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== <big>Traité sur les démons ==</big>


===== '''''Summa, II

Questions 40-48

(contracted; show full)

'''2.''' La deuxième raison, attribuée a  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Hugues_de_Saint-Victor Hugues de Saint-Victor] est la suivante : une puissance n’est libre ou efficace pour des choix opposés que par rapport à des actes futurs, non encore effectués, parce que l’acte, quand il est accompli ou a été accompli, ne peut plus ne pas être accompli. Donc la puissance qui peut faire pécher l’ange n’a existé que par rapport au futur du premier instant de sa puissance.


Mais cette raison échoue parce que sa première proposition est  fausse, sauf si on l’emploie de façon globale, aussi bien pour le postérieur par nature (et non par durée) que pour le postérieur par  durée. Certes, on a dit mille fois qu’une telle puissance se situe e par rapport a l’acte en cours, que cela se produise dans le même instant présent ou dans un autre instant futur.
Mais la fausseté sous le seconde mode d’action  ‘selon la  durée’ a été prouvée suffisamment dans la question qui demande s’il existe un libre arbitre en nous? En effet, si, dans  le même instant et par rapport au même instant, notre volonté  n’est pas puissante de façon disjonctive envers deux choix opposés, en sorte que, dans le même instant, elle soit capable, en une priorité de nature, de vouloir on de refuser ceci plutôt que de vouloir ou de refuser cela dans le même instant et en sorte que, dans le même instant en lequel elle a voulu cela, elle puisse le refuser, alors il est impossible qu’elle soit libre envers deux choix opposes, comme on l’a montré en  cette question.
En effet, ii est sur que nous ne pouvons pas agir sur un instant futur tant que cet instant futur n’est pas advenu. Ainsi, aucune de nos puissances n’est pleinement et finalement capable de se développer en acte dans un instant futur tant que cet instant futur n’est pas présent.
Si donc, en aucun instant, tant qu’il est présent, ‘cette puissance’ ne peut agir de façon disjonctive envers deux choix opposés, alors, en tout présent, elle est nécessitée et nécessairement déterminée vers l’un des choix opposes. Il en découle qu’elle n'est jamais pleinement puissante envers des choix opposés.
De ce propos (l’acte, quand il est accompli on a été accompli, ne peut plus ne pas être accompli) ne s’ensuit pas ceci : en tant que sa cause est, dans le même instant, antérieure par nature a I’acte accompli clans le même instant, cette puissance, en tant que telle, dis-je, ne pourrait pas ne pas accomplir cet acte. 
En effet, cet acte, dans le même instant, comporte deux structurations : selon la première, il est par nature postérieur à  sa cause, en tant qu’il doit être accompli par elle. Selon la seconde, il est déjà accompli et existe en lui-même. Après être  passé sous la seconde, il ne peut plus ne pas être accompli.
Mais  il peut l’être sous la seule structuration première, si sa cause est libre par rapport aux choix opposés.

'''3.''' La troisième raison est la suivante : le premier péché de l’ange n’a pu être commis par lui en une action non délibérée. Au contraire, il a dû se faire par une action élective et délibérée. Mais une enquête délibérative et conseillère précède un choix  délibéré. Et une interrogation précède cette enquête. Or, ces  trois phases n’ont pu se trouver ensemble dans le même instant. Donc l’action élective de pécher n’a pu se trouver dans le premier instant de l’ange. 
Mais cette raison échoue parce qu’un choix délibéré – ou conseillé - et sûr a existé et a pu exister chez les anges sans le préalable d’une interrogation et d’une recherche d’éléments ignorés. Autrement, ils auraient été créés dans une ignorance excessive des choix à faire. En effet, n’ont-ils pas su de façon certaine que seul Dieu doit être aimé pour lui-même, ainsi que le reste doit l’être pour Dieu ? N’ont-ils pas su aussi que toute présomption, tout orgueil et toute vaine gloire étaient des maux que Dieu leur interdisait ; que les vertus opposées étaient des biens que Dieu leur conseillait ? N’ont-ils pas su aussi qu'ils pouvaient s’aimer eux-mêmes et leur gloire pour eux-mêmes, d’ambitieuse façon, mais non sans offense à Dieu ni sans éloignement de Dieu ?
En outre, les dispositions parfaites des vertus agissent et choisissent leurs objets soudainement. Ainsi, pour Aristote, dans les ''Éthiques'', cela constitue un signe des dispositions parfaites.