des Mémoires relatifs à l'Histoire de France. MONMOUTH, v. d'Angleterre, ch.-l. du comté de ce nom, au confluent de la MonnowetlaWye, à 200 k. N. O. de Londres; 6000 h. Joli hôtel de ville, prison de coastruction moderne; ruines d'un château royal saxon. Ville natale de Henri V, dit pour cela Henri de Monmouth, et de l'historien Geoffroy de Monmouth. Ville fort ancienne; ce fut d'abord une station ro-: maine.— Le comté, situé entre ceux d'Hereford au ! N., de GloGester à l'E.,de Glamorgan à l'O., et le ca-j nal de Bristol au S., a 53 kil. sur 41 et 136 000 h. Les 1 canaux de Monmouth et de Brecknock le traversent. \ Pays montueux : le plus haut sommet est le Sugar-
? Loaf (poire de sucre), qui a 651™au-dessus de la mer.
; On en extrait d'immenses quantités de fer et de
s houille. Sol fertile: grains, légumes, fruits.
E MONMOUTH (Jacques, duc de), fils naturel de
? Charles II, naquit à Rotterdam en 1649, pendant l'exil
I de son père. Après la Restauration, il rendit quelques
| services au roi en réprimant une révolte en Ecosse
j (1679) ; mais, ayant été éloigné de la cour, sur la de-
j mande du duc d'York (Jacques II), à qui il portait
| ombrage, il conspira; le complot ayant été décou-
| vert, il n'obtint son pardon qu'en faisant des révé-
| lations et fut exilé en Hollande. A l'avènement de
a Jacques II, il entra dans une nouvelle conspiration
| avec le comte d'Argyle, prétendant avoir droit au trône
1 comme fils de Charles II ; il prit les armes à la tête de
= quelques partisans et débarqua àLymeRegis, mais fut
1 battu et pris à Sedgemoor. Cette fois, il fut décapité
| (1685),après avoir inutilement tenté de fléchir Jacques.
I MONMOUTH (Geoffroy de). V. GEOFFROY.
| MONNERON (Aug. et Louis), nom de deux frères,
Jj négociants d'Annonay, qui vinrent s'établir banquiers
a àParis etqui,enl791,obtinrentl'autorisationdefrap-
i per une monnaiede cuivre qui portait leur nom ; elle
j eut longtemps cours concurremment avec les décimes
; frappés au nom de l'État. Augustinfutdéputéde Paris
s à l'Assemblée législative. Nommé en 1798 directeur
" de la Caisse des comptes courants, il se vit accusé de
-A malversation, mais fut acquitté. Il mourut en 1801.
|j MONNIER (Marie Thérèse de RUFFET, comtesse de),
^ connue sous le nom de Sophie, femme d'une beauté ;H remarquable, née en 1754, avait été mariée vers l'âge =j de 17 ans à un homme de 60, 1er président à la Cham-îj brèves comptes de Dôle. Elle se laissa séduire par
Mirabeau, prit la fuite avec lui et fut enfermée dans un couvent de Gien. Elle se donna la mort en 1789 pour un chagrin d'amour, mais non, comme on l'a dit, pour avoir été abandonnée par Mirabeau.
*MONOD, nom d'une famille de ministres protestants français, dont le plus célèbre est Adolphe M. (1802-1856), prof, à la Faculté de théologie de Mon-tauban, prédicateur et controversiste des plus distingués : il a laissé des Sermons, 4 vol. in-8, 1844.
*MONOMOTAPA, empire de l'Afrique australe, s'étendait de la Cafrerie à la côte de Sofaïa, le long de celle de Mozambique, entre 15°-19» lat. S., 27°-31°long.E.,et avait pour bornes auN.le Zambeze, à l'E. la Manzora, au S. et à l'O. les monts Foura et des Botongas; capit., Zimbabé. — Contrée montagneuse ; rivières : Zambèze, Maçaras, Manzora, Luanza; mine de fer et d'or; sol fertile le long des rivières: riz, maïs, millet, céréales. Les habitants sont des Cafres d'un beau noir et bien faits. A la fin du xviir5 siècle et au xix", l'empire du Monomotapa est tombé en dissolution par l'effet des guerres civiles. Un des plus puissants démembrements du Monomotapa est l'État de Mocarangua.
*MONOMUEZI, haut plateau de l'Afrique orientale, voisin de l'Equateur, mais peu connu encore, d'où sortent des affluents du Godjab et du Nil blanc.
*MONOPHYSITES (du grec monos, seul, et physis, nature), hérétiques qui ne reconnaissent qu'une seule nature en Jésus-Christ, la nature divine. Cette erreur fut enseignée au v° siècle par.Eutychès (F.'ce nom) ; et trouva bientôt un grand nombre de partisans. Les Monophysites sont subdivisés en trois sectes, les Jacobites, les Coptes et les Arméniens.
*MONOPOLI, v. d'Italie, dans l'anc roy. de Naples (Terre de Bari), à 44 kil. S. E. de Bari, sur l'Adriatique; 16 000 hab. Évêché; école de belles-lettres. Citadelle. Près de là, ruines d'Egnatia.
*MONOTHÉLITES (de monos, seul, etthélein, vouloir) , hérétiques ainsi nommés , parce qu'ils soutenaient qu'il n'y a qu'une seule volonté en Jésus-Christ. Ils s'appuyaient sur le monophysisme, qui n'admet en J.-C. qu'une seule nature, la nature divine. Cette doctrine, professée d'abord jiar Théodore de Pharan, fut approuvée par les patriarches Cyrus et Sergius; l'emp. Héraclius publia même en sa faveur un édit célèbre appelé l'Ecthèse; mais elle fut combattue par Sophrone, évêque de Damas/ et condamnée dans le concile tenu à Constantinople en 680. Il en résulta un schisme qui divisa longtemps l'empire et l'Église. Le Monothélisme a fini par se fondre dans le Monophysisme ou Eutychéisme.
*MONPAZIER , ch.-l. de cant. (Dordognè), sur le Dropt, à 41 kil. S. E. de Bergerac; 1083 hab.; enceinte fortifiée. Forges. — Bâti par Jean de Grailly, captai de Buch.
*MONPONT, ch.-l. de cant. (Dordognè), près de l'Isle, à 35 kil. S. O. de Ribérac; 1300 hab. Station. Ce bourg faisait jadis partie du roy. de Navarre. Il fut saccagé par le* Calvinistes en 1616. Aux environs, ruines d'un château fort.
*MONPOU (Hippolyte), compositeur, né à Paris en 1804, m. en 1841, fut élève de Choron. Il excella dans la romance : il a composé la musiquede i'An-dalouseet du Lever d'A. de Musset: de Gàstibelta et des Deux Archers, de V. Hugo ; de la Varsovienne, deC. Delavigne; du Voi7e blanc, de L'Ëotasefd Exil et retour, d'É. Plouvier, etc. Il donna à l'gpera-Co-mique les Deux Reines (1835), où se trouve la romance si connue : Adieu, mon beau navire; le Luthier de Vienne (1836) ; Piquillo (1837); le Planteur (1839); la Reine Jeanne (1840); Lambert Stmnel ouvrage posthume (1843). II composa en outre des Cantiques et autres morceaux de musique religieuse.
*MONRÉALE, v. de Sicile, à 4 k. S. O. de Païenne, dontelleestcommeunfaubourg,10300h.Arehevêché, belle cathédrale gothique, couvent de Bénédictins.
*MONRO (Alex.), médecin, né à Londres en 3697, m. en 1767, enseigna l'anatomie à Edimbourg. On a
*WONS — 1278 — MONT
de ui : Anatomie des os et des nerfs du corps humain, 1726 (trad. en français en 1759) ; Essai sur les injections anatomiques (trad. en latin, Leyde, 1741). — Un de ses fils , Donald , est auteur d'une Dissertation sur l'hydropisie, trad. par Savary, 1760, et de la Médecine d'armée, trad. en 1765.
*MONROË (James), président des États-Unis, né en 1758 à Montoë'sCreek, en Virginie, mort en 1831, s'enrôla comme volontaire dans la guerre de l'Indépendance, se distingua à la bat. de Brandywine, et lut nommé"colonel par Washington. Après la guerre, il fut député au congrès, devint en 1794 ministre plénipotentiaire près la république française, puis fut élu gouverneur de la Virginie, remplit des fouctions diplomatiques auprès des gouvts français et espagnol, et coopéra au traité par lequel les États-Unis se firent céder la Louisiane. Pendant la guerre contre les Anglais (1814), il fut revêtu du commandement en chef des forces américaines. Il fut élu président en IS17, Qt réélu en 1.8*21 : il négocia l'acquisition de la Floride et réprima la traite des noirs. Après sa présidence, il se retira dans la Virginie et reforma la constitution de cet État. Le nom de Monroê est resté attaché à la doctrine qui repousse toute intervention européenne dans les affaires de l'Amérique.
*MONROSE (Louis BARIZAIN, dit), acteur comique, né à Besançon en 1783, m. en 1843, débuta à 14 ans sur le théâtre des Jeunes Artistes de Paris, puis parcourut les départements, entra au Théâtre-Français en 1815, se consacra à l'emploi des valets, et y réussit. Il se distinguait parson jeu franc, naturel, varié, plein de verve et de mordant, par une intelligence vive et un comique de bon goût. — V. MONTROSE.
*MONROVIA, v. de la Guinée sept.,, ch.-l. de la colonie américaine de Libéria, à l'emb. du Mesu-rado et à 400 kil. S. O. de Freetown. Écoles, temples, etc.; 10000 hab. Fondée en 1821 par des noirs affranchis des États-Unis, et ainsi nommée en l'honneur du président Monroë.
*MONS, Bergen en flamand , lions Hannoniœ ou Castri locus au moyen âge, v. de Belgique, ch.-l. du Hainaût, à 52 k. S. O. de Bruxelles, sur la Trouille et un canal; 23 000 h. Ch.-l. de division militaire, arsenal; trib. civil, criminel et de commerce; école des mines, collège; académie de dessin et d'architecture ; société des sciences, des arts et des lettres. Belle citadelle, église de Ste-Waudru, remarquable par ses vitraux et ses statues, hôtel de ville, hôtel du gouvt, grande place, etc. Industrie : tricot, siamoise. dentelle, draps, porcelaine, poterie, raffineries, etc. Commerce de grains, de pierres meulières et à fusil et surtout de houille : Mons est le centre d'un vaste bassin houiller dit le Borinage, dont les produits s'exportent en grande partie pour Paris. Patrie du compositeur Roland de Lassus.—Mons fut bâti sur l'emplacement d'une place d'armes de César : d'où le nom de Castri locus. La ville se forma autour d'un monastère fondé en 656 par SteVaudru, femme d'un comte duHainaut. En 804, quand Char-lemagne érigea le comté de Hainaut, Mons en devint la capitale. Incendiée en 1112, fortifiée par Baudoin IV en 1148, agrandie en 1420 par Guillaume de Bavière, cette ville fut prise sur les Espagnols par Louis de Nassau en 1572 et reprise la même année. Conquise par Louis XIV en 1691, elle fut rendue en 1697 et reprise par les Français en 1701 et en 1746. Les insurgés belges s'en emparèrent en 1789; les Français la prirent en 1792 et 34, et en firent le ch.-I. du dép. de Jemmapes. Ses fortifications, détruites en 1748, ont été relevées en 1818.
*MONS-EN-PUiiLLE ou KN-PEWELE, village de France (Nord), à 18 kil. 5. de Lille; 1800 hab. Philippe le Bel y battit les Flamands en 1304.
*MONSÉGUR , Mons securus , ch.-l. de cant. (Gironde), à 13 kil. N. E. de La Réole; 1500 h. Prise par Montluc en 1562.
*MONSIEUR. Ce nom pris absolument, c.-à-d. sans Être suivi d'un nom propre, servait depuis le xvn-s.
à désigner le frère ou l'aîné des frères du.roi de-France. Les princes qui l'ont porté sont : Gaston d'Orléans, sous Louis XIII; Philippe d'Orléans, sous Louis XIV ; le comte de'Provençe (Louis XVIII), sous-Louis X,VI; et le comte. d'Artois (Charles X), sous Louis XVIII. Leur femme s'appelait Madame.
*MONSIEUR (Canal de). V. RHOHE-AU-RHIN (ca
nal du). . '
*MONSIGNY (P.Alex,}, compositeur français, né en 1729 à Fauquembérg en Artois, mort en 1817, était maître d'hôtel dans la maison du duc "d'Orléans lorsqu'il sentit naître en lui le goût de la musique à la représentation d'un opéra de Pergolèse. Il fut un des créateurs de l'opéra-comique à ariettes, et donna, à partir de 1753, bon nombre de pièces qui réussirent, entre autres le Maître en droit, 1760 ; le Cadi dupe, 1761 ; le Roi et le Fermier, 1762; le Déserteur, 1769; le Faucon, 1772; (o Belle Arsène, 1775; Félix, 1777 (la.plupart avec Sedaine, Favart ou Marmontel). Sans avoir un grand mérite de facture, sa musique se distingue par le naturel et la vérité et abonde en mélodies touchantes. Monsigny cessa de travailler pour le théâtre dès l'âge da 48 ans. Il fut nommé en 1800 inspecteur de l'enseignement au Conservatoire et en 1813 membre de l'Institut. Une rue de Paris a reçu son nom.
*MONSOL, ch.-l. da'.eant. (Rhône), à 32 kil. N-O. de Villefranche ; 1200 hab.
*MONSTRELET (Enguerrand de), chroniqueur français, né en Flandre vers 1390, mort an 1453, fut prévôt de Cambrai et de "Walinoourt, et écrivit une relation des événements arrivés de son temps, principalement des guerres de France, d'Artois et Picardie. Sa ChrMiqm, en % livres, commence où finit celle de Froissard, et va de 1400 à 1444 (un 3° livre, mais d'une autremain, va jusqu'en 1453). Elle est écrite avec la simplicité et la naïveté des auteurs de ce siècle et est surtout précieuse par les pièces originales qu'elle reproduit. Il existe plusieurs éditions de Monstrelet : les plus estimées sont celle de Bu-chon, dans la Collection des Chroniques," mec un mémoire de J. B. Dacier, 1826-27, et celle de Douët d'Arcq, 1857-63.
*MONTABERT (PAILLOT de), peintre et écrivain, né à Troyes en 1771, d'une famille noble, m.,en 1849, émigra sous la Terreur, passa plusieurs années à New-York, faisant des portraits pour vivre, alla se perfectionner eu Italie, rentra en France sous le Consulat, reçut les conseils de David, et exposa plusieurs tableaux qui furent remarqués : Stratonice et Antiochus, 1804, lida, 1810, Houstan, mamelouk de l'Empereur, Diane visitant Bndy mftm,1817 ; mais il consacra la plus grande partie de sa vie à la rédaction d'un Traita" complet de la Peinture, qui parut en 1828 et 1829 (9 V. in-8.et 1 vol. de fig.) : enthousiaste des anciens, il y proclame la supériorité de l'art grec et place àsasYuniti la principale règle du beau. Il retrouva la peinture encaustique des Grecs et réhabilita ce procédé.; Il a laissé d'importants manuscrits, entre autres, les Beaux-Arts ou les Sept organes du principe du Beau.
*MONTAGNAC, ch.-l. de caot. (Hérault), sur la r. g. de l'Hérault, a30 kil. N. E. de Bé/Jers; 3509 h. Église calviniste. Plant de vigne venu de ïokai. Fabriques d'eaux-de-vie et d'huiles.
*MONTAGNE (la), nom qui fut donné, dans la Révolution, à la fraction la plus exaltée de la Convention (les Jacobins et les Cordeliers), parce qu'elle siégeait sur les gradins les plus élevés de, la salle, était opposé à celui de Plaine que l'on donnait aux Girondins, placés att...centre- on appelait Montagnards les représentants qui occupaient la Montagne. Le parti de la Montagne domina longtemps la Convention : il renversa celui des Girondins ait 31 mai 1793, et fut renversé: à. son tour, en même temps que Robespierre, le 9 thermidor an n (1794).
*MONTAGNE (la), petit pays de l'anc. Bourgogne, au N., dans les montagnes, avait pour ville principale
*MONT — 1279 — MONT
Châtillor.-sur-Seine. 11 fait auj. partie des dép. de la Côte-d'Or et de l'Aube.
*MONTAGNE (la Vieille-), mont, de Belgique (Liège), qui donne son nom à d'importantes usines établies vers 1836 par une société belge à Liège et dans les communes de Moresnet, d'Angleur et Tilff-sur-l'Our-the, pour extraire la calamine et travailler le zinc que contient ce minerai. Ces mines, les plus riches del'Eu-rope, appartiennent par indivis à la Belgique et à la. Prusse. — Non loin de là, près de Verviers, se trouvent la Nouv.-Montagne et la Grande-Montagne, où l'on exploite aussi le zinc, mais avec moins de succès. MONTAGRIER , ch-4. de cant. (Dordogne), à 11 kil. E. de Ribérac; 800 hab.
*MONTAGUE ou MONTAGU (Edouard de), comte de Sandwich, général et amiral anglais, issu de Drogo de Monte-Acuto, un des guerriers qui accompagnèrent Guillaume dans la conquête de l'Angleterre, était né en 1625. Il servit d'abord dans l'armée parlementaire contre Charles I, devint membre du Parlement, et occupa une place dans la trésorerie sous Cromwell; mais , après la mort du Protecteur, il travailla au rétablissement des Stuarts, et seconda Monk, sous lequel il commandait. Il fut comblé de faveurs par Charles II, qui le créa baron, puis comte de' Sandwich , et enfin amiral. Il obtint plusieurs avantages sur les Hollandais en 1664 ; mais, en 1672, le vaisseau qu'il commandait fut abordé par un brûlot ennemi : il périt dans les flammes plutôt que de se rendre.
*MONTAGUE ( lady Mary WORTLEY ), dame anglaise
célèbre par son esprit, son instruction et sa beauté,
née en 1690 à Thoresby, dans le comté de Notting-
ham, était fille du duc de Kingston. Elle épousa en
1712 lord Wortley-Montague, issu de la famille du
précédent, et l'accompagna en 1716 dans son am
bassade à Constantinople. Elle apprit la langue tur
que, ohtint la faveur du sultan Achmet III, put pé
nétrer dans le sérail, et acquit ainsi une connais
sance des mœurs turques plus exacte qu'on ne l'avait
eue jusque-là. Elle eut aussi occasion d'observer en
Turquie l'inoculation de la petite-vérole, et fit con
naître ce procédé en Europe après en avoir fait l'ap
plication sur son propre fils. A son retour, sa maison
'- de Twickenham devint le rendez-vous des hommes
; de lettres et de la société la plus distinguée; mais,
| ayant essuyé quelques désagréments de la part des
! Tories, dont elle combattait les opinions, elle quitta
! l'Angleterre (1739) et alla se fixer à Venise où elle
1 séjourna 22 ans. Elle ne revint dans son pays qu'en
| 1761, pour régler quelques affaires, et elle y mourut
- l'année suivante. Aussi bizarre dans ses manières
I et sa conduite que remarquable par son esprit, cette
dame était pleine d'ambition : elle regrettait vivement
d'être femme. On a de lady Montague des Lettres
écrites pendant ses voyages et qui renferment sur
les pays qu'elle a visités, principalement sur la Tur
quie, des renseignements précieux. Ces lettres n'ont
g été imprimées qu'après sa mort et elles ont eu un
1 grand succès; les Anglais les placent auprès de celles
| de Mme de Sévigné, qu'elles sont loin d'égaler ce-
; pendant pour le naturel et la grâce. Ses Œuvres
m ont été publiées à Londres, 1803, 5 vol. in-12; il en
ï a été fait depuis une édition plus complète par lord
| "Wharncliffe, son arrière-petit-fils, Londres, 1836-37,
J 3 v. in-8. Ses lettres ont été trad. en français par
™ Anson, 1805. — Son fils, Edouard Wortley-Monta-
;| gue, 1713-1776, s'est fait remarquer par son goût pour
m les voyages et sa vie aventureuse : il s'échappa trois
-» fois de chez ses parents, se fit mousse, puis con-
:j ducteur d'ânes en Portugal ; fut enfermé au Châte-
-M let de Paris sous prévention d'escroquerie, n'en de-
Jj vint pas moins membre delà Chambre des Communes
1 (1754), puis voyagea en Asie, et finit par se faire
T| musulman. On a de lui des Réflexions sur les an-
% tiennes républiques et un Voyage au mont Sinaî.
;r MONTAGUE (Elisabeth), dame anglaise, 1720-1800,
% épousa en 1742 un des descendants du comte de Sand-
wich, resta veuve de bonne heure, et profita de sa. fortune pour réunir chez elle les gens de lettres. Elle a écrit des Dialogues des morts et un Essai sur Shakespeare, 1769, dans lequel elle venge ce grand tragique des sarcasmes de Voltaire.
*MONTAGUE (Charles), comte d'Halifax. T. HALIFAX.
*MONTAIGNE (Michel EYQUEM de), philosophe moraliste, né en 1533 au château de Montaigne en Pé-rigord, d'une famille originaire d'Angleterre, fut élevé avec le plus grand soin par son père : il apprit le latin en se jouant, n'ayant été entouré dès sa première enfance que de personnes qui parlaient cette langue. Il acheva ses études au collège de Bordeaux, étudia le droit, fut pourvu dès 1556 d'une charge de conseiller à la cour des Aides de Périgueux et devint peu après conseiller au parlement de Bordeaux. Là il eut pour collègue La Boétie, avec lequel il forma la plus étroite amitié. Il quitta de bonne heure les affaires (1570), se mit, pour se distraire, à écrire et à voyager-, parcourut la France, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, et reçut à Rome le .titre de citoyen. Quoique absent, il fut nommé maire de Bordeaux. Il vint plusieurs fois à la cour, et fut très-considéré de Henn.II, de Catherine de Médicis, de Charles IX, qui le nomma gentilhomme de la chambre et chevalier de St-Mi-chel ; il vécut dans l'intimité de Marguerite de France, et fut député aux États de Blois (1577). Ses dernières années furent troublées par les guerres de religion : il tenta vainement de se porter médiateur entre les Catholiques et les Protestants, et se vit en butte à la haine des deux partis; il fut même mis à la Bastille par les Ligueurs en 1588. Il se lia intimement dans sa vieillesse avec Mlle de Gournay, que l'admiration avait attirée près de lui et qu'il nommait sa fille d'alliance, et avec le théologien Charron, qui se fit son disciple. Il mourut en 1592, d'une esqui-nancie. Montaigne s'est rendu à jamais célèbre par ses Essais. II commença à les écrire vers l'âge de 39 ans et en publia une 1" édition à Bordeaux en 1580; elle ne se composait que de deux livres. Il en ajouta un 3e en 1588. Il a traité dans ces Essais les sujets les plus divers; il s'y est peint lui-même avec Une entière sincérité ; son ouvrage est, comme il l'appelle, un Livre de bonne foi. Il écrivait sans ordre, sans plan, à mesure que l'occasion lui suggérait des réflexions. Son style a une facilité, une naïveté que la langue a perûùes depuis. Les plus remarquables de ses essais sont ceux sur l'amitié, sur l'institution des enfants, sur l'affection des pères, et le 12e chapitre du 11° livre, qui contient la Théologie naturelle de Sebonde. Montaigne était sceptique et avait pris pour devise : Que sais-je ? maisso'n scepticisme n'est guère que ce doute qu'excite dans un esprit de bonne foi la considération de la faiblesse humaine et de la contradiction des jugements. Parmi les nombreuses éditions des Essais, on remarque celle de Mlle de Gournay, Paris, 1595 et 1635 ; de Coste, Londres, 1724; d'Amaury-Duval, 1822-26, 6 vol. in-8, et de J. V. Le Clerc, 1826-27, 5 vol. in-8, réimprimée en 1866 avec Étude de Prévost-Paradol, 4 vol. in-8. Il faut y joindre les Lettres inédites publiées en 1863 par Feuillet de Conches. Il a parti en 1774, sous le titre de Journal d'un voyage en Italie de Montaigne. M. Villemain a composé un Éloge de Montaigne, couronné par l'Instituten 1812. On peut en outre consulter sur cet auteur lesBecfter-ches sur Montaigne, documents inédits, de J. F. Payen, 1856; la Vie publique de Michel de Montaigne, d'Alph. Griin, 1855; Montaigne et son temps, par Bigorie de Laschamps, 1860.
*MONTAIGU, ch.-l. de c (Vendée), à 37kil. N. E. de iNapoléon-Vendée ; 1600 hab. Pris en 1578 par les Réformés, en 1588 par le duc de Nevers; brûlé dans les guerres de la Vendée. Patrie de Laréveillère-Le-peaux. —V. MONTAIGUT.
*MONTAIGU (P. GUERIN de), d'une famille noble d'Auvergne, fut élu en 1208 grand maître des Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem, secourut les chré-
*MONT — 1280 — MONT
tiens d'Arménie, remporta quelques avantages sur So: liman, sultan d'Icomum, et fit lever le siège de St-Jean d'Acre au sultan de Damas. Il engagea en 1228 le pape à rompre une trêve conclue avec les Musulmans; mais il refusa de se joindre à l'armée des Latins parce qu'elle était commandée par un prince excommunié, l'empereurFrédéric II.II mourut en 1230. —Gilles de M., son arrière-petit-neveu, fut d'abord évê-que de Térouanne, assista en 1356 à la bataille de Poitiers, suivit le roi Jean en Angleterre avec le titre de chancelier, devint cardinal en 1361, et fut un des commissaires chargés par Urbain V de réformer l'Université de Paris. Il mourut à Avignon en 1378.
*MONTAIGU (Gilles AYCEUN de), né en Auvergne, de la même famille que les préc, fut nommé archevêque de Narbonneen 1290, de Rouen en 1311; soutint Philippe le Bel contre Boniface VIII, eut part à la condamnation des Templiers, et fut, en récompense, élevé à la dignité de chancelier. Il mourut en 1318. Il avait fondé en 1314 à Paris le collège de Montaigu (rue des Sept-Voies), démoli en 1844.
*MONTAIGU (Jean de), vidameduLaonnais, fut sous Charles VI surintendant des finances et grand maître de France (1408) ; mais il s'était fait de puissants ennemis par son orgueil et son avidité, et, lors de la démence de Charles VI, le duc de Bourgogne et le roi de Navarre s'unirent pour le perdre : ils réussirent à le faire condamner par des commissaires comme coupable de sortilège et de malversation(1409). Il fut décapité aux halles de Paris et son corps fut attaché au gibet de Monfaucon. Sa mémoire fut réhabilitée trois ans après. Ce seigneur avait fait bâtir à Marcoussis un magnifique château. M. Merlet a donné en 18521a Biographie de J. de Montaigu.
*MONTA1GUS (les), famille de Vérone ennemie des Capulets. V. CAPULETS.
*MONTAIGUT, ch.-l. de c (Tarn-et-Garonne), à 20 k. N. deMoissao,surlaSeune;764hab.
*MONTAIGUTENGOMBRAILLES, ch.-l. de c (Puy-de-Dôme), à 50 kil. N. O. de Riom,au sommet d'une montagne; 1315 hab.
*MONTALCDîO, Mons Alcinus, v. d'Italie (Toscane), à 40 kil. S. E. de Sienne; 6200 hab. Evêché.
*MO-VTALEMBERT (André de), sired'Essé,vaillant capitaine, né en 1483, dans le Poitou, d'une famille connue depuis lexn« s., fut le compagnon de François I, défendit avec succès Landrecies contre Charles-Quint en 1543, secourut les Ecossais contre les Anglais, amena Marie Stuart d'Ecosse en France et se fit tuer sur la brèche en défendant Térouanne, 1558.
*MONTALEMBERT (Marc René de), marquisde), général et ingénieur, né à Angoulême en 1714, m. eu 1800, servit avec distinction dans la guerre de Sept ans, et introduisit d'importants perfectionnements dans l'art des fortifications, malgré l'opposition du corps des ingénieuis. Pendant la Révolution ; il mit ses talents au service de la République et aida Carnot de ses lumières. On a de lui Mémoires historiques sur la fonte des canons, 1758, la Fortification perpendiculaire ou l'Artdéfensif supérieur àl'ojfensif, 1776-96, 11 vol. in-4, ouvrage capital, dont les frais absorbèrent presque toute sa fortune, et des ife'moiressur ses campagnes. Il avait été admis à l'Académie des sciences dès 1747. Montalembert a imaginé des tracés entièrement différents de ceux de Vauban : c'est à lui qu'est emprunté pour la plus grande partie le nouveau système suivi par les ingénieurs d'outre-Khin ; les forts de Coblentz sont exécutés d'après le tracé polygonal, à plusieurs étages de batteries ca-sematées, dont il est l'auteur.
*MONTALEMBERT (Marc René, comte de), neveu du précéd., né en 1777, m. en 18.31, servit d'abord dans un corps d'émigrés, prit, en 1799, du service dans l'armée anglaise, rentra en France à la Restauration, fut élevé à la pairie en 1819, et fut, de 1820 à 1830, ministre plénipotentiaire en Suède. — Son fils, le comte Ch. de Montalembert (1810-1870), pair de France sous L. Philippe, représentant du peuple
après 1848, se fit un grand nom comme orateur en défendant les intérêts du catholicisme, et en soutenant l'alliance de la religion et de la liberté. Il a laissé une Vie de sainte Elisabeth de Hongrie (1836), et une Sist. des Moines d'Occident (1860 et suiv.). Il était de l'Académie française.
*MONTAUVET(J.P.BAOHASSON,comtede)(homme d'État, né à Neukirch près de Sarreguemines en 1766, d'une famille noble originaire du Dauphiné, m. en 1823, suivit d'abord,la carrière de la magistrature, et fut dès l'âge de 19 ans conseiller au parlement de Grenoble. Ayant perdu sa charge â la Révolution, il s'engagea commevolontaire. Ason retour de l'armée, il fut nommé maire deValence (an m).Sous le Consulat et l'Empire il devintsuccessivementpréfat de la Manche, puis de Seine-et-Oise, directeur des poiits et chaussées ( 1806), et enfin ministre de l'intérieur (1809-14). Dévoué à Napoléon, il seconda habilement ses vues. Appelé en 1819 à la Chambre des Pairs, il y prit rang parmi les constitutionnels. — Son fils, Camille de M., né en 1801, pair de France par hérédité, fut, sous le roi Louis-Philippe, ministre de l'intérieur, puis intendant général de la liste civile : il fit preuve, dans ces divers postes, d'une haute intelligence et d'un inaltérable dévouement.
*MONTALTE, Montalio, Mans àllus en latin, v. du roy. d'Italie, à 15 kil. N. E. d'Ascoli ; 2500 h. Evêché. Patrie de Sixte-Quint.—Pseudonyme. Y. PASCAL.
*MONTALVAN (Jean Perez de),écrivain espagnol, né à Madrid en 1602, m. dès 1638, était fils d'un libraire et jouit de l'amitié de Lope de Véga. II fit dès' l'âge de 17 ans des comédies dont plusieurs, bien que fort inférieures à celles de Lope, obtinrent du succès; mais il réussit surtout dans les Nouvelles. On a aussi de lui, sousletitrrd'£*fimpteTOaraMœ,un recueil de biographies. Ses comédies ontété imprimées partie à Alcala, 1628, partie à Madrid, 1639. Ses Nouvelles, dont un 1" recueil parut à Madrid en 1624, ont été trad. en français par Rampalle, Paris, 1644.
*MONTAN, hérésiarque. V. MONTANUS.
*MONTANER, ch.-l. de c (B.-Pyrénées), à 35 kil. E. N. E. de Pau; 800 h. Château en ruines.
*MONTANO, médecin. Y. MONTANUS.
*MONTANSIER (Marguerite BRUNET,dite Mlle),née à Bayonne enl730, m. en 1820,fit d'abordpartîe d'une troupe de comédiens qui jouait dans les colonies. Revenue en France avec quelque fortune, elle dirigea divers théâtres, au Havre, àNantes, à Rouen, à Versailles, puis vint se fixer à Paris, et acheta en 1789 au Palais-Royal la salle dite Beaujolais, qui a reçu d'elle le nom de Salle Montansier ; enfin, elle fit construire à ses frais, sur la place Louvois et en face de la Bibliothèque, le beau théâtre où l'on établit depuis l'Opéra ; mais, à peine ce théâtre était-il terminé ( 17 93) que le gouvernement d'alors s'en empara, prétendant qu'il n'avait été construit que pour incendier la Bibliothèque nationale: elle ne put obtenir d'indemnité qu'en 1812. Elle releva sa fortune en s'associant au théâtre des Variétés, qui sous son habile direction obtint un grand succès.
*MONTANUS, hérésiarque dun* siècle, né en Phry-gie, se fit passer pour prophète et réussit, à lafaveur de prédictions, de guérisons et de prétendus miracles, à se faire un grand nombre de partisans : il compta dans le nombre deux dames phrygiennes, Priscilie et Maximille, Sabellius et même le célèbre Tertullien, qui cependant finit par se séparer de lui. Il mourut, a ce qu'on croit, sous Caracalla, en 212. Les Montanistes prétendaient régénérer l'Église et établir une loi plus parfaite; ils proscrivaient les secondes noces, et s'imposaient des jeûnes extraordinaires. Condamnés par les évêqùes d'Asie,_ilsn'en firent pas moins de grands progrès, remplirent presque la Phrygie, se répandirent dans la Galatie, à Constantinopïe, et jusqu'en Afrique.
*HONTANOS OUMONTANO (J. B.), médecin, né à Vérone en 1488, m. en 1551, fut nommé en 1539 professeur de médecine à Padoue et se fit une si grand»
*
*MONT
— 1281 —
*MONT
réputation que l'on disait que l'âme de Galien était passée dans son corps. Charles-Quint et François I voulurent l'attirer à leurcour; mais il résista à leurs instances. OnTTde lui une traduction à'Aétius, Venise, 1534, des commentaires sur Galien, sur Rasés, et Avicenne, un recueil intitulé Medicina universa, publié d'après ses leçons, Francf., 1587, et des Opus-cula varia, Bâle, 1558, encore bons à consulter aujourd'hui pour les détails anatomiques.
*MONTARGIS, ch.-l. d'arr. (Loiret), sur le Loing, à la jonction des canaux de Briare, d'Orléans et du Loing, à 71 kil. E. N. E. d'Orléans, et à 111 k. S. de Paris; 7757 hab. Trib. de 1™ inst. et de commerce, collège ; beile église de la Madeleine. Chemin de fer. Filatures de coton, manuf. de serge et de drap commun, tanneries, corroieries. Commerce de grains, cire,miel,cuir,laine, safran,etc.PatriedeMmeGuyon, de Girodet,de Manuel, procureur de la Commune.— Ville jadis forte ; ano. capit. du Gâtinais. Vainement assiégée par les Anglais en 1427 (elle était défendue par Lahire et Dunois) ; ils la prirent par trahison en 1431, et la possédèrent jusqu'en 1438. Montargis eut longtemps des comtes particuliers : le comté fut aliéné en 1528 en faveur de Renée de France, duchesse de Ferrare, puis passa à la famille d'Orléans (1626). Le prince de Condé s'empara de la ville pendant la Fronde. Le château, construit par Charles V et souvent habité par les rois de France, fut détruit en 1809; il n'en reste que quelques vestiges. C'est près de Montargis qu'on place l'assassinat d'Aubry de Mont-didier. 7. AUBRY.
*MONT-ARMANCE. Y. SAINT-FLORENTIN. MONTASTRUC, ch.-l. de c (H.-Garonne), à 20 k. N. E. de Toulouse ; 800 hab.
*MONTATAIRE, vge du dép. de l'Oise, surleThé-
rain, à 14 kil. N. O. de Senlis, et à 4 k. O. de Creil;
3370 hab. Importantes forges et fonderies; scieries
de bois de placage ; fabriques de boutons et de papier.
*MONTAUBAN, lions Albanus, ch.-l. du dép. de
Tarn-et-Garonne, sur le Tarn, à 639 kil. S. de Paris,
par la route, et 784 par le chemin de fer; 27 054 h.
Évêché suffragant de Toulouse, érigé en 1317 par
Jean XXII ; église et faculté de théologie calviniste ;
: trib. de 1™ inst. et de commerce; lycée, école nor-
1 ruale; bibliothèque, sociétés des sciences et belles-
; lettres. Ville propre et bien bâtie. On y remarque le
ï faubourg de la Ville-Bourbon, la cathédrale (élevée
| en 1739),l'hôtel deville, d'élégantes portes de ville;
: un pont soutenu par 7 arches en ogive, le jardin public
| et de belles promenades, d'où la vue s'étend jusqu'aux
| Pyrénées. Drap, cadis, bonneterie, serges, savon,
| teintureries, distilleries, etc. Commerce de ces objets
i et d'amidon, de minoterie, de plumes d'oie, cuirs,
| eaux-de-vie. — Montauban fut fondée en 1114par le
j comte de Toulouse Alphonse, au pied du mont Alban,
| et peuplée par les hanitants du bourg de Mont-Au-
j riol (Tarn), ce qui l'a fait quelquefois appeler Mons
g Auriolus. Elle embrassa avec ardeur les erreurs des
| Albigeois et plus tard le Calvinisme (1558) et fut une
j des principalesplaces de sûreté des Protestants. Vai-
j nement assiégéepar Louis XIII en 1621, elle fut prise
| en 1623 par Richelieu, qui en fit raser les fortifica-
| tions. Sous Louis XIV, elle souffrit beaucoup des
| dragonnades. Patrie de Cahusac, de Lefranc dePom-
3 pignan, de Guibert, d'Olympe de Gouges, d'Ingres.
I MONTAUBAN, ch.-l. de canton (Ille-et-Vilaine), à
J 6 kil. N. O. de Montfort; 800 hab.
_§ MONTAUBAN, fameux flibustier français, né vers
I 1650, m. à Bordeaux en 1700, fit une guerre achar-
j née aux Espagnols et aux Anglais, surtout sur les
-ï cotes de Guinée et d'Angola (1691-95), se signala par
?s des coups d'une hardiesse incroyable et fit éprouver
j à l'ennemi les pertes les plus sensibles.
~ MONTAI'BAN (Renaud de). V. AYMON.
I MONTAUSIER (Ch. nE STE-MAURE, duc de), d'une
s anc._ famille de Touraine, né en 1610, m. en 1690,
« servit avec distinction en Italie et en Allemagne, ob-
» »int à 28 ans le grade de maréchal de camp, fut suc-
cessivement gouverneur de l'Alsace, delà Saintonge; de la Normandie; se fit partout estimer pour son intégrité , et resta fidèle au roi pendant la Fronde. Louis XIV le nomma en 1664 duc et pair et le choisit en 1668 pour remplir les fonctions, de gouverneur du Dauphin; il s'adjoignit Bossuet et Huet comme précepteurs, et fit faire pour l'usage du prince les éditions connues sous le nom à'Aa usum Delphini. Il déploya dans ses fonctions de gouverneur une grande sévérité, et se fit remarquer à la cour par son caractère austère et son amour pour la vérité, ce qui le fit regarder comme l'original du Misanthrope de Molière. Montausier était né dans la religion protestante : il l'abjura en 1645, pour épouser la belle Julie d'Angennes, dont il sollicitait la main depuis quatorze ans. Fléchier a écrit son Oraison funèbre; c'est un de ses meilleurs morceaux. Garât composa en 1781 un Éloge de Montausier, qui fut couronné par l'Académie française. Am.' Roux a donné en 1860 : Montausier et son temps.
*MONTAUSIER (Julie d'ANGENNES DE RAMBOUILLET, du-
chesse de), dite Arténice, femme du précéd., née en 1607, morte en 1671, était fille du marquis de Rambouillet et de Catherine de Yivonne. Également remarquable par sa beauté, par son esprit et ses vertus, elle fut recherchée de tous les grands seigneurs de la cour, et, après de longs retards, fit choix de Montausier ( V. l'art, préc ). Elle fut nomm ée par Louis XIV gouvernante des enfants de France, et chargée en 1661 de l'éducation du Dauphin jusqu'au moment où il passa entre les mains de son mari. Le duc de Montausier lui avait adressé avant son mariage, sous le nom de Guirlande de Julie, une offrande poétique composée de fleurs dessinées par le peintre Robert et de madrigaux composés par les meilleurs poètes de l'époque et transcrits par le calligraphe Jarry. Le manuscrit de cette fameuse Guirlande, après avoir été entre les mains de l'abbé de Rothelin et de M. Rose, fut acheté par le duc de La Vallière, dont l'arrière-petit-fils, le duc d'Uzès, le possède encore aujourd'hui. Une copie en a été publiée en 1784à Paris par Didot et en 1824 à Montpellier par Amoreux.
*MONTAUT (Philippe de). V. NAVAILLES.
*MONTAZET (Ant. MALVIN de), né en 1712, dans l'Agénois, mort en 1788, fut nommé évêque'd'Autun en 1748, puis archevêque de Lyon en 1758. Favorable aux Jansénistes, il prit parti pour eux, dans les querelles religieuses de l'époque, contre le clergé même, et supprima, en sa qualité de primat des Gaules, l'obligation de signer le formulaire; en outre, il changea les livres liturgiques de son diocèse. Il fit rédiger par le P. Valla, de l'Oratoire, plusieurs ouvrages élémentaires, entre autres la Philosophie et la Théologie dites de Lyon (en latin), qui eurent de la vogue ; mais ces ouvrages respiraient le jansénisme :1a Théologie fut condamnée à Rome. Ce prélat était du reste un homme d'esprit et de talent : ri écrivait avec élégance et facilité, ce qui le fit admettre à l'Académie française (1757).
*MÔNTBARD (pour Mont des Bardes), ch.l. de cant. (Côte-d'Or), à 18 kil. N. de Semur, sur la Brenne et le canal de Bourgogne, et sur le chemin de fer de Paris à Lyon; 2123 h. Montbard avait autrefois titre de comté et possédait un château, qui fut souvent la résidence des ducs de Bourgogne. Patrie de Buffon, de Daubenton. Aux env., célèbre bergerie.
*MONBARREY, ch.-l. de cant. (Jura), à 12 kil. S. E. deDôle; 1000 hab.
*MONTBARS, l'Exterminateur, chef de flibustiers au xvii" siècle, né en Languedoc, d'une famille honorable , s'enflamma de haine contre les Espagnols en lisant les cruautés qu'ils commettaient dans le Nouveau-Monde , s'embarqua au Havre en 1667 pour aller les combattre, les attaqua dans les Antilles et sur les côtes de l'État de Honduras, leur fit éprouver des pertes considérables et en fit un carnage affreux. H s'empara de la Vera-Cruz en 1SS3 et de Car-thagène en 1697.
H. SI
*MONT — 12
*MONTBAZENS, ch.-l. de cant. (Aveyron), à 23 k. N. E. de Villefranchs; 1000 hab.
*MONTBAZILLAC, commune de la Dordogne, canton de Sigoulès, à 6 k. de Bergerac Très-bons vins muscats de la côte de Marsollet.
*BIONTBAZON, ch.-l. de cant. (Indre-et-Loire), sur l'Indie, à 13 kil. S. de Tours; 1200 h. Ane, château, bâti par Foulques Nerra. Ane. seigneurie, qui entra dans la maison de Rohan au xv° siècle, et fut érigée en comté, puis (1588) en duché, en faveurde Louis VI de Rohan-Guéménée.
*MONTBAZON (Marie DE ROHAH-), duchesse de Che-vîeuse. Y. CHEVREUSE. — V. aussi RANÇE.
*MONTBÉLIARD, Mœmpelgard, Mons Pelicardis, ch.-l. d'arr. (Doubs), au confluent de l'Isel, de l'Haleine et du canal de Rhône au Rhin, et au pied d'un rocher, à 82 kil. N. E. de Besancon, à 781t. par le chemin de fer; 5117 hab. Trib. de 1™ inst.; église luthérienne, collège, bibliothèque. Plusieurs fontaines; anc château des comtes de Montbéliard (il sert auj. de caserne et de maison d'arrêt); jolie église Saint-Martin. Filature de coton, horlogerie fine, bonneterie, drap, percale, cuirs, dits de Montbéliard; fromages. Grand commerce avec la Suisse. Patrie de G. Cuvier, à qui une statue a été érigée dans la ville. — Montbéliard était jadis le ch.-l. d'un comté particulier, faisant partie de l'empire d'Allemagne, mais n'appartenant à aucun cercle-; outre Montbéliard, ce comté comprenait les sept seigneuries d'Héricourt, Chatelot, Blamont, Clermont, Granges, Clerval, Passavant. Il est auj. réparti entre les arr. de Montbéliard et de Baume (tous deux dans le Doubs), et celui deLure (Hte-Saône). —La 1" maison des comtes de Montbéliard s'éteignit en 1397, en la personne du comte Étienne; Henriette, sa petite-fille, porta le comté dans la maison ducale de Wurtemberg par son mariage aveoËberhard de Wurtemberg. Divers cadets de cette famille, l'ayant reçu en apanage, fondèrent de nouvelles maisons de Montbéliard. La dernière de ces maisons cessa en 1631, et le comté fut alors possédé par les ducs de Wurtemberg eux-mêmes, ce qui les fit nommer par abréviation ducs de Montbéliard. En 1723, après la mort du dernier comte, Léopold, mort sans héritier légitime, il passa au duc régnant de Wurtemberg, qui vint faire sa résidence à Montbéliard. — Le Dauphin Louis (LouisXI) s'empara de cette ville en 1444. Louis XI Via prit en 1674, et la. garda jusqu'au traité de Ryswyok, 1697. La France tint le comté en séquestre de 1723 à 1748. La République française s'en empara en 1792, et le traité de Lunéville (180,1) le lui assura. Depuis, il n'a cessé de faire partié'de la France.
*MONTBEIXET, bg de SaÔne-et-Loire, à 20 k. N. de Mâcon; 1500 h. École d'agriculture; asile pour enfants abandonnés.
*MONTBENOÎT ou MONTBENOIT-EN-SAUGEOIS, ch.-I, de cant. (Doubs), à 15 kil. N. E. de Pontarlier; 154 hab. Ane abbaye, fondée en 1100, dont il reste des débris. Près de" là est le village de RemoiiQt, dont l'église n'est qu'une grotte.
*MONT-BLANC , le plus haut sommet des Alpes Pennines et de toute l'Europe, s'élève, dans la Hte-Savoie, entre la vallée de Chamouni et laVaEée-Blanche.il a 4810a au-dessus de la mer. Longtemps avantd'arriver a cette hauteuronréncoatredes neiges étemelles. Il faut deux jours pour y monter. Saussure est le premier qui ait mit cette ascension (1787). — Sous l'Empire, le Mont-Blanc donnait son nom à un dép. formé d'une partie de la Savoie, qui avait pour ch.-l. Chambéry : c'est auj. le dép. de la Hte-Savoie.
*3IONTBOZON, ch.-l. de cant. (H.-Saône), à 17 kil, S. E. de Vesoul, sur l'Oignon; 750 hab.
*MONTBRISON, Mons Brisonis au moyen âge, ch.-l. d'arr. (Loire), sur la Vizezy, à 448 kil. S. E. de Paris et à 32 k. N. O. de St-Étienne; 6266 hab. Trib. de 1" inst., collège, école ecclésiastique, école normale, bibliothèque et collections.On rocher volcanique domine la villa. Nouveaux boulevards,halle au
82 — MONT
blé, palais de justice, salle de spectacle. Toile, linons, batistes, grains. Patrie de l'illustre famille d'Urfè. Aux environs, sources minérales.^- La ville se forma. autour du château des comtes du Forée, dont elle fut la capit. depuis 14ll. Cette ville fut réunie à la. couronne sous François I. Elle a beaucoup souffert pendant les guerres de religion ; elle fut prise et saccagée en 1562 par le baron des Adrets, Montbrison fut le ch.-l. du dép. de la Loire lors de la formation des départements; la -préfecture a été transférée en 1856 à St-Étienne, .
*MONTBRON, ch.-l, de cant. (Charente), sur la Tardouère, à 27 kil. E, d'Angpuiême: 1300,iab. Aux environs, mines de plomb. Anc ch.-l. de baronnie.
*MONTBRtJN (Ch. DUPUY, seigneur de), h Brave, l'un desplus vaillants chefs protestants, né en 1530 au château de Montbrun.en Dauphiné (près deNyons), avait été élevé dans la religion catholique. Il fut attiré au Protestantisme par Théodore de Bès®, fit embrasser la Réforme à.ses vassaux, repoussa les lieutenants que le roi envoyait contre lui, se joignit en 1562 au baron, des Àdrefs, chef des Protestants dans le Dauphiné, puis lui succéda dans le commandement, fit des prodiges de valeur à Jarnac et à Mon-contour, et pittaenl574 les bagages de Henri III qui faisait le siège de.Livrp». Le roi irrité envoya contre lui des forces supérieures : s'étant cassé une cuisse en franchissant un cansl, jlfutpris après un conjbat acharné, condamné &mort à Grenoble par une CODI* mission, et décapité eft 1575. Cependant, sa mémoire fut réhabilitée dans le traité de paix de Ï876.
*MONTCALMDE SMERAN; (L. Joseph, marquis de), né en 1712 au château de Candiac près de Nîmes, d'une anc famille duRouergue, fut chargé en 1756, en qualité de maréchal de camp, du commandement en chef des troupes françaises dans l'Amérique septentrionale. H remporta, d'abord: de brillijnts avantages sur les généraux; anglais; mais, forcé en 1759 de livrer un combat inégal sous les murs dé Québec, il fut dès le commencement de l'action blessé mortellement, et périt deux jours après. — Son frère, J. L. P. deMontcalm, né au château de Candiac près de Nîmes, en 1719, moftea 1726 à l'âge de sept ans, d'une hydropisie de cerveau, est au nombre des enfants célèbres, D.ans sa courte vie, il avait pu apprendre, outre sa langue maternelle, le latin, le grec et l'hébreu, l'arithmétique, la fable, le blason, la géographie et une bonne partie de l'histoire sacrée et profane. C'est pourlui que Dumas, son instituteur, imagina le bureau typographique. T. noms.
*MONT-CÂSSIN. r,'chssv€
*MONTCENIS, ch.-l.de cant. (SaÔne-et-Loire), à 25 kil. E. S. Ë. d'Autan; "1500 hab. Aux env.t »ines-vde houille et de fer et célèbres iforges du Creuzot; fabrique de cristaux. -^Montagne des Alpes. F- CENS. :
*MONTCHRESTIEN. (Ant. de), écrivain du XVI" s„ né à Falaise vers 157Ô, était fils d'un apothicaire, Il mena la vie la plus aventureuse, embrassa le Calvinisme et fut tué en 1621 à Tourailles près de Dom-front, dans une rencontre avec un parti de Catholiques. Disciple de Garnier, il composa des" tragédies qui se distinguent par une certaine, élégance de style : la plus remarquable-est l'Écossaise ( Marie-Stuart), =-1605. Il composa aussi des Bergeries. Enfin on a de lui un Traité d'cecowmie politique (1615) : c'est le --1er ouvrage qui ait porté ce'titre,
*MONTCUQ, ch.-l. de cant. (Lot), à 28 kil. S. O, de ^ Cahors; 1800 h. Bâti autour d'une collineque baigne la Bragueionne et que domine une haute tour, ràm d'un anc château fort,
*MONTDAUPHIN, v. forte (H.-Alpes), au confluent -du Guil et de la Durftnce, à 15 kil. N. E. d'Embrun; _ 500 hab. Place de guerre de 4a classe, bâtie sur un : roc fortifié par Vauban. Ejiux thermales..
*MONT-DE-MARSAN, ch.-l. du dép. des Landes, = sur la Douze et le Midou, à 691 kil. S. O. de Paris, à 730 k. par le oh, de fer; 5574 hab. Trib. de l'*Ms.t-> lycée; société d'agriculture, sciences et aîts, biblio- _
*MONT — 1283 — " MONT
thèquê, pépinière. Hôtel de la préfecture, palais de justice, casernes, etc. Aux euv., jolies promenades. Commerce de vins et eaux-de-vie.—Fondée parChar-lemagne, détruite par les Normands ; reconstruite en 1138. Elle faisait partie jadis du royaume de Navarre, et fut réunie a la France en 1589 : c'était le ch.-l. du Marsan. Patrie de la famille de Mesmes.
*MONT-DE-PIÉTÉ. Y. cet art. dans notre Dict. univ. des Sciences.
*MONTDIDIER, Mons Desiderii, ch.-l. d'arr. (Somme), à 36 kil. S. S. E. d'Amiens; 3790 h. Trib., collège de Lazaristes. Église de St-Pierre et du St-Sé-pulcre, hôpital, hôtel de ville, surmonté d'un curieux beffroi. Bonneterie, tannerie, vannerie, filature de coton. Commerce de grains, volailles, bestiaux, etc. Ville jadis forte, et résidence de plusieurs rois de Franceauxii"siècle. Patried'Aubry deMontdidier, de Fernel, de Capperonnier, de Parmentier. Cette ville obtint une charte de commune en 1195. Elle fut prise par les Impériaux en 1523, et vainement assiégée par Jean de Werth en 1636.
*MONT D'OR OU MONT-DORE. V. IIORE (MONT).
*MONTDORGE (Ant. GAUTIER de), littérateur, né à Lyon en 1701, m. en 1768, exerça dans cette ville la charge de maître de la chambre aux deniers du roi, puis vint se fixer à Paris. On a de lui quelques pièces de théâtre : Vile de Paphos, 1727 ; les Fêtes d'Hébé, opéra-ballet (musique de Rameau), 1739 ; l'Opéra de société (musique de Giraud), 1762. On lui doit aussi l'Art d'imprimer les tableaux en trois couleurs, 1756.
*MONTEBEIXO, vgedu Piémont, à 9 kil. N. E. de Voghera et à 40 k. E. N. E. d'Alexandrie. Lannes y battitles Autrichiens, le 9 juin 1800; ce qui lui valut le titre de duc de Montebello. Le généralForey y remporta à son tour, le 20 mai 1859, ane victoire sur les Autrichiens, commandés par Giulay.
*MONTEBELLO (LANNES, duc de). F. LANNES.
*MONTEBOBRG, ch.-I. dec (Manche), à 8 kil. S.E. de Valogne; 2600 h. Station. Moutons estimés.
*MONTE CERVOLI, bgde Toscane, à 15 kil. S. de Volterra. Jets de vapeur lancés par des volcans gazeux et fournissant de l'acide borique.Bains thermaux.
*MONTECH.ilfor.tejyiMm, ch.-l. de c (Tarn-et-Ga-ronne), à 13 kil. S. E. de Castel-Sarrazm ; 600 hab.
*MONTECORVINO, v. d'Italie, dans l'anc roy.de Naples (Principauté Citérieure), à 17 kil. E. de Sa-lerne ; 4000 hab. Évêché. Aux env., eau sulfureuse.
*MONTE-CRISTO, anc Oglasa, îlot de Toscane, dans la Méditerranée, au S. de l'île d'Elbe; 10k. carrés. Ravagée au xvi' s. par les pirates, elle est restée depuis inhabitée. Ruines d'une abbaye et d'un fort.
*MONTECUCULLI et mieux MONTECUCCOLI (Sébastien de), gentilhommede Ferrare, vint en France à la suite de Catherine de Médicis, fut attaché au Dauphin, fils aîné de François I, en qualité d'échan-son, et accompagna ce jeune prince dans un voyage à Tournon. Un jour, il lui donna de l'eau fraîche pendant qu'il avait très-chaud : le prince tomba malade aussitôt ot mourut quatre jours après. Accusé del'avoir empoisonné, Montecucullifut appliqué à la question, fit des aveux, laissa croire qu'il avait agi à. l'instigation d'agents de l'empereur, et fut en conséquence écartelé, 1536. Rien n'est moins certain cependant que son crime : il paraît qu'il était innocent, mais que, pressé par la douleur, il dittout ce qu'on voulut.
*MONTECUCULLI (Raimond, comte de), célèbre général au service de l'Autriche, né en 1608 dans le Mo-aenais, m. en 1681, servit d'abord comme volontaire sous un de ses oncles, général d'artillerie de l'armée impériale, et se signala dans la guerre de Trente ans. Fait prisonnier en 1639 à Hofkirch par le général Baner, il prit sa revanche en chassant les Suédois de la Bohême; il remporta sur eux une victoire décisive à Triebel en 1645. Nomme en 1657 maréchal de camp, il secourut contre les Suédois Jean Casimir, roi de Pologne, et le roi de Danemark; repoussa ensuite les Turcs de la Hongrie et remporta sur eux en 1664, a\ec le concours des Français, la victoire signalée
de St-Gothard. En 1673 il porta des secours aux Hollandais contre la France. Opposé en 1675 à Turenne, qui périt au moment où allait se livrer une bataille décisive, il poursuivit les Français en Alsace et vint assiéger Haguenau; mais Condé lui fit lever le siège de la place. Après cette campagne il se retira et consacra aux sciences le reste de sa vie. L'empereur Léopold le nomma en 1679 prince de l'Empire, et le roi.de Naples lui donna le duché de Melfi. Dans un voyage à Linz, où il accompagnait l'empereur, une poutre lui tomba sur la tête au moment où il entrait au château : il succomba à cette blessure.. Ce général était peu entreprenant : il avait pris p'our modèle Fabius Cunctator ; quoiqu'il n'ait pas obtenu de brillants succès contre Turenne et Coudé, il s'estï-maît heureux d'avoir pu leur tenir tête. Il avait fait une étude approfondie de l'art militaire et a laissé des Mémoires sur la guerre, en latin (Commentarii bellici), Vienne, 1718, qui l'ont fait surnommer le Végèce moderne. Ces mémoires ont été traduits par Adam, et commentés par Turpin de Crissé, 1769.
*MONTEFELTRO(Comtes de) ,ane.maisonitalienne, ainsi nommée du château de Montefeltro, dans la Marche d'Ancône, fut à la tête des Gibelins aux xnr* et xiv» siècles, et eut sous sa domination Pise, Urbin et plusieurs autres villes d'Italie. Les personnages les plus célèbres de cette maison sont : Guido de M.,que les Pisans mirent à leur tête en 1290 pour combattre les Florentins, les Lucquoiset les Génois; il s'empara vers 1294 de la ville d'Urbin qu'il transmit à ses descendants; — Frédéric de M., qui régna de 1444 à 1482, et qui le 1er porta le titre de duc d'Urbin : il fut élevé à cette dignité par le pape Sixte IV, dont le neveu, Jean de la Rovère, avait épousé sa fille.—Guid'Ubaldo de M., fils du préc et dernier duc d'Urbin de cette famille, fut dépossédé par César Borgia en 1502. mais-il rentra en possession la même année. Il mourut en 1508, laissant ses États à Franc.-Marie delà Rovère,. son fils adoptif, neveu de Jules II.
*MONTEFIASCONE, Colonia Ferentinensis, ville d'Italie, à 22 kil. N. O.de Viterbe, près du lac Bol-sena; 5000 h. Évêché, établi en 1376. Ce siège fut occupé par l'abbé Maury. Excellent vin muscat. — Cette ville fut en partie détruite en 1783 par un tremblement de terre. Elle est la patrie de Casti'.
*MONTE-FORTINO, bourg d'Italie, à 40 kil. N. O. deFrosinone, fut rasé en 1557 par ordredupape Paul IV, parce qu'il était un repaire de brigands.
*MONTE-HERMOSO.v. d'Espagne (Badajoz),à22k. S. O. de Placencia; 3800 hab. Mines d'or.
*MONTEIL (ADHEMAR de). T. ADHBMAR.
*MONTEIL (Amans Alexis).'historien, né à Rodez en 1769, m. en 1850, étfiitfilsd'un conseiller aupré-sidial de sa ville natale. Il fut d'abord secrétaire de son district, puis professa l'histoire à l'École centra de l'Aveyron, aux Écoles militaires de Fontainebleau et de St-Cyr; il passa la plus grande partie de sa vie dans la retraite et la pauvreté. On lui doit l'Histoiie des Français de divers états aux cinq derniers siècles (10 vol. in-8, 1S27-44), et 5 vol. gr. in-8, ouvrage qui offre une intéressante histoire des diverses professions et des différentes classes de la société.négligéesjusque-làpar les historiens.Promp-tement appréeié du public, cet ouvrage obtint en peu d'années plusieurs éditions ; l'Institut lui décerna le 2e prix Gobert. On a en outre de Monteil un Traité des matériaux manuscrits, 1832, qui révèle l'existence d'une foule de documents inconnus, et une Poétique de l'histoire, 1835.
*MONTELEONE, Hipponium, Tibo Valentia, v. d'I-talie.dans l'anc roy. de Naples(Calabre Ultérieure 2°), à 5 kil. du golfe de Ste-Euphémie; 8000 hab. Évêché. Château fort. —Fondée par l'empereur Frédéric II; presque détruite par le tremblement de terre de 1783.
*MONTÉLIMARou MONTELIMART, Acusio ? Monti-lium Adhemari aumoyen âge, ch.-l. d'arr. (Drôme), à 45 kil. S. de Valence, sur uneeolliner au confluent du Rouhion et du Jabron; 7966 hab. Citadelle; sta-
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*MONT — 1284 — MONT
tion. Trib. de 1" inst., collège,bibliothèque. Restes I de fortifications. Source d'eau minérale. Aux envi- ! ronssô trouve un couvent de Trappistes. Liqueurs, | nougats estimés; tanneries. Commerce de soie, huile ; (Je noix, miel, etc. Patrie de Faujas de St-Fond. — 1 Jadis habitée par les Cavares. Cette ville fut prise j plusieurs fois pendant les guerres de religion : elle résista héroïquement à Coligny en 1569.
*MONTELOVEZ dite aussi Monclom et Cohahuila, v. du Mexique, anc ch.-l. de l'État de Cohahuila, à 890 kil. N. de Mexico; 3600 hab. Magasin dapoudre.
*MONTEMAYOR ou MONTEMOR, v. de Portugal (Beira), sur le Mondego, à 22 kil. S. O. de Coimbre; 2550 hab. Murs flanqués de tours, château fort. Patrie du poète Montemayor et du voyageur Mendez Pinto. — Enlevée dès le ix* s, par Ramire I, roi d'Oviédo, aux Arabes, qui la reprirent et peu après la ruinèrent; réédifiée en 1080.
*MONTEMAYOR (George de), poète portugais, né vers 1520 à Montemayor, près de Coimbre, m. à Lisbonne en 1562, fut d'abord attaché comme chanteur à Philippe II, et le suivit dans ses voyages. Il avait conçu une vive passion pour une dame espagnole : cette dame s'étant mariée pendant son absence, il en éprouva un vif chagrin et chercha une distraction dans la poésie. Il composa, sous le titre de Diana, un roman pastoral où, sous le voile d'une fiction, il exhale les sentiments dont son cœur était agité. Ce poème, le premier essai du genre pastoral en Espagne, eut un grand succès et fut continué par GilPolo. Il a été traduit en plusieurs langues, notamment en français, par Chapuis, Pavillon, etc. On a de Montemayor quelques autres productions poétiques, qui ont été publiées sous le titre de Cancionero, à Sara-gosse, 1561. Son style ne sent ni le travail ni l'affectation et se distingue par la noblesse et l'harmonie.
*MONTEMBOEUF, ch.-l. de c (Charente), à 29 kil. S. O. de Confolens: 1100 hab.
*MONTEMOLIN(don Carlos, comte de), fils du prétendant don Carlos (dit Charles V), né en 1818, accompagna en France son père, qui s'y était réfugié en 1839, après avoir vainement disputé la couronne d'Espagne. Son père abdiqua en sa faveur en 1845 ; il fit quelques vaines tentatives pour faire valoir ses droits. Pris en 1860, il renonça à ses prétentions, puis rétracta sa renonciation. M. àTrieste, en 1861 ; son fils, Don Carlos, reprit ses prétentions en 1872. V.CARLOS.
*MONTÉMONT (Albert de), littérateur, néen 1788 à Remiremont, m. en 1862, professa les humanités au collège de sa ville natale, puis occupa un emploi dans les finances et finit par se livrer exclusivement aux lettres. On a de lui des Lettres sur l'Astronomie, on vers et en prose, 1823, des traductions en vers des Plaisirs de l'Espérance de Campbell, 1824, des Plaisirs de la Mémoire de Rogers, 1825, des Odes d'Horace, 1839; et la Bibliothèque universelle des Voyages, 1833-37, 46 v. in-8. Il a coopéré à des traductions de W. Scott, de Cooper, et de Marryat.
*MONTEMOR, v. de Portugal. Y. MONTEMAYOR.
*MONTEMURLO, bg de Toscane, à 19 kil. N.O. de Florence. Cosme de Médicis y battit Phil. Strozzi et Bacio Valori, chefs des républicains florentins, 1537.
*MONTENDRE, ch.-l. de c (Charente-Infér.), à 22 k. S. de Jonzac ; 2500 hab. Eau thermale.
*MONTÉNÉGRO, ou en slave Tchernagora, c-à-d. Montagne noire, petit État de l'Europe, à l'O. de la Turquie, est enclavé dans l'Albanie et la prov. autrichienne de Cattaro ; 98 kil. du N. au S., sur 47 au plus de l'E. à l'O.; env. 120 000 hab., dont plus de 20 000 portent les armes; ville princip., Cettigne ; le couvent de Stanovitch. au S. de Cettigne, est la résidence du vladika ou évêque grec, qui exerçait seul autrefois l'autorité souveraine. Pays montagneux, sillonné par des ramifications des Alpes Dinarques, quelques riv., très-poissonneuses ; sol peu fertile et négligemment cultivé (il est cultivé par les femmes, non par lés hommes) ; vastes forêts. — Longtemps vassal de la Porte, le Monténégro est au], indépen-
dant. Il était naguères gouverné par un prmce-êvê« que appelé Vladilta qu'assistait un gouverneur laïque. Aujourd'hui, il est régi par un prince indigène, assisté d'un sénat de 12 membres, renouvelés chaque année. Les Monténégrins sont braves et hospitaliers, mais défiants, vindicatifs et très-jaloux de. leur indépendance, ifs ignorent la civilisation et méprisent le travail. Leur culte est la religion grecque; ils parlentla langue serbe.—Le Monténégro, jadis partie de Wllyrie, puis de la Nouv. Epire, devint, sous Héraclius, la demeure de populations slaves qui, tantôt indépendantes, tantôt soumises à la Servie , passèrent sous le joug des Vénitiens au siv* s., des Ottomans au xv, mais qui restèrent presque toujours indépendantes de fait. Il eut presque constamment des princes indigènes. En 1516, le prince George Tchernojwitz abdiqua en faveur du métropolitain ou vladilta de Cettigne, et depuis les Monténégrins vécurent pendant plusde trois siècles sous un gouvernement théocratique. A partir de 1697 la dignité de vladika resta dans la famille Niégotch. En 1851, après la mort du vladika Pierre II, Danilo, son successeur, sépara de nouveau le pouvoir tem-porelet le pouvoir spirituel, prit le titre de prince {gospodar, dans la langue du pays), et, pouréchap-per entièrement à la domination ottomane, se fit investir par la Russie. Ce prince, tué accidentellement en 1860, fut aussitôt remplacé par son neveu Nicolas, qui donna à son peuple une nouvelle constitution et un nouveau code, et qui soutint pendant deux ans une guerre héroïque contre la Turquie. M. H Delarue a publié en 1862 le Monténégro, ouvrage offrant à la fois la description et l'histoire du pays.
*MONTENOTTE, village datalie, à 37 kil. O. de Gênes, dans les Apennins.4 Le général Bonaparte y défit les Autrichiens en 1796. Sous l'Empire, ce lieu donna son nom au dép. qui avait SavOne pour chef-lieu. — Ce même nom a été donné à une colonie agricole de l'Algérie, fondée en 1848 dans la commune de Tenez.
*MONTEPELOSO, v. d'Italie, (Basilicate), à 37 kil. N. E. de Potenza; 4000 hab. Evêché.
*MONTEPULCIANO, V. de Toscane, ch.-l. d'arr., à 43 kil. S. E. de Sienne; 3000 hab. Evêché.. Savon, fonderies de suif, faïence renommée, pressoirs à huile; bon vin. Patrie d'A. Politien et du cardinal Bellarmin. — Près de cette ville est un lac de même nom qui a 8 k. de tour sur 3 de large et qui décharge ses eaux dans l'Arno.
*MONTEREAUOUMONTEREAU-EAUT-YONNE.Condafe
Senonum, puis Monasteriolum-, ch.-l. de e. (Seine-et-Marne) , à 20 k. E. de Fontainebleau, au confluent de la Seine et de l'Yonne et à l'embranchement du chemin de fer de Lyon sur Troyes; 6000 h. Trib. de, commerce. Bas, "ciment romain, pipes, faïence, poterie ; bois flottés. Fort marché aux grains et aux bestiaux. Aux environs, château de Surville. — Sur le pont de Montereau, le due de Bourgogne, Jean sans Peur, fut tué par Tanneguy du Châtel, lors de son entrevue avec le Dauphin (depuis Charles VII), en 1419. Philippe le Bon, duc de Bourgogne, s'empara de Montereau en 1420; Charles VII le repriten 1438. Napoléon y battit les alliés le 18 fév. 1814.
*MONTEREAU (Pierre de), architecte du xtu° s., m. en 1266, vivait sous le règne de S. Louis. Il construisit la chapelle deVincennes, le réfectoire de St-Martin dus Champs, le dortoir, la salle capitulaire et la chapelle de l'Abbaye de St-Germain des Prés,, la Ste-Chapelle de Paris, son chef-d'œuvre, construite de 1245 à 1248. Tous ces édifices sont dans le style gothique. — On. l'a confondu à tort avec Eudes de Montreuil, architecte contemporain.
*MONTEREY, v. du Mexique, ch.-l. du Nouv.-Léon; 15 000 hab. Evêché. Mines%ès-riches. Prise en 1846 par l'armée des États-Unis.
*MONTEKEY(SAN-CAB£OS DE), ch.-I. de la Nouv.-Cah-fornie. F. SANrCARLO'S.
*MONTESA, bg d'Espagne (Valence), à 40 Je. de Va-
*MONT
1285
*MONT
lence et à 13 kil. N. O. de San-Felipe. Ruines d'un I château. Jadis ch.-l. de l'ordre militaire de N'-D" de Montesa, fonde en 1317 par le roi Don Jayme, après j la suppression des Templiers. Cet ordre relevait de celui de Calatrava; la grande maîtrise fut réunie à la couronne par Philippe II, en 1587. Le costume des chevaliers était blanc, avec une croix noire.
*MONTE-SANTO, mont, de Turquie. V. ATHOS.
*MONTESPAN, bg de la H.-Garonne sur la r. dr. de la Garonne, à ï 1 kil. S. O. de St-Gaudens ; 950 h. Ane marquisat, érigé en 1612.
*MONTESPAN (Athénaïs, marquise de), une des maîtresses de Louis XIV, née en 1641, était fille de Gabriel de Rochechouart, duc de Mortemart. Elle épousa en 1663 Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan, d'une illustre famille de Gascogne, et fut peu après attachée à la cour commedame du palais de la reins.Elle ne tarda pas à attirer l'attention du roi par sa beauté, sa grâce et son esprit, et supplanta bientôt Mlle de La Vallière : pendant quatorze ans, à partir de 1668, elle régna despotiquement sur le cœurdu prince; elle en eut, entre autres enfants, le duc du Maine et le comte de Toulouse, qu'elle réussit à faire légitimer et qui ont joué un grand rôle dans notre histoire; mais à la fin elle fatigua par ses hauteurs Louis XIV, qui d'ailleurs commençait à avoir des scrupules sur leur double adultère, et elle se vit préférer Mme de Maintenon, à qui elle avait confié l'éducation des enfants qu'elle avait eus du roi. Cependant elle ne quitta définitivement la cour qu'en 1687. Après avoir inutilement cherché à se rapprocher de son mari, elle consacra ses dernières années à la dévotion, se livrant à de grandes austérités pour expierses fautes, et mourut enl707, à Bou'rbon-l'Archambaut, où elle était allée prendre les eaux. D'un caractère altieret ambitieux, Mme de Montespan s'était fait beaucoup d'ennemis; cependant elle était bienfaisante et protégeait les arts et IGS lsttrps
*MONTE'SQUIEU-VOLVESTRE, ch.-l. de c (Hte-Garonne), sur l'Arize, à 35 kil. S. de Muret; 3672 h. Vins rouges. Pris et brûlé par Joyeuse en 1586.
*MONTESQUIEU (Ch. DE SECONDAT, baron de),pu-bliciste et philosophe, né en 1689 au château de La Brède, près de Bordeaux, m. à Paris en 1755, montra dès son enfance une grande application à l'étude et fut destiné à la magistrature, dans laquelle sa famille occupait déjà de hauts emplois. Nommé en 1714 conseiller au parlement de Bordeaux, il y devint en 1716 président à mortier en remplacement d'un de ses oncles; il vendit sa charge en 1726, afin de se livrer tout entier à son goût pour les lettres. Il avait commencé dès 1721 à se faire connaître parlapu-blicationdes Lettres persanes, ouvrage d'un genre léger et frondeur, dont on a dit avec justesse que c'est le plus profond des livres frivoles et qui eut un immense succès. Il fut reçu en 1727 à l'Académie Française, puisse mit à voyager, visita l'Autriche, l'Italie, la Hollande, enfin l'Angleterre où il resta deux ans, étudiant partout les moeurs et les institutions des peuples. De retour en France, il se retira dans son château de La Brède et fit paraître en 1734 les Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence des Romains, qui déjà firent juger de toute la force de son esprit. Enfin en 1748 il publia l'Esprit des Lois, auquel il travaillait depuis 20 ans, et qui mit le sceau à sa réputation. Dans cet ouvrage, qui n'avait point de modèle et auquel l'auteur put donner pour épigraphe : Prolem sinematreereatam, il passe en revue les législations connues et en cherche les raisons, soit dans la nature de l'homme en général, soit dans des causes locales et particulières à chaque peuple. Ce livre qui le place au rang des premiers écrivains, rivalise avec les écrits de Tacite pour la concision et l'énergie du style. Après avoir achevé es grand ouvrage, Montesquieu sentit ses forces décliner et ne publia plus rien d'important; il partageait son temps entre le séjour de Paris et son
château de La Brède. Montesquieu ne fut pas seulement un grand écrivain, c'était aussi un vrai sage, bon, bienfaisant sans faste : on cite de lui plusieurs beaux traits, entre autres la conduite qu'il tint à Marseille envers une famille à laquelle, sans vouloir se faire connaître, il rendit son chef qui était esclave à Tétouan. Montesquieu était lié avec les philosophes, mais il avait de l'éloignement pour Voltaire: si, dans les Lettres persanes, il n'épargna pas toujours les choses saintes, il se montra, dans l'Esprit des Lois, respectueux pour la religion. Ses Œuvres complètes ont été publiées plusieurs fois, notamment par Auger, 1816, 6 vol. in-8; par Lequien, 1819, 8 vol. in-8; par de Parelles, avec notes et variantes, 1822, 8 vol. in-8, etc. Outre les ouvr. déjà cités, on y trouve, le Dialogue deSylla et d'Eucrate et Lysima-que, écrits politiques qui ne sont pas indignes de l'auteur des Considérations; le Temple de Gnide, un Essai sur le Goût, estimé des métaphysiciens, des Lettres , des discours, et quelques poésies. Montesquieu avait, dit-on, écrit une Histoire de Louis J.Î, dont le manuscrit aurait été jeté au feu par son secrétaire; mais cette anecdote paraît controuvée; il est vrai cependant qu'il avait composé une introduction au règne de Louis XI, qui a été retrouvée dans ses manuscrits. L'Esprit des Lois a été commenté par Voltaire et par Destutt-Tracy. On doit à D'Alembert et M. Vil-lemain l'Éloge de Montesquieu : ce dernier a été couronné en 1815 par l'Académie française.
*MONTESQUIOU, ch.-l. dec (Gers), à 10kil. N.O. de Mirande; 2100hab. Ane baronnie de l'Armagnac. Ce lieu adonné son nom àl'illustre famille des Montesquieu, qui remonte aux anciens ducs de Gascogne.
*MONTESQUIOU (le baron de), capitaine des gardes du duc d'Anjou (depuis Henri III), qui, à la bataille de Jarnac (1569), assassina lâchement Louis.I, prince de Condé, prisonnier et désarmé.
*MONTESQIJIOU D'ARTAGNAN (Pierrede), maréchal de France, né en 1645, m. en 1725, se distingua aux sièges de Tournai, de Lille, de Besançon, 1666-67, et commanda l'aile droite à labataille de Malplaquet, 1709 : c'est là qu'il gagna son bâton de maréchal. Il fut membre du conseil de régence en 1720.
*MONTESQUIOU-FEZENSAC (Anne Pierre, marquis de), lieutenant général, né àParis en 1739, m. en 1798, fut d'abord menin des enfants de France, puis écuyer du comte de Provence (Louis XVIII), et fut nommé en 1780 maréchal de camp. Élu en 1789 député delà noblesse de Paris aux États généraux, il se réunit un des premiers au Tiers état. Chargé sous la république du commandement de l'armée du Midi, iloccupalaSa-"voieen 1792; mais, ayant été peu aprèsaccusésousun vain prétexte,il se retira en Suisse : il ne put rentrer en France qu'en 1795. Il avait composé plusieurs pièces de vers, de petites comédies d'amateur, assez agréablement écrites, des Mémoires et des rapports qui prouvent des connaissances étendues. Il fut reçu à l'Académie Française en 1784.
*MONTESQUIOU-EEZENZAC (Franc. Xavier, duc et abbé de), né en 1757, près 'd'Auch, mort en 1832, fut député aux États généraux par le clergé de Paris, siégea au côté droit, et obtint assez d'influence. Il quitta la France après le 10 août, et se réfugiaen Angleterre, ainsi que le comte de Provence (Louis XVIII), avec lequel il se lia étroitement. Il revint après le 9 thermidor pour servir les intérêts des Bourbons, mais il fut exilé par Bonaparte. En 1814, il fut un des membres du gouvernement provisoire. Nommé peu après par Louis XV1U ministre de l'intérieur, il contribua à la rédaction de la Charte, et fut pendant quelque temps à la tête des affaires. Après la 2e Restauration, il fut nommé pair, puis duc (1821), mais il ne revint pas au pouvoir. Il avait été admis à l'Académie française, quoique n'ayant aucun titre littéraire.
*Parmi les hommes distingués que cette famille & produits de nos jours, on cite : Philippe Joseph, vicomte, puis duc de Montesquiou-Fezënsac, neveu de
*MONT — 1286 — MONT
l'abbé de Montesquiou, né en 1784 : il a fait avec gloire les guerres de l'Empire et s'est surtout distingué dans la campagne de Russie. Il était arrivé avant i814 au grade de général de brigade; nommé depuis lieutenant général, pair de France, ambassadeur en Espagne (1838-40), il a rempli avec succès plusieurs missions difficiles;—et le comte Ambroise Anatole Augustin de M.-Fezensac, né en 1788, fils de la comtesse de Montesquiou, gouvernante du roi de Rome. Colonel et aide de camp de l'Empereur en 1804, il voulut le suivre à l'Île d'Elbe, mais ne put en obtenir la permission. Éievé à la pairie par Louis-Philippe, il fut un des soutiens de la nouvelle monarchie. Ami des lettres, il adonné une traduction de Pétrarque en vers, et un recueil de poésies originales, sous le titre de Chants divers, 1843.
*MONTESSON (Jeanne BERAHD DE LA HAYE DE RIOU, marquise de), née en 1737, d'une famille noble de Bretagne, morte en 1806, épousa jeune le marquis de Montesson, lieutenant général, et resta veuve à 32 ans. Pleine de grâces et de talents, elle inspira une vive passion au due d'Orléans, petit-fils du régent; ce prince l'épousa en 1772, mais leur mariage dut rester secret. Elle fit le bonheur du prince en lui ménageant les plaisirs les plus variés, et établit chez elle un petit théâtre où elle jouait avec une société des pièces faites en partie par elle-même. Redevenue veuve en 1785, elle fit un noble usage du douaire que Louis XVI lui reconnut. Respectée parla Révolution, elle fut fort bien traitée par l'empereur Napoléon. Elle imprima ses œuvres en 1782 sous le titre d'OEit-vres anonymes, 8 vol. in-8, à un très-petit nombre d'exemplaires. On y trouve des drames, des comédies, des noêsies diverses, des romans, etc.
*MONTET-AUX-MOINES (Le), ch.-l. de cant. (Allier), à 30 kil. S. O. de Moulins; 500 hab. Houille.
*MONTEVERDE , ville d'Italie (Principauté Ultérieure), surl'Ofanto, à 12 kil. O. de Hein; 2200 hab. Évêché. Château fort.
*MONTEVIDEO ou SAN-FELIPE, v. de l'Amérique mêrid., capit. de la République de l'Uruguay et du dép. de Montevideo, sur la r. g. du Rio de la Plata, à 200 kil. de son embouchure et à 200 kil. N. E. de Buénos-Ayres, sur une petite péninsule ; env. 250000 hab. Port ouvert aux vents d'ouest, dits pamperos. La ville est bâtie en amphithéâtre et assez régulière ; mais elle n'est point pavée; on y manque d'eau dans les sécheresses ; l'hiver y est souvent très-froid, et l'été brûlant, orageux et insupportable. Grand commerce d'exportation : peaux brutes, cornes, crins, viandes salées, suif, laines, tabac, plumesd'autruche. Impor-, tation de farines, boissons, tissus, verreries, chapellerie, livres, mercerie, parfumerie, tabletterie, sel, fer, acier, houille, bbis, goudron, cordages.— Cette ville a été fondée par une colonie de Buénos-Ayres. Elle souffrit beaucoup tant des guerres entre cette République et le Brésil que de celles qu'elle eut elle-même à soutenir contre Buénos-Ayres : elle fut bloquée par les Buenos-Ayriens de 1842 à 1848. — Le dép. de Montevideo, entre le Paraguay au N. O., le Brésil à l'E., l'Océan au S. E., le Buénos-Ayres au S., et l'Entre-Riosàl'O., est arrosé par l'Uruguay et le Rio-Negro. Ce pays fut enlevé en 1821 à l'État de Buénos-Ayres par les Brésiliens, qui lui donnèrent le nom de province Cisplatine. Il-se rendit indépendant en 1828 sous le nom de République Cisplatine, et s'unit à la République de l'Uruguay.
*MONTÉZUMA, roi du Mexique, régnait depuis 1502 et avait étendu au loin sa domination par ses conquêtes, lorsque les Espagnols, conduits par Cortez, débarquèrent dans ses États, en 1519. Quoiqu'ils eussent été assez bien accueillis par ce malheureux prince, les Espagnols s'emparèrent de sa personne, sous le prétexte d'une trahison, et le gardèrent en otage. Dans une insurrection que ses sujets avaient suscitée pour le délivrer, il fut blessé au moment où il s'avançait pour les engager à se soumettre. Il refusa de recevoir aucun secours et de prendre au-
cune nourriture, et se laissa mourir (1520). Il avait eu plusieurs enfants, dont le 4', baptisé par les Espagnols, sous le nom de don Pedro, devint la tige des comtes de Montêzuma et de Tula, dont le dernier rejeton est mort en 1836 à la Nouv.-Orléans,' — Un autre Montêzuma, dit le Vieux., avait déjà régné au Mexique avant l'arrivée des Espagnols, 1445-83.
*MONTFAUCON, ch.-L" de cant. (Maine-et-Loire), sur la Moine, à 14 kil. S. O. de Baupréau ; 8TO hab Il y fut conclu en 1800 un traité avec les chefs ven- % déens. — Ch.-l. de cant. (H.-Loire), à 15 Kl. N. E. d'Yssingeaux ; 800 hab. Rubans, scieries dé planches. — Ch.-l. de cant. (Meuse), à 34 kil. S. E. de Montmédy; 1000 h. Ane abbaye, fondée en 650. Le roi Eudes y battit les Normands en 888. _
*MONTEAUCON, éminence voisine de Paris, entre les faubourgs St-Martin et du Temple, à 500m du bassin de La Villette. On y voyait jadis plusieurs gibets qui avaient été construits au commencernentdttxiv* siècle, selon les uns, parEnguerranddeMarignyou par Pierre de la Brosse; selon d'autres, par Pierre Rémi. La tradition ajoute que le fondateur des gibets de Montfaucon y fut le premier pendu. On attachait à ces gibets tous les corps des criminels suppliciés à Paris, et leurs cadavres y restaient fort longtemps suspendus. A la Révolution, les gibets furent détruits, et Montfaucon devint une voirie pour les immondices de Paris et l'écarrissage des chevaux. En 1841, ce foyer d'infection, qui était situé aux portes mêmes de Paris, a été transporté.. dans la plaine des Vertus.
*MONTFAUCON (Bernard de), savant bénédictin de la congrégation de St-Maur, ne en 1655, au château de Soulage près de Limoux (Aude), d'une famille noble, m. enl741,servitd'abord avec distinction sous Turenne ; mais, ayant perdu en peu de temps son père et sa mère, il renonça au monde et prit l'habit de St-Benoît à Toulouse en 1675, Il se livra avec ardeur à. l'étude des langues et aux travaux d'érudition; fut appelé à Paris en 1687, s'y lia avec Ducange; puis visita les principales villes d'Italie, Rome surtout, où il fut fort bien accueilli du pape (1698). De retour dans sa patrie, il mit en ordre les riches matériaux qu'il avait recueillis, et publia plusieurs ouvrages étendus, remarquables par une érudition abondante et solide. H fut reçu à l'Académie des inscriptions en 1719, et mourut à l'Abbaye de St-Germain, âgé de 87 ans. Ses principaux ouvrages sont : Diarium italicum^ sive Monumentorum vete-rum, bibliothecarumnotttiss singulares, Paris, 1702, in-4 ; Colleclio nova Palrum graicorum, 1706,2 vol. in-fol. ; Pdlmographia grxca, 1708, in-fol»; l'Antiquité expliquée et représentée en figures, latin et français, 1719-24, 15 vol. in-fol. (ouvrage immense et qui, bien qu'imparfait, suffirait seul à la gloire de l'auteur) ; les Monuments de la monarchie française (jusqu'à Henri IV), 1729-33, 5 vol. in-fol.; Biblio-theca Bïbliothecarum manuscriptorum nova, 1739, 2 vol. in-fol.; d'excellentes éditions de S. Athanase, Origène, S. Jean Chrysostôme; une trad. française des livres grecs de Philon sur la Vie contemplative, 1709, in-12. etc. Une partie de sa Correspondance a été publiée à Liège en 1855.
*MONTFERRAND. V. CLERMONT-EERRAN».
*MONTEERRAT, en ital. Monteferrato, ancien duché d'Italie, bornée aiiN. et à l'O. par le Piémont, au S. par la république de Gênes,. à l'E. par le Milanais, avait pour capit. Casai. — Ce petit pays porta le titre de marquisat dès le x« s., et fut possédé jusqu'au xw» par des princes particuliers (F. ci-après). 11 passa ensuite aux ducs de Mântoue (1586), pour lesquels il fut érigé en duché (1573). En 1631, le duc de Mantoue en céda une partie aux ducs de Savoie, qui furent investis du reste par l'empereur en 1708. En 1797 le Montferrat entra dans la république Cisalpine; en 1805 il fut compris dans le roy. d'Italie où il fit partie des dép. dé Marengo, Sesia, Pô, Sture, Montenotte et Gênes. En 1815 iifut donné
*MONT — 1287 — MONT
au roi de Sardaigne et réparti entre les divisions d'Alexandrie, Coni, Gênes, Novare et Turin.
*MONTFERRAT (marquis de), illustre maison de la Lombardie, a pour chef Aldérame, créé marquis de Montferratpar Othon le Grand en967.Cette famille a régné sur le Montferrat pendant près de 600 ans.
*Guillaume IV de M., dit Je Vieux, accompagna l'empereur Conrad III à la 2° croisade, enll47, et s'y couvrit de gloire. Dans la suite il prit parti pour Frédéric Barberousse contre les villes libres d'Italie. — Un de'ses fils, Renier, épousa une fille de Manuel Comnène, empereur d'Orient, et reçut en dot le roy. de Thessalonique (1179)_, qu'il transmit en 1183 à son frère Boniface HT, etqui resta longtemps dans sa famille. — Guillaume V, fils aîné de Guillaume IV, fut un des héros de la 3° croisade, et mérita le surnom de Longue- Épée. En récompense de ses services, Baudouin le Lépreux, roi de Jérusalem, lui donna la main de sa sœur Sibylle avec le comté de Joppé. Il mourut en 1185. — Conrad, 2e fils de Guillaume IV, se distingua enOrient, surtout en défendantTyr contre Saladin futfait seigneurdeTyren 1187 et régna sur cette ville jusqu'en 1192. Il épousa une fille d'A-maury, roi de Jérusalem, et disputa le trône de Jérusalem à Guy de Lusignan, son beau-frère. Il allait l'emporter, lorsqu'il périt assassiné. — Boniface III régna à la fois sur le Montferrat et sur le royaume de Thessalonique (1183-1207). Il fut fait prisonnier à la bataille de Tibériade, 1187, mais échangé bientôt après. Il fut choisi en 1202 pour chef de la 4e croisade, eut grande part à la prise de Constantinople, et fut fait roi de Thessalie, 1204. Il fut tué en 1207 en combattant les Sarrasins devant Satalieh.—Guil-. laumeVI, le Grand, 1254-1292. Après avoir été l'allié de Charles d'Anjou et lui avoir facilité la conquête du royaume de Naples, il combattit ce prince qui voulait asservir la Lombardie. Il ajouta aux possessions de sa famille Verceil, Ivrée, et plusieurs autres villes, dont il s'empara par violence, et fit le métier de condottiere. Étant tombé entre les mains des
- habitants d'Alexandrie, révoltés contre lui, il fut mis
I dans une cage de fer : il y mourut après 17 mois de
| captivité, 1292. Il laissait un fils, Jean,1292-1305, qui
I fut attaqué par Mathieu Visconti, seigneur de Milan,
i et dépouillé de Casai, Moncalvo, Trino, Ponte-Stura,
\ et qui mourut sans postérité; et une fille, Iolande,
? quiépousaAndronic Paléologue, empereur d'Orient.
; Celle-ci hérita du Montferrat, à la mort de son frère
j en 1305, et lelransmit à son 2e fils, Théodore Paléo-
1 logue.—Théodore Paléologue, chef d'une 2e branche
; des marquis de Montferrat, régna de 1305 à 1338. Il
| eut d'abord à disputer son héritage à Manfred, mar-
1 guis de Saluées, et au roi de Naples Charles II ; mais
1 il se fit reconnaître par l'emp. Henri VII, et finit par
j régner sans contestation.—Son fils, Jean Paléologue,
î 1338-78, reçut de l'emp. Charles IV le titre de vicaire
| impérial en Italie, et essuya néanmoins de grandes
| pertes dans une guerre contre Galéas Visconti; —Théo-
; dore II Paléologue, petit-fils du préc, 1381-1418,
j reprit aux Visconti Asti et Casai, aida Gênes à chas-
| ser les Français en 1409, fut capitaine de cette répu-
J blique jusqu'en 1413, et reçut de l'empereur Sigis-
§ mond, en 1414, le titre de vicaire impérial en Italie,
\ fitre qui fut confirmé depuis à tous ses successeurs.
I| Perpétuellement en guerre avec ses voisins, sur-
j tout avec les Visconti et les Sforce. seigneurs de Mi-
<f lan, la famille de Montferrat décima graduellement
— pendant les xv" et xvie s. ; enfin elle s'éteignit dans la
?s, personne de Jean George Paléologue, qui mourut
% sansenfants enl533. Ses États passèrent à Frédéric II
fis de Gonzague, marquis de Mantoue, qui avait épousé
"I vme des nièces du dernier Paléologue.
J MONTFLEURY(Jacob, dit), comédien, né en An-
jS jou vers 1600, d'une famille noble, m. en 1667, fut à| un des meilleurs acteurs de la troupe de l'hôtel de -il Bourgogne, rivalede celle de Molière. ïljouaitavec un =; égal succès la comédie et la tragédie; il donna lui-_i même une tragédie à'Asdrubah 1647.—Son fils, Ant
Jacob M.,1640-85,composa pour l'hôtel de Bourgogne des comédies qui luttèrent quelque temps avec celles de Molière, entre autres le Mariage de rien, l'Impromptu de l'hôtel de Condê, opposé à l'Impromptu de Versailles de Molière, laFemmejuge et partie, en 5 actes, et en vers (c'est sonmeilleur ouvrage), l'École des Jaloux, la Dame médecin, Crispin gentilhomme; ces pièces ne manquent pas de gaieté, mais elles poussent la licence à l'excès. Son théâtre a été publié en 4 vol. in-12, Paris, 1775. M. O. Leroy aré-duit en 3 actes La Femme juge et partie de Mont-fleury et l'a fait jouer avec succès en 1821.
*MONTFORT, ch.-l. de c (Landes), sur le Louts, à 20 kil. E. de Dax; 1600 hab. — M.-L'AMAURY, ch.-l. de c (Seine-Oise), à 18 kil. N. 0. de Rambouillet; 1600hab. Blé, avoine, fruits, fromages, etc. Patrie de Simon de Montfort, dont on voit encore le château, auj. en ruines. — M.-LE-ROTROU, ch.-l. de c. (Sarthe), . sur l'Huisne, à 19 kil. E. du Mans; 1000 hab. Fabrique de toiles. Grains, chanvre, fil, toile. — M.-SUR-MEU ou M.-LA-CANE, ch.-l. d'arr. (Ille-et-Vilaine), à 23 k. O. de Rennes ; 1400 hab. Trib. de 1" inst.Toiles, fil, chanvre, cuirs, suif. Commerce de bois, bestiaux,etc. Eau ferrugineuse, restes de thermes romains. Ane. abbaye d'Augustins ; ancien domaine des Montfort. — M.-SUR-MLLE, ch.-l. dec (Eure), à 15 kil. S. E.;de Pont-Audemer ; 650 h. Papeterie. Ane forteresse.
*MONTFORT (Comtes de)-, famille bretonne, qui tirait son nom de Montfort-sur-Meu,,près de Rennes, avait pour chef Jean de Montforf, 3" fils du duc de Bretagne Arthur II (m. en 1812) et frère consanguin du duc Jean III. Ce dernier; n ayant pas d'enfants, assura de son vivant sa succession à sa nièce Jeanne de Penthièvre, qui était sa légitime héritière comme fille de Guy de Penthièvre, 2" fils d'Arthur; il la maria à Charles de Châtillon,. plus connu sous le nom de Charles de Blois, neveu du roi de France. Jean de Montfort, qui avait d'abord paru reconnaître le droit de Jeanne, ne tarda pas, après la mort de Jean III (1341), à réclamer le titre de duc, et soutenu par les Anglais, il alluma en Bretagne une longue guerre civile. Après des succès fort divers, il mourut sans avoir pu réussir; mais son fils, nommé aussi Jean de Montfort, après avoir battu Charles de Blois à Auray (1364), fut reconnu pour duc et transmit le duché à ses descendants. V. JEAN rv et v.
*MONTFORT (Simon, baron, puis comte de), fameux par ses expéditions contre les Albigeois, était né vers 1160, d'une famille originaire de Montfort l'Amaury. Il fit d'abord partie de la croisade prêchée en 1199 par Foulques de Neuilly, et se distingua en Palestine. Après son retour, il fut élu par les barons, en 1208, chef delà croisade formée en France contre les Albigeois, qui avaient à leur tête Raymond.comte de Toulouse. Il se signala dans cette guerre par son courage, mais aussi par sa cruauté ; il s'empara en 1209 deBéziers (où ilfit, dit-on, près de 60 000 victimes) , prit et saccagea Carcassonne, battit en 1213 devant Muret Pierre II d'Aragon, allié des Albigeois. qui assiégeait cette ville, dépouilla de ses États le comte de Toulouse, et s'en fit investir par le pape Innocent III. Il fut tué d'un coup de pierre en assiégeant Toulouse qui s'était révoltée, 1218. On l'avait surnommé le Machabée de sonsiècle — Son fils aîné, Amaury de Montfort, ne sut pas conserver ses conquêtes, et fut obligé de les céder au roi de France Louis VIII, qui réunit ainsi le comté de Toulouse à la couronne (1226); il fut fait connétable en 1231. Dans la suite il partit pour la Terre-Sainte, et mourut, en 1241, au retour de cette expédition, durant laquelle il était tombé au pouvoir des Musulmans.— Un autre de ses fils, Simon, joua un grand rôle en Angleterre. V. ci-après.
*MONTFORT (Simon de), comte de Leicester, fils pumé du chef de la croisade et d'une Anglaise, hérita de grands biens que sa famille avait acquis en.Angleterre par suite de son alliance, et alla-s'établir dans ce pays vers 1236 à la suite d'une discussion qu'il
*MONT — 1288 — MOxNT
tvaiteue avec Blanche de Castills, mère de Louis IX. Il fut fort bien accueilli du roi Henri III, qui lui confia le gouvernement de la Gascogne avec le titre de sénéchal, et lui accorda la main de sa sœur; mais il se
endit odieux dans son gouvernement, et encourut la disgrâce de Henri, qui l'accusa de trahison. Pour se venger il excita les barons anglais à la révolte, se mit à leur tête, en 1258, força le roi à. convoquer un parlement extraordinaire à Oxford, et lui arracha les concessions connues sous le nom de Statuts ou Provisions d'Oxford. Pendant plusieurs années il exerça un pouvoir absolu en Angleterre. Le roi ayant tenté de secouer ce joug, il lui livra bataille à Le wes, le fit prisonnier avec son fils, et le força à souscrire un traité ignominieux, 1264. L'année suivante, il convoqua un parlement dans lequel furent admis, avec le clergé et la noblesse, des représentants des bourgs : ce fut l'origine de la Chambre des Communes d'Angleterre. Cependant, ayant bientôt excité le mécontentement de plusieurs de ses partisans, il donna à Henri le moyen de relever son autorité. Le fils de ce prince, Edouard, qu'il tenait prisonnier, s'étant échappé de ses mains, vint lui livrer bataille a Evesham, et l'y battit complètement, août 1265. Leicester périt dans l'action avec son fils aîné.
*MONTFORT (le comte de). V. BONAPARTE (Jérôme).
*MONTFORT (Ant. de), peintre d'histoire, né en 1532 à Montfort en Hollande (prèsd'Utrecht), m. en 1583, fut élève de Franc-Flore et s'établit à ûelft. On vantait de lui une Décollation de S. Jacques, à Gouda; l'Assompt ion,l'Annonciation, lajiVati'w'te", à Utrecht; la Passion, à Dordrecht : ces ouvrages, qui se distinguaient par la noblesse des traits et la finesse des profils, furent détruits dansées guerres. Heureusement plusieurs avaient été gravés.
*MONTFORT (L. M. GUIGNION de), missionnaire, né en 1673 à Montfort (Ille-et-Vilaine), m. en 1716 à St-Laurent-sur-Sèvre, en odeur de sainteté, parcourut l'Ouest delà France pour y ranimer la foi, exerça partout son ardente charité, fonda les missionnaires du St-Esprit et les sœurs hospitalières de la Sagesse.
*MONTGAILLARD (Bernard DE PERCiNde), connu sous le nom de Petit-Feuillant, né en 1563 au château de Montgaillard, en Languedoc, vint à Paris vers 1579, entra dans l'ordre des Feuillants, et prêcha avec fureur pour la Ligue. Après la prise de Paris, il se réfugia à Rome, où le pape Clément VIII l'accueillit et le 8t passer dans l'ordre de Cîteaux. De Rome, il se rendit dans les Pays-Bas ; il y devint prédicateur de l'archiduc Albert", fut fait abbé de Nivelles et d'Orval. II mourut dans cette dernière abbaye en 1628. On n'a de lui que l'Oraison funèbre de l'archiduc Albert, Bruxelles, 1622, et une Lettre à Henri de Valois (Henri III), en laquelle il lui remontre ses fautes et l'exhorte a la pénitence, 1589 : cet écrit est des plus violents. Ce personnage figure dans la Satire Menippée.
*MONTGAILLARD (G. Honoré ROCQUES, dit l'abbé de), historiographe, né en 1772, de parents nobles, au château de Montgaillard, près deVillefranche (Rhône), mort àParis en 1825, fit dans sa jeunesse une chute dont les suites le rendirent impropre à l'état militaire auquel il était destiné, et entra au séminaire. Il en sortit de bonne heure, émigra, rentra en France en 1799, remplit sous le Consulat et l'Empire un emploi dans l'administration militaire, et s'occupa en même temps de travaux littéraires. On a de lui : Re-'.ue chronologique de l'histoire de France depuis la •?nmiocation des notables, Paris, 1820; Histoire de France depuis la fin du règne de Louis XVI jusqu'en iK25, Paris, 1826. Ces deux ouvrages, le dernier surtout, sont écrits dans un esprit satirique et dans un sens tout favorable à la cause royaliste; iln'y épargne aucune occasion de déchirer ses contemporains.
*MONTGERON, Vge de Seine-et-Oise, à 3 kil. S. de Villeneuve-St-Georges, sur le chemin de fer de Paris à Lyoïi; 1200 hab. Château, église gothique. Blé.
*MOXTGEltOK (L. Basile CARRE de), conseiller au
parlement de Paris, né en 1686, m. en 1754, s'était signalé par son incrédulité, lorsqu'il fut témoin en 1731 des merveilles.opérées, disait-on, ta cimetière Saint-Médard sur le tombeau du diacre janséniste Paris; frappé d'étonnement à la vue des phénomènes si étranges qu'onraientlesConvulsionnaires, il crut y voir la preuve d'une intervention surnaturelle, et publia pour les faire connaître la Vérité des miracles de Paris (3 vol. in-4, 1737-48), volumineux ouvrage où il rapportait, en ies appuyant de nombreux témoignages, les faits qui .s'étaient passés sous ses yeux. Cette publication, qu'il ne craignit pas de présenter lui-même au roi, le It enfermer à la Bastille, puis exiler. Son parti le regarda comme un héros; ses adversaires, comme un fou. Son livre fut condamné à Rome. Il est à croire qu'il ne se trompait qu'en prenant pour miraculeux des faits qui n'étaient que le fruit d'une exaltation morbide.
*MONTGISCARD, ch.-l. dec (H.-Garonne), à 14 k. N. O. de Villefranche, près du canal du Midi; 1000 h.
*MONTGLAT (Fr. de Paule DE CLERMONT, marquis de), grand maître de la garde-robe et maréchal de camp sous Louis X1H et Louis.XIY, né vers 1610, mort en 1675, avait été témoin d'un grand nombre d'événements. Il laissa des Mémoires, publiés en 1727, qui, à partir de 1635, offrent des renseignements précieux. Ils sa trouvent dans les Collections de Mémoires sur l'histoire de France.
*MONTGOLïTEB. (Jos. Michel et Jacques Étienne), frères célèbres par l'invention des aérostats, nés tous deux à Vidalon-lès-Annonay, le l"r en 1740, le 2° en 1745, étaient fils d'un fabricant de papier. Placés à la tête de la fabrique de leur père, ils y introduisirent des perfectionnements importants. C'est en 1783 . qu'ils firent leurs premières expériences sur les ballons aérostatîques; l'idée da l'invention, paraît appartenir à Étienne; mais ite voulurent en partager l'honneur et rirent tous leurs travaux en commun. Après un premier essai fait à Annonay avec un plein succès (5 juin 1783), Étienne vint à Paris pour exposer sa découverte, et répéta l'expérience devant la cour (20 sept.). Celte découverte excita un enthousiasme universel : les deux frères furent nommés correspondants dél'Académie des sciences; leur père fut anobli. A la bataille de Fleurus, ojt fit une heureuse application de leur invention pour observer les mouvements de l'ennemi. Étienne mourut dans son pays eh 1799. Joseph vint s'établir à Paris, fut nommé administrateur du Conservatoire des arts et métiers, et entra en 1807 à l'Institut. Il mourut en 1810. Outre les aérostats, on doit aux frères Montgolfier plusieurs inventions utiles, entre autres celle du BeTi'er hydraulique, 1792, ainsi que d'importants perfectionnements dans. la fabrication du papier. On a de Joseph : Discours sur l'aérostat, 1783; Mémoire sur la machine aérostatique, n84; les Voyages aériens, 1784. Son Éloge a été écrit par Delambre et de Gérando. Un monument a été érigé aux deux frères sur la place publique d'Annonay. Le nom de Montgolfière est resté au genre d'aérostat qu'ils avaient inventé, et qui était gonflé avec de l'air atmosphérique dilaté par la chaleur.
*MONTGOMERY, ancien comté de France, qui a donné son nom à la famille des Montgomery, était situé dans la Normandie, à l'O. deLisieux. Ce comté est auj. dans le dép. du Calvados.
*MONTGOMERY. v. d'Angleterre (Pays de Galles), ch.-l. du comté de Montgomery, près de la Severn, à 250 kil. O. N. O. de Londres; 1200 hab. Hôtel de ville, prison; ruines de l'ancien château .fort de Montgomery et d'un camp breton. — Le comté, situé entre ceux deRadnor auS., de.Merioneth àJ'O., de Denbigh au N., de Shrop à l'E,, a 65 kil. sur 45 et 70000 hab. Montagnes, forêts, sol en grande partie aride, mais fertile dans la partie cultivée. Plomb, ardoise, bois de construction; beau bétail. On y fabrique ies plus belles flanelles connues.
Divers lieux des États-Unis portent le nom de Mont-
*MONT
— 1289 —
*MONT
gomery, entre autres uneville del'Alabama, capit.de cet État depuis 1847, sur la r. g. de l'Alabama et à 1000 k. S. de "Washington; 10000 hab. Chemins de fer. C'est dans cette ville que se réunit, le 9 févr. 1861, la convention qui proclama la séparation des États du Sud el qui élut pour président de la nouvelle Confédération Jefferson Davis.
*MONTGOMERY, anc famille dont l'illustration remonte à Roger de Montgomery, gentilhomme normand, qui accompagna Guillaume le Bâtard à la conquête de l'Angleterre et eut un commandement important à la bataille d'Hastings. — Robert, fils de ce Roger, jouit également delà faveur de Guillaume; mais, ayant embrassé le parti de Robert Courte Cuisse contre son frère Henri I, il fut banni d'Angleterre par le nouveau roi et se réfugia en Ecosse où sa famille joua un rôle important. — Un de ses descendants, Hugues de M., fut créé en 1502, par Jacques IV, comte d'Egland ou d'Eglintoun. — La famille française de Lorges prétendait descendre des Montgomery d'Ecosse ; et elle prit même ce nom après que le capitaine Jacques de Lorges eut acquis en 1543 le comté de Montgomery en Normandie. V. LORGES. MONTGOMERY (Gabriel de), fils de Jacques de Lorges, 1" sire de Montgomery, était capitaine de la garde écossaise de Henri II et vivait dans la familiarité de ce prince. Invité par le roi à rompre une lance avec 1m' dans un tournoi, en 1559, il le frappa si rudement qu'il lui traversa la tête avec le tronçon de sa lance, et fut ainsi la cause involontaire de sa mort. Après ce malheur, il se retira de la cour, emportant la haine de la reine Catherine de Médicis, et se réfugia en Angleterre. Dans sa retraite, il embrassa la Réforme, et, lorsque éclatèrent les guerres de religion (1562), il devint un des chefs les plus redoutables des Protestants : il défendit Rouen contre l'armée royale, mais il ne put empêcher le duc de Guise de prendre la ville. En 1567, il remporta plusieurs avantages sur les Catholiques, notamment dans le Béarn et s'empara d'Orthez. II fut condamné à mort en son absence par le parlement de Paris et exécuté en effigie ; mais il fut gracié lors de la paix de St-Germain. Il échappa par une prompte fuite au massacre de la St-Barthélemy (1572), alla secourir La Rochelle (1573), et fit des prodiges de valeur en Normandie; mais, attaqué dans le château de Dom-front par le maréchal Matignon avec des forces bien supérieures, il fut forcé de se rendre et stipula qu'il aurait la vie sauve. Au mépris de cette capitulation, Catherine de Médicis, alors régente, le fit juger par des commissaires qui le condamnèrent à mort. Il fut exécuté à Paris sur la place de Grève et subit le supplice avec courage, 1574. Une tour de la Conciergerie où il avait été enfermé a conservé son nom. MONTGOMERY (Richard), général américain, né en Irlande en 1737, avait d'abord seisvi dans les troupes anglaises pendant la guerre du Canada contre les Français (1756). 11 s'établit ensuite à New-York, et lors de la déclaration de l'indépendance prit parti pour les Américains. 11 osa tenter de chasser les Anglais du Canada; il avait déjà enlevé plusieurs places importantes, Chambly, St-Jean, Montréal, lorsqu'il fut tué au siège de Québec (1775).
*MONTGOMERY (James), poète écossais, né en 1771 àlrvine (comté d'Ayr), m. en 1854, était fils d'un pasteur Morave. Il fit des vers dès l'âge de 14 ans, vint à Londres en 1790, y fut d'abord commis de librairie, puis se fixa à Sheffield, y rédigea de 1794 à 1825 The Iris, journal radical, et fit en même temps des Lectures sur la littérature anglaise. Ses poésies se distinguent par des inspirations honnêtes et touchantes et par l'harmonie du style; les principales sont : Prison amusements, The Wanderer,The West Indies, The World before Ihe flood, Original hymns. Elles ont été plusieurs fois réunies, notamment en 1851. — Un autre poète de même nom, Robert M., né à Bath en 1807, m. en 1855, s'est surtout exercé dans la poésie religieuse : on estime particulièrement
son poème sur l'Omniprésence de la Divinité (1828). On a aussi de lui une Prière universelle, Satan, le Messie, la Femme, ange de la vie, Luther, la Lyre chrétienne. Un recueil de sespoésies a paru en 1853. MONTGUYON, ch.-l. de cant. (Charente-Infér.), à 35 kil, S. E. de Jonzac; 500 hab. MONTHENAULT D'ÉGLY. V. É5LY. MONTHERMÉ, ch.-l. de cant. (Ardennes), sur la r. g. de la Meuse, à 14 kil. N. de Mezières; 1800 hab. Ardoisières ; poterie, briqueteries, forges.
*MONTHOIS, ch.-l. de cant. (Ardennes), à 12 kil. S. de Vouziers; 650 hab.
*MONTHOLON (François de), garde des sceaux, s'était d'abord fait une" grande réputation comme avocat, et avait été chargé en 1522 de la cause do. duc de Bourbon contre François I et la reine mère. Il n'enfut pas moinsnommé avocat général en 1532 et devint garde des sceaux en 1542. Il mourut l'année suivante. — Son fils, nommé aussi François, et son petit-fils, Jacques, furent également des avocats distingués; François II fut aussi garde des sceaux (1588). Ce dernier prononça, en 1611, un discours célèbre en faveur des Jésuites, attaqués par l'Université.
*MONTHOLON (Ch. Tristan, comte de), issu de la famille despréc, né à Paris en 1783, m. en 1853, entra de bonne heure dans la marine, fit partie de l'expédition de l'amiral Truguet contre la Sardaigne, prit du service dans la cavalerie en 1797, et était chef d'escadron au 18 brumaire : dans cette journée, il fut utile à Bonaparte, qui se l'attacha. Après s'être signalé par sa brillante conduite en Italie, à Auster-litz,à léna, à Friedland, et surtout à Wagram, où il reçut 5 ble^sures.il reçut en 1809 le titre de chambellan de l'Empereur, fut chargé de plusieurs missions diplomatiques où il montra beaucoup de sagacité, et fut nommé général de brigade en 1814. Aide de camp de Napoléon Ier pendant les Cent-Jours, il obtint de l'accompagner à Ste-Hélène, demeura près de l'illustre captif jusqu'à sa mort, fut un de ses exécuteurs testamentaires et le dépositaire de ses manuscrits. De retour en Europe, il publia, en commun avec le général Gourgaud, les Mémoires pour servira l'histoire de France sous Napoléon, écrits à Ste-Hélène sous sa dictée, Paris, 1823, 8 vol. in-8. Il accompagna le prince Louis-Napoléon (l'empereur Napoléon III) dans sa descente à Boulogne (1840), et partagea aussi sa captivité au château de Ham; mais il fut gracié après l'évasion du prince.
*MONTHOU3UET, ch.-l. de cant. (Aude), à 31 kil. S. E.'de Carcassonne; 400 hab.
*MONTHUREUX, ch.-l. de cant. (Vosges) sur la Saône, à 40 k. S. O. de Mirecourt, et au S. O. de Darnay ; 1200 hab.
*MONTHYON. V. MONTYON. MONTI (Vincent), poëte italien, né en 1T54 à Fu-signano près de Ferrare, mort en 1828, fut dans sa jeunesse sécrétai re du prince Braschi, neveu de PieVI, puis se livra tout entier à la'poésie.Voulant d'abord rivaliser avec Alfieri, il donna les tragédies de Ca'ius Gracchus, d'Aristodème, de Manfredi ; puis il composa divers poèmes à l'imitation du Dante : Promé-thée et la Basvigliana : dans ce poème, composé à l'occasion de l'assassinat de Basville, consul français à Rome, il déchirait les Français; mais, après nos triomphes en Italie, il chanta la palinodie et devint un des adulateurs de Napoléon. II fut alors nommé professeur d'éloquence à Pavie, de belles-lettres à Milan, et historiographe du nouveau royaume d'Italie. Il célébra la gloire de l'Empire dans des odes qui furent admirées, entre autres : le Barde de la Forêt-Noire; la Vision; l'Épée du grand Frédéric. A la chute de l'Empereur, il se mit aux gages de l'Autriche, et composa pour cette nouvelle puissance le Retour d'Âstrée. Malgré le mérite de sa poésie, pleine d'élégance et d'harmonie, sa versatilité lui fit perdre l'estime de ses concitoyens. Outre les ouvrages que nous avons cités, Monti a composé une traduction de l'Iliade, qui est un de ses plus beaux ti-
*MONT — 1290 — MONT
très. Ses tragédies ont été trad. en vers français par M. Ph. Duplessis, 1854.
*MONTIEL, bg d'Espagne (Manche), à 10 kil. S. E. de Villanueva-de-los-Infantes ; 1200 hab. Château fort. Église avec un clocher remarquable. En 1368, Henri de Transtamare y poignarda son frère Pierre le Cruel, roi de Castille, qu'il avait vaincu peu auparavant au meure endroit, avec l'aide de Duguesclin.
*MONTIER-EN-DER, Monasterium Bermnse, ch.-l. de cant. (H.-Marne), à 13 kil. O.deVassy; 1500hab. Haras. Ane abbaye de Bénédictins, fondée au vu" s.
*MONTIER-SUR-SAUX, ch.-l. de cant. (Meuse), à 31 kil. S. de Bar-le-Duc; 1100 hab. Forges.
*MONTIGNAC-LE-COMTE, ch.-I. de cant (Dordo-gne), à 25 kil, N. de Sarlat sur la Vezère; 3000 h. Collège, hôpital. Patrie du littérateur Joubert. — La ville se forma autour d'un château féodal dont on voit encore de belles ruines. Carrières de pierres de taille. Antiquités romaines aux environs.
*MONTIGNY-LE-ROI, ch.-l. de cant. (H.-Marne), à 22 kil. N. E. de Langres ; 1200 hab. Jadis place forte. Quincaillerie, coutellerie; meules à émouler. — H.-SOR-ATJBE, ch.-l. de cant. (Côte-d'Or), à 23 k. N. E. de Châtillon; 900 hab. Haut fourneau.
*MONTIJO, ville d'Espagne (Badajoz), à 38 k. O. de Merida ; 6200 hab. Vaste église. Titre de comté.
*BIONTIIXA, Montulia, v. d'Espagne (Cordoue), à 40 kil. S. E. de Cordoue; 13 000 hab. Beau palais des ducs de Medina-Celi ; greniers publics. Draps, toiles communes, corroieries, poteries , moulins à huile; vins estimés. Patrie de Gonzalve dit de Cordoue.
*MONTIVILLIERS, ch.-I. de cant. (Seine-Infér.), sur la Lézarde, à 13 kil. N. E. du Havre; 3843 hab. Collège, jolie église gothique, autrefois abbatiale, avec une tour remarquable. Commerce de grains et farines ; blanchisseries de toiles, papeteries, tanneries, tissage de coton. Ville autrefois fortifiée : on voit encore des débris des fortifications. Ane aàbaye de Bénédictines, fondée en 682.
*MONTJOIE ou MONTJOU (par corruption de Monslavis, mont de Jupiter,c.-à-d.ifon« deDieu), ancien cri tle guerre. Jadison appelait ainsi lesmonceaux depier-res entassés sur les chemins pour marquer la route : par suite, monljoie signifia la bannière qui indiquait la marche de l'armée. Ainsi ce cri Montjoie St-Denis voulaitdire qu'il fallait suivre la bannière de St- Denis (c-à-d. l'oriflamme). Les Bourguignons se servaient du cri de Montjoie-St-André, les ducs de Bourbon de celui de Montjoie-Notre-Dame ; les rois d'Angleterre de Monljoie-St-George.—Quelques-uns écrivent Won-joie et prennent ce mot pour ma joie: ainsi Monjoie-St-Denis voudrait dire: S. Denis, majoie, mon espoir.— Le roi d'armes de France portait le nom de Montjoie.
*MONTJOIE (F. GALART de), écrivain royaliste, né à Aix en 1730, m. en 1816, vint de bonne heure à Paris, travailla à ï'Année littéraire et hl'Ami durai, fut déporté en 1797, revint sous le consulat,professa au lycée de Bourges et fut nommé par Louis XVIII conservateurà la bibliothèque Mazanne.,On adelui, entre autres écrits : Sist. de la conjuration de Robes-ptfirre,1794;ffis£.<îe la conjurationde d'Orléans,\lQ6; ouvrage peu digne de foi; Éloges de Louis XVI, 1797: de Marie-Antoinette, 1797 ; de Bochart deSaron, 1800.
*MONTJOUY ou MONTJUICH, forteresse d'Espagne, à 3 kil. S. O. de Barcelone, domine la ville et les environs. Méchain fut chargé de mesurer l'arc du méridien compris entre Montjouy et Formentera.
*BiONTLHÉRY, Mons Lelherici,bg de Seine-et-Oisa, à 23 kil. N. O. de Corbeil: 1500 hab. Ruines d'une tour qui faisait partie du château fort des seigneurs de Montlhéry et d'où l'on a une vue magnifique. Ce château avait été construit en 999 par Thibaut File Etoupe, de la maison de Montmorency, seigneur qui étendait sa juridiction sur 300 paroisses et 133 fiefs. Louis VI le prit et le rasa, en ne réservant que la tour encore existante,mais ruinée en partie, qui servit plusieurs fois de prison d'État, et où l'on avait établi un télégraphe aérien. Grand commerce de blé.—
Aux environs se livra, le 5 juillet 1465, une bataille indécise entre Louis XI et les confédérés de la. ligua du Bien-pabUe, qui ne purentempêcher le roi de se frayer un passage vers Paris.
*MONTLIEU, ch.-L dec (Charente-Infér.), à 32 k. S. E. de Jonzac ; 2030 hab. Ruines d'un château des Rohan-Soubise ; fameux souterrain, dit Trou des Fa-dets, où se trouvent de belles stalactites.
*MONTLOSIER: (Franê. Dom.HEWAUD, comte de), né à Clermont-Ferrâhd en 1755, m. en 1838, fut nommé député de la noblesse de Riom aux États généraux. Ardent défenseur des privilèges aristocratiques, il signa toutesies protestations de la minorité ; il emigraen 1791, et dirigea en Angleterre le Courrier de Londres. Rentré eaFrance vers 1800, il y continua son journal, <jui fut bientôt supprimé.S'étant ralliédepuis àl'Empire,ilfutattachéauministêre des Relations extérieures et devint lé correspondant poli-tiquedeNapoléonpendantses. campagnes. II accueillit avec joie la Restauration, et publia en 1814 la Monarchie française depuis son kadlisscmcnt, ôurrags consacre au panégyrique des institutions féodales : il rattache tous les événements à la conquête franque et à la distinction des races. Opposé à toute intervention du clergé dans l'État, Montlosier publia en 1826 un Mémoire à consulter, où il dénonçait ce qu'il appelait le Parti-prêtre; il le fit suivre l'année suivante d'un %* Mémoire, intitulé -.les Jésuites et les Congrégations; ces écrits, prônés par le parti libéral, le firent disgracier par Charles X et condamner à Rome. A la révolution de 1830, Montlosier fut fait pair de France ; il se retira peu après des affaires et i passa ses dernières années en Auvergne.
*MONT-LOUIS, ch.-l. de c. (Pyr.-Of ient.), sur un. rocher,prèsdu Tetet à26k. S. O.dePrades;1000h. Ville forte, bâtieen 1681 par Louis X1Y, citadelle construite par Vauban, casernes. Pyramide élevée à la mémoire du général Dagobert, mort près de là. Ane. capit. de la Cerdagne française. On l'appela Mont-Libre pendant la Révolution".
*MONT-LOUIS, bg d'Indre-et-Loire, à 12 kil. E. de Tours, sur la r. g. de la Loire et le chemin de fer de Paris à Bordeaux; 840 hab. Adossé à un rocher dans lequel sont creusées une partie des habitations. Un traité de paix y fut conclu en 1174 entre Louis VII, roi de France, et Henri II d'Angleterre.
*HONT-LOUIS-, près Paris. F LA CHAISE (Le P.).
*MONTLUC (Blaisede), fameux capitaine, issud'une branche delà famille Montesquiou d'Artagflan, né vers 1502, m. en I57T, tirait son nom du château de Montluc près de Damazan en Guyenne (Lot-et-Garonne). Il serpitaveo courage sous les règnes de François I, Henri H, François II, prit une part glorieuse aux expédi.tionsd'Italie,défendit8 mois Sienne contra Charles-Quint (1555) et eut part sous le duc de Guise à la prise de Calais (1558). Pendant les guerres de religion, il battit les Huguenots en plusieurs rencontres, notamment à Ver (1562). Nommé en 1564, lieutenant général de la Guyenne, il fit aux Calvinistes une guerre d'extermination et multiplia les exécutions : rivalisant avec le baron des Adrets, il déploya une telle férocité qu'il mérita d'être surnommé le Boucher royaliste. AusiégedeRabasteins(1570), il reçut à la figure une blessure horrible qui l'obligea à porter un masque lerestedesa vie, Henri III Ierécom* pensa par le bâton de maréchal de France. Montluc a laissé, sous le titre de Commentaires, de curieux mémoires sur sa vie militaire. Publiés à Bordeaux en 1592, ils l'ont été depuis dans la collection des Mémoires relatifs àl'Eisloire de Ffance, et par M. de Rable, pour la Société de Vhist, de France.
*MONTLUC (Jeande), frère du préc, diplomate, entra dans l'ordre des Dominicains, fut employé par François I et Henri II et ses successeurs dans plusieurs négociations importantes en Italie, en Anglo-terre, en Ecosse, en Allemagne,en Portugal.etcontri-bua puissamment à faire élire roi de Pologne Henri de France (Henri III). Il fut élevé en 1553 à l'évôohé
*MONT — 1291 — 'MONT
de Valence, et m. en 1579. Comme L'Hôpital, il était partisan de la tolérance, ce qui le fit accuser de penchant pour la Réforme. Du reste, ses mœurs étaient peu édifiantes : il eut un fils naturel, nommé aussi Jean de M., qui fut fait maréchal de France en 1594.
*MONTLUÇON, ch.-l. d'arr. (Allier), à 70k. S. O. de Moulins et à 326 k. S. de Paris, sur la r. dr. du Cher, qu'on y traverse sur un beau pont: 16 212 h. Trib., chemin de fer. Hauts fourneaux, manuf. déglaces, toiles, serges; grains, vins. C'est à Montluçon que commence le canal du Berry. Près de la ville, restes d'un château des ducs de Bourbon. — Les Anglais turent vaincus au xiv siècle dans un des faubourgs de cette ville : une fête annuelle, dite Fêtedes Chevaux fugs, rappela sette victoire jusque laRévolution.
*MONTLUEL, ch.-l. de c (Ain), sur la Sereine, à 28 kil. S. E. de Trévoux; 2955 hab. Draps communs, chanvre, fil, toile d'emballage, grains, colza, etc.Res-tes de fortifications. Ancch.-l. du comté de Valbonne.
*MONTMARAULT, ch.-l. de c (Allier), à 27 k. E. de Montluçon ; 1400 hab. Fabrique de câbles. Commerce de grains, fruits, fromages, etc.
*MONTMARTIN-SUR-MER, ch.-l. de c. (Manche), à 9 kil. S. O. de Coutances ; 700 hab".
*MONTMARTRE, bg du dép. de la Seine contigu aux murs de la ville, au N., et compris auj. dans Paris, s'élève sur une colline d'env. 132° de haut, appelée vulgairement la Butte-Montmartre, d'où l'on découvre tout Paris. Châles-cachemires, encre, produits chimiques, toiles cirées, etc. Nombreuses carrières à plâtre. — Le nom de Montmartre vient, sui-vantlesuns, deMonsMartis, parce qu'il s'y trouvait, dit-on, un temple de Mars; suivant les autres, de Morts Martyrum, parce que S. Denis y fut martyrisé avec trois de ses compagnons. Les Normands ravagèrent ce bourg en 887- En 1133, Louis le Gros yfonda une abbaye de Bénédictins qui subsista jusqu'en 1789. Le 29 mars 1814, rls'y livra un combat acharné entre les Parisiens et lesallies qui assiégeaient Paris. A l'O. et au bas de Montmartre, est un des cimetières de Paris.
*MONTMAUK (pour Mont des Maures), vge des Hautes-Alpes), à 16 kil. O. de Gap; 720 hab. Il tire son nom des Sarrasins, qui l'occupèrent longtemps. Ruines d'une chapelle et d'un manoir féodal. Il y avait à Montmaur une commanderie de Templiers.
*MONTMAUR (Pierre de), fameux parasite, né vers 1564 dans le Limousin, m. en 1648, fut d'abord jésuite et enseigna dans plusieurs collèges de l'ordre; il fut nommé en 1623 professeur de grec au Collège de France. II se faisait admettre par ses bons mots à la table des grands, leur disant plaisamment: t Fournissez les viandes et le pain, je me charge de fournir le sel. » Il sefit par ses railleries beaucoup d'ennemis parmi les gens de lettres et fut l'objet de leurs sarcasmes : on lui reprochait surtout sa pédanterie. On lui donnait pour emblème un âne au milieu de chardons, avec cette devise : Pungant, dum saturent.
*MONTMÉDY, Mons Médius, ou MonsMaîedictus au moyen âge, ch.-l. d'arr. (Meuse), sur la r. dr. du Chiers, à 50 kil. N. E. de Bar-le-Duc et à 250 N. E. de Paris ; 2000 hab. Trib. collège. Place de guerre fortifiée par Vauban. Chemin de fer. Vinaigreries. tanneries, bonneteries. — Prise par les Français sur les Espagnols en 1541 et 1553, elle appartient à la France depuis 1647. Assiégée et prise par les Allemands dans la guerre de 1870.
*MONTMÉLIAN, Montemigliano en italien, v. de France (Savoie), sur une mont, assez élevée, près de la r. dr. de l'Isère, à 15 kil. de Chambéry ; 1300 h. Vins estimés. Au sommet, ruines d'un château fort qui dominait toute la vallée de l'Isèreet passaitpour une position très-forte. Prise par Henri IV en 1600, par Catinat en 1691 ; de nouveau prise par les Français en 1792. Elle a été cédée à la France avec le reste de la Savoie en 1860.
*MONTMIRAIL, ch.-l. de c. (Sarthe), à 49 kil.S.E. de Mamers, près de laBraye; 800 hab. Autrefois for-
tifié. Beau château. Traité entre Louis le Jeune, roi de France, et Henri II d'Angleterre, en 1168.
*MONTMIIUIL, ch.-l. de c (Marne), k 25 kil. S. O. d'Ëpernay, prèsdu Petit-Morin; 1800 hab. Beau château qui appartint à la famille Le Tellier, auj. aux ducs de Doudeauville. Pierres meulières, céréales, laines et bestiaux. Patrie du card. de Retz.— Napoléon y remporta une victoire éclatante sur les alliés-, le 11 février 1814.
*MONTMIREY, ch.-l. de cant. (Jura), à 15 kil. N. de Dôle; 430 hab.
*MONTMOREAU, ch.-l. de: cant. (Charente), à48 kil. S. d'Angoulême; 500 hab. Station. Ane château.
*MONTMORENCY, ch.-l. de cant. (Seine-etOise) T sur la lisière de la forêt qui prend son nom, à 20 k. S. E. de Pontoise et à 15 kiLN. de Paris, au sommet d'une éminence, d'où l'on a une très-belle vue;. 2500 hab. Vallée délicieuse , jolie église gothique du. xiv" s. Jadis château seigneurial, détruit auj.; forêt magnifique ; Ermitage, qui fut habité par J. J. Rousseau et Grétry. Beaux fruits, cerises renommées. — Au pied du coteau se trouve le bel étang d'Enghien (F. ENGHTEN). — Le village se forma autour d'un château fort, bâti vers 1108 par Bouchard le Barbu, et dont il ne reste plus de vestiges. Ce. domaine, qui donna son nom aux seigneurs de Montmorency, portait d'abord le titre de baronnie : il fut érigé en duché-pairie en 1550 en faveur d'Arme' de Montmorency, connétable de France. La postérité de celui-ci s'étant éteinte en 1632, le duché fut rétabli en faveur de Henri de Bourbon, prince de Condé, sous le nom d'Enghien-Montmorency..
*MONTMORENCY (Maison de), une des familles les. plus anciennes et les plus fllustres de la France, tire son nom de la terre de Montmorency près de Paris,. et a pour fondateur Bouchard, sirede Montmorency, qui figure dès 950 parmi les.grands feudataires du duché de France. Les chefs de cette maison portaient autrefois les titres de premiers barons chrétiens et de premiers tarons de France'. Elle a fourni 6 connétables, 12 maréchaux, 4 amiraux, plusieurs cardinaux et un grand nombre, de généraux et d'hommes d'État distingués, et s'est alliée à plusieurs maisons royales. Sous Matthieu II, te grand connétable, m. en 1230, elle se partagea en branche aînée ou des, barons de Montmorency, et branche cadette ou-de Montmorency-Laval. Cette dernière-., qui a pour chef Guy de Montmorency, fils de Mathieu et.d'Emma, héritière de Laval, s'est perpétuée jusqu'à nos jours. par plusieurs rameaux. En 1447,. après la mort de Jean II, seigneur de Montmorency,. 15e descendant de Bouchard, la maison de Montmorency se trouva partagée en plusieurs branches : 1° les seigneura de Ni relie, puis comtes de Homes (7. HORNES); 2° les seigneurs de Fosseux, qui devinrent branche aînée au xvii'' siècle ; 3" les ducs de Montmorency, issus d'un second lit, mais qui héritèrent cependant du titre de leur père, au détriment des fils du premier lit qui formaient les deux 1"* branches ; cette 3* brancha s'éteignit en 1632 en la personne de Henri de M., décapité par ordre de Louis XIII. — Parmi les autres branches de cette grande maison, nous citerons les seigneurs de Lauresse, d'Hauteville et Bouteville , de Wastines, etc., issus de la branche de Fosseux; les seigneurs de Croisilles, issus de Jacques, 14° descendant de Bouchard; les seigneurs de Montlhéry, issus de Thibaut File Êtoupe, %' fils de Bouchard; les comtes de Montmorency-Luxembourg, issus du mariage de François de Montmorency, seigneur de Bouteville, avec Marie Madeleine , héritière des comtes de. Luxembourg. En vertu d'un pacte de famille conclu en 1820, 3 branches seulement, celles de Montmorency, de Montmorency-Luxembourg et de Montmorency-Luxembourg-Beaumont, ont été reconnues comme appartenant à cette. famiEe. Les représentants actuels de ces 3 branches (V. ci-après) n'ont point d'héritiers mâles. . ? ?
*MONTMORENCY (Matthieu I de),descendant de Bou-
*MONT — 1292 — MONT
chard à la 4" ou selon d'autres à la 7" génération, reçut en 1130 la charge de connétable de France. Son alliance avec Aline, fille naturelle de Henri I, roi d'Angleterre, et surtout son second mariage, avec Adélaïde de Savoie, veuve du roi Louis VI, et mère de Louis le Jeune, commencèrent la grandeur des Montmorency. Pendant la croisade entreprise par Louis le Jeune, Matthieu partagea aveoSuger l'administration du royaume; il mourut en 1160.
*MONTMORENCY (Matthieu II de), le Grand Connétable, petit-fils du préc, se signala par sa valeur au siège de Château-Gaillard (1202), enleva à Jean sans Terre une grande partie de la Normandie (1203-4), et eut une grande part, en 1214, à la vict. de Bou-vines, où il commandait l'aile droite : il enleva à lui seul 4 aigles impériales. Il reçut la dignité de connétable en 1218. Chargé plus d'une fois du commandement des armées, il joignit pour toujours ce commandement suprême au titre de connétable (avant lui les connétables n'étaient que de simples officiers de la couronne). Il accompagna Louis VIII dans la campagne de Saintonge et dans la guerre contre les Albigeois. Ce prince, en mourant, plaça son fils encore en bas âge sous sa protection : Montmorency le défendit fidèlement ainsi que la régente Blanche de Castille. Par ses alliances et celles de ses ancêtres, Matthieu de M. se trouvait grand-oncle, oncle, beau-frère, neveu, petit-fils de deux empereurs, de six rois, et allié de tous les souverains de l'Europe. II fut marié trois fois : c'est du 3° lit qu'est sorti le chef de la branche des Montmorency-Laval.
*MONTMORENCY. (Ch. de), maréchal de France, commanda l'armée envoyée en Bretagne au secours de Charles de Blois, reçut le bâton de maréchal en 1343, combattit avec courage à Crécy, 1346, fut gouverneur de la Normandie, contribua à la conclusion de la paix de Brétigny, 1360, et mourut en 1381. Il était le parrain du Dauphin (plus tard Charles VI.
*MONTMORENCY (Anne, duc de), né à Chantilly en 1492, mort en 1567, se lia dès l'enfance avec le comte d'Angoulême (François I). fit ses premières armes à Ravenne,se signala à Marignan (1515), seconda Bayard dans la belle défense de Mêzières, et fut fait maréchal dès 1522. Pris à la journée de Pavie, 1525, il partagea la captivité de François I. Rendu à la liberté, il travailla utilement à lever les obstacles que Charles-Quint mettait à l'élargissement du roi. Le gouvt du Languedoc, la charge de grand maître de France et l'administration des affaires furent les récompenses de ses bons services. Après la reprise des hostilités, il déjoua par sa prudence et par une sage lenteur les espérances de l'empereur, détruisit par la famine son armée qui avait envahi la Provence, et mérita le titre de Fabius français. Il reçut l'épée de connétable en 1538. En 1547 j des intrigues de cour le firent exiler dans ses terres; retiré à Chantilly, il supporta son exil avec grandeur d'âme. A l'avene-ment de Henri II, il reprit tout son crédit. Il réprima avec une excessive rigueur en 1548 une insurrection Ce -a Guyenne. En 1557, il perdit par sa faute la bat. de St-Quentin contre les Espagnols, et fut pris : impatient de recouvrer la liberté, il poussa à la conclusion du traité désavantageux de Cateau-Cambré-sis (1559). Ecarté des affaires pendant le règne de François II, il fut rappelé sous Charles IX par Catherine de Médicis qui voulait l'opposer aux Guises : mais il s'unit bientôt à eux et forma en 1561, avec François de Guise et le maréchal de St-Andrê, un célèbre triumvirat, destiné à soutenir la foi catholique et à combattre les Calvinistes. En 1562, il gagna la bataille de Dreux sur le prince de Condé; il fut néanmoins fait prisonnier. Rendu à la liberté l'année suivante, il chassa les Anglais du Havre. Il périt en 1567. en combattant les Protestants, à la bataille de St-Denis. Anne de Montmorency se fit remarquer par une austérité qui approchait de la rudesse. Sa ba-?•onme avait été érigée en duché en 1551 par Henri II. MONTMORENCY (François, duc de), fils aîné d'Anne
de Montmorency, fut nommé gouverneur de Parie en 1553. Ennemi des Guises, il faillit être enveloppé dans le massacre de la St-Barthélemy. Étant entré dans le parti des Malcontents, il fut enfermé à la Bastille. H en sortit sur l'ordre de Catherine de Médicis : cette princesse, bien qu'ennemie déclarée de sa famille, avait en ce moment besoin de lui pour ramener le duc d'Àleriçon. Devenu grand maître de France, il consacra la prééminence de la maison rivale en cédant sa dignité au duc de Guise, Il reçut en échange le bâton de maréchal. Il mourut en 1579, dans sa 49 année.
*MONTMORENCY (Henri I, duc de), 2' fils d'Anne da Montmorency, fut d'abord connusous le nom de Dam-vitle. C'est lui qui prit le prince de Condé à la. bataille de Dreux (1562). Il obtint le gouvernement du Languedoc et fut fait maréchal en 1668. Il se distingua a la journée de St-Denis, où son père reçut le coup mortel (1567). Malgré tous ces services, Il était haï de Catherine de Médicis et des Guises, et, bien que zélé catholique, il fut forcé, pour échapper au massacre de la St-Barthélemy, de se réfugier dans son gouvt du Languedoc. Il s'y mit à la tête des Politiques, et y régna en souverain jusqu'à l'avènement de Henri IV. Il s'empressa de reconnaître ce prince, et reçut en 1595 l'épée de connétable. Il m. en 1614 i 70 ans. Ce personnage si éminentne savait pas écrire.
*MONTMORENCY; (Henri II, duc de), fils du préc, né à Chantilly en 1595, m. en 1632, fut tendrement aimé de Henri IV, qui était son parrain. Nommé amiral par Louis XIII en 1612, à 17 ans, il hérita du gouvt de Languedoc à la mort de son. père. Pendant les guerres de religion, dont cette province fut le théâtre de 1620 à 1628, il y combattit les Protestant?, se distingua aux sièges de Montauban et de Montpellier, et conquit en 1625 les lies de Ré et d'Oléron. Quand La Rochelle fut attaquée par Richelieu, il lui vendit, moyennant un million, sa charge d'amiral. Il combattit le duo de Rohan, et amena la paix d'Alais. Nommé lieutenant général des armées du roi dans le Piémont, il y obtint de nouveaux succès^et se distingua surtout à la journée de Veillane. XI reçut le bâton de maréchal de France en 1629. Mécontent de la cour, qui lui refusait le titre de connétable, il se laissa entraîner à la révolte par Gaston, frère de LouisXIII, fit insurger le Bas-Languedoc, et livra bataille aux troupes du roi àCastelnaudary, en 1632. Vaincu dans ce combat, il y fut couvert de, blessures et tomba vivant entre les mains du roi, qui lui fit faire son procès à Toulouse; il Tut condamné à mort et subit le supplice avec courage; il n'était âgé que de 38 ans. Le roi avait refusé sa grâce malgré les plus pressantes sollicitations. H. de Montmorency ne laissa point d'enfants; en lui finit la branche directe de cette maison. Un de ses officiers, Sim. Du-cros, a écrit son Histoire, 1633. — Saveujre, Marie des Ursins, née à Rome en 1600, m. à Moulins en 1666, prit le voile dans le couvent de la Visitation de cette ville et lui éleva un magnifique mausolée qu'on voit encore dans la chapelle du lycée de. Moulins. Am. Renée a publié sa vie en 1858 sous le titre de Mme de Montmorency.
*MONTMORENCY (Matthieu Jean Félicité, d'abord vicomte, puis"duc de), néàParis en 1767, m,en 1826, servit dans la guerre d'Amérique, embrassa les principes de la Révolution, fut député aux SÇats généraux en 1789 par la noblesse de Montfort l'Amaury, s'y montra l'un des défenseurs de la liberté politique, et proposa dans la fameuse nuit du 4 août l'abolition des titres de noblesse. Il quitta la France quand la république y fut proclamée, se,retira en Suisse, rentra après le 9 thermidor, et n'occupa sous. l'Empire aucune fonction. Sous la Restauration, il professa des opinions fort différentes de celles' qu'il avait défendues dans sa jeunesse,. H devint aide de camp du comte d'Artois, pair de France, ministre des affaires étrangères (1822), ambassadeur au congrès de Vérone, puis gouverneur du duc de Bordeaux
*MONT
1293 —
*MONT
En 1825, il fut admis à l'Académie, quoique n'ayaat aucun titre littéraire.
*MONTMORENCY-BOUTEVILLE. V. BOUTEVILLE. MONTMORENCY-LUXEMBOURG. V. LUXEMBOURG.
*Les derniers survivants mâles de cette illustre famille sont : M. le duc Raoul de Montmorency, né en 1790 à Soleure dans l'émigration, fils d'Anne de M. (pair de France, mort en 1846) : après avoir servi avec distinction sous l'Empire, il s'attacha sous la Restauration au duc d'Orléans (Louis-Philippe), dont il fut l'aide de camp; — Charles, due de M.-Luxem-bourg, né en 1774, émigré en 1790, fait maréchal de camp et pair de France en 1814, capitaine d'une des compagnies des gardes du corps de Charles X; — Edouard de M.-Beaumont, prince de Luxembourg, né en 1802, issu de la branche de Beaumont qui reçut le titre de duc en 1765. — Desormeaux a écrit YHist. de la maison de Montmorency, 1764.
*MONTMORILLON, ch.-l. d'arr. (Vienne), sur la Gartempe , à 50 kil. S. E. de Poitiers et à 376 kil. S. O. de Paris; 4000 hab. Trib., école ecclésiastique. Ane collège de Jésuites, anc couvent d'Augustins, où l'on voit un monument singulier de forme octogone, entouré de bas-reliefs grossiers, qui fut longtemps, mais à tort, attribué aux Druides : il est du xii° siècle. Société d'agriculture, colonie agricole. Blanchisserie de toiles; biscuits et macarons.
*MONTMORIN-ST-HÉREM ( Armand , comte de),
d'une anc famille d'Auvergne, fut d'abord menin du
Dauphin (Louis XVI), puis ambassadeur à Madrid, fut
appelé à la 1" assemblée des notables en 1787, et au
ministère des affaires étrangères en 1789, au moment
de l'ouverture des États généraux. Ecarté avec Nec-
ker, dont il partageait les principes, il fut rappelé
après le 14 juillet (1789), reçut par intérim en 1791
le portefeuille de l'intérieur et se retira après le voyage
- de Varennes. Il resta néanmoins dans le conseil par-
1 ticulier du roi et s'efforça, mais en vain, de préve-
ï nir sa chute. Il se cacha au 10 août 1792, fut décou-
1 vert, mis en prison et massacré en septembre.
I MONTMOROT, vge du Jura, à 2 k. O. N. O. de
ï Lons-le-Saulnier ; 2000 h. Importantes salines.
| MONTMORT, ch.-l. de cant. (Marne), à 18 kil. S.
; O. d'Épernay; 459 hab. Église gothique, avec Yitraux.
| Restes d'un château fort. — V. MONTMAUR.
j MONTMORT (P. Rémond de), mathématicien, né
? à Paris en 1678, puisa le goût des sciences dans la
| lecture de Malebranche, et devint le disciple et l'ami
{ de ce philosophe. Il donna en 1704 un Essai d'ana-
| lyse sur les Jeux de hasard, qui obtint un grand suc-
5 ces. On a aussi de lui un Traité des Suites infinies
I (dans les Transactions philosophiques). Il mourut de
| la petite vérole en 1719, lorsqu'on pouvait encore
jj beaucoup attendre de lui. Il était membre de l'Aca-
5 demie des sciences et de la Société royale de Lon-
= dres. Ce savant avait une force d'attention qui lui
€ permettait de résoudre les problèmes les plus diffi-
'% ciles au milieu du bruit de ses enfants.
"J MONTOIRE, ch.-l. de cant. (Loir-et-Cher), sur le
j Loir, à 18 kil. O. de Vendôme; 2500 hab. Bas, co-
??% tonnades, bonneterie, cuirs; vins. — Jadis titre d'un
? I comté, qui appartint d'abord aux ducs de Vendôme,
^ puis à diverses maisons. Cette ville, dominée par les
-^ ruines du château de St-Outrille, devint au xvi° siè-
SM cle la capitale du Bas-Vendômois.
=s MONTOIRE, bourg de la Loire-Inf., à 19 kil. O. de
5 Savenay; 700 hab. .Station. Aux env., marais d'où
J\ l'on extrait beaucoup de tourbe.
^ MONTOLIEU, Castrum Malasti et Mons Oliveti,
£| v. du dép. de l'Aude, à 16kil. N. O. de Carcassonne:
»| 1800 hab. Draps fins, bonnets, maroquins.Vieux châ-
4s teau. Établissement de Lazaristes.
g| MONTOLIEU (Isabelle POLIEH DE BOTTENS, baronne
3J de), née en 1751 à Lausanne, morte en 1832, était
~ fille d'un pasteur. Elle épousa d'abord M. de Crou-
:-jj zas, et ensuite.le baron de Montolieu, sous le nom
iif duquel elle se fit connaître. Riche, elle s'adonna par
Sa goût à la littérature, traduisit de l'anglais et de l'al-
lemand plusieurs ouvrages, entre autres ceux d'Aug. Lafontaine, et donna elle-même Caroline de Licht-field et une suite au Robinson suisse, de Wyss, ouvrages qui, bien que faiblement écrits, obtinrent beaucoup de succès à cause du mérite du fond. On a aussi d'elle un grand nombre de Contes et de Nouvelles. Ses Œuvres choisies ne forment pas moins de 40 vol. in-12, 1824 et ann. suiv.
*MONTORO, Epora, v. d'Espagne (Cordoue), à 13 kil. N. E. de Bujalance, près du Guadalquivir, 13 000 hab. Huile excellente. — Erigée en duché en 1662 en faveur de don Louis Mendez de Haro.
*MONTPAZIER. 7.' MONPAZIER.
*MONTPELLIER, Mons Puellarum, Mons Pessu-lanus, grande et belle ville de France, ch.-l. du dép. de l'Hérault, sur une colline au pied de laquelle coule le Lez, à 8 kil. de la Méditerranée, avec laquelle elle communique par le Lez et le port de Cette. à 752 kil. S. de Paris (par Lyon); 51 865 hab. Ch.-l. de la 10° division militaire; évêchê, suffrsgant d'Avignon; église consistoriale calviniste;"cour d'appel, tribunaux de 1" inst. et de commerce^bourse et chambre de commerce; académie universitaire, facultés de lettres, de sciences et de médecine; lycée'; écoles de pharmacie, de dessin et de peinture, des beaux-arts, du commerce, de géométrie et de mécanique; école normale; bibliothèque publique, musée Fabre, contenant une galerie de tableaux, de dessins et gravures ; jardin des plantes, avec cabinet de physique et d'histoire naturelle. Sôcjté d'agriculture, société archéologique. Air pur, bjiu ciel, vue magnifique; point de belles rues, maignombre de belles maisons; vaste esplanade, belle promenade de la place du Peyrou, avec une statue équestre de Louis XIV, bel acqueduc; belle cathédrale (l'église St-Pierre), contenant des tableaux remarquables ; hôtel de la Préfecture, théâtre; vasteMiSpital, prison cellulaire. Plusieurs chemins de fer/ Beaucoup d'industrie : esprits dits trois-six, eaù-iè:Tlei .liqueurs, verdet et autres produits chirnfîu?s.î soieries, tissus de coton, mousselines, rouegp1;163' Couvertures de laine, draps lissés, ouvrai en paille; confitures, blanchisserie de cire, tannfles. raffineries , etc. Grand commerce de vins^sspnts i nuile d'olive, citrons et autres fruits. — Au x'aècle, Montpellier n'était qu'un village, situé à 5 kil. de Hague-lone. Devenue riche et grande à mesure quejlague-lone décroissait, elle forma une seigneurie gni passa par mariage aux rois d'Aragon (1204) et. nfensuite partie du roy. de Majorque (1276). ^JM cédée à la France par Jayme II en 1349; Cha* Via céda en 1365 à Charles le Mauvais, et elle ne Svmtà la couronne que sous Charles VI. L'évêché de Maguelone y fut transféré en 1538. Montpellier souSrit beaucoup pendant les guerres de religion : elle" se,,sourmt â Louis XIII en 1622, après avoir subi un siéje. L ii-dit de Montpellier, du 20 oct. 1622 , recojïut au* Calvinistes le libre exercice de leur culte,JPal^ "i enleva toute autre assemblée que leurs^în°res ? consistoires, et ne leur laissa comme p&cfs Qe ." reté que La Rochelle et Montauban. ifontçeUier avait jadis une université, fondée enl289,^ul„r,°unlssau toutes les facultés, mais qui était surtout célèbre pour l'enseignement de la médecine. Patrie de b. R°cr''" de Barthez, Broussonnet, La Peyronie, Cambaceres Cambon, Roucher, Séb. Bourdon, Vien, Daru.
*MONTPELLIER, v. des États-Unis, capit. de 1 État oe
Vermont, à 838 kil. N. N. E. de Washington;4000 ban.
Beau palais de l'État. Près de là, carrières d un mar
bre égal aux plus beaux marbres d'Italie pour la pu
reté et la blancheur. ,
*MONTPENSIER, vge de l'anc Auvergne (Puy-de-Dôme), à 20 kil. N. E. de Riom; 700 n. B}tum?„a^x environs. Jadis château fort, qui fut ruiné en 1034. Le roi Louis VIII y mourut en 1226. — Montpensier eut longtemps des seigneurs particuliers; cette seigneurie passa par mariage à la fin du xiie.s. dans la maison de Beaujeu, puis, au commencement du xiv .
*MONT
— 1294 -
*MONT
dans celle de Dreux. En 1384, elle fut vendue à Jean de France, duc de Berri : elle avait alors le titre de comté. Marie, fille de ce prince, porta ce comté dans la maison de Bourbon par son mariage avec Jean I, duo de Bourbon. En 1525, il fut confisqué par Fran-çoislsur le connétable de Bourbon; mais il fut rendu £ la maison de Bourbon en la personne de Louis I (de la branche de Vendôme), qui avait épousé Louise de Bourbon, sœur du connétable; il fut érigé pour ce prince en duché-pairie en 1539. En 1608, le comté passa par mariage à la branche d'Orléans. Le titre de duc de Montpensier est auj. porté par le plus jeune des fils du roi Louis-Philippe (né en 1824, marié en 1846 à une sœur de la reine d'Espagne).
*MONTPENSIER (CatherineMarie DE LORRAINE, duchesse de), fille du duc François de Guise, qui périt assassiné devant Orléans, née en 1552, épousa à 18 ans Louis II, duo de Montpensier, prince de la maison de Bourbon, et mourut à Paris en 1596. Ennemie acharnée de Henri III, elle eut des prédicateurs à ses gages pour le faire insulter en chaire et poussa l'audace jusqu'à tenter de le faire enlever. Elle sauta au cou du premier qui lui annonça que Henri III venait d'être assassine, ens'écriant :«Jene suis marrie que d'une chose, c'est qu'il n'ait pas su avant de mourir que c'est moi qui ai fait le coup. =° Lorsque plus tard elle apprit que Paris avait ouvert ses portes à Henri IV, elle fut consternée et demanda s'il n'y avait pas quelqu'un qui pût lui donner un coup de poignard dans le sein. Cependant elle finit par se réconcilier avec lui: sa fille épousa Gaston. 2" fils de Henri IV. MONTPENSIER (Anne Marie Louise d'Orléans, duchesse de), connue sous le nom de Mademoiselle, née à Paris en 1627, m. en 1693, était fille de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII. L'une des plus riches héritières de l'Europe, elle fut vingt fois sur le point de contracter les alliances les plus brillantes; mais aucune ne put réussir .Elleavait dû danssa jeunesse épouser Louis XIV; mais elles'aliénace prince en prenant parti contre lui dans les guerreâde la Fronde : c'est elle en effet qui retint dans le parti des Frondeurs la ville d'Orléans, qui allait se rendre, et qui sauva Condé au combat de la porte St-Antoine (1652), en faisant tirer sur les troupes royales les canons de la Bastille (ce qui fit dire à Mazarm qu'elle avait tué son mari). Obligée de quitter la cour après la fin de la guerre civile, elle u'y rentra qu'en 1657. A 42 ans, elle conçut une vive passion pour un simple gentilhomme, le comte de Lauzun, et voulut l'épouser. Louis XIV y consentit d'abord, mais il se rétracta ensuite. On croit cependant que le mariage eut lieu secrètement. Lorsque Lauzun fut jeté en prison (F. LAUZUN), elle fit de vains efforts pour obtenir sa grâce : elle ne put lui faire rendre la liberté qu'auboutde dixansetau prix des plus grands sacrifices : il lui fallut abandonner au ducdu Maine la principauté de Dombes et le comté d'Eu. Elle passa ses dernières années dans la dévotion. Elle a laissé de curieux Mémoires, qui parurent our la 1" fois en 17.35 sous la rubrique d'Amster-am (Paris), 8v. in-12. Ces Mémoires, publiés d'une manière infidèle dans les diverses collections de mémoires relatifs à l'Histoire de France, ont été réédités par M. Chéruel, d'après le manuscrit autographe, avec des notes historiques, 1856-59,4 v. in-12.
*MONTPENSIER (Ant. PhiL d'ORLEANS , dUC de), fils
du duc d'Orléans Philippe Joseph, et frère puîné de Louis-Philippe, né en 1775, prit les armes à la Révolution, servit sous Dumouriez, se distingua à Valmy etàJemmapes. puis à l'armée d'Italie. Il y fut arrêté par ordre du Comité de salut publie, et enfermé à Marseille, où il resta captif 43 mois; il ne fut élargi que quand son frère aîné eut consenti à partir pour l'Amérique; il alla l'y rejoindre en 1797. Il repassa en Angleterre en 1800, et mourut à Twickenham en 1807 d'une affection de poitrine. On a de lui des mémoires (Paris, 1824, in-8), qui roulentsursa captivité. MONTPEZAT, ch.-l. de cant. (Ardèche), à 32 kil. N. O. de l'Argentière; 1400 hab. Soie, bonneterie,—
Autre cb.-l. de c. (Tarn-et-Garonne), à 34 kil. N. E. da Montauban; 1006 hab. Toiles communes.
*MONTPONT, ch.-l. de cant. (Saône-et-Lotre), sur la Sane, à 21 ML S. de Louhans; 2300 hab,
*MONTRÉAL, Mons. regalis, T. et port du Bas-Canada, sur la côte S. de.l'Île de Montréal, lie formée par le confluent du Çt-Laurent et de l'Ottawa, nos loin d'une colline qui lui a valu son nom : 80000 h. issus pour la plupart de colons français et parlant français. D'abord cii.-l. du Bas-Canada, elle devint en 1843 la capitale de tout le pays.ÉvÈchê catholique, université (fondée en 1821), collèges française! anglais, séminaire catholique, école latine, deux académies classiques. Société d'histoire naturelle. d'agriculture, d'horticulture; institut mécamcmé,biblio-thèque.—La ville est assez belle, quoique d'un aspect sombre; vaste cathédrale catholique, église anglicane, couventdes Sœurs-Grises, collège,.casernes,.théâtre, hôpital général, séminaire St-Sulpice, maison de ville, nouvelle prison, colonne de Nelson;ponttubu-laire sur le St-Laurent, appelé JPontVi'cfon'a/bateaux à vapeur pour Québec et les États-Unis; chemins de fer. Commerce actif et florissant parle St-Laursnt, sur-touten pelleteries ; ce commerce est fait parlés compagnies réunies du Nord-Ouest et de la bais d'Hud-son. — Montréal fut fondée en 1640 par les Français sous le nom de Ville-Marie etappartint d'abord auxSulpiciens. Prise parles Anglais en 1760, puis par les Américains en .1775, eEe fut remise peu après aux premiers. Elle a pris depuis quelques années de rapides accroissements. Le siège du gouvernement y avait été établi en 1843, mais, àla. suite d'une émeute dans laquelle le palais du Parlement fut brûlé, il fut reporté à Québec. Brûlée enl852, la.ville a été aussitôt rebâtie plus belle qu'auparavant.
*MONTREAL, eh.-l. dee. (Aude), à. 19 kil. O, de Car-cassonne; 3500 hab. Prise par Simon de Montforten 1212, par les Anglais en 1355, et par les Protestants en 1594. — Autre ch.-l. de c. (Gers), à 13 kil O. de Condom; 700 hab. — Bg de France (Yonne), à 12 kil. N. E. d'Avallon;600 hab. Château où. séjourna Brunehaut et qu'habita François I.
*MONTRÉAL D'ALBANO, ditraA MORIALE, gentilhomme provençal du xiv* siècle, chevalier de St-Jean de Jérusalem, se mit comme condottiere au service de Louis le Grand, roi de Hongrie, dans les guerres du royaume de Naples, resta dans ce royaume après le départ du roi (1351) et organisa une armée d'aventuriers avec laquelle il ravagea tout le pays, fut vaincu et chassé l'année suivante par Malatesti, seigneur de Rimini, mais n'en alla pas moins mettre à contribution Sienne, Florence^ Pise. Il engagea ensuite sa bande à la solde d'une ligue formée en Lom-bardie contre les Visconti.S'étantrenduàRomeavec une suite peu nombreuse pour s'y ménager des intelligences, il fut pris par ordre de Rienzi, et condamné à mort : il eut la, tête tranchée, 1354.
*MONTREDON, ch.-l. de c (Tarn), à 21 kil. N. E. de Castres ; 4910 hab. Etoffes de laine.
*MONTREJEAU, ch.-I. de c (H.-Garonne), à 13k. O. deSt-Gaudens; 3034 h. Bougies, chapeaux, etc. Beau pont en marbre sur la Garonne.
*MONTRÉSOR, ch.-L de c. (Indre-et-Loire), sur l'Indroye, à 17 k. E. de, Loches; 750 h. Ruines d'un château bâti par Foulques Nerra.
*MONTRÉSOR (Glaude BE BODRDEILLBS, comte de), favori de Gaston, duc (^Orléans, frère de Louis XIIL, participa avec ce prince à deux complots formés contre Richelieu, mais fuf abandonné par lui et forcé de se réfugier en Angleterre. De retour en France après la mortde Richelieu. (1642), il intrigua contte Maza-rin, ce qui le fit enfermera Vincennes. Devenu libre , il se lia avec le oardinal de Retz et joua" un rôle actifdanslaFronde.il fit sa paix en 1653 et se retira complètement des affaires. lia laissé des Mémoires (Cologne,1663),quiparaissent rédigés avec sincérité,
*MONTRET, c£-l. de c. (Saône-et-Loire), à H Kil N. 0. de Louhans; 800 AaL
*MONT — 1295 — MONT
MONTREUIL-BELLAY, ch.-l. de c (Maine-et-Loire), sur le Thouet, à 16 kil. S. O. de Saumur; 1700 hab. Jadis ville forte ; démantelée au xv s.
*MONTREUIL-SODS-BOIS, vge du dép. de la Seine,à 8 k. E. de Paris, près de Vincennes; 3546 hab. Château. Beaux fruits, pêches renommées, ce qui le fait appeler vulgairement Montreuilr-les-Pêches.
*MONTREOIL-SUR-MER, Bragum monasterium, ch.-l. d'arr. (Pas-de-Calais), à 39 kil. S: de Boulogne, sur la Canche, à 15 kil. de son embouchure ; 3867 hab. Station. Place de guerre de 2" classe, dtadelle. Trib. de 1" inst., collège. Toiles, raffineries de sel; pâtés de bécasses renommés. Patrie de Lambin. — Cette ville était sous les Romains un poste militaire. Elle avait au ix" siècle ses comtes particuliers; elle reçut une charte de commune en 1188. Philippe le Bel et Edouard I y signèrent la paix en 1299. Elle fut souvent assiégée au moyen âge. Le traité de Brétigny, 1360, la donna aux Anglais; Duguesclin la reprit en 1370; les Impériaux s'en emparèrent en 1537, après un siège célèbre, mais la restituèrent peu après. Henri IV en augmenta les fortifications.
*MONTREUIL (Eudes de), architecte et statuaire, né vers 1220, m. en 1289, accompagna S. Louis en Palestine, y construisit la citadelle de Jaffa, fortifia St-Jean d'Acre, et bâtit depuis à Paris l'hospice et l'église des Quinze-vingts, les églises des Chartreux, de Ste-Croix de la Bretonnerie, de l'Hôteï-Dieu, des Blancs-Manteaux, édifices détruits pour la plupart. MONTREUIL (Mathieu de), abbé, né à Paris en 1611, m. en 1691, écrivit des lettres galantes dans le genre de Voiture, et fit paraître dans les recueils du temps de petits vers badins qui lui firent encourir la censure de Boiieau (7" satire). Il publia ses Œuvres en lë&6. MONTREVAULT, ch.-l. de c. (Maine-et-Loire), à 11 kil. N. O. de Beaupréau; 600 hab.
*MONTREVEL, ch.-l.de c (Ain), surlaReyssouse, à 17 kil. N. O. de Bourg; 1200 hab.
*MONTREVEL (Aug. de LA BAUME, marquis de), ma
réchal de France, né en 1646, d'une noble et anc
famille de Bresse, m. en 1716, se distingua au pas
sage du Rhin (1672), à Senef, à Cassel, à Fleurus,
. au siège de Namur, et fut fait maréchal en 1703. En-
I voyé en Languedoc pour y réduire les Camisards,
j il leur fit une guerre acharnée; cependant il refusa
? de tout dévaster, ce qui le fit rappeler comme trop
1 modéré.
ï MONTRICHARD, ch.-l. de o. (Loir-et-Cher), sur
ï le Cher, à 21 kil. S. O. de Blois; 2700 h. Serges, tan-
| neries. Ville jadis forte : ruines du château.
ï MONTROSE, v. et port d'Ecosse (Forfar), à 60 k.
I S. d'Aberdeen, sur l'Ësk mérid., près de son emb.
| dansk mer du Nord ; ] 8 000 h. Bon port, deux pha-
I res ; joli collége.Toiles fines età voiles,tanneries,etc;
j pêche du saumon; armements pour la pêche de la ba-
| leine. — C'est dans cette ville que Baliol céda la cou-
| ronne d'Ecosse à Edouard I", en 1296.
j MONTROSE (J. GRAHAM, comte, puis duc de), l'un
] des plus intrépides défenseurs de Charles I, né à É-
! dimbourg en 1612, s'était d'abord jeté dans le parti
g des Covenantaires, opposé à la cour; mais, ayant été
j chargéd'une mission auprès de Charles I, il se laissa
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^ séduire par les manières affables de ce prince, et m dès ce moment se voua à son service. Il se mit en \ 1645 à la tête des royalistes d'Ecosse et d'Irlande, 3 battit en plusieurs rencontres les généraux de Crom-^ well, et ne posa les armes que sur l'ordre du roi, "-j après que ce prince se fut imprudemment remis entre 1 les mains desÉcossais. Ualla offrirses services à l'em-îa pereur d'Allemagne, se distingua dans la guerre de d Trente ans et fut fait maréchal de l'Empire. Après ^j l'exécution de Charles I, il s'arma pour son fils, et % ayant obtenu quelques secours du roi de Danemark, 1 delà reine Christine deSuèdeet du prince d'Orange, s il débarqua dans les Orcades, puis pénétra en Ecosse ~t (1650) ; mais il fut vaincu par David Lesley et livré IJ par un traître. Il fut condamnera être pendu, puis |j éoartelé. Il a laissé des Mémoires, qui ont été tra-
^m
11
S
duits par Gaudin. Walter-Scott a mis ce personnage en scène dans son Officier de fortune.
*MONTROUGE, vge du dép. de la Seine, à5 k. S. de Paris, à 7 kil. N. de Sceaux. Fort, élevé en 1841. Carrières de pierres de taille, pépinières; fabrique de bougies, savons, colle-forte, couleurs, vernis, produits chimiques; imprimerie des frères Migne. La partie la plus voisine de Paris s'appelle Petit-Mont-rotto/e, et est auj. comprise dans la capitale. On y voit l'entrée des Catacombes. Il ,y avait à Montrouge, avant 1830, un célèbre établissement de Jésuites.
*MONTS, ch.-l. de c. (Vienne), à 15 kil. S. E. de Loudun; 700 hab. Commerce de blé, vin, laine.
*MONT-ST-JEAN,vge de Belgique (Brabant méridional), à 17 kiL S. de Bruxelles et à 2 k. S. E. de "Waterloo. Près de là se livra, le 18 juin 1815, la célèbre bataille plus connue sous le nom de Waterloo.
*MONT-ST-MICHEL, mont, et vge de France (Manche), à 18 k. S. O. d'Avranches et à 5 k. de la côte. Le village est bâti au pied d'un mont rocailleux qui à la marée haute forme une île. Au sommetdu roc se trouve un château fort qui a servi jusqu'en 1864 de prison d'État et de maison de correction : c'est une anc abbaye, fondée au vni° s. C'est là que Louis XI in-stitual'ordredeSt-Michel; c'estlà aussi que cet ordre tenait son chapitre annuellement. Antique église, chef-d'œuvre d architecture gothique. Le château-fut inutilement assiégé par les Anglais en 1417 et 1423.
*MONT-ST-VINCENT, ch.-l.dec (Saône-et-Loire), à 33 kil. O. de Chalon-sur-Saône; 800 hab.
*MONTSALVY, ch.-l. de c (Cantal), à 30 kil. S. d'Aurillac ; 800 h. Belle église gothique.
*MONTSAUCHE, ch.-l. de o. (Nièvre), à 25 kil. N. de Château-Chinon; 1300 hab.
*MONTSERRAT, Mons Edulius ou Serratus, mont. de Catalogne, à 40 kil. O. de Barcelone, ainsi nommée de ce que ses côtés sont dentelés en forme de scie (serra en latin) ; hauteur, 1312". A mi-côte, célèbre abbaye où l'on va en pèlerinage.
*HONTSERRAT, une des Antilles anglaises, à 60 kil. N. O. de la Guadeloupe : 13kil. sur 10; 8000 h. (dont 6000 noirs) ; ch.-l., Plymouth. Rhum, sucre. Découverte par Colomb en 1498 j elle appartient aux Anglais depuis 1528.
*MONTSOREAU, bg de Maine-et-Loire, sur la Loire, à 11 kil. S. E.de Saumur et à l'extrémité E. du dép.; 800 h. Jadis ch.-l. de baronnie, puisde comté.Ruines d'un château bâti au xv° siècle. Un comte de Mont-soreau dirigea dans l'Anjou les massacres de la St-Barthélemy.
*MONTSURS, ch.-l. de c (Mayenne), à23 kil. N.E. de Laval; 1100 hab. Toiles, grains.
*MONT-TERRIBLE ou mieux TERRi,mont. de Suisse, entre Porentruy et le Doubs, a 747m de hauteur. Elle donna son nom à un dép. français formé de l'évêché de Bâle, d'une partie de la principauté de Montbé-liard, et qui avait pour ch.-I. Porentruy. En 1801 ce dép. fut compris danseelui du Ht-Rhin. En 1814 il fut partagé entre la Suisse (canton de Berne) et la France, où il forme l'arr. de Montbéliard (Doubs).
*MONT-TONNERRE, mons Jovis, montagne de Bavière (cercle du Rhin), a donné son nom sous l'Empire à un dép. français qui avait pour ch.-l. Mayence. La plus grande partie de ce dép. forme auj. la Bavière rhénane; le reste appartient à la Hesse-Darmstadt.
*MONTUCLA (J.Étienne), savant mathématicien, né à Lyon en 1725, mort en 1799, était fils d'un négociant. Il étudia chez les Jésuites deLyon, vint jeune à Paris où il se lia avec d'Alembert, et publia en 1758 l'Histoire des mathématiques, 2 vol. itt-4, ouvrage aussi remarquable par la clarté de l'exposition que par l'étendue et la profondeur des recherches. Il fut nommé en 1761 secrétaire de l'intendance, à Grenoble; accompagna en 1764 Turgot, chargé de l'établissement d'une colonie à Cayenne, fit dans ce voyage d'utiles observations, et fut à son retour nommé premier commis des bâtiments de la couronne et censeur royal, ce qui le fixa à Paris. Il employa ses des-
*MOOR — 1296 — MORà.
nières années à une nouvelle édition de l'Histoire des mathématiques, qui parut en 4 volumes in-4, 1799-1808 ; les deux derniers furent imprimés par La-lande et en grande partie rédigés par lui : ils sont inférieurs aux précédents. Montucla avaitété nommé membre de l'Institut dès sa fondation.
*MONTYON (J. B. Robert AUGET, baron de), philanthrope, né à Paris en 1733, suivit avec honneur la carrière de la magistrature, entra de bonne heure au Conseil du roi, fut successivement intendant de la Provence, de l'Auvergne, de l'Aunis, conseiller d'État, chancelier du comte d'Artois (Charles X) ; passa en Angleterre pendant la Révolution, revint en France en 1815, et mourut à Paris en 1820, à 87 ans. Jouissant d'une grande fortune, il voulut la rendre utile à l'humanité : il avait fondé dès 1782 un prix de vertu, ainsi que divers autres prix destinés aux ouvrages les plus utiles, qui devaient être distribués par l'Académie française et l'Académie des sciences; ces fondations ayant été abolies par la Convention, il les renouvela en 1816 et les augmenta encore par son testament ; en outre il distribua de son vivant des sommes considérables en bienfaits qu'il tenait cachés. Montyon a laissé des écrits estimés, noUmment un Éloge de L'Hôpital, 1777; des Recherches sur la population de la France, 1778; un discours sur l'Influence de la découverte de l'Amérique, couronné par l'Académie française, et des recherches sur l'In-uence des diverses espèces d'impôts sur la moralité, activités! l'industrie des peuples, 1808. Son Éloge a été fait en vers par A. de Wailly (1826), en prose par L. Feugère (1834) ; tous deux ont été couronnés. -MONVEL (J. BOUTET de), acteur et auteur, né en 1745 à Lunéville, mort en 1812, débuta à la Comédie-Française en 1770, doubla avec un grand succès les rôles de Mole, et réussit également dans la comédie et la tragédie. Un ordre de la police le fit sortir de France en 1781, on ne sait pas bien pour quel motif : il se retira en Suède où le roi le prit pour lecteur. De retour à Paris en 1789, il se signala par son ardeur révolutionnaire. Il s'attacha au théâtre des Variétés du Palais-Royal, qui prit le nom de théâtre de la République, et y obtint un nouveau genre de succès dans les pères nobles. Monvel était petit, fluet, et avait un organe peu favorable; mais il compensait ces défauts par une parfaite intelligence de ses rôles. Il fut, sous l'Empire, nommé professeur au Conservatoire et membre de l'Institut. On a de lui : l'Amant bourru, comédie en 3 actes et en vers", 1777 ; les Victimes cloitrées, drame qui eut une vogue prodigieuse, 1791; la Jeunesse du duc de Richelieu ou le Lovelace français, 1796, et les paroles de quelques opéras-comiques' : Biaise et Babet, 1783; Ambroise ou Voilà ma journée, 1793,îqui eurent du succès. Il a laissé, entre autres enfants, la célèbre Mlle Mars. MONVILLE, commune de la Seine-Inf., à 16 k. N. de Rouen, sur le chemin de fer de Rouen à Dieppe; 1100 h. Filatures. Ravagée par une trombe en 1845. MONZA, Mogontia, v. de Lombardie, sur le Lam-bro à 17 kil. N. E. de Milan; 16 600 hab. Cathédrale gothique; théâtre, palais, anc. prison d'État; chemin de fer. — Cette ville fut fondée au vi" s. par la reine Théodelinde. On y conserve la couronne de fer des anciens rois lombards.
*MONZON, v. forte d'Aragon (Huesca), à 50 M. S. E. d'Huesca; env. 3000 h. Enlevée aux Maures en 1063 par don Sancho Ramirez; cédée aux Templiers en 1143. Il s'y tint plusieurs assemblées de Cortès. H y fut signé en 1626 entre Louis XIII et Philippe IV un traité qui terminait la guerre de la Vaiteline.
===MOO===
*MOOK. ou MOOKER, vge de Hollande (Limbourg), à 65 kil. N. de Ruremonde. Combat entre les insurgés et les Espagnols (1574), dans lequel Louis et Henri de Nassau furent battus et tués.
*MOORE (sir John), général anglais, né en 1761, était, fils de John Moore, médecin et littérateur écossais, à qui l'on doi t des Voyages en France, en Suisse, en Allemagne et en Italie. Il servit dans la guerre d'Amérique, fit partie en 1794 de l'expédition contre la Corse, reçut en 1796 le gouvernement de Ste-Lu-cie, passa l'année suivante en Irlande, où sesexploits lui valurent le grade de major général, prit part en 1800 à la bat. d'Aboukir et à la prise d'Alexandrie, et fut à son retour créé chevalier du Bain. Eu 1808, il mena un corps de 10 000 hommes au secours du roi de Suède, attaqué par la Russie, la France et le Danemark; ayant eu à se plaindre de ce roi, il se fit envoyer par le gouvernement anglais en Espagne et fut chargé de commander en chef les forces anglaises; mais il se vit dans l'impossibilité de réunir les divers corps de sa propre armée, et fut atteint par les Français au port de la Corogne, au moment où-il allait s'embarquer : il y perdit le 16 janvier 1809 une, bataille , qui lui eoûta la vie et qui força ses troupes à abandonner toute l'Espagne.
*MOORE (Thomas), poste irlandais, né en 1780 à Dublin, d'une famille catholique, mort en 1852,'était fils d'un commerçant. II fit de brillantes études au collège de la Trinité de Dublin, écrivit dès l'âge de 14 ans une traduotion en vers des Odes d'Anactéon, publia en 1801 un recueil de poésies imitées de Catulle qu'E intitula Thomas Little's poems (poésies de Thomas le Petit), par allusion à sa petite taille; fut envoyé en 1803 aux Bermudes comme greffier du gouvernement, mais renonça bientôt à des fonctions qui s'accordaient mal avec ses goûts littéraires; fit paraître à son retour des Esquisses de voyage au delà de l'Atlantique, où il s'égayait aux dépens des Américains; donna, en ÏSIO lez Mélodies irlandaises, poésies composées pour les vieux airs de l'Irlande, qui excitèrent l'enthousiasme de ses compatriotes; en 1812, les lettres interceptées, dirigées contre les ridicules de l'époque, et peu d'années après les Lettres de la famille Fudge, spirituel badinage où il persifle les touristes anglais; en 1817 Lalla-Rookh, poème oriental et féerique, qui le plaça ait premier rang des poètes romantiques de l'époque, et enfin, en 1823, les Amours des anges, œuvre d'un genre suave, où il traite, mais d'un tout autre point de vue, le sujet qu'avait abordé Byron-dans Ciel et Terre. Depuis, Th. Moore n'a plus guère écrit qu'en prose : on a de lui, outre des écrits de circonstance, les Vies de Sheridan, de Eitg-Geratd, de lord Byron, une Histoire d'Irlande, qui renferme des recherches approfondies sur les origines du peuple irlandais, et un roman poétique, l'Epicurien ou la Vierge de Mem-phis. Lord Byron, dont il était devenu l'ami, après avoir débuté avec lui par une querelle littéraire, lui avait confié ses Mémoires, en le chargeant de les publier après sa mort; mais, cédant aux sollicitations de la fam ille, il consentit à en anéifetir le manuscrit. Comme poète, Th. Moore brille par la grâce et par une imagination luxuriante; c'est un des plus grands coloristes qui aient écrit. Tout ce qui sortait de sa plume était lu avec avidité : le seul poème de Lalla-Rookh lui fut payé 80 000 francs. Ses Œuvres poétiques ontété réuniesàLondresenlO v. in-8,1840-42. La plupart de ses écrits ont été traduits en français à mesure qu'ils paraissaient parMmes Belloc et Aragon, et par MM. Am. Piéhot, A. Rénouard, Aroux, Moutardier, etc. Lord John Russell a publié en 1852: Mémoires, Journal et Correspondance de Th., Moore.
*MOPS0CRENE (c-à-d. la fontaine de Mopsus), v. delà Cilicie des Plaines, près de Tarse, au pied du Taurus. L'empereur Constance y mourut en 361.
*MOPSUESXE (c-à-d. l'autel de Mopsus), auj. Mes-sis, y. de la Cilicie des Plaines, sur le Pyrame, entre Malle au S. et AnazarbeauN. Ane évêché, occupé au iv* s. par Théodore de Mopsueste.
*MOPSUS, fameux devin et grand capitaine, fils d'Apollon et de Manto, fille de Tïrésias, fut prêtre d'Apollon à Claros. Il était le rival de Calchas, qui, vaincu par lui dans l'art de prédire, en mourut de chagrin. Après sa mort, il fut honoré comme undemi-dieu, et eut un oracle célèbre à Malle en Ciljcîe.
===MOR===
*MORABIN (Jacq.), érudit, né à la Flèche ëril6S7,
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*MORA. — 12
mort à Paris en 1762, était docteur de la faculté de Navarre, et secrétaire du lieutenant de police. Il a traduit plusieurs ouvrages de Cicéron : les Lois, 1719; Brutus, 1722; la Consolation., 1729. Il a composé l'Histoire de l'exil de mcéron, 1725; l'Histoire de Cicéron, 1745; le Nomenclator ciceronianus, 1757.
*MORALES (Louis), célèbre peintre espagnol, né à Badajoz en 1509, mort en 1586, fut surnommé le Divin, soit à cause de son talent, soit parce qu'il ne peignit que des sujets de sainteté. Il a fait pour Philippe II et pour la cour d'Espagne un grand nombre de tableaux qui se font remarquer par une touche hardie : son chef-d'œuvre est une Ste Véronique, qui ornait l'église des Trinitaires à Madrid. Morales se distingue par un style sévère. Cet artiste travaillait avec le plus grand soin, mais il traçait durement ses contours; se préoccupant peu de la grâce et de l'harmonie, il excellait surtout dans l'expression de la douleur. Il était très-riche dans sa jeunesse; mais il déploya un tel faste qu'il finit par tomber dans la misère. Philippe II lui fit alors une pension.
*MORALES (Ambroise), historien, né à Cordoue en 1513, mort en 1591, embrassa l'état ecclésiastique, professa les belles-lettres à Alcala, et fut nommé historiographe de Philippe II. On lui doit une Continua-tiondela Chronique d'Ocampo, 1574-77, etun Voyage dans le royaume de Léon, la Galice et les Asturies, 1765. Il est un des écrivains qui ont le plus contribué à rétablir le bon goût en Espagne.
*MORAND (P. de), poète dramatique, né à Arles en 1701, m. en 1757, vint à Paris en 1731, se fit recevoir avocat au parlement, mais n'exerça pas et se livra tout entier au théâtre. Admis à la petite cour de la duchesse du Maine, il fit quelques pièces pour le théâtre de cette princesse. On a de lui des tragédies intitulées : Téglis, 1734; Childéric, 1736; Mé-gare, 1748; et une comédie, l'Esprit de divorce, 1738 (il y peignait les maux que lui avait fait endurer une belle-mère acariâtre). Au milieu de» plus grandes tribulations, il avait conservé une inaltérable gaieté. On apublié sesOEuvresen 1751,3 vol. in-12.
*MORAND (Sauveur François), chirurgien, né à Paris en 1697, m. en 1773, fut 1" chirurgien de la Charité, puis de l'Hôtel des Invalides, et membre de l'Académie de chirurgie. Il contribua beaucoup aux progrès de la chirurgie en France et perfectionna le procédé de Cheselden pour l'opération de la taille. Il a laissé : Traité de la taille au haut appareil, 1728; Expériences et observations sur lapierre, 1743 ; Opuscules de chirurgie, 1768-72.
*MORAND (J. Ant.), architecte, né à Briançon en 1727, se forma sous Servandoni et Soufflot. Entre autres ouvrages, il construisit à Lyon la salle de spectacle, et un pont de bois de 17 arches sur le Rhône, qui porte son nom. Il périt à Lyon sur l'échafaud en 1794 pour avoir pris part à la défense de cette ville assiégée par la Convention.
*MORAND (L. L. Ch. Ant., comte), général, né à Pon-tarlieren 1770, mort en 1S35, partit comme volontaire en 1792, se distingua en cette qualité à Aus-terlitz, où ilfut nommé général d* division; àEylau, à Friedlang, à Essling, àWagram ; fit partie en 1812 de la grande armée, sauva un corps de troupes à Dennewitz; se rallia à Napoléon dans les Cent-Jours et combattit à Waterloo. Poursuivi pour cette raison sous Louis XVIII, il fut condamné à mort par contumace, mais il obtint en 1819 la révision du jugement. Après la révolution de 1830, il fut élevé à la pairie.
*MORAT, Murten en allemand, bourg de Suisse (Fribourg), sur le lac de Morat, à 13 kil. N. de Fri-bourg; 1900 hab. Charles le Téméraire y fut complètement battu par les Suisses le 22 juin 1476: avec les os des Bourguignons fut élevé le célèbre ossuaire de Morat, qui fut détruit par les Français en 1798. On y a érigé un obélisque en pierre en 1822. — Le lac de M., formé par la Broyé, baigne les cantons de Vaud et de Fribourg, et verse ses eaux dans celui de Neufchâtel; il a 8 kil. sur 3.
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*MORATA (Olympia Fulvia), née en 1526 à Ferrare, m. en 1555, était fille du professeur Morato. Elevée à la cour du duc d'Esté, elle se livra avec ardeur à l'étude des lettres anciennes, et composa en grec et en latin des dialogues et des poésies, qui furent très-remarques. Ayant embrassé les idées de îa Réforme, elle fut obligée de sortir d'Italie : elle mourut à Hei-delberg. Ses Œuvres ont été publiées à Baie en 1558. M. J. Bonnet a donné la Vied'Olympia Borata, 1851.
*MORATIN(Fernand), poète espagnol, né à Madrid en 1737, m. en 1780, .entreprit de donner à sa nation des pièces régulières en se rapprochant du théâtre français. Il débuta en 1762 par la comédie de la Pe-timetra; il donna en 1770 Hormesinda, tragédie qui eut du succès, et en 1777 Guzman-le-Bon. On a aussi de lui deux poèmes : Diane (sur la chasse), 1765: les Vaisseaux de Cortes détruits, 1785.—Son fils, Léan-dre Fernand M., né à Madrid en 1760, s'éleva au-dessus de lui, et eut pour protecteurs JoveUanos, Florida-Blanca et le prince delà Paix. II accompagna en France le comte de Cabarrus comme secrétaire, et devint directeur de la Bibliothèque royale de Madrid. S'étant rallié aux Français lors de l'occupation de l'Espagne, il fut obligé de s'expatrier au retour des Bourbons, et se réfugia à Paris où il mourut en 1828. Il a surtout réussi dans la comédie, ce qui l'a fait surnommer le Molière espagnol. Il a traduit quelques pièces de Molière ; ses principales pièces originales sont : le Vieillard et la Jeune fille, la Comédie nouvelle ou le Café, l'Hypocrite, le Oui des jeunes filles. Elles ont été trad. en français par E. Hollander, 1815. On y trouve de l'élégance, de la finesse, del'es-prit, mais peu de force comique. On a aussi de Mo-ratin : Origine du théâtre espagnol, Paris, 1828.
*MORA VA ou MARCH, Marchus ou Marus, riv. de Moravie, sort du mont Schneeberg, court au S., baigne Olmutz, arrose les comitats de Prerau et de Hra-disch, sépare l'archiduché d'Autriche de la Hongrie, et tombe dans le Danube, par la r. dr., à 13 kil. au-dessus de Presbourg. Cours 270 k.
*MORAVA, Margus, riv. de Servie, formée de deus branches dites, l'une Morava de l'Ouest, l'autre Mo^ rava de l'Est, et qui se joignent à 5 kil. N. de Kru-chovatz, coule 150 kil. au N. après la jonction des deux branches, et tombe dans le Danube à 8 kil. au-dessous de Sémendrie.
*MORAVES (Frères), association religieuse qui remonte au xv« siècle, fut établie d'abord en Bohême sous la direction du curé Michel Bradacz, qui dès 1457 réunit, sous le nom de Frères de l'Unité ou de Frères bohèmes, les débris des anciens Hussites qui avaient refusé d'accepter les décisions du concile de Bâle. Opprimés par l'empereur Ferdinand, un grand nombre d'entre eux se réfugièrent en Pologne et en Prusse, où ils jouirent d'une certaine liberté religieuse. Plus tard, leurs coreligionnaires restés en Bohême, où ils étaient tolérés parMaximilien H, s'établirent à Fulneck en Moravie, d'où leur vint le nom de Frères Moraves. Persécutés de nouveau et dispersés après la guerre de Trente ans. ils trouvèrent enfin en 1721 un asile àHernhutt, dans laHte-Lusace, chez le comte Zinzendorf, qui se déclara leur protecteur : là ils changèrent encore leur nom en celui de Hern-hutlers ou Bernutes. Ces sectaires, qui ont beaucoup emprunté aux Piétistes, reconnaissent la Confession d'Augsbourg, mais ils n'admettent la présence réelle que dans le sens spirituel; tout en vénérant la Bible comme la parole divine, ils prétendent arriver à la perfection par la lumière intérieure et la communication directe avec Dieu; ils attachent une importance toute particulière au dogme du péché originel et de la justification par la mort du Sauveur; ils se servent dans leur liturgie de termes mystiques. Leur association, qu'ils nomment Communauté évan' gélique.esxxme espèce de république où les intérêts individuels le cèdentaux intérêts généraux.Ils obéissent à des Anciens.chefs ecclésiastiques quirèglenttous les actes de leur vie civile et qui étendent même leur sur-
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vaillance jusque sur la vie privée. Ces chefs président à l'éducation des enfants, infligent les pénitences, prononcent les exclusions, marquent le rang à chacun des frères dans l'une des trois classes qui composant toute communauté : les commençants, les progressifs et les parfaits. Les affaires qui concernent la société entière sont renvoyées devant la conférence des Anciens, qui siège àBertholsdorf en Lusace, et qui doit rendre compte de son administration aux synodes, assemblés au moins tous l'es sept ans. Les Frères moraves, qu'on a justement surnommés les Quakers de l'Allemagne, se distinguent, comme eux, par leur union, leur douceur, leur piété austère et leuramour pour la paix. Us portent un costume uniforme, d'une couleur foncée ; ils cultivent avec succès l'industrie et les arts, surtout la musique. Ils possèdent des établissements non-seulement en Allemagne, ma.s en Suisse, en Angleterre, en Hollande, en France, en Russie, aux Indes, dans les colonies danoisesd'Afri-que et d'Amérique , ainsi qu'aux États-Unis et au Groenland. Schulze a donné leur histoire dans le livre intitulé : Origine et organisation des Communautés évangUiques, Gotha, 1822.
*MORAVIE, Mœhren en allemand, Morava en langue morave, prov. delà monarchie autrichienne,qui, jointe à la Silésie autrichienne, forme le gouvtde Mo-ravie-el-SiUsie, est située à l'E. de la Bohême, à l'O. de la Hongrie, au S. de la Silésie prussienne et au N. de l'Autriche : 26 080 kil. carrés; 2 000 000 d'hab. (dont les trois-quarts Slaves); ch.-l., Brûnn (jadis Ol-mutz). Elle est divisée en 8 cercles: BrCtnn, Olmûtz, Hradisch, Prerau, Iglau, Znaîm. Beaucoup de montagnes : les monts Sudètes qui forment la frontière de Silésie; les monts de Moravie, celle de la Bohême, et les monts Krapacks, celle de la Hongrie. Cette contrée est arrosée par la March ou Morava (qui donne son nom à la province) et par ses nombreux affluents; l'Oder et la Vistule y ont leur source. Elle est traversée par le chemindeferde Vienne à Prague. Climat âpre, sol médiocrement fertile; gros bétail, moutons, chèvres, etc. ; ours, loups dits Tysows, qui sont une espèce de loups-cerviers, et autres bêtes fauves. Argent, fer, cuivre, alun, soufre, vitriol, topazes et autres pierres précieuses, marbre, etc. Industrie active : toile , coton, lainages , papeteries, ustensiles de fer, etc. — La Moravie, habitée au temps des Romains par les Quades et les Marcomans, devint ensuite la demeure des Rugiens (d'où le nom de Ru-giland qu'elle porta un instant), puis des Hérules, chassés d'Italie par Théodoric le Grand. En 548, des Slaves et des Bulgares vinrent s'établir sur les bords de la Morava et y fondèrent un roy. dit de Moravie, qui s'étendait à l'E. jusqu'au Gran, et qui ne tarda pas à tomber sous la domination des Avares. En 805, les Slaves secouèrent ce joug et se mirent sous la protection de Charlemagne; en 870, sous le règne de Zwentibold, le roy. de Moravie, reconstitué sous le nom de Grande-Moravie, comprenait, avec la Moravie actuelle, la Bohème, le Voigiland, la Misnie, la Lusace, le Brandebourg, la Poméranie, la Silésie, une partie de la Paunonie et de laDalmatie;à la mort de Zwentibold, il se divisa et, après de longues luttes avec les États voisins, Unit par être détruit et partagé entre l'Allemagne , la Bohême et la Hongrie (908). En 1056, la Moravie propre fut incorporée à la Bohème ; lorsque la Bohême eu t été érigée en royaume, la Moravie reçut le titre de margraviat (1086). Depuis ce temps, la Moravie ne fut plus détachée de la Bohême; elle passa avec elle en 1526 sous la domination de l'Autriche. Les Moraves avaient dès le ix' s. embrassé le Christianisme, que S. Cyrille était venu eur prêcher en 856. — V. ci-dessus MOBAVES (Frères). MORBIHAN, c-à-d. en breton Petite mer, petit wlfeformé par l'Océan atlantique surlacôtedu dép. •lu Morbihan, ason entrée par5" IV long. G., 47° 33' iat. N. Il a 18 kil. sur 8 et est parsemé d'un grand nombre d'îles. Vannes est à l'extrémité septentrionale. MORBIHAN (dép. du), dép. de la France occid., sur
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le golfe qui lui donne son nom et sur l'Atlantique, au S. du dép. des CÔtes-du-Nord, à l'E. de celui du. Finistère, à l'O. de celui d'Ule-et-Vilaine : 6996 kil. carrés; 486 504 hab. ; ch.-L, Vannes. Il est formé d'une partie de l'anc. Bretagne. ^Côtes très-découpées : la célèbre péninsule de Quibe'ron, les îles de Groix et de Belle-Île font partie de ce département ; landes incultes. Fer, plomb, cristal de roche, ardoisés, pierres de taille, terre à potier; sable émeri. Grains de toute espèce, millet, lin, chanvre, beaucoup de cidre, un peu de vin ; excellent beurre demi-sel. Béisil, chevaux, abeilles. Peu d'industrie; commerce .maritime et de transit. —Ce dép. a 4 arr. (Vannes, Plofirmel, Napoléonviiie, Lorient), 37 cant, 228 comm.; il appartient à la 16" div. militaire, dépend de la cour inip. de Rennes et a un évêcbâ à Vannes.
*MOUCELLI (Ant.),savant archéologue, néen 1737, à Chiari, m. en 1821, entra chez lesJésuiteSj professa l'éloquence à Rome (1771), s'attacha, après la suppression de son ordre, au cardinal Albani, qui lui confia le soin de sa bibliothèque, et puisa dans ce riche trésor les matériaux desavants ouvrages. Il retourna en 1791 à Chiari; y remplit jusqu'à sa mort les fonctions de prévôt du chapitre, et refusa un archevêché pour rester au milieu de ses compatriotes. Parmi ses ouvrages , on remarque : De stylo inscriptionum latinarum, Rome, 1780 (traité classique de tous les genres d'inscriptions, avec leurs formulés, leur style propre, etde nombreux exemples prisdans l'antiquité); Inscriptiones, 1783 (c'est un recueil d'inscriptions qu'il avait composées'lui-même à l'imitation de l'antiquehjintiguites delà villa Albanùl785. Ses œuvres archéologiques ont été réunies à Padoue sous le titre d'Opéra èpigraphica, 1818-1835, 5 vol. in-4, et complétées par le LexiconMorcellianwm, Bologne, 1835,3 vol. m-4.
*MORDELLES, ch.-L de c. (IHe-et-Vilaine), sut, la Meu, à 15 kil. S. O. de Rennes; 1500 h. Beau port.
*MORE (Thomas), erx latin Morus, grand-ôhancelier d'Angleterre, né à Londres en 1480, était fils d'un juge. Il brilla d'abord au barreau, entra au Parlement dès qu'il eut l'âge voulu, et fut introduit par le cardinal Wolsey auprèsde Henri VIII, doiit il gagna bientôt la faveur. Ce prince lui donna d'abord entrée au conseil privé, puis.le nomma trésorier de l'Échiquier, et enfin, aprèsla disgrâce de Wolsey, grand-chancelier (1529). Il remplit cette charge avec un zèle, une intégrité et un désmtéressementsans ég^al ; mais, ne pouvant approuver les réformes que le roi voulait introduire dans l'Église, il résigna les sceaux au bout de deux ans et se retira à Cbeisea. Ayant refusé de prêter le serment de suprématie et de se séparer de l'Église romaine, il futenferméa, la Tour de. Londres; après plusieurs mois d'une dure captivité, il eut la' tête tranchée, en 1535. Sa mort fut celle d'un martyr. Thomas More est un des génies les plus originaux, un des hommes les plus spirituels et un des meilleurs écrivains de son époque; il a laissé plusieurs ouvrages, les uns en anglais, les autres en la- -tin, quisont remarquables par la pureté etl'élégance du style. Le plus connu est son Utopie,_ intitulée : De rrptimo reipublicx statu, deque nova insula Uto- = pia, Louvain, 1516, ouvrage allégorique dans le goût _ de la République de Platon, où il propose des idées fort singulièressurlepartagedesbiens, le suicide, etc. ;il a été traduit en français par Gueudeville, 1715, et -Th. Rousseau, 1780. Th. More avait aussi écrit la .„ Vie de Pie de la Mirandole,-de Richard tll,—d'É- " douard 7. Ses Œuvres ont été recueillies en 2 v. in-fol., Londres, 1559. et Louvaia, 1566.il avaitré-digé des Mémoires qui n'ont été publiés qu'en 1808 --en angl. par Cuyley, Londres, 2 v. in-4. Sa vie a été écrite par son gendre Roper, Oxford, 1716, par Th. Stapleton, son contemporain (trad, enfrançais par Al. Martin, 1849), et de nos jours par Mackinlosh, 1830. ?-_
*MOREAD (J. N.), écrivain, né & St-Florentin en 1717, m. en 1804, fut d'abord conseiller; à la cuuff des comptes de Provence ; vint ensuite à Paris, où il
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•écrivit sur la politique et l'histoire, et obtint la faveur de la cour en défendant les principes monarchiques et religieux. Il fut chargé de rédiger divers traités d'éducation pour les petits-fils de Louis XV, fut nommé bibliothécaire delà reine, historiographe de France, et forma, en cette qualité, un précieux dépôt de chartes et de législation. Ses principaux écrits sont : ['Observateurhollandais, 1755-59, espèce de journal politique en forme de lettres ; Mémoires peur servir à l'histoire des Cacouas , 1757, écrit satirique où il bafoue les philosophes; Leçons de politique, de morale et de droit public, puisées dans l'histoire de notre monarchie, 1773 (rédigées pour l'instruction des enfants du Dauphin) ; les Devoirs d'un prince ou Discours sur la justice, 1775, ouvrage justement estimé; Principes de morale publique ou Discours sur l'Histoire de France, 21 vol. m-8, 1777-89, ouvrage non achevé et déjà trop étendu; Exposition et défense delà constitution française, 1789.
*MOBEAU (J. Michel), dessinateur et graveur, né à Paris en 1741, mort en 1814, étudia sous Lebas, obtint la protection de Caylus , fut nommé en 1770 dessinateur du cabinet du roi, en 1788 membre de l'Académie, et en 1797 professeur aux écoles centrales de Paris, il a dessiné et gravé plus de 2000 pièces, entre autres de nombreuses estampes pour les œuvres de Voltaire, J. B. Rousseau, Molière, La Fontaine, Racine, Delisle, etc. Les dessins de cet artiste sont remarquables par la science, l'élégance, le goût; il s'inspire très-heureusement de l'esprit de l'ouvrage auquel il les destine.
*MOREAU (J. Victor), l'un des plus grands généraux de la République, né à Morlaix en 1763, était fils d'un avocat. I! suivit d'abord la carrière judiciaire: il était prévôt de droit à Rennes en 1787. En 1792, il s'enrôla, conduisit un bataillon de volontaires à l'armée du Nord, où il servit sous Dumouriez; fut nommé général de brigade dès 1793 et général de division en 1794. Il commandait alors sous Pichegru et concourut à la conquête de la Hollande. Mis en 1796 à la tête de l'armée de Rhin-et-Moselle, il repoussa l'ennemi au delà du Rhin, battit l'archiduc Charles à Ras-tadt et à Heydenheim et le força à se replier sur le Danube : mais bientôt il se vit contraint de s'arrêter devant des forces supérieures, et effectua une belle retraite qui suffirait pour immortaliser son nom. Soupçonné d'entretenir des intelligences avec Pichegru, il fut disgracié par le Directoire et laissé pendant 18 mois dans l'inaction. Envoyé en Italie en 1799, il trouva l'armée dans une position difficile, et se vit obligé de se renir presque toujours'sur la défensive; après la mort de Joubert, tué àNovi, il sauva les débris de l'armée par une savante retraite. Chargé de nouveau du commandement de l'armée du Rhin, il passa le fleuve en 1800, remporta plusieurs victoires sur les Autrichiens, repoussa le général Kray au delà du Danube, le battit de nouveau à Hochstaedt, le força à signer l'armistice de Parsdorff, et, lors de la reprise des hostilités, remporta la victoire décisive-île Hohen-linden, qui lui ouvrait les portesde Vienne : la capitale de l'Autriche ne fut sauvée que par l'armistice de Steyer. La paix de Lunéville met fin à cette glorieuse expédition, 1801. A cette époque, Moreau, mécontent du premier consul Bonaparte, en qui il ne voyait qu'un rival, commença à s'élever contre lui et noua des relations avec Pichegru et Georges Cadoudal. llfut arrêté, et, à la suite d'un procès fameux, condamné en 1804 à une détention de deux années, qui fut commuée en un exil aux États-Unis. En 1813, Moreau , toujours irrité, accepta des propositions qui lui furent faites de la part de l'empereur de Russie, Alexandre, et consentit à porter les armes contre son pays, se tlattant, disait-il de ne comba'tre que pour lui rendre la liberté. Il débarqua à Gothemhourg le 24 juillet 1813; mais à peine était il arrivé au quartier général des alliés, devant Dresde, qu'il l'ut frappé, dans une reconnaissance, par un boulei qui lui pin-porta les deux jambes (26 août). Il mourut quelques
jours après. A. de Beauchamp a écrit la Tiepolitique, militaire et privée du général Moreau, Paris, 181i. — Il faut craindre de confondre avec Victor Moreau le général René Moreaux, né en 1758 à Rocroy, qui s'illustra à la même époque : général de brigade en 1793, il commanda bientôt après l'armée de la Moselle, eut part à la reprise des lignes de Wissem-bourg, prit Kaiserslautern, Trêves, Coblentz, Rhein-fels; mais il mourut presque subitement en 1795, au moment de s'emparer de Luxembourg.
*MOREAU (Jacq. Louis),dit M. delà Sarthe, médecin, né près du Mans en 1771, m. en 1826 à Paris, fut obligé par suite d'un accident d'abandonner l'exercice de son art et se fit écrivain. On a de lui : Essai sur la gangrène, 1796, Esquisse d'un cours d'hygiène, 1797, Delà Vaccine, 1801, Histoire naturelle delà femme, 1803, et un Éloge de Vicq d'Azyr.
*MOREAU (Hégésippe), né à Paris en 1810, m. en 1838, était enfant naturel et resta de bonne heure orphelin. Un de ses parents l'avait recueilli et placé dans un séminaire; il en sortit à 15 ans, travailla quelque temps comme compositeur chez un imprimeur de Provins, puis abandonna son état pour venir à Paris, où il croyait que son talent poétique lui créerait une position brillante. Déçu dans ses hautes espérances, il tomba bientôt dans le découragement et la misère, et mourut de phthisie à l'hôpital de la Charité. Ce poêle précoce avait un véritable talent; son style est plein de grâce et de fraîcheur. Trois mois avant sa mort il avait publié sous le titre de Myosotis le recueil de ses poésies.
*MORÊE, Peloponesus, presqu'île qui termine la Grèce au sud. Cette presqu'île a environ 240 kil. de long sur 215 de large et 600000hab.; elle est liée à la Hellade par l'isthme de Corinthe, et a pour bornes la mer Ionienne à l'O., l'Archipel à l'Ê., la Méditerranée au S., le golfe de Corinthe au N. Elle forma 5 provinces du roy. de Grèce : Argolide et Corinthie, Achaïe et Elide, Arcadie, Messénie, Laconie. Très-montagneuse, surtout au centre, la Morée est arrosée par plusieurs rivières, le Gastouni, le Vasili-potamo, le Roufia, etc. ; elle a une température et un climat très-variés; le sol y est en général fertile : grains, vin, huile, fruits, surtout raisin et mûres. Abeilles, vers à soie, gros bétail, mouflons, moutons, chèvres, mais aussi beaucoup d'animaux farouches. Pêche lucrative; commerce encore peu actif, mais qui peut le devenir infiniment. — La Morée doit son nom à l'immense quantité de mûriers (morus) dont elle se couvrit au vi" siècle. Ce pays, après avoir été longtemps indépendant et avoir formé plusieurs petits États (V. PELOPONESE), fit partie de l'empire romain, puis de l'empire d'Orient, fut, après la prise de Constan-tinopleen 1204, occupé par les Français et par les Vénitiens, passa aux Turcs presque en entier de 1463 à 1479, leur fut repris par Venise en 1687, mais reperdu de nouveau en 1715, et définitivement cédéàla Porte par la paix de Passarowitz (1718). Les Turcs en firent l'eyalet ou pachalik de Tripolitza, qui était divisé en 19 cantons régis par des vayvodes, plus le Maîna, qui était indépendant défait. Pendant le soulèvement de la Grèce contre les Turcs (1821-28), la Morée souffrit d'épouvantables ravages de la part des Turcs et des Égyptiens, commandés par Ibrahim; enfin en 1828, une expédition française, sous tes ordres du général Maison, mit fin aux massacres, chassa les Egyptiens île toutes les places du pays et en assura l'indépendance.— On doit à Buchon des Recherches sur la domination française en Morée, Paris, 1840-42. Une description complète du pays a été publiée en 1832 et ann. suiv., sous letitre à'Expédition scientifique de. Murée, par une commission de savants que le gouvernement français avait adjoints à notre expédition militaire.
*MOHRE (Château de), fort situé sur la côte N. de la Moree, à l'entrée du golfe de Lépante, vis-à-vis du château de Koumélie, à J kil. N. E. de Patras. Bâti par Bajazet 11 en 1482, pris par les Français en 1828.
*MORE — 1300 — MOBE
HOREE, ch.-l. de cant. (Loir-et-Cher), à 17 kil. N. a de Vendôme: 700 hab.
*MOREL (GuilL), savant imprimeur, né en 1505 au Tilleul près de Mortam (Mancne), m. en 1564, débuta comme correcteur d'imprimerie et fut remarqué pour sa science par Turnèbe qui; en 1555, se démit en sa faveur de la place d'imprimeur du roi. Outre des éditions estimées, il a composé plusieurs ouvrages, entre autres : Thésaurus omnium vocum latinarum, 1558, connu sous le titre de Thésaurus Morellia-nus; Sententiœ Patrum de venerandis imaginibus, grec-lat.-franc, 1562, une trad. française de S. Jean Damascène, 1562 ; des Notes sur S. Cyprien, S. De-nus l'Aréopagite, sur le De Finibusde Cicéron.
*HOREL (Frédéric), dit l'ancien, imprimeur, gendre deVascosan, né en Champagne en 1523, m. en 1583, devint directeur de l'imprimerie royale en 1571. C'était un savant helléniste : on lui doit la traduction française des traités de la Providence, de l'Ame, et de l'Humanité, de S. Jean Chrysostôme, 1557, et du traité de S. Cyprien Des douze sortes d'abus, 1571. Parmi ses éditions on remarque l'Architectureàe Philibert de l'Orme, 1568, in-f. — Son fils, Frédéric le Jeune, né en 1558 à Paris, m. en 1630, le remplaça en 1581 comme imprimeur du roi, obtint l'amitié d'A-myot, et fut, avec l'appui de ce savant, nommé en 1585 professeurd'éloquence au collège de France. En 1600, Fréd. s'associa comme imprimeursonfrère Claude, et tous deux publièrent d'excellentes éditions. Henri IV les aida souvent de sa bourse dans des entreprises qui étaient plus utiles aux lettres que lucratives pour eux. Ses principales publications sont de belles éditions à'Anstote, de Strabon, de Dion Chrysostôme. Il a trad. en latin Libanius, Hiéroclès, Théodoret, Maxime de Tyr, plusieurs discours des Pères grecs, etc. — Claude, son frère. 1574-1626, a publié S. Basile, S. Cyrille, S. Grégoire de Nazianze, Philostrate, etc. — Charles, fils aîné de Claude, 1602-40, a édité Clément d'Alexandrie, 1629, et les Concilia, 1636, 10 v. in-f. — Gilles, 2" fils de Claude, fut aussi imprimeur du roi : il publia la grande Bibliothèque des Pères en 17 v. in-f., 1643 et ann. suiv.
*MOREL DE VINDE (Ch. Gilbert, vicomte), agronome et littérateur, né en 1759, m. en 1842, était conseiller au parlement dès l'âge de 19 ans. U donna sa démission après l'arrestation du roi à Varennes, se retira à La Celle St-Cloud, et s'y livra à l'agriculture et aux lettres. Il fut admis à l'Académie des sciences en 1824. Il avait été appelé dès 1815 a la Chambre des Pairs. Parmi ses nombreux écrits on remarque ses Observations sur les assolements, 1815; un Essai sur les constructions rurales, 1824; ses Considérations sur le morcellement de la propriété, 1826; ^?Morale de l'enfance (1790), en512 quatrains, qui ont été mis en vers latins par Victor Le Clerc: et des romans, où respire une morale pure, enseignée d'un ton simple et naturel. Il publia en 18101e Cabinet de Paignon d'ijonval, son grand-père maternel : c'est un précieux recueil de dessins et d'estampes.
*MORELL (André), savant numismate, né à Berne en 1646, mort en 1703, vint à Paris en 1680, et fut nommé conservateur-adjoint du cabinet royal des médailles. Ne touchant point la rétribution que méritaient ses longs travaux, il réclama avec vivacité, ce qui le fit mettre à la Bastille. Il alla en 1694 se fixer en Thuringe, auprès du comte de Schwartz-bourg-Arnstadt, qui le nomma conservateur de son cabinet. On a de lui : Spécimen universas rei num-marise antiquse, Paris, 1683; Thésaurus Morellia-nus, sive Familiarum Romanarum numismata om-nia, Paris, 1734, 2 vol. in-fol. ; Thesauri Morellianl numismata cujusque moduli xn priorum imperato-?-»»», Amst., 1752, 3 vol. in-f. Ces deux derniers ouvrages ont été publiés par Havercamp : ils formaient alors le recueil le plus complet de médailles consulaires et impériales et ils sont encore très-estimés.
*HORELL (Thomas), théologien et lexicographe anglais, né en 1701, mort en 1784, a publié des édi-
tions recherchées du Dictionnaire latin d'Aïnsworth et du Leaicon grec de Hederich, et a rédigé lui-même : Thésaurus grœcse poeseos, Eton, 1762, à l'imitation de nos Gradus ad Parnassum.
*MORELIA, Bisgarrî.r. d'Espagne (Valence), à 60 kil. N. de Valence; 6000 hab. Mur flanqué.de tours, château fort. Pendant la dernière guerre civile de l'Espagne, elle fut prisé en 1838 par le général carliste Cabrera, qui porta depuis le titre de comte de Morella. Espartero la lui reprit en 1840.
*MORELLET (l'abbé), littérateur, né à Lyon en 1727, m. en 1819, vint à Paris étudier en Sorbonne, et ne s'en lia pas moins avec les philosophes, notamment avec Turgot, d'Alembert, Diderot. Il fut chargé en 1752 d'une éducation qui lui procura l'occasion de voyager; il publia en 1762 le Manuel des inquisiteurs, et se fit dès lors une réputation de tolérance et d'esprit qui le fit admettre chez Mme Geoffrin, ainsi que dans la société du baron d'Holbach, dans laquelle il ne craignit pas cependant de combattre l'athéisme. Il donna kl'Entyclopédie un grand nombre d'articles de théologie et de philosophie. Palissot ayant attaqué les Encyclopédistes dans sa comédie des Philosophes, Moreûet écrivit contre lui la Ti-siondeCh. Palissot; ce pamphlet le fitmettreiUa Bastille , mais il en sortit au bout de deux mois. Il donna en 1766 une traduction du Traité des délits et des peines de Beccaria, et publia depuis divers morceaux sur la politique et le commerce ; il fut admis à l'Académie française en 1783 etreçutenmêmetempsdeLouisXVI une pension de 4000 livres. Ruiné parla Révolution, il vécut en composant des traductions pour les libraires. Il donna en 1818_des Mélanges de littérature et de philosophie, qui renferment ses meilleurs morceaux. Il a laissé des Mémoires, publiés en 1821.
*MORELLI (l'abbé Jacques), bibliographe, né à Venise en 1745, mort en 1819, fut nommé en 1778 gardien de la bibliothèque de St-Marc à Venise, et consacra tous ses soins pendant 40 ans à enrichir cette bibliothèque. On lui doit la découverte dîun grand nombre de morceaux d'auteurs anciens, entre autres l'Oraison d'Aristide contre Leptine, une Déclamation de Libanius pour Sacrale, des fragments de Dion Cassius et des Éléments harmoniques d'Âris-tosène, etc. Il publia le catalogue de la bibliothèque de Venise, et légua à cette ville_20000 manuscrits. La plus grande partie de ses osuvres a été imprimée à Venise, en 1820, 3 vol. in-8. Ses écrits se recommandent par une science consommée et unjugement sain. Ce savant était membre de toutes les académies d'Italie, et correspondant de celles de Paris, de Berlin et de Gœttingue.
*MORELLY, écrivain paradoxal du xvm* siècle, avait été régent ou précepteur à Vitry-le-Français. Il fit paraître en 1751 le Prince ou Système d'un sage gouvernement, utopie socialiste, dont il reproduisit les idées en 1753 dans la Basiliade ou Naufrage des îles flottantes, poème héroïque en 14 chants, eu prose: il y décrit le bonheur d'un peuple délivré des préjugés et n'obéissant qu'à la nature et à la vérité. U compléta en 1755 l'exposé de sa doctrine dans son Code de la nature, que les Communistes ont de nos jours remis eu honneur : il y donne pour fondement à la société la communauté des biens. La Harpearéfuté longuement cet ouvrage dans sa Philosophie du xvru" siècle, le croyant de Diderot.
*MORENA (srERRA-), c-à-d. Chaîne noire, en latin Mariant Montes, chaîne de montagnes d'Espagne, entre la Manche et l'intendance dejsTaen, se prolonge à l'O. S. O., entre la Manche et l'intendance de Cor-doue, entre l'Estramadure et l'intendance de Séville, et enfin entre l'Alentéjo et l'Algarve. Cette chaîne partage les eaux entre le Tageetle Guadalquivir. La Sierra-Morenaest fort âpre, peu fertile, et a de hauts sommets : la Poya, la Cumbre d'Aracena, la Sierra-Sagra, qui s'élèvent à 1264, 1717, et même 1815". Elle tire son nom des chênes à kermès, des cistes, des bruyères et autres arbustes à feuillage sombra
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dont elle est couverte. Elle renferme des mines d'argent, de plomb, de cuivre et de mercure. — Cette contrée était jadis déserte et en friche. Olavidé, sous Charles III (1767, etc.), y établit des colonies d'étrangers, notamment d'Allemands et de Suisses : Carolina et Carlotta en sont les principales. Bien que négligées après la chute du ministre Aranda, ces colonies ont modifié puissamment l'aspect du 7>ays.
*MORÉRI (L.), savant compilateur, né en 1643 à Bargemonten Provence, mort en 1680, embrassal'état ecclésiastique, et devint aumônier de l'évêque d'Apt, Gaillard de Lonjumeau. Il fit paraître à Lyon en 1673 un Dictionnaire historique et géographique, en un vol. in-fol., ouvrage précieux, dont on croit que son évêque avait conçu le plan et ramassé les premiers matériaux. 11 en donnait une 2* édition lorsqu'il mourut. Il a été fait depuis plusieurs éditions du Dictionnaire de Moréri, avec des suppléments dus en partie à Goujet ; enfin il a été entièrement refondu par Drouet, qui le donna en 10 vol. rn-fol., Paris, 1759. C'est pour corriger et compléter le Dictionnaire de Moréri, que Bayle entreprit son Dictionnaire critique.
*MORES. V MAURES.
*MORESNET, vge de Belgique, dans la prov. et à 18 kil.E. N. E.de Liège; 500 hab. Mines de houille, dites de la Vieille-Montagne, produisant annuellement 25 millions de kilogr. de minerai, et fournissant plus de la moitié du zinc consommé dans toute l'Europe.
*MORESTEL, ch.-l. de cant. (Isère), à 16 kil. N. E. de La Tour-du-Pin ; 905 hab.
*MORET, ch.-l. de cant. (Seine-et-Marne), sur le Loing, à 10 kil. S. E. de Fontainebleau; 1900 hab. Station du chemin de Paris à Lyon. Commerce en blé, vin, bois, tan, pavés, etc. Jadis titre de comté. Possédée par les Anglais de 1420 à 1430, reprise et fortifiée par Charles VII. Henri IV acheta en 1604 le comté de Moret, et le donna à Jacqueline de Breuil, la mère d'Antoine de Moret (F. l'art. suiv.J.
*MORET (Ant. DE BOURBON, comte de), fils naturel de Henri IV et de Jacqueline de Breuil, comtesse de Moret, né en 1607, prit parti pour Gaston, duc d'Orléans, contre Richelieu, arma dans le Languedoc, et périt à l'affaire de Castelnaudary, où le duc de Montmorency fut fait prisonnier (1632). Quelques-uns ont prétendu qu'il avait survécu, mais qu'il s'était retiré dans une solitude de l'Anjou, s'y était fait capucin sous le nom de Frère Jean-Baptiste, et avait voulu rester inconnu jusqu'à sa mort.
*MORETO Y CARANA (Aug.), poète comique espagnol, né en 1618, était contemporain de Caldéron. Il composa de 1650 à 1676 un grand nombre de pièces qui eurent beaucoup de succès et fut protégé par Philippe IV. Ses comédies, supérieures pour le comique a celles de Caldéron, se distinguent par l'élégance et le bon goût; le style en est pur et naturel. 11 est le premier qui ait mis sur le théâtre espagnol la comédie de caractère. Quelques-unes de ses pièces ont été imitées par Molière (notamment dans la Princesse d'Élide et l'École des maris) et par Scar-ron (danz aonJaphet d'Arménie). Il abandonna d'assez bonne heure le théâtre pour embrasser l'état ecclésiastique. Ses comédies ont été publiées à Valence, 1676 et 1703, 3 vol. in-4, et réimprimées à Paris dans le Trésor du théâtre espagnol, 1838.
*MOREUHL, ch.-l. de c (Somme), à 16 kil. N. O. de Montdidjer; 2300 h. Bas, papeterie. Tourbe.
*MOREZ, ch.-l. de c (Jura), à 22 kil. N. E. de St-Claude, près de la frontière de Suisse ;4877 hab. Pont d'une seule arche. Grande fabrique de lunettes, horlogerie et clouterie; scieries de bois, tanneries.
*MORFIL,île de Sénégambie. V. ÉLEPHANT(Iledel').
*MORFONTA1NE. V. MORTEFONTAINE.
*MORG-AB, Margus, riv. d'Asie, naît sur les limites du Khoraçan et du khanat de Balk; coule à l'O. S. O., puis au N. O. ; arrose le Khoraçan, et se jette dans le Djihoun ou, suivant quelques-uns, se perd dans le lac Badakandir, après un cours d'env. 800 k,
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*MORGAGNI (J. B.),savant médecin, né en 1682 a Forli, m. en 1771, eut pour maîtres Valsalva et Al-berti, et cultiva avec le plus grand succès l'anatomie pathologique. Il devint prof, de médecine à Padoue en 1712, et y forma une école qui attirait les étrangers de toutes les parties de l'Europe. Son principal ouvrage est le traité De sedibus et causis morborum per anatomen indagatis, 1762, trad. en français pat Desormeaux, 1821. Il y établit la médecine sur l'anatomie, et la fait par là sortir de l'état purement conjectural. On a aussi de lui une riche collection dëmé-moires sous le titre d'Adversaria, Padoue, 1741, et des Miscellanea, 1753.
*MORGAN (H.), chef de flibustiers anglais, était fils d'un fermier du pays de Galles. Il servit d'abord sur un corsaire, puis équipa un bâtiment, et se fit si bien connaître par ses entreprises qu'un vieux chef de flibustiers, Mansfield, le prit pour lieutenant. Mansfield étant mort peu après, en 1663, Morgan luisuccéda. En 1668, il rassembla 12 bâtiments montésde 700 hommes, attaqua d'abord et rançonna plusieurs villes de l'île de Cuba, emporta d'assaut Porto-Bello et détruisit le fort de Maracaïbo. Il s'était retiré dès 1669 à la Jamaïque avec l'intention d'y jouir paisiblement de sa fortune; mais, cédant aux instances de ses anciens compagnons, il se remit bientôt en course avec une flotte de 37 voiles : il ravagea les côtes de Nicaragua, marcha sur Panama avec 1300 hommes, prit cette ville et la brûla (1671). La paix signée avec l'Espagne mit un terme à ces dévastations: chargé de richesses, Morgan alla se fixer à-la Jamaïque, s'y maria, et y finit tranquillement ses jours. Il avait été faitchevalier par Charles II et nommé commissaire de l'amirauté.
*MOROAH (mis* SIDNEY-OWENSON, lady), femme de lettres.née à Dublin enl783,m.eD 1859, était fille d'un acteur et protestante. Elle publia dès l'âge de 14 ans un volume de poésies; puis elle recueillit et mit en vers anglais les vieux Chants irlandais et composa des romans nationaux qui peignaient les moeurs et reproduisaient les traditions de l'Irlande (0'Donnel,Flo-rence Maccarthy, les O'Brien, les O'Flaherty, etc.). Elle fitde 1817 à 1831 plusieurs voyages sur le continent, notamment en France et en Italie, et en publia à son retour des relations peu bienveillantes. Elle fit paraître en 1835 les ScènSs dramatiquesde la vieréelle; en 1840, la Femme et son maître, où elle demande l'émancipation des femmes; en 1841, le Livre sans Nom. Privée de la vue par une maladie, elle se vit forcée de renoncer aux travaux littéraires. Elle avait obtenu sous le ministère Grey une pension de 300 livres (7500 fr.). Laplupartde ses ouvrages ont été traduits par Mme Sobry.— Elle avait épousé en 1811 Ch. Morgan . médecin distingué, auteur d'Esquisses de la philosophie de la vie et des mœurs.
*MORGANATIQUE (Mariage). 7. ce mot dans notre Dict. univ. des Sciences.
*MORGANE (la Fée), sœur d'Artus et élève de l'enchanteur Merlin , est célèbre dans les romans de chevalerie. Les habitants de la Calabre attribuent à cette fée le pouvoir de produire les phénomènes de mirage qui apparaissent fréquemment dans le détroit de Messine. On a désigné sous le nom de Château de la fée Slorgane un phénomène de ce genre qu'on voit quelquefois dans la baie de Reggio : des constructions bizarres et gigantesques, des châteaux, des tours, y paraissent s'élever du sein de la mer.
*MORGARTEN, défilé de Suisse, entre les cant. de Schwitz et de Zug. 1300 Suisses y défirent 20 000 Autrichiens le 15 nov. 1315.LesFrançais y battirent les Suisses en 1798 et les Autrichiens en 1799.
*MORGHEN(Raphaël), graveur, né en 1761, àPor-tici, près de Naples, m. à Florence en 1833, étudia sous son père Philippe Morghen, puis sous Volpato, dont il épousa la fille (1781). Appelé en 1793 à Florence par le grand-duc Ferdinand II, il y demeura le reste de sa vie. On lui doit, outre une foule d'excellents portraits, un grand nombre d'estampes estimées : la Vierge à la Chaise et la Transfiguration,
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d'après Raphaël; des Vierges d'André del Sartoetdu ' Titien; la Cène de Léonard de Vinci, S Aurore du i Guide; le Parnasse de R. Mengs, etc. Cet artiste se distingue par la finesse, "harmonie et le charme de l'exécution, mais il manque de vigueur. R. Morghen était associé de l'Institut de France.
*MORUOF (Dan. George), philologue, né en 1639 à Wismar (Mecklembourg), m. en 1691, fut dès 1660 professeur de poésie latine à Rostock. devint en 1665 professeur de belles-lettres à l'Université de Kiel, en 1673;professeur d'histoire, et en 1680 bibliothécaire à Kiel. Son principal titre est \ePolijhistor,sive Notitia auctorum et rerum, Lubeck, 1688-92,3 part, in-4, réimprimé en 1695, œuvre d'une érudition .m-mense, dans lequel il traite de l'histoire littéraire, du choix des livres, des méthodes, et des meilleurs ouvrages sur la grammaire, la rhétorique,la poésie, la philosophie, les mathématiques et l'histoire. Parmi ses autres écrits on remarque un savant traité de la langue et de la poésie allemande, 1682 (en ail.), des Poésies latines et des Harangues.
*MORI A LE (PRA), condottiere. V. MONTREAL.
*MOR1G1A (Jacq. Ant.), l'Ancien^ l'un des fondateurs de la congrégation des Bamabites, né à Milan vers 1493, m. en 1545, avait eu une jeunesse dissipée. Il fut nommé en 1536 prévôt de la nouvelle congrégation. — Le cardinal Jacq. Ant. M., de la même famille que le préc, et, comme lui, baraabite, né à Milan en 1632, m. en 1708, se fit une grande réputation comme prédicateur. Le gradd-duc de Toscane lui confia l'éducation de son fils et l'éleva aux évêchés de San-Miniato, de Florence, et enfin de Pavie. Il refusa l'archevêché de Milan. On a de lui des Oraisons funèbres et des Lettres pastorales.
*MORIGNY-CHAMPIGNY, bg du dép. de Seine-et-Oise, à 3 kil. N. E. d'Êtampes, dans la vallée de la Juine; 1000 hab. Ruines d'un célèbre château de Bru-nehaut; château moderne, bâti sur l'emplacement d'une ano'enne abbaye de Bénédictins; magnifique château de Jeures, avec vaste parc et aqueduc.
*MORILLO (donPablo), comte de Carthagène, général espagnol, né en 1777 à Fuenta de Malva (Toro), m. en 1839 servit d'abord en Espagne dans la guerre aontre les Français.Envoyéen 1814 par Ferdinand VII en Amérique contre les insurgés du Venezuela et de la Nouv.-Grenade, il prit Carthagène et Sta-Fé, où il se signala par ses rigueurs. Bolivar ayant recommencé la guerre en 1817 , Morillo, qui avait d'abord obtenu d'éclatants succès, perdit en 1819 la bataille décisive de Boyaca, et fut forcé de retourner en Espagne. En 1823, il joua un rôle équivoque : chargé par les Cortès du commandement de la Galice, E favorisa les royalistes, laissa échapper le corps du comte d'Amarante, destitua uuiroga et entrava les effortsde Robert Wilson. Mal récompensé par Ferdinand, il se retira en France, où il mourut. II a laissé des Mémoires, qui ont été trad. par E. deBlosseville 1826.
*BIOR1MOND, abbaye considérable de l'ordre de Cî-teaux, était située en Champagne (Bassigny), dans le diocèse de Langres, à 37 £. N. E. de cette ville. Elle avait été fondée en 1115 par un seigneur de Choiseul, et était une des quatre filles de l'ordre de Clteaux ( V. CITEAUX). Elle avait plus de cent monastères sous sa dépendance, et en outre les cinq ordres militaires d'Espagne et de Portugal : ceux de Cala-trava, d'Alcantara, de Montesa, d'Avis et du'Christ.
*MORIN (le GRAND) riv. de France, naît àl'O.de Sé-zanna (Marne), passe à LaFerté-Gaucher, Coulom-raiers, Crécy, et se jette dans la Marne à Condé, à6 k. S. O. de Meaux, après un cours de 100 kil.—Le PETIT MORTS, prend sa source près d'Écury(Marne), passe à Montmirail, et se jette dans la Marne au-dessous de Là yerté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne) ; cours, 65 kil.
*MORIN (Jean), oratotïen, néàBlois en 1591, de parents protestants, m. à Paris en 1659, fut converti un Catholicisme par le cardinal Duperron et entrava l'Oratoire en 1618. Il acquit une connaissance profonde des langues hébraïque et samaritaine, ainsi
que de tout ce qui a rapport à la discipline des pre* miers temps de l'Église, et publia sur ces matières des ouvrages qui font encore autorité, entre autres, des commentaires (sur la Bible et des traités De disciplina in adminittratione saeramenti pœniien* tiss, 1651: De Ecclesimàrdinationibus, 1655.
*MORIN (J. B. Michel;,astrologue, né en 1583 à Vil-lefranche en Beaujolais, m. en 1656, était aussi ma» thématicien et médecin. 11 fit plusieurs prédictions qui se vérifièrent, obtint une pension de Mazario et fut chargé de tirer l'horoscope de Louis XIV. S. proposa le premier d'employer lés observations de la lune à la détermination des longitudes en mer. Il fut un des contradicteurs les plus opiniâtres du système de Copernic et de Galilée. On a de lui : Fa-mosi problematis de telluris rnolu i.iwtenus optata solutio, Paris, 1631; Longitudinum terrestrium et ccelestium novascientia, 1634; Astrologiagallica, 1661, ouvrage auquel il avait travaillé 30 ans et qui ne fut publié qu'après samort : la reine de Pologne Louis-Marie de Gonzague en fit les frais.
*MORIN (Simon), visionnaire, né en 1623 à Richc-mont (Seine-Inf.), était un pauvre écrivain copiste. Affilié à une seote d'illuminés. Il débita qu'il était lé fils de l'homme,, qu'il venait remplacer J.-C, que le roi devait se soumettre à sa puissance, et autres folies de ce genre. Enfermé à la Bastille, il se rétracta, mais, ayant renouvelé ses erreurs, il fut repris et brûlé vif, en 1663 ; ce malheureux ne méritait que les Petites-Maisons.
*MORINI, peuple de k Gaule (Belgique 2*), sur le Fretum Gallicum, auN. des^iîn6tonf et des A frétâtes, au S. et à l'O. de la Germanique 2*. Ils s'étendaient à l'O. jusqu'à la mer : d'où leur nom (Jfori'sw, dérivé du celtique mor, mer, veutdirepeupîe maritime).^ avaient pour villes princip. : TentarmafThérouanne), Gesoriacum (Boulogne), Portus Ilius (Calais?), jtfort-norum castellum (Cassel). Leur pays correspond aux arrondissements actuels de Boulogne et de St-Omer, et à une partie de ceux de St-Pol et de Montreuil (Pas-de-Calais). Cette contrée était, au temps de César, couverte de forêts et de marécages; elle fui soumise par Labiécus. — Le nom de Morinie est encore auj. usité pour désigner ce pays.
*MORISON (Robert), botaniste, né en 1620 àAber-deen en Ecosse, m. eu 1683, fut dix ans directeur du jardin de Blois. appartenant à Gaston, duo d'Orléans, puis médecin de Charles II et surintendant de ses jardins, enfin professeur de botanique à l'Univers té d'Oxford. Morisori a été un des premiers à classer les plantes d'après leurs fruits et leurs organes principaux. On a de lui: fforttts Blesensis, Londres, 1669 ;. Plantarum umbelliferarum : dislri-butionova, Oxford, 1672; Histoire universelle des plantes, 1680, in-fol.
*MORLAAS, oh.-l.de c.-(B.-Pyrénées), à 9 k.N.E. de Pau ; 1700 h. Ane. capitale duBéarn, elle fut la résidence des vicomtes jusqu'au xnif s., et posséda jusqu'au xv un atelier monétaire.
*MORLAIX, en breton Monlrouks, ch.-L.d'arr. (Finistère), sur les flancs de deux montagnes très-rap-' prochées, au confi. du Jarlot et du Kerlent, qui y forment un port, à99 kil. N. de Qulmper, à 516 k. N. de Paris ; 9740h. Rade sûre et commode, défendue par le fort du Taureau, élevé par François I";bon port. Trib. de 1™ inst.etde comm., collége,école d'hydrographie, manuf.detabacs.Sociétés d'agriculture et vétérinaire, Entrepôt considérable de marchandises venant de l'étranger. Promenades, quais,, quedues, viaduc du ch. de fer; église St-Martin, hôtel de ville, hôpital. Commerce actif : grains, beurre, graines oléagineuses, porc s.lé, suif, miel, cire, cuirs, toiles, fil, lin, bhanvre, papier, chevaux, plomb, litharge, armements pour la pêche de la morue. Moreau naquit à, Morlaix.—Ville très-ancienne, nommé d'abord Julia, puis Saliocan, et on latin moderne Mbnsrelascus, Morlœum. Longtemps disputée par les princes de Léon et les, duos dé Bretagne ; prise en 1374 par les Anglais rendue en
*MORN — 1303 — MORO
1381 audac de Bretagne ; prise de nouveau par les Anglais en 1521. Elle souffrit beaucoup pendant les guerres de la Ligue, et se rendit à Henri IV en 1594. MORLAQUIE, petit pays d'Europe, sur l'Adriatique, enclavé entre la Dalmatie et la Croatie, a 155 kil. env. sur 39. Il est partagé entre la Turquie et l'Autriche. Les Moilaques (appelés en leur propre langue Moro-Vlassi) sont un peuple guerrier, peu civilisé, qui vit presque exclusivement du produit de ses troupeaux. Carlopago et Zengg en sont les lieux principaux.
*MORLOT (Fr. Nie Madeleine), prélat français, né à Langres en 1795, m. en 1862; fut d'abord "précepteur, puis successivement grand vicaire de l'évêché de Dijon, évêque d'O léans (1839), archev. de Tours (1842), cardinal (1853), et archev. de Paris (1857). Il était sénateur, grand aumônier de l'Empereur, et membre du Conseil privé.
*MOBMANT, ch.-l. de c (Seine-et-Marne), à 20 k.
N. E. de Melun; 1000 hab. Aux env., beau château
de La Grange, appartenante la famille La Fayette.
*MORMOIRON, ch.-l. dec (Vaucluse), à 12 kil. E.
de Carpentras; 1900 hab. Plâtre, sulfate de fer.
*MORMONS (les), secte récente, née aux États-Unis. Ils n'admetient comme authentiquequ'une Bible particulière, écrite, selon eux, au temps de Sédécias, roi de Juda, env. 600 av. J.-C, par un prophète juif du nom de Mormon, et miraculeusement retrouvée en Amérique. Ils annoncent la venue prochaine du règne de Dieu sur la terre, d'où ils s'appellent les Saints du dernier jour. Ils prétendent,d'après leur Bible, que les aborigènes de l'Amérique sont issus des Hébreux; ils enseignent que le baptême doit être renouvelé sur les adultes, et exigent l'immersion totale du catéchumène dans une eau courante. Ils ont établi entre eux la communauté des biens et autorisent la pluralité des femmes. Le fondateur de la secte est un certain Joseph Smith, né en 1805 dans l'État de Vermont : cet imposteur prétendit avoir reçu, le 22 septembre 1827, des mains de l'ange du Seigneur, le livre sacré de Mormon, auquel il fitdepuis de nombreuses additions. En 1830, il se transporta avec quelques adeptes dans le Missouri où il forma un premier établissement. Chassé de cet État en 1838, à cause de querelles perpétuelles avec les sectes rivales, les Mormons furent accueillis dansl'Illinois, où dès 1839 ils fondèrent une villenouvelle,Nauvoo (c-à-d. la Belle), maisoù leur présence ne tarda pas à devenir l'occasion de troubles graves ; en 1844, J. Smith fut tué, avec son frère Hiram, par une multitude furieuse. Ses disciples, expulsés enl846de l'Illinois,allèrentse fixer, en 1847, dans les vastes plaines situées entre les monts Rocheux et la Sierra Nevada, et formèrent au S. du grand lac Salé et au N. du lac Utah un vaste établissement qu'ils nomment Deseret (Huche d'abeilles). Cette colonie a pris un accroissement prodigieux, surtout depuis la découverte des gisements d'or de la Californie, parce qu'elle se.trquve sur le passage des émigrants qui s'y I rendent des États-Unis. Depuis 1850,elle forme, sous le : nom d'Utab, un nouveau territoire de l'Union(1850), | qui reconnaît pour chef un certain Brigham Young. | En 1858, les Mormons ayant méconnu l'autorité du | pouvoir central, une expédition fut envoyée contre 1 eux, mais ils finirent par se soumettre sans combat. j Cette secte a des partisans même en Europe, sur-| tout en Angleterre et en Danemark. Leur capitale i est Fillmore ou Salt-Lake-City. A. Pichot a donné l une notice sur les Mormons, 1854. 1 MORNANT, ch.-l. de c (Rhône), à 17 kil. S. O. I de Lyon; 1300 hab.
1 MORNAS, b. du dép. de Vaucluse, sur le Lez, 5 près de son embouch. dans le Rhône, à 11 kil. N. O. 1 d'Orange; 18U0 hab. Station. Ruines d'un château 3 jadis habité par le baron des Adrets, qui y exerça j d'horribles cruautés sur les prisonniers catholiques. i§ MORNAY (Pierre de), chancelier de France, d'une s Qesplus anciennes familles du Berry, né vers 1250 1 au château de Mornay (Cher), m. en 1306, fut évè-
que d'Orléans, puis d'Auxerre; fut chargé par Philippe le Bel de négociations importantes et récompensé par les sceaux.
*MORNAY (Philippe de), seigneur du Plessis-Marly, issu de la même famille que le précéd., né en 1549 à Buhy (Vexin français) d'un père catholique, m. en 1623; fut élevé en secret dans la religion réformée par sa mère, et embrassa ouvertement la Réforme après la mort de son père (1560). Il rédigea le fameux mé noire que Coligny fit remettre à Catherine de Médicis et à Charles IX en- faveur des Calvinistes. En 1775, le roi de Navarre (Henri IV) lui confia l'administration de ses finances; il le chargea d'importantes négociations auprès d'Elisabeth. Surintendant général de la Navarre pendant les troubles de la Ligue, il supporta presque seul dans cette province le poids de la guerre. En 1589, il enleva le cardinal de Bourbon, qu'on voulait faire roi; en 1592, il fut chargé de traiter avec Mayenne. Il s'opposade tout son pouvoir à l'abjuration de Henri, et se fit disgracier par son zèle excessif pourleCalvi-nisme. Mornay fut pendant cinquante ans le véritable chef de* Protestants en France : sa grande instruction dans les matières religieuses faisait de lui l'oracle de ses coreligionnaires; on le surnommait le Pape des Huguenots II a laissé divers ouvrages de théologie, dont le plus important est De l'Institution de l'Eucharistie, 1598 (ouvrage sur lequel Henri IV institua une discussion publique à Fontainebleau entre l'auteur et le cardinal Duperron), et des Mi-moires qui ont été publiés par extraits après sa mort (1624-25), et d'une manière plus complèteen 1822-25, par Auguis, 12 vol. in-8. J. Ambert a écrit sa Vie, Paris, 1847.
*MORNY (Ch. Aug. L. Joseph, comte, puis duc de), homme d'État français, né a Paris en 1811, m. en 1865; fut élevé par la comtesse de Souza, et fit de brillantes études; embrassa d'abord la carrière militaire, servit avec distinction en Afrique, puis (1838) se tourna vers l'industrie. Député du Puy-de-Dôme (1842), il fut renvoyé par le département de la Seine (1849) à l'Assemblée législative", devint dès lors un. des conseillers les plus intimes et les plus écoutés du Président; prépara et accomplit le coup d'État du 2 décembre 1851 comme ministrp de l'intérieur; fut de 1854 à 1856 et de 1857 à 1865 président du Corps législatif, et se distingua dans ce poste par son impartialité et les ressources d'un esprit élégant et facile. Protecteur des lettres et des arts, il réunit une des plus belles collections de tableaux, et fit, sous un pseudonyme, plusieurs opérettes et quelques pièces de théâtre qui furent représentées avec succès.
*MORNE, nom usité en Amérique et dans les colonies françaises pour désigner certaines montagnes et certains lieux situés dans ces montagnes. — On appelle le Gros Morne un volcan de l'île de la Réunion, qui a 2200™ de haut; — un bg d'Haïti (Nord), à 31 kil. S. du Port-de-Paix ; — un bg de la Martinique, arrond. de St-Pierre ; 4845 hab. ; culture de la canne à sucre et du café ; — le Morne-à-l'eau, un bg de la Guadeloupe, sur la côte N., à 9 kil. N. E. de la Pointe-à-Pître; 3200 hab.
*MOROGUES (BIGOT de). V. BIGOT.
*MORONE(Jérôme), diplomate italien, né vers 1450, m. en 1529, administra le Milanais, avec le titre de vice-chancelier, au nom de Maximilien Sforza, eu 1512,et de François-Marie en 1521. Après avoir poussé Charies-Quint et Léon X contre la France, il proposa aux Vénitiens et au pape de se rapprocher de François Ie1. Pescaire, instruit de ses projets. le fit arrêter et jeter, eu 1525, dans les cachots de Pavie, d'où il ne sortit qu'en payant une rançon de '20000 florins. Rendu à la liberté, il devint le secrétaire et le conseiller du connétable de Bourbon, puis de Philibert, prince d'Ornnge, et fut créé duc de Bovino en 1528. — Son fils, Jean M., né vers 1508, m. en 1580, oo-cupa tour à tour les sièges épisoopaux de Novare et de Modène, fut envoyé en 1542 comme nonce du
*MORT — 1304 — MORT
Samt-Siégeen Allemagne pour préparer les esprits à in concile général, réussit dans cette mission, reçut le chapeau de cardinal, et présida le concile de Trente.
*MOROSAGLIA, ch.-l. de cant. (Corse), à 15 kil. de Corte; 950 hab. Patrie de Paoli.
*MOROSINI, famille vénitienne qui a fourni à la République plusieurs doges et un grand nombre d'hommes distingués. Domenico M., né en 1080, m. en 1156, se signala dans les combats contre les Sarrasins, décida ta victoire de Jaffa, qui rendit la Palestine aux Chrétiens (1122), s'empara peu après de Tyr et d'Ascalon, punit la trahison de l'emp. grec Alexis Comnène en ravageant les îles de la Grèce et les côtes de la Morée, battit les Pisans, et fut en récompense de ses exploits élu doge en 1148. — Fran-cesco M., doge etl'un des plus grands capitaines de la République, né en 1618, se signala dès l'âge de 20 ans contre les Turcs, fut mis en 1651 à la tête de la flotte qui les combattait, et nommé bientôt après généralissime. Chargé en 1668 de défendre Candie contre les Turcs, il soutint pendant 28 mois un siège qui fit l'admiration de l'Europe; mais il se vit enfin obligé de se rendre. De retour a Venise, il se justifia facilement et reçut la charge de procurateur de St-Marc La guerre s'étant rallumée, il reprit le commandement , enleva plusieurs Îles et places aux Turcs, et les battit complètement près des Dardanelles (1687). Il fut élu doga en 1688 et mourut en 1694.
*MORPETH, v. d'Angleterre (Northumberland), sur le chemin de fer d'ïork à Berwick, à 22 kil. N. de Newcastle; 5000 h. Elle donne le titre de vicomte au comte de Carlisle. Patrie du sinologue Morrison.
*MORPHÉK, Morpheus, dieu du sommeil et des songes, fils delà Nuit, prenait toutes sortes déformes pour tromper les humains, d'où son nom (du grec marphê, forme, apparence). On lui donne pour attributs un pavot, avec lequel il touche ceux qu'il veut endormir, et des ailes de papillon.
*MORRISON (Robert), sinologue et missionnaire de l'Église presbytérienne , né à Horpeth en 1782, m. en 1834, fut envoyé en Chine par la Société des missionnaires anglais en 1807, et devint secrétaire-interprète du bureau britannique à Canton. On a de lui des traductions chinoises du Nouveau Testament, Canton, 1813, et de l'Ancien Testament, 1819; une Grammaire chinoise, 1815: des Dictionnaires anglais-chinois et chinois-anglais, et un Dictionnaire des mots chinois par radicaux, 1815-1823, 6 vol. în-4, tous ouvrages restés classiques. On lui doit en outre un Tableau de la Chine, renfermant la chronologie, la géographie, la religion, etc.
*MORTAGNE, Moritania, ch.-l. d'arr. (Orne), près des sources de l'Huisne, à 40 kil. E. d'Alençon et à 148 kil. S. O. de Paris; 5692 hab. Trib., collège. Toiles, calicot, faïence, grès; charcuterie renommée; grains, bestiaux, etc. A 12 kil. au N. est le célèbre couvent de La Trappe. Jadis place forte et capitale du Perche ; prise par Robert H, roi de France, en 997 ; elle souffrit beaucoup dans les guerres de la Ligue.
*MORTAGNE-SUR-SKVRE, ch.-l. de cant. (Vendée), sur la Sèvre Nantaise, à 55 kil. N. E. de Napoléon-Vendée; 1600 hab. Blanchisserie, teinturerie de toiles de coton; eaux minérales. Ane baronnie. Il s'y livra en 1793 un combat entre les Républicains et les Vendéens : ceux-ci furent vaincus.
*MORT AIN, Moritolium, ch.-l. d'arr. (Manche), à 62 kil. S. E. de St-Lô, au milieu de rochers escarpés; 2521 hab. Trib., collège, bibliothèque. Dentelles, toiles communes, basanes; bestiaux. Fontaine minérale. Jadis place forte et titre de comté.
*MORT ARA, v. d'Italie (Piémont), ch.-l. d'arrond., sur le lanalde l'Agognaau Pô, à 23 kil. S. S. E. de Novnre ; 7000 hab. Rizières. Prise d'assaut par les Autrichiens le 2,1 mars 1849.
*MORTE (mer), le lac Asphaltite des anciens, en arabe Bahr-el-loud (mer de Loth), lac de Syrie, dans l'anc. Palestine, au S. E. de Jérusalem, entre 30" 66'-31* 50' lat. N. et 33°30' long. E.; 100 kil. sur25.
Ce lac reçoit au N, l'El-Charia (le Jourdain) et à l'O. le torrent de Cédron. Ses eaux sont assez limpides, mais elles renferment beaucoup de sel, ce qui les rend très-pesantes. Le fond du lac est couvert d'une vase noire, épaisse et fétide ; on voit flotter à la surface l'asphalte ou bitume de Judée; du milieu des eaux s'élèvent souvent des exhalaisons sulfureuses. C'est un fait auj. vérifié, que les eaux de ce lac ne nour-rissentaucun être vivant ; d'oùson nomdemer Morte. On voyait jadis sur ses bordscinq villes riches et florissantes: Sodome, Gomorrhe, Adama, SéboïmetSégor: le feu du ciel les anéantit en punition des crimes de leurs habitants.—D'après des recherches récentes,. le niveau de la mer Morte serait inférieur d'environ 393° à celui delà Méditerranée, M de Sauley a publié un Voyage autour de la mer Morte. Paris, 1853.
*MORTEAU, ch.-l. de cant. (Doubs), à 27 kil. N. E. de Pontarliers ; 1400 hab. Toiles, teintureries, fonderie de cuivre, école d'horlogerie. Près de là la Doubs forme la belle cascade dite le Saut-àu-Doubs.
*MORTEFONTAINE ou MORFONTAINE, Vge du dép. de l'Oise, à 10 kil. S. de Senlis; 400 hab. Magnifique château construit à la fin du xvm* s., avec un beau parc, remarquable par ses pièces d'eau et ses étangs (d'où le nom de ce lieu). Ce château a appartenu depuis la Révolution à Joseph Bonaparte, irais au duc de Bourbon-Condé. On traité y fut conclu le 30 sept. 1800 entre la France et les États-Unis.
*MORTEMARTJGabriel DE RocHBCHOUART,marquis, puis duo de), né en 1600, m. en 1675, gouverneur de Paris, se fit remarquer par son esprit et son instruction. Il était un des seigneurs les plus aimables de la cour. Il est surtout connu par ses enfants, le duc de Vivonne, Mme de Montespan. la marquise deThian-
f
es et l'abbesse de Fontevrauit. L'esprit passait pour éréditaire dans cette famille. V. ROCHECHOUART.
*MORTEMER, Morluum Mare, bg de la Seine-Inf„ dans l'anc, Normandie.à 9 k,E.deNeufchâtel;300h, Ano. abbaye de l'ordre de Cîteaux. Guillaume le Bâtard , duc de Normandie -, vainquit à Mortemer Henri I, roi de France, en 1054.
*MORTIER (Joseph), ducdeTrévise, maréchal de France, né au Câteauen 1768, partit comme volontaire en 1791, fit avec distinction toutes les guerres de la République, s'empara du Hanovre en 1803, fut nommé maréchal de l'Empire en 1804, soumit en 1806 la Hesse-Cassel et entra dans Hambourg, passa ensuite a l'armée d'Espagne et eut une grande part à la victoire mémorable d'Ocana. 19 nov. 1809. Dans l'expédition de Russie, il contribua à sauver les débris de la grande armée : enl814 il partagea le commandement de Paris avec Marmont. Nommé pair de France par Louis XVIII. il ne s'en rallia pas moins à Napoléon dans les Cent-jours (1815). Après le retour de Louis XVIII il refusa de juger le maréchal Ney et fut pour ce motif déclaré déchu de la pairie; il fut alors élu membre de la Chambre des députés, où il siégea de 1816 à 1819, puis il fut élevé de nouveau à la pairie. En 1834, il accepta le portefeuille de la guerre avec la présidence du conseil ; il occupait encore ce poste, lorsqu'il fut tué par l'explosion delà machine infernale de Fieschi aux côtés mômes du roi Louis-Philippe (1835). 7. FIESCHI.
*MORTIMSR (Roger, comte de), seigneur anglais, né vers 1287, fut 14 ans un des plus zélés serviteurs d'Edouard IL qui Ienomma,son lieutenant en Irlande. Néanmoins il s'unit en 1320 aux barons mécontents et leva l'étendard de la révolte. Il fut pris et enfermé à la Tour de Londres; mais il parvint à s'échapper et se réfugia en France. Là, â rejoignit la reine Isabelle, qui s'y étaitaussi retirée : il sut se faire aimer de cette princesse et lui ât bientôt oublier ses devoirs. Tous deux résolurent de rentrer en Angleterre de vive force. Ils formèrent une petite armée avec les secours que leur donnait le comte de Haînaut, et débarquèrent à Suffoik en 132S, Ils réussirent à soulever le peuple, s'emparèrent de la personne du roi, que Mor-timer fit assassiner dans sa prison (1327). et macèrent
MORV — 1305 — MOSC
1723 celui des affaires étrangères. La même annê«, il fut admis à l'Académie française.
*MORVILUERS ou LITFOL-LÊ-GRAND,bg du dép. des Vosges, à 8 kil. S. O. de Neufchâteau ; 1700 h. Fabriques de rouets, de broches en fer, d'étrilies. Jadis important : on a cru y retrouver l'ancien Lalofao. Charles IV, duc de Lorraine, y battit Du Hallier en 1641. MORVILLIERS (Jean de),.chancelier, né à Blois en 1506, m. en 1577, avait embrassé l'état ecclésiastique. Admis au grand conseil par la protection des Guises, il fut un des juges du chancelier Poyet; puis fut nommé ambassadeur à Venise. Il devint en 1552 évêque d'Orléans. Il assista (1555) aux conférences d'Ardres, et parut avec éclat au concile de Trente (1562). Il conclut l'année suivante un traité entre Charles IX et la reine Elisabeth. A la retraite de L'Hôpital il fut chargé des sceaux.
===MOS===
*MOSA, fleuve de la Gaule, auj. la Meuse.
*MOSARABES, MOSARABIQUES. V. MOZARABES.
*MOSCHIQUES (Monts), Moschici, auj Amasintha, chaîne de montagnes de l'Asie-Mineure, se détachait du Caucase près des sources du Phase, et formait deux branches, l'une qui s'étendait à l'E. de la Col-chide, l'autre qui, se prolongeant dans l'Arménie, séparait la Catarzène et la Chorzène au N. de la Basi-licèneet de la Caranitide au S.
*MOSCHOPULE (Manuel), nom de deux grammairiens grecs, contemporains et cousins. Le plus ancien, ué dans l'île de Crète, florissait sous l'empereur Manuel Paléologue vers la fin du xxv" siècle; le 2*, de Byzance, fut du nombre des Grecs qui, après la prise de Constantinople, cherchèrent un asile en Italie. Moschopule de Crète est auteur d'une Grammaire, publiée en 1540 à Bâle, de Scholies sur Hésiode qui se trouvent dans l'Hésiode de Heinsius, et sur l'Iliade, publiées à Utrecht en 1779 et complétées par Bachmann en 1835, et de notes, encore inédites, sur les Héroïques de Philostrate. Moschopule de Byzance est auteur d'un Choix de mots attiques, imprimé à Venise, 1524; on lui attribue un traité de grammaire élémentaire, d'orthographe et de prononciation, connu sous le titre de Perischédôn, dont R. Étienne a donné une magnifique édition en 1545, réimp. à Vienne en 1773 et en 1807. On ne sait au-quelrapporter une Vie d'Euripide, insérée dans plusieurs éditions de ce poète, et un Traité sur les carrés magiques, trad. en latin par Lahire en 1691.—Titze a donné à Prague, en 1822, lesOpuscula gramma-tica de Moschopule de Crète, d'après un nouveau manuscrit . avec une dissertation sur les deux cousins. MOSCHUS, poète de Syracuse, florissait vers 280 av. J.-C. Elève et ami de Bion de Smyrne, il excella comme lui dans l'idylle. On ne sait rien de sa vie. Parmi le peti* nombre de pièces qui restent de lui, on remarque l'Amour fugitif, l'Enlèvement d'Europe, et surtout Vldylle sur la mort de Bion. Ses poésies se trouvent avec celles de Théocrite et de Bion. Elles ont été éditées séparément par Heskin, Oxford, 1748; par Jacobs, Gotha, 1795, et Wakefield, Londres, 1795. Elles ont été trad. en vers français par Longepierre, 1686, et en prose par Gail, 1795:.
*MOSCHUS (Jean), moine grec du vi" s., vécut sous les règnes de Tibère II et de Maurice, et mourut en 620. Il visita la Palestine, la Syrie, l'Êgypte,_ et laissa, sous le titre de Leimon (pré ou verger spirituel), les Vies des saints qu'il avait connus. Ce recueil a été publié dans les collections de Fronton du Duc et de Côtelieret traduit en françaispar Arnaud d'Andiïïy.
*MOSCOU, Moskva en russe, Masqua en latin moderne, v. de la Russie d'Europe, autrefois capitale de toute la Russie, auj. ch.-l. du gouvt de Moscou, sur la Moskova et 2 autres riv., par 35° 13' long. E., 55° 45 lat. N., à 775 kil. S. E. de St- Pêtersbourg et à 2945 kil. N. E. de Paris parVilna; 400 000 hab. Siège d'un métropolitain grec; consistoire luthérien ; eour criminelle, haute cour civile., trib. de commerce ; célèbre université, fondée en Ï755, et très-fréquentée, avec bibliothèque, musée d'histoire naturelle, ca-
sur le trône le jeune Edouard III. Mortimer exerça pendant quelque temps sous le nom de ce prince un pouvoir absolu, sacrifiant tous ceux qui lui faisaient ombrage, mais il finit par se rendre si odieux qu'Edouard, dès qu'il put régner par lui-même, le fit arrêter et juger. Il fut pendu en 1330.
*Le titre de duc de Mortimer fut plus tard porté par Edmond Mortimer. qui avait épousé Philippine de Cla-rence, fille de Lionel, 2" fils d'Ëdouurd III, et qui mourut en 1381. — Roger, duc de Mortimer, fils d'Edmond, fut déclaré héritier de la couronne en 1385; mais il mourut en 1399, ne laissant qu'une fille, Anne de Mortimer, qui en épousant Richard d'York transporta dans cette maison iesdroits de sa famille au trône. De là la guerre des Deux-Roses entre la maison d'York et celle de Lancastre, issue de Jean de Gand, 3* fils d'Edouard III. V. ROSES (DEUX-).
*MORTIMER'S CROSS, c-à-d. Croix de Mortimer, lieu du comté d'Hereford, sur les bords du Lugg, est célèbre par la bataille qui s'y livra le 1 février 1461, entre les troupes d'Edouard IV d'York, commandées par Edouard en personne, et celles d'Henri VI de Lancastre, commandées par le comte de Pembroke. La victoire resta au roi Edouard, ce qui lui assura la possession du trône d'Angleterre.
*MORTON (Jean), archevêque de Cantorbéry, né en 1410, dans le comté de Dorset, m. en 1500, d'abord professeur de droit, puis maître des rôles(1473), prit parti pour Henri VI et la maison de Lancastre dans iaguerre des Deux-Roses: il se soumit cependant à Ê-douard IV, qui le nomma evèque rt'Êly(147 7)et conseiller privé. Obligé de quitter l'Angleterre sous Richard, duc de Glocester, il y rentra sous Henri VII, devint le confident et le conseiller de ce prince, réunit les deux partis par le mariage du roi avec la fille d'Edouard IV, et fut en récompense nommé premier ministre, archevêque de Cantorbéry (1486), grand-chancelier (1487), enfin cardinal (1493).
*MORTON (Jacques, comte de), né àDalkeith en 1530,
étudia à Paris, revint en Ecosse en 1554, et y propa
gea la Réforme. Nommé chancelier parMarie-Stuart,
il n'en prit pas moins part au meurtre de Rizzio, fa
vori de la reine, et à celui de H. Darnley, son époux ;
peu après, il renversa Bothwell,nouvel époux de Ma
rie. En 1572, il devint, pai la protection d'Elisabeth,
régent du royaume ; mais il se rendit odieux par ses
exactions et fut forcé de se démettre en 1578. Il par
vint néanmoins à se ressaisir de l'autorité; mais,
ayant encore abusé du pouvoir, il fut, en 1581,condam-
-_ né à mort, comme coupable de haute trahison et déca-
I pité à Ëdimliourg, malgré les instances d'Elisabeth.
ï MORTKÉE, ch.-l. de c (Orne), à 17 kil. S. E. d'Ar-
§ gentan; 1000 hab. Toiles.
i MORTS (Fête des), fête célébrée en mémoire de
| tous les fidèles trépassés, est fixée au 2 novembre.
î Elle fut instituée par Odilon, abbé de Cluny, en 998.
| MORUS (Thomas). V. MORE.
î MORVAN, petit paysde l'anc.France, dans la Bour-
1 gogne et le Nivernais, auj. compris dans le S. O. du
ï dép. de la Côte-d'Or, le N. O. du dép. de Saône-et-
| Loire et de celui delà Nièvre, avait pour ville princi-
| pales Château-Chmon et Vézelay. Il a donné son nom
î à une petite ehaîne de montagnes qui, séparant le
j bassin de la Seine de celui de la Loire, commence sur
| te versant occidental de la côte d'Or, vers les sources
| de l'Arroux, et se termine à l'origine de l'Yonne.
1 MORVEN, montagne d'Ecosse, dans le comté de
1 Caithness, a 1000 m. de haut. Les poèmes d'Ossian J ont rendu ce lieu célèbre, comme ayant été le théâtre m des exploits de Fingal.
I MORVILLE (J. B. FLEURIAU, comte de),homme d'É-
i tat, né à Paris en 1686, m. en 1732, fut successive-3 ment avocat du roi au Châtelet, conseiller au parle-;; ment, procureur général au grand conseil, ambassa-| deur en Hollande en 1718, détermina les États géné-| raux de ce pays à signer la Quadruple alliance, traita s comme plénipotentiaire au congres de Cambrai en 1721, reçut en 1722 le ministère de la marine, et en
*MOSE — 1306 — MOSK
binets de médailles et de physique, observatoire et imprimerie; institut ou gymnase n.'ble, avec bibliothèque; institut de Ste-Catherine pour les demoiselles nobles; institut Lazareff, avec bibliothèque,' typographie et collections; académie grecque, académie impériale de médecine et de chirurgie ; école militaire, dite Corps de Cadets de l'armée, écoles de chirurgiens mili tai res,de vétérinaires, d'arpemeurs.d'ar-chitecture, d'agriculture, de commerce, etc. Société des naturalistes, soc des sciences physiques et médicales, d'histoire et d'antiquités, de littérature, d'économie rurale, etc. Moscou offrait jadis un aspect asiatique qui s'efface chaque jour : elle est encore auj. remarquable par ses innombrables coupoles dorées ou peintes en vert, ses clochers, ses monuments de tous tes âges et de toutes les architectures, et par ses 4 quartiers qui forment 4 cercles concentriques : la ville de Terre, la ville Blanche, la ville Chinoise, et au centre le Kremlin, citadelle et anc palais des czars (F.KREMLIN). Edifices : le Palais-Anguleux dont le revêtement est à facettes), les palais des Antiquités, du Patriarche, du Sénat, les Enfants-Trouvés, le Bazar ; la tour d'Ivan le Grand (la plus haute de la ville, et où jadis était une cloche pesant 165 000 kilog.); l'arsenal, le théâtre, la grande salle pour l'exercice des troupes; la cathédrale, les églises St-Michel, N.'-D'. de Kazan, de l'Annonciation ; celle de Wassili-Blagenoï, bâtie en 1554 en mémoire de la conquête de Kazan, et qui offre toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Superbes places, belles promenades publiques, nombreux canaux et ponts; hôpitaux nombreux et magnifiques. Chemins de fer pour St-Pétersbourg et autres villes. Industrie : velours, satins, taffetas, rubans; draps, chapeaux, papiers peints, passementerie, tanneries, brasseries, etc.; fonderie ae canons. Commerce très-actif : Moscou est comme l'entrepôt entre la Russie occidentale d'une part, la Russie d'Asie, l'Asie centrale et la Chine de Vautre. — Moscou n'était qu'un village avant Iouri I (Dol-gorouki), qui en fit une ville vers 1147. La chute du grand principat de Kiev par suite de l'invasion mongole (1235), etl'occupation detoutle sud de la Russie par les Tartares de la Horde d'Or, firent prédominer cette ville, en même temps que la ligne des princes de Moscou devenait, à partir d'iaroslavll (1238), la dynastie des grands princes de Russie ou czars. De 1300 à 1703, elle fut seule la vraie capitale de la Russie. Plusieurs fois elle fut assiégée ou prise : par Olgierd, 1369-70; par Toktamouich, 1382; parlédigéï, 1408; par Dmitri-Khemiaka, 1445; par les Tartares, 1451 et 1477 ; par Otrepief, 1605 ; par les Polonais, sous la conduite de Ladislas, fils de Sigismond III, 1611 ; enfin par Napoléon, 1812; mais alors Rostopchin y alluma ce fameux incendie qui consuma la viûe presque entière. Moscou commença dès 1814 à se relever de ses ruines ; elle est auj. plus belle et plus riche que jamais. St-Pétersbourg, fondée en 1703, lui a ravi le rang de capitale; mais Moscou est restée la ville chérie des Russes, leur ville sainte ; c'est là que les czars se font couronner. — On appelle Paix de Moscou un traité signé dans cette ville en 1686, entre la Russie et la Pologne : Sobiesky faisait de grandes concessions à la Russie pour obtenir son appui contre les Tartares et les Turcs.
Moscou (Gouvt de), entre ceux de Tver, Vladimir, Riazan, Toula, Kalouga, Smolensk : 235 kil. sur 215 : 25 500 kil. carrés; environ 1400000 hab.; ch.-l., Moscou. Beaucoup de riv. (Oka, Moskova, Kliazma, etc.), 109 lacs. Blé, chanvre, lin, houblon, etc. Industrie très-développée : au moins 600 manufactures.
*MOSCOVIE. V. HUSSIE.
*MOSELLE (la), Mosella, riv. de France et d'Allemagne, naît à Bressang (Vosges), coule au N., au N. O., puis au N.E.; baigne Remiremont, Ëpinal (Vosges), l'oul et Pont-à-Mousson (Meurthe-at-Moselle), Metz et Thionvi le (Alsace-Lorraine); Trêves, Berncastel, Hall (Éiats-Prussiens), et se jette dans le Rhin par Ja r. g. à Coblentz. Cours, 500 kil. dont 300 en France, j
Elle reçoit, adroite, laMeurthe, la Seille, la Sarre., et, à gauche, le Madon, l'Ornes, la àure et la Kilt. On récolte d'excellent vin sur les côtes qui la bordent
*MOSELLE, (lep. du N. E. de la France avant 1871, était borné au S. par celui de Ia.Meurtbe, à l'E. par celui du Bas-Rhin, à l'Ô. par le dèp. de la Meuse, au N. par le Luxembourg, la Prusse et la Bavière; 446457 hab.: 5327 kil, carrés; ch.-l., Metz. Il était formé aux dépens de la Lorraine et des Trois-Évê-chés. Ce pays offre des montagnes peu élevées, ra-DiUfications des Ardennes et des Vosges; il est arrosé du S. au N. par la riv. qui lui donne son nom, et est sillonné par le chemin de fer de l'Est. Fer, houille, manganèse, grès, quartz, plâtre, chaux, belle pierre de taille, terre à potier et à creusets. Grains, vins, fruits, légumes, chanvre, pommes de terre ; quelques bois. Forges et usines à fer (scies, limes, râpes, tôle acier, etc ) ; sucre de betteraves, huiles, ea ux-de-vie, vinaigre; acides minéraux, lainages, toiles, confitures, liqueurs, etc. — Ce dép. avait4arr. (• etz. Sar-reguemines, Briey, Thionville), 27 cant., et 620 communes; il appartenait à la 5* division militaire, et avait une cour d'appel et un évêché à MHz.
*MOSER (J. J.), publiciste, né à Stuttgard en 1701, mort en 1785, professa le droit à Tubingue et àFranc-fort-sur-l'Oder, et remplit diverses missions politiques. Il eut avec plusieurs princes de l'Allemagne do vifs démêlés qui le dégoûtèrent des affaires ; il se livra alors tout entier à l'étude et s'occupa surtout de fixer le droit positif des peuples de l'Europe. Il a publié sur ces matières une foule de volumes, dont on porte le nombre à plus de 500. Les principaux sont : Ancien Droit public de PAllemagne, 1727; Plandela constitution moderne de l'Allemagne, 1731; Principes du Droit des nations européennes en temps de guerre, 1752; Essai du plus moderne Droit despeuples d'Europe en paix et en guerre, étuttgard, 1777-80, 10 vol. ih-8, vaste ouvrage auquel il ajouta encore des Suppléments. — Son fils, Frédéric M., 1731-98 , conseiller aulique de Hesse-Hombourg, puis administrateur du comté de Falkenstein, enfin l"mi-nistre et chancelier à Darmstadt, a écrit sur les mêmes matières des ouvrages estimés, entre autres : Devoirs réciproques d'un souverainet de son ministre (trad. par Champîgny, 1791) ; Recueil des recès du Saint-Empire romain.
*MOSES. V. MOÏSE.
*MOSHEIM (Jean Laurent de), savant théologien protestant, né à Lubeçk en 1694, m. en 1765, se fit remarquer de bonne heure par une vaste érudition. Le duc de Brunswick lui donna en 1723 une chaire de théologie à l'Université d'Helmstasdt, chaire qu'il conserva jusqu'en 1747; puis il fut appelé par l'électeur de Hanovre à Gœttmgue comme professeur de théologie, avec le titre de chancelier de l'Université; il y restajusqu'àsamort. Mosheim a rendu d'incontestables services à l'histoire ecclésiastique, mais il l'a plus d'une fois travestie et ne s'est pas toujours montré juste envers les catholiques. Ses ouvrages principaux sont : les Instituts /d'histoire ecclésiastique, en latin, 1726 et 1755, un Essai d'une histoire impartiale des hérétiques, 1748; un recueil de Sermons, 1747, regardés comme des modèles du genre; la Mo ralede l'Êcriture,qal a obtenu plusieurs éditions; une traduction latine de Vlntellectual sysUm de l'Anglais1 Cudworth,1738 et 1773, àvecd'importantesadditiODSj et une foule de dissertations particulières sur divers points d'histoire ecclésiastique, notamment sur le rapports du Platonisme avec le Christianisme.
*MOSKOVA ou HOSKVA, riv. de la Russie d'Europe, prend sa source près de Gjatch, dans le gouvt de Smolensk, coule à l'E., entre dans le gouvt de Moscou, passe à Mojaïsk, Zvenigorod, Moscou; puis se dirige au S. E., et se jette dans l'Oka près de Kolomna; cours, 400 kiL — Sur ses bords, près du village de Borodino, les Français remportèrent sur les Russes une sanglante victoire, le 7 septembre 1812 : le maréchal Ney, qui y avait le plus contribué, reçut à-
MOST — 1307 — MOTA
la suite de cette bataille le titre de prince de la Moskova.
*MOSLEMAH, capitaine arabe, l'un des fils du calife Abd-el-Mélek, commanda les armées musulmanes sous le règne de ses frères Walid I, Soliman, Yézid II et Hescham, conquit le Pont et l'Arménie (705), assiégea Constantinople en717, mais sans succès, vainquit Yézid-ibn-Mahlebet les Turcs Khazars, et réduisit le Chirvan. Il m. en 739.
*MOSQUITOS, peuplade de l'Amérique centrale, dans le Guatemala oriental, à l'E. de l'État de Honduras, auN. E. de celui de Nicaragua, donne sonnom à une vaste baie qui s'étend le long de la Nouv.-Gre-nade et du Guatemala, et qui a 600 kil. de large sur 270 de profondeur. Ce peuple, jadis nombreux et puissant, mais décimé par l'abus des spiritueux et par les maladies qui en sont la suite, ne compte plus guères que 1000 hommes en état de porter les armes. Il a un roi, qui s'est placé sous la protection de l'Angleterre, ce qui a amené quelques contestations entre les Anglais et divers États d'Amérique.
*MOSSOUL, Hausilium, Ninusnova, v. de la Turquie d'Asie (Al-Djézireh), ch.-I. du pachalik de son nom, sur la r. dr. du Tigre, à 370 kil. N. O. de Bagdad; de 40 à 50 000 h., dont env. 10 000 Chrétiens Nestoriens. Résidence d'un patriarche chaldéen catholique. Murs avec fossés et tours, château dans une lie du Tigre ; rues étroites et sales ; maisons en terre pour la plupart ; vingt mosquées, dix églises.etc.Bains nombreux. Industrie et commerce assez actifs, mais en décadence. Cette ville a donné sonnom à la mousseline i cependant on ne fait, aujourd'hui du moins, qu'y teindre et imprimer en couleur ce tissu, qui vient de l'Hindoustan par Bassora; velours, tapis, seHerie, armes, usines à fer et acier; grand commerce de noix. — Mossoul, ou plutôt le village de Sounia, situé tout auprès, au S. E., occupe en partie l'emplacement de l'anc. Ninive. Elle eut pendant longtemps des sultans particuliers, soumis aux califes; elle fut saccagée à plusieurs reprises : par Saladin, parles Mongols, par Tamerlan. Nadir-Chah l'assiégea vainement en 1741.— Le pachalik, qui comprend l'anc. Mésopotamie, est située entre le Diarbékir au N. et à l'O., l'Irak-Arabi au S.., et le Kourdistan turc à l'E.; 150 000 hab., la plupart Kourdes. Il est quelquefois regardé comme une dépendance de celui de Bagdad. MOSTACFY-BILLAH, calife abbasside de Bagdad, fut mis sur le trône en944, à la place de son père Mot-taky, par l'émir-aj-omara Touzoun, et ne fut, comme ses prédécesseurs, qu'un instrument passif entre les mains de ses ministres. Après 16 mois de règne, il fut déposé par le Bouide Moëz ed Daulah, que ses sujets opprimés avaient appelé à leur secours, fut privé de la vue et relégué dans une prison, où il mourut au bout de quatre ans (949).
*MOSTADHER-BILLAH.califeabbassidede Bagdad, fils et successeur de Moctady, s'assit sur le trône à 16 ans, en 1094, et mourut en 1118, après un règne de 25 ans. Juste, généreux et ami des lettres, il n'avait cependant point les qualités d'un prince : il subit/ le joug du turc Barkiaroc C'est sous son califat que les ; Croisés s'emparèrent de Jérusalem (1099). ; MOSTADY-B1AMR-ALLAJU, calife abbasside, suc-î céda en 1170 à son père Mostandjed, et mourut en I 1180, après un règne glorieux. Son lieutenant Sala-| din affranchit l'Egypte du joug des Fatimites, et mit i ainsi un terme au schisme qui divisait l'Islamisme. î MOSTAGANEM, Cartenna, v. de l'Algérie (Oran), | ch.-i. de division militaire et sous-préfecture, à 1 k. S de la Méditerranée, près de l'embouchure du Chélif, | et à 80 k. N. E. d'Oran ; 8000 hab. Bon port; citadelle ; de Matemore.La ville est bàtre en amphithéâtre etdi-a visée en 2 parties par le ruisseau d'Aïn-Sefra. Sol | fertile; commerce de fruits secs, céréales, laines, S peaux, etc. Tanneries, maroquineries, fabriques de I tapis, tissus de laine et bonnets brodés pour les Arabes. Occupée par les Français en 1833. MOSTAÏN, calife abbasside de Bagdad en 862, fut porté au trône par la milice turque. Il s'abandonna aux conseils de ses favoris, vit ses sujets se soulever plusieurs fois, fut assiégé dans Bagdad par les rebelles, et obligé d'abdiquer en faveur de son cousin-Motaz, qui ne tarda pas à le faire périr (866).
*MOSTANDJED, calife abbasside de Bagdad, succéda à son père Moctafy en 1160. II eut d'abord à réprimer la révolte d'un de ses frères;devenu paisible-possesseur du trône, il gouverna avec sagesse. Néanmoins, il mourut empoisonné, en 1170.
*MOSTANSER, calife abbasside de Bagdad, succéda en 1226 à son pèreDhaher, obtint l'amour de ses sujets par sa générosité, protégea les lettres et les arts, et bâtit un fameux collège qui reçut son nom. Il eut, dans ses dernières années, à repousser une invasion des Mongols. Il m. en 1243, à 51 ans.
*MOSTANSER (Ahmed), 1" calife abbasside d'Egypte, frère du préc, échappa au massacre de sa famille après la prise de Bagdad par Houlagou, en 1258 ; se réfugia en Egypte, fut reconnu pour calife par Bi-bars, qui régnait dans ce pays, et en obtint des secours pour reconquérir Bagdad; mais il échoua et périt en combattant les Tartares, 1260.
*MOSTANSER, roi de Tunis en 1249, fut attaqué et vaincu par S. Louis qui mit le siège devant Tunis (1270). Il ne fut sauvé que par la peste, qui ravagea le camp des Français. Après la mort de S. Louis, il obtint la paix de Philippe le Hardi. Il mourut en 1276.
*MOSTAR, v. de Bosnie, dans l'Herzégovine, sur la Narenta, à 80 kil. N. O. deTrébigné et à 77 k. S. O. de Bosna-Séraî; 10000 hab. Évêcnégrec. Vieux pont romain. Armes damasquinées.
*MOSTARCHED,califeabbassidedeBagdad,succéda en 1118 à son père Mostadher. Après avoir réprimé une révolte de son frère, il essaya de s'affranchir de la tyrannie des émirs; mais il fut vaincu et pris par l'un d'eux en 1135, et périt peu après assassiné.
*MOSTASEM, dernier calife abbasside de Bagdad, succéda en 1243 à son père Mostanser. Tout entier aux plaisirs, il abandonna le soin des affaires à ses femmes et à ses courtisans. Une querelle religieuse existait alors à Basdad entre les. Sunnites et les Chyites : Mostasem fit piller les propriétés de ces derniers, que protégeait son visir Mowaïed-Eddin. Celui-ci, pour se venger, appela Houlagou, frère du Khan des Mongols, et lui livra Bagdad. Au milieu du massacre, Mostasem, par le conseil du perfide vizir, se rendit au camp d'Houlagou ; mais le roi barbare le retint prisonnier avec ses deux fils et le fit bientôt mettre à mort (1258). Mostasem était âgé de 42 ans et en avait régné 15. En lui s'éteignit la 1™ dynastie des Abbassides, qui avait régné à Bagdad 508 ans.
*MOSYNÈQUES, Mosynœci, peuple barbare de l'Asie-Mineure, habitait les bords du Pont-Euxin, entre-les Chalybes et les Tibaréniens, près des villes grecques de Cérasonte et de Pharnacée. Ils n'avaient pour demeures que des arbres ou de petites tours de bois (d'où leur nom, formé du grec mosyn, tour, et oikos, maison) du hautdesquellesils attaquaient les passants.
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*MOTADHED, calife abbasside. succéda à son oncle Motamed en 892. Ce prince allia la prudence à la fermeté, maintint les grands dans l'obéissance, diminua les impôts et protégea les savants. Il traita les Alides avec beaucoup de faveur, vainquit les Karma-thes, mit fin à la dynastie des Soflarides et répara les désastres causés à la Mecque par l'invasion des Kar-mathes. Il mourut en 902, après 9 ans de règne.
*MOTAD Y, calife abbasside, fut proclamé à Bagdad en 869, voulut faire des réformes dans les mœurs et la religion et abattre l'insolence de la milice turque; mais il fut au bout de peu de mois attaqué par cette même milice et périt en se défendant bravement, 870.
*MOTAMKD, calife abbasside de Bagdad, succéda à son cousin Motady en 870. Il régna 23 ans. pendant lesquels il ne prit aucune part aux événuments, laissant l'autorité à son frère Mowaffek. Soiis son règne,. la Perse orientale et l'Egypte se détachèrent du kali-fat : l'une se soumit à la dynastiedes Soflarides, l'au»
MOTT — 1308 — MOUK
tre àcolle des Thoulounides. Il mourut à la suite d'une débauche. en 892, à l'âge de 51 ans.
*MOTASSEM, calife abbasside dé Bagdad, 4«fils d'Haroun-al-Raschid, régna de 833 à 842 de J.-C, se montra intolérant dans les querelles religieuses. Il créa la milice turque, qui, dans la suite, détrôna les califes, mit à mort le sectaire Babek, chef des Ismaéliens, qui s'était révolté (837), repoussa l'emp. Théophile et tua 30 000 hommes de son armée. Il fonda la ville de Sermenraï et en fit sa résidence.
*MQTAWAKK.EL,dernier calife abbassided'Egypte, était sous la domination du mamelouk Kansou-al-Ghaury ; il combattit avec lui l'empereur des Turcs Sélim I (1516),mais il fut fait prisonnier et forcé de renoncer a tous ses droits. Il resta 4 ans captif à Con-stantinople, et revint ensuite en Egypte, où il mourut en 1538. En lui s'éteignit définitivement le titre de calife, que sa famille avait possédé 800 ans.
*MOTA-WAKKEL-BILL AH , calife abbasside, régna à Bagdad de 847 à 861, soumit les Chrétiens et les Juifs aux plus cruelles avanies, se déclara l'ennemi d'Ali et de sa postérité, et défendit le pèlerinage à son tombeau. Son propre fils le fit périr, de concert avec la milice turque.
*MOTAZ, calife abbasside de Bagdad (866-869), remplaça son cousin Mostaïn, forcé d'abdiquer, et ne tarda pas à le faire périr. Il tenta de s'affranchir de la tutelle de la milice turque : ayant échoué, il voulut abdiquer pour avoir la vie sauve, mais il fut plongé dans un cachot, où on le laissa mourir de faim.
*3ÏOTAZALITES, sectairesmahométans, qui se rattachent à la secte d'Ali, soutiennent que Dieu ne possède point d'attributs qui soient séparés de son essence, que le Coran n'est point incréô ni éternel, et rejettent la prédestination.
*MOTŒRSou HOTIERS-TKAVERS, vge de Suisse (Neu-châtel), dans le Val de Travers, à 22 k. S. O. de Neu-cuâtel. J. J. Rousseau l'habita de 1762 à 1765 : c'est U> qu'il écrivit ses Lettres de la Montagne.
*JHOTIN (Pierre), poète médiocre, né à Bourges, m. vers 1615, a laissé quelques pièces de vers que l'on trouve dans les recueils du temps. Boileau a dit de lui, dans son Art 'poétique (IV, v. 39 et 40) :
J'aime mieux Bergerac et sa burlesque audace Que ces vers où Motin se morfond et nous glace.
*flIOTRIL,Firmum Juiium.v. d'Espagne (Grenade), à 58 k. S. E. de Grenade et à 8 k. E. de Malaga, non loin de la mer; 12000 hab. Port sur la Méditerranée. Canne à sucre, rhum, salpêtre : mines de plomb.
*BÏOTTAKY, calife abbasside de Bagdad, succéda à son frère Radhi en 940. Voulant s'assurer l'affection et la fidélitê»de la milice turque, il donna la charge d'emir-al-otnra à Touzoun, l'un des chefs de cette milice; mais celui-ci finit par'le déposer et lui fit crever les yeux (944).
*MOTTEVILLE (Françoise BERTAUT, dame de), née en Normandie vers 1621, m. en 1689, était fille d'un gentilhomme de la chambre du roi et d'une dame esDagnoleattachéeà la reine Anne d'Autriche, et nièce du poste Bertaut. Elle s'attacha dès sa jeunesse à la reine Anne, fut disgraciée par le cardinal de Richelieu, se retira en Normandie, où elle épousa en 1639 Langlois de Motteville, 1" président de la Chambre des Comptes, et resta veuve au bout de deux ans. Après ia mort de Richelieu et de Louis XIII, elle fut rappelée par Anne d'Autriche, devenue régente, qui en fit saconfidente intime. Elle étaiten outre liéeavec les femmes plus distinguées de l'époque, notamment avec Mme de Sêvignéet Mme de La Fayette. Mme de Sotteville a laissé des Mémoires pour servir à l'histoire d'Anne d'Autriche, qui renferment de précieux renseignements sur la vie privée de la reine et sur la Fronde. Ils sont éoritsavec beaucoupde sincérité, de grâce et d'esprit, mais un peu prolixes. Ces Mémoires ne parurent qu'en 1723 à Amst., en 6 vol. in-12: ils ont été réimprimés dans lesMémoires relatifs à l'histoire de France. Une nouvelle édition eu a été publiée en 1855, avec des notes de M. Ri&ux et une Notice de M. Ste-Beuve, Paris, 4 vol. in-12.
*MOTTRA, v. de l'Inde. T. HATHOORA.
*MOTYA, v.et portde laSicile ancienne, sur la cote O., au S. du cap Drepanum, dans une île voisine de la terre ferme, à. laquelle l'unissaitune chaussêe.Elle était jadis florissante par son commerce. Dans les guerres des Carthaginois et des Siciliens, elle embrassa le parti des premiers. Deny s l'Ancien s'en empara en 392 av. J.-C; elle fut bientôt après reprise par le Carthaginois Himilcon, qui, désespérant de la défendre, en transportâtes habitants à Lilybée. Elle est restée depuis abandonnée.
===MOU===
*MOUÇA OU MOUSA. F. MOUSA, IMAM et MAHOMET I.
*MOUCHERON fFrédéric), paysagiste hollandaïs.dît VAncien pour le distinguer de son fils, né à. Embden en 1633, de réfugiés français, m. en 1686, vint à 22 ans habiter Paris, où il composa un grand nom-i-re de jolis tableaux, d'après les sites que lui of-Si-aient les environs si pittoresques de cette ville, retourna dans son pays natal après une longue absence et choisit Amsterdam pour résidence. Il se distingue par la vivacité du coloris, les teintes claires des premiers plans, la brume des lointains, la délicatesse des feuillages^, la grâce et la liberté de la touche. Il peignait médiocrement les figures: il avait recours pour cettepartïe àHelmbreker, à Adrien Van de Velde ou àJeanLingelbach. lia fait aussi beaucoup de dessins à l'encre de Chine. — Son fils, Isaao M., dit le Jeune, né à Amsterdam en 1670, m. en 1734, peignit également le paysage. Sa couleur est harmonieuse et transparente, il rend très-bien la perspective et l'architecture. Isaac était en outre bon graveur : il a gravé le paysage; ses planches se font remarquer par une pointe très-délicate.
*MOUCHY (Aat.de),ditDemoeftar&.docteur en Sor-Ironne et chanoine de Noyon, né près de Compiègne, m. à Paris en 1574, se rendit célèbre par son zèle contre les Réformés, tut nommé inquisiteufde la Foi. Il assista au concile de Trente. Selon Mèzeray, ce serait de son nom qu'on aurait appelé mouchards les espions qu'il employait à découvrir les sectaires.
*MOOOHY (Pbil. DE NOAILLES , duo de), maréchal de France.2' fils d'Adrien Maurice de N., né en 1715, fit avec distinction toutes les campagnes de Louis XV. Gouverneurde Versailles lorsqu'éelata la Révolution, il honora sa vieillesse; par son dévouement : il était près de Louis XVI au 20 juin 1792, et s'efforça, bien qu'affaibli par l'âge, de repousser les outrages adressés àson maître. Arrêtéen 1794, ilpéritsurl'échafaud, avec son épouse, Anne d'Arpajon. Il avait 79 ans.
MOUÇON. V. HOUZON.
*MOUDANIEH, Apamée de Bithynie? v. et port de la Turquie d'Asie (Kodavendkiar), ch.-l,delivah, à 31 k. N. O. de Brousse, sur le golfe de Moudania, Cianus sinus : 10 000 hab. Environs délicieux.
*MOUDON, Minidunum, v. de Suisse (Vaud), sur la Broyé, à25kil. N. E. de Lausanne; 2500 hab. Vieille tour carrée ; ruines romaines, Longtemps capitale du pays de Vaud, elle déchut quand ce pays eut passé sous la domination bernoise, en 1536.
*MOUHY (Ch. DE FÏEUX, chevalier de), romanciei, né à Metz en 1702, m.enl784,est auteur d*un grand nombre de romans : la Paysanne parvenue, 1735 ; la Mouche, ou les Aventures de Bigand, 1?36; Mille et une Faveurs; le Masque de fer, 1747. On Ta aussi de lui un Abrégé de Phistoire du théâtre français, 1780, et un Dictionnaire dramatique, 1783 : ces deux derniers ouvrages sont malheureusement pleins d'inexactitudes et d'omissions. Mouhy fut quelque temps le correspondant rétribué de Voltaire a Paris.
*MOCK.DEIÏ ou TOUflQ-THiAN, v. de l'empire chinois, dans la Mandchourie, capit. de la prov. de Ching-King, à 600 k. E. N. E. de Péking, par 41" 50' latN. et 121" 18' long. E. On lui donne 15 k. de circuit. Les derniers souverains Màndchoux y résidaient. Magnifique mausolée de Choun-tchi, l'un des premiers em-[pereurs de cette dynastie.
MOUL — 1309 — JMOUK
MOUKTAR, chefs chargés en Turquie de la police intérieure d'un quartier, et de l'exécution des ordres transmis par les autorités administratives. C'est une espèce de commissaire de police.
*MOULEI OU mODLEY. V. MULEI.
*MOULIN et mieux MOULINS (Aug.), membre du Directoire, né en 1752 a Caen, m. en 1810, appartenait en 1789 au corps des ponts et chaussées. Il s'enrôla en 1791 dans un bataillon de volontaires parisiens, devint promptement adjudant de la garde nationale de Paris et général de brigaae, fut employé comme général de division en Vendée, puis à l'armée des Côtes-du-Nord et à celle des Alpes, dont il eut en 1794 le commandement en chef. Appelé à Paris pour commander la Indivision militaire, il fut, ad 30 prairial an vu (20 juin 1799), porté au Directoire en remplacement de La Réveillère, éliminé par le conseil des Cinq-Cents. Il fit partie de la minorité républicaine et s'opposa avec Gohier, mais inutilement, au coup d'Étatdu 18 brumaire. Néanmoins, il finit par se rallier àl'Empireetreprit du service:il fut chargé en 1807 du commandement de la place d'Anvers.
*MOULIN. V. MOLIN et DUMOULIN.
*MOULINES (GuiO.), littérateur, d'origine française, né àBerlin en 1728, m. en 1802, remplit d'abord les fonctions de pasteur protestant, puis fut résident du duc de Brunswick à Berlin, et enseigna la philosophie au prince royal de Prusse. On lui doit des traductions d'jlmmien Marcellin, Berlin, 1775, et de l'Histoire d'Auguste, 1783.
*MOULINS, Molinx au moyen âge, ch.-l.dudép. de l'Allier, sur la r. droite de l'Allier, à 288 kil. S. E- de Paris par la route, 341 k. par chemin de fer ; 17 581 h. Êvêché.suffragant de Sens;trib.de 1™ inst.etde commerce; lycée, école normale. C'est une assez belle ville, et où l'on remarque surtout les promenades extérieures, plusieurs places plantées d'arbres, le nouvel hôtel de ville, la caserne de cavalerie, le pont sur l'Allier, le théâtre, l'anc couvent de la Visitation (auj. lycée),qui renferme le mausolée du maréchal Henri II de Montmorency, l'église du Sacré-Cœur Sociétés d'économie rurale, des sciences naturelleset des arts; bibliothèque, musée, pépinière départementale. Chemin de fer. Coutellerie renommée,clouteries, couver-turesdelaineetautres, etc. Commerce de vins, grains, bois, bétail, Aux env., eaux minérales. Résidence des ducs de Bourbon. Pat. de Lingendes, de Villars. — La ville s'est formée autour d'un château que les sires de Bourbon élevèrent en ce lieu au x' siècle, et qui devint leur principale résidence; il ne reste de ce château qu'une tour dite la Mal-Coiffée, qui sert de prison. — Quelques auteurs ont cru, mais à tort, que Moulins occupait l'emplacement de l'anc. Gergovia Boiorum ; elle doit son nom moderne aux nombreux moulins à eau établis sur les bords de l'Allier. Moulins devint au xiv* s. la capitale du Bourbonnais et de tout le duché de Bourbon. Catherine de Médicis y convoqua enl566 une célèbre assemblée de notables, à la suite de laquelle fut rendue, sur la demande du chancelier L'Hôpital, l'ordonnance dite de Moulins: cette ordonnance ôtait aux gouverneurs de province le droit de lever les impôts sans l'autorisation du roi, déclarait le domaine royal inaliénable , fixait le mode de nomination et d'examen des juges, régularisait la hiérarchie des tribunaux, réformait la procédure , et reconnaissait aux parlements le droit de remontrances.
*MOUHNS-ENGILBERT, ch.-l dec (Nièvre), à 15kil. S.O.deChâteau-Chinon, au pied des mont, du Mor-van; 1500 h. Ane fortifications,auj. en ruines; église paroissiale de St-Jean, avec souterrains communiquant à un ancien château. Chapeaux, grosse draperie; poteries, tanneries. Aux env., mines de fer, carrières, belles forêts. — Cette ville eut jadis des seigneurs particuliers du nom d'Angiber (d'où, par corruption, celui d'Engilbert), fut prise en 1471 par Charles le Téméraire, et en 1475 par. le duc de Bourbon.
*MOULINS -LA-MARCHE, ch.-l. dec (Orne), à 20 k. N .E. de Mortagne ; 900 hab. Source minérale.
*MOULOUIA, MaVoa, Malvana, Molochat ou Mulu-cha, riv. du Maroc (Fez), naît dans l'Atlaspar 31° 54' lat. N., coule au N. E. et tombe dans la Méditerranée à l'E.S. E. de Melilla; après un cours d'env. 460 kil. Elle est souvent à sec en été.
*MOULT AN, prov. de l'Indoustan anglais, à l'E.du Beloutchistan et du Kaboul, a 840 k. sur 400, compte 1400 000 b. et a pour ch.-l. Moultan. Elle est arrosée par le Sindh,leSetledje, le Tchennabetle Ravei. Assujettie aux Seikhs dep. 1818, elle a été annexée en 1849 aux possessions anglaises.— La v. de Moultan, Urbs Mallorum, sur la r. g. duTchennab, près de sa jonction avec le Ravei, est à 300 k. S. O. de Lahore. Elle compte env. 70 000 b. (100 000 suivant quelques voyageurs). Hautes murailles, citadelles; quelques bâtiments remarquables, beau temple hindou. Université musulmane. Manufactures de soie et de fort beaux tapis. Tombeaux de deux saints maho-métans. — Moultan est une des plus anciennes villes de l'Inde. Elle a eu longtemps son radjah particulier, puis elle passa sous la domination des souverains de Delhi; elle leur fut enlevée par Tamerlan. Depuis, les Mahrattes, les Afghans, les Seikhs l'ont dévastée ; soumise aux Seikhs depuis 1818, elle leur fut enlevée par les Anglais en 1849.
*MOUNIER (J. Joseph), né à Grenoble en 1758, m» en J806, suivit d'abord la carrière du barreau, fut élu en 1788 secrétaire des États du Dauphiné et en 1789 député aux États généraux. L'un des premiers il y développa le projet d'une constitution destinée à concilier les droits de la nation avec ceux du roi et il se montra constamment l'ami d'une sage liberté. Il était président de l'assemblée aux 5 et 6 octobre 1789, et déploya dans cette circonstance une grande fermeté, tenant tête aux factieux au péril.même de sa vie. En 1790 il quitta la France, se retira"en Suisse, puis en Angleterre, et de là à Weimar où il établit une maison d'éducation. Rentré en France après le 18 brumaire (1799), il devint préfet d'Ille-et-Vilaine, puis conseiller d'État (1805). On a de lui : Considérations sur legouvernementqui convient à la France, 1789; Recherches sur les causes qui ont empêché les Français de devenir libres, 1792; Be l'influence attribuée aux philosophes, aux francs-maçons et aux Illuminessur la Révolution, 1801.— Son fils, Phil. Edouard, 1784-1843, fut intendant de la principauté de Saxe-Weimar en 1807, puis secrétaire de Napoléon, intendant des bâtiments de la couronne, conseiller d'État, se rallia auxBourbons en 1814, présida en 1817 la commission mixte chargée de liquider les créances étrangères, suivit le duc de Richelieu au congrès d'Aix-la-Chapelle an 1818, devint pair de France en 1819 et directeur général de l'administration départementale en 1821. Use tint à l'écart sous le gouvernement de 1830.
*MOUNIN (archipel), en Polynésie, se compose de 4 groupes, dits groupes de Mounin-Sima, M.-Volca-nique, M.-Oriental,M.-Occidental. Le groupe de Mounin-Sima, placé vers 139' long. E. et 27° lat. N., se compose de 89 îlots habités par des Japonais. — La plus grande partie de cet archipel répond à Y Archipel de Magellan de quelques cartes récentes.
*MOUNIS, nom donne chez les Hindous aux pieux solitaires, aux savants, aux poètes dont les écrits passent pour inspirés.
*MOUNT-VERNON,nom de plusieurs lieux des États-Unis. Le plus connu esten Virginie, sur la riveoccid. du Potomak, à 8 k. au-dessous d'Alexandrie : il renferme l'habitation et le tombeau de Washington.
*MOURAD-BEY, l'un des chefs des mamelouks qui commandaient en Egypte lors de l'expédition des Français, était né en Circassie vers 1750. Il s'empara dès 1776 de toute l'autorité en Egypte, conjointement avec Ibrahim, et tousdeuxse rendirent indépendants de la Porte. Ils commirent toutes sortes d'extorsions, etle consul français lui-même eut à subir de leur pari
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plusieurs insultes; ce fut là l'occasion de l'expédition française (1798). A l'arrivée de Bonaparte, Mourad, abandonne d'Ibrahim, eut à supporter seul le fardeau de ia guerre : toujours vaincu, il reparaissait toujours avec des forces nouvelles. Enfin il négocia avec Klé-ber, qui lui laissa le gouvernement de la Hte- Egypte. Mourad dès lors garda une fidélité inviolable aux Français, et leur fournit même des secours contre les Turcs. Il mourut de la peste en 1801. MOURAD, sultan des Ottomans. V. AMORATH. BIOURADGEA D'OHSSON, diplomate suédois, né à Constantmople en 1740, m. à Paris en 1801, était fils du consul de Suède à Smyrne, mais originaire d'Arménie. Après avoir été longtemps interprète de l'ambassade de Suède, il devint en 1782 chargé d'affaires, puis ministre de cette puissance près de la Porte. Il entreprit de faire connaître la civilisation des Turcs,et,après avoir amassé dans ce but d'amples matériaux, vintse fixer à Paris pour rédigerson ouvrage. La 1" partie parut dans cette ville sous le titre de Tableau général de l'empire ottoman, 2 v. in-f., 1787-90: une 2" partie fut publiée en 1804 sous le titre de Tableau historique de l'Orient, 2 v. in-8; un 3* vol. du Tableau de l'empire ottoman a été publié en 1821 par les soins du fils de l'auteur. — Ce fils, Constantin M., né à Constantinople en 1779, mort en 1852, fut ministre de Suède à La Haye, puis à Berlin. Il a laissé lui-même des ouvrages estimés : Des peuples du Caucase et des pays au flf. de la mer Noire et de la mer Caspienne, Paris, 1828; Hist. des Mongols depuis Tchtnguis-Khan, Amst., 1835 et 1852.
*MOURAVlEF (Michel Nikitisch), poète, historien et philosophe russe, né à Smolensk en 1757, m. en 1807,servit comme officier supérieurdans la garde impériale, fut choisi par Catherine II pour instituteur de ses petits-fils Alexandre et Constantin et fut nommé par l'empereur Alexandre I"sénateur.conseiller privé, puis adioint du ministre de l'rastr. publ., et enfin curateur de l'Université de Moscou. Ses Œuvres ont été recueillies à.St-Pétersbourg, 1820, 3 vol. in-8. MOURAWIEP (Nicolas, prince de), général russe, né à Moscou en 1794, m. en 1866, s'est surtout distingué dans les guerres de Perse (1828), de Pologne (1831), et du Caucase (1855).
*MOURCHED-ABAD, v. de l'Inde anglaise (Bengale), ch -1. de district, sur le Gange, à 180 k. N.de Calcutta; env. lfiOOOO hab. (elle était jadis encore plus peuplée). Fabriques de toiles, de châles, d'étoffes de soie, — Cette villa, primitivement nommée Sfokjous-Abad, reçut son nom actuel du nabab Mourched-Kou-ly-Khan; ellefutdel704à 1757 la capitale du Bengale et la résidence du dernier nabab. En 1742 elle fut pillée par lesMahrattes : depuis, elle a beaucoup perdu de son importance.
*MOURZOUK., v. de l'Afrique sept., capit. du Fezzan, par 13° 32' long.E., 25" 54' lat. N., à 800 kil. S. de Tripoli; env. 3000 hab. Murs hauts, épais; 7 portes; château fort, résidence du sultan; 16 mosquées, grandes places où parquent les chameaux des commerçants. Quelque industrie (forgerons, bijoutiers, tanneurs, tisserands). Mourzouk est le rendez-vous des caravanes qui vont de l'Egypte à Tripoli, et de Bournou à Kachena. 11 n'y pleut jamais : la chaleur y est extrême : le thermomètre varie de 56° à 60° cent. SIOUSA, iman. V. IMAM et IMAN-MOUÇA. MOUS A-BEN-NASSER, général du calife WalidI, fut nommé par ce pnnce vice-roi de l'Afrique en 705. Invoqué par le comte Julien (710), il envoya en Espagne son lieutenant Tarik qui enleva aux Visigoths la plus grande partie de leurs possessions, puis il passa 1 u i-mème dans ce pa ys, en acheva la conquête, franchit même les Pyrénées, et s'avança en France jusqu'aux portes de Carcasscnne. Rappeléà Damas en 716, comme coupable d'injustice envers son lieutenant larik, dont il était jaloux, il fut condamné à une ameade de 200 000 ducats d'or (env. 2 millions de francs), baitu de verges, puis exilé à la Mecque, ou il mourut en 718.
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SÏOBSCRON, v. de Belgique (Flandre occld.), sur la frontière de France, à 12 kil. S. de Courifay et à 7 k. de Tourcoing; 700û'h,-Pomtdejonctioa.des.che-mins de fer conduisant à Courtray, à Toumay et à Lille. Filatures, teintureries, huileries, etc.
*MOUSQUETAIRES, troupe d'élite sous les anciens rois de France. V.cetarticle auIKcJ. univ. desSciencet.
*MOUSTAPHA. F. MUSTAPHA.
*MOUSTIERS. F. MOUTIBHS.
*HO.UTHE, ch.-l. de c (Doubs), à 24 kil. S. O. de Pontarlier; 900 h. Fromages dit de Gruyère.
*MOBTtER, MOUTIERS, MOUSTIERS, corruption de Monasterium, nom d'un %grand nombre de villes, qui se formèrent autour de monastères.
*UOUTIEBS, ch.-l, delc, (Basses-Alpes), à 38 kil. S. de Digne, au pied de rocs élevés; 1000 hab. Chapelle de N*.-D'.-de-Beau-Vezer ; belles cascades. .Étoffesde laine, faïence, papeteries. Ce bourg s'estformé autour d'un monastère de Servîtes.
*MOUTIERS-EN-TABENTA.SE, Darantasia ou Centro-num eivilas, ch.-l. d'arr. (Savoie), à40 kil.E. S. E. de Chambéry; 1692 hab. Collège, école démineurs. Aux env., mines de plomb et salines. Patrie d'Innocent V. Évêché créé au JV* s,, érigé en archevêché au rx-, ramené au rang d'évêché en 1827*, Ville jadis fortifiée; ses remparts furent détruits en 1336. Réunie à la France en 1860 avec le reste de Ja Savoie,
*MOUTIERS-LES-HAUFAMS (les), ch.-l. de c. (Vendée), à 26 kil. E. des Sables-d'Olonne; 500?hab.
*MOUTON (le général), comte de Lobau. F. LOBAU
*MOUTON-BLANC (Dynastie du), dynastie turco-mane, ainsi nommée parce qu'elle portait sur se? étendards l'effigied'tmrxBUtonblanc, fut la rivale de celle du Mouton-Noir, la remplaça en Perse enl468, et fut à son tour renversée en 1499 par celle des So-phis. Pour les princes de cette dynastie, V, PERSE.
*MOUTON-DUVERNET (le baron Barthélémy), né au Puy en 1769, se.distingua dans les guerres de l'Empire et fut promu général de division en 1813 Membre de la Chambre des Députés en 1815 , pendant les Cent-Jours, gouverneur de Lyorj.le 2 juillet de la même année, il fut proscrit à la rentrée des Bourbons, arrêté en mars 1816, traduit devant us. conseil, de guerre et fusillé à Lyon le 19 juillet.
*MOUTONNET-CLAIRFONS,littérateur,néauMans en 1740, mort en 1803, occupait un emploi dans les Postes à Paris. On a de lui des traductions estimées des poésies à'Anaeréon, de Saplm, de Bip», de Jfos-chus, des Baisersàe Jean Secmd, et un poème plaisant sur le chat, intitulera Galéide, 1798.
*MOUTON-NOIR (Dynastie du), dynastie de princes Turcomans, ainsi nommée parce qu'elle portait un mouton noir peint sûr ses étendards. Ils envahirent en 1407 la Perse où les Ukhaniens disputaient l'empire aux descendants de Tamerlan; ils furent renversés en 1468, par les Turcomans du Mouton-Blanc.
*MOUY, ch.-l. de cant. (Oise), sur le Thêrain, à 10 kil. S. O. de Clermont; 2800 h. Draps pour les troupes, filature de laine, papeterie. Pierres de taille.
*MOUZAIA, mont, de l'Algérie^située dans la première chaîne de l'Atlas, entre Blida et Médéah, à 1560™ au-dessus de la mer. Riches min es de fer et de cuivre; chênes-liéges. Au pied de la montagne est un défilé fort dangereux connu sous le nom de Teniah de ilousaîa, qui fut forcé par les Français en 1840. MOUZON, ch.-l. dé cant. (Ardennes), sjir la r. dr. de la Meuse, à 17 kil. S. E. de Sedan; 2000 hab Drap, serges, filature de laine. — Antique domaine donriéparClovïsIIàl'ïvëché de Reims. Lit ville, au- -trefois fortifiée, fut souvent prise et reprise : Turenne la prit et la démantela en 1653. Bile avait jadis une riche abbaye de Bénédictins.
*MOXOS, peuple indigène de la Bolivie, dans le
dép. de Sta-Cruz delà Sierra, habitedanslesvallées
des Andes, par 12» 18" lat. S. et 63° 71' long. O., et "
est séparé du Brésil par le Guaporé. Il avait donné
son nom à un département du Ht-Pérou. Les Jésui
tes y eurent jadis une mission. _
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3I0ZA 1311 — MUHL
===MOY===
*MOY, ch.-l. de cant. (Aisne), sur l'Oise, à 12 kil. S. S. E. de St-Quentin; 1400 hab. Toiles.
*MOYA (Pierre de), peintre d'histoire et de genre, né en 1610 à Grenade, m. en 1666, avait étudié à Séville. Il quitta les pinceaux pour l'êpée et alla servir en Flandre; mais la vue des chefs-d'œuvre qu'il rencontra dans ce pays réveilla son goût pour la peinture : il se transporta à Londres pour y recevoir les leçons de Van Dyck et se fit une manière mixte qui, à son retour en Espagne, frappa ses compatriotes et Murillo lui-même. Comme les peintres flamands, Moya est un réaliste, qu prend la nature et l'observation, pour guides exclusifs. Séville et Grenade renferment ses principales toiles.
*MOYEN ÂGE, nom donné , en histoire, à la période qui s'étend entre les temps anciens et les temps modernes. V. l'article MOYEN AGE dans notre Dict. univ. des Sciences.
*MOYENNEVILLE , ch.-l. de cant. (Somme), à 8 kil. S. O. d'Abbevilie; 1200 hab.
*MOYENV1C, ch.-l. de cant. (Meurthe),surlaSei!le, à 6 kil. S. E. de Château-Salins, à 2 kil. E. de Vie; 1500 hab. Salines considérables. Jadis place forte.
*MOYEUVRE-LA-GRANDE, bourg de France (Moselle), au confluent du Conroy et de l'Ornes, à 15 kil. S. O. de Thionville; 2000 hab. Hauts fourneaux à l'anglaise, cylindres- à cannelure, feux d'affinerie, aoiérerie, machines à vapeur, etc.
*MOYOBA.VIBA, v. du Pérou (Livertad), sur le Hoyobamba, à 400 kil. E. N. E. de Truxillo-, 4000 hab. Fabrique de tucoyas (étoffe de coton grossière). — Le Moyobamba coule à l'E. et tombe dans le Hual-laga après 400 kil. de cours.
*MOZABITES ou BENI-MZAB, peuple de l'Algérie, dans le Belad-el-Djérid, à l'entrée du désert, à 20 journées au S. E. d'Alger, a pour ville principale Gardaïa. Ils ont une langue à part et une religion particulière, issue de l'Islamisme, mais plus rigoureuse. Ils émigrent en grand nombre à Alger et dans les autres villes de l'Algérie, et y forment une corporation qui a le monopole des bains maures; ils exercent aussi le métier de boucher, font le commerce, et sont les intermédiaires entre Alger et l'intérieur de l'Afrique.
*MOZAMBIQUE, contrée de l'Afrique orientale, qui donne son nom à une capitainerie générale des Portugais, s'étend de 10° 15' à 25°15' lat. S., du cap Del Gadoau N. à la baie de Lorenzo-Marquezau S.; env. 280 000 h. Elle est subdivisée en sept capitaineries : Mozambique, Ouerimbe, Quilimane, Sena, Sofala, Inhambane, Bahia-de-Lorenzo-Marquez, et a pour ch.-l. général la ville de Mozambique. Vastes forêts pleines d'éléphants (d'où un grand commerce d'ivoire). Climat malsain. Nombreuses mines d'or, sur-toutàZumbo. Sol très-fertile (riz, millet, fruits,etc.). La souveraineté du Portugal sur ces contrées est j presque vaine : les peuplades qui les habitent sont = gouvernées par leurs propres chefs. i
*MOZAMBIQUE, capitale de la capitainerie généra^ de Mozambique, sur une petite île de même nom, par 38° ; 20'long. E., lâ-l'lat. S.; env. 8000hab. Port et cita-\ délie ; palaisdu capitaine général; évêché. Commerce 1 actif en ivoire, écaille, piment, médicaments, baume, | ambre gris, gomme, peaux de tigre, etc. ; on y fai-j sait, il y a peu de temps encore, un grand commerce î d'esclave6.—Vasco de Gama aborda sur la côte de Mo-| zambique en 1498, mais il fut obligé de fuir : ce n'est | qu'en 1508 que les Portugais, conduits par Albuker-j que, y bâtirent un fort et y établirent un comptoir. =
*MOZAMBIQUE (Canal de), grand bras de la mer des î !ndes, entre la côte orientale d'Afrique à l'O. et l'Île 1 'le Madagascar à l'E., côtoie l'État de Mozambique \ et a 900 k. de long. Navigation dangereuse. -
*MOZARABES (c-à-d. Arabes mélangés), nom que â donnèrent les Maures aux chrétiens d'Espagne qui 1 consentirent à vivre sous leur domination, tout en j conservant leur religion et leurs lois. — On appelait J rit mozarabique la liturgie en usage chez ces chrétiens; cette liturgie avait été arrangée au \Ts.par S. Léandre, archevêque de Séville,, et complétée par S. Isidore. Ce rit fut remplacé en 1056 par le rit romain.
*[[Auteur:Wolfgang Amadeus Mozart|MOZART]] (Wolfgang) .grand compositeur allemand, né à Saltzbourg en 1756, mort en 1791, avait pour père Léopold Mozart, habile violoniste, 2* maître de. chapelle de la cour de Saltzbourg. Prodige de précocité, le jeune W. Mozart n'avait pas encore 8 ans quand il toucha l'orgue à la chapelle de Versailles : il se montra, dès lors, l'égal des grands maîtres. Il fit successivement l'admiration de l'Angleterre, des Pays-Bas, de la Hollande et de l'Italie. Après avoir fait quelque séjour à Paris, il quitta la France mécontent du goût des Français, et s'attacha à l'empereur Joseph II, Il n'avait pas 36 ans, lorsqu'il succombaàlaphthisie, épuisé par le travail. Mozart a composé dans tousles_ genres et excellé dans chacun d'eux ; il était aus.sr supérieur comme exécutant que comme compositeur : il a créé une école de pianistes. II excella surtout dans la musique dramatique : ses opéras sont presque tous des chefs-d'œuvre. Les principaux sont: ilithri-date, 1770; Lucio Silla, îllSyla Finta Giardiniera, 1774; Idominèe, 1781; l'Enlèvement du Sérail, 1782; les Noces de Figaro, 1786 ; Don Juan, nSTÇlaFlûte enchantée, 1791 ; la Clémence de Titus, 1791. Onn'ad-mire pas moins ses symphonies et sa musique'd'église, notamment son Requiem, qui fut pour lui le chant du cygne : il se persuada, en composant cet admirable morceau, qu'il travaillait pour ses propres funérailles, et cette idée fixe hâta, dit-on, sa mort. Ce grand artiste avait une force de conception prodigieuse et une facilité non moins étonnante : il composait de mémoire et jamais au piano; quand il avait mûri ses idées, il les jetait sur le papier avec une sorte de fougue. Mozart se distinguait par une sensibilité exaltée et par une piété vive. Sa Biographie a été écrite en allemand, par Nissen, Leips., 1828j" et d'une manière plus complète par Otto Jahn, 1858-60- M. l'abbé Goschler a donné en français : Mozart, Vie d'un artiste chrétien au xvnr* siècle, extraite de sa correspondance authentique, Paris, 1857. Une statue en bronze , œuvre de Schwanthaler, lui a été érigée dans sa ville natale en 1841.
*MOZDOK, v. de la Russie méridionale (Caucase), sur le Terek, à 225 kil. S. E. deStavropol; 4000 hab. Elle termine la ligne militaire formée le long du Caucase. Maroquins, eau-de-vie, vers à soie.
===MQ===
*MQUINWARI ou KAZBEK, un des plus hauts sommets du Caucase, sur la limite des gouvts de Tiflis et de Stavropol, à 115 kil. N. O. de Tiflis, par 12° 28' lat. N. et 41" 55' long. E., a 5045" de hauteur.
===MUC===
*MUClEN.ilf. Licinius Crassus Mucianus, général et ami de Vespasien, aida puissamment ce prinée à renverser Vitelliuset à monter sur le trône. Vespasien lui laissa en reconnaissance une grande autorité dans Rome, mais il en abusa quelquefois. Il fut plusieurs fois consul, en 52, 70, 74 après J.-C.
*MUCIUS (famille des), illustre maison plébéienne de Rome, dont les membres portaient le surnom de Sceevola en mémoire du fameux guerrier Mucius Scaevola, est célèbre surtout par les habiles jurisconsultes qu'elle produisit. V. SCJEVOLA.
*MrCY-L'ÉVËQUE. V. MUSSY.
*M UKT1, nom donné dans la religion musulmane aux docteurs de la loi, à tous ceux qui sont île droit les interprètes du texte et des pensées du Coran.i.e Grand mufti, dit Cheikrul-lslam, réside à Constantinople. Il est à la fois le chef suprême des gens de loi et des ulémas (prêtres); ses ordonnances, appelées fetfas, sont aveuglément exécutées. C'est le mufti qui ceint 1 épée au sultan à son avènement. — Outre ce chef suprême, chaque ville a son mufti particulier.
*MUGKON,ch.-l. de c (Landes), près delà r. g. de l'Adour, àl7k. O.deSt-Sever; 694b. Vin, eau-de-vie.
*MUHL, riv. de l'archiduché d'Autriche (Paysau-dessus de l'Eus), naît sur les frontières de la Bavière et de la Bohême, et se jette dans le Danube près de Neuhaus, après un cours de 60 kil. — Elle a donné son nom à un cercle de laHte-Autriche, entre la Bohême au N., le Manhartsberg sup. à l'E., le Danube au S., la Bavière à l'O. : 220 000 hab. ; ch.-l., Lintz.
MDLG — 1312 — MGLL
*MTTHLBERG, v. des Etats prussiens (Saxe), sur l'Elbe, à 84 k. E. de Mersebourg; 3000 h. Château. Drap, bonneterie, toile, gants. Commerce de grains, houblon, etc. Près de cette ville, Charles-Quint défit, le 24 avril 1547,l'électeur Jean-Frédéric de Saxe, qui était à la tête du parti protestant.
*MUHLDORF, v. de Bavière (Isar), sur la r. g. de l'Inn, à 75 kil. N. E. de Munich; 1600 hab. Ruines d'un château. Il s'y livra en 1322 une célèbre bataille entreles deux compétiteurs à l'empire, Louis V et Fré-dério le Beau : ce dernier fut battu et pris.
*MCHLHAUSEN, v. des Etats prussiens (Saxe), sur l'Unstrutt, à 53 kil. N.O. d'Erfurt;2000 hab. Staminés, drap de ras, chapeaux, tanneries; bière, eau-de-vie de grains. Longtemps ville libre et impériale; cédée à la Prusse en 1802. — F. MULHOUSE.
*MUHR, rîv. des Etats autrichiens, naît dans la Hte-Autricbe, sort du mont Schrœdenhorn ( versant sept, des Alpes Noriques), arrose laStyrie, entre en Hongrieavec leGraetz, et s'unit àlaDraveparlar.g., près de Neograd. Cours, 450 kil.
*MULCIBEU (c.-à-d.Forfferon), surnom de Vulcain,
*MOXEY-ABDEL-MÉLEK., roi de Fez et de Maroc, delà dynastie des chérifs, monta sur le trône en 1576, en renversant son neveu Muley-Mohammed, à la jalousie duquel il craignait d'être sacrifié. Le prince détrôné alla implorer le secours du roi de Portugal, don Sébastien, qui vint débarquer sur la côte d'Afrique avec une armée de 20 000 hommes; Muley-Ab-el-Mélek, quoique gravement malade, lui livra la bataille et remporta sur lui la célèbre victoire d'Alca-çar-Quivir, où périt don Sébastien; mais, épuisé par ses efforts, il mourut lui-même à la fin de l'action, 1578.—UeutpoursuccesseursonfrèreMuley-Ahmed, qui régna paisiblement pendant 25 ans.
*MULEY-ABDERRHAMAN, empereur du Maroc, né en 1778, m. en 1859, monta sur le trône en 1822, eut sanscesse à réprimer les tribus turbulentes de son empire ou à lutter contre les puissances européennes qui refusèrent de continuer à lui payer tribut pour s'assurer contre la piraterie, soutint Abd-el-Kader contre la France, et par là donna lieu à la bat. d'Isly dans laquelle son propre fils, à la tête d'une grande armée, fut battu par le maréchal Bugeaud, 1844. Il eut bientôt après à se défendre lui-même contre Abd-el-Kader, quitentaitde le détrôner, et ne réussitqu'avec le secours de la France à l'expulser. Il laissa le trône à son fils Sidi-Mohammed.
*5IULEY-HAÇAN. roi de Tunis en 1533. Attaqué et chassé de Tunis par le célèbre Barberousse (Chéré-din), il implora le secours de Charles-Quint, qui défit Bacberousse, reprit Tunis, et le replaça sur le trône (1535), mais en lui imposant un traité humiliant. Les sujets de Muley-Haçan, indignés de cet affront, se révoltèrent : il fut battu par son propre fils, Muley-Homaidah, jeté dans une prison, et privé de la vue par ordre de ce prince. Il fut délivré par les Espagnols, et se retira en Italie où il mourut vers 1545. — Son fils Muley-Homaidah fut chassé de Tunis par les Turcs en 1573 : c'est le dernier prince de la dynastie des Hafsides.
*MULEY-ISMAEL, empereurdu Maroc, deladynas-tie des chérifs, monta sur le trône en 1672, se fit cé-derTangerpar les Anglais (1684), prit plusieurs villes aux Espagnols, entre autres Larache (1689). mais assiégea vainement Ceuta pendant 26 ans. Il échoua également dans une expédition contre les Algériens (1690).U conclut un traité de commerce aveoLouisXI V. Dans sa vieillesse il eut à combattre la révolte de plusieurs de ses fils. Il mourut en 1727, à 81 ans. Ce prince s'était souillé d'atroces cruautés.
*M0LGRAVE (John-Phips,lord),navigateur anglais, né en 1734, m. en 1794, fut chargé en 1773 de s'assurer de la possibilité d'un passage au nord de l'Amérique. Il partit avec deux bombardes, et parvint au delà du 80° degré de lat. N. ; mais, après un voyage pénible et dangereux il fut forcé de reveDir Sats avoir obtenu le résultat espéré. Il n'en fut pas moins, à son retour, nommé membre de la Chambre des Communes . puis commissaire de l'amirauté, et pair d'Angleterre. La relation de son expédition parut en 1774 sous le titre de Voyage au pôle boréal, entreprispar ordre du roi, et fut traduite dès l'année suivante par Fleurieu et Demeumer.
*MULGRAYES (îles), archipel situé à peu près au centre de la Polynésie, au S. E. des lies Mariannes. par 1680-17î,,long. E., et lM0°lat, N. Presque toutes les lies dont il se compose sont petites et basses;-leurs habitants,cuivrésou noirs,sonttrès-m|sérables. MULHOUSE, Uûhlhawen, ville d'Alsace-Lorraine, sur l'ill et le canal du Rhône au Rhin, qui en forment une île, à 40 kil. S. de Colmar; 43 244 habitants. Chemin de fer pour Thann et Strasbourg, Bourse, tribunal et chambre de commerce, école préparatoire «es sciences et des lettres, collège; société industrielle. Jolie ville, agréablement située au milieu d'une campagne fertile. C'est une des villes les plus importantes,de l'Europe pour l'industrie, surtout pour les indiennes, les toiles peintes et les impressions sur laine. Nombreuses filatures de coton et de laine ; fabr. de calicots, draps, toiles, linge de table, mousseline, percale; blanchisseries et apprêts, teintureries; auxenv. exploitation de pierres lithographiques. — Mulhouse appartint d'ahord aux êvêques de Strasbourg ; eEe leur fut enlevée et érigée en ville impériale par l'emp. Rodolphe de Habsbourg en 1273. Au xv» s„ elle s'allia aux cantons Suisses, et l'archiduc Sigismond fut forcé, par la paix de Waldshut, 1468, de reconnaître son indépendance avec celle des cantons. Charles le Téméraire essaya en vain de la reprendre. En 1798, elle fut, sur sa demande, réunie à la France; elle fut érigée en ch.-l.d'arr. en 1857, à la place d'Altkirch. Turenne défit les Impériaux auprès de Mulhouse en 1674. La 1" manufacture de toiles peintes fut fondée dans cette ville en 1746 par Kœchlin, Schmalger et Dollfus; le 1" atelier pour le tissage du coton y fut créé par Risler eu 1762.
*MULL (île), une des lies Hébrides, par 8" 28' long. O,, 56° 30' lat. N.: 49 kil. sur 35; 10000 hab. Tobar-mory en est le lieu principal. Hautes montagnes (dont une, le Benmone, a 1000™); lacs, cavernes, Houille, granit, marbre, basalte.
*MULLER (André), savant orientaliste, né vers 1630 à Greiffenhagen en Poméranie, mort à Stettin en l694, fut pasteur à Bernovr en Prusse, puis prévôt de l'église de Berlin. Il renonça en 1687 à toute fonction pour se livrer à l'étude. Il coopéra à la Bible polyglotte de Walton et séjourna à cet effet 10 ans à Londres. Il est surtout connu par sas travaux sur les langues de l'Asie, particulièrement sur le chinois. Il fit graver à ses frais 66 alphabets différents^ publia l'Oraison dominicale en langue chinoise," comparée avec cent versions en autant de langues, Berlin,1676. ~On a de lui des Opuscula orientalia, Francfort, 1695.
*MULLER (Gérard Fréd.), voyageur et historien, né en 1705 à Hervorden en Westphalie, mort en 1783, alla de bonne heure se fixer en Russie pour y en seigner l'histoire et la géographie, gagna la faveur de l'impératrice Catherine, devint historiographe, membre de l'Académie de St-Pétersbourg, conservateur des archives; fut chargé de plusieurs explorations scientifiques, et accompagna Gmelin dans son voyage en Sibérie (1733-43). On a de lui : Recueil pour l'Histoire de Russie, St-Pétersbourg, 1732-64; - Origines geritis et nominis Russorum, 1749 ; Voyages et dêcouvertes des Russes, 1766, etc. -_
*MULLER (Othon Fréd.), naturaliste, né à Copenhague en 1730, mort en 1784, est l'un des meilleurs observateurs du xvm" siècle. Le gouvernement danois lui conféra plusieurs fonctions publiques ; mais il s'en démit en 1772 pour se livrer tout entier à l'étude. Il est surtout connu par ses recherches sur les animaux infusoires : c'était comme un monde nouveau , dont il fut en quelque sorte l'inventeur. On a de lui : Fauna insectorum Friedrichsdaliana, 1764; Flora Friedrichsdaliana, 1767; Vermi'um terrestrium et fluviatilium Historia , 1773-4; Hydrachnse , 1781; Entomostraca, seu insecta testacea, 1785; Animalcula infusoria, fluviatilia et marina, 1786. Il avait commencé une Zoologie danoise, mais il mourut avant d'avoir pu l'achever.
MCLL — 1313 — MUNI
*MULLER (Jean de), historien suisse, né à Schaff-house en 1752, mort en 1809, enseigna d'abord le grec à Schaffhouse , puis l'histoire à Genève et à Berne, et commença dès 1780 l'Histoire de la Confédération helvétique, qui a fait sa réputation. En 1786, l'électeur de Mayence l'attacha à sa personne comme son conseiller intime ; l'empereur Léopold l'accueillit dans ses Etats en 1791, le nomma conseiller, bibliothécaire, et lui conféra des titres de noblesse; mais, se plaisant peu à la cour de Vienne, Muller accepta en 1804 une place à l Académie de Berlin. Napoléon, devenu maître de la Prusse, le nomma secrétaire d'État du royaume de Westphalie, puis directeur de l'instruction publique. Ses principaux ouvrages sont : l'Histoire de la Confédération helvétique, commencée en 1780, mais qui reparut entièrement refondue et complétée de 1786 à 1795 (elle a été trad. en français par Mourer, Lausanne, 1794-1803, 13 vol. in-8, 'et par C. Monnard, 1840-45, 16 v. in-8); et une Hist. universelle, posthume, trad. en français par Hess, 1814 et 1826. Ses OEuvres complètes ont été réunies par son frère à Tubingue, en .28 vol. in-8, 1810-20. Elles renferment sa Correspondance avec Boostetten. On a surnommé Jean de Muller te Thucydide de la Suisse.
*MULLER (OUlried), savant archéologue, né en 1797 à Brieg en Silésie, enseigna les langues anciennes au Magdalenum de Breslau, puis l'archéologie à Gœttingue; devinten 1824 professeur ordinaire d'histoire et de philosophie à l'Université de cette ville, et se livra à de profondes recherches sur les premiers temps de la Grèce; il explorait sur les lieux mêmes les monuments de l'antiquité, lorsqu'il mourut en 1840, à Castri (l'ancienne Delphes). Ottfried Muller avait entrepris une vaste histoire des peuplades helléniques; mais il n'a pu en publier que quelques parties : Orchomène et les Minyens, Breslau, 1820; les Doriens, 1824 (ces deux ouvrages ont été refondus dans une 2" édition publiée à Breslau en 1844); les Macédoniens, Berlin, 1825; les Étrusques, 1828. On lui doit aussi un bon Manuel de l'archéologie de l'Art, 1830, 1835, traduit en français par Nicard, 1845; une Hist. de la littérature de ta Grèce ancienne, inachevée, etnombre d'articles et de mémoires, publiés à part ou dans divers recueils, parmi lesquels on remarque : Minervse sacra, 1820, dePhidise vitaet operibus, 1827.
*MULLER (Jean), physiologiste, né à Coblentz en 1801, m. en 1858, enseigna d'abord à Bonn, remplaça en 1832 Rudolphi dans la chaire d'anatomie de Berlin et devint en 1847 recteur de l'université de cette ville. On lui doit la Physiologie comparée du sens de la Vue, Bonn, 1826, un bon Manuel de physiologie, 1833, trad. en français par Jourdan,et plusieurs dissertations sur des questions spéciales.
*MULLER (Jean), astronome. V. REGIOMONTANUS.
*MULLINGAR, v. de l'Irlande (Leinster), ch.-l. du comté de West-Meath , à 70 kil. N. O. de Dublin; - 5000 h. Bien bâtie et commerçante, surtout en blé. ?
*MULLNER (Ad.), auteur dramatique, né en 17 74 | à Langendorf (Saxe prussienne), m. en 1817, était - neveu de Biirger. Il débuta par de spirituelles co-; médies, qu'il faisait jouer sur un théâtre de société; puis il se consacra à la tragédie, marchant sur les traces de Werner. Ses pièces principales sont : te 29 février, la Faute (trad. dans la collection des Chefs-d'œuvre des théâtres étrangers), le Roi Yngitrd, l'Albanaise, qui obtinrent un grand succès, grâce à des plans habilement conçus, à des coups de théâtre bien ménagés, à une diction poétique pleine de verve. Ses OEuvres dramatiques ont été réunies à Bru;» • wick, 1828, 7 vol.
*MULUCHA ou MULUCHAS, auj. la Malva, riv. d'Afrique. V. MOLOKATH.
*[[Mummius|MUMMIUS (Lucius)]], général romain. Consul l'ait 146 av J.-C., il battit Dieeus, général des Achéens, anéantit la Ligue achéenne, prit Corinthe d'assaut, livra cette ville aux flammes, réduisit toute la Grèce en province romaine sous le nom d'Achaïe, et reçut en récompense les honneurs du triomphe et le surnom' d'Achaïcus. Mummius fit transporter à Rome la plus grande partie des objets précieux, statues, vases et tableaux qui se trouvaient à Corinthe; mais il connaissait si peu le prix de ces chefs-d'œuvre qu'il dit à ceux qui étaient chargés de les transporter que s'ils les perdaient ils seraient obligés de les remplacer à leurs dépens.
*MUMMOL (Ennius), guerrier bourguignon, fils de Péonius. comte d'Auxerre, obtint en 561 de Gontran, roi d'Orléans et de Bourgogne, de succéder à son père dans l'office de comte. Nommé ensuite patrice et généralissime des troupes bourguignonnes, il battit les Lombards et les Saxons et enleva la Touraina ainsi que le Poitou à Chilpéric, roi de Soissons ; mais, ayant voulu détrôner Gontran, 585, pour mettre sur le trône un aventurier nommé Gondovald, il fut assiégé dans Comminges et vaincu. Se voyant sans ressources, il se donna la mort, 585.
*MUNATIUS PLANCUS (L.), orateur et général romain, né à Tibur, suivit d'abord César dans les Gaules, puis s'attacha au parti de Pompée, et revint encore à César. Dans la suite, il servit longtemps Antoine , mais il l'abandonna pour Octave. C'est à sa sollicitation que le sénat décerna à ce dernier le titra d'Auguste. H avait été consul, puis censeur, et avait été chargé de commandements importants dans la Gaule et dans l'Asie. 11 fonda ou du moins répara Lug-dunum (Lyon) pendant qu'il était proconsul dans les Gaules. Horace lui a adressé la 7e ode de son Ie' livre. MUNCER. Y. MUNZER.
*MUNCHHAUSEN (le baron de), homme d'État, né dans le Hanovre en 1688, m. en 1770, siégea 37 ans dans le conseil privé de l'électeur, et devint son premier ministre en 1768. Il fonda l'Université deGœt-tingue et en fut 32 ans curateur.
*MUNDA, auj. Monda ou Ciudad Honda, v. d'fiis-panie.(Bétique), chez les Bastuli Pœni, est célèbre par la victoire que César y remporta sur les fils de Pompée l'an 45 av. J.-C. et qui termina la guerre civile. MUNDEN, v. de Hanovre (Hildesheim), à 26 kil. S. O. de Gœttingen, au confluent de la Fulde et de la Werra : 6000 hab. Murs ilanqués de tours; églises, hôpital; chemin de fer. Tabac, savon, faïence, tanneries; commerce de transit. — Prise par Tilly en 1626; occupée par les Français en 1756 et 1805.
*MUNGO (S.), appelé auss'i Kentigem, évêque de Glasgow au vi° s., descendait d'une famille royale. On lui attribue la fondation du monastère de St-Asaph (560), et la création de l'Université d'Oxford.
*MUNGO-PARK, voyageur écossais, né en 1771 près de Selkirk, fut chargé en 1795 par la Société africaine de Londres de faire un voyage d'exploration en Nigritie, reconnut et remonta fort loin le Niger, et revint en Europe en 1797 avec beaucoup.de renseignements précieux. Il entreprit en 1803 un 2" voyage en Afrique, mais il cessa de donner de ses nouvelle dès le 16 novembre 1805 : on présume qu'il fut tué à Yaour dans le roy. d'Haoussa. Son Premier Voyage, publié d'abord en anglais,Londres, 1799, a été traduit en français, et dans presque toutes les langues de l'Europe. Le'journal de sa 2*expédition a été publié à Londres en 1815 par le major Rennel, et traduit également en français. Mungo-Park joignait à l'intrépidité la prudence et un rare talent d'observation.
*MUNICH, Mùnchen en allemand, Monachum ou Monachium en latin moderne, capitalede la Bavière, ch.-l. du cercle de Hte-Bavière, sur la r.g. de l'Isar, à 930 kil. E. de Paris par Mayence; 133 000 h. Siège du gouvt. archevêché catholique, coût suprême d'assises, université catholique (elle avait été à tandshut jusqu'en 1826), lycée, école des Beaux-Arts j académie militaire, école polytechnique, institut royal des études, école vétérinaire, école forestière, écolede topographie, institutdessourds-muets; académie royale des sciences, académie des arts. Munich est une des plus belles villes d'Allemagne: belles rues, place d'armes, place Maximilien, ancien palais royal, nouveau palais, palais de Maximilien, des États ; nombreux hôtels, maisons élégantes, églises Notre-Dame, des fhéatins. de St-Miohel, de St-Élienne,de St-Boni-face; hôpitaux, hôtel de ville, Nouv.-Monnaie, douane, arsenal; Nouveau-Théâtre, Odéon; nombreux musées : glyptothèque, pinacothèque; magnifiques collections de médecine, estampes, miniatures, antiquités ; galerie Maximilienne, bibliothèque (de 400 000 v. et 8500 manuscrits), observatoire. Presse très-active ; grands ateliers lithographiques (c'est à. Munich que la lithographie fut inventée) , institut géographique (fondé par ls libraire Cotta). Tapis de haute lissé, soieries, cotonnades, lainages, cartes à jouer, tabac, cordes d'instruments, passementerie, gants, meubles, porcelaine, peinture sur verre; tanneries, dentelles, brasseries;fonderie royale de canons. Cheminsdefer pour Vienne, Augsbourg, etc.—Munich fut bâtie en 962 par Henri de Saxe sur un terrain qui appartenait aux moines du couvent de Schseffelaren (d'où son nom). Elle eut à souffrir de grands incendies en 1327 et en 1448. Elle a été prise cinq fois : par les Suédois en 1632. par les Autrichiens en 1704, 1741, et 1743; par les Français en 1800.
MUNO — 1314 — MMT
*MUNICH ou MUNNICH (Christophe BORCHARB, comte de), général au service de la Russie, né en 1683 dans le comté d'Oldenbourg, se distingua d'abord comme ingénieur, servit sous le prince Eugène dans la guerre de la Succession; puis passa au service de Pierre le Grand qui lui confia l'exécution du canal de Ladoga, fut, après avoir achevé avec succès cette grande entreprise, nommé par l'impératrice Anne Iwanowna feld-maréchal et conseiller privé-. Mis à la tête des troupes russes, il battit les Polonais et les Turcs (1736), s'empara de Pérékop, d'Otchakof, de Chokzim et d'Iassy. Enfin, il devint premier ministre ; mais sa faveur et ses succès avaient excité la jalousie de Biren; il parvint une 1" fois à triompher de ce rival et le fit exiler en Sibérie; mais il fut renversé lui-même par une intrigue de cour à l'avéne-ment d'Elisabeth,fut banni à son tour, 1742, et alla remplacer Biren dans son exil, où il resta 20 ans. Il fut rappelé par Pierre III, qui lui rendit ses titres et le combla de faveurs : il avait alors 82 ans. II mourut en 1767. Halem a écrit sa Vie, Paris, 1807.
*MUNICIPES ou Villes municipales, Municipia. Les Romains donnaient ce nomà celles des villes soumises à leur domination dont les habitants avaient obtenu de jouir des privilèges de citoyen romain, et qui néanmoins se gouvernaient par leurs propres lois; elles différaient en cela des colonies, qui restaient dans une étroite dépendance de la métropole. On distingua longtemps deux sortes de villes municipales : cellesqui avaient le droitde suffrage et d'honneurs, et celles qui en étaient privées; dans la suite cette ligne de démarcation disparut.
*MUNKACS, v. de Hongrie (Beregh), à 100 kil. E. E. de Tokay; 5000 hab. Évêché grec-uni. Place d'armes de Ragotzkv, pendant sa guerre contre l'Autriche (1703-11 ). A 2" kil. de ce lieu, célèbre forteresse (auj. prison d'État), où la femme de Tékély soutint un siège glorieux (1685-88).
*MUNNiCU (le général). V. MONICH.
*MUNOZ (Gilles de), anti-pape sous le nom de Clément VIII, était chanoine de Barcelone; il fut élu par ies cardinaux dissidents après la mort de l'anti-pape Benoît XIII (1424) et installé à Peniscola. La réconciliation du roi d'Aragon Alphonse V avec le pape Martin V mit fin à sa vaine puissance : invité par Alphonse à se démettre, il abdiqua et termina ainsi le schisme qui désolait l'église-depuis 51 ans (1429). M reçut: en compensation l'évêché de Majorque.
*MUNOZ (Sébastien), peintre espagnol, né en 1654, fut élève de Coëllo et marcha "sur les traces de son. maître; on lui reproche cependant d'avoir introdui en Espagne le mauvais goût qui, de son temps, régnait dans l'école italienne. Charles II le nomma soit peintre. Il mourut en 1690, d'une chute qu'il fit en réparant, dans l'église d'Atocha, une voiîte peinte par Herrera.SoB. chefrd'oauvrê est le Martyre de St-Sébastien; on cite encore sa composition de-Psj/cfté et l'Amour, et les sujets tirés de la Vie de S. Éloi.
*MUNSTER OU MOMONIE, une des 4 divisions de l'Irlande, au S. d., entre le Gonnaught au N., IsLeinster àl'E., l'Atlantique au S. et à l'O., formait jadis un roy. indépendant. Ella comprend 6 comtés : Clare, Cork, Kerry, Limerik., Tipperâry et "Waterford.
*MUNSTER, Moftastenûm, v. des Etats prussiens,ca-pit. de la prôv. de Westphalie et de la régence de Munster, sur l'Aaetle canal de Munster; 25.000 hab. Evêché (formant autrefois un État indépendant, médiatisé en 1802); cour d'appel; division "militaire; université catholique (transféréelLandsIraten 1S18, rétablie en-1825); 3 gymnases; écoles de médecine, école normale primaire. Nombreuses maisons à, portiques, cathédrale, église gothique de St-tambeft avec une tour au haut de laquelle sont suspendues 3 cages de fer, où furent enfermés Jean ds, Leyde et deux de ses Complices; hôtel de ville, palais épis-copal, 3 gymnases, bibliothèquB, jardin botanique; beaux jardins sur l'emplacement des anciennes fortifications. Industrie : toile, jambons de Westphalie, bière.—Munster étaitleoh.-I. d'un évêché souverain: c'était jadis une place très-forte, possédant une citadelle, qui fut démahteléeen 1765. Jean|e Leyde, chef des Anabaptistes, dit le roi de Munster, en fit le centre de sa puissahce en 1535. Le traité de "Westphalie, dit aussi de Munster, y fut signélV. WESTPHALIE). Cette ville passa en 1806 au pouvoir des Français; elle fut comprise; en 1809 dans le grand duché de Berg, devint en 18101e eh.-l. du dép. français de la Lippe, et fut donnée â la Prusse ën l8I5.—E&régenee de MQnster, située entre les Pays-Bas au N.jla régence de Minden à l'E., celte d'Arehsberg au S., et la Prov. Rhénane au S.O., a 133 kil. sur 95, et 412 000 hab.
*MUNSTER (Êvêchê de), anc État souverain de l'empire germanique, dans le cercle de "Westphalie, s'étendait de la Lippe au S. jusqu'à l'embouchure de l'Ems au N., était borné à l'O. par les Provinces-Unies, à l'E. parles comtés de Ravensberg, de Tec-klenbourg, de Lingett et de Diepholz, et avait pour villes principales Munster, Ahlen.Werne, Aûaus, Bor- _ cheim,KoesfeldetMeppen.— L'évêclié avaitJté fondé par Charlemagne vers la fin du vin' siècle, et l'évê- — ue avait obtenu de l'empereur Frédéric II la dignité e prince de l'Empire. L'évêché fulsécuîariséen 1802. ._ Après diverses vicissitudes il fut cédé presque en entier à la Prusse en 1815; le reste fut partagé entre le roy. de Hanovre et le grand-duché d'Oldenbourg.
*MUHSTER, ville d'Alsace-Lorraine, sur la Fecht, à 20 kil. O. de Colmar, dans la belle vallée de St- Grégoire; 3904 hab. Papeteries, filatures de toiles peintes et d'indiennes. — Munster doit soç origine à un monastère fondé en 660 sous l'invocation de S. Grégoire, puis réuni à. la congrégation des_Bénédictins de St-Vannes. Cette ville devint au XIY* s. ville impériale. Louis XIV la prit et la démantela. —
*MUNSTER (Sébastien), savant hébraîsant, né à Ingelheim en 1489 , mort en 1652 , était .dordelier dans un couvent de Tubingae, lorsqu'il embrassa avec ardeur les opinions de Luther. Il fut appelé a Bâle en 1529 pour y enseigner l'hébreu et la théologie. On a de lui des Traductions d'Elias Lêvita, de Jossiphon (Gorionidès), de Ptolémée, une Grammaire et un Dictionnaire hébraïques, une Bi&le fte"- _ hraïque (avec les commentaires rabbiniquels), Bâle, ™ 1534-35, 2 v. in-f., et divers ouvrages de théologie. .
*MUNTANER (Ramon), chroniqueur catalan du xiir*s. , était un serviteur dévoué de la maison d'Aragon. On'a de lui une Chronique qui est pleine de feu, d'intérêt, et même de vérité, malgré de nombreuses erreurs de détail. Il s'y montre l'admirateur passionné de Pierre d'Aragon, et cependant il rend justice à Ch. d'Anjou. Elle a été traduite en français dans les Chroniques de Buchon (t. V et VI).
MURA. — 1315 — MURA
*MUNYCHIE, Munychia, bourg et port de l'Attique, entre le Pirée et Phalère, était un des 3 ports d'Athènes et un poste extrêmementfort. Ses fortifications furent détruites par les Lacédémoniens après la guerre du Péloponèse, en 404 av. J.-C, et de nouveau par Sylla, 87 av. J.-C. On voyait à Munychieun célèbre temple de Diane dite Munychia.
*MCNYCHION, nom d'un des mois des Athéniens, ainsi appelé parce qu'on y célébrait des fêtes en l'honneur de Diane-Munychie. Ce mois répondait le plus souvent à la fin de mars et au commencement d'avril. Les fêtes se célébraient le 16 du mois, anniversaire de la victoire de Salamine.
*MUNZER ou MUNTZER (Thomas) t un des chefs des Anabaptistes, né à Zwickau (Misnie), vers la fin du XV siècle, avait reçu les ordres. D'abord sectateur de Luther, il ne tarda pas à aller beaucoup plus loin que son maître, prêchant que Dieu ne voulait plus de souverains ni de magistrats sur la terre, poussant le peuple à l'insurrection et s'annonçant comme un nouveau Gédéon, chargé de rétablir le royaume de J.-C. au moyen de l'épée. Il parcourut ainsi la Thuringe, la Souabe et la Franconie, et s'attacha un grand nombre de prosélytes. Déjà il comptait sous ses ordres 30 000 fanatiques, et s'était emparé de Mûhlhausen en Franconie, lorsqu'il se vit attaqué par l'armée des princes confédérés : défait et pris à Frankeçhausen, il fut condamné à mort et exécuté à Mûhlhausen en 1525. V. ANABAPTISTES.
===MUR===
*MUR, ch.-l. de cant. (Côtes-du-Nord), à 26 kil. O. de Loudéac; 2400 hab. Ardoises.
*MUR-DE-BARREZ, ch.-l. de c (Aveyron), à 60 kil. N. d'Espalion; 1400 n. Cadis, camelots. Ane place forte.
*MUR D'ADRIEN , Adriani Yallum, muraille de 125 kil. de long, entrecoupée de 81 tours et d'une foule de bastions, que l'empereur Adrien fit construire au N. de la Bretagne romaine, pour la mettre à l'abri des incursions des habitants de la Calédonie : elle allait de l'embouchure de la Tynna (Tyne) à l'Itunaxstuarium (golfe de Solway).
*MUR DE SEVERE, mur situé à 130 kil. plus au N. que le précédent, n'était qu'un retranchement en terre de 45 kil. environ, bornant au N. la Valentine et allant de la Glota (Clyde) au Bodotria xstuarium (golfe de Forth) ; il fut élevé par Septime-Sévère.
*MUR DU DIABLE, Pfahlgraben. V. DIABLE.
*MURADAL, lieu d'Espagne, dans la Sierra-Morena, à 48 k. N. de Jaën, est célèbre par la victoire qu'y remportèrent sur les Maures en 1212 les rois de Castille, de Navarre et d'Aragon réunis. On connaît aussi cette bataille sous le nom de Las Navas de Tolosa.
*MURAILLE (la GRANDE-), immense muraille construite le long des frontières septentrionales de la î Chine, commence à l'E. de Péking, sur le bord de la ? mer, traverse la province de Tchi-li en se dirigeant a au N., puis, se portant à l'O., parcourt celles de ; Chan-si, Chen-si etKan-sou. Son développement est, j selon la plupart des voyageurs, de 2500 k. ou même, " selon quelques-uns, de 3600. Dans plusieurs endroits j elle est construite en briques ; ailleurs elle est en s, terre; partout elle est assez large pour que six ca-i valiers puissent y passer de front. Cet immense bou-= levard fut construit vers 2*7 av. J.-C. pour arrêter 1 les invasions des Mongols et des Mandchoux; cepen-= dant elle ne put empêcher l'asservissement de la à Chine par ces deux peuples.
*[[Île de Murano|MURANO]], v. de Vénétie, dans un îlot du même 3 nom , à 2 kil. N. de Venise ; 4400 hab. Églises St-J Pierre et St-Donat, qui possèdent de belles peintures ; .j anciennes fabriques de glaces et verreries de Venise, très-célèbres autrefois et encore recherchées. A peu de distance est l'îlot de San-Michiele-di-Murano, qui possédait une abbaye de Camaldules, auj. supprimée.
*MURAT, ch.-l. d'arr. (Cantal), sur l'Alagnon, à 53 kil. N. E. d'Aurillac; 2603 hab. Trib. de 1™ inst., collège. Ville petite, ancienne et mal bâtie. Roches basaltiques, disposées en tuyaux d'orgues. Gros draps, dentelles et cordonneries ; bestiaux, chevaux; fromages dits du Cantal. — Jadis titre d'une vicomte qui eut pour dernier seigneur Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, décapité sous Louis XI.
*MURAT, ch.-l. de cant. (Tarn), à 62 kil. E. de Castres; 2800 hab. Étoffes de laines, bestiaux.
*[[Madame de Murat|MURAT (Julie DE CASTELNAU, comtesse de)]], née à Brest en 1670, morte en 1716, épousa, à l'âge de 16 ans, le comte de Murat, brigadier des armées du roi, brilla quelque temps à la cour, puis fut exilée à Loches à la sollicitation de Mme de Maintenon, qui l'accusait d'avoir coopéré à un libelle injurieux pour la cour de Louis XIV. Pendant sa retraite, elle composa plusieurs romans qui sont pour la plupart remarquables par la grâce et le goût. En 1715, le duc d'Orléans fit cesser son exil. Parmi ses écrits on remarque : Mémoires de ma vie, 1697 ; Nouveaux Contes de fées, 1698 ; le Voyage de campagne, 1699 ; Histoires sublimes et allégoriques, 1699 ; les Lutins du château de Kernosy, 1710 : c'est son meilleur ouvrage.
*[[Joachim Murat|MURAT (Joachim)]], roi de Naples, né en 1771 à La Bastide, près de Cahors, était fils d'un aubergiste, et avait étudié dans un séminaire. II s'enrôla au commencement de la Révolution, se fit remarquer par ses opinions exaltées autant que par son courage, et devint dès 1794 lieutenant-colonel. Destitué ainsi que Bonaparte après le 9 thermidor, il se lia avec ce général et reprit du service en même temps que lui : il le seconda au 13 vendémiaire dans la défense de la Convention, l'accompagna comme aide de camp en Italie, en Egypte, se signala en toute occasion par une bravoure fougueuse, et devint bientôt général de division. Au 18 brumaire, il commanda les 60 grenadiers qui dispersèrent le Conseil des Cinq-Cents. Pour le récompenser, Bonaparte lui confia le commandement de la garde consulaire et lui donna la main de sa sceur Caroline. Après la bataille de Marengo, dans laquelle il avait commandé la cavalerie, il fut nommé gouverneur de la république Cisalpine, puis gouverneur de Paris (1804). Lors de l'établissement de l'empire. il reçut le bâton de maréchal et le titre de prince. Il eut'une grande part aux succès de la campagne d'Allemagne en 1805, se distingua surtout à Austerlitz, et fut nommé l'année suivante grand-duc de Berg. Envoyé en Espagne, 1808, il détermina le roi Charles IV à se rendre à Bâyonne. Il aspirait à s'asseoir sur le trône d'Espagne, mais Napoléon préféra lui donner le roy. de Naples : il fut proclamé le 1" août 1808 sous le nom de Joachim; il s'intitulait roi des Deux-Siciles,mais jamais il n'étendit sa domination au delà du détroit. Murat régna paisiblement jusqu'en 1812. A cette époque, il prit part à l'expédition de Russie et y commanda la cavalerie : il se signala surtout à la bataille de la Moskova. Quand l'empereur eut quitté l'armée, il en devint le commandant en chef : il dirigea la désastreuse retraite de Smolensk à Wilna. Après la bataille de Leipsick, prévoyant le sort de Napoléon, il s'empressa de retourner en Italie et noua au commencement de 1814 des négociations avec les puissances coalisées; on consentit aie laisser sur le trône, mais à condition qu'il fournirait son contingent contre la France, et en effet il marcha en Italie contre l'armée du prince Eugène de Beauharnais; cependant, dès qu'il eut appris que Napoléon était revenu de l'île d^Elbe, il se déclara en sa faveur, envahit la Hte-ïtalie et marcha contre les Autrichiens. Battu à Tolentino (2 mai 1815), il perdit en un instant son armée et son trône. Il se réfugia dans le midi de la France, puis en Corse où il retrouva quelques partisans ; il se mit à leur tête et tenta de reconquérir son royaume, mais ayant été séparé par une tempête du gros de sa troupe, il fut jelépresque seul sur la plage dePizzo, enCalabre;pris en débarquant, il fut traduit, par ordre du roi Ferdinand, devant une commission militaire, condamné à mort, et fusillé le 13 oct. 1815. Il subit le supplice avec un admirable sang-froid. Murât fut un de nos plus braves et de nos plus brillants généraux, mais, hors du champ de bataille, c'était un homme de peu de tête : il a terni sa gloire par sa défection en 1814. Seyriès, en 1816, Léon Gallois, en 1828, ont donné la Vie de Joachim Murât. — Napoléon Murât, le seul survivant de ses fils, né en 1803, auj. sénateur, a élevé en 1861 des prétentions sur le trône de Naples; mais il a été désavoué par le gouvt français.
MURE — 1316 — MURI
*MURATO, ch.-l. de c (Corse), à 17 kil. S. O. de Bastia: 1069 hab.
*MURATORI (L. Ant.), un des savants les plus distingués du xviii0 siècle, né en 1672 à Vignola (Mode-nais), m. en 1750. Déjà célèbre à 20 ans par son érudition, il fut appelé dès 1694 à Milan pour occuper une place de conservateur à la bibliothèque Ambro-sienne. En 1700, le duc de Modène le choisit pour son bibliothécaire et le nomma conservateur des archives. Écrivain infatigable , Muratori a enrichi l'histoire d'une foule de dissertations savantes, et a publié un grand nombre de documents très-importants, entré autres : tierum ilalicarum Scriptores prxcipuiab annobGOadannum 1500, Milan,1723-51. 29 v. m-f.; Anliquitales italica: medii sévi, 1738-43, 6voI.in-f.; iYocus Thésaurus veteruminscriptionum, 1739-42; Annotes d'Italie depuis l'ère vulgaire jusqu'en 1749 (en ital.), 1744-49,12vol.in-4. Ses OEu-vres ont été rassemblées à Arezzo, 1767-80, 36 vol. in-4, et à Venise, 1790-1810, 48 vol. in-8.
*MURBACU, célèbre abbaye des Bénédictins d'Alsace (Ht-Rhin), fondée en 727 au pied du ballon de Guebwilter, fut sécularisée en 1759 par Louis XV. Son abbé avait voix à la diète germanique.
*MÏJRCD3, VergiliaP Murcia en latin moderne, v. d'Espagne, ch.-l. de l'int. de Murcie, sur lar. g. de la Segura, avec un faubourg sur la r. dr., à 150 kil. E. S. E. de Madrid; 40 000 hab. Palais épiscopal, cathédrale, beau pont; jardin botanique, beau bâtiment où l'on apprête la soie ; cinq collèges. L'évêque de Carthagène réside à Murcie. Draps, lainages, savon, blanc de céruse, salpêtre; filatures de soie, moulins à huile. Aux env., beaucoup de mûriers. — Murcie n'apparaît dans l'histoire qu'en 713. Elle fit dès 756 partie du califat de Cordoue, devint en 1056 la capit. d'un roy. maure particulier, et fut enlevée aux Maures par les Chrétiens en 1265. Les Français la prirent en 1810 et 1812. Elle a beaucoup souffert d'un trem-blementdeterreen 1829.—L'intendance, entre celles de Valence, Grenade, la Manche, Cuença, et la mer, peut avoir 150 k. du N. au 3., 148 del'E. àl'O. et 400000 h. C'est une des prov. les plus chaudes et les plus fertiles de l'Espagne; mais on y manque d'eau en quelques endroits.— Réunie à la province de Carthagène, l'intendance de Murcie forme l'ancien roy. maure de Murcie. Ce pays garda longtemps le nom de royaume, qu'une vieille habitude lui donne encore.
*MBUËNA (L. Licinius), lieutenant de Sylla, contribua au gain de la bataille de Chéronée, l'an 87 av. J.-C.Chargé, enl'absencede Sylla, de la 2e guerre contre Mithridale, il s'empara de Comane, mais il éprouva ensuite quelques échecs et fut contraint de se retirer, 82. — Son fils servit avec distinction sous Lucullusdans la 3° guerre contre Mithridate. Nommé consul 61 av. J.-C, il fut accusé parCaton d'avoir employé la brigue pour obtenir cette dignité ; mais il fut défendu par Cicéron dans un beau discours, qui nous est resté, et fut acquitté.
*MURET, ch.-l. d'arr. (Hte-Garonne).au confluent de la Louge et de la Garonne, à 20 kil. S. O. de Toulouse; 4137 hab. Trib. de lre instance. Beau ponten i'ersurla Garonne. Faïence blanche, draps communs. Pierre II, roi d'Aragon, et les Albigeois y furent défaits par Simon de Montfort, en 1213 : Pierrell y perdit la vie. Patrie de Dalayrac
*[[Marc-Antoine Muret|MURET (Marc Antoine)]], érudit, né à Muret près de Limoges en 1526, m. à Rome en 1585, professa à Auch, à Poitiers, à Bordeaux, où il compta Montaigne au nombre de ses élèves, enfin au collège du Cardinal-Lemoine, à Paris. Il ouvrit dans cette ville un cours de droit civil, se fit une réputation prodigieuse et se vit recherché par les savants les plus célèbres de l'époque : Scaliger, Lambin, Turnèbe. Accusé d'hérésie et de mœurs dépravées, il fut enfermé au Châtelet, Mis en liberté, il se retira à Toulouse, où il fut l'objet de nouvelles poursuites. II se rendit alors à Rome. où il changea de conduite et se fit prêtre;il y professa la philosophie, le droit civil, la théologie, u vécut dans l'intimité du cardinal Hippolyte d'Esté, et fut pourvu par le pape de riches bénéfices. Il a laissé des .(Votes sur plusieurs auteurs anciens, des Harangues, des Poésies et des Épîtres, des traductions d'auteurs grecs, et un recueil de Tarix lectiones, qui a beaucoup contribué à épurer les textes anciens. Il écrivait le latin avec une rare élégance. Ses Œuwes ont été réunies à Vérone, 1727-30, 5 v. in-8, à Leyde,1789, ftv. in-8, par Ruhnkenius, et à Leipsick, 1834, par Frotscher. On raconte que, pendant qu'il fuyait de France, Muret tomba gravement malade à son arrivée en Italie et fut conduit à l'hôpital : là deux médecins délibéraient près de lui sur le traitement à suivre à son égard, et, le prenant pour un homme illettré , se disaient en latin : Faciamus periculum in anima mli; mais Muret s'écria aussitôt : An vilis anima pro qua mortuus est Chrtstus ? et il sortit au plus vite de ce lieu.
*MURG, riv. du grand-duché de Bade, s'unit au Rhin sous Steinmauren, après 60 kil. de cours.—Elle donne son nom au cercle de Murg-et-Pfinz, dans le grand-duché de Bade, entre ceux de la Kinzig au S. et du Neckar au N.; ch.-l., Durbach.
*[[Auteur:Henry Murger|MURGER (Henri)]], poète et romancier, né à Paris en 1822, m. en 1861, appartenait à une famille pauvre, et ne reçut qu'une instruction élémentaire. D'abord petit-clerc, puis secrétaire d'un comte russe, il sentit éveiller sa vocation en lisant à son patron les œuvres de 'la littérature contemporaine et sent homme de lettres. Après avoir composé quelques vaudevilles pour les petits théâtres et coopéré à la rédaction de feuilles otiscures, il établit sa réputation en traçant, dans les Scènes de la vie de Bohême, un tableau saisissant, moitié fictif, moitié réel, de la vie d'aventures et de misère qu'il menait lui-même (1848) ? Il se fit depuis une sorte de spécialité de ces peintures, qu'il renouvela dans les Amours d'Olivier (1849), le Pays latin (1852), les Scènes de la vie de jeunesse (1853), les Buveurs d'eau (1854). Cependant il composa aussi plusieurs autres romans et nouvelles d'un genre plus relevé, parmi lesquels on distingue Claude et Marianne (1851), Adeline Protat (1853), Scènes de la vie de campagne (1856); enfin, il donna au théâtre français une agréable comédie, le Bonhomme Jadis, 1851, en un acte. On a publié après sa mort un recueil de ses Poésies (1861). Mûrgerest un romancier fantaisiste pleinde verve et d'un vrai talent .'sans avoir une grande portée, ses oeuvres offrent beaucoup d'agrément et de vérité dans les peintures.
*MURI, bg de Suisse (Argovie), à 32 k. S. E. d'Aa-rau; 1900 h. Célèbre abbaye de Bénédictins, fondée au a* s., et où fut rédigée une chronique, publiée par Kopp en 1750. L'abbé était prince d'empire.—Près de Berne est un château de Mûri où résida quelque temps Louis XVIII.
*[[Bartolomé Esteban Murillo|MURILLO (Barth. ESTEBAN)]], célèbre peintre espagnol, né a Séville en 1618, m. en 1682, reçut les leçons de Moya, élève de Van Dyok, et celles de Vé-lasquez, qui lui fournît les moyens d'aller dans les Pays-Bas pour yétudier les chefs-d'œuvre.de l'école hollandaise, et qui lui procura ensuite des travaux lucratifs à Madrid. Il retourna en 1645 à. Séville, où il se fixa, et y composa un grand nombre de tableaux d'église qui le placèrent à la tête des peintres de sa nation. Il mo'urm des suites d'une blessure qu'il s'6-tait faite sur un échafaudage où il travaillait. Parmi ses œuvres, on remarque la Mort de Ste Claire, S.Jacques distribuant les aumônes (au cloître St-François à Séville), S. Thomas distribuant ses biens aux pauvres, àSéville, une Ste-Élisabeth, \'Enfant prodigue. Le Louvre possède de ce maître, entre au très tableaux, deux Assomption, la Conception de la Vierge (achetée par le gouvt français 600 000 fr. à la vente du maréchal Soult), Jésus sur la montagne des Oliviers, la Cuisine des Anges. Ses chefs-d'œuvre furent exécutés entre les années 1670 et 1680. Murillo offre dans toute sa pureté le caractère de l'école espagnole : il brille surtout par le sentiment, la noblesse, l'art de la composition, la science anatomique et la fidèle imitation delanature, ainsi que par la suavité, l'éclat, la fraîcheur et l'harmonie du coloris. Du talent le plus flexible, il réussissait dans le paysage, les fleurs, les marines, aussi bien que dans l'histoire.
*MURO, Numistro, v. d'Italie, dans l'anc roy. de Na-ples (Basilicate), à 36 kil. S. O. de Melfi; 7000 hab. Bvêché. C'est là que Jeanne I, reine de Naples, fut étouffée en 1332. — Bourg de France, ch.-l. de c (Corse), dans l'arr. et à 9 k. de Calvi; 1290 hab.
MURR — 1317 — MUSE
*MURPHY (Arthur), auteur dramatique irlandais, né en 1727 à Clooniquin (Roscommon).m.en 1805,fut tour à tour acteur,journaliste,auteur.avocat, et obtint dans ses dernières années un emploi important à la Banque de Londres. La plupart de ses comédies sont restées au théâtre,entre autres : Connaissex-vous vous-même (Know your own mind),l'ilote des tuteurs,Tout le monde a tort, le Bourgeois, ta Vieille fille,le Mariage clandestin, le Moyen de fixer, l'Ile déserte, etc. Parmi ses tragédies, on remarque Alzuma, Zénobie, Armi-nius, l'Orpheline de la Chine, empruntées pour la plupart à ces auteurs français, qu'il n'en dénigre pas moins.- Murphy a lui-même recueilli ses OEuvres, 7 vol. in-S, Londres, 1786.
*MURR (Théophile de), né à Nuremberg en 1733, m. en 1811, s'est rendu célèbre par l'étendue de ses connaissances dans les langues, la bibliographie et les antiquités. Il a publié un nombre prodigieux d'ouvrages , les uns en français ou en latin, les autres en allemand. Les plus importants sont : Bibliothèque de peinture, de sculpture et de gravure, Francfo rt, 17 70 ; Memorabilia bibliothecarum publicarum Norimbergensium et universitatis Altdorjmas, 1786-yl ; Antiquités d'Herculanum, 1777 93; Mémoires pour la litlérature arabe, 1803. Il a en outre publié :? Journal pour l'histoire des arls et de la littérature, Nuremberg, 1776-89; Nouveau Journal pour l'hist. de la littérature et des arts, Leipsick, 1798-1800. Il avait, publié en 1804, sous le titre Conspectus bibliothecse glotlicse universalis, le prospectus d'un ouvrage immense qui l'occupa toute sa vie, etdont les matériaux passèrent entre les mains du professeur J. S. Vater.
*MURRAY, comté d'Ecosse. V. ELGIN.
*MURRAY (Golfe de), golfe formé parla mer du Nord,
sur la côte orient, de l'Ecosse, entre les comtés de
Nairn, d'Aberdeen, de Banff et d'Elgin ou Murray au S., celui de Ross à l'O., et ceux de Sutherland et de Caithness au N., a 110 kil. de profondeur sur une largeur qui varie de 3 kil. à 100.
*MURRAY (Jacques, comte de), fils naturel de Jacques V, roi d'Ecosse, et frère aîné de Marie Stuart, né vers 1531, fut le plus crue! ennemi de sa sœur. Aspirant au trône, il fit tout ce qui était en son pouvoir pour perdre Marie, se mit à la tête du parti protestant en Ecosse; se fit l'espion et l'agent du roi d'Angleterre Edouard VI, puis d'Elisabeth; fut, à ce qu'on croit, l'instigateur du meurtre d'Henri Darnley, 2* | époux de Marie Stuart; la força, pour l'avilir, à épou série comte de Botliwell, assassin de Henri; puis souleva le peuple contre elle, la fit enfermer à Lochleven et se fit nommer régent du royaume (1567). Marie s'é-j tant échappée de sa prison, il battit ses troupes à « Langside et la réduisit à se réfugier en Angleterre en-1 tre les mains d'Elisabeth, son ennemie jurée. Pendant | 'a captivité deMarie, ii dénonça à Elisabeth le projet qu'avait conçu le duc de Norfolk de la délivrer. II périt en 1570, àLinlithgow, assassiné par un gentilhomme écossais, dont il avait outragé la sœur. .
*MURRAY(LINDLEY), grammairien américain, né en Pensylvanie en 1745, m. en 1826, suivit d'abord le barreau de New-York, puis abandonna la profession d'avocat pour se livrer au commerce, et, ayant amassé une honnête fortune, s&retira en Angleterre, où il se fit connaître par d'utiles écrits. Il publia en 1795 une Grammaire anglaise, qui devint bientôt classique, et qu'il compléta par des Exercices et une Clef. On lui doit aussi un livre de lecture, Theénglish spelling book, généralementemployé dans les écoles.
*MURSA, auj. Eszek, v. de la B.-Pannonie, sur la Drave, près de son confluent avec le Danube. L'empereur Constance-y remporta en 351 une victoire signalée sur Magnence, son compétiteur.
*MURTZUPHLE. V. ALEXIS I.
*MURVIEDRO,j!fwi veleres,v.d'Espagne (Valence), sur le Murviedro, à 5 kil. de la mer et à 26 kil. N. E. de Valence, près de l'anc. Sagonte; 6000 hab. Vieux château fort. Ruines romaines et mauresques aux environs. Cette ville, bâtie sur les ruines de l'anc. Sagonte, fut de nouveau ruinée lors de l'invasion des Goths, et relevée sous le nom de ?JfwrOTter (d'oii, par corruption, son nom actuel). Les Arabes s'en emparèrent en 713; les Espagnols la leur reprirent en 1238.
*MURVIEL, ch.-l. de c (Hérault), à 13 kil. N. O.de Bézïers;1400 hab. Eau-de-vie.
*MUSA. V. ANTONIUS MUSA et MOUÇA.
*MUSJEUS (J. Ch.Aug.),écrivainallemand, néàléna en 1735, m. en 1788, fut pasteur à Eisenach, puis précepteur des pages du duc de Saxe-Weimar et professeur au gymnase de Weimar. Il a publié des romans, des contes et des écrits satiriques, pleins de verve et écrits avec pureté. On remarque te Second Grandisson (1760-62 (il y ridiculise le célèbre roman de Grandisson j de Richardson) ; Voyages physiogno-moniques (satire contre Lavater), 1778-79; Contes populaires, Gotha, 1782;Plumes d'autruche, 1787-97. Kotzebue, son neveu, a publié ses Œuvres posthumes, Leipsick, 1791, in-8.
*MUSÉE, Musasv,s, ancien poète grec, natif d'Athènes, disciple ou fils d'Orphée, et père d'Eumolpe, vivait vers le xiir ou le xive s. av. J.-C. Il avait écrit des poèmes sur les Mystères,"les Préceptes, la Tkéo-gonie, desHymnes, etc.; ils sont tous perdus.—Ona sous ie nom de Musée un petit poème intitulé Béro et Léandre, mais il est d'un auteur beaucoup plus récent, probablement du IVe ou du V siècle après J.-C. Ce poème est rempli de vers heureux et de descriptions élégantes. On le trouvedans le Corpuspoetarumgrse-corum et dans la Bibliothèque grecque de Didot, àla suite d'Hésiode. Il a été publié séparément par-Hein-rich, Hanovre, 1793, par Schœffer, Lèips., 1825; il a été traduit en français par Laporte-Du'theil, 1784, Gail, 1796, et mis en vers par Clément Marot, Mol-levaut, Girodet, Denne-Baron, etc.
*MUSÉE, Muswum, édifice d'Alexandrie où les Ptolémées rassemblaient, en les entretenant aux frais de l'État, les savants les plus distingués, pour qu'ils s'y livrassent à loisir àla culture et à l'enseignement des lettres et des sciences. On en attribue la fondation à Ptolémée I. Dans cette espèce d'académie, on remarque, parmi les savants, Euclide, Érasistrate, Diophante; parmi les poètes, ïhéocrite, Aratus, A-pollonius, Lycophron, Callimaque; parmi les criti-q ues, Aristarque ; parmi les philosophes, Ammonius-Saccas, père de l'éclectisme alexandrin. Le Musée dura jusqu'au règne d'Aurélien, sous lequel il fut détruit par un incendie. — On a depuis donné le nom de Musée, soit à des réunions semblables de savants, soit à des collections d'objets d'arts ou d'antiquités.
*[[Muses|MUSES]], Musse, Camœnx, déesses des sciences et des arts, étaient filles de Jupiter et de Mnémosyne, déesse de la mémoire,. On en comptait neuf : CUo, qui présidait àl'histoire; Thalie, àla comédie; Mel-pomène, à la tragédie; Erato, à la poêsielegere et à l'élégie; Calliope, à l'épopée; Drame, à l'astronomie; Polymnie, à l'éloquence et à la poésie lyrique ; Terpsichore, à la danse ; Euterpe, à la musique. Apol--on présidait à leurs réunions. Elles habitaient avec .ui le Parnasse, le Pinde, l'Hélicon ou le montPié-âus. Le Permesse, les fontaines de Castalie et d'Hip-pocrène, leur étaient consacrés, ainsi que le cheval Pégase, symbole de l'essor poétique. Les Muses étaient vierges; on les représente jeunes, belles, modestes, vêtues simplement, la tête ornée d'une couronne. En outre, chacune porte les attributs qui lui sont propres. T. le nom de chacune d'elles.
MDSS — 1318 — MUST
*MUSGRAVE (Guillaume), médecin et antiquaire anglais, né en 1657 à Carlton-Musgrave(Somerset), m. en 1721, était membre du collège des médecins de Londres et de la Société royale, dont il devint le secrétaire. On a de lui : De aquilis romanis, 1713; G«ta6rï!amn'ci«, 1716; Belgium britannicum, 1719. — Son petit-fils, Samuel M., mort en 1782, pratiqua la médecine à Exeter, sa ville natale, et cultiva la philologie. Il a laissé : Exercitaliones in Euripidem, Leyde, 1762; AnimadversionesinSophoclem, Oxford, 1800; et a concouru à l'édition d'Euripide, publiée a Oxford, 1778, 4 vol. in-4. On a en outre de lui deux dissertations sur la Mythologie des Gréas et sur la Chronologie des Olympiades, en anglais, 1782.
*MUSKAU, Y. PUCKLER-MUSKAU.
*MUSONE, riv. d'Italie (Macerata), naît à 7 kil. S. O. de Cingoli, coule au N. E., et se jette dans l'Adriatique à 5 k. N. E. de Lorette, après 55 kil. de cours. Sous le roy. français d'Italie, elle avait donné son nom à un dép. qui avait pour di.-l. Macerata.
*MCSONIUS RUFUS, stoïcien, né sous Tibère à Vol-sinium, était chevalier romain. Il ouvrit à Rome une école de philosophie qui fut très-fréquentée. Compromis dans la conjuration de Pison contre Néron, il fut exilé dans l'île de Gyare. Rappelé par Vitellius, il se fit tellement estimer que Vespasien l'excepta seul lorsqu'il chassa de Rome les philosophes. On a de lui quelques fragments, publiés sous le titre de Be-tfqmœ, par Peerlkamp, Harlem, 1822.
*MUSSATO (Albertin), historien et poète, né à Pa-doue en 1261, m. en 1329, remplit plusieurs missions près de l'empereur Henri VII et commanda les troupes de Padoue dans les guerres contre l'empire et contre Vicence. Il n'en fut pas moins banni par ses ingrats concitoyens et mourut en exil. lia laissé : De gestis Henrici VII imperatoris ; De gestis Italo-rumpost Uenricum, et des tragédies latines. C'est un historien véridique et un bon écrivain. Ses OEuvres ont été publiées in-fol., Venise, 1636.
*<s>[[Pieter van Musschenbroek|MUSSCHENBROEK. (Pierre VAN)]], physicien, né à Leyde en 1692, mort dans la même ville en 1761, exerça d'abord la médecine, puis fut successivement professeur de philosophie, de mathématiques et de médecine à Duisbourg, à Utrecht, et enfin à Leyde, 1740. Il était l'élève et l'ami de S'Gravesande. Il contribua puissamment par ses leçons, ses découvertes et ses ouvrages à introduire en Hollande la philosophie expérimentale et le newtonianisme ; on estime surtout ses recherches sur l'électricité, la cohérence des corps, le magnétisme, la capillarité, le pyromètre; il eut part àla célèbre expérience de la bouteille de Leyde. On a de lui un discours Decertametlwdo philosophix expérimentale, 1723 ; des Eléments de physique, en latin, 1726, réimprimés après sa mort sous le titre de Introducti'o ad philosophiam naturo-Um, 1762 (trad. en français par Sigaud Lafond) ; Dissertationes physicx et geomelrise, 1729; De methodo instituendi expérimenta physices, 1730. Il était correspondant des académies des sciences de Paris, Berlin, St-Pétersbourg, Londres, etc.</s>
*HUSSELBURG, v. d'Ecosse (Edimbourg), à9 kil. E. d'Edimbourg; 9000 hab. Chemin de fer. On y fait beaucoup de set — Cette ville appartint successivt à l'abbaye de Dunfermline, au comte de Làuderdale, k la duchesse de Monmouth. Marie Stuart et Both-well furent défaits près de là en 1568.
*[[Auteur:Alfred de Musset|MUSSET (Alfred de)]], poète, né à Paris en 1810, mort en 1857, était fils de Musset-Pathay, che! de bureau au ministère de la guerre, auteur d'une Histoire estimée de J. J. Rousseau. Condisciple du duo de Chartres (depuis duc d'Orléans) au collège Henri IV, il devint l'ami de ce prince. Après avoir essayé de diverses carrières, médecine, droit, banque, peinture, il ne sentît de goût que pour les lettres. II embrassa d'abord avec ardeur les doctrines de l'école romantique : il publia dès 1831 des Poésies diverses qui révélèrent son talent, composa, à partir de 1833, de charmants Proverbes, dont plusieurs ont été joués avec succès (iw Caprice, H ne faut jurer de rien, Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, le Chandelier) ; donna en 1835 Un spectacle dans un fauteuil, nouveau recueil de vers qui reçut aussi le meilleur accueil; publia en 1836 les Confessions d'un enfant du siècle, roman qui parait être sa propre histoire; composa dans les années suivantes des Nouvelles et des Contes remarquables parle style comme par l'intérêt (les Deux maîtresses, Frédéric et Bernerelte, Histoire d'un merle blanc), et donna en 1850 un dernier recueil de poésies, qui mitle sceau à sa réputation. L'Académie française l'admit dans son sein en 1852* Il avait dû à l'amitié du duc d'Orléans la place de bibliothécaire au ministère de l'intérieur; il fut nommé par le gouvernement impérial bibliothécaire du ministère de l'instruction publique. Néanmoins, sans fortune personnelle et aimant la dépense, ilv vécut toujours dans la gêne» Ardent au plaisir et incapable de maîtriser ses penchants, ila brégea sa vie par ses excès et s'éteignit dans une vieillesse prématurée. A. de Musset résume les passions et les inquiétudes qui de son temps troublaient les esprits : ses œuvres, qui se ressentent de l'imitation de Byron, offrent un mélangé d'ironie et de lyrisme, de profondeur et de frivolité. Matérialiste audacieux dans ses premiers écrits, on le voit plus tard hésiter entre un scepticisme railleur et un enthousiasme vrai : ses dernières productions sont empreintes d'une grâce mélancolique et témoignent de certaines aspirations morales; on remarque en ce genre l'Espoir en Dieu. Après avoir été un des plus aventureux champions du romantisme, il en railla les écarts dans ses Lettres de Dupuis et Cotonnet, et le désavoua même dans son Discours de réception à l'Académie. Ses vers, quelquefois incorrects, sont en général remarquables par l'aisance du rhythme et par le coloris ; sa prose rappelle la netteté de Voltaire. Le talent de cet écrivain a été parfaitement apprécié par M. D. Nisard, dans sa Réponse au discours de réception d'A. de Musset, et par M. Lamartine, dans ses Entretiens de littérature : ce dernier l'appelle le poëte de la jeunesse, mais de la jeunesse licencieuse et voltairienne. Une édition de ses Poésies complètes a para.en 1857. — Son frère aîné, M. PauL de Musset, né en 1804, s'est aussi fait un nom comme écrivain : on lui doit de bons romans, et un recueil des Lettres d'Alfred de M.
*MUSSIDAN, ch.-l. de cant. (Dordogne), à 27 kil. S. de Ribérac; 1660 hab. Forges, mines de fer. Station. Pris par les Calvinistes en 1568, repris et saccagé par les Catholiques en 1569, démantelé sous Louis XIII. Enorme dolmen sur un coteau voisin.
*MUSSY-tËVEQUE ou MUSSï'-SUR-SElJSE, ch.-l. de cant. (Aube), à 22 kil. S. S. E. de Bar-sur-Seine près d'une belle forêt; 1800 hab. Beau marbre, vins, eau-de-vie. Patrie de Boursault. Ane château des évêques de Langres. — V. GUENEAU DE MUSSÏ.
*MUSTAGH (mont de glace), chaîne de montagnes d'Asie, entre l'Himalaya et l'Altaï, est la continua tion occidentale du Thian-ohan, et s'étend de 69' 30' à 78° 10' long. E., sur une longueur d'env. 1200 kil.
*MUSTAPHA I, sultan ottoman, succéda en 1617 à son frère Achmet, fut détrôné quatre mois après par les Janissaires, qui placèrent sur le trône Osman If, fut rappelé en 1622 et fit périr Osman ; mais au bout d'un an, il fut déposé de nouveau et étranglé (1623). —il, fils de Mahomet IV, succéda en 1695 à Achmet II, son oncle, battit devant Témeswar en 1695 les troupes de Frédéric-Auguste, électeur de Saxe, remporta encore quelques succès sur les Vénitiens, les Polonais, les Moscovites; mais essuya dans la suite plusieurs défaites, fut notamment battu à Zentha par le prince Eugène (1697), et se vit, en 1699, obligé de signer la paix de Carlowitz. Il se retira à Andrinople, où il se livra à l'oisiveté. Il fut détrôné en 1703, et contraint de céder la couronne à son frère Achmet III: Il mourut peu de mois après. — in, fils d'Achmet III, né en 1716, m. en 1774, parvint au trône en 1757, se laissa aller à la mollesse, abandonnant le gouvernement à des ministres qui l'engagèrent dans une guerre funeste avec la Russie, et p.erdit Choczim, la Moldavie et une partie de la Valachie (1769-71); il répara cependant une partie de ses pertes dans la campagne de 1773. — IV, fut porté au trône en 1807, par la révolution qui en précipita Sélim III, son cousin. Il abolit toutes les institutions de son prédécesseur, obtint quelques avantages sur la flotte russe, repoussa les Anglais qui tentaient de s'emparer de l'Egypte, et voulut rabaisser les prétentionsdes Janissaires ; mais une révolte éclata, et il fut déposé et étranglé (1808). II fut remplacé par Mahmoud II, son frère.
MUY — 1319 — MYGO
*MUSTAPHA , fils aîné du sultan Soliman I et d'une Circassienne, devait succéder à son père et promettait un excellent prince ; mais Roxelane, sa belle-mère, parvint à le perdre en persuadant à Soliman qu'il songeait à le détrôner. Le jeune prince était dans son gouvernement d'Amasie : Soliman se rendît à l'armée qui campait dans le voisinage, et ordonna à son fils de venir le trouver; dès qu'il fut arrivé dans sa tente, il le fit étrangler sans vouloir l'entendre (1553). L'année suivante, l'artificieuse Roxelane, voulant précipiter du trône Soliman lui-même, fit paraître un faux Mustapha, qui insurgea plusieurs provinces; mais il fut bientôt pris et jeté à la 'mer. — La catastrophe de Mustapha a été mise sur la scène française par Be'lin, 1705; Chamfort, 1777; Maisonneuve, 1785.
*MUSTAPHA-BEÏRACTAR. Y. BEÏRACTAR.
*MUSULMANS, c-à-d. Résignés à la volonté de Dieu, nom générique donné aux partisans de Mahomet, sans distinction de secte. V. MAHOMETISME. _ *MUSURUS (Marc), savant grec, né vers 1470 à Retimo (Candie), m. en 1517, vint jeune en Italie, s'y lia avec J. Lascaris, Aide Manuce et Ficin, fut nommé professeur de lettres grecques à Padoue, et remplit ces fonctions avec un zèle et un talent qui lui attirèrent des auditeurs de toutes les villes de l'Italie, de la France et de l'Allemagne. Léon X l'appela à Rome en 1516, et le nomma archevêque de Malvoisie en Morée. On lui doit les 1"" éditions d'Aristophane, Aide, 1498,de YEtymologicum magnum, 1499 (ouvrage que quelques-uns lui attribuent) ; de Platon, 1513; d'Athénée, du Lexique a"Hésychius, 1514, etc. On a de lui, comme poète, des Épigrammes grecques et un Poème à la louange de Platon (dans l'édition de Platon de l513, publié séparément par Muncker, Amst., 1676). Musurus est un des Grecs qui contribuèrent le plus à répandre en Europe le goût des lettres anciennes.
*MUTIEN (LE) , peintre. V. MUZIANO.
*MUTINA, auj. Modène, v. de la Gaule Cisalpine, chez les Bot'i, entre le Gabellus et le Scultenna, fondée par les Etrusques, et l'une de leurs lucumonies, devint colonie romaine en 183 av. J.-C. T. MODENE.
*MUTICS SCiEVOLA. 7. S.CEVOLA.
*MUTZIG, v. du B.-Rhin, sur la Bruche, à 24k. S. O, de Strasbourg; 3532 hab. Manufacture d'armes à feu. Ane château des évêques de Strasbourg.Vins blancs.
*MUY (LE), bg du dép. du Var, à 12 kil. S. E. de Draguignan; 1900 hab. Ane seigneurie, érigée en marquisat en 1697. Tour romaine (Turris deMedio), bien conservée. Charles-Quint faillit être assassiné à. Muy en 1536.
*MUY(Vict.BEPÉLix,comte du), maréchal de France, -né à Marseille en 1711, fut nommé en 1735 menin du dauphin, père de Louis XVI, fut fait lieutenant général en 1748, gouverneur de la Flandre en 1762, accepta de Louis XVI, en 1714, le ministère de la guerre, et fut en même temps promu au-grade de maréchal; mais il mourut dès l'année suivante.
*MUYART DE VOUGLANS,criminaliste, nê en l713 à Morancé (Franche-Comté),,,m. en 1791, fut membre du grand-conseil dans le parlement Maupeou, On a de lui : Instilutes au droit criminel, 1757-, Lois criminelles de la France, 1780, ouvrages-.estimés.
*<s>[[Girolamo Muziano|MUZIANO ou LE MUTIEN]], peintre, né vers 1528 à Acquafredda dans le Brescian, m. en 1592, vint jeune à Rome, s'exerça d'abord dans le paysage, puis se livra au genre historique, orna de ses tableaux plusieurs églises de Rome, perfectionna l'art de la mosaïque et exécuta les belles mosaïques de la chapelle grégorienne. Il réussissait particulièrement à peindre les personnages d'une physionomie grave, les pénitents exténués par l'abstinence. Parmi ses tableaux, on remarque : l'Incrédulité de S. Thomas et la Résurrection de Lazare, au musée du Louvre ; une Troupe d'anachorètes écoutant la parole d'un Père du Désert, dans l'église des Chartreux à Rome.</s>
*MUZOXAC, ch.-l. de c (Morbihan) près de l'embouch. de la Vilaine, à23k. S.:-E. de Vannes; 1800 h. —Près de là, ruines de l'abbaye de Prières, fondée en 1250 par le duc de Bretagne Jean I.
===MY===
*[[Mont Mycale|MYCALE (le mont)]], auj. Samsoim, montagne de l'Asie-Mineure, en Ionie, au -S., entre Éphèse et Priène, en face de l'île de Samos, forme en s'avançant dans la mer le cap Trogilium. C'est à la hauteur de Mycale que les Perses furent défaits par la flotte grecque, que commandaient Xantippe et Léotychide, l'an 479, le jour même de la bataille de Platée.
*[[Mycènes|MYCÈNES]],%cen*,anc v. de 1'Argolide.au-N.N'.E. d'Argos, à 6 k. S. E. du mont Trétos, .était, remplie de monuments magnifiques dont il ne reste que des ruines. Elle fut fondée, suivant les uns,par'Mycène, fille d'Inachus, vers 1920; selon d'autres, par Acrisius ou Persée, de 1462 à 1481, elle fut de 1431 à 1190 av. J.-C. la capitale d'un petit royaume qui disputait à Argos la suprématie sur le Péloponèse. Ses principaux rois furent : Persée, 1431 ; Sthénélus, 1397 ;Eurysthée, 1367; Hercule, vers 1330; Atrée et Thyeste, 1307; Agamemnon, 1280; Egisthe, 1270; Oreste, 1263; Tisamène, 1192; Penthilus et Comètes, 1190. Les Héraclides, à leur retour dans le Péloponèse, s'en emparèrent et la possédèrent comme dépendance d'Argos. Pendant les guerres médiques, Mycènes se montra lente à envoyer des secours contre l'ennemi commun, ce qui la rendit odieuse aux autres Grecs. Une contestation s'étant élevée entre Argos et Mycènes pour la possession du temple de Junon, les Argiens, joints aux habitants de Cléone et de Tégée, détruisirent la ville natale, 468 av. J.-C. La plus grande partie de l'enceinte subsistait encore au temps de Pausanias. Auj. la plaine de Mycènes, près de Karvati, offre des ruines importantes, parmi lesquelles on remarque des restes de murs cyclopéens et l'édifice circulaire appelé Tombeau d'Agamemnon ou Trésor des Atrides, édifice que l'on croyait, dans l'antiquité, avoir renferme les trésors qu'Agamemnon avait rapportés de Troie.
*MYCERINUS, roi d'Egypte, fils de Chéops ou de Chemmis, construisit la 3e des grandes Pyramides, où sa momie a été trouvée en 1837. On le place 10 générations avant la guerre de Troie.
*MYCONE, Myconos, une des îles Cyclades, entre 'Ténos au N. E., Paros et Naxos au S., à 15 k. O. de Délos; 50 k. de tour. On y montrait les tombeaux des Centaures. Fréquemment bouleversée par des tremblements de terre, Mycone était presque inhabitée et très-pauvre. Ses habitants passaient pour avares et grands parasites. — Soumise pour Darius par Datis et Artapherne, Mycone tomba ensuite au pouvoir des Athéniens. Après la 4* croisade, elle appartint successivement à plusieurs familles de Croisés, puis à Venise, à qui Soliman II l'enleva. Elle prit une part active en 1822 à la guerre de l'Indépendance,.et fut, à la paix, comprise dans le royaume de Grèce; elle est I u'.ins le nome des Cyclades et l'éparchie de Syra. l>n}, on y compte 6000 h., qui habitent pour la plupart un petit bourg du même nom. Nombreuses églises grecques, plusieurs monastères.
MTOS • 1320 — MISI
*MYDORGE (Claude), géomètre français, né à Paris en 1585, m. en 1647, fut d'abord conseiller au Châtelet, puis trésorier de la généralité d'Amiens. Il se lia d'une étroite amitié avec Descartes, auquel il rendit d'importants services et qu'il réconcilia avec Fermat; il dépensa près de cent mille écus à faire fabriquer des verres de lunettes et des miroirs ardents et à tenter divers essais. On a de lui : Examen des Récréations mathématiques (du P.Leurechon), Paris, 1630; l'rodromi Catoplricorum et Dioptricorum, 1639.
*MYGDONIE, anc. prov. de la Macédoine septentr., .'iitre la Péonie au N., le fleuve Strymon à l'E., le mont Calauron au S., et le fleuve Axius à l'O., était limitrophe de la Thrace, de la Chalcidique et de la Macédoine propre, et avait pour villes principales ïherma ou Thessalonique, Anthémus, Apollonie. Elle forme aujourd'hui la partie N. de l'eyalet de Saloniki. On connaît encore sous le nom de Mygdonie une petite contrée de l'Asie-Mineure, habitée par une peuplade d'origine thrace. qui s'étendait sur la côte de !a Propontide, entre cette mer au N., le mont Olympe au S., le Rhyndacus à l'O., et le lac Askania (lac de Nicée) à i'E ; — et une prov. de Mésopotamie, qui était située entre le Tigre et ie Chaboras, sur les deux rives du Mygdonius, etqui avaitiVisihîspourville principale. Eue devait son nom à une colonie de Mygdo-niens d'Europe, amenés par Alexandre le Grand.
*MYXASA, auj.lfe/asso, v. de la Carie, àl6 k. env. 'ie la côte et de la ville dePhyscos, qui lui servait de port, était la capitale des anciens rois de Carie. Jupiter y était adoré dans trois temples célèbres. Les Komains la déclarèrent libre après la conquête de l'Asie. Beaucoup de belles ruines.
*MTI.ES, Myla, auj. Helazzo,v. de Sicile, sur la l'ôte N., entre NauloqueetTyndaris, estfameusepar >:euxvictoires navales, l'une des Romains sur les Car-uiaginois, 260av.J.-C; l'autre d'Agrippa sur la flotte >'.e Sextus Pompée, 36 av. J.-C.
*MYLITTA, déesse assyrienne, analogue à Vénus.
*MYLIUS (Christ.), bibliographe allemand, né en î710 dans la principauté de Weimar, m. en 1757, professeur de philosophie, puis bibliothécaire à l'Université d'iéna, a laissé : Bibliotheca anonymorum et !>wudonymorum (faisant suite à l'ouvrage de Plac-i-ius), Hambourg, 1740; Memorabilia bibliothecœ ncademiœ lenensis, 1746.
*MYNAS (Minolde), philologue, né vers 1790 en Ma-i édoine, m. à Paris en 1860, professa d'abord enRou-mélie. vint en 18'21 s'établir àPans, s'y fit connaître par diverses publications philologiques, fut chargé >'n 1841 par M. Villemain, alors ministre, d'une mis-ion au mont Athos, en rapporta plusieurs manuscrits précieux, entre autres les Fables de Babrius i V. ce nom),la Dialectique de Galien, la.Gymnastique de Philostrate, les Pliilosophoumena,livre attribué successi vement à Origène, à S. Hippolyte, à Ter-tullien, au prêtre Caïus, et publié par M. Miller en 1851 et par M. l'abbé Cruice en 1860. La publication récente de nouvelles Fables de Babrius, dont M. My-nasaurait vendu subrepticement lemanuscrit en Angleterre, a donné lieu de suspecter sa loyauté.
*MYNDOS, auj. Mentech, v. grecque de la Carie occidentale, sur le golfe d'iassus, au N. O. d'Halicarnasse, était une colonie des Doriens de Trézène. Elle se soumit fort tard à Alexandre.
*MYONTE, Myus, v. cl'Ionie, sur la Méandre, près de son embouchure. Colonie athénienne, fondée par un fils de Codrus. Cest une des trois villes que Xer-xès assigna à Thémistocle pour les dépenses de sa lable. Dès le temps de Strabon , elle était entièrement dépeuplée. On en voit les ruines à Palatcha.
*MYOSIIOBAIOS, auj. Cosséir. v. et port de la Hte-Egypte, sur le golfe arabique, à 7 journées de marche de Coptos, fut fondée par Ptolémée Philadelphe. C'était l'entrepôt du commerce de l'Egypte avec l'Arabie et l'Inde.
*MYRA, v. de Lycie, près de la côte. Anc. évêché, occupé par S. Nicolas. Belles ruines ; ancien théâtre.
*MYRMIDONS, anc. peuplade grecque de la tribu des Achèens, habitait jadis l'île d'Êgine, lorsqu'elle était gouvernée par Eaque. Pelée, fils de ce prince, en emmena une colonie en Thessalie, dans la Phthio-tide, sur les bords du golfe Maliaque ; d'où les sujets d'Achille, fils de Pelée, sont appelés dans l'Iliade Myrmidons. Hésiode conte qu'à-la suite d'une peste qui avait ravagé Êgine, les fourmis (dont le nom grec est Myrmekes) furent changées en hommes à la prière d'Eaque pour repeupler le pays. Strabon explique ce nom par l'activité des Myrmidons comme agneutteurs,
*MYRMILLONS, gladiateurs à pied qui combattaient contre les Rétiaires (V. ce mot), étaient ainsi nommés parce que leur casque était surmonté d'un poisson de mer nommé en grec mormyros, d'oùi'on avait fait par corruption myrmillon. C'étaient généralement des Gaulois ou des Thraces.
*[[Myron|MYRON]], sculpteur grec, à Eleuthère, condisciple et émule de Polyclète, florissait vers 432 av. J.-C. Cet artiste excellait à représenter avec l'airain les animaux et à leur donner l'apparence de la vie. On estimait surtout une Génisse, si parfaite qu'elle paraissait vivante : elle existait encore à Rome en 550, devant le temple de la Paix.
*MYRONIDES, général athénien, s'illustra dans la guerre contre les Lacêdémoniens et les Béotiens (457 av. J.-C), vengea la défaite de Tanagre en battant les Béotiens à Œnophyta (456), prit toutes leurs villes à l'exception de Thèbes, soumit les Loeriens Opun-tiens et les Phocidiens, pénétra jusqu'en thessalie, et assiégea Pharsale, mais sans pouvoir s'en emparer.
*[[Myrrha|MYRRHA]], fille de Cinyras, roi de Cypre. Eprise de son propre père, elle entra furtivement dans son lit à la faveur de la nuit, et devint ainsi mère d'Adonis. Cinyras, l'ayant reconnue, voulut la tuer ; elle s'enfuit en Arabie, où elle mit au monde Adonis, et fut changée en l'arbre qui porte la myrrhe.
*MYRTILE, conducteur du char d'GËuomaûs, roi de Pise. Ce prince ayant déclaré qu'il ne donnerait la main d'Hippodamie, sa fille, qu'à celui qui le vaincrait à la course du char, Myrtile, gagné par Pélops, amant d'Hippodamie, donna à ÇEnomaûs un phar dont les roues n'étaient retenues à l'essieu que par des chevilles fragiles,et qui se brisaau milieu deIaroute(F.Œ-NOMAUS). Quand Myrtile vint demander au vainqueur le prix de sa perfidie, celui-cileprécipitadanslamer.
*MYRTOS, île de la mer Egée, au S. E. de l'Eubée, près du cap Capharée, donnait son nom à la mer voisine, Myrtoummare. Cette mer êtait semée d'écùeils.
*MYSIE, Mysia, auj. livah de Karassi, contrée d'Asie-Mineure, sur la côte O., au N. de la Lydie. Ses limites varièrent souvent ; ordinairement on lui donne pour bornes, au S. la Lydie, à l'E. la Bi-thynie, au N. la Propontide, et à l'O. la mer Egée. .On la divisait en Petite-Mysie ou. Mysie Hellespon-lienne, s'étendaijt de l'Olympe à l'Hellespont, sur toute la côte de la Propontide ; et Grande-Mysie, comprenant les petites provinces de Troade, d'Êolide, de Pergamène et de Teuthranie, jusqu'aux frontières de la Lydie. Pays montagneux : on y remarquait le mont Ida en Troade et l'Olympe, au S. Villes principales : dans la Petite-Mysie, Cyzique, Scylace, Pitya,Lamp-saque, Abydos, Apollonie, Miletopolis; dans iaérande-. Mysie, Dardanos, Sigée, Larissa, Assos, Antandros, Adramytte, Scepsis, Pergame. —LesMysiens, sortis probablement de la Thrace et issus des Pélasges, n'occupaient originairement que la Petite-Mysie, entre les Troyens: et les Bithymens. Quelques-uns dérivent leur nom des habitants de la Mésié. Après avoir fait partie du roy..de Troie, puis de, celui de Crésus, de l'empire des Perses et d'Alexandre, et avoir été longtemps disputée entre les successeurs du conquérant, la Mysie devint laprincipaje province du roy. de Pergame ; elle passa aux Romains avec ce royaume. Elle fut comprise dans le proconsulat d'Asie, puis dans la prov. de l'Hellespont, et tomba avec le reste de l'Asie-Mineure entre les mains des Turcs, qui la possèdent encore.
NABO — 1321 — NÀDA
*MYSON, laboureur du bourg de Chen, près de l'Gîta, est mis par Platon (dans le Protagoras) au nombre des sept sages de la Grèce, à la place de Périan-Ire. Il était contemporain d'Anacharsis et de Solon.
*MYSORE, contrée de l'Inde. V. MAÏSSOUR.
*MYSTÈRES. Outre les Saints mystères de la religion chrétienne, on désigne par ce nom : 1° des cérémonies secrètes qui se pratiquaient chez les Païens en l'honneur de certains dieux, et auxquelles on n'était admis qu'après de longues et pénibles épreuves (V. ELEUSIS , CERES , isis , MITHRA , etc.) : — 2° des drames que l'on représentait au moyen âge et dans lesquels on mettait en scène les principaux événements de l'Ancien ou du Nouveau Testament. V. MYSTERES dans notre Dict. univ. des Sciences.
*MYTHO ou MI-THO, v. importante de Cochinchïne, sur la r. g. de la principale branche orientale du Cambodge, près de son embouchure, et à 60 k. S. O. do Saïgon. Prise par les Français en 1861.All content in the above text box is licensed under the Creative Commons Attribution-ShareAlike license Version 4 and was originally sourced from https://fr.wikisource.org/w/index.php?oldid=4247014.
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